Le maréchal de l’air William Avery Bishop, récipiendaire de la Croix de Victoria (VC)

Par Emily Monks-Leeson

La publication d’aujourd’hui dans le cadre de notre série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria porte sur l’un des Canadiens les plus connus de la Première Guerre mondiale, l’as de l’aviation William Avery (« Billy ») Bishop.

Photographie en noir et blanc d’un militaire assis, les mains sur les cuisses. Il porte la ceinture Sam Browne, une large ceinture en cuir munie d’une courroie plus étroite placée en diagonale et qui passe par-dessus l’épaule droite.

Le lieutenant-colonel W.A. Bishop, VC, dans l’atelier du lieutenant Quinn, sans date, Londres, Angleterre (MIKAN 3623353)

William Avery Bishop est cadet au Collège militaire royal du Canada lorsqu’il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien, le 30 septembre 1914. Après avoir servi brièvement dans les tranchées, il passe au Royal Flying Corps (Corps royal d’aviation). Il reçoit son brevet en novembre 1916 et abat 12 avions au total en avril 1917 seulement; grâce à cet exploit, il obtient la Croix militaire et sa promotion au rang de capitaine. À la fin de la Première Guerre mondiale, Billy Bishop est lieutenant-
colonel et 72 victoires sont inscrites dans son dossier.

Photographie en noir et blanc d’un homme assis dans le poste de pilotage ouvert d’un avion et regardant le viseur.

Le capitaine W.A. Bishop, VC, Royal Flying Corps, août 1917. Photographe : William Rider-Rider (MIKAN 3623352)

Billy Bishop est le premier aviateur canadien à recevoir la Croix de Victoria pour son attaque en solitaire contre un aérodrome allemand près de Cambrai, en France, le 2 juin 1917. Voici ce que mentionne sa citation dans The London Gazette :

Le capitaine Bishop, envoyé en mission solo, commença par survoler un aérodrome ennemi; n’y trouvant aucun aéronef, il se dirigea vers un autre aérodrome situé à environ trois miles au sud-est, donc au moins à 12 miles de l’autre côté de la ligne. Il y vit sept aéronefs au sol, dont certains avaient le moteur en marche. Il les attaqua d’une cinquantaine de pieds; un mécanicien, qui faisait démarrer un des moteurs, fut aperçu en train de tomber. Un des aéronefs réussit à s’envoler; toutefois, à une hauteur de 60 pieds, le capitaine Bishop lui tira quinze coups à distance très rapprochée et l’aéronef s’écrasa au sol. Il tira ensuite une trentaine de coups vers un deuxième avion qui venait de décoller et qui se trouvait à quelque 150 pieds de lui et qui vint s’écraser contre un arbre.

Deux autres aéronefs décollèrent alors de l’aérodrome. L’un d’eux s’engagea à une hauteur de mille pieds en déchargeant le reste de ses munitions. Son engin s’écrasa à 300 verges de l’aérodrome, après quoi le capitaine Bishop vida un chargeur complet dans le quatrième aéronef ennemi et retourna à sa base. (The London Gazette, numéro 30228, samedi 11 août 1917) [traduction du Musée canadien de la guerre]

Le maréchal de l’air William Avery Bishop meurt le 11 septembre 1956 à Palm Beach, en Floride. Il est enterré dans le lot de la famille Bishop au cimetière Greenwood d’Owen Sound, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service de William Avery Bishop dans le Corps expéditionnaire canadien.

Ressources connexes


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Robert Grierson Combe, VC

Aujourd’hui, dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous nous souvenons du lieutenant Robert Grierson Combe, du 27e bataillon, Corps expéditionnaire canadien (CEC). Dans cette série, nous présentons le profil de chaque récipiendaire 100 ans après le jour de l’exploit pour lequel ils ont reçu cette prestigieuse médaille militaire.

Né le 5 août 1880 à Aberdeen, en Écosse, Combe s’est enrôlé dans le CEC en tant que lieutenant, un grade qu’il a repris à sa propre demande, bien qu’il se soit qualifié en tant que major.

image en noir et blanc (fondu de photographie et esquisse) d’un soldat aux cheveux coupés ras et portant une moustache.

Le lieutenant Robert Grierson Combe, VC, non daté (MIKAN 3645669)

Les Divisions canadiennes ayant réussi à reprendre la crête de Vimy, les forces britanniques et du Commonwealth continuaient de pousser contre les lignes germaniques pour faire diversion, afin d’éloigner l’armée allemande du secteur de l’Aisne et d’ainsi permettre à l’armée française de passer. Le 3 mai 1917, à Acheville, en France, le lieutenant Combe dirigeait sa compagnie contre un barrage intensif d’artillerie ennemie. Après avoir atteint la position des Allemands avec seulement cinq hommes, Combe a infligé de lourdes pertes à l’ennemi, puis, rassemblant de petits groupes d’hommes, a réussi à capturer son objectif et à faire quatre-vingts prisonniers. Sa citation dans The London Gazette, n30154, du mercredi 27 juin 1917, indique :

….Il est régulièrement reparti à la charge de l’ennemi, en le poussant devant lui. Et c’est alors qu’il dirigeait personnellement ses grenadiers qu’il a été tué par un tireur embusqué. Sa conduite a inspiré tous les grades, et c’est entièrement grâce à son magnifique courage que la position a été prise, conquise et maintenue. [traduction]

Le lieutenant Robert Grierson Combe a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour son leadership et son courage sous les tirs ennemis. Il est enterré près d’Acheville, en France. Les combats incessants dans cette région ont entraîné la destruction du cimetière militaire et la perte de sa tombe. C’est pour cette raison que son nom figure sur le monument commémoratif de Vimy aux côtés de celui des 11 000 autres soldats canadiens qui n’ont pas de tombe connue.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Grierson Combe.

Ressources connexes

Soldat John George Pattison, VC

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPour souligner le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le 10 avril 1917, le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du soldat John George Pattison, le quatrième soldat canadien ayant combattu à la bataille de la crête de Vimy à se voir décorer de la Croix de Victoria, après le capitaine Thain Wendell MacDowell, le soldat William Johnstone Milne et le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton.

Photographie en noir et blanc d’un soldat assis tenant un bâton et regardant directement le photographe.

Le soldat John George Pattison, VC (MIKAN 3219808)

Le soldat Pattison naît le 8 septembre 1875 à Woolwich, en Angleterre. Il immigre au Canada en 1906, à 40 ans, et s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien à Calgary, en Alberta, le 6 mars 1916.

Photographie en noir et blanc montrant deux soldats qui se tiennent l’un à côté de l’autre devant une automobile.

Le soldat John George Pattison, VC et clairon, sans date (MIKAN 3219809)

Il y a 100 ans aujourd’hui, le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le soldat Pattison et le 50e bataillon subissaient les tirs nourris d’une mitrailleuse allemande qui infligeait de multiples pertes. Saisissant sa chance, le soldat Pattison s’avance seul, saute d’un trou d’obus à un autre, pour se rendre jusqu’à 30 verges de la mitrailleuse ennemie. La citation visant à lui décerner la Croix de Victoria relate ce qui suit : « Se trouvant à bonne distance, il a lancé des bombes sur le poste de mitrailleuse et a réussi à tuer des servants et à en blesser d’autres. Puis, il donna l’assaut à la baïonnette aux cinq servants qui restaient. Il n’y a aucun doute que la bravoure et l’esprit d’initiative du soldat Pattison ont permis aux Canadiens de maîtriser la situation et de continuer l’avance ». (London Gazette, no 30215, 2 août 1917)

Le soldat Pattison meurt au combat sept semaines plus tard, le 3 juin 1917, pendant l’attaque d’une centrale électrique détenue par les Allemands, près de Lens, en France. Il est enterré au cimetière militaire de La Chaudière situé tout près. Un pont à Calgary, en Alberta, et un sommet de montagne dans le parc national Jasper portent son nom pour honorer sa mémoire.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du soldat John George Pattison.

Ressources connexes

Lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, VC

Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, Canadien d’origine irlandaise établi à Medicine Hat, en Alberta, récipiendaire de la Croix de Victoria.

Portrait en noir et blanc d’un officier portant un ceinturon Sam Browne et regardant directement le viseur.

Capitaine Frederick M. Harvey, VC, sans date (MIKAN 3216613)

Le lieutenant Harvey, né à Athboy, dans le comté de Meath, en Irlande, est l’un des trois membres internationaux de la fédération irlandaise de rugby à avoir reçu la Croix de Victoria, et le seul à l’avoir obtenue pendant la Première Guerre mondiale. En 1908, il s’installe à Medicine Hat, en Alberta, puis s’enrôle le 18 mai 1916 dans le 13e régiment du bataillon canadien de fusiliers à cheval (Canadian Mounted Rifles). Après son arrivée en France, il passe au régiment Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians).

Le 27 mars 1917, les troupes du lieutenant Harvey avancent vers le village de Guyencourt, en France, alors que les tirs de mitrailleuses allemandes leur infligent de lourdes pertes. La citation visant à décerner la Croix de Victoria au lieutenant Harvey relate ce qui suit :

À ce moment critique, alors que l’ennemi ne semble pas avoir l’intention de retraiter et que les tirs demeurent intenses, le [lieutenant] Harvey, qui commande la troupe de tête, devance ses hommes et court vers la tranchée, toujours occupée par l’ennemi, saute par-dessus les barbelés, tue le mitrailleur et s’empare de son arme. Ce geste des plus courageux a sans aucun doute été déterminant pour le succès de l’opération. (London Gazette, no 30122, 8 juin 1917)

Reproduction en noir et blanc d’une entrée dans un journal de guerre indiquant le lieu, la date, l’heure, un résumé des événements et d’autres informations.

Extrait des journaux de guerre du Lord Strathcona’s Horse, 27 mars 1917 (MIKAN 2004721)

Le lieutenant Harvey est tout d’abord décoré de l’Ordre du service distingué, et se voit par la suite décerner la Croix de Victoria. Il reçoit la Croix militaire pour son rôle dans la charge du Lord Strathcona’s Horse près du bois de Moreuil, le 30 mars 1918, et le gouvernement français lui décerne la Croix de guerre.

Le lieutenant Harvey reste dans le Lord Strathcona’s Horse et est promu capitaine en 1923. Il enseigne le conditionnement physique au Collège militaire royal du Canada de 1923 à 1927, devient lieutenant-colonel en 1938, puis brigadier-général en 1939. Harvey sert comme colonel honoraire dans le Lord Strathcona’s Horse de 1958 à 1966. Il s’éteint en août 1980, à l’âge de 91 ans.

Photographie en noir et blanc d’un homme épinglant une décoration sur la poche de la veste d’un autre homme. Un autre homme lit la citation, alors qu’un quatrième tient une mallette. À l’arrière-plan, des soldats se tiennent au repos.

Sa Majesté le roi décorant de la Croix de Victoria le lieutenant Harvey du Lord Strathcona’s Horse (MIKAN 3362384)

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey.

Ressources connexes

Sergent Leo Clarke, VC

Par Emily Monks-Leeson

Nous poursuivons notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria avec l’histoire du sergent Leo Clarke, le septième récipiendaire canadien de la Croix de Victoria lors la Première Guerre mondiale.

Une coupure de journal en noir et blanc représentant une photographie d’un jeune homme en uniforme.

Le sergent Leo Clarke, VC, décédé des suites de ses blessures, vers 1915-1916 (MIKAN 3214037)

Leo Clarke est né à Waterdown, en Ontario, le 1er décembre 1892; il était arpenteur pour la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. Il s’enrôla en février 1915 dans le 27e bataillon et fut transféré au 2e bataillon (Eastern Ontario Regiment) après son arrivée en Angleterre.

Le 9 septembre 1916, Leo Clarke participa, avec le 2e bataillon, à une attaque des Alliés contre un réseau de tranchées allemandes qui s’étendait de Martinpuich à Courcelette dans le nord de la France. Le bataillon de Clarke devait capturer une zone de 50 verges entre la ferme Mouquet, une position tenue par les Canadiens, et Courcelette. Caporal intérimaire au moment de l’attaque, il mena un détachement de soldats ayant pour mission de nettoyer le flanc gauche d’une tranchée allemande et de construire un « bloc » pour renforcer la position canadienne. La tranchée était solidement défendue et, après un combat acharné au corps à corps, Clarke fut le seul de son groupe à ne pas avoir été tué ou blessé. Il se retrouva seul pour repousser une contre-attaque ennemie lancée par vingt soldats et officiers allemands.

Une page manuscrite en noir et blanc décrivant les actions quotidiennes du bataillon.

Extrait du journal de guerre du 2e bataillon d’infanterie canadien du 1er au 9 septembre 1916 décrivant les jours précédant et pendant l’offensive (MIKAN 1883206)

La citation de Clarke dans la London Gazette se lit comme suit :

Après que la plupart des membres de son détachement aient été blessés ou tués, il entreprit la construction d’un « bloc »; c’est alors qu’une vingtaine de soldats ennemis menés par deux officiers contre-attaquèrent. Il s’avança courageusement dans leur direction, vida sur eux son revolver, puis deux fusils ramassés dans la tranchée.

Un des officiers le chargea à la baïonnette, le blessant à une jambe, mais il riposta et le tua d’un coup de feu. Le reste de la troupe s’enfuit, poursuivie par le caporal intérimaire Clarke, qui tua quatre autres ennemis et en fit un prisonnier. Plus tard, on lui ordonna de se rendre au poste de secours, mais il retourna en service dès le lendemain. (London Gazette, no 29802, 26 octobre 1916)

Leo Clarke mourut au combat un mois plus tard, le 19 octobre 1916. Sa Croix de Victoria, décernée à titre posthume au printemps 1917, a été présentée à son père par le duc de Devonshire, gouverneur général du Canada, devant une foule de 30 000 personnes rassemblées au coin de Portage et Main à Winnipeg.

Une photographie en noir et blanc d’un groupe de soldats en uniforme dans un champ.

Peloton de grenadiers (2e bataillon, Corps expéditionnaire canadien) sur les lignes écossaises près de Poperinghe, pas très loin d’Ypres. Cette photo a été prise par Henry Edward Knobel, un photographe de guerre officiel, pendant que le 2e bataillon se reposait après s’être battu au Bois du Sanctuaire, à Maple Copse (batailles de la Somme). Leo Clarke, VC, est assis au premier rang à l’extrême droite. 16 juin 1916 (MIKAN 34005888)

Le sergent Leo Clarke vivait sur la rue Pine à Winnipeg, Manitoba, comme deux autres récipiendaires de la Croix de Victoria : Frederick William Hall et Robert Shankland. En 1925, la rue Pine a été renommée Valour Road (chemin de la Bravoure) en l’honneur de ces trois hommes.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service du sergent Leo Clarke.


Emily Monks-Leeson est archiviste dans la section des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson, VC

Aujourd’hui, notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria se souvient du lieutenant Thomas Lawder Wilkinson du 7e Bataillon du Loyal North Lancashire Regiment, Corps expéditionnaire britannique, à qui l’on a décerné la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’il a accomplis dans les champs de bataille de la Somme il y a cent ans aujourd’hui, le 5 juillet 1916.

Le lieutenant Wilkinson est né dans le comté de Shropshire, en Angleterre, et il immigre au Canada avec sa famille avant la Première Guerre mondiale. Le 23 septembre 1914, il s’enrôle dans le 16e Bataillon, The Canadian Scottish, Corps expéditionnaire canadien (CEC), il sera ensuite muté au sein du Loyal North Lancashire Regiment en tant qu’officier d’artillerie. C’est avec cette unité que M. Wilkinson participera à la bataille de la Somme.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme portant une casquette et un uniforme, le regard projeté derrière le photographe.

Lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson, VC, sans date (AMICUS 2715209)

Quatre jours après la journée de combat la plus dévastatrice dans toute l’histoire de l’armée britannique, M. Wilkinson et deux autres hommes se fraient un chemin jusqu’à une mitrailleuse avancée, que vient d’abandonner un groupe de soldats britanniques en battant en retraite. De leur propre initiative, ils réussissent à retenir des soldats allemands en attendant l’arrivée d’une autre unité en renfort. Plus tard dans la même journée, le lieutenant Wilkinson se portera à la défense de plusieurs hommes de différentes unités coincés par un amoncellement de terre que les troupes allemandes bombardent. La citation publiée dans la London Gazette décrit les événements comme suit :

[Wilkinson] installa promptement une mitrailleuse sur le parapet et dispersa les ennemis qui lançaient des grenades. Plus tard encore, il tenta à deux reprises de ramener un homme blessé. À la seconde tentative, il reçut une balle au cœur juste avant d’atteindre le soldat. Pendant toute cette journée, il fit preuve d’un courage et d’un dévouement exemplaires (traduction d’un extrait de la London Gazette, le 26 septembre 1916 [en anglais seulement]).

Photographie en noir et blanc de quatre soldats transportant une civière sur laquelle repose un corps recouvert d’une bâche, dans un paysage de désolation.

Transport d’un corps dans un champ de bataille de la Somme, juillet 1916, Bureau canadien des archives de guerre (MIKAN 3520928)

Le corps du lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson n’a jamais été récupéré. Son nom figure sur le Mémorial de Thiepval, en France, un monument britannique érigé à la mémoire des disparus.

Bibliothèque et Archives Canada garde le dossier des états de service du lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson alors qu’il est rattaché au CEC.

Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : Lieutenant Frederick William Campbell, VC

On a décerné à Frederick William Campbell, lieutenant au sein du 1er bataillon (Ouest de l’Ontario) du Corps expéditionnaire canadien (CEC), la Croix de Victoria (VC) pour ses actions posées le 15 juin 1915, il y a 100 ans aujourd’hui. C’était aussi le jour du 48e anniversaire du lieutenant Campbell.

Photographie en noir et blanc d’un homme en uniforme faisant face directement à l’appareil photo

Portrait du lieutenant Frederick William Campbell, VC, sans date. Notons la superposition d’une autre photographie dans le coin inférieur droit (MIKAN 3213625)

Stationné en première ligne près de Givenchy, en France, le lieutenant Campbell dirige un assaut sur une tranchée allemande solidement fortifiée. Sous un feu nourri, il maintient sa position au cœur de l’assaut malgré le fait que presque tous ses hommes tombent au combat. De façon à couvrir la retraite des hommes encore capables de s’échapper, le lieutenant Campbell et un autre soldat gagnent une position exposée avec deux mitrailleuses Colt et réussissent à contenir une contre-attaque allemande.

Reproduction en noir et blanc d’une page manuscrite décrivant les événements du 15 juin 1915

Page des journaux de guerre du 1er bataillon d’infanterie du Canada en date du 15 juin 1915 (MIKAN 1883204)

La citation publiée dans le London Gazette décrit les actions du lieutenant Campbell :

« … arrive à la première ligne allemande avec une mitrailleuse et y maintient sa position sous le feu nourri de fusils, de mitrailleuses et de projectiles, même si la presque totalité des hommes de son détachement sont morts ou blessés.

Lorsque notre approvisionnement en bombes est épuisé, cet officier continue d’avancer jusqu’à une position exposée et, tirant un millier de coups environ, il réussit à contenir la contre-attaque ennemie » (London Gazette, no 29272, le 23 août 1915, en anglais seulement) [traduction].

Alors qu’il bat en retraite, un projectile atteint le lieutenant Campbell au fémur droit, qui s’égrène sur le coup. Le lieutenant mourra à l’hôpital quatre jours plus tard par suite d’une infection de sa blessure.

Frederick William Campbell est né à Mount Forest (Ontario) le 15 juin 1869. Il s’est engagé dans la Milice du Canada ainsi que dans une section de mitrailleuses du 2e bataillon, The Royal Canadian Regiment, durant la guerre d’Afrique du Sud. Sa dépouille repose dans le cimetière de l’Est de Boulogne, à Boulogne, en France.

Bibliothèque et Archives Canada a sous sa responsabilité le dossier des états de service du lieutenant Frederick William Campbell à l’époque où il était membre du CEC.

Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : capitaine Francis Alexander Caron Scrimger, VC

Aujourd’hui, notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale  hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rappelle à notre mémoire le quatrième médaillé de la Croix de Victoria du Canada de la Première Guerre mondiale, le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger, VC.

Il y a cent ans, le 25 avril 1915, le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger était le médecin qui supervisait les traitements pour la 2e Ambulance de campagne dans une maison de ferme près de Wiltje, en Belgique, sur la route St. Julien-Ypres. Cela faisait trois jours que les Allemands avaient percé une brèche importante dans le front allié. L’artillerie allemande bombardait avec intensité le secteur et on pouvait voir l’infanterie ennemie du poste de secours. Le capitaine Scrimger, qui a mérité une Croix de Victoria pour les actions qu’il a posées ce jour-là, est resté, malgré le feu nourri, pour diriger l’évacuation des blessés du poste de secours. Dernier à partir, il a transporté un homme gravement blessé, le capitaine Macdonald, de la maison de ferme jusqu’à la route, où les bombardements l’ont obligé à s’arrêter et à protéger avec son propre corps le capitaine Macdonald en attendant une accalmie.

Photographie en noir et blanc montrant un jeune homme, en uniforme militaire, avec une moustache et des lunettes, regardant directement le photographe.

Capt F.A.C. Scrimger, VC (SSAC) (MIKAN 3220991)

La citation du capitaine Scrimger parue dans le London Gazette relate le reste de l’histoire :

Lorsque [le capitaine Scrimger] ne peut aller plus loin avec [le capitaine Macdonald], il reste avec lui, sous la pluie de tirs, jusqu’à l’arrivée des renforts. Au cours des combats très violents qui se sont déroulés entre le 22 et le 25 avril, le capitaine Scrimger a fait preuve jour et nuit d’un grand sens du devoir auprès des blessés, au front. (London Gazette, no 29202, le 23 juin 1915) [traduction].

Le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger est né à Montréal (Québec), le 10 février 1881 et a obtenu son doctorat en médecine de l’Université McGill en 1905. Durant la Première Guerre mondiale, il a servi comme médecin-capitaine au sein du Corps de santé royal canadien (CSRC), 14e Bataillon, Royal Montreal Regiment. Le capitaine Scrimger a survécu à la guerre et, plus tard, a œuvré comme aide-chirurgien, puis comme chirurgien en chef à l’hôpital Royal Victoria de Montréal. Il meurt à Montréal le 13 février 1937.

Photographie en noir et blanc montrant quatre hommes debout devant la porte d’un édifice. À l’arrière-plan, on voit une infirmière et un homme regardant la scène.

Un groupe de délégués participant au Clinical Congress of Surgeons of America (dont le colonel Scrimger, VC, deuxième à partir de la gauche, en avant-plan), 1920 (MIKAN 3260187)

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier de service du Corps expéditionnaire canadien pour le capitaine Francis Alexander Caron Scrimger.

Autres ressources

 

Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : lieutenant Edward Donald Bellew et sergent-major de compagnie Frederick William Hall

Le second épisode dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale : la série Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rappelle les actions du lieutenant Edward Donald Bellew et du sergent-major de compagnie Frederick William Hall.

Lieutenant Edward Donald Bellew, VC

Le 24 avril 1915, le lieutenant Edward Donald Bellew, un officier âgé de 32 ans faisant partie du 7e (1st British Columbia) Bataillon, combattait près de Keerselaere, en Belgique, sur le saillant d’Ypres pour repousser les assauts des Allemands contre le front allié après que l’armée allemande ait utilisé le gaz toxique pour la première fois avec succès.

Alors que ses frères d’armes tombaient tout autour, soit tués soit blessés, et sans l’espoir d’une relève, le lieutenant Bellew opérait une des deux mitraillettes du bataillon. Lui et le sergent Hugh Pearless sont restés aux commandes de leur mitraillette, positionnés en hauteur et surplombant les troupes allemandes qui avançaient, même s’ils étaient presque complètement encerclés par l’ennemi.

La citation visant à décerner la croix de Victoria au lieutenant Bellew parue dans le London Gazette décrit que même si le sergent Pearless était tombé au combat et que le lieutenant Bellew était blessé, ce dernier « a soutenu le tir jusqu’à épuisement des munitions et que l’ennemi se rue sur sa position. Le lieutenant Bellew s’est alors emparé d’un fusil, a détruit la mitraillette et s’est battu jusqu’à la fin, avant d’être fait prisonnier » [traduction] (London Gazette, no 31340, le 15 mai 1919) (en anglais seulement). Pour ses actions, on a décerné au sergent Pearless la Médaille de conduite distinguée à titre posthume.

Reproduction en noir et blanc d’un compte rendu dactylographié du 7e Bataillon d’infanterie du Canada durant la période à laquelle le lieutenant Bellew a posé les actions qui lui ont mérité la croix de Victoria.

Extrait du journal de guerre – 7e Bataillon d’infanterie du Canada (MIKAN 1883213)

Le lieutenant Bellew sera prisonnier de guerre en Allemagne jusqu’en décembre 1917, lorsque, à cause des effets permanents du gaz à Ypres, il sera transféré en Suisse. Peu de temps après la fin de la guerre, en décembre 1918, il sera rapatrié en Angleterre, où il restera deux mois dans un hôpital avant de revenir au Canada. Il retourne en Colombie‑Britannique et œuvre comme ingénieur civil. Il meurt à Kamloops le 1er février 1961.

Sergent-major de compagnie Frederick William Hall, VC

Dans la nuit du 23 avril, au cœur des combats féroces qui se déroulent sur le saillant d’Ypres, le sergent-major de compagnie Hall du 8e Bataillon, Corps expéditionnaire canadien, comprend que plusieurs hommes de sa compagnie manquent à l’appel. Deux fois cette nuit-là, alerté par les plaintes des blessés, il s’avance dans le « no man’s land » afin de récupérer les blessés. Tôt le matin du 24, lorsqu’un soldat blessé appelle à l’aide à 15 verges de sa tranchée, le lieutenant Hall et deux autres personnes, le caporal suppléant John Arthur Kenneth Payne et le soldat John Rogerson, rampent jusqu’à sa hauteur. Lorsque les militaires Payne et Rogerson sont tous deux blessés, le sergent-major de compagnie Hall persévère afin de sauver les blessés.

Photographie en noir et blanc d’un jeune soldat, en uniforme militaire, arborant une moustache et assis sur une chaise.

Sergent-major Frederick W. Hall, VC (MIKAN 3216472)

La citation du sergent-major de compagnie Hall parue dans le London Gazette (en anglais seulement) relate qu’après l’échec de sa première tentative, « le sergent-major de compagnie Hall s’est repris une seconde fois faisant preuve d’une grande bravoure et, alors qu’il soulevait l’homme blessé pour le ramener, Hall s’est effondré, frappé mortellement à la tête » [traduction]. Le soldat que Hall tentait de sauver a aussi été tué.

Dessin d’une carte des tranchées où le 8e Bataillon d’infanterie du Canada s’était engagé lors de la première bataille d’Ypres.

Carte tirée du journal de guerre du 8e Bataillon d’infanterie du Canada. (MIKAN 1883215)

Frederick William Hall et les deux autres médaillés de la croix de Victoria, Leo Clarke et Robert Shankland, vivaient sur la rue Pine à Winnipeg (Manitoba) avant la guerre. En 1925, la rue Pine est renommée « Valour Road » pour honorer les trois hommes.

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le lieutenant Edward Donald Bellew et le sergent-major de compagnie Frederick William Hall.

 

Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria : caporal suppléant Frederick Fisher, VC

Le premier profil de la série Centenaire de la Première guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria rend hommage au caporal suppléant Frederick Fisher, de St. Catharines (Ontario).

Coupure de journal d’une photographie à l’aspect granuleux du caporal suppléant Fisher accompagnée de la légende suivante : « Le caporal suppléant F. Fisher (13e Bataillon du Canada) qui a reçu la VC. Sa bravoure lui a coûté la vie. Deux de ses frères sont dans l’Armée » [TRADUCTION LIBRE].

Caporal suppléant F. Fisher, V.C. (MIKAN 3215642)

À l’âge de 20 ans, le caporal suppléant Fisher était affecté à la section de mitrailleuses du 13e Bataillon, Royal Highlanders of Canada, lorsque la seconde bataille d’Ypres a débuté le 22 avril 1915.

Affiche en couleur de l’Union Jack (drapeau de l’Union royale) présenté de côté et accompagné d’un avis de recrutement pour les 13e, 42e  et 73e bataillons, connus comme le Royal Highlanders of Canada et alliés avec la Black Watch.

Affiche servant à recruter des membres du Royal Highlanders (MIKAN 3635556)

Ce jour-là, l’armée allemande avait répandu du chlore gazeux sur un front de plus de 6,5 kilomètres, surtout dans une portion tenue par des troupes françaises coloniales et territoriales. Lors de cette attaque, les Français, qui étaient sur le flanc gauche des Canadiens, ont essuyé 6 000 pertes en 10 minutes et bon nombre des militaires qui n’avaient pas été importunés sur le fait se sont enfuis. Les troupes canadiennes de la 1re Division se sont déplacées pour refermer l’immense brèche qui s’était ainsi formée sur le front.

Reproduction d’une page dactylographiée décrivant les activités des troupes durant la période du 22 avril au 30 avril 1915.

Extrait des journaux de guerre du 13e Bataillon d’infanterie du Canada entre le 22 avril et le 30 avril 1915 (MIKAN 1883219)

Le jour suivant, alors que les mesures de défense autour de lui avaient été anéanties, le caporal suppléant Fisher et six autres hommes ont foncé avec une mitrailleuse et ont empêché l’infanterie allemande d’avancer en les maintenant sous un feu nourri. Ce faisant, on a pu retirer les canons de campagne canadiens de 18 livres. Quatre des défenseurs sont morts durant cette opération. Plus tard le même jour, le caporal suppléant Fisher et quatre hommes du 14e Bataillon sont encore sortis pour faire feu sur les troupes allemandes qui avançaient. Le médaillé sera le seul homme à survivre à l’engagement. Il mourra plus tard le même jour, alors qu’il tentait une fois de plus de repousser l’attaque allemande.

La citation dans le London Gazette, parue le 23 juin 1915, relate que le caporal suppléant Fisher « a avec beaucoup de chevalerie aidé à couvrir la retraite d’une batterie » [TRADUCTION LIBRE] (London Gazette, no 29202) [en anglais seulement]. Tout comme de nombreux soldats canadiens qui sont morts dans les premiers jours de la seconde bataille d’Ypres, le corps du caporal suppléant n’a jamais été récupéré. Son nom figure sur le mémorial de la Porte de Ménin rendant hommage aux disparus à Ypres, aux côtés du nom de plus de 54 000 autres soldats de la Bretagne, de l’Australie, du Canada et de l’Inde qui n’ont pas de sépulture connue. Sa croix de Victoria est conservée au Canadian Black Watch Museum (en anglais seulement), à Montréal.

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le caporal suppléant Frederick Fisher.