Le début des Conclusions : documenter l’exercice du pouvoir

Par Michael Dufresne

Saviez-vous que des documents ont récemment été ajoutés à la base de données « Conclusions du Cabinet »? Vous pouvez maintenant y consulter les registres des présences, les ordres du jour et les procès-verbaux du Cabinet pour la période allant de 1977 à 1979. (Les procès-verbaux, bien qu’ils ne soient pas un compte rendu textuel des réunions du Cabinet, donnent d’excellents résumés des discussions et des diverses positions prises par ses membres.)

Tous ces documents chevauchent le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau et celui, de courte durée, de Joe Clark. Ils couronnent le long préambule au rapatriement de la Constitution et à l’avènement de la Charte des droits et libertés. Volet important de la mémoire institutionnelle du gouvernement fédéral, ils abordent un éventail de sujets, de préoccupations, d’inquiétudes et de possibilités auxquels sont confrontées les institutions les plus puissantes de notre système parlementaire.

Dessin à la plume et au pinceau montrant un homme debout sur une piste de cirque, tenant un fouet et lisant un livre, pendant qu’un lion assis sur une plateforme surélevée regarde par-dessus son épaule.

Cette caricature politique de John Collins montre Joe Clark en dompteur de lions, lisant le livre How to Control Gov’t Spending [Comment contrôler les dépenses du gouvernement]. Au bas de la caricature, on peut lire ce titre : « Does it bother you if I read over your shoulder? » [Puis-je lire par-dessus votre épaule?] Source : The Gazette, Montréal, 1979. Droit d’auteur détenu par Bibliothèque et Archives Canada (MIKAN 2863264)

Cela semble aller de soi qu’un État démocratique fera preuve d’une certaine transparence envers ceux qui veulent savoir pourquoi et comment se prennent les décisions. Or, s’il est vrai que nous pouvons remonter bien avant les années 1940 pour retracer notre patrimoine démocratique, vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’avant cette époque, le Cabinet ne préparait jamais d’ordres du jour et de procès-verbaux de ses délibérations. Il peut s’en dégager une impression exagérée du pouvoir du premier ministre. Dans son livre Right Honourable Men: The Descent of Canadian Politics from Macdonald to Mulroney, l’historien Michael Bliss écrit : « On racontait que lorsqu’il marmonnait tout seul, Bennett tenait une réunion du Cabinet. » [Traduction] Et faute de documents officiels pour consigner les discussions du Cabinet, qui contredira la mémoire d’un premier ministre?

De 1867 à 1940, six hommes ont tour à tour été greffier du Conseil privé; leurs fonctions étaient à l’image du rôle relativement modeste que jouait l’État dans la société canadienne avant la Deuxième Guerre mondiale. Mais la nomination d’Arnold Danforth Patrick Heeney, en 1940, marqua un tournant : septième greffier du Conseil privé, il devint également le tout premier secrétaire du Cabinet.

Dès son arrivée à Ottawa, il fut surpris du manque de rigueur avec laquelle se faisait le travail. « J’ai trouvé bouleversant d’apprendre, écrit Heeney dans son autobiographie The Things that are Caesar’s, que le plus haut comité au pays travaillait de façon à ce point désordonnée qu’il n’utilisait pas d’ordres du jour ni de procès-verbaux. Plus j’en apprenais sur les pratiques du Cabinet, plus j’avais peine à comprendre comment un tel régime pouvait même fonctionner. » [Traduction]

Les changements qu’on apporta alors au Bureau du Conseil privé s’inspiraient des réformes menées en 1916 par sir Maurice Hankey au sein du Conseil privé du Royaume-Uni. L’on prenait ainsi acte, du moins en partie, de la pression accrue de gouverner à l’ère moderne. La possibilité d’une réforme faisait l’objet de discussions depuis plusieurs années, mais rien n’avait été fait. Pourquoi en 1940, alors? Compte tenu de la difficulté de gouverner tout en participant à la Deuxième Guerre mondiale, il fallait modifier la façon dont le gouvernement organisait et documentait ses délibérations et ses actions. Le décret C.-P. 1940-1121 du Conseil privé du 25 mars 1940 annonçait les débuts du Bureau du Conseil privé moderne. Il se lit en partie comme suit :

« La forte augmentation de la charge de travail du Cabinet (…) oblige à prendre des dispositions pour l’exécution de tâches de secrétariat supplémentaires visant principalement à produire l’ordre du jour des réunions du Cabinet, à fournir les renseignements et les documents nécessaires aux délibérations du Cabinet et à préparer les comptes rendus des résultats à communiquer aux ministères concernés. » [Traduction]

Ce décret a marqué un changement important dans l’univers de l’information gouvernementale, mais ce n’est qu’en 1944 que les Conclusions du Cabinet ont officiellement vu le jour et commencé à être préservées. En l’absence de ces documents officiels, les chercheurs doivent consulter les documents personnels des premiers ministres pour espérer y découvrir une forme quelconque de documentation des réunions du Cabinet.

Les Conclusions du Cabinet ont une valeur pratique pour l’administration de l’État; elles sont aussi importantes du point de vue démocratique, puisqu’elles nous permettent de mieux comprendre les affaires de l’État. Plus que de simples instruments de bureaucratie moderne, elles offrent un regard de l’intérieur sur les délibérations, les discussions, les débats et les décisions des élus les plus puissants du gouvernement fédéral et, dans une certaine mesure, des hauts fonctionnaires à leur service. En acquérant et en conservant ces documents et en y facilitant l’accès, Bibliothèque et Archives Canada lève un voile sur le fonctionnement de notre pays.

Les ajouts les plus récents à la base de données concluent les années 1970 et jetteront un nouvel éclairage sur l’histoire du Canada et le gouvernement fédéral, et en particulier sur les personnes chargées de le diriger. Vous pouvez faire des recherches dans les Conclusions du Cabinet par mot-clé (un mot de votre choix, ou un mot tiré d’une liste témoignant de quelques-uns des grands enjeux retenant chaque année l’attention du gouvernement), ainsi que par date, par ordre du jour et par registre de participation.

Les Conclusions offrent plus que des preuves documentaires des délibérations et des décisions du gouvernement : elles permettent aussi de découvrir d’autres documents du Cabinet. En d’autres mots, elles peuvent vous donner les réponses que vous cherchiez, mais aussi vous lancer à la recherche de meilleures réponses, plus nombreuses encore. Les Conclusions mènent aussi vers des documents connexes du Cabinet, dont les documents d’information et les mémoires ayant alimenté les discussions au sein du Cabinet. Ces documents ne sont pas numérisés et ne figurent pas dans la base de données. Toutefois, vous trouverez des références à leur sujet dans les Conclusions; après en avoir obtenu le numéro, vous pourrez les repérer à l’aide de l’instrument de recherche 2-15, en indiquant l’année de leur création.

Consultez la base de données Conclusions du Cabinet pour de plus amples instructions sur les options de recherche.

Ressources connexes


Michael Dufresne est archiviste à la Division des archives gouvernementales de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de février 2018

À ce jour, 555 443 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 9467. Dernier nom : Swindells.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Technologie radio

Je l’ai entendu à la radio —

La technologie derrière la radio permet de communiquer avec les masses sans utiliser de fils. En 1893, Nikolai Tesla a donné une conférence sur les communications sans fil à St. Louis, au Missouri, dans le cadre de l’exposition universelle. Ses théories ont jeté les bases scientifiques du développement de la radio telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Photographie en noir et blanc de Guglielmo Marconi posant sur les marches d’un bâtiment avec 12 membres de l’administration de Terre-Neuve, colline Signal, St. John's.

Marconi (portant un chapeau pâle) et des membres de l’administration de Terre-Neuve, colline Signal, St. John’s (MIKAN 3380817)

Guglielmo Marconi est la personne la plus associée à la radio et il a des liens avec le Canada. Il a testé son équipement de transmission sur la colline Signal, à St. John’s, à Terre-Neuve, en 1901. Ses premiers succès ont stimulé l’utilisation de la radio pour la transmission de messages en code Morse sur de longues distances. La technologie ne permettait pas de transmettre la parole à l’époque. Cependant, les progrès réalisés pendant et après la Première Guerre mondiale ont permis aux militaires et aux civils d’avoir accès à des radios qui transmettaient des signaux sous forme de paroles reconnaissables.

Photographie en noir et blanc de Donald Manson, un employé de la compagnie Marconi assis à une table et coiffé d’écouteurs, qui écrit sur du papier tout en écoutant une transmission radio.

Donald Manson, un employé de la compagnie Marconi (MIKAN 3624020)

Photographie en noir et blanc de deux femmes et de trois hommes, membres de la troupe de radiothéâtre RA, lisant dans un microphone à partir d’un texte.

Membres de la troupe de radiothéâtre RA (MIKAN 4313739)

Des stations locales et des organismes fédéraux, comme la Société Radio-Canada, furent créés et entrèrent dans le domaine des nouvelles, de la musique et du divertissement des années 1920 jusqu’aux années 1940. Les médias de masse étaient là pour de bon. La radio a laissé la place à la télévision, puis à Internet. Malgré les immenses progrès réalisés par ses technologies connexes, la radio est largement utilisée de nos jours puisqu’elle est fiable et facile d’accès.

Photographie en noir et blanc de deux femmes écoutant la radio, l’une assise dans un fauteuil et l’autre, debout, ajustant les réglages du poste.

Des employées de l’usine Dominion Arsenals se détendent en écoutant la radio dans leur appartement, Québec (Québec) (MIKAN 3625317)

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Nouveaux ajouts au Gramophone virtuel – groupes musicaux et musique instrumentale

Margaret Ashburner

Outre les nombreuses chansons populaires qu’il a numérisées, BAC a aussi la chance de posséder une vaste collection d’enregistrements de groupes musicaux et de musique instrumentale sur disques 78 tours. Certains de ces groupes sont associés à l’armée, telle la fanfare du 1er régiment. BAC possède aussi de la musique d’orchestre, de la musique de chambre et de la musique traditionnelle, notamment les numéros au violon d’Isodore Soucy.

Photo en couleur d’une étiquette de disque avec le logo de RCA Victor du chien avec le gramophone

The Maple Leaf Forever, étiquette de disque de RCA Victor (AMICUS 31386771)

Explorez le gramophone virtuel !


Margaret Ashburner est bibliothécaire des collections spéciales de musique à Bibliothèque et Archives Canada.

John Armstrong Howard, premier athlète olympique noir à représenter le Canada

Par Judith Enright-Smith

Les Jeux olympiques d’été de 1912, tenus du 5 mai au 27 juillet à Stockholm, en Suède, sont le théâtre de plusieurs « premières ». En effet, cette cinquième olympiade, qui rassemble 2 408 athlètes provenant de 28 pays, est la première à présenter des compétitions féminines de nage et de plongeon, ainsi que le pentathlon masculin. Ce sont les premières olympiades à faire appel au chronométrage électronique; c’est aussi la première fois qu’une équipe de l’Asie (le Japon) participe aux jeux. Pour le Canada, ces Olympiques d’été 1912 marquent l’histoire pour une autre raison : c’est la première fois qu’un athlète noir représente le Canada à des Jeux olympiques.

John Armstrong Howard est né à Winnipeg, au Manitoba, le 6 octobre 1888. Howard est un mécanicien spécialisé et un joueur de baseball pour le club Crescent Creamery de Winnipeg; avec ses 6 pieds 3 pouces, c’est aussi un remarquable sprinteur. Il se qualifie facilement pour les Olympiques de 1912 et on le considère, tant dans les milieux sportifs que les médias canadiens, comme le meilleur espoir du Canada pour remporter une médaille d’or.

Walter Knox est alors l’entraîneur de l’équipe olympique canadienne d’athlétisme. Pendant l’entraînement, Knox et Howard sont souvent en désaccord et se confrontent à plusieurs reprises. Knox disait d’Howard qu’il était emporté et désobéissant et, à une époque où la discrimination envers les athlètes noirs était courante, il recommande son expulsion de l’équipe pour « insubordination ». Ce n’est que grâce à l’intervention de l’Amateur Athletic Union of Canada qu’Howard a pu demeurer au sein de l’équipe.

En route pour la Suède, Howard est traité de manière discriminatoire et préjudiciable, un affront que subissaient régulièrement les personnes de couleur à l’époque. Avant de quitter Montréal par bateau, on lui interdit l’accès à l’hôtel où logeaient les autres athlètes, et lorsqu’il est à bord du navire, il doit prendre ses repas à l’écart de ses coéquipiers.

Une fois rendu à Stockholm, il souffre de graves maux d’estomac, sans doute causés par le stress accumulé en raison de sa relation difficile avec Knox. Pendant les Jeux, les problèmes de santé d’Howard compromettent sérieusement ses efforts et il est éliminé en demi-finale du 100 mètres et du 200 mètres. Cependant, de retour au pays, Howard se rachète lors des Canadian Outdoor Championships de 1913 : il remporte toutes les courses auxquelles il participe.

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Howard est envoyé outre-mer en 1917 au sein du Corps expéditionnaire canadien. Il travaille comme brancardier dans divers hôpitaux militaires britanniques. Son dossier de service montre qu’il a souffert d’affections pulmonaires chroniques. Lorsqu’il est en Europe, Howard fait la connaissance d’Edith Lipscomb. En 1920, ils rentrent ensemble à Winnipeg, où ils se marient. Ils tentent de s’établir à Sainte-Rose du Lac, mais ils se heurtent à beaucoup d’hostilité et de préjugés parce qu’ils forment un couple interracial. La petite-fille d’Howard, Valerie Jerome, raconte comment des gens lançaient des pierres sur leur automobile pour les faire partir. Ils finissent par s’installer près de la réserve indienne de Crane River, sur la rive nord-ouest du lac Manitoba. Le couple aura trois filles, mais leur mariage ne durera pas. Howard mourra d’une pneumonie à l’âge de 48 ans.

Une photographie noir et blanc d’un groupe de coureurs à la ligne de départ. Un d’entre eux porte un maillot blanc orné d’une feuille d’érable sur le devant.

John Armstrong Howard aux Jeux interalliés, stade Pershing, Paris, juillet 1919 (MIKAN 3387544)

Une photographie noir et blanc d’un homme portant une tenue d’athlétisme, entouré d’autres hommes vêtus de la même manière ou en uniformes, recevant une médaille d’un homme âgé vêtu d’un uniforme militaire.

Le roi du Monténégro remet à John Armstrong Howard la médaille de bronze qu’il a remportée à l’épreuve du 100 mètres aux Jeux interalliés, stade Pershing, Paris, juillet 1919 (MIKAN 3385453)

L’héritage sportif de John Armstrong Howard se perpétue. Deux de ses petits-enfants sont des athlètes canadiens. Valerie Jerome est une sprinteuse qui a participé aux Jeux olympiques d’été de 1960. Son frère, Harry Jerome, a participé aux Olympiques d’été de 1960, de 1964 et de 1968, remportant une médaille de bronze en 1964 à l’épreuve du 100 mètres.


Judith Enright-Smith est archiviste adjointe à la Division des affaires autochtones et sociales, Direction des archives privées, Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de Nancy Greene maintenant sur Flickr

Photographie en noir et blanc de Nancy Greene, gagnante de la médaille d'or au slalom géant.

Nancy Greene, gagnante de la médaille d’or au slalom géant, aux Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029732)

Mme Greene Raine est officière de l’Ordre du Canada et de l’Ordre de la Colombie-Britannique, et membre du Panthéon des sports de la Colombie-Britannique, et du Panthéon des sports canadiens. Elle est consacrée athlète féminine canadienne du 20e siècle par la Presse canadienne et Broadcast News. Elle a remporté des médailles d’or et d’argent en ski alpin aux Jeux olympiques de Grenoble en 1968 et la victoire aux Coupes du monde de 1967 et de 1968. Son total de 14 victoires en Coupe du monde (y compris aux Jeux olympiques) demeure un record canadien. Au cours de ses neuf années de carrière, elle a remporté 17 championnats canadiens.

Photographie en noir et blanc de groupe de l'équipe canadienne de ski aux Jeux olympiques d'hiver.

Photo de groupe de l’équipe canadienne de ski aux Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029774)

Photographie en noir et blanc de Nancy Greene lors de sa descente pour la médaille d'or en slalom géant.

Nancy Greene lors de sa descente pour la médaille d’or en slalom géant lors des Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029785)

Photographie en noir et blanc de Nancy Greene lors de sa descente pour la médaille d'argent en slalom.

Nancy Greene lors de sa descente pour la médaille d’argent en slalom lors des Jeux olympiques d’hiver (MIKAN 5029788)

Voir aussi :

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Le New Princes’ Toronto Band

Par Margaret Ashburner

Dans les années 1920, la ville de Toronto est la mecque des musiciens actifs. Des orchestres de danse s’y produisent régulièrement, et les multi-instrumentistes y sont très recherchés. Un interprète de ce genre, Hal Swain, met sur pied son propre ensemble avec des musiciens locaux, dont Les Allen, un musicien aux talents variés. Ces musiciens ambitieux souhaitent connaître la célébrité. Selon Allen, le groupe est une « combinaison de gens, jeunes pour la plupart, à l’enthousiasme contagieux » [traduction] (Litchfield, p. 513)

Photo noir et blanc d’un jeune homme souriant

Les Allen, En remontant les années, p. 251.

Photo noir et blanc d’un jeune homme qui regarde vers le côté d’un air songeur

Hal Swain, En remontant les années, p. 251.

Découverts par un recruteur, les deux hommes se démarquent du lot par leurs fortes présences sur scène et ils sont invités à former un groupe qui se produirait au Rector’s Club, à Londres, en Angleterre. À l’époque, se souvient Swain, il entendait « […] mettre l’accent sur leur provenance canadienne et découvrir si les danseurs de la capitale de l’empire britannique allaient manifester le même engouement pour un orchestre de jazz de Toronto que pour un groupe de New York » [traduction] (Mark Miller, p. 112).

Suivant les directives du recruteur londonien, le groupe de fiers Canadiens monte à bord d’un transatlantique pour se rendre en Angleterre, mais à leur arrivée, le Rector’s Club a fermé ses portes. Le recruteur, éprouvant sans doute quelque culpabilité à leur égard, voit à ce que les Canadiens passent une audition au restaurant New Princes’. Ils y sont embauchés et y jouent pendant deux ans, nommant leur formation d’après le restaurant.

Photo noir et blanc d’un orchestre de danse, avec musiciens en tenue de soirée debout sur un podium devant leurs instruments de musique

Dave Caplan et son New Princes’ Toronto Band. De gauche à droite : inconnu, inconnu, Lorne Cole, inconnu, Laurie Day, Dave Caplan, Arthur Lousley, Arthur Calkin et Jack Collins (The British Dance Band Encyclopaedia)

Le New Princes’ Toronto Band regroupe des musiciens pigistes, et sa composition change donc souvent dès que de nouvelles occasions se présentent à eux. Au fil du temps, des membres arrivent et repartent. Le nom même du New Princes’ Toronto Band connaît plusieurs variations au gré des changements à la direction de l’orchestre ou de la formation de sous-ensembles par certains de ses musiciens. Hal Swain, Dave Caplan, Les Allen et Art Christmas ont tous été des membres canadiens importants du groupe.

C’est avec plaisir que Bibliothèque et Archives Canada a numérisé certains enregistrements d’une série de disques récemment acquis. On y trouve notamment des pièces ayant été principalement enregistrées entre septembre et novembre 1926 par le groupe sous l’appellation Dave Caplan’s Toronto Band.

« Up and At ‘Em »

Photographie couleur d’une pochette d’album avec le logo de Deutschen Grammophon-Aktiengesellschaft (un chien regardant à l’intérieur d’un phonographe)

« Up and At ‘Em » par le Dave Caplan’s Toronto Band, 1926 (AMICUS 45168615)

[Écoutez « Up and At ‘Em »] Enregistrée par le Dave Caplan’s Toronto Band en novembre 1926, cette pièce est un foxtrot endiablé, l’une des danses les plus populaires de l’époque. Son interprétation, comme la plupart des autres enregistrements jazz de cette période, comprend plusieurs solos, probablement improvisés, de divers membres du groupe. Le sautillement du trombone et les légers crépitements des percussions sont particulièrement agréables lors des solos.

« I Never See Maggie Alone »

Photographie couleur d’une pochette d’album de Polydor

« I Never See Maggie Alone » par le Dave Caplan’s Toronto Band, 1926 (AMICUS 45168601)

[Écoutez « I Never See Maggie Alone »] Cette chanson cocasse raconte la frustration d’un jeune homme à l’égard de la famille de sa petite amie, qui la chaperonne avec insistance. Au début, la famille se pointe lors des sorties du couple, puis, au fil de la chanson, elle surgit dans des situations de plus en plus incongrues : sous le capot de la voiture, dans le lac où le couple est en train de pêcher et en mystérieuses apparitions lorsque les lumières sont rallumées. Les paroles oscillent entre l’horreur et la comédie! Le chanteur, probablement Hal Swain ou Les Allen, fait preuve d’un sens impeccable de l’humour.

« While the Sahara Sleeps »

Photographie couleur d’une pochette d’album de Polydor.

« While the Sahara Sleeps » par le Dave Caplan’s Toronto Band, 1926 (AMICUS 45168382)

[Écoutez « While the Sahara Sleeps »] On y entend de fantastiques arrangements de cuivres et un excellent solo de trompette, le tout accompagné de coups de langue répétés caractéristiques du jeu des musiciens de jazz de cette époque.

« High Fever »

Photographie couleur d’une pochette d’album de Polydor.

« High Fever » par le Dave Caplan’s Toronto Band, 1926 (AMICUS 45168455)

[Écoutez « High Fever »] Un autre foxtrot du Dave Caplan’s Toronto Band, moins déchaîné qu’« Up and At ‘Em », mais tout de même joyeux et entraînant. Plusieurs envolées de piano solo sont exécutées par Laurie Day, le pianiste du groupe, tandis que quelques solos de trombone allègres ponctuent la fin de la chanson.

« Say That You Love Me »

Photographie couleur d’une pochette d’album avec le logo de Deutschen Grammophon-Aktiengesellschaft (un chien regardant à l’intérieur d’un phonographe)

« Say That You Love Me » par le Dave Caplan’s Toronto Band, 1926 (AMICUS 45168037)

[Écoutez « Say That You Love Me » de Deutschen Grammophon ou « Say That You Love Me » de Polydor] La seule valse de cette série! Comme son titre le suggère, cette composition exsude un romantisme à l’eau de rose qu’elle assume sans gêne, comme bien d’autres pièces de « big band ». Au milieu de l’enregistrement, on entend Les Allen improviser quelques vers se terminant par « Say that you love me – I love you! ». L’album a été distribué par Deutschen Grammophon-Aktiengesellschaft. Un deuxième enregistrement sans paroles, enregistré pour Polydor, a également été numérisé.

Photographie couleur d’une pochette d’album de Polydor.

Le disque « Say That You Love Me », enregistré pour Polydor par le Dave Caplan’s Toronto Band, 1926 (AMICUS 45168371)

Allez voir le Gramophone virtuel pour découvrir d’autres chansons de cette époque.

Sources


Margaret Ashburner est bibliothécaire des collections spéciales de musique à Bibiothèque et Archives Canada.

Voilà : le nouveau catalogue collectif national du Canada

Bannière avec le mot VOILÀ en gros texte.

C’est avec fierté que Bibliothèque et Archives Canada (BAC) lance Voilà, le nouveau catalogue collectif national du Canada hébergé sur le site Web d’OCLC.

Nous nous sommes associé à la coopérative sans but lucratif OCLC, un chef de file dans le domaine des services aux bibliothèques, pour mettre en place un système de gestion de bibliothèque à la fine pointe de la technologie. Ce système améliorera la visibilité du patrimoine publié de notre pays et transmettra notre culture et notre savoir au reste du monde.

À partir d’aujourd’hui, BAC invite les membres de la communauté canadienne des bibliothèques à se servir de Voilà.

Apprenez-en d’avantage au sujet de Voilà

Images de la société d’exploitation forestière Gilmour and Hughson maintenant sur Flickr

Allan Gilmour (1775–1849) était un associé principal au sein de l’entreprise Pollok, Gilmour and Co., dont sont issus bon nombre de partenariats et de filiales. Il a joué un rôle de premier plan dans les industries canado-écossaises de la construction navale et du bois. Ses frères et neveux ont ouvert de nombreuses filiales au Canada : à Miramichi, à Québec, à Montréal et ailleurs. Les activités à Bytown (Ottawa) commencent après l’établissement d’un partenariat à Montréal, en 1828, pour approvisionner le commerce de bois équarri sur la rivière des Outaouais. En 1841, son neveu Allan Gilmour fils prend la direction de cette entreprise avec James Gilmour, nomme la société Gilmour and Co., et ouvre la filiale de Bytown afin de fournir du bois de charpente et du bois de sciage au marché québécois. Avec le temps, la production de bois augmente considérablement.

Photographie noir et blanc de la scierie Gilmour and Hughson sur le bord de la rivière. La scierie est au premier plan. Des billes de bois flottent sur la rivière et le long de la berge.

Vue de la scierie Gilmour and Hughson (MIKAN 5006499)

 

Photographie noir et blanc d’un homme chargeant du bois de charpente sur un chariot tiré par des chevaux. Un deuxième chariot mené par un conducteur et rempli de madriers s’apprête à quitter les lieux.

Ouvriers chargeant du bois de charpente à la scierie Gilmour and Hughson (MIKAN 5006500)

Dans les années 1870, les filiales de Miramichi, de Québec et de Montréal ferment leurs portes, laissant le contrôle des activités forestières à Ottawa aux fils de John Gilmour. En 1891, John Gilmour fils s’associe à Ward Hughson, un bûcheron d’Albany, pour créer la compagnie Gilmour and Hughson, laquelle sera constituée en société en 1895 (58-59 Vic., Cap. 89). Au milieu des années 1920, on annonce la vente de l’entreprise à Riordon and Co., mais à la suite de la faillite de cette dernière, les propriétés et terrains de Gilmour and Hughson, de même que ses activités, passent aux mains de la Gatineau Company Limited, une filiale de la Canadian International Paper Co.

Photographie noir et blanc de quatre hommes debout derrière une large pièce tubulaire non décrite faisant partie du matériel de la scierie.

Hommes devant du vieux matériel de scierie (MIKAN 5006489)

Photographie noir et blanc d’un chantier de la Gilmour and Hughson pendant l’hiver. On y voit à l’arrière-plan des cabanes en bois rond le long d’une rangée d’arbres. À l’avant-plan, des rondins fraîchement coupés sont empilés et retenus par des chaînes.

Chantier de la Gilmour and Hughson (MIKAN 5006507)

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La rentrée littéraire est maintenant terminée : l’avez-vous vu passer?

Par Euphrasie Mujawamungu

Très tôt en automne ou plutôt à la fin de l’été,
Avant que les oiseaux petits et grands ferment leurs campings pour le Sud,
Bien avant la rentrée parlementaire,
Surtout à la veille de la rentrée scolaire,
Quelques salariés sont encore au soleil
Le magazine de la rentrée littéraire,
Attendu par les libraires, les lecteurs, … et surtout par les bibliothécaires,
Non pas pour annoncer la chute des feuilles, au contraire,
Des nouveautés, nouveaux romans, nouveaux vers, nouvelles façons de faire, et plus encore.

En réalité, les éditeurs publient en grande majorité à cette période afin d’être dans une position stratégique avantageuse de vente et de marketing. Ces quelques mois avant les fêtes de fin d’année donnent l’occasion aux lecteurs de faire du magasinage, de profiter des recommandations des autres amateurs de livres pour des cadeaux à offrir pour les fêtes. C’est aussi l’occasion pour les mordus de lecture de faire des provisions littéraires pour un cocooning automnal et hivernal plus savoureux.

C’est à cette période que les éditeurs et les libraires proposent des listes de candidats pour les différents prix, car ceux-ci sont majoritairement décernés en automne. Les livres ayant reçu des prix ou des mentions « coup de cœur » sont plus en demande par les lecteurs, voilà une raison de plus pour ne pas manquer la rentrée littéraire!

Rappelons que selon les dispositions de la Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada, il est de la responsabilité de tout éditeur ou auteur de faire un dépôt légal de toutes les publications, quels qu’en soient le support et le format. Le dépôt légal permet à Bibliothèque et Archives Canada de rassembler, de préserver et de rendre accessible l’ensemble du patrimoine documentaire canadien publié.

Une photo couleur d’un chariot de livres. Il contient deux exemplaires de chaque livre.

Un chariot de nouveautés.

Beaucoup d’éditeurs et d’auteurs s’acquittent de leur obligation du dépôt légal dès la sortie de leurs publications. Voilà pourquoi c’est en automne que l’équipe du programme du dépôt légal reçoit un volume plus élevé de publications par rapport au reste de l’année.

Imaginez, la passion des auteurs, l’engouement des libraires et la vivacité des lecteurs!

Les livres sous toutes ses formes ont une place de choix, la bibliothèque, et surtout un personnel dévoué!

Nos coordonnées :

Dépôt légal
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395, rue Wellington
Ottawa (Ontario) K1A 0N4
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Téléphone : 819-997-9565
Numéro sans frais (Canada) : 1-866-578-7777 (Sélectionnez 2+7+1)
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Euphrasie Mujawamungu est bibliothécaire au sein de l’équipe du dépôt légal, Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.