Certificats de pilotes maritimes ayant travaillé sur le fleuve Saint-Laurent avant la Confédération dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Par Rebecca Murray

La date et le lieu de naissance de nos ancêtres, l’endroit où ils ont vécu et où ils sont morts constituent les éléments fondamentaux de la recherche généalogique. Savoir à quoi leur temps était consacré et où ils travaillaient peut aider à faire des liens.

Incidemment, l’un de vos ancêtres aurait-il travaillé comme pilote maritime certifié sur le fleuve Saint-Laurent?

Ce blogue porte principalement sur des documents relatifs à Québec, en commençant par le fonds de la Maison de la Trinité (MG8-A-18), lequel comprend une liste de pilotes maritimes certifiés pour la période de 1805 à 1846. Cette liste, dans le volume 5 du fonds MG8-A-18, comprend la date de certification et les retraits de celle-ci accompagnés des motifs. Les documents sont en français et ils sont classés en ordre chronologique.

La description du fonds nous donne un indice sur l’endroit où trouver des documents connexes : il est mentionné que la Maison de la Trinité existe jusqu’en 1875, année à partir de laquelle le ministère de la Marine et des Pêcheries assume ses fonctions.

Cela nous mène au fonds du ministère de la Marine (RG42), plus précisément aux certificats de pilotes maritimes ayant travaillé sur le fleuve Saint-Laurent (1762-1840). Les certificats sont décrits comme des pièces dans l’instrument de recherche 42-1 et les documents se trouvent dans les volumes 1 à 6 du fonds RG42. Ces volumes peuvent être consultés et reproduits.

Toutefois, vous remarquerez que cette série va seulement jusqu’en 1840. Il se peut donc que vous ne trouviez pas, dans le fonds RG42, le certificat d’un pilote dont le nom figure dans la liste du fonds de la Maison de la Trinité. Selon la description de la série, « les documents [connexes] servant de seconde source d’autorisation pour le pilotage […] se trouvent dans le sous-fonds du Registraire général (RG68, volumes 210-211, MIKAN 311, R1008-10-1-E). La présentation de ces registres est différente de celle des certificats de la division de la marine, mais l’information qui y figure est la même ».

Pour trouver ces documents connexes, consultez l’Index général sur microfilm numérisé, bobine C-2884 sur le site Web Héritage et cherchez le nom de la personne qui vous intéresse dans la liste alphabétique, au début de la bobine.

Tableau flou en noir et blanc dans lequel figurent des noms, des numéros de ligne et des numéros de page.

Liste du sous-fonds RG68, Index général (C-2884), image 30

Lorsque vous trouvez la personne que vous cherchez, plusieurs nombres peuvent figurer à côté de son nom. Par exemple, il faut chercher Fabien Caron sous la lettre C. Les nombres à côté de son nom sont 5 et 309. Le second nombre indique la page de l’Index où se trouve l’entrée, et le premier correspond à la ligne sur cette page.

Faisons défiler cette bobine de microfilm pour trouver l’Index général couvrant la même période. La cinquième ligne de la page 309 a bel et bien trait à Fabien Caron, et elle nous fournit d’autres renseignements permettant de trouver le certificat : volume 2, page 117, 5 septembre 1845.

Tableau en noir et blanc fournissant des numéros de ligne, des numéros de volume, des numéros de page, des dates et des noms.

Liste du sous-fonds RG68, Index général (C-2884), image 650

Cherchons maintenant dans la base de données d’archives pour trouver le sous-fonds RG68 et le dossier 2. En filtrant les résultats de recherche pour trouver ceux des années 1840, nous voyons rapidement le fonds RG68, volume 211, dossier 2, certificats des pilotes de division (1838-1867), comme source pertinente. Il est possible de consulter ce volume sur microfilm numérisé, bobine C-3950. C’est à la page 117 que figure l’entrée pour le certificat de Fabien Caron.

Reproduction en noir et blanc du certificat ayant permis à Fabien Caron d’être pilote maritime.

Sous-fonds RG68, volume 211, dossier 2, certificats des pilotes de division (C-3950), image 475

Vous pensez que Bibliothèque et Archives Canada possède ce type de document pour l’un de vos ancêtres? Essayez cette méthode! Vous pourriez trouver un élément auquel vous ne vous attendez pas.


Rebecca Murray est archiviste aux Services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour d’octobre 2017

À ce jour, 502 740 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 8555. Dernier nom : Russell.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Conservatrice invitée : Carole Gerson

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Ode to Brant de Pauline Johnson, 1886

Pages d’un poème écrit à la main et daté par l’auteure, Pauline Johnson.

Poème écrit à la main par Pauline Johnson, 1886. (MIKAN 4936704)

Les racines britanno-mohawk de cette poétesse ont façonné sa vision de l’avenir du Canada. Elle écrit ici qu’Autochtones et Canadiens d’origine britannique devaient s’unir et servir loyalement l’Empire britannique.


Parlez-nous de vous.

Enfant, je lisais beaucoup. Pour mes amis, j’étais un « rat de bibliothèque » parce que j’avais toujours le nez dans un livre. C’est peut-être pourquoi je suis devenue professeure d’anglais afin de pouvoir lire autant que je le voudrais et encourager les autres à faire de même. Je pense que c’est particulièrement important de lire des auteurs canadiens, car ils nous aident à comprendre notre histoire et qui nous sommes aujourd’hui.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Une photo noir et blanc d’une statue de bronze sur un piédestal en pierre orné de reliefs et de statues de bronze sur tous les côtés. On peut voir à l’arrière-plan un parc aux arbres dénudés.

Vue du monument commémoratif de Brant à Brantford, en Ontario, de la photographe Hannah Maynard, Park & Co. (MIKAN 3559483)

Ode to Brant a été l’un des premiers poèmes de Pauline Johnson à être publié. Elle l’a composé en vue du dévoilement de la statue du chef mohawk Joseph Brant dans la petite ville de Brantford le 8 octobre 1886; ce poème figurait dans le dépliant souvenir préparé pour l’occasion. À l’époque de Johnson, les amateurs de littérature collectionnaient souvent les autographes de leurs écrivains préférés. Considérée comme l’un des plus grands poètes du Canada, Johnson n’a pas seulement signé de nombreux exemplaires de ses livres pour ses admirateurs, mais elle leur a aussi maintes fois écrit à la main ses poèmes pour qu’ils puissent les conserver.

Chronique dans un journal en noir et blanc décrivant la famille et l’œuvre de Pauline Johnson et son rôle dans le dévoilement du monument commémoratif de Brant.

Entrevue avec Pauline Johnson par la journaliste canadienne Garth Grafton (Sarah Jeannette Duncan) sur l’œuvre et la famille de Johnson ainsi que sur le dévoilement du monument commémoratif de Brant, publiée dans Woman’s World le 14 octobre 1886. (AMICUS 8086919)

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

BAC possède une vaste collection de lettres écrites par L. M. Montgomery (auteure d’Anne… la maison aux pignons verts) à son ami et correspondant George Boyd Macmillan, qui vivait en Écosse. L’échange de lettres a duré de nombreuses années, de 1903 à 1941. Les lettres de Montgomery sont très longues et regorgent de nouvelles, portant sur tout, des livres qu’elle lisait et des endroits qu’elle visitait aux faits et gestes de sa famille et de ses chats adorés. Au fil des ans, le ton se transforme, passant de l’optimisme propre à la jeunesse à la déception douloureuse que lui laissent la Première Guerre mondiale et la Crise de 1929, ce qui nous apporte un regard personnel sur la vie au Canada en cette période tumultueuse. L’écriture distinctive de Montgomery a moins de style que l’écriture élégante de Johnson, témoignant ainsi peut-être de ses premières années dans l’enseignement lorsqu’elle montrait aux enfants comment former les lettres.

Page en noir et blanc d’une lettre de Lucy Maud Montgomery à George Boyd Macmillan.

Page d’une lettre (757) de Lucy Maud Montgomery à George Boyd Macmillan, écrivain écossais, 7 avril 1904. Elle y parle de son amour des livres historiques et de sa fascination pour le monde des fées quand elle était enfant. (MIKAN 120237)

Page en noir et blanc d’une lettre de Lucy Maud Montgomery à George Boyd Macmillan.

Page d’une lettre (25) de Lucy Maud Montgomery à George Boyd Macmillan, 18 janvier 1917. Il y est question de la popularité du poème In Flanders Fields (Au champ d’honneur) et de son utilisation lors des campagnes électorales. (MIKAN 120237)

Biographie

Photo couleur d'une femme portant des lunettes avec les chevuex courts.Carole Gerson est professeure au Département d’anglais de l’Université Simon Fraser. Codirectrice du volume 3 (1918–1980) d’Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, elle a beaucoup publié sur l’histoire de la littérature et de la culture canadiennes, particulièrement sur les écrivaines, dont L. M. Montgomery et Pauline Johnson. Son livre Canadian Women in Print, 1750–1918 (2010) lui a valu le Prix Gabrielle‑Roy qui couronne des ouvrages de critique sur la littérature canadienne. En 2013, elle a reçu la Médaille Marie‑Tremaine de la Société bibliographique du Canada.

Ressources connexes

Ô Canada! Une histoire bilingue

Par Jessica Di Laurenzio

Bibliothèque et Archives Canada a récemment fait l’acquisition des dossiers de la maison de disques Frederick Harris, un grand éditeur canadien de musique souvent associé au Conservatoire royal de musique de Toronto. Tôt dans l’histoire de l’entreprise, dans les années 1910, Frederick Harris s’est vaillamment efforcé d’obtenir les droits d’auteur canadiens d’un aussi grand nombre de pièces que possible. Une des chansons qu’il a éditées à cette époque est la version en anglais d’Ô Canada. Toutefois, sa version n’est pas celle qui constitue aujourd’hui l’hymne national officiel connu des Canadiens.

Ô Canada a acquis ce statut en 1980, exactement 100 ans après que la musique en a été composée par Calixa Lavallée. C’est le lieutenant-gouverneur du Québec, Théodore Robitaille, qui lui commande cette pièce. Le juge Adolphe-Basile Routhier compose les paroles en français de l’hymne à la même époque, et l’œuvre est chantée pour la première fois en public le jour de la Saint-Jean-Baptiste, à Québec, en 1880. Le Chant national (nom original d’Ô Canada) se veut l’hymne du peuple canadien-français et est créé en partie en réaction à la popularité de God Save the Queen au Canada anglais.

Photo noir et blanc d’un homme à la moustache proéminente portant un veston et un nœud papillon. La photo de forme ovale est placée sur un carton de montage mat de couleur grise.

Portrait de Calixa Lavallée (MIKAN 3526369)

La population canadienne-anglaise aime tant la musique de Lavallée que quelques décennies plus tard, une version anglaise voit le jour. Toutefois, plutôt que de simplement traduire les paroles de Routhier en anglais, plusieurs paroliers anglophones rédigent leurs propres versions, ce qui explique en partie la grande différence de sens entre les paroles d’Ô Canada en anglais et en français.

Couverture de la partition. Au centre, il y a une photo d'un homme en pardessus et en pantalons tenant à la main un haut-de-forme et une canne. Les noms du compositeur et du parolier se trouvent en bas entre un croquis représentant la ville de Québec et un arbre qui va jusqu'au haut de la page recouvrant le titre de feuilles d'érable.

Couverture de la première édition de « Ô Canada » (AMICUS 5281119)
L.N. Dufresne, couverture « Ô Canada » (Québec : Arthur Lavigne, 1880). Musée de la civilisation, bibliothèque du Séminaire de Québec. Fonds ancien, 204, SQ047145.

Paroles originales en français par Routhier

Ô Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux!
Car ton bras sait porter l’épée,
Il sait porter la croix!

Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.

Et ta valeur, de foi trempée, 

Protègera nos foyers et nos droits.
Protègera nos foyers et nos droits.
 

Traduction anglaise

O Canada! Land of our ancestors,
Glorious deeds circle your brow.
For your arm knows how to wield the sword,
Your arm knows how to carry the cross.

Your history is an epic
Of brilliant deeds.
And your valour steeped in faith

Will protect our homes and our rights,
Will protect our homes and our rights.

Les paroliers anglophones adoptent un point de vue différent dans leurs versions et, dans plusieurs cas, mettent l’accent sur la beauté naturelle du Canada plutôt que sur l’histoire empreinte de bravoure et d’héroïsme du pays. Leur approche est dans certains cas trop semblable, et des accusations de plagiat sont même lancées. Robert Stanley Weir et Edward Teschemacher, deux anglophones ayant chacun écrit leur propre version anglaise, utilisent tous deux la phrase « Our home and native land ». En raison de ces similitudes, l’établissement des droits d’auteur cause des tensions entre Delmar Music Co. et Frederick Harris, éditeurs respectifs des versions de Weir et de Teschemacher, qui datent toutes deux de 1910 environ.

Couverture de la partition d’O Canada!, hymne national du Canada, par C. Lavallée.

Couverture de la partition d’O Canada! par la maison de disques Frederick Harris, en 1914, paroles d’Edward Teschemacher (AMICUS 21776210)

En plus de Weir et Teschemacher, des gens des quatre coins du pays proposent leur propre version anglaise d’Ô Canada. En 1927, la version de Weir est devenue la plus chantée, et c’est d’elle que l’on fait la chanson officielle du jubilé de diamant de la Confédération. Toutefois, étant donné le nombre de versions existantes, il allait encore falloir un certain temps avant que l’œuvre obtienne le statut d’hymne national.

Le premier ministre Lester B. Pearson tente, en 1967, de déposer un projet de loi en faisant la version officielle, mais ce n’est qu’en 1980, lors du centenaire de la musique de Lavallée, qu’Ô Canada devient l’hymne national officiel du pays. La version française est constituée des paroles originales de Routhier, datant de 1880, alors que la version de Weir obtient la reconnaissance officielle en tant que version anglaise, même si le sens des paroles dans les deux langues est passablement différent.

Photo d’un timbre-poste rectangulaire comportant des dessins colorés de trois hommes dont le nom est inscrit à côté de chacun : Calixa Lavallée, Adolphe-Basile Routhier et Robert Stanley Weir. On peut lire sur le timbre « Canada Postes-Postage, O Canada! 1880-1980 ».

Timbre commémoratif, 1980, montrant Lavallée, Routhier et Weir (MIKAN 2218638)


Jessica Di Laurenzio est archiviste adjointe en littérature, musique et arts de la scène à la Division des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Images de dindons maintenant sur Flickr

Le dindon est un gros oiseau originaire d’Amérique du Nord. Il vit à l’état sauvage au Canada, dans le Midwest et l’est des États-Unis, ainsi que dans certaines régions du Mexique. On en fait aussi l’élevage; on le désigne alors sous le nom de dindon domestique dont la chair (la dinde) est très appréciée. Le dindon ocellé, plus petit, vit dans le sud-est du Mexique et dans certaines zones restreintes de l’Amérique centrale. En général, le dindon mâle est plus gros et plus coloré que la femelle. Il arbore une caroncule, une excroissance charnue distincte qui pend du haut de son bec. En raison de sa grande taille, on chasse et on élève le dindon pour sa viande. Beaucoup de Canadiens s’en régalent lors d’occasions spéciales, comme l’Action de grâces et Noël.

Photographie en noir et blanc qui montre, en gros plan, un dindon.

Un dindon (MIKAN 4952222)

Photographie en noir et blanc d’une fillette tenant une bride qui est assise sur un dindon.

J’aimerais faire une « promenade à dos de dinde » avec vous (MIKAN 3259488)

Photographie en noir et blanc de huit dindons perchés sur une herse à disques tirée par un cheval (deux dindons se trouvent au sol derrière la machine)

Dindes sur une herse à disques tirée par des chevaux, Radisson (Saskatchewan) (MIKAN 3361253)

Visitez l’album Flickr maintenant!

Faits saillants des journaux personnels de sir Sandford Fleming

Par Andrew Elliott

Comme je l’ai mentionné dans un billet antérieur, sir Sandford Fleming, inventeur de l’heure normale internationale, créateur du tout premier timbre-poste du Canada, arpenteur et cartographe, est un membre productif de la société canadienne au 19e siècle. Il a le temps de faire bien des choses, notamment de consigner ses activités dans divers journaux personnels. C’est un écrivain passionné. Il n’écrit peut-être pas de roman, mais il note tout ce qu’il voit et vit dans ce monde. Il combine observations écrites et esquisses au crayon faites à l’occasion en s’inspirant de paysages, de personnes, de tâches quotidiennes et de travaux d’ingénierie.

Fait remarquable, sir Fleming tient ces journaux pendant la majeure partie de sa longue vie, de l’âge de 15 ans, en 1843, à son décès, en 1914. Sir Fleming pense également à la perception qu’on aura de lui dans l’avenir. Vers la fin de sa vie, il transcrit donc les parties les plus importantes de ses journaux personnels dans trois journaux condensés. En outre, il tient différents carnets pour consigner les nombreux voyages spéciaux qu’il fait au Canada, en Angleterre et aux États-Unis. Tous ces récits figurent dans le fonds d’archives de sir Sandford Fleming, à Bibliothèque et Archives Canada. Consultez en particulier ses journaux personnels, ses carnets de voyage et divers autres journaux et cahiers.

Les journaux personnels de sir Fleming, surtout ceux qu’il a écrits au début de sa vie, contiennent beaucoup d’éléments intéressants. Dans l’un de ceux-ci remontant à 1843, il inscrit ses pensées et ses observations sur la vie d’un écolier à Kirkcaldy, en Écosse. S’y trouvent aussi de nombreuses esquisses de navires et d’une église ainsi qu’un diagramme de patins à roulettes anciens.

Deux autres journaux personnels illustrent le voyage fait par sir Fleming en 1845 – principalement par navire – de Kirkcaldy, en Écosse, à Peterborough dans le Haut-Canada. Le premier journal comprend des notes manuscrites datant de la fin avril au début juin 1845. Le deuxième journal, lequel présente le reste du parcours, couvre la période de juin à août 1845. Ce journal décrit le voyage au moyen d’images, car il s’agit d’un périple effectué avant l’arrivée de la photographie. On y trouve l’Écosse vue à partir du navire, des esquisses de navires passant tout près, des esquisses de la cabine de sir Fleming et d’autres passagers, la première terre ferme aperçue en Amérique du Nord, la ville de Québec, une esquisse des écluses de Bytown (maintenant Ottawa), les chutes Niagara et plusieurs esquisses de bâtiments de Peterborough.

Esquisse au crayon montrant une personne qui lit sur le pont d’un navire, et un autre navire en arrière-plan.

Esquisse d’une partie d’un navire, 1845. (MIKAN 4938907)

À son arrivée au Canada, sir Fleming a des compétences précieuses (dessin, dessin technique, arpentage et gravure) dont il se sert pour gagner sa vie. Pour lui, le journal personnel constitue une façon de consigner ses déplacements, les principaux événements vécus et, en particulier, ses activités familiales. Souvent, il n’inscrit rien si la journée est routinière. Ses journaux personnels renferment des notes brèves et irrégulières sur les réunions d’un conseil, des activités sociales, l’arrivée et le départ de personnages importants, la santé et la fortune de membres de sa famille et d’amis, de même que des voyages au Canada et à l’étranger. Le récit de ses voyages est particulièrement marquant. Au départ, sir Fleming s’établit à Toronto, mais il doit voyager énormément pour son travail. Ainsi, dans les années 1840 et 1850, il couvre une région presque aussi grande que le Grand Toronto même s’il voyage en diligence, en traîneau et en navire à vapeur. Plus tard, lorsqu’il s’installe à Halifax et à Ottawa, il fait de nombreux voyages en train pour se rendre dans des régions éloignées de l’Ontario, du Québec, des Maritimes et de l’Ouest canadien.

Deux pages d’un journal. Sur la première page figure l’esquisse d’un campement dans une vallée fluviale avec une forêt et des montagnes en arrière-plan, ainsi qu’un texte manuscrit en dessous. Sur la deuxième page se trouve l’esquisse d’une tente devant laquelle une personne, assise, entretient un feu.

Extrait du journal traitant de l’arpentage du chemin de fer Intercolonial, 1864. (MIKAN 107736)

Au début des années 1870, sir Fleming et d’autres personnes effectuent une expédition d’arpentage. Le dossier numérisé de cette expédition se trouve dans Master-Works of Canadian Authors: Ocean to Ocean.

Un journal personnel de 1885 comprend une pochette dans laquelle il y a un récit manuscrit de six pages sur un voyage en train effectué en novembre, au Canada. Sir Fleming y donne ses impressions sur la cérémonie du 7 novembre tenue à Craigellachie, en Colombie-Britannique. Cette cérémonie vise à souligner la pose du « dernier crampon », laquelle marque la fin de la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique.

Sir Fleming tient aussi une liste de ses voyages en navire dans l’océan Atlantique. Ci-dessous se trouve une liste de ses voyages des années 1840 aux années 1880, comme celui du 17 mai 1863 vers l’Angleterre à bord du navire à vapeur United Kingdom.

Liste manuscrite de dates, de destinations et de noms de navires, collée sur du papier ligné.

Liste des voyages effectués par sir Fleming de 1845 à 1883, laquelle inclut la destination et le nom des navires. (MIKAN 107736)

Sir Fleming raconte aussi sa vie personnelle et familiale. Voici des exemples de phrases figurant dans ses journaux des années 1850 et 1860 (l’orthographe est celle qu’il a utilisée) :

[Traduction]

  • 31 décembre 1859 : « Une autre année est sur le point de finir. Me voici au sein de la famille de M. Halls, à Peterboro, avec ma tendre épouse tout près, deux mignons petits garçons et une petite fille qui dort profondément dans un lit […]. »
  • 6 juin 1861 : Sir Fleming écrit que son épouse « a donné naissance à [leur] deuxième petite fille aujourd’hui vers 12 h (midi), à Davenport. Elle ne se sentait pas très bien au petit déjeuner, et j’ai pensé que je devais à tout prix aller chercher l’infirmière et le médecin. »
  • 9 septembre 1863 : « Messieurs Tilly et Tupper m’ont informé avoir décidé (à la condition que leur gouvernement approuve leur décision) de me nommer arpenteur au nom de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick […], afin que je fasse immédiatement les travaux d’arpentage. » Voici une image numérisée d’un texte que sir Fleming a écrit sur l’arpentage du chemin de fer Intercolonial :
Textes écrits au crayon sur deux jours.

Extrait de deux textes que sir Fleming a écrits dans son journal les 14 et 15 décembre 1863. Ces textes décrivent les activités réalisées dans le cadre de l’arpentage du chemin de fer Intercolonial. (MIKAN 107736)

[Traduction]

  • 1er janvier 1864 : « Train du matin pour Collingwood, diligence vers Craigleith — père et mère étaient avec tous leurs enfants […]. Ils pensaient que j’étais au Nouveau-Brunswick, alors ils ont été très étonnés et contents de me voir […]. Le temps était très froid et une tempête faisait rage. »
  • 28 février 1866 : Sir Fleming raconte le décès de son fils de trois mois : « Ce matin, vers 4 h, après avoir pris un peu le dessus […], notre enfant chéri s’est enfin doucement éteint […]. C’est le premier décès qui me touche vraiment de près – une partie de nous est vraiment rendue dans un autre monde. »
  • 29 juin 1867 : « Je me prépare à la célébration de la Confédération des provinces qui aura lieu lundi prochain. »
  • 1er juillet 1867 (fête du Dominion) : « J’étais debout à 5 h. Le temps était très nuageux et pluvieux […]. On a hissé les drapeaux, etc. Le ciel s’est dégagé. Halifax était très joyeuse; il y avait une mer parfaite de drapeaux. C’était une belle journée. La démonstration s’est très bien déroulée. »

Sir Fleming a été au cœur de la modernisation du Canada, mais les centaines de détails banals qu’il a consignés révèlent également certaines facettes du monde dans lequel il a vécu. Un large éventail de renseignements sont fournis pour quiconque souhaite les lire et déchiffrer l’écriture de sir Fleming.


Andrew Elliott est archiviste à la division Science, Gouvernance et Politique de Bibliothèque et Archives Canada.

Passez-vous à côté du plaisir d’écouter des balados?

Par Paula Kielstra

Nous célébrons aujourd’hui le pouvoir de la baladodiffusion à l’occasion de la Journée internationale du balado.

Les balados sont parfois décrits comme des émissions de radio sur Internet que vous pouvez écouter à votre convenance. Il s’agit en fait d’une série d’émissions diffusées en ligne sous forme de fichiers individuels de médias numériques. Une fois téléchargées, les émissions de baladodiffusion peuvent être écoutées en tout lieu et en tout temps. Les balados sont populaires en raison notamment de la variété qu’ils offrent aux auditeurs sur les plans du style, de la forme et du contenu. Ils peuvent devenir des groupes de réflexion informels, constituer un lieu de narration, nous tenir au courant de l’actualité, approfondir des sujets particuliers, ainsi que nous exposer à une myriade de nouvelles idées.

Dans le cas de notre balado Découvrez Bibliothèque et Archives Canada, le média sert de passerelle vers la vaste et riche collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Dans le balado, nous explorons un large éventail de sujets liés au patrimoine documentaire du Canada. Que nous nous entretenions de Glenn Gould avec un biographe primé, que nous explorions les dossiers de service de soldats de la Première Guerre mondiale ou que nous attirions l’attention sur des documents liés à l’ascendance métisse, notre balado informe, surprend et divertit.

Notre équipe dévouée de baladodiffuseurs déploie des efforts considérables pour la préparation de chaque émission de baladodiffusion. Elle puise son inspiration dans les collections archivistiques et bibliographiques, si nombreuses que cela rend difficile le choix des sujets pour les émissions à venir. Toutefois, grâce aux séances de remue-méninges, aux travaux de recherche et aux rencontres avec des experts, l’équipe est en mesure de choisir des sujets qui fascineront les auditeurs.

Des invités sont ensuite conviés dans notre studio, puis les entretiens avec notre hôte sont enregistrés; après quoi commence la magie du travail dans l’ombre. Nos spécialistes de la production multimédia consacrent des heures à étudier les enregistrements afin d’en choisir les meilleurs extraits, qu’ils rassemblent pour en faire un tout cohérent et simplifié. Ce résultat, multipliez-le par deux, car chaque balado est produit en français et en anglais afin que tous les Canadiens puissent y avoir accès.

Photo couleur de deux hommes et une femme, assis dans un studio d’enregistrement avec un panneau sur lequel on peut lire : « On Air » [À l’antenne]

L’équipe du balado dans le studio d’enregistrement: concepteurs en multimédia : Tom Thompson et David Knox, et archiviste et animatrice, Geneviève Morin.

À ce jour, nous avons diffusé 39 émissions de baladodiffusion de grand calibre, et nos auditeurs semblent enchantés. La popularité des émissions place systématiquement le balado de BAC parmi les meilleurs dans sa catégorie sur iTunes, et le nombre d’auditeurs ne cesse de croître à chaque nouvelle émission. Par l’étendue des sujets traités et la profondeur du savoir communiqué par les experts que nous interrogeons, Découvrez Bibliothèque et Archives Canada contribue grandement au paysage international du balado.

Si vous ne l’avez pas encore écouté, le moment est venu de le faire. Écoutez les émissions dans la voiture, en lavant la vaisselle, seul ou avec des amis. Découvrez Bibliothèque et Archives Canada est le remède parfait contre l’ennui et vous plongera dans le monde fascinant du patrimoine culturel du Canada que contient notre fabuleuse collection.

Ressources connexes


Paula Kielstra est gestionnaire de projet à la section Contenu en ligne de la Direction générale des services au public.

Conservatrice invitée : Annabelle Schattmann

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Le globe Chewett par W.C. Chewett & Co., vers 1869

Un imposant globe terrestre dans un support en bois et en laiton.

Globe terrestre par W.C. Chewett & Co. pour le ministère de l’Éducation de l’Ontario, vers 1869 (AMICUS 41333460)

Ce globe terrestre est un des premiers produits au Canada, à l’époque de la Confédération. Conçu pour être utilisé dans les écoles, il s’inscrivait dans un élan patriotique visant à définir le pays naissant.


Parlez-nous de vous.

Je voyage beaucoup, tant pour le plaisir que pour le travail. Je suis allée plusieurs fois en Europe, et je me suis rendue au Pérou pour faire des fouilles archéologiques lorsque j’étais étudiante. J’ai aussi vécu un peu plus d’un an au Japon alors que j’étais étudiante au secondaire, et ce fut une expérience inoubliable. La leçon la plus importante que j’ai apprise est d’apprécier et de respecter les choses qui sont différentes, étranges et parfois incompréhensibles. Cela m’a montré à être critique à l’égard de mes préjugés et de la culture dans laquelle je vis, des réflexes qui font la promotion d’un mode de vie cohésif dans un monde multiculturel.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

En raison de mon expertise et de mon amour des voyages, j’ai choisi de parler du globe terrestre de Chewett. Les cartes géographiques sont très intéressantes! Lorsque je voyage, j’aime regarder la carte du monde des pays que je visite, parce que ceux-ci mettent toujours leur territoire au centre de la carte. Cela cause inévitablement de la distorsion dans les distances entre les pays et la taille des océans, car notre planète est sphérique. Voir le Canada rétréci ou élargi m’a toujours fait sourire et m’a quelque peu aidé à comprendre comment les autres peuples voient et comprennent leur monde.

Notre monde évolue constamment, qu’il s’agisse de ses caractéristiques physiques comme les fleuves et les montagnes, ou de concepts abstraits comme les noms et les frontières. Par conséquent, les cartes doivent continuellement être mises à jour, ce qui nous permet de retracer l’histoire à travers les changements apportés à celles-ci. À titre d’archéologue, les cartes géographiques sont essentielles à mon travail. Les vieux plans de ville révèlent les endroits où les anciens bâtiments étaient érigés, où les cimetières abandonnés sont situés, mais sur lesquels on a reconstruit et qui se sont ensuite effacés de notre mémoire collective. Je dois également tenir compte de ce à quoi le paysage pouvait ressembler par le passé afin de comprendre les ressources auxquelles les gens avaient accès et ce qui aurait pu les inciter à choisir un lieu particulier pour camper ou imprégner une signification au paysage par les histoires et les légendes.

Je pense que M. William Cameron Chewett, la personne dont l’entreprise a créé ce globe, aurait apprécié ces pensées. Bien que sa profession était l’imprimerie, sa famille avait participé à la cartographie du Haut-Canada. Son grand-père, William Chewett, a travaillé comme arpenteur en chef et a arpenté la majeure partie de ce qui constitue maintenant l’Ontario, alors que son père, James Chewett, a aussi travaillé comme arpenteur avant de construire plusieurs édifices connus de Toronto. W.C. Chewett and Co. était considérée comme l’une des entreprises d’impression et d’édition les plus éminentes au Canada. L’entreprise a produit des lithographies primées de 1862 à 1867, obtenant des premiers prix chaque année, et avait une large gamme de publications allant de périodiques et d’annuaires téléphoniques aux livres de droit et de médecine, en passant par le Canadian Almanac. De plus, le magasin de détail était un lieu de rassemblement social populaire. Le globe a été créé au cours de la dernière année d’exploitation de l’entreprise (1869) avant qu’elle soit achetée et renommée Copp, Clark and Company.

Une carte géographique de l’Ouest canadien, ce qui est maintenant le sud de l’Ontario, avec des couleurs indiquant les comtés. La légende contient une liste de gares ferroviaires avec leurs distances respectives.

Carte de l’Ouest du Canada en photogravure publiée dans le Canadian Almanac pour 1865 par W.C. Chewett & Co., Toronto. (MIKAN 3724052)

Pour le 150e anniversaire du Canada, je pense qu’il vaut la peine de réfléchir aux changements qui sont survenus au cours du dernier siècle et demi, ce que le globe de Chewett nous montre littéralement. Au cours de ma vie, j’ai observé la création du territoire du Nunavut et le changement de nom de plusieurs rues dans mon quartier. Quels changements avez-vous constatés au cours de votre vie et comment vous ont-ils touchés, ainsi que votre communauté?

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

Lorsque la plupart des gens pensent à des cartes, ils pensent à la géographie et aux frontières politiques, mais les cartes peuvent également être utilisées pour illustrer et pour décrire presque n’importe quoi, notamment les relevés de recensement, les langues parlées et les affiliations de groupe. Pour poursuivre dans cette voie, j’ai choisi une carte de l’Amérique du Nord de 1857 qui montre les régions où vivaient divers groupes autochtones à cette époque. Idéalement, si je devais ajouter cette carte géographique à l’exposition, j’aimerais également inclure une carte moderne présentant les lieux où vivent actuellement les bandes des Premières Nations. Je pourrais ainsi montrer au public les changements importants vécus par nos concitoyens pour qu’il puisse les voir aussi clairement que ceux qu’il est en mesure de constater en comparant le globe à n’importe quelle carte moderne du Canada.

Mon autre raisonnement est un peu plus égoïste. En tant qu’anthropologue, je comprends et j’ai appris par l’expérience que la meilleure façon d’apprécier et de respecter une autre culture est d’en apprendre à son sujet, au sujet de ses gens, et lorsque c’est possible, d’y vivre également. En grandissant, je n’ai pas vraiment eu de contact avec les Premières Nations, leur culture et leur histoire. C’est pourquoi je n’ai pas développé de sensibilité à leur culture ou d’intérêt à en apprendre à leur sujet. En tant qu’anthropologue et que Canadienne, j’ai eu honte de ces sentiments et j’ai éprouvé de la tristesse lorsque d’autres Canadiens ont exprimé des opinions semblables. Au cours des dernières années, j’ai travaillé activement à m’éduquer. En ajoutant cette pièce, j’espère inspirer les autres à apprécier, à respecter leurs concitoyens canadiens et à en apprendre davantage à leur sujet. Cette question est particulièrement significative en cette période charnière pour le Canada, car il s’agit de l’année où nous devons célébrer le rassemblement et la création de liens plus forts entre les nations.

Une grande carte géographique en couleur de l’Amérique du Nord indiquant les territoires de diverses bandes autochtones avec des légendes dans les coins.

Carte de l’Amérique du Nord indiquant les frontières et l’emplacement de divers groupes autochtones. (MIKAN 183842)

 

Biographie

Colour photograph of a young woman with long hair and glasses looking towards the photographerAnnabelle Schattmann est une anthropologue en biologie. Elle est titulaire d’une maîtrise ès arts en anthropologie de l’Université McMaster (2015) et d’un baccalauréat ès arts en anthropologie de l’Université Trent (2012). Elle a participé à plusieurs projets de recherche, notamment une fouille archéologique au Pérou, une excavation de cimetière en Pologne et une recherche sur les carences en vitamines C et D au cours de diverses époques au Canada et en Europe.

Ressources connexes

McLeod, Donald W. “Chewett, William Cameron.” Dictionary of Canadian Biography.

Images liées à l’alimentation à la vapeur maintenant sur Flickr

L’ébullition de l’eau crée de la vapeur, et cette vapeur chaude est composée de gouttelettes d’eau.

Photographie en noir et blanc d’un homme se tenant sur une petite plateforme et examinant le manomètre d’un groupe électrogène mû par turbine à vapeur.

Un ouvrier vérifie la pression de la vapeur sur la turbine du premier générateur de vapeur des installations de production de vapeur et d’électricité de l’usine Société Polymer Limitée (MIKAN 3626205)

Les inventeurs, les chercheurs et les ingénieurs ayant saisi la vapeur sous pression ont découvert que la force expansive de la vapeur pouvait servir à alimenter des machines ou être utilisée dans des processus chimiques. Le moteur à vapeur basique et ses variantes alimentaient des pistons, des manivelles et des pompes, ce qui permettait de faire fonctionner des voitures, des bateaux, du matériel agricole, des véhicules de construction et des locomotives.

Photographie en noir et blanc d’une pompe à incendie à vapeur sur un wagon plat. Des hommes utilisent la pompe pour combattre un incendie près d’une voie ferrée et de remises.

Une pompe à vapeur sur plateforme pour lutter contre un incendie aux hangars à marchandises de la rue Barton de la compagnie Grand Trunk Railway, Hamilton (Ontario) (MIKAN 3283663)

L’industrie et le transport canadiens ont beaucoup bénéficié de l’alimentation à la vapeur, la période d’utilisation de celle-ci ayant perduré jusqu’au 20e siècle. Ce type d’énergie est toujours utilisé aujourd’hui, mais bien moins souvent qu’auparavant.

Photographie en noir et blanc d’un petit bateau à vapeur sur le canal Rideau. Trois hommes y prennent place (à la poupe, au centre et à la proue).

Bateau à vapeur sur le canal Rideau, Ottawa (Ontario) (MIKAN 3392841)

Visitez l’album Flickr maintenant!

 

Stony Mountain Penitentiary

Par Anne Brazeau

Le Manitoba a obtenu le statut de province en 1870 et le Manitoba Penitentiary and Asylum, aujourd’hui connu sous le nom d’Établissement de Stony Mountain, a été fondé en 1871. Le pénitencier a été présent pendant toute l’histoire du Manitoba. Construit par la Compagnie de la Baie d’Hudson, il se trouvait à l’origine dans le Lower Fort Garry. De nombreux personnages historiques importants y ont été incarcérés dont Poundmaker et Big Bear, qui ont pris part à la Rébellion du Nord-Ouest en 1885, ainsi que plusieurs des dirigeants de la grève générale de Winnipeg de 1919.

Les archives

Bibliothèque et Archives Canada – Winnipeg abrite une collection de plus de deux cents documents d’archives portant sur le Stony Mountain Penitentiary qui remontent jusqu’à 1871. Parmi ceux-ci se trouvent des dossiers médicaux, des registres des présences, des dossiers d’admission et d’antécédents des détenus, des lettres administratives et des journaux personnels. Ces documents, dont certains sont à diffusion restreinte, font la lumière sur les circonstances entourant les intervenants du système correctionnel de la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle.

Une photo signalétique en noir et blanc montrant un homme avec un peu de calvitie et une moustache vue de profile et de l’avant. Il tient une affiche avec le numéro 1567.

Détenu No. 1567 (MIKAN 4976280)

Une photo signalétique en noir et blanc montrant un très jeune homme vu de profile et de l’avant. Il tient une affiche avec le numéro 1585.

Détenu No. 1585 (MIKAN 4976280)

Les dossiers médicaux dressent la liste des affections dont souffraient les détenus, ainsi que les remèdes qui leur ont été donnés. Certaines des maladies nous paraissent tout droit sorties du passé, comme les écrouelles (un type de tuberculose) et la dyspepsie (trouble digestif), sans compter plusieurs des antidotes qui font vieille école : couches de moutarde, cigarettes et alcool.

Les registres de bibliothèque de la fin des années 1800 dressent la liste des ouvrages que pouvaient emprunter les détenus, ce qui nous donne un aperçu du type de livres qui plaisaient aux criminels à la fin du siècle dernier (des livres à suspense, ce qui n’est guère surprenant, mais aussi des livres militaires et des ouvrages sur l’histoire naturelle). Chaque détenu recevait deux pages blanches qu’il pouvait remplir de titres qu’il désirait emprunter.

Cours, bonne conduite et zèle au travail

Toutefois, certains détenus étaient analphabètes et ne pouvaient pas prendre des ouvrages de la bibliothèque; ils s’inscrivaient plutôt à des cours. Parmi les ouvrages que l’on remettait aux détenus qui suivaient des cours se trouvaient des dictionnaires, des livres de rédaction en anglais et des livres de géographie. Les cours étaient donnés presque tous les jours (sauf les jours fériés et ceux où l’enseignant n’était pas disponible) et les présences étaient consignées dans un registre. Des commentaires étaient aussi inscrits en marge du crochet indiquant la présence des détenus. Ces commentaires révèlent des écarts énormes en ce qui a trait aux compétences des détenus de Stony Mountain. En effet, certains étaient complètement analphabètes tandis que d’autres avaient déjà fait des études en algèbre. On y indique aussi que plusieurs détenus ne savaient que lire et écrire dans leur langue maternelle.

La collection compte plusieurs volumes de registres de bonne conduite et de zèle au travail, soit des livres dans lesquels étaient consignés les inconduites des détenus et les châtiments qui leur étaient infligés. On trouve dans la liste des inconduites le fait de parler tout en prenant son bain et de faire de la danse traditionnelle dans sa cellule. Certaines inconduites qui sont clairement inacceptables, comme d’avoir un couteau en sa possession, n’étaient suivies que d’une faible punition, dans le cas présent une simple réprimande. Cependant, un autre détenu qui a quitté son poste de travail sans permission et qui a parlé alors que ce n’était pas son tour a été condamné à 21 jours consécutifs n’ayant pour seule nourriture que du pain et de l’eau et a été confiné à sa cellule les mains liées aux barreaux de la prison. Un autre, qui a tenté de s’évader a reçu le même traitement en plus d’être mis au fer.

Antécédents des détenus

Les éléments principaux des dossiers du Stony Mountain Penitentiary sont les antécédents des détenus. On y indique le nom, la religion, la profession, l’état civil, le crime et la sentence des détenus. Les rares femmes à y être incarcérées avaient toutes la mention « femelle » comme profession. Un jeune prisonnier anglais d’origine juive condamné à l’emprisonnement à perpétuité pour tentative de meurtre est décrit comme étant un cowboy.

Même si les registres des antécédents des détenus débutent dans les années 1870, ceux qui ont été préparés à compter des années 1920 fournissent tous les mêmes renseignements, ainsi que des descriptions physiques et des photos signalétiques. De telles images nous rappellent de manière saisissante à quel point la plupart de ces personnes étaient jeunes au début de leur peine (généralement entre 18 et 22 ans). Les antécédents plus récents et les photos qui les accompagnent renferment des renseignements pertinents pour diverses personnes qui pourraient être toujours en vie, qui sont décédées il y a moins de vingt ans, ou qui sont nées il y a moins de cent dix ans. Pour protéger la vie privée de ces personnes, ces dossiers sont interdits au public.

L’établissement est tissé dans l’histoire du Manitoba et ses dossiers pourraient facilement être utilisés dans l’étude du système correctionnel et peut-être dans le cadre de la réforme du système carcéral. Ils sont un excellent exemple des documents archivistiques exceptionnels entreposés à Bibliothèque et Archives Canada – Winnipeg.

Liens connexes


Anne Brazeau est une étudiante participant au PFETE qui travaille à Bibliothèque et Archives Canada – Winnipeg.