Le raid sur Dieppe (France), le 19 août 1942

Par Alex Comber

Avertissement : Cet article contient des images qui pourraient heurter la sensibilité de certains lecteurs; nous préférons vous en avertir.

Il y a exactement 75 ans aujourd’hui, des soldats canadiens débarquaient en France, sur des côtes hostiles, afin de mener une opération de reconnaissance en force. Malgré une préparation minutieuse, une importante flotte de soutien et l’appui d’escadrons aériens, le débarquement fut un échec.

Photo noir et blanc de cadavres de soldats, d’une péniche de débarquement en feu et de chars d’assaut Churchill endommagés sur une plage de galets.

Cadavres de soldats canadiens gisant près d’une péniche de débarquement endommagée et de chars d’assaut Churchill du Régiment de Calgary, après l’opération Jubilee, 19 août 1942 (MIKAN 3628496)

Opération Jubilee : tel était le nom de code adopté pour le raid sur la ville de Dieppe, un port de mer occupé par l’ennemi près du Havre, en France. Le plan était le suivant : une imposante flotte, composée de péniches de débarquement et d’autres navires, devait quitter l’Angleterre en pleine nuit et naviguer jusqu’à Dieppe pour y débarquer des soldats sur les côtes, au petit matin du 19 août. En détruisant les fortifications du port, on voulait évaluer la solidité des défenses sur le mur de l’Atlantique imaginé par Hitler. L’opération visait aussi d’autres objectifs, dont l’attaque d’une station radar et d’un terrain d’aviation allemands à proximité, et la capture de prisonniers pour les interroger. Les troupes retourneraient ensuite vers les péniches de débarquement et quitteraient la France.

Photo noir et blanc d’un exercice de débarquement montrant des soldats quittant une péniche de débarquement et marchant sur la plage en groupes ordonnés.

Fantassins canadiens sortant d’une péniche de débarquement en Angleterre durant un exercice préparatoire en vue de l’opération Jubilee (le raid sur Dieppe), France, août 1942 (MIKAN 3628508)

L’attaque principale est menée par les unités de la 2e Division d’infanterie canadienne. Elles sont accompagnées des British Royal Marines et de commandos chargés de missions spéciales, telles que neutraliser l’artillerie allemande pour l’empêcher de tirer sur les unités navales et les péniches de débarquement.

Photo couleur du major général J. H. Roberts en uniforme, examinant des documents sur le capot d’une voiture d’état-major.

Le major général J. H. Roberts, qui commandait la 2e Division d’infanterie canadienne au moment de l’opération Jubilee. La censure militaire a effacé de cette photo tous les signes pouvant permettre d’identifier une unité. (MIKAN 4232358)

Pour aider à vaincre les défenses allemandes et soutenir les bataillons d’infanterie dans l’accomplissement de leur mission, le plan comptait sur l’appui des chars d’assaut Churchill du 14Régiment blindé (Régiment de Calgary), transportés par plusieurs des nouvelles péniches de débarquement. Des escadrilles d’avions de chasse et de bombardiers, accompagnés d’une imposante flotte de plus de 230 navires, viendraient aussi en renfort. Ensemble, les attaques aériennes et les bombardements navals devaient mettre en déroute les Allemands.

Photo noir et blanc d’un groupe d’officiers de la force aérienne posant devant un avion de chasse Hawker Hurricane.

Groupe de pilotes avant le raid sur Dieppe (MIKAN 3592320)

Mais la mission éprouve des problèmes dès que les péniches s’approchent de la plage. Les formidables défenses allemandes n’ont pas été détruites par les bombardements préparatoires, et l’ennemi a été averti par ses services de renseignement de se préparer à une attaque. Dans les casemates, les mitrailleuses balaient la plage de leurs tirs dévastateurs; quelques rares unités canadiennes réussissent à progresser à l’intérieur des terres, au-delà des falaises, dans la ville ou vers d’autres objectifs. Les soldats s’abritent comme ils le peuvent en attendant d’être évacués. Les coûts matériels du raid sur Dieppe s’élèvent à 29 chars d’assaut détruits, 33 péniches de débarquement abandonnées ou détruites, un destroyer britannique coulé et plus d’une centaine d’avions de la Royal Air Force et de l’Aviation royale canadienne descendus, dont plusieurs membres d’équipage sont tués.

Photo noir et blanc de soldats, dont certains sont blessés ou portent des uniformes déchirés.

Soldats ayant participé à l’opération Jubilee (le raid sur Dieppe) de retour en Angleterre, 19 août 1942 (MIKAN 3628504)

Les historiens ne s’entendent toujours pas sur les raisons qui ont motivé le haut commandement allié à approuver cette entreprise à haut risque. L’échec de l’attaque, imputable à diverses raisons, a eu de dures répercussions partout au Canada. Sur près de 5 000 soldats canadiens, on compte plus de 900 morts, près de 2 000 prisonniers et plusieurs blessés. Le 19 août 1942 demeure le jour le plus meurtrier pour l’armée canadienne au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Photo noir et blanc de soldats canadiens capturés, marchant en rang dans une ville sous la surveillance de soldats allemands.

Soldats canadiens capturés (MIKAN 3628516)

Les nouvelles à propos du raid sur Dieppe se propagent rapidement. Le ministère de la Défense nationale avertit les proches parents des soldats qui ne sont pas revenus avec la force navale. À mesure que les survivants font circuler l’information sur les soldats manquants, les familles attendent avec impatience des nouvelles des leurs. Les nombreuses demandes adressées au comité international de la Croix-Rouge amènent l’organisme à dresser des listes de soldats décédés dont les corps ont été retrouvés et enterrés, et des listes de prisonniers dans les camps allemands. Un exemple poignant témoigne de cette tragédie : la mort des fils jumeaux d’Alice Montgomery, Arthur et Ralph, de Brighton, en Ontario. Les deux frères servaient dans le 1er Bataillon du Régiment royal du Canada. Le jour du raid, Arthur a été tué sur la Plage bleue, du village de Puys. Deux jours plus tard, Ralph a succombé à ses blessures en Angleterre.

Photo couleur d’un groupe assistant à une cérémonie au cimetière militaire canadien de Dieppe, en France; à l’avant-plan, des rangées de croix temporaires marquent les sépultures.

Cimetière militaire canadien de Dieppe, septembre 1944 (MIKAN 4233242)

La plupart des soldats canadiens morts le 19 août 1942 sont inhumés au cimetière militaire canadien de Dieppe, à Hautot-sur-Mer. Le lieu est unique, car la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth (la Commonwealth War Graves Commission) y a conservé l’aménagement typique des cimetières de guerre allemands, avec ses pierres tombales placées dos à dos en doubles rangées. Cette photo montre le cimetière au début de septembre 1944, après la libération de la région. On y voit des unités de la 2e Division d’infanterie canadienne, décimée durant le raid sur Dieppe, y tenir une cérémonie à la mémoire des camarades tombés au combat.

Sources relatives au raid sur Dieppe conservées à Bibliothèque et Archives Canada

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède de nombreux documents concernant le raid sur Dieppe. Outre les photos du ministère de la Défense nationale et de collections privées, on y trouve les journaux de guerre des unités militaires qui ont participé au raid, notamment l’Essex Scottish, le Régiment royal du Canada, le Royal Hamilton Light Infantry, le 14e Régiment blindé (Régiment de Calgary), les Fusiliers Mont-Royal, le South Saskatchewan Regiment et le Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada. BAC conserve aussi les dossiers de tout le personnel des Forces armées canadiennes durant la Deuxième Guerre mondiale, incluant ceux qui sont morts en service.

BAC possède aussi une petite collection de photos acquises de manière inhabituelle, et qui constitue une source d’information très intéressante et peu connue sur Dieppe. Madame Delabarre, une veuve résidente du Havre, en France, a conservé quelques photos de Dieppe que son employeur lui avait données. Ces images montrent des équipements abandonnés et des préparatifs pour enterrer des soldats canadiens. À l’occasion des commémorations du 25e anniversaire du débarquement, en 1967, madame Delabarre a décidé d’en faire don pour aider à raconter l’histoire de Dieppe aux Canadiens. Elle les a envoyées à un représentant de l’armée canadienne, le major général Roger Rowley, qui les a confiées à la Direction de l’histoire du ministère de la Défense nationale. Des années plus tard, les photos ont été transférées aux Archives nationales et font maintenant partie de la collection de BAC. Comparativement aux photos de l’armée allemande, ces images (dont deux apparaissent ci-dessous) offrent un point de vue différent pour documenter l’échec de l’opération.

La première photo montre Buttercup, un char d’assaut Churchill Mk. 3 de l’escadron B du 14e Régiment blindé (Régiment de Calgary), abandonné sur la plage.

Photo noir et blanc de chars d’assaut neutralisés ou abandonnés sur la plage à Dieppe. Un des chars porte l’inscription Buttercup peinte sur le côté, parmi d’autres marques d’identification.

Chars d’assaut Churchill, dont le Buttercup, abandonnés sur la plage à Dieppe, août 1942 (MIKAN 4969643)

Certaines des photos de madame Delabarre, comme d’autres prises par les photographes de l’armée allemande, montrent des soldats canadiens morts sur la plage, au pied des falaises et dans les navires échoués. Bien que difficiles à regarder, elles constituent d’importants documents d’archives qui témoignent de l’événement. Par exemple, cette deuxième photo documente une réalité peu connue des conséquences du raid sur Dieppe. Au lieu de montrer des militaires allemands inspectant les véhicules et les péniches de débarquement abandonnés ou regardant des soldats alliés blessés ou tués, elle montre des groupes de civils déplaçant et préparant des corps pour les enterrer, s’acquittant de cette macabre tâche dans une péniche de débarquement.

Photo noir et blanc de civils s’occupant des dépouilles de soldats morts dans une péniche de débarquement échouée sur la plage.

Civils s’employant à récupérer les corps de soldats tués durant le raid sur Dieppe et à les préparer pour leur enterrement (MIKAN 4969646)


Alex Comber est archiviste (archives militaires) à la Division des archives gouvernementales de Bibliothèque et Archives Canada.

75e anniversaire du Service féminin de la Marine royale du Canada

Laura Brown

Il y a soixante-quinze ans aujourd’hui naissait le Service féminin de la Marine royale du Canada (Women’s Royal Canadian Naval Service, WRCNS). Établi le 31 juillet 1942, le WRCNS est le dernier des trois services à ouvrir ses portes aux femmes pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Division féminine de l’Aviation royale du Canada et le Service féminin de l’Armée canadienne ayant vu le jour un an plus tôt. Les femmes servant dans le WRCNS étaient communément appelées « Wrens », surnom qu’utilisaient leurs homologues britanniques du Service féminin de la Marine royale (Women’s Royal Naval Service, WRNS).

Les femmes qui s’enrôlaient dans la marine canadienne le faisaient en sachant qu’elles ne serviraient pas sur un navire, mais qu’elles s’acquitteraient plutôt à terre de tâches permettant aux hommes de servir en mer. Le recrutement de femmes pour occuper ces postes devenait particulièrement important en raison du nombre croissant de victimes de la bataille de l’Atlantique. Si la première classe de Wrens ne comptait que 67 femmes, le WRCNS en totalisait près de 7 000 à la fin de la guerre.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de recrues du WRCNS souriantes, debout en rangées, les yeux levés vers l’appareil photo. Elles portent l’uniforme d’été et un couvre-chef sur lequel est inscrit « H.M.C.S. » (Her Majesty’s Canadian Ship [Navire canadien de Sa Majesté]).

Recrues du Service féminin de la Marine royale du Canada, NCSM Conestoga, Galt (Ontario), juillet 1943 (MIKAN 3202515)

Les Wrens sont formées à bord de « navires terrestres » portant la désignation « Navire canadien de Sa Majesté ». Par exemple, le NCSM Conestoga, à Galt (maintenant Cambridge), en Ontario, devient le Centre d’instruction élémentaire des Wrens à l’automne 1942. Au nombre des autres centres d’instruction figurent le NCSM Cornwallis, à Halifax (Nouvelle-Écosse), de même que le NCSM Saint-Hyacinthe, à Saint‑Hyacinthe (Québec), lequel accueille l’école des communications. Leur instruction terminée, les recrues occupent des emplois divers allant de celui de cuisinière à celui de commis des postes, en passant par ceux de chauffeuse, de signaleuse visuelle et de traceuse (repérer et suivre la position des navires).

 

Photographie en noir et blanc de l’intérieur d’une salle des cartes bien éclairée montrant un groupe nombreux de femmes et d’hommes au travail. Dans la partie gauche de la salle, des personnes sont assises à des bureaux, tandis que dans la partie droite de la salle, des femmes vêtues d’un uniforme de couleur sombre examinent de grandes cartes fixées aux murs. L’une d’elles, montée sur un escabeau placé près du mur, reporte de l’information sur le haut d’une carte.

Salle des cartes, Opérations, Quartier général du Service naval, Ottawa (Ontario), décembre 1943 (MIKAN 3203640)

Dans un communiqué de la Marine royale du Canada diffusé en août 1943, on mentionne que, si les tâches effectuées par les Wrens ne sont pas toutes prestigieuses, elles sont néanmoins essentielles à la réussite des opérations navales du Canada durant la guerre. Bien que certaines de leurs tâches soient routinières, elles doivent être accomplies efficacement pour bien nourrir le personnel naval et le payer à temps, s’occuper des familles du Service naval, construire les navires et les préparer pour le combat le plus tôt possible, former les hommes pour combattre sur ces navires et faire en sorte que les navires soient en place pour affronter l’ennemi. De nombreuses Wrens travaillant à la cuisine ou occupant un poste secret voient s’ouvrir de nouvelles portes devant elles et tissent de nouvelles amitiés durant leur service. La commandante Isabel MacNeil se prononce dans ce sens à la fin de la guerre, quand le Centre d’instruction élémentaire de Galt ferme. Elle mentionne que la plupart d’entre elles sont étrangères et partent en conservant à jamais le souvenir des nombreuses et bonnes relations qu’elles ont établies.

Photographie en couleurs d’une femme membre du WRCNS qui est assise sur un canon de 16 livres au sommet de Signal Hill. Vêtue d’un uniforme bleu foncé et faisant dos à l’appareil photo, elle contemple les eaux bleues du port de St. John’s en contrebas. La ville ceinturant le port est composée de bâtiments aux tons neutres, et une étendue de basses collines figure à l’arrière-plan. Le ciel bleu pâle occupant le tiers supérieur de la photographie est recouvert d’un voile de minces nuages blancs.

Une Wren à Signal Hill, St. John’s (Terre-Neuve), vers 1942-1945 (MIKAN 450992)

Les membres du WRCNS contribuent grandement à l’effort de guerre, et ce, tant au Canada qu’outre‑mer. Environ 1 000 femmes servent dans le WRCNS à l’étranger durant la guerre, et la moitié d’entre elles sont basées à Terre-Neuve, lieu d’« affectation outre-mer », puisque Terre-Neuve ne se joindra au Canada qu’en 1949.

Photographie en noir et blanc d’Adelaide Sinclair, assise les bras reposant sur le dossier d’une chaise. Vêtue de son uniforme de la Marine royale (veste, blouse blanche, cravate sombre, couvre-chef et gants), elle regarde l’appareil photo et sourit légèrement.

Commandante Adelaide Sinclair, directrice du Service féminin de la Marine royale du Canada, juillet 1944 (MIKAN 3526940)

Bibliothèque et Archives Canada possède une riche collection de documents au sujet du WRCNS, notamment le fonds Adelaide Sinclair, directrice du WRCNS de 1943 à 1946. Elle est récompensée de son service par une nomination, en 1945 : officière de l’Ordre de l’Empire britannique. Consultez les liens ci-dessous pour en savoir plus sur les histoires surprenantes des premiers membres du WRCNS.

Sources connexes

  • Dossiers du personnel de la Deuxième Guerre mondiale (MIKAN 158523).
  • Dépôts centraux des dossiers du Quartier général de la Marine royale du Canada (MIKAN 157647). Cette série du fonds du ministère de la Défense nationale renferme divers documents sur le WRCNS, notamment de l’information sur le recrutement et la dotation.
  • Fonds famille Dobson (MIKAN 106782). Ce fonds est constitué de documents appartenant à une famille ayant beaucoup servi dans le WRCNS pendant la Deuxième Guerre mondiale. Edith Archibald Dobson est l’une des premières femmes à se joindre au WRCNS en août 1942; elle devient capitaine de corvette. Ses filles jumelles, Joan et Anne, s’enrôlent également dans le WRCNS en 1942, et y sont télégraphistes sans fil.
  • Fonds Isabel Janet MacNeill (MIKAN 101945). Membre de longue date du WRCNS, Isabel MacNeill est la première femme du Commonwealth britannique à commander un « navire terrestre ».
  • Fonds Katherine A. Peacock (MIKAN 101865). Katherine Peacock sert dans le WRCNS durant la Deuxième Guerre mondiale et devient ensuite fonctionnaire au gouvernement fédéral.
  • Photos en couleur de soldats canadiens ayant servi durant la Deuxième Guerre mondiale.

Laura Brown est archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

Images des Artistes de guerre Canadien maintenant sur Flickr

Artistes de guerre canadiens réunit les portraits de dix-huit artistes de guerre canadiens de la Deuxième Guerre mondiale. Ces portraits, tirés des collections de Bibliothèque et Archives Canada, sont accompagnés de courtes biographies.

Les archives de la Stelco maintenant acquises

Par Lucie Paquet

Bibliothèque et Archives Canada est fier d’annoncer l’acquisition des archives de la Steel Company of Canada, plus connue sous le nom de la Stelco. Ce fonds d’archives fait maintenant partie de notre patrimoine national. Il comprend plus de cent mètres de documents textuels, des milliers de photographies, des dessins techniques et architecturaux et plus de deux cents pièces de documents sonores et audiovisuels. Le fonds d’archives de la Steel Company of Canada Limited en cours de traitement archivistique documente tous les aspects de l’évolution de l’industrie de l’acier depuis le début de sa mécanisation durant les années 1880 jusqu’aux années 1980.

Photographie noir et blanc montrant un complexe industriel servant à la production et à la transformation de l’acier.

Vue aérienne des usines de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1952 (MIKAN 4915715)

La Steel Company of Canada Limited a été créée en 1910 à la suite de l’amalgamation de cinq compagnies qui avaient auparavant englobé une quarantaine d’autres plus petites, opérant dans différentes régions au Québec et en Ontario : la Hamilton Steel and Iron Company Ltd., la Montreal Rolling Mills Company, la Canada Screw Company, la Dominion Wire Manufacturing Company et la Canada Bolt and Nut Company. Chacune avait sa spécialisation, de la production première d’acier pour l’industrie ferroviaire, agricole et maritime jusqu’aux produits quotidiens de consommation. Ce regroupement en une nouvelle et grande entreprise a permis à l’industrie canadienne de l’acier de faire face à l’imposante concurrence américaine et européenne.

Les livres de comptes, la correspondance, les procès-verbaux des dirigeants de l’entreprise, les brevets d’invention et les photographies relatent d’une façon détaillée le début de cette industrie, son développement et ses difficultés.

Photographie noir et blanc montrant une usine aux abords d’un canal. On y aperçoit en arrière-plan d’autres usines ainsi que les voies ferrées servant au transport des matériaux d’acier.

L’usine d’acier de Saint-Henri, un des départements de la Stelco à Montréal, 17 mai 1946 (MIKAN 4915716)

Le fonds d’archives documente non seulement l’expansion de l’entreprise, mais le développement de plusieurs villes, villages et quartiers entiers.

Photographie noir et blanc montrant en gros plan des hauts fourneaux d’un site industriel.

Les hauts fourneaux de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1948 (MIKAN 4915717)

Des villes comme celle de Hamilton deviennent rapidement de grands centres industriels que l’on surnomme « villes de l’acier ».

Photographie noir et blanc montrant des hommes dans une usine. On peut y apercevoir en arrière-plan un nombre important de travailleurs faisant fonctionner manuellement les premières machines mécaniques.

Vue intérieure des travailleurs d’une des usines de transformation d’acier à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915719)

Au milieu du XXe siècle, les usines attirent de nombreux immigrants et la population des centres urbains double en l’espace de quelques décennies.

Photographie noir et blanc montrant des employés à l’intérieur d’une usine en train d’empaqueter des produits.

Vue intérieure des travailleurs du département de finition et d’empaquetage à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915720)

Les archives de la Stelco témoignent des conditions de travail des hommes et des femmes qui ont passé toute leur vie dans les usines.

Photographie noir et blanc montrant un regroupement de personnes tenant un drapeau orné d’un « V » signifiant Victoire.

Parade des dirigeants et des employés de la Stelco peu après la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945. En avant-plan, on peut apercevoir, entre autres, H.G. Hilton, H.H. Champ, dirigeants de Stelco et un officier militaire (MIKAN 4915722)

La Stelco et ses travailleurs ont assumé d’importantes responsabilités durant les deux grandes guerres en répondant à la demande des gouvernements canadien et britannique en produits militaires. Ils ont contribué dans une certaine mesure à la victoire des alliés.

Mais le succès ne s’arrête pas là. Le développement phénoménal des centres urbains durant les années 1950, de l’immobilier, des ressources énergétiques, des moyens de transport et des produits de consommation divers provoquent une grande demande en acier.

Photographie noir et blanc montrant des travailleurs manœuvrant une machine servant à rouler l’acier et à le transformer en multiples panneaux.

Vue intérieure d’une usine plus moderne des années 1960 permettant de transformer l’acier en rouleaux et en panneaux.(MIKAN 4915723)

On assiste alors à l’élaboration de grands complexes industriels et la mise en place d’un centre de recherche équipé d’une haute technologie qui permet à la Stelco de développer de nouveaux produits d’acier, d’intensifier ses opérations et sa production dans tous les domaines autant résidentiel que commercial.

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Un collage de publicités en couleurs. La première illustration montre différents produits résidentiels, dont un foyer au bois pour le salon, la deuxième montre la fabrication de panneaux d’acier et la troisième montre quelques dessins architecturaux pour la construction de bâtiments.

Collage de trois publicités provenant de la revue Steel in Homes 1967, « Stelco Plate Products » (novembre 1969) et « Expanding the Markets for Stelco Steel » vers 1970. (MIKAN 4915725)

La Steel Company of Canada Limited (Stelco) exporte ses produits partout dans le monde et devient ainsi l’une des plus importantes entreprises d’acier en Amérique du Nord. À titre d’exemple, elle prend part activement au design et à la construction du pavillon de l’acier à Expo 67.

Photographie noir et blanc montrant plusieurs édifices d’architecture moderne.

À l’arrière-plan, le pavillon canadien de l’acier à l’Exposition universelle de Montréal en 1967. Ce pavillon fut construit par les quatre plus grandes entreprises canadiennes de l’acier : Algoma, Stelco, Dofasco et Dosco. Elles ont reproduit en miniature toutes les composantes de la fabrication de l’acier. On peut apercevoir au centre de l’image le pavillon de l’industrie canadienne des pâtes et papiers. (MIKAN 4915727)

Au cours des prochains mois, nous vous ferons connaître l’univers de la Stelco, ses usines, ses dirigeants, ses employés, ses opérations, ses innovations, ses produits, ses difficultés ainsi que ses activités sociales, sportives et culturelles.


Lucie Paquet est archiviste à la Division Science, gouvernance et politique de Bibliothèque et Archives Canada.

Des images du Service féminin de l’Armée canadienne maintenant sur Flickr

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Canadiennes sont appelées à s’engager dans l’armée. Environ 50 000 femmes sont ainsi recrutées, et une majorité d’entre elles servent dans les Forces canadiennes. Le Service féminin de l’Armée canadienne, créé en 1941, se voit confier des tâches très diversifiées. Les femmes s’engagent par patriotisme ou parce qu’elles ont envie de voir le monde, des motivations assez semblables à celles de leurs homologues masculins.

Cependant, ces femmes doivent affronter la méfiance et les brimades, au pays comme à l’étranger. Leur persévérance, associée au besoin important de main-d’œuvre en temps de guerre, leur permet de travailler dans de nombreux champs d’activité, tels que la réparation mécanique et technique, les communications, la rédaction ou la conduite de véhicules. En 1943, le gouvernement canadien et le ministère de la Défense nationale lancent une opération de recrutement et une campagne de relations publiques pour inciter les femmes à contribuer à l’effort de guerre. Avec le temps, les salaires augmentent, et civils et militaires commencent à voir d’un bon œil les femmes engagées dans les forces armées.

Les milliers de femmes qui ont servi leur pays en cette période de guerre ont acquis de nouvelles compétences, de l’assurance, ainsi que le respect et l’appui des Canadiens. Le Service féminin de l’Armée canadienne représentait pour ces femmes une occasion unique d’échapper aux rôles traditionnels qui leur étaient réservés à l’époque.

Soixante-quinzième anniversaire du Service féminin de l’Armée canadienne

Par Laura Brown

Le 13 août 1941, après de nombreux mois de campagnes en tous terrains dans les premiers temps de la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont pu s’enrôler dans l’Armée canadienne. À l’instar de l’Aviation royale canadienne, qui avait accueilli une Division féminine un mois auparavant, l’armée a compris que les femmes pouvaient jouer des rôles de non-combattantes et libérer plus d’hommes pour qu’ils puissent se battre outre-mer. Au départ, le Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC) ne faisait pas officiellement partie de l’armée et ses activités étaient plutôt menées en tant qu’organisation auxiliaire. Toutefois, le 13 mars 1942, le CWAC était officiellement intégré dans l’Armée canadienne. Les femmes militaires ou les « CWAC », comme on les appelait couramment, ont reçu des uniformes et des armoiries, dont un insigne illustrant le personnage d’Athéna.

Affiche en couleur illustrant une femme et un homme membres de l’Armée canadienne marchant tous deux à l’unisson. Les personnages portent des casques et des uniformes, ils transportent, accrochés au cou, un sac renfermant un masque à gaz. Sur l’épaule gauche de l’homme est déposé un fusil. Au bas de l’affiche sont apposées quatre petites photographies en noir et blanc de femmes accomplissant différentes tâches dans l’armée.

Affiche de recrutement de la Deuxième Guerre mondiale, « Shoulder to Shoulder – Canadian Women’s Army Corps – An Integral Part of the Canadian Army » (« Côte à côte – Service féminin de l’Armée canadienne – Partie intégrante de l’Armée canadienne »), vers 1944 (MIKAN 2917721)

Même si de nombreux Canadiens étaient favorables aux femmes en uniforme kaki, d’autres étaient inquiets, voire craintifs, car ils percevaient l’acceptation de soldates dans l’armée comme un écart dérangeant par rapport aux rôles traditionnels liés au sexe dans la société. En 1943, le gouvernement a lancé une campagne publicitaire de grande envergure afin de s’attaquer à de telles préoccupations et d’encourager l’enrôlement. Le matériel servant au recrutement, comme l’affiche ci-dessus, et le film Proudest Girl in the World (La fille la plus fière au monde) présentaient les femmes recrues comme des personnes professionnelles, respectables et féminines, en plus d’être aptes à assumer divers types d’emploi.

Avant d’entreprendre leur entraînement de base dans l’un des centres d’entraînement régionaux du Canada, les recrues devaient passer un test pour déterminer l’emploi qui leur conviendrait le mieux. En 1941, elles avaient accès à 30 différents emplois ou « métiers » et, à la fin de la guerre, ce nombre avait presque doublé. Certains des postes offerts aux CWAC étaient rarement occupés par des femmes dans le secteur civil à l’époque (notamment la mécanique), quoique les métiers les plus courants fussent rattachés aux tâches traditionnellement féminines, dont la cuisine, la buanderie et la dactylographie.

Photographie en noir et blanc d’un rassemblement de recrues souriantes du CWAC. Elles portent leur tenue de cérémonie estivale et des casquettes arborant un insigne de coiffure en forme de diamant.

Le personnel du Service féminin de l’Armée canadienne au Centre d’entraînement (de base) des CWAC no 3, le 6 avril 1944 (MIKAN 3207287)

Durant leur service actif, bon nombre de CWAC espéraient être affectées à l’extérieur du Canada, bien que seulement quelques milliers d’entre elles soient parvenues à obtenir de tels postes. Parmi celles-ci, mentionnons Molly Lamb Bobak, la première artiste de guerre du Canada. Outre ses peintures et ses esquisses dessinées pour documenter les contributions du CWAC, Mme Bobak a tenu un journal personnel illustré, dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) assume aujourd’hui la garde et qui est disponible en format numérisé. Empreinte d’autodérision et d’humour, l’œuvre présente une vision honnête et amusante de la vie militaire. Vous pouvez en apprendre davantage sur Mme Bobak en consultant ce blogue.

Photographie en noir et blanc de Molly Lamb Bobak qui prend la pose devant un chevalet, des brosses et une palette en main. Mme Bobak porte une veste-blouson de l’armée et elle sourit à la caméra. La peinture inachevée derrière elle représente des membres féminins et masculins de l’Armée canadienne, debout dans une pièce.

Sous-lieutenant Molly Lamb Bobak, Service féminin de l’Armée canadienne, à Londres, en Angleterre, le 12 juillet 1945 (MIKAN 3191978)

Des trois armées — élément Terre, élément Air et élément Mer —, l’armée de terre a enrôlé le plus grand nombre de Canadiennes durant la Deuxième Guerre mondiale, soit un total de 21 624 recrues. Les multiples documents liés au CWAC et gardés dans la collection de BAC, dont certains sont répertoriés ci‑après, mettent en valeur les services importants rendus par les premières Canadiennes militaires.

Ressources connexes


Laura Brown est une archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales à Bibliothèque et Archives Canada.

Soixante-quinzième anniversaire de la Division féminine de l’Aviation royale du Canada

Par Laura Brown

Le 10 septembre 1939, lorsque le Canada s’est joint aux Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, on ne permettait pas aux Canadiennes de s’enrôler dans l’armée. Tout comme durant la Première Guerre mondiale, les femmes qui souhaitaient contribuer à l’effort de guerre n’avaient d’autre choix que de devenir infirmières. Bon nombre de femmes cherchant d’autres moyens de faire leur part se sont tournées vers le bénévolat ou le travail rémunéré ou, encore, elles ont joint des organisations militaires non officielles qui les autorisaient à porter l’uniforme et à participer aux exercices militaires. En 1941, alors que le gouvernement canadien subissait de plus en plus de pression de la part de femmes désirant s’engager et qu’il craignait une imminente pénurie de recrues mâles, il a dû examiner la possibilité que les femmes jouent d’autres rôles dans l’armée. Entre-temps, l’expansion du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth brittanique au Canada nécessitait que l’on pourvoie à des postes au sol dans les nouveaux centres partout au pays. Les hautes autorités, en conséquence, ont décidé que l’Aviation royale du Canada (ARC) serait le premier service à accepter des femmes. Le Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne voit le jour le 2 juillet 1941. Son nom changera pour « Division féminine de l’Aviation royale du Canada » (ARC-DF) sept mois plus tard. À l’été de 1942, on retrouvait des Canadiennes dans les trois commandements d’armée – l’aviation, l’armée de terre et la marine.

Affiche en couleur illustrant le visage d’un homme et d’une femme membres de l’Aviation royale du Canada. L’homme porte une casquette et des lunettes d’aviateur et la femme porte une casquette bleue avec une visière. Entre l’homme et la femme, il y a un médaillon composé d’un cercle bleu et d’une feuille d’érable rouge au centre.

Affiche de recrutement de l’Aviation royale du Canada datant de la Seconde Guerre mondiale, « Men, Women The RCAF Needs You Now! » (Hommes, femmes, l’ARC a besoin de vous!) [1943] (MIKAN 2999983)

Malgré le titre « d’aviatrices », les membres féminins de l’ARC sont demeurés au sol durant leur service. Même si les femmes n’étaient pas autorisées à piloter des avions, les messages apparaissant sur les affiches de recrutement, dans les journaux et les films comme l’œuvre de l’Office national du film du Canada de Jane Marsh, Nos femmes ailées (1943), renforçaient l’idée selon laquelle les rôles que les femmes pouvaient jouer étaient, à tous égards, aussi importants pour l’effort de guerre. En fait, les tâches que les femmes ont assumées au sein de l’ARC-DF, comme la dactylographie, la cuisine et le pliage des parachutes, étaient essentielles, et on rappelait aux femmes recrues que chaque fois qu’elles appuyaient l’armée, le Canada pouvait envoyer un autre homme au combat. L’ARC-DF en faisait d’ailleurs la promotion comme suit : « We Serve that Men May Fly » (Nous servons pour que les hommes puissent voler). En tout, 17 038 femmes ont porté la casquette et l’uniforme bleus pendant leur service au sein de l’ARC-DF durant la Seconde Guerre mondiale.

Photographie en noir et blanc de deux femmes vêtues d’une combinaison de travail, se tenant debout de chaque côté d’une longue table, sur laquelle est déposé un parachute plié.

Des aviatrices non identifiées expliquant la technique de pliage des parachutes, station de l’ARC, Rockcliffe (Ontario), 1943 (MIKAN 3583064)

Certaines femmes ont joué un rôle particulier au sein de la Division féminine, c’est le cas de Willa Walker et de Jean Davey. Mme Walker s’est engagée en 1941, elle a excellé pendant son entraînement et a, par la suite, obtenu le grade d’officier d’escadre, commandante de l’ARC-DF. Jean Flatt Davey a aussi joint l’ARC en 1941 et est devenue la première femme à faire partie du service médical. Plus tard, elle assumera la fonction de médecin-chef de l’ARC-DF.

Photographie en noir et blanc de sept membres de la Division féminine de l’Aviation royale du Canada. Les femmes sont debout, dehors, les mains jointes derrière le dos et elles sourient à la caméra. Elles portent des uniformes réglementaires, dont une veste, une jupe, une casquette et des souliers.

Personnel de la Division féminine de l’ARC, sans date. Jean Flatt Davey et Willa Walker sont troisième et quatrième à partir de la gauche, respectivement (MIKAN 4674254)

Vous pouvez consulter le fonds Willa Walker et le fonds Jean Flatt Davey de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) si vous désirez en apprendre davantage sur ces femmes. Dans ces collections, comme dans d’autres collections privées et gouvernementales gardées à BAC, vous trouverez une foule de documents rattachés à l’ARC-DF. Ce patrimoine documentaire se veut un rappel de l’imposante contribution des premières aviatrices canadiennes durant la Seconde Guerre mondiale.

Ressources connexes


Laura Brown est une archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

 

Polysar ou l’aventure de la production du caoutchouc synthétique au Canada

Par François Larivée 

Les personnes nées avant 1980 se souviendront peut-être de l’image d’un important complexe industriel figurant au verso des billets de 10 dollars. Ce dessin représentait en fait l’usine Polysar (originellement Polymer) à Sarnia (Ontario) et il a figuré sur le billet violet entre 1971 et 1989. Or l’histoire de cette entreprise, qui fut créée en 1942 en tant que société de la Couronne par le gouvernement du Canada et dont Bibliothèque et Archives Canada possède le fonds d’archives, est assez fascinante.

Photographie noir et blanc montrant, en avant-plan, trois grands réservoirs sphériques et un enchevêtrement complexe de tuyaux alors qu’en arrière-plan, se trouve une très haute cheminée d’où s’échappent une flamme et de la fumée. On y voit également un bâtiment équipé de cinq autres cheminées.

Vue de tuyaux et de trois réservoirs sphériques Horton contenant un mélange de butylène et de butadiène utilisé dans la fabrication de caoutchouc synthétique à l’usine Polymer Rubber Corporation, septembre 1944 (MIKAN 3627791)

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Né pour servir : Georges P. Vanier

Né à Montréal le 23 avril 1888, Georges Vanier ressentira l’influence de ses parents bilingues tout au long de sa vie. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, il étudie au Collège Loyola, puis à l’Université Laval où il obtient un diplôme en droit en 1911. Il commence à exercer le droit peu de temps après, bien qu’il ait aussi envisagé la prêtrise. C’est le déclenchement de la Première Guerre mondiale qui attire finalement son attention et il s’enrôle dans l’armée canadienne. Ce fut un excellent recruteur et il joue un rôle important dans la création du 22e bataillon canadien-français. C’est également pendant la guerre qu’il est blessé et doit se faire amputer de la jambe droite.

Photographie en noir et blanc montrant un homme tout sourire dans un uniforme d'officier avec une casquette.

Le major Georges P. Vanier du 22e bataillon, juin 1918 (MIKAN 3192070)

Après la guerre, le major Vanier revient au Canada. Il reste dans l’armée et participe à plusieurs missions diplomatiques. Au cours des quelque 20 années suivantes, il est nommé aide de camp par intérim de deux gouverneurs généraux, devient lieutenant-colonel du Royal 22e Régiment à La Citadelle et est nommé à la délégation militaire du Canada pour le désarmement auprès de la Société des Nations et au Haut-commissariat du Canada à Londres. En 1939, il devient envoyé extraordinaire du roi et ministre plénipotentiaire en France.

Photographie en noir et blanc de deux hommes et une femme. Les hommes se serrent la main, et la femme regarde l'un des hommes.

Visite du brigadier Georges P. Vanier. Les Vanier sont accueillis par le général McNaughton à Paris (France), 1940 (MIKAN 3526747)

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Des images du Canada aux Pays-Bas maintenant sur Flickr

Vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, c’est aux forces canadiennes qu’incomba la responsabilité de libérer les Pays-Bas de l’occupation nazie. Pendant les combats, les civils retenus derrière les lignes ennemies souffrirent de malnutrition, de famine et de mauvaises conditions de logement; environ 18 000 perdirent la vie. La libération des Pays-Bas coûta la vie à plus de 6 700 soldats canadiens.