Conservatrice invitée : Caroline Forcier-Holloway

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Photo tirée de Storm O’Brien, un épisode de la télésérie R.C.M.P réalisée par Crawley Films Ltd., en 1959

Vue fixe en noir et blanc d’un acteur vêtu d’un uniforme de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), appuyé contre un camion de marque Bombardier.

Photo tirée de Storm O’Brien, un épisode de la télésérie R.C.M.P., réalisée en 1959 par Crawley Films Ltd. (MIKAN 3563899) ©Michal Anne Crawley

La série visait à présenter une image plus réaliste des gendarmes canadiens. Des relations complexes et difficiles, par exemple avec les Autochtones, y sont évoquées. Mais dans l’ensemble, on y nage curieusement en pleine romance.


Parlez-nous de vous

Mes recherches sont axées sur les peuples nordiques du Canada et l’exploration de l’Arctique canadien documentés dans les films parrainés par le gouvernement, les films de cinéastes indépendants moins connus et les films amateurs non publiés, ainsi que les films de collections privées. Dès que j’en ai l’occasion, je me penche sur des films souvent oubliés et laissés à l’abandon qui requièrent toute notre attention, dans l’espoir de les rendre accessibles.

Mon intérêt envers la collection de récits oraux de Bibliothèque et Archives Canada remonte à l’époque où j’étais archiviste de référence, intérêt qui s’est transformé en l’un de mes principaux portefeuilles d’acquisition. Vint ensuite le désir de mener des entrevues avec les donateurs dans le cadre du programme bien établi des récits oraux des Archives nationales du Canada. Depuis 2015, je suis coresponsable de la toute nouvelle initiative de BAC portant sur les histoires orales, un programme d’entrevues axé sur les récits oraux qui donne la parole aux donateurs et aux employés de BAC afin de souligner leurs contributions.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Les paragraphes ci-dessous présentent des exemples du contenu datant des débuts de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) prélevé à même la vaste collection de documents audiovisuels de BAC. L’information y est disposée en trois catégories : les premières dramatiques télévisuelles de fiction; les premiers longs métrages de fiction; et les premiers documentaires et films amateurs.

La GRC dépeinte dans les premières dramatiques télévisuelles de fiction

Crawley Films Ltd., en partenariat avec la British Broadcasting Corporation (BBC), a réalisé la série R.C.M.P. en 1959-1960. Appuyés sur des faits réels tirés de dossiers de la GRC, les 39 épisodes d’une demi-heure ont été tournés en noir et blanc au format 35 mm et diffusés au Canada, en Angleterre et en Australie.

BAC a acquis le fonds Crawley Films en 1983. La collection renferme 38 837 bobines de film, 12 800 photographies, 42 mètres de documents textuels, ainsi que d’autres médias. Frank Radford « Budge » Crawley et Judith Crawley fondent officiellement Crawley Films en 1939, à Ottawa. Parmi les différentes catégories de films réalisés par Crawley Films — commandes de l’industrie, longs métrages, documentaires, films d’animation et messages publicitaires —, la télésérie dramatique R.C.M.P. positionne vraiment l’entreprise dans une classe à part des autres maisons de production.

La télévision entre dans les foyers canadiens en 1952, et en 1955, 23 stations de télévision sont en activité au Canada, alors que la demande de contenus à diffuser sur les ondes est croissante. En 1958, « Budge » conclut un partenariat avec la Société Radio-Canada (SRC) et la BBC afin de réaliser une série qui allait relater les « récits quotidiens des forces policières fédérales canadiennes » [traduction].

Munroe Scott, l’un des scénaristes de la série, explique le choix du thème par Crawley Films : « La GRC nous fascinait parce qu’elle faisait partie de presque tous les aspects de la vie au Canada. Les scénarios de chaque épisode étaient généralement conçus de manière à refléter la réalité, même si on y ajoutait des effets dramatiques pour la télévision » [traduction].

Afin de tourner les épisodes, Crawley Films a acheté une propriété de 40 acres près de Chelsea (Québec), où l’on a érigé un studio de 8 500 pieds carrés. Les villes d’Aylmer, de Québec et d’Outlook (Saskatchewan) ont servi à matérialiser la ville western fictive de Shamattawa. L’acteur francophone Gilles Pelletier jouait le rôle principal du caporal Jacques Gagnier, responsable du détachement. John Perkins incarnait le constable Frank Scott, tandis que Don Francks prêtait vie au constable Bill Mitchell, un collègue tout frais émoulu de l’académie. Des rôles de soutien revenaient régulièrement dans les épisodes, dont le constable spécial Ben Aputagen, joué par Angus Baptiste, et le maire Bill Cartwright, incarné par Bernard McManus.

BAC possède les 39 épisodes de la série, ainsi qu’une version de l’épisode 18, The Hunt, en allemand. Pour suivre la série, les téléspectateurs syntonisaient la SRC le mercredi à 20 h. Une liste de tous les épisodes a été compilée par The Classic TV Archive [en anglais].

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

Avant R.C.M.P., une série américaine d’aventure dramatique de genre fiction connaissait déjà du succès chez les téléspectateurs et auditeurs, soit Sergeant Preston of the Yukon, dont les 78 épisodes ont été télédiffusés par la CBS de 1955 à 1958. La série relatait les péripéties du sergent William Preston, un gendarme canadien de la Police à cheval du Nord-Ouest [créée en 1873, cette entité a été renommée Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest vers 1896, puis remplacée par la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest en 1904] alors qu’il patrouillait dans les contrées sauvages du Yukon avec son cheval, Rex, et son fidèle chien, Yukon King. Ensemble, ils combattaient les malfaiteurs (evildoers) dans les régions nordiques pendant la ruée vers l’or des années 1890.

La télésérie était basée sur la populaire dramatique radio, Challenge of the Yukon, un feuilleton radiophonique de 15 minutes mettant en vedette le sergent Preston, d’abord radiodiffusé à Détroit de 1938 à 1947, puis repris par différentes stations radio jusqu’en 1955. Pour écrire la série, Tom Dougall s’était inspiré des poèmes de Robert W. Service. Les âmes nostalgiques qui aimeraient faire un retour en arrière peuvent écouter les 609 radioromans sur le site Web d’Old Time Radio Researchers Group [en anglais]. BAC conserve certains épisodes de Challenge of the Yukon et de Sergeant Preston of the Yukon.

La GRC mise en vedette dans les premiers longs métrages de fiction

Symbole emblématique du Canada, la GRC a été dépeinte dans plusieurs centaines d’ouvrages de fiction à Hollywood, inondant l’industrie cinématographique. Parmi les classiques, citons Rose-Marie [en anglais] (1936), un film musical réalisé par MGM, et Renfrew of the Royal Mounted [en anglais] (1937), une série de huit longs métrages réalisés par Criterion Pictures Corporation. Ces œuvres ont été distribuées partout en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde.

Le tout premier long métrage de fiction traitant des gendarmes canadiens s’intitule The Cattle Thieves [en anglais] (1909), une réalisation de la Kalem Company, établie aux États-Unis. Ce studio a d’ailleurs innové en étant le premier à se rendre au Canada pour tourner une dramatique sur place. C’est ainsi que le public américain a découvert la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest [entité ayant remplacé la Police à cheval du Nord-Ouest en 1904]. D’autres maisons de production américaines ont aussi réalisé des films dont l’intrigue se déroulait au Canada, mais qui étaient tournés aux États-Unis, un style qui se maintiendra jusque tard dans les années 1950. À l’époque, on mettait l’accent sur la romance des vastes étendues sauvages du Canada. Habituellement, la distribution des personnages comprenait un trappeur ou un bûcheron canadien-français dans le rôle du méchant, quelques Autochtones, des mineurs, des prospecteurs, des contrebandiers de whisky et, bien entendu, un « noble gendarme canadien ».

Sous la direction d’A.J. Edwards, On the King’s Highway [en anglais] (1915) est l’une des premières dramatiques à être tournées sur les gendarmes canadiens par la Conness Till Film Company de Toronto. Quant à la nouvelle de James Oliver Curwood, Wapi the Walrus, devenue Back to God’s Country [L’instinct qui veille] (1919), elle donnera naissance au tout premier long métrage canadien portant sur la survie. Historien du cinéma, Peter Morris décrit le récit comme un « triangle mélodramatique mettant en vedette, dans un décor sauvage du Nord canadien, une héroïne, un héros et un méchant, de même qu’un chien — tout aussi héroïque — et des ours qui vivent dans un environnement nordique naturel marqué par la froidure et la neige, sans oublier l’omniprésente [Royale] Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest » [traduction].

Image en couleurs d’un homme et d’une femme à cheval dans une clairière, devant des arbres verts majestueux et des montagnes aux cimes enneigées. L’homme porte une chemise jaune déboutonnée pour exposer sa poitrine. Il est penché vers la femme qui porte un bonnet blanc et une mante rouge. Découpée et apposée en bas à gauche, une autre image, en noir et blanc, illustre un gendarme en uniforme qui dirige son cheval vers un feu de camp; un grand arbre se dresse en arrière-plan. Le titre du film est écrit en bas à droite, sur l’affiche.

Affiche publicitaire du film Cameron of the Royal Mounted, 1921, par Winnipeg Productions Ltd. (MIKAN 199330)

Cameron of the Royal Mounted (1921) est un long métrage d’aventure de fiction muet avec des intertitres en anglais, produit par Winnipeg Productions Ltd. et inspiré du livre de Ralph Connor, Corporal Cameron of the North West Mounted Police [en anglais]. On y raconte l’histoire d’un jeune homme qui se sauve au Canada pour éviter l’emprisonnement pour un chèque contrefait. Il tombe en amour, mais il sera la cible d’un rival jaloux. L’occasion s’offre à lui de se joindre à la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest. Il se portera au secours de sa petite amie kidnappée, et sera blanchi de l’accusation initiale qui planait sur lui. Ce film se distingue des autres, car on a fait appel à de vrais gendarmes du poste de Fort McLeod de la Royale Gendarmerie, en Alberta, pour jouer comme figurants dans leurs propres rôles, une décision pleine d’aplomb. BAC dispose d’une version incomplète du film, soit deux bobines sur les six composant le film.

Entre autres films, mentionnons Policing the Plains [en anglais] (1927), une production d’A.D. Kean de la maison Canadian Historic Features Ltd. de Vancouver, et His Destiny [en anglais] (1928), aussi connu sous le titre North of 49, produit par British Canadian Pictures Ltd., de Calgary. Le dernier film a été tourné sur place, en Alberta, et comprend des images du stampede de Calgary de 1928. BAC en possède deux versions incomplètes.

La GRC dépeinte dans les premiers documentaires et films amateurs

De nombreux films ont été tournés sur les gendarmes canadiens, mais cette institution en a réalisés très peu sur elle-même. BAC a plus de 1 230 images en mouvement et enregistrements sonores liés à des collections tant gouvernementales que privées et documentant des activités de la GRC. Les documentaires font état d’activités et d’événements, dont le film Through the Northwest Passage [en anglais] qui nous entraîne dans l’histoire de la navigation. Le documentaire tourné par le caporal F.S. Farrar raconte les péripéties du capitaine Henry Larsen et des huit membres de son équipage qui, à bord de la goélette de bois St. Roch, ont navigué de Vancouver (Colombie-Britannique) jusqu’à Halifax (Nouvelle-Écosse), en empruntant le passage du Nord-Ouest, et ce, de 1940 à 1942.

Photographie en noir et blanc d’un homme portant des vêtements d’hiver à bord d’un bateau; on voit l’eau glacée en arrière-plan.

Le capitaine Henry Larsen à bord du St. Roch, une goélette de patrouille de la GRC, dans les Territoires du Nord-Ouest, vers 1944. (MIKAN 3191981)

Les films amateurs jouent un rôle important pour documenter l’histoire, la culture, la vie et les activités personnelles. Bon nombre d’archives visent à promouvoir cette valeur ou importance plus globale, car on estime que ce sont des documents de source primaire dans le contexte des documents historiques, notamment compte tenu de la demande croissante des chercheurs qui y voient une utilité inestimable aux fins de productions, d’études sociologiques, de préparation de sites Web et d’expositions, et bien plus encore.

Les films amateurs racontent aussi des histoires sur les gendarmes canadiens, basées sur des faits. Pendant ses expéditions dans le Nord dans les années 1930 à 1950, Henry Larsen a documenté, sur sept bobines de films amateurs, des activités variées, des personnes et des lieux.

En 1932, Doug Betts devient constable au sein de la GRC et suit une formation à la caserne Fairmont, à Vancouver. Peu de temps après, il est affecté à Dawson et à Whitehorse, au Yukon, et sera promu au grade de caporal à la fin des années 1940.

Le fonds Norman Betts comprend 23 bobines de films familiaux muets tournés en noir et blanc au format 8 mm. Le caporal Doug Betts était un caméraman passionné qui apportait sa caméra lors de ses diverses affectations, de même que pendant ses permissions de loisirs et de détente. Il a ainsi documenté, entre autres, l’exploitation de placers, les patrouilles en traîneau à chiens, une enquête menée sur le site d’un écrasement d’avion, ainsi que sa participation à des parties de chasse. En outre, BAC a mené une entrevue avec le donateur Norman Betts, fils de Doug Betts, afin de mieux comprendre le contexte des films muets.

Photographie en noir et blanc d’un homme portant des vêtements d’hiver assis sur un traîneau avec six chiens attelés.

Doug Betts assis avec Kluane, son chien de traîneau de tête, extrait de Doug Betts No. 8: home movie, vers 1935-1939. (MIKAN 188444)

Photographie en couleurs d’un emballage de film jaune arborant des notes servant à identifier le film.

Boîte de film Kodak qui contenait une bobine 16 mm de 100 pieds utilisée par le constable Doug Betts. (Les renseignements, comme les annotations, l’oblitération du timbre-poste et la date de péremption du film, fournissent des données importantes afin de déterminer le contenu et les dates d’un film.)

Biographie

Photo couleur d'une femme arborant un grand sourire.Caroline Forcier-Holloway est archiviste audiovisuelle à Bibliothèque et Archives Canada. Depuis qu’elle a amorcé sa carrière à BAC en 1989, elle a rempli diverses fonctions à titre d’archiviste de référence spécialisée en audiovisuel, d’archiviste de référence générale, de chercheuse à la cinématographie et, en dernier lieu, d’archiviste audiovisuelle. Depuis 2000, elle a procédé à l’acquisition de collections et de fonds audiovisuels renfermant du contenu lié à l’histoire orale, aux Autochtones et au Nord, ainsi que des documents en français et en anglais, provenant du secteur privé et du gouvernement, de diffuseurs et de cinéastes, tant professionnels qu’amateurs.

Ressources connexes

Images de l’Ontario maintenant sur Flickr

L’Ontario est la province la plus peuplée et la deuxième province la plus vaste du Canada. Elle est entourée du Manitoba à l’ouest et du Québec à l’est. Le paysage y est très diversifié, et trois régions distinctes la composent : les basses-terres de la baie d’Hudson, le Bouclier canadien et les basses-terres des Grands Lacs et du Saint-Laurent. L’Ontario a été peuplé par des Autochtones il y a environ 10 000 ans. Les collectivités d’aujourd’hui, comme les Algonquins, les Hurons et les Iroquois, peuvent retracer leurs origines jusqu’à cette époque. Les explorateurs européens arrivent au 17e siècle et, au départ, ils ne font qu’exploration et commerce de base. Après la Révolution américaine, la population augmente alors qu’un flot de loyalistes britanniques se déplacent vers le nord. Une autre vague d’immigration venant de l’Europe suit la guerre de 1812.

Photo en noir et blanc de neuf femmes portant des robes, manteaux et chapeaux debout devant un immeuble.

Groupe d’Afro-Canadiennes devant la pension du YMCA située au 698, rue Ontario, Toronto (Ontario) MIKAN 3629549

Le Haut-Canada est établi en 1791 et comprend le sud de l’Ontario actuel. En 1837 éclate la rébellion du Haut-Canada contre les administrateurs nommés par le gouvernement britannique et pour un gouvernement responsable. Cette rébellion est rapidement réprimée, mais en 1841, la nouvelle Province unie du Canada est formée. Les colonies changent de nom : le Haut-Canada devient le Canada-Ouest, tandis que le Bas-Canada devient le Canada-Est. En 1848, le Canada-Ouest obtient l’autonomie gouvernementale. Ce changement en matière de pouvoir est grandement influencé par l’augmentation continue de la population de la province, principalement due à l’arrivée de colons anglophones. Dès les années 1850, le Canada-Ouest jouit d’une puissance économique considérable en raison de l’afflux continu d’immigrants qui se déplacent, avec beaucoup de locaux, vers les centres urbains où des emplois sont offerts dans le secteur industriel. Dans les années 1860, le Canada-Ouest participe à une série de conférences avec le Canada-Est, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, pour établir les conditions de la Confédération. Cela mène à l’établissement du Dominion du Canada en 1867.

Le saviez-vous?

  • Il existe en Ontario plus de 200 langues étrangères déclarées, et 26 % de la population s’identifie comme une minorité visible.
  • En 1857, la reine Victoria choisit Ottawa comme capitale permanente du pays.
  • Oliver Mowat, premier ministre de l’Ontario de 1872 à 1896, se bat pour les droits de la province et parvient à faire décentraliser considérablement le pouvoir du gouvernement fédéral sur les affaires provinciales.

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Les documents parlementaires du Dominion du Canada, 1867-1925

Êtes-vous en quête de documents crédibles pour étayer vos recherches sur la période allant de la fin du 19e siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres, au 20e siècle? Vous pourriez les trouver dans les documents parlementaires du Dominion du Canada.

Origines et structure

Les documents parlementaires comptent parmi les plus anciennes publications gouvernementales en série. Ils appartiennent à la catégorie plus générale des publications parlementaires, qui comprend aussi les journaux, les débats, les votes et les délibérations. On a commencé à les publier avant même la Confédération. Au départ, ils formaient les annexes officielles des Journaux de l’Assemblée législative de la province du Canada. Une série en particulier couvre la période de 1867 à 1925; elle est connue sous le nom de documents parlementaires du Dominion du Canada (ou Sessional Papers of the Dominion of Canada). Après 1925, ces documents ont été publiés séparément.

Par « document parlementaire », on entend tout document présenté à la Chambre des communes (c’est-à-dire déposé auprès du greffier et de la Chambre) durant une session donnée du Parlement. Un numéro est attribué à chacun selon un ordre chronologique. Tous ces documents sont à la disposition du public.

On y retrouve notamment :

  • les rapports annuels des ministères
  • les rapports de comités et de groupes de travail
  • les rapports de commissions royales
  • les données des recensements
  • les livres blancs (énoncés de politique du gouvernement) et les livres verts (documents officiels parrainés par des ministres de la Couronne pour inviter le public à discuter d’un enjeu avant qu’une politique ne soit élaborée)

Les documents parlementaires se divisent en deux catégories : imprimés ‒ c’est‑à‑dire disponibles aux fins de distribution ‒ et non imprimés. Les documents imprimés sont rassemblés en volumes, selon la session à laquelle ils ont été présentés. Chaque volume renferme le texte intégral des rapports soumis en Chambre. Ils servent de preuve pour témoigner des activités du gouvernement et appuyer les décisions de ce dernier. Ils rassemblent des données sur une panoplie de sujets de nature militaire, politique, sociale et économique ayant touché notre pays à un moment précis.

Chaque volume relié porte sur une session donnée du Parlement. Au dos, on peut lire la date de la session ainsi que le titre et le numéro du volume. À l’intérieur, les documents parlementaires sont regroupés par sujets, et précédés d’une liste alphabétique et d’une liste numérique. On trouve à la fin de certains volumes un index thématique restreint.

Trouver un document parlementaire

Mais comment trouver un document parlementaire bien précis? Si vous connaissez la date de la session durant laquelle le document a été publié, vous pourrez facilement trouver le volume pertinent, puisque tous les volumes sont classés en ordre chronologique. Lorsque vous aurez mis la main sur le bon volume, consultez les listes alphabétique et numérique qui se trouvent au début : vous y trouverez les numéros de chaque document. Notez le numéro du document qui vous intéresse, et vous pourrez le repérer dans le volume.

Vous ne connaissez pas la date de la session parlementaire, mais vous connaissez le sujet ou le titre du document que vous cherchez, ou vous avez d’autres mots-clés? Consultez l’index général des journaux de la Chambre des communes et des documents parlementaires du Dominion du Canada, un ouvrage anglais en cinq volumes intitulé General index to the journals of the House of Commons of the Dominion of Canada and of the sessional papers of Parliament (no AMICUS 568918).

Ces index fournissent le numéro de chaque document parlementaire, ainsi que la date à laquelle ils ont été soumis en Chambre. Mais n’oubliez pas : plusieurs documents parlementaires ont été publiés séparément. Vous pouvez donc faire une recherche dans AMICUS, le catalogue électronique de Bibliothèque et Archives Canada, et ce, même si vous ne connaissez pas la date de la session visée.

Vous trouverez en ligne plusieurs documents parlementaires dans les bases de données suivantes :

La page titre du 2e volume de la troisième session du Premier Parlement du Canada en 1870.

Page titre des documents parlementaires du Dominion du Canada (Sessional Papers of the Dominion of Canada), 1870, volume I, troisième session de la première législature. Source : base de données Notre mémoire en ligne.

La première page d’une liste en ordre alphabétique de la table des matières pour les documents parlementaire de 1870.

Table des matières montrant une liste alphabétique des documents parlementaires du Dominion du Canada, vol. III, 1870. Source : base de données Notre mémoire en ligne.

Les documents parlementaires existent sous différents formats, y compris des microfilms. L’ouvrage suivant fournit des renseignements supplémentaires sur ces documents et d’autres débats du Parlement :

Bibliothèque et Archives Canada conserve la collection intégrale des documents parlementaires imprimés pour la période allant de 1867 à 1925. Ils se trouvent au 2e étage de notre édifice du 395, rue Wellington à Ottawa. Si vous avez besoin d’aide pour les consulter, n’hésitez pas à communiquer avec les Services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Images du Nunavut maintenant sur Flickr

Le Nunavut est le territoire le plus à l’est et le plus nouveau des trois territoires du Canada, il partage une frontière avec les Territoires du Nord-Ouest, à l’ouest, et avec le Manitoba, au sud. Sa superficie est plus grande que n’importe quel autre territoire et n’importe quelle province du Canada et il englobe la majeure partie des îles de l’Arctique. La région est continuellement habitée par les Premières Nations depuis environ 4 000 ans. Les Inuits constituent le groupe dominant au Nunavut, en effet, ils représentent la majorité de la population dans toutes les communautés. Les Européens ont commencé à explorer la région à la fin du 16e siècle, alors qu’ils étaient à la recherche du passage du Nord-Ouest.

Photo en noir et blanc de trois hommes souriant et assis portant des manteaux traditionnels.

Trois Inuits (de gauche à droite : Lucas, Bobbie et Johnnie) prennent la pose dehors pour un photographe, Port Burwell (Nunavut) (MIKAN 3223586)

Durant la guerre froide, le gouvernement canadien a obligé de nombreux Inuits du Nord-du-Québec à déménager aux confins nordiques du territoire alors désigné comme les Territoires du Nord-Ouest, dans le but d’affirmer la souveraineté du pays dans les îles de l’Arctique. Plus tard, dans la foulée de la Commission royale sur les peuples autochtones, le gouvernement canadien dédommagera leurs descendants pour plusieurs décennies d’épreuves. À la fin des années 1970, des habitants du territoire aujourd’hui connu comme le Nunavut ont amorcé des discussions avec le gouvernement fédéral afin de créer un territoire distinct. Cette idée s’est concrétisée en 1999 lorsque le Nunavut est devenu le troisième territoire canadien, donnant ainsi aux Inuits une plus grande autonomie.

Le saviez-vous?

  • Le mot « Nunavut » vient du dialecte inuktitut des Inuits de l’Arctique de l’Est et il se traduit par « notre Terre ».
  • Le Nunavut reconnaît quatre langues officielles : l’anglais, le français, l’inuktitut et l’inuinnaqtun.

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Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de mai 2017

À ce jour, 438 679 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 7452. Dernier nom : Oliver.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Ernst Neumann

Par Judith Enright-Smith

L’artiste et graveur Ernst Neumann naît à Budapest, en Hongrie, en 1907. Sa famille émigre au Canada cinq ans plus tard et s’établit à Montréal, au Québec.

Dessin au plomb et au crayon Conté d’un jeune homme assis à une table à dessin, le regard tourné vers nous. L’œuvre est signée « EN31 ».

Autoportrait d’Ernst Neumann, 1931 (MIKAN 3028626)

Après ses études collégiales, Ernst Neumann entre à l’École des beaux-arts, puis à l’Association d’art de Montréal. Il y étudie auprès d’Edwin Holgate, célèbre graveur et peintre montréalais de l’époque (MIKAN 3929083), qui cultive l’intérêt de son élève envers la gravure et la gravure sur bois.

Eau-forte montrant une femme nue assise, vue de profil. Ses coudes sont posés sur ses genoux repliés, et elle tient son visage entre ses mains.

Femme nue assise, 1935 (MIKAN 3025069)

Ernst Neumann mène une carrière stable et inspirante. Il crée et vend des gravures commerciales montrant les rues de Montréal et d’autres scènes urbaines, ainsi que des portraits de l’élite de la ville. Toutefois, sa véritable passion consiste à représenter les personnes marginalisées pendant la grande dépression. Ses gravures de chômeurs et de personnes sans le sou paraissent dans des journaux et des périodiques montréalais à tirage restreint, en particulier dans des publications de gauche.

En 1936, avec son confrère William Goodridge Roberts (lui aussi diplômé de l’École des beaux-arts de Montréal), Ernst Neumann ouvre l’école d’art Roberts-Neumann. On y enseigne la peinture, le dessin et la compréhension des arts. L’établissement n’est ouvert que trois ans.

Eau-forte représentant une personne qui descend un chemin enneigé, vers une ville dont les édifices sont visibles à travers les arbres.

Descente du mont Royal, signé « E. Neumann », 1951 (MIKAN 3025050)

Ernst Neumann fait également partie d’un collectif non officiel d’artistes montréalais, plus tard appelé « les peintres juifs de Montréal » par l’historienne de l’art Esther Trépanier. Dans son ouvrage Les peintres juifs de Montréal : Témoins de leur époque, 1930-1948, celle-ci mentionne que ce groupe (dont sont aussi membres Harry Mayerovitch et Ghitta Caisserman-Roth, entre autres) dépeint le réalisme social du Montréal des années 1930 et 1940.

Lithographie d’un port sur laquelle on voit des mâts, des édifices et de la construction.

Port de Montréal, 1935 (MIKAN 3024945)

Bibliothèque et Archives Canada a acquis le fonds Ernst Neumann auprès d’un donateur privé, en 2005 et en 2010. Ce fonds comprend 156 eaux-fortes et lithographies, 49 dessins, 5 aquarelles et 36 plaques. Parmi les documents textuels figurent quelques lettres personnelles de Neumann ainsi que des catalogues.

Au début de 1956, Ernst Neumann se rend en Europe grâce à une bourse universitaire. En mars, alors qu’il visite un confrère en France, il est victime d’une crise cardiaque qui l’emporte. Il n’a que 49 ans. Ses restes sont rapatriés à Montréal et mis en terre grâce à la générosité de ses pairs.


Judith Enright est archiviste adjointe à la Section des affaires autochtones et sociales de la Direction générale des archives privées, à Bibliothèque et Archives Canada.

Brian Thompson : conservateur invité

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

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Ouverture d’« Une Couronne de Lauriers » par Calixa Lavallée, vers 1864

Page en papier sépia des notations musicales écrites à la main signées C. Lavallée.

Partition de « Une Couronne de Lauriers » par Calixa Lavallée, v. 1864 (MIKAN 4903777)

Calixa Lavallée ne croyait pas à la nation canadienne; il aurait même composé des œuvres contre la Confédération. Certains journaux de l’époque parlent d’un « radical » célèbre pour sa couronne et ses lauriers.


Parlez-nous de vous.

Lorsque j’étais enfant, j’étais fasciné par le hockey, la musique, l’histoire et la politique. Je partageais la même passion pour le hockey et la musique que les autres enfants de mon âge. L’histoire et la politique étaient moins populaires. Toutefois, en tant que musicologue, la musique, l’histoire et la politique font partie de mon travail. Alors que je rédigeais un article sur Calixa Lavallée, le compositeur de « Ô Canada », je me suis rendu compte que j’avais trouvé une manière d’intégrer le hockey dans mon canevas — l’hymne national, chanté par le grand Roger Doucet, faisait partie de mes soirées du samedi, de l’automne au printemps. Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Calixa Lavallée est né en 1842 dans les proches environs de Montréal. Au milieu de son adolescence, il était déjà un musicien professionnel; il était directeur musical de troupes de ménestrels ambulants et il se produisait comme pianiste. Il allait devenir un pédagogue réputé, tant au Canada qu’aux États-Unis, et un compositeur d’œuvres dans pratiquement tous les styles en vogue à cette époque. Parmi les œuvres qu’il a publiées, on compte des chansons, de la musique sacrée, des ouvertures de concert, des opéras, de nombreuses pièces pour piano et l’hymne « Ô Canada » qu’il composa en 1880.

Lavallée revint des États-Unis en 1863 et resta à Montréal jusqu’à la fin de 1865. Des événements marquants se déroulaient alors des deux côtés de la frontière. En 1864, les États-Unis entraient dans la troisième année de la guerre de Sécession, alors que les Canadiens commençaient à débattre des avantages de la Confédération. À Montréal, les opinions étaient partagées quant à la création d’un nouveau pays. Par ses contributions aux journaux nationalistes La Presse et l’Union nationale, Lavallée, alors âgé de 22 ans, prenait le parti des opposants à la Confédération qui en revenait pour eux à l’assimilation des Canadiens français. Sur scène, il jouait un rôle de premier plan; il donnait de nombreux concerts à la tête d’un groupe de jeunes chanteurs et d’instrumentistes. Il consacrait la majorité de son temps à recueillir des fonds pour des œuvres de bienfaisance.

Le 19 février 1864, il donna un concert dans l’Édifice Nordheimer, à Montréal, où il interpréta « Une Couronne de Lauriers » pour la première fois en public. La société locale Laurent, Laforce et cie publia l’œuvre à l’été de cette même année; en août La Presse en publia une recension signée par le pianiste Gustave Smith qui déclara que c’était « le premier morceau d’importance qui ait paru chez un éditeur de musique de Montréal ». Selon toute vraisemblance, c’est à ce moment que Lavallée a rédigé les premières mesures du morceau « Une Couronne de Lauriers ».

Deux pages comprenant les signatures des chanteurs d'opéra les plus réputés.

Feuilles d’autographes comprenant les signatures des chanteurs d’opéra les plus célèbres de l’époque (MIKAN 4936765)

Ce document fascinant soulève de nombreuses questions. BAC en a fait l’acquisition en même temps qu’un document de deux pages intitulé « Autographes des dames et messieurs de l’Opéra Italien ». Les annotations indiquent clairement que la première feuille, comprenant un fragment musical, provenait du même livre que la seconde, qui est une page d’autographes. BAC a fait l’acquisition des deux documents chez un marchand de livres rares. Nous ne pouvons qu’émettre des spéculations quant à leur origine et leur utilité.

La feuille d’autographes comprend les signatures de nombreux grands noms de l’opéra de l’époque, dont l’imprésario Max Strakosch et la mezzo-soprano Amalia Patti Strakosch. La plupart de ces artistes, si ce n’est tous, se produisaient à New York au milieu des années 1860. La page contient un message nébuleux : « Que sera l’avenir pour nous deux? Montréal, 5 nov. 1866 »

La question qui se pose : à qui appartenaient ces deux feuilles? Je ne peux que spéculer. Une des possibilités est qu’elles étaient la propriété de Lavallée lui-même; elles ont peut-être été transmises à sa veuve, après son décès survenu à Boston en 1891, et ensuite à une autre personne. Lavallée travaillait souvent avec des chanteurs d’opéra et peut avoir recueilli leurs autographes. Un album de photographies qui lui appartenait a survécu et contient de nombreuses photos d’autres artistes signées de leur main. Cependant, cela aurait été inhabituel de sa part d’avoir inséré un court morceau de musique dans son livre d’autographes.

Il est plus plausible de penser que ces pages appartenaient au pianiste Gustave Smith. C’était un collègue de Lavallée à Montréal dans les années 1860, et, lui aussi, travaillait souvent avec des chanteurs d’opéra. Il se rendit également aux États-Unis vers la fin 1865 ou au début de 1866, où il séjourna brièvement à New York avant de s’établir à La Nouvelle-Orléans. Il rentra au Canada plus tard au cours de la décennie et occupa un poste d’organiste à la cathédrale Notre-Dame d’Ottawa.

Une troisième possibilité est que ces documents appartenaient à un autre collaborateur de Lavallée, le violoniste Frantz Jehin-Prume. Ce musicien belge faisait un séjour prolongé à Montréal en 1865, période au cours de laquelle il s’est produit au moins une fois en compagnie de Lavallée. Les deux musiciens sont devenus des amis proches et se produisaient fréquemment ensemble. Il participa à plusieurs tournées avec une compagnie qui comptait dans ses rangs Amalia Patti Strakosch. Il a séjourné à New York à l’automne 1865 et est revenu à Montréal en 1866.

Le manuscrit a encore des secrets à révéler. Il lève un petit pan du passé, nous donnant un aperçu de la vie culturelle à une époque qui vit la naissance du Canada ainsi que de la vie du musicien dont la musique contribuait à définir un pays à la création duquel il s’opposait initialement.

Compte tenu de leur formation et de leur expérience, les historiens et les archivistes, tout comme les musicologues, connaissent l’importance potentielle d’un document manuscrit. Ils savent qu’une lettre, un mémo ou quelques notes de musique rapidement jetées sur un morceau de papier peuvent nous aider à mieux comprendre les époques passées et peuvent avoir bien plus de valeur qu’il n’y paraît à première vue. L’étude de l’histoire peut porter sur l’analyse des événements historiques et politiques importants, mais cela peut être aussi un travail de détective. Ceux qui explorent notre époque peuvent s’appuyer dans une large mesure sur des renseignements en format électronique : des images numériques, des courriels, des publications ou des blogues. L’exposition est l’occasion pour le public d’admirer et de découvrir des documents originaux, comme ceux-ci, des documents créés de main d’homme et par des personnes qui ont laissé quelque chose d’eux-mêmes et de leur époque à la postérité.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Couverture de la partition. Au centre, il y a une photo d'un homme en pardessus et en pantalons tenant à la main un haut-de-forme et une canne. Les noms du compositeur et du parolier se trouvent en bas entre un croquis représentant la ville de Québec et un arbre qui va jusqu'au haut de la page recouvrant le titre de feuilles d'érable.

Couverture de la première édition de « Ô Canada » (AMICUS 5281119)
L.N. Dufresne, couverture « Ô Canada » (Québec : Arthur Lavigne, 1880). Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec. Fonds ancien, 204, SQ047145.

La couverture de la première édition de « Ô Canada » (« Chant national ») est un document rare d’une grande importance historique. L’hymne a été composé à l’occasion du Congrès catholique canadien-français de 1880, un rassemblement d’intellectuels, de politiciens et de milliers de membres du grand public qui avait pour but de célébrer la culture canadienne-française et de réfléchir à l’avenir. L’événement comprenait de nombreuses prestations musicales. C’était aussi l’occasion de créer un chant national qui avait la dignité du « God Save the Queen », l’hymne qui était alors entonné lors de tous les événements publics au Canada à l’époque.

Le comité organisateur du Congrès avait choisi Calixa Lavallée comme compositeur, et le juge Adolphe-Basile Routhier comme poète, pour produire le nouvel hymne. Les deux hommes vivaient alors au Québec et se connaissaient, car ils évoluaient au minimum dans les mêmes sphères. Ils achevèrent la production de l’œuvre en avril 1880 et les journaux annoncèrent qu’elle serait publiée par le détaillant en musique local Arthur Lavigne. Le concepteur de la couverture était L.N. Dufresne, un peintre et illustrateur. Il souhaitait que son œuvre saisisse visuellement l’essence même de la musique. Le titre est indiqué en haut, entouré de guirlandes de feuilles d’érable. Sur la droite, on peut voir la Citadelle de Québec, sur la gauche un castor et en bas, le fleuve Saint-Laurent. Au centre de la page se trouve une photographie du lieutenant-gouverneur Théodore Robitaille. Le fait qu’il occupe la place de choix sur la couverture vise à témoigner du rôle qu’il joue en tant que mécène et fervent défenseur de la création d’un nouveau chant national, un chant qui pourrait représenter le peuple du Québec et les Canadiens français où qu’ils se trouvent.

Biographie

Photo en couleur d'un homme avec une barbe.Brian Christopher Thompson est l’auteur du livre Anthems and Minstrel Shows: The Life and Times of Calixa Lavallée, 1842–1891 (Montréal et Kingston : McGill–Queen’s University Press, 2015); il a également rassemblé et publié Calixa Lavallée: L’œuvre pour piano seul / The Complete Works for Solo Piano (Vancouver: The Avondale Press, 2016). Après avoir obtenu des diplômes de l’Université Concordia, de l’Université de Victoria et de l’Université McGill, il a obtenu son doctorat en musicologie à l’Université de Hong Kong en 2001, sous la direction de Michael Noone et Katherine Preston. Il est actuellement chargé de cours sénior au Département de musique de l’Université chinoise de Hong Kong.

Ressources connexes

Images de la Nouvelle-Écosse maintenant sur Flickr

La Nouvelle-Écosse est l’une des trois provinces maritimes du Canada, avec le Nouveau-Brunswick au nord-ouest et l’Île-du-Prince-Édouard au nord, de l’autre côté du détroit de Northumberland. Les  Micmacs constituent le principal groupe de Premières Nations dans la région; leur présence sur le territoire remonte à environ 10 000 ans.

Au début de la traite des fourrures, les interactions entre les groupes de Premières Nations et les colons français étaient généralement positives; la Nouvelle-Écosse faisait alors partie d’une région appelée l’Acadie. Cependant, au cours du 18e siècle, les Britanniques s’emparèrent de toutes les possessions françaises en Amérique du Nord et renommèrent ces colonies. Après la guerre civile américaine, la migration des loyalistes vers le nord y amena une population coloniale britannique; les colons ayant reçu des concessions réclamaient leurs terres et repoussaient les Micmacs aux limites de leur territoire.

Une photo noir et blanc de deux femmes et un homme au bord d’une falaise  avec une vue de l’océan.

Touristes avec le bus de Mike Sullivan admirant le paysage au Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton (Nouvelle-Écosse) (MIKAN 3265746)

La Nouvelle-Écosse obtint un gouvernement responsable en 1848, avant les autres colonies britanniques, et participa à la mise sur pied de la Confédération. Sous la direction de Charles Tupper, un ardent défenseur de la Confédération, elle devint, en 1867, l’une des premières provinces canadiennes. Toutefois, un grand nombre de Néoécossais étaient opposés à cette idée et portèrent au pouvoir un gouvernement anti-confédération lors de l’élection provinciale suivante.

Le saviez-vous?

  • La Nouvelle-Écosse fut ainsi nommée en référence aux premiers colons écossais venus s’y installer durant la période coloniale britannique.
  • La Nouvelle-Écosse abrita le plus important établissement de Noirs libres en Amérique du Nord, des loyalistes ayant migré vers le nord après la révolution américaine.

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Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 2e partie

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de Vimy

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 2e partie ».

Avril 2017 marque le 100e anniversaire de l’attaque et de la prise de la crête de Vimy, alors que les quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien travaillaient ensemble pour la première fois. Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 25 000 Canadiens ont servi dans les services aériens britanniques à titre de pilotes, d’observateurs et de mécaniciens. Même si la bataille de la crête de Vimy est surtout connue comme une offensive terrestre, une grande partie des préparatifs en vue de l’assaut sur Vimy se sont déroulés dans les airs. Pour la deuxième partie de cette émission, nous sommes en compagnie de Bill Rawling, historien et auteur du livre Survivre aux tranchées, et de Hugh Halliday, auteur et conservateur retraité du Musée canadien de la guerre. Ensemble, nous discuterons du rôle que le Canada et ses alliés ont joué dans les airs lors des batailles de Vimy et d’Arras en avril 1917, un mois surnommé « avril sanglant ».

Une photo en noir et blanc montrant un avion biplan avec deux aviateurs dans le cockpit: un qui pilote et l'autre sur la mitrailleuse.

Un avion Curtiss JN-4 doté d’une mitrailleuse intégrée, artillerie du pilote, Royal Flying Corps [corps royal d’aviation], Canada, School of Aerial Gunnery [école d’artillerie aérienne], Camp Borden (Ontario), 1917 (MIKAN 3404272)

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

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Lieutenant Robert Grierson Combe, VC

Aujourd’hui, dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous nous souvenons du lieutenant Robert Grierson Combe, du 27e bataillon, Corps expéditionnaire canadien (CEC). Dans cette série, nous présentons le profil de chaque récipiendaire 100 ans après le jour de l’exploit pour lequel ils ont reçu cette prestigieuse médaille militaire.

Né le 5 août 1880 à Aberdeen, en Écosse, Combe s’est enrôlé dans le CEC en tant que lieutenant, un grade qu’il a repris à sa propre demande, bien qu’il se soit qualifié en tant que major.

image en noir et blanc (fondu de photographie et esquisse) d’un soldat aux cheveux coupés ras et portant une moustache.

Le lieutenant Robert Grierson Combe, VC, non daté (MIKAN 3645669)

Les Divisions canadiennes ayant réussi à reprendre la crête de Vimy, les forces britanniques et du Commonwealth continuaient de pousser contre les lignes germaniques pour faire diversion, afin d’éloigner l’armée allemande du secteur de l’Aisne et d’ainsi permettre à l’armée française de passer. Le 3 mai 1917, à Acheville, en France, le lieutenant Combe dirigeait sa compagnie contre un barrage intensif d’artillerie ennemie. Après avoir atteint la position des Allemands avec seulement cinq hommes, Combe a infligé de lourdes pertes à l’ennemi, puis, rassemblant de petits groupes d’hommes, a réussi à capturer son objectif et à faire quatre-vingts prisonniers. Sa citation dans The London Gazette, n30154, du mercredi 27 juin 1917, indique :

….Il est régulièrement reparti à la charge de l’ennemi, en le poussant devant lui. Et c’est alors qu’il dirigeait personnellement ses grenadiers qu’il a été tué par un tireur embusqué. Sa conduite a inspiré tous les grades, et c’est entièrement grâce à son magnifique courage que la position a été prise, conquise et maintenue. [traduction]

Le lieutenant Robert Grierson Combe a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour son leadership et son courage sous les tirs ennemis. Il est enterré près d’Acheville, en France. Les combats incessants dans cette région ont entraîné la destruction du cimetière militaire et la perte de sa tombe. C’est pour cette raison que son nom figure sur le monument commémoratif de Vimy aux côtés de celui des 11 000 autres soldats canadiens qui n’ont pas de tombe connue.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Grierson Combe.

Ressources connexes