Quelque chose à déclarer ? Oui, c’est d’intérêt canadien

Par Louise Tousignant

Dans le cadre de son mandat, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) acquiert des documents publiés dits canadiens et d’intérêt canadien, afin de développer la collection nationale Canadiana qui se veut la plus exhaustive possible. Les premiers sont ceux publiés au Canada et reçus en vertu du dépôt légal, alors que ceux d’intérêt canadien représentent des publications parues dans d’autres pays, mais dont le créateur ou le sujet est canadien. Le créateur inclut l’auteur, l’illustrateur, le traducteur ou l’artiste. Ces œuvres, publiées à l’étranger, sont acquises par don ou par achat ciblé.

Parmi ces titres d’intérêt canadien, récemment reçus, on retrouve des études et des analyses portant sur le Canada : Canada/États-Unis : les enjeux d’une frontière, Comparative North American Studies: Transnational Approaches to American and Canadian Literature and Culture, et Canadian Perspectives on Immigration in Small Cities.

Quant aux titres relatifs au Canada, Negotiations in the Indigenous World: Aboriginal Peoples and the Extractive Industry in Australia and Canada et Indian Agents: Rulers of the Reserves, ils témoignent de la recherche sur les affaires autochtones.

Des personnalités canadiennes ont aussi fait l’objet de recherches : le peintre Alex Colville avec le livre The Mystery of the Real: Letters of the Canadian Artist Alex Colville and Biographer Jeffrey Meyers, la biographie de la journaliste et auteure Jane Jacobs reflétée dans Becoming Jane Jacobs, et l’analyse du travail de la chanteuse et musicienne Alanis Morissette documentée dans The Words and Music of Alanis Morissette. La carrière des Canadiens exilés à Hollywood passe également par la parution de livres. Pensons entre autres au Montréalais de naissance et ambassadeur des fêtes du 375e de Montréal, William Shatner, bien connu pour son rôle du capitaine James T. Kirk dans la série télévisée Star Trek, et son plus récent livre Leonard: My Fifty-Year Friendship with a Remarkable Man, et au réputé acteur Martin Short, né à Hamilton, et connu pour son travail au sein de l’émission Saturday Night Live, avec ses mémoires I Must Say: My Life as a Humble Comedy Legend.

Une photo en noir et blanc d’une femme avec des cheveux long debout devant une clôture en fer forgé.

Portrait d’Alanis Morissette par Bryan Adams. Photographie signée par Alanis Morissette. 1999 (MIKAN 3614421)

Plus près de nous, des Canadiens d’ici font également leur marque par la parution d’œuvres publiées à l’extérieur du Canada : le Québécois Guy Delisle avec sa bande dessinée S’enfuir : récit d’un otage parue chez Dargaud, l’illustrateur Yanick Paquette, l’homme derrière Wonder Woman, avec la bande dessinée Wonder Woman, Earth One. Volume 1, et Louise Penny chez Minotaur Books avec The Long Way Home, qui s’est classé numéro 1 au palmarès du New York Times.

Enfin, certains titres d’intérêt canadien présents dans la collection nationale sont en lien direct avec des fonds d’archives de BAC; ils permettent une étude plus approfondie de l’auteur et de son rayonnement à l’étranger, et de soutenir la recherche en littérature canadienne. C’est le cas, par exemple, des traductions de l’auteure et illustratrice de littérature jeunesse Marie-Louise Gay, et du cinéaste, poète et romancier canadien d’origine srilankaise Michael Ondaatje. Mentionnons au sujet de Marie-Louise Gay, une traduction en espagnol du titre Un million de questions!, ¿Alguna pregunta?, parue au Mexique en 2015, un titre en néerlandais, Angela en de ijsbeer pour Angèle et l’ours polaire, ou encore, Bolle-Bertils sirkus pour Le cirque de Charlie Chou en norvégien. Quant à Michael Ondaatje, BAC possède pas moins de 20 traductions de son œuvre la plus connue, Le patient anglais, dont celles en bulgare, en japonais, et en italien. Faut-il le rappeler, le livre a remporté en 1992 les prix littéraires du Booker Prize et du Gouverneur général alors que le film s’est vu décerner neuf Oscars aux Academy Awards de 1997.

Photo en couleur d’une femme assise et souriante. On aperçoit dans l’avant plan des crayons de couleurs flou.

Marie-Louise Gay. Auteure et illustratrice canadienne de littérature jeunesse. @Groundwood Books

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre écrit en bulgare.

Le patient anglais publié en bulgare par Delfi, en 2000 (AMICUS 32172817)

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre écrit en japonais

Le patient anglais publié en japonais par Shinch⁻osha, en 1996 (AMICUS 15875585)

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre : Michael Ondaatje Il Paziente Inglese.

Le patient anglais publié en italien par Garzanti, en 2004 (AMICUS 32785464)

Ce bref tour d’horizon ne représente qu’un échantillon de publications de toutes sortes relatives au Canada et d’intérêt canadien. Le travail de dépistage minutieux se poursuit afin d’assurer l’enrichissement du patrimoine documentaire canadien et le développement des collections pour faire en sorte que la collection nationale Canadiana soit la plus importante au monde.


Louise Tousignant est bibliothécaire aux acquisitions à la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada

Appréciation des mots : des œuvres gagnantes des Prix littéraires du gouverneur général font partie de la collection de BAC

Par Sara Viinalass-Smith

Les Prix littéraires du gouverneur général font partie des prix littéraires du Canada les plus prestigieux. La longue histoire de ceux-ci peut jeter de la lumière sur l’évolution de la publication, de l’écriture et des goûts des lecteurs canadiens au cours des huit dernières décennies. Les Prix, qui ont vu le jour en 1937, ont été créés par l’association des auteurs canadiens et soutenus par le prolifique auteur et gouverneur général John Buchan, premier baron de Tweedsmuir. Ils ont 80 ans cette année. Les Prix récompensaient au début les œuvres de fiction et non fictives. Au fil des ans, ils se sont mis à récompenser aussi la poésie, la traduction, les pièces de théâtre et la littérature pour enfants, en français et en anglais.

Depuis 1969, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) monte une collection d’archives littéraires qui comprend les documents en anglais et en français de nombreux gagnants des Prix, comme Robertson Davies, Marie-Claire Blais, Dionne Brand, Gabrielle Roy et Carol Shields. En examinant ces documents, vous pouvez, par exemple, retracer le chemin parcouru par un roman primé de l’idée originale de l’auteur, élaborée dans des notes et des ébauches, en passant par les épreuves en placard considérablement remaniées et l’image proposée pour la page couverture, pour en arriver à l’étude de coupures de presse et même à l’invitation de l’auteur à la cérémonie de remise des Prix du gouverneur general.

Photographie en noir et blanc jaunie d’un officier en uniforme.

Thomas Findley, source d’inspiration pour Guerres de Timothy Findley (MIKAN 4933177)

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Refuge animal : l’héritage de l’œuvre de Margaret Marshall Saunders, Beautiful Joe

Par Alyssa Currie

L’histoire

Beautiful Joe est un conte pour enfants à succès écrit par Margaret Marshall Saunders. Le roman décrit la vie d’un chien maltraité qui découvre le bonheur après avoir été adopté par une gentille famille. Dans son ouvrage, la romancière met en avant-plan les animaux domestiques en racontant l’histoire telle que vécue par Joe et elle met en évidence la cruauté envers les animaux. Sous le nom de Marshall Saunders, l’écrivaine soumet d’abord son œuvre à un concours commandité par l’American Humane Society en 1893 et elle remporte le premier prix. Le texte est publié un an plus tard et connaîtra un succès immédiat; il s’agirait du premier livre canadien à s’être vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Dans nos collections, nous retrouvons deux photographies et deux cartes postales dédicacées et associées à Beautiful Joe. Ces documents sont remarquables parce qu’ils confirment que l’histoire s’inspire de la vraie vie et documentent le lien avec les efforts déployés par Mme Saunders pour défendre les animaux. On peut lire dans la préface de Beautiful Joe :

BEAUTIFUL JOE est un vrai chien, et « Beautiful Joe » est son vrai nom. Durant la première partie de sa vie, il a appartenu à un maître cruel, qui a mutilé l’animal tel qu’il est décrit dans l’histoire. Rescapé par une famille, le chien mène maintenant une belle vie dans un quartier agréable, en plus de jouir d’une grande célébrité dans son milieu.

Le personnage de Laura s’inspire de la réalité et il est représenté avec grande authenticité, et ce, dans les moindres détails. La famille Morris a un pendant dans la vraie vie, et presque tous les incidents relatés dans le livre sont fondés sur des faits.

(Margaret Marshall Saunders, traduction libre de la préface de Beautiful Joe)

Les photographies

Margaret Marshall Saunders a vu Beautiful Joe pour la première fois lors d’une visite qu’elle a rendue à son frère et à sa fiancée, Louise Moore, à Meaford (Ontario). À son retour à Halifax (Nouvelle-Écosse), Mme Saunders s’est mise à écrire, bien déterminée à faire connaître l’histoire de Joe. Bien que l’écrivaine ait basé son roman sur la réalité, elle a adapté des éléments de l’histoire pour en faire un ouvrage de fiction. Par exemple, le lieu a été changé pour une ville américaine afin de se plier aux règles du concours et de plaire aux lecteurs des États-Unis. Mme Saunders a aussi renommé la famille. Dans la réalité, Beautiful Joe est adopté par les Moore, tandis que dans le récit, c’est la famille Morris qui l’accueille. De plus, elle ajoute des traits de sa propre famille dans la narration.

Photographie en noir et blanc d’Edward M. Saunders, debout au pied de l’escalier devant une maison de style victorien à trois étages. M. Saunders porte un complet et un chapeau noirs. La photographie a été prise de l’autre côté d’une rue résidentielle.

Résidence de la famille Saunders à Halifax (Nouvelle-Écosse), l’écrivaine y rédigera Beautiful Joe (MIKAN 3305717)

Tout le long de la narration, il semble que Mme Saunders modèle les Morris à l’image de sa propre famille. Cette ressemblance s’appuie notamment sur une photographie d’Edward M. Saunders donnée par l’auteure. On peut lire au verso de la photographie, dans une note manuscrite possiblement rédigée par l’écrivaine elle-même :

« M. Saunders à l’origine de M. Morris dans Beautiful Joe » [traduction libre] (« Dr. Saunders original of Mr. Morris in “Beautiful Joe »)

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen assis sur une chaise ornementée avec un petit chien, possiblement un Jack Russell terrier, couché à ses pieds. L’homme porte un complet noir. Du côté droit du portrait, on peut voir des draperies sombres et une plante en pot. Au verso de la photographie se trouve une estampe du studio Gauvin & Gentzel.

Edward M. Saunders, père de Margaret Marshall Saunders et source d’inspiration pour le personnage de M. Morris dans Beautiful Joe. Des notes manuscrites au verso de la photographie documentent son lien avec Beautiful Joe (MIKAN 3220890)

Les cartes postales

Deux cartes postales récemment décrites tirées de nos archives littéraires mettent encore plus l’accent sur les liens entre l’histoire et la réalité et témoignent de l’héritage durable; les deux cartes postales ont été imprimées des années après la première publication du livre et elles arborent la signature de l’écrivaine. La première carte reproduit une photographie du vrai Beautiful Joe et elle permet de visualiser le protagoniste de l’histoire.

Carte postale en noir et blanc reproduisant la photographie d’un chien au pelage foncé, assis et sans oreilles. La carte postale porte la mention « BEAUTIFUL JOE » et une dédicace à l’encre noire, « Marshall Saunders, 1930 ». Au verso de la carte postale, on peut voir une petite photo de Margaret Marshall Saunders et la légende : « Marshall Saunders, auteure du livre de renommée mondiale, Beautiful Joe » [traduction libre] (« Marshall Saunders, author of the world famous book, ‘Beautiful Joe’ »). La carte n’a pas été mise à la poste.

Carte postale dédicacée illustrant le vrai Beautiful Joe qui a inspiré le récit (MIKAN 4921901)

Au fur et à mesure que s’étend la renommée, nationale puis internationale, de Beautiful Joe, Mme Saunders met à profit sa popularité pour promouvoir le bien-être des animaux. Elle collabore avec des groupes de revendication pour animaux dans le cadre de campagnes qui, en retour, encouragent l’achat de ses œuvres littéraires. Cette relation réciproque est illustrée sur une carte postale imprimée par la Canadian Antivivisection Society (association canadienne contre la vivisection); on y voit Mme Saunders et la légende : « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book ‘BEAUTIFUL JOE’ »). L’écrivaine a dédicacé le recto de la carte postale et écrit au verso :

« Je vous en prie, ne vivisectez pas ces chiens que nous adorons, Marshall Saunders. » [Traduction libre] (« Please do not vivisect our dear dogs, Marshall Saunders. »)

Carte postale en noir et blanc reproduisant la photographie d’une femme d’âge moyen portant un sarrau de laboratoire et tenant un petit chien sur ses cuisses. Légende de la carte postale, « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book, ‘BEAUTIFUL JOE’ »), et une dédicace à l’encre noire, « Bien à vous, Marshall Saunders » [traduction libre] (« Yours truly, Marshall Saunders »). Au verso de la carte postale, il est écrit « IMPRIMÉE PAR LA CANADIAN ANTIVIVISECTION SOCIETY, 445A, RUE YONGE, TORONTO » [traduction libre] (« ISSUED BY THE CANADIAN ANTIVIVISECTION SOCIETY, 445A YONGE ST., TORONTO ») et l’auteure y a apposé sa signature. La carte postale n’a pas été mise à la poste.

Carte postale dédicacée illustrant Margaret Marshall Saunders, « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book, ‘BEAUTIFUL JOE’ ») [MIKAN 4921902]

L’héritage

Au moment de son décès, le 15 février 1947, Mme Saunders était devenue une auteure à succès. Plus tard la même année, le gouvernement du Canada a reconnu les réalisations de l’écrivaine et lui a décerné le titre de « personne d’importance historique nationale ». Margaret Marshall Saunders écrivait Beautiful Joe il y a de cela plus d’un siècle, mais son héritage demeure bien présent.

Ressources connexes


Alyssa Currie est étudiante de deuxième cycle à l’Université de Victoria et travaille au sein de la Section des archives littéraires, de la musique et des arts de la scène à Bibliothèque et Archives Canada.

Images d’Anne… la maison aux pignons verts maintenant sur Flickr

Peu d’auteurs canadiens sont aussi connus dans le monde que Lucy Maud Montgomery. Sa célèbre série Anne… la maison aux pignons verts a touché le cœur de millions de lecteurs de tous les âges, et son succès ne se dément pas.

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Des âmes sœurs après tout »

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Des âmes sœurs après tout ».

Peu d’auteurs canadiens sont aussi connus dans le monde que Lucy Maud Montgomery. Sa célèbre série Anne… la maison aux pignons verts a touché le cœur de millions de lecteurs de tous les âges, et son succès ne se dément pas. Dans cet épisode, nous rencontrons un collectionneur de livres passionné : Ronald I. Cohen, qui a donné sa collection complète des œuvres de Lucy Maud Montgomery à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) entre 1999 et 2003. Il nous parle des efforts qu’il a déployés pour rassembler cette collection unique au monde, et de sa généreuse décision de nous en faire don.

Meaghan Scanlon, bibliothécaire des collections spéciales à BAC, a discuté avec M. Cohen et lui a fait visiter la chambre forte où se trouvent les livres de Lucy Maud Montgomery.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS ou iTunes, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Anne à la bibliothèque : La collection Cohen

Par Meaghan Scanlon

Entre 1999 et 2003, l’avocat, cinéaste et bibliographe canadien Ronald I. Cohen a fait don, en cinq lots, de son imposante collection d’ouvrages de Lucy Maud Montgomery à Bibliothèque et Archives Canada (voir la description de la collection à AMICUS 44572655 [en anglais]). La collection renferme des documents liés aux adaptations de l’œuvre de Lucy Maud Montgomery, ainsi que des anthologies et des périodiques dans lesquelles l’auteure est mise en vedette. L’essentiel de la collection consiste toutefois en diverses éditions des romans de Lucy M. Montgomery qui ont été publiés dont, bien sûr, le plus célèbre, Anne of Green Gables (Anne… la maison aux pignons verts).

Parmi les quelque 420 articles qui composent la collection Cohen, on trouve pas moins de 46 exemplaires d’Anne of Green Gables. Trois sont en japonais, deux en français, un en coréen, un en finlandais, un en norvégien et un en suédois. Les 37 autres sont en anglais.

On peut se poser des questions sur l’utilité de posséder 37 exemplaires en anglais d’Anne of Green Gables. En effet, l’histoire est toujours la même, n’est‑ce pas? Eh bien pour les collectionneurs de livres, ce n’est pas nécessairement l’histoire qui est racontée qui importe. Posséder de nombreux exemplaires d’un livre est plutôt un moyen, par exemple, de découvrir l’histoire du livre lui‑même, de sa publication et de la façon dont il a été mis sur le marché et acquis. Nombreux sont les collectionneurs de livres qui entreprennent de documenter l’histoire d’un auteur ou d’un titre dans ses moindres détails grâce à leurs collections. Certains se procurent à cet effet de nombreux exemplaires d’un même ouvrage.

La collection Cohen retrace la propagation du roman Anne of Green Gables dans le monde anglophone, car elle renferme les premières éditions américaine, britannique, australienne et canadienne. Le roman fut d’abord publié à Boston en avril 1908 (AMICUS 9802890). Cette première édition a connu un succès fulgurant. C’est pourquoi l’éditeur de Lucy Maud Montgomery, L. C. Page, l’a réimprimée au moins 12 fois avant la fin de 1909. La collection Cohen renferme des exemplaires des sixième (novembre 1908) et onzième (août 1909) impressions.

Page des droits d’auteur de l’exemplaire de la collection Cohen de la sixième impression de la première édition du roman Anne of Green Gables

Page des droits d’auteur de l’exemplaire de la collection Cohen de la sixième impression de la première édition du roman Anne of Green Gables (AMICUS 9802890, exemplaire 5).

La première édition britannique d’Anne of Green Gables fut également publiée en 1908 (AMICUS 21173240). Anne est ensuite arrivée en Australie en 1925 (AMICUS 26942864). Il est intéressant de constater que, malgré la notoriété de Lucy Maud Montgomery et de son œuvre au Canada, la première édition canadienne d’Anne of Green Gables (AMICUS 1706899) ne fut pas publiée avant 1942. Cette édition connut, elle aussi, plusieurs impressions; l’exemplaire le plus ancien de la collection Cohen date de 1948.

Si l’histoire reste la même édition après édition, ce n’est pas le cas de la représentation visuelle de l’héroïne, Anne Shirley, qui figure sur la couverture. Selon le lieu et l’époque, le public a pu voir Anne sous divers visages, allant de la femme d’âge mûr représentée dans la première édition aux illustrations de type bande dessinée de certaines éditions plus récentes.

En réalité, lorsque Ronald I. Cohen a commencé à collectionner les livres de Lucy Maud Montgomery, un de ses principaux objectifs était de trouver des exemplaires avec jaquette. Depuis toujours, les jaquettes sont en général jetées par les lecteurs (et les bibliothèques!) et les premiers exemplaires peuvent être très difficiles à trouver. C’est pourquoi les nombreuses jaquettes rares que renferme la collection Cohen sont une source très précieuse de renseignements pour les chercheurs qui étudient l’histoire d’un des classiques littéraires canadiens préférés.

Pour en savoir davantage sur la collection d’ouvrages de L. M. Montgomery de Ronald I. Cohen, écoutez la toute dernière émission de baladodiffusion de Bibliothèque et Archives Canada intitulée « Des âmes sœurs après tout ».

Autres sources d’information


Meaghan Scanlon est la bibliothécaire des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Trouver Garneau : l’importance de l’accès aux archives

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) abrite plusieurs trésors nationaux et s’efforce de les rendre accessibles au public. Un des projets entrepris cet été visait à faciliter l’accès aux fonds québécois et canadien-français, notamment les fonds d’Hector de Saint‑Denys Garneau.

Image en couleur d’un poème écrit à la main.

Manuscrit non daté : Un poème a chantonné tout le jour, par Hector de Saint Denys Garneau. (MIKAN 4817952). Consultez-le, ainsi que d’autres poèmes numérisés.

Garneau est un écrivain canadien-français influent qui fait sa marque au début du 20e siècle. Il meurt d’une crise cardiaque en 1943. Son œuvre posthume Poésies complètes (1949) et son Journal (1954) font de lui une figure littéraire importante du Québec moderne. Lorsque BAC a obtenu ses fonds en 1993, la collection avait besoin de plus de visibilité. Bien que le texte de Giselle Huot, Œuvres en prose : Édition critique établie (1994), fut une ressource académique importante pour les fonds, les chercheurs se servirent d’un instrument de recherche détaillé de la base de données principale de BAC, MIKAN, pour explorer la vie privée et professionnelle du poète.

Image en couleur d’un cahier d’exercices dont la page de couverture lit : « The Peerless Registered Exercise Book ». Des annotations et des inscriptions en grec y sont écrites à la main.

Page de couverture du cahier d’exercices de Saint Denys Garneau, non daté (MIKAN 4817981). Consultez des extraits de ses cahiers.

Maintenant que l’instrument de recherche a été ajouté à MIKAN, les chercheurs, du confort de leur foyer, ont accès à une description de chaque article des fonds. Ils sont en mesure de connaître le contenu des boîtes archivistiques avant même de les avoir commandées. Cet instrument de recherche ouvre une porte sur la vie, les relations et l’art de l’auteur, donnant plus d’information sur les magnifiques poèmes et les lettres manuscrites d’Hector de Saint‑Denys Garneau.

Les BD à Bibliothèque et Archives Canada

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que Bibliothèque et Archives Canada (BAC), le gardien du patrimoine documentaire national, conserve une gamme de publications canadiennes. Mais saviez-vous qu’il possède aussi une grande collection de bandes dessinées publiées au Canada et à l’étranger par des auteurs canadiens?

C’est généralement grâce au dépôt légal que BAC acquiert les BD publiées au pays, mais deux donateurs privés lui ont aussi confié d’importantes collections.

La plus grande, la collection de bandes dessinées canadiennes John Bell, provient d’un ancien archiviste de BAC et historien de la bande dessinée, John Bell. Elle compte environ 4 000 BD en tous genres, allant des histoires de superhéros de la Deuxième Guerre mondiale aux magazines du 21e siècle. Elle n’est pas cataloguée, mais la liste complète se trouve dans AMICUS.

Photographie en couleur montrant une boîte contenant des fichiers avec des étiquettes. Un fichier est à moitié sortie de la boîte et montre une BD avec une couverture rouge avec le prix modique de 10¢.

Une boîte de la collection Bell Features cataloguée et emboîtée

La collection Bell Features est elle aussi riche en BD canadiennes de la Deuxième Guerre mondiale. Elle compte pas moins de 382 bandes dessinées provenant des archives de la maison d’édition torontoise Bell Features, un des plus grands éditeurs canadiens de l’époque. Composée de BD anciennes extrêmement rares, elle compte parmi les plus importantes ressources sur les bandes dessinées. Tous les titres de cette collection ont été catalogués dans AMICUS.

Depuis quelques décennies, les bandes dessinées et les romans illustrés, à l’instar d’autres genres littéraires, font l’objet d’études sérieuses. Mais cela n’a pas toujours été le cas : dans les années 40, elles étaient plutôt perçues comme des livres jetables pour enfants, comme le démontrent les jeux publiés dans les BD de Bell Features. De nature éphémère, elles étaient imprimées sur du papier journal de piètre qualité, ce qui soulève des difficultés du point de vue de leur conservation. Heureusement, les conditions ambiantes sont optimales dans les chambres fortes ultramodernes du Centre de préservation de BAC.

Les BD de la collection Bell Features sont protégées de la lumière et de la saleté dans des boîtes fermées, sans acide. Chaque bande dessinée est placée dans une enveloppe de papier dont le haut et le côté se détachent; il est donc possible de la sortir sans l’accrocher ou la déchirer. En outre, la réserve alcaline des enveloppes ralentit la détérioration du papier causée par l’acide.

Pour découvrir le monde passionnant des bandes dessinées canadiennes, écoutez notre balado Protecteurs du Nord : les bandes dessinées au Canada.

Ressources connexes

Bibliothèque et Archives Canada publie sa plus récente émission de baladodiffusion : « Protecteurs du Nord : les bandes dessinées au Canada »

Bibliothèque et Archives Canada publie sa plus récente émission de baladodiffusion intitulée Protecteurs du Nord : les bandes dessinées au Canada.

L’influence des bandes dessinées sur la culture contemporaine est évidente, mais vous ignoriez peut- être que Bibliothèque et Archives Canada possède une grande collection de BD et de documents semblables. Dans cette émission, deux historiennes de la BD, Hope Nicholson et Rachel Richey, nous parlent de leur travail et de la contribution de BAC. De plus, la bibliothécaire des collections spéciales, Meaghan Scanlon, décrit la collection de BD en détail et présente les ressources offertes en ligne.

Abonnez‑vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS ou iTunes, ou consultez le site : Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec nous par courriel à balados@bac-lac.gc.ca.

100e anniversaire de l’écriture du poème iconique « In Flanders Fields »

Le poème « In Flanders Fields » de John McCrae, dont l’adaptation française s’intitule « Au champ d’honneur », est l’une des œuvres littéraires les plus connues à émerger de la Première Guerre mondiale. L’héritage le plus durable du poème est sa popularisation du coquelicot comme symbole du souvenir des personnes qui ont été tuées durant la guerre.

On pense que McCrae a écrit le poème durant la deuxième semaine de la seconde bataille d’Ypres, alors qu’il était stationné à l’endroit qui est devenu par la suite le poste de secours avancé de la ferme Essex, tout juste au nord de la vile d’Ypres. McCrae, qui était major et médecin militaire, était le commandant en second de la 1re brigade de l’Artillerie de campagne canadienne. Les circonstances exactes au cours desquelles le poème a été écrit relèvent toutefois de la légende. Les versions les plus citées de l’origine du poème sont centrées sur la peine ressentie par McCrae à la suite de la mort de son ami, le lieutenant Alexis Helmer, un officier de la 1re brigade de l’Artillerie de campagne canadienne, qui a été tué après avoir été frappé de plein fouet par un obus allemand le matin du 2 mai. Selon un témoignage, McCrae était tellement anéanti après les funérailles de son ami (pour lequel McCrae lui-même s’était occupé du service funèbre en l’absence d’un aumônier) qu’il a écrit le poème en une vingtaine de minutes pour se calmer. Une autre version veut que McCrae ait été vu en train d’écrire son poème le jour suivant, le 3 mai, assis sur le marchepied arrière d’une ambulance tout en regardant la tombe de Helmer et les coquelicots qui avaient poussé près du poste de secours. Son commandant, le lieutenant-colonel Morrison, propose une troisième version : McCrae a écrit son poème durant ses temps libres entre les arrivées de soldats blessés. Pour ajouter au mystère, l’Imperial War Museum en Angleterre possède une copie d’un texte olographe original (en anglais seulement) du poème écrit par McCrae pour le capitaine Tyndale-Lea, qui allègue que McCrae a écrit le poème le 29 avril 1915, trois jours avant la mort du lieutenant Helmer.

Le poème « In Flanders Fields »manuscrit sur du papier jauni avec une encre très décolorée.

Copie du poème « In Flanders Fields » écrit de la main de John McCrae. Morrison était l’ami et le commandant du poète, de même que médecin, 8 décembre 1915 (MIKAN179238)

Il existe également plusieurs hypothèses concernant la manière dont le poème a été soumis à un éditeur pour être publié. Selon un témoignage, McCrae a jeté le poème, mais un autre soldat l’a ramassé et l’a envoyé à un journal de Londres. Il est possible également que ce soit McCrae lui-même qui l’ait soumis puisqu’il a fait plusieurs copies manuscrites pour les donner à des amis peu après l’avoir écrit. Le poème a été publié par le magazine Punch le 8 décembre 1915. En quelques mois, il est devenu le poème le plus populaire de la guerre.

Bien qu’on ne connaisse aucune institution qui possède l’ébauche originale du poème de John McCrae, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en possède deux versions manuscrites, toutes deux rédigées et signées par McCrae. L’une est datée du 8 décembre 1915 et fait partie de la collection donnée à BAC par le major-général Sir Edward W.B. Morrison qui était l’ami et le compagnon d’armes de McCrae. L’autre est dactylographiée sur du papier et fait partie d’une collection de documents donnée par James Edward Hervey McDonald, un peintre et un membre fondateur du Groupe des Sept. BAC possède également une collection exhaustive et très détaillée de lettres et de journaux personnels de John McCrae couvrant une grande partie de sa vie, de l’enfance jusqu’à peu avant sa mort à la suite d’une pneumonie, en janvier 1918.

Photographie en noir et blanc montrant un homme en uniforme militaire assis sur des marches avec un chien à ses côtés.

Le lieutenant-colonel John McCrae et son chien Bonneau, vers 1914 (MIKAN 3192003)

Si vous désirez en apprendre davantage au sujet du poème, écoutez le baladodiffusion In Flanders Fields : un siècle de coquelicots.

Ressources