Récit sur la collection Lowy : une histoire d’heureux hasards

Par Michael Kent

Un des aspects les plus excitants du travail avec les livres rares est de découvrir l’histoire de chacune des pièces de nos collections. Le parcours d’un document avant son arrivée à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est souvent tout aussi intéressant que son contenu. Dans certains cas, on peut établir des parallèles étonnants entre l’histoire d’un document et le texte qu’il renferme. Le rouleau contenant le livre d’Esther, maintenant conservé dans la collection Jacob-M.-Lowy, en est un bon exemple.

Une photographie couleur d’un manuscrit hébraïque rédigé sur un parchemin d’une longueur approximative de sept pieds, entièrement déroulé sur une table. L’étui en métal qui contenait le manuscrit se trouve aussi sur la table.

Le livre d’Esther déroulé dans la salle Jacob-M.-Lowy, située au 395, rue Wellington à Ottawa (Ontario). Source : Bibliothèque et Archives Canada

Le rouleau porte un texte manuscrit en hébreu, dans un format adapté au rituel entourant la fête juive de Pourim. L’histoire qui a mené à l’acquisition de ce document par Bibliothèque et Archives Canada m’a été transmise par mes prédécesseurs. Elle est trop belle pour ne pas la raconter.

Les visiteurs qui voient le rouleau sont immédiatement frappés par le mauvais état de son étui métallique. On fait souvent remarquer que celui-ci semble avoir connu la guerre, et les apparences ne sont pas trompeuses.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, un soldat britannique découvre cet étui en Europe continentale, dans les décombres d’un édifice bombardé. Lorsqu’il réalise que l’étui contient un rouleau de parchemin, il décide de le conserver comme souvenir de guerre. Plus tard, il déménage au Canada, emportant le rouleau avec lui.

Le deuxième chapitre de l’histoire du rouleau commence après le décès du soldat. Ce militaire n’ayant pas d’enfants, des voisins se portent volontaires pour vider son appartement après sa mort. Ils y découvrent le rouleau et se souviennent que le soldat le leur avait déjà montré. Conscients qu’il s’agit d’un document de valeur, ils décident de lui trouver un lieu de conservation approprié. Par un heureux hasard, ces voisins ont un parent qui travaille pour ce qui était à l’époque les Archives nationales. Ils envoient le rouleau à cette personne, qui le transmet à un archiviste. Quelques années plus tard, la collection d’ouvrages judaïques rares Jacob-M.-Lowy est offerte à la Bibliothèque nationale du Canada. Le rouleau est alors transféré dans cette collection pour qu’il soit conservé avec les autres documents judaïques.

Mais pourquoi ai-je l’impression que l’histoire du rouleau reflète celle que son texte raconte? Parce que le livre d’Esther a une caractéristique bien particulière : c’est l’un des deux seuls livres des écritures hébraïques à ne pas mentionner Dieu. Selon la tradition rabbinique, le nom de Dieu a été omis dans le livre pour mettre l’accent sur la nature secrète du miracle raconté, qui est composé d’une série de petits et improbables événements aboutissant à la survie du peuple juif.

Quand je regarde le rouleau, je vois un document qui a lui aussi survécu grâce à une série de petits événements improbables : le propriétaire d’origine qui le range dans un solide étui protecteur; le document qui survit à un bombardement et tombe à un endroit bien visible; un soldat qui s’arrête pour l’examiner et décide qu’il vaut la peine d’être sauvé; les voisins du soldat qui offrent de vider son appartement après son décès; ces mêmes voisins qui examinent avec soin le contenu de l’appartement, puis cherchent un endroit approprié pour conserver le rouleau; et le fait qu’ils ont un parent travaillant aux Archives nationales. Tous ces événements improbables s’enchaînent pour former la captivante histoire de survie de ce rouleau et le fabuleux voyage qui le mena jusqu’à BAC.

Si je ne suis pas en mesure de proposer des réflexions spirituelles sur la survie de ce rouleau, je peux dire qu’elle est le fruit d’une remarquable suite d’heureux hasards. Cette histoire, et d’autres du même genre, mettent en lumière le formidable passé des documents conservés dans nos collections. Ces histoires vont bien au-delà de l’écrit; je suis très reconnaissant de pouvoir les découvrir et les faire connaître.


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob-M.-Lowy à Bibliothèque et Archives Canada.

Des nouvelles de Kigali!

Par Alison Harding-Hlady

En février 2020, je suis arrivée avec mon collègue Karl-Xavier Thomas à Kigali, au Rwanda, où nous sommes les invités de la Rwanda Archives and Library Services Authority (RALSA). Après près de deux semaines sur place, nous avons du mal à croire que nous arrivons déjà à la moitié de notre voyage! Grâce à une préparation qui a duré des mois, nous avons accompli beaucoup de choses pendant ces deux premières semaines.

La RALSA nous a demandé de donner une formation sur les activités professionnelles, les normes internationales et les pratiques exemplaires à trois bibliothécaires et quatre archivistes. Cette équipe – petite, mais solide – est pleinement consciente des responsabilités et des obligations de la bibliothèque et des archives nationales. Elle est impatiente d’adopter des pratiques exemplaires, non seulement afin de bien gérer et décrire sa propre collection, mais aussi pour guider les autres institutions de mémoire du Rwanda.

Comme je représente le volet « bibliothèque », j’ai mis l’accent sur le catalogage (ma spécialité!), tout en répondant à d’autres questions. J’ai aussi contribué à l’élaboration de politiques sur divers sujets allant de l’administration du programme national d’ISBN à la gestion des droits numériques en passant par la production de contenu pour les médias sociaux. C’est une expérience inédite pour moi, une employée d’une grande institution. Les diverses parties de la collection et des services de BAC sont gérées par différentes sections composées de grands groupes. Ici, quelques personnes s’efforcent de remplir tous ces rôles. Le personnel est ambitieux et travaille d’arrache-pied; j’ai une immense admiration pour tout ce qu’il tente d’accomplir.

Photo couleur d’archive sur des étagères.

Une partie de la collection d’archives de la RALSA. Photo : Karl-Xavier Thomas.

Profitant de notre présence, la RALSA a invité des bibliothécaires et des archivistes d’un peu partout au Rwanda à une conférence de quatre jours à Kigali. Karl-Xavier et moi y offrirons de nouveau notre formation des deux dernières semaines, mais devant un public plus nombreux! Pour nous, ce sera l’occasion parfaite de réseauter avec beaucoup de professionnels rwandais. Quant à eux, ils pourront acquérir des compétences pour offrir de meilleurs services à leurs clients et mieux s’occuper de leurs collections.

J’ai toujours été fière de mon travail et de son importance, mais c’est vraiment spécial d’observer l’influence que mes connaissances et mon expertise peuvent avoir ici. Je me sens utile en aidant des professionnels d’un peu partout au pays à mieux décrire leurs collections et à en améliorer l’accès. Ce sont des notions qu’ils pourront utiliser longtemps après mon retour au Canada.

Notre échange culturel comprenait aussi une autre activité intéressante : l’Umuganda, c’est-à-dire la journée nationale de nettoyage communautaire. Tous les citoyens âgés de 16 à 65 ans doivent participer à cet événement qui se déroule le dernier samedi de chaque mois. Les gens se rassemblent dans leur village ou leur quartier et contribuent à un projet ayant des répercussions positives pour la communauté locale. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie, petit à petit. J’ai participé à l’enlèvement de broussailles poussant autour d’arbres récemment plantés et au déterrement d’un canal de drainage envahi par les mauvaises herbes.

Après ces tâches manuelles, les villageois ont pris part à un rassemblement communautaire. Ils ont partagé nouvelles et rappels avant d’aborder certaines préoccupations. J’ai été impressionnée par le respect témoigné tout au long de la réunion. Tous étaient à l’aise à l’idée de s’exprimer, et l’écoute était au rendez-vous afin de trouver des solutions communes.

D’une certaine façon, ce que nous faisons ici reste dans l’esprit de l’Umuganda. Nous contribuons également au bien de la communauté, et nous repartirons après avoir amélioré certaines choses.

Photo couleur d’un immeuble de bureaux.

La RALSA déménagera l’année prochaine dans un immeuble bâti spécialement pour elle, mais elle occupe actuellement l’étage supérieur d’un immeuble de bureaux à Kigali, au Rwanda. Photo : Alison Harding-Hlady.


Alison Harding-Hlady est bibliothécaire principale au catalogage, responsable des livres rares et des collections spéciales, à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Lire, en toute liberté

Par Liane Belway

Photographie couleur montrant le dos de livres empilés sur fond noir.

Échantillon de livres variés provenant de la collection de Bibliothèque et Archives Canada qui ont été contestés. Photo : Tom Thompson

Au Canada, nous sommes libres de lire ce qui nous plaît – à un point tel que nous oublions parfois l’importance de ce droit. L’idée que celui-ci pourrait être bafoué dans un pays comme le nôtre ne nous vient même pas à l’esprit. Après tout, notre liberté intellectuelle est garantie par la Charte canadienne des droits et libertés. Pourtant, la liberté de lire ne peut jamais être tenue pour acquise. Même au Canada, des livres et des magazines sont fréquemment contestés dans les bibliothèques et les écoles, comme l’expliquent de nombreux ouvrages sur la liberté d’expression et la censure au Canada. Ces pressions portent atteinte au droit des Canadiens de décider eux-mêmes ce qu’ils lisent.

La Semaine de la liberté d’expression encourage la population canadienne à parler de sa liberté intellectuelle et à la célébrer. Tous les ans, le Book and Periodical Council se sert de cette période pour lever le voile sur l’histoire souvent méconnue de la censure et de la mise à l’index au Canada, et sur les luttes menées pour maintenir certains ouvrages sur les tablettes des écoles et des bibliothèques. Partout au pays, pendant une semaine, des événements sensibilisent le public à l’importance de protéger son droit à la lecture.

Le droit à la liberté intellectuelle signifie que chaque personne est libre de choisir ce qu’elle lit, dans les limites permises par la loi canadienne. En contestant la présence d’un titre sur les tablettes, on fait plus qu’exprimer ses propres goûts ou son refus de prendre part au dialogue sur une question controversée : on tente carrément, souvent pour des raisons politiques ou morales, d’empêcher le public de lire des ouvrages offerts dans les écoles, les bibliothèques ou les librairies. Les bibliothèques ont le devoir de protéger la liberté de lire et doivent refléter ce devoir dans leurs politiques.

Chaque cas est particulier, et les bibliothèques réagissent différemment en fonction de leur mandat et de leurs responsabilités envers les usagers. Dans la plupart des bibliothèques publiques, des politiques sur la liberté intellectuelle sont en place pour orienter le traitement des préoccupations individuelles tout en protégeant le droit collectif à la lecture. Par exemple, les ouvrages peuvent être classés selon l’âge du lectorat auquel ils s’adressent. Quant aux bibliothèques scolaires, elles sont généralement chargées d’appliquer le programme scolaire pour les élèves de l’école. Enfin, Bibliothèque et Archives Canada a le mandat d’acquérir, de décrire et de rendre accessibles toutes les publications canadiennes pour les lecteurs et les chercheurs d’ici et d’ailleurs dans le monde.

Ce ne sont pas tous les livres contestés qui finissent frappés d’interdit. Quand une auteure de la trempe de Margaret Atwood voit un roman comme La servante écarlate remis en question, on assiste souvent, au contraire, à une augmentation de l’attention médiatique, des ventes et du lectorat. L’œuvre Lives of Girls and Women d’Alice Munro, par exemple, a fait l’objet de contestations, et l’auteure a remporté quelques décennies plus tard le prix Nobel de la littérature.

Néanmoins, la tentative de faire bannir un ouvrage peut avoir un effet plus insidieux, surtout dans les écoles et les bibliothèques publiques. Un livre pour enfants controversé peut tout simplement être retiré des listes de lecture et des programmes scolaires pour éviter la confrontation. Mais il arrive aussi qu’une réclamation d’interdiction soit refusée, notamment pour des ouvrages à thème comme L’arbre de Maxine. Grâce à une décision prise en 1992, ce livre illustré au message écologiste a continué d’être lu dans les écoles primaires. Aujourd’hui, on tient pour acquise la possibilité de présenter aux enfants des livres sur l’environnement, les familles homoparentales, les croyances religieuses et toutes sortes d’autres sujets, mais la réalité n’a pas toujours été ainsi.

Qui sait combien d’ouvrages n’ont pas été achetés (ou même écrits) au fil des décennies en raison d’une culture de l’interdiction? Nous aimons à penser que, de nos jours, nous sommes plus ouverts au point de vue des autres. En tant que Canadiens, nous devons demeurer conscients de la grande valeur de notre droit à la lecture, et protéger ce droit pour nous-mêmes et pour les autres.


Liane Belway est bibliothécaire à la Division des acquisitions de la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Web de la Semaine de la liberté d’expression.

Prête pour le Rwanda!

Par Alison Harding-Hlady

Dans quelques jours, je quitterai le Canada pour une affectation très spéciale à Kigali, au Rwanda. Il y a quelques mois, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a signé un protocole d’entente avec la Rwanda Archives and Library Services Authority (RALSA) pour y donner de la formation sur les activités professionnelles, les normes internationales et les pratiques exemplaires. En compagnie de Karl­Xavier Thomas, un collègue archiviste, je passerai donc quatre semaines à vivre et à travailler avec le personnel de cette organisation.

Je suis honorée et ravie d’avoir été choisie pour représenter le volet « bibliothèque » de BAC, et je prépare mon voyage depuis plusieurs mois.

Je partagerai mon savoir-faire avec les bibliothécaires de la RALSA et, à la demande de celle-ci, je me concentrerai sur la description bibliographique, c’est-à-dire le catalogage et la classification. En tant que bibliothécaire au catalogage, j’ai consacré toute ma carrière à ces deux domaines (je travaille à BAC depuis 16 ans, et ce n’est pas terminé!). Je suis donc tout à fait d’accord pour dire que ce sont des composantes fondamentales de la bibliothéconomie.

En effet, toutes les autres activités de bibliothéconomie reposent sur un catalogue bien organisé, qui renferme des descriptions claires et détaillées de chaque article de la collection. Qu’il s’agisse de décisions d’acquisition, de services aux chercheurs, de réponses aux demandes de référence, de projets de numérisation, d’expositions, de conservation, etc., vous devez savoir ce que vous avez, et à quel endroit ça se trouve, avant de pouvoir faire quoi que ce soit!

Le catalogage est parfois qualifié d’ennuyeux; pour ma part, je dirais plutôt qu’il est souvent mal compris. C’est un domaine fascinant et dynamique, qui évolue sans cesse mais dont l’objectif reste le même : fournir le meilleur accès possible à la collection.

Chaque jour apporte de nouveaux défis et de nouvelles occasions d’apprendre, car chaque article que nous cataloguons nécessite recherche et réflexion pour choisir la meilleure façon de le classer, de le décrire et de le relier à d’autres parties de la collection.

C’est cette philosophie, et les outils requis pour y arriver, que j’espère transmettre à mes collègues bibliothécaires au Rwanda.

Pendant mes quatre semaines à Kigali, je m’attaquerai à des sujets comme la norme internationale de description (RDA); la façon de créer et d’utiliser les autorités de noms; les différents systèmes de classification; la consultation du système intégré de gestion de bibliothèque, tant par le personnel que par le public; et plus encore.

Je consacrerai beaucoup de temps aux travaux pratiques, au catalogage comme tel et aux discussions sur les défis et la complexité que présente chaque livre. Car même les articles qui semblent simples à cataloguer comportent des défis! Je souhaite qu’à la fin de mon séjour, la RALSA ait tous les outils nécessaires pour donner accès à sa collection et appuyer l’important travail qu’elle accomplit au Rwanda.

Une fois rentrée au Canada, je continuerai d’être une personne-ressource pour l’organisation, et je demeurerai à sa disposition par courriel.

Mon matériel de formation est presque prêt. J’ai reçu mes vaccins, mes billets sont réservés, ma valise est faite… Un énorme défi m’attend, mais c’est aussi le projet le plus stimulant de toute ma carrière. La pression se fait sentir : ce n’est pas tous les jours qu’on doit préparer quatre semaines de programmes et d’enseignement, et faire un aussi long voyage (22 heures et 3 vols!)

Mais je sais que je peux relever ce défi et faire honneur à BAC. Partager mon savoir­faire et ma passion pour la bibliothéconomie et le catalogage avec de nouveaux bibliothécaires ailleurs dans le monde : voilà une occasion aussi excitante qu’inspirante!

Photo couleur d’une femme avec une valise, devant un édifice.

L’auteure avec sa valise, prête à partir!


Alison Harding-Hlady est bibliothécaire principale au catalogage, responsable des livres rares et des collections spéciales, à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Les publications rétrospectives : mieux vaut tard que jamais

Par Euphrasie Mujawamungu

Le mandat de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) consiste entre autres à acquérir tous les documents publiés au Canada, sans restriction de format, de sujet ou de langue. S’y ajoutent les œuvres étrangères dont les auteurs, les éditeurs, les traducteurs, les illustrateurs ou les interprètes sont Canadiens, ou dont le sujet a un lien avec le Canada. Nous appelons ces publications « Canadiana ».

La collection rétrospective Canadiana englobe divers types de documents publiés entre 1867 et cinq ans avant l’année courante, soit :

  • les documents publiés avant l’établissement du dépôt légal, en 1953;
  • les documents publiés depuis l’adoption du dépôt légal, mais n’ayant pas été acquis au moment de leur publication;
  • les documents non assujettis au dépôt légal, comme les œuvres publiées à l’étranger par des auteurs canadiens ou portant sur des sujets canadiens.

Puisque BAC se veut une source de savoir permanent accessible à tous, il doit, pour accomplir cette mission, se doter d’une collection aussi exhaustive que possible.

Un passé qui nous façonne

Le présent est tributaire du passé : à chaque époque, son histoire… une histoire aussi vaste que riche en événements. Pensons par exemple à la première Coupe Stanley, au premier premier ministre canadien-français, à la ruée vers l’or du Klondike, à la première députée, à l’obtention du droit de vote pour les femmes, aux deux guerres mondiales ou au roman à succès Anne… La maison aux pignons verts, de l’auteure prince-édouardienne Lucy Maud Montgomery.

Le quotidien d’autrefois a laissé des empreintes sur de nombreux domaines : l’art, la littérature, la mode, le transport, la cuisine, et plus encore. Les publications rétrospectives de la collection de BAC en témoignent, ouvrant des fenêtres tantôt sur la belle époque, tantôt sur les périodes de vaches maigres, et abordant des sujets aussi variés que les voyages, les recettes de nos arrière-arrière-grand-mères, les épidémies, les famines, les coupes gagnées ou les matchs perdus.

Gardien de ce passé aussi bien que de l’histoire récente, BAC est une ressource incontournable pour tous les Canadiens. Il facilite leur recherche au sein de sa riche collection, les aide à y découvrir les documents les plus pertinents et leur permet d’y accéder. C’est là le cœur de son mandat.

Cela dit, les lacunes au sein de la collection nationale doivent être comblées afin de s’assurer qu’aucun aspect de notre histoire n’est négligé ou sous-estimé. Et ce n’est pas un travail d’un jour ni une activité ponctuelle. Au contraire : une attention et une vigilance perpétuelles sont requises pour repérer les occasions d’enrichir la collection.

Photo couleur d’une variété de livres à couvertures souples.

Quelques titres acquis rétrospectivement par BAC pendant l’automne 2019. Photo: David Knox

Les outils

De près ou de loin, l’histoire nous interpelle sans cesse, ce qui rend la recherche de publications vraiment excitante. À titre de bibliothécaire, je dispose de plusieurs ressources pour repérer les publications rétrospectives à acquérir :

  • les catalogues des vendeurs de livres d’occasion
  • les catalogues des antiquaires
  • les sites Web spécialisés dans la vente de livres d’occasion
  • les publications données à BAC (je cherche alors parmi les dons pour y trouver les documents qui manquent à la collection)

L’acquisition de publications d’époque est soumise à de rigoureuses conditions : chaque ouvrage doit être en son édition originale et en bon état. Cette exigence n’est pas un caprice, car des publications contaminées ou moisies vont non seulement se détériorer, mais aussi endommager les autres publications.

En outre, pour qu’un ouvrage garde toute sa valeur, il importe d’en conserver toutes les composantes originales, comme la couverture, les illustrations et les mentions d’édition.

Si BAC ne l’acquiert pas, qui le fera ?

BAC recueille le patrimoine documentaire canadien et assure sa pérennité, avec l’objectif ultime de répondre aux besoins de ses usagers.

Qu’il s’agisse de publications d’époque ou contemporaines, ce patrimoine constitue un héritage pour les générations actuelles et futures. Et il y a encore de la place dans le trousseau!

Véritable carrefour de connaissances, BAC dispose de professionnels compétents, au service de la population et dévoués à la collection. Chaque trésor acquis par l’institution est traité avec toute la délicatesse requise, et nos installations ultramodernes garantissent leur conservation dans des conditions optimales.

De plus, BAC se tient à la fine pointe de la technologie, ce qui facilite la collaboration avec d’autres organisations et les interactions avec la clientèle.

Le métier de bibliothécaire des collections en est un dynamique et gratifiant, qui demande un travail soutenu. En harmonie avec les services offerts à la collectivité, il évolue en suivant la cadence de cette société du savoir qui est la nôtre. Je peux affirmer que BAC, loin d’être un entrepôt de bouquins pêle-mêle, enrichit véritablement la mémoire collective. Chercheurs aguerris, étudiants, mélomanes ou tout simplement citoyens curieux et avides d’information : tous y trouvent leur compte.

Photo couleur d’une variété de livres à couvertures souples.

Quelques titres acquis rétrospectivement par BAC pendant l’automne 2019. Photo: David Knox


Euphrasie Mujawamungu est bibliothécaire au sein de l’équipe du dépôt légal à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Les cinq sujets qui suscitent le plus de questions à nos bibliothécaires de référence

Par Emily Dingwall

Les bibliothécaires de référence de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) répondent à des demandes de renseignements de clients qui portent sur une foule de sujets intéressants. Dans ce billet nous vous présentons les cinq sujets de référence pour lesquels les bibliothécaires se font poser le plus de questions, ainsi que des ressources pertinentes à consulter à leur propos.

Couverture de la publication Documents de la Session du Dominion du Canada, portant le titre « Comptes publics du Canada », publiée pour l’exercice financier terminé le 30 juin 1884.

Rapport intitulé « Comptes publics du Canada » se trouvant dans les Documents de la Session du Dominion du Canada, 1885, vol. 1, no 1. (No OCLC 1007491677, image de Canadiana)

  1. Documents du gouvernement fédéral

Rapports ministériels annuels. Bien des clients sont à la recherche de rapports ministériels annuels. Les rapports annuels datés de 1867 (année de la Confédération) à 1925 s’inscrivent dans les Documents parlementaires du Dominion du Canada. Pour en savoir plus, consultez le billet « Les documents parlementaires du Dominion du Canada, 1867-1925 ». Si vous êtes à Ottawa, vous pouvez accéder aux documents parlementaires dans les locaux de BAC en en faisant la demande au personnel dans la salle de référence du deuxième étage. Ces documents sont aussi consultables en ligne sur les sites Web suivants :

Les rapports ministériels d’après 1925 sont publiés séparément des autres documents parlementaires du gouvernement. Pour obtenir des rapports annuels pour la période de 1925 à 1930, passez par les employés de BAC ou par Archive Internet.

Pour les années après 1930, consultez notre catalogue de bibliothèque Aurora en indiquant le nom du ministère, tel qu’il était connu à l’époque, dont relèvent les rapports annuels que vous recherchez.

Pour 1995 et après, les rapports annuels se trouvent sur le site Rapport sur les résultats ministériels du gouvernement du Canada. Si vous cherchez un rapport récent, faites-le sur le site Web du ministère en question.

Documents du Parlement. Nous recevons aussi de nombreuses questions au sujet de recherches sur des débats, journaux et documents de comité de la Chambre des communes et du Sénat, par exemple sur le discours d’un premier ministre prononcé en Chambre. Ces documents se trouvent en ligne :

Page de texte dactylographié, en deux colonnes séparées par des armoiries. La colonne de gauche est en anglais; celle de droite est en français.

Première page de la Gazette du Canada, Partie II, vol. 137, no 23, 5 novembre 2003. (No OCLC 1082716964, image fournie par la Gazette du Canada)

  1. Recherches législatives

Les bibliothécaires reçoivent souvent des questions au sujet de textes législatifs imprimés ou qui se trouvent en ligne sur le Site Web de la législation.

Pour vos recherches législatives, voici les sources principales :

  • Les Lois du Canada comprennent toutes les lois et leurs modifications adoptées à chacune des sessions parlementaires.
  • Les Lois révisées du Canada (L.R.C.) sont des recueils des Lois du Canada dans lesquels sont intégrées les modifications et lois ajoutées depuis la dernière révision. Les L.R.C. ont été publiées pour les années 1886, 1906, 1927, 1952, 1970 et 1985.

Les Lois du Canada et les Lois révisées du Canada sont disponibles en édition imprimée dans la collection de référence de BAC, ainsi que dans de nombreuses bibliothèques publiques et universitaires. Elles peuvent aussi être consultées dans la base de données législative LLMC Digital (en anglais), accessible dans les locaux de BAC.

Pour en savoir plus à propos de ces lois et de la recherche législative, lisez le billet « Trouver une ancienne loi à Bibliothèque et Archives Canada ».

Vous trouverez les règlements et textes réglementaires officiels dans la Partie II de la Gazette du Canada, le journal officiel du gouvernement du Canada. Publiée en trois parties, la Gazette du Canada peut faire l’objet de recherches par mot-clé sur les sites Web suivants :

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les trois parties de la Gazette du Canada, consultez la page Publications dans la Gazette du Canada.

Les lectures des projets de loi, notamment les premières et troisièmes lectures, se trouvent dans le catalogue Aurora.

LEGISinfo, l’outil de recherche de la Bibliothèque du Parlement, contient une mine d’information sur tous les projets de loi présentés au Sénat et à la Chambre des communes depuis le début de la 37e législature en 2001.

Image du journal Courrier canadien, rédigé en quatre colonnes.

Courrier canadien, 11 mars 1900. (No OCLC 109270836)

  1. Recherches dans les journaux

Il arrive souvent aux bibliothécaires d’aider des clients à trouver dans les journaux des renseignements sur des nouvelles locales, des articles sur une personnalité ou des détails d’une visite royale au Canada, par exemple.

Nous conservons les journaux en version papier et sur microfilm, le tout répertorié dans le catalogue Aurora. Nous sommes également abonnés à plusieurs bases de données journalistiques.

Sur la page Fonds sur microforme – Liste géographique sont indiqués tous les journaux que nous avons en format microfilm (cliquez sur le numéro OCLC correspondant), ainsi que les journaux accessibles en ligne. La liste est organisée par province ou territoire, puis par nom de ville en ordre alphabétique.

Les journaux à grand tirage comme Le Devoir, le Montreal Gazette et l’Ottawa Citizen sont consultables sur microforme dans notre salle de lecture libre-service.

Les bases de données journalistiques suivantes sont accessibles à partir des postes publics de notre salle de référence : The Globe and Mail, Toronto Star, Paper of Record et Newspaper Archive.

Voici quelques ressources journalistiques en ligne (certaines en anglais) :

Page couverture de la publication Histoire officielle de la participation de l’armée canadienne à la Seconde Guerre mondiale.

Couverture de la monographie du colonel C. P. Stacey intitulée Histoire officielle de la participation de l’armée canadienne à la Seconde Guerre mondiale, volume 1 – Six années de guerre : L’armée au Canada, en Grande-Bretagne et dans le Pacifique. (No OCLC 317352934, image fournie par Publications du gouvernement du Canada)

  1. Recherches sur l’histoire militaire

Les bibliothécaires se font poser des questions d’histoire militaire par des clients à la recherche de récits publiés sur tel régiment ou telle unité, de statistiques de recrutement par année ou d’information sur le déploiement des unités canadiennes en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Voici des ressources pour les recherches sur l’histoire militaire :

Image d’un horaire de la Grand Trunk Railway Company daté de 1922.

Horaire des lignes ontariennes de la Grand Trunk Railway Company, daté de 1922. (e011297622)

  1. Histoire ferroviaire

Beaucoup de clients communiquent avec les services de référence pour trouver des renseignements sur l’histoire ferroviaire. Les questions concernent notamment l’histoire d’une gare en particulier, l’histoire d’une compagnie de chemin de fer (Chemin de fer Canadien Pacifique, Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, Grand Trunk, etc.) et les tracés de telle ou telle ligne ferroviaire.

Nous avons des cartes ferroviaires et des horaires à l’intention des passagers et des employés en format papier, qui se trouvent à l’aide d’Aurora. De nombreux horaires appartiennent à la collection Merrilees sur les transports, laquelle renferme quelque 5 000 publications : livres, publications spécialisées, manuels techniques, horaires, dépliants grand format, périodiques et brochures.

Un historien ferroviaire de l’Ontario a aussi publié des horaires sur le site Charles Cooper’s Railway Pages (en anglais).

Les horaires de Chemin de fer Canadien Pacifique de 1930 à 1985 sont consultables en ligne (en anglais) dans la collection Chung à la bibliothèque de l’Université de la Colombie-Britannique.

Voici deux excellentes publications imprimées (en anglais) au sujet de l’histoire ferroviaire :

  • Andreae, C. et Matthews, G. Lines of Country: An Atlas of Railway and Waterway History in Canada, Erin (Ontario) : Boston Mills Press, 1997. Ce livre donne un aperçu complet de l’histoire des voies ferroviaires et maritimes au Canada et comprend des cartes des chemins de fer au pays, de leurs débuts à aujourd’hui. On peut le consulter dans notre salle de référence.
  • Ballantyne, B. et Bytown Railway Society. Canadian Railway Station Guide, Ottawa (Ontario) : Bytown Railway Society, 1998. Cet ouvrage présente des gares, des plans et des images.

 J’espère que ces ressources vous seront utiles dans vos recherches sur ces sujets. Bien entendu, n’hésitez pas à nous poser une question sur tout sujet qui vous intéresse; l’un de nos bibliothécaires de référence se fera un plaisir de vous aider!


Emily Dingwall est bibliothécaire de référence à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

De nouveaux ouvrages dans la collection des Services de généalogie

Par Emily Potter

Une photographie couleur de deux tablettes de livres à couvertures rigides multicolores.

Exemple de la diversité des ouvrages conservés dans la collection des Services de généalogie au 395, rue Wellington à Ottawa. Photo : Emily Potter

Nous sommes très heureux d’annoncer l’acquisition de nouveaux ouvrages en généalogie, que vous pourrez consulter dans la salle de généalogie et d’histoire familiale au 3e étage de l’édifice de Bibliothèque et Archives Canada, au 395, rue Wellington à Ottawa.

Consultez la liste ci-dessous. Après chaque titre, vous trouverez une cote qui vous aidera à repérer l’ouvrage sur nos rayonnages. Le numéro OCLC renvoie à la notice de notre nouveau catalogue de bibliothèque Aurora qui vous fournira des renseignements supplémentaires. C’est la première fois que vous l’utilisez? Consultez Aide à la recherche : Aurora.

Si vous êtes novice en généalogie, consultez la section Généalogie et histoire familiale de notre site Web; vous y apprendrez comment démarrer votre recherche.

Consultez aussi Quoi de neuf dans la collection pour découvrir nos plus récentes acquisitions de livres et d’archives maintenant ouverts à la consultation.

Bonne découverte!

Index des églises, des cimetières et des journaux

Baptêmes et sépultures des quatre voisines de Saint-Clément de Beauharnois par la Société du patrimoine de Sainte-Martine. CS88 QC43 B42 2017 (Numéro OCLC : 1032020299)

Flamborough Obituary Slips, 1883–1891 par la Waterdown-East Flamborough Heritage Society. CS88 ON35 F53 1999b (Numéro OCLC : 62927324)

Massey, Ontario, Massey Grandview Protestant Cemetery par la Sudbury District Branch, Ontario Genealogical Society. CS88 ON31 M47 2016 (Numéro OCLC : 1082503187)

Massey, Ontario, Massey Immaculate Conception Roman Catholic Cemetery par la Sudbury District Branch, Ontario Genealogical Society. CS88 ON31 M47 2016b (Numéro OCLC : 1082504357)

 

Histoires de familles
Ainslie (Volumes 1 et 2) par John Stuart Ainslie. CS90 A43 2016 (Numéro OCLC : 1103323498)

My Writings on the Audet-Lapointes par Guy Saint-Hilaire. CS90 A935 2017 (Numéro OCLC : 1019429805)

La famille Berthiaume : cent vingt-cinq ans d’histoire (1892-2016) par François-Xavier Simard. CS90 B4274 2016 (Numéro OCLC : 1032012228)

La famille Boily au XVIII : de Saint-Jouin-de-Marnes à la Baie Saint-Paul par Raymond Boily. CS90 B56 2013 (Numéro OCLC : 937871289)

The Bonhomme family, 1632 to 2015 par Joseph Bonhomme. CS90 B642 2017 (Numéro OCLC : 1082496422)

The Stalwart Brydons: from Scotland to Galt to Manitoba: a History of 100 Years in Canada par James Emerson Brydon et Dianne Brydon. CS90 B8 2016 (Numéro OCLC : 1082476540)

The Descendants of John Archelaus Carpenter of Weston, New Brunswick, Canada par Miles Ludlow Carpenter. CS90 C288 2016 (Numéro OCLC : 1018310137)

Famille Chatel par Charles G. Clermont. CS90 C476 2016 (Numéro OCLC : 947133998)

The Clark and Simonite Saga: Where Past and Present Meet par Carolyn Gillanders Loveless. CS90 C538 2016 (Numéro OCLC : 1036081812)

Angus MacLean: a Genealogy par Marleen MacDonald-Hubley. CS90 Mc69 2012 (Numéro OCLC : 907028372)

The Dickinson Men of Manotick par William et Georgina Tupper. CS90 D498 2015 (Numéro OCLC : 927183619)

The Grandmother & Grandfather’s Story: Lewis and Mary Fisher, Loyalists in the American Revolution and New Brunswick Settlers par Robert C. Fisher. CS90 F574 2017 (Numéro OCLC : 1082478346)

The Griersons of Torbolton Township par Doris Grierson Hope. CS90 G725 2016 (Numéro OCLC : 1036095475)

Les Leduc d’Amérique du Nord : histoire et répertoire généalogique des Leduc issus de la Nouvelle-France par Adrienne Leduc. CS90 L44 2017 (Numéro OCLC : 1033521074)

Les Pellerin du Québec, 1722-1916 par Jacques Gagnon. CS90 P43 2017 (Numéro OCLC : 1032011484)

Pommainville d’Amérique : Henri Brault dit Pomainville et ses descendants par Edgar Pommainville. CS90 P63 2017 (Numéro OCLC : 976416112)

Antoine, first Theroux in Canada par Mary Jeannette Hounsome. CS90 T4869 2016 (Numéro OCLC : 1082503547)

Descendants of Johann Christian Schell and Johannes Schell par J. P. Schell. CS90 S4213 2004 (Numéro OCLC : 1082497015)

St-Cyr in North America, 1624–2016: the Descendants of Pierre Deshaies St-Cyr and Marguerite Guillet and Mathieu Rouillard St-Cyr and Jeanne Guillet par François St-Cyr. CS90 S233613 2016 (Numéro OCLC : 952211418)

Mountain Romantics: The Whytes of Banff par Chic Scott. CS90 W458 2014 (Numéro OCLC : 883939953)

 

Histoires locales et biographies

Before Surveyors’ Line was Run: the History of Simon Orchard and Samuel Rowe, the First Settlers to Paisley, Ontario in the Queen’s Bush par Marguerite Ann Caldwell. CS88 ON32 P34 2013 (Numéro OCLC : 1036198843)

My Creignish Hills par Floyd MacDonald. CS88 NS69 C74 2015 (Numéro OCLC : 1019413004)

Cypress Hills Metis Hunting Brigade Petition of 1878 for a Metis Reserve: History of the Cypress Hills Hunting Brigade: Biographies of Petitioners par Lawrence Barkwell. E99 M47 B37 2015 (Numéro OCLC : 1032013125)

Les familles pionnières de la seigneurie de La Prairie, 1667 à 1687 par Stéphane Tremblay. CS88 QC43 R68 2017 (Numéro OCLC : 1033510580)

A Glance Backward par Ray Johnson. CS90 A715 1988 (Numéro OCLC : 1082475369)

Jewish Papineau: an Account of the People and Places of the Montreal Neighbourhood Known as “Papinyu” as Recounted par Philip Teitelbaum and Other Contributors par Peter Teitelbaum. CS88 QC42 M65 2015b (Numéro OCLC : 1007771024)

Prairie Pioneers: Schönthal Revisited par Mary Neufeld. CS88 MB274 A48 2016 (Numéro OCLC : 945781920)

La Reine : 100 ans d’histoire par Gérald Doré, Marie-Claire Piché-Doré et Victorin Doré. CS88 QC41 L35 2017 (Numéro OCLC : 1032010291)

Remember Me: Manitoulin Military par le Manitoulin Genealogy Club. CS88 O6 R46 2015 (Numéro OCLC : 919340193)

The Settlers of Monckton Township par Les Bowser. CS88 NB52 M66 2016 (Numéro OCLC : 962852120)

Visages estriens : hommage à nos gens par la Société de généalogie des Cantons de l’Est. CS88 QC46 A1 2017 (Numéro OCLC : 1032018896)


Emily Potter est consultante en généalogie à la Direction générale des services publics de Bibliothèque et Archives Canada.

Les journaux au service des généalogistes

Par Emily Potter

Les journaux constituent une mine de renseignements pour les historiens, mais vous serez peut-être surpris de voir à quel point ils peuvent aussi être utiles aux généalogistes. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède une vaste collection qui ne demande qu’à être explorée.

Voici quelques façons de vous servir des journaux pour faire votre généalogie.

Annonces de naissance, de mariage et de décès

Les certificats de naissance, de mariage et de décès figurent parmi les sources généalogiques les plus populaires. Cependant, l’accès aux dossiers d’état civil est limité pendant une période plus ou moins longue, pouvant aller jusqu’à 110 ans dans certaines provinces. Les annonces de naissance, de mariage et de décès parues dans les journaux permettent de trouver le même type d’information dans des documents librement accessibles. Elles contiennent non seulement la date et le lieu des événements clés dans la vie d’un ancêtre, mais aussi le nom des parents et d’autres membres de la famille.

Voici quelques conseils :

  • Dans le cas de la mort d’un ancêtre, il arrive qu’un court avis de décès soit publié dans un journal, mais qu’un article nécrologique beaucoup plus étoffé paraisse quelques jours plus tard dans le même organe.
  • Si vous faites des recherches sur un événement plus récent, de nombreux journaux mettent leurs articles nécrologiques en ligne. Essayez de chercher le nom de votre ancêtre entre guillemets et ajoutez le nom de la ville et l’année, si vous les connaissez. Exemple : article nécrologique ‟Beaulieu, Kevin” Moncton 2005.
  • Les annonces de naissance détaillées ne sont devenues populaires que dans la deuxième moitié du 20e siècle, alors que celles sur les mariages et les décès sont publiées depuis plus longtemps.
  • De nombreuses annonces parues dans les journaux ont été indexées dans des outils accessibles au public. Si vous ne connaissez pas la date d’un événement, mais pensez qu’il pourrait avoir fait l’objet d’une annonce dans un journal local, essayez une recherche dans le catalogue de la bibliothèque de BAC, Aurora. Vous pourriez y trouver un index pertinent. Cherchez des mots-clés comme généalogie, index et le nom du journal.
Trois colonnes de texte tirées de journaux contenant de l’information sur des décès et des mariages.
« Died », Montreal Gazette, 10 mai 1830, p. 3 (OCLC 20173495)
« Mariage à la basilique », Le Droit [Ottawa], 1er avril 1913, p. 4 (OCLC 18514296)
« Married », The palladium [Charlottetown], 5 avril 1845, p. 163 (OCLC 18249106)
« Died », The palladium [Charlottetown], 5 avril 1845, p. 163 (OCLC 18249106)

Accidents et crimes

De nombreux chercheurs ont entendu des récits de famille sur des ancêtres qui ont été impliqués dans des accidents, des crimes ou des événements inhabituels, mais ce n’est pas toujours facile d’en confirmer l’authenticité. Heureusement, bon nombre d’événements de cette nature sont couverts par des journaux locaux. Si vous avez une idée du moment et de l’endroit où l’événement s’est produit, passer en revue le journal local pourrait s’avérer utile. Certains événements sont également mentionnés dans les index des journaux publiés.

Deux colonnes de texte tirées de journaux, dont les titres sont « Imprisonment for Libel » et « Killed by Lightning ».
« Imprisonment for libel », The palladium [Charlottetown], 22 février 1845, p. 114 (OCLC 18249106)
« Killed by Lightning », The Phoenix [Saskatoon], 22 août 1906, p. 6 (OCLC 16851731)

Arrivées de navires

Quand mon ancêtre est-il arrivé au Canada? C’est une question courante en généalogie. Par chance, BAC détient les listes de passagers de 1865 à 1935. Toutefois, la majorité des listes dressées avant 1865 ont disparu, et il peut s’avérer difficile de trouver de l’information sur l’immigration de ses ancêtres. Les grands journaux et ceux des villes côtières peuvent constituer une solution puisqu’ils annoncent parfois les arrivées et les départs de navires. Dans de rares cas, même les noms des passagers sont inclus. La probabilité de dénicher une référence à son ancêtre est plus élevée si cette personne était jugée importante. Les informations de ce genre se trouvaient souvent dans la section affaires d’un journal, sous la rubrique des nouvelles ou des renseignements maritimes.

Le site Web The Ships List est une excellente source d’information sur les navires à passagers. Il comprend certaines listes de noms trouvées dans des journaux.

Une colonne de texte d’un journal, intitulée « Port of Quebec ».

« Port of Quebec », Montreal Gazette, 10 mai 1830, p. 3 (OCLC 20173495)

Nouvelles sociales

De nombreux journaux contenaient des nouvelles locales, annonçant parfois la visite d’un membre de la famille d’un résident ou les voyages de ce dernier à l’étranger. Bien que ces notes n’incluent pas toujours de l’information généalogique, il peut être intéressant de savoir ce que faisaient vos ancêtres. Dans les grandes villes, les journaux se concentraient principalement sur la haute société.

Deux colonnes de texte de journaux, intitulées « Granby » et « Compton », qui donnent des renseignements sur les résidents de ces villes.

« Granby », Sherbrooke Daily Record, 5 juin 1905, p. 3 (OCLC 12266676) « Dans les Cantons de l’Est : Compton », La Tribune [Sherbrooke], 25 mai 1910, p. 4 (OCLC 16390877)

Si vous avez l’intention de rendre visite à BAC, utilisez Aurora pour faire une recherche et commander des journaux avant d’arriver. Vous pouvez aussi consulter la liste géographique des journaux de BAC sur microfilm (des notes indiquent quelles références sont accessibles en ligne). Nos pages sur les lieux comprennent également des liens vers des sites Web qui offrent des journaux numérisés. De plus, vous pouvez demander à votre bibliothèque locale si vous pouvez emprunter des journaux pour vos recherches.


Emily Potter est conseillère en généalogie à la Division des services de référence de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Un roman avec une âme (ou du moins une moitié!)

Par Kristen Ann Coulas

 À Bibliothèque et Archives Canada, une partie de notre travail consiste à rester au fait des grandes tendances dans le milieu de l’édition. Et parmi celles-ci, la publication au moyen du financement collectif (ou sociofinancement) est certainement l’une des plus intéressantes.

Même si ce procédé ne touche qu’une infime partie de l’industrie, il se démarque par son impressionnante valeur culturelle. En effet, les œuvres ainsi publiées ont déjà obtenu l’appui de leurs futurs lecteurs, et elles sont le résultat direct des efforts déployés par la communauté.

Diverses plateformes se consacrent au sociofinancement. L’une des plus connues est Kickstarter, un site Web qui héberge des projets dans une variété de domaines allant des arts à la technologie. Au moment d’écrire ces lignes, Kickstarter proposait au public un choix de plus de 44 000 projets de publication à financer un peu partout dans le monde. Kelly Chen, une auteure et artiste canadienne, y a eu recours.

Photo couleur de plusieurs piles du roman graphique Halfsoul.

Piles d’exemplaires du roman graphique Halfsoul. Source : Kelly Chen

Kelly avait déjà commencé à publier sur une plateforme de publication ouverte appelée Tapas, dont l’objectif est de rassembler une communauté virtuelle d’auteurs et de promouvoir leur travail. Les utilisateurs de Tapas peuvent publier et lire des œuvres gratuitement sur le site, et même laisser un pourboire aux auteurs s’ils le souhaitent.

C’est aussi sur Tapas que Kelly a publié sa bande dessinée Halfsoul. Pendant plus d’un an et demi, elle en a étoffé le contenu, pour finalement décider d’en faire un roman graphique, à paraître en quatre tomes. En mai 2018, elle a lancé un projet sur Kickstarter pour financer la publication du premier volume.

Un article publié en 2017 par la CBC (en anglais) et portant sur les projets canadiens financés par Kickstarter révèle que ceux qui sont axés sur les arts atteignent plus souvent leurs objectifs de financement. De tous les projets Kickstarter lancés au Canada entre 2010 et 2016, les bandes dessinées constituaient la deuxième catégorie la plus financée, avec une moyenne de 58,4 %. C’est un pourcentage élevé quand on sait qu’au total, à peine le tiers des projets obtiennent des fonds.

Bref, le sociofinancement est une formule gagnante pour les auteurs de romans illustrés, et la publication d’Halfsoul en est la preuve tangible.

Dessin noir et blanc de personnages du roman graphique Halfsoul.

Page du roman graphique Halfsoul. Source : Kelly Chen

Cette œuvre nous emmène dans les pas de quatre chasseurs de moitiés d’âmes (halfsoul en anglais), dans un monde où on peut échanger la moitié de son âme contre un vœu. Mais le prix à payer est élevé, les moitiés d’âmes étant méprisées par la société. L’auteure Kelly Chen s’est inspirée de son propre parcours pour nous faire réfléchir à la perte et à la reconstruction de notre identité. Elle explique que Halfsoul est une histoire sur la vulnérabilité, la maladie mentale et la guérison :

Mon roman se déroule dans un environnement fictif, peuplé de métaphores. J’avais toujours à l’esprit le thème de la santé mentale pendant que je l’écrivais. C’était important, pour moi, de ne pas faire « juste une autre histoire » sur les traumatismes, qui se termine tragiquement ou qui banalise les épreuves des gens. Je voulais absolument qu’il y ait une lueur d’espoir à la fin : la guérison est possible, et peut prendre différents visages. Cette histoire s’inspire de mon propre combat contre le trouble de stress post-traumatique, et j’espère qu’elle aidera d’autres personnes à surmonter leurs problèmes de santé mentale. [Traduction] 

En lançant sa campagne Kickstarter, Kelly espérait amasser 7 000 $ pour financer l’impression et la publication de 500 exemplaires de Halfsoul. En 29 jours seulement, elle avait dépassé son objectif. Cet enthousiasme démontre la pertinence et l’importance de l’œuvre sur le plan culturel. Ce n’est pas qu’un roman destiné à un public : c’est un roman demandé par un public. Une communauté dévouée s’est rassemblée autour de l’auteure, et c’est avec plaisir et enthousiasme que nous conserverons cette publication fascinante dans notre collection nationale.

Graphique circulaire, divisé en quatre pointes de tartes de différentes couleurs, montrant les dépenses liées à la campagne Kickstarter. Les quatre sections correspondent aux catégories suivantes : frais de Kickstarter, impression, expédition et autres rétributions.

Graphique illustrant la ventilation des frais liés à la campagne Kickstarter de Kelly Chen. Source : Kelly Chen


Kristen Ann Coulas est bibliothécaire aux acquisitions à Bibliothèque et Archives Canada.

Premiers ministres et grands lecteurs

Par Meaghan Scanlon

L’exposition Les premiers ministres et l’art : créateurs, collectionneurs et muses présentée par Bibliothèque et Archives Canada explore les liens que nos premiers ministres ont entretenus avec les arts, notamment à titre de collectionneurs et d’amateurs. On peut entre autres y découvrir la correspondance échangée entre sir Wilfrid Laurier et le peintre Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, admirer un tableau tiré de la collection personnelle de William Lyon Mackenzie King et lire une missive élogieuse adressée à l’artiste Alma Duncan par nul autre que John Diefenbaker.

L’exposition fait aussi une grande place aux bibliothèques personnelles des premiers ministres canadiens. Si vous avez lu quelques-unes de leurs biographies, vous aurez remarqué que ceux-ci ont un point en commun : leur passion pour la lecture. Une biographie d’Alexander Mackenzie (no OCLC 20920624) nous apprend que l’homme était un insatiable lecteur, et que les membres de sa famille passaient les soirées d’hiver :

« (…) assis autour du feu qui crépitait dans l’âtre, lisant et discutant joyeusement de sujets littéraires et d’auteurs, surtout de Shakespeare et Byron. La stimulation et la vie intellectuelle qu’on y retrouvait furent une excellente préparation à ses fonctions d’homme d’État. Tous ceux qui ont pu entendre M. Mackenzie ont remarqué qu’il pouvait facilement citer des poètes et des auteurs contemporains. Ses discours étaient de la haute voltige; ils supposaient toujours que ses auditeurs étaient bien instruits. » [Traduction]

Selon ses biographes, sir John A. Macdonald était lui aussi connu pour citer de grands auteurs dans ses discours. Joseph Pope (no OCLC 2886256) affirme qu’il était un lecteur « omnivore », lisant de tout, mais ayant une préférence pour les mémoires d’hommes politiques.

Sir Robert Borden, quant à lui, avait étudié les langues classiques. La Bibliothèque de livres rares Thomas-Fisher de l’Université de Toronto conserve quelques anciens ouvrages grecs et latins lui ayant appartenu et comportant son ex-libris. On y retrouve notamment une édition des écrits de Cicéron publiée en 1725 et prêtée à Bibliothèque et Archives Canada pour l’exposition.

Mackenzie King, pour sa part, commentait régulièrement ses nombreuses lectures dans son journal intime. Nous conservons une bonne partie de sa bibliothèque personnelle dans notre collection; on peut également en admirer une partie dans son bureau de la maison Laurier.

Bien entendu, chaque premier ministre avait des livres et des auteurs préférés. Macdonald était un fervent amateur des romans d’Anthony Trollope, et Mackenzie King admirait Matthew Arnold au point de se procurer les mêmes livres que ce poète.

Livre ouvert montrant l’intérieur de la page couverture. Collé sur le côté gauche, on aperçoit l’ex-libris de Matthew Arnold. La page de droite est vierge et retenue par un poids.

Ex-libris de Matthew Arnold à l’intérieur de la page couverture de la Sainte Bible (Oxford, Clarendon Press, 1828) conservée dans la collection de livres de la bibliothèque de William Lyon Mackenzie King (no OCLC 1007776528). Source : Bibliothèque et Archives Canada

Arthur Meighen était particulièrement attaché à l’œuvre de William Shakespeare, pouvant en réciter de longs passages de mémoire. En 1934, alors qu’il naviguait vers l’Australie, il composa un discours sur le célèbre écrivain, intitulé « The Greatest Englishman of History » (Le plus grand Anglais de tous les temps). Il l’apprit par cœur et le prononça à quelques reprises, notamment au Canadian Club de Toronto, en février 1936, où sa prestation fut enregistrée. L’allocution fut ensuite offerte sur disque vinyle (no OCLC 981934627), faisant de Meighen le premier premier ministre canadien à lancer un album.

Disque vinyle noir de 12 pouces (30 cm) avec étiquette jaune.

Photo du disque vinyle d’Arthur Meighen, « The Greatest Englishman of History » (Le plus grand Anglais de tous les temps). (OCLC 270719760) Source : Bibliothèque et Archives Canada

Vous pouvez entendre un extrait de ce discours dans le balado de Bibliothèque et Archives Canada intitulé « Les premiers ministres et l’art ».

L’exposition Les premiers ministres et l’art : créateurs, collectionneurs et muses est à l’affiche au 395, rue Wellington, à Ottawa, jusqu’au 3 décembre 2019.


Meaghan Scanlon est bibliothécaire principale des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.