Images des Artistes de guerre Canadien maintenant sur Flickr

Artistes de guerre canadiens réunit les portraits de dix-huit artistes de guerre canadiens de la Deuxième Guerre mondiale. Ces portraits, tirés des collections de Bibliothèque et Archives Canada, sont accompagnés de courtes biographies.

Les archives de la Stelco maintenant acquises

Par Lucie Paquet

Bibliothèque et Archives Canada est fier d’annoncer l’acquisition des archives de la Steel Company of Canada, plus connue sous le nom de la Stelco. Ce fonds d’archives fait maintenant partie de notre patrimoine national. Il comprend plus de cent mètres de documents textuels, des milliers de photographies, des dessins techniques et architecturaux et plus de deux cents pièces de documents sonores et audiovisuels. Le fonds d’archives de la Steel Company of Canada Limited en cours de traitement archivistique documente tous les aspects de l’évolution de l’industrie de l’acier depuis le début de sa mécanisation durant les années 1880 jusqu’aux années 1980.

Photographie noir et blanc montrant un complexe industriel servant à la production et à la transformation de l’acier.

Vue aérienne des usines de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1952 (MIKAN 4915715)

La Steel Company of Canada Limited a été créée en 1910 à la suite de l’amalgamation de cinq compagnies qui avaient auparavant englobé une quarantaine d’autres plus petites, opérant dans différentes régions au Québec et en Ontario : la Hamilton Steel and Iron Company Ltd., la Montreal Rolling Mills Company, la Canada Screw Company, la Dominion Wire Manufacturing Company et la Canada Bolt and Nut Company. Chacune avait sa spécialisation, de la production première d’acier pour l’industrie ferroviaire, agricole et maritime jusqu’aux produits quotidiens de consommation. Ce regroupement en une nouvelle et grande entreprise a permis à l’industrie canadienne de l’acier de faire face à l’imposante concurrence américaine et européenne.

Les livres de comptes, la correspondance, les procès-verbaux des dirigeants de l’entreprise, les brevets d’invention et les photographies relatent d’une façon détaillée le début de cette industrie, son développement et ses difficultés.

Photographie noir et blanc montrant une usine aux abords d’un canal. On y aperçoit en arrière-plan d’autres usines ainsi que les voies ferrées servant au transport des matériaux d’acier.

L’usine d’acier de Saint-Henri, un des départements de la Stelco à Montréal, 17 mai 1946 (MIKAN 4915716)

Le fonds d’archives documente non seulement l’expansion de l’entreprise, mais le développement de plusieurs villes, villages et quartiers entiers.

Photographie noir et blanc montrant en gros plan des hauts fourneaux d’un site industriel.

Les hauts fourneaux de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1948 (MIKAN 4915717)

Des villes comme celle de Hamilton deviennent rapidement de grands centres industriels que l’on surnomme « villes de l’acier ».

Photographie noir et blanc montrant des hommes dans une usine. On peut y apercevoir en arrière-plan un nombre important de travailleurs faisant fonctionner manuellement les premières machines mécaniques.

Vue intérieure des travailleurs d’une des usines de transformation d’acier à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915719)

Au milieu du XXe siècle, les usines attirent de nombreux immigrants et la population des centres urbains double en l’espace de quelques décennies.

Photographie noir et blanc montrant des employés à l’intérieur d’une usine en train d’empaqueter des produits.

Vue intérieure des travailleurs du département de finition et d’empaquetage à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915720)

Les archives de la Stelco témoignent des conditions de travail des hommes et des femmes qui ont passé toute leur vie dans les usines.

Photographie noir et blanc montrant un regroupement de personnes tenant un drapeau orné d’un « V » signifiant Victoire.

Parade des dirigeants et des employés de la Stelco peu après la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945. En avant-plan, on peut apercevoir, entre autres, H.G. Hilton, H.H. Champ, dirigeants de Stelco et un officier militaire (MIKAN 4915722)

La Stelco et ses travailleurs ont assumé d’importantes responsabilités durant les deux grandes guerres en répondant à la demande des gouvernements canadien et britannique en produits militaires. Ils ont contribué dans une certaine mesure à la victoire des alliés.

Mais le succès ne s’arrête pas là. Le développement phénoménal des centres urbains durant les années 1950, de l’immobilier, des ressources énergétiques, des moyens de transport et des produits de consommation divers provoquent une grande demande en acier.

Photographie noir et blanc montrant des travailleurs manœuvrant une machine servant à rouler l’acier et à le transformer en multiples panneaux.

Vue intérieure d’une usine plus moderne des années 1960 permettant de transformer l’acier en rouleaux et en panneaux.(MIKAN 4915723)

On assiste alors à l’élaboration de grands complexes industriels et la mise en place d’un centre de recherche équipé d’une haute technologie qui permet à la Stelco de développer de nouveaux produits d’acier, d’intensifier ses opérations et sa production dans tous les domaines autant résidentiel que commercial.

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Un collage de publicités en couleurs. La première illustration montre différents produits résidentiels, dont un foyer au bois pour le salon, la deuxième montre la fabrication de panneaux d’acier et la troisième montre quelques dessins architecturaux pour la construction de bâtiments.

Collage de trois publicités provenant de la revue Steel in Homes 1967, « Stelco Plate Products » (novembre 1969) et « Expanding the Markets for Stelco Steel » vers 1970. (MIKAN 4915725)

La Steel Company of Canada Limited (Stelco) exporte ses produits partout dans le monde et devient ainsi l’une des plus importantes entreprises d’acier en Amérique du Nord. À titre d’exemple, elle prend part activement au design et à la construction du pavillon de l’acier à Expo 67.

Photographie noir et blanc montrant plusieurs édifices d’architecture moderne.

À l’arrière-plan, le pavillon canadien de l’acier à l’Exposition universelle de Montréal en 1967. Ce pavillon fut construit par les quatre plus grandes entreprises canadiennes de l’acier : Algoma, Stelco, Dofasco et Dosco. Elles ont reproduit en miniature toutes les composantes de la fabrication de l’acier. On peut apercevoir au centre de l’image le pavillon de l’industrie canadienne des pâtes et papiers. (MIKAN 4915727)

Au cours des prochains mois, nous vous ferons connaître l’univers de la Stelco, ses usines, ses dirigeants, ses employés, ses opérations, ses innovations, ses produits, ses difficultés ainsi que ses activités sociales, sportives et culturelles.


Lucie Paquet est archiviste à la Division Science, gouvernance et politique de Bibliothèque et Archives Canada.

Des images du Service féminin de l’Armée canadienne maintenant sur Flickr

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Canadiennes sont appelées à s’engager dans l’armée. Environ 50 000 femmes sont ainsi recrutées, et une majorité d’entre elles servent dans les Forces canadiennes. Le Service féminin de l’Armée canadienne, créé en 1941, se voit confier des tâches très diversifiées. Les femmes s’engagent par patriotisme ou parce qu’elles ont envie de voir le monde, des motivations assez semblables à celles de leurs homologues masculins.

Cependant, ces femmes doivent affronter la méfiance et les brimades, au pays comme à l’étranger. Leur persévérance, associée au besoin important de main-d’œuvre en temps de guerre, leur permet de travailler dans de nombreux champs d’activité, tels que la réparation mécanique et technique, les communications, la rédaction ou la conduite de véhicules. En 1943, le gouvernement canadien et le ministère de la Défense nationale lancent une opération de recrutement et une campagne de relations publiques pour inciter les femmes à contribuer à l’effort de guerre. Avec le temps, les salaires augmentent, et civils et militaires commencent à voir d’un bon œil les femmes engagées dans les forces armées.

Les milliers de femmes qui ont servi leur pays en cette période de guerre ont acquis de nouvelles compétences, de l’assurance, ainsi que le respect et l’appui des Canadiens. Le Service féminin de l’Armée canadienne représentait pour ces femmes une occasion unique d’échapper aux rôles traditionnels qui leur étaient réservés à l’époque.

Soixante-quinzième anniversaire du Service féminin de l’Armée canadienne

Par Laura Brown

Le 13 août 1941, après de nombreux mois de campagnes en tous terrains dans les premiers temps de la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont pu s’enrôler dans l’Armée canadienne. À l’instar de l’Aviation royale canadienne, qui avait accueilli une Division féminine un mois auparavant, l’armée a compris que les femmes pouvaient jouer des rôles de non-combattantes et libérer plus d’hommes pour qu’ils puissent se battre outre-mer. Au départ, le Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC) ne faisait pas officiellement partie de l’armée et ses activités étaient plutôt menées en tant qu’organisation auxiliaire. Toutefois, le 13 mars 1942, le CWAC était officiellement intégré dans l’Armée canadienne. Les femmes militaires ou les « CWAC », comme on les appelait couramment, ont reçu des uniformes et des armoiries, dont un insigne illustrant le personnage d’Athéna.

Affiche en couleur illustrant une femme et un homme membres de l’Armée canadienne marchant tous deux à l’unisson. Les personnages portent des casques et des uniformes, ils transportent, accrochés au cou, un sac renfermant un masque à gaz. Sur l’épaule gauche de l’homme est déposé un fusil. Au bas de l’affiche sont apposées quatre petites photographies en noir et blanc de femmes accomplissant différentes tâches dans l’armée.

Affiche de recrutement de la Deuxième Guerre mondiale, « Shoulder to Shoulder – Canadian Women’s Army Corps – An Integral Part of the Canadian Army » (« Côte à côte – Service féminin de l’Armée canadienne – Partie intégrante de l’Armée canadienne »), vers 1944 (MIKAN 2917721)

Même si de nombreux Canadiens étaient favorables aux femmes en uniforme kaki, d’autres étaient inquiets, voire craintifs, car ils percevaient l’acceptation de soldates dans l’armée comme un écart dérangeant par rapport aux rôles traditionnels liés au sexe dans la société. En 1943, le gouvernement a lancé une campagne publicitaire de grande envergure afin de s’attaquer à de telles préoccupations et d’encourager l’enrôlement. Le matériel servant au recrutement, comme l’affiche ci-dessus, et le film Proudest Girl in the World (La fille la plus fière au monde) présentaient les femmes recrues comme des personnes professionnelles, respectables et féminines, en plus d’être aptes à assumer divers types d’emploi.

Avant d’entreprendre leur entraînement de base dans l’un des centres d’entraînement régionaux du Canada, les recrues devaient passer un test pour déterminer l’emploi qui leur conviendrait le mieux. En 1941, elles avaient accès à 30 différents emplois ou « métiers » et, à la fin de la guerre, ce nombre avait presque doublé. Certains des postes offerts aux CWAC étaient rarement occupés par des femmes dans le secteur civil à l’époque (notamment la mécanique), quoique les métiers les plus courants fussent rattachés aux tâches traditionnellement féminines, dont la cuisine, la buanderie et la dactylographie.

Photographie en noir et blanc d’un rassemblement de recrues souriantes du CWAC. Elles portent leur tenue de cérémonie estivale et des casquettes arborant un insigne de coiffure en forme de diamant.

Le personnel du Service féminin de l’Armée canadienne au Centre d’entraînement (de base) des CWAC no 3, le 6 avril 1944 (MIKAN 3207287)

Durant leur service actif, bon nombre de CWAC espéraient être affectées à l’extérieur du Canada, bien que seulement quelques milliers d’entre elles soient parvenues à obtenir de tels postes. Parmi celles-ci, mentionnons Molly Lamb Bobak, la première artiste de guerre du Canada. Outre ses peintures et ses esquisses dessinées pour documenter les contributions du CWAC, Mme Bobak a tenu un journal personnel illustré, dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) assume aujourd’hui la garde et qui est disponible en format numérisé. Empreinte d’autodérision et d’humour, l’œuvre présente une vision honnête et amusante de la vie militaire. Vous pouvez en apprendre davantage sur Mme Bobak en consultant ce blogue.

Photographie en noir et blanc de Molly Lamb Bobak qui prend la pose devant un chevalet, des brosses et une palette en main. Mme Bobak porte une veste-blouson de l’armée et elle sourit à la caméra. La peinture inachevée derrière elle représente des membres féminins et masculins de l’Armée canadienne, debout dans une pièce.

Sous-lieutenant Molly Lamb Bobak, Service féminin de l’Armée canadienne, à Londres, en Angleterre, le 12 juillet 1945 (MIKAN 3191978)

Des trois armées — élément Terre, élément Air et élément Mer —, l’armée de terre a enrôlé le plus grand nombre de Canadiennes durant la Deuxième Guerre mondiale, soit un total de 21 624 recrues. Les multiples documents liés au CWAC et gardés dans la collection de BAC, dont certains sont répertoriés ci‑après, mettent en valeur les services importants rendus par les premières Canadiennes militaires.

Ressources connexes


Laura Brown est une archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales à Bibliothèque et Archives Canada.

Soixante-quinzième anniversaire de la Division féminine de l’Aviation royale du Canada

Par Laura Brown

Le 10 septembre 1939, lorsque le Canada s’est joint aux Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, on ne permettait pas aux Canadiennes de s’enrôler dans l’armée. Tout comme durant la Première Guerre mondiale, les femmes qui souhaitaient contribuer à l’effort de guerre n’avaient d’autre choix que de devenir infirmières. Bon nombre de femmes cherchant d’autres moyens de faire leur part se sont tournées vers le bénévolat ou le travail rémunéré ou, encore, elles ont joint des organisations militaires non officielles qui les autorisaient à porter l’uniforme et à participer aux exercices militaires. En 1941, alors que le gouvernement canadien subissait de plus en plus de pression de la part de femmes désirant s’engager et qu’il craignait une imminente pénurie de recrues mâles, il a dû examiner la possibilité que les femmes jouent d’autres rôles dans l’armée. Entre-temps, l’expansion du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth brittanique au Canada nécessitait que l’on pourvoie à des postes au sol dans les nouveaux centres partout au pays. Les hautes autorités, en conséquence, ont décidé que l’Aviation royale du Canada (ARC) serait le premier service à accepter des femmes. Le Corps auxiliaire féminin de l’Aviation canadienne voit le jour le 2 juillet 1941. Son nom changera pour « Division féminine de l’Aviation royale du Canada » (ARC-DF) sept mois plus tard. À l’été de 1942, on retrouvait des Canadiennes dans les trois commandements d’armée – l’aviation, l’armée de terre et la marine.

Affiche en couleur illustrant le visage d’un homme et d’une femme membres de l’Aviation royale du Canada. L’homme porte une casquette et des lunettes d’aviateur et la femme porte une casquette bleue avec une visière. Entre l’homme et la femme, il y a un médaillon composé d’un cercle bleu et d’une feuille d’érable rouge au centre.

Affiche de recrutement de l’Aviation royale du Canada datant de la Seconde Guerre mondiale, « Men, Women The RCAF Needs You Now! » (Hommes, femmes, l’ARC a besoin de vous!) [1943] (MIKAN 2999983)

Malgré le titre « d’aviatrices », les membres féminins de l’ARC sont demeurés au sol durant leur service. Même si les femmes n’étaient pas autorisées à piloter des avions, les messages apparaissant sur les affiches de recrutement, dans les journaux et les films comme l’œuvre de l’Office national du film du Canada de Jane Marsh, Nos femmes ailées (1943), renforçaient l’idée selon laquelle les rôles que les femmes pouvaient jouer étaient, à tous égards, aussi importants pour l’effort de guerre. En fait, les tâches que les femmes ont assumées au sein de l’ARC-DF, comme la dactylographie, la cuisine et le pliage des parachutes, étaient essentielles, et on rappelait aux femmes recrues que chaque fois qu’elles appuyaient l’armée, le Canada pouvait envoyer un autre homme au combat. L’ARC-DF en faisait d’ailleurs la promotion comme suit : « We Serve that Men May Fly » (Nous servons pour que les hommes puissent voler). En tout, 17 038 femmes ont porté la casquette et l’uniforme bleus pendant leur service au sein de l’ARC-DF durant la Seconde Guerre mondiale.

Photographie en noir et blanc de deux femmes vêtues d’une combinaison de travail, se tenant debout de chaque côté d’une longue table, sur laquelle est déposé un parachute plié.

Des aviatrices non identifiées expliquant la technique de pliage des parachutes, station de l’ARC, Rockcliffe (Ontario), 1943 (MIKAN 3583064)

Certaines femmes ont joué un rôle particulier au sein de la Division féminine, c’est le cas de Willa Walker et de Jean Davey. Mme Walker s’est engagée en 1941, elle a excellé pendant son entraînement et a, par la suite, obtenu le grade d’officier d’escadre, commandante de l’ARC-DF. Jean Flatt Davey a aussi joint l’ARC en 1941 et est devenue la première femme à faire partie du service médical. Plus tard, elle assumera la fonction de médecin-chef de l’ARC-DF.

Photographie en noir et blanc de sept membres de la Division féminine de l’Aviation royale du Canada. Les femmes sont debout, dehors, les mains jointes derrière le dos et elles sourient à la caméra. Elles portent des uniformes réglementaires, dont une veste, une jupe, une casquette et des souliers.

Personnel de la Division féminine de l’ARC, sans date. Jean Flatt Davey et Willa Walker sont troisième et quatrième à partir de la gauche, respectivement (MIKAN 4674254)

Vous pouvez consulter le fonds Willa Walker et le fonds Jean Flatt Davey de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) si vous désirez en apprendre davantage sur ces femmes. Dans ces collections, comme dans d’autres collections privées et gouvernementales gardées à BAC, vous trouverez une foule de documents rattachés à l’ARC-DF. Ce patrimoine documentaire se veut un rappel de l’imposante contribution des premières aviatrices canadiennes durant la Seconde Guerre mondiale.

Ressources connexes


Laura Brown est une archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

 

Polysar ou l’aventure de la production du caoutchouc synthétique au Canada

Par François Larivée 

Les personnes nées avant 1980 se souviendront peut-être de l’image d’un important complexe industriel figurant au verso des billets de 10 dollars. Ce dessin représentait en fait l’usine Polysar (originellement Polymer) à Sarnia (Ontario) et il a figuré sur le billet violet entre 1971 et 1989. Or l’histoire de cette entreprise, qui fut créée en 1942 en tant que société de la Couronne par le gouvernement du Canada et dont Bibliothèque et Archives Canada possède le fonds d’archives, est assez fascinante.

Photographie noir et blanc montrant, en avant-plan, trois grands réservoirs sphériques et un enchevêtrement complexe de tuyaux alors qu’en arrière-plan, se trouve une très haute cheminée d’où s’échappent une flamme et de la fumée. On y voit également un bâtiment équipé de cinq autres cheminées.

Vue de tuyaux et de trois réservoirs sphériques Horton contenant un mélange de butylène et de butadiène utilisé dans la fabrication de caoutchouc synthétique à l’usine Polymer Rubber Corporation, septembre 1944 (MIKAN 3627791)

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Né pour servir : Georges P. Vanier

Né à Montréal le 23 avril 1888, Georges Vanier ressentira l’influence de ses parents bilingues tout au long de sa vie. Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, il étudie au Collège Loyola, puis à l’Université Laval où il obtient un diplôme en droit en 1911. Il commence à exercer le droit peu de temps après, bien qu’il ait aussi envisagé la prêtrise. C’est le déclenchement de la Première Guerre mondiale qui attire finalement son attention et il s’enrôle dans l’armée canadienne. Ce fut un excellent recruteur et il joue un rôle important dans la création du 22e bataillon canadien-français. C’est également pendant la guerre qu’il est blessé et doit se faire amputer de la jambe droite.

Photographie en noir et blanc montrant un homme tout sourire dans un uniforme d'officier avec une casquette.

Le major Georges P. Vanier du 22e bataillon, juin 1918 (MIKAN 3192070)

Après la guerre, le major Vanier revient au Canada. Il reste dans l’armée et participe à plusieurs missions diplomatiques. Au cours des quelque 20 années suivantes, il est nommé aide de camp par intérim de deux gouverneurs généraux, devient lieutenant-colonel du Royal 22e Régiment à La Citadelle et est nommé à la délégation militaire du Canada pour le désarmement auprès de la Société des Nations et au Haut-commissariat du Canada à Londres. En 1939, il devient envoyé extraordinaire du roi et ministre plénipotentiaire en France.

Photographie en noir et blanc de deux hommes et une femme. Les hommes se serrent la main, et la femme regarde l'un des hommes.

Visite du brigadier Georges P. Vanier. Les Vanier sont accueillis par le général McNaughton à Paris (France), 1940 (MIKAN 3526747)

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Des images du Canada aux Pays-Bas maintenant sur Flickr

Vers la fin de la Deuxième Guerre mondiale, c’est aux forces canadiennes qu’incomba la responsabilité de libérer les Pays-Bas de l’occupation nazie. Pendant les combats, les civils retenus derrière les lignes ennemies souffrirent de malnutrition, de famine et de mauvaises conditions de logement; environ 18 000 perdirent la vie. La libération des Pays-Bas coûta la vie à plus de 6 700 soldats canadiens.

Images concernant le Plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique

Le Plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique mis au point pendant la Deuxième Guerre mondiale permet de mobiliser les experts canadiens, de construire des aérodromes, d’effectuer des recherches sur le perfectionnement de l’équipement et de fournir un entraînement et des ressources d’une valeur inestimable aux aviateurs du Commonwealth.

L’accord relatif au Plan est signé en 1939 et sera en vigueur de 1940 à 1945. Pendant cette période, environ 150 écoles sont fondées partout au Canada. Plus de 104 000 hommes et femmes participent aux opérations au sol. Durant la guerre, 131 553 aviateurs formés grâce à ce plan, dont des pilotes, des radiotélégraphistes à terre, des mitrailleurs de bord et des navigateurs, iront grossir les rangs des forces aériennes britannique, australienne, néo zélandaise et canadienne.

Le major David Vivian Currie : un dur de la Seconde Guerre mondiale, récipiendaire de la Croix de Victoria

Le 18 août 1944, il y a donc 70 ans, le major David Vivian Currie lance ses 200 hommes et une dizaine de chars M4 Sherman à l’assaut de Saint‑Lambert-sur‑Dives (France) pour prendre la ville et bloquer la seule retraite possible de la 7e Armée allemande de la poche de Falaise. Currie et ses hommes font face à un détachement de la 2e Division Panzer allemande largement supérieur en nombre, mais ils réussissent à barrer la seule retraite possible des allemands. À la suite de cet exploit, il reçoit la Croix de Victoria, la plus haute décoration militaire du Commonwealth britannique.

Photo noir et blanc montrant un homme regardant au-dessus de la tourelle d’un char d’assaut.

Le major David V. Currie, VC, du South Alberta Regiment, à Bréda (Pays Bas), le 25 novembre 1944. (MIKAN 3224834)

Le major Currie voit le jour à Sutherland (Saskatchewan) en 1912. Il étudie la mécanique automobile et la soudure. Currie devient major du 29e Régiment blindé de reconnaissance (South Alberta Regiment) en 1944; il n’a que 10 jours d’expérience au combat lorsqu’il reçoit la mission de prendre le contrôle de la route qui passe par Saint‑Lambert, de la bloquer et de tenir sa position.

Currie dirige l’escadron « C », une petite force de blindés et de canons antichars, ainsi que deux compagnies d’infanterie des Argyll and Southerland Highlanders. Il ne dispose d’aucun appui d’artillerie et de très peu de moyens de reconnaissance. Sa première attaque est repoussée, mais Currie se faufile dans le village à pied, examine les défenses allemandes et secoure les équipages de deux chars canadiens mis hors service. Le lendemain, il a déjà pris et fortifié une position au milieu du village. Au cours des 36 heures suivantes, Currie organise si bien ses défenses contre les attaques presque constantes de l’ennemi qu’il réussit à tenir la position de son unité tout en infligeant des pertes extrêmement élevées aux forces allemandes.

Photo noir et blanc montrant un homme assis sur la tourelle d’un char d’assaut appuyé sur la mitrailleuse et regardant vers la gauche.

Le major David V. Currie, VC, du South Alberta Regiment, à bord d’un véhicule de reconnaissance Humber I à Halte (Pays Bas), le 12 novembre 1944. (MIKAN 3227188)

Le soir du 20 août, le dernier assaut lancé par les Allemands dans l’espoir de percer les positions canadiennes est écrasé par une attaque‑surprise des Canadiens. Plus de 2 100 soldats allemands sont faits prisonnier par les forces de Currie, qui comptent moins de 200 hommes. Currie prend ensuite le reste du village, empêchant ainsi les restes de l’Armée allemande d’emprunter la dernière porte de sortie de la poche de Falaise. La bataille de Saint‑Lambert sera la dernière de la campagne de Normandie.

Photo noir et blanc montrant un groupe de soldat allemande avec les mains en l’air et entouré de soldats canadien.

Le major David V. Currie (troisième à partir de la gauche, avec un pistolet dans les mains) du South Alberta Regiment reçoit la reddition des troupes allemandes à Saint Lambert-sur Dives (France), le 19 août 1944. (MIKAN 3396233)

Pendant les mois qui suivent la bataille de Saint‑Lambert, Currie participe à la bataille de l’Escaut et à la libération des Pays‑Bas. Il obtient ensuite le grade de lieutenant‑colonel et occupe le poste de sergent d’armes de la Chambre des communes du Canada de 1960 à 1978. Il meurt en 1986. Le manège militaire du lieutenant‑colonel D.V. Currie, à Moose Jaw (Saskatchewan), et l’avenue Currie, à Saskatoon, portent son nom.

Pour en savoir plus sur l’histoire militaire du Canada, consultez les pages de la section Patrimoine militaire.