Les superhéros de l’univers numérique : la numérisation de la collection Bell Features

Par Meaghan Scanlon

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est heureux d’annoncer la mise en ligne d’une nouvelle ressource numérique pour les amateurs de bandes dessinées (BD) canadiennes. La collection de bandes dessinées Bell Features datant de la Deuxième Guerre mondiale a été entièrement numérisée et peut maintenant être consultée sur notre site Web.

La collection Bell Features comprend 382 bandes dessinées, la plupart en plusieurs exemplaires, publiées dans les années 1940 par l’éditeur canadien Bell Features. Ces BD mettent en vedette une impressionnante brochette de héros canadiens tels que Nelvana of the Northern Lights, Johnny Canuck et Dixon of the Mounted.

De novembre 2015 à mars 2016, le personnel de BAC chargé de la numérisation a soigneusement photographié un exemplaire de chaque numéro de cette collection, pour un total de 193 bandes dessinées. Chacun des numéros contenant de 50 à 60 pages, c’est environ 10 000 pages qui ont ainsi été numérisées!

La création de copies électroniques de ces fragiles documents conservés à BAC a exigé des heures de travail minutieux de la part des techniciens œuvrant dans nos laboratoires de numérisation; des normes très strictes ont été respectées afin d’obtenir les meilleures images possible tout en préservant l’intégrité des documents.

La procédure utilisée est la suivante : une technicienne place une bande dessinée sur une surface plane au-dessus de laquelle est suspendu un appareil photo, en s’assurant de placer correctement la BD pour que l’image prise soit bien droite. Une feuille de plexiglas est ensuite déposée sur la bande dessinée pour la maintenir à plat. Le plexiglas repose sur de petits appuis afin de réduire au maximum le contact avec la surface de la BD; on évite ainsi d’endommager la bande dessinée en exerçant une trop forte pression sur son dos. C’est bien connu, chaque superhéros a un ennemi juré; le spécialiste en numérisation en a un aussi : la poussière. Un seul grain de poussière sur le plexiglas peut créer une tache qui ruine l’image. La technicienne a toujours sous la main un souffleur antistatique pour éviter ce genre de problème.

Une bande dessinée est placée sur une surface plane noire sous une feuille de plexiglas. Une femme est penchée sur la surface; elle enlève la poussière du plexiglas à l’aide d’un souffleur antistatique. La lentille d’un appareil photo est visible au-dessus de la table.

Une technicienne en numérisation se sert d’un souffleur antistatique pour enlever la poussière de la feuille de plexiglas recouvrant la bande dessinée qu’elle s’apprête à photographier. On aperçoit la lentille de l’appareil photo suspendue au-dessus de la table sur laquelle repose le document.

Lorsque la bande dessinée est en place, la technicienne prend une photographie à l’aide d’un appareil suspendu. Dans le cas de la collection Bell Features, on a utilisé un appareil PhaseOne 645DF avec un boîtier à dos numérique IQ260 et une lentille 80mm, un point focal F11 et une vitesse d’obturation de 1/13e de seconde. L’image prise avec cet appareil est automatiquement téléversée dans l’ordinateur de la technicienne qui vérifie ensuite s’il y a des imperfections. Si la technicienne est satisfaite de la qualité de l’image, elle l’intègre à Photoshop et passe à la page suivante.

Une femme regarde un écran d’ordinateur montrant l’image d’une page de bande dessinée.

Une technicienne en numérisation examine l’image numérisée d’une page du no 7 de Slam-Bang Comics (AMICUS 42623987), illustrée par Adrian Dingle, pour y détecter toute imperfection.

Le processus est répété pour chaque page de chaque bande dessinée. Lorsque toutes les pages d’un numéro ont été photographiées et que les images ont été corrigées, une version PDF est créée. Enfin, ce PDF est téléversé dans les serveurs de BAC et un lien est ajouté à la notice correspondante dans le catalogue de bibliothèque en ligne de BAC.

Si vous souhaitez consulter quelques-unes de ces vieilles BD canadiennes récemment numérisées, vous en trouverez un échantillon sur notre site Web. Vous aimeriez en voir d’autres? L’instrument de recherche joint à la notice bibliographique de la collection Bell Features (AMICUS 43122013) comprend des liens vers toutes les bandes dessinées numérisées. Vous pouvez aussi consulter ces BD en passant par les notices des titres individuels de la collection Bell Features; voir par exemple la notice pour Active Comics (AMICUS 16526991).

Vous êtes dans la région d’Ottawa? Découvrez quelques-uns des personnages de Bell Features en plus grand format en visitant l’exposition Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne! présentée par BAC au 395, rue Wellington à Ottawa jusqu’au 14 septembre. L’entrée est gratuite.

Ressources additionnelles


Meaghan Scanlon est la bibliothécaire des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié, Bibliothèque et Archives Canada.

Anne à la bibliothèque : La collection Cohen

Par Meaghan Scanlon

Entre 1999 et 2003, l’avocat, cinéaste et bibliographe canadien Ronald I. Cohen a fait don, en cinq lots, de son imposante collection d’ouvrages de Lucy Maud Montgomery à Bibliothèque et Archives Canada (voir la description de la collection à AMICUS 44572655 [en anglais]). La collection renferme des documents liés aux adaptations de l’œuvre de Lucy Maud Montgomery, ainsi que des anthologies et des périodiques dans lesquelles l’auteure est mise en vedette. L’essentiel de la collection consiste toutefois en diverses éditions des romans de Lucy M. Montgomery qui ont été publiés dont, bien sûr, le plus célèbre, Anne of Green Gables (Anne… la maison aux pignons verts).

Parmi les quelque 420 articles qui composent la collection Cohen, on trouve pas moins de 46 exemplaires d’Anne of Green Gables. Trois sont en japonais, deux en français, un en coréen, un en finlandais, un en norvégien et un en suédois. Les 37 autres sont en anglais.

On peut se poser des questions sur l’utilité de posséder 37 exemplaires en anglais d’Anne of Green Gables. En effet, l’histoire est toujours la même, n’est‑ce pas? Eh bien pour les collectionneurs de livres, ce n’est pas nécessairement l’histoire qui est racontée qui importe. Posséder de nombreux exemplaires d’un livre est plutôt un moyen, par exemple, de découvrir l’histoire du livre lui‑même, de sa publication et de la façon dont il a été mis sur le marché et acquis. Nombreux sont les collectionneurs de livres qui entreprennent de documenter l’histoire d’un auteur ou d’un titre dans ses moindres détails grâce à leurs collections. Certains se procurent à cet effet de nombreux exemplaires d’un même ouvrage.

La collection Cohen retrace la propagation du roman Anne of Green Gables dans le monde anglophone, car elle renferme les premières éditions américaine, britannique, australienne et canadienne. Le roman fut d’abord publié à Boston en avril 1908 (AMICUS 9802890). Cette première édition a connu un succès fulgurant. C’est pourquoi l’éditeur de Lucy Maud Montgomery, L. C. Page, l’a réimprimée au moins 12 fois avant la fin de 1909. La collection Cohen renferme des exemplaires des sixième (novembre 1908) et onzième (août 1909) impressions.

Page des droits d’auteur de l’exemplaire de la collection Cohen de la sixième impression de la première édition du roman Anne of Green Gables

Page des droits d’auteur de l’exemplaire de la collection Cohen de la sixième impression de la première édition du roman Anne of Green Gables (AMICUS 9802890, exemplaire 5).

La première édition britannique d’Anne of Green Gables fut également publiée en 1908 (AMICUS 21173240). Anne est ensuite arrivée en Australie en 1925 (AMICUS 26942864). Il est intéressant de constater que, malgré la notoriété de Lucy Maud Montgomery et de son œuvre au Canada, la première édition canadienne d’Anne of Green Gables (AMICUS 1706899) ne fut pas publiée avant 1942. Cette édition connut, elle aussi, plusieurs impressions; l’exemplaire le plus ancien de la collection Cohen date de 1948.

Si l’histoire reste la même édition après édition, ce n’est pas le cas de la représentation visuelle de l’héroïne, Anne Shirley, qui figure sur la couverture. Selon le lieu et l’époque, le public a pu voir Anne sous divers visages, allant de la femme d’âge mûr représentée dans la première édition aux illustrations de type bande dessinée de certaines éditions plus récentes.

En réalité, lorsque Ronald I. Cohen a commencé à collectionner les livres de Lucy Maud Montgomery, un de ses principaux objectifs était de trouver des exemplaires avec jaquette. Depuis toujours, les jaquettes sont en général jetées par les lecteurs (et les bibliothèques!) et les premiers exemplaires peuvent être très difficiles à trouver. C’est pourquoi les nombreuses jaquettes rares que renferme la collection Cohen sont une source très précieuse de renseignements pour les chercheurs qui étudient l’histoire d’un des classiques littéraires canadiens préférés.

Pour en savoir davantage sur la collection d’ouvrages de L. M. Montgomery de Ronald I. Cohen, écoutez la toute dernière émission de baladodiffusion de Bibliothèque et Archives Canada intitulée « Des âmes sœurs après tout ».

Autres sources d’information


Meaghan Scanlon est la bibliothécaire des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada publie deux tables de classification révisées

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a le plaisir de vous annoncer la publication de deux tables de classification revues et corrigées : Classe FC : une classification pour l’histoire du Canada, 3e édition, et PS8000 : cadre de classification de la littérature canadienne, 4e édition.

Ces deux classifications sont conformes à la U.S. Library of Congress Classification* utilisée par plusieurs bibliothèques, et elles permettent par la même occasion un traitement plus précis et plus détaillé des sujets de l’histoire du Canada et de la littérature canadienne. En d’autres termes, ces classifications peuvent être utilisées par les bibliothèques ayant des collections riches sur l’histoire du Canada et sur la littérature canadienne afin d’améliorer l’accès à leurs collections et de mieux répondre aux besoins de leurs communautés d’utilisateurs.

La révision et la republication des tables de classification sont une réalisation importante pour Bibliothèque et Archives Canada – et beaucoup de travail! Quelles sont quelques-unes des différences entre les nouvelles éditions de la classe FC et de la classe PS8000 et de leurs éditions précédentes? Les bibliothécaires révisent les systèmes de classification pour les mettre à jour avec le présent, ajoutant de nouveaux concepts et de nouveaux exemples pour des sujets biographiques et autres. Par exemple, la classe FC comprend un nouvel indice de classification pour l’histoire du Canada au 21e siècle et une place pour le territoire du Nunavut qui n’existait pas au moment de l’édition de 1994.

En quoi la classe PS8000 diffère-t-elle des autres classifications pour la littérature? Alors que certaines classifications regroupent la littérature par langue, PS8000 réunit la littérature écrite par des auteurs canadiens en anglais, en français et dans d’autres langues et les place côte à côte sur les rayons de bibliothèque. Elle conserve également les romans ensemble avec d’autres formes littéraires.

Comme tout chercheur sait, entreprendre de classifier le monde est une entreprise difficile et complexe! Les classifications des bibliothèques doivent aussi être en constante évolution afin de s’adapter aux nouvelles idées et aux nouveaux types de connaissances. Pour la première fois, BAC a publié les nouvelles éditions de la classe FC et de la classe PS8000 exclusivement en format électronique, ce qui lui permettra de les modifier plus souvent. BAC vous invite à faire des suggestions et des commentaires sur ces deux tables en envoyant un courriel à BAC.NormesdecatalogageCataloguingstandards.LAC@canada.ca.

Les BD à Bibliothèque et Archives Canada

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que Bibliothèque et Archives Canada (BAC), le gardien du patrimoine documentaire national, conserve une gamme de publications canadiennes. Mais saviez-vous qu’il possède aussi une grande collection de bandes dessinées publiées au Canada et à l’étranger par des auteurs canadiens?

C’est généralement grâce au dépôt légal que BAC acquiert les BD publiées au pays, mais deux donateurs privés lui ont aussi confié d’importantes collections.

La plus grande, la collection de bandes dessinées canadiennes John Bell, provient d’un ancien archiviste de BAC et historien de la bande dessinée, John Bell. Elle compte environ 4 000 BD en tous genres, allant des histoires de superhéros de la Deuxième Guerre mondiale aux magazines du 21e siècle. Elle n’est pas cataloguée, mais la liste complète se trouve dans AMICUS.

Photographie en couleur montrant une boîte contenant des fichiers avec des étiquettes. Un fichier est à moitié sortie de la boîte et montre une BD avec une couverture rouge avec le prix modique de 10¢.

Une boîte de la collection Bell Features cataloguée et emboîtée

La collection Bell Features est elle aussi riche en BD canadiennes de la Deuxième Guerre mondiale. Elle compte pas moins de 382 bandes dessinées provenant des archives de la maison d’édition torontoise Bell Features, un des plus grands éditeurs canadiens de l’époque. Composée de BD anciennes extrêmement rares, elle compte parmi les plus importantes ressources sur les bandes dessinées. Tous les titres de cette collection ont été catalogués dans AMICUS.

Depuis quelques décennies, les bandes dessinées et les romans illustrés, à l’instar d’autres genres littéraires, font l’objet d’études sérieuses. Mais cela n’a pas toujours été le cas : dans les années 40, elles étaient plutôt perçues comme des livres jetables pour enfants, comme le démontrent les jeux publiés dans les BD de Bell Features. De nature éphémère, elles étaient imprimées sur du papier journal de piètre qualité, ce qui soulève des difficultés du point de vue de leur conservation. Heureusement, les conditions ambiantes sont optimales dans les chambres fortes ultramodernes du Centre de préservation de BAC.

Les BD de la collection Bell Features sont protégées de la lumière et de la saleté dans des boîtes fermées, sans acide. Chaque bande dessinée est placée dans une enveloppe de papier dont le haut et le côté se détachent; il est donc possible de la sortir sans l’accrocher ou la déchirer. En outre, la réserve alcaline des enveloppes ralentit la détérioration du papier causée par l’acide.

Pour découvrir le monde passionnant des bandes dessinées canadiennes, écoutez notre balado Protecteurs du Nord : les bandes dessinées au Canada.

Ressources connexes

La norme RDA: une révolution dans le monde du catalogage !

On vit une véritable révolution dans le domaine du catalogage! Depuis 2010, la norme RDA (Ressources : Description et accès) est la nouvelle norme internationale en matière de description. Des institutions comme Bibliothèque et Archives Canada (BAC), la Bibliothèque du Congrès, les bibliothèques nationales britannique et allemande et d’autres comités nationaux et internationaux (des employés de BAC font partie du Comité canadien de catalogage, par exemple) ont travaillé conjointement à son élaboration pendant plusieurs années. BAC a commencé à mettre en œuvre la RDA à la fin de 2012, et toute la section du catalogage poursuit ses efforts. Des centaines d’heures de travail ont été investies dans des formations, des réunions, des recherches et des lectures individuelles, ainsi que des discussions et des consultations informelles en équipe. En effet, nous devons repenser bon nombre de nos politiques et de nos pratiques pour nous adapter aux nouvelles philosophies et règles de description de la RDA.

En quoi la RDA est‑elle si différente?

Il y a toujours eu des normes et des règles pour régir la description, certes, mais celles que nous utilisions avaient été établies avant l’apparition de la multitude de formats que les bibliothèques modernes recueillent et mettent maintenant à notre disposition. Les catalogueurs devaient donc traiter tous les documents comme s’ils étaient des livres imprimés. Vous imaginez la frustration par moments! En plus, les anciennes règles visaient à faire rentrer toute l’information essentielle sur des fiches de 3 po par 5 po qui étaient classées dans des tiroirs. Il fallait donc utiliser des abréviations, omettre l’information non essentielle et prendre des décisions en fonction de l’emplacement de l’information sur la fiche. Maintenant que nous avons des catalogues en ligne, des données liées et des bases de données internationales au bout des doigts, nous devons revoir notre façon de faire. Une partie de la solution consiste à modifier la présentation physique de l’information dans les fiches des catalogues (à titre d’exemple, la RDA élimine toutes les abréviations qui n’apparaissent pas sur le document lui‑même). Parfois, nous devons envisager sous un nouvel angle les relations entre le contenu, le contenant (ce que nous appelons le « support ») et leur créateur.

Qu’est‑ce qui n’a pas changé?

Comme toujours, les notices bibliographiques servent à décrire de façon précise et exhaustive les documents physiques et leur contenu pour que les utilisateurs de notre catalogue puissent mieux consulter nos collections. Les employés de notre section du catalogage s’emploient à créer des métadonnées utiles, exactes et crédibles qui seront utilisées dans les bibliothèques du pays et les bases de données internationales. La RDA change peut‑être les méthodes de catalogage, mais pas la raison d’être!

Liens utiles :

Des vedettes-matière bien de chez nous

Les recherches par sujet dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada se font principalement avec les vedettes-matière de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis, dont la liste est continuellement mise à jour depuis 1898. (Elles sont connues sous l’acronyme LCSH, pour « Library of Congress Subject Headings ».) Toutefois, les thèmes typiquement canadiens figureront probablement dans le Répertoire de vedettes-matière publié par la Bibliothèque de l’Université Laval, ou dans son équivalent anglais, le Canadian Subject Headings.

Ces deux outils ont été conçus pour être utilisés de pair avec les vedettes-matières de la Bibliothèque du Congrès. Les sujets y sont classés selon la même structure, et la plupart des politiques correspondent à celles de la Bibliothèque du Congrès.

En 1968, l’ancienne Bibliothèque nationale du Canada a dressé une première liste d’accès à des sujets canadiens qui n’étaient pas traités par la Bibliothèque du Congrès. L’objectif : les aborder du point de vue du Canada. Depuis l’an 2000, le répertoire Canadian Subject Headings est affiché sur Internet avec AMICUS, le catalogue de Bibliothèque et Archives Canada. Il est sans cesse renouvelé pour refléter les sujets abordés dans une perspective canadienne, y compris les sujets d’actualité.

Le répertoire Canadian Subject Headings couvre principalement les domaines de la culture, de l’économie, de l’histoire, de la littérature, de la politique et de la société canadiennes. Parmi les sujets traités, mentionnons l’histoire économique et sociale du Canada, le gouvernement du Canada, la géographie du Canada, le système judiciaire canadien, l’approche du Canada à l’égard des langues secondes, le bilinguisme et le multiculturalisme, ainsi que les Autochtones.

Copie d’écran du résultat d’une recherche lancée dans la version française du Canadian Subject Heading avec la vedette-matière canadienne « couverture de la Baie d’Hudson ».

Résultat d’une recherche sur une vedette-matière propre au Canada (couverture de la Baie d’Hudson), lancée dans la version française du Canadian Subject Heading.

Voici quelques exemples illustrant notre identité unique :

 Native youth [Canadian Subject Headings, ou CSH]
Jeunesse autochtone [Répertoire des vedettes-matière, ou RVM]

Native peoples – Canada – Residential schools [CSH]
Pensionnats autochtones – Canada [RVM]

Hudson’s Bay blankets [CSH]
Couvertures de la Baie d’Hudson [RVM]

Canada – History – War of 1812 [CSH]
Canada – Histoire – 1812, Guerre de [RVM]

Italian Canadians [CSH]
Canadiens d’origine italienne [RVM]

European Canadian authors [CSH]
Auteurs canadiens d’origine européenne [RVM]

Voyageurs [CSH]
Coureurs des bois [RVM]

Habitants – Canada [CSH]
Agriculteurs – Canada – Histoire – 18e siècle [RVM]

Goods and services tax – Canada [CSH]
Taxe sur les produits et services [RVM]

Band membership [CSH]
Nationalité indienne [RVM]

Films for second language learners [CSH]
Films pour allophones [RVM]

Sugar bush—Canada [CSH]
Érablières [RVM]

Aimeriez-vous proposer une nouvelle vedette-matière pour le répertoire Canadian Subject Headings? Nous serons heureux de recevoir votre proposition! Envoyez-la au rédacteur du répertoire, à normes@bac-lac.gc.ca.

Un ajout récent à la collection de livres rares

Une collection de 500 livres publiés avant 1800 a été récemment relocalisée dans la chambre forte des livres rares à Bibliothèque et Archives Canada pour y être conservée en permanence. Cette chambre forte offre des conditions environnementales optimales garantissant la préservation adéquate de cette collection très spéciale au bénéfice des générations futures. Avant leur transfert à Bibliothèque et Archives Canada, ces livres appartenaient à la Bibliothèque du Parlement. La majeure partie de la collection est constituée d’ouvrages publiés en Angleterre ou en France, et beaucoup de ces oeuvres comprennent plusieurs volumes. Les sujets traités vont de la géographie à l’histoire, en passant par le théâtre et les essais.

Photographie couleur montrant des rangées de livres sur une étagère. Chaque livre est identifié par une bande de papier portant une cote topographique.

Emplacement permanent dans la chambre forte des livres rares.

À propos de la collection

La plupart des livres possèdent une reliure du 18e siècle, entièrement ou partiellement en cuir, fabriquée à la main. La collection comprend également certains ouvrages reliés en papier, en tissu ou en parchemin. Les livres sont ornés de dorures et de titres complexes, et sont souvent rehaussés de papier marbré aux motifs originaux et très étonnants, utilisé généralement comme page de garde.

Photographie couleur d’un livre ouvert montrant un somptueux papier marbré servant de page de garde.

Détail d’un papier marbré.

Collage photographique en couleur de quatre estampilles représentant un castor, illustrant les différents styles d’estampilles que l’on retrouve sur les livres.

Le « castor » de la Bibliothèque du Parlement estampillé sur le dos de plusieurs livres. Le style et les motifs complexes du castor ont évolué au fil des ans, mais la marque bien connue demeure facilement identifiable.

État de conservation des livres

Avant d’être ajoutés à la collection de livres rares, plusieurs de ces ouvrages ont subi des dommages dus à différents facteurs tels que l’humidité, la température, la lumière et la poussière. Quelques livres sont en excellent état, avec une reliure et un bloc de feuilles parfaitement intacts, mais plusieurs sont endommagés et montrent des signes de détérioration. Certains volumes ont été abimés par l’eau et le feu, ou contiennent des traces d’infestation d’insectes ou de rongeurs nuisibles, alors que d’autres sont affaiblis et détériorés par des siècles de manipulation.

Pourriture rouge et détérioration du cuir

Un fort pourcentage de la collection (environ 90 %) présente une détérioration du cuir plus ou moins grave. Dans certains cas extrêmes, les conservateurs l’identifient à de la pourriture rouge. Ce genre de détérioration est un problème qui touche fréquemment les cuirs de cette époque, car les tanins utilisés dans leur processus de fabrication contiennent des produits chimiques qui, avec le temps et au contact de l’oxygène, subissent une transformation chimique qui détruit la structure moléculaire du cuir. Ce phénomène provoque un affaiblissement du cuir qui s’effrite et se transforme en poudre.

Photographie couleur d’une main gantée tenant un livre portant des signes évidents de pourriture rouge. Le gant et la manche sont couverts d’une fine poussière brun-rouge.

Un exemple de pourriture rouge — cette expression décrit la poudre rougeâtre qui apparaît à la surface d’une reliure de cuir gravement endommagée.

Prochaines étapes pour cette collection

Il y a tant à apprendre de cette collection de magnifiques livres anciens. Ne manquez pas nos prochains billets portant sur l’inventaire physique de la collection, comprenant une description détaillée de son état de conservation, des divers traitements de conservation requis, de la composition matérielle des livres, des types de décorations, etc. Consultez aussi le blogue suivant, qui explique en détail les étapes à entreprendre pour préserver cette remarquable collection.

Un trésor de la Collection Lowy : la Bible polyglotte de Walton (1657)

Vous pensez pouvoir trouver Brian Walton sur Google ou Linkedln? Vous changerez vite d’idée en voyant son portrait dans la Bible polyglotte de 1657 : pur produit de son époque, Walton y apparaît, une plume à la main, très digne dans ses vêtements épiscopaux. C’est lui qui nous a laissé en héritage cette magnifique bible multilingue comportant des textes en langues d’origine et d’anciennes traductions.

Deux versions de la Bible polyglotte ont été imprimées. La plus ancienne, connue sous le nom de version républicaine, comporte une dédicace remerciant Cromwell d’avoir supprimé la taxe à l’importation du papier. La plus récente – la version loyale – a été imprimée après la restauration de la monarchie. Bibliothèque et Archives Canada a le privilège de les conserver toutes les deux dans la Salle Jacob M. Lowy, au 395, rue Wellington, à Ottawa. Grâce à sa prévoyance ainsi qu’à celle de monsieur Lowy, les chercheurs et le grand public peuvent s’y rendre pour y consulter de nombreux trésors.

Photographie couleur d’un livre richement décoré à la feuille d’or, portant sur son dos l’inscription Bibla Polyglotta Walton.

La Bible polyglotte de 1657 (AMICUS 940077)

Si ce n’était de cette œuvre qui porte son nom, le visage et l’histoire de Walton ne seraient jamais parvenus jusqu’à nous, sa tombe ayant été détruite lors du grand incendie de Londres. Walton était un ecclésiastique des années 1600. Personnage énergique et controversé, il s’opposa à certains de ses paroissiens puritains ainsi qu’à un comité de la Chambre des communes sur la question de la dîme. Contraint de prendre une retraite prématurée à Oxford, il en profita pour perfectionner sa maîtrise des langues anciennes, concevoir un plan pour publier une bible polyglotte, vendre l’idée à d’éminents universitaires et solliciter les services de collègues orientalistes.

Photographie couleur d’une page avec l’image d’un homme vêtu d’habits épiscopaux, tenant une plume à la main et regardant le lecteur.

Gravure représentant Brian Walton, tirée de l’introduction de la Bible polyglotte de 1657.

Au moins trois bibles polyglottes avaient déjà été publiées en Europe dans les années 1600, mais Walton voulait en produire une moins coûteuse et plus facile à vendre. Et il y parvint : sa bible – le premier ouvrage vendu par abonnement en Angleterre – connut un véritable succès commercial. Au prix de 50 £, ce titre était tout de même le plus dispendieux que possédaient plusieurs chercheurs et gentilshommes. Au moment de mettre sous presse, Walton avait déjà recueilli plus de 9 000 £.

Photographie couleur montrant des textes en plusieurs langues disposés côte à côte.

Photo de pages intérieures de la Bible polyglotte de 1657, montrant toutes les langues et les formes d’écriture sur une même page.

La bible de Walton fut aussi la première à présenter sur une même page toutes les versions du texte dans différentes langues, un exploit technologique pour l’époque. Ce n’est là qu’une des incroyables caractéristiques de cet ouvrage en six volumes, qui donne un nouveau sens au mot « tome ». Lorsqu’on voit ces anciens textes bibliques imprimés côte à côte en neuf langues (dont l’hébreu, le grec, le syriaque, l’arabe, l’éthiopien et le persan), avec la traduction latine pour chacune, on regrette de ne pas avoir appris plus de langues étrangères à l’école!

La Bible polyglotte de Walton est unique, tant par son contenu que par son histoire : elle a survécu à un périple de quatre siècles qui l’a menée de Londres jusqu’à la résidence de Jacob M. Lowy, à Montréal. En 1977, monsieur Lowy l’a léguée à Bibliothèque et Archives Canada en même temps que tous ses livres hébraïques rares et anciens, qui forment une collection de calibre international.

Pour en savoir plus sur la Collection Lowy, rendez-vous au www.collectionscanada.gc.ca/collection-lowy/index-f.html.

Une page dans chaque livre canadien : catalogage avant publication

Toujours pressés de plonger dans un nouveau livre, vous avez peut-être déjà remarqué le verso de la page titre — un amalgame étrange de mots et de chiffres portant le titre « Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada ».

Image montrant la première page rector d’un livre avec l’information de catalogage.

Exemple de l’information de catalogage avant publication pour le livre The Night Before Christmas (AMICUS 41951076)

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi et comment Bibliothèque et Archives Canada (BAC) met son sceau sur votre matériel de lecture et sur presque toutes les publications publiées au Canada? La réponse est simple. Le catalogage avant publication (aussi connu sous l’acronyme CIP) est préparé par les bibliothécaires avant la date de lancement d’un livre. Le CIP permet aux bibliothèques canadiennes de précommander un livre, de le cataloguer et de le classer rapidement, ce qui signifie que les usagers des bibliothèques peuvent y avoir accès beaucoup plus vite que si chaque bibliothèque devait effectuer tout le travail de catalogage et de classement individuellement.

Presque 9 000 nouvelles publications canadiennes sont cataloguées annuellement par l’équipe de catalogage avant publication, un groupe d’environ dix bibliothécaires au catalogage qui travaillent au sein de la Division de la description des ressources de BAC. L’équipe travaille en étroite collaboration avec des dizaines d’éditeurs partout au Canada afin de partager les métadonnées de livres canadiens à l’échelle internationale. Le programme canadien de catalogage avant publication existe depuis les années 1970. Il s’agit d’une grande réussite dans l’histoire de BAC qui se répète à chaque livre.

Pour en apprendre davantage sur ce programme, veuillez consulter la page Catalogage avant publication.