Images de la baladodiffusion sur Glenn Gould maintenant sur Flickr

Photographie en couleur montrant une chaise en bois très usée

La chaise de piano pliante de Glenn Gould (MIKAN 4111968)

Trente-quatre ans après la mort de Glenn Gould, les amateurs de musique à travers le monde se sentent toujours aussi interpellés par son vaste répertoire d’enregistrements et par la vision artistique audacieuse de l’artiste. Les interprétations irrévérencieuses des œuvres du répertoire pour piano et les singularités étonnantes de Gould sont devenues légendaires.

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Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Glenn Gould : les classiques remixés »

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Glenn Gould : les classiques remixés ».

Trente-quatre ans après la mort de Glenn Gould, les amateurs de musique à travers le monde se sentent toujours aussi interpellés par son vaste répertoire d’enregistrements et par la vision artistique audacieuse de l’artiste. Les interprétations irrévérencieuses des œuvres du répertoire pour piano et les singularités étonnantes de Gould sont devenues légendaires. Dans cette émission, nous nous entretiendrons avec Kevin Bazzana, auteur de la biographie primée Wondrous Strange: The Life and Art of Glenn Gould, qui nous parlera de la carrière musicale extraordinaire de l’artiste et des secrets surprenants qu’il a découverts sur sa vie privée au cours de ses recherches à Bibliothèque et Archives Canada.

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Portia White : en l’honneur du 75e anniversaire de ses débuts à Toronto

Par Joseph Trivers           

Au cours du 20e siècle, de très grands chanteurs lyriques ont marqué la scène culturelle canadienne, de Raoul Jobin à Gerald Finley et Measha Brueggergosman, en passant par Maureen Forrester et Jon Vickers. À l’image des personnages qu’ils ont interprétés à l’opéra, ces artistes ont souvent eu une vie dramatique et inspirante. La contralto néo-écossaise Portia White ne fait pas exception. Admirée pour sa voix magnifique et constante, ainsi que pour sa présence sur scène empreinte de noblesse et de dignité, elle est la première cantatrice afro-canadienne à obtenir une reconnaissance internationale. Le 7 novembre 2016 marque le 75e anniversaire de ses débuts triomphaux à Toronto, une occasion en or de décrire brièvement son parcours, ses réalisations et sa carrière.

« J’ai fait mes véritables débuts à Toronto, en novembre 1941. C’était mon quatrième engagement professionnel, mais le tout premier dans une grande ville. Le lendemain, on m’a offert un contrat. J’ai toujours considéré que c’est Toronto qui m’a découverte. » – Portia White [traduction]

Les réflexions de Portia White concernant ses débuts à Toronto pourraient donner l’impression qu’elle a connu le succès rapidement. Pourtant, ce concert de 1941 et le contrat qui en a découlé sont le fruit de nombreuses années de travail acharné, d’un peu de chance et du soutien indéfectible de sa famille, de ses concitoyens et des gouvernements de la ville d’Halifax et de la Nouvelle-Écosse.

Jeunesse et éducation

Dès sa naissance, Portia semble destinée à manifester un tempérament fort et résolu et à faire carrière dans les arts de la scène. En effet, un ami de la famille lui donne le nom de Portia, d’après une héroïne du Marchand de Venise de Shakespeare. Dans cette pièce, Portia réalise son rêve d’épouser le prétendant de son choix, à force d’intelligence, de grâce et de tranquille détermination. On ne peut affirmer que ce nom présage les mêmes traits de personnalité chez Portia White, mais son éducation a certainement favorisé leur développement.

Ses parents sont eux-mêmes des gens remarquables. Son père, le révérend William A. White, est le fils d’esclaves affranchis de Virginie; il est le deuxième Afro-Canadien admis à l’Université Acadia et le premier à recevoir un doctorat en théologie de cette université. Il sera aussi le seul aumônier noir dans l’armée britannique durant la Première Guerre mondiale. La mère de Portia, une descendante de loyalistes noirs installés en Nouvelle-Écosse, lui donne ses premières leçons de musique. La famille de Portia déménage de Truro (Nouvelle-Écosse) à Halifax après la Première Guerre mondiale. De retour au pays, son père devient pasteur de l’église baptiste sur la rue Cornwallis.

La vie de la famille White gravite autour de l’église; il n’est donc pas surprenant qu’une grande partie de l’éducation musicale de Portia se passe dans ce milieu. C’est ainsi qu’elle commence à chanter dans la chorale de l’église dirigée par sa mère. Elle étudie en enseignement à l’Université Dalhousie, puis devient professeure dans les communautés noires de Nouvelle-Écosse, notamment à Lucasville et Africville. Ce travail l’aide à payer ses cours de musique. Durant les années 1930, elle suit les cours de chant de Bertha Cruikshanks au Conservatoire de musique d’Halifax. En 1939, elle reçoit une bourse qui lui permet d’étudier au même conservatoire avec le professeur italien Ernesto Vinci. C’est ce dernier qui l’aide à perfectionner sa voix de contralto.

Toronto et au-delà

Portia White est d’abord reconnue et acclamée en Nouvelle-Écosse, où elle se produit dans des festivals et des concerts-bénéfice ainsi qu’à l’émission radiophonique de son père, diffusée une fois par semaine. Elle gagne la coupe d’argent Helen Kennedy au festival de musique d’Halifax en 1935, 1937 et 1938. De nouvelles possibilités s’offrent à elle lorsque Edith Read, la directrice de Branksome Hall, une école privée pour filles de Toronto, l’entend chanter pour la première fois. Madame Read était alors en vacances en Nouvelle-Écosse, sa province natale. C’est grâce au soutien du Branksome Ladies Club que Portia White a pu chanter au Eaton Hall à Toronto, le 7 novembre 1941.

Le concert de Toronto est un tel succès que Portia se voit immédiatement offrir un contrat des Presses de l’Université Oxford pour une série de concerts et de tournées. Elle quitte alors son poste d’enseignante pour se consacrer à la musique. En 1942 et 1943, elle se produit dans plusieurs villes du Canada, ce qui accroît sa renommée au pays, et chante même devant le gouverneur général à l’occasion d’un concert privé. Elle donne son premier concert aux États-Unis au Town Hall de New York, en mars 1944; sa prestation est accueillie avec enthousiasme. Portia s’installe à New York pour se rapprocher de ses gérants et reçoit le soutien financier de la ville d’Halifax et du gouvernement de la Nouvelle-Écosse par l’intermédiaire du Nova Scotia Talent Trust. C’est la première fois que deux paliers de gouvernement s’unissent pour soutenir la carrière d’un artiste. Portia White signe un contrat avec Columbia Concerts Incorporated et entreprend une tournée au Canada, aux États-Unis, dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

Fin de carrière et héritage

La vie en tournée devenant de plus en plus frénétique, Portia White n’arrive plus à se reposer suffisamment entre les concerts et les déplacements. Elle éprouve des problèmes de voix de plus en plus fréquents, au point où certains critiques le lui reprochent. Dans de telles circonstances, auxquelles s’ajoutent des différends avec ses gérants, elle décide de ne plus se produire en public. Portia s’installe à Toronto, où elle suit des cours de chant au Conservatoire royal de musique auprès de la soprano Gina Cigna. Elle donne elle-même des cours de chant au Branksome Hall, ainsi que des cours particuliers. Elle offre quelques rares concerts durant les décennies 1950 et 1960. À l’occasion d’un de ces concerts, elle chante pour la reine Élisabeth le 6 octobre 1964, lors du passage de la souveraine au Centre des arts de la Confédération de Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard). Moins de quatre ans plus tard, en février 1968, Portia White s’éteint à Toronto, des suites d’un cancer.

Célèbre pour sa polyvalence et son répertoire varié, Portia White était aussi à l’aise avec les chants religieux que les arias d’opéras italiens, les lieds allemands ou les mélodies françaises. De son vivant, elle n’enregistra aucune œuvre destinée au marché commercial. Cependant, Bibliothèque et Archives Canada a pu acquérir, auprès de la famille White, quelques enregistrements sonores de concerts offerts à Moncton (Nouveau-Brunswick) et à New York. Certains enregistrements commerciaux furent diffusés à titre posthume, dont l’album Think on me en 1968, deux chansons sous étiquette Analekta dans la série Great Voices of Canada (volume 5), ainsi que l’album First You Dream en 1999 (tous se trouvent dans la collection de BAC). Un documentaire intitulé Portia White: Think on Me fut réalisé par Sylvia Hamilton et diffusé en 1999.

L’héritage de Portia White perdure encore aujourd’hui grâce à un fonds créé et géré par le Nova Scotia Talent Trust : la bourse annuelle Portia White, offerte à une jeune personne démontrant un « potentiel vocal exceptionnel ». Le gouvernement du Canada inscrivit Portia White sur la liste des personnes d’importance historique nationale en 1995 et lui rendit hommage en 1999 par l’émission d’un timbre du millénaire à son effigie.

Timbre-poste en couleur montrant, au premier plan, une jeune femme en train de chanter, et à l’arrière-plan, le visage en gros plan de la même femme, les yeux clos. Une partition contenant des notes de musique et des paroles apparaît en surimpression sur la moitié inférieure du timbre.

Portia White : talent et persévérance [document philatélique], timbre-poste canadien de 46 cents, collection du millénaire (MIKAN 2266861)


Joseph Trivers est bibliothécaire aux acquisitions (musique) au sein de la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.

L’autre facette de Glenn Gould : réflexions sur l’éternelle renommée du pianiste canadien et l’héritage qu’il laisse à Bibliothèque et Archives Canada

Par Rachelle Chiasson-Taylor

Alors que le 85e anniversaire approche…

En 2017, ce sera le 150e anniversaire de la Confédération du Canada, celui-ci coïncidant avec le 85e anniversaire de naissance de Glenn Gould. Des artistes, des compositeurs, des historiens de la musique, des radiodiffuseurs, des philosophes et des mélomanes de toutes les couches de la société et de partout dans le monde célèbrent cette personnalité incomparable du monde de la musique tous les cinq ans, et 2017 ne fera pas exception. En fait, certaines activités de grande envergure sont prévues pour souligner à la fois l’anniversaire du Canada et celui de M. Gould :

Le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes a déclaré que la Fondation Glenn Gould se proposait d’organiser une spectaculaire tournée mondiale d’un an intitulée « Canada 150 » qui atteindra son point culminant le jour de la fête du Canada avec un concert en hommage à M. Gould qui traduira en musique les « aspirations de tous les Canadiens ».

Le piano à queue symbolique de M. Gould, le Steinway CD-318, qui n’est plus exposé au Centre national des Arts (CNA) à Ottawa depuis février dernier, le temps que le CNA fasse l’objet de rénovations, sera de nouveau exposé, à sa place, le jour de la fête du Canada de 2017. En 2012, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a fait don du piano et de la chaise de concert, tout aussi symbolique, au CNA, là où le piano a pu commencer une nouvelle vie, notamment sous le doigté de pianistes lors de prestations publiques.

Le lancement d’une nouvelle biographie est prévu en juin 2017, Glenn Gould: Remix (Dundurn Press).

La liste est longue…

Fonds d’archives Glenn Gould

Bibliothèque et Archives Canada est l’institution suprême pour assurer la garde et le contrôle de l’héritage documentaire de M. Gould. En 1984, BAC a acquis le contenu du Fonds d’archives Glenn Gould, qui renferme plus de 16 000 objets ayant trait à la vie personnelle et professionnelle du pianiste : des documents officiels, personnels et autobiographiques; de la correspondance personnelle et professionnelle; des prix et des certificats honorifiques; des compositions; des écrits de M. Gould publiés et non publiés; des écrits portant sur M. Gould parus dans des journaux et des revues; une collection de livres, des enregistrements et des trames sonores annotées par M. Gould; des photographies de Glenn Gould, de membres de sa famille et de personnalités de l’univers musical international; du matériel audiovisuel comprenant des prises refusées de séances d’enregistrement aujourd’hui légendaires. Le Fonds d’archives Glenn Gould à Bibliothèque et Archives Canada est une source précieuse pour les chercheurs et continue d’inspirer une foule de projets littéraires, de spectacles musicaux, d’émissions, de nouvelles compositions et de manifestations diverses.

À Bibliothèque et Archives Canada, les experts en collections de musique et en communications s’affairent actuellement à préparer un balado étoffé dans le but de faire connaître « l’autre facette de Glenn Gould », reconnaissant son image de pianiste solo, tout en explorant d’autres aspects du personnage. Prolifique, M. Gould a écrit abondamment sur la musique et sur des sujets extramusicaux : il a donné des spectacles avec d’autres instrumentistes et interprètes; composé de la musique; produit des documentaires, animé des émissions de télévision, accordé des entrevues et créé de nouvelles formes artistiques.

L’autre facette

Apparemment excentrique et reclus, il en étonnait plus d’un avec son mode de vie, mais cette attitude aura un effet amplificateur sur sa célébrité. L’annonce de son retrait de la scène en 1963 aura aussi un effet paradoxal : au lieu de tomber dans l’oubli du public, chaque enregistrement et chaque émission de M. Gould deviendront un happening culte. Sa vision de la technologie s’est avérée prophétique, et son opinion sur le pouvoir de l’artiste d’interpréter une œuvre musicale de Bach, de Beethoven, de Mozart, de Brahms ou d’autres compositeurs selon les règles de la musique occidentale, bien que controversée, a toujours éveillé de l’intérêt. Comme l’a écrit son ami, le compositeur et chef d’orchestre américain, Leonard Bernstein :

Glenn était […] quelque peu fantasque, ce qui lui conférait son style rafraîchissant. Esprit inquisiteur, il parvenait, en un éclair, à envisager que Schoenberg et Liszt fussent dans la même catégorie, ou Purcell et Brahms, ou encore Orlando Gibbons et Petula Clark. Sans crier gare, il jumelait, contre toute attente, une paire de musiciens dans un certain essai comparatif fort surprenant. […] Voilà un homme qui savait se faire aimer. Il avait environ quinze ans de moins que moi, je crois, mais je n’ai jamais pensé à lui comme mon cadet, à aucun égard. Il était un véritable pair, à tous les égards. Quand il est décédé, je n’ai pas pu le supporter.

Leonard Bernstein, traduction libre de The Truth About a Legend

En vue du 85e anniversaire de Glenn Gould en 2017, Bibliothèque et Archives Canada célèbre le génie éclectique de ce grand musicien, sa vision prophétique et sa quête impérieuse de la vérité par l’entremise de la musique et de l’art. Ce sont là les aspects qui composent l’autre facette de Glenn Gould.

Ressources connexes


Rachelle Chiasson-Taylor est archiviste de la musique au sein de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Abonnez-vous à la saison théâtrale 1815-1816 de la Société des Jeunes Artistes

Au tournant du 19e siècle, l’activité théâtrale n’est pas des plus florissantes au Canada. Certaines pièces connaissent bien un vif succès, comme Colas et Colinette, jouée entre 1790 et 1807 et écrite par Joseph Quesnel, l’un des premiers dramaturges du pays; mais les coûts sont souvent trop élevés pour maintenir des troupes de théâtre de façon permanente. De surcroît, ces dernières font face à la réprobation de l’Église, qui n’aime guère ce genre de représentations.

Le plus souvent, ce sont des amateurs – membres de l’élite sociale composée de Canadiens français, de militaires et de marchands britanniques – qui aménagent des salles et y présentent des spectacles. Des comédiens américains en tournée font aussi vibrer les planches des grandes villes canadiennes. L’ouverture du Théâtre Royal à Montréal, en novembre 1825, donne un nouvel élan à l’art dramatique au Bas-Canada.

Cette aquarelle d’une scène de rue montre un édifice de quatre étages de style néo-classique. Au loin, on voit des édifices plus modestes.

L’hôtel Mansion House (le Théâtre Royal), rue Saint-Paul, à Montréal, par Henry Bunnett (1888). (MIKAN 2878039)

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Oscar Peterson

Ces photographies d’Oscar Peterson et de sa famille ont été prises en 1944. À la fin de l’adolescence, il est déjà un musicien professionnel expérimenté. Depuis 1942, il joue régulièrement avec le Johnny Holmes Orchestra, un orchestre de danse populaire qui fait danser les gens à Montréal et aux alentours. Oscar quitte l’orchestre en 1947 et s’installe à demeure à l’Alberta Lounge, un cabaret près de la gare Windsor, où il dirige son propre trio pendant deux ans.

Une photographie en noir et blanc montrant Oscar Peterson jouant du piano dans un cabaret.

Oscar Peterson, photographié par DC Langford [1944] (MIKAN 4167283)

Étant donné la scène jazz dynamique de la ville, ce ne sont pas les possibilités de jouer qui manquent pour Oscar : il joue professionnellement, joue en direct pour des émissions radiophoniques de la CBC et rencontre des musiciens en visite dans la ville pour donner des concerts avec qui il fait des séances musicales improvisées. Il s’est gagné l’admiration de Count Basie, Woody Herman, Ella Fitzgerald, Coleman Hawkins, Dizzy Gillespie et d’autres. Oscar demeure au Canada jusqu’en 1949, lorsque Norman Granz le convainc de se joindre à la série de concerts « Jazz at the Philharmonic » à Los Angeles. Cela marque le début de sa carrière internationale.

Les parents d’Oscar sont des immigrants au Canada. Daniel Peterson, le père d’Oscar, vient des îles Vierges britanniques et travaille comme manœuvrier sur un navire marchand. Sa mère, Kathleen Olivia John, est originaire de Saint-Kitts dans les Antilles britanniques, et travaille comme cuisinière et aide ménagère. Ils se rencontrent et se marient à Montréal, puis s’installent dans la Petite-Bourgogne/St-Henri, quartier majoritairement habité par des Noirs. Comme beaucoup d’hommes qui demeurent dans ce quartier, Daniel obtient un emploi à la gare Windsor comme porteur sur les trains de passagers pour le Chemin de fer Canadien Pacifique.

Une photographie en noir et blanc montrant Oscar Peterson avec son père Daniel. Les deux hommes sont assis au piano, leurs mains sur le clavier, souriant et regardant le photographe vers le haut.

Oscar Peterson et son père Daniel, au piano [1944] (MIKAN 4542845)

Grâce à l’enseignement et aux encouragements de leurs parents, les enfants Peterson deviennent des musiciens accomplis.

Fred, l’aîné des enfants, initie Oscar au ragtime et au jazz quand il en joue sur le piano familial. Fred meurt dans les années 1930, alors qu’il est encore adolescent. Oscar a déjà dit de Fred qu’il était le musicien le plus talentueux de la famille.

Une photographie en noir et blanc montrant Oscar Peterson assis, jouant du piano. Son frère Charles, vêtu de l'uniforme de l'Armée canadienne, est debout à côté de lui et joue de la trompette.

Oscar Peterson au piano, avec son frère Chuck, l’accompagnant à la trompette [1944] (MIKAN 4542843)

Un autre frère, Charles, qui sert dans une batterie d’artillerie de l’Armée canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale, joue dans la fanfare du régiment. Après la guerre, il continue comme trompettiste professionnel, travaillant en studio et se produisant dans plusieurs boîtes de nuit de Montréal dans les années 1950 et 1960. Comme ses frères et sœurs, il joue également du piano, mais est contraint d’y renoncer après avoir subi un accident de travail dans une usine à Montréal après la guerre.

Une photographie en noir et blanc d'Oscar Peterson et de sa sœur Daisy, assis au piano avec leurs mains sur le clavier. Ils regardent vers le photographe et sourient.

Oscar Peterson et sa sœur Daisy, au piano [1944] (MIKAN 4542840)

Daisy, la sœur aînée d’Oscar, est aussi une pianiste virtuose. Elle obtient un diplôme en musique de l’Université McGill et a une carrière longue et influente comme professeure de musique à Montréal. Elle est la première professeure de piano de ses frères et sœurs et présente Oscar à son propre professeur de piano, Paul de Marky, un pianiste de concert qui joue dans la tradition de Franz Liszt. Daisy enseigne à Montréal pendant plusieurs années; ses élèves comprennent les futurs musiciens de jazz Milton Sealey, Oliver Jones, Reg Wilson et Joe Sealy.

Ressources connexes :

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Celia Franca : M’accordez-vous cette danse? »

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Celia Franca : M’accordez-vous cette danse? ».

Découvrez l’histoire de Celia Franca, une femme qui a consacré sa vie entière à la danse. C’est à elle qu’on doit la création du Ballet national du Canada, aujourd’hui célèbre dans le monde entier, et c’est aussi grâce à elle que les premiers spectacles de danse dignes de l’élite mondiale sont exécutés au Canada. Dans cette émission, les archivistes Michel Guénette et Théo Martin ainsi que l’archiviste adjointe Judith Enright‑Smith, tous trois de Bibliothèque et Archives Canada, nous parlent de Celia Franca et des ressources sur la danse qui sont mises à la disposition des chercheurs par Bibliothèque et Archives Canada.

Pour écouter cette émission, vous pouvez vous abonner au fil RSS ou iTunes, ou tout simplement visiter le site Web Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Sur pointes : Une force de la danse

Beauté, grâce, talent, détermination, puissance et énergie : voilà les qualités attribuées à Celia Franca, tour à tour danseuse, professeure, chorégraphe, puis fondatrice et directrice artistique du Ballet national du Canada. Bien connue pour ses méthodes d’enseignement rigoureuses, elle fut aussi un exemple de volonté et de ténacité, parvenant à fonder un corps de ballet classique canadien en seulement dix mois tout en travaillant comme commis dans un grand magasin de Toronto.

Portrait publicitaire en noir et blanc de Celia Franca regardant la caméra

Portrait de Celia Franca (MIKAN 3803233)

Celia Franca (de son vrai nom Celia Franks) naît en 1921 à Londres, en Angleterre, de parents juifs polonais. Son père est tailleur dans l’East End. Encore toute jeune, elle crée la surprise autour d’elle en annonçant son intention de devenir danseuse. Les bourses qu’elle obtient lui ouvrent les portes de la Guildhall School of Music et de la Royal Academy of Dance, à Londres. C’est dans cette ville qu’elle fait ses débuts sur scène à l’âge de 14 ans. Dès lors, il n’est plus question de revenir en arrière. À 20 ans, Celia Franca est l’une des ballerines les plus accomplies du corps de ballet de Sadler’s Wells, qui donnera naissance au Royal Ballet. Six ans plus tard, elle est maîtresse de ballet, chorégraphe et soliste au Metropolitan Ballet de Londres.

Portrait en noir et blanc réalisé en studio, montrant la jeune Celia Franca, sur pointes, portant un tutu.

Portrait de Celia Franca sur pointes (MIKAN 3803737)

En 1950, à Toronto, les mécènes du monde artistique et le milieu des affaires ont un projet dans leurs cartons : fonder un nouveau corps de ballet national. C’est ainsi que le Ballet national du Canada voit le jour. On offre à Celia Franca d’en être la directrice, et elle accepte; elle en sera aussi la danseuse étoile jusqu’en 1959. Sous sa direction, le Ballet national du Canada prospère et se fait connaître sur la scène internationale. Grâce au style d’enseignement de Celia et à sa ténacité, les danseurs canadiens n’ont maintenant plus besoin de quitter leur pays pour acquérir une renommée mondiale.

En 1959, Celia Franca et Betty Oliphant fondent l’École nationale de ballet du Canada, qui vise à former tant des danseurs que des professeurs. C’est aussi un formidable réservoir de talents pour le Ballet national du Canada. En 1974, Celia Franca démissionne du Ballet national, puis fonde en 1978 l’École de danse d’Ottawa avec Merilee Hodgins.

Au cours de sa vie, Celia Franca recevra de nombreux prix et sera honorée à maintes occasions. En 1968, elle est nommée Officier de l’Ordre du Canada; elle sera plus tard promue au rang de Compagnon de l’Ordre. Elle meurt à Ottawa en 2007, laissant un formidable héritage au monde de la danse.

Bibliothèque et Archives Canada possède plusieurs documents qui témoignent de la carrière de Celia Franca :

Le fonds Alma Duncan de Bibliothèque et Archives Canada

Vous êtes amateur d’art et vous aimeriez faire une recherche sur la vie et l’œuvre de l’artiste canadienne Alma Duncan (1917-2004)? Faites d’abord un arrêt à Bibliothèque et Archives Canada! De 1998 à 2005, nous avons acquis le fonds Alma Duncan, ce qui fait de nous la principale référence pour l’étude et la préservation des œuvres et des documents relatant le parcours de cette artiste, tant sur le plan professionnel que personnel.

Notre collection comprend d’importantes toiles peintes à l’huile, comme cet autoportrait réalisé en début de carrière :

Autoportrait avec tresses

Autoportrait avec tresses (MIKAN 2996876)

L’artiste s’y est représentée vêtue d’un pantalon, à une époque où ce genre de tenue était quelque peu osé pour une femme.

La collection comprend également des dessins et des esquisses d’Alma Duncan, ainsi que des documents en lien avec son autre carrière comme conceptrice graphique et réalisatrice, dont des bandes de films originales. Parmi les articles les plus fascinants, mentionnons ceux liés à Dunclaren Productions, la société cinématographique fondée en 1951 par Duncan et la photographe canadienne Audrey McLaren, et qui fut en activité jusqu’en 1960. Ensemble, les deux femmes ont créé trois courts métrages d’animation salués à l’échelle internationale, réalisés en grande partie dans un grenier d’Ottawa. Aujourd’hui, ces films représentent d’importants jalons dans l’histoire du court métrage d’animation – un genre où le Canada a toujours excellé.

Le fonds documentaire Dunclaren Productions comprend également la plupart des marionnettes et des accessoires originaux créés par Alma Duncan elle-même pour ses films.

La marionnette ci-dessous (tout comme la deuxième tête de marionnette avec un visage effrayé) a été conçue pour le film Folksong Fantasy. Elle révèle la grande méticulosité dont a fait preuve l’artiste pour modifier l’expression des personnages de ses films.

Marionnette – L’épouse dans une robe orange

Marionnette – L’épouse dans une robe orange (MIKAN 4488575)

Tête de marionnette – L’épouse effrayée

Tête de marionnette – L’épouse effrayée (MIKAN 4488578)

Les accessoires étaient eux aussi conçus avec minutie, comme en font foi ces petits iglous et ce kayak miniature créés pour le film Kumak, the Sleepy Hunter, et qui témoignent de l’intérêt qu’a toujours porté Alma Duncan à l’Arctique canadien :

Iglous

Iglous (MIKAN 4488522)

À compter du 2 octobre 2014, la Galerie d’art d’Ottawa présentera une grande rétrospective intitulée ALMA. La vie et l’œuvre d’Alma Duncan (1917-2004). Bibliothèque et Archives Canada a prêté un grand nombre d’articles pour cette exposition, qui mettra en vedette plusieurs des œuvres mentionnées ci-haut.