Le patrimoine journalistique du Canada à BAC

À consulter les numéros du Ha-Shilth-Sa et du Windspeaker – deux journaux autochtones nouvellement numérisés lancés respectivement en 1974 et de 1986 –, on ne peut manquer d’être attiré par l’actualité des nouvelles sociales et politiques, des éditoriaux et des courriers des lecteurs, qui côtoient des nouvelles sportives locales, l’annonce de concerts communautaires et d’activités culturelles, les avis de naissance ou de décès, les innombrables photos ainsi que les publicités qui illustrent des décennies de changements de mode, de style de commerce et de tendances sociales. Cet amalgame d’information utile et d’éléments rétro fait des journaux une source d’information historique abondante et essentielle.

La première page d’un journal imprimé en couleur titré: Wind Speaker avec le sous-titre AMMSA, l’éditeur canadien avec le plus de nouvelle autochtone [AMMSA, Canada’s largest publisher of Aboriginal news]. Les manchettes principales : Des noces traditionnelle le point culminant du powwow [Traditional wedding highlight of powwow] et la cour québécoise juge en faveur des Cris [Quebec court rules in favor of Crees].

Windspeaker, Volume 17 – No. 9 (2000-01-01) (AMICUS 6341213)

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) travaille sur de nombreux fronts pour appuyer l’acquisition et la préservation du patrimoine journalistique du Canada, tant à l’échelle locale que nationale, et en offrir l’accès. Par exemple, la numérisation du Ha-Shilth-Sa et du Windspeaker découle d’un partenariat créé dans le contexte de la Stratégie de numérisation du patrimoine documentaire, une initiative des institutions de mémoire du Canada vouée à la coordination des activités de numérisation. Ce groupe, dont BAC fait partie, a obtenu un financement de la fondation Salamander pour mener un projet de numérisation de journaux, en réponse à des clients et d’autres organismes culturels selon qui la numérisation de la collection de journaux de BAC constituait une priorité.

Un journal jauni titré Ha-Shilth-Sa avec le sous-titre : Nootka pour nouvelles intéressantes [Nootka for “interesting” news]. La manchette principale : Les Indiens de la C-B. demande de l’action du gouvernement provincial [B.C. Indians demand action provincial government].

Ha-Shilth-Sa, Volume 1 – No. 9 (1974-07-15) (AMICUS 4316697)

Cette collection, qui rassemble de grands quotidiens ainsi que des périodiques communautaires, régionaux et multiculturels, de même que des journaux étudiants et autochtones, comprend plus de 2 300 titres canadiens, environ 200 000 bobines de microfilm et 110 titres numériques. Cette vaste collection ne cesse de s’enrichir alors que BAC capte les nouvelles tendances qui influencent la fréquence, la diversité et le format des journaux actuellement produits au pays. Par exemple, BAC est à se forger une expertise en matière d’acquisition de contenu journalistique numérique et il met à l’essai de nouveaux modèles d’acquisition, en collaboration avec le Winnipeg Free Press, L’Acadie Nouvelle et les Northern News Services Online.

Parallèlement, BAC soutient les efforts continus déployés par Canadiana.org pour numériser environ 230 titres de journaux sur microfilm faisant partie de sa collection et en offrir l’accès en ligne. Qu’il s’agisse du Saskatchewan Labor’s Realm, du Toronto Patriot, du Canadian Farmer-Labor Advocate ou du Western Clarion, la numérisation de ces titres constituera une source précieuse d’information qui ne manquera pas de fasciner les Canadiens.

BAC travaille également à actualiser sa stratégie visant sa collection de journaux. Restez à l’affût!

Lisez notre blogue pour en apprendre davantage sur les journaux de la collection de BAC, dont Les journaux locaux au cœur de la vie canadienne, un billet rédigé par la bibliothécaire aux acquisitions Annie Wolfe, ou consultez la section Collection de journaux de notre site Web.

Le port de Montréal

De la fondation de la ville de Montréal en 1642 jusqu’à l’arrivée des navires à vapeur au début du XIXe siècle, le port de Montréal est surtout utilisé par des trappeurs pour leur commerce de fourrures, puis par les vaisseaux français et anglais qui viennent ravitailler la colonie. L’arrivée des navires à vapeur marque un point tournant, en ouvrant de nouvelles routes commerciales avec le reste du monde grâce auxquelles le port de Montréal s’éloignera de ses origines modestes pour entrer dans une ère de croissance.

Une peinture à l’huile d’un port et d’un quai, avec une île verdoyante à droite.

Le port de Montréal, peint par Andrew Morris en 1847 (e008300982).

De la moitié à la fin du XIXe siècle, le port de Montréal connaît des changements et des progrès innombrables, à commencer par la création, en 1830, de la première Commission du Havre. En 1832, les docks construits font plus d’un kilomètre de long. En 1854, le chenal de navigation entre Montréal et Québec atteint désormais presque 5 mètres de profondeur à la suite de travaux de dragage. Pendant cette période apparaissent également l’acheminement des marchandises depuis les quais par chemin de fer, l’éclairage électrique et une liaison régulière de navires à vapeur entre le port de Montréal et Liverpool, sans compter un nouveau dragage du chenal qui lui permet d’atteindre plus de 7,5 mètres de profondeur.

Au début du XXe siècle, le port connaît de nouveaux travaux d’amélioration. La construction d’élévateurs à grains commence en 1902 et celle d’entrepôts de transit, en 1908. En 1910, les travaux de dragage pour que le chenal entre Montréal et Québec atteigne désormais plus de 10 mètres de profondeur sont bien avancés.

Une photographie en noir et blanc d’un quai sur lequel s’alignent diverses marchandises, ainsi que d’un grand édifice de style néoclassique et d’une église qui font face à la rive.

Le marché Bonsecours, les quais et une église photographiés par Alexander Henderson vers 1875 (c007943).

Jusqu’au début des années 1960, le port de Montréal n’est ouvert que sept mois par année en raison des rigueurs de l’hiver. Cependant, en 1962, sous l’autorité du Conseil des ports nationaux (responsable du port depuis la dissolution de la Commission du Havre), les brise-glaces font leur apparition sur la voie navigable entre Montréal et Québec. À partir de 1964, le port de Montréal sera ouvert toute l’année.

Une aquarelle représentant un amoncellement de glace près des installations portuaires d’une ville.

Peinture de George Henry Andrews représentant le bris des glaces sur le fleuve Saint-Laurent à Montréal, en 1864 (e000996176).

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) dispose de nombreux documents qui illustrent l’évolution du port de Montréal. Le plus ancien est une photographie d’Alexander Henderson prise en 1870 qui représente le navire à vapeur S.S. Quebec amarré au port de Montréal, avec des charrettes tirées par des chevaux à l’avant-plan. La collection comporte également des photographies du port par William Topley, Henry Joseph Woodside et par les Hayward Studios, ainsi qu’une magnifique peinture à l’huile, terminée en 1847 par Andrew Morris, qui représente le havre et le quai de Montréal vu selon l’angle inusité de la rive en face de l’île Sainte-Hélène.

Une photographie en noir et blanc d’un port animé, où l’on voit une rue bordée d’édifices et un quai où sont amarrés nombre de bateaux.

Le port de Montréal photographié par William Topley en septembre 1902 (a201779).

Une photographie en noir et blanc d’un chemin de fer longeant un quai où sont amarrés des bateaux.

Quai du port photographié à une date inconnue par William Topley (a008893).

Le carillon de la Tour de la Paix

Par Rebecca Murray

Entre les murs de grès d’un des bâtiments les plus emblématiques du Canada, l’édifice du Centre et sa célèbre Tour de la Paix sur la Colline du Parlement, reposent des joyaux culturels et architecturaux qui reflètent l’histoire de notre pays et de notre peuple. L’un de ces trésors est le carillon. Selon le site Web du Parlement canadien, le carillon est un instrument « qui comporte au moins 23 cloches actionnées à partir d’un clavier à mains et à pieds qui permet une multitude d’expressions par la simple variation du toucher ».

Au terme d’un long processus de commande et d’acquisition, le carillon de la Tour de la Paix a été installé et inauguré en 1927, pour marquer le 60e anniversaire de la Confédération. La cérémonie d’inauguration a donné lieu à la première émission radiophonique du genre diffusée d’un océan à l’autre au Canada, afin que tous puissent entendre le discours et les cloches.

Pour écouter à votre tour le discours et l’inauguration du carillon, consultez notre base de données Films, vidéos et enregistrements sonores : entrez-y le mot-clé « carillon », le support « enregistrement sonore » et la date « 1927-07-01 ». Vous trouverez parmi les résultats ISN 99534 [Diamond Jubilee of Canadian Confederation: Commemoration Ceremony]. Comme l’indique la description, l’enregistrement présente les hymnes O Canada et God Save the King interprétés par le carillonneur Percival Price sur le carillon de la Tour de la Victoire, à Ottawa, ainsi que le discours prononcé par le très honorable William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada.

Photographie en noir et blanc du très honorable William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada, prononçant un discours à l’inauguration du carillon de la Tour de la Paix.

Le très honorable William Lyon Mackenzie King prononçant un discours à l’inauguration du carillon de la Tour de la Paix. Référence : Bibliothèque et Archives Canada/PA-027555

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède une riche documentation sur le carillon, que ce soit la soumission présentée par l’entreprise Gillett et Johnson pour une tour d’horloge et un carillon [Tender for Tower Clock and Bells by Gillett & Johnson], datée du 27 novembre 1924 (RG11, vol. 2683, dossier no 1575-96D) ou les élégants programmes et cartons d’invitation imprimés pour l’inauguration (RG11,
vol. 2687, dossier no 1575-96, partie HA), que l’on peut voir ci-dessous.

Image tirée du programme d’inauguration du carillon de la Tour de la Paix, le 1er juillet 1927.

Programme d’inauguration du carillon de la Tour de la Paix, le 1er juillet 1927 (e011213394)

La collection de BAC compte aussi les programmes des célèbres concerts estivaux du carillon. Celui de l’été 1939, présenté ci-dessous, a été numérisé (RG11, vol. 2688, dossier 1575-96, partie K).

Collage de deux images montrant la page couverture d’un programme ainsi que l’intérieur du programme imprimé.

Page couverture d’un programme des concerts du carillon pour l’été, ainsi qu’un example d’un programme pour une journée, datée 1939 (e011213393)

Une grande variété de morceaux ont été interprétés au carillon pour les spectateurs massés sur la Colline du Parlement, dont des hymnes, des chansons folkloriques, de la musique moderne, des airs patriotiques et des chansons populaires. Vous pouvez consulter le programme en ligne des récitals qui sont donnés presque tous les jours en semaine. Pourquoi ne pas profiter du concert de midi pendant que vous êtes dans la région de la capitale nationale?

Si les programmes estivaux d’autrefois vous intéressent, vous pouvez consulter RG11, vol. 2688, dossier no 1575-K pour l’année 1938, et RG11, vol. 2688, dossier no 1575-L pour les années 1940, 1941 et 1942.

BAC possède également le fonds privé du premier carillonneur du Dominion, Percival Price (MUS 133). Il renferme des enregistrements sonores, des documents textuels et des photographies. Deux outils de recherche numériques des descriptions de niveau des fonds d’archives permettent d’accéder aux descriptions de niveau des dossiers; il n’y a aucune restriction d’accès sur le contenu de cette collection.

Le carillon est l’un des nombreux trésors que renferme la Colline Parlementaire. J’espère que vous aurez la chance d’en découvrir quelques-uns pendant vos excursions estivales. Si vous ne passez pas à Ottawa cet été, allez visiter votre assemblée législative locale pour en apprendre plus sur les traditions et les trésors de votre province!


Rebecca Murray est archiviste aux Services de référence.

Célébrons l’histoire de l’Outaouais!

Par Jennifer Anderson

Bibliothèque et Archives Canada (BAC), une institution de mémoire nationale, raconte des histoires d’importance nationale, mais cela ne veut pas dire qu’elle oublie la valeur de l’histoire régionale!

La région de l’Outaouais, dans laquelle se situe le Centre de préservation de BAC, est riche en histoire et en patrimoine. Les collections de BAC reflètent ce fait et nous rappellent la beauté naturelle de cette région ainsi que l’héritage économique et commercial de ses pionniers.

L’histoire de l’industrie forestière est ancrée dans l’Outaouais et de nombreux articles de notre collection le prouvent. Les photos de jadis, qu’elles montrent les célèbres draveurs qui s’affairaient à déloger des billots coincés dans la rivière Gatineau, l’ambiance sur l’heure du dîner au travail ou la convivialité d’une soirée tout en musique dans un camp de bûcherons, nous font oublier le passage du temps. Elles nous rappellent aussi la longue histoire de la diversité culturelle de la région; en effet, des ouvriers autochtones, canadiens-français, irlandais et écossais ont trouvé un emploi dans cette industrie.

Photo noir et blanc d’un homme se tenant aux abords d’une rivière avec un long bâton; il repousse les billots de bois pour qu’ils continuent leur chemin en aval.

Un draveur empêche les billots de bloquer un cours d’eau et de s’y coincer, Gatineau (Québec), 26 mai 1942, Bibliothèque et Archives Canada, e000760706

Photo noir et blanc d’hommes se reposant et affûtant leur hache dans un pavillon-dortoir.

Des bûcherons se reposant et affûtant leur hache dans le pavillon-dortoir du camp l’Ange Vin, Gatineau (Québec), mars 1943, Bibliothèque et Archives Canada, e000762608

Photo noir et blanc de trois hommes réunis autour d’un feu, prenant probablement une collation en milieu de journée.

Joe Commanda, Martin Odjick et un homme non identifié prenant la pause du midi, vallée de la Gatineau, 1910, Bibliothèque et Archives Canada, e011201807

Photo noir et blanc d’un groupe d’hommes assis dans un pavillon-dortoir, jouant de la musique et fumant.

Des bûcherons dans le pavillon-dortoir, jouant de la musique improvisée pour se divertir, Gatineau (Québec), juin 1946, Bibliothèque et Archives Canada, a116682

De nos jours, les collections archivistiques concernant l’industrie forestière nous font remémorer les changements apportés aux environnements naturels et bâtis. Elles pourraient également nous suggérer des façons de conserver la flore, la faune et le patrimoine local. Au moyen d’outils d’externalisation ouverte, les historiens et les résidents peuvent aider les archivistes à mieux transmettre leurs connaissances de la région en vue d’améliorer les archives pour les futures générations de chercheurs.

Lithographie ovale colorée à la main d’un homme sur un radeau descendant une passe à bois.

Glissoire à billots, Hull (Québec), 1855, Bibliothèque et Archives Canada, c041680k

Photo noir et blanc d’un paysage riverain industrialisé montrant un pont, des roches striées et des bâtiments en arrière-plan.

« Rivière Chaudière, du côté de Hull », date inconnue, Bibliothèque et Archives Canada, a012528

Photo noir et blanc d’un gros plan des chutes de la Chaudière avec des bâtiments visibles sur la rive éloignée.

Vue des chutes de la Chaudière, Hull en arrière-plan (Québec), Bibliothèque et Archives Canada, a012366

Photo noir et blanc des bâtiments E. B. Eddy au centre-ville de Hull, au Québec.

Bâtiments E. B. Eddy, Hull (Québec), avril 1898, Bibliothèque et Archives Canada, a027997

Certains endroits semblent familiers. Toutefois, d’un point de vue contemporain, il est difficile de reconnaître les bâtiments qui ont fait face à des désastres ou à des transformations urbaines. Parfois, la nostalgie pour l’ancien temps s’empare de nous alors qu’à d’autres moments, nous sommes en accord avec ces changements, car nous les jugeons plutôt positifs.

Photo noir et blanc d’une ville peu peuplée avec quelques bâtiments en arrière-plan.

Vue de la ville et du commerce E. B. Eddy au loin, Hull (Québec), vers 1873, Bibliothèque et Archives Canada, a012433

Photo noir et blanc d’une drave descendant une rivière.

Estacade flottante, Pointe-Gatineau (Québec), 1935, Bibliothèque et Archives Canada, a056909

 

 

Photo noir et blanc de la rive d’une rivière où se trouve un complexe de fabrication. Une grande église se trouve sur la colline en arrière-plan.

Vue de Hull, au Québec, à partir de la Colline du Parlement, Ottawa (Ontario), vers 1923, Bibliothèque et Archives Canada, a056909

Dans certains cas, il nous manque des renseignements clés dans nos dossiers, dont le nom des personnes apparaissant sur les photos! Reconnaissez-vous cette vaillante infirmière ou son patient?

Photo noir et blanc d’une infirmière discutant avec un homme dans un bureau médical et prenant des notes.

Infirmière faisant passer une entrevue à un employé à E. B. Eddy, Hull (Québec), mars 1946, Bibliothèque et Archives Canada, e002504648

Nous ne voulons quand même pas donner l’impression qu’il n’y a pas de plaisir dans le travail archivistique! Nos documents nous rappellent fréquemment l’importance des loisirs et des activités récréatives. En effet, les photos archivistiques portent souvent sur l’industrie du sport et du tourisme dans la région.

Photo noir et blanc de gens skiant.

Des gens skiant aux collines de la Gatineau, date inconnue, Gatineau (Québec), Bibliothèque et Archives Canada, a009250

Photo couleur de deux couples pique-niquant aux abords d’une rivière.

Pique-nique au parc Brébeuf, aux abords de la rivière des Outaouais, près de Hull (Québec), juin 1952, Bibliothèque et Archives Canada, e010948995

Photo couleur d’une femme transportant ses bâtons de golf sous un ciel bleu partiellement ennuagé.

Golfeuse sur le terrain du Club de golf Chaudière près de Hull (Québec), juin 1952, Bibliothèque et Archives Canada, e010949004

Et, avec une touche de nostalgie et du jazz à volonté, les collections archivistiques peuvent nous raconter des histoires sur les légendes culturelles intéressantes d’autrefois. Par exemple, grâce à nos archives, nous savons que peu avant l’incendie ravageur de 1951, l’hôtel Standish Hall a accueilli quelques visiteurs illustres. Le 4 août 1951, Louis Armstrong, Velma Middleton et le groupe de jazz All Stars ont joué à l’hôtel Standish Hall. Ils ont attiré l’attention du rédacteur musical de la revue Time qui s’est rendu à Hull en avion pour les écouter et faire passer une entrevue à Armstrong.

Photo noir et blanc d’un gros bâtiment avec une large terrasse et une pancarte sur laquelle est inscrite « Standish Hall Hotel ».

Vue de l’extérieur de l’hôtel Standish Hall, Hull (Québec), avec le propriétaire J. P. Maloney se tenant à droite, devant le bâtiment, entre 1941 et 1950. Photo : Michael Berens. Bibliothèque et Archives Canada, e002343711

Photo noir et blanc de deux femmes avec un homme tenant une trompette.

Louis Armstrong à l’hôtel Standish Hall, Hull (Québec), 4 août 1951. Photo : Michael Berens. Bibliothèque et Archives Canada, e002343722

L’hôtel Standish Hall, anciennement la résidence d’E. B. Eddy, a été converti en salle de spectacle par l’homme d’affaires J. P. Maloney dans les années 1940. Il a attiré des noms très connus, dont Oscar Peterson, Ella Fitzgerald et Duke Ellington.

Photo noir et blanc de personnes se tenant dans un couloir avec deux femmes et un homme qui prennent la pose.

Duke Ellington à l’hôtel Standish Hall, Hull (Québec), vers 1950. Photo : Michael Berens. Bibliothèque et Archives Canada, e002343721

Photo noir et blanc de cinq jeunes personnes rassemblées autour de la chanteuse de jazz américaine Sarah Vaughan pour se faire photographier.

Sarah Vaughan (au centre) avec des admirateurs et des amis à l’hôtel Standish Hall, Hull (Québec), vers 1950. Photo : Michael Berens. Bibliothèque et Archives Canada, e002343724

Nous espérons que vous avez aimé ce voyage dans le temps! Si vous en savez plus sur ces photos (dates, noms, endroits, etc.), partagez ces informations sur notre nouveau site Web, le Co-Lab : http://co-lab.bac-lac.gc.ca/fra


Jennifer Anderson est archiviste à la Section des sciences, de l’environnement et de l’économie de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Au cœur de l’action : Le bureau de Vancouver de Bibliothèque et Archives Canada

Par Caitlin Webster

Après avoir offert des services à partir d’un entrepôt en banlieue pendant de nombreuses années, le bureau de Vancouver de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) vient de passer le cap des six mois depuis l’ouverture de son nouveau point de service au public situé dans la succursale centrale de la bibliothèque publique de Vancouver.

Depuis 1992, les clients de BAC de la Colombie-Britannique qui désiraient consulter des documents d’archives devaient se rendre au Centre de services régionaux de l’Ouest canadien, à Burnaby, et s’installer dans des salles de lecture aménagées dans ce vaste complexe.

Plus récemment, BAC a lancé un projet visant à redéfinir sa présence nationale dans le but d’offrir davantage de services à l’extérieur d’Ottawa, de collaborer plus étroitement avec des institutions de mémoire locales et d’accroître sa visibilité et son incidence d’un bout à l’autre du pays. Un des résultats de ces efforts a été l’établissement d’ententes de cohabitation aux bureaux d’Halifax et de Vancouver de BAC.

Peu de temps après l’établissement réussi du point de service public de BAC à Halifax, le bureau de Vancouver de BAC a conclu un partenariat de cohabitation avec la bibliothèque publique de Vancouver (BPV). À l’occasion de l’ouverture de son point de service au public à la succursale centrale de la BPV le 8 novembre 2017, BAC a organisé une entrevue de la série Signatures mettant en vedette l’ancienne première ministre Kim Campbell. À ce point de service au public, le bureau de Vancouver de BAC offre une orientation en personne et des services de référence, ainsi que des kiosques permettant d’utiliser les outils de recherche de BAC et un accès à diverses bases de données sur abonnement comme Ancestry.ca.

Photo couleur d’un immeuble rond ressemblant au Colisée de Rome, mais dont les fenêtres en verre aux deux étages supérieurs le placent fermement dans l’époque contemporaine.

Vue de l’extérieur de la succursale centrale de la bibliothèque publique de Vancouver, au centre-ville de Vancouver. Photo : bibliothèque publique de Vancouver.

Au cours des six premiers mois d’activité, les employés de BAC ont répondu aux questions des clients sur divers sujets, y compris les agents d’émigration écossais, le premier ambassadeur de la Chine au Canada, l’évolution des lois sur les titres fonciers, la généalogie autochtone et l’histoire des immeubles et autres emplacements locaux.

Photo couleur d’une femme assise derrière un bureau de service avec la bannière de Bibliothèque et Archives Canada derrière elle.

Un bureau de service et des guichets libre-service à la succursale centrale de la bibliothèque publique de Vancouver. Photo : Caitlin Webster.

De plus, en raison des besoins de la collectivité locale concernant les revendications, traités et autres sujets autochtones, le bureau de Vancouver de BAC continue d’offrir un accès aux documents d’archives originaux d’Affaires autochtones et du Nord Canada de la Colombie-Britannique et du Yukon. Pour cette sélection de documents d’archives, le bureau de Vancouver de BAC offre divers services, notamment des services de référence, d’examen aux termes des dispositions sur l’accès à l’information et la protection des renseignements personnels, de consultation et de reprographie à un autre emplacement situé juste à côté de la succursale centrale de la BPV.

Photo couleur d’une salle renfermant de grandes tables servant à la consultation de documents.

Salle de référence et de consultation des documents du bureau de Vancouver de BAC au 300, rue Georgia Ouest. Photo : Caitlin Webster.

Depuis notre déménagement à ce nouvel emplacement, nous avons remarqué une nette augmentation de l’intérêt à venir consulter des documents sur place. En effet, la quantité de documents d’archives consultés par nos clients a augmenté de 54 % et le nombre de pages copiées ou numérisées a plus que doublé!

Nous avons aussi plusieurs projets de collaboration en cours, dont des expositions, des séances d’information et des occasions d’apprentissage. Par exemple, BAC a récemment organisé un atelier sur la généalogie autochtone dans lequel des ressources pertinentes ont été présentées. BAC prévoit donner de nombreuses autres séances de ce genre, afin d’offrir des services diversifiés à ses clients locaux et de tirer profit de ce nouveau partenariat.

Pour obtenir d’autres renseignements sur le bureau de Vancouver de BAC, notamment les heures de service et l’emplacement, consultez la page Points de service à l’extérieur d’Ottawa.


Caitlin Webster est archiviste au bureau de Vancouver de BAC.

Traduction fidèle : à la découverte des traductions littéraires canadiennes

Par Liane Belway

La découverte de nouveaux livres et de nouveaux auteurs excitants s’avère une expérience enrichissante pour la plupart des lecteurs. À Patrimoine publié – le volet bibliothèque de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) –, nous communiquons avec les éditeurs qui nous envoient des ouvrages pour permettre à un public élargi de profiter de la diversité du patrimoine publié canadien.

Pour rendre le matériel accessible, les éditeurs canadiens déposent des exemplaires de leurs publications par l’entremise de l’équipe du dépôt légal de BAC. Quel matériel le dépôt légal acquiert-il? Un vaste contenu canadien : livres, musique, enregistrements oraux, magazines et autres séries ainsi que documents numériques. Chaque publication offre un point de vue unique sur la société et la culture canadiennes, reflétant la vision, les intérêts et l’identité de l’éditeur. Une des sources de savoir et de talent du milieu littéraire est la traduction de tels ouvrages, permettant à ces publications d’être lues par un tout nouveau public.

Traductions canadiennes

La traduction littéraire permet de faire connaître de grandes œuvres littéraires à un public élargi. Ce talent, souvent négligé, est néanmoins très précieux dans notre société multiculturelle et multilingue. Les traductions offrent de nouvelles perspectives et des styles uniques, tout en donnant la chance aux gens de découvrir des traditions et des innovations littéraires qui, sans cela, seraient difficiles d’accès. D’ailleurs, les Prix du Gouverneur général comprennent une catégorie destinée à la traduction, reconnaissant ainsi l’importance de faire connaître des œuvres de langue française aux lecteurs anglophones. Chaque année, ce prix reconnaît la traduction d’un livre vers l’anglais pour son excellence littéraire et sa contribution au milieu culturel.

Gagnants

Le Prix littéraire du Gouverneur général pour la traduction (du français vers l’anglais) de 2017 a été remis à Readopolis, traduit en anglais par Oana Avasilichioaei et publié par BookThug, à Toronto. Il s’agit d’une traduction de Lectodôme de Bertrand Laverdure, publié par Le Quartanier, une maison d’édition francophone de Montréal. Le comité d’évaluation par les pairs ne tarissait pas d’éloges pour Avasilichioaei : « Readopolis, d’Oana Avasilichioaei, correspond au style acrobatique dont Lectodôme, de Bertrand Laverdure, est empreint. Les nombreuses voies de l’écriture québécoise se font entendre par cette traduction intelligente, une ode vertigineuse à la quête pure, bien que rarement récompensée, de littérature. »

Le livre Brothers de David Clerson, un autre finaliste louable du même prix en 2017, incarne bien la vision d’un nouvel éditeur. QC Fiction, une collection des Livres Baraka adoptant des perspectives stimulantes, est un éditeur québécois de livres en anglais se trouvant à Montréal. Reconnaissant l’importance de la traduction, QC Fiction a pour objectif de publier des traductions anglaises de romans québécois contemporains, d’abord publiés en français, pour les autres Canadiens et le public à l’étranger. Une autre publication de QC Fiction, I Never Talk About It, comprend 37 nouvelles, chacune traduite par un traducteur différent. Peter McCambridge, éditeur de romans, a affirmé qu’il s’agit de « 37 traducteurs différents ayant traduit chacune des nouvelles publiées dans une collection de Véronique Côté et de Steve Gagnon. Cela nous rappelle qu’il existe au moins 37  façons différentes de traduire la voix d’un auteur. Pensez-y la prochaine fois que vous achetez une traduction! »

Six couvertures de livre colorées à l’apparence semblable, placées côte à côte et montrant tous les titres : Listening for Jupiter, I Never Talk About It, Behind the Eyes We Meet, Brothers, The Unknown Huntsman, Life in the Court of Matane.

Une sélection des publications de QC Fiction, dont Brothers (2016), finaliste du Prix du Gouverneur général pour la traduction. Image utilisée avec la permission de QC Fiction.

L’offre de traductions permet à des publics non canadiens de découvrir notre vaste littérature, laquelle grandit constamment dans notre monde de plus en plus connecté. Les auteurs canadiens apprécient d’ailleurs l’élargissement de leur public international. QC Fiction illustre bien l’attrait général des romans canadiens. M. McCambridge a ajouté ce qui suit : « Pour l’instant, notre formule semble bien fonctionner : trois de nos cinq premiers livres ont été mentionnés dans le journal The Guardian, en Angleterre. Des blogueurs de l’Écosse jusqu’en Australie ont découvert notre entreprise et encensent nos “lectures légères et intrigantes” ».

Grâce à ces éditeurs primés – seulement deux exemples du travail novateur effectué dans le monde de la traduction littéraire au Canada –, la publication canadienne demeure un milieu créatif, varié et florissant que BAC s’efforce de conserver et de préserver pour les lecteurs d’aujourd’hui et de demain. Pour voir les autres articles de la collection de BAC, utilisez notre nouvel outil de recherche : http://www.collectionscanada.gc.ca/lac-bac/recherche/tout.

Liane Belway est bibliothécaire aux acquisitions, monographies anglaises, pour la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

« Chère Jeanie, ma tendre chérie » Le fonds Joseph Gaetz

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poissonPar Katie Cholette

« Chère Jeanie, ma tendre chérie. » [traduction] C’est ainsi que Joseph Gaetz commence chacune des plus de 530 lettres écrites à sa fiancée, Jean McRae, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Cantonné en Angleterre, en France, en Belgique, en Hollande et en Allemagne pendant et après la guerre, Joseph a parfois désespérément le mal du pays; son souhait le plus cher est de voir la guerre se terminer afin de pouvoir retourner au Canada y épouser sa bien-aimée. De juillet 1943 à novembre 1945, Joseph ne manque aucune occasion d’écrire à Jean; il lui arrive même quelquefois d’envoyer la même journée une lettre par avion et une lettre ordinaire. Certaines de ses lettres sont également accompagnées de souvenirs recueillis auprès de prisonniers allemands. En 2017, ses trois filles, Cathy Gaetz-Brothen, Bonnie Gaetz-Simpson et Linda Gaetz-Roberts, font don de ses lettres et souvenirs à Bibliothèque et Archives Canada.

Photographie en couleurs de paquets de lettres, dont un ficelé d’un ruban rouge. Sous les paquets se trouve la photographie d’une jeune femme vêtue d’un manteau et d’un élégant chapeau.

Lettres adressées à Jean McRae de Turner Valley, en Alberta.

Photographie en noir et blanc d’un militaire en uniforme, le bras autour d’une jeune femme vêtue d’une robe fleurie, devant une maison de planches.

Joe et Jean, la première journée de leurs fiancailles. 4 octobre 1942, Turner Valley.

Joseph Gaetz est originaire de la petite localité de Faith, en Alberta. Fils d’immigrants russes, il parle l’anglais et l’allemand pendant son enfance. Le 13 mai 1942, il s’engage dans les Calgary Highlanders; cinq mois plus tard, il se fiance à Jean McRae, de Turner Valley, en Alberta. Au début de 1943, il s’embarque pour l’Angleterre avec l’Unité de renfort de l’infanterie canadienne.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de 18 soldats en uniforme, dans un champ cultivé.

Peloton de reconnaissance du Royal Hamilton Light Infantry.

En août 1944, Joe est envoyé au combat en France avec le Royal Hamilton Light Infantry; il est peu après déplacé en Belgique et en Hollande. Lorsque ses supérieurs constatent que Joe parle l’allemand, il devient interprète pour le peloton de reconnaissance, et participe à plusieurs expéditions derrière les lignes ennemies visant à ramener des prisonniers allemands. Voilà ce qu’il écrit dans une lettre adressée à Jean vers la fin de 1944 : « Une nuit, mon officier et moi sommes allés un mille derrière les lignes boches, et avons amené 52 prisonniers dans une grange… C’était toute une expérience. » [traduction] Dans une autre lettre, il dit à quel point il est étrange de capturer des Allemands ayant vécu au Canada avant la guerre. Dans d’autres lettres encore, il écrit avoir ramassé un pistolet (il en recueillera plusieurs autres pendant la guerre) dans le no man’s land. Joe raconte aussi à quel point il se sent nerveux avant chaque patrouille, mais qu’il a appris à se déplacer silencieusement pour éviter d’être repéré. Il attribue sa capacité d’éviter d’être blessé ou capturé à la photographie de Jean qu’il conserve dans sa poche poitrine. Il appelle cette photographie son « porte-bonheur », en soulignant que tous les autres soldats possèdent un talisman sous une forme ou une autre.

Sa connaissance de l’allemand lui permet de converser avec les hommes qu’il capture. Sans aimer particulièrement les Allemands, Joe reconnaît leur humanité et le sort qu’il partage avec eux. Il lui arrive souvent de parler avec les prisonniers qu’il garde ou qu’il ramène au camp. Il défie quelquefois leurs convictions – à une occasion, en demandant à un groupe de prisonniers s’ils croient encore qu’Hitler est un dieu. À un jeune soldat qui lui confie craindre d’être renvoyé en Allemagne après la guerre et d’y être fusillé comme déserteur, Joe lui répond de ne pas s’inquiéter, qu’il n’y aura plus d’Allemagne après la guerre.

Photographie en couleurs d’un livret ouvert à la première page. Un dépliant collé à l’intérieur de la couverture montre d’un côté une photographie, et de l’autre une ode aux femmes demeurées au pays, intitulée For Honour and for Her! [pour l’honneur et pour elle].

Le livret militaire de Joe, avec le poème et la photo de Jean collés à l’intérieur de la couverture (e011202230)

À l’instar de nombreux autres soldats, Joe conserve, pliée à la première page de son livret, une photo de sa bien-aimée, accompagnée d’un poème patriotique et moraliste intitulé For Honour and for Her! [pour l’honneur et pour elle]. Après s’être enquis de la santé de Jean, il prend soin de lui assurer qu’il se porte bien, lui dit s’il a reçu ou non ses plus récentes lettres, puis parle de la météo ou d’autres sujets anodins. Il fait suivre ces civilités d’observations sur la vie militaire – les corvées routinières qu’il doit accomplir, comment il est installé, la nourriture, les personnes qu’il a rencontrées de son coin de pays, etc.

Malgré le caractère souvent pénible des conditions au front, Joe se plaint rarement. En fait, il raconte en plaisantant avoir dormi dans des tranchées qu’il a lui-même creusées, et avoir fabriqué des cheminées de fortune à même des boîtes de fer-blanc vides. Il possède un solide sens du devoir personnel; il refuse d’envoyer quiconque faire son travail, et durant une période de sept mois, il ne prend pas une seule journée de congé. Dans une lettre, il relate stoïquement avoir passé la journée de Noël 1944 dans le no man’s land.

Occasionnellement, Joe et les autres éclaireurs de son peloton sont logés dans des familles locales. Joe apprend rapidement assez de flamand pour pouvoir communiquer avec les personnes qu’il rencontre; il relate comment les habitants locaux invitent souvent les soldats à souper ou leur offrent de faire leur lessive. Il décrit les jeunes enfants qu’il rencontre, quelquefois en incluant des photos.

À la fin de la guerre en Europe, Joe sert dans le Canadian Scottish Regiment au sein de la Force d’occupation de l’Armée canadienne en Allemagne. Au cours de cette période, il poursuit sa correspondance assidue à Jean.

Il revient au Canada en novembre 1945, puis est libéré à Calgary, en Alberta, le 18 janvier 1946, au grade de sergent. Il atteint le poste de gérant dans la cour à bois de Fort Macleod, pour enfin épouser Jean le 21 juin 1948. Ils ont trois filles, avant qu’il ne décède d’hypertension chronique à 41 ans. Cathy Gaetz-

Brothen, la plus jeune des filles, n’a qu’un an lors du décès de son père. Les lettres qu’il a écrites à sa mère revêtent pour elle une importance toute spéciale, puisqu’elles lui permettent de connaître un père dont elle n’a aucun souvenir.

Photographie en noir et blanc d’un homme en uniforme.

Joseph Gaetz en uniforme (e011202231)

Joseph Gaetz n’a pas connu une guerre particulièrement héroïque. Ce n’est pas un officier commissionné de haut grade placé à la tête d’un bataillon. Il ne s’est pas lancé à lui seul à l’assaut de nids de tireurs d’élite allemands. Il fait comme des milliers d’autres Canadiens : il s’enrôle et combat auprès de ses compagnons d’armes, espérant un jour rentrer à la maison et revoir sa bien-aimée. Joe fait partie des chanceux.

Visitez l’exposition Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada au 395, rue Wellington, à Ottawa. Cette exposition se tient jusqu’au 3 décembre 2018; elle met en vedette nos plus récentes acquisitions et célèbre le savoir-faire des spécialistes en acquisition de Bibliothèque et Archives Canada. Chacun des articles exposés a été soigneusement choisi par un bibliothécaire ou un archiviste, qui en a rédigé la légende. L’entrée est libre.


Katie Cholette est archiviste à la Section des supports spécialisés de Bibliothèque et Archives Canada.

 

 

Nouveau balado! Écoutez notre plus récente émission, « La salle des merveilles de M. Lowy »

Vignette d'une page manuscriteNotre plus récente émission de baladodiffusion est maintenant en ligne. Écoutez « La salle des merveilles de M. Lowy ».

Au fond d’un obscur corridor de notre édifice d’Ottawa se trouve une mystérieuse salle débordante de magnifiques volumes empreints de sagesse ancestrale. « La salle Lowy », comme l’appelle affectueusement le personnel de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), est un musée en soi qui renferme 3 000 volumes rares, souvent uniques, remontant au 15e siècle. En 1977, Jacob M. Lowy a fait don à BAC de cette collection de livres hébraïques et judaïques, à condition qu’elle soit conservée ensemble, comme une collection distincte, et qu’un conservateur lui soit spécialement affecté.

Dans cet épisode, nous nous entretenons avec Michael Kent, l’actuel conservateur de la collection Jacob M. Lowy, qui nous présente quelques-uns des fabuleux ouvrages de cette collection et nous raconte des histoires entourant leurs pérégrinations.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.kl,

Titres de propriété délivrés par le Bureau du registraire général après la Confédération

Par Rebecca Murray

Les Services de référence reçoivent souvent des demandes relatives aux titres de propriété délivrés au Canada. Nous nous concentrerons ici sur les titres postérieurs à la Confédération. Nos précédents billets de blogue intitulés « Titres de propriété de la Couronne : vente de terres indiennes » et « Titres de propriété délivrés par le Bureau du registraire général avant la Confédération » vous donneront plus de détails à ce sujet.

Qu’est-ce qu’un titre de propriété?

Un titre de propriété est un document délivré par la Couronne pour octroyer une terre ou confirmer à qui celle-ci appartient. Il prouve que la Couronne a cédé au propriétaire la terre en question.

Comment trouver un titre de propriété?

La recherche d’un titre de propriété délivré après la Confédération est encore plus difficile que pour celui d’un titre antérieur à la Confédération. Elle ne peut être effectuée qu’en personne sur place ou en envoyant une demande aux Services de référence. Ce billet vous aidera à cerner les index à consulter pour trouver un titre de propriété datant de 1867 à 1977.

Si vous ne pouvez pas vous rendre sur place, préparez une demande pour les Services de référence. Envoyez-nous les trois éléments d’information mentionnés à l’étape 1 ainsi que les renseignements relatifs à l’Index-clé pour l’index général et à l’Index général (étape 2). Nous pourrons ainsi mieux répondre à votre demande.

Étape 1 : Comme pour les titres antérieurs à la Confédération, commencez avec l’information suivante : une date, un emplacement, et le nom d’une personne ou d’une organisation (titulaire)

Exemple :

  1. Date (précise ou approximative) : 4 novembre 1925
  2. Emplacement (précis ou approximatif) : Toronto
  3. Titulaire : Commissaires du havre de Toronto (Toronto Harbour Commissioners)

Votre recherche sera plus facile si vous avez tous ces renseignements, en particulier la date.

Étape 2 : Consultez l’Index-clé pour l’index général pour trouver la date en question

Voici les références complètes de l’Index-clé pour l’index général dont vous aurez besoin pour les années 1867 à 1947 :

  • De 1867 à 1908 (bobine M-1630, RG68, volume 899, partie 1)
  • De 1908 à 1918 (bobine M-1632, RG68, volume 899, partie 2)
  • De 1920 à 1929 (bobine M-1634, RG68, volume 902, partie 1)
  • De 1930 à 1939 (bobine M-1635, RG68, volume 902, partie 2)
  • De 1940 à 1947 (bobine M-1636, RG68, volume 902, partie 3)

Pour notre exemple ci-dessus, nous devons consulter le fonds RG68, volume 902, Index-clé pour l’index général, 1919-1929, sur la bobine de microfilm M-1634.

Prenez note que pour la période suivant la Confédération, l’index suit un ordre alphabétique approximatif. Il est donc important de passer en revue la section entière (dans notre exemple, toutes les entrées pour « T ») avant de procéder à l’Index général.

Cherchez le titulaire en question et notez chaque paire de nombres qui l’accompagnent. Vous pourrez ainsi trouver les entrées pertinentes dans l’Index général correspondant. Les paires de nombres sont associées à deux colonnes : « No. » indique le numéro de la ligne, et « Folio » indique la page. Grâce à ces renseignements, vous pourrez vous rendre directement à la page appropriée de l’Index général et à l’entrée correspondante. Vous y trouverez alors d’autres renseignements, dont les numéros de volume (liber) et de page (folio) requis pour trouver le titre de propriété.

Voici les références complètes de l’Index général dont vous aurez besoin pour les années 1867 à 1947 :

  • De 1867 à 1908 (bobine M-1631, RG68, volume 900)
  • De 1908 à 1918 (bobine M-1633, RG68, volume 901)
  • De 1919 à 1929 (bobine M-1634, RG68, volume 903)
  • De 1930 à 1939 (bobine M-1635, RG68, volume 904)
  • De 1940 à 1947 (bobine M-1636, RG68, volume 905)

Pour notre exemple, l’Index général correspondant se trouve sur la bobine de microfilm M-1634.

L’Index général nous indique que le titre se trouve dans le registre (liber) 298, à la page (folio) 388.

Étape 3 : Trouvez la référence complète

Dans nos locaux du 395, rue Wellington, utilisez l’instrument de recherche 68-2 pour trouver le numéro du registre (liber) ainsi que les numéros du volume et de la bobine de microfilm correspondants. Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à consulter notre équipe des Services de référence au bureau d’orientation du 2e étage.

Vous pouvez visionner les microfilms dans la salle 354.

Pour terminer notre exemple : la référence complète du titre est le fonds RG68, volume 658, registre (liber) 298, « Lands – Surrenders to the Crown », 1915-1925. Ce volume se trouve sur la bobine de microfilm numérisé C-4083. Voici la première page du document :

Un document noir et blanc dactylographié daté du 4 novembre 1925 et consigné par le Bureau du registraire général le 28 avril 1926, dans lequel Sa Majesté le roi cède les terres entourant le secteur riverain de Toronto aux Commissaires du havre de Toronto.

Extrait du fonds RG68, volume 658, registre (liber) 298, page 388 (bobine de microfilm C-4083)

Recherches supplémentaires

Vos recherches pourraient nécessiter l’accès à l’Index des terres indiennes et des terres de l’artillerie (Indian and Ordnance Land Patents), disponible sur les bobines de microfilm M-1011 et M-3693 pour la période de 1867 à 1960. Prenez note que les titres de propriété des terres indiennes pour la période de 1886 à 1951 font partie du fonds Affaires indiennes et du Nord canadien (RG10); ils sont donc classés séparément dans la série Titres de propriété.

Pour les documents postérieurs à 1947 du fonds du Bureau du registraire général, consultez l’Index général correspondant :

  • De 1948 à 1954 (bobine M-1637, RG68, volume 906)
  • De 1955 à 1965 (bobine M-1641, RG68, volume 907)
  • De 1958 à 1964 (bobine M-1642, RG68, volume 908)
  • De 1954 à 1965 (bobine M-5917, RG68, volume 908)
  • De 1955 à 1967 (bobine M-5918, RG68, volume 908)
  • De 1967 à 1970 (bobine M-5919, RG68, volume 908)
  • De 1970 à 1973 (bobine M-5920, RG68, volume 908)
  • De 1973 à 1975 (bobine M-5921, RG68, volume 908)
  • De 1967 à 1977 (bobine M-5922, RG68, volume 908)

Il peut être très difficile d’effectuer ce type de recherche, alors n’hésitez surtout pas à nous demander de l’aide.


Rebecca Murray est archiviste de référence aux Services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Trouver Royalton : une recherche dans le Recensement de 1921

Par Julia McIntosh

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la recherche dans les recensements du Canada, ce blogue vous fournira quelques bons conseils et techniques à utiliser dans vos recherches.

Contexte

Alors que je travaillais au comptoir de référence, on m’a posé une question concernant la population de Royalton au Nouveau-Brunswick, soit le nombre d’hommes qui y résidaient entre les deux guerres mondiales, pour une recherche sur le recrutement. « Rien de plus simple », me suis-je dit. « Ça ne sera pas difficile à trouver ». Étant bibliothécaire, mon premier réflexe a été de consulter une publication sur le sujet. À ma grande surprise, j’ai constaté que Royalton était un trop petit village pour être mentionné dans les sources imprimées habituelles qui s’intéressent davantage aux grandes villes qu’aux petites localités rurales ou aux villages non constitués en municipalités. Je devais repenser ma stratégie de recherche.

Deux recensements ont été effectués pendant l’entre-deux-guerres : en 1921 et en 1931. J’ai choisi de consulter le premier parce qu’il était déjà numérisé; mon client pourrait donc examiner les documents en ligne (voir le Recensement de 1921).

Difficultés rencontrées

Il fallait d’abord trouver la localisation exacte de Royalton, selon les districts et sous-districts de recensement. Pour ce faire, je devais trouver une carte contemporaine et la comparer avec les districts et sous-districts du recensement de 1921 au Nouveau-Brunswick. Je devais également découvrir dans quel comté et dans quelle paroisse était situé Royalton et ensuite déterminer le bon sous-district à partir de la description fournie. Malheureusement, les sites de cartes sur Internet ne fournissent pas en général les renseignements dont j’avais besoin sur les comtés, et ne donnent pas non plus facilement accès aux cartes de la région. C’est aux Archives provinciales du Nouveau-Brunswick que j’ai trouvé ces informations. Leur site Web m’a informée que Royalton était « situé à l’est de la frontière du Nouveau-Brunswick et du Maine, 3,16 km au sud-ouest de Knoxford, paroisse de Wicklow, comté de Carleton. »

De retour aux districts et sous-districts du recensement, j’ai cherché Carleton, en faisant l’hypothèse que le district serait relié au nom du comté. Mais c’est bien connu, les hypothèses peuvent être trompeuses! Le district n’était pas classé sous la lettre « C », mais plutôt sous la lettre « V » comme dans District 48 – Victoria et Carleton. Qui aurait pu deviner?

Je n’étais pas au bout de mes peines. Pour compliquer les choses, il y a trois sous-districts dans la paroisse de Wicklow, dont la description ne mentionne pas Royalton :

  • Sous-district 11 Wicklow (paroisse)
    « Pour toute cette portion de la paroisse de Wicklow, au nord et à l’est de la ligne suivante ainsi décrite : commençant à la rivière Saint-Jean à la ferme de Hugh Tweedie; de là vers l’ouest le long de la route connue sous le nom de « chemin Carr » jusqu’au chemin Greenfield, et de là vers le nord le long dudit chemin Greenfield vers le chemin Summerfield; de là le long dudit chemin Summerfield jusqu’au chemin Knoxford, et de là vers le nord le long dudit chemin Knoxford et du prolongement de celui-ci vers le nord jusqu’à la ligne entre Carleton et Victoria et pour inclure tous ceux qui bordent lesdits chemins.
  • Sous-district 12 Wicklow (paroisse)
    « Pour toute cette partie de la paroisse de Wicklow, au sud et à l’est de la ligne suivante, commençant à la rivière Saint-Jean à la ferme de Hugh Tweedie, de là vers l’ouest le long de la route connue sous le nom de « chemin Carr » jusqu’au chemin Greenfield, puis vers le sud le long dudit chemin Greenfield jusqu’à la frontière sud de la paroisse de Wicklow, et pour inclure ceux qui bordent ledit chemin Greenfield, au sud dudit « chemin Carr ».
  • Sous-district 13 Wicklow (paroisse)
    « Commençant à l’endroit où le chemin Knoxford croise la ligne du comté entre Carleton et Victoria, de là vers l’ouest le long de ladite ligne du comté jusqu’à la frontière américaine, de là vers le sud le long de ladite frontière jusqu’à la paroisse de Wilmot, de là vers l’est le long de la frontière de la paroisse jusqu’au chemin Greenfield, de là vers le nord le long dudit chemin Greenfield jusqu’au chemin Summerfield, allant du chemin Summerfield au chemin Knoxford, de là suivant le chemin Summerfield vers l’ouest, jusqu’au chemin Knoxford; de là vers le nord le long du chemin Knoxford jusqu’à l’endroit du début. »

Quelle carte utiliser? Comme le temps pressait, je ne pouvais pas me payer le luxe d’attendre de pouvoir consulter une carte du recensement de 1921; j’ai alors vérifié dans notre collection de cartes numérisées. La plus récente carte disponible était une carte démographique du Recensement de 1891. À l’époque, Royalton se trouvait dans le district électoral de Carleton. Espérant qu’il n’y avait pas eu trop de changements en 30 ans, j’ai comparé la carte avec les descriptions et j’en ai déduit que Royalton se trouvait dans le sous-district 13, paroisse de Wicklow. Inquiète qu’une carte de 1895 pût être trop ancienne, j’ai consulté l’Atlas électoral du Dominion du Canada (1915), lequel a confirmé l’existence du district électoral de Victoria et Carleton, mais, étonnamment, Royalton n’y était pas indiqué. Au moins, le comté n’avait pas modifié ses frontières dans l’intervalle!

Une carte en noir et blanc du district électoral de Carleton (Nouveau-Brunswick); les frontières sont indiquées par un gros trait rouge.

Carte du district électoral de Carleton (N.-B.) tirée de la base de données de l’Atlas électoral du Dominion du Canada (1895). La source originale se lit comme suit : Electoral atlas of the Dominion of Canada: according to the Redistribution Act of 1914 and the Amending Act of 1915 (AMICUS 2925818)

Une autre difficulté s’est présentée au moment d’identifier, parmi les personnes dénombrées, celles qui résidaient dans le village de Royalton. La tâche aurait dû être facile, mais j’ai vite constaté que ce serait tout aussi compliqué. J’ai consulté la version imprimée du Volume I – Population of the Sixth Census of Canada, 1921, et trouvé le tableau 8 Population par districts et sous-districts. Sous Victoria et Carleton, puis comté de Carleton, j’ai trouvé Wicklow – 1 689 habitants. Cependant, il n’y avait pas d’inscription pour Royalton sous la rubrique Villes, ni de répartition par sexe. Mais le tableau 16 – Classification par sexe m’a donné la répartition pour Wicklow – 900 hommes et 789 femmes. J’étais vraiment près du but, mais rappelez-vous, la paroisse de Wicklow a trois sous-districts, dont un seul, le no 13, inclut Royalton. Il fallait que je m’approche le plus près possible des résultats du recensement pour le village.

Résultats

Ma seule option à cette étape était de consulter les données brutes recueillies lors du recensement, ce qui signifiait que je devais consulter la version numérisée du Recensement de 1921 sur notre site Web. Une recherche avec les mots-clés Royalton et Province : Nouveau-Brunswick n’a donné aucun résultat. Toutefois, Wicklow et Province : Nouveau-Brunswick a donné 1 600 résultats, ce qui correspond à peu près au nombre que j’avais trouvé pour la paroisse. La perspective de consulter toutes ces inscriptions était décourageante, c’est le moins qu’on puisse dire.

Par chance, après avoir ouvert quelques pages et parcouru le document, j’ai découvert une Page titre pour le recensement du district 48, sous-district 13, paroisse de Wicklow, pages 1-14 pour le recensement du district 48, sous-district 13, paroisse de Wicklow, pages 1-14. Et voilà!

Une page écrite à la main à l’encre noire contenant les informations suivantes : 1921, N.B. Dist. 48, Carleton, Sous Dist. 13, paroisse de Wicklow. Pages 1–14.

Page titre pour le recensement du sous-district 13, paroisse de Wicklow, district 48 – Carleton, Nouveau-Brunswick, Recensement de 1921.

Il me restait à résoudre le problème de la répartition par sexe. Même si les nombres étaient plus petits que pour l’ensemble de la paroisse de Wicklow, je devrais quand même faire pas mal de calculs. Heureusement, le recenseur avait indiqué les nombres totaux sur la dernière page de la section pour le sous-district 13, Wicklow :

hommes – 340; femmes – 316

Espérant toujours trouver des données spécifiques pour Royalton, j’ai vu que la colonne 5 était intitulée « Municipalité ». Alors, remplie d’espoir, je m’apprêtais à faire le décompte précis.

Vous souvenez-vous des difficultés que j’avais éprouvées précédemment? J’en rencontrais encore pour trouver le nombre précis de résidents à Royalton. Royalton apparaît pour la première fois à la page 3, ligne 39 pour le sous-district 13. Le recenseur commence par inscrire Royalton dans la colonne « Municipalité », puis il rature ces inscriptions et remplace le nom de Royalton par Carleton, qui est, comme nous le savons, le nom du comté! Par la suite, le recenseur inscrit systématiquement Carleton en tant que municipalité à la page 4.

Première page du recensement de 1921 montrant les inscriptions pour Royalton.

Recensement de 1921, Province du Nouveau-Brunswick, district no 48, sous-district no 13. Voir colonne 5, Municipalité, Royalton.

À cette étape, j’ai reconnu que je ne trouverais pas le nombre d’hommes à Royalton et j’ai transmis l’information à mon client, qui a peut-être réussi à découvrir cette information par les noms de famille.

Pour en savoir plus sur la recherche dans le recensement de 1921, consultez la section intitulée Enjeux au sujet de ce recensement et de cette base de données. Vous y trouvez des conseils très utiles pour passer d’une image à l’autre.

Bonne chance à tous ceux qui sont à la recherche de leur propre Royalton. Amusez-vous bien!

 

Julia McIntosh est bibliothécaire de référence à la division des Services de référence.