Conservateurs invités : Michael Smith et J. Andrew Ross

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 mettant en vigueur la Charte des droits et libertés, par Robert Cooper, 1982

Photographie de la signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, par Robert Cooper. (MIKAN 3206003) © Gouvernement du Canada

Photographie de la signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, par Robert Cooper. (MIKAN 3206003) © Gouvernement du Canada

Signature de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982, photographiée par Robert Cooper en 1982.


Parlez-nous de vous.

Michael Smith a piloté un projet visant à concevoir et fabriquer des caissons d’entreposage sur mesure pour préserver deux des plus prestigieux documents de BAC, à savoir les deux exemplaires de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. J. Andrew Ross est chargé des documents du registraire général (RG68), l’entrepôt de toutes les proclamations du gouvernement du Canada.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Document blanc-jaune pâle, rédigé à l’encre noire et rouge, orné des armoiries du Canada dans le haut.

Proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. (MIKAN 3782519) © Gouvernement du Canada

La proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 a été signée sur les marches du Parlement, à Ottawa, le 17 avril 1982 par la reine Elizabeth II, le premier ministre Pierre Trudeau, le procureur général (ministre de la Justice) Jean Chrétien et le registraire général (ministre de la Consommation et des Corporations) André Ouellet. La proclamation, seul document fondateur canadien signé par la reine, a permis l’entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle de 1982 en modifiant la constitution canadienne et en adoptant la Charte canadienne des droits et libertés. La signature faisait suite à plusieurs années de négociations constitutionnelles au Canada qui ont abouti au rapatriement de la Constitution, c’est-à-dire la transmission des pleins pouvoirs de modification constitutionnelle du Royaume-Uni au Canada.

Il existe en fait deux exemplaires de la proclamation : celui signé à l’extérieur, qui a été endommagé par la pluie (voir plus haut) et est devenu ce qu’on appelle l’exemplaire « mouillé », et celui qui a été signé plus tard à l’intérieur du Parlement. Au départ intact, ce dernier a été abîmé par de la peinture rouge par un manifestant, en 1983, et on l’appelle dorénavant l’exemplaire « taché ». Les deux exemplaires de la proclamation sont conservés par BAC et ont très souvent été exposés depuis 1982. L’exemplaire mouillé a récemment été exposé au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg, et BAC l’a récupéré au début du mois de septembre. En 2017, il sera exposé à la Bibliothèque du Parlement à Ottawa.

Exemplaire de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 avec une grande tache rouge au milieu.

Exemplaire taché de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. © Gouvernement du Canada. (MIKAN 3782551)

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

BAC possède également les deux stylos utilisés pour signer la proclamation mouillée. Le premier ministre Jean Chrétien, qui entretenait un lien particulier avec ces stylos, en a fait don en 2000 aux Archives nationales du Canada. Plus tard, il a raconté ses échanges pleins d’humour avec la reine au moment de la signature :

« J’ai pris le stylo pour signer. Il ne fonctionnait pas, j’ai dit “merde” tout bas, et elle a éclaté de rire, relate-t-il. Tout le monde m’a demandé ce que j’avais bien pu lui raconter pour qu’elle se mette si spontanément à rire, mais j’ai gardé la raison pour moi pendant de nombreuses années. » (Source)

Vous pouvez voir le moment de la signature et la réaction de la reine ici, sur CBC (après 7 min 45 s), ou ici, sur Radio‑Canada (environ 0 min 47 s).

Deux stylos noir et or debout sur un socle noir et or posé sur un bloc en velours et présenté dans un coffret en bois.

Stylos utilisés par la reine Elizabeth II et les signataires de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982. © Gouvernement du Canada. (MIKAN 4105375)

Bien que les stylos aient été achetés chez Birks, bijouterie haut de gamme d’Ottawa, on n’a apparemment pas pensé à la durabilité de l’encre, et les expositions fréquentes des proclamations à la lumière font craindre que les signatures pâlissent au fil du temps. On a estimé de façon prudente qu’il était possible d’exposer chaque document à des sources de lumière d’intensité et de sources variées pendant environ 4 000 heures. En 2011, le test de microvieillissement à la lumière effectué sur l’encre des signatures par l’Institut canadien de conservation a indiqué que les colorants synthétiques utilisés dans l’encre pouvaient pâlir et qu’ils avaient probablement pâli depuis 1982.

L’encre d’importantes signatures a pâli sur plusieurs documents historiques détenus par BAC, mais alors que certains restent très peu exposés, les deux exemplaires de la proclamation sont très importants. Il a donc fallu fabriquer un caisson d’entreposage sur mesure pour leur conservation ainsi qu’une vitrine sécurisée pour les expositions afin de prévenir toute dégradation ultérieure des documents.

On a décidé de concevoir et de construire deux caissons d’entreposage permanents, un pour chaque exemplaire de la proclamation. De plus, une vitrine sécurisée serait fabriquée pour les expositions (on a prévu qu’un seul exemplaire de la proclamation serait exposé à la fois). Les caissons d’entreposage peuvent être scellés de façon hermétique lorsque l’environnement est faible en oxygène (dispositif qui pourrait être ajouté à l’avenir pour ralentir le pâlissement de l’encre), et sont vitrés à l’aide de verre antireflet comportant des filtres UV. En plus des dispositifs de sécurité, la vitrine comprend également des éléments qui limitent et surveillent les niveaux d’exposition à la lumière. Avec ces nouvelles vitrines, les Canadiens pourront voir les proclamations en montre pendant de nombreuses années.

Proclamation dans son caisson monté sur quatre pieds et doté d’une vitrine en verre.

Caisson d’entreposage d’un exemplaire de la proclamation fabriqué en vue de sa préservation. © Gouvernement du Canada.

Gros plan du caisson de préservation exposant un exemplaire de la proclamation, sous verre dans un cadre noir.

Gros plan sur le caisson de préservation. © Gouvernement du Canada.

Le cas de la proclamation a également incité BAC à revoir son approche en ce qui concerne la préservation des signatures. Bien que bon nombre de documents du gouvernement du Canada soient dorénavant signés de façon numérique, la plupart des documents de prestige sont encore signés à l’encre. Les préoccupations relatives à la pérennité de ces signatures ont amené Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, à rédiger un courriel daté du 14 avril 2016 dans lequel il conseille aux ministères d’utiliser des stylos à encre pigmentée, indélébile et résistant à la lumière, pour signer les documents officiels et de prestige. Il a mentionné le cas de la proclamation de la Loi constitutionnelle de 1982 comme un parfait exemple du risque de pâlissement de l’encre, et conseillé d’être particulièrement méticuleux quant au choix des stylos utilisés pour signer les documents officiels, « surtout les documents d’importance nationale destinés à nos archives […] afin de s’assurer que les documents placés sous notre responsabilité restent lisibles pour les prochaines générations. »

Biographies


Michael Smith est le gestionnaire des collections textuelles et cartographiques (non reliées) de Bibliothèque et Archives Canada. J. Andrew Ross est un archiviste des Documents gouvernementaux à Bibliothèque et Archives Canada.

Ressources connexes

Quel est le poids de votre collection?

Par Lisa Hennessey

Ce n’est pas une question que les archives et les bibliothèques se posent souvent, mais Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a dû le faire en 2009, lorsque l’institution se préparait à déménager sa collection de pellicule de nitrate.

À première vue, la solution la plus simple était de placer chacune des boîtes sur une balance. Toutefois, BAC devait calculer le poids des pellicules de nitrate, mais pas celui des contenants, des enveloppes, des boîtes de film ou des albums. Comment déterminer le poids d’une collection sans la peser? Tout un défi!

La collection de pellicule de nitrate de BAC comprend 5 575 bobines de film, dont les plus anciennes datent de 1912, et près de 600 000 négatifs. Depuis le début des années 1970, elle était conservée à la base aérienne Rockcliffe d’Ottawa, en Ontario, dans un édifice construit durant les années 1940 pour entreposer les photos aériennes du ministère de la Défense nationale. À la fin des années 1990 germa l’idée de construire un nouvel édifice afin de remplacer l’ancien entrepôt vieillissant. La construction du Centre de préservation de pellicule de nitrate s’est terminée en 2011.

Photographie couleur de l’entrée d’un édifice gris, avec une rangée de fleurs jaunes à l’avant-plan.

Le Centre de préservation de pellicule de nitrate

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Miroirs riches en souvenirs : conservation de daguerréotypes dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada – Partie I

Par Tania Passafiume et Jennifer Roger

Le daguerréotype, un type de photographie unique en son genre, a été très populaire de 1839 à 1864. Il s’agit du premier procédé photographique accessible au public et son succès découle de la clarté des images qu’il permet d’obtenir.

Les photographies produites sont très susceptibles à la perte d’image, à l’accumulation de corrosion et à d’autres formes de détérioration causées par la manipulation et par l’environnement.

Pour protéger l’image, la plaque photographique était délicatement placée sous du verre dont elle était séparée par un intercalaire protecteur. Elle était ensuite scellée avec du ruban adhésif et recouverte d’une feuille de laiton appelée préservateur. L’ensemble était mis dans un petit boîtier, souvent décoratif, fait de cuir, de bois, de papier mâché ou de plastique moulé, avec un revêtement intérieur en soie ou en velours.

Marques des daguerréotypes

Les marques d’origine ou marques de plaque sont des marques poinçonnées que l’on trouve sur beaucoup de daguerréotypes, sans pour autant en trouver sur tous. Quand elles sont présentes, les marques sont souvent en bordure de la plaque et, par le fait même, invisibles lorsque le daguerréotype est scellé. Il s’agit habituellement d’initiales, de symboles et de chiffres. Le nombre le plus couramment utilisé était « 40 » et celui-ci indiquait la composition physique de la plaque, soit un ratio d’une part d’argent pour 39 parts de cuivre. Les marques de plaque peuvent fournir des indices quant à l’endroit où les plaques de cuivre ont été fabriquées et où le photographe a obtenu son matériel. Elles peuvent parfois aussi aider à dater une image.

Lors de la préparation des daguerréotypes en vue de l’exposition au Musée des beaux-arts du Canada, on a découvert plusieurs marques de plaque. Lire la suite

Les documents originaux et les copies sur microfilm

L’accès est un aspect important du mandat de Bibliothèque et Archives Canada. Le personnel s’efforce de donner accès aux documents originaux chaque fois que c’est possible, mais que se passe‑t‑il lorsque les documents ont été retirés de la circulation et que vous devez les consulter?

Capture d’écran du système de gestion interne des collections de Bibliothèque et Archives Canada où est mis en évidence le message suivant : « Veuillez consulter les exemplaires des documents que vous essayez de commander; veuillez vous référer aux renseignements sur les exemplaires de MIKAN. »

Capture d’écran du système de gestion interne des collections de Bibliothèque et Archives Canada.

On peut retirer un document de la circulation pour diverses raisons, notamment :

  • Le document a été copié et il est disponible dans un autre format (habituellement sur microfilm)
  • Il a été désigné comme nécessitant un traitement de conservation
  • Il est fragile ou risque d’être endommagé
  • Pour des raisons de santé (p. ex. le document contient des moisissures)

Quand vous demandez un document qui a été retiré de la circulation, un employé du comptoir de consultation communiquera avec un gestionnaire des collections ou un adjoint de gestion des collections pour l’informer qu’un chercheur désire consulter l’original et la raison de sa demande.

Voici quelques raisons fréquemment invoquées pour consulter le document original :

  • Pour régler un litige
  • Les copies sur microfilm sont illisibles
  • Les copies sur microfilm sont incomplètes (pages manquantes)
  • Pour des raisons de santé (p. ex. l’utilisation du lecteur de microfilms cause le vertige)

Le gestionnaire des collections ou l’adjoint de gestion des collections évaluera le document demandé et déterminera s’il peut être déplacé en toute sécurité au 395, rue Wellington aux fins de consultation.

Un contenant ouvert dans lequel se trouvent des documents textuels prêts à être évalués

Documents textuels prêts à être évalués.

Raisons fréquemment invoquées pour refuser une demande de consultation du document original :

  • Le document est trop fragile pour être transporté hors de l’installation d’entreposage
  • L’accès au document est limité par la loi (vous devez d’abord obtenir les droits d’accès)
  • Le document pose un risque pour la santé et doit au préalable faire l’objet d’un traitement (p. ex. des moisissures)
  • Le document a été demandé dans le cadre d’un prêt ou d’une exposition

De plus, les documents suivants ne peuvent sortir du Centre de préservation :

    • Traités
  • Atlas datant d’avant 1899, cartes anciennes, documents encadrés surdimensionnés

 

  • Peintures à l’huile, pastels, œuvres au fusain, miniatures
  • Médailles, globes
  • Négatifs sur plaque de verre, grandes photos panoramiques, objets photographiques présentés en coffret
  • Certains documents de philatélie

Si le document est jugé trop fragile ou d’une valeur exceptionnelle, le gestionnaire des collections précisera que la consultation doit se faire sous supervision.

Le personnel de Bibliothèque et Archives Canada fait tout son possible pour faciliter l’accès, mais dans certains cas, les documents ne peuvent tout simplement pas être déplacés. Lorsque cette situation se produit, vous pouvez prendre un rendez-vous afin de consulter les documents originaux au Centre de préservation à Gatineau, sous la supervision d’un archiviste de référence et d’un membre de l’équipe de gestion des collections.

Bien plus que des livres

Grâce au dépôt légal, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) reçoit une grande variété de publications à valeur patrimoniale telles que des livres, des périodiques ou des documents gouvernementaux. À l’occasion, BAC reçoit des trousses multimédias que les Services de conservation doivent réemballer. En plus de contenir des livres, ces trousses renferment des articles de toute sorte qui, dans la mesure du possible, doivent être conservés ensemble. Un coffret didactique destiné aux écoles est un bon exemple de trousse multimédia. Un tel coffret peut comprendre des manuels reliés, des reliures à feuillets mobiles, des affiches, des dépliants, des CD et des DVD. Des coffrets moins récents peuvent contenir des cassettes audio ou vidéo, des diapositives et des bandes de film — ces dernières étaient populaires au moment de la diffusion de ce type de coffret.

Pour chaque trousse, on fabrique un boîtier et des séparateurs afin de conserver les éléments ensemble pour faciliter la recherche et pour immobiliser les articles de tailles différentes dans le boîtier. Ce dernier protège aussi le contenu de la lumière, de l’eau et d’autres éléments naturels.

Avant

Photographie couleur du contenu d’une trousse multimédia éparpillé sur une table de travail.

Exemple de contenu didactique d’une trousse multimédia.

Après

Photographie couleur d’une chemise sur mesure pour une affiche et d’un boîtier sur mesure.

Exemple d’une chemise faite sur mesure pour conserver une affiche et d’un boîtier fabriqué pour une trousse multimédia didactique. Chacun des articles de la trousse multimédia est rangé dans un espace bien défini, ce qui en facilite l’accès et la conservation.

Les grandes affiches roulées sont déroulées et défroissées, puis placées dans une chemise sur mesure et classées dans un tiroir de rangement plat. Pour les CD et les DVD, on fabrique un boîtier distinct, dans lequel un séparateur sur mesure les maintiendra en place lors de la manutention.

Tous les matériaux entrant dans la fabrication de ces boîtiers sont de qualité archivistique, c’est-à-dire qu’ils sont exempts d’acide et qu’ils satisfont à des normes rigoureuses en matière de composition et de durée de vie.

Voilà un autre exemple du travail du personnel de la division Gestion de la collection qui, grâce à ses compétences, son doigté et son dévouement, assure la conservation des éléments de la collection.

Entretien et soins préventifs : Laura Secord et la butte gazonnée

Chris Smith, commis à la gestion des collections à Bibliothèque et Archives Canada, s’est récemment vu confier un projet de changement de contenant qui présentait son lot de difficultés. Chris a reçu une boîte de chocolat Laura Secord dans laquelle 27 dictabelts avaient été placés pêle‑mêle.

Les dictabelts ont été créés par la Dictaphone Corporation dans les années 1940. Ce système permet d’enregistrer des sons sur une mince courroie de plastique souple. Le Dictabelt Re-Recording Service (en anglais seulement) décrit le processus d’enregistrement : une sorte d’aiguille trace un sillon dans le plastique pour y imprimer l’information. Cette technologie est surtout utilisée dans les milieux des affaires, de la médecine et de la science. Après l’utilisation, les dictabelts sont souvent rangés à plat dans des boîtes ou dans des dossiers, ce qui fait plier le plastique et endommage les enregistrements.

La plus célèbre utilisation des dictaphones, connue de tous les conspirationnistes, est sans doute celle de la commission d’enquête sur l’assassinat du président John F. Kennedy, survenu le 22 novembre 1963. La commission a analysé un dictabelt fourni par la police de Dallas et conclu qu’au moins quatre coups de feu avaient été tirés ce jour‑là, dont un en provenance d’une butte gazonnée. Lire la suite

Quelques-uns de nos sites préférés

Les gestionnaires de collection à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) se font souvent poser des questions sur la préservation d’objets de toutes sortes. En outre, chaque fois que nous offrons des séances de formation interne au personnel, nous ajoutons aussi des références et des suggestions de lectures.

Comme vous le savez, il est parfois difficile de faire le tri parmi l’énorme quantité d’informations disponibles sur Internet; c’est pourquoi nous avons eu l’idée de partager certaines de nos ressources en ligne. Ces ressources sont fiables et mises à jour en fonction de l’évolution de l’information et des pratiques exemplaires témoignant des plus récents développements scientifiques. En général, elles comprennent des références aux sources d’information, telles que des fournisseurs ou des publications.

Notez bien : aucun traitement invasif ne devrait être entrepris sans avoir au préalable suivi une formation sur le type de support en question. On en convient, toute personne capable de manier un couteau et une règle peut facilement confectionner un contenant protecteur, mais lorsqu’il s’agit d’effectuer une réparation, il est préférable de consulter un restaurateur.

Les sites suivants fournissent des renseignements sur plusieurs supports documentaires. Nous vous suggérons de consulter les index afin de voir si l’information que vous recherchez s’y trouve.

Institut canadien de conservation (ICC)

Le site de l’ICC contient beaucoup d’informations sur la préservation d’une diversité d’objets : livres, documents papier, photos, instruments de musique ou œuvres d’art extérieures.

http://canada.pch.gc.ca/fra/1443109395421/1443109429411

Centre de conservation du Québec (CCQ)

Le site du CCQ héberge Preserv’Art, une base de données de produits jugés appropriés. C’est une importante source de renseignements sur les fournitures pouvant être utilisées en toute sécurité avec certains supports ou objets. Elle contient également des informations sur les produits NON sécuritaires, ce qui peut s’avérer tout aussi utile.

http://preservart.ccq.gouv.qc.ca/index.aspx

Northeast Document Conservation Centre (NEDCC)

La série de notes sur la préservation du NEDCC constitue une autre excellente source d’information. Ces publications sont constamment revues, et mises à jour au besoin. (En anglais seulement)

https://www.nedcc.org/free-resources/preservation-leaflets/overview

National Park Service (NPS)

Le Service des parcs nationaux américains publie une série de notes d’information, appelées Conserve O Grams; ce sont d’excellentes publications qui traitent d’une large gamme de sujets. Bien qu’elles s’adressent davantage aux professionnels des musées, elles représentent néanmoins une source d’information utile sur une variété de sujets, notamment les contenants protecteurs. Les nouveaux Conserve O Grams portant sur la création, l’entretien et le stockage des documents numériques sont particulièrement intéressants. (En anglais seulement)

http://www.nps.gov/museum/publications/conserveogram/cons_toc.html

La conservation des cahiers de dessins de William Redver Stark : dates et lieux

Dans cette dernière partie concernant l’ordre des pages, nous allons nous intéresser aux dates et lieux de séjour de William Stark en Europe, en recoupant les informations consignées dans ses cahiers avec les événements vécus par son unité militaire et les lieux où elle a été déployée.

Dans plusieurs de ses cahiers, Stark a écrit le nom de la ville ou du village qu’il a dessiné, en y ajoutant parfois la date. Ces annotations nous permettent aujourd’hui de bien mesurer le temps que Stark a passé en France et en Belgique; elles sont aussi très utiles pour replacer les feuilles détachées en ordre séquentiel.

Nous avons pu vérifier plusieurs de ces dates et lieux en consultant les journaux de guerre du 1er bataillon des troupes ferroviaires canadiennes. Les journaux de guerre sont des comptes rendus quotidiens des unités de la Première Guerre mondiale.

Photographie couleur d’un cahier de dessins ouvert, montrant une aquarelle d’un train transportant un canon naval allemand monté sur un wagon. Le canon est entièrement recouvert de peinture de camouflage. Des soldats se tiennent debout à proximité; ils regardent le canon et discutent.

Cahier de dessins montrant un canon capturé lors de la deuxième bataille de la Somme, daté d’août 1918 par Stark. (MIKAN 3029137)

Reproduction en noir et blanc d’une page dactylographiée où l’on peut lire une inscription datée du 14 août 1918 : « Le gros canon naval allemand de 11,5 pouces sur rails, capturé durant la récente attaque, a été transporté depuis le Chemin Vert. Il a été capturé en entier, avec les munitions et la locomotive. […]

Page du journal de guerre du 1er bataillon des troupes ferroviaires canadiennes où est consignée la capture d’un canon naval allemand le 14 août 1918.

Une photographie couleur d’un cahier de dessins vu de biais, montrant les berges d’une rivière avec la date et le lieu dans le coin inférieur droit, « Perrone avril 17 ».

Vue de Péronne, trouvée dans le cahier de dessins no 7 et datée d’avril 1917 (MIKAN 3028908).

Une reproduction en noir et blanc d’une page manuscrite portant l’inscription suivante datée du 15 avril 1917 : « […] le quartier général du bataillon a été déménagé à Peronne. »

Le journal de guerre du 1er bataillon des troupes ferroviaires canadiennes montrant la première inscription faisant référence au déménagement du quartier général du bataillon à Péronne.

Veuillez consulter Flickr pour voir d’autres images illustrant la conservation de livres et de documents visuels.

Les BD à Bibliothèque et Archives Canada

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que Bibliothèque et Archives Canada (BAC), le gardien du patrimoine documentaire national, conserve une gamme de publications canadiennes. Mais saviez-vous qu’il possède aussi une grande collection de bandes dessinées publiées au Canada et à l’étranger par des auteurs canadiens?

C’est généralement grâce au dépôt légal que BAC acquiert les BD publiées au pays, mais deux donateurs privés lui ont aussi confié d’importantes collections.

La plus grande, la collection de bandes dessinées canadiennes John Bell, provient d’un ancien archiviste de BAC et historien de la bande dessinée, John Bell. Elle compte environ 4 000 BD en tous genres, allant des histoires de superhéros de la Deuxième Guerre mondiale aux magazines du 21e siècle. Elle n’est pas cataloguée, mais la liste complète se trouve dans AMICUS.

Photographie en couleur montrant une boîte contenant des fichiers avec des étiquettes. Un fichier est à moitié sortie de la boîte et montre une BD avec une couverture rouge avec le prix modique de 10¢.

Une boîte de la collection Bell Features cataloguée et emboîtée

La collection Bell Features est elle aussi riche en BD canadiennes de la Deuxième Guerre mondiale. Elle compte pas moins de 382 bandes dessinées provenant des archives de la maison d’édition torontoise Bell Features, un des plus grands éditeurs canadiens de l’époque. Composée de BD anciennes extrêmement rares, elle compte parmi les plus importantes ressources sur les bandes dessinées. Tous les titres de cette collection ont été catalogués dans AMICUS.

Depuis quelques décennies, les bandes dessinées et les romans illustrés, à l’instar d’autres genres littéraires, font l’objet d’études sérieuses. Mais cela n’a pas toujours été le cas : dans les années 40, elles étaient plutôt perçues comme des livres jetables pour enfants, comme le démontrent les jeux publiés dans les BD de Bell Features. De nature éphémère, elles étaient imprimées sur du papier journal de piètre qualité, ce qui soulève des difficultés du point de vue de leur conservation. Heureusement, les conditions ambiantes sont optimales dans les chambres fortes ultramodernes du Centre de préservation de BAC.

Les BD de la collection Bell Features sont protégées de la lumière et de la saleté dans des boîtes fermées, sans acide. Chaque bande dessinée est placée dans une enveloppe de papier dont le haut et le côté se détachent; il est donc possible de la sortir sans l’accrocher ou la déchirer. En outre, la réserve alcaline des enveloppes ralentit la détérioration du papier causée par l’acide.

Pour découvrir le monde passionnant des bandes dessinées canadiennes, écoutez notre balado Protecteurs du Nord : les bandes dessinées au Canada.

Ressources connexes

D’autres ajouts à la Collection de livres rares : un recensement

Après avoir reçu les derniers ajouts à la Collection de livres rares, l’équipe de la restauration a procédé à un recensement ou à une enquête afin de déterminer l’état de la collection. Les restaurateurs de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ont élaboré les questions du recensement en consultation avec des bibliothécaires spécialisés dans les livres rares. L’équipe de la restauration a ensuite évalué les livres individuellement et consigné l’information.

Les principaux renseignements consignés portaient sur l’état de la collection, mais ils renfermaient aussi des données sur les ornements et le style des livres. On a documenté tous les détails relatifs à l’état de chaque livre à l’origine, les travaux de restauration requis — qu’il s’agisse de travaux mineurs ou majeurs – ainsi que les dommages structurels observés. On a aussi pris note du degré de détérioration du cuir et du besoin de consolidation du cuir (un traitement de surface visant à empêcher la détérioration). De plus, on a déterminé l’emballage idéal pour chaque livre, que ce soit une enveloppe ou une enveloppe et une attache ou encore un boîtier, et l’on a consigné cette information. On a noté d’autres détails : les ornements sur la couverture, la présence de papier marbré et d’ex-libris, de même que toute autre inscription intéressante, des volumes manquants, etc.

Graphique circulaire illustrant les portions de la nouvelle collection en fonction de leur état, de mauvais à excellent.

Figure 1. Résultats du recensement de l’état des nouveaux livres rares.

Après le recensement, on a procédé à la consolidation du cuir de 499 livres sur un total de 518. Après les traitements, on a constaté qu’environ 8 % de la collection était passée d’un état passable à bon. Le nombre de livres dans un état passable a diminué, de 38 % à 30 %, et le nombre de livres en bon état a augmenté, de 27 % à 35 %. Seulement 15 % de la collection devaient être remboîtée, ce qui a été fait.

Un tableau et un graphique circulaire illustrant les types d’emballage requis en ce qui concerne la collection. La grande majorité des ouvrages n’ont pas besoin d’un emballage spécial, tandis que d’autres nécessitent une enveloppe, une enveloppe et une attache ou des boîtiers.

Figure 2. Éléments de la collection devant être remboîtés.

Maintenant que le recensement est terminé, l’équipe a rédigé un rapport qui résume et présente tous les résultats au moyen de graphiques et de tableaux simples. Le rapport constituera un précieux outil pour les restaurateurs et permettra de planifier les prochains projets de restauration en plus de servir d’instrument de recherche pour les bibliothécaires et archivistes.