Samuel Lewis Honey, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes héroïques posés il y a exactement 100 ans par des soldats sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Aujourd’hui, nous honorons le lieutenant Samuel Lewis Honey pour la bravoure dont il a fait preuve pendant les opérations du bois de Bourlon, menées entre le 27 et le 30 septembre 1918.

Affiche couleur sur laquelle on peut lire « Fall in the Grenadiers » [Faites partie des Grenadiers] en grosses majuscules rouges. D’autres phrases y sont imprimées en rouge et en noir. Sur le côté droit, une illustration montre un soldat en uniforme au garde-à-vous; il porte un haut chapeau noir, un manteau rouge et un fusil à l’épaule.

Affiche d’une campagne de recrutement pour le 78e Bataillon, sans date. (e010697069)

Né à Conn, en Ontario, le 9 février 1894, Samuel Lewis Honey est enseignant lorsqu’il s’enrôle comme soldat le 22 janvier 1915. Il se joint au 34e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Soldat accompli, il reçoit la Médaille de conduite distinguée ainsi que la Médaille militaire. Il est nommé officier le 2 juillet 1917. À l’automne 1918, on le retrouve lieutenant dans le 78e Bataillon d’infanterie en France.

Le 27 septembre de cette année-là, Honey combat auprès de milliers d’autres soldats canadiens dans le bois de Bourlon, où ils sont assaillis par les tirs nourris des mitrailleuses allemandes. L’opération vise à atteindre le canal du Nord, puis à capturer le bois et le village de Bourlon, une étape essentielle afin d’ouvrir la voie menant à Cambrai. Lorsque le commandant et les officiers de sa compagnie succombent aux attaques, Honey prend les rênes de l’opération. Il réorganise et dirige ses camarades, et poursuit l’avancée.

Photo noir et blanc d’un soldat portant une casquette et une ceinture Sam Browne, deux éléments caractéristiques de l’uniforme d’officier.

Le lieutenant Samuel Lewis Honey, sans date. Source : Défense nationale et Forces canadiennes.

Sous son leadership, la capture du bois de Bourlon réussit, malgré de lourdes pertes, surtout causées par les mitrailleuses allemandes. Honey réussit à repérer les mitrailleuses en question et s’élance seul vers cette position, saisissant les armes et faisant dix prisonniers.

À la suite de cet exploit, Honey parvient à résister à quatre contre-attaques ennemies. Plus tard, il part seul, en pleine noirceur, à la recherche d’un poste allemand. Il le découvre, puis y retourne accompagné d’un groupe de soldats, s’emparant du poste ainsi que de trois autres mitrailleuses.

On peut lire à son sujet dans la London Gazette :

« Le 29 septembre, il conduisit à nouveau sa compagnie contre une forte position ennemie avec une grande habileté et beaucoup d’audace, et dans les jours qui suivent, il continua à incarner le même exemple édifiant de bravoure et d’abnégation. »

London Gazette, n° 31108, 6 janvier 1919, en anglais.
(Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Photo noir et blanc de trois soldats penchés, cueillant des mûres près des arbres et dans les buissons.

Des soldats canadiens cueillent des mûres dans le bois de Bourlon, après s’être emparés de cette position, France, octobre 1918. (a003275)

Hélas, Honey est gravement blessé pendant l’attaque. Il succombe à ses blessures le 30 septembre 1918, à la 12e Division canadienne d’ambulance de campagne. Inhumé au cimetière communal de Quéant, au Pas-de-Calais, en France, il reçoit la Croix de Victoria à titre posthume.

La Croix de Victoria de Samuel Lewis Honey est exposée au Musée canadien de la guerre, à Ottawa. On peut également voir une plaque en son honneur à Mount Forest, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Samuel Lewis Honey.

Étiquetez des photos et faites partie de l’histoire!

Les images de ce billet de blogue sont prêtes à étiqueter! Plongez dans les dossiers numérisés du Corps expéditionnaire canadien : transcrivez, étiquetez, traduisez et décrivez leur contenu. Chaque ajout à un document fournit de nouvelles métadonnées accessibles à la recherche dans les 24 heures suivantes. Ainsi, jour après jour, on peut trouver plus facilement les documents de Bibliothèque et Archives Canada. Consultez le billet de blogue qui explique comment faire partie de l’histoire!


Ashley Dunk était assistante de projet à la Division du contenu en ligne (Direction générale des services au public) de Bibliothèque et Archives Canada.

Le lieutenant Milton Fowler Gregg, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le lieutenant Milton Fowler Gregg pour la bravoure dont il fait preuve pendant la bataille du canal du Nord le 28 septembre 1918.

Né le 10 avril 1892 à Mountain Dale, dans le comté Kings, au Nouveau-Brunswick, Milton Fowler Gregg est étudiant lorsqu’il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien le 5 novembre 1914. Gregg reçoit la Croix militaire en 1917 ainsi que l’ajout d’une barrette à sa Croix pour ses actes de bravoure posés en 1918. Soldat décoré, Gregg est lieutenant au sein du Royal Canadian Regiment en septembre 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat.

Le lieutenant Milton Fowler Gregg, VC, sans date (a006811)

Du 28 au 30 septembre 1918, le Royal Canadian Regiment se déplace en compagnie de la 3e Division de l’infanterie canadienne dans le cadre des opérations visant à traverser le canal du Nord, à capturer le bois et le village de Bourlon, puis à se rendre à Cambrai, en France. Comme l’objectif final consiste à ouvrir la voie vers Cambrai, il est essentiel que le régiment progresse et conserve sa position. L’attaque du Royal Canadian Regiment débute à 5 h 40. Les soldats rencontrent peu d’opposition avant d’être assaillis par les tirs de mitrailleuses ennemis se trouvant dans les bâtiments environnants. Trois chars d’assaut arrivent en renfort; les tirs persistants des mitrailleuses et les canons antichars réussissent toutefois à les mettre hors combat.

Pendant la bataille du canal du Nord, comme lors des opérations précédentes, Gregg agit avec héroïsme. Le 28 septembre 1918, les deux flancs de la brigade sont ralentis par les tirs ennemis nourris, les rafales de mitrailleuse, ainsi que les barbelés torsadés. Gregg, s’avançant seul en rampant, réussit enfin à trouver un petit trou dans les barbelés. Il montre la voie à ses hommes et s’introduit de force dans la tranchée ennemie.

Photo noir et blanc de gros mortiers pointant vers le ciel; un soldat regarde dans l’un des canons, penché.

Les mortiers de tranchée, appelés « minenwerfers », étaient utilisés par les armées allemandes lors de l’avancée des Canadiens dans le canal du Nord, à l’est d’Arras, septembre 1918 (a003200).

Une violente contre-attaque des soldats allemands mène à de lourdes pertes et à une baisse considérable du nombre de bombes disponibles, ce qui laisse la brigade vulnérable. Gregg, blessé pendant la progression, se replie pour aller chercher d’autres grenades. Il rejoint son groupe avec les explosifs tant espérés, mais subit une deuxième blessure. Malgré cela, il réorganise ses hommes et dirige leur avancée vers les tranchées ennemies. Sous son leadership, ils capturent la tranchée et s’installent dans la ligne Marcoing.

Une copie noir et blanc d’une page sur laquelle se trouvent des paragraphes de texte dactylographié à l’encre noire.

Des journaux de guerre du Royal Canadian Regiment décrivant des opérations, septembre 1918, page 28 (e001072260)

Extrait de la London Gazette :

Il tue personnellement 11 ennemis et fait 25 prisonniers, puis il s’empare de 12 mitrailleuses dans la tranchée. Ses blessures ne l’empêchent pas de rester avec sa compagnie et, le 30 septembre, il mène une nouvelle attaque, avec ses hommes, jusqu’à ce que de graves blessures ne l’arrêtent. Le courage exceptionnel de cet officier a épargné de nombreuses vies et permis de poursuivre l’avancée.

(London Gazette, n° 31108, 6 janvier 1919, en anglais.
Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Gregg survit à la guerre, assume divers postes en politique et sert à l’étranger pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il s’éteint le 13 mars 1978 à 85 ans. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée du Royal Canadian Regiment à London, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service du lieutenant Milton Fowler Gregg.

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Les journaux de guerre du Royal Canadian Regiment ont besoin d’être transcrits, étiquetés, traduits et décrits. Chaque ajout à un document fournit de nouvelles métadonnées qu’il est possible de chercher dans les 24 heures suivantes. Cela permet, jour après jour, de trouver plus facilement les documents de Bibliothèque et Archives Canada. Consultez le billet de blogue qui explique comment faire partie de l’histoire!


Ashley Dunk était adjointe de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Les lieutenants George Fraser Kerr et Graham Thomson Lyall, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes de bravoure de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous rendons hommage à deux récipiendaires de la Croix de Victoria pour les gestes héroïques accomplis le 27 septembre 1918 lors de la campagne du canal du Nord et du bois de Bourlon, en France.

Le Corps canadien passe à l’offensive dans la bataille de la Scarpe le 26 août 1918 et réussit enfin à enfoncer la ligne Drocourt-Quéant, solidement fortifiée, le 2 septembre. Les quelque huit kilomètres gagnés par le Corps se soldent par la mort de nombreux officiers et soldats. À la suite de cet assaut, la stratégie change : les Canadiens, avec l’aide d’autres bataillons alliés, tentent de capturer le canal du Nord et d’ouvrir les routes menant à Cambrai. Battant en retraite, les Allemands font sauter plusieurs ponts le long du canal, n’en conservant que quelques-uns fortement défendus pour leur propre usage. Les forces canadiennes n’ont aucune possibilité d’établir des avant-postes de l’autre côté du canal.

Après un mois de planification et de reconstruction des ponts, le Corps canadien est prêt à se lancer à la conquête de ses prochains objectifs : le canal du Nord et le bois de Bourlon.

C’est durant cette bataille du canal du Nord que deux soldats canadiens vont accomplir des actes héroïques pour lesquels ils recevront l’une des décorations militaires les plus prestigieuses.

Carte en noir et blanc montrant des frontières et l’emplacement de bâtiments et de structures.

Journal de guerre du 102e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant les opérations du 1er et du 2 septembre 1918, p. 48 (en anglais) (e001123533)

Le lieutenant George Fraser Kerr

Né le 8 juin 1894 à Deseronto, en Ontario, George Fraser Kerr est chimiste avant la guerre. Le 22 septembre 1914, alors âgé de 20 ans, il s’enrôle à Valcartier, au Québec, et se joint au 3e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien comme soldat. Après avoir fait ses preuves à maintes reprises sur les champs de bataille, il est nommé officier le 1er juillet 1917 et obtiendra éventuellement le grade de capitaine.

Photo d’un soldat extraite d’un journal non identifié.

Le lieutenant George Fraser Kerr, VC, sans date (a007193)

Kerr est un militaire maintes fois décoré : la Médaille militaire le 23 août 1916 pour son intrépidité au mont Sorrel; la Croix militaire le 2 décembre 1918; et une barrette ajoutée à sa Croix militaire le 2 janvier 1919 pour la bravoure et l’esprit d’initiative dont il fait preuve pendant l’attaque menée sur la ligne Drocourt-Quéant le 2 et le 3 septembre 1918.

Le 27 septembre 1918, à 5 h 20, l’artillerie canadienne bombarde les positions allemandes en prévision de l’attaque sur le canal du Nord, dont l’objectif est de franchir la ligne allemande. À 6 h Kerr, au sein du 3e Bataillon, dirige la compagnie d’appui du flanc gauche. En route vers le bois de Bourlon et sous les tirs nourris des mitrailleuses, il use d’adresse pour contourner une mitrailleuse qui ralentissait son avancée.

Après avoir traversé le canal du Nord, la compagnie est arrêtée par une fortification allemande se trouvant près de la route Arras-Cambrai. Kerr, devançant ses hommes, se rue vers la position allemande. Seul, il capture 4 mitrailleuses et 31 prisonniers, permettant à sa compagnie de continuer sa marche avant d’être ralentie de nouveau derrière le bois de Bourlon.

Par deux fois, il est blessé sur le champ de bataille, et il tombe de son cheval après l’Armistice. Il obtiendra son congé de l’armée pour raisons médicales le 16 juillet 1919.

Kerr s’éteint le 8 décembre 1929. De nos jours, sa Croix de Victoria est exposée au Musée canadien de la guerre.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant George Fraser Kerr.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall

Né à Manchester, en Angleterre, le 8 mars 1892, Lyall immigre au Canada et s’établit dans la région de Niagara, où il travaille comme mécanicien. Il se joint au 19e Régiment de la milice britannique avant de s’enrôler avec le 81e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 24 septembre 1915, à St. Catharines, en Ontario. Il est plus tard muté au 102e Bataillon d’infanterie du Canada.

Photo noir et blanc d’un soldat debout, la main droite dans la poche de son pantalon.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall, VC, à sa sortie du palais de Buckingham le 15 mars 1919 (a006698)

Le jour même où George Fraser Kerr dirige sa compagnie vers le bois de Bourlon, Lyall commande son peloton du 102e Bataillon. La compagnie envoyée en éclaireur est arrêtée par un poste de résistance allemand, qui la mitraille sans arrêt. Avec l’aide de Kerr et de son peloton, Lyall et sa compagnie s’emparent de la position ennemie par un mouvement de débordement. Il demeure à l’arrière pour attaquer les forces ennemies là où leur défense est moindre. Grâce à cette manœuvre, il fait 13 prisonniers et saisit un canon de campagne et 4 mitrailleuses.

Affaibli par de nombreuses pertes, son peloton est arrêté un peu plus loin par des mitrailleuses se trouvant à l’extrémité sud du bois de Bourlon. Avec le reste de ses hommes, Lyall s’approche du poste de résistance. Se lançant seul à l’assaut de la position, il réussit à tuer l’officier responsable. Son geste de bravoure mène à la capture de 45 prisonniers et de 5 mitrailleuses.

Photo noir et blanc de quatre femmes et de quatre hommes vêtus de manteaux chauds et coiffés de chapeaux devant le palais de Buckingham. L’homme au centre porte un uniforme militaire et s’appuie sur une canne.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall, VC, et sa famille devant le palais de Buckingham, le 15 mars 1919 (a006708)

Lyall, ayant réalisé son objectif et fait 47 autres prisonniers, reprend la position et protège le reste de la compagnie. Plus tard, le 1er octobre 1918, alors qu’il se trouve aux alentours de Belcourt à la tête de sa compagnie affaiblie, il capture une position fortement défendue. Il y fait 80 prisonniers et saisit 17 mitrailleuses.

Deux mois plus tard, la London Gazette résume ses hauts faits ainsi :

En deux jours d’opérations, le lieutenant Lyall s’est emparé au total de 3 officiers, 182 militaires de rang, 26 mitrailleuses et 1 canon de campagne, sans oublier les nombreuses pertes infligées. Tout au long de cette période, il a fait preuve d’une bravoure hors du commun et d’excellentes qualités de commandement. [traduction de Défense nationale et les Forces canadiennes]

London Gazette, no 31067, 13 décembre 1918 (en anglais)

Le Corps canadien réalise et même surpasse ses objectifs en ce 2 septembre 1918, connaissant une progression plus importante que prévu malgré les tirs nourris des mitrailleuses et les terribles pertes subies. À la fin de la journée, il avait repris le bois de Bourlon après en avoir capturé les lignes rouge, bleue et verte.

Après l’Armistice, Lyall retourne en Angleterre en 1919 pour s’enrôler dans l’armée britannique.

Il meurt le 28 novembre 1941, pendant la Deuxième Guerre mondiale, lors d’une opération menée en Égypte.

Une plaque commémore ses exploits de guerre dans le jardin commémoratif du Lincoln and Welland Regiment à St. Catharines, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Graham Thomson Lyall.


Ashley Dunk est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

La première déclaration de guerre du Canada

Par J. Andrew Ross

Les documents signés par les souverains du Canada sont parmi les archives les plus rares conservées à Bibliothèque et Archives Canada, et témoignent de certains moments clés de l’histoire du pays. Dans le cadre de notre programme de numérisation, nous avons récemment traité l’un de ces documents, tiré du fonds Ernest Lapointe : une simple feuille de papier qui marque l’entrée du Canada dans la Deuxième Guerre mondiale.

Document dactylographié d’une page, daté du 10 septembre 1939 et demandant au roi d’autoriser le Canada à émettre une proclamation pour déclarer la guerre au Reich allemand.

Lettre demandant l’approbation du roi pour émettre une proclamation déclarant l’état de guerre avec le Reich allemand, 10 septembre 1939. (Fonds Ernest Lapointe, e011202191)

Le premier ministre William Lyon Mackenzie King y demande au roi l’autorisation d’émettre une proclamation afin que le Canada déclare la guerre au Reich allemand. On peut voir, directement sur la lettre, la réponse du roi : il a inscrit de sa main le mot “ Approved  » (Approuvé), puis signé “ George R[ex]. I[mperator]  ».

Malgré la simplicité du document, sa date – le 10 septembre 1939 – pose cependant problème : c’est bien celle où le Canada a déclaré la guerre à l’Allemagne, mais comme l’observait Lester Pearson, alors en poste au haut-commissariat du Canada à Londres : “ Certains historiens du futur se demanderont comment George VI et Mackenzie King pouvaient être ensemble le 10 septembre 1939.  » [Traduction, d’après Lester B. Pearson, Memoirs, p. 139]

En effet, à cette époque qui ne connaissait ni les vols transatlantiques en avion supersonique, ni la transmission sans fil, il était impossible pour Mackenzie King (alors à Ottawa) et le roi George VI (à Londres) de signer le même document le même jour!

La réponse à cette énigme se trouve dans les collections de Bibliothèque et Archives Canada : une recherche plus poussée révèle que la lettre fait partie d’une série de documents qui ont dû être créés pour résoudre une situation jusque-là inédite pour les fonctionnaires canadiens, soit déclarer la guerre.

En 1939, la perspective de voir l’Allemagne envahir ses voisins se dessine. Le Canada s’attend à jouer un rôle dans le conflit qui en résultera. Le pays peut maintenant prendre ses propres décisions, ce qui n’était pas le cas lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale : les dominions britanniques –dont le Canada – s’étaient alors retrouvés automatiquement inclus dans la déclaration de guerre faite par l’Angleterre aux Empires centraux. La situation change en 1926, la Déclaration Balfour établissant l’autonomie des dominions du Royaume-Uni en matière de questions internes et externes. (Cette autonomie sera par la suite officiellement enchâssée dans le Statut de Westminster de 1931.)

Mais revenons au mois de septembre 1939. Le blitzkrieg déferle sur la Pologne, poussant le Royaume-Uni à déclarer la guerre au Reich allemand le 3 septembre. Le Canada doit maintenant prendre sa propre décision : participer au conflit ou rester neutre. La plupart des Canadiens comprennent que leur pays jouera un rôle dans ce conflit, sinon sur le plan militaire, du moins sur le plan économique. Cependant, le premier ministre William Lyon Mackenzie King souhaite que le Parlement entérine officiellement la décision d’entrer en guerre. Ce sera chose faite le samedi 9 septembre.

Les décisions politiques d’une telle importance exigent l’émission d’une proclamation officielle par le gouverneur général. Mais ce dernier doit d’abord recevoir une requête du Cabinet du Canada, elle aussi officielle et signée par un ministre. Or, dans le cas qui nous intéresse ici, deux obstacles se posent.

Tout d’abord, malgré l’autonomie dont jouit le Canada depuis le Statut de Westminster, il s’avère que le gouverneur général n’a pas le pouvoir d’autoriser la déclaration de guerre : le gouvernement doit obtenir l’accord de George VI, souverain du Canada. Après le vote à la Chambre des Communes, le 9 septembre, le ministère des Affaires extérieures demande donc à Vincent Massey, haut-commissaire du Canada pour la Grande-Bretagne, de solliciter une audience auprès du roi afin d’obtenir sa signature pour approuver l’émission de la proclamation annonçant l’entrée en guerre du Canada.

Le matin du 10 septembre, Massey prend place dans la voiture sport de son fils Hart et va rencontrer George VI au Royal Lodge, sa maison de campagne dans le parc du château de Windsor. Il y obtient la signature royale et transmet la nouvelle par télégramme à Ottawa, où Mackenzie King attend la réponse avec impatience, craignant que l’ennemi n’ait détruit le câble transatlantique permettant les communications entre le Canada et l’Angleterre. (Source : Journal de William Lyon Mackenzie King)

Se pose ensuite un autre obstacle : le document de deux pages approuvé par le roi est une transcription manuscrite d’un télégramme. Il n’est donc pas signé par un ministre, comme l’exige la procédure. Par conséquent, le ministère des Affaires extérieures le considère comme un document officieux seulement. Il promet toutefois de faire suivre rapidement la version officielle signée.

Par ailleurs, une déclaration avait déjà été rédigée et signée par le gouverneur général lord Tweedsmuir au nom du roi, ainsi que par le premier ministre Mackenzie King et le ministre de la Justice, Ernest Lapointe, avant même que le roi n’ait retourné le document approuvé et signé de sa main.

Proclamation portant le Grand sceau du Canada, annonçant que le Canada est en guerre contre le Reich allemand.

Déclaration de guerre au Reich allemand, 10 septembre 1939. Le jour (“ tenth », soit le dixième jour) y est écrit à la main. (Sous-fonds du Registraire général, e011202192)

L’imprimerie du gouvernement a quant à elle publié une proclamation dans une édition spéciale de la Gazette du Canada, l’organe officiel de diffusion des annonces gouvernementales. Pour garantir le secret, un huis clos complet a été imposé au personnel, qui a travaillé le samedi 9 et le dimanche 10 septembre et n’a été libéré qu’une fois la Gazette livrée aux bureaux des Affaires extérieures (alors situés dans l’édifice de l’Est, sur la colline du Parlement). Cette livraison ayant été effectuée à 12 h 35, heure normale de l’Est (une autre source indique 12 h 40), ce moment est considéré comme celui où le Canada est officiellement entré en guerre contre le Reich allemand.

Mais est-ce bien le cas?

Déclaration de guerre au Reich allemand, imprimée et bilingue, avec trois signatures manuscrites.

Édition spéciale de la Gazette du Canada, 10 septembre 1939 (version publiée de la déclaration de guerre au Reich allemand). Fait étrange, cet exemplaire porte les signatures de Tweedsmuir, Lapointe et Mackenzie King. (Fonds Arnold Danford Patrick Heeney, e011198135)

Le 24 octobre, soit six semaines plus tard, la lettre officielle signée par un ministre se fait toujours attendre. Massey envoie donc un télégramme aux Affaires extérieures pour savoir quand elle arrivera. Le secrétaire particulier du roi, sir Alexander Harding, lui avait déjà confié sa crainte que le document signé par le roi et basé sur des déclarations télégraphiées n’ait aucune validité constitutionnelle parce qu’il ne portait pas – et ne pouvait pas porter – la signature du ministre. La question se posait : techniquement, le Canada était-il en guerre ou non?

Pour remédier à la situation, les Affaires extérieures expédient un document signé par le premier ministre, avec effet rétroactif à la date du 10 septembre. Le roi George VI le signe le 27 novembre et le renvoie au Canada. Il aura fallu attendre deux mois et demi après l’entrée en guerre du Canada pour que les documents officiels reflètent la réalité!

Au bout du compte, il existe quatre documents importants qui témoignent de cette première déclaration de guerre du Canada : l’approbation non officielle rédigée à partir d’un télégramme et signée par le roi George VI; la proclamation émise par le gouverneur général; l’édition spéciale de la Gazette du Canada; et la demande officielle à effet rétroactif signée par Mackenzie King et le roi. Trois de ces documents sont conservés dans les collections de Bibliothèque et Archives Canada et sont reproduits ci-dessus. On ignore toutefois ce qui est advenu du premier (l’approbation non officielle du roi.) Mais un indice subsiste : nous savons qu’au cours de l’automne 1939 et de l’hiver 1940, Massey a refusé plusieurs fois de renvoyer le document au Canada, répondant que le Palais de Buckingham ne voulait pas qu’il soit “ intégré dans les documents du gouvernement canadien  » en raison de sa validité constitutionnelle incertaine (Lester B. Pearson, Memoirs, p. 140). Pearson, alors numéro deux après Massey, écrira plus tard qu’il avait compris que le document était demeuré à Londres, “ entre les mains de Sa Majesté ou du haut-commissaire canadien, je ne l’ai jamais su  ». [Traduction, ibid.]


Par J. Andrew Ross, archiviste à la Division des archives gouvernementales, avec la contribution de Geneviève Couture, adjointe en archivistique à la Direction générale des archives privées, Bibliothèque et Archives Canada.

Le soldat Walter Leigh Rayfield, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes de bravoure de soldats posés il y a 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous rendons hommage au valeureux soldat Walter Leigh Rayfield, récipiendaire de la Croix de Victoria.

Photo noir et blanc d’un soldat.

Le soldat Walter Leigh Rayfield, VC, sans date (a006711)

Né le 7 octobre 1881 à Richmond, en Angleterre, Rayfield immigre au Canada avant le déclenchement de la guerre. Il travaille comme bûcheron avant de s’enrôler à Victoria, en Colombie-Britannique, le 10 juillet 1917 et de se joindre au 7e Bataillon d’infanterie du Corps expéditionnaire canadien.

Au début de septembre 1918, le Corps canadien tente de percer la ligne de front Drocourt-Quéant, à l’est d’Arras, en France, longue de six kilomètres. Après s’être emparé du Nid-de-Corbeau – un centre de résistance ennemi – le 1er septembre 1918, le Corps doit lancer une attaque massive pour traverser les lignes allemandes et atteindre le canal du Nord.

Image noir et blanc d’un document textuel résumant les activités du 7e Bataillon d’infanterie du Canada le 2 septembre 1918.

Journal de guerre du 7e Bataillon d’infanterie du Canada donnant une description du déclenchement de l’attaque le 2 septembre 1918, page 4 (e001084295).

Image noir et blanc d’un document textuel résumant la suite, sur une deuxième page, des activités du 7e Bataillon d’infanterie du Canada le 2 septembre 1918.

Journal de guerre du 7e Bataillon d’infanterie du Canada avec une description de la conclusion de l’attaque du 2 septembre 1918, page 5 (e001084296).

Le 2 septembre 1918, à 5 h du matin, les tirs nourris de l’artillerie canadienne atteignent l’ennemi et permettent aux Canadiens d’avancer. Les chars d’assaut soutiennent l’attaque offensive et, à 7 h 30, les troupes arrivent à la ligne rouge et au village de Dury. Pendant cette progression, Rayfield se retrouve à l’avant de sa compagnie. Il s’élance vers une tranchée occupée par plusieurs soldats ennemis, en tue deux à la baïonnette et en capture dix.

Plus tard, il repère un tireur d’élite ayant fait de nombreux morts et se lance à son attaque, sous une pluie de coups de feu. Comme le mentionnera la London Gazette deux mois plus tard :

Il s’élance ensuite vers la section de la tranchée d’où opère le tireur embusqué; son audace et son sang-froid démoralisent à ce point les combattants ennemis que 30 d’entre eux se rendent [traduction].

London Gazette, n° 31067, le 14 décembre 1918 (en anglais seulement)

Photo noir et blanc de centaines de fusils et de mitrailleuses de diverses tailles reposant sur le sol. Un soldat, debout, regarde les armes tandis qu’un autre soldat se penche pour examiner la bandoulière d’un fusil.

Armes saisies par des Canadiens sur le front d’Arras, septembre 1918 (a003291)

Au mépris de sa sécurité personnelle, il se rue de nouveau à découvert sous les tirs nourris de mitrailleuses et transporte en lieu sûr un camarade gravement blessé. Rayfield est louangé pour le courage, la bravoure et l’esprit d’initiative dont il fait preuve pendant ces assauts. Malgré les attaques au gaz, les tirs intenses de mitrailleuses et les coups de feu ennemis dirigés sur lui, Rayfield participe courageusement et héroïquement à la bataille, inspirant ses camarades.

Il reçoit la Croix de Victoria pour les actes accomplis du 2 au 4 septembre 1918, à Arras.

Il survit à la guerre et est démobilisé le 25 avril 1919.

Rayfield s’éteint le 20 février 1949. Sa Croix de Victoria est exposée de nos jours au Musée canadien de la guerre.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du soldat Walter Leigh Rayfield.


Ashley Dunk est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public.

Hutcheson, Knight, Metcalf, Peck et Young, récipiendaires de la Croix de Victoria

Par Andrew Horrall

Bellenden Seymour Hutcheson

Bellenden Seymour Hutcheson naît à Mount Carmel, en Illinois, le 16 décembre 1883. Il devient médecin après des études à la Northwestern University, près de Chicago. Ses cheveux blancs et ses yeux d’un bleu perçant lui donnent une allure remarquable. Comme de nombreux autres Américains, Hutcheson décide de s’enrôler au Canada. Le 6 novembre 1915, il se joint au Corps de santé de l’Armée canadienne à Hamilton, en Ontario, et est affecté au 75e Bataillon.

Photo noir et blanc d’un soldat ayant des cheveux très pâles et regardant droit vers l’objectif.

Le capitaine B. S. Hutcheson, du Corps de santé de l’Armée canadienne, récipiendaire de la Croix de Victoria. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine

Le 2 septembre 1918, près de Cagnicourt, en France, Hutcheson s’avance en terrain découvert avec son bataillon. « [S]ans hésitation et au mépris total de sa propre sécurité, il reste sur le champ de bataille jusqu’à ce que tous les soldats blessés aient reçu des soins. Il panse les blessures d’un officier grièvement blessé, sous les tirs intenses des mitrailleuses et des projectiles et, avec l’aide de prisonniers et de ses propres hommes, il réussit à l’évacuer en lieu sûr, même si les brancardiers subissent de lourdes pertes. Immédiatement après, il s’élance à nouveau, complètement à découvert et sous les tirs intenses de mitrailleuses et de fusils, pour s’occuper d’un sergent blessé. Après l’avoir installé dans un trou d’obus, il panse ses blessures. » (London Gazette, n° 31067, 14 décembre 1918,en anglais. Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

En plus de la Croix de Victoria, Hutcheson reçoit la Croix militaire pour d’autres actes de bravoure.

Après la guerre, Hutcheson épouse une femme de la Nouvelle-Écosse et retourne pratiquer la médecine en Illinois. Au fil des ans, il visite souvent le Canada, notamment pour participer à des retrouvailles de son bataillon. Il parlera très rarement de son expérience de la guerre. Il meurt à Cairo, en Illinois, le 9 avril 1954. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée du Toronto Scottish Regiment.

Sources

« VC from Illinois modestly declines to details exploits », The Globe and Mail, 6 mars 1930, p. 13 (en anglais)

« ’Six-bits’ reunion is first since war », The Globe and Mail, 13 avril 1931, p. 14 (en anglais)

 

Arthur George Knight

Arthur George Knight naît à Haywards Heath, en Angleterre, le 26 juin 1886. En 1911, il immigre au Canada et devient menuisier. Il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien en décembre 1914 et sert dans le 10e Bataillon. Il reçoit la Croix de guerre belge en novembre 1917.

Photo noir et blanc prise dans un studio et montrant un soldat en uniforme, debout, les mains derrière le dos.

Le sergent A. G. Knight, récipiendaire de la Croix de Victoria, sans date. (a006724)

Le 2 septembre 1918, près de Cagnicourt, en France, Knight « prend la tête d’une section de bombardement et, s’avançant sous un feu nourri, engage avec l’ennemi un combat rapproché. Constatant que son détachement est toujours stoppé, il fonce seul en avant, passant à la baïonnette plusieurs mitrailleurs et servants de mortier ennemis, et obligeant le reste de la troupe à battre en retraite dans la confusion. » Alors que son peloton poursuit les Allemands en retraite, Knight « aperçoit une trentaine de soldats ennemis qui pénètrent dans un tunnel conduisant hors des tranchées. Il se rue tout seul sur eux et, après avoir abattu un officier et deux sous-officiers, il capture 20 militaires du rang. Plus tard, il met en déroute, sans aide, un autre détachement ennemi qui s’oppose à l’avance de son peloton. » (London Gazette, n° 31012, 15 novembre 1918, en anglais. Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes]

Knight est grièvement blessé durant cette bataille et succombe à ses blessures le jour suivant. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée Glenbow de Calgary.

 

William Henry Metcalf

Photo noir et blanc d’un soldat debout vêtu d’un kilt.

Le lieutenant-caporal W. H. Metcalf, récipiendaire de la Croix de Victoria, sans date. (a006727)

William Henry Metcalf naît dans le canton de Waite, dans le Maine, le 29 janvier 1885. Barbier de profession, il se rend à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, pour s’enrôler dans le Corps expéditionnaire canadien le 15 août 1914. Il devient alors signaleur au sein du 16e Bataillon. Metcalf reçoit la Médaille militaire pour les gestes courageux qu’il pose pendant la bataille de la Somme, en septembre 1916. En effet, il se porte volontaire pour fournir de l’aide médicale à un camarade gravement blessé en zone neutre. Il lui sauve la vie puis, au péril de la sienne, il s’expose aux tirs nourris de l’ennemi pour réparer des fils téléphoniques. La citation pour sa médaille mentionne entre autres que « pendant ses vingt mois de service sur le terrain, il a toujours fait preuve de bravoure et de dévouement au devoir, et ce, avec enthousiasme. » [Traduction] (London Gazette, n° 29893, 6 janvier 1917, en anglais)

Metcalf reçoit la Médaille militaire une deuxième fois pour ses actes du 8 août 1918 pendant la bataille d’Amiens. Au début des premières attaques, il installe des fils téléphoniques en zone neutre puis demeure sous les tirs intenses d’obus pour s’assurer que ceux-ci ne sont pas endommagés. (London Gazette, n° 31142, 24 janvier 1919, en anglais)

Metcalf obtient ensuite la Croix de Victoria pour la bravoure dont il fait preuve le 2 septembre 1918 près de Cagnicourt, en France. Lorsque la progression de son bataillon ralentit, il « s’élance vers un char qui passe à sa gauche, sous le feu nourri d’une mitrailleuse. Brandissant un drapeau de signalisation, il marche à l’avant du char et le dirige le long de la tranchée [allemande], pour qu’il enfile des balles et des bombes. Les positions des mitrailleuses sont éliminées, de lourdes pertes sont infligées aux ennemis et il vient ainsi à bout d’une situation très critique. » (London Gazette, n° 31012, 15 novembre 1918, en anglais. Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Metcalf meurt le 8 août 1968 à Lewiston, dans le Maine. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée du Canadian Scottish Regiment à Victoria, en Colombie-Britannique.

 

Cyrus Wesley Peck

Cyrus Wesley Peck naît à Hopewell Hill, au Nouveau-Brunswick, le 26 avril 1871. Malgré une formation de soldat, il ne réussit pas à s’enrôler pour la guerre d’Afrique du Sud. Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, Peck dirige une conserverie de saumon en Colombie-Britannique en plus de servir dans la milice. Le 8 novembre 1914, il s’enrôle en tant que major dans le 30e Bataillon. À la fin de 1916, il est promu lieutenant-colonel et chargé du commandement du 16e Bataillon (Canadian Scottish Regiment).

Photo noir et blanc d’un homme moustachu vêtu d’un pantalon écossais, d’une ceinture Sam Browne et d’une casquette, passant des grilles ornementales avec un bâton de marche. À sa droite, une foule regarde vers les grilles.

Le lieutenant-colonel Cyrus W. Peck, récipiendaire de la Croix de Victoria et de l’Ordre du service distingué, 16e Bataillon, à sa sortie du palais de Buckingham. (a006720)

Blessé par deux fois lors du conflit, Peck reçoit l’Ordre du service distingué ainsi que cinq mentions à l’ordre du jour. Lors des élections fédérales de décembre 1917, il est élu député de la circonscription de Skeena; baptisées « les élections kaki », ce sont les premières auxquelles des soldats en service actif peuvent participer. Son rôle n’empêche pas Peck de poursuivre sa carrière militaire en France.

Au premier abord, Peck n’a pas l’allure d’un héros. Malgré son impressionnante moustache qui lui donne un air militaire, il est plutôt âgé (47 ans) et petit (1,75 m), et pèse un bon 113 kg. Néanmoins, le 2 septembre 1918, près de Cagnicourt, en France, Peck s’aperçoit que la progression de son bataillon est freinée. Alors, « sous les tirs intenses des mitrailleuses et des tireurs embusqués, il effectue personnellement une reconnaissance sur une parcelle de terrain fortement balayée par les tirs. Une fois cette tâche accomplie, il revient sur ses pas, réorganise son bataillon et, fort des renseignements qu’il a obtenus, il pousse la progression de ses troupes et prend les mesures requises pour protéger ses flancs. Il sort ensuite, sous une pluie de tirs d’artillerie et de mitrailleuses, intercepte ses chars, leur donne les directives nécessaires, pointant du doigt l’endroit où ils doivent se diriger, et ouvre ainsi la voie à la progression d’un bataillon d’infanterie canadien. Par la suite, il procure à ce bataillon l’appui dont il a besoin. Ce remarquable courage dont il a fait preuve et ses grandes qualités de leader ont permis de poursuivre la progression, malgré les tirs intenses d’artillerie et de mitrailleuses, et ils ont largement contribué au succès de l’attaque menée par la brigade. » (London Gazette, n° 31012, 15 novembre 1918, en anglais. Traduction : Défense nationale et les Forces canadiennes)

Aux élections de 1921, Peck perd son siège à la Chambre des communes. Il siège à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique de 1924 à 1933 et meurt à Sidney, dans la même province, le 27 septembre 1956. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée canadien de la guerre.

Sources

« Won VC in 1918 while a member of parliament », The Globe and Mail, 28 septembre 1956, p. 7 (en anglais)

 

John Francis Young

John Francis Young naît à Kidderminster, en Angleterre, le 14 janvier 1893, et immigre au Canada peu avant le déclenchement de la guerre. Le 20 octobre 1915, il s’enrôle à Montréal, en tant que brancardier dans le 87e Bataillon. En novembre de l’année suivante, il est blessé à la Somme.

Photo noir et blanc d’un soldat souriant, debout, les mains derrière le dos.

Le soldat J. F. Young, récipiendaire de la Croix de Victoria, sans date. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine.

Young reçoit la Croix de Victoria pour ses actes du 2 septembre 1918 près de Dury, en France. Lorsque l’artillerie et les mitrailleuses allemandes fauchent sa compagnie, il passe plus d’une heure à soigner ses camarades blessés, au mépris du danger puisqu’il se trouve alors bien en vue de l’ennemi. Il retourne fréquemment aux lignes canadiennes pour s’approvisionner en fournitures médicales, mais n’abandonne jamais les hommes blessés. Young supervise ensuite les brancardiers qui transportent les blessés en lieu sûr. (London Gazette n° 31067, 14 décembre 1918, en anglais)

Young est gazé dans une bataille subséquente, et ses poumons subissent des dommages permanents et débilitants. Il meurt à Sainte-Agathe-des-Monts, au Québec, le 7 novembre 1929. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée canadien de la guerre.

Sources

« John F. Young, VC, is dead in Quebec », The Globe and Mail, 8 novembre 1929, p. 1 (en anglais)

 

Bibliothèque et Archives Canada conserve les dossiers de service de Bellenden Seymour Hutcheson, Arthur George Knight, William Henry Metcalf, Cyrus Wesley Peck et John Francis Young.


Andrew Horrall est archiviste principal à la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Claude Nunney, VC

Par Andrew Horrall

Lorsque Claude Joseph Patrick Nunney s’enrôle dans le 38e Bataillon le 8 mars 1915, il affirme être né à Dublin, en Irlande, le 24 décembre 1892. Il semble que ces renseignements ne soient pas exacts, quoiqu’on ignore pourquoi Nunney a voulu dissimuler ses origines. Selon certaines archives, Nunney serait bien né ce jour-là, mais à Hastings, en Angleterre, et son nom serait Stephen Sargent Claude Nunney. Il ne fait par contre aucun doute qu’il était un jeune orphelin quand il a été envoyé de l’autre côté de l’Atlantique, à Ottawa, pour y être adopté par Mme D. J. MacDonald, de North Lancaster, en Ontario. Au moment où il s’enrôle, il vit avec la famille Calder du comté de Glengarry, en Ontario, qu’il décrit comme ses plus proches parents et à qui il remettra une partie de sa solde chaque mois.

Nunney est un soldat exceptionnel qui recevra la Médaille de conduite distinguée pour les actes qu’il accomplit en avril 1917 lors de la bataille de la crête de Vimy : « […] malgré deux blessures et l’anéantissement de sa section, il poursuit son avancée, transportant son fusil et ses munitions, et il réussit seul à mettre fin à une attaque de plus de 200 ennemis. Il continue son devoir pendant trois jours en faisant preuve d’une audace incroyable et en effectuant un travail formidable. » [traduction] (London Gazette, n° 30234, 16 août 1917 – en anglais seulement) Peu après, il reçoit la Médaille militaire pour un autre acte de bravoure.

Photo noir et blanc d’un soldat assis tenant sa casquette et sa badine sur ses genoux.

Le soldat Claude Nunney, VC, du 38e Bataillon (a006859)

La promotion de Nunney au grade de sergent en juin 1917 témoigne de son leadership et de son courage sur les champs de bataille. Cependant, au mois d’avril suivant, il est traduit en cour martiale pour avoir frappé un officier supérieur. L’incident est décrit dans les documents de la cour martiale sur Nunney conservés par BAC. Les faits parlent d’eux-mêmes, quoique deux officiers témoignent pour sa défense, dont un qui affirme même que Nunney est l’un des meilleurs combattants de première ligne du bataillon. Nunney est condamné et rétrogradé au grade de soldat. Sa peine d’une année de travaux forcés est toutefois rapidement réduite en raison de « ses bons services rendus ».

Le soldat Nunney reçoit la Croix de Victoria de manière posthume pour ses actes du 1er et du 2 septembre 1918 pendant la bataille de la ligne Drocourt-Quéant, en France. Lors de l’attaque des Allemands, « Nunney, qui se trouvait alors au poste de commandement de sa compagnie, franchit le barrage et se rend jusqu’à la ligne d’avant-poste. Il se déplace d’une position à l’autre et encourage ses camarades en prêchant par son exemple d’intrépidité. L’ennemi est repoussé et la situation devient moins critique. Au cours de l’attaque du 2 septembre, il se retrouve continuellement devant ses camarades, grâce à sa rapidité. Son intrépidité exemplaire a sans aucun doute inspiré grandement sa compagnie dans la poursuite de ses objectifs. » [traduction de Défense nationale et les Forces canadiennes] (London Gazette, n° 31067, 14 décembre 1918 – en anglais seulement) 

Nunney est gravement blessé en posant ces actes de bravoure et il succombe à ses blessures le 18 septembre 1918. Il lègue tous ses effets personnels, y compris ses médailles, à la famille Calder. Lorsque les récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria se rassemblent à Toronto en 1938, Mme Calder, alors veuve, est trop âgée pour participer à l’événement. Elle demande à une amie d’Alexandria, qui milite en faveur du bien-être des anciens combattants, de porter les médailles de Nunney au rassemblement. L’orphelin irlandais avait été adopté par une communauté entière. Sa Croix de Victoria est exposée au manège militaire de Cornwall. Bibliothèque et Archives Canada détient son dossier de service.

Sources

« Spirit of war hero marches on in VC », The Globe and Mail, 2 août 1938, p. 5, en anglais seulement


Andrew Horrall est archiviste principal à la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

William Hew Clark-Kennedy, VC

Par Andrew Horrall

William Hew Clark-Kennedy naît à Dunskey, en Écosse, le 3 mars 1880, et obtient un emploi à la Compagnie d’assurance Standard Life à 16 ans. Il sert dans un régiment de la cavalerie britannique pendant la guerre d’Afrique du Sud avant de déménager au Canada en 1902 pour y travailler au bureau montréalais de la Standard Life. C’est là qu’il rencontre sa future épouse Katherine « Kate » Reford.

Le 23 septembre 1914, Clark-Kennedy s’enrôle dans le 13e Bataillon (Royal Highlanders of Canada) à Valcartier, au Québec. Il débarque en France au mois de février suivant. Le 24 avril 1915, un obus d’artillerie s’écrase près de lui et de deux autres hommes. Les compagnons de Clark-Kennedy sont tués sur le coup, et lui se retrouve enfoui sous la terre et la boue. Les autres soldats, croyant qu’il avait lui aussi péri et que son corps avait été désintégré ou enterré, le déclarent mort au combat. Mais Clark-Kennedy n’a subi que des blessures mineures et, à l’insu de tous, il réussit à se dégager du sol et à retourner sur le champ de bataille. Il a fallu quelques jours à l’armée pour corriger l’erreur et permettre à Clark-Kennedy d’envoyer un télégramme à sa famille pour la rassurer.

Photo noir et blanc d’un officier devant un bâtiment; il porte une casquette d’officier et tient un bâton de marche dans sa main droite.

Le lieutenant-colonel Clark-Kennedy, VC, OC, 24e Bataillon. Photo prise en janvier 1919 (a003909)

Clark-Kennedy reçoit la Croix de Victoria pour ses actes du 27 et du 28 août 1918 alors qu’il commande le 24e Bataillon pendant la bataille d’Arras. Un extrait de la London Gazette décrit sa bravoure exceptionnelle : « Dès le début, la brigade, au centre de laquelle se trouve le 24e Bataillon, est la cible d’intenses tirs d’artillerie et de mitrailleuses; les pertes sont nombreuses, surtout parmi les chefs. Les unités sont en partie désorganisées et l’avance est freinée. Reconnaissant à quel point il est important que le front de la brigade soit dirigé par le centre et nullement découragé par les tirs d’anéantissement, le Lcol Clark-Kennedy, grâce à sa personnalité et à son initiative, devient une source d’inspiration pour ses hommes et les fait avancer. À plusieurs reprises, il leur donne un exemple hors du commun en les menant tout droit vers les nids de mitrailleuses qui les empêchent d’avancer et surmonte ces obstacles. En contrôlant l’orientation des unités avoisinantes et en rassemblant les hommes qui n’ont plus de chef, il s’avère très utile pour le renforcement de la ligne et permet à tout le front de la brigade d’avancer. » [traduction de Défense nationale et les Forces canadiennes]

Le lendemain, Clark-Kennedy fait preuve d’autant de courage malgré la grave blessure par balle qu’il a subie au genou droit. Sa citation se termine par la déclaration suivante : « On ne saurait surestimer les résultats obtenus grâce à la bravoure et au leadership de cet officier. » London Gazette, n° 31067, 14 décembre 1918 (en anglais seulement)

En plus de la Croix de Victoria, Clark-Kennedy reçoit à quatre reprises une citation à l’ordre du jour et à deux reprises l’Ordre du service distingué. La France lui décerne également une Croix de Guerre, et il est nommé Compagnon de l’Ordre de Saint-Michel et Saint‑Georges.

Photo noir et blanc de deux officiers devant une voiture dans laquelle le conducteur est assis. Ils portent tous deux une casquette d’officier et un pardessus.

Le lieutenant-colonel W.H. Clark-Kennedy (à droite), VC, CMG, DSO et barrette de médaille, et le brigadier-général J.H. MacBrien, DSO et barrette de médaille, CB (a006743)

De retour au Canada après la guerre, Clark-Kennedy reprend son emploi à la Standard Life, où il accédera éventuellement au poste de directeur de l’entreprise. Il meurt à Montréal le 25 octobre 1961. La famille de Clark-Kennedy conserve toujours sa Croix de Victoria. Bibliothèque et Archives Canada détient son dossier de service.

Sources

« Officer, feared dead, continued to fight », The Globe and Mail, 27 octobre 1961, p. 31, en anglais seulement

« Lt.-Col.Clark-Kennedy VC, dies here in 83rd year », Montreal Gazette, 27 octobre 1961, p. 4, en anglais seulement


Andrew Horrall est archiviste principal à la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Charles Smith Rutherford, VC

Par Ashley Dunk

Dans la série des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes posés par des soldats sur les champs de bataille il y a 100 ans. Aujourd’hui, nous rendons hommage à Charles Smith Rutherford, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses gestes de bravoure.

Photo noir et blanc d’un officier debout, tenant une canne.

Lieutenant Charles S. Rutherford, VC, vers 1914-1919 (a006703)

Né le 9 janvier 1892 à Colborne, en Ontario, Rutherford est fermier avant la guerre. Le 2 mars 1916, il s’enrôle à Toronto, en Ontario, et joint le 83e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien comme soldat. Il arrive en France le 10 juin 1916. Rutherford obtient plusieurs décorations, dont la Médaille militaire le 23 février 1918 et la Croix militaire le 11 janvier 1919. Il est promu lieutenant le 28 avril 1918. Le 26 août 1918, lors de la cinquième bataille de la Scarpe, près de Monchy, en France, Rutherford dirige un groupe d’assaut. Devançant largement ses hommes, il aperçoit des ennemis à l’extérieur d’une casemate. Armé de son revolver, Rutherford leur fait signe de venir vers lui. Les soldats ennemis lui répondent qu’il doit plutôt s’approcher d’eux. Grâce à un mensonge habile, les soldats ennemis sont convaincus qu’ils sont entourés. Le groupe de 45 hommes, qui comprend deux officiers et trois mitrailleuses, se rend alors.

Photo noir et blanc de trois personnes debout, prenant la pose : une femme vêtue d’un manteau de fourrure, un officier avec une canne et un soldat avec une canne et un béret.

Lieutenant C. S. Rutherford, VC (centre), vers 1914-1919 (a006705)

Après avoir capturé ce groupe d’hommes, il convainc l’un des officiers ennemis de neutraliser une mitrailleuse à proximité, permettant aux troupes de Rutherford de se rendre jusqu’à lui. Rutherford s’aperçoit alors qu’une partie de son groupe d’assaut est ralenti par des tirs nourris d’une mitrailleuse se trouvant dans une autre casemate. Avec l’aide du reste de ses hommes, il attaque la casemate avec une section de mitrailleuses Lewis, réussissant à capturer 35 autres prisonniers ainsi que leurs mitrailleuses. Grâce à son leadership, son groupe d’assaut peut poursuivre sur sa lancée. Deux mois plus tard, la London Gazette rapporte ce qui suit :

Les gestes audacieux et courageux de cet officier ont concrètement contribué à la saisie de l’objectif principal. Il a fortement inspiré des militaires de tous grades à pousser l’attaque sur un emplacement très fortifié.

London Gazette, n° 31012, 12 novembre 1918

Le 20 mars 1919, Rutherford obtient son congé dans le cadre d’une démobilisation générale. Il s’éteint à Ottawa, en Ontario, le 11 juin 1989 à l’âge de 97 ans.

Photo noir et blanc d’un officier en tenue de cérémonie.

Capitaine Charles S. Rutherford, VC, sergent d’armes, Assemblée législative de l’Ontario, 1937 (a053785)

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Charles Smith Rutherford.


Ashley Dunk est adjointe de projet à la Division des expositions et du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de rugby maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de deux équipes de rugby en pleine mêlée. Deux arbitres surveillent la séquence de jeu.

Deuxième match de rugby à Godalming, en Angleterre, entre les équipes de Seaford et Witley [MIKAN 3385967]

Ce sont probablement les colons et les militaires britanniques qui ont importé le rugby au Canada, au début du XIXe siècle. Ce sport semble être pratiqué de manière informelle jusqu’en 1864, année où F. Barlow Cumberland et Fred A. Bethune, du Trinity College, à Toronto, codifient des règles pour le Canada. Le premier match joué selon ces règles a lieu à Montréal; il oppose des officiers d’un régiment anglais à des civils de l’Université McGill.

Photo noir et blanc de joueurs de rugby blessés. Un joueur assis sur une chaise reçoit des soins pour une blessure à la tête. Un deuxième joueur est étendu au sol, une couverture sur le corps. Des spectateurs se tiennent près des joueurs, derrière la ligne de côté.

Joueurs blessés et spectateurs sur la ligne de côté lors d’un match de rugby entre les joueurs canadiens de Seaford et de Witley à Godalming, en Angleterre [MIKAN 3385975]

Photo noir et blanc de l’équipe de rugby de l’Université McGill lors de la saison 1884-1885. James Naismith est assis avec ses coéquipiers (2e rangée, premier à gauche).

Équipe de rugby de l’Université McGill de la saison 1884-1885, y compris James Naismith que l’on voit assis avec ses coéquipiers (2e rangée, premier à gauche), à Montréal, au Québec [MIKAN 3650079]

Des clubs provinciaux de rugby se forment peu après aux quatre coins du pays. On organise d’abord des rencontres interprovinciales, puis des compétitions internationales. La première, en 1874, met évidemment aux prises le Canada (Université McGill) et les États-Unis (Université Harvard)!

Photo noir et blanc d’une équipe senior de rugby universitaire, en Ontario. Les membres se tiennent en rangée, de biais, la main gauche sur la hanche et la main droite sur l’épaule de la personne devant.

Équipe senior de rugby universitaire, en Ontario [MIKAN 3715584]

Au XXe siècle, le sport connaît une croissance constante. Des équipes étrangères viennent disputer des matchs au Canada, et des équipes canadiennes vont jouer à l’étranger, notamment au Japon, en Angleterre, en Irlande, en Argentine et en Australie. L’arrivée des femmes marque en outre un jalon important dans l’histoire du sport. À partir du début des années 1980, on forme des équipes féminines pour disputer des matchs tant locaux qu’internationaux. On en compte aujourd’hui plus de 30 au pays.

Visitez l’album Flickr maintenant!