Première partie : Les infirmières militaires du Corps médical de l’armée canadienne (CMAC) pendant la Première Guerre mondiale

Par Laura Brown

Alice Isaacson, 41 ans, a déjà une feuille de route bien remplie lorsqu’elle se joint au Corps médical de l’armée canadienne (CMAC) du Corps expéditionnaire canadien (CEC) en 1916. Née en Irlande et formée aux États-Unis, Alice possède alors huit années d’expérience comme infirmière surveillante et une année de service à l’Hôpital général n° 23 de la British Expeditionary Force (BEF) à Étaples, en France. Une lettre de recommandation rédigée par un médecin militaire, vraisemblablement en vue de sa mutation du BEF au CEC, la décrit comme une personne « compétente, dynamique et fiable », qui ne se laisse pas intimider par l’ampleur d’une tâche. Il lui est arrivé de veiller presque seule sur 120 patients gravement malades. L’une des rares choses qu’elle ne sait faire, c’est d’aller à vélo, une lacune qu’elle cherchera à combler avec détermination avant son retour au bercail, à la fin de la guerre.

Alice tient plusieurs journaux personnels pendant son service outre-mer, y compris pendant ses affectations en France, à l’Hôpital général canadien n° 2 à Le Tréport et à l’Hôpital général canadien n° 6 à Troyes. Ses écrits et son album photo particulièrement révélateur font maintenant partie de son fonds, conservé à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Ces documents ainsi que d’autres collections privées et gouvernementales, dont le fonds du ministère de la Défense nationale, sont quelques exemples des précieuses ressources archivistiques de BAC qui documentent l’histoire militaire des femmes au Canada.

Photo noir et blanc d’hommes et de femmes en uniforme faisant du vélo. Les femmes sont vêtues d’uniformes de couleur pâle avec des ceintures foncées et des chapeaux alors que les hommes portent des uniformes militaires et des chapeaux. Ils pédalent le long d’une route bordée à gauche par un grand mur de briques. Un grand bâtiment aux façades fenêtrées est bien visible à l’arrière-plan. La légende « Cycle Parade » (Défilé à vélo) est inscrite au bas de l’image.

Membres du personnel à vélo, Hôpital général canadien n° 6, Troyes (France), le 2 juin 1917. Album photo d’Alice E. Isaacson, R11203-01-E (e002283123)

Seules quelques infirmières font partie du Corps médical de l’armée canadienne en 1914, au début de la Première Guerre mondiale. Leur nombre augmente toutefois rapidement, puisque les infirmières civiles sont impatientes de mettre à profit leurs compétences dans un contexte militaire. En tout, plus de 3 000 infirmières se joignent au CMAC, y compris 2 504 dans des régions d’outre-mer, soit en Angleterre, en France, ainsi qu’en Méditerranée orientale (dans la péninsule de Gallipoli, à Alexandrie et à Salonique).

La pratique des soins infirmiers est la seule porte d’entrée offerte aux femmes voulant servir sous le drapeau pendant la Première Guerre mondiale. Pour s’enrôler, une infirmière doit être célibataire, sujet britannique (ce qui est le cas des Canadiens à cette époque) et en bonne santé; son âge doit se situer entre 21 et 38 ans, et elle doit être diplômée d’une école de sciences infirmières reconnue. Si elles sont acceptées, les recrues sont nommées officiers avec le grade de lieutenant, un fait notable puisque le Canada est alors le seul pays du monde à considérer les infirmières comme des officiers. Les infirmières canadiennes portent le titre traditionnel d’infirmières militaires et elles profitent de plusieurs avantages liés à leur poste, dont un bon salaire et des congés. Toutes les infirmières relèvent de l’infirmière en chef de leur service, surnommée la matrone en chef. Margaret Macdonald, du CMAC, obtient ce titre, ce qui fait d’elle la première femme à être élevée au grade de major dans tout l’Empire britannique.

Photo noir et blanc d’infirmières militaires portant des tabliers et des voiles blancs, soignant de nombreux patients dans une tente. Une des infirmières est assise sur une chaise, les pieds et les mains croisés, fixant l’appareil photo. Les deux autres infirmières sont debout, en train de panser les blessures de soldats. Les patients sont pour la plupart vêtus en civil, mais certains sont en uniforme. Du matériel médical, dont des pansements et des seaux, est visible au premier plan et au centre de la photo.

Infirmières militaires soignant des soldats dans une tente de campagne de l’Hôpital général canadien n° 7 à Étaples, en France, vers 1917. Collection W. L. Kidd (e002712847)

Les infirmières sont exposées à bon nombre d’expériences militaires qui contrastent avec leur travail au civil : dormir sous la tente, changer d’affectations à court préavis ou s’accommoder de matériel limité. Elles doivent pouvoir improviser et s’adapter à des circonstances changeantes, que ce soit une journée tranquille à l’infirmerie suivie le lendemain d’un déferlement de patients qui entrent et sortent. Ces femmes voient directement le genre de blessures corporelles qu’infligent les nouvelles armes de cette guerre moderne, que ce soit les shrapnels ou les gaz toxiques, et elles sont témoins de pertes humaines d’une ampleur que peu auraient pu soupçonner au moment de leur enrôlement.

Il est interdit aux infirmières de servir dans les tranchées. Si la plupart d’entre elles sont affectées loin des lignes de front, dans des hôpitaux généraux ou des centres pour convalescents, certaines se retrouvent toutefois plus près du feu de l’ennemi. Alice Isaacson évoque en septembre 1917 les affectations convoitées dans les postes d’évacuation sanitaire (les unités avancées situées le long des routes d’évacuation entre les lignes de front et les hôpitaux) dans son journal alors qu’elle est en poste à l’Hôpital général canadien n° 2 : « Quel après-midi excitant aujourd’hui! […] Les IM Jean Johnston, S.P. Johnson et Riddle se rendront au poste d’évacuation sanitaire demain matin! Les IM Hally et Villeneuve sont chagrinées à l’idée de rester ici. Mais nous sommes toutes ravies que ces infirmières militaires puissent enfin avoir la chance d’aller travailler dans ce poste. » [traduction]

Photo noir et blanc de trois personnes assises sur les marches d’une baraque en bois. Deux hommes portant des chemises légères et des pantalons dont le bas est roulé sont assis de chaque côté d’une infirmière en uniforme. Tous sourient pour la photo.

L’infirmière Lillias Morden avec des patients à l’extérieur d’une baraque médicale de l’Hôpital général canadien n° 2 à Le Tréport, en France, 1917. Album photo d’Alice E. Isaacson, R11203-01-E. (e007150684)

Les infirmières contribuent largement à l’effort de guerre en soignant les soldats malades et blessés, une tâche qui se prolonge après l’armistice du 11 novembre 1918. La pandémie de « grippe espagnole » qui éclate à la fin de la guerre et se propage dans les camps militaires occupe énormément les infirmières. Près de 1 500 infirmières militaires servent toujours dans le CMAC au milieu de l’année 1919. Lillias Morden, une infirmière de Hamilton, en Ontario, en fait partie. Elle se joint au CMAC en 1916, sert en Angleterre et en France, et contribue aux efforts de démobilisation à la fin de la guerre. Morden ne quittera son poste militaire qu’en novembre 1920.

Alors que des infirmières comme Alice Isaacson et Lillias Morden reviennent au Canada après la Première Guerre mondiale, d’autres n’auront pas cette chance. La deuxième partie de ce billet de blogue portera sur les conditions parfois dangereuses dans lesquelles travaillaient les infirmières militaires en temps de guerre, alors que certaines y feront le sacrifice de leur vie.

Ressources connexes


Laura Brown est une archiviste des affaires militaires au sein de la Division des archives gouvernementales.

Des images de courses maintenant sur Flickr

Course (nom) – compétition entre des coureurs, des chevaux, des véhicules, des bateaux, etc., pour déterminer qui est le plus rapide à effectuer un parcours donné.

Une photographie noir et blanc de cinq hommes alignés sur une route, prêts pour le départ d’une course. Des soldats debout de chaque côté de la route les regardent.

Course à relais lors d’une compétition d’athlétisme, Whitley (Angleterre) [MIKAN 3387500]

Une photographie noir et blanc d’un homme sautant dans les airs entre deux autos, agitant un drapeau pour donner le signal de départ d’une course.

Le juge de départ Jack Williams donnant le signal sur la piste d’accélération d’un quart de mille à la B.C. Custom Car Association, Abbotsford (Colombie-Britannique) [MIKAN 4313700]

Oui, les Canadiens courent par tous les temps et dans les situations les plus diverses!

Une photographie noir et blanc de deux fillettes observant un garçon mettre à l’eau un voilier miniature.

Voilier de course miniature, plage Sunnyside, Toronto (Ontario) [MIKAN 3624441]

Une photographie noir et blanc de huit équipes poussant leur canot sur les glaces du fleuve en direction de l’eau libre.

Course en canot à glace, Québec (Québec) [MIKAN 4951652]

  Visitez l’album Flickr maintenant!

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de juin 2018

À ce jour, 601 736 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 10331. Dernier nom : Whittey.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Reflets d’artistes : lancement d’une nouvelle exposition d’autoportraits d’artistes au musée Glenbow

Le 15 juin 2018, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et le musée Glenbow célébreront officiellement le début d’une nouvelle collaboration positive à Calgary, en Alberta. L’inauguration de la première des cinq expositions organisées conjointement a eu lieu le 10 mars. Toutes les expositions mettront en valeur des portraits de la collection de BAC. Dans certains cas, elles incluent également des œuvres de la collection du musée.

Cette collaboration stimulante permet à un plus grand nombre de Canadiens d’observer plusieurs de nos plus importants trésors nationaux. Toutes les expositions seront présentées au musée Glenbow, à Calgary, et exploreront un thème différent au sujet des portraits.

Photo couleur de l’entrée de l’exposition au musée Glenbow.

Photo de l’installation de l’exposition Reflets d’artistes au musée Glenbow. Gracieuseté du musée Glenbow.

Un portrait bien spécial

La première exposition de la série met l’accent sur l’un des types de portrait les plus fascinants : les images que les artistes créent d’eux-mêmes. La prolifération des miroirs au 15e siècle aurait contribué à la popularisation des autoportraits. Lorsque les artistes explorent leur reflet, il est difficile de détourner le regard.

Peinture d’un miroir et d’une composition de nature morte sur une coiffeuse avec de nombreux livres, une brosse, une radio et deux oranges sur une assiette placée au-dessus d’un journal. Le reflet du miroir montre l’artiste et une autre peinture.

Autoportrait dans un miroir, William Lewy Leroy Stevenson, vers 1928, e011200954.

Les autoportraits d’artistes sont particulièrement intrigants puisqu’ils nous offrent un regard privilégié sur leur processus de création. Leur éclectisme est également captivant. Au fil des ans, les artistes ont, entre autres, choisi diverses techniques pour expérimenter avec les autoportraits et affirmer leur identité créative.

L’exposition présente 17 autoportraits historiques et modernes d’artistes canadiens sélectionnés parmi la collection de BAC. Vous y trouverez des vidéos et des sculptures ainsi que des peintures, des dessins et des estampes.

Des visages, des récits

Un des autoportraits qui se démarque dans cette exposition est la sculpture de l’artiste inuit Floyd Kuptana.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la langue sortie.

Autoportrait, Floyd Kuptana, 2007, MIKAN 3922914.

Il est important d’observer cet autoportrait de plusieurs angles différents. Cette sculpture sur pierre espiègle sourit ou tire la langue, selon l’angle choisi.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la tête penchée.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la langue sortie.

L’humour transparaissant de cette œuvre dissimule, sur bien des plans, une exploration beaucoup plus sérieuse de sa personne. Kuptana a créé cet autoportrait avec une vision tout autant traditionnelle que moderne. Les multiples facettes et angles illustrent les croyances chamaniques liées à la transformation. Pourtant, l’existence de plusieurs personnalités au sein d’une même personne est aussi associée à la psychologie moderne.

Photo couleur du profil d’une sculpture stylisée d’un homme.

Autoportrait… ou portrait?

L’exposition vous donne la chance d’observer un portrait qui demeure au cœur de l’un des mystères non résolus les plus intéressants de l’histoire de l’art canadien. Certains érudits sont convaincus que ce dessin réalisé par Emily Carr, illustre artiste britanno-colombienne, est l’un de ses premiers autoportraits – une acquisition rare. Toutefois, d’autres affirment que ce dessin n’est qu’un portrait que Carr a réalisé d’une autre personne.

Dessin au fusain sur papier d’une jeune femme, les épaules nues, vue de dos, son visage de profil. Ses cheveux sont attachés en un chignon lâche, de courtes boucles encadrant son visage. Elle regarde vers la droite.

Autoportrait, possiblement d’Emily Carr, vers 1899, e006078795.

La plupart conviennent que le portrait a été créé alors que Carr étudiait l’art à Londres, au Royaume-Uni. Le dessin suit un style académique traditionnel, atypique des œuvres ultérieures de Carr, mais très courant chez les étudiants tentant de prouver leur maîtrise de l’art.

Ceux qui croient qu’il s’agit d’une image de Carr soulignent la forte ressemblance entre le dessin et les photographies contemporaines que nous avons d’elle. Ils conviennent que Carr était très connue pour sa pudeur et qu’il est peu probable qu’elle ait pris cette pose, les épaules dénudées. Néanmoins, ils mentionnent qu’il était très courant dans les cours pour femmes de cette époque de pratiquer le dessin du corps humain à partir d’anciennes sculptures classiques drapées de manière convenable. L’artiste pouvait ensuite placer sa propre tête sur le corps de l’une de ces nues incontournables.

Une partie du portrait d’Emily Carr montrant les lignes classiques des épaules et du menton du dessin.

Carr pourrait avoir tenté de se représenter dans un style particulier, soit une jeune femme à la mode.

Nous vous invitons à venir en juger par vous-mêmes.

Un lien avec l’Ouest

Cette exposition permet aussi à BAC de mettre en valeur des autoportraits ayant un lien particulier avec Calgary : par exemple, cette œuvre amusante de l’artiste Gary Olson, de Calgary.

Un dessin au crayon du visage d’un homme pressé contre un morceau de verre. La majorité de son profil gauche est indiscernable, mais son œil droit est extrêmement concentré.

I Am Up Against the Picture Plane Again [Je suis de nouveau contre le plan pictural], Gary Olson, 1877, e011195950. Source : Gary Olson.

Cette image fait partie d’une série créée par Olson alors qu’il était un professeur d’art au collège. Il a conçu ces dessins humoristiques pour expliquer à ses étudiants le plan pictural, un concept d’art théorique difficile à comprendre. Il y représente le plan de façon littérale, en pressant et en déformant son propre visage sur celui-ci. Par le fait même, Olson en profite pour se moquer de la théorie de l’art, dévoilant son propre désir irrévérencieux de repousser les limites.

Venez voir l’exposition!

Photo couleur d’une salle faiblement éclairée, diverses œuvres d’art sur les murs.

Photo de l’installation de l’exposition Reflets d’artistes au musée Glenbow. Gracieuseté du musée Glenbow.

Si vous vous rendez à Calgary, ne manquez pas Reflets d’artistes. L’exposition sera présentée quotidiennement du 10 mars 2018 au 6 janvier 2019. Pour en savoir plus, communiquez avec le musée Glenbow.

Joseph Thomas Kaeble, VC

Par John Morden

Cette semaine, nous rendons hommage dans notre blogue au caporal Thomas Kaeble, récipiendaire de la Croix de Victoria pour les gestes de bravoure qu’il a posés sur le champ de bataille il y a 100 ans, les 8 et 9 juin 1918.

Joseph Thomas Kaeble naît le 5 mai 1893 à Saint-Moïse, au Québec. Il est mécanicien lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale. Le 20 mars 1916, il s’enrôle auprès du 189e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Le 12 novembre de la même année, il est transféré au 22e Bataillon canadien-français. Quelques mois plus tard, en avril 1917, il est blessé et hospitalisé, mais obtient rapidement son congé le mois suivant. C’est lors de son séjour à l’hôpital qu’il est promu au rang de caporal.

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme

Joseph Kaeble, sans date. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine

Kaeble reçoit la Croix de Victoria en reconnaissance de son rôle pendant l’offensive du printemps 1918, le dernier effort déployé par l’Allemagne sur le front occidental. Le soir du 8 juin 1918, alors que le 22e Bataillon est posté près de Neuville-Vitasse, en France, l’armée allemande mène un raid contre les lignes canadiennes. L’attaque est précédée d’un bombardement intense qui surprend les Canadiens. Une vague de 50 soldats allemands s’approche de la position de Kaeble, dont la majorité des frères d’armes ont été blessés par les bombes. Ce dernier enjambe le parapet et, armé d’une mitrailleuse Lewis, repousse à lui seul la charge ennemie. Atteint par plusieurs tirs, il réussit néanmoins à tenir les Allemands à distance avant de retomber dans sa tranchée, gravement blessé. Gisant au sol, il aurait dit aux autres soldats : « Tenez bon, les gars! Ne les laissez pas passer! Il faut les arrêter! » [Traduction] (London Gazette, supplément 30903, 16 septembre 1918)

Kaeble souffre de fractures ouvertes aux jambes et aux bras; il a aussi des fractures à la main et au cou. Mais son courage n’aura pas été vain, puisque le 22e Bataillon repousse finalement le raid allemand.

Rapport dactylographié décrivant les événements survenus pendant la nuit du 8 au 9 juin 1918.

Rapport tiré du journal de guerre du 22e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant les actions menées les 8 et 9 juin 1918. (e000963629)

Cette bravoure aura toutefois un prix : le jour suivant, le 9 juin 1918, le caporal Kaeble succombe à ses blessures. Il sera le premier Franco-Canadien à recevoir la Croix de Victoria. On lui décernera aussi la Médaille militaire pour ses actes de bravoure en sol français.

Photo couleur d’une pierre tombale devant laquelle quelques plantes commencent à pousser. On voit d’autres pierres tombales à l’arrière-plan.

La pierre tombale de Kaeble, à Wanquetin (France). Source : Wikimedia Commons. Photo : Wernervc

Le Canada n’a pas oublié l’héritage de Kaeble. On peut admirer un buste érigé en son honneur au monument aux Valeureux, avec les bustes d’autres soldats décorés. Depuis novembre 2012, un nouveau patrouilleur de la Garde côtière canadienne porte également son nom : le NGCC Caporal Kaeble V.C. (en anglais).

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du caporal Joseph Kaeble.


John Morden est étudiant émérite en histoire à l’Université Carleton et stagiaire à la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

Au cœur de l’action : Le bureau de Vancouver de Bibliothèque et Archives Canada

Par Caitlin Webster

Après avoir offert des services à partir d’un entrepôt en banlieue pendant de nombreuses années, le bureau de Vancouver de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) vient de passer le cap des six mois depuis l’ouverture de son nouveau point de service au public situé dans la succursale centrale de la bibliothèque publique de Vancouver.

Depuis 1992, les clients de BAC de la Colombie-Britannique qui désiraient consulter des documents d’archives devaient se rendre au Centre de services régionaux de l’Ouest canadien, à Burnaby, et s’installer dans des salles de lecture aménagées dans ce vaste complexe.

Plus récemment, BAC a lancé un projet visant à redéfinir sa présence nationale dans le but d’offrir davantage de services à l’extérieur d’Ottawa, de collaborer plus étroitement avec des institutions de mémoire locales et d’accroître sa visibilité et son incidence d’un bout à l’autre du pays. Un des résultats de ces efforts a été l’établissement d’ententes de cohabitation aux bureaux d’Halifax et de Vancouver de BAC.

Peu de temps après l’établissement réussi du point de service public de BAC à Halifax, le bureau de Vancouver de BAC a conclu un partenariat de cohabitation avec la bibliothèque publique de Vancouver (BPV). À l’occasion de l’ouverture de son point de service au public à la succursale centrale de la BPV le 8 novembre 2017, BAC a organisé une entrevue de la série Signatures mettant en vedette l’ancienne première ministre Kim Campbell. À ce point de service au public, le bureau de Vancouver de BAC offre une orientation en personne et des services de référence, ainsi que des kiosques permettant d’utiliser les outils de recherche de BAC et un accès à diverses bases de données sur abonnement comme Ancestry.ca.

Photo couleur d’un immeuble rond ressemblant au Colisée de Rome, mais dont les fenêtres en verre aux deux étages supérieurs le placent fermement dans l’époque contemporaine.

Vue de l’extérieur de la succursale centrale de la bibliothèque publique de Vancouver, au centre-ville de Vancouver. Photo : bibliothèque publique de Vancouver.

Au cours des six premiers mois d’activité, les employés de BAC ont répondu aux questions des clients sur divers sujets, y compris les agents d’émigration écossais, le premier ambassadeur de la Chine au Canada, l’évolution des lois sur les titres fonciers, la généalogie autochtone et l’histoire des immeubles et autres emplacements locaux.

Photo couleur d’une femme assise derrière un bureau de service avec la bannière de Bibliothèque et Archives Canada derrière elle.

Un bureau de service et des guichets libre-service à la succursale centrale de la bibliothèque publique de Vancouver. Photo : Caitlin Webster.

De plus, en raison des besoins de la collectivité locale concernant les revendications, traités et autres sujets autochtones, le bureau de Vancouver de BAC continue d’offrir un accès aux documents d’archives originaux d’Affaires autochtones et du Nord Canada de la Colombie-Britannique et du Yukon. Pour cette sélection de documents d’archives, le bureau de Vancouver de BAC offre divers services, notamment des services de référence, d’examen aux termes des dispositions sur l’accès à l’information et la protection des renseignements personnels, de consultation et de reprographie à un autre emplacement situé juste à côté de la succursale centrale de la BPV.

Photo couleur d’une salle renfermant de grandes tables servant à la consultation de documents.

Salle de référence et de consultation des documents du bureau de Vancouver de BAC au 300, rue Georgia Ouest. Photo : Caitlin Webster.

Depuis notre déménagement à ce nouvel emplacement, nous avons remarqué une nette augmentation de l’intérêt à venir consulter des documents sur place. En effet, la quantité de documents d’archives consultés par nos clients a augmenté de 54 % et le nombre de pages copiées ou numérisées a plus que doublé!

Nous avons aussi plusieurs projets de collaboration en cours, dont des expositions, des séances d’information et des occasions d’apprentissage. Par exemple, BAC a récemment organisé un atelier sur la généalogie autochtone dans lequel des ressources pertinentes ont été présentées. BAC prévoit donner de nombreuses autres séances de ce genre, afin d’offrir des services diversifiés à ses clients locaux et de tirer profit de ce nouveau partenariat.

Pour obtenir d’autres renseignements sur le bureau de Vancouver de BAC, notamment les heures de service et l’emplacement, consultez la page Points de service à l’extérieur d’Ottawa.


Caitlin Webster est archiviste au bureau de Vancouver de BAC.

Les bibliothèques canadiennes invitent les enfants à la journée À vos marques, prêts, lisez!

L’été est arrivé! Les bibliothèques canadiennes invitent les enfants et leurs familles à savourer pleinement la belle saison en profitant de la journée À vos marques, prêts, lisez! pour s’inscrire au Club de lecture d’été TD. On leur remettra une trousse de lecture gratuite comprenant un carnet de lecture, des autocollants et un code d’accès Web. Un carnet de lecture a aussi été conçu spécialement pour les enfants incapables de lire les imprimés. Tout au long de l’été, les enfants inscrits au Club pourront faire le suivi de leurs lectures, participer à des activités organisées par leur bibliothèque et visiter le site Web www.clubdelecturetd.ca, pour se créer un carnet virtuel et lire d’excellents livres électroniques. Ils pourront aussi écrire des comptes rendus et des critiques de livres, échanger des blagues, apprendre à dessiner comme notre illustratrice (©Anne Villeneuve), écrire des histoires, découvrir nos livres vedettes, et bien plus encore!

Une illustration en aquarelle d’un homme et d’un enfant portant des sacs à dos, en randonnée au bord de la mer.

© Anne Villeneuve

Une portée réelle

Le Club de lecture d’été TD prend de plus en plus d’ampleur chaque année! Un récent rapport illustre bien son influence : plus de 700 000 enfants ont participé à quelque 38 000 activités dans plus de 2000 bibliothèques partout au pays. Les études montrent que les enfants qui lisent pendant la période estivale réussissent mieux à la rentrée scolaire, à l’automne. Le Club de lecture d’été TD est le moyen idéal pour les garder motivés.

Une illustration en aquarelle d’un ours et de deux enfants dans un hamac qui flotte dans le ciel bleu soutenu par des livres ouverts. L’enfant le plus âgé lit une histoire pendant que le bébé écoute attentivement.

© Anne Villeneuve

Les enfants auront aussi la chance de lire, d’écouter et de commenter deux histoires créées spécialement pour le Club de lecture d’été TD : une en français par l’auteur Camille Bouchard, et une en anglais par l’auteur Kevin Sylvester.

Une illustration en aquarelle montrant deux enfants s’abritant de la pluie dans une vielle maison abandonnée et sinistre.

© Anne Villeneuve

Les enfants peuvent participer au Club n’importe où et n’importe quand : dans les bibliothèques publiques du Canada, à la maison, en ligne ou sur la route. Bref, partout où leur été les mènera! Le Club de lecture d’été TD leur fait connaître des œuvres, des auteurs et des illustrateurs canadiens, et il les encourage à découvrir les joies de la lecture : c’est le meilleur moyen pour qu’ils aiment lire toute leur vie.

Les trois bibliothèques ci-dessous serviront de points centraux pour le lancement national de la journée À vos marques, prêts, lisez! Elles tiendront des activités aux dates suivantes :

  • 16 juin : Bibliothèque Paul-Aimé Paiment, Québec (Québec)
  • 21 juin : Bkejwanong First Nation Public Library, Walpole Island (Ontario)
  • 23 juin : Spruce Grove Public Library, Spruce Grove (Alberta)

Ces trois bibliothèques présenteront des activités spéciales, en collaboration avec nos partenaires, dont la Bibliothèque publique de Toronto, Bibliothèque et Archives Canada et le Groupe Banque TD.

Le Club de lecture d’été TD est le plus important programme de lecture d’été au Canada. Gratuit et bilingue, il est destiné aux enfants de tous âges, quels que soient leurs goûts et leurs aptitudes. Créé et offert par plus de 2000 bibliothèques publiques canadiennes, ce programme national bilingue est dirigé par la Bibliothèque publique de Toronto en partenariat avec Bibliothèque et Archives Canada. Le soutien financier est généreusement assuré par le Groupe Banque TD.

Une illustration en aquarelle de trois enfants lisant dans un hamac.

© Anne Villeneuve

Et maintenant, quelque chose de complètement différent…

Pour en savoir plus sur les activités de cette année, écoutez la plus récente émission de balado de BAC, divisée en deux parties : À vos marques, prêts, lisez! Dans la première partie, nous nous assoyons avec Kevin Sylvester, auteur vedette anglophone du Club de lecture d’été TD de 2018. Kevin est accompagné de notre animatrice, Geneviève Morin, et de notre coanimateur spécial de 9 ans, Presley, qui adore cet auteur.

Dans la deuxième partie, qui sortira le 19 juin, nous discuterons avec Camille Bouchard, auteur vedette francophone du Club de lecture d’été TD de 2018. Camille a répondu à nos questions au téléphone, pendant sa traversée de l’Amérique du Nord en autocaravane. Cette émission comprendra également une entrevue surprise avec un célèbre auteur canadien ayant déjà été le bibliothécaire national du Canada. Vous devrez l’écouter pour découvrir de qui il s’agit!

Images d’un Canada propre maintenant sur Flickr 

La salle de bain canadienne tire son origine de l’époque médiévale. Les toilettes et le système d’égout rudimentaires bâtis dans les châteaux à ce moment ont ensuite évolué en caractéristiques architecturales modernes dans les résidences et les grands bâtiments. Les progrès technologiques ultérieurs comprennent l’eau courante à l’intérieur, les canalisations et les réseaux d’égout communautaires.

Photo noir et blanc d’un homme debout se lavant dans un bain mobile de l’époque de la Première Guerre mondiale.

Bain mobile du transport motorisé du côté canadien de la ligne. [MIKAN 3396709]

Plan dessiné dressant la liste des matériaux nécessaires à la construction d’une latrine en bois.

Plan d’une latrine. [MIKAN 3699479]

En plein air, les Canadiens ont improvisé et innové sur le plan de la propreté et de l’élimination des déchets corporels le plus hygiéniquement possible. Que ce soit pour l’extérieur ou les déplacements, les solutions trouvées ressemblent à celles de la maison.

Photo noir et blanc d’une douche, d’un bain et d’une toilette dans une voiture-bar de train.

Nouvelle voiture-bar, baignoire-douche. [MIKAN 3348414]

Photo noir et blanc d’une douche pour femmes dans la voiture avec solarium d’un train des Chemins de fer Canadien Pacifique.

Douche pour femmes, Chemins de fer Canadien Pacifique, nouvelle voiture avec solarium. [MIKAN 3380569]

 Visitez l’album Flickr maintenant!

Documents récemment numérisés au Numéri-Lab

Par Karine Gélinas

Le Numéri-Lab est une nouvelle installation pratique où les clients peuvent numériser et mettre en contexte les collections de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Depuis son lancement en 2017, plus de 30 projets y ont été réalisés, menant à la numérisation de plus de 30 000 pages de documents textuels et de 9 000 photographies.

Photo couleur d’une salle comprenant un numériseur grand format sur une table au premier plan, d’une série d’étagères à gauche et de deux personnes assises à des postes de travail en arrière-plan.

L’espace du Numéri-Lab au 395, rue Wellington. Photo de Tom Thompson.

Un des projets mis en œuvre au Numéri-Lab consistait à la numérisation d’images historiques sensationnelles de la région de la capitale nationale par la Commission de la capitale nationale (CCN). Vous trouverez ci-dessous une partie du matériel numérisé par la Commission, maintenant disponible sur le site Web de BAC.

Albums du fonds de la Commission de la capitale nationale

  • Vues aériennes d’Ottawa 1952–1962 (8 images) – MIKAN 5025694
  • Commission de l’amélioration du district fédéral, 1927–1929 (56 images) – MIKAN 5016537
  • Commission du district fédéral, 1927–1932 (291 images) – MIKAN 5023881
  • Photos de R. A. Ramsay montrant l’installation d’une structure de chemin de fer (4 images) – MIKAN 5025167
  • Édifice de Russell House, photographies de l’hôtel Russell (63 images) – MIKAN 3788413
  • Région d’Ottawa, Commission du district fédéral, 1902 (20 images) – MIKAN 5050722
Photo noir et blanc d’un parc calme et des rues environnantes entourés de deux gros immeubles sur lesquels le drapeau de l’Union flotte sur le toit supérieur. Des voitures anciennes sont garées sur la rue principale au premier plan.

Vue en direction sud de l’édifice de l’Est sur la Colline du Parlement, à Ottawa, MIKAN 5026166

Photo aérienne noir et blanc d’un paysage industriel avec des rondins flottant dans l’eau et une centrale électrique et des lignes ferroviaires au premier plan. En arrière-plan se trouve la cité parlementaire.

Plaines LeBreton, gare Ottawa West & Turning House, vers 1962 [Aujourd’hui : secteur de la gare City Centre Bayswater], gouvernement du Canada (e999909317-u)

Fonds Ted Grant

Photo noir et blanc d’une rue pendant la nuit; des voitures sont garées des deux côtés et des enseignes au néon illuminent la rue.

Rue Sparks [Ottawa] pendant la nuit, photo prise le 14 novembre 1960. Source : Ted Grant (e999906140-u)

Fonds de la Commission du district fédéral

Photographies, éditoriaux, catalogues et épreuves de supplément de journal visant le plan et le modèle du plan d’ensemble du Comité d’aménagement de la capitale nationale, et de sa tournée canadienne – MIKAN 3788892

Le Numéri-Lab vous intéresse?

Si vous avez une idée de projet, envoyez-nous un courriel à bac.numeri-lab-digilab.lac@canada.ca. Donnez-nous un aperçu de votre projet, les références complètes du matériel que vous souhaitez numériser et toute autre information pertinente sur la collection.

Après nous être assurés que le matériel peut être numérisé en toute sécurité, nous vous réserverons du temps au Numéri-Lab. Nous vous montrerons comment manipuler le matériel et utiliser l’équipement. Vous vous occuperez par la suite de numériser les documents et d’ajouter des métadonnées simples. Le matériel doit être exempt de restriction et de droit d’auteur.

Au plaisir de communiquer bientôt avec vous!

Liens d’intérêt


Karine Gélinas est gestionnaire de projet à la Direction générale des services au public à Bibliothèque et Archives Canada.

Une journée dans la vie d’un archiviste de référence

Par Alix McEwen

J’ai toujours pensé qu’il fallait posséder certaines qualités pour être un bon archiviste de référence à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Il faut très bien connaître l’histoire et la culture du Canada. Il faut comprendre ce qui constitue un fonds et comment les documents sont recueillis et classés. Il faut aussi aimer travailler avec les autres. Cependant, il est également très utile d’aimer les casse-tête et d’être prêt à se creuser les méninges pour aider à les résoudre.

Récemment, un ancien collègue m’a posé une question sur une copie d’un document particulier, prétendument un décret antérieur à la Confédération. Il voulait savoir si le Cabinet fédéral de l’époque avait vraiment approuvé ce décret. Griffonnée dans la marge du document se trouvait l’inscription en anglais « 12 July 1856 OIC pp. 220-221 Vol. 10019 » [12 juillet 1856 décret p. 220-221 vol. 10019]. On pouvait lire une référence presque identique au bas du document : LAC RG 10 Vol. 10019 pp. 220-221. Le texte portait sur la création du Indian Land Fund [fonds des terres indiennes].

La copie des décrets antérieurs à la Confédération se trouve dans le RG 1 E-8 (RG 1 : Documents du Conseil exécutif de la province du Canada). Cependant, la référence de BAC mentionnée renvoyait à un document du ministère des Affaires indiennes (RG 10). Une brève recherche dans notre base de données Recherche de fonds d’archives a révélé que le volume 10019 du RG 10 correspondait aux Dossiers bleus de Matheson, ce qui ne prouvait en rien l’exactitude de la copie du décret.

Retour à la case départ : j’ai alors cherché dans les index et les registres du RG 1 E-7 volumes 72 à 93. Ces sources aident les chercheurs à trouver les décrets antérieurs à la Confédération. Le problème, c’est qu’elles sont manuscrites et difficiles à déchiffrer. J’ai cherché les entrées suivantes : Indian Land Fund, puis Fund, puis Land – pas de chance!

J’ai donc poursuivi ma recherche à l’aide de Google Livres (eh oui, on utilise Google!). Cette recherche m’a confirmé qu’un décret en lien avec les Affaires indiennes avait été signé ce jour-là. Encore plus important, elle m’a permis de trouver le rapport de recherche non publié des Affaires indiennes, intitulé « The Indian Land Management Fund [Le fonds de gestion des terres indiennes] » et rédigé par David Shanahan. Mes collègues de la section des Archives autochtones de BAC ont pu me fournir une copie de ce rapport.

Ce fut un moment décisif dans mes recherches. Dans l’introduction, M. Shanahan mentionne qu’il n’y a aucune preuve satisfaisante de la création du fonds par un décret, comme on le croyait auparavant. Il consacre ensuite un chapitre entier sur les origines du fonds de gestion. À mon avis, le fait le plus important était qu’il existait en effet un décret daté du 12 juillet 1856. Toutefois, il visait à fonder la Commission Pennefather, dont le mandat était de trouver la « meilleure façon d’administrer les biens des Indiens » [Traduction].

Pourquoi m’était-il donc impossible de trouver ce décret? Cette fois-ci, je suis retournée examiner le microfilm des décrets au lieu des index et des registres. Il est beaucoup plus facile qu’avant d’accéder à de nombreuses bobines de microfilm sans restriction, en raison de leur numérisation et de leur diffusion sur Héritage. J’ai cherché la section portant sur la date en question, puis j’ai feuilleté les pages jusqu’à trouver l’information voulue. Ma référence finale? RG1 E 8 vol. 60 p. 443, 12 juillet 1856 (bobine de microfilm H-1795). Le décret ne visait effectivement pas à créer le fonds de gestion des terres indiennes.

Une page microfilmée avec du texte manuscrit du RG1 E 8 volume 60, page 443.

Décret daté du 12 juillet 1856, RG1 E 8 volume 60 page 443 (bobine de microfilm H-1795).

Je me demandais toujours pourquoi je ne trouvais aucune mention de ce décret dans les index et les registres. J’y suis donc retournée, me promettant d’y aller plus lentement. J’ai commencé par la lettre « I », cherchant tout ce qui était en lien avec les Indiens. J’ai rapidement trouvé ma réponse. Le décret était mentionné dans l’index sous « Indiens, civilisation des », un rappel embarrassant qu’il faut toujours être conscient de la terminologie et des croyances de l’époque lorsqu’on effectue des recherches dans des documents historiques.

Avez-vous un casse-tête à résoudre qui nécessite le travail d’un archiviste ou d’un bibliothécaire curieux? Envoyez-nous votre question par écrit dès aujourd’hui.


Alix McEwen est une archiviste de référence de la Division des services de référence.