La collection d’archives Web sur la Commission de vérité et réconciliation de Bibliothèque et Archives Canada est maintenant disponible

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est heureux d’annoncer le lancement de sa collection d’archives Web sur la Commission de vérité et réconciliation.

Cette collection a été créée en collaboration avec le Centre national pour la vérité et la réconciliation et les bibliothèques de l’Université de Winnipeg et de l’Université du Manitoba, qui ont toutes les deux lancé leurs propres collections d’archives Web.

La collection d’archives Web sur la Commission de vérité et réconciliation (CVR) de BAC donne accès aux archives des sites Web anglais et français d’organismes liés à la CVR, à titre de partenaires actifs aux activités nationales ou au moyen d’initiatives appuyant la commémoration.

Même si la majorité des éléments de cette collection ont été recueillis au moment du rapport final de la CVR, en 2015, la collection est un projet en cours auquel nous continuerons à ajouter de nouvelles ressources. Elle renferme actuellement environ 300 ressources, notamment des versions intégrales ou partielles de sites Web, des vidéos, des journaux et du contenu média, ainsi que des blogues.

Vous trouverez d’autres détails et aurez accès à toutes les collections sur le site Web du Centre national pour la vérité et la réconciliation.

Conservateur invité : Adam Gaudry

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Traité de Selkirk, 1817

Image du Traité Selkirk, un grand document manuscrit au bas duquel figurent les signatures des Européens et les marques des chefs.

Le Traité Selkirk, signé le 18 juillet 1817 par les Chippewa, ou nation des Saulteux, les Kiltistino de la nation crie et le très honorable Thomas, comte de Selkirk, au nom du roi George III. (MIKAN 3972577)

Lord Selkirk entrevoyait un grand potentiel agricole pour le Canada, notamment grâce à l’apport des colons écossais et irlandais. Les Premières Nations nomades et les Métis étaient exclus de cette vision.


Parlez-nous de vous.

Dans ma carrière universitaire, je fais de la recherche sur l’identité métisse et l’histoire politique. Cela signifie qu’une grande partie des documents que j’écris portent principalement sur les communautés métisses du 19e siècle. Je souhaite connaître la perception des Métis concernant les principales forces sociales, économiques et politiques qui ont façonné leurs vies et savoir de quelle manière ils s’organisaient pour influer sur des Prairies en évolution dans l’Ouest – et comment ils s’épanouissaient. Je suis Métis et professeur adjoint à la Faculté des études autochtones et au Département des sciences politiques de l’Université de l’Alberta.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Photo noir et blanc de Thomas Douglas portant une veste noire, un gilet blanc et une cravate blanche.

Thomas Douglas, le 5e comte de Selkirk (1771-1820). (MIKAN 3526168)

Le Traité Selkirk de 1817 est un accord entre lord Selkirk — comte écossais pratiquant la spéculation foncière et actionnaire principal de la Compagnie de la Baie d’Hudson — et les Nehiyawak ainsi que les Anishinaabeg (Cris et Saulteux) de la vallée de la rivière Rouge (maintenant le sud du Manitoba). Il permettait à des colons écossais de s’établir au pays en échange d’une quantité substantielle de tabac à titre de « présent annuel » ou, comme le voyaient les Anishinaabe, de « redevance ».

Avant 1817, lord Selkirk avait essayé de coloniser les terres sans la permission des Autochtones de l’endroit en achetant celles-ci à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il est compréhensible que la prétention de posséder ce territoire de 116 000 milles carrés sur lequel il n’avait aucune présence ou influence ait fâché les propriétaires véritables des terres. De 1812 à 1816, de nombreux chefs autochtones ont formulé des plaintes importantes, soulignant l’absurdité qu’un étranger affirme posséder leur territoire et menaçant d’intervenir contre tout inconnu qui coloniserait leurs terres.

Cette opposition était plus prononcée parmi les Bois-Brûlés, la « nouvelle nation » du Nord-Ouest, qui s’appelleraient bientôt les Métis. Les communautés autochtones faisaient aussi partie d’un réseau complexe d’alliances qui les reliait à deux compagnies rivales de traite de fourrures —la Compagnie de la Baie d’Hudson, procolonisation, et la Compagnie du Nord-Ouest, anticolonisation. La dernière compagnie était composée de personnes étant aussi chefs des Bois-Brûlés. Au cours des étés 1815 et 1816, les soldats Bois-Brûlés ont dispersé les premiers colons de lord Selkirk et ont activement interdit aux colons étrangers de s’installer dans la vallée de la rivière Rouge. Le 19 juin 1816, les Bois-Brûlés sont sortis victorieux d’un affrontement spontané avec les employés de la Compagnie de la Baie d’Hudson, tuant 21 d’entre eux et s’emparant du fort puis, plus tard, de la colonie de lord Selkirk à la rivière Rouge. Même si les Métis n’avaient pas signé le traité avec lord Selkirk en 1817, l’agitation métisse de 1815–1816 a constitué un facteur de motivation important lors de la négociation de ce traité, lequel a néanmoins façonné les relations entre les Métis et la Compagnie de la Baie d’Hudson pour des générations à venir.

Aquarelle de la bataille montrant les deux côtés armés de fusils qui se font face dans un champ sous un ciel bleu partiellement nuageux. D’un côté, il y a surtout des employés blancs à pied de la Compagnie de la Baie d’Hudson, et de l’autre, il y a des Métis à cheval ainsi que des employés de la Compagnie du Nord-Ouest.

La bataille des Sept-Chênes, 19 juin 1816, par Charles William Jefferys. (MIKAN 2835228)

En raison de l’échec de la mission de lord Selkirk visant à gagner l’appui des instances politiques en place à la rivière Rouge au plus tard en 1816, lord Selkirk a entrepris le long voyage vers la région pour résoudre d’une certaine façon les hostilités. Puis, il a négocié avec les Nehiyawak et les Anishinaabeg locaux afin d’obtenir la permission d’installer des familles écossaises à la colonie de la rivière Rouge, en échange de présents annuels substantiels qu’il appelait « redevances ». Même si, pour toutes les parties, le traité permettait à des étrangers de s’établir paisiblement, les avis sur la signification du traité en termes de propriété des terres divergeaient. Pendant des années par la suite, lord Selkirk et la Compagnie de la Baie d’Hudson ont affirmé que le traité assurait la cession des terres des Autochtones à lord Selkirk et à la Compagnie. Pour les Autochtones, il établissait une entente de location à long terme les reconnaissant comme les propriétaires tout en amenant de nouvelles personnes dans leur pays, il fournissait des cadeaux annuels généreux aux Nehiyawak et aux Anishinaabeg et il renforçait une nouvelle alliance avec un aristocrate puissant. Le Traité Selkirk est important parce qu’il montre que, lorsque les dirigeants britanniques tentaient de devenir propriétaires des bassins des rivières Rouge et Assiniboine, ils devaient composer avec les titres qu’avaient obtenus les Autochtones par traité s’ils souhaitaient installer leurs sujets à cet endroit.

La description du traité rédigée par l’entourage de lord Selkirk est en soi fascinante de par la terminologie confuse et le langage contradictoire qu’elle contient. En effet, les deux interprétations ci-dessus peuvent être tirées de ce texte. Toutefois, je suis d’avis qu’en lisant ce traité d’un œil critique, nous voyons qu’il reconnaît les Autochtones comme les « propriétaires » de la vallée de la rivière Rouge, en se fondant sur le langage féodal pour décrire une relation de location qui aurait sauté aux yeux d’un noble écossais.

Le document semble contenir des contradictions. D’un côté, il affirme que les chefs des Nehiyawak et des Anishinaabe se sont entendus avec lord Selkirk [traduction] « pour céder à Notre Majesté le Roi toutes les terres adjacentes aux rivières Rouge et Assiniboyne pour l’usage du comte de Selkirk et des colons établis à cet endroit ». D’un autre côté, il mentionne que lord Selkirk, ses héritiers ou ses successeurs « paieraient chaque année aux chefs et aux guerriers un présent annuel ou redevance de 100 livres de bon tabac commercialisable ».

Pour moi, ce qui est particulièrement révélateur à cet égard, ce sont les termes indiquant que cet échange est une relation de location. La redevance, coutume courante à l’époque de lord Selkirk, était une pratique féodale par laquelle un locataire fermier payait un loyer fixe sur les terres occupées par un paysan fermier, ce qui le libérait de toutes les autres obligations envers ce lord. De plus anciennes conventions du système féodal obligeaient les paysans à participer aux travaux publics et aux fonctions militaires définis par leur lord. Cependant, au 19e siècle, afin de maximiser leur rentabilité, de nombreux propriétaires de terres ont regroupé les diverses obligations du système féodal en redevances fixes ou en paiements réguliers remplaçant toutes les autres obligations. La redevance, système de l’époque féodale, reconnaissait explicitement que le seigneur était propriétaire des terres et donnait un caractère officiel à une relation précise entre le lord et le locataire. Au 19e siècle, on savait généralement que la redevance ne transférait pas le titre de propriété au locataire et que la terre demeurait la propriété du seigneur. Eux-mêmes nobles et propriétaires terriens en Écosse, lord Selkirk et ses associés comprenaient intuitivement le langage lié aux redevances. Ainsi, lord Selkirk décrit également une relation dans le cadre de laquelle il donnait une redevance annuelle, 100 livres de tabac commercialisable, à ses propriétaires en échange du droit d’installer des fermiers écossais locataires sur les terres entourant les rivières Rouge et Assiniboine.

Une telle interprétation cadre aussi avec la manière dont les chefs Anishinaabe comprenaient le Traité. Le chef Peguis, l’un des signataires du Traité, maintenait catégoriquement que celui-ci décrivait une entente de location annuelle des terres. En 1859, le chef Peguis a fait une déclaration officielle dans laquelle il racontait que [traduction] « aucun marché officiel n’a été conclu; il s’agissait simplement d’un prêt […]; je l’affirme : les terres n’ont jamais été vendues ». De plus, selon l’historien manitobain J.M. Bumsted, le fils du chef Peguis, Henry Prince, aurait aussi mentionné, lors d’une assemblée métisse tenue en 1869, que « la terre a seulement été louée et la « prime » maintenant payée […] par la Compagnie de la Baie d’Hudson fait partie de l’entente de location ». Du point de vue du chef Peguis et de son fils, le Traité n’a changé en rien la propriété des terres de la vallée de la rivière Rouge, qui ont continué à appartenir aux Autochtones plutôt qu’à lord Selkirk, à la Compagnie ou à la Couronne. En effet, puisque lord Selkirk payait une redevance annuelle, il était le locataire; en d’autres termes, les Autochtones étaient les propriétaires.

En essayant d’obtenir par traité la propriété et le titre des terres appartenant aux Autochtones, lord Selkirk s’est trouvé, intentionnellement ou non, à renforcer la propriété par ceux-ci du territoire qu’il voulait coloniser. C’était probablement tout ce qu’il pouvait faire à une époque d’ascendance militaire et politique des Autochtones dans l’Ouest. Ses compatriotes ayant été dirigés par un membre des Bois-Brûlés l’été précédent, il n’était pas tout à fait dans une position lui permettant de demander le contrôle des terres des Autochtones. De plus, les Autochtones n’ont jamais voulu se départir de leurs terres et de leur indépendance. Par conséquent, le Traité Selkirk constitue un important rappel du pouvoir politique des Autochtones au début du 19e siècle. C’est le pouvoir des Bois-Brûlés qui a forcé lord Selkirk à négocier et ce sont les Nehiyawak et les Anishinaabeg qui l’ont guidé en ce qui concerne la diplomatie et le pouvoir autochtones. En raison du rôle joué par les propriétaires du pays, lord Selkirk n’a pu qu’obtenir la permission d’établir ses compatriotes sur les terres des Autochtones en échange d’une redevance annuelle. Ce traité est donc un document sur les négociations qui visait au départ la cession des terres des Autochtones, mais lord Selkirk n’a réussi qu’à renforcer la primauté territoriale et politique des Autochtones en reconnaissant que les terres qu’il voulait posséder appartenaient à d’autres.

Une ligne fine délimite le lotissement de lord Selkirk sur la carte d’Assiniboia.

Carte de 1817 montrant le lotissement de 116 000 milles carrés de lord Selkirk connu sous le nom d’ « Assiniboia ». Les forts des Cinq forts de Winnipeg (vers 1885), de George Bryce, y figurent. (AMICUS 5279616)

Carte de la colonie de la rivière Rouge représentant la voie ferroviaire, les colonies et les forts. Au bas, une légende énumère les différents points sur la carte.

Fac-similé d’une partie de la carte de 1818 représentant la colonie de la rivière Rouge se trouvant dans Lord Selkirk’s Colonists: the Romantic Settlement of the Pioneers of Manitoba, de George Bryce, vers 1909-1910 (AMICUS 5614009)

En général, on enseigne aux Canadiens à voir les traités comme des documents dont le but est d’inciter les Autochtones à céder leurs droits et leurs titres, par exemple la tentative de lord Selkirk en 1817. Mais l’histoire de la diplomatie sur ce continent est à la fois ancienne et complexe. Les Autochtones ont rarement (voire jamais) perçu les traités avec les empires européens comme un moyen de leur retirer des terres ou des pouvoirs. Les traités, comme celui-ci, cherchaient plutôt à trouver de nouvelles manières pour différentes personnes de tirer parti de la présence des autres sur le même territoire. Lord Selkirk et ses colons étaient accueillis favorablement à un nouvel endroit à partager avec d’autres au sein des Prairies — un cadeau qui a un prix. Cela comprenait aussi une reconnaissance permanente des premiers habitants du territoire : il fallait veiller à ce qu’eux aussi tirent parti de la plus grande présence d’Européens. Ce traité doit nous rappeler que les Autochtones qui ont négocié l’entente étaient des diplomates puissants et astucieux qui pouvaient forcer les négociateurs européens à accepter les normes des systèmes diplomatiques des Autochtones.

En outre, le point de vue selon lequel la conclusion de traités entre les Autochtones et les Anglais est principalement ancrée dans la cession de terres et l’aliénation des Autochtones comporte des pièges. Les traités ont été négociés en public et devant de grands auditoires grâce à des méthodes qui assuraient la reddition de comptes pour l’avenir. Les personnes présentes pouvaient se souvenir des sujets abordés, des accords et, bien sûr, des désaccords. Dans la plupart des cas, les Autochtones n’ont pas discuté de la cession permanente de leurs terres, et ils y ont encore moins consenti. Comme le chef Peguis et Henry Prince, ils se rappellent seulement avoir accepté de partager leurs terres avec de nouveaux alliés. Les traités comme celui-ci cherchaient à conférer des avantages mutuels, et non à restructurer les relations politiques en se fondant sur d’énormes inégalités sur ce plan. Si nous percevons les traités comme des documents de cession — et non comme des accords évolutifs —, nous passons à côté de leur but. C’est pourquoi le Traité Selkirk — en fait, tous les traités conclus entre les Autochtones et la Couronne — est si mal compris. La plupart des historiens des Prairies de l’Ouest ont pendant longtemps échoué dans leurs tentatives visant à comprendre les motivations des Autochtones et le contexte diplomatique dans lequel les négociations avaient lieu. En commençant par écouter les voix des Autochtones — passées et actuelles — qui comprennent les choses différemment, puis en donnant à leurs voix le pouvoir de narrer nos propres histoires et relations politiques, nous obtiendrons une vision plus exacte et plus complète de l’histoire.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

La même question ressort lorsque nous essayons de comprendre les traités entre les Autochtones et la Couronne qui ont suivi le Traité Selkirk dans l’Ouest. Il est aussi mentionné que les traités numérotés (traités 1-11, négociés de 1871 à 1921) ont retiré les titres de propriété des terres aux Autochtones, les remettant à la Couronne. Les Autochtones nient cette affirmation, faisant valoir qu’aucune discussion de ce genre n’a eu lieu et que leurs ancêtres n’ont jamais consenti à céder leurs terres. Une grande partie des éléments dont il est question semble découler de la mentalité impériale selon laquelle les Autochtones sont trop primitifs et pas assez intelligents pour avoir compris ce qui était négocié ou ils se sont fait avoir par des représentants de la Couronne plus astucieux. Ces suppositions sont sans fondement et trouvent leur origine dans un racisme normalisé renforcé par des générations de pratique coloniale canadienne. Comme le montre le Traité Selkirk, les Autochtones savaient tout à fait ce que les Européens voulaient et ils ont pu exercer leur propre influence sur les événements, ce qui signifie que les négociations pour la signature d’un traité ont été juste cela : des négociations.

Pour les traités conclus ensuite, les Autochtones ont aussi réussi à orienter les négociations dans le cadre de leurs traditions diplomatiques bien établies. Ils ont négocié l’arrivée de nouveaux colons sur leur territoire en échange de présents annuels continus reconnaissant leurs intérêts permanents dans le territoire. Bien que les gouvernements fédéral et provincial perçoivent toujours les traités numérotés comme des documents de cession, les intellectuels autochtones ont un point de vue différent (ils sont presque unanimes) : ces accords établissaient une relation durable reconnaissant les droits et les titres des Autochtones, plutôt que d’y mettre fin. Comme les Canadiens commencent à poser un œil plus critique sur ces accords, il est primordial d’élaborer un meilleur cadre pour aborder les relations entre les Autochtones et le Canada ainsi qu’entre les Autochtones et la Couronne.

Il est essentiel de recourir à son esprit critique en lisant les documents relatifs aux traités ainsi que les notes sur les négociations, de même qu’en étudiant la tradition orale. Comme pour le traité Selkirk, il est possible de lire une ligne d’un document officiel et de supposer qu’elle retirait les droits et les titres aux Autochtones pour toujours, mais nous devons aller beaucoup plus en profondeur et comprendre les nouvelles relations complexes imaginées par toutes les parties. Les historiens en particulier ont l’obligation d’adopter une vue d’ensemble de ces relations et de faire intervenir un plus vaste éventail de sources archivistiques, certaines desquelles n’ont peut-être pas été consignées. Dans une ère de réconciliation, les intellectuels doivent voir au-delà des récits courants et des approches habituelles de narration de ces récits. Les Autochtones ont longtemps raconté différemment ces événements; les intellectuels canadiens doivent les prendre au sérieux. Un examen critique des événements nous permettra d’aller au-delà du contexte colonial contemporain afin de voir les différentes relations imaginées par nos ancêtres concernant la manière de vivre ensemble. Les traités, comme le Traité Selkirk, fournissent tous des lignes directrices sur la coexistence et les relations justes – il nous faut simplement les étudier plus attentivement afin de réaliser cette vision.

Biographie

Une photo couleur montrant un jeunne homme portant une chemise blanche et une cravate assis dans un champs.

Adam Gaudry
crédit Amanda Laliberté

Adam Gaudry, titulaire d’un doctorat, est Métis et professeur adjoint à la Faculté des études autochtones du Département des sciences politiques de l’Université de l’Alberta. Ses recherches portent sur la pensée politique des Métis au 19e siècle, la formation des relations entre les Métis et le Canada pour la conclusion de traités en 1870 et l’absence de mise en œuvre de l’accord subséquente. Le projet d’Adam Gaudry soutient l’existence d’un « traité du Manitoba » entre les Métis et le Canada qui requiert le maintien d’une relation politique bilatérale et respectueuse entre les partenaires du traité. Ses travaux sont révisés pour la publication d’un livre. Il a obtenu son doctorat dans le cadre du Programme de gouvernance autochtone de l’Université de Victoria et sa maîtrise ès arts en sociologie ainsi que son baccalauréat spécialisé en études politiques de l’Université Queen’s. Pour sa recherche doctorale sur les relations historiques entre les Métis et le Canada, il a reçu la bourse Henry Roe Cloud de l’université Yale récompensant une dissertation. Il est aussi coenquêteur pour le projet de recherche sur les traités concernant les Métis financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Il a publié des articles dans Native American and Indigenous Studies, le Wicazo Sa Review, aboriginal policy studies et le Canadian Journal of Native Education ainsi que des chapitres dans des collections sur l’identité métisse, la méthodologie et l’éthique en matière de recherche.

Ressources connexes

  • Bibliothèque et Archives Canada. Traités, cessions et ententes.
  • J.M. Bumsted. Fur Trade Wars: The Founding of Western Canada. Winnipeg, Great Plains Publications, vers 1999. AMICUS 20975923
  • J. M. Bumsted. The Red River Rebellion. Winnipeg, Watson & Dwyer, vers 1996. AMICUS 15446457
  • Sharon Venne. Aboriginal and Treaty Rights in Canada: Essays on Law, Equity, and Respect for Difference, « Understanding Treaty 6: An Indigenous Perspective », pp. 173–207, Michael Asch, Presses de l’Université de la Colombie-Britannique, vers 1997. AMICUS 15883635
  • Michael Asch. On Being Here to Stay: Treaties and Aboriginal Rights in Canada. Presses de l’Université de Toronto, 2014. AMICUS 42148617

Des images de pêche maintenant sur Flickr

Les peuples autochtones pêchent dans les rivières et les cours d’eau du Canada depuis des milliers d’années en utilisant plusieurs des techniques de pêche encore utilisées aujourd’hui, notamment l’hameçon, la ligne, le filet, la trappe et le harpon.

Photographie en noir et blanc d’un homme portant entre autres un chapeau, un manteau et une cravate. Il est appuyé sur un poteau de clôture et tient une corde à laquelle sont attachés des poissons

Homme des Premières Nations tenant une corde à laquelle sont attachés des poissons (MIKAN 3385816)

Au Canada, l’abondance des populations de poissons assurait une alimentation de base aux communautés locales; elle contribua ensuite à l’exploration européenne et plus tard à l’établissement des colons. La récolte de cette ressource naturelle a évolué au fil du temps, d’une activité de subsistance à la pêche sportive, puis à la pêche commerciale. Les Français furent l’une des première puissance coloniale à établir des stations saisonnières de pêche à la morue au Canada. Après l’arrivée des Britanniques, le nombre de postes augmenta progressivement, ainsi que la diversité des espèces recherchées.

Photographie en noir et blanc d’un homme posant devant des caisses Rupert Brand avec deux énormes saumons et deux énormes flétans

Flétans et saumons « Rupert Brand » (MIKAN 3359156)

Malgré les avancées technologiques dans la pêche commerciale, la pêche en solitaire ou en petits groupes continue d’attirer les amateurs; celle-ci est toujours encouragée et soutenue au Canada.

Visitez l’album Flickr maintenant!

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de juillet 2017

À ce jour, 461 575 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 7834. Dernier nom : Pilkey.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Montréal : le mont Royal et Frederick Olmstead

Judith Enright-Smith

Si vous avez visité Montréal ou y avez grandi (comme moi), vous avez sûrement déjà marché sur les nombreux sentiers du mont Royal.

Le premier Européen à grimper « la montagne » est Jacques Cartier, en 1535. Après sa montée, il écrit dans son journal que dans ces champs se trouve ladite ville d’Hochelaga, voisine d’une montagne, et que cette montagne a été nommée « mont Royal ». Un peu plus d’un siècle plus tard, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, fondateur de la ville de Montréal, réalise une promesse faite à la Vierge Marie pour avoir protégé la ville des inondations : il installe une croix au sommet de la montagne.

Aquarelle d’un groupe d’hommes se tenant debout sur une colline dans un boisé près duquel il y a un cours d’eau. À l’horizon se trouvent des îles et des montagnes peu élevées.

Jacques Cartier sur le mont Royal, peint par Lawrence R. Batchelor, vers 1933 (MIKAN 2833444)

La planification et la conception du parc du Mont-Royal tel qu’on le connaît aujourd’hui commence dans les années 1870. L’architecte-paysagiste Frederick Law Olmstead, qui a aussi conçu le parc central de New York (Central Park), est engagé pour effectuer le travail. Beaucoup de ses plans originaux sont assez grandioses : ils incluent la création d’un grand pré et d’un lac comprenant divers végétaux éclectiques. Toutefois, pendant les années 1870, Montréal subit une crise économique, alors la plupart des idées fantaisistes de Frederick Olmstead sont abandonnées. Mais sa vision est conservée : des sentiers bucoliques et sinueux, comme ceux de Central Park, accessibles à tous sans tenir compte de la position sociale.

Photographie en noir et blanc d’un bosquet, probablement prise à l’automne.

Bosquet, parc du Mont-Royal, photographie de Philip J. Croft, vers 1936 (MIKAN 3206464)

L’inauguration du parc du Mont-Royal, précédée par un défilé dans les rues de Montréal, a lieu le 24 mai 1876, en grande pompe : discours, tirs de canon et grand pique-nique. En 1884, on lance une course en luge près du lac aux Castors; un an plus tard, un funiculaire à vapeur est mis en place pour amener les clients payants au sommet de la montagne. Le funiculaire est fermé en 1918.

La belle balustrade en pierre semi-circulaire, appelée « belvédère », a été construite en 1906. Encore aujourd’hui, elle offre aux visiteurs les vues les plus spectaculaires de Montréal, du fleuve Saint-Laurent et des ponts.

Photographie en noir et blanc d’une scène d’hiver. On y voit des personnes qui descendent une côte sur des luges ou chaussées de raquettes.

Luge sur la côte « The Spill » (Tobogganing – ʺThe Spillʺ), vers 1900-1925, photographe inconnu (MIKAN 3335229)

Photographie en noir et blanc d’un funiculaire montant une côte très boisée, en bas de laquelle se trouvent une voiture tirée par un cheval et quelques personnes regardant le photographe.

Tramway funiculaire incliné, parc du Mont-Royal, vers 1885 (MIKAN 3192950)

Photographie en noir et blanc d’un funiculaire. Un tram monte la côte alors que l’autre la descend.

Funiculaire, vers 1909 (MIKAN 3336180)

 

Légende : Belvédère du mont Royal (avant la construction du chalet), photographe inconnu, vers 1906 (no MIKAN 3335240)

Texte optionnel : Photographie en noir et blanc d’un élégant sentier délimité par une clôture de pierres d’un côté et menant à un petit édifice. Des chevaux se reposent sous les arbres.

Photographie en noir et blanc d’un élégant sentier délimité par une clôture de pierres d’un côté et menant à un petit édifice. Des chevaux se reposent sous les arbres.

Belvédère du mont Royal (avant la construction du chalet), photographe inconnu, vers 1906 (MIKAN 3335240)

Photographie en couleurs d’un couple muni de jumelles se tenant sur le bord d’un belvédère surplombant la ville.

Belvédère, photographie de Chris Lund, vers 1950 (MIKAN 4311969)

Photographie en noir et blanc d’une ville vue à vol d’oiseau.

Vue de la ville vers 1906-1920, photographe inconnu (MIKAN 3335382)

Le chalet du parc du Mont-Royal est adjacent au belvédère. Il a été conçu par l’architecte montréalais Aristide Beaugrand-Champagne dans le style beaux-arts et construit en 1932 pour créer des emplois artificiels pendant la Grande Crise.

Mais l’élément le plus connu du mont Royal est sans doute sa croix.

La première croix illuminée est acquise en 1924. Elle est commandée par la Société Saint-Jean-Baptiste, puis donnée à la ville de Montréal en 1929. La croix d’aujourd’hui est illuminée au moyen d’ampoules DEL qui éclairent habituellement en blanc, mais un gardien peut changer la couleur des ampoules pour les occasions spéciales.

Photographie en noir et blanc d’une grosse croix en métal sur laquelle il est inscrit « The Mount Royal Cross—100 feet high, daytime view » (croix du mont Royal – 100 pieds de haut – en plein jour)

La croix du mont Royal vers 1935 (MIKAN 3322797)

Plus récemment, le groupe Les amis de la montagne a commencé à recueillir des signatures pour essayer de faire inscrire le mont Royal sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO. D’après Sylvie Guilbault, directrice générale des Amis de la montagne, le mont Royal est un emblème de la ville, et il est essentiel à la qualité de vie de centaines de milliers de Montréalais.


Judith Enright-Smith est archiviste adjointe à Bibliothèque et Archives Canada, Section des affaires autochtones et sociales, Direction générale des archives privées.

Images de quilles et de boulingrin maintenant sur Flickr

Le jeu de quilles, tout comme son cousin le boulingrin qui se joue en plein air, ont des origines qui remontent à l’Égypte ancienne.

Le boulingrin se joue à l’extérieur sur un parterre gazonné plat que l’on appelle le « vert ». Le jeu consiste à lancer des « boules » de manière à les placer le plus près possible d’une petite boule blanche, le « cochonnet », par rapport aux boules lancées par son adversaire. Le boulingrin a été introduit au Canada par des officiers britanniques et le premier terrain a été aménagé dans leur garnison à Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse.

Photo couleur de deux équipes de boulingrin. Une femme et un homme sont en train de lancer leurs boules sur la pelouse.

Neuf personnes jouant au boulingrin au parc national du Mont-Riding (Manitoba) ( MIKAN 4317515)

Une photo noir et blanc d’un planteur de quilles assis au-dessus d’une partie de cinq quilles au moment où une boule atteint les quilles.

Planteur au travail à la salle de quilles de l’hôpital pour convalescents no 2, ARC, Division Young, Hamilton (Ontario) (MIKAN 3384689)

Le jeu de quilles se joue à l’intérieur sur une longue piste en bois au bout de laquelle sont installées les quilles. Le joueur lance une boule à une extrémité de la piste dans le but de faire tomber le plus grand nombre de quilles possibles qui se trouvent à l’autre bout de la piste. Il existe deux types de jeux de quilles : le jeu à cinq quilles et le jeu à dix quilles. Le jeu à dix quilles est né aux États-Unis au XIXe siècle tandis que le jeu à cinq quilles est une version canadienne du jeu américain qui a été créée à Toronto entre 1908 et 1909. Il se caractérise par l’utilisation de cinq quilles, d’une boule plus petite et d’un système de pointage quelque peu différent. Ce jeu a rapidement gagné en popularité au Canada, tout comme son cousin américain, le jeu de 10 quilles.

Les Canadiens pratiquent le boulingrin et les quilles à divers clubs et installations d’un bout à l’autre du pays, en plus de prendre part à des compétitions internationales. Ces deux sports sont pratiqués depuis longtemps au Canada.

Visitez l’album Flickr maintenant!

Des découvertes onctueuses à Bibliothèque et Archives Canada

Par Rebecca Murray

C’est meilleur avec du beurre! Nul besoin de chercher bien loin, ni trop fort, pour trouver une source d’inspiration quand on travaille avec le patrimoine documentaire du Canada. Il suffit de penser aux documents revêtant une grande importance historique, aux photographies et œuvres artistiques à valeur iconique et aux objets associés à des récits que nous n’imaginons que dans nos rêves les plus fous. Surprise, nous parlons d’emballages de beurre. Sans blague? Ces emballages ragoûtants en papier ciré, plus difficiles à manipuler que des draps-housses? Très utiles pour mesurer la quantité de beurre requise dans nos recettes. Sans quoi, ils n’ont pas d’autre emploi et se retrouvent à la poubelle, dès que l’on a réussi à en détacher la livre de beurre. Néanmoins, un jour que je consultais un instrument de recherche, je suis tombée sur un dossier intitulé « Collection of butter wrappers and boxes used in retailing » (Collection de boîtes et d’emballages de beurre utilisés dans le commerce au détail). Croyez-moi, c’était impressionnant de voir tout ce qui se trouvait dans ce dossier.

Allons droit au but : en effet, il regorgeait d’emballages de beurre, tout aussi mignons les uns que les autres. Ils n’étaient ni cireux, ni graisseux, ni froissés. Ils étaient bien plats et lustrés, assez bien préservés d’ailleurs. À un point tel que je doute qu’ils aient déjà servi à emballer une quelconque livre de beurre graisseuse.

En ma qualité d’archiviste de référence, je consulte beaucoup d’instruments de recherche et j’ouvre d’innombrables boîtes d’archives. J’ai la chance de pouvoir tenir l’histoire entre mes mains. Chacune de ces trois étiquettes faisait la promotion d’un produit agricole provenant de la campagne si généreuse, des gens qui y vivent et y travaillent. Reconnaissez-vous une de ces étiquettes?

Un emballage de papier ciré polychrome illustrant une ferme avec des arbres. Au-dessus de l’image, on peut lire : « Marshall’s Brand. Creamery Butter. Pasteurized. Canada First Grade » (Marque Marshall. Beurre de crémerie. Pasteurisé. Canada Première Catégorie). Dans un autre encadré (sur la partie du papier qui s’enroule autour du beurre), il est écrit : « Reg. No. 1018. Only butter that conforms to Government standards for first grade are allowed to display on the wrapper CANADA FIRST GRADE » (No d’homologation 1018. On ne peut apposer la mention CANADA PREMIÈRE CATÉGORIE que sur le beurre qui répond aux normes de la première catégorie).

Emballage d’une livre de beurre provenant de Jarvis (Ontario) (MIKAN 156294)

Un emballage de papier métallisé polychrome arborant une image de vaches en train de paître dans un pré. On peut y lire : « Co-op. First Grade. Creamery Butter. Reg. No. 4054 » (Co-op. Première Catégorie. Beurre de crémerie. No d’homologation 4054). Sur l’un des autres pans de l’emballage, il est écrit : « Saskatchewan Co-Operative Creamery Association Limited. One lb net weight » (Saskatchewan Co-Operative Creamery Association Limited. Poids net : une livre).

Un emballage de beurre provenant de la Saskatchewan (MIKAN 156294)

Un emballage de papier métallisé avec le texte suivant: “Crapaud Creamery Butter. Canada First Grade. Pasteurized” (Beurre de crémerie Crapaud. Canada, Première Catégorie. Pasteurisé) Le texte est dans un petit médaillon ovale avec des petites fleurs rouges dans chaque coin.

Un emballage de beurre provenant de “Crapaud Creamery Company » de l’Île du Prince Edouard(MIKAN 156294)

Alors que j’examinais les emballages, j’ai été frappée par leur symbolique : ils transmettent la riche et longue tradition des fermes laitières de notre pays. Les emballages comme ceux-ci se retrouvaient dans les cuisines et les chambres froides, tant dans les grandes villes que dans les petits villages, ils réunissaient les Canadiens autour d’un rituel quotidien, quand ils consommaient du beurre.

Chacun de ces emballages de beurre constitue un point de repère auquel on peut rattacher des documents d’archives ou des publications. De fait, les chercheurs peuvent découvrir l’histoire de l’entreprise ou de l’industrie propre à la région.

Est-ce que l’histoire de la production et de la consommation des produits laitiers au Canada piquent votre curiosité? Pourquoi ne pas consulter certaines des collections suivantes :

Par ailleurs, vous pouvez lancer des recherches en utilisant des mots-clés comme « produits laitiers », « beurre » ou « fromage » à partir de la fonction Recherche de fonds d’archives et vous pourriez bien être étonné! On ne sait jamais ce qu’on va trouver dans les collections de Bibliothèque et Archives Canada.


Rebecca Murray est archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « En route vers la guérison : le projet Un visage, un nom fête ses 15 ans ».

Photo couleur d’une pince à cheveux ornée de perles multicolores à l’arrière de la tête d’une femme. Celle-ci prend place dans la salle Pellan de Bibliothèque et Archives Canada, où elle écoute un groupe de conférenciers.Avant le début du projet Un visage, un nom, en 2002, les Autochtones figurant sur la majorité des photos d’archives du gouvernement fédéral demeuraient non identifiés. Dans les quinze dernières années, Un visage, un nom a permis de créer un espace virtuel où les collectivités des Premières Nations, des Métis et des Inuits peuvent accéder aux collections de photos historiques du Canada et participer à l’identification des gens et des lieux ainsi représentés. Le projet a aidé de nombreux membres de ces collectivités à renouer avec leur passé en racontant les souvenirs et les récits que leur ont rappelés ces photos. Du 1er au 3 mars 2017, Bibliothèque et Archives Canada, en collaboration avec l’Université Carleton, a organisé une activité gratuite afin de souligner le 15e anniversaire d’Un visage, un nom. L’équipe de la baladodiffusion a aménagé une tribune où les participants pouvaient exprimer leur opinion sur le projet.

Dans cet épisode, En route vers la guérison : le projet Un visage, un nom, vous entendrez la réflexion de certaines personnes sur la réussite et sur l’importance d’Un visage, un nom. Elles parlent de leur enthousiasme envers l’avenir de ce projet qui continue de mobiliser des collectivités de tout le Canada.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Conservateur invité : Jeff Thomas

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Fête du Canada 2005, Brandon, Manitoba, au Canada, Jeff Thomas, 2005

Figurine d’un membre des Premières Nations placée devant un train. On voit l’inscription « Canada » et des graffitis sur le côté d’un wagon à grains.

Fête du Canada 2005, Brandon (Manitoba), au Canada, tiré de la série « The Delegate on Tour » (le « délégué » en tournée) par Jeff Thomas (MIKAN 4171016) ©Jeff Thomas

Jeff Thomas, un artiste iroquois, estime que le Canada a toujours marginalisé son peuple. Ces œuvres symbolisent le retour des siens sur la scène nationale. Chaque photographie met en scène un important symbole du pays.


Parlez-nous de vous.

Je suis né et j’ai grandi à Buffalo, dans l’État de New York, et je suis membre de la réserve des Six­ Nations près de Brantford, en Ontario. Je suis photographe autodidacte et conservateur. Ma carrière dans le domaine de la photographie a commencé après un accident en 1979 qui m’a presque coûté la vie et laissé avec une invalidité permanente résultant d’une blessure à la colonne vertébrale. Afin de reconstruire ma vie, je me suis tourné vers la photographie, mon centre d’intérêt. J’ai commencé ma carrière en ayant deux objectifs en tête : combler l’absence des photographes autochtones contemporains et du passé dans les collections archivistiques. Mon objectif premier était de remédier à l’absence et à l’invisibilité des Iroquois vivant en milieu urbain, comme moi.

En 1990, je vivais à Winnipeg, au Manitoba, lorsque je fis la découverte, dans le cadre d’un projet de recherche au musée du Manitoba, que BAC possédait la série complète des 20 volumes de The North American Indian (Les Indiens d’Amérique du Nord) d’Edward Curtis. Au tout début de ma carrière, Curtis jouait pour moi le rôle d’antagoniste, surtout en raison de ses photographies mettant en scène une vie tribale autochtone qui avait disparu depuis des décennies. On connaissait peu de choses à son sujet. Désirant en savoir plus, je suis déménagé à Ottawa en 1993, où j’ai entrepris l’étape suivante de ma carrière.

Qu’est-ce que les Canadiens devraient savoir d’autre à ce sujet selon vous?

En 1999, mon fils Bear déménageait sur la côte Ouest; je perdais ma muse. Bear avait commencé à poser pour moi en 1984. Environ à l’époque où mon fils me quittait, j’ai reçu par la poste un colis du cinéaste Ali Kazimi. Il avait tourné un documentaire sur mon œuvre qui s’intitulait Shooting Indians: A Journey with Jeff Thomas (photographier des Indiens : un voyage avec Jeff Thomas). Le film commençait sur un plan d’Ali tenant en main des figurines en plastique représentant un cow-boy et un Indien. En ouvrant la boîte, je vis les figurines en plastique, avec une note d’Ali qui disait : « Vous trouverez quelque chose d’intéressant à faire avec ces figurines ».

La série Indians on Tour (Indiens en tournée) a commencé à l’été 2000 lors d’une promenade aux alentours de la Colline du Parlement, à Ottawa. J’avais une figurine d’Indien en plastique dans le sac de mon appareil photo. Quand je me suis arrêté pour photographier une statue représentant un chasseur indien, j’ai placé le jouet devant la statue en bronze et j’ai pris un cliché des deux. Quand j’ai vu cette photographie, j’ai pris conscience des toutes nouvelles possibilités qui s’offraient à moi pour pallier l’absence de la représentation autochtone dans la vie quotidienne. À partir de ce moment, j’ai emporté avec moi les figurines en plastique partout où j’allais. J’ai ensuite ajouté de nouvelles figurines d’Indiens que je découvrais dans les magasins pour touristes. Afin d’être moins tributaire des surfaces planes où poser les figurines, j’ai commencé à faire des dioramas portables, où les figurines sont montées sur un support
portable et léger.

Petite figurine marron clair d’un membre des Premières Nations placée devant la statue d’un chasseur indien. En arrière-plan, on peut voir de grands immeubles à bureaux et des arbres.

Indien exécutant une danse de guerre et statue représentant un chasseur indien, par Jeff Thomas, Ottawa, 2000 © Jeff Thomas

En 2005, je me trouvais à Brandon, au Manitoba, à l’occasion de l’ouverture d’une exposition de mon travail. Le lendemain étant la fête du Canada, je parcourais la ville en voiture à la recherche d’un endroit intéressant où placer mon « délégué ». Lorsque je vis le wagon à grains avec l’inscription « Canada » et quelques graffitis sur le côté, je savais que j’avais trouvé l’emplacement pour ma photographie de la fête du Canada.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Photo en noir et blanc d’une femme de la Première Nation des Dakota portant une robe rayée sous un long plastron à perles. Elle porte également des tresses, un collier et de longues boucles d’oreilles.

Portrait en studio d’une femme de la Première Nation des Dakota (Sioux) (MIKAN 3258922)

En 1994, BAC m’a engagé pour rédiger de nouvelles légendes pour les photographies représentant des Autochtones, les anciennes légendes contenant des mots dénigrants à l’égard de la culture autochtone. Une photographie ressort particulièrement de ce projet. Je rédigeais une nouvelle légende pour une photographie en pied représentant une femme autochtone. Il s’agissait probablement d’une mère, épouse, grand-mère et Aînée représentant sa communauté. La légende indiquait « Squaw sioux »; le mot « squaw » est considéré comme particulièrement rabaissant. J’ai écrit simplement « Femme Dakota ».

Il est important de préciser que la légende originale n’a pas été supprimée; les chercheurs pourront voir les deux légendes dans la base de données. La nouvelle légende a interpellé un chercheur, qui a essayé d’identifier la femme. Les nouveaux renseignements qu’il a trouvés ont été ensuite ajoutés à la légende dans la base de données. C’était étonnant de voir les répercussions du changement de deux mots désignant une photographie. Je suppose que lorsque plus d’Autochtones utiliseront la base de données, un membre de sa communauté ajoutera son nom dans la légende.

Biographie

Photo couleur d'une homme avec un grand barbu avec un grand sourire.

Jeff Thomas
Crédit Justin Wonnacott

Jeff Thomas est un artiste iroquois urbain, photographe autodidacte, écrivain, orateur public et conservateur. Il vit à Ottawa, en Ontario. Ses œuvres font partie de collections importantes au Canada, aux États-Unis et en Europe. Ses expositions individuelles les plus récentes sont les suivantes : Mapping Iroquoia: Cold City Frieze (cartographier l’Iroquoisie : frise de la cité du froid), Musée d’art McMaster, Hamilton (Ontario); Resistance Is NOT Futile (la résistance N’EST PAS vaine), galerie Stephen Bulger, Toronto (Ontario) et The Dancing Grounds (des raisons de danser), parc du patrimoine Wanuskewin, Saskatoon (Saskatchewan).

Jeff Thomas a également participé à de nombreuses expositions collectives, notamment : I:ke – Toronto: Tributes + Tributaries (hommages et autres), 19711989, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto (Ontario); Land/Slide: Possible Futures (glissements de terrain : futurs possibles), Markham (Ontario); SAKAHÀN, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (Ontario); UNMASKING: Arthur Renwick, Adrian Stimson, Jeff Thomas, Centre culturel canadien, Paris (France). En 1998, il a reçu le prestigieux Prix du duc et de la duchesse d’York en photographie du Conseil des arts du Canada. Il a été admis à l’Académie royale des arts du Canada en 2003. En 2008, il a obtenu le Prix Karsh en photographie.

Ressources connexes

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Pas facile de mettre le Canada en scène – Le jeu du centenaire

Par Théo Martin

Il y a de cela un peu plus de 50 ans, le romancier et dramaturge canadien Robertson Davies coécrivait la pièce de théâtre de commande Le jeu du centenaire pour célébrer le 100e anniversaire de la Confédération du Canada en 1967. C’est avec le soutien financier de la Commission du centenaire du Canada que Davies, avec la collaboration de quatre autres auteurs canadiens de renom (W.O Mitchell, Arthur L. Murphy, Eric Nicol et Yves Thériault), va écrire à partir de 1965, une pièce de théâtre bilingue qui met en scène le passé du Canada.

Une photo noir et blanc d’un homme souriant qui tient un chat sur son épaule.

Robertson Davies et un chat, 1954. Photo : Walter Curtin. Fonds Walter Curtin (MIKAN 3959842)

La pièce fut divisée en plusieurs scènes représentant chaque région et province du Canada et faisant intervenir des personnages fictifs (et danseurs) représentatifs des diverses communautés linguistiques et culturelles du Canada. La pièce était accompagnée d’une trame musicale originale écrite par le compositeur canadien Keith Bissell.

Page manuscrite avec dessins à l’encre rouge.

Page manuscrite de la page couverture d’une version de l’ébauche de la pièce The Centennial Play (Le jeu du centenaire) avec dessins de Robertson Davies, vers 1965 (MIKAN 128551)

Texte dactylographié avec annotations à l’encre rouge.

Tapuscrit de la pièce de théâtre The Centennial Play (Le jeu du centenaire) annoté par Robertson Davies, vers 1966 (MIKAN 128551)

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