Bibliothèque et Archives Canada célèbre aujourd’hui sa naissance, survenue en 2004!

Il y a 15 ans jour pour jour, le 21 mai 2004, le Conseil privé adoptait le décret mettant en vigueur la Loi constituant Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Ce faisant, la volonté des législateurs devenait réalité et ouvrait de nouvelles perspectives à une organisation originale à de multiples égards.

Page noire et blanche de la Partie II de la Gazette du Canada, enregistrement TR/2004-58, 2 juin 2004, Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada. « Le décret fixant au 21 mai 2004 la date d'entrée en vigueur de certains articles de la Loi » est écrit en caractères gras.

Extrait de la Gazette du Canada (vol. 138, no 11) annonçant l’entrée en vigueur de la Loi constituant Bibliothèque et Archives Canada, 21 mai 2004.

Cette naissance est tout à la fois reflet du passé – fruit d’une gestation d’une dizaine d’années – et porteuse d’avenir, tant par les défis auxquels l’organisation est appelée à répondre que par les traits originaux qui vont la caractériser et soutenir son développement futur.

L’idée fait son chemin

Revenons d’abord quelque peu en arrière. Au cours des années 1990, alors que la société canadienne connaît d’importants changements, la pression s’accentue sur les deux institutions qui précèdent BAC, les Archives nationales du Canada et la Bibliothèque nationale du Canada.

D’une part, elles sont confrontées à une expansion des besoins, associés à l’explosion des ressources documentaires ainsi qu’à l’arrivée des technologies de l’information, ces dernières transformant leurs pratiques et leurs rôles. D’autre part, le gouvernement du Canada, face à un déficit élevé, lance un examen des programmes qui réduit considérablement leurs moyens.

Alors que le numérique émerge comme nouvelle voie de diffusion et d’accès aux archives et aux publications, une question se pose avec acuité : comment mieux répondre aux attentes des Canadiens? Dès 1994, l’idée de fusionner les Archives et la Bibliothèque nationales est dans l’air. Elle sera examinée en 1999 par l’historien John English, mais rejetée au profit d’une concertation plus étroite entre les deux institutions.

Parallèlement, une commission parlementaire se penche sur le rôle du gouvernement du Canada en matière de patrimoine. Son rapport, déposé à l’aube du nouveau millénaire, fait une large place au numérique en favorisant l’accès des Canadiens aux ressources documentaires requises pour créer une société du savoir. En outre, les dirigeants récemment nommés à la tête des deux institutions entendent favoriser davantage les activités communes.

Sous cette double poussée, intégrer les deux institutions dans une seule structure devient une possibilité réelle, qui est annoncée dans le discours du Trône de 2002. Le cheminement législatif ne sera complété qu’en mai 2004, obtenant en cours de route le soutien des principales associations professionnelles et organisations du milieu.

Capture d'écran du site Web de BAC avec « Bibliothèque et Archives Canada » écrit en rouge en haut de l'écran, suivi du titre « Quoi de neuf? Proclamation de la Loi constituant Bibliothèque et Archives Canada ».

Annonce de la proclamation de la Loi constituant Bibliothèque et Archives Canada, publiée sur le site Internet de BAC.

Fruit de ce cheminement, la nouvelle institution se donne comme leitmotiv d’être une « institution du savoir » qui favorise l’accès des Canadiens à leur patrimoine documentaire. Cette approche est soutenue visuellement par un logo associant un inukshuk avec le slogan « Ici le savoir ».

Quatre caractéristiques majeures d’une institution unique : Bibliothèque et Archives Canada

Au cours de ce processus de gestation, quatre caractéristiques de la nouvelle institution vont émerger pour lui permettre d’affronter les futurs défis.

Les deux premières sont de nature politique. Il y a d’abord l’intégration, en vertu de la Loi, des deux institutions en une seule, un phénomène rare dans le domaine du patrimoine documentaire. C’est également le fruit de la volonté affirmée par Ian E. Wilson, l’archiviste national, et par Roch Carrier, administrateur général de la Bibliothèque nationale, de regrouper les fonctions dans une structure interne intégrée, une approche encore inédite.

Deux photographies couleur côte à côte. La photo de gauche montre un homme, Ian Wilson, debout derrière un podium, ainsi qu’une affiche sur laquelle on peut lire « Ici le savoir » derrière lui. La photo de droite montre également un homme, Roch Carrier, au podium.

À gauche, Ian E. Wilson en 2005. L’affiche « Ici le savoir » est bien visible. Crédit : David Knox, Bibliothèque et Archives Canada. À droite, Roch Carrier, administrateur général de la Bibliothèque nationale du Canada. Crédit : David Barbour, Bibliothèque nationale du Canada.

Vient ensuite l’insertion, dans la loi, d’un concept novateur : le patrimoine documentaire. Fruit d’une évolution internationale, ce concept est une clé de voûte faisant le pont entre les archives et les bibliothèques. En permettant l’intégration des pratiques professionnelles, notamment numériques, il constitue un appel à collaborer pour préserver le patrimoine documentaire et y donner accès.

Les deux autres traits sont de nature organisationnelle et visent à consolider l’organisation. À l’interne, d’abord, un programme intitulé Transformation vise l’aménagement des deux univers professionnels pour générer un espace commun et, comme le mentionne Ian Wilson, « rechercher les points communs plutôt que les différences ». Ensuite, à l’externe, tant les Archives que la Bibliothèque nationales s’engagent dès les années 1990 dans la voie de la collaboration avec les autres institutions du pays. Dans la foulée des changements qui s’opèrent, plusieurs consultations sont organisées avec les partenaires, qu’il s’agisse d’associations professionnelles ou de regroupements d’organismes. En somme, le milieu lui-même est convié à cheminer et à soutenir la nouvelle institution tout au long du processus. Ces échanges permettent au projet d’avancer relativement harmonieusement, ce qui contribue certainement à la réussite de la métamorphose.

Bref, en 2004, une voie nouvelle s’ouvrait pour l’institution chargée de préserver la mémoire canadienne. Si les défis étaient nombreux, et le sont toujours, non seulement Bibliothèque et Archives Canada s’est taillé une place unique dans le monde, mais il est mieux outillé pour aller de l’avant.

« En tant qu’institution unique, nous démontrons qu’en réunissant nos collections et notre expertise, et en élaborant des services et des programmes qui répondent aux besoins des Canadiens, nous avons adopté des mesures pour apporter la meilleure contribution possible au progrès et à la qualité de vie des Canadiens. Nous partageons tous une même responsabilité : aider BAC à réaliser son plein potentiel. » [Traduction]

         Ian E. Wilson, premier bibliothécaire et archiviste du Canada, lors de la        rencontre de tout le personnel (quelques jours après la proclamation de la Loi), 8 juin 2004

Pour en savoir plus, consultez l’article intitulé « La naissance d’une institution unique » paru dans le numéro printemps-été 2019 de Signatures.


Alain Roy est conseiller en politique à Bibliothèque et Archives Canada.

Émancipation des Premières Nations

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.Par Jasmine Charette

Le concept de l’identité dans le contexte canadien m’a toujours fascinée. J’adore me renseigner sur la façon dont les gens se servent de leur identité pour nouer des relations dans leur communauté ou pour rompre ces mêmes liens afin d’être perçus différemment. Toutefois, cela ne s’est pas toujours fait de manière juste ou volontaire. Vous voulez un exemple frappant? L’émancipation des Premières Nations.

De quoi s’agit-il?

L’émancipation signifiait, aux yeux du gouvernement, la perte du statut légal d’Indien en vue de l’obtention de la citoyenneté canadienne et de tous les droits et privilèges s’y rattachant. Ce processus a été entériné dans la Loi sur les Indiens de 1876, qui regroupait plusieurs parties de lois coloniales en vigueur à cette époque

Page dactylographiée en noir et blanc tirée du texte d’une loi.

Une page de la Loi sur les Indiens publiée dans les Statuts du Canada, 1876 (Notre mémoire en ligne)

L’émancipation pouvait être demandée par n’importe quel Autochtone, pourvu qu’il respecte certaines exigences : âge, sexe et compétence en français ou en anglais. Une personne ne faisant pas partie de la bande, comme un prêtre ou un agent des Indiens, devait déterminer l’aptitude de l’Autochtone souhaitant être émancipé. Certains documents révèlent que des Autochtones — selon leurs propres mots ou la correspondance des agents des Indiens — souhaitaient être émancipés pour les titres fonciers et les fonds des bandes. La perte du statut légal voulait dire qu’ils n’étaient plus assujettis à la Loi sur les Indiens.

De nombreuses personnes ont été émancipées contre leur gré, dont certaines en raison de leur carrière (avocats, médecins ou membres du clergé). D’autres l’ont été parce qu’ils ont fréquenté une université ou participé à la Première ou à la Deuxième Guerre mondiale, ou tout simplement parce qu’un agent des Indiens les jugeait suffisamment « civilisés ». Puis, l’émancipation obligatoire a visé les femmes autochtones mariées à un homme sans statut d’Indien (voir ci-dessous les modifications apportées à la Loi sur les Indiens, en 1985).

Qu’est-ce que cela veut dire pour les Autochtones?

La Loi sur les Indiens était et est toujours perçue comme étant véritablement contraignante pour les Autochtones. La perte d’identité a eu diverses répercussions, y compris l’inadmissibilité aux services sociaux, la perte des droits de chasse et des droits fonciers et, pour nombre d’entre eux, la distance physique et intangible les séparant de leurs demeures et de leurs cultures. Il existe des exemples dans les dossiers des Conseils des chefs où l’émancipation d’individus a été refusée, car les chefs ne croient pas que l’Acte du cens électoral s’applique à ces personnes, par crainte que des terres puissent être vendues et que la communauté soit perdue.

Pour certains, l’émancipation constituait une violation directe d’accords précédents. Une pétition provenant des membres mohawks de la Confédération des Cinq Nations (aujourd’hui,Six Nations of the Grand River) révèle l’existence d’un traité avec les Britanniques selon lequel ces derniers n’essaieraient jamais de faire des Autochtones des sujets britanniques. L’émancipation brisait cette promesse.

Reproduction noir et blanc d’une pétition manuscrite adressée à Son Excellence le très honorable lord Stanley, gouverneur général du Dominion du Canada.

: Organisation des Six Nations — Correspondance concernant une pétition provenant des Indiens des Six Nations visant à ce qu’ils soient exemptés des dispositions de l’Acte du cens électoral de 1885. (e006183352)

Cette mesure visait-elle uniquement les personnes?

Dans un cas, une bande complète a été émancipée : la bande de Michel dans le nord de l’Alberta. Un décret prévoyait l’émancipation de tous les membres admissibles de la bande de Michel, le 31 mars 1958.

Texte dactylographié en noir et blanc décrivant l’affectation des fonds de la bande de Michel et des terres de la réserve indienne de Michel n° 132.

Légende : Annexe B du plan pour l’affectation des fonds de la bande de Michel et des terres de la réserve indienne de Michel n° 132, 31 mars 1958. RG2-A-1-a. Volume 2215. Création 1958-375. (Notre mémoire en ligne)

Cet ordre d’émancipation a partagé les terres de la réserve entre les membres émancipés, ce qui a provoqué le démantèlement complet de la bande. Trois ans plus tard seulement, cette émancipation obligatoire a été révoquée. Certains membres de l’ancienne bande de Michel tentent toujours aujourd’hui de retrouver leur statut de bande (en anglais seulement).

Pourquoi cela est-il pertinent aujourd’hui?

Lorsque les articles sur l’émancipation de la Loi sur les Indiens ont été révoqués en 1985, ils ont été remplacés par ce que nous appelons aujourd’hui le statut d’Indien. Il était alors impossible d’abandonner son statut, et de nombreux Autochtones émancipés ont retrouvé leur statut au moyen de diverses dispositions figurant dans l’abrogation de 1985, et de modifications subséquentes apportées à la Loi sur les Indiens. La discrimination fondée sur le sexe se trouvant dans la Loi a été éliminée et le statut d’Indien a été redonné aux femmes l’ayant perdu en raison de leur mariage à un non-Autochtone ou de la disposition « mère grand-mère » de 1951 (leur statut était perdu à l’âge de 21 ans si la mère et la grand-mère paternelle avaient acquis le statut d’Indien par mariage).

Vous avez des questions sur l’émancipation?

Les Services de référence peuvent répondre à vos questions et vous aider à trouver des archives et des publications, y compris des documents sur l’émancipation. Posez-nous une question; nous y répondrons avec plaisir!

Sources

Ce blogue fait partie d’une série portant sur les Initiatives du patrimoine documentaire autochtone. Apprenez-en plus sur la façon dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) améliore l’accès aux collections en lien avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Voyez aussi comment BAC appuie les communautés en matière de préservation d’enregistrements de langue autochtone.  


Jasmine Charette est archiviste de référence à la Division des services de référence, Direction générale des services au public, Bibliothèque et Archives Canada.

Pas besoin de gants blancs

Par Alison Harding-Hlady

On nous demande souvent pourquoi nos restaurateurs et nos bibliothécaires ne mettent pas de gants lorsqu’ils manipulent des livres rares ou fragiles. Question pertinente puisque, dans les films et les séries télévisées, les restaurateurs de livres rares portent toujours des gants blancs pour manipuler des artéfacts inestimables. C’en est devenu une scène emblématique! Mais la réponse à cette question est simple : c’est mieux pour les livres!

Il faut bel et bien se servir de gants protecteurs pour travailler avec certaines archives, dont des œuvres d’art ou des photographies. Toutefois, pour les livres rares, les normes de l’industrie recommandent les mains nues, propres et sèches. Les guides (en anglais seulement) publiés par la Bibliothèque nationale britannique et la Bibliothèque du Congrès ne se contentent pas de préconiser la manipulation des documents à mains nues : ils déconseillent les gants, qui peuvent être plus nuisibles qu’utiles.

Avez-vous déjà essayé de lire un livre ou d’accomplir une tâche de motricité fine avec des gants? C’est impossible! Il est beaucoup plus difficile de contrôler ses mouvements ou de tourner les pages. Vous avez donc plus de chance d’échapper le volume, de déchirer une page ou de causer d’autres dommages. Lorsqu’un restaurateur effectue une réparation délicate et complète, il faut absolument qu’il puisse toucher au papier et faire preuve d’une grande dextérité.

Photo couleur d’une personne se tenant debout devant une table dans le laboratoire de restauration des livres, réparant le dos d’un volume.

Manise Marston, restauratrice de livres en chef, travaillant dans le laboratoire des livres de BAC.

Les gants ne sont pas toujours propres et peuvent laisser des peluches ou de la saleté sur les livres. Ils peuvent aussi réchauffer les mains, et leur coton mince ne bloque habituellement pas la sueur. De plus, la reliure et les pages d’un livre sont robustes et conçues pour être touchées. N’oubliez pas que les livres rares ajoutés à la collection sont fréquemment manipulés depuis des siècles. Avec un peu de soin et de
prudence, d’innombrables personnes pourront en faire autant pendant des centaines d’années encore!

Photo couleur en gros plan montrant des mains qui tiennent un livre somptueusement décoré.

Détail d’une édition de 1758 de Paradise Lost conservée dans la collection des livres rares de BAC. No OCLC : 228137

Bien entendu, des précautions sont nécessaires pour manipuler des livres rares. Les mains doivent être propres et sèches; les crèmes et tout autre produit sont à éviter. Il faut se servir de porte-livres ou de supports adéquats, tourner les pages lentement et ne jamais ouvrir un volume au point de faire forcer sa reliure et son dos. Il est important de manipuler le livre le moins possible, toujours avec le plus grand soin.

Faut-il parfois mettre des gants? Oui. Si l’ouvrage comprend des œuvres d’art ou des photos originales, si la reliure contient des éléments en métal ou d’autres matériaux inhabituels, ou s’il semble y avoir un contaminant quelconque, comme de la moisissure, le port de gants peut être conseillé. Cependant, la pratique courante à BAC et dans les institutions semblables ailleurs dans le monde consiste à ne pas porter de gants pour manipuler ces articles à la fois magnifiques, précieux et fascinants de notre collection.

Photo couleur de deux pages de texte illustrées dans un ouvrage ancien.

Un exemplaire de 1482 du livre Elementa d’Euclide, conservé dans la collection des livres rares de BAC. No OCLC : 1007591701


Alison Harding-Hlady est bibliothécaire principale au catalogage et responsable des livres rares et des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

C’est une question de point de vue

Par Kristen Ann Coulas

Pour paraphraser l’héroïne d’Aminata, roman primé de Lawrence Hill, on sollicite rarement notre imagination pour essayer de comprendre les autres. La plupart d’entre nous seront sans doute d’accord : même quand on tente de se mettre dans la peau d’autrui, il est difficile de saisir des concepts que l’on ne connaît pas ou ne comprend pas. C’est pourquoi il est si important d’avoir une littérature riche alimentée par des auteurs de tous horizons.

La magie qui opère quand on se plonge dans leurs univers change notre point de vue sur le monde. Tout à coup, on voit les choses en profondeur et les nuances se multiplient. Élargir sa vision du monde, c’est s’enrichir soi-même, devenir de meilleurs amis et de meilleurs voisins.

Voici quelques œuvres récentes d’auteurs qui ont ajouté leur voix au catalogue collectif national.

Essai

I’ve Been Meaning to Tell You: A Letter to My Daughter, David John Chariandy

ISBN : 978-0-771018-07-7

https://bac-lac.on.worldcat.org/oclc/1027055103

https://bac-lac.on.worldcat.org/oclc/1027055103?lang=fr

Fils d’immigrants noire et sud-asiatique de Trinité, David Chariandy laisse de côté les récits qui lui ont valu plusieurs prix pour se pencher sur son histoire personnelle et ancestrale. Dans cet essai touchant qu’il dédie à sa fille, l’auteur parle de ce qu’il fait pour rester fidèle à son identité culturelle et la cultiver tout en vivant au Canada.

A Mind Spread Out on the Ground, Alicia Elliott

ISBN : 978-0-385692-38-0

Audacieuse, l’auteure tuscarora Alicia Elliott ouvre son cœur et met au jour des détails intimes de sa propre vie et de son expérience des traumatismes intergénérationnels pour livrer un point de vue qui lui est propre dans le livre A Mind Spread Out on the Ground. Elle examine la vie sous toutes ses facettes, prenant de front les questions difficiles et des sujets comme l’héritage du colonialisme.

Forgiveness, Mark Sakamoto

ISBN : 978-1-443417-97-6

L’auteur invite les lecteurs à découvrir le passé de sa famille, de l’expérience de son grand-père, qui fut un prisonnier de guerre canadien par l’armée japonaise, à celle de sa grand-mère, qui vécut l’internement des Canadiens d’origine japonaise par le gouvernement du Canada durant la Deuxième Guerre mondiale. Il y découvre un fil conducteur, le pardon, dont il retrace le parcours jusqu’à sa propre vie. Gagnant d’un Combat des livres en 2018, Forgiveness est une histoire familiale décryptée.

Étienne Boulay : le parcours d’un battant, Marc-André Chabot

ISBN : 978-2-764812-82-2

Cette œuvre récente de Marc-André Chabot décrit le tortueux combat de son ami Étienne Boulay contre la dépendance. Mais loin de se focaliser sur la toxicomanie, le livre jette un regard franc sur la manière dont la vie de cet ami a façonné l’homme qu’il est devenu, montrant au passage l’importance de pouvoir compter sur une équipe solide.

Poésie

heft, Doyali Islam

ISBN : 978-0-771005-59-6

À la fois lyrique et novateur, heft, deuxième recueil de la poète primée Doyali Islam, comprend des œuvres conçues dans le style de « poésie parallèle » qui lui est propre. Les poèmes ont notamment été publiés dans la Kenyon Review Online et The Fiddlehead, et certains d’entre eux ont remporté des concours et des prix d’envergure nationale.

This Wound is a World, Billy-Ray Belcourt

ISBN : 978-1-927823-64-4

Lauréat de plusieurs prix, le poète Billy-Ray Belcourt figurait en 2016 sur la liste des auteurs autochtones à surveiller de CBC Books. Ce recueil éblouissant aborde avec brio les thèmes de l’identité queer, du désir et de la survivance. En 2018, This Wound is a World a remporté le prix Griffin pour la poésie et le prix littéraire Robert-Kroetsch de la ville d’Edmonton.

Fiction

Things Are Good Now, Djamila Ibrahim

ISBN : 978-1-487001-88-9

Things are Good Now est le premier recueil de nouvelles de Djamila Ibrahim, auteure d’origine éthiopienne arrivée au Canada en 1990. Elle y explore des thèmes comme le remords, la race, l’espoir, l’amitié, les relations humaines et le pouvoir de la mémoire, tout cela à travers la lunette de l’immigration. Chacune des histoires du recueil, aussi enlevantes que poignantes, dégage une authenticité qui fait douter de sa nature fictionnelle.

Saints and Misfits, S. K. Ali

ISBN : 978-1-481499-24-8

Saints and Misfits est l’émouvant récit d’une jeune musulmane et de son passage à l’âge adulte. Ce roman pour jeunes adultes s’attaque à des problèmes bien concrets et difficiles : agression sexuelle et abus de pouvoir s’y mêlent à l’exploration des thèmes de l’anxiété et de l’identité à l’adolescence. Respirant l’espoir et le dévouement, le premier roman de S. K. Ali mérite amplement la place qu’il a occupée sur la liste préliminaire du Combat des livres en 2018.

Thelma, Louise et moi, Martine Delvaux

ISBN : 978-2-924666-55-5

Dans ce saisissant portrait du féminisme, Martine Delvaux se penche sur l’influence du film Thelma et Louise. Elle explore l’évolution de sa propre perspective sur l’œuvre en racontant des anecdotes du film et en dévoilant ses réflexions personnelles. Thelma, Louise et moi nous rappelle l’importance de s’affirmer face à une société qui est toujours là pour nous faire douter de nous-mêmes.

Jeunesse

Takannaaluk, Herve Paniaq, illustrations de Germaine Arnaktauyok

ISBN : 978-1-772271-81-2

Ce magnifique album raconte les origines de Takannaaluk, mère des mammifères marins et plus importante figure de la mythologie inuite. La verve saisissante d’Herve Paniaq, aîné respecté, s’anime à travers les illustrations de la célèbre artiste inuite Germaine Arnaktauyok.

Visitez une bibliothèque près de chez vous pour emprunter ces livres, ou consultez le nouveau catalogue de Bibliothèque et Archives Canada, Aurora.


Kristen Ann Coulas est bibliothécaire responsable des acquisitions à Bibliothèque et Archives Canada

Notre bloc de données fait peau neuve!

Par Tyler Ostapyk

En feuilletant un livre, avez-vous déjà remarqué, au verso de la page de titre, un bloc de texte commençant par « Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada »? C’est ce que nous appelons, à Bibliothèque et Archives Canada, le bloc de données CIP (de l’anglais Cataloguing in Publication, ou catalogage avant publication).

Notre bloc de données CIP a désormais un nouveau format! Voyez en quoi consiste exactement ce bloc, et ce que les changements signifient.

Qu’est-ce que le bloc de données CIP?

Avant l’avènement des catalogues en ligne, des bases de données électroniques et des métadonnées intégrées, comment les usagers pouvaient-ils trouver les titres qu’ils cherchaient? Grâce aux fiches catalographiques que consignaient les bibliothèques, et qui contenaient pour chaque ouvrage des renseignements détaillés.

Fiche catalographique (notice bibliographique originale)

Fiche catalographique d’un mémoire préparé par l’Université de Moncton, présentant des renseignements détaillés sur l’ouvrage. Le nom de l’université figure au haut de la fiche, suivi du titre du mémoire et d’autres informations (dont la date de publication). Plus bas, on peut lire les vedettes-matières pertinentes. La cote de l’ouvrage apparaît dans le coin supérieur gauche de la fiche.

Fiche catalographique d’un mémoire préparé par l’Université de Moncton.

Pour aider les bibliothèques à consigner ces renseignements, le Programme de CIP de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) produit des blocs de données CIP, qui apparaissent dans les publications canadiennes, au verso de la page de titre. Ces notices bibliographiques sont créées avant même la publication d’un ouvrage. En demandant aux éditeurs de les inclure dans leurs livres, BAC s’assure qu’elles se trouvent littéralement entre les mains de toute personne accédant à l’ouvrage dès sa publication.

Catalogue sur fiches (base de données bibliographiques originale)

Catalogue sur fiches en bois brun, dont l’un des tiroirs est ouvert. Le tiroir contient plusieurs fiches catalographiques. Sur l’une d’elles, on peut lire le nom et l’année de naissance d’un auteur (Bishun, Cyril, 1922–).

Tiroir d’un des nombreux catalogues sur fiches de Bibliothèque et Archives Canada.

De nos jours, le bloc de données CIP sert toujours de marqueur visuel signalant l’existence d’une notice bibliographique à BAC. Les bibliothèques se basent sur celui-ci pour reproduire les informations dans leur propre catalogue.

Ainsi, le bloc de données CIP continue d’aider les bibliothèques à classer et à cataloguer rapidement leurs documents, puis à les rendre accessibles aux usagers dans de brefs délais.

Pourquoi modifier le bloc de données?

Depuis que les bibliothèques ont délaissé les catalogues sur fiches au profit des bases de données électroniques, le bloc de données n’avait pas changé, conservant le format original des fiches catalographiques.

Ancien bloc de données CIP (fort semblable à la fiche catalographique ci-dessus, non?)

Verso de la page de titre de l’ouvrage Les fondements de la culture, le pouvoir de l’art, présentant de nombreux renseignements sur l’ouvrage, dont sa date de publication et son numéro ISBN. Les commanditaires du livre (dont le Conseil des arts du Canada) y sont nommés, et quelques mots de reconnaissance leur sont adressés. Au bas, on voit le bloc de données CIP disposé selon l’ancien format, commençant par « Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada ». Juste au-dessous, on retrouve le nom de l’auteur et son titre. Encore plus bas apparaissent des notes et deux numéros ISBN, le tout suivi d’un paragraphe contenant quatre vedettes-matières. La dernière ligne met en évidence les indices de classification LC et Dewey, de même que deux numéros de contrôle Canadiana.

Bloc de données CIP tel qu’il apparaît au verso de la page de titre de l’ouvrage Les fondements de la culture, le pouvoir de l’art.

Pour s’adapter aux nouvelles réalités technologiques, BAC a donc emboîté le pas à la Bibliothèque du Congrès en concevant un bloc de données qui convient mieux à l’environnement documentaire d’aujourd’hui.

À quoi ressemble le nouveau bloc de données?

Comme la Bibliothèque du Congrès, BAC a opté pour une présentation avec étiquettes, plus conviviale. Les renseignements y sont regroupés par catégories, d’une façon qui est familière au public et qui ressemble à celle utilisée par les ressources documentaires populaires en ligne.

Nouveau bloc de données CIP

Bloc de données CIP présenté selon le nouveau format, et reprenant les données de catalogage créées pour l’ouvrage Les fondements de la culture, le pouvoir de l’art. La mention « Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada » figure au haut. En dessous, chaque section du bloc de données est identifiée par une étiquette accompagnée de renseignements précis sur l’ouvrage. Les étiquettes sont présentées dans l’ordre suivant : Titre, Noms, Description, Identifiants, Vedettes-matière et Classification.

Bloc de données CIP présenté selon le nouveau format.

L’équipe du Programme de CIP de Bibliothèque et Archives Canada a bien hâte de faire découvrir ce nouveau bloc de données aux lecteurs et aux bibliothèques du monde entier. Gardez l’œil ouvert : il fera bientôt son apparition dans vos livres!

Vous voulez en savoir plus?

Lisez la description détaillée du nouveau bloc de données dans la section Catalogage avant publication du site Web de BAC.

Vous voulez en voir plus?

Vous avez des questions?


Tyler Ostapyk est bibliothécaire au catalogage à Bibliothèque et Archives Canada.

Les premières presses du Canada

Par Meaghan Scanlon

En visitant l’exposition Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada, vous aurez l’occasion de voir deux artefacts de la collection de livres rares de Bibliothèques et Archives Canada. Le premier est un court ouvrage médical publié à Québec en 1785 au sujet des symptômes et du traitement d’une maladie qui semble être une forme de syphilis. Le second est une proclamation sur les droits de pêche des Français émise par le gouverneur de Terre-Neuve en 1822.

Photo couleur d’un livre ouvert à la page titre, où on peut lire « Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul. A Quebec : Chez Guillaume Brown, au milieu de la grande côte. M, DCC, LXXXV. »

Page titre du livre Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul, imprimé par Guillaume (William) Brown, Québec (Québec), 1785. (AMICUS 10851364)

De prime abord, ces publications ont peu en commun. Or, un lien historique intéressant les unit : toutes deux ont été produites par les pionniers de l’imprimerie dans leurs provinces respectives. Guillaume Brown, éditeur du livre Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul, ainsi que son partenaire Thomas Gilmore deviennent en effet les premiers imprimeurs du Québec lorsqu’ils s’installent dans la ville du même nom, en 1764. John Ryan, à qui l’on doit l’affiche de Terre-Neuve, mérite quant à lui l’honneur d’être le premier imprimeur de deux provinces : il pratique déjà le métier à Saint John avec son partenaire William Lewis lorsqu’est fondé le Nouveau-Brunswick, en 1784. En 1806, il déménage à St. John’s (Terre-Neuve) et y ouvre la première imprimerie de l’île.

Document en noir et blanc proclamant le droit, pour les pêcheurs français, de pêcher au large de Terre-Neuve sans être gênés ou harcelés par les sujets britanniques (droit qui leur fut accordé en vertu du traité de Paris, qui entérinait lui-même celui d’Utrecht). La proclamation enjoint les officiers et les magistrats à faire respecter ce droit, et signale que des mesures pourraient être prises contre les pêcheurs britanniques qui ne s’y conforment pas.

By His Excellency Sir Charles Hamilton… a proclamation, imprimé par John Ryan, St. John’s (Terre-Neuve), vers 1822. (AMICUS 45262655)

Vers 1454, Johannes Gutenberg termine sa célèbre bible à Mayence, en Allemagne, faisant ainsi connaître l’imprimerie dans toute l’Europe. En 1500, son innovation est déjà largement répandue sur le continent. L’imprimerie suivra les colons européens jusqu’en Amérique, mais ce n’est qu’en 1751 qu’elle arrive au Canada, soit presque 300 ans après l’époque de Gutenberg. Si cela peut nous sembler incroyablement long – nous qui sommes habitués à de rapides évolutions technologiques –, l’imprimerie met presque 150 ans de plus à conquérir le reste du pays. Avec des artefacts comme ces documents imprimés par Guillaume Brown et John Ryan, la collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada documente la longue et fascinante histoire de la naissance de l’imprimerie au Canada.

Reproduction couleur de la couverture d’un journal, aux teintes sépia, qui présente un pli dans sa partie supérieure.

Premier numéro du Halifax Gazette (23 mars 1752), imprimé par John Bushell. (AMICUS 7589124)

Tout commence avec John Bushell, le premier imprimeur du Canada. En 1751, il quitte Boston, au Massachusetts, pour s’établir à Halifax, en Nouvelle-Écosse. C’est là qu’il publie le premier journal du pays, The Halifax Gazette, le 23 mars 1752. Comme nous l’avons dit précédemment, le Québec et le Nouveau-Brunswick accueillent respectivement leur première presse en 1764 et en 1784. À la fin du 18e siècle, l’impression s’est frayé un chemin jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard et l’Ontario, dont la première imprimerie est ouverte par Louis Roy à Newark (aujourd’hui Niagara-on-the-Lake) en 1792. Après l’arrivée de John Ryan à Terre-Neuve, en 1806, on trouve des presses dans toutes les provinces de l’Est. Plusieurs pionniers de l’impression établis dans cette région (dont John Ryan et James Robertson, le premier imprimeur de l’Île-du-Prince-Édouard) sont des loyalistes, c’est-à-dire des Américains qui ont quitté les États-Unis pendant la guerre d’Indépendance américaine par loyauté envers la Couronne britannique.

Avant la fin du 19e siècle, l’imprimerie parvient dans l’Ouest et le Nord du Canada. En Alberta comme au Manitoba, les premiers imprimeurs sont des missionnaires qui traduisent en langues autochtones des textes chrétiens. En 1840, utilisant une presse et des caractères de sa propre confection, le pasteur méthodiste James Evans commence à imprimer des textes en écriture syllabique crie à Rossville, au Manitoba. L’Alberta accueille quant à elle sa première presse en 1876, quand le prêtre oblat Émile Grouard vient s’installer à Lac La Biche. En 1878, celui-ci publie le premier livre de la province, Histoire sainte en montagnais (le terme montagnais est alors employé par les non-Autochtones pour désigner la langue dénée). Cette même année, le premier imprimeur de la Saskatchewan, Patrick Gammie Laurie, lance à Battleford un journal intitulé Saskatchewan Herald (AMICUS 4970721). Cet Écossais d’origine avait marché de Winnipeg jusqu’à Battleford – soit environ 1 000 kilomètres – en faisant tirer sa presse par un bœuf!

En 1858, la ruée vers l’or au fleuve Fraser attire les prospecteurs sur la côte Ouest. Cet afflux de nouveaux arrivants provoque une demande pour des nouvelles imprimées, ce qui mène à la création des cinq premiers journaux de la Colombie-Britannique, tous à Victoria. L’un d’eux, The British Colonist (AMICUS 7670749), est fondé par le futur premier ministre de la province, Amor de Cosmos.

C’est aussi à l’or que l’on doit l’arrivée de l’imprimerie dans les territoires du Nord canadien. Pendant la ruée vers le Klondike, en 1898, l’imprimeur G. B. Swinehart quitte Juneau, en Alaska, dans l’intention de lancer un journal à Dawson, au Yukon. Forcé d’attendre à Caribou Crossing en raison du mauvais temps, il y publie, le 16 mai 1898, un journal à tirage unique intitulé Caribou Sun (AMICUS 7502915). Il s’agirait du premier document à avoir été imprimé dans le Nord canadien.

Photo noir et blanc d’un groupe d’hommes devant une cabane en bois rond dont l’enseigne indique « The Yukon Sun ».

Bureau du journal de G. B. Swinehart, renommé The Yukon Sun, Dawson (Yukon), 1899. (MIKAN 3299688)

La collection de publications de Bibliothèque et Archives Canada comprend de nombreux documents produits à l’aube de l’imprimerie au pays, dont plus de 500 datent d’avant 1800. C’est beaucoup, mais loin d’être complet. Les employés sont d’ailleurs très heureux quand ils découvrent de nouvelles publications qui ne figurent pas dans la collection, parce que les documents produits par les premiers imprimeurs du Canada sont généralement très rares. Les deux publications en vedette à l’exposition Première en sont de beaux exemples. Il ne reste aujourd’hui qu’environ cinq exemplaires du livre Direction pour la guerison du mal de la Baie St Paul. Pour ce qui est de l’affiche de John Ryan, elle n’avait jamais été répertoriée auparavant, ce qui laisse croire qu’il n’en resterait aucun autre exemplaire.

Si vous êtes dans la région d’Ottawa, nous vous invitons à visiter l’exposition Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada pour voir en personne ces rares vestiges des débuts de l’imprimerie au Canada, ainsi que de nouvelles acquisitions d’autres secteurs de la collection de Bibliothèque et Archives Canada. L’exposition est présentée au 395, rue Wellington, à Ottawa, jusqu’au 3 décembre 2018. L’entrée est gratuite!

Autres ressources


Meaghan Scanlon est bibliothécaire principale des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Les bibliothèques canadiennes invitent les enfants à la journée À vos marques, prêts, lisez!

L’été est arrivé! Les bibliothèques canadiennes invitent les enfants et leurs familles à savourer pleinement la belle saison en profitant de la journée À vos marques, prêts, lisez! pour s’inscrire au Club de lecture d’été TD. On leur remettra une trousse de lecture gratuite comprenant un carnet de lecture, des autocollants et un code d’accès Web. Un carnet de lecture a aussi été conçu spécialement pour les enfants incapables de lire les imprimés. Tout au long de l’été, les enfants inscrits au Club pourront faire le suivi de leurs lectures, participer à des activités organisées par leur bibliothèque et visiter le site Web www.clubdelecturetd.ca, pour se créer un carnet virtuel et lire d’excellents livres électroniques. Ils pourront aussi écrire des comptes rendus et des critiques de livres, échanger des blagues, apprendre à dessiner comme notre illustratrice (©Anne Villeneuve), écrire des histoires, découvrir nos livres vedettes, et bien plus encore!

Une illustration en aquarelle d’un homme et d’un enfant portant des sacs à dos, en randonnée au bord de la mer.

© Anne Villeneuve

Une portée réelle

Le Club de lecture d’été TD prend de plus en plus d’ampleur chaque année! Un récent rapport illustre bien son influence : plus de 700 000 enfants ont participé à quelque 38 000 activités dans plus de 2000 bibliothèques partout au pays. Les études montrent que les enfants qui lisent pendant la période estivale réussissent mieux à la rentrée scolaire, à l’automne. Le Club de lecture d’été TD est le moyen idéal pour les garder motivés.

Une illustration en aquarelle d’un ours et de deux enfants dans un hamac qui flotte dans le ciel bleu soutenu par des livres ouverts. L’enfant le plus âgé lit une histoire pendant que le bébé écoute attentivement.

© Anne Villeneuve

Les enfants auront aussi la chance de lire, d’écouter et de commenter deux histoires créées spécialement pour le Club de lecture d’été TD : une en français par l’auteur Camille Bouchard, et une en anglais par l’auteur Kevin Sylvester.

Une illustration en aquarelle montrant deux enfants s’abritant de la pluie dans une vielle maison abandonnée et sinistre.

© Anne Villeneuve

Les enfants peuvent participer au Club n’importe où et n’importe quand : dans les bibliothèques publiques du Canada, à la maison, en ligne ou sur la route. Bref, partout où leur été les mènera! Le Club de lecture d’été TD leur fait connaître des œuvres, des auteurs et des illustrateurs canadiens, et il les encourage à découvrir les joies de la lecture : c’est le meilleur moyen pour qu’ils aiment lire toute leur vie.

Les trois bibliothèques ci-dessous serviront de points centraux pour le lancement national de la journée À vos marques, prêts, lisez! Elles tiendront des activités aux dates suivantes :

  • 16 juin : Bibliothèque Paul-Aimé Paiment, Québec (Québec)
  • 21 juin : Bkejwanong First Nation Public Library, Walpole Island (Ontario)
  • 23 juin : Spruce Grove Public Library, Spruce Grove (Alberta)

Ces trois bibliothèques présenteront des activités spéciales, en collaboration avec nos partenaires, dont la Bibliothèque publique de Toronto, Bibliothèque et Archives Canada et le Groupe Banque TD.

Le Club de lecture d’été TD est le plus important programme de lecture d’été au Canada. Gratuit et bilingue, il est destiné aux enfants de tous âges, quels que soient leurs goûts et leurs aptitudes. Créé et offert par plus de 2000 bibliothèques publiques canadiennes, ce programme national bilingue est dirigé par la Bibliothèque publique de Toronto en partenariat avec Bibliothèque et Archives Canada. Le soutien financier est généreusement assuré par le Groupe Banque TD.

Une illustration en aquarelle de trois enfants lisant dans un hamac.

© Anne Villeneuve

Et maintenant, quelque chose de complètement différent…

Pour en savoir plus sur les activités de cette année, écoutez la plus récente émission de balado de BAC, divisée en deux parties : À vos marques, prêts, lisez! Dans la première partie, nous nous assoyons avec Kevin Sylvester, auteur vedette anglophone du Club de lecture d’été TD de 2018. Kevin est accompagné de notre animatrice, Geneviève Morin, et de notre coanimateur spécial de 9 ans, Presley, qui adore cet auteur.

Dans la deuxième partie, qui sortira le 19 juin, nous discuterons avec Camille Bouchard, auteur vedette francophone du Club de lecture d’été TD de 2018. Camille a répondu à nos questions au téléphone, pendant sa traversée de l’Amérique du Nord en autocaravane. Cette émission comprendra également une entrevue surprise avec un célèbre auteur canadien ayant déjà été le bibliothécaire national du Canada. Vous devrez l’écouter pour découvrir de qui il s’agit!

Les livres racontent leur histoire

Par Meaghan Scanlon 

Vous tournez le dos aux livres usagés dont les pages sont couvertes de notes laissées par les lecteurs précédents? Pourtant, celles-ci sont d’une aide précieuse pour les chercheurs qui veulent en savoir plus sur les origines d’un ouvrage et la façon dont il était utilisé. Annotations, inscriptions, ex-libris ou marques de tampons encreurs : tous ces indices révèlent l’historique d’un livre, sa provenance et ses propriétaires.

La plupart des trésors faisant partie de la collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ont eu plus d’un propriétaire, et les traces en sont bien visibles. Prenons par exemple le deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition [Les régions polaires, ou la recherche de l’expédition de sir John Franklin], écrit par Sherard Osborn. BAC a acquis cet ouvrage en 2015, dans le cadre d’un transfert de documents avec ce qui s’appelait alors le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada. Or, les notes laissées sur ses pages montrent qu’il appartient au gouvernement fédéral depuis environ un siècle.

Photo couleur montrant deux pages d’un livre ouvert; sur la page de droite, on voit la marque d’un tampon encreur ainsi qu’une signature.

Pages du deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition de Sherard Osborn. Sur la page de droite, dans le coin supérieur droit, la marque d’un tampon encreur indique : « Commission on Conservation » [Commission de la conservation]. En dessous, on aperçoit une signature à l’encre : « W. A. Malcolm [?] / Jan’y [January] 1864 / Yokohama ».  [W. A. Malcolm (?) / Janvier 1864 / Yokohama] (AMICUS 6359969)

The Polar Regions a été imprimé en 1854, et la signature qui orne l’une des pages constitue la plus ancienne preuve de ses origines : elle nous indique que le livre se trouvait à Yokohama, au Japon, en 1864. Au-dessus de la signature, on voit une empreinte à l’encre, de forme ovale : celle de la Commission de la conservation. On peut en déduire que ce livre faisait probablement partie de la bibliothèque de la Commission canadienne de la conservation, un organisme consultatif mis sur pied par le gouvernement de l’époque afin de formuler des recommandations sur l’intendance des ressources du pays. Comme elle a existé de 1909 à 1921, nous pouvons supposer que le livre a été acquis au cours de cette période. En 1921, alors que le Sénat débattait de la dissolution de la Commission, un sénateur a demandé si la précieuse bibliothèque de l’organisme serait intégrée à la collection du Parlement. Les livres semblent plutôt avoir été distribués parmi les divers ministères ayant repris les fonctions de la Commission.

Photo couleur d’un livre ouvert aux pages de garde avant. On voit un ex-libris sur la page de gauche et quatre marques de tampon encreur sur la page de droite.

Les pages de garde avant du deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition, de Sherard Osborn, portant les traces de ses anciens propriétaires. Sur la page de gauche : l’ex-libris d’Affaires indiennes et du Nord Canada. Sur la page de droite : la marque du tampon encreur d’Affaires indiennes et du Nord Canada (en haut); celle de la Direction des parcs et des forêts du ministère des Mines et des Ressources (en bleu, au milieu et en bas à gauche); et celle de la Direction des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon du ministère de l’Intérieur (en bas à droite). (AMICUS 6359969)

Quant au livre qui nous intéresse ici, et dont la thématique est l’Arctique, il fut une ressource pour les fonctionnaires canadiens chargés de l’administration des territoires du Nord. Au fil des ans, cette responsabilité a été confiée à divers organismes fédéraux, et le livre semble avoir passé de main en main, selon les besoins, traversant les nombreux changements de structure bureaucratique. À la manière d’un passeport, les traces de tampons ministériels apparaissant pêle-mêle sur les pages de garde avant illustrent bien son parcours. Après la fermeture de la Commission, en 1921, le livre a été envoyé à la Direction des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon du ministère de l’Intérieur (empreinte verte en bas à droite); il y est demeuré de 1922 à 1936. De 1937 à 1953, c’est le ministère des Mines et des Ressources, alors chargé de l’administration du Nord, qui s’est vu confier l’ouvrage, comme en témoignent les empreintes bleues au milieu et en bas à gauche. Les marques d’Affaires indiennes et du Nord Canada (empreinte noire en haut à droite et ex-libris sur la page opposée) et du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales (empreinte derrière l’ex-libris, non visible sur la photo) témoignent elles aussi de l’odyssée ministérielle de l’ouvrage.

Ce ne sont pas tous les livres qui recèlent autant de vestiges du passé. Néanmoins, la prochaine fois que vous tomberez sur un vieil ouvrage un peu décrépit, prenez le temps de le feuilleter pour voir si d’anciens lecteurs y ont laissé leur marque. Qui sait? Vous pourriez être surpris!

Ressources supplémentaires


Meaghan Scanlon est bibliothécaire des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Les journaux locaux au cœur de la vie canadienne

Par Annie Wolfe

La collection de journaux de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) regorge de petites et grandes histoires! Ces histoires vraies forment la trame du Canada, de la politique à l’économie en passant par les arts et les sports, sans oublier les fameuses notices nécrologiques qui constituent une mine d’or pour les généalogistes.

Les journaux locaux en particulier sont la voix des régions, des villes, des villages, des quartiers. L’information qu’ils livrent est d’autant plus importante qu’elle provient directement de ceux et celles qui bâtissent les collectivités du Canada. Les journaux locaux offrent une fenêtre sur les débats et les événements qui affectent directement la vie des citoyens. Grâce aux journaux locaux, les collectivités acquièrent une autorité sur les nouvelles qui les touchent de près. C’est ainsi qu’ils deviennent une source incroyable de faits historiques.

Voici deux exemples de journaux locaux qui renferment de précieuses informations pour tout chercheur ou curieux.

Fort McMurray Today

Le journal Fort McMurray Today, fondé en 1974, couvre l’information pour les collectivités de Fort McMurray et de Wood Buffalo, en Alberta. Au printemps 2016, des feux de forêt font rage et forcent l’évacuation de la région. Les ravages sont considérables, et les conséquences sur l’économie canadienne, telles que la réduction de la production de pétrole, sont désastreuses.

En 2016, le Fort McMurray Today a gagné le prix Nouvelle de dernière heure, partagé avec l’Edmonton Journal et l’Edmonton Sun, pour leur couverture des feux de forêt. (Source : – http://nna-ccj.ca/fr/archives-prix/liste-des-gagnants-depuis-1949/#2)

Les microfilms de journaux couvrant les années 2015 à 2017 ont été acquis pour la collection nationale afin de documenter l’histoire de la collectivité avant, pendant et après la tragédie des feux de forêt.

L’Écho de Frontenac

L’hebdomadaire L’Écho de Frontenac, fondé en 1929, couvre la région de Lac-Mégantic, au Québec. À l’été 2013, un accident ferroviaire provoque une explosion et un incendie qui détruit une partie de la ville. Les conséquences économiques, environnementales et surtout humaines de cette tragédie sont nombreuses pour la collectivité, qui prendra plusieurs années à s’en relever. Encore aujourd’hui, en 2018, les instances judiciaires cherchent toujours à comprendre ce qui s’est réellement passé.

Mentionnons que la bibliothèque publique de la ville a été reconstruite à la suite de l’incendie et rebaptisée Nelly Arcan, du nom de l’auteure célèbre originaire de Lac-Mégantic.

Les microfilms de journaux couvrant les années 2012 à 2016 ont été acquis pour la collection nationale afin de documenter les événements liés à la tragédie, mais surtout pour témoigner de la forte résilience de cette collectivité.

Les journaux locaux, en étant au cœur de la vie canadienne, sont une source extraordinaire d’information sur ce qui se passe vraiment dans les collectivités d’un bout à l’autre du Canada. Ils témoignent et attestent d’événements tant tragiques qu’heureux. L’histoire du Canada s’écrit dans les journaux.

Les deux titres mentionnés dans cet article, Fort McMurray Today et L’Écho de Frontenac, ne sont que quelques exemples parmi d’autres d’acquisitions de microfilms de journaux pour la collection nationale. Ces microfilms sont sujets au prêt entre bibliothèques. Pour plus d’information, veuillez consulter la page Prêts à d’autres institutions de BAC ou consultez votre bibliothèque publique.

Photo noir et blanc d’une grande église dans un petit village. On peut voir des voies de chemin de fer dans l’avant plan.

L’église à Lac-Mégantic avant l’accident ferroviaire qui a causé une explosion majeure au centre du village en 2013. Photo datée 1925 (MIKAN 3323453)


Annie Wolfe est bibliothécaire aux acquisitions au sein de la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.

Voilà : le nouveau catalogue collectif national du Canada

Bannière avec le mot VOILÀ en gros texte.

C’est avec fierté que Bibliothèque et Archives Canada (BAC) lance Voilà, le nouveau catalogue collectif national du Canada hébergé sur le site Web d’OCLC.

Nous nous sommes associé à la coopérative sans but lucratif OCLC, un chef de file dans le domaine des services aux bibliothèques, pour mettre en place un système de gestion de bibliothèque à la fine pointe de la technologie. Ce système améliorera la visibilité du patrimoine publié de notre pays et transmettra notre culture et notre savoir au reste du monde.

À partir d’aujourd’hui, BAC invite les membres de la communauté canadienne des bibliothèques à se servir de Voilà.

Apprenez-en d’avantage au sujet de Voilà

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