Consultez notre nouvelle page Web dédiée au régiment de Carignan Salières

Oyez! Oyez! L’histoire de la Nouvelle-France vous intéresse? Consultez notre toute nouvelle page Web dédiée au régiment de Carignan-Salières, à partir de laquelle vous pourrez accéder à toutes nos ressources relatives à cet important régiment dans l’histoire de la Nouvelle-France.

Comme nous avons eu le privilège de parler du régiment avec Jean-François Lozier, conservateur responsable de l’histoire de l’Amérique du Nord française au Musée canadien de l’histoire, vous trouverez également dans cette nouvelle page Web les questions que nous lui avons posées et les enregistrements sonores de ses réponses.

Images de natation et de piscines maintenant sur Flickr

Savoir nager peut parfois sauver des vies. Cependant, la natation n’est pas considérée comme un sport ou un loisir jusqu’à ce que des compétitions soient organisées à divers endroits du monde, comme au Japon, au 17e siècle, puis en Europe, au 19e siècle. La nage masculine est au programme des Jeux olympiques de 1896, et l’épreuve féminine fait son apparition en 1912, consolidant la place de la natation parmi les sports. Des associations sont créées dans de nombreux pays pour faire la promotion de la natation en tant que sport et loisir. Le Canada ne fait pas exception.

Au fil du temps, des piscines ont fait leur apparition partout au Canada. Elles se trouvent près de plans d’eau naturels ou sont construites de toute pièce dans de grands centres urbains. Mentionnons, à titre d’exemples, la piscine de Vancouver près de la Baie English, celle sur Lakeshore Drive, à Toronto, et le bain Maisonneuve et le bain Généreux, à Montréal. Les endroits pour pratiquer la natation sont devenus des centres de mise en forme, d’hygiène, de loisir et de rassemblement communautaire.

Des bolcheviks aux oiseaux : la vie fascinante de Louise de Kiriline Lawrence

Par Judith Enright

Le fonds Louise de Kiriline Lawrence conservé à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) offre des contenus d’une grande richesse et une large gamme de supports documentaires. Donné à BAC dans les années 1980 par madame Louise de Kiriline Lawrence, il témoigne d’une vie hors du commun, difficile à catégoriser pour un chercheur.

Louise de Kiriline Lawrence (née Flach) naît en Suède, en 1894, dans une famille fortunée et possédant de nombreuses relations. Elle reçoit une excellente éducation et parle couramment cinq langues. Ayant choisi la profession d’infirmière, elle se rend au Danemark où elle travaille pour la Croix-Rouge dans un camp d’échange de prisonniers de guerre. C’est là qu’elle soigne un officier russe, Gleb de Kiriline, qu’elle épousera par la suite. Le couple va s’installer dans le nord de la Russie. Gleb de Kiriline disparaît après la révolution bolchévique et Louise le cherchera en vain pendant quatre ans.

Une photographie en noir et blanc montrant un couple debout devant un bâtiment en bois. Elle porte ce qui semble être un uniforme d’infirmière et lui, un uniforme de l’armée russe.

Louise et Gleb de Kiriline (MIKAN 3722648)

En 1927, Louise immigre au Canada où elle travaille comme infirmière pour la Croix-Rouge dans le nord de l’Ontario. Elle devient infirmière en chef auprès des quintuplées Dionne et joue un rôle crucial dans la survie des petites filles durant leur première année de vie. En raison de la notoriété des quintuplées, Louise est invitée à écrire une série d’articles pour le magazine Châtelaine, relatant son expérience auprès des enfants et de leur famille. Elle cesse d’exercer la profession d’infirmière en 1935.

Louise épouse Leonard Lawrence en 1939. Alors que son nouveau mari est en Europe durant la Deuxième Guerre mondiale, elle se consacre entièrement à l’étude de la nature et à la rédaction de textes sur la faune; elle s’intéresse particulièrement à l’ornithologie.

Louise de Kiriline Lawrence mène la plupart de ses travaux de recherche et d’écriture dans sa propriété de la baie Pimisi au nord de l’Ontario, où elle vit dans une cabane en bois rond. C’est là qu’elle commence à baguer des oiseaux, à tenir des journaux et des carnets de dessin, et à rédiger des centaines d’articles pour diverses publications sur la nature et plusieurs ouvrages, notamment son autobiographie intitulée Another Winter, Another Spring : A Love Remembered.

Une photographie en noir et blanc montrant trois femmes sous un arbre. La femme à droite est assise et sourit au photographe, celle qui est au milieu est également assise, mais complètement absorbée par son livre, et celle qui se trouve à gauche est allongée sur le sol et regarde le photographe.

Louise (à droite) avec des amies (MIKAN 3951807)

BAC est le gardien du fonds Louise de Kiriline Lawrence. Ce fonds comprend des documents de recherche sur la faune, des illustrations et des données concernant les oiseaux, des rapports d’études ornithologiques, de la correspondance personnelle et professionnelle, des notes et des manuscrits de livres et d’articles, ainsi que des archives de famille. Il contient également plus d’une centaine de dessins, plus de 700 photographies, des enregistrements sonores, des médailles honorifiques, des blocs de bois et quelques lithographies, ainsi que des documents relatifs à sa vie en Suède et en Russie.

Louise de Kiriline Lawrence est décédée en 1992.


Judith Enright est archiviste adjointe à la section des Archives sociales et autochtones de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de juillet 2016

À ce jour, 307 588 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Soldats de la Première Guerre mondiale : 1914‑1918. S’il-vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 5218. Dernier nom : Knaggs.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Qui agira en bon père de famille? Les documents relatifs au développement territorial des chemins de fer nationaux du Canada et les prédécesseurs de l’entreprise

Les chemins de fer ont longtemps joué un rôle prépondérant dans les histoires relatant l’émergence du Canada en tant que nation. La construction des lignes de chemin de fer était, à l’époque, perçue comme un élément déterminant dans la formation d’une identité nationale cohérente et se voulait un gage que les déplacements et les échanges commerciaux dans le vaste territoire du Canada allaient être simplifiés.

Les compagnies de chemin de fer ont également participé à la colonisation de l’Ouest canadien en agissant comme promoteurs et courtiers en immeuble pour les terres concédées par le gouvernement fédéral. Après la cession de la Terre de Rupert au Canada en 1870, les concessions de biens-fonds ferroviaires constituaient un important volet du plan gouvernemental visant à accroître la population des régions de l’Ouest déjà occupées par des communautés autochtones, des établissements métis et des postes avancés de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Même au début du vingtième siècle, on concédait des terres afin d’encourager les compagnies de chemin de fer à prolonger leurs rails partout sur le continent, et la construction du chemin de fer était partiellement financée par la location et la vente de ces terres.

Le bureau de Winnipeg des Services régionaux garde un précieux assortiment de documents à l’appui de la vente et de la location de terres agricoles et de terres en zones urbaines dans l’Ouest canadien par les Chemins de fer nationaux du Canada et les prédécesseurs de l’entreprise. Ces documents, provenant des diverses sociétés filiales vouées à l’immobilier rattachées aux Chemins de fer nationaux du Canada, le Chemin de fer Canadien du Nord et la Grand Trunk Pacific Railway, brossent un portrait vivant des colons établis dans l’Ouest canadien et présentent certains des nombreux défis qu’ils ont dû relever au début et au milieu du vingtième siècle.

Les dossiers liés à la vente et à la location de terres agricoles procurent des comptes rendus particulièrement intéressants sur les colons de l’Ouest canadien et leurs expériences. En général, on retrouve dans ces dossiers un formulaire de demande standard, décrivant brièvement les antécédents personnels du demandeur, ainsi qu’une évaluation de la demande rédigée par un représentant de l’entreprise, dont la tâche consistait à déterminer si le demandeur était susceptible d’agir en bon père de famille (« likely to make good »). Les demandes et évaluations procurent des profils détaillés de fermiers venus peupler les provinces des Prairies et la Colombie-Britannique.

Formulaire imprimé intitulé Applicant's Statement (bilan du demandeur) sur lequel apparaissent, écrites à la main, les réponses à des énoncés et à des questions visant à recueillir de l'information sur le demandeur. Le formulaire sert à colliger de l'information, telle que le nom, l'âge, l'état matrimonial et le lieu de naissance du demandeur; le nom de trois hommes d'affaires, d'un banquier et d'un membre du clergé (three businessmen, one banker, and one clergyman), qui pourraient servir de références pour le demandeur, et des précisions quant aux actifs et aux dettes du demandeu

« Applicant’s Statement » (bilan du demandeur) au nom de Charles Deffey, acquéreur éventuel de SW-17-28-26 W4 (MIKAN 1557331)

Formulaire imprimé intitulé Appraiser's Report sur lequel apparaissent des notes manuscrites ajoutées par un évaluateur concernant l'acquéreur éventuel d'une terre agricole. Dans les notes de l'évaluateur se trouvent une évaluation de la réputation de l'acquéreur, l'état de toute terre agricole que l'acquéreur pourrait déjà posséder et l'avis de l'évaluateur à savoir s'il croit que le demandeur est un acquéreur susceptible d'agir en bon père de famille (a purchaser who is likely to make good).

« Appraiser’s Report » (rapport d’évaluation) au nom de Charles Deffey, acquéreur éventuel de SW-17-28-26 W4 (MIKAN 1557331)

Naturellement, la majorité des autres documents qui se trouvent dans les dossiers servant à appuyer la vente d’une terre agricole sont de la correspondance portant sur les paiements à effectuer afin d’acheter la terre. Bien que ces échanges de courrier soient, en général, de nature courante, il arrive aussi qu’on y découvre des plaidoiries bien senties d’acquéreurs qui imploraient la clémence pour avoir omis d’effectuer un versement ou pour l’avoir remis en retard, plus particulièrement durant les années 1930. Parmi les explications souvent invoquées dans les lettres pour justifier les manquements, mentionnons les récoltes décevantes ou les épreuves subies par l’expéditeur pris en défaut et sa famille. Dans la lettre reproduite ci-dessous, par exemple, l’auteur renonce à sa demande d’obtenir un lopin de terre agricole en Saskatchewan après s’être cassé une jambe et avoir perdu la récolte annuelle à cause d’une tempête de grêle.

Lettre manuscrite adressée au commissaire des terres, aux Chemins de fer nationaux du Canada, et provenant de Charles Deffey qui fait part de son intention de renoncer à un lopin de terre agricole pour lequel il avait effectué des paiements. M. Deffey fournit une brève description de certains obstacles qu'il a rencontrés lors de ses travaux sur la terre et il informe le commissaire des terres qu'il enverra un acte de renonciation (quit claim) officiel dès qu'il aura assez d'argent pour payer un juge de paix (J.P.).

Lettre de Charles Deffey au commissaire des terres, Chemins de fer nationaux du Canada (MIKAN 1557331)

Recherche de documents relatifs aux terres

On peut consulter les documents relatifs au développement territorial des Chemins de fer nationaux du Canada et des prédécesseurs de l’entreprise, des archives fort susceptibles de susciter un immense intérêt auprès des chercheurs en généalogie et de ceux qui se penchent sur des sujets comme l’agriculture, l’immigration et l’histoire locale, à partir de la page Recherche de fonds d’archives améliorée du site Web de Bibliothèque et Archives Canada. D’abord, il faut sélectionner « No d’instr. de recherche » dans le menu déroulant, puis saisir « 30-130 » dans l’encadré à droite. Ensuite, on peut préciser la recherche en ajoutant un nom de famille comme « Nom (mot-clé) » dans les encadrés en dessous ou en saisissant les coordonnées d’arpentage des terres fédérales à côté de l’option « Tout mot-clé » afin de trouver de l’information sur un lopin de terre donné.

Précisons toutefois que ces documents ne constituent pas un dossier exhaustif des activités de développement territorial menées par les Chemins de fer nationaux du Canada, les prédécesseurs de l’entreprise et leurs sociétés filiales. Les dossiers et registres, actuellement gardés au bureau de Winnipeg des Services régionaux de Bibliothèque et Archives Canada, ont été récupérés des entrepôts des Chemins de fer nationaux du Canada lorsque le quartier de Winnipeg maintenant connu sous le nom de The Forks devait faire l’objet d’une rénovation urbaine vers la fin des années 1980. Fort heureusement, nous avons pu récupérer suffisamment de registres et de dossiers pour avoir un riche aperçu de la colonisation dans l’Ouest canadien au début et au milieu du vingtième siècle.

Fais-moi un dessin : les politiciens canadiens dans la BD

Par Meaghan Scanlon

Nous avons tous ri un jour ou l’autre en voyant une caricature dans le journal. Les personnalités politiques font souvent les frais de ces petites bandes dessinées tantôt humoristiques, tantôt sarcastiques, qui misent toujours sur l’exagération. Mais saviez-vous que des politiciens canadiens ont aussi figuré dans des bandes dessinées Web, des romans illustrés, et même des BD de super-héros?

Hark! A Vagrant, la bande dessinée de Kate Beaton publiée en anglais sur le Web, met souvent en vedette des personnages historiques. Sa planche « A History Debate » présente ainsi une brochette de figures connues ayant marqué notre pays. On peut y voir sir John A. Macdonald discuter de la façon de rendre l’histoire du Canada moins ennuyante. (Et précisons qu’à nos yeux, elle est tout sauf ennuyante!)

Quelques romans illustrés relatent quant à eux la vie de politiciens canadiens. C’est le cas de Louis Riel: A Comic-Strip Biography, par Chester Brown, et de Hyena in Petticoats: The Story of Suffragette Nellie McClung, par Willow Dawson. Les auteurs de ces ouvrages à saveur biographique prennent certaines libertés pour décrire les événements, mais la majeure partie de leur récit est fondée sur la réalité.

À l’opposé, des super-héros de BD côtoient parfois des politiciens canadiens dans des aventures incroyables! Ce sera bientôt le cas du premier ministre Justin Trudeau, qui fera son entrée dans le monde de la bande dessinée dans un numéro publié par Marvel et écrit par le Canadien Chip Zdarsky. D’autres avant lui sont déjà passés par là; ainsi, dans le premier numéro de New Triumph featuring Northguard, le héros éponyme met à jour un complot visant à tuer le premier ministre du Québec, René Lévesque. Heureusement, Northguard arrive juste à temps pour lui sauver la vie.

Pierre Elliott Trudeau n’est pas en reste : dans le 120e numéro de la BD The X-Men, le premier ministre du Canada rencontre James MacDonald Hudson (nom de code : Vindicator), de la Division Alpha, l’équipe de super-héros canadiens. Il lui confie une mission : capturer et ramener au pays Wolverine, un membre canadien des X-Men. Les illustrations de cette BD sont l’œuvre de l’artiste canadien John Byrne.

Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau est debout devant un grand écran où l’on voit les X-Men combattant un robot géant. À ses côtés se tient Vindicator, chef de la Division Alpha, à qui il demande de lui expliquer qui sont les X-Men. Au haut de la page, on peut lire en gros caractères « The Uncanny X-Men » (« Les mystérieux X-Men »), ainsi que le titre « Wanted: Wolverine! Dead or Alive! » (« Recherché mort ou vif : Wolverine »). La scène se déroule dans le centre des opérations du ministère de la Défense du Canada.

Vindicator, chef de la Division Alpha, explique à Pierre Elliott Trudeau qui sont les X-Men dans le no 120 de la série du même nom, publié par Marvel Comics en avril 1979. (Réimprimé dans X-Men: Alpha Flight) AMICUS 44300363 © MARVEL

Mais c’est peut-être dans Angloman: Making the World Safe for Apostrophes! que les politiciens canadiens sont dépeints de la façon la plus surprenante. Angloman, le super-héros du bilinguisme, y rencontre une série de personnages dotés de pouvoirs spéciaux. Ceux-ci sembleraient sans doute familiers aux personnes qui étudient la politique canadienne. Ainsi, Power Chin est une parodie du premier ministre Brian Mulroney; il arbore un menton surdimensionné, l’un des traits du politicien les plus repris par les caricaturistes. Pierre Elliott Trudeau, quant à lui, devient The Northern Magus, un mystérieux personnage doté de pouvoirs magiques et ne s’exprimant qu’en vers, toujours vêtu d’une cape et portant une rose à la boutonnière.

Croquis et descriptions textuelles de trois personnages : Poutinette, The Northern Magus et Power Chin.

Notices biographiques de trois personnages (Poutinette, The Northern Magus et Power Chin), tirées d’Angloman: Making the World Safe for Apostrophes! (AMICUS 14740760) © Mark Shainblum et Gabriel Morrissette. Reproduit avec la permission de Signature Editions.

Les bandes dessinées qui traitent de l’histoire du Canada vous intéressent? Vous aimeriez découvrir d’autres BD canadiennes? Visitez l’exposition de Bibliothèque et Archives Canada intitulée Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne, à l’affiche jusqu’au 14 septembre au 395, rue Wellington à Ottawa. L’admission est gratuite.

Autres ressources


Meaghan Scanlon est bibliothécaire des collections spéciales au sein de la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.

Solidarité féminine : la lutte pour les droits de la femme au Canada

« Les femmes formeront une chaîne, le monde n’aura jamais connu pareille solidarité féminine. » Nellie McClung, 1916

En 2016, nous commémorons une étape importante dans la lutte pour les droits de la femme : le 100e anniversaire du droit de vote des femmes au Canada. Pour souligner cette avancée sur la voie de l’égalité et mettre en lumière les obstacles surmontés par les Canadiennes au cours du dernier siècle, Bibliothèque et Archives Canada, en partenariat avec Patrimoine canadien, lance une exposition extérieure intitulée Solidarité féminine : la lutte pour les droits de la femme au Canada.

Cet événement succède à une autre exposition organisée par Bibliothèque et Archives Canada l’hiver dernier, Laissez-les hurler : 100 ans de lutte pour les droits de la femme. Pour l’occasion, des portraits de femmes étaient présentés sur le canal Rideau, à Ottawa, ainsi qu’au Fort Gibraltar, à Winnipeg. Cette fois, l’exposition Solidarité féminine met à l’affiche des reproductions de portraits et de photographies documentaires mettant en vedette des personnes et des groupes de femmes d’influence. Toutes ont dû briser des barrières pour pouvoir participer pleinement à la vie économique, politique et sociale du Canada, et contribuer du même coup à en faire un pays plus inclusif et plus démocratique.

Photographie en noir et blanc d’un groupe d’infirmières militaires faisant la file pour déposer leur bulletin de vote à un bureau de scrutin installé à l’extérieur d’un campement. Quatre officiers supervisent les procédures, pendant qu’une infirmière remplit son bulletin derrière un paravent. On voit des tentes à l’arrière-plan.

Des infirmières militaires du Canada affectées dans un hôpital canadien déposent leur bulletin de vote lors des élections fédérales, en décembre 1917. (MIKAN 3623046)

Pendant la Première Guerre mondiale, plus de 2 000 infirmières, supervisées par Margaret Macdonald, « matrone » en chef des soins infirmiers, ont servi outre-mer au sein de l’Armée canadienne. En accordant à tous les militaires, y compris les infirmières, le droit de vote aux élections fédérales, la Loi des électeurs militaires (1917) a permis que ce droit s’étende à toutes les femmes en 1918.

Syndicaliste québécoise et membre fondatrice de la Confédération des syndicats canadiens, Madeleine Parent a œuvré pour que les ouvrières de l’industrie du textile obtiennent de meilleures conditions de travail. Cofondatrice du Comité pour l’égalité des femmes au Canada, Mme Parent a aussi défendu les droits des femmes autochtones.

Photographie en noir et blanc d’une femme marchant dans la rue; derrière elle, un homme tient une affiche arborant le slogan « L’union fait la force ».

Madeleine Parent participe à la parade du mois de mai à Valleyfield (Québec), vers 1949. (MIKAN 3257043)

Buffy Sainte-Marie a consacré ses 50 années de carrière comme auteure-compositrice-interprète à la situation des peuples autochtones. Son œuvre artistique et son implication comme éducatrice et militante lui ont valu une large reconnaissance et de très nombreux prix. En 1997, elle a fondé le Cradleboard Teaching Project (en anglais seulement), qui contribue à la création de programmes d’enseignement de base qui intègrent les conceptions autochtones.

Photographie en noir et blanc d’une femme aux longs cheveux foncés qui regarde l’objectif.

Buffy Sainte-Marie. Photographie prise par Robert Taillefer, 1975 © Robert Taillefer (MIKAN 4167090)

Ne manquez pas l’exposition extérieure Solidarité féminine : la lutte pour les droits de la femme au Canada ! Pour la voir, rendez-vous sur le pont Plaza en face du Château Laurier, sur la rue Rideau, à Ottawa. L’exposition tiendra l’affiche jusqu’à la fin de semaine de l’Action de grâce.

Vous pouvez aussi vous renseigner sur l’obtention du droit de vote des femmes au Canada ou lire nos autres articles de blogue sur le sujet.

Des images de dentistes et de dentisterie maintenant sur Flickr

Le Canada compte très peu de dentistes au début de sa période coloniale. Quelques individus prétendent posséder des compétences en la matière, mais ceux qui recourent à leurs services le font vraiment à leurs risques et périls. À l’époque, au Canada, la dentisterie est loin d’atteindre les standards professionnels et médicaux reconnus en Europe.

Durant les années 1800, le Canada bénéficie de l’arrivée de dentistes provenant des États-Unis. Ces professionnels amorcent un mouvement pour une amélioration de la formation, de l’apprentissage et des méthodes de travail au pays, donnant lieu à la publication, en 1815, d’un premier ouvrage sur dentisterie, The Summum Bonum, par L. S. Parmly de Montréal. Finalement, l’expertise médicale se développe au Canada et diverses associations voient le jour, notamment l’Ontario Dental Association (1867) et le Royal College of Dental Surgeons (1868).

À mesure que les normes de pratique et la formation évoluent, les écoles de médecine dentaire sont intégrées dans les universités, affirmant ainsi la place de la dentisterie au sein des professions médicales. Les soins et services dentaires continuent à s’étendre et deviennent de plus en plus accessibles dans les grandes et moyennes villes, d’un bout à l’autre du pays. Des soins dentaires sont également offerts à nos soldats à l’extérieur du pays en période de conflit, notamment durant la Première et la Deuxième Guerre mondiale.

Lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson, VC

Aujourd’hui, notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria se souvient du lieutenant Thomas Lawder Wilkinson du 7e Bataillon du Loyal North Lancashire Regiment, Corps expéditionnaire britannique, à qui l’on a décerné la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’il a accomplis dans les champs de bataille de la Somme il y a cent ans aujourd’hui, le 5 juillet 1916.

Le lieutenant Wilkinson est né dans le comté de Shropshire, en Angleterre, et il immigre au Canada avec sa famille avant la Première Guerre mondiale. Le 23 septembre 1914, il s’enrôle dans le 16e Bataillon, The Canadian Scottish, Corps expéditionnaire canadien (CEC), il sera ensuite muté au sein du Loyal North Lancashire Regiment en tant qu’officier d’artillerie. C’est avec cette unité que M. Wilkinson participera à la bataille de la Somme.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme portant une casquette et un uniforme, le regard projeté derrière le photographe.

Lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson, VC, sans date (AMICUS 2715209)

Quatre jours après la journée de combat la plus dévastatrice dans toute l’histoire de l’armée britannique, M. Wilkinson et deux autres hommes se fraient un chemin jusqu’à une mitrailleuse avancée, que vient d’abandonner un groupe de soldats britanniques en battant en retraite. De leur propre initiative, ils réussissent à retenir des soldats allemands en attendant l’arrivée d’une autre unité en renfort. Plus tard dans la même journée, le lieutenant Wilkinson se portera à la défense de plusieurs hommes de différentes unités coincés par un amoncellement de terre que les troupes allemandes bombardent. La citation publiée dans la London Gazette décrit les événements comme suit :

[Wilkinson] installa promptement une mitrailleuse sur le parapet et dispersa les ennemis qui lançaient des grenades. Plus tard encore, il tenta à deux reprises de ramener un homme blessé. À la seconde tentative, il reçut une balle au cœur juste avant d’atteindre le soldat. Pendant toute cette journée, il fit preuve d’un courage et d’un dévouement exemplaires (traduction d’un extrait de la London Gazette, le 26 septembre 1916 [en anglais seulement]).

Photographie en noir et blanc de quatre soldats transportant une civière sur laquelle repose un corps recouvert d’une bâche, dans un paysage de désolation.

Transport d’un corps dans un champ de bataille de la Somme, juillet 1916, Bureau canadien des archives de guerre (MIKAN 3520928)

Le corps du lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson n’a jamais été récupéré. Son nom figure sur le Mémorial de Thiepval, en France, un monument britannique érigé à la mémoire des disparus.

Bibliothèque et Archives Canada garde le dossier des états de service du lieutenant Thomas Orde Lawder Wilkinson alors qu’il est rattaché au CEC.

Soixante-quinzième anniversaire de la Division féminine de l’Aviation royale du Canada

Par Laura Brown

Le 10 septembre 1939, lorsque le Canada s’est joint aux Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, on ne permettait pas aux Canadiennes de s’enrôler dans l’armée. Tout comme durant la Première Guerre mondiale, les femmes qui souhaitaient contribuer à l’effort de guerre n’avaient d’autre choix que de devenir infirmières. Bon nombre de femmes cherchant d’autres moyens de faire leur part se sont tournées vers le bénévolat ou le travail rémunéré ou, encore, elles ont joint des organisations militaires non officielles qui les autorisaient à porter l’uniforme et à participer aux exercices militaires. En 1941, alors que le gouvernement canadien subissait de plus en plus de pression de la part de femmes désirant s’engager et qu’il craignait une imminente pénurie de recrues mâles, il a dû examiner la possibilité que les femmes jouent d’autres rôles dans l’armée. Entre-temps, l’expansion du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth brittanique au Canada nécessitait que l’on pourvoie à des postes au sol dans les nouveaux centres partout au pays. Les hautes autorités, en conséquence, ont décidé que l’Aviation royale du Canada (ARC) serait le premier service à accepter des femmes. Le Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne voit le jour le 2 juillet 1941. Son nom changera pour « Division féminine de l’Aviation royale du Canada » (ARC-DF) sept mois plus tard. À l’été de 1942, on retrouvait des Canadiennes dans les trois commandements d’armée – l’aviation, l’armée de terre et la marine.

Affiche en couleur illustrant le visage d’un homme et d’une femme membres de l’Aviation royale du Canada. L’homme porte une casquette et des lunettes d’aviateur et la femme porte une casquette bleue avec une visière. Entre l’homme et la femme, il y a un médaillon composé d’un cercle bleu et d’une feuille d’érable rouge au centre.

Affiche de recrutement de l’Aviation royale du Canada datant de la Seconde Guerre mondiale, « Men, Women The RCAF Needs You Now! » (Hommes, femmes, l’ARC a besoin de vous!) [1943] (MIKAN 2999983)

Malgré le titre « d’aviatrices », les membres féminins de l’ARC sont demeurés au sol durant leur service. Même si les femmes n’étaient pas autorisées à piloter des avions, les messages apparaissant sur les affiches de recrutement, dans les journaux et les films comme l’œuvre de l’Office national du film du Canada de Jane Marsh, Nos femmes ailées (1943), renforçaient l’idée selon laquelle les rôles que les femmes pouvaient jouer étaient, à tous égards, aussi importants pour l’effort de guerre. En fait, les tâches que les femmes ont assumées au sein de l’ARC-DF, comme la dactylographie, la cuisine et le pliage des parachutes, étaient essentielles, et on rappelait aux femmes recrues que chaque fois qu’elles appuyaient l’armée, le Canada pouvait envoyer un autre homme au combat. L’ARC-DF en faisait d’ailleurs la promotion comme suit : « We Serve that Men May Fly » (Nous servons pour que les hommes puissent voler). En tout, 17 038 femmes ont porté la casquette et l’uniforme bleus pendant leur service au sein de l’ARC-DF durant la Seconde Guerre mondiale.

Photographie en noir et blanc de deux femmes vêtues d’une combinaison de travail, se tenant debout de chaque côté d’une longue table, sur laquelle est déposé un parachute plié.

Des aviatrices non identifiées expliquant la technique de pliage des parachutes, station de l’ARC, Rockcliffe (Ontario), 1943 (MIKAN 3583064)

Certaines femmes ont joué un rôle particulier au sein de la Division féminine, c’est le cas de Willa Walker et de Jean Davey. Mme Walker s’est engagée en 1941, elle a excellé pendant son entraînement et a, par la suite, obtenu le grade d’officier d’escadre, commandante de l’ARC-DF. Jean Flatt Davey a aussi joint l’ARC en 1941 et est devenue la première femme à faire partie du service médical. Plus tard, elle assumera la fonction de médecin-chef de l’ARC-DF.

Photographie en noir et blanc de sept membres de la Division féminine de l’Aviation royale du Canada. Les femmes sont debout, dehors, les mains jointes derrière le dos et elles sourient à la caméra. Elles portent des uniformes réglementaires, dont une veste, une jupe, une casquette et des souliers.

Personnel de la Division féminine de l’ARC, sans date. Jean Flatt Davey et Willa Walker sont troisième et quatrième à partir de la gauche, respectivement (MIKAN 4674254)

Vous pouvez consulter le fonds Willa Walker et le fonds Jean Flatt Davey de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) si vous désirez en apprendre davantage sur ces femmes. Dans ces collections, comme dans d’autres collections privées et gouvernementales gardées à BAC, vous trouverez une foule de documents rattachés à l’ARC-DF. Ce patrimoine documentaire se veut un rappel de l’imposante contribution des premières aviatrices canadiennes durant la Seconde Guerre mondiale.

Ressources connexes


Laura Brown est une archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.