Images de Canadiens d’origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale maintenant sur Flickr

Chronologie

7 décembre 1941 – Le Japon attaque Pearl Harbor, à Hawaï, aux États-Unis. Les forces japonaises envahissent aussi Hong Kong, la Malaisie et les zones avoisinantes, ce qui déclenche les affrontements du Pacifique pendant la Deuxième Guerre mondiale.

8 décembre 1941 – Le Canada invoque la Loi sur les mesures de guerre et déclare que les Canadiens d’origine japonaise et les immigrants récents sont les sujets d’un pays ennemi qui doivent être dépouillés de leurs droits individuels et de propriété. Plus de 1 200 bateaux de pêche appartenant à des Canadiens d’origine japonaise sont confisqués au large de la Colombie-Britannique, à titre de mesure défensive contre les efforts de guerre du Japon dans le Pacifique.

 Photographie en noir et blanc de six bateaux de pêche appartenant à des Canadiens d’origine japonaise, confisqués trois jours après l’attaque de Pearl Harbor et attachés à un plus gros bateau.

Six bateaux de pêche appartenant à des Canadiens d’origine japonaise. Ils ont été rassemblés par la Réserve des pêcheurs de la Marine royale canadienne (Colombie-Britannique) (MIKAN 3623281)

14 janvier 1942 – Le Canada ordonne le rassemblement des hommes d’origine japonaise âgés de 18 à 45 ans en vue de leur déplacement vers la région intérieure de la Colombie-Britannique. Leurs biens personnels, comme les maisons et les voitures, sont saisis et vendus pour aider à payer leur détention dans les camps d’internement. Aucun Canadien d’origine japonaise ne peut posséder de radio, acheter d’essence ou pêcher pendant la guerre. Les personnes détenues après le 14 janvier sont envoyées dans des camps d’internement en Alberta.

Photographie en noir et blanc de trois Canadiens d’origine japonaise qui chargent un wagon à destination d’un camp d’internement de la région intérieure de la Colombie-Britannique.

Canadiens d’origine japonaise chargeant un train qui se rend à des camps de la région intérieure de la Colombie-Britannique (MIKAN 3624396)

24 février 1942 – C’est le début de l’internement à grande échelle des Canadiens d’origine japonaise. Au total, 21 000 Canadiens d’origine japonaise et immigrants récents sont envoyés dans des camps d’internement. À mesure que la guerre se prolonge, leurs droits et libertés seront de plus en plus restreints.

Photographie en noir et blanc de nombreuses familles de Canadiens d’origine japonaise à une aire de rassemblement. Elles prennent place à l’arrière de camions pour leur déplacement vers un camp d’internement de la région intérieure de la Colombie-Britannique.

Canadiens d’origine japonaise dans la boîte de camions pour leur déplacement vers des camps de la région intérieure de la Colombie-Britannique (MIKAN 3624392)

Du 2 septembre 1945 au 1er avril 1949 – La Deuxième Guerre mondiale prend fin en 1945, mais on oblige les Canadiens d’origine japonaise à rester dans les camps d’internement ou dans des régions éloignées des côtes canadiennes jusqu’en 1949. Le gouvernement du Canada offre à des personnes et familles un rapatriement au Japon, tandis que d’autres sont exemptées et peuvent rester au Canada. Plus tard, toutes les restrictions relatives au déplacement sont levées. Les Canadiens d’origine japonaise peuvent alors retourner dans les régions côtières de la Colombie-Britannique. Il n’y a pas de compensation pour la saisie des propriétés et l’internement forcé.

Photographie en noir et blanc de Canadiens d’origine japonaise se procurant des articles dans un magasin du camp d’internement de Slocan, en Colombie-Britannique. Un homme blanc portant un brassard les observe.

Canadiens d’origine japonaise achetant des articles au magasin d’un camp d’internement, Slocan (Colombie-Britannique) (MIKAN 3624388)

22 septembre 1988 – Après trente-neuf années de pressions exercées par les Canadiens d’origine japonaise touchés par les mesures prises par les dirigeants de l’époque en vertu de la Loi sur les mesures de guerre, le gouvernement du Canada s’excuse officiellement et les indemnise.

Visitez l’album Flickr maintenant!

« Incitation à faire un potlatch »

Par Sevda Sparks

Le potlatch est une pratique cérémoniale axée sur le don que pratiquent les peuples autochtones de la côte nord-ouest du Pacifique, au Canada comme aux États-Unis. L’interdiction des potlatchs, adoptée par le gouvernement du Canada en 1885, a été modifiée à de nombreuses reprises pour devenir de plus en plus rigoureuse, jusqu’à son abrogation en 1951. Les fonds de Bibliothèque et Archives Canada incluent une foule de documents sur les potlatchs, y compris des lettres et des pétitions traitant de l’interdiction de cette coutume ainsi que des efforts déployés pour la conserver. La correspondance de Billy Assu, chef des Kwakwakawakw, de William Halliday, agent des Indiens, et de Matthew Begbie, juge en chef de la Colombie-Britannique, est particulièrement intéressante à cet égard.

Photo noir et blanc d’un paysage de rue montrant des participants à un potlatch et des objets devant être donnés.

Potlatch, Alert Bay, Colombie-Britannique, juin 1907 (MIKAN 3368269)

Au plus fort de l’interdiction des potlatchs, en 1919, le chef Billy Assu écrit au surintendant adjoint des Affaires indiennes, J. D. Maclean, pour lui expliquer ce qu’est un potlatch, « notre ancienne coutume consistant à faire des dons ». Il décrit l’origine de la célébration et le souhait qu’elle soit conservée, affirmant :

« Nous savons tous que les temps changent. Autrefois, tout ce qui comptait, c’était les aliments, le poisson séché, les racines, les baies, les choses du genre. À l’époque, un chef prenait possession de tout cela et le distribuait à ceux qui n’avaient rien […] »

Le potlatch permet de s’accrocher à cette importante coutume culturelle malgré tous les changements. Assu fait également des commentaires généraux sur le potlatch dans la société autochtone :

« […] certains apprenaient à faire des canots, d’autres à chasser, d’autres à prendre du poisson, d’autres enfin à se procurer les matériaux dont nous faisions les vêtements, puis tout était réparti entre nous. C’est comme ça qu’ont commencé les festins où nous faisons des dons. »

L’article 149 de la Loi sur les Indiens, qui interdit les potlatchs, est difficile à appliquer, autant dans les faits que sur le plan juridique… Il est ardu de définir précisément dans la Loi en quoi consiste un potlatch, et de prouver que les Autochtones en organisent. En 1889, le juge en chef Begbie mentionne que la loi sur le potlatch a des lacunes en ce qui a trait à l’imposition d’une peine. Il affirme :

« […] si l’Assemblée législative comptait interdire toute réunion à laquelle on donne le nom de “potlatchˮ, elle aurait dû le dire clairement. Mais si l’intention était de créer une nouvelle infraction qui n’existait pas auparavant en vertu de la loi, il faut alors la définir dans la loi. »

La Loi est modifiée en 1895, et les agents sont tout particulièrement déterminés à poursuivre en justice les sujets d’« incitation à faire un potlatch », malgré le manque de preuves dans certains cas, comme le montre William Halliday, agent du sous-ministre adjoint et secrétaire J. D. McLean, à Ottawa. Ces méthodes visant à éliminer les potlatchs incluent l’organisation de réunions entre les agents et les dirigeants des Premières Nations, durant lesquelles les agents peuvent « leur lire l’article précis […] et donner les raisons pour lesquelles les potlatchs sont à condamner et doivent disparaître ». Les agents considèrent que cette tradition équivaut à du gaspillage et laissent les nations « dans un état proche de la pénurie ».

Après une réunion du genre, l’agent Halliday affirme :

« Hier et aujourd’hui, ils ont dans une certaine mesure enfreint cet article en tenant des cérémonies de deuil, qui consistent en partie à chanter des chants de deuil, et en partie à recevoir des dons des membres de la famille survivants, mais je ne suis intervenu d’aucune façon. »

De tels récits faits par des agents et d’autres responsables du Ministère illustrent une tentative de surveiller, de contrôler et de réprimer des aspects essentiels de la culture des Premières Nations, au-delà des potlatchs proprement dits. Cela se poursuit malgré les efforts déployés par les chefs autochtones pour expliquer aux représentants du gouvernement leur mode de vie et leurs coutumes.

Photo noir et blanc d’un groupe de participants à un potlatch et d’objets devant être donnés.

Potlatch, 1907 (MIKAN 3572940)

Le grand contraste entre la lettre du chef Assu, les remarques du juge Begie et le récit de l’agent Halliday permet de mieux comprendre la question de l’interdiction des potlatchs. La lettre d’Assu décrit ces cérémonies et leur importance en allant droit au but. Les commentaires de Begbie mentionnent la difficulté de tenter de contrôler des pratiques culturelles par des moyens législatifs. Le récit d’Halliday donne une idée de l’état d’esprit et des pratiques du gouvernement du Canada à l’époque. L’accès à cette multitude de points de vue fait ressortir l’importance des dossiers d’archives lorsque l’on fait des recherches sur des enjeux historiques complexes.

Ressources supplémentaires


Sveda Sparks a travaillé au point de service public de Vancouver de Bibliothèque et Archives Canada à l’été 2017 dans le cadre du Programme fédéral d’expérience de travail étudiant (PFETE).

Explosion d’Halifax : documents conservés à Bibliothèque et Archives Canada

Par Valerie Casbourn

Le matin du 6 décembre 1917, deux navires, le Imo et le Mont-Blanc, entrent en collision dans la partie la plus étroite du port d’Halifax. Le Mont-Blanc est un navire de munitions en route pour rejoindre un convoi naviguant vers l’Europe déchirée par la guerre. La cargaison du Mont-Blanc prend feu et le navire explose 20 minutes plus tard. La déflagration pulvérise une partie de la ville, tuant près de 2 000 personnes, en blessant des milliers et provoquant des dégâts considérables à Halifax, à Dartmouth et dans la communauté micmaque de Turtle Grove. « L’explosion d’Halifax », comme on l’a surnommée, amène au Canada le danger et la destruction de la Première Guerre mondiale, et marque à jamais la ville d’Halifax.

Photographie en noir et blanc de quelques personnes marchant au milieu d’une rue dont les bâtiments sont détruits.

Dévastation causée par l’explosion d’Halifax. L’édifice à gauche était la fonderie Hillis & Sons (MIKAN 3193301)

Guide pour les documents sur l’explosion d’Halifax

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède divers documents témoignant de l’explosion d’Halifax, de ses conséquences, ainsi que des secours apportés aux victimes et des enquêtes menées après le désastre. Le premier outil de recherche à consulter est le guide thématique de BAC Explosion d’Halifax. Certains des documents listés dans ce guide ont été numérisés à partir de microfilms et sont accessibles sur le site Web Héritage. D’autres documents peuvent être consultés sur place à BAC.

Le guide présente d’abord la liste des documents relatifs au désastre et à ses conséquences, conservés par le gouvernement fédéral canadien. Cette liste comprend des documents tels que ceux de l’enquête officielle sur la collision entre le Mont-Blanc et l’Imo menée par le commissaire aux sinistres maritimes du Dominion (RG42, vol. 596 et RG42, vol. 597). On y trouve aussi la correspondance du censeur en chef de la presse en temps de guerre, Ernest J. Chambers (RG6, vol. 621, dossier 350, microfilm T-102), laquelle décrit l’urgent besoin de communiquer les nouvelles relatives au désastre avec exactitude, mais sans révéler aucune information sur les défenses du port d’Halifax.

Image d’un télégramme qui se lit comme suit : [traduction] « 15 h 45. Télégramme envoyé à Geo. D. Perry? dir. gén. G.N.W. Telegraph Co, Toronto ON. Télégramme envoyé à J. McMillan, dir. C.P. Ry. Telegraphs, Montréal. Ottawa ON, 6 déc. 1917. Compte tenu des reportages contradictoires à l’étranger sur l’explosion d’Halifax, j’espère que le maximum est fait pour faciliter une transmission de tous les rapports de presse. Cela est plus que souhaitable d’un point de vue national. Ernest J. Chambers, censeur en chef de la presse. »

Message d’Ernest J. Chambers, censeur en chef de la presse, à G.N.W. Telegraph Co. et C.P. Ry. Telegraphs (T-102, Image 119)

Image d’un télégramme qui se lit comme suit : [traduction] « Ottawa, 7 décembre 1917. C.O. Knowles, Toronto. En ce qui concerne les rapports sur le désastre d’Halifax, il est important que rien ne soit publié révélant des renseignements sur les défenses, la force et la disposition de la garnison, etc. Aucune information ne devra non plus être donnée sur les activités navales et les activités de transport au port durant la guerre. Aucune photographie d’Halifax et des environs prise depuis le début de la guerre ne devra être publiée. Il est souhaitable que les correspondants spéciaux envoyés à Halifax s’informent des exigences de la censure locale. Ernest J. Chambers. »

Message d’Ernest J. Chambers, censeur en chef de la presse, à C.O. Knowles, Canadian Press Limited (T-102, Image 136)

Si vous cherchez des images, consultez l’album Flickr de BAC pour y découvrir des photographies numérisées, prises après l’explosion d’Halifax. BAC a également publié une description plus détaillée de l’explosion sur la page concernant la tragédie sur le front intérieur : explosion d’Halifax le 6 décembre 1917 (en anglais seulement).

 

Photographie en noir et blanc montrant une rangée de personnes fouillant les décombres des bâtiments détruits.

Conséquences de l’explosion d’Halifax (MIKAN 3193299)

Recherche d’autres documents

Vous trouverez d’autres documents relatifs à l’explosion d’Halifax en interrogeant la base de données des fonds d’archives à l’aide des mots-clés Halifax ET explosion OU désastre, ou en utilisant d’autres mots-clés associés au désastre. Vous pouvez ensuite limiter vos résultats de recherche par date ou par genre de document (photographies ou documents textuels).

Les documents conservés à BAC proviennent du gouvernement fédéral canadien ainsi que de personnes et d’organismes privés. Certains documents sont accessibles en ligne, d’autres peuvent être consultés sur place lors de visites en personne ou en commandant des reproductions.

Correspondance sur l’explosion d’Halifax : fonds Sir Robert Borden

Il y a beaucoup trop de documents relatifs à l’explosion d’Halifax pour les mentionner tous ici, mais la correspondance contenue dans le fonds Sir Robert Borden (MG26-H) raconte une petite partie de l’histoire. Sir Robert Borden était premier ministre du Canada et député d’Halifax au moment de l’explosion; ses archives comprennent des télégrammes transmettant entre autres des nouvelles du désastre, des messages de sympathie aux habitants d’Halifax et des offres d’assistance.

Pour trouver les documents sur l’explosion d’Halifax dans le fonds Sir Robert Borden, interrogez la base de données des fonds d’archives à l’aide des mots-clés MG26-H ET Halifax ET explosion. Vous pouvez aussi consulter les instruments de recherche du fonds Borden, accessibles en format PDF dans la section Instrument de recherche de la description du fonds (défiler vers le bas).

La majeure partie de la correspondance sur l’explosion se trouve dans le dossier « Désastre d’Halifax 1917-1918 » (MG26-H, vol. 89-90, pages 46309-47016, microfilm C-4325, disponible sur le site Web Héritage, à partir de l’image 301).

Télégramme de la Great North Western Telegraph Company of Canada, qui se lit comme suit : [traduction] « Moncton, N.-B., 6 déc. 1917. J.D. Reid, Ottawa. On signale qu’un navire chargé d’explosifs au quai six qui s’éloignait, vers 8 h 30 ce matin, a été percuté par un navire qui s’avançait, et il a pris feu. On a tenté de le couler avant qu’il n’explose mais on a échoué. Il a explosé à 9 h. On signale que la ville est en très mauvais état et qu’il y a beaucoup de dommages mais, les câbles télégraphiques et téléphoniques étant coupés, impossible d’obtenir des détails. Je donnerai plus d’information dès que j’en aurai. Le directeur général adjoint Brown se dirige vers Halifax par le « Special ». C.A. Hayes. »

Ce premier rapport sur le désastre a été envoyé à Ottawa à partir de Moncton parce que l’explosion avait endommagé les câbles télégraphiques et téléphoniques à Halifax et interrompu les communications avec la ville. (microfilm C-4325, image 321)

Télégramme de la Western Union qui se lit comme suit : [traduction] « RM Boston Mass. 7 déc. via Ottawa ON 8 1917. Robert Borden, premier ministre, Halifax, N.-É. D’après ce que vous savez des conditions à Halifax, que pouvons-nous faire immédiatement pour aider à soulager la détresse des habitants d’Halifax? La nuit dernière, un train de secours est parti d’ici à 10 h et devrait arriver à 20 h ce soir. Nous avons un bateau ici à votre disposition qui peut partir dimanche matin et arriverait à Halifax lundi matin. Peut-il s’amarrer? H.B. Endicot, président, Comité de secours Massachusetts-Halifax. »

Offre d’aide de Boston, envoyée à Sir Robert Borden par H.B. Endicott, président du comité de secours Massachusetts-Halifax. (microfilm C-4325, image 345)

Ressources connexes :


Valerie Casbourn est archiviste à la division Services régionaux et AIPRP de Bibliothèque et Archives Canada.

Nouveau fonds d’archives – Ambassadeur Arthur R. Menzies

Par Patrick Latulippe

Aimeriez-vous découvrir l’extraordinaire histoire d’un Canadien né en Chine, qui est plus tard retourné en République populaire de Chine comme ambassadeur du Canada? Désirez-vous comprendre les subtilités et la profondeur des fonctions et activités des ambassadeurs du Canada à l’étranger?

Grâce à la récente acquisition du fonds Arthur R. Menzies par Bibliothèque et Archives Canada (BAC), vous pouvez maintenant accéder à ce matériel exceptionnel. Les archives de ce diplomate ayant travaillé principalement en Asie et de ce haut fonctionnaire qui a représenté le Canada dans plus d’une dizaine de pays durant plus de 30 ans comprennent des milliers de lettres manuscrites relatant sa vie personnelle et professionnelle.

Photographie en noir et blanc montrant trois garçons sur des vélos.

Le jeune Arthur Menzies en Chine, à vélo (à gauche). Vacances d’été à Pei Tai Ho, Chine, 1930-1935 (MIKAN 4976252)

Ces archives, soigneusement conservées par la famille Menzies durant plus d’un demi-siècle, permettront aux chercheurs de découvrir les détails de la fabuleuse vie et carrière de Son Excellence l’Ambassadeur Menzies.

Notice biographiqueExemples intéressants de matériel archivistique présent dans le fonds

Carnets de voyage autour du monde

La famille Menzies part à la découverte du monde en 1928. Cette aventure inspirante est décrite avec beaucoup de détails dans les carnets de voyage autour du monde tenus par la mère, Annie Menzies, et par les trois enfants de la famille : Arthur, Frances et Marion Menzies. Cette partie du fonds permet de comprendre l’origine des premières aventures extraordinaires d’Arthur Menzies à l’international. Il est ensuite pertinent d’interpréter ces expériences en lien avec les responsabilités de l’ambassadeur Menzies en Asie, en Océanie et en Europe.

Photo en couleur montrant deux pages d’un journal personnel.

Deux pages du carnet de voyage autour du monde d’Annie Menzies, 1928 (MIKAN 4976256)

Correspondance

Une des séries les plus intéressantes de ce fonds est sans contredit la série correspondance. Elle comporte plus de dix boîtes de correspondance (plus de deux mètres de lettres, chaque boîte comprenant des centaines de lettres!) en provenance ou à destination de la famille Menzies. Cette correspondance permet aux Canadiens de découvrir la complexité des relations amicales et familiales lorsque le travail dans des postes diplomatiques amène une partie de la famille à l’étranger, alors qu’une autre partie reste au Canada. L’évolution de ces relations dans le temps, par exemple lorsque les enfants sont plus grands et ne suivent plus les parents dans les postes à l’étranger, est passionnante. On peut aussi sentir l’attachement à l’égard des amis qui résident loin de la famille Menzies durant plusieurs années. La correspondance est riche et constante avec plusieurs amis, collègues et membres des familles Redpath, Menzies, Sedgwick et Skelton. Enfin, la période de 1965 à 1972 a même fait l’objet d’un livre, Australia & the South Pacific, Letters Home, 1965-1972, publié par Arthur R. Menzies en 2009. Des sources qui combleront sans aucun doute les chercheurs les plus méticuleux!

Une lettre dactylographié parlant de détails vis-à-vis un prochain déménagement.

Une lettre personnelle d’Arthur Menzies à Mme Skelton, sa belle-mère (MIKAN 4976262)

Australie et Pacifique Sud

L’ambassadeur Menzies a aussi été représentant du Canada à l’étranger à des moments clés de l’histoire. Par exemple, il était haut-commissaire en Australie lorsque les îles Fidji ont obtenu leur indépendance du Royaume-Uni. M. Menzies est alors devenu de facto le premier haut-commissaire du Canada aux Fidji, en plus de garder son poste pour l’Australie et d’entretenir des liens avec d’autres colonies britanniques de la région qui obtiendront leur indépendance plus tard dans les années 1970, comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les îles Salomon.

Photographie en couleurs d’un homme portant un short, une chemise et des sandales. Une caméra munie d’une courroie pend à son cou. Il se tient debout à côté d’un homme qui porte un short et un masque élaboré.

Kenneth Menzies (à gauche) avec un homme masqué en Papouasie-Nouvelle-Guinée, 5 juillet 1967 (MIKAN 4976273)

Chine et Vietnam

M. Menzies est nommé ambassadeur du Canada en Chine et au Vietnam en 1976, probablement le poste le plus important de sa carrière. Sa maîtrise du mandarin et son expérience ont sans doute fait pencher la balance. Pour M. Menzies, ce poste marque un retour à son pays natal. La série du fonds d’archives couvrant cette période est aussi riche en photographies. Elle documente les dizaines de visites de Madame et Monsieur Menzies aux quatre coins de ces pays.

Photographie en noir et blanc de deux hommes qui se saluent. L’un des deux hommes tient un bout de papier et le tend à l’autre. Un homme se trouvant à l’arrière-plan regarde la scène.

L’ambassadeur Menzies présentant ses lettres de créance à un représentant de la Chine, 1976 (MIKAN 4976275)

Sans oublier…

Arthur R. Menzies a aussi écrit de nombreux livres et articles, principalement sur sa vie à titre d’ambassadeur. Le fonds largement accessible à tous nous permettra de consulter des notes et ébauches qui ont mené aux publications finales.

Le fonds est aussi extraordinairement riche en photographies (5 103 photos : 1 300 en noir et blanc et 3 803 en couleurs), ce qui permet de découvrir des régions et coins de pays difficilement accessibles encore aujourd’hui comme les îles Fidji et la Birmanie (le Myanmar). Ces supports visuels sont souvent datés et annotés. Une recherche approfondie peut donc mener aux itinéraires précis des missions de représentation du Canada menées par l’ambassadeur partout dans le monde.

En conclusion, il est maintenant possible d’approfondir nos recherches sur ce personnage clé de l’histoire diplomatique du Canada du 20e siècle, grâce à son fonds d’archives offrant un large éventail de matériel conservé à Bibliothèque et Archives Canada. L’invitation est donc lancée!


Patrick Latulippe est archiviste à la Direction des archives privées de science et de gouvernance à Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada, en collaboration avec le CRSH, présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, Canada 150 : réfléchir et réinventer

Image en couleur d’une feuille d’érable blanche sur fond rouge et ayant des flèches pointant vers la droite.À l’occasion du 150e anniversaire du Canada, nous repensons à notre histoire avec une immense fierté, mais nous y posons aussi un certain regard critique.

Dans cette émission, Canada 150 : réfléchir et réinventer, nous avons fait équipe avec le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) pour parler du Canada de demain et examiner de quelle manière l’étude de notre histoire peut nous aider à prendre des décisions éclairées pour les années à venir. Soyez des nôtres! Venez entendre les propos de M. Chad Gaffield, historien de renom et ancien président du CRSH, et rencontrer des universitaires et des chercheurs de partout au pays qui nous présentent leur vision du Canada de demain.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

La préservation numérique à la croisée des chemins

 par Faye Lemay

Saviez-vous que Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède, en plus de photos, livres, peintures et manuscrits, toute une collection de matériel numérique? En effet, en tant que gardiens du patrimoine documentaire canadien, nous devons veiller à ce que notre contenu numérique et analogique soit accessible et utilisable.

Imaginez que vous avez créé un fichier en WordPerfect en 1996, que vous l’avez sauvegardé sur une disquette et que vous souhaitez ouvrir ce fichier aujourd’hui. Trois scénarios sont possibles : 1) vous n’avez pas de lecteur de disquette, 2) vous avez un lecteur de disquette, mais il ne fonctionne plus, ou 3) vous n’avez pas le logiciel nécessaire pour ouvrir le fichier en WordPerfect. Maintenant, imaginez cela à une échelle bien plus grande, soit des milliers de types de fichiers créés par des fonctionnaires du gouvernement fédéral, de simples citoyens canadiens, des éditeurs, etc., qui ont été sauvegardés sur une multitude de types de systèmes, disquettes et ordinateurs.

Photographie en couleur d’une enveloppe contenant divers types de disquettes.

Disquettes de la collection Patrimoine publié.

C’est le lot quotidien de BAC.

Les collections numériques sont vulnérables par nature à la dégradation et à la décomposition, à un rythme bien plus rapide que le papier. Pour garantir que le matériel durera des centaines d’années, les spécialistes de la préservation numérique doivent surveiller le matériel numérique utilisé et intervenir pour prévenir les pertes. Ils surveillent les types de formats de fichier qu’utilisent les gens (PDF ou WPD, par exemple), planifient en vue des changements de technologie et créent de multiples copies qui sont sauvegardées dans des chambres fortes à température ambiante contrôlée. Nous vérifions également que le contenu des fichiers n’a pas changé au fil du temps. Étant donné la rapidité des changements technologiques, nous devons toujours prévoir bien à l’avance afin de prévenir la perte de ces collections précieuses.

Photographie en couleur d’un tiroir de classeur contenant des centaines de boîtiers de CD.

Un petit échantillon de la collection de musique sur CD, qui compte plus de 70 000 titres.

Pour BAC, la croisée des chemins numériques a lieu maintenant. Nous vivons dans une ère où la taille des collections numériques dépasse celle des collections analogiques. Un inventaire récent de notre matériel numérique a révélé que nous avions une collection vaste et variée, tant en ligne que sur des supports matériels tels que des disquettes, des CD et des DVD. Cet inventaire nous a aussi appris que le nombre de copies numériques de thèses universitaires détenues par BAC est similaire à celui des copies analogiques, bien que nous n’ayons commencé à acquérir ces thèses en formats numériques PDF qu’en 1998. Depuis 2014, BAC acquiert ces thèses seulement en format numérique. Les publications fédérales officielles sont également principalement en format numérique, puisque la réglementation gouvernementale sur la publication n’autorise que les formats en ligne depuis 2013. De plus, pour la première fois dans toute son histoire, BAC a reçu en don une collection privée formée à 90 % de fichiers en format numérique.

La division des archives numériques au Centre de préservation sert de dépôt central pour les collections numériques de BAC. Nous préservons à l’heure actuelle plus de cinq (5) pétaoctets de matériel numérique, composé principalement de matériel audiovisuel, des Archives du Web du gouvernement du Canada, et de copies numérisées de dossiers papier. Si l’on empilait des DVD équivalent à cinq pétaoctets de données, ils formeraient une tour de 1 338 mètres de hauteur (4 390 pieds)!

En dépit du travail considérable entrepris pour préserver le contenu numérique aujourd’hui, nous reconnaissons que d’encore plus grands efforts sont nécessaires pour garantir que toutes les collections numériques de BAC soient protégées.
Le 30 novembre 2017 marquera la première Journée internationale de la préservation numérique. En tant que membre de la Digital Preservation Coalition, nous célébrons cette journée en lançant la Stratégie pour un programme de préservation numérique. Cette stratégie décrit les étapes supplémentaires nécessaires pour continuer de préserver les trésors numériques de BAC pour les générations futures et garantir que nous sommes sur la bonne voie.

Photographie en couleur d’une longue étagère blanche contenant des milliers de bandes magnétiques sur la gauche et d’éléments de stockage à haute densité à droite.

Bandes magnétiques au format ouvert de la bibliothèque du patrimoine documentaire numérique, qui sont préservées à la division des archives numériques de BAC au Centre de préservation.


Faye Lemay est gestionnaire de la préservation numérique à la Direction générale des opérations numériques et de la préservation de Bibliothèque et Archives Canada.

Lire sur le thème du hockey au Musée canadien de l’histoire

Par Jennifer Anderson

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) n’est pas qu’une institution qui abrite des « trucs », c’est également le lieu de travail d’éminents spécialistes de l’histoire et de la culture canadiennes. Pendant son affectation au Musée canadien de l’histoire (MCH) dans le cadre du protocole d’entente Échanges Canada, Jennifer Anderson, archiviste de BAC, a été co-conservatrice de la populaire exposition « Hockey ». Pendant les recherches préparatoires de l’exposition, Jennifer Anderson a consulté des employés et des spécialistes de BAC dans l’ensemble du pays. BAC a également prêté 30 artéfacts au musée dans le cadre de cette exposition et offert des versions numériques d’images que l’institution conserve normalement dans ses chambres fortes.

Admirez les résultats de ce beau travail d’équipe! L’exposition, qui s’est tenue à Gatineau du 10 mars au 9 octobre 2017, ouvrira de nouveau ses portes à Montréal le 24 novembre 2017 (le jour du centenaire de la LNH) à Pointe-à-Callière, avant de continuer sa tournée d’un océan à l’autre.

« Hockey » ou l’exposition qui a vu le jour grâce à un livre…

… ou deux… ou plusieurs centaines. Des biographies, des autobiographies, des récits, des bandes dessinées et des romans jeunesse… Oui, on les a lus également! Ainsi que tous les articles de journaux ou de magazines que nous avons pu trouver.

Les membres de l’équipe de l’exposition ont échangé des livres comme les partisans troquent des cartes de hockey!

Ces livres nous ont émus, nous ont portés, nous ont mis au défi et même parfois terrifiés. Ils m’ont fait rire, ils m’ont fait pleurer, j’ai pris des notes à leur sujet puis j’ai oublié de le faire, car j’étais trop absorbée par ma lecture. Nous avons lu des textes sur d’importantes personnalités comme Maurice Richard et Pat Burns, sur des joueurs qui ont changé la donne comme Sheldon Kennedy et Jordin Tootoo, ainsi que les observations de Ken Dryden à propos des jeunes qui pratiquent ce sport et leurs familles. L’ouvrage de Jacques Demers sur sa détermination à faire progresser les initiatives d’alphabétisation pour les jeunes nous a grandement inspirés. Nous nous sommes également inspirés des pratiques exemplaires des professeurs, et nous avons donc choisi d’utiliser différentes tailles de police de caractères et d’appliquer le style des cartes de hockey à notre exposition. Notre but : faire de la lecture un jeu et la rendre accessible.

Win, Tie or Wrangle (2008) est l’un des premiers livres que j’ai lus, un récit fascinant de Paul Kitchen sur les débuts des Sénateurs d’Ottawa. Paul Kitchen a fait de nombreuses recherches depuis un bureau à Bibliothèque et Archives Canada et a partagé certaines de ses découvertes dans une exposition virtuelle appelée Regard sur le hockey. Grâce à son livre, nous avons pu retrouver un médaillon peu connu illustrant une partie de shinty, un sport se pratiquant avec une balle et un bâton, qui s’est tenue à Rideau Hall. Grâce aux notes de bas de page de Paul Kitchem, j’ai pu joindre les responsables du Musée Bytown, qui m’ont appris, à ma grande joie, qu’ils seraient ravis de nous prêter l’artéfact dans le cadre de l’exposition. Les conservateurs du MCH ont légèrement poli le médaillon, et nous avons intégré des images de cet objet datant des débuts du hockey dans le catalogue-souvenir de l’exposition.

Photographie en couleur des deux faces d’un médaillon en argent. La première face illustre une partie de shinty en plein air et la deuxième face porte l’inscription « Bytown and New Edinburgh Shintie Club, Dec. 25th 1852 ».

Vues avant et arrière du médaillon en argent du New Edinburgh Shintie Club, 1852, Musée Bytown, A203. Photos du Musée canadien de l’histoire, IMG2016-0253-0001-Dm, IMG2016-0253-0001-Dm.

Paul Kitchen serait sûrement le premier à admettre que tout projet de recherche ressemble à un véritable sport d’équipe, nos membres de l’équipe de l’exposition sont d’ailleurs entrés en contact avec de nombreux spécialistes qui avaient collaboré avec M. Kitchen auparavant ou qui l’avaient pris pour modèle. À BAC, Normand Laplante, Andrew Ross, et Dalton Campbell ont repris le flambeau de l’histoire du sport, et leurs travaux d’archivage nous ont permis d’explorer les collections de BAC afin de trouver des objets pour l’exposition. Le MCH regorge d’experts en hockey, mais Jenny Ellison est leur « capitaine ». L’équipe a fait appel aux services de Joe Pelletier pour le poste d’adjoint à la recherche, ce dernier devait trouver des images et détails inédits (en anglais seulement) dans la continuité du travail qu’il avait déjà réalisé à titre bénévole. Les chercheurs et les conservateurs dans le domaine du hockey des quatre coins du pays nous ont fait parvenir des artéfacts, des images et des renseignements.

Le prêt d’objets originaux joue un rôle important dans la diffusion de toute collection. BAC a prêté trente artéfacts au MCH pour cette exposition en particulier. L’agente des prêts et des expositions de BAC a confié avoir été particulièrement touchée par l’intérêt de notre équipe pour le livre Le Chandail de hockey de Roch Carrier (aujourd’hui un film d’animation populaire). Elle a tout récemment retrouvé ce livre qu’elle aimait beaucoup et qui lui avait été offert par l’un de ses meilleurs amis quand elle était enfant. Depuis, elle l’a fait découvrir à ses propres enfants et aime leur raconter ses souvenirs d’enfance liés à cette histoire populaire sur le hockey.

Couverture de livre illustrée en couleur représentant des garçons habillés comme Maurice Richard qui se préparent pour une partie de hockey.

Le Chandail de hockey de Roch Carrier, illustré par Sheldon Cohen. Reproduit avec l’aimable autorisation de Tundra Books, une division de Penguin Random House Canada Limited (AMICUS 4685355)

Carolyn Cook, conservatrice à BAC, était enchantée que le portrait de Cassie Campbell réalisé par Bryan Adam fasse partie de l’exposition. Ce portrait a été pris dans le cadre d’une série de portraits réalisés par Bryan Adams pour Made in Canada, un recueil de photographies de Canadiennes célèbres dont les fonds vont à la recherche sur le cancer du sein. « Cassie Campbell est une icône mondiale du hockey féminin », précise Carolyn Cook. « Ses exploits sur la glace ont ouvert la voie à la génération suivante de filles qui débutaient dans le milieu, et c’est également la première femme à être devenue analyste pour l’émission “La Soirée du hockey”, elle a réussi à briser le plafond de verre. Ce portrait d’elle en plan rapproché respire la force, le contrôle et la détermination, des qualités qui ont grandement contribué à son succès. » [traduction]

Au début de notre recherche, le livre de Richard Wagamese, Indian Horse, a touché une corde sensible et a eu une résonance particulière au sein de l’équipe. Le livre sur la pratique du hockey dans les communautés autochtones de Michael Robidoux, Stickhandling Through the Margins, nous a convaincu de réserver une place à part entière à la voie autochtone dans le hockey, que ce soit les débuts du leadership de Thomas Green ou les œuvres d’art de Jim Logan qui alimentent le débat sur le rôle du hockey dans la société.

S’inspirant du livre de Carly Adams, Queens of the Ice, le musée a fait l’acquisition d’une pièce rare, un chandail de hockey d’Hilda Ranscombe, et l’a exposée. Nous avons également lu attentivement les notes de bas de page du livre Nos Glorieuses de Lynda Baril, ce qui nous a permis d’obtenir de nombreux artéfacts de premier plan qui appartenaient toujours à des collections privées, notamment un trophée remis à Berthe Lapierre des Canadiennes de Montréal dans les années 1930. Enfin, lorsque nous avons lu qu’Hayley Wickenheiser patinait dans les fossés de drainage le long de la route pour aller à l’école, développant ainsi la musculature qui a fait d’elle une championne sur la glace comme dans la vie, nous avons décidé de présenter son histoire plus près du centre de l’exposition.

Certains de nos livres favoris ont été directement exposés dans les vitrines du musée afin qu’ils puissent raconter leurs propres histoires.

Par exemple, pour le volet de l’exposition soulignant le rôle de l’équipe qui soutient l’équipe en coulisse, nous avons mis le livre The Hockey Handbook de Lloyd Percival à un endroit central de la vitrine. Nous avons été fortement influencés par la biographie de Lloyd Percival récemment publiée par Gary Mossman, et j’ai été particulièrement fascinée par le profond impact du livre de Lloyd Percival sur les joueurs et les entraîneurs et la manière dont ils ont abordé le hockey par la suite. Imaginez qu’à une époque les joueurs mangeaient plus de viande rouge et buvaient de la bière la veille d’un match au lieu de manger des yogourts et des fruits frais comme le recommandait Lloyd Percival! Et c’était il n’y a pas si longtemps! Le livre aurait vraisemblablement était repris par un entraîneur de hockey soviétique, Anatoli Tarasov, et l’on a pu observer des améliorations sur la glace en 1972. Lloyd Percival a également développé une approche intéressante sur l’épuisement professionnel qu’il appelait « stagnation » [traduction] — une théorie qui peut s’appliquer aux joueurs de hockey ou à d’autres disciplines sportives.

Stephen Smith, auteur de Puckstruck, a prêté au musée des livres de recettes de collection amusants et publiés par les équipes, qui témoignent de la rencontre entre la culture populaire des supporteurs et le rôle rationnel et concret que joue la nutrition dans les sports de haut niveau.

Le Musée du Manitoba a prêté des signets que les Jets de Winnipeg ont distribués à des écoliers, portant tous un message personnel d’un joueur de hockey sur l’importance des livres au quotidien. Ces signets ont été exposés à côté des romans et des bandes dessinées sur le hockey prêtés par BAC.

Nous nous sommes demandé comment aborder les sujets délicats comme les pénalités, la violence et les polémiques. Puis l’approche la plus naturelle s’est imposée à nous : laissons les livres et les articles de journaux raconter les histoires! Ainsi, vous trouverez à côté d’un chandail officiel, notre recommandation de lecture sur les hauts et les bas de la vie d’un arbitre : The Final Call: Hockey Stories from a Legend in Stripes de Kerry Fraser. Dans la section consacrée à la tribune des journalistes, le visiteur a un aperçu de la manière dont les journalistes ont marqué le hockey. Près d’une machine à écrire, d’un ancien ordinateur et de l’appareil photo de Frank Lennon, nous avons mis le livre de Russ Conway : Game Misconduct: Alan Eagleson and the Corruption of Hockey.

Pour montrer l’importance de la littérature jeunesse, nous avons sélectionné avec soin les livres dont nous avons vérifié la lisibilité.

Couverture de livre représentant un homme en train de marcher dans un aréna et qui porte un grand sac de sport rouge et un bâton de hockey.

C’est la faute à Ovechkin de Luc Gélinas, Éditions Hurtubise inc., 2012 (AMICUS 40717662)

Couverture de livre montrant une enfant portant un uniforme jaune et noir qui joue au hockey et qui court après une rondelle.

La Fabuleuse saison d’Abby Hoffman d’Alain M. Bergeron, Soulières, 2012 (AMICUS 40395119)

Couverture de livre dont l’illustration abstraite intègre un bâton de hockey.

Hockeyeurs cybernétiques de Denis Côté, Éditions Paulines, 1983 (AMICUS 3970428)

Les livres sont devenus le fil conducteur de l’exposition de manière plus ou moins importante. Un grand merci à tous les bibliothécaires qui nous ont aidés à obtenir tous ces livres! J’en demande peut-être trop, mais j’espère que cette exposition et ce blogue vous donneront envie de lire l’un de ces livres, de visiter une bibliothèque, et d’apprécier ce sport autant que nous.

Jenny Ellison et moi-même souhaitons insuffler un nouvel élan en matière de lecture au sujet de ce sport. À cette fin, nous préparons un ouvrage inédit sur le hockey qui devrait paraître en 2018 (Hockey : Au-delà du sport national — Challenging Canada’s Game). Soyez à l’affût!

Quel est votre livre préféré sur le hockey?


Jennifer Anderson a collaboré à l’exposition « Hockey » du Musée canadien de l’histoire. Actuellement, elle exerce le métier d’archiviste à la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

 

Conservatrice invitée : Jill Delaney

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Temples of Today, John Vanderpant, vers 1934

Photographie noir et blanc d’un silo à grains; de hautes tours circulaires se dressent devant un immeuble rectangulaire encore plus haut.

Temples of Today, John Vanderpant, 1934. (MIKAN 3784205)

Pour le photographe John Vanderpant, les silos à grains du Canada n’étaient rien de moins que des temples. Ils s’inscrivaient dans sa vision utopique du pays, dont l’avenir reposait sur le commerce et l’industrie.


Parlez‑nous de vous.

Je travaille à BAC depuis presque 20 ans! Mon travail à la Section de la photographie est aussi diversifié que les collections elles‑mêmes, et le temps a filé incroyablement vite depuis mon arrivée.

J’ai une formation en histoire de l’art, mais je me suis toujours intéressée au contexte de l’œuvre, et non seulement à ses qualités esthétiques. En étudiant le contexte social, culturel et historique d’une photo, on peut saisir sa raison d’être. Pourquoi telle photo a-t-elle été prise? Qui l’a demandée?  Comment a-t-elle été diffusée par la suite? Toutes ces questions me fascinent. J’imagine que ça explique pourquoi je suis devenue archiviste : parce que les notions de contexte et de provenance sont à la base de toute collection d’archives.

Les photos anciennes de notre collection m’obligent à jouer au détective, ce que j’adore, tout comme ma collaboration avec des photographes contemporains pour trouver les motivations derrière la création d’une œuvre.

J’ai écrit et j’ai fait des exposés sur plusieurs photographes et collections de BAC. J’ai entre autres étudié les photos prises par John Vanderpant et Yousuf Karsh lors de leurs voyages au Canada, dans les années 1930 et au début des années 1950. Ces voyages m’intriguent vraiment. Encore aujourd’hui, ils me font penser à un rite de passage canadien; ils sont aussi très représentatifs de la notion toujours changeante d’identité canadienne.

Y a‑t‑il autre chose que, selon vous, les Canadiens devraient savoir à propos de cet élément?

L’œuvre de John Vanderpant, étudiée par plusieurs historiens de l’art depuis 30 ou 40 ans, a gagné en prestige. Et maintenant, le fonds John Vanderpant est l’un des plus importants fonds photographiques de BAC. Sa photo « Temples of Today » a été prise vers 1934 dans le secteur du port de Vancouver. Vanderpant était l’un des grands photographes pictorialistes du Canada; il pratiquait ce qu’on appelle la photographie pure (c’est-à-dire sans retouches). Sa série de photos sur des silos à grains de Vancouver est devenue emblématique.

John Vanderpant a quitté la Hollande pour s’établir au Canada en 1911. À ses yeux comme à ceux des autres Européens d’alors, notre pays était une vaste étendue sauvage. À l’époque où il a pris la photo « Temples of Today », en 1934, il croyait que l’énorme potentiel du Canada et toutes ses ressources inexploitées en feraient une grande puissance industrielle. Et il n’était pas le seul à penser ainsi : l’entre‑deux‑guerres a été marqué par une forte expansion urbaine et industrielle au pays.

Au fil du temps, Vanderpant a délaissé les effets de peinture et le flou artistique propres au pictorialisme au profit de la photographie pure, non retouchée. La photo « Temples of Today » en est un exemple éloquent. Le style de l’œuvre reflète une esthétique moderne et dépouillée; et, tout aussi important, le sujet devient représentatif d’une profonde conviction, celle que l’avenir serait dominé par la vie urbaine et industrielle.

« Temples of Today » met délibérément de côté la beauté, et insiste plutôt sur le caractère imposant des silos émergeant de l’ombre vers la pleine lumière. Au premier plan, les poteaux électriques viennent rappeler le concept des industries. La photo illustre à merveille l’émergence d’une philosophie populaire selon laquelle l’industrialisation permet la progression naturelle de l’humanité. Vanderpant souscrivait fermement à cette idée, et a écrit des articles et donné maintes conférences sur la question.

Mais Vanderpant, comme tant d’autres Canadiens à l’époque, envisageait le futur en faisant complètement abstraction des peuples autochtones. Il voyait le Canada comme une sorte de terra nullius, une terre inoccupée prête à être exploitée et mise en valeur au gré de la colonisation. Ses photos sont aujourd’hui reconnues, car elles témoignent à merveille d’un aspect de la vie canadienne jusqu’alors jugé inintéressant. Toutefois, elles ignorent complètement l’importance des premiers habitants du pays.

Parlez‑nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

C’est très intéressant de comparer les idées que Vanderpant se faisait du Canada à celles du photographe allemand Felix Man, qui a visité notre pays au moment où la photo « Temples of Today » a été prise.

Man est un pionnier du photojournalisme et de l’essai photographique. En 1933, il a parcouru le Canada pendant six mois à la demande du magazine allemand Berliner Illustrirte. Sa mission : visiter le Canada et en photographier les choses les plus importantes. En 1985, BAC a acquis environ 200 photos de Felix Man pour documenter la façon dont les Européens percevaient le Canada pendant l’entre‑deux‑guerres. Tout comme Vanderpant, Man a été renversé et inspiré par l’étendue du pays. Il l’a sillonné de long en large, particulièrement charmé par les Prairies et les régions du Nord, allant jusqu’à Churchill (au Manitoba) et au Grand lac de l’Ours, dans les Territoires du Nord‑Ouest.

Toutefois, à bien des égards, la perception qu’avait Man du Canada différait beaucoup de celle de Vanderpant, même si les deux hommes partageaient une perspective romantique de notre pays.

Ainsi, Vanderpant dépeignait de façon romancée un futur Canada industrialisé et urbain, alors que Man, d’une façon typiquement européenne, voyait plutôt un Canada figé dans un passé idéalisé. Il faut dire que Man avait été très influencé par son compatriote allemand Karl May, un auteur connu pour n’avoir visité l’Amérique du Nord qu’après la publication de ses livres, et dont les récits fantaisistes et idéalisés à propos des « nobles Sauvages » sont encore populaires de nos jours, tant en Europe centrale que de l’Ouest. Les photos de Man dépeignent clairement cette vision du Canada.

De plus, alors que les œuvres de Vanderpant mettent l’accent sur le développement du Canada, celles de Man, comme l’a souligné l’historienne de la photographie Joan Schwartz, font largement abstraction du Canada urbain. Sa caméra s’est plutôt attardée ailleurs, par exemple sur les immenses étendues de neige et de glace autour de Churchill, en hiver; ou encore sur les « Banff Indian Days », une populaire attraction touristique lors de laquelle les Autochtones, moyennant rétribution, portaient des costumes traditionnels, construisaient des wigwams et démontraient leurs talents de chasseur et de cavalier.

Femme à cheval, tenant une petite fille à ses côtés. La femme porte une tunique unie avec une ceinture à motif; ses cheveux tressés sont ornés d’une coiffe de plumes.

« Une femme et un enfant indiens » [traduction de la légende originale], Felix Man; photo prise pendant les « Banff Indian Days, Banff (Alberta), 1933. (MIKAN 3333566)

Nous en avons un excellent exemple avec sa photo d’une femme et d’une fillette autochtones à cheval. La femme, qui porte une coiffe de plumes élaborée (très rarement utilisée dans les faits), se penche pour enlacer la jeune enfant. L’œuvre, au fini granuleux, symbolise la Madone et l’enfant : toutes les qualités sont réunies pour construire un récit stéréotypé et généralisé, laissant croire que les peuples autochtones du XXe siècle avaient encore un mode de vie traditionnel. Il faut savoir que les images des « Banff Indian Days » étaient très populaires auprès de la presse européenne.

Cette exclusion des Autochtones – ignorés dans l’œuvre de Vanderpant sur le Canada industrialisé et urbain, relégués à un passé mythique dans l’œuvre de Felix Man – trouve un écho dans d’autres photos de l’exposition Canada : Qui sommes-nous? : celles du photographe iroquois Jeff Thomas.

À l’aide de figurines photographiées dans divers décors (ici, devant les édifices du Parlement, ou devant un wagon de chemin de fer arborant le mot « Canada »), Thomas cherche à réintroduire les peuples autochtones dans la trame du Canada contemporain et passé. Ses photos soulèvent d’importantes interrogations sur le rôle que les peuples autochtones ont joué dans la construction du chemin de fer et de la nation‑État qu’est le Canada. Quant à ses figurines, elles jouent sur les stéréotypes perpétués par des photographes comme Man, et témoignent de l’omission des peuples autochtones dans les récits sur le Canada d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

À première vue, il n’existe pas de lien entre la photo de Vanderpant et celle de Man présentées plus haut. Mais chacune reflète une vision stéréotypée du Canada, et lorsqu’on s’intéresse à leur contexte historique et à celui de leur création, on peut mieux les comprendre et comprendre le passé et le présent de notre pays.

Figurine d’un membre des Premières Nations placée devant un train. On voit l’inscription « Canada » et des graffitis sur le côté d’un wagon à grains.

Fête du Canada 2005, Brandon (Manitoba), au Canada, tiré de la série « The Delegate on Tour » (le « délégué » en tournée) par Jeff Thomas (MIKAN 4171016) ©Jeff Thomas

Figurine d’Autochtone sur la rive opposée à la Colline du Parlement.

Colline parlementaire, Ottawa (Ontario), 2007. Photo tirée de la série « The Delegate on Tour » (le « délégué » en tournée), Jeff Thomas. (MIKAN 3932081) ©Jeff Thomas

Biographie

L’archiviste Jill Delaney travaille à la Direction générale des archives privées, où elle est chargée de l’acquisition des photographies à la Section des archives visuelles, sonores et du paysage. Elle a également œuvré à la Section des documents sur l’architecture. Titulaire d’une maîtrise en études canadiennes de l’Université Carleton (1991) et d’un doctorat en histoire et en théorie de l’art et de l’architecture de la State University of New York à Binghamton (1997), elle s’est jointe à BAC en 1998 à titre d’archiviste des documents photographiques.

Images de raquettes maintenant sur Flickr

Les raquettes distribuent le poids d’une personne sur la neige. Cela lui permet de marcher sur celle-ci sans s’enfoncer profondément.

Photographie en noir et blanc d’une femme des Premières Nations non identifiée qui est assise sur une chaise et travaille sur le lacis d’une grande raquette ronde.

Femme autochtone fabriquant des raquettes, Pointe-Bleue (Québec) (MIKAN 3367092)

Les raquettes traditionnelles sont composées d’un cadre en bois avec lacis et de bandes de cuir pour les harnais. Les équivalents modernes sont faits de métal ou de matériaux synthétiques, mais leur conception est similaire à celle des modèles antérieurs. En Amérique du Nord, les anciennes raquettes sont utilisées partout où la neige tombe fréquemment. Leur forme et leur taille varient selon l’endroit. Il existe des raquettes rondes, triangulaires, ovales et très longues. Chaque type de raquettes est conçu pour différentes sortes de neige, qu’elle soit poudreuse, fondante ou glacée. Les Premières Nations et les communautés inuites sont reconnues pour leur fabrication et leur utilisation de raquettes.

Photographie en noir et blanc montrant six types de longues raquettes composées de divers matériaux et styles de lacis.

Types de raquettes (MIKAN 3401671)

Photographie en noir et blanc montrant six types de raquettes rondes et ovales composées de divers matériaux et styles de lacis.

Types de raquettes (MIKAN 3401670)

Les colons européens ont rapidement adopté les raquettes pour voyager et chasser, ainsi qu’à des fins militaires. Il y a des clubs de raquette au Canada pour le sport et les loisirs depuis le milieu des années 1800. Ils ont permis à cette invention unique des Autochtones de devenir un élément immuable au sein de la société canadienne.

Photographie en noir et blanc de 13 enfants et de leur enseignant posant avec leurs raquettes sur la plateforme d’une voiture de transport scolaire de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada.

Voiture de transport scolaire de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, Capreol (Ontario) (MIKAN 3381288)

Visitez l’album Flickr maintenant!

Lieutenant-colonel Harcus Strachan, VC

Par Emily Monks-Leeson

Cette semaine, dans son blogue, Bibliothèque et Archives Canada rend hommage au lieutenant-colonel Harcus Strachan, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses actions pendant la Première Guerre mondiale, lors de la bataille de Cambrai qui se déroulait en ce jour il y a 100 ans.

Photographie en noir et blanc d’un officier assis qui porte un couvre-chef et tout l’équipement d’un officier.

Lieutenant Harcus Strachan, VC, sans date (MIKAN 3221434)

Né à Borrowstounness, en Écosse, en 1887, Harcus Strachan immigre au Canada en 1908. En 1915, il s’enrôle dans le régiment Fort Garry Horse, basé à Winnipeg, au Manitoba, où il est élevé au grade de lieutenant. Le 20 novembre 1917, il prend le commandement d’un escadron à cheval du régiment Fort Garry Horse à Masnières, en France. Lorsque le chef de l’escadron est tué, le lieutenant Strachan dirige l’escadron pour franchir les positions de mitrailleuses allemandes. Selon sa citation :

« Il mène une charge contre la batterie ennemie, tuant sept des artilleurs avec son épée. [Puis, il coupe les lignes téléphoniques 3 kilomètres derrière les lignes allemandes, et] il rassemble ses hommes et lutte pour retraverser la ligne ennemie, ramenant en lieu sûr tous les hommes non blessés, en plus de 15 prisonniers. [Cette opération] n’a été rendue possible que grâce à cet acte de bravoure exceptionnel et au leadership audacieux de cet officier. » [Traduction, Défense nationale]

London Gazette no 30433, 18 décembre 1917 (en anglais)

Photographie en noir et blanc de soldats à cheval traversant un village.

Le lieutenant Strachan, VC, et un escadron du Fort Garry Horse traversant un village au front de Cambrai, décembre 1917 (MIKAN 3405685)

Un rapport tapé à la machine relatant les événements de la journée.

Journal de guerre du Fort Garry Horse, 20 novembre 1917, page 2 du rapport du lieutenant Strachan (MIKAN 2004724)

Le lieutenant-colonel Strachan est promu capitaine et le roi George V lui remet la Croix de Victoria le 6 janvier 1918. Pour souligner l’anniversaire de la remise de la Croix de Victoria à Harcus Strachan, les « Garrys » (surnom donné aux membres du régiment Fort Garry Horse) tiennent un défilé chaque année. Strachan survit à la guerre et dirige, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le 1er bataillon des fusiliers d’Edmonton. Il meurt à Vancouver le 1er mai 1982. Récemment, il a été honoré par la mise en place d’une plaque historique sur les berges du lac Harcus Strachan, à 250 kilomètres à l’est de Thompson, au Manitoba.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du Lieutenant-colonel Harcus Strachan dans la base de donnés des Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.