Des images de boxe sur Flickr

La boxe est un sport qui se pratique avec des gants rembourrés dans une estrade carrée entourée de cordes (un ring). Les combats durent un certain nombre de rounds et sont bien réglementés.

Photographie en noir et blanc de deux boxeurs s’affrontant sur le pont du navire à vapeur Justicia, sous le regard attentif des autres soldats se trouvant à bord.

Membres des troupes canadiennes regardant un match de boxe à bord du navire à vapeur Justicia, en route vers Liverpool (Angleterre) (MIKAN 3384735)

Au Canada, toutefois, les premiers boxeurs ne portent pas de gants. C’est la norme au début du 19e siècle de se battre à poings nus, et certains combats durent jusqu’à 40 rounds. En dehors de l’armée et de quelques clubs pour hommes, la boxe n’est pas autorisée dans les provinces canadiennes, n’ayant pas une grande réputation de franc-jeu ou de promotion honnête. Le sport gagne peu à peu en respectabilité, et les opinions évoluent au cours des années 1890. Sa popularité ne cesse de croître au début du 20e siècle.

Photographie en noir et blanc de deux soldats qui s’affrontent à la boxe. L’un porte un short noir, et l’autre, un short blanc. Des soldats assis autour du ring assistent au combat.

Soldats s’affrontant à la boxe sur les terrains de l’exposition (MIKAN 3384740)

Photographie en noir et blanc du boxeur de la catégorie des poids moyens Edwin A. Harris (Canada), portant le short et les gants. Un autre soldat se tient debout à ses côtés.

Edwin A. Harris (Canada), boxeur finaliste de la catégorie des poids moyens, Jeux interalliés, stade Pershing, Paris (France) (MIKAN 3384730)

Aujourd’hui, l’Association canadienne de boxe amateur supervise le sport, en collaboration avec dix associations provinciales et trois associations territoriales. Certains athlètes se tournent vers la boxe professionnelle, alors que d’autres conservent leur statut d’amateur dans l’espoir de représenter le Canada lors d’événements internationaux, comme les Jeux olympiques ou les Jeux du Commonwealth.

Visitez l’album Flickr maintenant!

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de janvier 2018

À ce jour, 543 142 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 9247. Dernier nom : Staunton.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Conservateur invité : Scott Dickinson

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Un portrait de mariage de Samuel Leonard Tilley et Julia Ann Hanford

Une photographie couleur d’une image en sépia dans un cadre de bois et d’or présentant un homme et une femme assis. L’homme porte un complet, un gilet et une cravate. La femme porte une charlotte, une robe et un châle à motifs.

Un daguerréotype de Samuel Leonard Tilley et Julia Ann Hanford, vers 1843 (MIKAN 3192569)

Bien que le Canada ne soit plus un dominion de la Grande-Bretagne, le terme faisait partie du premier nom officiel du pays. Tilley, un des Pères de la Confédération, l’aurait tiré d’un psaume.


Parlez-nous de vous.

J’ai commencé à m’intéresser à l’histoire ‒ en particulier à l’histoire de la technologie et de l’industrie ‒ lors de mon enfance à Brantford en Ontario, une ancienne ville manufacturière pas très loin d’Hamilton. Si Hamilton était connue pour fabriquer de l’acier, Brantford était connue pour fabriquer de l’équipement agricole. Lorsque j’y vivais, toutes les grandes entreprises agricoles canadiennes étaient parties, ne laissant rien d’autre que les vieux bâtiments d’usine et les souvenirs des générations précédentes. Explorer cette histoire a capté mon intérêt à l’égard des machines que les Canadiens inventaient, fabriquaient et utilisaient ‒ ainsi que des lieux où ils le faisaient. Cela a été le début de mon voyage dans l’histoire. Je n’habite plus à Brantford, mais partout où je vais, je me surprends à chercher des signes du passé industriel du Canada.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Le premier processus photographique pratique a été inventé en 1839 par Louis-Jacques-Mandé Daguerre; c’est pourquoi ce type de photographie est appelé un daguerréotype. Bien que la photographie soit normale pour nous, la daguerréotypie ne l’est pas et nécessite probablement une explication.

La daguerréotypie utilisait une plaque de cuivre recouverte d’argent comme « film ». La surface de la plaque était traitée chimiquement afin de la rendre sensible à la lumière. Cette plaque sensible à la lumière était placée dans une boîte sombre ‒ l’appareil photo ‒ jusqu’à ce qu’elle soit exposée à la scène qu’elle devait capter. Après un autre traitement chimique, l’image à laquelle la plaque avait été exposée apparaissait clairement, très nette en noir et blanc. Les images des daguerréotypes semblent flotter au-dessus de leur plaque, donnant une illusion de profondeur, une propriété unique qu’aucune autre forme de photographie n’a réussi à reproduire.

Les expositions du daguerréotype ne sont pas instantanées. Il fallait se tenir sans bouger pendant deux minutes, sans quoi l’image finale serait floue. C’est pourquoi les plus anciennes photos sont des portraits officiels de personnes assises ou d’autres scènes immobiles. Le coût et le temps nécessaires signifiaient également que prendre une photographie était un événement pour lequel il valait la peine de mettre ses beaux habits.

Avez-vous déjà dû continuer à sourire pendant qu’une personne ajustait maladroitement son appareil photo? Sourire pendant plus de quelques secondes peut être douloureux. Imaginez maintenant d’essayer de sourire pendant deux minutes complètes. Les premières photographies comme celle-ci dépeignent nos ancêtres comme étant sévères, mais un froncement de sourcils est beaucoup plus facile à maintenir qu’un sourire!

Lorsque nous regardons des photographies historiques, nous devons penser non seulement au sujet, mais à la technologie utilisée pour saisir l’image. Les Tilley, apparaissant ici dans une pose guindée et conventionnelle, n’étaient pas nécessairement des personnes guindées et conventionnelles. Nous ne l’aurions jamais su à partir de ces daguerréotypes, car les limites de la technologie signifiaient que seulement certains types de scènes pouvaient être saisies. Lorsque nous regardons des photographies historiques, nous devons penser à ce que nous voyons ‒ et à ce que nous ne voyons pas.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Une photo en noir et blanc de deux jeunes garçons portant des manteaux et des chapeaux de laine, assis sur un banc de bois. L’un s’est écroulé de sommeil; l’autre fixe l’appareil photo et tient une valise. Une foule floue est visible en arrière-plan.

Nouveaux arrivants à bord du S.S. Argentina attendant l’autorisation dans la salle d’interrogation de l’Immigration, Quai 21, mars 1952 (MIKAN 3212241)

Il y a un item de la collection de BAC qui complète très bien ce daguerréotype. Il s’agit d’une autre photographie, qui montre une scène très différente du contexte distingué de la photographie des Tilley.

Plus d’un siècle après le daguerréotype de Samuel Tilley, le Canada traversait l’un de ses booms périodiques d’immigration. La photographie était alors plus que suffisamment perfectionnée pour faire ce qu’il était impossible de réaliser avec le daguerréotype : des instantanés pris sur le vif. Qui plus est, les photographes souhaitaient maintenant prendre des photos de personnes ordinaires, comme celles de nouveaux immigrants, et plus tard de réfugiés. Les deux sont représentés dans cette exposition.

Cet instantané représente deux jeunes immigrants attendant d’être reçus au Quai 21 à Halifax. Nous sommes en 1952, et ces deux enfants aux yeux fatigués débarquaient tout juste du S.S. Argentina. Leur visage illustre de l’épuisement, de l’appréhension et peut-être un peu d’agacement en raison de l’attente.

Laquelle de ces photographies représente une meilleure image du Canada? Selon moi, les versions du Canada que ces photographies illustrent sont toutes deux valables. Les deux photographies présentent des histoires qu’il vaut la peine de raconter.

Cette photographie ne montre pas un père fondateur du Canada. Les noms de ces deux enfants ne sont pas consignés. Mais ce sont tout de même des Canadiens. Leur expérience du Canada est très différente de l’expérience de Samuel Tilley, mais les deux ont été importantes pour la croissance de notre nation. La photographie est devenue un grand facteur de nivellement social. Elle n’est plus l’apanage des bien nantis. Nous avons une dette envers les premiers utilisateurs du daguerréotype pour avoir montré les visages des premiers Canadiens, mais ils n’auraient pas pu illustrer la réalité à l’extérieur du studio. Les photographes plus modernes nous ont ouvert une fenêtre sur ce à quoi les Canadiens ressemblaient vraiment.

Biographie

Une photo couleur d'un jeune homme debout devant une balustrade tenant un diplome.Scott Dickinson est un jeune spécialiste de musée ayant un grand intérêt pour l’histoire de la technologie que les Canadiens utilisent tous les jours. Il détient un diplôme spécialisé en histoire de l’Université Western Ontario (2014) et une maîtrise en histoire publique, également de l’Université Western Ontario (2015). Il est actuellement inscrit comme étudiant au programme de gestion de musée et de conservation du collège Fleming.

Le Fonds Yves Baril de Bibliothèque et Archives Canada

Par James Bone

Les œuvres d’Yves Baril ont été, sans nul doute, reproduites plus souvent que celles de tout autre artiste canadien. Pourtant, à moins d’être féru de numismatique ou de philatélie canadiennes, il y a de fortes chances que vous n’ayez jamais entendu parler de lui. Connu pour ses magnifiques portraits riches en détails, Yves Baril est le maître graveur incontesté du Canada : il est l’auteur des gravures de plus de 146 timbres-poste canadiens, des billets de banque canadiens imprimés de la fin des années 1950 aux années 1990, de l’argent Canadian Tire, de certificats d’actions et d’obligations, d’étiquettes et de coupons. Comme des millions de ces produits sont imprimés et en circulation, en particulier les timbres et les billets de banque, le travail d’Yves Baril est passé entre les mains de bon nombre de Canadiens, voire de la plupart d’entre eux.

Né en 1932 à Verdun, au Québec, Yves Baril grandit dans le sud-ouest de Montréal. Il étudie les arts, notamment la peinture et la typographie, à l’école du Musée des beaux-arts de Montréal et à l’Institut des arts graphiques de Montréal. Après l’obtention de son diplôme, Baril devient graveur apprenti à la Compagnie canadienne des billets de banque limitée, à Ottawa, en 1953, une entreprise privée qui se spécialise dans l’impression de billets de banque et de documents de valeur. Élève du maître graveur Silas Robert Allen, Baril commence par imiter le travail de son professeur. Sa chance arrive en 1955, lorsque le ministère des Postes rejette la gravure d’Allen pour un timbre commémorant l’immigration de colons en Saskatchewan et en Alberta. Le cycle de production étant trop avancé pour recommencer à zéro, on soumet, en désespoir de cause, la gravure de Baril. À la surprise générale, et au déplaisir d’Allen, le ministère des Postes choisit la version de Baril. Sa carrière de graveur est lancée.

Enveloppe de la Compagnie canadienne des billets de banque limitée envoyée à Yves Baril, Esq.(maître), c/o (a/s) Compagnie canadienne des billets de banque limitée. Inscriptions : First Day Cover (pli Premier Jour), Day of Issue/Jour d’émission. L’enveloppe porte la signature du graveur, Yves Baril.

Pli Premier Jour autographié le 30 juin 1955 par Yves Baril, graveur du timbre-poste de 1955 commémorant l’immigration de colons en Saskatchewan et en Alberta (MIKAN 3951112). Droit d’auteur : Société canadienne des postes (timbre-poste), BAC (autographe).

Baril passera le reste de sa carrière à la Compagnie canadienne des billets de banque, perfectionnant son art au fil de formations supplémentaires reçues à la société mère, l’American Bank Note, à New York, et à sa filiale, la Bradbury, Wilkinson and Company, à Londres, en Angleterre. Outre son travail sur les timbres-poste canadiens, les billets de banque et les coupons de compagnies, il a gravé 6 timbres-poste pour les Nations Unies (utilisés au sein des bureaux des Nations Unies pour l’envoi de courrier) et de 11 timbres-poste pour les États-Unis. Ses œuvres les plus notables furent des portraits de la reine Elizabeth II ornant des timbres commémoratifs des visites royales de 1959 et de 1964, réalisés d’après une peinture de Pietro Annigoni et une photographie d’Anthony Buckley, respectivement. Ces œuvres ont exigé de l’artiste des centaines d’heures de travail ainsi que l’approbation du produit final par la reine elle-même.

Timbre rouge sur lequel figure la reine Elizabeth II drapée dans une cape. Gravure d’une couronne dans le coin supérieur gauche.

Matrice d’essai en couleur pour la visite royale de 1959 (MIKAN 2212875). Droit d’auteur : Société canadienne des postes.

Bloc de quatre timbres représentant la reine Elizabeth II assise pour un portrait officiel. Elle porte une robe de soirée et une couronne. De son épaule gauche part une écharpe placée en diagonale, serrée à la taille et ornée d’une épingle sertie de bijoux.

Bloc de quatre timbres-poste pour la visite royale de 1964 (MIKAN 2214233). Droit d’auteur : Société canadienne des postes.

En 2009 puis en 2015, Yves Baril fait don de ses archives à Bibliothèque et Archives Canada. Celles-ci comprennent des registres dans lesquels sont notés les jours et le nombre d’heures passées à travailler sur chaque gravure, ses commentaires sur son travail, des plis Premier Jour commémoratifs pour l’émission de timbres-poste qu’il a gravés et un album de trésors philatéliques compilé à partir de matériel dont la Compagnie canadienne des billets de banque voulait se dessaisir. Il est possible de consulter ces documents dans le fonds Yves Baril de Bibliothèque et Archives Canada ainsi que des centaines d’autres ayant trait à son travail contenus dans le fonds du ministère des Postes (RG3/R169) que possède BAC. Parmi ces documents figurent notamment des centaines d’épreuves imprimées à partir de ses gravures et beaucoup de matrices en acier originales qu’il a gravées et qui ont servi à faire des plaques d’imprimerie pour les timbres-poste.

Entrée manuscrite dans un journal expliquant la production d’un timbre.

Entrée dans le cahier de notes d’Yves Baril sur les timbres-poste de l’émission « Caricatures » de 1973 (MIKAN 4868428). Droits d’auteur : Bibliothèque et Archives Canada.

Yves Baril a visité Bibliothèque et Archives Canada récemment pour parler de son fonds. Pendant sa visite, il a évoqué sa formation d’apprenti et sa formation générale, son travail et ses expériences comme francophone travaillant à Ottawa au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Il a aussi présenté certains de ses autres objets personnels, notamment une matrice en acier gravée pour recréer le premier timbre-poste du Canada, le castor de trois pence, de même qu’un jeu d’outils de gravure qu’il avait conçus lui-même dans les années 1950 et qui fonctionnent encore aujourd’hui.

Timbre sur lequel apparaissent cinq générations de souverains britanniques.

Matrice d’essai pour un timbre-poste non émis se trouvant dans l’album d’Yves Baril. Y figurent la succession de monarques britanniques de la reine Victoria jusqu’au roi George VI, incluant le roi Edward VIII, dont l’image n’apparaît sur aucun timbre-poste canadien. (Détails tirés de R13163, vol. 5, page 13 – MIKAN 4877973 – droit d’auteur : Bibliothèque et Archives Canada.


James Bone est archiviste dans la division des Supports spécialisés privés, Archives privées, Direction générale des archives, Bibliothèque et Archives Canada.

Nouveaux ajouts au Gramophone virtuel – Roméo Beaudry

Par Margaret Ashburner

Photographie en noir et blanc d’un homme vêtu d’un veston gris qui fixe l’objectif.

Roméo Beaudry. Source : Canadian Music Trades Journal, Toronto, société Fullerton Pub., septembre 1931, ISSN 0383-0705.

Roméo Beaudry est un personnage important de la scène musicale canadienne dans le domaine de l’enregistrement sur gramophone alors en pleine émergence. Il fonde la Starr Phonograph of Quebec et se spécialise dans la production de disques pour gramophone destinés au marché francophone. C’est aussi un compositeur et un traducteur en demande. Il compose plusieurs chansons populaires qui sont inédites et réalise des adaptations en français de chansons américaines. Cette sélection de 78 tours récemment numérisés témoigne de l’important travail de Roméo Beaudry, à la fois comme traducteur et comme compositeur.


Margaret Ashburner est bibliothécaire des collections spéciales de musique à Bibiothèque et Archives Canada.

Conservatrice invitée : Nicoletta Michienzi

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Page couverture d’un atlas sur l’immigration intitulé Canada West [Ouest canadien] publié par le ministère de l’Immigration, vers 1923

Page couverture d’un atlas en couleur présentant une femme blonde qui porte une robe de style grec et qui tient un rideau de blé doré ouvert afin de révéler une scène agricole avec tout ce que cela suppose de champs verts et dorés, de fermes, d’étables et de bétail.

Page couverture d’un atlas sur l’immigration intitulé Canada West [Ouest canadien] publié par le ministère de l’Immigration, vers 1923 (MIKAN 183827)

Derrière les rideaux de blé doré se cache un Canada idéalisé, voire utopique. C’était monnaie courante dans les publicités sur l’immigration. À l’époque, l’Ouest canadien n’était pas aussi développé que l’image le laisse croire.


Parlez-nous de vous.

Je suis née et j’ai grandi à London, en Ontario, dans une famille italo-canadienne tissée serrée. Les récits racontés par ma famille sur la culture italienne m’ont inspiré une passion pour l’histoire de l’Italie.

J’ai donc voyagé en Italie et ailleurs en Europe à plusieurs reprises, et j’essaie de voyager dès que je le peux. J’ai eu le privilège d’aller en Angleterre pour étudier. Lorsque j’étais là-bas, j’ai participé à une fouille archéologique le long du Mur d’Hadrien, et pendant mes temps libres, j’ai réussi à visiter le nord de l’Angleterre et l’Écosse. J’ai aussi voyagé en Europe en compagnie de ma famille et de mes amis. Pendant mes voyages, j’essayais toujours de visiter le plus d’institutions culturelles et historiques possible. Ces endroits sont intéressants à visiter, car on y voit ce que la société valorise.

Comme prochaine destination, je me suis donné pour mission de découvrir davantage le Canada. J’ai beaucoup voyagé à l’extérieur de l’Amérique du Nord, mais je n’ai jamais vraiment pris le temps de visiter mon propre pays. J’espère que le 150e anniversaire du Canada me donnera l’occasion de le découvrir et d’apprécier les valeurs qui nous animent en tant que Canadiens.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

La page couverture de Canada West [Ouest canadien] est un excellent exemple d’affiches sur l’immigration canadienne du 20e siècle. Le ministère canadien de l’Immigration avait entrepris une campagne publicitaire accrocheuse à la fin du 19e siècle en espérant attirer des immigrants dans les provinces peu peuplées de l’Ouest.

Affiche en couleur présentant un paysage avec des champs verts et des montagnes, ainsi que deux hommes debout au premier plan sur les rives opposées d’une rivière. L’un a un drapeau américain à ses pieds, tandis que l’autre tient l’Union Jack dans sa main et a une corne d’abondance à ses pieds; il fait signe à l’Américain de venir au Canada. Sous l’image, on trouve les lieux de départ et d’arrivée, les dates et le prix du voyage (12 $).

Affiche promotionnelle de l’immigration intitulée « 40,000 Men Needed in Western Canada » [40 000 hommes requis dans l’Ouest canadien] (MIKAN 2837964)

À l’origine, les gouvernements canadien et britannique cherchaient à recruter des immigrants anglophones en faisant beaucoup de publicité dans les îles Britanniques et aux États-Unis. Le ministère de l’Immigration a fini par se diversifier, mais au début, les pays européens blancs étaient encore ses principales sources d’immigration. Les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie étaient les plus importantes cibles des campagnes sur l’immigration, dont le texte était traduit de l’anglais vers d’autres langues.

L’affiche ci-dessous est un exemple de la promotion du Manitoba à titre d’endroit où il fait bon vivre pour les immigrants néerlandais.

Affiche en couleur présentant des mains géantes pointant de petites vignettes de différentes villes au Canada : Montréal, Ottawa, Toronto, Winnipeg et Vancouver, sur un fond vert pâle encadré par des bordures vertes et rouges. Le texte est en néerlandais et fait la promotion du territoire disponible et de la durée du voyage en bateau (10 jours à partir de la Hollande).

Affiche sur l’immigration « Lees Dit! » [Lisez ça!] faisant la promotion du Manitoba aux immigrants néerlandais, vers 1890 (MIKAN 2837963)

La page couverture de Canada West [Ouest canadien] s’inscrit dans la grande tradition qui présente l’idéal de la terre de possibilités, d’abondance et d’agriculture comme un mode de vie idyllique afin d’attirer de nouveaux arrivants au Canada. L’objectif consistait à promouvoir les ressources naturelles du Canada comme un mode de vie auprès de personnes qui n’étaient pas propriétaires fonciers dans leur pays d’origine. Des images attirantes de champs de blés, de cornes d’abondance et de collectivités agricoles pittoresques avaient pour but de vendre le Canada comme un pays pacifique offrant une foule de possibilités, mais l’art idéalisait la réalité. Des atlas comme celui-ci contenaient aussi des pages d’information sur le Canada avec des cartes des provinces de l’Ouest. L’information incluse avait pour but de présenter le Canada comme un pays où la terre et les ressources étaient facilement accessibles. L’atlas Canada West [Ouest canadien] a été largement distribué par le ministère de l’Immigration partout aux États-Unis et en Europe continentale.

Bien que ces campagnes simplistes semblent inefficaces aujourd’hui, le ministère canadien de l’Immigration a connu du succès en les utilisant. Avant 1911, il y avait environ 331 288 immigrants par année. Après la Première Guerre mondiale, ce nombre est passé à plus de 400 000 immigrants par année. Les publicités sous forme d’images et la notion que le Canada était une terre d’abondance ont été un succès. Ces premières mentions favorables ont vendu le Canada à des non-Canadiens. Bien que les images utilisées dans la propagande ne fussent pas toujours réalistes, elles présentaient le Canada comme une terre de possibilités et d’abondance.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

La publicité et l’immigration canadiennes ont considérablement évolué depuis le début du 20e siècle. Nos conceptions de ce qu’est un immigrant et des raisons pour lesquelles des gens choisissent de venir au Canada ont changé. La façon dont nous documentons l’immigration a aussi changé. La technologie, comme la photographie et la vidéographie, a été utilisée pour consigner les histoires d’immigration à l’ère moderne.

Bibliothèque et Archives Canada a une impressionnante collection de photographies contemporaines d’immigrants de la fin du 19e siècle jusqu’à maintenant. Ces images présentent souvent une expérience d’immigration différente. Les photos dans les archives indiquent que nos politiques d’immigration ont eu des répercussions à l’échelle mondiale. Bon nombre d’immigrants qui sont arrivés au Canada n’ont pas seulement travaillé dans les régions rurales, mais aussi dans les centres urbains et ils ont contribué à façonner le Canada. À l’heure actuelle, Bibliothèque et Archives Canada cherche à ajouter des photos à sa collection pour mettre en valeur les différentes pièces qu’il possède. Les photos plus modernes comme celles de l’exposition s’ajoutent à des photos plus anciennes comme celles qui sont présentées ci-dessous.

Photographie en noir et blanc d’un groupe d’immigrants sur le quai d’une gare portant différents vêtements, comme des habits traditionnels indiens et des turbans ou des vêtements de style européen. La gare ferroviaire est derrière eux; il s’agit d’une petite cabane avec le nom de la ville sur le toit. La montagne se trouve derrière la gare, et un jeune garçon se trouve debout sur les rails.

Groupe d’immigrants indiens sur le quai de la gare ferroviaire du Canadien Pacifique à Frank, en Alberta, vers 1903. (MIKAN 3367767)

Petite photographie en noir et blanc d’un homme et d’une femme de chaque côté d’une balle de foin. Une description de la famille comprend leur nom, leur lieu d’origine, la façon dont ils sont arrivés, l’endroit où ils habitent et une brève description de leur ferme.

M. et Mme Friedrich Pahl sur leur ferme, des immigrants roumains qui sont arrivés le 13 mai 1927, à bord du S.S. Estonia, de la compagnie de navigation Baltic-America Steamship Line (MIKAN 3516853)

Bibliothèque et Archives Canada a aussi une collection de vidéos et d’histoires orales liées à l’expérience qu’ont vécu les immigrants. Cette collection comprend des vidéos sur l’histoire du Quai 21, l’un des plus importants points d’immigration au Canada. Ces témoignages sur vidéo montrent les changements dans les tendances en matière d’immigration, ainsi que la façon dont la conception de ce qu’est le Canada évolue constamment. Bien que nous ne voyions plus le Canada comme une étendue de champs, l’idée qui sous-tend l’immigration au Canada est la même : le Canada est une terre offrant des possibilités pour les gens de partout dans le monde, et comme l’indique notre ancienne affiche, le Canada est accessible pour les immigrants.

Biographie

Nicoletta Michienzi est titulaire d’un diplôme universitaire de premier cycle de l’Université Western Ontario avec distinction en histoire et majeure en études classiques. Pendant ses études, elle a participé à une fouille archéologique dans le nord de l’Angleterre et a pu constater les effets du tourisme sur les sites historiques. Elle a poursuivi ses études à l’Université Western Ontario, et a obtenu une maîtrise en histoire appliquée. Depuis l’obtention de son diplôme, elle a occupé des postes dans diverses institutions historiques de London, en Ontario. Elle est actuellement responsable de la programmation publique du Musée du Régiment royal du Canada et est interprète historique à la Eldon House. Au Musée du Régiment royal du Canada, elle organise et offre des visites guidées, informe le public sur l’histoire militaire de London et son lien avec les conflits mondiaux. À la Eldon House, elle interagit avec les touristes et aide à présenter des programmes éducatifs sur la plus vieille maison patrimoniale de London. Dans les deux institutions, elle met l’accent sur les services aux visiteurs et l’éducation du public en espérant rendre les visiteurs enthousiastes en ce qui a trait à l’histoire de leur collectivité et de leur pays.

Ressources connexes

Francis, Daniel. Selling Canada: Three Propaganda Campaigns that Shaped the Nation. Vancouver : Stanton Atkins & Dosil Publishers, 2011.

Diplomate, premier ministre et érudit : souvenons-nous de Lester B. Pearson

Par Mariam Lafrenie

Il va sans dire que le très honorable Lester B. Pearson a accompli bien des choses dans sa vie. Et il a toujours excellé sur les plans politique, académique et, même, athlétique. L’héritage et l’influence de Lester B. Pearson se sont fait sentir avant qu’il devienne le 19e premier ministre du Canada, alors qu’il était président du conseil de l’OTAN (1951) et président de l’Assemblée générale des Nations Unies (1952), et quand il a reçu le prix Nobel de la paix (1957).

« Après cinq ans, il laisse néanmoins un héritage impressionnant : un nouveau drapeau, le Régime de pensions du Canada, une assurance-maladie universelle, une nouvelle loi sur l’immigration, un fonds de développement économique rural et la Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme, qui amènera la mise en place d’une fonction publique bilingue. »

Extrait de « Premier parmi ses pairs »

Photographie en noir et blanc d’un couple en tenue soignée. L’homme tient une boîte contenant une médaille.

Lester B. Pearson et son épouse, Maryon, à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix tenue à Oslo, en Norvège, en décembre 1957. Photographie par Duncan Cameron (MIKAN 3209893)

Photographie en noir et blanc d’un homme debout devant une salle pleine de gens auxquels il s’adresse.

Lester B. Pearson à la Conférence des Nations Unies sur l’Organisation internationale, San Francisco, Californie, États-Unis, 1945 (MIKAN 3623018)

Grimpant les échelons rapidement et passant d’un portefeuille à un autre, Lester B. Pearson montre qu’il est talentueux et digne d’être diplomate. Après 20 ans de carrière aux Affaires étrangères, il poursuit son chemin jalonné de réussites en devenant chef du Parti libéral (1958-1968) au cours de la décennie suivante. Sans aucun doute, il accomplit certaines de ses réalisations les plus formidables – sinon les plus importantes – alors qu’il est premier ministre.

Un drapeau pour le Canada

La quête d’un drapeau canadien – représentant ce que le Canada est devenu au cours du siècle écoulé et ce que Lester B. Pearson espère qu’il deviendra – suscite la controverse et d’âpres débats. De fait, comme plusieurs s’en souviendront, le débat sur le drapeau occupe une bonne partie de l’année 1964, année au cours de laquelle des Canadiens jeunes et vieux soumettent environ 3 000 suggestions de drapeau.

« Puisse ce drapeau inspirer à nos jeunes un sentiment nouveau de loyauté envers le Canada, un patriotisme fondé, non pas sur le nationalisme mesquin et étroit, mais sur l’égale et profonde fierté de tous les Canadiens pour chaque région de ce beau pays. »

Discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du drapeau national du Canada,
le 15 février 1965

Ces mots, prononcés par Lester B. Pearson lors de l’inauguration de l’unifolié (en anglais), le 15 février 1965, sur la colline du Parlement, mettent précisément l’accent sur ce qu’il souhaite réaliser : une identité uniquement canadienne. Peu de premiers ministres ont laissé un héritage aussi grand que Lester B. Pearson, créateur d’un tout nouveau symbole culturel pour son pays.

Photographie en noir et blanc d’un homme tenant une illustration de l’unifolié.

Conférence de presse de Lester B. Pearson sur le nouveau drapeau, décembre 1964. Photographie par Duncan Cameron (MIKAN 5012164)

Une année de célébration

Non seulement Lester B. Pearson est-il responsable de plaider pour un nouveau drapeau canadien, mais il est assez chanceux pour conserver son poste pendant l’année du centenaire du Canada. Dans le discours qu’il prononce le 1er juillet 1967, à l’occasion de la fête du Dominion, il demande aux Canadiens de célébrer leur passé et leurs accomplissements, mais il leur demande aussi de songer à l’avenir et à l’héritage qu’ils pourraient laisser à la prochaine génération de Canadiens. L’année 1967 a été remplie de célébrations, un peu comme 2017 : nous célébrons le 150e anniversaire de la Confédération et pensons à l’avenir de notre nation.

Les célébrations du centenaire ont deux objectifs : organiser des activités mémorables pour les Canadiens et laisser un héritage tangible dont les générations actuelle et future pourront jouir. De fait, les gouvernements provincial et fédéral encouragent les Canadiens à célébrer en créant leurs propres projets pour le centenaire – films, défilés et festivals, tatouages, centres récréatifs, stades – et ils acceptent de leur donner plus de financement. L’une des célébrations les plus mémorables est celle de l’Exposition universelle de 1967 ou Expo 67, son diminutif. Expo 67, ouverte du 27 avril au 29 octobre, est l’une des expositions universelles les plus réussies. Elle marque un tournant pour le Canada.

Photographie en couleurs d’un groupe d’hommes debout devant l’agrandissement d’une carte de la Nouvelle-France.

Jour d’ouverture à Expo 67 avec le commissaire général, Pierre Dupuy; le gouverneur général du Canada, Roland Michener; le premier ministre du Canada, Lester Bowles Pearson; le premier ministre du Québec, Daniel Johnson père; et le maire de Montréal, Jean Drapeau. (MIKAN 3625029)

Pour beaucoup de Canadiens, le summum de la nostalgie constitue l’une des caractéristiques de l’année 1967, mais cette année est aussi remplie d’optimisme. Grâce à cet optimisme et aux dépenses gouvernementales plus élevées, la popularité de Lester B. Pearson augmente rapidement, ce qui renforce ses réalisations comme premier ministre et permet d’étendre le soutien des Canadiens au Parti libéral.

Conclusion

Le 27 décembre 1972, il y a 45 ans, après une carrière politique longue et réussie, Lester B. Pearson s’éteint. Son décès touche de nombreux Canadiens : plus de 1 200 personnes assistent à son service funèbre pour lui rendre un dernier hommage. Lester B. Pearson est toujours présent de nos jours grâce aux multiples prix et édifices portant son nom. Ayant jeté les bases de ce que de nombreux Canadiens et la collectivité internationale aiment au sujet du Canada, il a contribué à façonner le Canada actuel.

Photographie en noir et blanc d’un homme debout près d’un édifice doté d’une architecture intéressante.

Le premier ministre du Canada Lester B. Pearson devant le Katimavik (lieu de réunion) du pavillon du Canada, à Expo 67 (MIKAN 3626376)

Le fonds Lester B. Pearson conservé par Bibliothèque et Archives Canada comprend 435,71 mètres de documents textuels, plus de 3 500 photographies, 315 enregistrements audio de divers formats, trois films totalisant 47 minutes, 54 œuvres documentaires et 98 médailles.

Liens connexes


Mariam Lafrenie est une étudiante de premier cycle et chercheuse attachée à l’Université Queen’s qui a travaillé à la Direction générale des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada à l’été 2017.

 

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Entrez dans les coulisses du Centre de préservation  »

Photo en couleur d'un édifice ultra-moderne fabriquer de verre et de pillier en métal.Vous êtes‑vous déjà demandé où Bibliothèque et Archives Canada entrepose, protège et préserve le patrimoine documentaire si riche et si varié du Canada? Joignez-vous à nous pour une visite guidée du Centre de préservation de BAC à Gatineau, au Québec. Cet édifice ultramoderne, dont on célèbre le 20e anniversaire en 2017, est le joyau de la préservation du patrimoine documentaire au Canada. Dans ce balado qui vous amènera au cœur du Centre de préservation, nous aborderons son architecture primée et les méthodes d’entreposage et de préservation de nos trésors nationaux.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca</a

La naissance du Canada à travers les yeux de lady Susan Macdonald

Par Ayla Maud

Comme le dit le vieil adage, « derrière chaque grand homme, il y a une grande femme ». Mais quand avons-nous la chance de connaître ces grandes femmes? Nous les voyons, debout à côté de leurs illustres époux, mais savons-nous vraiment quelle a été leur contribution à l’ombre des regards? Cet été, Bibliothèque et Archives Canada nous a proposé de découvrir les pensées intimes de l’une de ces grandes dames : lady Susan Agnes Macdonald (née Susan Agnes Bernard).

Susan Bernard épouse en 1867 sir John Alexander Macdonald, le premier titulaire du poste de premier ministre du Canada (ou Dominion du Canada, comme le pays s’appelait à l’époque). Cinq jours après l’entrée en fonction de sir John Macdonald, son épouse entreprend de documenter leur nouvelle vie. Le journal manuscrit de Susan Macdonald a été entièrement numérisé cet été pour souligner le 150e anniversaire du Canada et mis en ligne aux fins de transcription par le grand public. En plus d’offrir un regard inédit sur l’arrivée d’une nouvelle venue dans la haute société de l’époque, lady Susan Macdonald livre ses réflexions concernant la formation du Dominion du Canada. Elle apporte un témoignage de première main sur de grands moments de l’histoire que plusieurs d’entre nous avons étudiés à l’école.

Page d’un journal intime écrite à l’encre en lettres cursives.

Une page manuscrite montrant le premier texte écrit par lady Susan Macdonald dans son journal, daté du vendredi 5 juillet 1867 (MIKAN 129069)

Ce qui frappe d’abord à la lecture des premières réflexions et expériences de lady Macdonald, c’est l’amour qu’elle voue à son mari. À de nombreuses occasions, elle parle avec enthousiasme de la patience de sir John, de son amour et de sa capacité à toujours donner le meilleur de lui-même. Susan Macdonald est une alliée indéfectible de son mari, autant dans sa carrière que dans sa vie personnelle. Par amour, elle n’hésite pas à l’accompagner dans ses nombreux voyages, missions de travail pour
l’édification de la confédération, activités sociales et autres événements.

Une photographie en noir et blanc d’une femme qui regarde légèrement vers la gauche. Ses cheveux sont séparés par une raie au milieu et attachés derrière la nuque; elle porte une robe du soir dégageant les épaules.

Macdonald of Earnscliffe, Agnes Macdonald, baronne. Photographiée par William Topley, septembre 1873 (MIKAN 3624847)

Parce qu’elle s’intéresse vivement à la carrière politique de son mari, Susan Macdonald est en mesure de témoigner d’une multitude d’événements considérés comme des moments charnières dans la plupart des cours d’histoire aujourd’hui. Ainsi, on trouve dans son journal plusieurs passages rédigés après l’assassinat de Thomas D’Arcy McGee, un des Pères de la Confédération, et le procès qui a suivi. Lady Susan y note plusieurs informations précises concernant la mort de McGee (par exemple, qu’il a été tué alors qu’il déverrouillait la porte de sa maison en rentrant chez lui un soir), les opinions qui circulaient dans la population à l’époque et les méthodes utilisées pour recueillir des preuves contre Patrick Whelan, le présumé assassin.

Le journal de Susan Agnes Macdonald offre aux lecteurs la chance de remonter dans le temps jusqu’à la fin des années 1860 et de découvrir (bien qu’il s’agisse du point de vue d’une personne en particulier) tout un pan de la société canadienne d’autrefois. Ce n’est pas seulement en faisant connaître l’opinion du public sur certains événements que lady Macdonald brosse un tableau de sa vie à l’intention des générations futures, c’est aussi dans sa manière de décrire Ottawa à chaque époque de l’année, nous permettant de comparer la ville d’alors avec ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Susan Macdonald relate en détail certains repas et les coutumes observées à l’occasion, dont quelques-unes diffèrent passablement des pratiques actuelles. La foi religieuse est un thème récurrent dans son journal. Qu’elle mentionne avoir assisté à un service religieux ou documente des prières qu’elle souhaite voir exaucer,
chacun de ces passages illustre des moments de sa vie spirituelle et de celle de son mari.

Une aquarelle représentant un voilier orange sur l’eau près d’une plage. Il y a de petites vagues le long du rivage. Derrière le voilier se dresse une falaise qui descend vers une vallée. Les couleurs utilisées sont l’orange, le brun, le vert et le bleu.

Aquarelle réalisée par lady Susan Macdonald, non datée (MIKAN 161120)

On peut facilement se reconnaître dans certains passages du journal de lady Macdonald où elle parle de ses inquiétudes face à ses nouvelles responsabilités en tant qu’épouse de premier ministre. Tout comme vous et moi pouvons éprouver certaines appréhensions en abordant un nouveau chapitre de notre vie, elle se dit nerveuse et craint de ne pas savoir comment se comporter. À un moment, elle se décrit comme « une novice » dans sa nouvelle vie.

Une photographie en noir et blanc d’une femme portant une robe longue de couleur foncée. Ses cheveux sont blancs et coiffés en chignon.

Macdonald of Earnscliffe, Agnes Macdonald, baronne. Photographie prise par William Topley, non datée (MIKAN 3623447)

La transcription du journal de lady Susan Agnes Macdonald est maintenant terminée, mais le journal numérisé est toujours disponible en ligne. Il offre un bon aperçu non seulement du genre de femme qu’était madame Macdonald, mais aussi de ce qu’était le Canada à ses débuts.


Ayla Maud est étudiante assistante de projet à la Division des services régionaux et de l’AIPRP, à la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de décembre 2017

À ce jour, 532 447 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 9059. Dernier nom : Smith.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.