Sergent Filip Konowal, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le dernier soldat ayant participé à la bataille de la côte 70 que nous présentons dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria est le sergent Filip Konowal, un canado-ukrainien très décoré qui est né le 15 septembre 1888, à Kutkivtsi, en Ukraine.

Photographie en noir et blanc d’un soldat portant un couvre-chef à visière orné d’une feuille d’érable. Il se tient au garde-à-vous devant une grande barrière menant au terrain du palais.

Le caporal Filip Konowal au palais de Buckingham pour la remise de la Croix de Victoria (MIKAN 3217851)

Filip Konowal sert dans l’armée impériale russe avant d’immigrer au Canada, en 1913. Formé pour enseigner le maniement de la baïonnette, il se joint au Corps expéditionnaire canadien en 1915 et sert avec le 47e Bataillon (Colombie-Britannique), au sein duquel il est promu caporal. Filip Konowal se trouve avec son bataillon à la côte 70, près de Lens, en France, lorsque sa bravoure et sa détermination pendant les trois jours de la bataille, du 22 au 24 août, lui font obtenir la Croix de Victoria.

Alors qu’il dirige sa section à travers les défenses allemandes en liquidant les caves, les cratères et les emplacements de mitrailleuse, le caporal Konowal protège ses hommes et se bat avec un certain nombre de soldats allemands. Ses efforts ne s’arrêtent pas là. Selon sa citation :

[Traduction libre]

« Arrivé à l’un de ses objectifs, le caporal Konowal constate qu’une mitrailleuse tient en échec le flanc droit et cause de nombreuses pertes. Il s’élance et envahit cet emplacement; il tue les soldats du détachement et ramène la mitrailleuse ennemie jusqu’à nos lignes.

Le lendemain, il attaque, seul, un autre emplacement et tue trois combattants; il détruit la mitrailleuse et l’emplacement avec des explosifs.

Ce sous-officier a éliminé à lui seul au moins 16 ennemis et, au cours des deux jours de combats […], il a poursuivi son travail jusqu’à ce qu’il soit grièvement blessé. »

London Gazette, no 30400, 26 novembre 1917 (en anglais)

George V remet la Croix de Victoria à Filip Konowal, qui est promu sergent. Une fois remis de ses blessures, il sert comme attaché militaire à l’ambassade de Russie à Londres. Plus tard, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien de Sibérie.

Le sergent Filip Konowal meurt à Hull, au Québec, en 1959. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-de- Lourdes, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service de Filip Konowal.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Robert Hill Hanna, VC

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans la série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous soulignons l’anniversaire de la bataille de la côte 70, victoire décisive pour le Corps canadien et lieu de deuil pour des milliers de familles canadiennes et allemandes. Six Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’ils ont accomplis pendant la bataille de la côte 70, ou peu de temps après. L’un d’eux est Robert Hill Hanna, né à Kilkeel, en Irlande, le 6 août 1887, et ayant émigré au Canada en 1905.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme en uniforme, debout sur un balcon à l’extérieur, les mains derrière le dos.

Le cadet R. Hanna, VC, date inconnue (MIKAN 3216531)

Hanna s’enrôle dans le 29e Bataillon (British Columbia Regiment). Le 21 août 1917, à l’âge de 30 ans, il est promu sergent-major de compagnie. Lors d’une bataille pour capturer une position fortifiée allemande hautement protégée près de la côte 70 à Lens, en France, sa compagnie subit de lourdes pertes; tous les officiers haut gradés de Hanna y perdent la vie. Face à cette situation, Hanna rassemble un groupe d’hommes et les mène dans une attaque contre la position allemande, se précipitant à travers les barbelés et tuant les soldats allemands qui manœuvrent une mitrailleuse.

Description détaillée des événements qui ont valu à Hanna la Croix de Victoria.

Deuxième page de l’annexe 6 du rapport sur les opérations décrivant les actions du sergent-major Hanna. (MIKAN 1883249)

Voici sa citation dans The London Gazette :

Cette action extrêmement courageuse, soit la démonstration d’un héroïsme et d’une bravoure personnelle du plus haut niveau au moment le plus critique de l’attaque, a donné lieu à la capture d’une position tactique très importante. Sans son intervention audacieuse et la détermination dont il a fait preuve lors d’une situation désespérée, l’attaque n’aurait pu réussir et la position tactique n’aurait pu être capturée. [traduction]

The London Gazette, no 30372, le 8 novembre 1917

Hanna a plus tard été promu au grade de lieutenant. Il a survécu à la guerre et a pu rentrer au Canada. Le lieutenant Robert Hill Hanna est décédé à Mount Lehman, en Colombie-Britannique, le 15 juin 1967.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Hill Hanna, du Corps expéditionnaire canadien.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Sergent Frederick Hobson et major Okill Massey Learmonth, VC

Par Emily Monks-Leeson

Dans le blogue d’aujourd’hui de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous soulignons les actes de bravoure de deux soldats canadiens lors de la bataille de la côte 70, près de Lens, en France, le 18 août 1917.

Le sergent Frederick Hobson, VC, un ancien combattant de la guerre des Boers, en Afrique du Sud (1899-1902), vit à Galt, en Ontario, lorsque le recrutement commence pour le Corps expéditionnaire canadien. Né en 1873, le sergent Hobson déclare plutôt 1875 comme son année de naissance pour pouvoir s’enrôler.

Le 18 août 1917, la compagnie du 20e bataillon du sergent Hobson refoule une forte contre-attaque allemande sur la côte 70. Après que l’explosion d’un obus d’artillerie a enseveli une mitrailleuse Lewis dans un poste avancé et tué la majorité des membres de son détachement, le sergent Hobson quitte sa tranchée, déterre la mitrailleuse et la retourne contre l’infanterie allemande qui s’avance vers son poste. Sa citation pour la Croix de Victoria indique que lorsque la mitrailleuse s’enraye, le sergent Hobson, blessé, « laisse à l’artilleur le soin de régler le problème et s’avance seul vers l’ennemi, malgré ses blessures. Avec sa baïonnette et la crosse de son fusil, il parvient à tenir les attaquants à distance jusqu’à ce qu’il soit tué par une balle de fusil. Entre-temps, la mitrailleuse a été remise en marche et, peu après, l’arrivée de renforts permet de repousser l’ennemi ». (The London Gazette, no 30338, 17 octobre 1917)

Description dactylographiée des événements de la journée, y compris une description des actions du sergent Frederick Hobson.

Journal de guerre du 20e bataillon d’infanterie du Canada, daté du 18 août 1917, page 20 (MIKAN 205918)

Le corps du soldat Frederick Hobson n’a jamais été retrouvé. On lui rend hommage, ainsi qu’aux autres 11 000 soldats canadiens, au Monument de Vimy, en France.

Le major Okill Massey Learmonth, VC, naît à Québec en 1894. Le 18 août 1917, il sert en tant que major intérimaire avec le 2e bataillon (Eastern Ontario Regiment) sur la côte 70, près de Lens, en France. Après qu’une contre-attaque allemande lancée contre leurs positions nouvellement consolidées a surpris la compagnie du major Learmonth, ce dernier lance l’attaque et, selon sa citation dans The London Gazette, élimine personnellement les attaquants. Essuyant des bombardements intensifs et malgré une blessure grave, le major Learmonth se tient debout sur le parapet de sa tranchée et lance des grenades contre l’avancée des Allemands tout en dirigeant la défense de la position de ses hommes. La citation du major Learmonth pour la Croix de Victoria indique qu’il « se saisit des grenades qui lui sont lancées et les renvoie à l’ennemi », et qu’il « refuse d’être transporté derrière les lignes » après avoir été blessé. Il meurt plus tard le même jour dans un hôpital de campagne.

Une photographie en noir et blanc de deux jeunes hommes assis dans un camp qui consultent des cartes. Derrière eux, on voit plusieurs tentes.

Le major Okill Massey Learmonth (à droite), en compagnie d’un soldat non identifié (MIKAN 3191993)

Description dactylographiée des événements de la journée. Elle indique que le major Learmonth et un autre officier sont décédés des suites de leurs blessures.

Journal de guerre du 2e bataillon d’infanterie du Canada, daté du 18 août 1917, page 7 (MIKAN 2005884)

Le major Okill Massey Learmonth est enterré au cimetière communal de Nœux-les-Mines, en France. La rue Learmonth dans sa ville natale de Québec est nommée en son honneur.

Bibliothèque et Archives Canada détient les dossiers de service du sergent Frederick Hobson et du major Okill Massey Learmonth.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Soldat Harry W. Brown, VC

Par Emily Monks-Leeson

Dans sa série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada se souvient aujourd’hui du soldat Harry Brown, décoré de la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure pendant la bataille de la côte 70, près de Lens, en France, le 16 août 1917.

Né le 10 mai 1898, Harry Brown était fermier à Gananoque, en Ontario. Le 18 août 1916, il s’enrôle à London, en Ontario, dans le régiment de dépôt des Fusiliers canadiens à cheval au sein du Corps expéditionnaire canadien. À son arrivée en Angleterre, Brown est transféré au 10e bataillon. Le 16 août 1917, il sert dans ce bataillon ayant pris position à proximité de la côte 70 près de Lens, en France, où son unité se bat pour repousser les contrattaques répétées des Allemands. Toutes les communications avec les positions arrières ont été coupées, et le flanc droit de la compagnie est exposé. Brown et un autre soldat sont chargés de traverser les lignes ennemies pour rejoindre le quartier général du bataillon et apporter un message réclamant désespérément des renforts. Progressant sous un intense barrage d’artillerie et de tirs de fusils, Brown est grièvement blessé au bras et son compagnon d’armes est tué. Malgré cela, comme le raconte sa citation dans The London Gazette, Brown :

… poursuivit sa route sous un tir de barrage intense jusqu’à ce qu’il atteigne les troupes de soutien et trouve un officier. Il était tellement épuisé qu’il déboula les marches de la tranchée, mais demeura conscient assez longtemps pour remettre son message, en disant : « Message important ». Il perdit ensuite connaissance et mourut dans le poste de secours quelques heures plus tard. [traduction]

The London Gazette, no 30338, 17 octobre 1917

Une liste dactylographiée d’hommes ayant joué un rôle important dans la bataille de la côte 70.

Une page du journal de guerre du 10e bataillon d’infanterie canadien décrivant les hommes qui ont rendu un service important et exceptionnel, y compris le soldat Harry W. Brown; extrait de l’annexe 29, page 5 (MIKAN 2005896)

Grâce à son courage et à sa détermination, Brown a livré son message et des renforts ont été envoyés. Il est reconnu pour avoir sauvé à la fois la position de son unité sur la côte 70 et la vie d’un grand nombre de ses compagnons d’armes. Le soldat Harry Brown a été décoré de la Croix de Victoria à titre posthume. Il est inhumé en France, dans le cimetière communal de Nœux-les-Mines, près des villes de Lens et de Béthune.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du soldat Harry Brown.

Ressources connexes


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Soldat Michael James O’Rourke, VC

Par Emily Monks-Leeson

En ce 100e anniversaire du premier jour de la bataille de la côte 70 en France, durant la Première Guerre mondiale, voici le portrait d’un récipiendaire de la Croix de Victoria (VC), le soldat Michael James O’Rourke.

Né à Limerick, en Irlande, et résident de la Colombie-Britannique, Michael O’Rourke est un brancardier de 39 ans servant dans le 7e bataillon d’infanterie (1er bataillon de Colombie-Britannique). Pendant trois jours, du 15 au 17 août 1917, le soldat O’Rourke travaille sans relâche à transporter les blessés en lieu sûr alors que le Corps canadien livre bataille pour capturer et tenir la côte 70. Malgré d’intenses bombardements et tirs de fusils allemands, le soldat O’Rourke réussit à se rendre près des soldats blessés, à panser leurs plaies et à leur donner à boire et à manger jusqu’à ce qu’ils puissent être transportés à l’abri du danger.

Sa citation pour la Croix de Victoria se lit comme suit [traduction] :

Durant toute cette période, le secteur où il travaille est la cible d’intenses bombardements et elle est balayée par les tirs nourris des fusils et des mitrailleuses. À plusieurs reprises, il est renversé et partiellement enseveli par les retombées de tirs d’obus ennemis. Dès qu’il voit un camarade rendu aveugle trébucher devant notre tranchée, le soldat O’Rourke s’élance, au mépris des tireurs d’élite ennemis, et ramène le soldat blessé; ce faisant, il devient lui-même la cible de tireurs embusqués. À nouveau, il franchit environ 50 mètres devant notre barrage, sous le feu intense et précis des mitrailleuses ennemies et des tireurs d’élite, et ramène un camarade. En une autre occasion, alors que la ligne des positions avancées se retire pour se consolider, il s’élance sous les tirs ennemis de toutes sortes et ramène un homme blessé qui avait été laissé derrière. (London Gazette, no 30372, 8 novembre 1917)

La citation mentionne que, par ses interventions, le soldat O’Rourke a [traduction] « incontestablement sauvé de nombreuses vies ».

Photographie en noir et blanc d’un soldat assis, une main bandée, souriant au photographe.

Soldat Michael James O’Rourke, VC, novembre 1917 (MIKAN 3219606)

Michael James O’Rourke survit à la guerre et revient au Canada. Il passe plusieurs années à Vancouver, vivotant de petits boulots et de sa maigre pension d’invalidité de 10 $ par mois. Il mène une marche de protestation durant la grève des débardeurs en 1935 et est attaqué par la police lors de la bataille du quai Ballantyne.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de personnes entourant deux soldats.

Le soldat Michael James O’Rourke, VC, 7e bataillon, avec le cadet Robert Hanna, VC, à sa droite (MIKAN 3219607)

Michael James O’Rourke décède à Vancouver le 6 décembre 1957; il est inhumé au Forest Lawn Memorial Park de Burnaby, en Colombie-Britannique.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du soldat Michael James O’Rourke dans le Corps expéditionnaire canadien.

Ressources connexes


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Le Corps canadien et la bataille de la côte 70

Par Emily Monks-Leeson

Ce 14 août marque un anniversaire important dans l’histoire de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale. Bien que la bataille de la côte 70 ait été éclipsée dans la mémoire collective par la bataille de la crête de Vimy, elle a été planifiée, menée et gagnée presque entièrement par le Corps canadien en août 1917.

Après la victoire de Vimy, le lieutenant-général Julian Byng, depuis longtemps commandant des divisions canadiennes, prend la direction de la troisième armée britannique; c’est le lieutenant-général Sir Arthur Currie, né au Canada, qui devient le nouveau commandant du Corps canadien. En juillet 1917, Sir Douglas Haig ordonne à Currie de lancer une attaque contre la ville de Lens, alors aux mains des Allemands. Currie insiste, au contraire, pour capturer la côte 70, au nord de Lens, ce qui permettrait aux Alliés d’occuper une position stratégique plus élevée, forçant ainsi les troupes allemandes à contrattaquer à partir de leurs postes de défense urbains lourdement fortifiés et bien camouflés.

L’assaut est soigneusement planifié. Le soir du 14 août, l’artillerie canadienne commence à bombarder intensément la côte 70. Le lendemain matin, dix bataillons d’assaut du Corps expéditionnaire canadien formés à partir des quatre divisions canadiennes se lancent à l’attaque. Les soldats canadiens s’emparent de leurs premiers objectifs en moins de vingt minutes, soutenus par des avions volant à basse altitude qui les aident à diriger l’artillerie vers des poches de résistance allemandes.

Délogée de la colline, l’armée allemande contrattaque immédiatement. Les deux belligérants utilisent des armes chimiques et les soldats rendus presque aveugles doivent se battre derrière leur masque à gaz embué. Durant quatre jours, les Allemands contrattaquent 21 fois, mais à la fin, les Canadiens réussissent à rester maîtres de la colline surplombant la ville de Lens. Haig qualifie la bataille « d’une des plus belles opérations mineures de la guerre », alors que pour Currie, elle compte parmi les plus dures batailles menées et gagnées par le Corps canadien.

La bataille de la côte 70 a fait environ 9 000 morts ou blessés chez les soldats canadiens, et 41 ont été faits prisonniers. Ayant mobilisé cinq divisions pour défendre la côte 70, les Allemands ont perdu environ 25 000 soldats; 970 ont été capturés.

Photographie en noir et blanc de deux hommes étendus sur des brancards. Du personnel médical s’occupe d’un des deux blessés, alors que l’autre est étendu sur le côté. Plusieurs soldats se tiennent debout à gauche des brancards, et d’autres sont assis à l’arrière-plan. La scène se passe dans les décombres d’un édifice bombardé dont il ne reste qu’une cheminée.

Des brancardiers pansent les blessures de soldats canadiens lors de l’assaut sur la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3395845)

Photographie en noir et blanc d’un convoi de charrettes se déplaçant sur la route. Un groupe de soldats écossais en kilt tire la dernière charrette.

Le 13e bataillon de mitrailleurs allant se reposer après la bataille de la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3406033)

Une photographie en noir et blanc d’une colonne de soldats marchant dans une ville. Quelques officiers, des enfants et d’autres civils les regardent passer.

Le général Sir Arthur Currie regardant défiler ses hommes en route vers le camp après avoir pris la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3404812)

Six Croix de Victoria ont été décernées à des soldats du Corps canadien pour leurs actions pendant et immédiatement après la bataille de la côte 70. Au cours de la semaine prochaine, dans sa série de blogues intitulée Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada présentera un portrait de ces récipiendaires, cent ans jour pour jour après les actes de bravoure à la source de leur distinction.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Le maréchal de l’air William Avery Bishop, récipiendaire de la Croix de Victoria (VC)

Par Emily Monks-Leeson

La publication d’aujourd’hui dans le cadre de notre série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria porte sur l’un des Canadiens les plus connus de la Première Guerre mondiale, l’as de l’aviation William Avery (« Billy ») Bishop.

Photographie en noir et blanc d’un militaire assis, les mains sur les cuisses. Il porte la ceinture Sam Browne, une large ceinture en cuir munie d’une courroie plus étroite placée en diagonale et qui passe par-dessus l’épaule droite.

Le lieutenant-colonel W.A. Bishop, VC, dans l’atelier du lieutenant Quinn, sans date, Londres, Angleterre (MIKAN 3623353)

William Avery Bishop est cadet au Collège militaire royal du Canada lorsqu’il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien, le 30 septembre 1914. Après avoir servi brièvement dans les tranchées, il passe au Royal Flying Corps (Corps royal d’aviation). Il reçoit son brevet en novembre 1916 et abat 12 avions au total en avril 1917 seulement; grâce à cet exploit, il obtient la Croix militaire et sa promotion au rang de capitaine. À la fin de la Première Guerre mondiale, Billy Bishop est lieutenant-
colonel et 72 victoires sont inscrites dans son dossier.

Photographie en noir et blanc d’un homme assis dans le poste de pilotage ouvert d’un avion et regardant le viseur.

Le capitaine W.A. Bishop, VC, Royal Flying Corps, août 1917. Photographe : William Rider-Rider (MIKAN 3623352)

Billy Bishop est le premier aviateur canadien à recevoir la Croix de Victoria pour son attaque en solitaire contre un aérodrome allemand près de Cambrai, en France, le 2 juin 1917. Voici ce que mentionne sa citation dans The London Gazette :

Le capitaine Bishop, envoyé en mission solo, commença par survoler un aérodrome ennemi; n’y trouvant aucun aéronef, il se dirigea vers un autre aérodrome situé à environ trois miles au sud-est, donc au moins à 12 miles de l’autre côté de la ligne. Il y vit sept aéronefs au sol, dont certains avaient le moteur en marche. Il les attaqua d’une cinquantaine de pieds; un mécanicien, qui faisait démarrer un des moteurs, fut aperçu en train de tomber. Un des aéronefs réussit à s’envoler; toutefois, à une hauteur de 60 pieds, le capitaine Bishop lui tira quinze coups à distance très rapprochée et l’aéronef s’écrasa au sol. Il tira ensuite une trentaine de coups vers un deuxième avion qui venait de décoller et qui se trouvait à quelque 150 pieds de lui et qui vint s’écraser contre un arbre.

Deux autres aéronefs décollèrent alors de l’aérodrome. L’un d’eux s’engagea à une hauteur de mille pieds en déchargeant le reste de ses munitions. Son engin s’écrasa à 300 verges de l’aérodrome, après quoi le capitaine Bishop vida un chargeur complet dans le quatrième aéronef ennemi et retourna à sa base. (The London Gazette, numéro 30228, samedi 11 août 1917) [traduction du Musée canadien de la guerre]

Le maréchal de l’air William Avery Bishop meurt le 11 septembre 1956 à Palm Beach, en Floride. Il est enterré dans le lot de la famille Bishop au cimetière Greenwood d’Owen Sound, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service de William Avery Bishop dans le Corps expéditionnaire canadien.

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Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 2e partie

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de Vimy

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 2e partie ».

Avril 2017 marque le 100e anniversaire de l’attaque et de la prise de la crête de Vimy, alors que les quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien travaillaient ensemble pour la première fois. Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 25 000 Canadiens ont servi dans les services aériens britanniques à titre de pilotes, d’observateurs et de mécaniciens. Même si la bataille de la crête de Vimy est surtout connue comme une offensive terrestre, une grande partie des préparatifs en vue de l’assaut sur Vimy se sont déroulés dans les airs. Pour la deuxième partie de cette émission, nous sommes en compagnie de Bill Rawling, historien et auteur du livre Survivre aux tranchées, et de Hugh Halliday, auteur et conservateur retraité du Musée canadien de la guerre. Ensemble, nous discuterons du rôle que le Canada et ses alliés ont joué dans les airs lors des batailles de Vimy et d’Arras en avril 1917, un mois surnommé « avril sanglant ».

Une photo en noir et blanc montrant un avion biplan avec deux aviateurs dans le cockpit: un qui pilote et l'autre sur la mitrailleuse.

Un avion Curtiss JN-4 doté d’une mitrailleuse intégrée, artillerie du pilote, Royal Flying Corps [corps royal d’aviation], Canada, School of Aerial Gunnery [école d’artillerie aérienne], Camp Borden (Ontario), 1917 (MIKAN 3404272)

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

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Lieutenant Robert Grierson Combe, VC

Aujourd’hui, dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous nous souvenons du lieutenant Robert Grierson Combe, du 27e bataillon, Corps expéditionnaire canadien (CEC). Dans cette série, nous présentons le profil de chaque récipiendaire 100 ans après le jour de l’exploit pour lequel ils ont reçu cette prestigieuse médaille militaire.

Né le 5 août 1880 à Aberdeen, en Écosse, Combe s’est enrôlé dans le CEC en tant que lieutenant, un grade qu’il a repris à sa propre demande, bien qu’il se soit qualifié en tant que major.

image en noir et blanc (fondu de photographie et esquisse) d’un soldat aux cheveux coupés ras et portant une moustache.

Le lieutenant Robert Grierson Combe, VC, non daté (MIKAN 3645669)

Les Divisions canadiennes ayant réussi à reprendre la crête de Vimy, les forces britanniques et du Commonwealth continuaient de pousser contre les lignes germaniques pour faire diversion, afin d’éloigner l’armée allemande du secteur de l’Aisne et d’ainsi permettre à l’armée française de passer. Le 3 mai 1917, à Acheville, en France, le lieutenant Combe dirigeait sa compagnie contre un barrage intensif d’artillerie ennemie. Après avoir atteint la position des Allemands avec seulement cinq hommes, Combe a infligé de lourdes pertes à l’ennemi, puis, rassemblant de petits groupes d’hommes, a réussi à capturer son objectif et à faire quatre-vingts prisonniers. Sa citation dans The London Gazette, n30154, du mercredi 27 juin 1917, indique :

….Il est régulièrement reparti à la charge de l’ennemi, en le poussant devant lui. Et c’est alors qu’il dirigeait personnellement ses grenadiers qu’il a été tué par un tireur embusqué. Sa conduite a inspiré tous les grades, et c’est entièrement grâce à son magnifique courage que la position a été prise, conquise et maintenue. [traduction]

Le lieutenant Robert Grierson Combe a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour son leadership et son courage sous les tirs ennemis. Il est enterré près d’Acheville, en France. Les combats incessants dans cette région ont entraîné la destruction du cimetière militaire et la perte de sa tombe. C’est pour cette raison que son nom figure sur le monument commémoratif de Vimy aux côtés de celui des 11 000 autres soldats canadiens qui n’ont pas de tombe connue.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Grierson Combe.

Ressources connexes

La bataille de la crête de Vimy – artistes de guerre

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPar Katie Cholette
La bataille de la crête de Vimy a frappé l’imagination de nombreux artistes, tant professionnels qu’amateurs. Certains de ces artistes étaient des soldats et participèrent à la bataille. D’autres, qui n’étaient pas présents sur les lieux, ont peint les champs de bataille après l’événement ou les ont imaginés. Des artistes canadiens et d’origine britannique, masculins et féminins, ont représenté dans un large éventail de styles et de médias, de nombreuses facettes de la bataille : l’héroïsme des soldats, le nombre incroyable de morts et de blessés, la destruction massive des bâtiments et la dévastation des paysages.

Une lithographie en couleur d’un paysage dévasté montrant un large cratère au milieu duquel se trouve une croix dessinée avec des pierres blanches. En haut et en bas du cratère, il y a deux autres croix de pierre : une catholique et une celtique. Des fils barbelés encerclent le cratère et des chicots d’arbres calcinés se profilent au loin.

Un cratère de mine – Un cimetière dans le vieux « no man’s land » sur la crête de Vimy, 1917, une lithographie de Frederick Thwaites Bush (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 4014020)

Le soldat canadien Frederick Thwaites Bush, natif de Grande-Bretagne, a créé quelques-unes des images les plus évocatrices de la bataille. Architecte de formation avant la guerre, Bush servit comme lieutenant dans le 29e bataillon et avec les ingénieurs canadiens. Alors qu’il était en Belgique et en France, il dessina plusieurs des sites de combat, notamment Ypres, Passchendaele et la crête de Vimy. Réalisée à partir d’un dessin au crayon esquissé sur les lieux, cette lithographie couleur d’un cratère de mine et cimetière placé au milieu d’un paysage dévasté dégage une impression de désolation et de perte.

Une gravure représentant un groupe de soldats entourant un canon tiré par deux chevaux devant les ruines d’une maison de ferme.

La ferme Berthonval par le lieutenant C. H. Barraud, vers 1917-1918 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 4936627)

Le lieutenant Cyril Henry Barraud travaillait comme artiste et graphiste avant la Première Guerre mondiale. Né en Angleterre, Barraud émigra au Canada en 1913. Quand la guerre éclata, il s’enrôla dans les Grenadiers de Winnipeg. Il fut envoyé outremer en août 1915 avec le 43e bataillon, et en novembre 1917, il fut engagé officiellement comme artiste de guerre. Alors qu’il était en France et en Belgique, Barraud réalisa des dessins sur la ligne de front. À partir de ces dessins, il exécuta plus tard de nombreuses gravures pour le Fond de souvenirs de guerre canadiens. Des images telles que La ferme de Berthonval sont représentatives de son style, caractérisé par une composition soignée, associant des bâtiments détruits par la guerre à des paysages romantiques. Cette œuvre d’art a été présentée à Londres en 1919, lors de la Canadian War Memorials Exhibition.

Une aquarelle représentant un mur de briques et de ciment dont les débris jonchent une petite colline, avec à l’arrière-plan des arbres brisés et des avions volant au-dessus.

Position allemande détruite durant la bataille de Vimy, 1917 par Reuben Alvin Jukes, 1917 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 3838519)

Reuben Alvin Jukes (Jucksch) est né à Hanover, en Ontario. Il s’enrôla dans le 20e bataillon canadien en 1914, indiquant comme profession qu’il était artiste. Il fut transporté en Angleterre pour s’y entraîner et envoyé au front en janvier 1916. Même s’il n’était pas officiellement artiste de guerre, un commandant compréhensif lui accorda du temps pour peindre des scènes alors qu’il était au front. En raison d’un épisode de ce qu’on appelait alors un traumatisme dû aux bombardements, Jukes n’a pu participer à la bataille de la crête de Vimy; cependant, il reprit du service en mai 1917. Plus tard, il peignit plusieurs aquarelles extrêmement détaillées, presque surréalistes, telles que Position allemande détruite durant la bataille de Vimy, 1917, représentant les lendemains de la bataille.

Une peinture en couleur de quelques croix ornées de fleurs au milieu d’un trou dans un mur de pierre écroulé. À l’arrière, il y a une structure brune; le ciel est bleu avec des nuages blancs.

Emplacements de canons, bois de Farbus, crête de Vimy par Mary Riter Hamilton, 1919 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 2836031)

Certaines des peintures les plus expressives de la crête de Vimy ont été réalisées par Mary Riter Hamilton, une artiste professionnelle née au Canada. Bien qu’elle n’ait pas réussi à se faire engager officiellement comme artiste de guerre, l’Association des amputés de guerre de Colombie-Britannique lui a commandé des illustrations pour le magazine The Gold Stripe, destiné aux vétérans. Mary Riter Hamilton avait hâte de peindre les sites où tant d’hommes étaient morts, avant que ne soient entrepris les travaux de reconstruction. Elle se rendit donc en Europe peu après la fin de la guerre pour y peindre. De 1919 à 1922, elle réalisa plus de 300 tableaux, notamment Emplacements de canons, bois de Farbus, crête de Vimy et Petit Vimy et le village de Vimy vus de la route entre Lens et Arras. Dans ces deux œuvres, le style spontané et léger de l’artiste, et une palette de couleurs claires témoignent d’un certain optimisme malgré les circonstances. Hamilton refusa de vendre ses peintures de guerre. Elle les exposa plusieurs fois lors d’activités de financement organisées pour venir en aide aux hommes qui ont combattu, et à leurs familles. En 1926, elle offrit 227 peintures, dessins et gravures aux Archives publiques du Canada (maintenant Bibliothèque et Archives Canada).

Une peinture en couleur d’une route bordée d’arbres cassés, descendant vers une petite ville. Au loin, on aperçoit d’autres villages et des collines.

Petit Vimy et le village de Vimy vus de la route entre Lens et Arras par Mary Riter Hamilton, 1919 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 2836011)

Une peinture en couleur représentant un groupe de soldats donnant l’assaut en lançant des grenades dans diverses postures. Quelques soldats s’avancent armés de fusils et de baïonnettes, alors que d’autres sont étendus au sol, morts. Le tableau se décline en couleurs pastel très douces et les soldats sont peints avec beaucoup de délicatesse.

Cede Nullis, les grenadiers du 8e bataillon d’infanterie du Canada sur la crête de Vimy, 9 avril 1917 par Lady Elizabeth Southerden Butler, 1918 (Bibliothèque Archives Canada – MIKAN 2883480)

La bataille de la crête de Vimy a capté l’imagination d’une autre artiste professionnelle, Lady Elizabeth Southerden Butler. Lady Butler (née Elizabeth Thompson) était une artiste anglaise diplômée en art, spécialiste de la peinture réaliste des champs de bataille. À la fin du 19e siècle, elle jouit d’une grande popularité grâce à ses représentations romantiques et héroïques de la guerre de Crimée et des guerres napoléoniennes. Semblable à ses œuvres antérieures, au point de vue du style, Les grenadiers du 8e bataillon d’infanterie du Canada sur la crête de Vimy, 9 avril 1917 représente le 8e bataillon de la 3e division d’infanterie du Canada le jour où les Canadiens se sont emparés de la crête. L’aquarelle a été peinte alors que l’artiste vivait en Irlande; elle fut exposée en mai 1919 à Londres. L’œuvre fut achetée lors d’une vente aux enchères en 1989.

La victoire à la bataille de la crête de Vimy est l’un des événements les plus marquants de l’histoire canadienne. Immortalisés par des œuvres d’art, le courage des soldats et les sacrifices consentis lors de cette bataille font partie intégrante de notre mythologie nationale.

Biographie

Katie Cholette détient un baccalauréat en histoire de l’art, une maîtrise en histoire de l’art canadien et un doctorat en études canadiennes. Elle a travaillé auparavant comme conservatrice des acquisitions et chercheuse au Musée du portrait du Canada; elle a obtenu deux bourses de recherche en art canadien au Musée des beaux-arts du Canada et enseigne en histoire de l’art, en études canadiennes et en lettres et sciences humaines depuis 14 ans à l’Université Carleton. Elle a aussi réalisé plusieurs projets de conservation et de recherche en tant que travailleuse autonome, et elle siège au comité de rédaction de la revue Underhill Review.

Ce blogue a été créé dans le cadre d’une entente de collaboration entre The National Archives et Bibliothèque et Archives Canada.