Des images de la collection Peter Winkworth maintenant sur Flickr

La collection Peter Winkworth de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est composée d’une sélection  d’œuvres d’art importantes, rares et précieuses sur le plan national, qui illustrent plus de quatre siècles d’histoire du Canada. Imposante, cette collection témoigne de la volonté de Peter Winkworth de préserver les premières formes d’art et le patrimoine du Canada.

La passion de collectionner de Peter Winkworth venait de sa famille. Il possédait tous les talents nécessaires pour devenir un grand collectionneur : les connaissances, un œil d’expert, des ressources et un enthousiasme indéfectible. À la suite d’un grave accident en raison duquel il a perdu une jambe, Winkworth s’est lancé dans l’étude sérieuse des œuvres d’art canadiennes. Il a consacré les 50 années suivantes à créer l’une des plus grandes collections privées de ces œuvres. Il est décédé en 2005, à l’âge de 76 ans.

En 2002, à l’aide de fonds du gouvernement du Canada, les Archives nationales du Canada ont acheté plus de 700 aquarelles et dessins, plus de 3 300 gravures et neuf tableaux de la collection Winkworth à Londres. En 2008, BAC a acquis 1 200 autres œuvres d’art de la collection, gardant ainsi intacte la majeure partie de ce trésor unique. Désormais préservées par BAC, ces œuvres pourront être découvertes par les générations à venir.

Visitez l’album Flickr !

Empire Marketing Board

Par Judith Enright

L’Empire Marketing Board (Conseil publicitaire de l’Empire, EMB) a produit plus de 800 affiches au début du XXe siècle. Bibliothèque et Archives Canada en conserve 379 dans sa collection. Il s’agit d’un échantillon extraordinaire de cette audacieuse et magnifique campagne publicitaire britannique.

En 1926, le secrétaire d’État aux colonies Leopold Amery crée l’EMB et lui confie un mandat très clair : favoriser le libre-échange entre la Grande-Bretagne et ses colonies et inciter le peuple britannique à acheter des produits de l’Empire plutôt que de l’extérieur.

Affiche en couleur montrant deux hommes en train de scier le tronc d’un arbre abattu, à gauche, pendant que trois autres hommes, à droite, plantent des arbres. L’affiche a pour titre : Coupe du bois au Canada.

Coupe du bois au Canada (MIKAN 2845125)

Affiche en couleur intitulée Notre acier pour l’Australie, montrant une grue métallique et deux hommes qui chargent une remorque.

Notre acier pour l’Australie (MIKAN 2845006)

L’EMB utilise des campagnes publicitaires dans les journaux, des dépliants, des prospectus, des films, des émissions de radio et des affiches pour atteindre son but : faire rayonner l’Empire, en Grande-Bretagne comme dans les colonies. Pour créer ses affiches, l’EMB a recours aux services des artistes les plus réputés de l’époque, dont le Manitobain Austin Cooper.

Photo noir et blanc d’un homme en tenue de soirée, debout à côté d’une affiche posée sur un mur.

Photo d’Austin Cooper prise par Sydney Carter (MIKAN 3245241)

L’EMB choisit de gros caractères et des couleurs vives pour attirer les regards. Certaines affiches font des distinctions entre les sexes; les hommes étant présentés comme les bâtisseurs de l’Empire, et les femmes, comme des consommatrices. En Grande-Bretagne, les affiches sont posées sur des babillards spéciaux et dans les étalages de plus de 450 villes et villages. La campagne n’est pas aussi intensive dans les colonies, où les affiches se trouvent surtout dans les lieux achalandés, comme les magasins et les usines. Certaines affiches sont indépendantes, tandis que d’autres se lisent par séquence de trois à cinq images, comme une bande dessinée.

Affiche en couleur d’une épicerie annonçant que de nombreux produits sont Canadiens. À l’avant du magasin, une femme discute avec l’épicier. L’affiche a pour titre : Consommatrice avisée et bonne ménagère.

Consommatrice avisée et bonne ménagère (MIKAN 2844979)

Affiche en couleur d’une femme portant une longue robe et tenant une tasse de thé à la main, debout à côté d’un plateau de thé posé sur une table. Le titre est : Boire du thé cultivé dans l’Empire.

Boire du thé cultivé dans l’Empire (MIKAN 2844932)

Bibliothèque et Archives Canada a reçu ces affiches entre 1926 et 1933. Elles forment une sous-série du fonds du ministère canadien de l’Industrie et du Commerce. La plupart des affiches portent sur des sujets et des biens canadiens, mais d’autres colonies sont représentées.

Image en couleur d’un homme marchant devant une épicerie bien éclairée qui fait la promotion des produits de l’Empire. Des hommes et des femmes entrent dans le magasin et en sortent.

Panneau de gauche de la publicité intitulée John Bull, fils et filles (MIKAN 2845188)

Affiche en couleur montrant des hommes qui chargent des tonneaux de bois dans un bateau. Le texte dit : Des pommes canadiennes pour le Royaume-Uni.

Des pommes canadiennes pour le Royaume-Uni (MIKAN 2844965)

En 1932, Ottawa a organisé la Conférence impériale visant à discuter des conséquences économiques de la grande dépression. À la suite de cette rencontre, des tarifs douaniers privilégiés sont établis au sein de l’Empire britannique, tandis que les tarifs augmentent pour les pays à l’extérieur de l’Empire. L’EMB ayant perdu son utilité, il est dissous en 1933.

Affiche en couleur montrant un tigre au-dessus de l’inscription Achetez des ananas de Singapour en conserve.

Achetez des ananas de Singapour en conserve (MIKAN 2845035)

Affiche en couleur montrant les emblèmes de l’Inde, de l’Afrique du Sud et du Canada, avec la légende Fumez du tabac de l’Empire.

Fumez du tabac de l’Empire (MIKAN 2844917)

Pour admirer ces affiches, consultez l’album Flickr ou les descriptions de niveau inférieur des archives de l’Empire Marketing Board.


Judith Enright est archiviste adjointe dans la section Archives sociales et autochtones de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Peter Rindisbacher : La beauté sur commande »

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Peter Rindisbacher : La beauté sur commande ».

Dans cet épisode, nous nous attardons sur la vie de Peter Rindisbacher, un artiste qui a quitté la Suisse en compagnie de sa famille lorsqu’il n’avait que 15 ans pour immigrer au Canada. Établi dans la Colonie de la Rivière-Rouge de 1821 à 1826, il est devenu le premier artiste à dessiner et à peindre l’Ouest canadien.

Nous rencontrons Gilbert Gignac, ancien gestionnaire des collections à Bibliothèque et Archives Canada, pour aborder la transition de Rindisbacher de l’Europe vers le Canada ainsi que son influence sur la culture visuelle canadienne.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS ou iTunes, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Images de Jean-Joseph Girouard maintenant sur Flickr

Jean-Joseph Girouard (1794-1855) était notaire et artiste amateur. Durant la première moitié du 19e siècle, il fut aussi membre du Parti patriote du Bas-Canada, fondé pour obtenir des réformes politiques et défendre le patrimoine, les droits et les intérêts des Canadiens français.

Girouard fut emprisonné à deux reprises pour sa participation à la rébellion. Fait surprenant : pendant son incarcération à Montréal, il réussit à conserver son étude de notaire ainsi qu’un atelier d’art.

« Si mon travail a un peu suscité l’intérêt envers l’histoire de notre pays, il a déjà trouvé sa récompense. » Charles William Jefferys

Charles William Jefferys (25 août 1869 – 8 octobre 1951) considérait que le Canada avait besoin d’une histoire visuelle et d’une mythologie nationale. Il a donc entrepris de représenter les découvertes, les exemples de courage, les conflits militaires et les grands projets d’édification de la nation. Ses images donnent une importance presque mythique aux événements historiques de notre pays.

Au début du XXe siècle, les Canadiens ont du mal à se définir en tant que pays et à exprimer leur sentiment de nationalisme qui est en train de naître. Les œuvres de Jefferys témoignent de cet état d’esprit, car ses dessins historiques manifestent un nationalisme grandissant. Elles représentent les valeurs de l’époque, qui ne correspondent pas nécessairement à celles d’aujourd’hui.

Dessin noir et blanc réalisé à la plume représentant quatre hommes debout. Une vignette comprend les bustes de quatre autres hommes vêtus d’un chapeau.

Prisonniers métis – Résistance du Nord-Ouest, 1885 (MIKAN 2834663)

Certaines de ses illustrations sont des reproductions fidèles de photos ou de portraits. D’autres sont le fruit de recherches historiques rigoureuses sur les costumes d’une certaine époque. Dans tous les cas, Jefferys cherche à représenter fidèlement tous les aspects de la vie canadienne de son époque. Lire la suite

Voyage à la Rivière-Rouge, 1821—Peter Rindisbacher

By William Benoit

Peter Rindisbacher était âgé de 15 ans lorsqu’il émigra dans la colonie de la Rivière-Rouge, en 1821. Déjà un artiste accompli à son arrivée en Amérique du Nord, il produisit une série d’aquarelles documentant le voyage à destination de la Terre de Rupert et la vie dans la colonie. Ses aquarelles de la région de la rivière Rouge comptent parmi les images les plus anciennes de l’Ouest canadien. Peter Rindisbacher est considéré comme le premier artiste pionnier de l’ouest du Canada et des États-Unis.

Bibliothèque et Archives Canada possède possiblement la plus importante collection d’œuvres de Rindisbacher. En regardant les aquarelles de Rindisbacher en ordre chronologique, les Canadiens peuvent constater les difficultés du voyage à destination de la rivière Rouge.

Aquarelle sur papier vélin illustrant un trois-mâts à l'ancre entouré de trois petites embarcations amenant passagers et provisions.

Le départ de Dordrecht sous le commandement du capitaine James Falbister, le 30 mai 1821. Le navire britannique Wellington de 415 tonnes transportant des colons (MIKAN 2895360)

Le 30 mai 1821, Rindisbacher et sa famille quittèrent Dordrecht, aux Pays-Bas, avec un contingent composé principalement d’émigrants suisses, et montèrent à bord du Lord Wellington à destination de York Factory dans la baie d’Hudson, dans ce qui est aujourd’hui le Manitoba. Au cours de ce voyage en mer, Rindisbacher dessina des icebergs, des Inuits et d’autres embarcations. La route amènerait les colons au-delà des Orcades et du Groenland.

Aquarelle sur papier vélin illustrant, au deuxième plan, le côté bâbord d'un voilier accompagné d'une petite embarcation à rames. Plusieurs îles se trouvent à l'arrière-plan.

Court séjour autour des Orcades, le 3 juin 1821 (MIKAN 2895361)

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Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Qui sont les Métis?

La Nation métisse s’est formée aux XVIIIe et XIXe siècles. Sur les trois peuples autochtones du Canada, elle vient au deuxième rang en termes de population. Les citoyens de la Nation métisse sont les descendants de couples formés d’une mère autochtone et d’un père européen actif dans le commerce des fourrures.

Les communautés métisses sont très répandues au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans les Territoires du Nord‑Ouest. On en retrouve aussi en plus petit nombre en Colombie‑Britannique, en Ontario, au Minnesota, au Montana et au Dakota du Nord.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède toute une gamme de documents sur la Nation métisse : des documents textuels, des photographies, des œuvres d’art, des cartes, des timbres, des enregistrements sonores, etc. Toutefois, les découvrir n’est pas toujours une mince tâche!

Les défis de la recherche sur les Métis dans les collections d’art et de photographie

Certains portraits de politiciens et de dirigeants célèbres de la Nation métisse sont faciles à identifier, comme ceux de Louis Riel et de Gabriel Dumont. Par contre, les images représentant des Métis moins connus sont plus difficiles à repérer. Les titres d’origine révèlent le manque de connaissances historiques de ceux qui décrivaient le contenu sur les Métis. Souvent, les Métis n’y sont pas mentionnés, ou sont confondus avec des membres des Premières Nations. La légende de la photo ci‑dessous en est un bon exemple.

Photo noir et blanc montrant un homme vêtu à l’européenne, debout à gauche devant une charrette de la rivière Rouge. À droite, un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants portant des vêtements traditionnels des Premières Nations sont debout devant une autre charrette de la rivière Rouge.

Indiens chippaouais et charrettes de la rivière Rouge à Dufferin [traduction de la légende originale], Manitoba, 1873 (no MIKAN 4848365)

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Les cahiers de William Redver Stark : ordonner les pages

Dans notre dernier billet sur William Redver Stark, nous avons appris que les 14 cahiers de dessins, en plus d’être incomplets, montraient des signes d’usure structurelle et physique. Il manque aussi de nombreuses pages dans cinq d’entre eux. On ne sait pas si elles ont été enlevées par Stark lui-même ou par quelqu’un d’autre plus tard, mais quoi qu’il en soit, cela a plusieurs effets négatifs :

  • L’autre moitié de l’in‑folio est détachée du bloc de feuillets
  • L’orientation et l’ordre des pages sont modifiés
  • Les bords des pages détachées sont endommagés, car ils dépassent les couvertures des cahiers
  • Le dos et la reliure deviennent instables et se détériorent
Photographie en couleurs de deux pages. On voit, sur le bord droit de la page de gauche, une étroite ligne d’aquarelle qui est la suite du dessin.

Une petite ligne d’aquarelle sur le bord de la page de gauche correspond au dessin de la page de droite et révèle que ces pages se suivent.

Pour résoudre ces problèmes, l’équipe de restauration a revu chaque page des cahiers afin de déterminer leur orientation et leur ordre d’origine. Tous les détails ont été observés et consignés soigneusement : le support, l’aquarelle, l’encre ou le graphite, la reliure et les pages endommagées. L’équipe a examiné le papier sous plusieurs sources de lumière et différents angles, scruté les plus menus détails au microscope et mesuré chaque page avec précision.

Photo en couleur d’un cahier de dessins ouvert montrant une aquarelle à gauche et la matière transférée à droite.

Transfert de matière : la page a été tournée avant que l’aquarelle soit sèche. Des pigments verts et bruns de la page précédente ont donc été transférés sur la page suivante. La page détachée est replacée au bon endroit.

Voici les indices les plus concluants révélant l’ordre d’origine des pages :

  • Les transferts et le chevauchement de la matière
  • Les dommages subis par le papier, comme des taches, des déchirures et des bouts manquants qui se répètent sur plusieurs pages
  • Les traces laissées par les instruments de l’artiste et la reliure
  • Les dimensions et l’ondulation du papier ainsi que l’endroit où sont percés les trous pour la reliure
  • Les notes de l’artiste, dont la date et le lieu
Photographie en couleurs d’un cahier de dessins ouvert. La page de gauche comprend le dessin d’un lion qui a laissé des traces sur la page de droite.

Le lion dessiné au crayon à mine, à gauche, a laissé une image symétrique sur la page de droite, confirmant ainsi que les deux pages détachées se suivent.

Après avoir documenté les preuves établissant l’ordre des pages, on a pu commencer le long processus consistant à réordonner celles-ci. Chaque détail a été catalogué dans un tableau de correspondance, pour bien comprendre l’ordre des pages dans chaque cahier.

Image noir et blanc d’un tableau employé pour cataloguer les dispositions actuelle et originale des pages.

Le plan décrit l’ordre actuel des pages et la disposition d’origine probable des cahiers. Les documents précisent le nombre de pages par signature (des groupes de feuilles pliées et cousues ensemble); le numéro et l’emplacement des pages manquantes, déplacées ou blanches; la pagination; et le type de papier. Les notes de l’artiste sont également inscrites.

La première page du tableau de correspondance donne des exemples de transfert et de chevauchement de la matière. Le chevauchement s’est produit lorsque Stark, en dessinant ou en peignant, a dépassé la page ou la zone prévue pour son œuvre. Le transfert de matière a eu lieu quand l’artiste a terminé son travail : une fois le cahier refermé, les pages sont entrées en contact avec des pigments humides ou friables. Dans les deux cas, la matière est visible sur les pages précédentes ou suivantes, ce qui révèle l’ordre d’origine.

Dans le prochain blogue de cette série, nous examinerons comment les pages endommagées nous aident à déterminer l’ordre des pages.

Les cahiers de dessins de William Redver Stark : quelques détails

Au cours des prochains mois, le blogue présentera une série d’articles visant à faire découvrir le travail de conservation qui se fait en coulisse. Grâce à cette activité, la collection de Bibliothèque et Archives Canada est conservée, préservée et mise à la disposition des générations futures qui pourront continuer d’en jouir. Ce faisant, nous accompagnerons l’équipe de conservation alors qu’elle s’affairera à préserver les cahiers de dessins de William Redver Stark. Cette année, nous avons eu un premier aperçu de la restauration des cahiers de dessins ainsi qu’un balado sur William Redver Stark. Au cours des prochains mois, l’équipe s’emploiera à la conservation des cahiers et à la documentation du processus de conservation sur le blogue, Facebook et Twitter.

Examen des cahiers de dessins : le travail préparatoire

Le papier utilisé dans les 14 cahiers de dessins est soit du papier vélin pour aquarelle soit du papier vélin à dessin. Le papier vélin est fabriqué au moyen d’un laminoir à fil tissé serré ou d’un moule arborant un modèle de tissage délicat. Comme on pouvait s’y attendre, les huit cahiers de dessins composés de papier à dessin ne comportent pas de filigrane. Les filigranes sont un motif ou un symbole, comme le nom du fabricant, imprimé sur un morceau de papier et que l’on peut voir quand on tient le papier devant une source lumineuse. Trois des six cahiers de dessins faits de papier pour aquarelle ont des filigranes de différents fabricants de papier britanniques.

Une photographie en couleur illustrant le dessin à l’aquarelle d’un cheval. Au bas de la feuille, on peut voir l’impression délicate du filigrane « 1915 England » (1915 Angleterre).

Filigrane indiquant « 1915 England » (1915 Angleterre) dans l’un des cahiers de dessins.

Les dimensions des cahiers de dessins varient de 84 x 126 mm à 145 x 240 mm, ce qui correspond approximativement à la taille d’un téléphone intelligent ou d’un jeu de cartes. Aucun des cahiers n’est paginé, mais en les regardant de plus près, on peut voir l’ordre dans lequel l’artiste a utilisé les cahiers; certains ont été utilisés du début à la fin, d’autres à partir de la fin jusqu’aux premières pages ou encore dans une séquence totalement aléatoire.

Une photographie en couleur de trois cahiers de dessins tachés déposés sur une table blanche à côté d’un téléphone intelligent afin de comparer la taille des objets.

Trois cahiers de dessins déposés à côté d’un téléphone intelligent afin de comparer la taille.

Un examen plus approfondi révèle d’autres éléments d’information importants. Certains des livres arborent encore l’étiquette du libraire, des étiquettes des coloristes ou des estampes à l’encre. On peut en retirer d’autre information sur la composition du papier, le format et la provenance du livre. Certaines étiquettes indiquent le nombre de pages, ce qui est particulièrement utile pour déterminer si des pages sont manquantes. L’examen a permis de conclure qu’il manquait de nombreuses pages dans ces cahiers de dessins. Les renseignements sur la provenance montrent aussi que les livres ont été acquis de divers relieurs, de libraires à Londres et en France et que certains étaient vendus à des consommateurs britanniques, français et allemands.

Photographie en couleur d’une étiquette jaune renfermant de l’information sur le relieur du cahier de dessins.

Exemple d’une étiquette d’un coloriste indiquant le fabricant, la provenance du cahier de dessins, le nombre de pages et la qualité du papier.

Les blocs de feuillets (le corps principal du livre) forment un cahier composé de quatre à huit in-folio. Un cahier est un groupe d’in-folio. Un in-folio est une seule page, pliée une fois. Tous les cahiers de dessins, sauf deux, ont été reliés de manière traditionnelle, l’un étant doté au dos de deux anneaux de métal et l’autre d’une reliure agrafée. Ces deux structures à reliure simple ont été fabriquées à la main et n’ont pas été conçues au moyen des méthodes de fabrication commerciale et industrielle communément utilisées dans la conception des livres à l’époque. Tous les cahiers de dessins sont dotés de couvertures de carton rigide. Les reliures sont unies et ont un aspect utilitaire, les couvertures et le dos n’arborant aucune décoration, à l’exception des notes manuscrites à l’encre ou au graphite, possiblement rédigées par l’artiste. Le dos de deux cahiers de dessins est fait de cuir, du tissu recouvrant le carton. Les autres livres ont des reliures de canevas beige dotées d’un fermoir à élastique. La plupart des cahiers de dessins sont munis d’un porte-crayon.

Les cahiers de dessins n’ont jamais fait l’objet de réparation ni de travaux de conservation, et ils présentent de multiples problèmes mineurs ou graves menaçant la stabilité, notamment :

  • des pages qui se détachent du dos
  • du papier déchiré et des morceaux de papier détachés
  • des pages manquantes
  • des pages placées dans un ordre autre que celui à l’origine
  • des fils de reliure brisés
  • un joint faible ou brisé reliant les blocs de feuillets aux couvertures
  • du ruban adhésif sur les couvertures
  • des zones fragilisées sur la couverture de tissu et du carton

Le prochain article de la série, intitulé « The William Redver Stark sketchbooks: page mapping », portera sur les méthodes employées par l’équipe de conservation pour déterminer l’ordre des pages dans les cahiers de dessins.

Visitez Flickr pour consulter d’autres images illustrant l’examen aux fins de la conservation.

Bibliothèque et Archives Canada diffuse un seizième baladoémission : William Hind : Représenter le Canada d’un océan à l’autre

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) publie sa plus récente émission de baladodiffusion intitulée William Hind : Représenter le Canada d’un océan à l’autre.

Gilbert Gignac, gestionnaire à la retraite des œuvres d’art de la collection, et Mary Margaret Johnston-Miller, archiviste en art, tous les deux de BAC, se joignent à nous pour discuter de William Hind, un artiste qui a joué un rôle de premier plan dans le développement des arts au sein de la société canadienne. Nous nous penchons sur la vie de William Hind, sur son apport unique aux arts du Canada et sur le contenu de la collection William Hind de BAC.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS ou iTunes, ou consultez le site : Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec nous par courriel à balados@bac-lac.gc.ca.