Le soldat Thomas Ricketts, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats canadiens posés il y a exactement cent ans sur le champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le soldat Thomas Ricketts, de Terre-Neuve, pour la bravoure et l’altruisme dont il a fait preuve à Ledeghem, en Belgique.

Copie noir et blanc d’une coupure de journal, au haut de laquelle est inscrit le mot « Proclamation! » en grosses majuscules.

À la recherche de recrues pour le Régiment de Terre-Neuve, The Daily News, 22 août 1914. (Source : The Rooms [en anglais])

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, en 1914, Terre-Neuve est un dominion de l’Empire britannique. Afin d’appuyer l’armée britannique et de soutenir l’effort de guerre, elle recrute une armée de volontaires, rassemblant suffisamment d’hommes pour former un bataillon : le Régiment de Terre-Neuve. (Deux autres bataillons seront plus tard mis sur pied : le 2e Bataillon de réserve, principalement posté à Ayr, en Écosse, et le 3e Bataillon, responsable du recrutement et de l’entraînement à St. John’s.) En 1917, le roi George V décernera le préfixe « Royal » au Régiment de Terre-Neuve pour souligner les actes de courage et d’héroïsme posés par ses soldats lors des batailles d’Ypres et de Cambrai, en France.

Photo sépia d’un soldat en uniforme, la Croix de Victoria et la Croix de Guerre épinglées sur sa poitrine.

: Le soldat Thomas Ricketts, récipiendaire de la Croix de Victoria, sans date. (Source : L’Encyclopédie canadienne)

Thomas Ricketts, fils de John Ricketts et d’Amelia Cassels, voit le jour le 15 avril 1901 à Middle Arm, White Bay, à Terre-Neuve. Il s’enrôle dans le 1er Bataillon du Régiment de Terre-Neuve le 2 septembre 1916, alors qu’il n’a que 15 ans. Afin d’être accepté, il inscrit « 18 ans » sur son formulaire d’engagement. Son mensonge passe inaperçu, et il joint les rangs du Corps expéditionnaire britannique. Envoyé en Angleterre, il reçoit une balle à la jambe en novembre 1917. Le temps de se remettre de sa blessure, il retrouve son régiment au printemps de l’année suivante.

Au matin du 14 octobre 1918, le 1er Bataillon est en Belgique, où il participe à l’avancée menée depuis Ledeghem (à l’est d’Ypres). Noyés sous la brume et la fumée, les soldats livrent bataille, tentant de repousser les Allemands et de s’emparer de leurs casemates et leurs armes. Lorsque la brume matinale se dissipe, ils découvrent devant eux un ruisseau, le Wulfdambeek, qu’ils doivent traverser en s’exposant aux tirs ennemis. Le régiment subit alors de lourdes pertes, avant de se retrouver cloué sur place par les bombardements ennemis. Incapable de riposter avec sa propre artillerie, il n’a d’autre choix que de neutraliser l’ennemi et de s’emparer de ses armes et de sa batterie.

Ricketts, armé d’une mitrailleuse Lewis, se porte volontaire pour s’élancer vers les Allemands en compagnie de son commandant de section. Leur objectif : contourner la batterie pour la déjouer et s’en emparer. Ils progressent lentement sous les tirs nourris des mitrailleuses, et se retrouvent rapidement à court de munitions. Ils sont alors à 300 mètres de la batterie. Les Allemands s’aperçoivent de leur vulnérabilité et déplacent leurs canonniers pour les neutraliser. Mais Ricketts détecte la manœuvre : il bat en retraite et, sous des tirs intenses, parcourt 100 mètres pour aller chercher d’autres munitions. À son retour, il manie habilement sa mitrailleuse et repousse l’ennemi jusqu’à une ferme voisine. Cette menace écartée, son peloton peut avancer sans subir de pertes : il capture quatre canons de campagne et quatre mitrailleuses, en plus de faire huit prisonniers. Une cinquième mitrailleuse sera interceptée et saisie plus tard.

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme, de profil.

: Le soldat Thomas Ricketts, sans date (Source : Défense nationale)

Comme le relate la London Gazette :

« Par sa présence d’esprit au moment d’anticiper les intentions de l’ennemi, et parce qu’il a fait fi de sa propre sécurité, le soldat Ricketts a pu se procurer les munitions qui ont directement contribué à ces importantes prises et, sans aucun doute, sauvé de nombreuses vies. »

(London Gazette, n° 31108, p. 309, 6 janvier 1919, en anglais. Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Ricketts survit à la guerre et est démobilisé le 17 juin 1919. Le roi George V lui avait décerné la Croix de Victoria le 19 janvier de la même année, à Sandringham, en Angleterre. Ricketts n’avait alors que 17 ans, ce qui fait de lui le plus jeune combattant à obtenir cette distinction. Il rentre à Terre-Neuve en véritable héros. Chez lui, il reprend ses études et devient pharmacien. En plus de sa Croix de Victoria, Ricketts reçoit la Croix de Guerre française ornée d’une étoile d’or pour sa bravoure.

Il s’éteint à St. John’s, à Terre-Neuve, le 21 mars 1967.

La Croix de Victoria et la Croix de Guerre de Ricketts sont exposées au Musée canadien de la guerre à Ottawa, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du soldat Thomas Ricketts.

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Ashley Dunk était adjointe de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public.

 

Le lieutenant Wallace Lloyd Algie, VC

Par Emily Monks-Leeson

En ce jour, en 1918, le lieutenant Wallace Lloyd Algie tombe au combat au nord-est de Cambrai, en France. Les gestes qu’il a posés ce jour-là lui vaudront une Croix de Victoria posthume.

Fils de James et Rachel Algie de Toronto, Wallace Lloyd Algie naît le 10 juin 1891 à Alton, en Ontario. Il obtient son diplôme du Collège militaire royal du Canada et s’enrôle dans la milice active auprès des Queen’s Own Rifles of Canada puis du 40e Régiment, où il sert comme lieutenant.

Photo noir et blanc d’un officier portant une casquette

Le lieutenant Wallace Lloyd Algie, sans date. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine (Défense nationale et Forces canadiennes)

Algie est commis de banque à Toronto lorsqu’il s’enrôle comme officier du Corps expéditionnaire canadien le 19 avril 1916. Il s’embarque à bord du navire à vapeur Laconia le 25 septembre 1916 pour aller rejoindre le 95e Bataillon dès son arrivée à Seaford, en Angleterre. Le 26 mai 1917, il est envoyé sur le théâtre européen avec le 20e Bataillon d’infanterie du Canada. Il suit plusieurs formations pour officiers, dont une sur le fusil-mitrailleur Lewis.

Le 11 octobre 1918, le lieutenant de 27 ans dirige ses troupes du 20e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien près du village de Cambrai, en France, lorsqu’elles se retrouvent sous d’intenses tirs de mitrailleuse provenant d’un village voisin. Sa citation dans la London Gazette du 28 janvier 1919 (traduite ci-dessous) évoque les faits ayant mené à son décès et à l’attribution de la Croix de Victoria :

« Pour un acte de bravoure et d’abnégation de soi très remarquable, le 11 octobre 1918, au nord-est de Cambrai, alors que les troupes offensives essuyaient d’intenses tirs de mitrailleuse en enfilade en provenance d’un village voisin. Après s’être élancé avec neuf volontaires, il met hors de combat le détachement d’une mitrailleuse ennemie puis, retournant celle-ci contre l’ennemi, il permet à sa troupe d’atteindre le village. Il se rue ensuite sur une autre mitrailleuse, capture un officier et 10 soldats ennemis, dégageant ainsi l’extrémité du village. Une fois son groupe bien établi, le Lt Algie part à la recherche de renforts, mais il se fait tuer au retour. Le courage et l’esprit d’initiative dont il a fait preuve devant des tirs nourris ont permis de sauver de nombreuses vies et de tenir la position. »

Le lieutenant Wallace Lloyd Algie est enterré au cimetière de Niagara à Iwuy, en France (en anglais seulement).

Page dactylographiée décrivant ce qui s’est passé du 10 au 11 octobre 1918.

Le journal de guerre du 20e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant les actes de bravoure du lieutenant Algie (e000960948)

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du Corps expéditionnaire canadien du lieutenant Wallace Lloyd Algie.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour la Direction générale des opérations numériques et de la préservation à Bibliothèque et Archives Canada.

Le capitaine Coulson Norman Mitchell, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes de bravoure posés il y a cent ans sur le champ de bataille par des récipiendaires de cette distinction. Aujourd’hui, nous rendons hommage au capitaine Coulson Norman Mitchell pour le courage dont il a fait preuve au canal de l’Escaut, en France, dans la nuit du 8 au 9 octobre 1918.

Photo noir et blanc d’un officier en uniforme.

Le capitaine Coulson Norman Mitchell, récipiendaire de la Croix de Victoria, vers 1918. (c001595)

le 11 décembre 1889 à Winnipeg, au Manitoba, Mitchell fait d’abord carrière comme ingénieur civil, avant de s’enrôler en tant que soldat dans le Canadian Railway Construction Corps (les troupes ferroviaires canadiennes) le 21 janvier 1915. L’année suivante, il devient lieutenant et se joint à la 1re Compagnie de sapeurs-mineurs du Corps de génie canadien. En 1917, sa bravoure devant l’ennemi lui vaut la Croix militaire (en anglais) ainsi qu’une promotion au grade de capitaine. Puis, en 1918, Mitchell est affecté au 4e Bataillon du Corps de génie canadien. C’est durant cette affectation qu’il accomplit un acte héroïque au canal de l’Escaut, au nord-est de Cambrai, en France, aidant ainsi les Alliés à y triompher.

Photo noir et blanc d’un canal à sec. On voit un pont tordu à l’arrière-plan. Au second plan, un cheval tire une charrette chargée de fournitures sur un autre pont. Un peu partout, des soldats se déplacent, certains transportant du matériel.

Des Canadiens construisent un pont pour transporter des effectifs et du matériel sur le canal du Nord, France, septembre 1918. (a003285)

Après la bataille du Canal-du-Nord, le 1er octobre 1918, les soldats alliés sont résolus à libérer Cambrai. Les attaques précédentes avaient dégagé des routes jusqu’à la ville; il faut maintenant que la 3e Division d’infanterie canadienne s’y rende. Les Allemands, postés au nord-est, résistent farouchement; les Canadiens espèrent néanmoins prendre Cambrai pour faire avancer le front. Durant les jours qui suivent, ils livrent bataille et réussissent à libérer certains villages français de la présence allemande.

Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1918, Mitchell est en mission de reconnaissance près de Cambrai, dirigeant un détachement de sapeurs (des soldats chargés de la construction et de la réparation de routes et de ponts ainsi que du déminage). Leur objectif : aller inspecter, au-delà des lignes de front, les ponts que la 5e Brigade d’infanterie canadienne prévoit emprunter durant son attaque, et s’assurer qu’ils sont intacts. Or, Mitchell et ses hommes constatent qu’un premier pont a déjà été saccagé. Ils se rendent ensuite au suivant, qui traverse le canal de l’Escaut.

Photo noir et blanc d’un village où des bâtiments ont été endommagés. Au centre, on voit un imposant amas de pierres et de débris. Un soldat est agenouillé au sol, tout près. À gauche, un autre soldat se tient debout et l’observe.

Le corps de génie canadien à la recherche de mines à Cambrai, France, octobre 1918. (a003271)

Sous des tirs nourris, Mitchell s’élance sur le pont. L’obscurité l’empêche de savoir où se trouvent les soldats ennemis et combien ils sont. Mitchell découvre alors que les Allemands ont tout mis en place pour faire exploser le pont. Aidé d’un sous-officier, il coupe les fils du détonateur et retire la charge.

Mais les Allemands, réalisant la manœuvre, s’avancent pour actionner les détonateurs. Mitchell, tout en courant au secours de sa sentinelle blessée, tue néanmoins trois soldats allemands et en capture douze. Le pont est finalement sauvé, un exploit qui contribuera grandement au succès ultérieur de l’offensive de la 5e Brigade d’infanterie.

Les exploits de Mitchell sont relatés dans cet extrait de la London Gazette :

« Malgré les tirs fusant de toutes parts, il continua à couper les fils et à retirer les explosifs, sachant que l’ennemi pouvait les faire détoner à tout moment. Si ce pont crucial sur le canal n’a pas été détruit, c’est entièrement grâce à sa bravoure et à ses actions décisives. » [Traduction]

London Gazette, no 31155, 31 janvier 1919, pp. 1503-1504 (en anglais)

Photo noir et blanc d’un officier en uniforme.

Le capitaine Coulson Norman Mitchell, récipiendaire de la Croix de Victoria, vers 1918. (c001594)

Mitchell sert dans le Corps du génie canadien jusqu’au 28 avril 1919, jour de la démobilisation générale. Il rentre alors au Canada, où il reprend sa carrière d’ingénieur civil. Lorsque survient la Deuxième Guerre mondiale, il commande des unités de génie en Grande-Bretagne. Il revient au Canada en 1943 en tant que lieutenant-colonel responsable d’un centre de formation d’ingénieurs. À la fin des hostilités, il travaille à nouveau au civil.

Plusieurs endroits commémorent le service de Mitchell durant les deux guerres mondiales. Au Manitoba, un lac a été nommé en son honneur. À Montréal, une rue et une succursale de la Légion royale canadienne portent son nom, tout comme l’édifice principal de l’École du génie militaire des Forces canadiennes sur la base de l’Armée canadienne à Gagetown, au Nouveau-Brunswick.

Mitchell est décédé chez lui, à Montréal, le 17 novembre 1978.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du capitaine Coulson Norman Mitchell.

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Vous avez accès aux journaux de guerre du Corps de génie canadien pour transcrire, traduire ou décrire leur contenu, ou encore y ajouter des étiquettes. Chacun de vos ajouts deviendra une nouvelle métadonnée, qui sera intégrée au moteur de recherche dans les 24 heures et facilitera le repérage des dossiers de Bibliothèque et Archives Canada. Lisez notre billet de blogue pour savoir comment vous pouvez participer à l’avancement de l’histoire!


Ashley Dunk est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Le sergent William Merrifield, VC

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le sergent William Merrifield pour la bravoure dont il a fait preuve près d’Abancourt, en France, le 1er octobre 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme.

Le sergent William Merrifield, VC, sans date. Source : Défense nationale et les Forces canadiennes.

Né à Brentwood, Essex, en Angleterre, le 9 octobre 1890, Merrifield est pompier avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il s’enrôle le 23 septembre 1914 à Valcartier, au Québec, dans le 2e Bataillon canadien de fusiliers à cheval du Corps expéditionnaire canadien. En 1917, il est muté au 4e Bataillon d’infanterie du Canada. Merrifield reçoit la Médaille militaire pour ses actes d’héroïsme posés en novembre 1917 durant la bataille de Passchendaele.

À la fin de septembre 1918, la bataille du canal du Nord, en France, est presque terminée. Les Canadiens basés autour du champ de bataille participent à des patrouilles régulières et à des missions de reconnaissance. L’artillerie des Alliés, notamment les canons de 6 pouces et de 60 livres, tire continuellement. Les obus parviennent toutefois rarement à atteindre leurs cibles parmi les tranchées allemandes. À un moment, les Alliés détruisent même accidentellement l’une de leurs propres mitrailleuses Lewis, tuant quelques-uns de leurs soldats. Les Allemands défendent leurs tranchées avec obstination, ce qui complique considérablement l’objectif des Canadiens visant à franchir les lignes ennemies.

Le 1er octobre 1918, près d’Abancourt, Merrifield et ses hommes essuient les tirs de deux positions ennemies de mitrailleuses. Incapable d’avancer davantage, Merrifield décide d’attaquer seul les deux positions allemandes pour les éliminer. Se précipitant d’un trou d’obus à un autre, il tue les soldats ennemis de la première position et se blesse. En dépit de cela, il continue vers la deuxième position, tuant ses occupants à l’aide d’une grenade à main. Il reste sur le champ de bataille et dirige son peloton jusqu’à ce qu’il soit gravement blessé.

Une copie noir et blanc d’un document textuel dactylographié; des signatures manuscrites se trouvent à droite de la page.

Les journaux de guerre du 4e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant certains des événements survenus le 1er octobre 1918, page 4 (e001078521)

Merrifield survit à la guerre et est visé par la démobilisation générale du 24 avril 1919. Il déménage à Sault Ste. Marie, en Ontario, et s’éteint à Toronto le 8 août 1943.

Une école primaire de Sault Ste. Marie a été nommée en l’honneur de Merrifield : les portes de l’école publique William Merrifield V.C., du conseil scolaire de district Algoma, sont ouvertes de 1946 à juin 2015. De plus, la patinoire extérieure Merrifield est située à l’intersection de l’avenue Henriette et de la rue Patrick à Sault Ste. Marie.

Le 56e Régiment d’artillerie de campagne de Brantford, en Ontario, lui a également dédié son manège militaire (manège militaire Sgt William Merrifield VC).

Sa Croix de Victoria a fait l’objet d’un don au Musée canadien de la guerre, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du sergent William Merrifield.

Souhaitez-vous en savoir plus sur la vie pendant la guerre?

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Ashley Dunk était adjointe de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Le capitaine John MacGregor, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le capitaine John MacGregor pour la bravoure dont il a fait preuve pendant la bataille du canal du Nord près de Cambrai, en France, entre le 29 septembre et le 3 octobre 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat souriant en tenue de service.

Le capitaine John MacGregor, VC, avril 1919 (a004598-v8)

Né près de Nairn, en Écosse, le 11 février 1888, John MacGregor arrive au Canada en 1909. Il est menuisier avant de s’enrôler dans le 11e bataillon canadien de fusiliers à cheval du Corps expéditionnaire canadien le 26 mars 1915. MacGregor a déjà servi pendant trois ans au sein de l’artillerie de garnison de Nairn. Pendant la Première Guerre mondiale, il reçoit plusieurs décorations militaires, dont la Médaille de conduite distinguée pour les actes qu’il a posés lors de la bataille de la crête de Vimy, la Croix militaire et une barrette ajoutée à sa Croix militaire.

MacGregor gravit rapidement les échelons du Corps expéditionnaire canadien, passant de sergent en 1916 à lieutenant en 1917 et à capitaine en 1918. Il est blessé par deux fois au cours de son service et doit s’arrêter pendant un moment pour combattre une grippe. En septembre 1918, il est muté au 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval, en France. Il participe aux opérations du Corps canadien en vue de traverser le canal du Nord et de s’emparer des routes menant à Cambrai.

Photo noir et blanc de quatre personnes debout, regardant vers l’appareil photo.

Le capitaine John MacGregor, VC, entre deux femmes non identifiées, avec le lieutenant R. Darcus, MC (a006914-v8).

Pendant la bataille du canal du Nord, MacGregor dirige la compagnie C du bataillon. Celle-ci subit des pressions intenses de la part des défenses allemandes et sa progression est ralentie par des tirs de mitrailleuses débilitants. MacGregor s’avance vers l’ennemi pour repérer les armes en question, malgré les blessures reçues pendant la bataille. En plein jour, il s’élance, armé d’un fusil et d’une baïonnette, sous les tirs intenses provenant de toutes les directions, et réussit, seul, à mettre ces forces ennemies hors de combat. Sa bravoure mène à la mort de quatre soldats allemands et à la capture de huit prisonniers. La vivacité d’esprit et l’initiative dont fait preuve MacGregor permettent à ses hommes d’écarter le danger et de poursuivre leur avancée.

Par la suite, il réorganise son commandement alors que la bataille fait toujours rage et offre son appui aux troupes environnantes. Tandis que les lignes allemandes résistent toujours, il s’avance bravement le long des lignes de front. De nombreux autres officiers sont blessés ou tués sur le champ de bataille. MacGregor prend donc les rênes de certains pelotons, organise des vagues de soldats et encourage la progression de ses hommes.

Lors d’une reconnaissance de jour effectuée sous des tirs de suppression, MacGregor positionne sa compagnie à Neuville-St.-Remy, ce qui contribue considérablement à l’avancée vers Tilloy. MacGregor fait preuve d’un leadership solide et d’une bravoure au combat tout au long de l’opération réalisée le long du canal du Nord en direction de Cambrai.

Photo noir et blanc d’un soldat vêtu de sa tenue de service, légèrement de profil, plissant les yeux en raison du soleil.

Le capitaine John MacGregor, VC, date inconnue (a007507-v8)

MacGregor survit à la guerre et est rayé de l’effectif dans le cadre de la démobilisation générale du 9 avril 1919. Plus tard, il participe à la Deuxième Guerre mondiale, atteignant le grade de lieutenant-colonel. Il dirige le Canadian Scottish Regiment (Princess Mary’s), un régiment d’infanterie de réserve de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Il meurt le 9 juin 1952 et est enterré au cimetière du lac Cranberry à Powell River, en Colombie-Britannique.

Une copie noir et blanc d’un document textuel dactylographié; les titres sont soulignés et une partie du texte est séparé en colonnes.

Les journaux de guerre du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval; le nom de McGregor est inscrit sous la compagnie C, septembre 1918, p. 26 (e001126713)

La Croix de Victoria et les autres médailles de MacGregor sont exposées au Musée canadien de la guerre, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du capitaine John MacGregor.

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Samuel Lewis Honey, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes héroïques posés il y a exactement 100 ans par des soldats sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Aujourd’hui, nous honorons le lieutenant Samuel Lewis Honey pour la bravoure dont il a fait preuve pendant les opérations du bois de Bourlon, menées entre le 27 et le 30 septembre 1918.

Affiche couleur sur laquelle on peut lire « Fall in the Grenadiers » [Faites partie des Grenadiers] en grosses majuscules rouges. D’autres phrases y sont imprimées en rouge et en noir. Sur le côté droit, une illustration montre un soldat en uniforme au garde-à-vous; il porte un haut chapeau noir, un manteau rouge et un fusil à l’épaule.

Affiche d’une campagne de recrutement pour le 78e Bataillon, sans date. (e010697069)

Né à Conn, en Ontario, le 9 février 1894, Samuel Lewis Honey est enseignant lorsqu’il s’enrôle comme soldat le 22 janvier 1915. Il se joint au 34e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Soldat accompli, il reçoit la Médaille de conduite distinguée ainsi que la Médaille militaire. Il est nommé officier le 2 juillet 1917. À l’automne 1918, on le retrouve lieutenant dans le 78e Bataillon d’infanterie en France.

Le 27 septembre de cette année-là, Honey combat auprès de milliers d’autres soldats canadiens dans le bois de Bourlon, où ils sont assaillis par les tirs nourris des mitrailleuses allemandes. L’opération vise à atteindre le canal du Nord, puis à capturer le bois et le village de Bourlon, une étape essentielle afin d’ouvrir la voie menant à Cambrai. Lorsque le commandant et les officiers de sa compagnie succombent aux attaques, Honey prend les rênes de l’opération. Il réorganise et dirige ses camarades, et poursuit l’avancée.

Photo noir et blanc d’un soldat portant une casquette et une ceinture Sam Browne, deux éléments caractéristiques de l’uniforme d’officier.

Le lieutenant Samuel Lewis Honey, sans date. Source : Défense nationale et Forces canadiennes.

Sous son leadership, la capture du bois de Bourlon réussit, malgré de lourdes pertes, surtout causées par les mitrailleuses allemandes. Honey réussit à repérer les mitrailleuses en question et s’élance seul vers cette position, saisissant les armes et faisant dix prisonniers.

À la suite de cet exploit, Honey parvient à résister à quatre contre-attaques ennemies. Plus tard, il part seul, en pleine noirceur, à la recherche d’un poste allemand. Il le découvre, puis y retourne accompagné d’un groupe de soldats, s’emparant du poste ainsi que de trois autres mitrailleuses.

On peut lire à son sujet dans la London Gazette :

« Le 29 septembre, il conduisit à nouveau sa compagnie contre une forte position ennemie avec une grande habileté et beaucoup d’audace, et dans les jours qui suivent, il continua à incarner le même exemple édifiant de bravoure et d’abnégation. »

London Gazette, n° 31108, 6 janvier 1919, en anglais.
(Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Photo noir et blanc de trois soldats penchés, cueillant des mûres près des arbres et dans les buissons.

Des soldats canadiens cueillent des mûres dans le bois de Bourlon, après s’être emparés de cette position, France, octobre 1918. (a003275)

Hélas, Honey est gravement blessé pendant l’attaque. Il succombe à ses blessures le 30 septembre 1918, à la 12e Division canadienne d’ambulance de campagne. Inhumé au cimetière communal de Quéant, au Pas-de-Calais, en France, il reçoit la Croix de Victoria à titre posthume.

La Croix de Victoria de Samuel Lewis Honey est exposée au Musée canadien de la guerre, à Ottawa. On peut également voir une plaque en son honneur à Mount Forest, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Samuel Lewis Honey.

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Ashley Dunk était assistante de projet à la Division du contenu en ligne (Direction générale des services au public) de Bibliothèque et Archives Canada.

Les lieutenants George Fraser Kerr et Graham Thomson Lyall, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes de bravoure de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous rendons hommage à deux récipiendaires de la Croix de Victoria pour les gestes héroïques accomplis le 27 septembre 1918 lors de la campagne du canal du Nord et du bois de Bourlon, en France.

Le Corps canadien passe à l’offensive dans la bataille de la Scarpe le 26 août 1918 et réussit enfin à enfoncer la ligne Drocourt-Quéant, solidement fortifiée, le 2 septembre. Les quelque huit kilomètres gagnés par le Corps se soldent par la mort de nombreux officiers et soldats. À la suite de cet assaut, la stratégie change : les Canadiens, avec l’aide d’autres bataillons alliés, tentent de capturer le canal du Nord et d’ouvrir les routes menant à Cambrai. Battant en retraite, les Allemands font sauter plusieurs ponts le long du canal, n’en conservant que quelques-uns fortement défendus pour leur propre usage. Les forces canadiennes n’ont aucune possibilité d’établir des avant-postes de l’autre côté du canal.

Après un mois de planification et de reconstruction des ponts, le Corps canadien est prêt à se lancer à la conquête de ses prochains objectifs : le canal du Nord et le bois de Bourlon.

C’est durant cette bataille du canal du Nord que deux soldats canadiens vont accomplir des actes héroïques pour lesquels ils recevront l’une des décorations militaires les plus prestigieuses.

Carte en noir et blanc montrant des frontières et l’emplacement de bâtiments et de structures.

Journal de guerre du 102e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant les opérations du 1er et du 2 septembre 1918, p. 48 (en anglais) (e001123533)

Le lieutenant George Fraser Kerr

Né le 8 juin 1894 à Deseronto, en Ontario, George Fraser Kerr est chimiste avant la guerre. Le 22 septembre 1914, alors âgé de 20 ans, il s’enrôle à Valcartier, au Québec, et se joint au 3e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien comme soldat. Après avoir fait ses preuves à maintes reprises sur les champs de bataille, il est nommé officier le 1er juillet 1917 et obtiendra éventuellement le grade de capitaine.

Photo d’un soldat extraite d’un journal non identifié.

Le lieutenant George Fraser Kerr, VC, sans date (a007193)

Kerr est un militaire maintes fois décoré : la Médaille militaire le 23 août 1916 pour son intrépidité au mont Sorrel; la Croix militaire le 2 décembre 1918; et une barrette ajoutée à sa Croix militaire le 2 janvier 1919 pour la bravoure et l’esprit d’initiative dont il fait preuve pendant l’attaque menée sur la ligne Drocourt-Quéant le 2 et le 3 septembre 1918.

Le 27 septembre 1918, à 5 h 20, l’artillerie canadienne bombarde les positions allemandes en prévision de l’attaque sur le canal du Nord, dont l’objectif est de franchir la ligne allemande. À 6 h Kerr, au sein du 3e Bataillon, dirige la compagnie d’appui du flanc gauche. En route vers le bois de Bourlon et sous les tirs nourris des mitrailleuses, il use d’adresse pour contourner une mitrailleuse qui ralentissait son avancée.

Après avoir traversé le canal du Nord, la compagnie est arrêtée par une fortification allemande se trouvant près de la route Arras-Cambrai. Kerr, devançant ses hommes, se rue vers la position allemande. Seul, il capture 4 mitrailleuses et 31 prisonniers, permettant à sa compagnie de continuer sa marche avant d’être ralentie de nouveau derrière le bois de Bourlon.

Par deux fois, il est blessé sur le champ de bataille, et il tombe de son cheval après l’Armistice. Il obtiendra son congé de l’armée pour raisons médicales le 16 juillet 1919.

Kerr s’éteint le 8 décembre 1929. De nos jours, sa Croix de Victoria est exposée au Musée canadien de la guerre.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant George Fraser Kerr.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall

Né à Manchester, en Angleterre, le 8 mars 1892, Lyall immigre au Canada et s’établit dans la région de Niagara, où il travaille comme mécanicien. Il se joint au 19e Régiment de la milice britannique avant de s’enrôler avec le 81e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 24 septembre 1915, à St. Catharines, en Ontario. Il est plus tard muté au 102e Bataillon d’infanterie du Canada.

Photo noir et blanc d’un soldat debout, la main droite dans la poche de son pantalon.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall, VC, à sa sortie du palais de Buckingham le 15 mars 1919 (a006698)

Le jour même où George Fraser Kerr dirige sa compagnie vers le bois de Bourlon, Lyall commande son peloton du 102e Bataillon. La compagnie envoyée en éclaireur est arrêtée par un poste de résistance allemand, qui la mitraille sans arrêt. Avec l’aide de Kerr et de son peloton, Lyall et sa compagnie s’emparent de la position ennemie par un mouvement de débordement. Il demeure à l’arrière pour attaquer les forces ennemies là où leur défense est moindre. Grâce à cette manœuvre, il fait 13 prisonniers et saisit un canon de campagne et 4 mitrailleuses.

Affaibli par de nombreuses pertes, son peloton est arrêté un peu plus loin par des mitrailleuses se trouvant à l’extrémité sud du bois de Bourlon. Avec le reste de ses hommes, Lyall s’approche du poste de résistance. Se lançant seul à l’assaut de la position, il réussit à tuer l’officier responsable. Son geste de bravoure mène à la capture de 45 prisonniers et de 5 mitrailleuses.

Photo noir et blanc de quatre femmes et de quatre hommes vêtus de manteaux chauds et coiffés de chapeaux devant le palais de Buckingham. L’homme au centre porte un uniforme militaire et s’appuie sur une canne.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall, VC, et sa famille devant le palais de Buckingham, le 15 mars 1919 (a006708)

Lyall, ayant réalisé son objectif et fait 47 autres prisonniers, reprend la position et protège le reste de la compagnie. Plus tard, le 1er octobre 1918, alors qu’il se trouve aux alentours de Belcourt à la tête de sa compagnie affaiblie, il capture une position fortement défendue. Il y fait 80 prisonniers et saisit 17 mitrailleuses.

Deux mois plus tard, la London Gazette résume ses hauts faits ainsi :

En deux jours d’opérations, le lieutenant Lyall s’est emparé au total de 3 officiers, 182 militaires de rang, 26 mitrailleuses et 1 canon de campagne, sans oublier les nombreuses pertes infligées. Tout au long de cette période, il a fait preuve d’une bravoure hors du commun et d’excellentes qualités de commandement. [traduction de Défense nationale et les Forces canadiennes]

London Gazette, no 31067, 13 décembre 1918 (en anglais)

Le Corps canadien réalise et même surpasse ses objectifs en ce 2 septembre 1918, connaissant une progression plus importante que prévu malgré les tirs nourris des mitrailleuses et les terribles pertes subies. À la fin de la journée, il avait repris le bois de Bourlon après en avoir capturé les lignes rouge, bleue et verte.

Après l’Armistice, Lyall retourne en Angleterre en 1919 pour s’enrôler dans l’armée britannique.

Il meurt le 28 novembre 1941, pendant la Deuxième Guerre mondiale, lors d’une opération menée en Égypte.

Une plaque commémore ses exploits de guerre dans le jardin commémoratif du Lincoln and Welland Regiment à St. Catharines, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Graham Thomson Lyall.


Ashley Dunk est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Le soldat Walter Leigh Rayfield, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes de bravoure de soldats posés il y a 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous rendons hommage au valeureux soldat Walter Leigh Rayfield, récipiendaire de la Croix de Victoria.

Photo noir et blanc d’un soldat.

Le soldat Walter Leigh Rayfield, VC, sans date (a006711)

Né le 7 octobre 1881 à Richmond, en Angleterre, Rayfield immigre au Canada avant le déclenchement de la guerre. Il travaille comme bûcheron avant de s’enrôler à Victoria, en Colombie-Britannique, le 10 juillet 1917 et de se joindre au 7e Bataillon d’infanterie du Corps expéditionnaire canadien.

Au début de septembre 1918, le Corps canadien tente de percer la ligne de front Drocourt-Quéant, à l’est d’Arras, en France, longue de six kilomètres. Après s’être emparé du Nid-de-Corbeau – un centre de résistance ennemi – le 1er septembre 1918, le Corps doit lancer une attaque massive pour traverser les lignes allemandes et atteindre le canal du Nord.

Image noir et blanc d’un document textuel résumant les activités du 7e Bataillon d’infanterie du Canada le 2 septembre 1918.

Journal de guerre du 7e Bataillon d’infanterie du Canada donnant une description du déclenchement de l’attaque le 2 septembre 1918, page 4 (e001084295).

Image noir et blanc d’un document textuel résumant la suite, sur une deuxième page, des activités du 7e Bataillon d’infanterie du Canada le 2 septembre 1918.

Journal de guerre du 7e Bataillon d’infanterie du Canada avec une description de la conclusion de l’attaque du 2 septembre 1918, page 5 (e001084296).

Le 2 septembre 1918, à 5 h du matin, les tirs nourris de l’artillerie canadienne atteignent l’ennemi et permettent aux Canadiens d’avancer. Les chars d’assaut soutiennent l’attaque offensive et, à 7 h 30, les troupes arrivent à la ligne rouge et au village de Dury. Pendant cette progression, Rayfield se retrouve à l’avant de sa compagnie. Il s’élance vers une tranchée occupée par plusieurs soldats ennemis, en tue deux à la baïonnette et en capture dix.

Plus tard, il repère un tireur d’élite ayant fait de nombreux morts et se lance à son attaque, sous une pluie de coups de feu. Comme le mentionnera la London Gazette deux mois plus tard :

Il s’élance ensuite vers la section de la tranchée d’où opère le tireur embusqué; son audace et son sang-froid démoralisent à ce point les combattants ennemis que 30 d’entre eux se rendent [traduction].

London Gazette, n° 31067, le 14 décembre 1918 (en anglais seulement)

Photo noir et blanc de centaines de fusils et de mitrailleuses de diverses tailles reposant sur le sol. Un soldat, debout, regarde les armes tandis qu’un autre soldat se penche pour examiner la bandoulière d’un fusil.

Armes saisies par des Canadiens sur le front d’Arras, septembre 1918 (a003291)

Au mépris de sa sécurité personnelle, il se rue de nouveau à découvert sous les tirs nourris de mitrailleuses et transporte en lieu sûr un camarade gravement blessé. Rayfield est louangé pour le courage, la bravoure et l’esprit d’initiative dont il fait preuve pendant ces assauts. Malgré les attaques au gaz, les tirs intenses de mitrailleuses et les coups de feu ennemis dirigés sur lui, Rayfield participe courageusement et héroïquement à la bataille, inspirant ses camarades.

Il reçoit la Croix de Victoria pour les actes accomplis du 2 au 4 septembre 1918, à Arras.

Il survit à la guerre et est démobilisé le 25 avril 1919.

Rayfield s’éteint le 20 février 1949. Sa Croix de Victoria est exposée de nos jours au Musée canadien de la guerre.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du soldat Walter Leigh Rayfield.


Ashley Dunk est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public.

Hutcheson, Knight, Metcalf, Peck et Young, récipiendaires de la Croix de Victoria

Par Andrew Horrall

Bellenden Seymour Hutcheson

Bellenden Seymour Hutcheson naît à Mount Carmel, en Illinois, le 16 décembre 1883. Il devient médecin après des études à la Northwestern University, près de Chicago. Ses cheveux blancs et ses yeux d’un bleu perçant lui donnent une allure remarquable. Comme de nombreux autres Américains, Hutcheson décide de s’enrôler au Canada. Le 6 novembre 1915, il se joint au Corps de santé de l’Armée canadienne à Hamilton, en Ontario, et est affecté au 75e Bataillon.

Photo noir et blanc d’un soldat ayant des cheveux très pâles et regardant droit vers l’objectif.

Le capitaine B. S. Hutcheson, du Corps de santé de l’Armée canadienne, récipiendaire de la Croix de Victoria. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine

Le 2 septembre 1918, près de Cagnicourt, en France, Hutcheson s’avance en terrain découvert avec son bataillon. « [S]ans hésitation et au mépris total de sa propre sécurité, il reste sur le champ de bataille jusqu’à ce que tous les soldats blessés aient reçu des soins. Il panse les blessures d’un officier grièvement blessé, sous les tirs intenses des mitrailleuses et des projectiles et, avec l’aide de prisonniers et de ses propres hommes, il réussit à l’évacuer en lieu sûr, même si les brancardiers subissent de lourdes pertes. Immédiatement après, il s’élance à nouveau, complètement à découvert et sous les tirs intenses de mitrailleuses et de fusils, pour s’occuper d’un sergent blessé. Après l’avoir installé dans un trou d’obus, il panse ses blessures. » (London Gazette, n° 31067, 14 décembre 1918,en anglais. Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

En plus de la Croix de Victoria, Hutcheson reçoit la Croix militaire pour d’autres actes de bravoure.

Après la guerre, Hutcheson épouse une femme de la Nouvelle-Écosse et retourne pratiquer la médecine en Illinois. Au fil des ans, il visite souvent le Canada, notamment pour participer à des retrouvailles de son bataillon. Il parlera très rarement de son expérience de la guerre. Il meurt à Cairo, en Illinois, le 9 avril 1954. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée du Toronto Scottish Regiment.

Sources

« VC from Illinois modestly declines to details exploits », The Globe and Mail, 6 mars 1930, p. 13 (en anglais)

« ’Six-bits’ reunion is first since war », The Globe and Mail, 13 avril 1931, p. 14 (en anglais)

 

Arthur George Knight

Arthur George Knight naît à Haywards Heath, en Angleterre, le 26 juin 1886. En 1911, il immigre au Canada et devient menuisier. Il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien en décembre 1914 et sert dans le 10e Bataillon. Il reçoit la Croix de guerre belge en novembre 1917.

Photo noir et blanc prise dans un studio et montrant un soldat en uniforme, debout, les mains derrière le dos.

Le sergent A. G. Knight, récipiendaire de la Croix de Victoria, sans date. (a006724)

Le 2 septembre 1918, près de Cagnicourt, en France, Knight « prend la tête d’une section de bombardement et, s’avançant sous un feu nourri, engage avec l’ennemi un combat rapproché. Constatant que son détachement est toujours stoppé, il fonce seul en avant, passant à la baïonnette plusieurs mitrailleurs et servants de mortier ennemis, et obligeant le reste de la troupe à battre en retraite dans la confusion. » Alors que son peloton poursuit les Allemands en retraite, Knight « aperçoit une trentaine de soldats ennemis qui pénètrent dans un tunnel conduisant hors des tranchées. Il se rue tout seul sur eux et, après avoir abattu un officier et deux sous-officiers, il capture 20 militaires du rang. Plus tard, il met en déroute, sans aide, un autre détachement ennemi qui s’oppose à l’avance de son peloton. » (London Gazette, n° 31012, 15 novembre 1918, en anglais. Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes]

Knight est grièvement blessé durant cette bataille et succombe à ses blessures le jour suivant. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée Glenbow de Calgary.

 

William Henry Metcalf

Photo noir et blanc d’un soldat debout vêtu d’un kilt.

Le lieutenant-caporal W. H. Metcalf, récipiendaire de la Croix de Victoria, sans date. (a006727)

William Henry Metcalf naît dans le canton de Waite, dans le Maine, le 29 janvier 1885. Barbier de profession, il se rend à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, pour s’enrôler dans le Corps expéditionnaire canadien le 15 août 1914. Il devient alors signaleur au sein du 16e Bataillon. Metcalf reçoit la Médaille militaire pour les gestes courageux qu’il pose pendant la bataille de la Somme, en septembre 1916. En effet, il se porte volontaire pour fournir de l’aide médicale à un camarade gravement blessé en zone neutre. Il lui sauve la vie puis, au péril de la sienne, il s’expose aux tirs nourris de l’ennemi pour réparer des fils téléphoniques. La citation pour sa médaille mentionne entre autres que « pendant ses vingt mois de service sur le terrain, il a toujours fait preuve de bravoure et de dévouement au devoir, et ce, avec enthousiasme. » [Traduction] (London Gazette, n° 29893, 6 janvier 1917, en anglais)

Metcalf reçoit la Médaille militaire une deuxième fois pour ses actes du 8 août 1918 pendant la bataille d’Amiens. Au début des premières attaques, il installe des fils téléphoniques en zone neutre puis demeure sous les tirs intenses d’obus pour s’assurer que ceux-ci ne sont pas endommagés. (London Gazette, n° 31142, 24 janvier 1919, en anglais)

Metcalf obtient ensuite la Croix de Victoria pour la bravoure dont il fait preuve le 2 septembre 1918 près de Cagnicourt, en France. Lorsque la progression de son bataillon ralentit, il « s’élance vers un char qui passe à sa gauche, sous le feu nourri d’une mitrailleuse. Brandissant un drapeau de signalisation, il marche à l’avant du char et le dirige le long de la tranchée [allemande], pour qu’il enfile des balles et des bombes. Les positions des mitrailleuses sont éliminées, de lourdes pertes sont infligées aux ennemis et il vient ainsi à bout d’une situation très critique. » (London Gazette, n° 31012, 15 novembre 1918, en anglais. Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Metcalf meurt le 8 août 1968 à Lewiston, dans le Maine. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée du Canadian Scottish Regiment à Victoria, en Colombie-Britannique.

 

Cyrus Wesley Peck

Cyrus Wesley Peck naît à Hopewell Hill, au Nouveau-Brunswick, le 26 avril 1871. Malgré une formation de soldat, il ne réussit pas à s’enrôler pour la guerre d’Afrique du Sud. Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, Peck dirige une conserverie de saumon en Colombie-Britannique en plus de servir dans la milice. Le 8 novembre 1914, il s’enrôle en tant que major dans le 30e Bataillon. À la fin de 1916, il est promu lieutenant-colonel et chargé du commandement du 16e Bataillon (Canadian Scottish Regiment).

Photo noir et blanc d’un homme moustachu vêtu d’un pantalon écossais, d’une ceinture Sam Browne et d’une casquette, passant des grilles ornementales avec un bâton de marche. À sa droite, une foule regarde vers les grilles.

Le lieutenant-colonel Cyrus W. Peck, récipiendaire de la Croix de Victoria et de l’Ordre du service distingué, 16e Bataillon, à sa sortie du palais de Buckingham. (a006720)

Blessé par deux fois lors du conflit, Peck reçoit l’Ordre du service distingué ainsi que cinq mentions à l’ordre du jour. Lors des élections fédérales de décembre 1917, il est élu député de la circonscription de Skeena; baptisées « les élections kaki », ce sont les premières auxquelles des soldats en service actif peuvent participer. Son rôle n’empêche pas Peck de poursuivre sa carrière militaire en France.

Au premier abord, Peck n’a pas l’allure d’un héros. Malgré son impressionnante moustache qui lui donne un air militaire, il est plutôt âgé (47 ans) et petit (1,75 m), et pèse un bon 113 kg. Néanmoins, le 2 septembre 1918, près de Cagnicourt, en France, Peck s’aperçoit que la progression de son bataillon est freinée. Alors, « sous les tirs intenses des mitrailleuses et des tireurs embusqués, il effectue personnellement une reconnaissance sur une parcelle de terrain fortement balayée par les tirs. Une fois cette tâche accomplie, il revient sur ses pas, réorganise son bataillon et, fort des renseignements qu’il a obtenus, il pousse la progression de ses troupes et prend les mesures requises pour protéger ses flancs. Il sort ensuite, sous une pluie de tirs d’artillerie et de mitrailleuses, intercepte ses chars, leur donne les directives nécessaires, pointant du doigt l’endroit où ils doivent se diriger, et ouvre ainsi la voie à la progression d’un bataillon d’infanterie canadien. Par la suite, il procure à ce bataillon l’appui dont il a besoin. Ce remarquable courage dont il a fait preuve et ses grandes qualités de leader ont permis de poursuivre la progression, malgré les tirs intenses d’artillerie et de mitrailleuses, et ils ont largement contribué au succès de l’attaque menée par la brigade. » (London Gazette, n° 31012, 15 novembre 1918, en anglais. Traduction : Défense nationale et les Forces canadiennes)

Aux élections de 1921, Peck perd son siège à la Chambre des communes. Il siège à l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique de 1924 à 1933 et meurt à Sidney, dans la même province, le 27 septembre 1956. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée canadien de la guerre.

Sources

« Won VC in 1918 while a member of parliament », The Globe and Mail, 28 septembre 1956, p. 7 (en anglais)

 

John Francis Young

John Francis Young naît à Kidderminster, en Angleterre, le 14 janvier 1893, et immigre au Canada peu avant le déclenchement de la guerre. Le 20 octobre 1915, il s’enrôle à Montréal, en tant que brancardier dans le 87e Bataillon. En novembre de l’année suivante, il est blessé à la Somme.

Photo noir et blanc d’un soldat souriant, debout, les mains derrière le dos.

Le soldat J. F. Young, récipiendaire de la Croix de Victoria, sans date. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine.

Young reçoit la Croix de Victoria pour ses actes du 2 septembre 1918 près de Dury, en France. Lorsque l’artillerie et les mitrailleuses allemandes fauchent sa compagnie, il passe plus d’une heure à soigner ses camarades blessés, au mépris du danger puisqu’il se trouve alors bien en vue de l’ennemi. Il retourne fréquemment aux lignes canadiennes pour s’approvisionner en fournitures médicales, mais n’abandonne jamais les hommes blessés. Young supervise ensuite les brancardiers qui transportent les blessés en lieu sûr. (London Gazette n° 31067, 14 décembre 1918, en anglais)

Young est gazé dans une bataille subséquente, et ses poumons subissent des dommages permanents et débilitants. Il meurt à Sainte-Agathe-des-Monts, au Québec, le 7 novembre 1929. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée canadien de la guerre.

Sources

« John F. Young, VC, is dead in Quebec », The Globe and Mail, 8 novembre 1929, p. 1 (en anglais)

 

Bibliothèque et Archives Canada conserve les dossiers de service de Bellenden Seymour Hutcheson, Arthur George Knight, William Henry Metcalf, Cyrus Wesley Peck et John Francis Young.


Andrew Horrall est archiviste principal à la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Claude Nunney, VC

Par Andrew Horrall

Lorsque Claude Joseph Patrick Nunney s’enrôle dans le 38e Bataillon le 8 mars 1915, il affirme être né à Dublin, en Irlande, le 24 décembre 1892. Il semble que ces renseignements ne soient pas exacts, quoiqu’on ignore pourquoi Nunney a voulu dissimuler ses origines. Selon certaines archives, Nunney serait bien né ce jour-là, mais à Hastings, en Angleterre, et son nom serait Stephen Sargent Claude Nunney. Il ne fait par contre aucun doute qu’il était un jeune orphelin quand il a été envoyé de l’autre côté de l’Atlantique, à Ottawa, pour y être adopté par Mme D. J. MacDonald, de North Lancaster, en Ontario. Au moment où il s’enrôle, il vit avec la famille Calder du comté de Glengarry, en Ontario, qu’il décrit comme ses plus proches parents et à qui il remettra une partie de sa solde chaque mois.

Nunney est un soldat exceptionnel qui recevra la Médaille de conduite distinguée pour les actes qu’il accomplit en avril 1917 lors de la bataille de la crête de Vimy : « […] malgré deux blessures et l’anéantissement de sa section, il poursuit son avancée, transportant son fusil et ses munitions, et il réussit seul à mettre fin à une attaque de plus de 200 ennemis. Il continue son devoir pendant trois jours en faisant preuve d’une audace incroyable et en effectuant un travail formidable. » [traduction] (London Gazette, n° 30234, 16 août 1917 – en anglais seulement) Peu après, il reçoit la Médaille militaire pour un autre acte de bravoure.

Photo noir et blanc d’un soldat assis tenant sa casquette et sa badine sur ses genoux.

Le soldat Claude Nunney, VC, du 38e Bataillon (a006859)

La promotion de Nunney au grade de sergent en juin 1917 témoigne de son leadership et de son courage sur les champs de bataille. Cependant, au mois d’avril suivant, il est traduit en cour martiale pour avoir frappé un officier supérieur. L’incident est décrit dans les documents de la cour martiale sur Nunney conservés par BAC. Les faits parlent d’eux-mêmes, quoique deux officiers témoignent pour sa défense, dont un qui affirme même que Nunney est l’un des meilleurs combattants de première ligne du bataillon. Nunney est condamné et rétrogradé au grade de soldat. Sa peine d’une année de travaux forcés est toutefois rapidement réduite en raison de « ses bons services rendus ».

Le soldat Nunney reçoit la Croix de Victoria de manière posthume pour ses actes du 1er et du 2 septembre 1918 pendant la bataille de la ligne Drocourt-Quéant, en France. Lors de l’attaque des Allemands, « Nunney, qui se trouvait alors au poste de commandement de sa compagnie, franchit le barrage et se rend jusqu’à la ligne d’avant-poste. Il se déplace d’une position à l’autre et encourage ses camarades en prêchant par son exemple d’intrépidité. L’ennemi est repoussé et la situation devient moins critique. Au cours de l’attaque du 2 septembre, il se retrouve continuellement devant ses camarades, grâce à sa rapidité. Son intrépidité exemplaire a sans aucun doute inspiré grandement sa compagnie dans la poursuite de ses objectifs. » [traduction de Défense nationale et les Forces canadiennes] (London Gazette, n° 31067, 14 décembre 1918 – en anglais seulement) 

Nunney est gravement blessé en posant ces actes de bravoure et il succombe à ses blessures le 18 septembre 1918. Il lègue tous ses effets personnels, y compris ses médailles, à la famille Calder. Lorsque les récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria se rassemblent à Toronto en 1938, Mme Calder, alors veuve, est trop âgée pour participer à l’événement. Elle demande à une amie d’Alexandria, qui milite en faveur du bien-être des anciens combattants, de porter les médailles de Nunney au rassemblement. L’orphelin irlandais avait été adopté par une communauté entière. Sa Croix de Victoria est exposée au manège militaire de Cornwall. Bibliothèque et Archives Canada détient son dossier de service.

Sources

« Spirit of war hero marches on in VC », The Globe and Mail, 2 août 1938, p. 5, en anglais seulement


Andrew Horrall est archiviste principal à la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.