Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de juillet 2018

À ce jour, 608 399 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 10449. Dernier nom : Wilson.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Des images de déjeuner maintenant sur Flickr

Le déjeuner : premier repas de la journée. Et le plus important, selon beaucoup de gens, bien que cela ne fasse pas l’unanimité.

Tableau en couleur d’un groupe de familles assises en cercle s’apprêtant à déjeuner au lever du jour.

Déjeuner au lever du soleil [MIKAN 2895279]

Au moyen-âge, les Européens n’avaient pas l’habitude de déjeuner. Manger trop tôt dans la journée était considéré comme de la gourmandise et heurtait les croyances religieuses de l’époque. Cependant, au cours des 15e et 16e siècles, cette façon de penser évolua. Diverses denrées importées des quatre coins du monde, comme le thé, le café et le chocolat, commencèrent à être consommées de plus en plus fréquemment le matin. En outre, une organisation plus rigoureuse des journées de travail pour une main-d’œuvre en pleine croissance renforça le besoin de prendre un repas en début de journée.

Photographie en noir et blanc de trois hommes entamant leur déjeuner à l’extérieur. Les hommes se tiennent autour d’une caisse en bois sur laquelle est posée la nourriture.

L. Belanger, A. A. Cole et L. H. Cole prenant leur déjeuner à Moose River Crossing (Ontario) [MIKAN 3372757]

Aux 19e et 20e siècles, le Canada élabora ses propres coutumes concernant le déjeuner. Les aliments consommés traditionnellement au déjeuner comprennent de la saucisse de porc, du bacon, des pommes de terre rissolées, des œufs, des rôties, des céréales, du gruau, des crêpes et du sirop d’érable. Sans oublier le café et le thé! De nouveaux aliments à consommer au déjeuner ont été introduits par les immigrants arrivés récemment de pays autres que l’Europe, enrichissant ainsi notre expérience culinaire toujours plus diversifiée.

Photographie en noir et blanc d’une femme et de ses deux jeunes fils assis à une table en train de déjeuner.

Mme Jack Wright et ses deux fils, Ralph et David, prenant leur déjeuner, Toronto (Ontario) [MIKAN 3626137]

Photographie en noir et blanc d’une femme debout versant du café dans une tasse pour une autre femme assise à une table en train de déjeuner.

Une employée servant le déjeuner à une ouvrière des munitions dans une salle à manger [MIKAN 3626714]

Visitez l’album Flickr maintenant!

Imaginer le Canada – Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poissonPar Michael Kent

J’ai récemment eu le plaisir de faire partie des bibliothécaires devant sélectionner un article pour Première, l’exposition sur les nouvelles acquisitions de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Cela m’a permis de réfléchir au travail d’acquisition que j’ai effectué pour BAC, en particulier pour la collection Jacob-M.-Lowy de rares judaïca, dont je suis le conservateur. Ce travail me confère l’extrême privilège de raconter l’histoire de la communauté juive du Canada par l’entremise de son patrimoine publié. Une grande partie de ma sélection porte sur des ouvrages imprimés au Canada. Cependant, je suis parfois en mesure de remonter plus loin dans le temps pour documenter ce qui a amené la communauté juive au Canada.

Un tel exemple est mon choix de l’ouvrage Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah, publié vers 1806, pour l’exposition Première. Il s’agit du premier livre sur la découverte des Amériques écrit en hébreu. C’est avec un grand plaisir que j’ai pu ajouter cet ouvrage, dont le titre traduit est « La découverte du Nouveau Monde », à la collection Jacob-M.-Lowy.

Photo couleur d’un livre ouvert avec du texte en hébreu et une mappemonde.

Le Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah ouvert à la première page de l’introduction, avec une carte des Amériques (AMICUS 44961986).

L’ouvrage original en allemand, Die Entdeckung von Amerika, de Joachim Heinrich Campe, était un livre pour enfants. Le traducteur hébreu, Moses Frankfurt Mendelsohn, l’a adapté en transformant ce qui était initialement un dialogue entre un père et ses enfants en une narration historique classique. Sa motivation à écrire un tel livre résidait dans le vif intérêt que suscitait alors l’explorateur italien Christophe Colomb chez les Juifs européens, qui le soupçonnaient fortement d’être un Juif.

Outre cet intérêt initial, il faut mentionner que l’ouvrage a été publié durant une période importante pour les personnes qui formeraient plus tard la communauté juive du Canada. L’existence des Juifs européens a connu de nombreux changements lors du XIXe siècle. L’émancipation, les pogroms et les possibilités d’émigration en Amérique du Nord ont radicalement transformé ce peuple et ont contribué à la naissance de la communauté juive au Canada.

En parcourant cet ouvrage, je ne vois pas qu’un livre sur Colomb. J’y vois une œuvre représentant probablement la première source d’information sur les Amériques à laquelle ont eu accès de nombreux Juifs d’Europe. Et en examinant la carte incluse, j’observe ce qui a dû être, aux yeux d’un grand nombre de Juifs, la première représentation des terres appelées à former le Canada. Bref, à mon avis, ce livre constituait un outil crucial pour faire connaître les Amériques et permettre aux Juifs d’imaginer une nouvelle vie au Canada.

Le Canada est une mosaïque de communautés immigrantes. L’acquisition de Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah me rend fier de pouvoir raconter l’histoire d’une de ces communautés et de remonter au début du parcours des Juifs pour se forger une identité canadienne, contribuant ainsi à façonner le Canada d’aujourd’hui.


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob-M.-Lowy à Bibliothèque et Archives Canada.

Images du port de Montréal maintenant sur Flickr

Estampe couleur du port de Montréal montrant un voilier mis à quai dont la marchandise est déchargée. Un bateau à aubes se trouve à bâbord, et deux hommes font du canot devant sa proue.

Vue du port de Montréal (Québec) [MIKAN 2895991]

De la fondation de la ville de Montréal en 1642 jusqu’à l’arrivée des navires à vapeur au début du XIXe siècle, le port de Montréal est surtout utilisé par des trappeurs pour leur commerce de fourrures, puis par les vaisseaux français et anglais qui viennent ravitailler la colonie. L’arrivée des navires à vapeur marque un point tournant, en ouvrant de nouvelles routes commerciales avec le reste du monde grâce auxquelles le port de Montréal s’éloignera de ses origines modestes pour entrer dans une ère de croissance.

Photo noir et blanc de voiliers de marchandises mis à quai. Diverses marchandises sont entassées sur le quai et transportées ailleurs dans des charrettes tirées par des chevaux.

Port de Montréal (Québec) en pleine activité [MIKAN 3382335]

Photo noir et blanc d’un navire mis à quai. Quatre hommes travaillent, suspendus à des échelles accrochées à la proue.

Barges du Chemin de fer Atlantique-Canadien dans le port de Montréal (Québec) [MIKAN 3411873]

Photo noir et blanc de trois navires mis à quai. Un bâtiment administratif est situé à l’arrière-plan. Le long du quai se trouve une large structure de déchargement avec des treuils et des échafaudages.

Navires dans le port de Montréal (Québec) [MIKAN 3349054]

Visitez l’album Flickr maintenant!

Le port de Montréal

De la fondation de la ville de Montréal en 1642 jusqu’à l’arrivée des navires à vapeur au début du XIXe siècle, le port de Montréal est surtout utilisé par des trappeurs pour leur commerce de fourrures, puis par les vaisseaux français et anglais qui viennent ravitailler la colonie. L’arrivée des navires à vapeur marque un point tournant, en ouvrant de nouvelles routes commerciales avec le reste du monde grâce auxquelles le port de Montréal s’éloignera de ses origines modestes pour entrer dans une ère de croissance.

Une peinture à l’huile d’un port et d’un quai, avec une île verdoyante à droite.

Le port de Montréal, peint par Andrew Morris en 1847 (e008300982).

De la moitié à la fin du XIXe siècle, le port de Montréal connaît des changements et des progrès innombrables, à commencer par la création, en 1830, de la première Commission du Havre. En 1832, les docks construits font plus d’un kilomètre de long. En 1854, le chenal de navigation entre Montréal et Québec atteint désormais presque 5 mètres de profondeur à la suite de travaux de dragage. Pendant cette période apparaissent également l’acheminement des marchandises depuis les quais par chemin de fer, l’éclairage électrique et une liaison régulière de navires à vapeur entre le port de Montréal et Liverpool, sans compter un nouveau dragage du chenal qui lui permet d’atteindre plus de 7,5 mètres de profondeur.

Au début du XXe siècle, le port connaît de nouveaux travaux d’amélioration. La construction d’élévateurs à grains commence en 1902 et celle d’entrepôts de transit, en 1908. En 1910, les travaux de dragage pour que le chenal entre Montréal et Québec atteigne désormais plus de 10 mètres de profondeur sont bien avancés.

Une photographie en noir et blanc d’un quai sur lequel s’alignent diverses marchandises, ainsi que d’un grand édifice de style néoclassique et d’une église qui font face à la rive.

Le marché Bonsecours, les quais et une église photographiés par Alexander Henderson vers 1875 (c007943).

Jusqu’au début des années 1960, le port de Montréal n’est ouvert que sept mois par année en raison des rigueurs de l’hiver. Cependant, en 1962, sous l’autorité du Conseil des ports nationaux (responsable du port depuis la dissolution de la Commission du Havre), les brise-glaces font leur apparition sur la voie navigable entre Montréal et Québec. À partir de 1964, le port de Montréal sera ouvert toute l’année.

Une aquarelle représentant un amoncellement de glace près des installations portuaires d’une ville.

Peinture de George Henry Andrews représentant le bris des glaces sur le fleuve Saint-Laurent à Montréal, en 1864 (e000996176).

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) dispose de nombreux documents qui illustrent l’évolution du port de Montréal. Le plus ancien est une photographie d’Alexander Henderson prise en 1870 qui représente le navire à vapeur S.S. Quebec amarré au port de Montréal, avec des charrettes tirées par des chevaux à l’avant-plan. La collection comporte également des photographies du port par William Topley, Henry Joseph Woodside et par les Hayward Studios, ainsi qu’une magnifique peinture à l’huile, terminée en 1847 par Andrew Morris, qui représente le havre et le quai de Montréal vu selon l’angle inusité de la rive en face de l’île Sainte-Hélène.

Une photographie en noir et blanc d’un port animé, où l’on voit une rue bordée d’édifices et un quai où sont amarrés nombre de bateaux.

Le port de Montréal photographié par William Topley en septembre 1902 (a201779).

Une photographie en noir et blanc d’un chemin de fer longeant un quai où sont amarrés des bateaux.

Quai du port photographié à une date inconnue par William Topley (a008893).

Arthur D’Orr LePan, le camp Kosciuszko et l’Armée polonaise en France

Par Catherine Butler

La Pologne à la veille de la guerre

À l’aube de la Première Guerre mondiale, la Pologne, en tant que pays indépendant, est absente de la carte de l’Europe depuis près de 120 ans. La Russie, l’Empire austro-hongrois et la Prusse (plus tard intégrée à l’Allemagne unifiée) se sont en effet partagé son territoire à la fin du XVIIIe siècle. Les terres de la Pologne sont morcelées et absorbées par ces trois puissants empires, dans lesquels son peuple se trouve éparpillé.

Lors du siècle qui suit cette partition, laquelle transforme en profondeur la réalité sociopolitique, des millions de Polonais immigrent en Amérique du Nord. Au début de la Première Guerre mondiale, des centaines de milliers de ressortissants polonais vivent au Canada, et près de quatre millions sont aux États-Unis. Parmi cette vaste diaspora, d’innombrables Américains et Canadiens d’origine polonaise brûlent d’envie de combattre au sein des forces alliées afin de libérer leur patrie.

Après une série de rencontres entre les représentants du gouvernement de sir Robert Borden et des délégations polonaises provenant des États-Unis, le Canada, avec l’accord du Royaume-Uni, accepte de former des Polonais vivant en Amérique du Nord pour en faire des officiers. Recrutés au Canada et aux États-Unis, ces officiers seront envoyés en France pour se joindre à l’armée polonaise, qui finance leur entraînement. Celui-ci débute tôt en 1917, mais le camp officiellement assigné à l’Armée polonaise à Niagara-on-the-Lake (Ontario) n’ouvre qu’en septembre de la même année. C’est le colonel Arthur D’Orr LePan qui est nommé commandant de ce qui finira par être appelé le camp Kosciuszko.

Photographie en noir et blanc d’un champ où un groupe d’officiers, à l’avant-plan, suivent leur commandant tandis que d’autres officiers en ligne sont au garde-à-vous, à l’arrière-plan.

Recrues au camp militaire polonais à Niagara, en Ontario, le 8 novembre 1917 (a071288)

Les journaux du colonel LePan

Le colonel A. D. LePan est né à Owen Sound, en Ontario, en 1885 et a étudié à l’Université de Toronto. Il sert dans l’Armée canadienne de 1915 à 1919, notamment comme commandant du camp jusqu’à sa fermeture en mars 1919. Sa participation à la formation des officiers polonais commence en janvier 1917, avec l’arrivée de 23 volontaires américains à l’École d’infanterie de Toronto. En tant que commandant du camp Kosciuszko, le colonel LePan supervise la formation de plus de 20 000 recrues des États-Unis et du Canada avant qu’elles ne soient déployées en France entre septembre 1917 et mars 1919.

Le quotidien du colonel LePan au camp Kosciuszko est décrit en grande partie dans les journaux personnels qu’il a tenus pendant son mandat. Ces journaux ont été donnés à Bibliothèque et Archives Canada par son fils, Douglas V. LePan, en 1977. Les écrits du colonel LePan offrent une perspective intéressante sur ce pan fascinant de l’histoire canadienne.

En plus des listes du personnel du camp, on trouve dans ses journaux des renseignements sur l’entraînement et les mouvements des troupes, des répertoires de soldats décédés en France, y compris le lieu et la cause de leur mort, ainsi qu’un plan des lots de soldats polonais au cimetière de l’église St. Vincent de Paul à Niagara-on-the-Lake. Le colonel a également conservé une copie du télégramme autorisant l’établissement du camp polonais.

On y trouve aussi les notes d’une allocution prononcée en mars 1919 par le colonel LePan lors d’un banquet à Buffalo, dans l’État de New York, sur la fermeture du camp. Il y démontre à quel point la coopération entre la France, le Canada, les États-Unis et la Commission militaire polonaise a été essentielle non seulement au succès du camp, mais surtout à la renaissance d’un État polonais indépendant.

« On imagine facilement les riches associations internationales qu’il pouvait y avoir au camp […] Il n’était pas rare que dans un rassemblement d’officiers, on trouve des Polonais, des Français, des Américains et des Canadiens. Dans tous les cas, ces officiers avaient tiré de leur environnement et de leur éducation des idées et des idéaux différents. Ils n’en collaboraient pas moins, mus par ce désir suprême de faire de ce nouveau camp un facteur aussi influent que possible, à la fois pour rétablir l’État polonais et pour libérer le monde d’une oppression dont les Polonais avaient entendu parler comme nous, mais qu’ils avaient aussi éprouvée dans leur âme et dans leur chair. » [traduction]

Pour en savoir plus

Le Niagara Historical Society and Museum présente jusqu’en novembre 2018 une exposition intitulée Camp Kosciuszko: The Polish Army at Niagara Camp, 1917-1919 (en anglais). L’objectif de cette exposition, en cours depuis novembre 2017, est de souligner le centenaire de l’ouverture du camp Kosciuszko. Des milliers de Canadiens et d’Américains d’origine polonaise y ont été formés avant d’être envoyés en Europe pour se battre dans l’espoir de libérer leur patrie après 123 années d’occupation.


Catherine Butler est une archiviste de référence aux Services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Le carillon de la Tour de la Paix

Par Rebecca Murray

Entre les murs de grès d’un des bâtiments les plus emblématiques du Canada, l’édifice du Centre et sa célèbre Tour de la Paix sur la Colline du Parlement, reposent des joyaux culturels et architecturaux qui reflètent l’histoire de notre pays et de notre peuple. L’un de ces trésors est le carillon. Selon le site Web du Parlement canadien, le carillon est un instrument « qui comporte au moins 23 cloches actionnées à partir d’un clavier à mains et à pieds qui permet une multitude d’expressions par la simple variation du toucher ».

Au terme d’un long processus de commande et d’acquisition, le carillon de la Tour de la Paix a été installé et inauguré en 1927, pour marquer le 60e anniversaire de la Confédération. La cérémonie d’inauguration a donné lieu à la première émission radiophonique du genre diffusée d’un océan à l’autre au Canada, afin que tous puissent entendre le discours et les cloches.

Pour écouter à votre tour le discours et l’inauguration du carillon, consultez notre base de données Films, vidéos et enregistrements sonores : entrez-y le mot-clé « carillon », le support « enregistrement sonore » et la date « 1927-07-01 ». Vous trouverez parmi les résultats ISN 99534 [Diamond Jubilee of Canadian Confederation: Commemoration Ceremony]. Comme l’indique la description, l’enregistrement présente les hymnes O Canada et God Save the King interprétés par le carillonneur Percival Price sur le carillon de la Tour de la Victoire, à Ottawa, ainsi que le discours prononcé par le très honorable William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada.

Photographie en noir et blanc du très honorable William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada, prononçant un discours à l’inauguration du carillon de la Tour de la Paix.

Le très honorable William Lyon Mackenzie King prononçant un discours à l’inauguration du carillon de la Tour de la Paix. Référence : Bibliothèque et Archives Canada/PA-027555

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède une riche documentation sur le carillon, que ce soit la soumission présentée par l’entreprise Gillett et Johnson pour une tour d’horloge et un carillon [Tender for Tower Clock and Bells by Gillett & Johnson], datée du 27 novembre 1924 (RG11, vol. 2683, dossier no 1575-96D) ou les élégants programmes et cartons d’invitation imprimés pour l’inauguration (RG11,
vol. 2687, dossier no 1575-96, partie HA), que l’on peut voir ci-dessous.

Image tirée du programme d’inauguration du carillon de la Tour de la Paix, le 1er juillet 1927.

Programme d’inauguration du carillon de la Tour de la Paix, le 1er juillet 1927 (e011213394)

La collection de BAC compte aussi les programmes des célèbres concerts estivaux du carillon. Celui de l’été 1939, présenté ci-dessous, a été numérisé (RG11, vol. 2688, dossier 1575-96, partie K).

Collage de deux images montrant la page couverture d’un programme ainsi que l’intérieur du programme imprimé.

Page couverture d’un programme des concerts du carillon pour l’été, ainsi qu’un example d’un programme pour une journée, datée 1939 (e011213393)

Une grande variété de morceaux ont été interprétés au carillon pour les spectateurs massés sur la Colline du Parlement, dont des hymnes, des chansons folkloriques, de la musique moderne, des airs patriotiques et des chansons populaires. Vous pouvez consulter le programme en ligne des récitals qui sont donnés presque tous les jours en semaine. Pourquoi ne pas profiter du concert de midi pendant que vous êtes dans la région de la capitale nationale?

Si les programmes estivaux d’autrefois vous intéressent, vous pouvez consulter RG11, vol. 2688, dossier no 1575-K pour l’année 1938, et RG11, vol. 2688, dossier no 1575-L pour les années 1940, 1941 et 1942.

BAC possède également le fonds privé du premier carillonneur du Dominion, Percival Price (MUS 133). Il renferme des enregistrements sonores, des documents textuels et des photographies. Deux outils de recherche numériques des descriptions de niveau des fonds d’archives permettent d’accéder aux descriptions de niveau des dossiers; il n’y a aucune restriction d’accès sur le contenu de cette collection.

Le carillon est l’un des nombreux trésors que renferme la Colline Parlementaire. J’espère que vous aurez la chance d’en découvrir quelques-uns pendant vos excursions estivales. Si vous ne passez pas à Ottawa cet été, allez visiter votre assemblée législative locale pour en apprendre plus sur les traditions et les trésors de votre province!


Rebecca Murray est archiviste aux Services de référence.

Les infirmières militaires décédées en service pendant la Première Guerre mondiale, deuxième partie

Par Alex Comber

Les infirmières militaires du Canada devaient s’acquitter de leurs tâches dans des circonstances pénibles et dangereuses. Quelque 40 infirmières membres du Corps expéditionnaire canadien (CEC) sont mortes à la Première Guerre mondiale de maladies contractées durant leur service actif. D’autres sont décédées après l’Armistice de maladies attribuables à ce service. Ce qui a toutefois révolté le plus les Canadiens, c’est le sort des 21 infirmières tuées directement par l’ennemi. Le présent billet décrit brièvement ces événements et aide les lecteurs à explorer une sélection d’archives sur les infirmières militaires.

Photo noir et blanc d’un cortège funèbre de soldats et d’infirmières militaires marchant derrière un chariot-brancard sur lequel est déposé un cercueil drapé d’un drapeau, au milieu d’un grand cimetière hérissé de croix tombales temporaires.

Les funérailles de l’infirmière militaire G.M.M. Wake, qui a succombé à ses blessures à la suite d’un raid aérien allemand sur l’hôpital où elle travaillait,  (a002562)

Les infirmières militaires servaient dans les hôpitaux du Corps médical de l’armée canadienne (CMAC) et les postes d’évacuation sanitaire, et dans d’autres installations censées être hors de portée de l’artillerie ennemie. Cependant, l’introduction d’une artillerie de précision à longue portée et de nouvelles techniques, comme les guerres aérienne et sous-marine, exposent directement ces femmes au feu de l’ennemi. Plusieurs fois, à compter de mai 1918, des infirmières sont tuées dans l’exercice de leurs fonctions lors d’attaques ennemies. Au Canada, les médias s’empressent d’exploiter ces terribles événements pour mousser la propagande en faveur de l’effort de guerre et promouvoir de nouvelles campagnes de recrutement.

Affiche couleur représentant un soldat en uniforme avec « Canada » brodé sur une épaulette, qui soutient dans la mer une infirmière militaire inconsciente, habillée d’un tablier arborant une grande croix rouge. Le soldat lève le poing en signe de colère contre un sous-marin allemand, sur lequel des marins semblent tirer dans d’autres directions. Une bouée de sauvetage portant l’inscription « Llandovery Castle » flotte tout près. On peut lire « VICTORY BONDS WILL HELP STOP THIS » dans le haut de l’affiche et « Kultur vs. Humanity », dans le bas de celle-ci.

Affiche d’obligations de la Victoire illustrant de manière saisissante les suites du naufrage du navire-hôpital Llandovery Castle (e010697267)

En mai 1918, deux hôpitaux canadiens sont bombardés par l’aviation allemande. Katherine Macdonald, de Brantford, en Ontario, devient la première infirmière militaire canadienne à périr aux mains de l’ennemi pendant la Grande Guerre, lors du bombardement par un avion allemand de l’Hôpital général canadien no 1 situé à Étaples, en France, le 19 mai 1918. Deux de ses collègues blessées meurent peu après.

Photo noir et blanc d’infirmières militaires et de soldats en uniforme dégageant les débris d’un hôpital endommagé.

Vue de l’Hôpital général canadien no 1, à Étaples, en France, après le bombardement qui a coûté la vie à trois infirmières militaires canadiennes, (a003747)

Des photographes officiels ont capté les scènes de dévastation et les sinistres cortèges funèbres derrière les cercueils d’infirmières et d’autres membres du personnel médical et de patients tués lors des raids. À la fin du mois, l’Hôpital militaire fixe canadien no 3, à Doullens, en France, est à son tour bombardé. Trois autres infirmières meurent. Deux d’entre elles, les infirmières Agnes MacPherson et Eden Pringle sont tuées ainsi que des médecins, des préposés aux soins médicaux et un patient lors d’une intervention chirurgicale.

Photo noir et blanc de soldats en uniforme travaillant au milieu des décombres d’un grand bâtiment de briques lourdement endommagé par un bombardement.

Scène après le bombardement de l’Hôpital militaire fixe canadien no 3 à Doullens, en France, dans lequel trois infirmières militaires canadiennes ont trouvé la mort,  (a003746)

Moins d’un mois plus tard, le 27 juin, au large de la côte méridionale d’Irlande, le sous-marin allemand U-86 torpille le navire-hôpital canadien Llandovery Castle, qui rentre en Angleterre avec seulement du personnel médical à bord. Cet ancien paquebot naviguait de nuit avec des feux spéciaux pour illuminer sa coque blanche et ses grandes croix rouges distinctives, signes manifestes d’un navire-hôpital et donc, d’une cible interdite à tout belligérant. Après avoir été frappé, le navire gîte dangereusement, ce qui gêne la mise à l’eau des bateaux de sauvetage. Un grand nombre d’infirmières dormaient au moment de l’impact, et elles ont du mal à évacuer le navire en train de sombrer. Tout le groupe d’infirmières monte à bord d’un bateau de sauvetage en compagnie du sergent Arthur Knight, du CMAC. Tragiquement, le tourbillon causé par la violence du naufrage engloutit leur bateau. Seul Knight réussit tant bien que mal à gagner un autre bateau de sauvetage.

Photo noir et blanc d’un patient en uniforme de convalescence allongé sur un lit d’hôpital.

Le sergent A. Knight, du Corps médical de l’armée canadienne, se rétablit sur un lit d’hôpital après le naufrage du NHSM Llandovery Castle, (a007471)

Les agissements de l’équipage du sous-marin ont aggravé cette tragédie. Des survivants ont témoigné avoir vu le sous-marin poursuivre des bateaux de sauvetage et tirer sur leurs occupants, tuant encore plus de membres d’équipage et de personnel médical. Un seul bateau a pu échapper aux événements de la nuit. Les corps des 14 infirmières militaires n’ont jamais été retrouvés, et aujourd’hui, le monument commémoratif de Halifax rend hommage à ces femmes courageuses. Des documents contenus dans leurs dossiers de service militaire révèlent que certaines infirmières, par exemple Christina Campbell, de Victoria, en Colombie-Britannique, étaient des infirmières d’expérience qui avaient été soignées auparavant pour des problèmes de neurasthénie (choc consécutif à un bombardement), de débilité nerveuse, d’insomnie et d’épuisement général à la suite de leur service près des lignes de front.

Portrait noir et blanc de studio d’une infirmière militaire en uniforme coiffée d’un chapeau, s’appuyant contre une table.

L’infirmière militaire Christina Campbell, qui a péri avec le reste du contingent d’infirmières dans le torpillage du Llandovery Castle le 27 juin 1918 (a008112)

Canada ainsi que des inscriptions dans les Livres du Souvenir qu’abrite la Tour de la Paix, à Ottawa, rendent hommage aux infirmières de la Première Guerre mondiale qui ont perdu la vie au service du Canada en soignant les blessés.

Découvrez la vie des infirmières militaires canadiennes de la Première Guerre mondiale

Grâce à la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien (CEC), les visiteurs du site Web de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) peuvent consulter rapidement et facilement une mine de renseignements généalogiques et historiques, et se faire une idée par eux-mêmes du service de ces femmes et de tous les membres du CEC durant la Première Guerre mondiale. Les liens ci-dessous vous permettront de consulter les dossiers de service récemment rendus accessibles en ligne. Ils s’accompagnent, le cas échéant, du lien vers les registres de circonstances du décès.

Tableau d’honneur : infirmières militaires du CMAC tuées par l’ennemi durant la Première Guerre mondiale

Hôpital général canadien no 1, Étaples, France, bombardé le 19 mai 1918

Hôpital militaire fixe canadien no 3, Doullens, France, bombardé le 30 mai 1918

Navire-hôpital de Sa Majesté Llandovery Castle, coulé le 27 juin 1918

Navire de la poste royale Leinster, coulé le 10 octobre 1918

  • Henrietta Mellett, de London, en Ontario, est décédée en mer le 10 octobre 1918 lors du naufrage du NPR Leinster alors qu’elle retournait à l’Hôpital général canadien no 15 au terme d’une permission militaire. Infirmière militaire d’expérience, elle avait auparavant servi avec la Croix-Rouge en France, en Égypte et en Angleterre. Elle a péri avec plus de 500 autres passagers en mer d’Irlande lors du torpillage du Leinster par le sous-marin allemand UB-123.

Ressources connexes

En avril dernier, Bibliothèque et Archives Canada a lancé le nouvel outil de collaboration Co-Lab qui vous permet de contribuer en transcrivant, étiquetant et interagissant avec des documents historiques. Voici maintenant un nouveau défi, où l’on met en lumière les dossiers personnels de quelques-unes des infirmières militaires ayant servi lors de la Première Guerre mondiale. Commencez dès maintenant!


Alex Comber est un archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

 

Un exemple unique de la recherche au Canada : le NCSM Bras d’Or

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poissonPar Marcelle Cinq-Mars

Quel lien y a-t-il entre la montre numérique, le GPS dans la voiture, le four à micro-ondes dans la cuisine et l’auto-injecteur d’épinéphrine contre les réactions allergiques? Voici un indice : c’est le même lien qui unit le radar, les lunettes de vision nocturne et Internet. Tous représentent le fruit de développements technologiques issus de la recherche scientifique axée sur les besoins militaires.

La recherche scientifique liée au domaine militaire a mené au développement d’un nombre incalculable de technologies. Et cela ne date pas d’hier!

Au Canada, l’année 1947 marque la création du Conseil de recherches pour la défense dont le mandat était centré sur la recherche militaire dans des domaines d’expertises canadiennes comme l’Arctique, la balistique ou la guerre biochimique. Au fil des ans, le Conseil de recherches pour la défense a permis de développer le premier (et le seul) missile air-air canadien – le Velvet Glove – et s’est directement intéressé au développement de la ligne DEW (pour « Distant Early Warning »), un vaste réseau de stations radars veillant à la détection d’ennemis dans l’espace aérien canadien.

Une photo couleur montrant la coquille rouge d’un projectile tandis que deux hommes travaillent sur l’intérieur à côté

En 1961, des techniciens du Conseil de recherches pour la défense ajustent une antenne sur un projectile Javelin (e010975999)

Au plus fort de la Guerre froide, la détection de l’ennemi doit aussi se faire dans les océans, où les sous-marins représentent une réelle menace, surtout depuis l’invention des sous-marins portant des charges nucléaires. Dans ce contexte, les scientifiques du Conseil de recherches pour la défense commencèrent à travailler sur un type de navire spécifiquement orienté vers la chasse des sous-marins ennemis. Le type de navire ainsi développé est un hydroptère.

La technologie des hydroptères remonte au début du 20e siècle. Le célèbre inventeur Alexander Graham Bell en a même fait des prototypes qu’il a testés sur le lac Bras d’Or, en Nouvelle-Écosse. Grâce à des ailes portantes sous le navire, celui-ci s’élève au-dessus de l’eau au fur et à mesure que sa vitesse augmente. Ainsi, la friction de l’eau sur la coque étant réduite, le navire peut atteindre des vitesses impressionnantes.

Dans les années 1960, on commença la construction d’un hydroptère pour la Marine royale canadienne aux installations de Marine Industries Limited à Sorel. La coque était faite d’aluminium alors que les « ailes » étaient faites d’acier. Ce navire très spécial utilise des caractéristiques et technologies issues tout autant de l’aéronautique que de la science nautique : c’est la raison pour laquelle le pilote devait être à la fois pilote d’avion et capitaine de navire.

Le nouveau navire fut affecté dans la Marine royale canadienne le 12 juillet 1968 sous le nom de NCSM Bras d’Or. Les tests en mer commencèrent au large d’Halifax en avril 1969. Lors de ces tests, le navire atteignit l’impressionnante vitesse de 63 nœuds, soit 117 km/h, un record de vitesse pour un navire de guerre à l’époque.

Une photo couleur d’un navire-hydroptère en mouvement

Le NCSM Bras d’Or, de la Marine royale canadienne, démontrant son système hydroptère le 18 février 1970 (e011154076)

La carrière du NCSM Bras d’Or fut courte. En effet, le 2 novembre 1971, le gouvernement canadien mit fin au programme des hydroptères. La priorité du Canada passa de la chasse sous-marine à la protection de la souveraineté territoriale du pays. Le Bras d’Or fut par la suite donné au Musée maritime du Québec, à L’Islet-sur-Mer, où il est possible de le visiter.

Ressources connexes


Marcelle Cinq-Mars est archiviste principale des affaires militaires

Images de la célébration de l’Outaouais maintenant sur Flickr

La région de l’Outaouais baigne dans l’histoire. Les collections de Bibliothèque et Archives Canada reflètent ce fait et nous rappellent la beauté naturelle de cette région et de l’importance à long terme de ses résidents, notamment leurs initiatives économiques et commerciales.

Photo couleur de deux femmes et de deux hommes pique-niquant dans un parc sur la berge d’une rivière.

Pique-nique au parc Brébeuf, aux abords de la rivière des Outaouais, près de Hull (Québec) [MIKAN 4317431]

Photo noir et blanc d’un bûcheron qui poinçonne la lettre « G » (pour Gatineau) de l’entreprise sur les extrémités des billes de 16 pieds.

Un bûcheron poinçonne la lettre « G » (pour Gatineau) de l’entreprise afin de marquer les extrémités des billotes de 16 pieds à destination des usines de papier de Produits forestiers CIP Inc., Gatineau (Québec) [MIKAN 3627825]

Photo noir et blanc du duc Ellington se tenant entre deux femmes et posant à l’hôtel Standish Hall.

Duke Ellington à l’hôtel Standish Hall, Hull (Québec) [MIKAN 3606806]

Photo noir et blanc de l’hôtel Standish Hall, à Hull (Québec). Un homme portant un chapeau et un imperméable se tient à la droite du bâtiment, une mallette à la main.

Vue de l’extérieur de l’hôtel Standish Hall, Hull (Québec) [MIKAN 3606795]

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