Images de l’équipe de hockey canadienne aux Jeux olympiques de 1948 maintenant sur Flickr

Ce passeport collectif comprend les photos de 19 membres des Flyers de l’Aviation royale canadienne ayant fait partie de l’équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques de 1948. Les photos sont accompagnées de renseignements sur les joueurs. Ceux-ci ont quitté le pays le 8 janvier 1948 à destination des États‑Unis, d’où ils sont allés en Belgique, puis en Tchécoslovaquie, en France, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse et au Royaume-Uni. Ils sont revenus au Canada le 8 avril 1948 avec la médaille d’or olympique.

Deuxième page du passeport collectif de l’équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques de 1948. Le passeport a été délivré par le ministère des Affaires extérieures. On voit les photos de Frank George Boucher, d’Hubert Brooks, de Bernard Francis Dunster et de Roy Austin Lowe Forbes, ainsi que des renseignements à leur sujet : nom, date et lieu de naissance et citoyenneté.

Certificat collectif pour les 19 membres de l’équipe olympique de hockey, de Boucher à Watson. Page 6, 1948 (MIKAN 4842035)

Page 6 du passeport collectif de l’équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques de 1948. Le passeport a été délivré par le ministère des Affaires extérieures. On voit les visas ainsi que les timbres d’entrée et de sortie de la France, de la Suède, des Pays Bas et des États Unis.

Certificat collectif pour les 19 membres de l’équipe olympique de hockey, de Boucher à Watson. Page 6, 1948 (MIKAN 4842035)

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Les livres racontent leur histoire

Par Meaghan Scanlon 

Vous tournez le dos aux livres usagés dont les pages sont couvertes de notes laissées par les lecteurs précédents? Pourtant, celles-ci sont d’une aide précieuse pour les chercheurs qui veulent en savoir plus sur les origines d’un ouvrage et la façon dont il était utilisé. Annotations, inscriptions, ex-libris ou marques de tampons encreurs : tous ces indices révèlent l’historique d’un livre, sa provenance et ses propriétaires.

La plupart des trésors faisant partie de la collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ont eu plus d’un propriétaire, et les traces en sont bien visibles. Prenons par exemple le deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition [Les régions polaires, ou la recherche de l’expédition de sir John Franklin], écrit par Sherard Osborn. BAC a acquis cet ouvrage en 2015, dans le cadre d’un transfert de documents avec ce qui s’appelait alors le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada. Or, les notes laissées sur ses pages montrent qu’il appartient au gouvernement fédéral depuis environ un siècle.

Photo couleur montrant deux pages d’un livre ouvert; sur la page de droite, on voit la marque d’un tampon encreur ainsi qu’une signature.

Pages du deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition de Sherard Osborn. Sur la page de droite, dans le coin supérieur droit, la marque d’un tampon encreur indique : « Commission on Conservation » [Commission de la conservation]. En dessous, on aperçoit une signature à l’encre : « W. A. Malcolm [?] / Jan’y [January] 1864 / Yokohama ».  [W. A. Malcolm (?) / Janvier 1864 / Yokohama] (AMICUS 6359969)

The Polar Regions a été imprimé en 1854, et la signature qui orne l’une des pages constitue la plus ancienne preuve de ses origines : elle nous indique que le livre se trouvait à Yokohama, au Japon, en 1864. Au-dessus de la signature, on voit une empreinte à l’encre, de forme ovale : celle de la Commission de la conservation. On peut en déduire que ce livre faisait probablement partie de la bibliothèque de la Commission canadienne de la conservation, un organisme consultatif mis sur pied par le gouvernement de l’époque afin de formuler des recommandations sur l’intendance des ressources du pays. Comme elle a existé de 1909 à 1921, nous pouvons supposer que le livre a été acquis au cours de cette période. En 1921, alors que le Sénat débattait de la dissolution de la Commission, un sénateur a demandé si la précieuse bibliothèque de l’organisme serait intégrée à la collection du Parlement. Les livres semblent plutôt avoir été distribués parmi les divers ministères ayant repris les fonctions de la Commission.

Photo couleur d’un livre ouvert aux pages de garde avant. On voit un ex-libris sur la page de gauche et quatre marques de tampon encreur sur la page de droite.

Les pages de garde avant du deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition, de Sherard Osborn, portant les traces de ses anciens propriétaires. Sur la page de gauche : l’ex-libris d’Affaires indiennes et du Nord Canada. Sur la page de droite : la marque du tampon encreur d’Affaires indiennes et du Nord Canada (en haut); celle de la Direction des parcs et des forêts du ministère des Mines et des Ressources (en bleu, au milieu et en bas à gauche); et celle de la Direction des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon du ministère de l’Intérieur (en bas à droite). (AMICUS 6359969)

Quant au livre qui nous intéresse ici, et dont la thématique est l’Arctique, il fut une ressource pour les fonctionnaires canadiens chargés de l’administration des territoires du Nord. Au fil des ans, cette responsabilité a été confiée à divers organismes fédéraux, et le livre semble avoir passé de main en main, selon les besoins, traversant les nombreux changements de structure bureaucratique. À la manière d’un passeport, les traces de tampons ministériels apparaissant pêle-mêle sur les pages de garde avant illustrent bien son parcours. Après la fermeture de la Commission, en 1921, le livre a été envoyé à la Direction des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon du ministère de l’Intérieur (empreinte verte en bas à droite); il y est demeuré de 1922 à 1936. De 1937 à 1953, c’est le ministère des Mines et des Ressources, alors chargé de l’administration du Nord, qui s’est vu confier l’ouvrage, comme en témoignent les empreintes bleues au milieu et en bas à gauche. Les marques d’Affaires indiennes et du Nord Canada (empreinte noire en haut à droite et ex-libris sur la page opposée) et du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales (empreinte derrière l’ex-libris, non visible sur la photo) témoignent elles aussi de l’odyssée ministérielle de l’ouvrage.

Ce ne sont pas tous les livres qui recèlent autant de vestiges du passé. Néanmoins, la prochaine fois que vous tomberez sur un vieil ouvrage un peu décrépit, prenez le temps de le feuilleter pour voir si d’anciens lecteurs y ont laissé leur marque. Qui sait? Vous pourriez être surpris!

Ressources supplémentaires


Meaghan Scanlon est bibliothécaire des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Le journal arctique de Rosemary Gilliat

Par Katie Kendall

En juin 1960, la photographe Rosemary Gilliat (connu plus tard sous le nom de Rosemary Gilliat Eaton), accompagnée de la journaliste Barbara Hinds, parcourt l’Arctique canadien avec le soutien financier du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales et de l’Office national du film du Canada. Elle séjourne à Iqaluit (anciennement Frobisher Bay, Nunavut), Kuujjuaq (anciennement Fort Chimo, Québec), Kangiqsualujjuaq (anciennement George River, Québec), Killiniq (anciennement Port Burwell, Nunavut) et Cape Dorset (Nunavut) avec pour mission d’y documenter en photo la vie quotidienne dans le Grand Nord. Durant ce voyage, Gilliat tient un journal détaillé dans lequel elle décrit les habitants, les lieux, les modes de vie et les événements, de même que la flore et la faune qu’elle observe.

Photographie couleur de deux femmes en train de pêcher sur les rives d’un plan d’eau. Elles sont debout sur des roches, et des plaques de glace flottent sur l’eau.

Rosemary Gilliat (à gauche) et Barbara Hinds s’adonnant à la pêche (MIKAN 4731485)

Lors de mon stage étudiant à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) durant la présente session, j’ai lu ce journal d’un couvert à l’autre, en notant les dates, les personnes, les lieux et les événements les plus importants. Ce travail permettra d’améliorer les descriptions archivistiques des photographies de Gilliat dans la collection de BAC. De nombreuses photos prises par Gilliat au cours de son voyage ont été intégrées dans Un visage, un nom, un projet de BAC qui permet aux Autochtones de participer à l’identification de personnes, de lieux et d’activités représentés sur des photos anciennes. Les 455 pages du journal de Gilliat et bon nombre des photos qu’elle a prises dans l’Arctique seront accessibles dans le nouvel outil Co-Lab, qui sera lancé prochainement, afin que le public puisse contribuer à transcrire, à étiqueter et à décrire ces documents!

Photographie couleur de deux enfants inuits portant un manteau traditionnel devant une tente blanche dans un paysage rocailleux.

Deux enfants vêtus d’un parka blanc dans l’Arctique (MIKAN 4324336)

Durant l’été de 1960, Gilliat décrit dans son journal, à l’occasion d’entrées quasi quotidiennes, plusieurs caractéristiques fascinantes de l’Arctique. Elle y brosse un tableau minutieux des spectaculaires paysages du Nord; au début de son voyage, alors qu’elle n’a pas encore fait beaucoup de rencontres, elle s’intéresse surtout aux fleurs arctiques. Elle relate aussi dans son journal certaines contrariétés occasionnelles éprouvées avec son amie et compagne de voyage Barbara Hinds et ses fréquentes mésaventures photographiques (par exemple, oublier de mettre une pellicule dans son appareil), lesquelles sont assez amusantes. Les bribes de nouvelles du monde extérieur qu’elle consigne dans son journal offrent au lecteur un aperçu des actualités de l’époque. Par exemple, à propos de la course à l’espace que se livrent alors la Russie et les États-Unis, Gilliat apprend que les chiennes russes Belka et Strelka ont orbité autour de la Terre et sont revenues de l’espace saines et sauves en août 1960, ce qui l’amène à se demander quand le monde verra le premier homme dans l’espace. L’exploit se produira moins d’un an plus tard, en avril 1961. Gilliat prend également note du rôle joué par les femmes dans le Nord, en faisant référence à la deuxième vague du mouvement féministe dans les années 1960.

Photographie couleur d’un groupe de maisons de bois sur les rives d’un plan d’eau. Il y a des fleurs sauvages au premier plan.

Paysage avec des maisons de bois près d’un plan d’eau (MIKAN 4731543)

Mais plus important encore, Gilliat partage le quotidien des Inuit dans les collectivités qu’elle visite, les accompagnant dans leurs activités de pêche à l’omble chevalier et de chasse aux phoques, et dans leurs déplacements d’un village à l’autre par bateau ou par avion. Gilliat a failli perdre la vie à quelques reprises lorsque son bateau a affronté des tempêtes et les banquises, et elle est restée coincée quelques fois, y compris sur une île pendant plusieurs jours. À la fin du mois d’août, alors qu’elle observait un magnifique ours polaire en train de nager, elle réalise que ses compagnons inuits, Eetuk, Isa, Sarpinak et Moshah, s’apprêtent à tuer l’animal pour nourrir les gens de leur village. Dans un style très expressif, elle témoigne avec vivacité des sentiments contradictoires qui l’animent à ce moment-là.

Photographie couleur d’un homme de profil tenant un fusil et ajustant son tir. Il porte un parka traditionnel au capuchon bordé de fourrure et aux manches ornées de galons verts et rouges.

Oshaneetuk, sculpteur et chasseur, lors d’une chasse au phoque à Cape Dorset, Nunavut (MIKAN 4731420)

Certes, les expéditions de chasse et les sorties mouvementées en bateau sont excitantes, mais les moments paisibles qu’a vécus Gilliat avec ses amis inuits sont encore plus mémorables. Par exemple, à Cape Dorset, elle rencontre Kingwatsiak, un des aînés les plus respectés de la communauté. Kingwatsiak invite Gilliat chez lui et lui demande de le photographier. Il souhaite aussi qu’elle écrive en son nom à la reine Elizabeth II pour lui demander un portrait de son plus jeune fils, le prince Andrew, parce qu’il porte le même prénom (en anglais) que lui. La lettre est insérée dans le journal; elle y raconte que Kingwatsiak a reçu une médaille au couronnement de la reine et que, jeune homme, il avait voyagé en Écosse et assisté au jubilé de la reine Victoria. Il demande à la reine de lui envoyer sans tarder la photo, car « il est maintenant un très vieil homme » et il ne lui reste sans doute pas beaucoup de temps à vivre.

Photographie couleur d’un aîné vêtu du manteau traditionnel aux manches ornées de galons verts et rouges. Sur son parka est épinglée une médaille gravée à l’effigie de la reine Victoria.

Kingwatsiak dans une tente, Cape Dorset, Nunavut (MIKAN 4324230)

Même si une bonne partie des termes qu’emploie Gilliat et sa façon de penser n’ont plus cours, ses anecdotes descriptives et observations directes font de son journal un document fort agréable à lire. L’auteure demeure objective, mais résolument optimiste, décrivant ce qu’elle voit sans jamais laisser quoi que soit altérer son regard sur les beautés de l’Arctique et la gentillesse et la détermination de son peuple.


Katie Kendall était une étudiante stagiaire (maîtrise en histoire de l’art, Université Carleton) à la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Mackenzie King : contre sa volonté »

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Mackenzie King : contre sa volonté ».

Photo noir et blanc de William Lyon Mackenzie King assis sur son perron.

William Lyon Mackenzie King est le premier ministre du Canada qui est demeuré le plus longtemps en poste. De plus en plus, on s’entend aussi pour dire qu’il fut l’un des plus grands premiers ministres de notre histoire. Les réalisations de King ne se sont pas limitées au domaine de la politique. Correspondant prolifique, il a aussi tenu un journal presque quotidien, de 1893 jusqu’aux jours ayant précédé sa mort en 1950. King y fait un compte rendu minutieux de sa vie en politique, en plus d’y consigner des détails fascinants sur sa vie personnelle.

Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous discutons avec Christopher Dummitt, professeur et auteur dont le plus récent livre raconte l’histoire de ce journal et de sa publication.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Les journaux locaux au cœur de la vie canadienne

Par Annie Wolfe

La collection de journaux de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) regorge de petites et grandes histoires! Ces histoires vraies forment la trame du Canada, de la politique à l’économie en passant par les arts et les sports, sans oublier les fameuses notices nécrologiques qui constituent une mine d’or pour les généalogistes.

Les journaux locaux en particulier sont la voix des régions, des villes, des villages, des quartiers. L’information qu’ils livrent est d’autant plus importante qu’elle provient directement de ceux et celles qui bâtissent les collectivités du Canada. Les journaux locaux offrent une fenêtre sur les débats et les événements qui affectent directement la vie des citoyens. Grâce aux journaux locaux, les collectivités acquièrent une autorité sur les nouvelles qui les touchent de près. C’est ainsi qu’ils deviennent une source incroyable de faits historiques.

Voici deux exemples de journaux locaux qui renferment de précieuses informations pour tout chercheur ou curieux.

Fort McMurray Today

Le journal Fort McMurray Today, fondé en 1974, couvre l’information pour les collectivités de Fort McMurray et de Wood Buffalo, en Alberta. Au printemps 2016, des feux de forêt font rage et forcent l’évacuation de la région. Les ravages sont considérables, et les conséquences sur l’économie canadienne, telles que la réduction de la production de pétrole, sont désastreuses.

En 2016, le Fort McMurray Today a gagné le prix Nouvelle de dernière heure, partagé avec l’Edmonton Journal et l’Edmonton Sun, pour leur couverture des feux de forêt. (Source : – http://nna-ccj.ca/fr/archives-prix/liste-des-gagnants-depuis-1949/#2)

Les microfilms de journaux couvrant les années 2015 à 2017 ont été acquis pour la collection nationale afin de documenter l’histoire de la collectivité avant, pendant et après la tragédie des feux de forêt.

L’Écho de Frontenac

L’hebdomadaire L’Écho de Frontenac, fondé en 1929, couvre la région de Lac-Mégantic, au Québec. À l’été 2013, un accident ferroviaire provoque une explosion et un incendie qui détruit une partie de la ville. Les conséquences économiques, environnementales et surtout humaines de cette tragédie sont nombreuses pour la collectivité, qui prendra plusieurs années à s’en relever. Encore aujourd’hui, en 2018, les instances judiciaires cherchent toujours à comprendre ce qui s’est réellement passé.

Mentionnons que la bibliothèque publique de la ville a été reconstruite à la suite de l’incendie et rebaptisée Nelly Arcan, du nom de l’auteure célèbre originaire de Lac-Mégantic.

Les microfilms de journaux couvrant les années 2012 à 2016 ont été acquis pour la collection nationale afin de documenter les événements liés à la tragédie, mais surtout pour témoigner de la forte résilience de cette collectivité.

Les journaux locaux, en étant au cœur de la vie canadienne, sont une source extraordinaire d’information sur ce qui se passe vraiment dans les collectivités d’un bout à l’autre du Canada. Ils témoignent et attestent d’événements tant tragiques qu’heureux. L’histoire du Canada s’écrit dans les journaux.

Les deux titres mentionnés dans cet article, Fort McMurray Today et L’Écho de Frontenac, ne sont que quelques exemples parmi d’autres d’acquisitions de microfilms de journaux pour la collection nationale. Ces microfilms sont sujets au prêt entre bibliothèques. Pour plus d’information, veuillez consulter la page Prêts à d’autres institutions de BAC ou consultez votre bibliothèque publique.

Photo noir et blanc d’une grande église dans un petit village. On peut voir des voies de chemin de fer dans l’avant plan.

L’église à Lac-Mégantic avant l’accident ferroviaire qui a causé une explosion majeure au centre du village en 2013. Photo datée 1925 (MIKAN 3323453)


Annie Wolfe est bibliothécaire aux acquisitions au sein de la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.

Le début des Conclusions : documenter l’exercice du pouvoir

Par Michael Dufresne

Saviez-vous que des documents ont récemment été ajoutés à la base de données « Conclusions du Cabinet »? Vous pouvez maintenant y consulter les registres des présences, les ordres du jour et les procès-verbaux du Cabinet pour la période allant de 1977 à 1979. (Les procès-verbaux, bien qu’ils ne soient pas un compte rendu textuel des réunions du Cabinet, donnent d’excellents résumés des discussions et des diverses positions prises par ses membres.)

Tous ces documents chevauchent le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau et celui, de courte durée, de Joe Clark. Ils couronnent le long préambule au rapatriement de la Constitution et à l’avènement de la Charte des droits et libertés. Volet important de la mémoire institutionnelle du gouvernement fédéral, ils abordent un éventail de sujets, de préoccupations, d’inquiétudes et de possibilités auxquels sont confrontées les institutions les plus puissantes de notre système parlementaire.

Dessin à la plume et au pinceau montrant un homme debout sur une piste de cirque, tenant un fouet et lisant un livre, pendant qu’un lion assis sur une plateforme surélevée regarde par-dessus son épaule.

Cette caricature politique de John Collins montre Joe Clark en dompteur de lions, lisant le livre How to Control Gov’t Spending [Comment contrôler les dépenses du gouvernement]. Au bas de la caricature, on peut lire ce titre : « Does it bother you if I read over your shoulder? » [Puis-je lire par-dessus votre épaule?] Source : The Gazette, Montréal, 1979. Droit d’auteur détenu par Bibliothèque et Archives Canada (MIKAN 2863264)

Cela semble aller de soi qu’un État démocratique fera preuve d’une certaine transparence envers ceux qui veulent savoir pourquoi et comment se prennent les décisions. Or, s’il est vrai que nous pouvons remonter bien avant les années 1940 pour retracer notre patrimoine démocratique, vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’avant cette époque, le Cabinet ne préparait jamais d’ordres du jour et de procès-verbaux de ses délibérations. Il peut s’en dégager une impression exagérée du pouvoir du premier ministre. Dans son livre Right Honourable Men: The Descent of Canadian Politics from Macdonald to Mulroney, l’historien Michael Bliss écrit : « On racontait que lorsqu’il marmonnait tout seul, Bennett tenait une réunion du Cabinet. » [Traduction] Et faute de documents officiels pour consigner les discussions du Cabinet, qui contredira la mémoire d’un premier ministre?

De 1867 à 1940, six hommes ont tour à tour été greffier du Conseil privé; leurs fonctions étaient à l’image du rôle relativement modeste que jouait l’État dans la société canadienne avant la Deuxième Guerre mondiale. Mais la nomination d’Arnold Danforth Patrick Heeney, en 1940, marqua un tournant : septième greffier du Conseil privé, il devint également le tout premier secrétaire du Cabinet.

Dès son arrivée à Ottawa, il fut surpris du manque de rigueur avec laquelle se faisait le travail. « J’ai trouvé bouleversant d’apprendre, écrit Heeney dans son autobiographie The Things that are Caesar’s, que le plus haut comité au pays travaillait de façon à ce point désordonnée qu’il n’utilisait pas d’ordres du jour ni de procès-verbaux. Plus j’en apprenais sur les pratiques du Cabinet, plus j’avais peine à comprendre comment un tel régime pouvait même fonctionner. » [Traduction]

Les changements qu’on apporta alors au Bureau du Conseil privé s’inspiraient des réformes menées en 1916 par sir Maurice Hankey au sein du Conseil privé du Royaume-Uni. L’on prenait ainsi acte, du moins en partie, de la pression accrue de gouverner à l’ère moderne. La possibilité d’une réforme faisait l’objet de discussions depuis plusieurs années, mais rien n’avait été fait. Pourquoi en 1940, alors? Compte tenu de la difficulté de gouverner tout en participant à la Deuxième Guerre mondiale, il fallait modifier la façon dont le gouvernement organisait et documentait ses délibérations et ses actions. Le décret C.-P. 1940-1121 du Conseil privé du 25 mars 1940 annonçait les débuts du Bureau du Conseil privé moderne. Il se lit en partie comme suit :

« La forte augmentation de la charge de travail du Cabinet (…) oblige à prendre des dispositions pour l’exécution de tâches de secrétariat supplémentaires visant principalement à produire l’ordre du jour des réunions du Cabinet, à fournir les renseignements et les documents nécessaires aux délibérations du Cabinet et à préparer les comptes rendus des résultats à communiquer aux ministères concernés. » [Traduction]

Ce décret a marqué un changement important dans l’univers de l’information gouvernementale, mais ce n’est qu’en 1944 que les Conclusions du Cabinet ont officiellement vu le jour et commencé à être préservées. En l’absence de ces documents officiels, les chercheurs doivent consulter les documents personnels des premiers ministres pour espérer y découvrir une forme quelconque de documentation des réunions du Cabinet.

Les Conclusions du Cabinet ont une valeur pratique pour l’administration de l’État; elles sont aussi importantes du point de vue démocratique, puisqu’elles nous permettent de mieux comprendre les affaires de l’État. Plus que de simples instruments de bureaucratie moderne, elles offrent un regard de l’intérieur sur les délibérations, les discussions, les débats et les décisions des élus les plus puissants du gouvernement fédéral et, dans une certaine mesure, des hauts fonctionnaires à leur service. En acquérant et en conservant ces documents et en y facilitant l’accès, Bibliothèque et Archives Canada lève un voile sur le fonctionnement de notre pays.

Les ajouts les plus récents à la base de données concluent les années 1970 et jetteront un nouvel éclairage sur l’histoire du Canada et le gouvernement fédéral, et en particulier sur les personnes chargées de le diriger. Vous pouvez faire des recherches dans les Conclusions du Cabinet par mot-clé (un mot de votre choix, ou un mot tiré d’une liste témoignant de quelques-uns des grands enjeux retenant chaque année l’attention du gouvernement), ainsi que par date, par ordre du jour et par registre de participation.

Les Conclusions offrent plus que des preuves documentaires des délibérations et des décisions du gouvernement : elles permettent aussi de découvrir d’autres documents du Cabinet. En d’autres mots, elles peuvent vous donner les réponses que vous cherchiez, mais aussi vous lancer à la recherche de meilleures réponses, plus nombreuses encore. Les Conclusions mènent aussi vers des documents connexes du Cabinet, dont les documents d’information et les mémoires ayant alimenté les discussions au sein du Cabinet. Ces documents ne sont pas numérisés et ne figurent pas dans la base de données. Toutefois, vous trouverez des références à leur sujet dans les Conclusions; après en avoir obtenu le numéro, vous pourrez les repérer à l’aide de l’instrument de recherche 2-15, en indiquant l’année de leur création.

Consultez la base de données Conclusions du Cabinet pour de plus amples instructions sur les options de recherche.

Ressources connexes


Michael Dufresne est archiviste à la Division des archives gouvernementales de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de février 2018

À ce jour, 555 443 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 9467. Dernier nom : Swindells.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Technologie radio

Je l’ai entendu à la radio —

La technologie derrière la radio permet de communiquer avec les masses sans utiliser de fils. En 1893, Nikolai Tesla a donné une conférence sur les communications sans fil à St. Louis, au Missouri, dans le cadre de l’exposition universelle. Ses théories ont jeté les bases scientifiques du développement de la radio telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Photographie en noir et blanc de Guglielmo Marconi posant sur les marches d’un bâtiment avec 12 membres de l’administration de Terre-Neuve, colline Signal, St. John's.

Marconi (portant un chapeau pâle) et des membres de l’administration de Terre-Neuve, colline Signal, St. John’s (MIKAN 3380817)

Guglielmo Marconi est la personne la plus associée à la radio et il a des liens avec le Canada. Il a testé son équipement de transmission sur la colline Signal, à St. John’s, à Terre-Neuve, en 1901. Ses premiers succès ont stimulé l’utilisation de la radio pour la transmission de messages en code Morse sur de longues distances. La technologie ne permettait pas de transmettre la parole à l’époque. Cependant, les progrès réalisés pendant et après la Première Guerre mondiale ont permis aux militaires et aux civils d’avoir accès à des radios qui transmettaient des signaux sous forme de paroles reconnaissables.

Photographie en noir et blanc de Donald Manson, un employé de la compagnie Marconi assis à une table et coiffé d’écouteurs, qui écrit sur du papier tout en écoutant une transmission radio.

Donald Manson, un employé de la compagnie Marconi (MIKAN 3624020)

Photographie en noir et blanc de deux femmes et de trois hommes, membres de la troupe de radiothéâtre RA, lisant dans un microphone à partir d’un texte.

Membres de la troupe de radiothéâtre RA (MIKAN 4313739)

Des stations locales et des organismes fédéraux, comme la Société Radio-Canada, furent créés et entrèrent dans le domaine des nouvelles, de la musique et du divertissement des années 1920 jusqu’aux années 1940. Les médias de masse étaient là pour de bon. La radio a laissé la place à la télévision, puis à Internet. Malgré les immenses progrès réalisés par ses technologies connexes, la radio est largement utilisée de nos jours puisqu’elle est fiable et facile d’accès.

Photographie en noir et blanc de deux femmes écoutant la radio, l’une assise dans un fauteuil et l’autre, debout, ajustant les réglages du poste.

Des employées de l’usine Dominion Arsenals se détendent en écoutant la radio dans leur appartement, Québec (Québec) (MIKAN 3625317)

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Nouveaux ajouts au Gramophone virtuel – groupes musicaux et musique instrumentale

Margaret Ashburner

Outre les nombreuses chansons populaires qu’il a numérisées, BAC a aussi la chance de posséder une vaste collection d’enregistrements de groupes musicaux et de musique instrumentale sur disques 78 tours. Certains de ces groupes sont associés à l’armée, telle la fanfare du 1er régiment. BAC possède aussi de la musique d’orchestre, de la musique de chambre et de la musique traditionnelle, notamment les numéros au violon d’Isodore Soucy.

Photo en couleur d’une étiquette de disque avec le logo de RCA Victor du chien avec le gramophone

The Maple Leaf Forever, étiquette de disque de RCA Victor (AMICUS 31386771)

Explorez le gramophone virtuel !


Margaret Ashburner est bibliothécaire des collections spéciales de musique à Bibliothèque et Archives Canada.

John Armstrong Howard, premier athlète olympique noir à représenter le Canada

Par Judith Enright-Smith

Les Jeux olympiques d’été de 1912, tenus du 5 mai au 27 juillet à Stockholm, en Suède, sont le théâtre de plusieurs « premières ». En effet, cette cinquième olympiade, qui rassemble 2 408 athlètes provenant de 28 pays, est la première à présenter des compétitions féminines de nage et de plongeon, ainsi que le pentathlon masculin. Ce sont les premières olympiades à faire appel au chronométrage électronique; c’est aussi la première fois qu’une équipe de l’Asie (le Japon) participe aux jeux. Pour le Canada, ces Olympiques d’été 1912 marquent l’histoire pour une autre raison : c’est la première fois qu’un athlète noir représente le Canada à des Jeux olympiques.

John Armstrong Howard est né à Winnipeg, au Manitoba, le 6 octobre 1888. Howard est un mécanicien spécialisé et un joueur de baseball pour le club Crescent Creamery de Winnipeg; avec ses 6 pieds 3 pouces, c’est aussi un remarquable sprinteur. Il se qualifie facilement pour les Olympiques de 1912 et on le considère, tant dans les milieux sportifs que les médias canadiens, comme le meilleur espoir du Canada pour remporter une médaille d’or.

Walter Knox est alors l’entraîneur de l’équipe olympique canadienne d’athlétisme. Pendant l’entraînement, Knox et Howard sont souvent en désaccord et se confrontent à plusieurs reprises. Knox disait d’Howard qu’il était emporté et désobéissant et, à une époque où la discrimination envers les athlètes noirs était courante, il recommande son expulsion de l’équipe pour « insubordination ». Ce n’est que grâce à l’intervention de l’Amateur Athletic Union of Canada qu’Howard a pu demeurer au sein de l’équipe.

En route pour la Suède, Howard est traité de manière discriminatoire et préjudiciable, un affront que subissaient régulièrement les personnes de couleur à l’époque. Avant de quitter Montréal par bateau, on lui interdit l’accès à l’hôtel où logeaient les autres athlètes, et lorsqu’il est à bord du navire, il doit prendre ses repas à l’écart de ses coéquipiers.

Une fois rendu à Stockholm, il souffre de graves maux d’estomac, sans doute causés par le stress accumulé en raison de sa relation difficile avec Knox. Pendant les Jeux, les problèmes de santé d’Howard compromettent sérieusement ses efforts et il est éliminé en demi-finale du 100 mètres et du 200 mètres. Cependant, de retour au pays, Howard se rachète lors des Canadian Outdoor Championships de 1913 : il remporte toutes les courses auxquelles il participe.

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Howard est envoyé outre-mer en 1917 au sein du Corps expéditionnaire canadien. Il travaille comme brancardier dans divers hôpitaux militaires britanniques. Son dossier de service montre qu’il a souffert d’affections pulmonaires chroniques. Lorsqu’il est en Europe, Howard fait la connaissance d’Edith Lipscomb. En 1920, ils rentrent ensemble à Winnipeg, où ils se marient. Ils tentent de s’établir à Sainte-Rose du Lac, mais ils se heurtent à beaucoup d’hostilité et de préjugés parce qu’ils forment un couple interracial. La petite-fille d’Howard, Valerie Jerome, raconte comment des gens lançaient des pierres sur leur automobile pour les faire partir. Ils finissent par s’installer près de la réserve indienne de Crane River, sur la rive nord-ouest du lac Manitoba. Le couple aura trois filles, mais leur mariage ne durera pas. Howard mourra d’une pneumonie à l’âge de 48 ans.

Une photographie noir et blanc d’un groupe de coureurs à la ligne de départ. Un d’entre eux porte un maillot blanc orné d’une feuille d’érable sur le devant.

John Armstrong Howard aux Jeux interalliés, stade Pershing, Paris, juillet 1919 (MIKAN 3387544)

Une photographie noir et blanc d’un homme portant une tenue d’athlétisme, entouré d’autres hommes vêtus de la même manière ou en uniformes, recevant une médaille d’un homme âgé vêtu d’un uniforme militaire.

Le roi du Monténégro remet à John Armstrong Howard la médaille de bronze qu’il a remportée à l’épreuve du 100 mètres aux Jeux interalliés, stade Pershing, Paris, juillet 1919 (MIKAN 3385453)

L’héritage sportif de John Armstrong Howard se perpétue. Deux de ses petits-enfants sont des athlètes canadiens. Valerie Jerome est une sprinteuse qui a participé aux Jeux olympiques d’été de 1960. Son frère, Harry Jerome, a participé aux Olympiques d’été de 1960, de 1964 et de 1968, remportant une médaille de bronze en 1964 à l’épreuve du 100 mètres.


Judith Enright-Smith est archiviste adjointe à la Division des affaires autochtones et sociales, Direction des archives privées, Bibliothèque et Archives Canada.