Reflets d’artistes : lancement d’une nouvelle exposition d’autoportraits d’artistes au musée Glenbow

Le 15 juin 2018, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et le musée Glenbow célébreront officiellement le début d’une nouvelle collaboration positive à Calgary, en Alberta. L’inauguration de la première des cinq expositions organisées conjointement a eu lieu le 10 mars. Toutes les expositions mettront en valeur des portraits de la collection de BAC. Dans certains cas, elles incluent également des œuvres de la collection du musée.

Cette collaboration stimulante permet à un plus grand nombre de Canadiens d’observer plusieurs de nos plus importants trésors nationaux. Toutes les expositions seront présentées au musée Glenbow, à Calgary, et exploreront un thème différent au sujet des portraits.

Photo couleur de l’entrée de l’exposition au musée Glenbow.

Photo de l’installation de l’exposition Reflets d’artistes au musée Glenbow. Gracieuseté du musée Glenbow.

Un portrait bien spécial

La première exposition de la série met l’accent sur l’un des types de portrait les plus fascinants : les images que les artistes créent d’eux-mêmes. La prolifération des miroirs au 15e siècle aurait contribué à la popularisation des autoportraits. Lorsque les artistes explorent leur reflet, il est difficile de détourner le regard.

Peinture d’un miroir et d’une composition de nature morte sur une coiffeuse avec de nombreux livres, une brosse, une radio et deux oranges sur une assiette placée au-dessus d’un journal. Le reflet du miroir montre l’artiste et une autre peinture.

Autoportrait dans un miroir, William Lewy Leroy Stevenson, vers 1928, e011200954.

Les autoportraits d’artistes sont particulièrement intrigants puisqu’ils nous offrent un regard privilégié sur leur processus de création. Leur éclectisme est également captivant. Au fil des ans, les artistes ont, entre autres, choisi diverses techniques pour expérimenter avec les autoportraits et affirmer leur identité créative.

L’exposition présente 17 autoportraits historiques et modernes d’artistes canadiens sélectionnés parmi la collection de BAC. Vous y trouverez des vidéos et des sculptures ainsi que des peintures, des dessins et des estampes.

Des visages, des récits

Un des autoportraits qui se démarque dans cette exposition est la sculpture de l’artiste inuit Floyd Kuptana.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la langue sortie.

Autoportrait, Floyd Kuptana, 2007, MIKAN 3922914.

Il est important d’observer cet autoportrait de plusieurs angles différents. Cette sculpture sur pierre espiègle sourit ou tire la langue, selon l’angle choisi.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la tête penchée.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la langue sortie.

L’humour transparaissant de cette œuvre dissimule, sur bien des plans, une exploration beaucoup plus sérieuse de sa personne. Kuptana a créé cet autoportrait avec une vision tout autant traditionnelle que moderne. Les multiples facettes et angles illustrent les croyances chamaniques liées à la transformation. Pourtant, l’existence de plusieurs personnalités au sein d’une même personne est aussi associée à la psychologie moderne.

Photo couleur du profil d’une sculpture stylisée d’un homme.

Autoportrait… ou portrait?

L’exposition vous donne la chance d’observer un portrait qui demeure au cœur de l’un des mystères non résolus les plus intéressants de l’histoire de l’art canadien. Certains érudits sont convaincus que ce dessin réalisé par Emily Carr, illustre artiste britanno-colombienne, est l’un de ses premiers autoportraits – une acquisition rare. Toutefois, d’autres affirment que ce dessin n’est qu’un portrait que Carr a réalisé d’une autre personne.

Dessin au fusain sur papier d’une jeune femme, les épaules nues, vue de dos, son visage de profil. Ses cheveux sont attachés en un chignon lâche, de courtes boucles encadrant son visage. Elle regarde vers la droite.

Autoportrait, possiblement d’Emily Carr, vers 1899, e006078795.

La plupart conviennent que le portrait a été créé alors que Carr étudiait l’art à Londres, au Royaume-Uni. Le dessin suit un style académique traditionnel, atypique des œuvres ultérieures de Carr, mais très courant chez les étudiants tentant de prouver leur maîtrise de l’art.

Ceux qui croient qu’il s’agit d’une image de Carr soulignent la forte ressemblance entre le dessin et les photographies contemporaines que nous avons d’elle. Ils conviennent que Carr était très connue pour sa pudeur et qu’il est peu probable qu’elle ait pris cette pose, les épaules dénudées. Néanmoins, ils mentionnent qu’il était très courant dans les cours pour femmes de cette époque de pratiquer le dessin du corps humain à partir d’anciennes sculptures classiques drapées de manière convenable. L’artiste pouvait ensuite placer sa propre tête sur le corps de l’une de ces nues incontournables.

Une partie du portrait d’Emily Carr montrant les lignes classiques des épaules et du menton du dessin.

Carr pourrait avoir tenté de se représenter dans un style particulier, soit une jeune femme à la mode.

Nous vous invitons à venir en juger par vous-mêmes.

Un lien avec l’Ouest

Cette exposition permet aussi à BAC de mettre en valeur des autoportraits ayant un lien particulier avec Calgary : par exemple, cette œuvre amusante de l’artiste Gary Olson, de Calgary.

Un dessin au crayon du visage d’un homme pressé contre un morceau de verre. La majorité de son profil gauche est indiscernable, mais son œil droit est extrêmement concentré.

I Am Up Against the Picture Plane Again [Je suis de nouveau contre le plan pictural], Gary Olson, 1877, e011195950. Source : Gary Olson.

Cette image fait partie d’une série créée par Olson alors qu’il était un professeur d’art au collège. Il a conçu ces dessins humoristiques pour expliquer à ses étudiants le plan pictural, un concept d’art théorique difficile à comprendre. Il y représente le plan de façon littérale, en pressant et en déformant son propre visage sur celui-ci. Par le fait même, Olson en profite pour se moquer de la théorie de l’art, dévoilant son propre désir irrévérencieux de repousser les limites.

Venez voir l’exposition!

Photo couleur d’une salle faiblement éclairée, diverses œuvres d’art sur les murs.

Photo de l’installation de l’exposition Reflets d’artistes au musée Glenbow. Gracieuseté du musée Glenbow.

Si vous vous rendez à Calgary, ne manquez pas Reflets d’artistes. L’exposition sera présentée quotidiennement du 10 mars 2018 au 6 janvier 2019. Pour en savoir plus, communiquez avec le musée Glenbow.

Traduction fidèle : à la découverte des traductions littéraires canadiennes

Par Liane Belway

La découverte de nouveaux livres et de nouveaux auteurs excitants s’avère une expérience enrichissante pour la plupart des lecteurs. À Patrimoine publié – le volet bibliothèque de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) –, nous communiquons avec les éditeurs qui nous envoient des ouvrages pour permettre à un public élargi de profiter de la diversité du patrimoine publié canadien.

Pour rendre le matériel accessible, les éditeurs canadiens déposent des exemplaires de leurs publications par l’entremise de l’équipe du dépôt légal de BAC. Quel matériel le dépôt légal acquiert-il? Un vaste contenu canadien : livres, musique, enregistrements oraux, magazines et autres séries ainsi que documents numériques. Chaque publication offre un point de vue unique sur la société et la culture canadiennes, reflétant la vision, les intérêts et l’identité de l’éditeur. Une des sources de savoir et de talent du milieu littéraire est la traduction de tels ouvrages, permettant à ces publications d’être lues par un tout nouveau public.

Traductions canadiennes

La traduction littéraire permet de faire connaître de grandes œuvres littéraires à un public élargi. Ce talent, souvent négligé, est néanmoins très précieux dans notre société multiculturelle et multilingue. Les traductions offrent de nouvelles perspectives et des styles uniques, tout en donnant la chance aux gens de découvrir des traditions et des innovations littéraires qui, sans cela, seraient difficiles d’accès. D’ailleurs, les Prix du Gouverneur général comprennent une catégorie destinée à la traduction, reconnaissant ainsi l’importance de faire connaître des œuvres de langue française aux lecteurs anglophones. Chaque année, ce prix reconnaît la traduction d’un livre vers l’anglais pour son excellence littéraire et sa contribution au milieu culturel.

Gagnants

Le Prix littéraire du Gouverneur général pour la traduction (du français vers l’anglais) de 2017 a été remis à Readopolis, traduit en anglais par Oana Avasilichioaei et publié par BookThug, à Toronto. Il s’agit d’une traduction de Lectodôme de Bertrand Laverdure, publié par Le Quartanier, une maison d’édition francophone de Montréal. Le comité d’évaluation par les pairs ne tarissait pas d’éloges pour Avasilichioaei : « Readopolis, d’Oana Avasilichioaei, correspond au style acrobatique dont Lectodôme, de Bertrand Laverdure, est empreint. Les nombreuses voies de l’écriture québécoise se font entendre par cette traduction intelligente, une ode vertigineuse à la quête pure, bien que rarement récompensée, de littérature. »

Le livre Brothers de David Clerson, un autre finaliste louable du même prix en 2017, incarne bien la vision d’un nouvel éditeur. QC Fiction, une collection des Livres Baraka adoptant des perspectives stimulantes, est un éditeur québécois de livres en anglais se trouvant à Montréal. Reconnaissant l’importance de la traduction, QC Fiction a pour objectif de publier des traductions anglaises de romans québécois contemporains, d’abord publiés en français, pour les autres Canadiens et le public à l’étranger. Une autre publication de QC Fiction, I Never Talk About It, comprend 37 nouvelles, chacune traduite par un traducteur différent. Peter McCambridge, éditeur de romans, a affirmé qu’il s’agit de « 37 traducteurs différents ayant traduit chacune des nouvelles publiées dans une collection de Véronique Côté et de Steve Gagnon. Cela nous rappelle qu’il existe au moins 37  façons différentes de traduire la voix d’un auteur. Pensez-y la prochaine fois que vous achetez une traduction! »

Six couvertures de livre colorées à l’apparence semblable, placées côte à côte et montrant tous les titres : Listening for Jupiter, I Never Talk About It, Behind the Eyes We Meet, Brothers, The Unknown Huntsman, Life in the Court of Matane.

Une sélection des publications de QC Fiction, dont Brothers (2016), finaliste du Prix du Gouverneur général pour la traduction. Image utilisée avec la permission de QC Fiction.

L’offre de traductions permet à des publics non canadiens de découvrir notre vaste littérature, laquelle grandit constamment dans notre monde de plus en plus connecté. Les auteurs canadiens apprécient d’ailleurs l’élargissement de leur public international. QC Fiction illustre bien l’attrait général des romans canadiens. M. McCambridge a ajouté ce qui suit : « Pour l’instant, notre formule semble bien fonctionner : trois de nos cinq premiers livres ont été mentionnés dans le journal The Guardian, en Angleterre. Des blogueurs de l’Écosse jusqu’en Australie ont découvert notre entreprise et encensent nos “lectures légères et intrigantes” ».

Grâce à ces éditeurs primés – seulement deux exemples du travail novateur effectué dans le monde de la traduction littéraire au Canada –, la publication canadienne demeure un milieu créatif, varié et florissant que BAC s’efforce de conserver et de préserver pour les lecteurs d’aujourd’hui et de demain. Pour voir les autres articles de la collection de BAC, utilisez notre nouvel outil de recherche : http://www.collectionscanada.gc.ca/lac-bac/recherche/tout.

Liane Belway est bibliothécaire aux acquisitions, monographies anglaises, pour la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Ernst Neumann

Par Judith Enright-Smith

L’artiste et graveur Ernst Neumann naît à Budapest, en Hongrie, en 1907. Sa famille émigre au Canada cinq ans plus tard et s’établit à Montréal, au Québec.

Dessin au plomb et au crayon Conté d’un jeune homme assis à une table à dessin, le regard tourné vers nous. L’œuvre est signée « EN31 ».

Autoportrait d’Ernst Neumann, 1931 (MIKAN 3028626)

Après ses études collégiales, Ernst Neumann entre à l’École des beaux-arts, puis à l’Association d’art de Montréal. Il y étudie auprès d’Edwin Holgate, célèbre graveur et peintre montréalais de l’époque (MIKAN 3929083), qui cultive l’intérêt de son élève envers la gravure et la gravure sur bois.

Eau-forte montrant une femme nue assise, vue de profil. Ses coudes sont posés sur ses genoux repliés, et elle tient son visage entre ses mains.

Femme nue assise, 1935 (MIKAN 3025069)

Ernst Neumann mène une carrière stable et inspirante. Il crée et vend des gravures commerciales montrant les rues de Montréal et d’autres scènes urbaines, ainsi que des portraits de l’élite de la ville. Toutefois, sa véritable passion consiste à représenter les personnes marginalisées pendant la grande dépression. Ses gravures de chômeurs et de personnes sans le sou paraissent dans des journaux et des périodiques montréalais à tirage restreint, en particulier dans des publications de gauche.

En 1936, avec son confrère William Goodridge Roberts (lui aussi diplômé de l’École des beaux-arts de Montréal), Ernst Neumann ouvre l’école d’art Roberts-Neumann. On y enseigne la peinture, le dessin et la compréhension des arts. L’établissement n’est ouvert que trois ans.

Eau-forte représentant une personne qui descend un chemin enneigé, vers une ville dont les édifices sont visibles à travers les arbres.

Descente du mont Royal, signé « E. Neumann », 1951 (MIKAN 3025050)

Ernst Neumann fait également partie d’un collectif non officiel d’artistes montréalais, plus tard appelé « les peintres juifs de Montréal » par l’historienne de l’art Esther Trépanier. Dans son ouvrage Les peintres juifs de Montréal : Témoins de leur époque, 1930-1948, celle-ci mentionne que ce groupe (dont sont aussi membres Harry Mayerovitch et Ghitta Caisserman-Roth, entre autres) dépeint le réalisme social du Montréal des années 1930 et 1940.

Lithographie d’un port sur laquelle on voit des mâts, des édifices et de la construction.

Port de Montréal, 1935 (MIKAN 3024945)

Bibliothèque et Archives Canada a acquis le fonds Ernst Neumann auprès d’un donateur privé, en 2005 et en 2010. Ce fonds comprend 156 eaux-fortes et lithographies, 49 dessins, 5 aquarelles et 36 plaques. Parmi les documents textuels figurent quelques lettres personnelles de Neumann ainsi que des catalogues.

Au début de 1956, Ernst Neumann se rend en Europe grâce à une bourse universitaire. En mars, alors qu’il visite un confrère en France, il est victime d’une crise cardiaque qui l’emporte. Il n’a que 49 ans. Ses restes sont rapatriés à Montréal et mis en terre grâce à la générosité de ses pairs.


Judith Enright est archiviste adjointe à la Section des affaires autochtones et sociales de la Direction générale des archives privées, à Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de la collection Peter Winkworth maintenant sur Flickr

La collection Peter Winkworth de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est composée d’une sélection  d’œuvres d’art importantes, rares et précieuses sur le plan national, qui illustrent plus de quatre siècles d’histoire du Canada. Imposante, cette collection témoigne de la volonté de Peter Winkworth de préserver les premières formes d’art et le patrimoine du Canada.

La passion de collectionner de Peter Winkworth venait de sa famille. Il possédait tous les talents nécessaires pour devenir un grand collectionneur : les connaissances, un œil d’expert, des ressources et un enthousiasme indéfectible. À la suite d’un grave accident en raison duquel il a perdu une jambe, Winkworth s’est lancé dans l’étude sérieuse des œuvres d’art canadiennes. Il a consacré les 50 années suivantes à créer l’une des plus grandes collections privées de ces œuvres. Il est décédé en 2005, à l’âge de 76 ans.

En 2002, à l’aide de fonds du gouvernement du Canada, les Archives nationales du Canada ont acheté plus de 700 aquarelles et dessins, plus de 3 300 gravures et neuf tableaux de la collection Winkworth à Londres. En 2008, BAC a acquis 1 200 autres œuvres d’art de la collection, gardant ainsi intacte la majeure partie de ce trésor unique. Désormais préservées par BAC, ces œuvres pourront être découvertes par les générations à venir.

Visitez l’album Flickr !

Empire Marketing Board

Par Judith Enright

L’Empire Marketing Board (Conseil publicitaire de l’Empire, EMB) a produit plus de 800 affiches au début du XXe siècle. Bibliothèque et Archives Canada en conserve 379 dans sa collection. Il s’agit d’un échantillon extraordinaire de cette audacieuse et magnifique campagne publicitaire britannique.

En 1926, le secrétaire d’État aux colonies Leopold Amery crée l’EMB et lui confie un mandat très clair : favoriser le libre-échange entre la Grande-Bretagne et ses colonies et inciter le peuple britannique à acheter des produits de l’Empire plutôt que de l’extérieur.

Affiche en couleur montrant deux hommes en train de scier le tronc d’un arbre abattu, à gauche, pendant que trois autres hommes, à droite, plantent des arbres. L’affiche a pour titre : Coupe du bois au Canada.

Coupe du bois au Canada (MIKAN 2845125)

Affiche en couleur intitulée Notre acier pour l’Australie, montrant une grue métallique et deux hommes qui chargent une remorque.

Notre acier pour l’Australie (MIKAN 2845006)

L’EMB utilise des campagnes publicitaires dans les journaux, des dépliants, des prospectus, des films, des émissions de radio et des affiches pour atteindre son but : faire rayonner l’Empire, en Grande-Bretagne comme dans les colonies. Pour créer ses affiches, l’EMB a recours aux services des artistes les plus réputés de l’époque, dont le Manitobain Austin Cooper.

Photo noir et blanc d’un homme en tenue de soirée, debout à côté d’une affiche posée sur un mur.

Photo d’Austin Cooper prise par Sydney Carter (MIKAN 3245241)

L’EMB choisit de gros caractères et des couleurs vives pour attirer les regards. Certaines affiches font des distinctions entre les sexes; les hommes étant présentés comme les bâtisseurs de l’Empire, et les femmes, comme des consommatrices. En Grande-Bretagne, les affiches sont posées sur des babillards spéciaux et dans les étalages de plus de 450 villes et villages. La campagne n’est pas aussi intensive dans les colonies, où les affiches se trouvent surtout dans les lieux achalandés, comme les magasins et les usines. Certaines affiches sont indépendantes, tandis que d’autres se lisent par séquence de trois à cinq images, comme une bande dessinée.

Affiche en couleur d’une épicerie annonçant que de nombreux produits sont Canadiens. À l’avant du magasin, une femme discute avec l’épicier. L’affiche a pour titre : Consommatrice avisée et bonne ménagère.

Consommatrice avisée et bonne ménagère (MIKAN 2844979)

Affiche en couleur d’une femme portant une longue robe et tenant une tasse de thé à la main, debout à côté d’un plateau de thé posé sur une table. Le titre est : Boire du thé cultivé dans l’Empire.

Boire du thé cultivé dans l’Empire (MIKAN 2844932)

Bibliothèque et Archives Canada a reçu ces affiches entre 1926 et 1933. Elles forment une sous-série du fonds du ministère canadien de l’Industrie et du Commerce. La plupart des affiches portent sur des sujets et des biens canadiens, mais d’autres colonies sont représentées.

Image en couleur d’un homme marchant devant une épicerie bien éclairée qui fait la promotion des produits de l’Empire. Des hommes et des femmes entrent dans le magasin et en sortent.

Panneau de gauche de la publicité intitulée John Bull, fils et filles (MIKAN 2845188)

Affiche en couleur montrant des hommes qui chargent des tonneaux de bois dans un bateau. Le texte dit : Des pommes canadiennes pour le Royaume-Uni.

Des pommes canadiennes pour le Royaume-Uni (MIKAN 2844965)

En 1932, Ottawa a organisé la Conférence impériale visant à discuter des conséquences économiques de la grande dépression. À la suite de cette rencontre, des tarifs douaniers privilégiés sont établis au sein de l’Empire britannique, tandis que les tarifs augmentent pour les pays à l’extérieur de l’Empire. L’EMB ayant perdu son utilité, il est dissous en 1933.

Affiche en couleur montrant un tigre au-dessus de l’inscription Achetez des ananas de Singapour en conserve.

Achetez des ananas de Singapour en conserve (MIKAN 2845035)

Affiche en couleur montrant les emblèmes de l’Inde, de l’Afrique du Sud et du Canada, avec la légende Fumez du tabac de l’Empire.

Fumez du tabac de l’Empire (MIKAN 2844917)

Pour admirer ces affiches, consultez l’album Flickr ou les descriptions de niveau inférieur des archives de l’Empire Marketing Board.


Judith Enright est archiviste adjointe dans la section Archives sociales et autochtones de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Peter Rindisbacher : La beauté sur commande »

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Peter Rindisbacher : La beauté sur commande ».

Dans cet épisode, nous nous attardons sur la vie de Peter Rindisbacher, un artiste qui a quitté la Suisse en compagnie de sa famille lorsqu’il n’avait que 15 ans pour immigrer au Canada. Établi dans la Colonie de la Rivière-Rouge de 1821 à 1826, il est devenu le premier artiste à dessiner et à peindre l’Ouest canadien.

Nous rencontrons Gilbert Gignac, ancien gestionnaire des collections à Bibliothèque et Archives Canada, pour aborder la transition de Rindisbacher de l’Europe vers le Canada ainsi que son influence sur la culture visuelle canadienne.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS ou iTunes, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Images de Jean-Joseph Girouard maintenant sur Flickr

Jean-Joseph Girouard (1794-1855) était notaire et artiste amateur. Durant la première moitié du 19e siècle, il fut aussi membre du Parti patriote du Bas-Canada, fondé pour obtenir des réformes politiques et défendre le patrimoine, les droits et les intérêts des Canadiens français.

Girouard fut emprisonné à deux reprises pour sa participation à la rébellion. Fait surprenant : pendant son incarcération à Montréal, il réussit à conserver son étude de notaire ainsi qu’un atelier d’art.

« Si mon travail a un peu suscité l’intérêt envers l’histoire de notre pays, il a déjà trouvé sa récompense. » Charles William Jefferys

Charles William Jefferys (25 août 1869 – 8 octobre 1951) considérait que le Canada avait besoin d’une histoire visuelle et d’une mythologie nationale. Il a donc entrepris de représenter les découvertes, les exemples de courage, les conflits militaires et les grands projets d’édification de la nation. Ses images donnent une importance presque mythique aux événements historiques de notre pays.

Au début du XXe siècle, les Canadiens ont du mal à se définir en tant que pays et à exprimer leur sentiment de nationalisme qui est en train de naître. Les œuvres de Jefferys témoignent de cet état d’esprit, car ses dessins historiques manifestent un nationalisme grandissant. Elles représentent les valeurs de l’époque, qui ne correspondent pas nécessairement à celles d’aujourd’hui.

Dessin noir et blanc réalisé à la plume représentant quatre hommes debout. Une vignette comprend les bustes de quatre autres hommes vêtus d’un chapeau.

Prisonniers métis – Résistance du Nord-Ouest, 1885 (MIKAN 2834663)

Certaines de ses illustrations sont des reproductions fidèles de photos ou de portraits. D’autres sont le fruit de recherches historiques rigoureuses sur les costumes d’une certaine époque. Dans tous les cas, Jefferys cherche à représenter fidèlement tous les aspects de la vie canadienne de son époque. Lire la suite

Voyage à la Rivière-Rouge, 1821—Peter Rindisbacher

By William Benoit

Peter Rindisbacher était âgé de 15 ans lorsqu’il émigra dans la colonie de la Rivière-Rouge, en 1821. Déjà un artiste accompli à son arrivée en Amérique du Nord, il produisit une série d’aquarelles documentant le voyage à destination de la Terre de Rupert et la vie dans la colonie. Ses aquarelles de la région de la rivière Rouge comptent parmi les images les plus anciennes de l’Ouest canadien. Peter Rindisbacher est considéré comme le premier artiste pionnier de l’ouest du Canada et des États-Unis.

Bibliothèque et Archives Canada possède possiblement la plus importante collection d’œuvres de Rindisbacher. En regardant les aquarelles de Rindisbacher en ordre chronologique, les Canadiens peuvent constater les difficultés du voyage à destination de la rivière Rouge.

Aquarelle sur papier vélin illustrant un trois-mâts à l'ancre entouré de trois petites embarcations amenant passagers et provisions.

Le départ de Dordrecht sous le commandement du capitaine James Falbister, le 30 mai 1821. Le navire britannique Wellington de 415 tonnes transportant des colons (MIKAN 2895360)

Le 30 mai 1821, Rindisbacher et sa famille quittèrent Dordrecht, aux Pays-Bas, avec un contingent composé principalement d’émigrants suisses, et montèrent à bord du Lord Wellington à destination de York Factory dans la baie d’Hudson, dans ce qui est aujourd’hui le Manitoba. Au cours de ce voyage en mer, Rindisbacher dessina des icebergs, des Inuits et d’autres embarcations. La route amènerait les colons au-delà des Orcades et du Groenland.

Aquarelle sur papier vélin illustrant, au deuxième plan, le côté bâbord d'un voilier accompagné d'une petite embarcation à rames. Plusieurs îles se trouvent à l'arrière-plan.

Court séjour autour des Orcades, le 3 juin 1821 (MIKAN 2895361)

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Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Qui sont les Métis?

La Nation métisse s’est formée aux XVIIIe et XIXe siècles. Sur les trois peuples autochtones du Canada, elle vient au deuxième rang en termes de population. Les citoyens de la Nation métisse sont les descendants de couples formés d’une mère autochtone et d’un père européen actif dans le commerce des fourrures.

Les communautés métisses sont très répandues au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans les Territoires du Nord‑Ouest. On en retrouve aussi en plus petit nombre en Colombie‑Britannique, en Ontario, au Minnesota, au Montana et au Dakota du Nord.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède toute une gamme de documents sur la Nation métisse : des documents textuels, des photographies, des œuvres d’art, des cartes, des timbres, des enregistrements sonores, etc. Toutefois, les découvrir n’est pas toujours une mince tâche!

Les défis de la recherche sur les Métis dans les collections d’art et de photographie

Certains portraits de politiciens et de dirigeants célèbres de la Nation métisse sont faciles à identifier, comme ceux de Louis Riel et de Gabriel Dumont. Par contre, les images représentant des Métis moins connus sont plus difficiles à repérer. Les titres d’origine révèlent le manque de connaissances historiques de ceux qui décrivaient le contenu sur les Métis. Souvent, les Métis n’y sont pas mentionnés, ou sont confondus avec des membres des Premières Nations. La légende de la photo ci‑dessous en est un bon exemple.

Photo noir et blanc montrant un homme vêtu à l’européenne, debout à gauche devant une charrette de la rivière Rouge. À droite, un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants portant des vêtements traditionnels des Premières Nations sont debout devant une autre charrette de la rivière Rouge.

Indiens chippaouais et charrettes de la rivière Rouge à Dufferin [traduction de la légende originale], Manitoba, 1873 (no MIKAN 4848365)

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