Tiré de la collection Lowy : vestiges de la communauté juive espagnole

Par Michael Kent

En tant que bibliothécaire, on m’interroge souvent sur la valeur du livre imprimé à l’ère numérique. Après tout, plusieurs livres des collections dont je m’occupe peuvent être consultés sur Internet en format numérique. Il est vrai que même les plus anciens ouvrages des collections de Bibliothèque et Archives Canada sont maintenant accessibles en ligne sous divers formats; cependant, je suis convaincu que le pouvoir évocateur de l’objet matériel, et de toutes les histoires qui se cachent derrière, dépasse largement le simple contenu de ses pages.

Le fragment du Pentateuque de 1491, le livre des écritures canoniques juives, publié en Espagne, est l’un des ouvrages qui inspirent fortement un tel sentiment.

Cette Bible, imprimée par Eliezer ibn Alantansi à Hijar en Espagne, est le dernier livre hébraïque daté à avoir été imprimé en Espagne avant l’expulsion des Juifs de ce pays en 1492. L’âge, la qualité d’impression et le degré d’érudition nécessaire pour produire un tel livre en font déjà une œuvre majeure des débuts de l’imprimerie, mais c’est l’histoire qu’il nous raconte à propos de l’expulsion des Juifs d’Espagne qui lui confère un tel pouvoir évocateur.

Malheureusement, le problème des réfugiés n’est pas nouveau. À l’heure actuelle, nous vivons une crise des réfugiés à l’échelle internationale, une crise que nous pouvons observer pratiquement en direct grâce aux médias sociaux. La technologie moderne nous permet de découvrir, avec une certaine honte, la pénible existence de ceux qui vivent dans des camps de réfugiés.

La multitude de blogues, de photos, de témoignages personnels et d’informations diffusées dans les médias permettra aux futures générations de chercheurs de comprendre les difficultés que doivent surmonter les réfugiés contemporains, et ce, d’une manière que les précédentes générations n’auraient jamais pu imaginer. Mais qu’en est-il des réfugiés d’autrefois? Comment faire pour comprendre les problèmes des réfugiés au Moyen Âge, leurs attentes, leurs anciennes vies, leurs espoirs pour l’avenir, et la désolation causée par les bouleversements qu’ils ont subis?

Toutes ces questions posent un énorme défi aux historiens qui s’intéressent à la vie des gens ordinaires dans les temps anciens. L’Histoire ne doit pas se limiter à une suite de dates ou à la vie des élites de la société; nous devons chercher à connaître ce qu’ont vécu les masses populaires et tirer des leçons de leurs expériences collectives.

Mais revenons à cet ouvrage biblique tiré de la collection Lowy. Si l’on s’en tient strictement au contenu du livre, le Pentateuque n’est-il rien d’autre qu’une bible rabbinique ordinaire, le genre d’ouvrage qu’on pourrait aisément télécharger sans frais sur Internet? La réponse toute simple est non. Au‑delà du texte qu’il contient, cet objet nous permet-il de mieux connaître la communauté juive d’Espagne à la veille de son expulsion? Je réponds oui, sans hésiter.

Une photographie en couleur d’une page jaunie, et imprimé couverte d’écriture hébraïque.

Une page de la Bible hébraïque de 1490 imprimé par Eliezer ben Avraham Alantansi (AMICUS 32329787)

En regardant cette page, je vois une communauté qui se considérait comme stable, bien établie, et qui croyait avoir un avenir en Espagne. Au début de l’imprimerie, la production d’une bible comme celle-ci aurait constitué un projet très ambitieux. La mise sur pied d’un équipement communautaire telle une presse à imprimer, l’investissement consenti en études savantes et un engagement financier considérable démontrent clairement à mes yeux que les Juifs d’Espagne se sentaient en sécurité en Espagne et envisageaient un long et bel avenir dans la péninsule ibérique. Je regarde cette page et je vois des gens qui ne pouvaient imaginer les bouleversements et dévastations qui frapperaient leur communauté moins de deux ans plus tard. Bref, je vois un témoignage direct de l’un des plus vastes mouvements de réfugiés en Europe médiévale.

En tant que bibliothécaire et conservateur, je crois fermement au pouvoir d’évocation du livre physique, un pouvoir qui va bien au-delà du simple contenu de l’ouvrage. Si les livres électroniques et les sites Web permettent un accès universel à une large gamme de contenus intellectuels, les leçons de vie et les témoignages historiques offerts par le livre physique demeurent irremplaçables.


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob M. Lowy.

Images de la Colombie-Britannique maintenant sur Flickr

La Colombie-Britannique est la province la plus à l’ouest du Canada; c’est une région montagneuse bordée par l’océan Pacifique, dont la population est surtout regroupée dans le coin sud-ouest. Le nom de cette province a été choisi en 1858, et New Westminster, un village situé dans la partie continentale de la province, en est devenu la capitale. Lorsque les colonies établies sur le continent et sur les îles se sont réunies en 1866, l’île-cité de Victoria a été désignée comme nouvelle capitale. La Colombie-Britannique a joint la Confédération canadienne en 1871, devenant ainsi la 6e province du pays.

Photographie en noir et blanc d'une classe d'enfants du jardin de la petite enfance avec les enseignants dans le dernier rang.

Cérémonie de graduation d’une classe de maternelle, Église japonaise de l’Ascension, Vancouver (Colombie-Britannique) (MIKAN 3648578)

Le saviez-vous?

  • Les majestueux paysages et les fascinantes formations géologiques de la Colombie-Britannique sont dus à l’épaisse couche de glace qui recouvrait la province à l’âge glaciaire.
  • Les Paléoaméricains sont arrivés dans le nord-ouest du Pacifique il y a 12 000 à 20 000 ans, et depuis, les communautés autochtones se sont implantées sur la côte et dans le riche et vaste territoire intérieur de la province.
  • L’introduction de la traite des fourrures au début du 19e siècle et la découverte de gisements d’or dans le cours inférieur du fleuve Fraser en 1858 ont entraîné une augmentation du nombre de colons et la construction de villes permanentes. Le 20e siècle apporta l’industrialisation et une exploitation intensive des ressources naturelles. Par conséquent, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles est devenue une priorité pour la province dans la période de l’après-guerre.
  • La Colombie-Britannique est l’une des provinces les plus diversifiées au point de vue ethnique, avec le plus haut pourcentage de minorités visibles, principalement originaires d’Asie et d’Asie du Sud-Est.

Visitez l’album Flickr maintenant !

Lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, VC

Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, Canadien d’origine irlandaise établi à Medicine Hat, en Alberta, récipiendaire de la Croix de Victoria.

Portrait en noir et blanc d’un officier portant un ceinturon Sam Browne et regardant directement le viseur.

Capitaine Frederick M. Harvey, VC, sans date (MIKAN 3216613)

Le lieutenant Harvey, né à Athboy, dans le comté de Meath, en Irlande, est l’un des trois membres internationaux de la fédération irlandaise de rugby à avoir reçu la Croix de Victoria, et le seul à l’avoir obtenue pendant la Première Guerre mondiale. En 1908, il s’installe à Medicine Hat, en Alberta, puis s’enrôle le 18 mai 1916 dans le 13e régiment du bataillon canadien de fusiliers à cheval (Canadian Mounted Rifles). Après son arrivée en France, il passe au régiment Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians).

Le 27 mars 1917, les troupes du lieutenant Harvey avancent vers le village de Guyencourt, en France, alors que les tirs de mitrailleuses allemandes leur infligent de lourdes pertes. La citation visant à décerner la Croix de Victoria au lieutenant Harvey relate ce qui suit :

À ce moment critique, alors que l’ennemi ne semble pas avoir l’intention de retraiter et que les tirs demeurent intenses, le [lieutenant] Harvey, qui commande la troupe de tête, devance ses hommes et court vers la tranchée, toujours occupée par l’ennemi, saute par-dessus les barbelés, tue le mitrailleur et s’empare de son arme. Ce geste des plus courageux a sans aucun doute été déterminant pour le succès de l’opération. (London Gazette, no 30122, 8 juin 1917)

Reproduction en noir et blanc d’une entrée dans un journal de guerre indiquant le lieu, la date, l’heure, un résumé des événements et d’autres informations.

Extrait des journaux de guerre du Lord Strathcona’s Horse, 27 mars 1917 (MIKAN 2004721)

Le lieutenant Harvey est tout d’abord décoré de l’Ordre du service distingué, et se voit par la suite décerner la Croix de Victoria. Il reçoit la Croix militaire pour son rôle dans la charge du Lord Strathcona’s Horse près du bois de Moreuil, le 30 mars 1918, et le gouvernement français lui décerne la Croix de guerre.

Le lieutenant Harvey reste dans le Lord Strathcona’s Horse et est promu capitaine en 1923. Il enseigne le conditionnement physique au Collège militaire royal du Canada de 1923 à 1927, devient lieutenant-colonel en 1938, puis brigadier-général en 1939. Harvey sert comme colonel honoraire dans le Lord Strathcona’s Horse de 1958 à 1966. Il s’éteint en août 1980, à l’âge de 91 ans.

Photographie en noir et blanc d’un homme épinglant une décoration sur la poche de la veste d’un autre homme. Un autre homme lit la citation, alors qu’un quatrième tient une mallette. À l’arrière-plan, des soldats se tiennent au repos.

Sa Majesté le roi décorant de la Croix de Victoria le lieutenant Harvey du Lord Strathcona’s Horse (MIKAN 3362384)

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey.

Ressources connexes

Conservatrice invitée : Tania Passafiume

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Temples of Today, John Vanderpant, 1934

 Photographie noir et blanc d’un silo à grains; de hautes tours circulaires se dressent devant un immeuble rectangulaire encore plus haut.

Temples of Today, John Vanderpant, 1934. (MIKAN 3784205)

Le photographe John Vanderpant voyait les silos à grains du Canada comme de véritables temples. Ceux-ci reflétaient sa vision utopique du pays, fondée sur sa confiance envers le commerce et l’industrie. À ses yeux, l’industrie était l’avenir de la nation.


Parlez-nous de vous.

Dès l’âge de 13 ans, j’ai su que je voulais devenir restauratrice. Mon oncle avait épousé une femme formidable du nom de Janice, qui était restauratrice en beaux-arts; elle restaurait des peintures, des œuvres d’art sur papier et des photographies. Elle m’a beaucoup influencée. J’ai travaillé dans son laboratoire privé pendant mes études à l’université. J’ai ainsi pu acquérir de l’expérience avant même de commencer mes études supérieures en conservation. Quand j’ai obtenu mon diplôme, les emplois se faisaient rares au Canada; cette année-là, ma tante avait fermé son laboratoire pour voyager. Sur un coup de tête, je me suis retrouvée à la George Eastman House. Je devais y rester seulement trois mois, mais finalement, ça s’est transformé en trois ans et trois mois! C’est là que j’ai développé ma passion pour la photographie, et en particulier pour les procédés historiques. J’avais souvent les mains noircies à cause de tout le nitrate d’argent que je manipulais. Et maintenant que je suis à Bibliothèque et Archives Canada, je vois parfois le nom de ma tante sur quelques rapports, puisqu’elle a déjà été stagiaire ici, bien avant mon arrivée.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

La collection de photographies de BAC est très diversifiée : on y trouve tout un éventail de procédés et d’images. Dans cette exposition, mon œuvre préférée s’intitule Temples of Today, de John Vanderpant. Comme je suis restauratrice de photographies, je regarde souvent au-delà de l’image pour examiner de près les matériaux, voir comment la photo a été prise, tenter de déterminer si elle a été altérée… Alors souvent, pour ne pas me laisser distraire par l’image, je place la photo tête en bas; elle devient moins distrayante, et je peux mieux me concentrer sur les matériaux.

Pour cette photo, je n’ai eu qu’à me pencher et à examiner la surface avec un éclairage de côté, presque à hauteur des yeux. Comme ça, on peut vraiment « voir » un objet; ça fait ressortir toutes les marques et les déformations qui découlent de sa manipulation.

Si vous observez la photo de Vanderpant de cette façon, vous verrez les empreintes d’un chat! Nous croyons qu’un chat a marché dans les deux sens sur la photo, alors qu’elle était déjà montée sur le support papier. Ses empreintes se retrouvent à la fois sur la photo et le support. Vanderpant avait peut-être un chat qui lui rendait visite dans le studio? J’aime bien trouver ce genre de secret bien caché sur une œuvre! J’ai essayé d’enlever ou d’atténuer les empreintes, mais elles sont bien incrustées dans l’émulsion. Je n’ai donc pas pu faire grand-chose comme traitement, et on les voit encore.

Une photographie placée sur une table, sous un puissant éclairage de côté, révèle la présence d’empreintes de chat.

Vue de la photographie Temples of Today sous un éclairage de côté, révélant la présence d’empreintes de chat. Photo prise par Tom Thompson.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

J’aime beaucoup montrer aux gens un daguerréotype datant de juillet 1858 qui montre la Brasserie Molson, à Montréal, après un incendie. C’est une demi-plaque encore en bon état. L’image est sombre, car l’incendie n’a rien épargné. On voit un homme debout au milieu des ruines; une femme est assise à sa gauche, avec un jeune enfant qui a bougé quand la photo a été prise, parce que l’image est floue. C’est émouvant quand on pense que le daguerréotypiste était sur les lieux à ce moment.

Il y a quelques années, ce daguerréotype a été choisi pour faire partie d’une exposition. J’ai donc eu la chance de pouvoir ouvrir son étui pour l’examiner. Le ruban d’étanchéité d’origine avait déjà été enlevé. Quand j’ai retiré le passe-partout de cuivre, j’ai tout de suite vu la marque d’un doigt dans le coin supérieur gauche. C’est peut-être l’empreinte du daguerréotypiste, dont on ne connaît pas l’identité. Il l’a sans doute laissée involontairement quand il a développé la plaque ou qu’il l’a placée dans son étui. Ce mystère du passé crée un pont, un lien entre nous, ces gens sur la photo et la personne invisible derrière l’appareil photo.

Coin d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. La photo montre un gros plan de la Brasserie Molson après un incendie. Une femme avec un bébé est assise au bas de l’image.

Détail d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. Photo prise par Jennie Woodley. (MIKAN 3623957)

Image noir et blanc des décombres de la brasserie à l’avant-plan, avec un immeuble endommagé en en arrière-plan. Une femme et un bébé sont assis au centre, à la gauche d’un homme debout.

Image pleine grandeur de la Brasserie Molson après l’incendie de 1858. (MIKAN 3623957)

Pour rester dans le thème des animaux et des photos, j’aimerais vous parler d’un chien bien spécial que nous appelons, au Centre de préservation, le « Décadog ». C’est l’exemple parfait d’un animal qui agit comme tel, peu importent les circonstances!

On peut voir ce chien sur une photo panoramique (un négatif en nitrate) du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. Ces militaires faisaient partie d’unités du Corps expéditionnaire canadien et de la Royal Air Force qui s’entraînaient dans divers camps, en Ontario. La photo qui nous intéresse a été prise à Kingston entre 1914 et 1918. Le négatif a été découvert en 2011, quand mes collègues Carla Klück et Louise Perrault ont passé en revue notre collection de clichés panoramiques au nitrate.

C’est un négatif de grandes dimensions : il fait 200 mm de hauteur sur 1060 mm de largeur! À première vue, c’est une simple photo de troupes militaires au tournant du siècle. Mais en la regardant de plus près, on aperçoit un chien à l’avant-plan. Et pas n’importe quel chien : un chien à onze pattes! Les observateurs sont toujours confus quand ils remarquent ce détail inhabituel. Quelqu’un avait déjà tracé dix des pattes à l’encre noire sur le négatif, d’où le surnom « Décadog ». (Sur l’épreuve positive, l’encre noire apparaît en blanc.) L’avant-dernière patte à gauche a été omise.

Maintenant, vous vous demandez sans doute comment un tel chien pouvait exister! La réponse est simple : la photo a été prise par une caméra panoramique appelée Cirkut. Cette caméra pouvait prendre des clichés panoramiques en pivotant horizontalement pendant qu’un rouleau de pellicule se déplaçait sur le plan du film. Le chien sur la photo a dû marcher pendant que la caméra tournait de gauche à droite, et la lente prise de vue a capté ses mouvements.

Pour prouver que ce chien était un ami à quatre pattes « normal », j’ai trouvé une autre photographie au nitrate où il apparaît. Cette fois, il s’agit du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. La photo a été prise au camp de Petawawa en juin 1916. Les signes distinctifs sur la tête du chien nous font croire qu’il s’agit du même animal sur les deux photos.

Prise de vue panoramique noir et blanc de deux rangées de soldats en uniforme, entre deux canons sur roues. Le « Décadog » se tient à l’avant. On aperçoit les casernes en arrière-plan.

Photo du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) avec le « Décadog », par Andrew Merrilees. (MIKAN 4474227)

Photo du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) au camp de Petawawa, avec un chien au centre, par Andrew Merrilees. (MIKAN 4473482)

Biographie

Photo en couleur d'une femme regardant le photographe.

Crédit Tom Thompson

Tania Passafiume est restauratrice en chef des documents photographiques à Bibliothèque et Archives Canada depuis 2005. Après avoir terminé sa maîtrise en restauration d’œuvres d’art à l’Université Queen’s avec une spécialisation en restauration de photographie, d’œuvres sur papier et de livres, elle a déménagé à Rochester, dans l’État de New York, où elle a passé plus de trois ans à la George Eastman House, d’abord pour suivre un programme de certificat sur la restauration photographique et la pratique de l’archivage, puis à titre de boursière du premier cycle du Programme de résidence avancé Andrew W. Mellon en restauration photographique. Pendant les trois années qui ont suivi, Tania a été boursière de la Fondation Andrew W. Mellon en restauration photographique à l’Art Institute of Chicago. Elle a aussi travaillé dans les établissements et laboratoires privés suivants : Jana Conservation, McMichael Canadian Art Collection, les Archives nationales du Canada, les Archives de la Ville de Vancouver et le Centre canadien d’architecture.

En collaboration avec l’Institut canadien de conservation, Tania a publié Silver Gelatin Paper Sample Sets, fondé sur sa thèse de la George Eastman House. Cet ouvrage a donné lieu à des travaux de recherches sur Hippolyte Bayard, un projet sur lequel elle travaille en ce moment avec le Centre de recherche sur la conservation des collections, à Paris. Plus récemment, elle a piloté un projet réunissant Bibliothèque et Archives Canada et la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris/Atelier de restauration et de conservation des photographies de la Ville de Paris. Cette collaboration a débouché sur le premier glossaire visuel français-anglais portant sur conservation photographique, intitulé Lingua Franca : Un langage commun pour les restaurateurs de documents photographiques. Publié sous forme de livre numérique enrichi, il est offert gratuitement sur iTunes.

 

Trouver des accidents ferroviaires dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Par Rebecca Murray

Ces dernières années, des déraillements et des collisions de trains de grande envergure ont retenu notre attention et sont devenus des enjeux pour la sécurité publique, mais ce fait n’a rien de nouveau si l’on se reporte à l’histoire du transport au cheminCanada. L’histoire du chemin de fer au Canada est parsemée d’accidents ferroviaires et elle a façonné la vie de nombreux Canadiens.

Une photo en noir et blanc montrant un déraillement dans la gare de triage.

Déraillement de wagons sur l’avenue Strachan à Toronto, 19 décembre, 1916. Photographie prise par John Boyd (MIKAN 3364261)

Avez-vous déjà été témoin d’un accident ferroviaire? Peut-être qu’un membre de votre famille ou un ami a subi les affres d’un tel accident? Avez-vous de l’intérêt pour l’histoire du chemin de fer dans une région donnée ou en ce qui a trait à une compagnie en particulier? Ce ne sont là que quelques-unes des innombrables raisons qui incitent les chercheurs à consulter les Services de référence de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) au sujet d’accidents ferroviaires.

Amorcer une recherche sur les accidents ferroviaires

D’abord, il faut recueillir autant d’information que possible sur l’accident ferroviaire avant de communiquer avec les services de BAC ou de se présenter à l’un des bureaux de l’organisation. La date et le lieu exacts sont extrêmement importants, tout comme certains détails, tels que le nom des personnes concernées et, si l’information est connue, le type d’accident (p. ex., à un passage à niveau public, un déraillement, une collision). Si certains de ces détails sont manquants, on peut consulter des journaux sur microfilm ou en ligne avant d’entreprendre des recherches au moyen des outils en direct de BAC. Les documents relatant les accidents sont généralement classés par ordre chronologique, la date est donc l’élément clé pour amorcer les recherches auprès de l’institution appropriée.

BAC garde les dossiers des accidents ferroviaires dont les enquêtes ont débuté en 1990 ou avant, tandis que le Bureau de la sécurité des transports du Canada tient à jour une base de données en ligne sur les enquêtes menées de 1991 jusqu’à maintenant.

Documents en possession de BAC

Les documents d’accidents ferroviaires sont répartis dans diverses séries du fonds de la Commission canadienne des transports (RG46) en fonction de la plage de dates et du type d’accident.

Au moment d’entreprendre des recherches, il est préférable de procéder comme suit au moyen des instruments de recherche.

No d’instrument de recherche Format Période de temps Marche à suivre
46-21 Recherche de fonds d’archives De 1838 à 1987 Dans le premier encadré, cliquer sur la flèche vers le bas et sélectionner No d’instr. de recherche. Dans l’encadré à droite, inscrire 46-21. Dans la seconde rangée d’encadrés, la sélection par défaut est réglée à Tout mot-clé. Inscrire le mot accident dans la boîte à droite. Appuyer sur Retour. À droite de la liste des résultats, on peut utiliser les fonctions afin de trier tous les résultats par date, ou encore pour restreindre les réponses à une décennie précise.
46-10 Instrument de recherche en ligne 46-10

(en anglais seulement)

De 1904 à 1949, de 1964 à 1972 L’instrument de recherche présente des documents classés par ordre alphabétique, puis chronologique, selon les compagnies de chemin de fer. Le contenu de chaque rapport varie, mais on fait souvent mention d’accidents.
46-55 Instrument de recherche en ligne 46-55

(en anglais seulement)

De 1900 à 1992 Des accidents survenus à des traverses de chemin de fer, classés par ordre alphabétique selon les subdivisions géographiques
46-58 Instrument de recherche en ligne 46-58 (en anglais seulement) 1982 et 1983 Par ordre chronologique
46-59 Instrument de recherche en ligne 46-59 (en anglais seulement) 1984 Par ordre chronologique

De plus, il existe d’autres ressources sur Internet et sur place, à Bibliothèque et Archives Canada, au 395, rue Wellington, à Ottawa. On peut avoir recours à la Recherche de fonds d’archives pour effectuer des recherches générales à partir de mots-clés comme « chemin de fer » ET « accident » (ou « déraillement », « collision ») et utiliser le menu de droite pour trier tous les résultats en fonction d’une date ou encore pour restreindre les réponses à une décennie précise.

Si, en suivant les étapes précédemment décrites, vos recherches sont infructueuses, il ne faut pas vous décourager! Il suffit d’un appel ou d’un clic pour joindre le personnel des services de référence. Nous serons aussi heureux de vous accueillir en personne. Peu importe la méthode que vous choisirez pour nous contacter, nous sommes heureux d’aider les chercheurs en répondant à leurs questions.


Rebecca Murray est archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de clowns maintenant sur Flickr

Une carte postale en couleur montrant un clown chez le barbier avec deux autres clowns qui lui coupent les cheveux et lui rasent la barbe.

Puissiez-vous garder bon moral pendant cette période des fêtes, malgré les épreuves de la vie (MIKAN 4428002)

Que vous les aimiez ou non, les clowns existent depuis des siècles sous différentes formes et tailles. Déjà présents dans le burlesque grec antique, les spectacles romains et les cours impériales chinoises, ils ont continué d’évoluer au fil des ans. Au Moyen Âge, en Europe, le clown prit la forme du bouffon ou fou du roi. Engagé pour distraire la cour et les nobles, on lui pardonnait ses impertinences, pourvu que le maître les trouvât amusantes. Affublés de pompons, de glands, de cloches, de chapeaux pointus, de vêtements colorés et brandissant un faux sceptre, les bouffons et les fous du roi commentaient la société et faisaient rire.

Plus tard, le clown revint aux spectacles sur scène en Occident. En Angleterre, en France, en Italie et en Allemagne, le clown ajoutait une dimension supplémentaire à tout spectacle. Se tenant en marge de l’intrigue principale, il y allait de ses commentaires et provoquait les spectateurs. De petites différences culturelles apparurent : en Angleterre, le clown servait de faire-valoir et d’exutoire par le rire; en France, c’était un personnage romantique, plutôt triste; en Italie, le clown était une figure tragique au cœur brisé, mais qui semait la joie; enfin, en Allemagne, le clown portait des vêtements aux couleurs vives avec d’énormes chaussures et arborait un visage blanc, impassible. Ça vous dit quelque chose?

À la renaissance des spectacles et des cirques itinérants aux 18e et 19e siècles, on retrouva le vénérable clown bien intégré à la troupe, provoquant les rires et distrayant les spectateurs entre les numéros. Lorsque le cirque arriva en Amérique du Nord, le clown en faisait toujours partie; il affirma rapidement sa présence dans la société canadienne et dans le monde du divertissement. Au début du 20e siècle, de nombreux cirques ambulants sillonnaient le Canada de ville en village pour divertir le public avec leurs artistes, leurs acrobates et leurs spectacles d’animaux, les clowns intervenant entre les numéros avec leurs pitreries pour amuser les foules et susciter les rires.

Visitez l’album Flickr

25 millions de pages pour les examens en bloc!

25 millions de pages : voilà le cap que vient d’atteindre le projet d’examen en bloc de Bibliothèque et Archives Canada. Lancé en 2010, ce dernier permet au public d’accéder à des archives du gouvernement canadien dont l’accès était restreint. Pour ce faire, on sélectionne d’abord un échantillon au sein d’un groupe de documents, puis on évalue les risques associés à leur divulgation.

Depuis le début du projet, on a donné accès à plusieurs documents historiques, notamment sur les célébrations du centenaire de la Confédération, en 1967, et sur les débuts du commerce et des affaires étrangères.

Plus récemment, on vient d’ouvrir l’accès au premier groupe de documents provenant du ministère de l’Environnement. Datant de 1969 à 1972, ceux-ci proviennent des dossiers des services de gestion environnementale et de la direction des terres, ainsi que des registres de la planification stratégique et des services de recherche. Plus de 300 000 pages sont dorénavant accessibles; elles portent principalement sur la pollution dans les Grands Lacs à la fin des années 1960, les enjeux liés aux déchets solides pour les administrations municipales et la relation entre le Canada et l’OTAN en ce qui a trait à l’environnement. Voilà de quoi intéresser les chercheurs qui étudient l’émergence des connaissances environnementales et des mouvements en faveur de l’environnement au Canada!

Le fonds de la Cour de l’Échiquier

Par Johanne Noël

En 1875 naissait la Cour de l’Échiquier du Canada

La Cour de l’Échiquier et la Cour suprême du Canada ont été créées par la même loi : la Supreme and Exchequer Courts Act. La Cour de l’Échiquier a été active de 1875 à 1971, année de création de la Cour fédérale.

Les causes à la Cour de l’Échiquier étant moins fréquentes, elles étaient entendues par les juges de la Cour suprême. De 1875 à 1887, ceux-ci ont parcouru le Canada en rotation à cette fin. En 1887, la Cour de l’Échiquier est devenue une cour à part entière; c’est son premier juge, l’honorable George Wheelock Burbidge, qui en a écrit les règles de procédure.

Photo noir et blanc montrant un homme moustachu portant un complet et une chemise blanche.

George Wheelock Burbidge, septembre 1891. Photo : William James Topley (MIKAN 3213416)

Les documents du fonds de la Cour de l’Échiquier

La très grande majorité des documents qui se trouvent dans le fonds de la Cour de l’Échiquier à Bibliothèque et Archives Canada sont des dossiers relatifs à des causes. S’y ajoutent les travaux spéciaux de la Cour, la correspondance, les procès-verbaux d’audience, les registres divers et les plumitifs.

Le plumitif

Le registraire de la cour tient un gros registre, appelé plumitif, où il enregistre les causes de façon chronologique. Pour chacune, il inscrit un numéro, les noms du plaignant et du défendeur, ainsi que le nom de leur avocat respectif. Tout au long du processus, il liste les documents déposés à la Cour, avec la date du dépôt et le coût de l’enregistrement. Un plumitif peut renfermer de nombreuses causes et avoir jusqu’à 10 centimètres d’épaisseur.

Page couverture d’un album en cuir et en velours cordé usés, sur laquelle est écrit : « Docket Record. Exchequer Court of Canada. 8435-12544. August 27, 1927 – August 5, 1930 ».

Page couverture d’un plumitif (MIKAN 4628412)

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Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de mars 2017

À ce jour, 416 749 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 7059. Dernier nom : McLelland.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Images de l’Alberta maintenant sur Flickr 

L’Alberta est la province des Prairies canadiennes située le plus à l’ouest. Elle partage une frontière avec la Colombie-Britannique à l’ouest et avec la Saskatchewan à l’est. Les Paléoaméricains se sont tout d’abord établis dans cette région il y a au moins 10 000 ans. Ils se sont différenciés au fil du temps pour devenir des groupes des Premières Nations. La Compagnie de la Baie d’Hudson a contrôlé la région de 1670 à 1870, année où le territoire a été acquis par le gouvernement canadien nouvellement créé. En 1905, l’Alberta est la neuvième province à se joindre à la Confédération canadienne.

Photographie noir et blanc montrant une femme et une petite fille marchant sur le long d'un quai en bois.

Gens marchant le long du quai à la gare de Ponoka (Alberta) (MIKAN 3303597)

L’Ouest canadien a connu une croissance importante pendant le 20e siècle. Les colons venaient d’autres provinces et d’Europe pour cultiver les terres des Prairies et peupler ses villes. L’Alberta accueillait des colons ayant beaucoup d’antécédents différents et elle est devenue la troisième province la plus diversifiée. L’explosion démographique a contribué à stimuler l’économie, mais la Crise de 1929 et la grande sécheresse ont ralenti sa progression… au moins jusqu’à la découverte du pétrole, en 1947.

Le saviez-vous?

  • Il y a environ 100 millions d’années, l’Alberta faisait non seulement partie de la mer intérieure occidentale, mais des dinosaures y vivaient! Des spécimens d’au moins 38 types de dinosaures ont été découverts dans la province.
  • La rivalité existe depuis longtemps entre les deux villes importantes de l’Alberta, Edmonton (la capitale) et Calgary (la plus grande des deux). Il y a de nombreux points de désaccord, mais vous le devinez, les sports sont de loin le plus important de nos jours!

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