Conservateurs invités : Michael Smith et J. Andrew Ross

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 mettant en vigueur la Charte des droits et libertés, par Robert Cooper, 1982

Photographie de la signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, par Robert Cooper. (MIKAN 3206003) © Gouvernement du Canada

Photographie de la signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, par Robert Cooper. (MIKAN 3206003) © Gouvernement du Canada

Signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, photographiée par Robert Cooper en 1982.


Parlez-nous de vous.

Michael Smith a piloté un projet visant à concevoir et fabriquer des caissons d’entreposage sur mesure pour préserver deux des plus prestigieux documents de BAC, à savoir les deux exemplaires de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. J. Andrew Ross est chargé des documents du registraire général (RG68), l’entrepôt de toutes les proclamations du gouvernement du Canada.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Document blanc-jaune pâle, rédigé à l’encre noire et rouge, orné des armoiries du Canada dans le haut.

Proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. (MIKAN 3782519) © Gouvernement du Canada

La proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 a été signée sur les marches du Parlement, à Ottawa, le 17 avril 1982 par la reine Elizabeth II, le premier ministre Pierre Trudeau, le procureur général (ministre de la Justice) Jean Chrétien et le registraire général (ministre de la Consommation et des Corporations) André Ouellet. La proclamation, seul document fondateur canadien signé par la reine, a permis l’entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle de 1982 en modifiant la constitution canadienne et en adoptant la Charte canadienne des droits et libertés. La signature faisait suite à plusieurs années de négociations constitutionnelles au Canada qui ont abouti au rapatriement de la Constitution, c’est-à-dire la transmission des pleins pouvoirs de modification constitutionnelle du Royaume-Uni au Canada.

Il existe en fait deux exemplaires de la proclamation : celui signé à l’extérieur, qui a été endommagé par la pluie (voir plus haut) et est devenu ce qu’on appelle l’exemplaire « mouillé », et celui qui a été signé plus tard à l’intérieur du Parlement. Au départ intact, ce dernier a été abîmé par de la peinture rouge par un manifestant, en 1983, et on l’appelle dorénavant l’exemplaire « taché ». Les deux exemplaires de la proclamation sont conservés par BAC et ont très souvent été exposés depuis 1982. L’exemplaire mouillé a récemment été exposé au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg, et BAC l’a récupéré au début du mois de septembre. En 2017, il sera exposé à la Bibliothèque du Parlement à Ottawa.

Exemplaire de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 avec une grande tache rouge au milieu.

Exemplaire taché de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. © Gouvernement du Canada. (MIKAN 3782551)

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

BAC possède également les deux stylos utilisés pour signer la proclamation mouillée. Le premier ministre Jean Chrétien, qui entretenait un lien particulier avec ces stylos, en a fait don en 2000 aux Archives nationales du Canada. Plus tard, il a raconté ses échanges pleins d’humour avec la reine au moment de la signature :

« J’ai pris le stylo pour signer. Il ne fonctionnait pas, j’ai dit “merde” tout bas, et elle a éclaté de rire, relate-t-il. Tout le monde m’a demandé ce que j’avais bien pu lui raconter pour qu’elle se mette si spontanément à rire, mais j’ai gardé la raison pour moi pendant de nombreuses années. » (Source)

Vous pouvez voir le moment de la signature et la réaction de la reine ici, sur CBC (après 7 min 45 s), ou ici, sur Radio‑Canada (environ 0 min 47 s).

Deux stylos noir et or debout sur un socle noir et or posé sur un bloc en velours et présenté dans un coffret en bois.

Stylos utilisés par la reine Elizabeth II et les signataires de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. © Gouvernement du Canada. (MIKAN 4105375)

Bien que les stylos aient été achetés chez Birks, bijouterie haut de gamme d’Ottawa, on n’a apparemment pas pensé à la durabilité de l’encre, et les expositions fréquentes des proclamations à la lumière font craindre que les signatures pâlissent au fil du temps. On a estimé de façon prudente qu’il était possible d’exposer chaque document à des sources de lumière d’intensité et de sources variées pendant environ 4 000 heures. En 2011, le test de microvieillissement à la lumière effectué sur l’encre des signatures par l’Institut canadien de conservation a indiqué que les colorants synthétiques utilisés dans l’encre pouvaient pâlir et qu’ils avaient probablement pâli depuis 1982.

L’encre d’importantes signatures a pâli sur plusieurs documents historiques détenus par BAC, mais alors que certains restent très peu exposés, les deux exemplaires de la proclamation sont très importants. Il a donc fallu fabriquer un caisson d’entreposage sur mesure pour leur conservation ainsi qu’une vitrine sécurisée pour les expositions afin de prévenir toute dégradation ultérieure des documents.

On a décidé de concevoir et de construire deux caissons d’entreposage permanents, un pour chaque exemplaire de la proclamation. De plus, une vitrine sécurisée serait fabriquée pour les expositions (on a prévu qu’un seul exemplaire de la proclamation serait exposé à la fois). Les caissons d’entreposage peuvent être scellés de façon hermétique lorsque l’environnement est faible en oxygène (dispositif qui pourrait être ajouté à l’avenir pour ralentir le pâlissement de l’encre), et sont vitrés à l’aide de verre antireflet comportant des filtres UV. En plus des dispositifs de sécurité, la vitrine comprend également des éléments qui limitent et surveillent les niveaux d’exposition à la lumière. Avec ces nouvelles vitrines, les Canadiens pourront voir les proclamations en montre pendant de nombreuses années.

Proclamation dans son caisson monté sur quatre pieds et doté d’une vitrine en verre.

Caisson d’entreposage d’un exemplaire de la proclamation fabriqué en vue de sa préservation. © Gouvernement du Canada.

Gros plan du caisson de préservation exposant un exemplaire de la proclamation, sous verre dans un cadre noir.

Gros plan sur le caisson de préservation. © Gouvernement du Canada.

Le cas de la proclamation a également incité BAC à revoir son approche en ce qui concerne la préservation des signatures. Bien que bon nombre de documents du gouvernement du Canada soient dorénavant signés de façon numérique, la plupart des documents de prestige sont encore signés à l’encre. Les préoccupations relatives à la pérennité de ces signatures ont amené Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, à rédiger un courriel daté du 14 avril 2016 dans lequel il conseille aux ministères d’utiliser des stylos à encre pigmentée, indélébile et résistant à la lumière, pour signer les documents officiels et de prestige. Il a mentionné le cas de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 comme un parfait exemple du risque de pâlissement de l’encre, et conseillé d’être particulièrement méticuleux quant au choix des stylos utilisés pour signer les documents officiels, « surtout les documents d’importance nationale destinés à nos archives […] afin de s’assurer que les documents placés sous notre responsabilité restent lisibles pour les prochaines générations. »

Biographies


Michael Smith est le gestionnaire des collections textuelles et cartographiques (non reliées) de Bibliothèque et Archives Canada. J. Andrew Ross est un archiviste des Documents gouvernementaux à Bibliothèque et Archives Canada.

Ressources connexes

Conservatrice invitée : Arlene Gehmacher

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Bouquet de fleurs sauvages par Susanna Moodie, v. 1870

Un pissenlit jaune devant des fleurs sauvages bleues et roses mélangées à des feuilles, peint sur une carte sépia.

Bouquet de fleurs sauvages par Susanna Moodie, v. 1870 (MIKAN 2897949)

Susanna Moodie qualifiait les forêts canadiennes de prison. Peindre des fleurs était peut-être pour elle une façon de s’évader et d’instaurer un peu d’ordre et de raffinement dans la nature.


Parlez-nous de vous.

L’étude de la culture visuelle du Canada est un de mes intérêts depuis mon embauche pour faire des recherches sur les sources imprimées et archivistiques primaires en vue d’une exposition sur l’art historique produit au Canada. J’ai eu la piqûre — le matériel a comblé à la fois mon amour des beaux-arts et celui du contexte culturel. Je me sens privilégiée d’avoir pu en faire ma carrière.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Les aquarelles, comme Bouquet de fleurs sauvages, n’étaient pas pour Moodie un simple passe­temps pour créer des cadeaux pour les membres de sa famille et ses amis, mais il s’agissait également d’une marchandise qui pouvait générer un revenu ou faire du commerce. En demandant entre 3 $ et 5 $, elle pouvait payer sa servante. William Notman, le célèbre photographe canadien, est reconnu pour avoir accepté — à sa suggestion — une aquarelle autographiée comme mode de paiement de ses photographies. (Moodie a ainsi peint un ensemble de roses pourpres, blanches, jaunes et roses.)

Les fleurs sauvages du bouquet — dont la pervenche, le pissenlit et la clématite — peuvent très bien avoir été cueillies par Moodie elle-même, mais leur illustration en aquarelle faisait partie de son économie familiale.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Deux planches représentant des fleurs multicolores et des feuilles vertes. À gauche : lis de Philadelphie, campanule à feuilles rondes et cypripède royal. À droite : hépatique à lobes aigus, uvulaire grandiflore, anémone à cinq folioles et claytonie lancéolée.

Image de gauche : lis de Philadelphie, campanule à feuilles rondes et cypripède royal (MIKAN 2905466) Image de droite : hépatique à lobes aigus, uvulaire grandiflore, anémone à cinq folioles et claytonie lancéolée (MIKAN 2905471) Planches tirées de Canadian Wild Flowers par Agnes FitzGibbon, publié par John Lovell, Montréal, 1868 (AMICUS 49189)

Agnes FitzGibbon, fille de Susanna Moodie, a collaboré avec sa tante, Catharine Parr Traill (sœur de Susanna) à Canadian Wild Flowers, publié en 1868 et salué pour son exactitude scientifique. Le Bouquet de fleurs sauvages de Susanna Moodie exprime sa joie et sa passion pour la cueillette et l’arrangement esthétique des fleurs. Son talent artistique est immortalisé dans ses aquarelles. À l’opposé, les excellentes illustrations de FitzGibbon sont informatives; son tracé précis permet d’assurer la perceptibilité du spécimen.

Le projet de FitzGibbon était dès le départ une activité commerciale, chacun des 500 exemplaires contenait 10 plaques lithographiées, toutes peintes à la main (avec de l’aide!), auxquelles étaient jointes les descriptions à la fois poétiques et naturalistes de Parr Trail. Réalisé en 1867 et 1868, Canadian Wild Flowers, en raison de son sujet et de la date de publication, a sans aucun doute présenté un intérêt national.

Biographie

Photographie en couleur d'une femme debout devant un mur turquoiseArlene Gehmacher, Ph. D., est conservatrice (peintures, estampes et dessins canadiens) au Musée royal de l’Ontario (MRO) à Toronto, en Ontario, où elle organise des expositions et effectue des recherches fondées sur les collections. Elle enseigne également. Son cours « Collecting Canada » porte sur l’acquisition, l’interprétation et la présentation de la collection des œuvres du MRO. Il est offert par le biais du Département d’histoire de l’art de l’Université de Toronto. Ses publications traitent d’artistes du XIXe au XXIe siècle : Ozias Leduc (1996), Cornelius Krieghoff (2003), Naoko Matsubara (2003, 2016), Paul Kane (2010, 2014), Arthur Heming (2013) et William Blair Bruce (1999, 2014).

Ressources connexes

Conservatrice invitée : Tania Passafiume

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Temples of Today, John Vanderpant, 1934

 Photographie noir et blanc d’un silo à grains; de hautes tours circulaires se dressent devant un immeuble rectangulaire encore plus haut.

Temples of Today, John Vanderpant, 1934. (MIKAN 3784205)

Le photographe John Vanderpant voyait les silos à grains du Canada comme de véritables temples. Ceux-ci reflétaient sa vision utopique du pays, fondée sur sa confiance envers le commerce et l’industrie. À ses yeux, l’industrie était l’avenir de la nation.


Parlez-nous de vous.

Dès l’âge de 13 ans, j’ai su que je voulais devenir restauratrice. Mon oncle avait épousé une femme formidable du nom de Janice, qui était restauratrice en beaux-arts; elle restaurait des peintures, des œuvres d’art sur papier et des photographies. Elle m’a beaucoup influencée. J’ai travaillé dans son laboratoire privé pendant mes études à l’université. J’ai ainsi pu acquérir de l’expérience avant même de commencer mes études supérieures en conservation. Quand j’ai obtenu mon diplôme, les emplois se faisaient rares au Canada; cette année-là, ma tante avait fermé son laboratoire pour voyager. Sur un coup de tête, je me suis retrouvée à la George Eastman House. Je devais y rester seulement trois mois, mais finalement, ça s’est transformé en trois ans et trois mois! C’est là que j’ai développé ma passion pour la photographie, et en particulier pour les procédés historiques. J’avais souvent les mains noircies à cause de tout le nitrate d’argent que je manipulais. Et maintenant que je suis à Bibliothèque et Archives Canada, je vois parfois le nom de ma tante sur quelques rapports, puisqu’elle a déjà été stagiaire ici, bien avant mon arrivée.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

La collection de photographies de BAC est très diversifiée : on y trouve tout un éventail de procédés et d’images. Dans cette exposition, mon œuvre préférée s’intitule Temples of Today, de John Vanderpant. Comme je suis restauratrice de photographies, je regarde souvent au-delà de l’image pour examiner de près les matériaux, voir comment la photo a été prise, tenter de déterminer si elle a été altérée… Alors souvent, pour ne pas me laisser distraire par l’image, je place la photo tête en bas; elle devient moins distrayante, et je peux mieux me concentrer sur les matériaux.

Pour cette photo, je n’ai eu qu’à me pencher et à examiner la surface avec un éclairage de côté, presque à hauteur des yeux. Comme ça, on peut vraiment « voir » un objet; ça fait ressortir toutes les marques et les déformations qui découlent de sa manipulation.

Si vous observez la photo de Vanderpant de cette façon, vous verrez les empreintes d’un chat! Nous croyons qu’un chat a marché dans les deux sens sur la photo, alors qu’elle était déjà montée sur le support papier. Ses empreintes se retrouvent à la fois sur la photo et le support. Vanderpant avait peut-être un chat qui lui rendait visite dans le studio? J’aime bien trouver ce genre de secret bien caché sur une œuvre! J’ai essayé d’enlever ou d’atténuer les empreintes, mais elles sont bien incrustées dans l’émulsion. Je n’ai donc pas pu faire grand-chose comme traitement, et on les voit encore.

Une photographie placée sur une table, sous un puissant éclairage de côté, révèle la présence d’empreintes de chat.

Vue de la photographie Temples of Today sous un éclairage de côté, révélant la présence d’empreintes de chat. Photo prise par Tom Thompson.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

J’aime beaucoup montrer aux gens un daguerréotype datant de juillet 1858 qui montre la Brasserie Molson, à Montréal, après un incendie. C’est une demi-plaque encore en bon état. L’image est sombre, car l’incendie n’a rien épargné. On voit un homme debout au milieu des ruines; une femme est assise à sa gauche, avec un jeune enfant qui a bougé quand la photo a été prise, parce que l’image est floue. C’est émouvant quand on pense que le daguerréotypiste était sur les lieux à ce moment.

Il y a quelques années, ce daguerréotype a été choisi pour faire partie d’une exposition. J’ai donc eu la chance de pouvoir ouvrir son étui pour l’examiner. Le ruban d’étanchéité d’origine avait déjà été enlevé. Quand j’ai retiré le passe-partout de cuivre, j’ai tout de suite vu la marque d’un doigt dans le coin supérieur gauche. C’est peut-être l’empreinte du daguerréotypiste, dont on ne connaît pas l’identité. Il l’a sans doute laissée involontairement quand il a développé la plaque ou qu’il l’a placée dans son étui. Ce mystère du passé crée un pont, un lien entre nous, ces gens sur la photo et la personne invisible derrière l’appareil photo.

Coin d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. La photo montre un gros plan de la Brasserie Molson après un incendie. Une femme avec un bébé est assise au bas de l’image.

Détail d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. Photo prise par Jennie Woodley. (MIKAN 3623957)

Image noir et blanc des décombres de la brasserie à l’avant-plan, avec un immeuble endommagé en en arrière-plan. Une femme et un bébé sont assis au centre, à la gauche d’un homme debout.

Image pleine grandeur de la Brasserie Molson après l’incendie de 1858. (MIKAN 3623957)

Pour rester dans le thème des animaux et des photos, j’aimerais vous parler d’un chien bien spécial que nous appelons, au Centre de préservation, le « Décadog ». C’est l’exemple parfait d’un animal qui agit comme tel, peu importent les circonstances!

On peut voir ce chien sur une photo panoramique (un négatif en nitrate) du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. Ces militaires faisaient partie d’unités du Corps expéditionnaire canadien et de la Royal Air Force qui s’entraînaient dans divers camps, en Ontario. La photo qui nous intéresse a été prise à Kingston entre 1914 et 1918. Le négatif a été découvert en 2011, quand mes collègues Carla Klück et Louise Perrault ont passé en revue notre collection de clichés panoramiques au nitrate.

C’est un négatif de grandes dimensions : il fait 200 mm de hauteur sur 1060 mm de largeur! À première vue, c’est une simple photo de troupes militaires au tournant du siècle. Mais en la regardant de plus près, on aperçoit un chien à l’avant-plan. Et pas n’importe quel chien : un chien à onze pattes! Les observateurs sont toujours confus quand ils remarquent ce détail inhabituel. Quelqu’un avait déjà tracé dix des pattes à l’encre noire sur le négatif, d’où le surnom « Décadog ». (Sur l’épreuve positive, l’encre noire apparaît en blanc.) L’avant-dernière patte à gauche a été omise.

Maintenant, vous vous demandez sans doute comment un tel chien pouvait exister! La réponse est simple : la photo a été prise par une caméra panoramique appelée Cirkut. Cette caméra pouvait prendre des clichés panoramiques en pivotant horizontalement pendant qu’un rouleau de pellicule se déplaçait sur le plan du film. Le chien sur la photo a dû marcher pendant que la caméra tournait de gauche à droite, et la lente prise de vue a capté ses mouvements.

Pour prouver que ce chien était un ami à quatre pattes « normal », j’ai trouvé une autre photographie au nitrate où il apparaît. Cette fois, il s’agit du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. La photo a été prise au camp de Petawawa en juin 1916. Les signes distinctifs sur la tête du chien nous font croire qu’il s’agit du même animal sur les deux photos.

Prise de vue panoramique noir et blanc de deux rangées de soldats en uniforme, entre deux canons sur roues. Le « Décadog » se tient à l’avant. On aperçoit les casernes en arrière-plan.

Photo du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) avec le « Décadog », par Andrew Merrilees. (MIKAN 4474227)

Photo du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) au camp de Petawawa, avec un chien au centre, par Andrew Merrilees. (MIKAN 4473482)

Biographie

Photo en couleur d'une femme regardant le photographe.

Crédit Tom Thompson

Tania Passafiume est restauratrice en chef des documents photographiques à Bibliothèque et Archives Canada depuis 2005. Après avoir terminé sa maîtrise en restauration d’œuvres d’art à l’Université Queen’s avec une spécialisation en restauration de photographie, d’œuvres sur papier et de livres, elle a déménagé à Rochester, dans l’État de New York, où elle a passé plus de trois ans à la George Eastman House, d’abord pour suivre un programme de certificat sur la restauration photographique et la pratique de l’archivage, puis à titre de boursière du premier cycle du Programme de résidence avancé Andrew W. Mellon en restauration photographique. Pendant les trois années qui ont suivi, Tania a été boursière de la Fondation Andrew W. Mellon en restauration photographique à l’Art Institute of Chicago. Elle a aussi travaillé dans les établissements et laboratoires privés suivants : Jana Conservation, McMichael Canadian Art Collection, les Archives nationales du Canada, les Archives de la Ville de Vancouver et le Centre canadien d’architecture.

En collaboration avec l’Institut canadien de conservation, Tania a publié Silver Gelatin Paper Sample Sets, fondé sur sa thèse de la George Eastman House. Cet ouvrage a donné lieu à des travaux de recherches sur Hippolyte Bayard, un projet sur lequel elle travaille en ce moment avec le Centre de recherche sur la conservation des collections, à Paris. Plus récemment, elle a piloté un projet réunissant Bibliothèque et Archives Canada et la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris/Atelier de restauration et de conservation des photographies de la Ville de Paris. Cette collaboration a débouché sur le premier glossaire visuel français-anglais portant sur conservation photographique, intitulé Lingua Franca : Un langage commun pour les restaurateurs de documents photographiques. Publié sous forme de livre numérique enrichi, il est offert gratuitement sur iTunes.

 

Conservatrice invitée : Isabelle Charron

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Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

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Carte géographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain, 1612

Carte de la Nouvelle-France, qui décrit ce que Champlain connaissait du continent nord-américain en 1612, de la côte atlantique jusqu’à un grand lac à l’ouest. Plusieurs lacs, rivières, montagnes et forêts sont représentés. Des maisons longues, des personnages en canots, ainsi que les portraits de deux femmes et de deux hommes évoquent le mode de vie des Amérindiens. Un grand nombre de dessins tels des légumes, fruits et autres végétaux, des animaux, des poissons, des voiliers, une rose des vents et les armoiries royales de France ornent la carte. Une légende apparaît au bas de la carte.

Carte geographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain, provenant de l’ouvrage intitulé Les voyages du sieur de Champlain […], 1613, gravée par David Pelletier en 1612. (MIKAN 3919638) (AMICUS 4700723)

Samuel de Champlain croyait à l’énorme potentiel du Canada. Il publia cette magnifique carte dans son livre pour en faire la promotion auprès des investisseurs. Les splendides dessins de plantes sont probablement son œuvre.


Parlez-nous de vous.

Je vais vous parler de moi en évoquant les documents dont je suis responsable et ce qu’ils m’inspirent. Les cartes anciennes constituent une mine de renseignements historiques. Elles sont également à mi-chemin entre la science et l’art. Il m’est impossible de les regarder « froidement », car elles révèlent tant de choses de leurs créateurs : leur perception du monde, leurs ambitions, leurs trajectoires de vie, leurs liens avec les autorités qui ont commandé leurs cartes ou commandité leurs voyages – s’ils étaient aussi explorateurs –, leur façon d’obtenir des informations inédites sur différents territoires… Il est en effet difficile de concevoir, aujourd’hui, à quel point l’obtention d’une nouvelle information géographique exigeait d’efforts humains et financiers. Des vies étaient perdues pour faire avancer la connaissance. Et les mains entre lesquelles ces documents exceptionnels sont passés constituent également un sujet passionnant… Il m’arrive d’ailleurs fréquemment de penser au film Violon rouge de François Girard, qui raconte le destin des individus, à travers trois siècles, qui ont possédé un violon exceptionnel. Un scénario semblable pourrait très bien mettre en scène le travail d’un cartographe du 16e siècle, de l’école dite de Dieppe par exemple, comme Pierre Desceliers, à l’affût des récentes découvertes sur le Nouveau Monde. Il existe une littérature assez abondante en histoire de la cartographie du Canada et de l’Amérique du Nord, mais il reste encore tant de choses à découvrir et d’autres qui, malheureusement, demeureront à jamais dans l’oubli. Et c’est là que l’imagination prend le relais… À ce chapitre, j’ai beaucoup apprécié la lecture du roman Du bon usage des étoiles, de Dominique Fortier, qui a créé tout un univers en s’inspirant de la dernière et malheureuse expédition de John Franklin. Avec les récentes découvertes des épaves du Terror et de l’Erebus, la réalité rejoint la fiction…

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

On peut dire tellement de choses de cette carte.

Elle est très rare. C’est l’unique exemplaire que possède BAC, toujours rattaché à la toute fin du livre Les voyages, publié par Champlain à Paris en 1613, dont la reliure est d’origine. Il se peut aussi qu’elle ait été diffusée séparément. Elle a été gravée par le graveur David Pelletier sur une plaque de cuivre, vraisemblablement en 1612, puis imprimée sur deux feuilles qui ont été jointes. Le papier a aussi son histoire : les filigranes, des dessins que l’on peut voir en transparence sur une table lumineuse, sont la marque du fabricant de papier. Ils peuvent contribuer à authentifier un document et, comme leur emplacement diffère d’un document à l’autre, ils ajoutent un côté unique à chacun d’entre eux. Dans le cas de cette carte, il y a des grappes de raisins et le monogramme du fabricant – « A.I.R. » -, que l’on ne peut identifier avec précision, dans un cartouche.

Il s’agit de la première grande carte de l’Amérique du Nord de Champlain. Destinée aux navigateurs, elle illustre ses explorations de 1603 à 1611. Elle porte aussi les armoiries royales de France. Champlain entretenait d’ailleurs une relation particulière avec le roi Henri IV, assassiné en 1610.

Champlain fait figure d’exception dans le monde des explorations et de la cartographie de son époque : il est l’un des rares cartographes à avoir lui-même sillonné une grande partie du territoire qu’il représente sur ses cartes. En effet, la majorité des cartographes de l’époque n’étaient pas explorateurs et travaillaient à partir de cartes ou de récits transmis par d’autres. Champlain a voyagé avec des Autochtones, qui ont été ses guides. Il reconnaissait leur compétence sur leur territoire, les questionnait sur la géographie, leur demandait de dessiner des cartes et intégrait ces informations à ses propres cartes. Il semble avoir été le premier Européen à avoir eu cette approche. Sur cette carte, par exemple, les représentations du lac Ontario et des chutes Niagara s’inspirent de renseignements obtenus d’Autochtones. Champlain ne verra d’ailleurs le lac Ontario qu’en 1615. Il a aussi inclus des informations provenant d’autres cartographes européens, notamment pour la représentation de Terre-Neuve. Champlain sera lui-même abondamment copié par la suite.

Détail de la carte représentant le lac Ontario et les chutes Niagara. Trois Amérindiens naviguent en canot sur le lac, qui est entouré de groupes de maisons longues.

Le lac Ontario et les chutes Niagara (« sault de eau ») (MIKAN 3919638)

Champlain est considéré comme le premier cartographe scientifique de l’Amérique du Nord. Ses cartes demeureront inégalées avant la seconde moitié du 17e siècle. D’ailleurs, de son vivant, il était conscient de l’importance de son œuvre : suite à la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, par exemple, il invoque ses écrits et ses cartes comme preuves de la présence française sur le territoire et indique que celles-ci sont connues et ont été utilisées pour mettre à jour des cartes et des globes. On sait par ailleurs qu’il a entretenu une correspondance avec le mathématicien Guillaume de Nautonier. Hormis la représentation un peu maladroite, teintée par son époque, des deux couples d’Amérindiens, il n’y a rien de « fantaisiste » sur la carte de 1612 présentée ici : pas de « monstres » marins, comme sur les cartes de plusieurs de ses prédécesseurs, mais des poissons connus et prisés, comme la morue et l’esturgeon. Le poisson aux airs de crocodile dans le grand lac à l’ouest, que Champlain nomme un « chaousarou » est un lépisosté osseux, qui n’est présent qu’en Amérique du Nord.

Détail d’un grand poisson au bec allongé qui, avec ses nombreuses dents, ressemble à un crocodile.

« Chaousarou » (lépisosté osseux) (MIKAN 3919638)

On perçoit donc le côté observateur de Champlain, qui avait aussi pour mission de rendre compte des ressources de la Nouvelle-France. Ainsi, ce n’est pas par hasard qu’il représente une Amérindienne tenant un épi de maïs, une courge et, à côté, un plant de topinambours, trois plantes d’Amérique cultivées par les peuples sédentaires. Champlain aurait lui-même rapporté des racines de topinambours en France, où cette plante a proliféré par la suite.

Dessin d’une Amérindienne vêtue d’un pagne, qui porte dans ses mains une courge et un épi de maïs et se tient debout à côté d’un plant de topinambours.

Amérindienne tenant un épi de maïs, une courge et, à côté, un plant de topinambours (MIKAN 3919638)

On ne sait pas exactement combien de cartes Champlain a dressées. Certaines ont été perdues et vingt-deux sont parvenues jusqu’à nous. Une seule carte manuscrite de sa main subsiste : dessinée en 1607, elle représente la côte atlantique, de LaHave, aujourd’hui en Nouvelle-Écosse, à Nantucket Sound (elle est préservée à la Library of Congress, à Washington). La majorité des cartes de Champlain sont de petites cartes régionales, gravées et publiées dans Les voyages de 1613, qui présente aussi deux cartes générales de la Nouvelle-France : celle qui est exposée ici (1612) et une autre, plus petite, dont il existe deux versions (1612 et 1613).

Petite carte représentant les rapides de Lachine, le fleuve Saint-Laurent et plusieurs îles, bordés de terres boisées et de rivières. Des chasseurs apparaissent à plusieurs endroits. Il y a une scène représentant la noyade d’un Amérindien et d’un Français dans les rapides. Une légende apparaît au bas de la carte.

Un exemple de carte régionale de Champlain qui représente les rapides de Lachine (MIKAN 3919889)

Il avait commencé à travailler sur une autre carte générale en 1616, mais il ne l’a jamais terminée (un seul exemplaire de cette carte existe). Le cartographe Pierre Duval, qui avait acquis la plaque de cuivre originale de cette carte de 1616, en a refait graver une autre version en 1653 qu’il attribue à Champlain. Enfin, Champlain a publié sa dernière carte – une « carte-bilan » – en 1632, avec ses Voyages de la Nouvelle-France (cette carte existe également en deux versions).

La dernière carte de Champlain, publiée en 1632, qui représente ce qu’il connaissait du territoire nord-américain de la côte atlantique, jusqu’à une partie des Grands Lacs, à l’ouest. La baie d’Hudson ainsi que plusieurs cours d’eau, montagnes, forêts, nations amérindiennes et établissements européens y figurent. Elle est aussi ornée de plusieurs dessins de navires, animaux et poissons et comprend une échelle et une rose des vents.

La carte de 1632 de Champlain (MIKAN 165287)

Il revint définitivement à Québec au printemps de 1633 où il mourut, en 1635. Peut-être un jour découvrira-t-on une autre carte de Champlain? Qui sait?

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Détail de six Amérindiens naviguant dans deux canots.

Amérindiens naviguant dans leurs canots (détails de la carte de 1612; MIKAN 3919638)

Un canot! En effet, sans l’accueil des Autochtones, leur connaissance du territoire et leurs canots, l’œuvre de Champlain n’aurait certainement pas eu la même ampleur. Champlain représente d’ailleurs certains d’entre eux sur cette carte dans leurs canots. J’aurais très bien vu l’une de ces images dans l’exposition, agrandie sur un grand mur derrière la vitrine présentant Les voyages et la carte de 1612 de Champlain. Comme je l’ai mentionné plus haut, ce dernier a sans doute inauguré cette collaboration entre les explorateurs et les Autochtones. Il les a interrogés à plusieurs reprises sur leurs connaissances géographiques et leur a parfois demandé de dessiner des cartes, qui sont malheureusement perdues.

D’autres cartographes qui suivront ont également reconnu l’importance primordiale de ces relations, Jean-Baptiste Franquelin, par exemple, lui-même explorateur-cartographe de grand talent ou, plus tard, Pierre Gaultier de La Vérendrye qui a rendue célèbre la carte de l’un de ses guides, le cri Ochagach. Cette collaboration avec les Autochtones se poursuivra par la suite, bien au-delà du Régime français. Cette aquarelle réalisée vers 1785 par James Peachey, qui devait à l’origine être placée sur une carte qui n’a pas été retrouvée, pourrait aussi bien représenter l’apport des Amérindiens à la connaissance du territoire.

Aquarelle représentant quatre Amérindiens en canot : une femme, deux hommes et un enfant, possiblement à la chasse aux canards. Leurs vêtements et accessoires constituent un mélange d’éléments amérindiens et européens (textiles et bijoux notamment). La femme est assise à l’arrière et pagaie. Les deux hommes, debout, portent des fusils et ont des tatouages au visage. Il y a aussi un chien dans le canot.

Un plan de la partie habitée de la province de Québec, James Peachey, vers 1785 (MIKAN 2898254)

J’aimerais également, comme plusieurs l’ont fait avant moi, pouvoir montrer le visage de Champlain, cet homme si intrigant, ce leader aux multiples talents, probablement en très bonne santé physique puisqu’il a échappé aux maladies et aux malheurs qui ont emporté tant de ses comparses. Cependant, il n’existe aucun portrait de l’explorateur. Le « portrait » que l’on connaît de Champlain est un faux, créé de toutes pièces au 19e siècle. Pourquoi donc ne pas lui substituer un autre portrait imaginé? Celui incarné par le comédien québécois Maxime LeFlaguais, par exemple, dans la récente série télévisée Le rêve de Champlain.

La carte de 1612 de Champlain est un document d’une grande valeur historique, qui a été l’objet de plusieurs travaux de recherche et qui, j’en suis certaine, suscitera encore beaucoup d’intérêt dans l’avenir. Mais elle pourrait aussi être envisagée autrement : je serais très intéressée à visiter une installation artistique multimédia, par exemple, qui s’inspirerait de cette carte afin de révéler les points de vue d’artistes, autochtones en particulier, sur Champlain, son œuvre et son impact.

Biographie

Isabelle Charron œuvre au sein de Bibliothèque et Archives Canada depuis 2006, où elle est l’archiviste responsable de la collection de cartes géographiques anciennes. Elle a travaillé plusieurs années au Musée canadien des civilisations (désormais le Musée canadien de l’histoire) sur différents projets d’exposition. Elle s’intéresse en particulier à l’histoire de la cartographie sous le Régime français et au début du Régime britannique. Elle est détentrice d’une maîtrise en histoire de l’Université d’Ottawa.

Ressources connexes

  • Heidenreich, Conrad E., Explorations and Mapping of Samuel de Champlain, 1603-1632, Cartographica, Monograph no. 17, Toronto, University of Toronto Press, 1976. 140 p. (AMICUS 22100)
  • Heidenreich, Conrad E., Chapter 51: The Mapping of Samuel de Champlain, 1603-1635 (en anglais seulement), in David Woodward, ed., The History of Cartography, Volume Three (Part 2): Cartography in the European Renaissance, Chicago, The University of Chicago Press, 2007, p. 1538-1549
  • Litalien, Raymonde, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, La mesure d’un continent. Atlas historique de l’Amérique du Nord, 1492-1814, Sillery, Québec, Les éditions du Septentrion et Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2007, 299 p. Ouvrage préparé en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec (AMICUS 33372416)
  • Litalien, Raymonde et Denis Vaugeois, dir., Champlain. La naissance de l’Amérique française, Sillery, Québec, Les éditions du Septentrion et Paris, Nouveau Monde éditions, 2004, 399 p. En particulier Conrad E. Heidenreich et Edward H. Dahl, « La cartographie de Champlain (1603-1632) », p. 312-332 (AMICUS 30597940)
  • Trudel, Marcel, « CHAMPLAIN, SAMUEL DE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003–, consulté le 19 déc. 2016 (http://www.biographi.ca/fr/bio/champlain_samuel_de_1F.html)

Conservatrice invitée : Vasanthi Pendakur

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Femme sauvage du Canada, 1784

 Gravure en couleur d’une femme au teint pâle et aux cheveux blonds portant une robe jaune bordée de vert, un tablier blanc, un collier, des collants roses et des chaussons bleus.

Femme sauvage du Canada, gravure tirée de Mœurs et coutumes des sauvages du Canada, 1784 (MIKAN 3025442)

Les images du Canada publiées dans des encyclopédies sérieuses sont souvent surprenantes. Cette Autochtone ressemble à une Européenne avec ses cheveux blonds. Lire la suite

Conservateur invité : James Bone

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Canada : Qui sommes-nous?

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Le Castor de trois pence, conception de sir Sandford Fleming, 1851

Sépia, timbre carré. À chaque coin se trouve le chiffre trois, qui indique le coût. Dans un anneau autour du centre est écrit « Canada Postage Three Pence », et une couronne se trouve entre les mots du haut. Au centre de l’anneau apparaît un castor près d’un cours d’eau; une montagne et des arbres se trouvent à l’arrière-plan.

Le castor de trois pence, conçu par sir Sandford Fleming, 1851 (MIKAN 2184475) ©Postes Canada

On jugeait que le castor représentait bien le Canadien moyen parce qu’il est travaillant, tenace et très habile en construction. C’est l’une des raisons pour lesquelles le premier timbre canadien est à son effigie.


Parlez-nous de vous.

Je fais l’acquisition et le traitement des archives philatéliques de sources privées (ou non gouvernementales). Bien que BAC possède le très important Fonds du ministère des Postes, lequel contient les dossiers de Postes Canada, l’étude de la philatélie s’effectue entièrement dans la sphère privée. Ainsi, pour compléter les dossiers officiels, BAC recueille aussi les dossiers de concepteurs de timbres, de graveurs et d’artistes ainsi que ceux d’imprimeries, de sociétés philatéliques du Canada, et ceux de chercheurs et d’exposants majeurs du domaine de la philatélie.

J’ai récemment représenté BAC dans le cadre de la British North America Philatelic Society Exhibition qui a eu lieu en 2016, à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. J’ai cherché à faire connaître les collections de BAC et la façon de les utiliser, tout en soulignant que des participants pourraient avoir des documents d’archives intéressants pour la collection grandissante de BAC.

Je ne m’attendais pas réellement à travailler pour BAC. Après mes études de premier cycle, en 2006, j’ai obtenu une bourse d’une année afin de poursuivre mes études en langue chinoise à l’Université normale de Pékin, ce qui servait de préparatifs pour mon projet de maîtrise ès arts et histoire de la Chine. Toutefois, la maladie et un changement d’orientation m’ont poussé vers le marché du travail. J’ai travaillé à London (Ontario) en assistance technique et supervisé plus tard une équipe de soutien technique à Montréal pendant plusieurs années avant de revenir aux études supérieures. Lire la suite

Conservatrice invitée : Meaghan Scanlon

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Canada : Qui sommes-nous?

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

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Les voyages du sieur de Champlain […], par Samuel de Champlain, 1613, et sa Carte geographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain

Une photo en couleur d’un livre ouvert avec une carte plié que deuux mains commencent à déplier.

Les voyages du sieur de Champlain…, 1613 et la Carte geographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain, gravée par David Pelletier en 1612 (MIKAN 3919638) (AMICUS 4700723)

Samuel de Champlain croyait à l’énorme potentiel du Canada. Il publia cette magnifique carte dans son livre pour en faire la promotion auprès des investisseurs. Les splendides dessins de plantes sont probablement son oeuvre. Lire la suite

Appréciation des mots : des œuvres gagnantes des Prix littéraires du gouverneur général font partie de la collection de BAC

Par Sara Viinalass-Smith

Les Prix littéraires du gouverneur général font partie des prix littéraires du Canada les plus prestigieux. La longue histoire de ceux-ci peut jeter de la lumière sur l’évolution de la publication, de l’écriture et des goûts des lecteurs canadiens au cours des huit dernières décennies. Les Prix, qui ont vu le jour en 1937, ont été créés par l’association des auteurs canadiens et soutenus par le prolifique auteur et gouverneur général John Buchan, premier baron de Tweedsmuir. Ils ont 80 ans cette année. Les Prix récompensaient au début les œuvres de fiction et non fictives. Au fil des ans, ils se sont mis à récompenser aussi la poésie, la traduction, les pièces de théâtre et la littérature pour enfants, en français et en anglais.

Depuis 1969, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) monte une collection d’archives littéraires qui comprend les documents en anglais et en français de nombreux gagnants des Prix, comme Robertson Davies, Marie-Claire Blais, Dionne Brand, Gabrielle Roy et Carol Shields. En examinant ces documents, vous pouvez, par exemple, retracer le chemin parcouru par un roman primé de l’idée originale de l’auteur, élaborée dans des notes et des ébauches, en passant par les épreuves en placard considérablement remaniées et l’image proposée pour la page couverture, pour en arriver à l’étude de coupures de presse et même à l’invitation de l’auteur à la cérémonie de remise des Prix du gouverneur general.

Photographie en noir et blanc jaunie d’un officier en uniforme.

Thomas Findley, source d’inspiration pour Guerres de Timothy Findley (MIKAN 4933177)

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Présentation de la série de blogues « Conservateurs invités de BAC » et de notre prochaine exposition!

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Ne manquez pas, tout au long de la prochaine année, une nouvelle série passionnante de blogues mettant en lumière l’exposition Canada : Qui sommes-nous? organisée par Bibliothèque et Archives Canada (BAC) pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération. L’exposition sera inaugurée le 5 juin 2017, et le premier blogue sera publié en janvier 2017.

Contenu des blogues

Des employés ayant participé à l’élaboration de l’exposition présenteront notamment des anecdotes sur leur travail à BAC. La série comprend également des articles publiés par des chercheurs, des experts et des citoyens canadiens de partout au Canada – et même de l’autre bout du monde – qui considèrent les collections de BAC comme une ressource vitale.

Dans chacun des blogues, un conservateur invité examinera un article de l’exposition et répondra à quatre questions lui donnant l’occasion de parler un peu de lui-même, de fournir de l’information supplémentaire sur leur article et d’ajouter « virtuellement » un ou deux articles à l’exposition.

Des blogues de la série seront publiés chaque mois, de janvier à décembre 2017. Revenez régulièrement pendant la prochaine année pour découvrir qui sera le prochain conservateur invité.

Visite de l’exposition

Venez visiter l’exposition gratuite au centre-ville d’Ottawa, où vous pourrez admirer de nombreux trésors canadiens. Canada : Qui sommes-nous? est présentée au 395, rue Wellington, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018.

L’exposition examine différentes conceptions du Canada et de l’identité canadienne, au fil du temps.

Certaines idées nous sont familières et nous mettent à l’aise, comme de bonnes vieilles pantoufles usées. Par exemple, l’idée que le Canada est une nation « nordique » remonte aux premiers jours de la colonie. D’autres semblent tout simplement démodées, comme la photo de la famille canadienne « typique » de 1944. D’autres encore peuvent paraître fausses, voire choquantes, dans une perspective contemporaine. Mentionnons, à titre d’exemple, certaines attitudes passées concernant l’immigration et les Autochtones.

Carte gravée de la Nouvelle-France. Le continent, couvert d’arbres, de montagnes et de rivières, est bordé par l’océan, dans lequel on retrouve des navires et des animaux marins. Un compas, un sceau et un soleil sont également dessinés. Des membres des Premières Nations sont représentés au-dessus d’une bande de végétaux entourant la légende.

Carte géographique de la Nouvelle-Franse faictte par le sieur de Champlain, provenant de l’ouvrage intitulé Les voyages du sieur de Champlain […], 1613, gravée par David Pelletier en 1612. (MIKAN 3919638) (AMICUS 4700723)

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Fais-moi un dessin : les politiciens canadiens dans la BD

Par Meaghan Scanlon

Nous avons tous ri un jour ou l’autre en voyant une caricature dans le journal. Les personnalités politiques font souvent les frais de ces petites bandes dessinées tantôt humoristiques, tantôt sarcastiques, qui misent toujours sur l’exagération. Mais saviez-vous que des politiciens canadiens ont aussi figuré dans des bandes dessinées Web, des romans illustrés, et même des BD de super-héros?

Hark! A Vagrant, la bande dessinée de Kate Beaton publiée en anglais sur le Web, met souvent en vedette des personnages historiques. Sa planche « A History Debate » présente ainsi une brochette de figures connues ayant marqué notre pays. On peut y voir sir John A. Macdonald discuter de la façon de rendre l’histoire du Canada moins ennuyante. (Et précisons qu’à nos yeux, elle est tout sauf ennuyante!)

Quelques romans illustrés relatent quant à eux la vie de politiciens canadiens. C’est le cas de Louis Riel: A Comic-Strip Biography, par Chester Brown, et de Hyena in Petticoats: The Story of Suffragette Nellie McClung, par Willow Dawson. Les auteurs de ces ouvrages à saveur biographique prennent certaines libertés pour décrire les événements, mais la majeure partie de leur récit est fondée sur la réalité.

À l’opposé, des super-héros de BD côtoient parfois des politiciens canadiens dans des aventures incroyables! Ce sera bientôt le cas du premier ministre Justin Trudeau, qui fera son entrée dans le monde de la bande dessinée dans un numéro publié par Marvel et écrit par le Canadien Chip Zdarsky. D’autres avant lui sont déjà passés par là; ainsi, dans le premier numéro de New Triumph featuring Northguard, le héros éponyme met à jour un complot visant à tuer le premier ministre du Québec, René Lévesque. Heureusement, Northguard arrive juste à temps pour lui sauver la vie.

Pierre Elliott Trudeau n’est pas en reste : dans le 120e numéro de la BD The X-Men, le premier ministre du Canada rencontre James MacDonald Hudson (nom de code : Vindicator), de la Division Alpha, l’équipe de super-héros canadiens. Il lui confie une mission : capturer et ramener au pays Wolverine, un membre canadien des X-Men. Les illustrations de cette BD sont l’œuvre de l’artiste canadien John Byrne.

Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau est debout devant un grand écran où l’on voit les X-Men combattant un robot géant. À ses côtés se tient Vindicator, chef de la Division Alpha, à qui il demande de lui expliquer qui sont les X-Men. Au haut de la page, on peut lire en gros caractères « The Uncanny X-Men » (« Les mystérieux X-Men »), ainsi que le titre « Wanted: Wolverine! Dead or Alive! » (« Recherché mort ou vif : Wolverine »). La scène se déroule dans le centre des opérations du ministère de la Défense du Canada.

Vindicator, chef de la Division Alpha, explique à Pierre Elliott Trudeau qui sont les X-Men dans le no 120 de la série du même nom, publié par Marvel Comics en avril 1979. (Réimprimé dans X-Men: Alpha Flight) AMICUS 44300363 © MARVEL

Mais c’est peut-être dans Angloman: Making the World Safe for Apostrophes! que les politiciens canadiens sont dépeints de la façon la plus surprenante. Angloman, le super-héros du bilinguisme, y rencontre une série de personnages dotés de pouvoirs spéciaux. Ceux-ci sembleraient sans doute familiers aux personnes qui étudient la politique canadienne. Ainsi, Power Chin est une parodie du premier ministre Brian Mulroney; il arbore un menton surdimensionné, l’un des traits du politicien les plus repris par les caricaturistes. Pierre Elliott Trudeau, quant à lui, devient The Northern Magus, un mystérieux personnage doté de pouvoirs magiques et ne s’exprimant qu’en vers, toujours vêtu d’une cape et portant une rose à la boutonnière.

Croquis et descriptions textuelles de trois personnages : Poutinette, The Northern Magus et Power Chin.

Notices biographiques de trois personnages (Poutinette, The Northern Magus et Power Chin), tirées d’Angloman: Making the World Safe for Apostrophes! (AMICUS 14740760) © Mark Shainblum et Gabriel Morrissette. Reproduit avec la permission de Signature Editions.

Les bandes dessinées qui traitent de l’histoire du Canada vous intéressent? Vous aimeriez découvrir d’autres BD canadiennes? Visitez l’exposition de Bibliothèque et Archives Canada intitulée Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne, à l’affiche jusqu’au 14 septembre au 395, rue Wellington à Ottawa. L’admission est gratuite.

Autres ressources


Meaghan Scanlon est bibliothécaire des collections spéciales au sein de la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.