Les premiers habitants européens à Montréal

Par Karine Bellerose Caldwell

Le 17 mai 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Mance et un groupe de colons fondèrent Ville-Marie sur une terre concédée par la Compagnie des Cent-Associés, malgré les tentatives du gouverneur Charles Huault de Montmagny, qui voulait les convaincre de choisir l’île d’Orléans. Leur établissement, aujourd’hui connu sous le nom de Pointe-à-Callière, avait un but précis : Maisonneuve et ses compagnons, membres de la Société Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France, voulaient convertir les Amérindiens au catholicisme et vivre pieusement dans la nouvelle colonie.

Comme ailleurs en Nouvelle-France, le peuplement de Ville-Marie se fit toutefois difficilement, en raison du climat et des difficultés géographiques, de la crainte d’attaques iroquoises et du nombre restreint de colons envoyés dans la colonie. Une décennie après l’arrivée de la Société Notre-Dame de Montréal, la population totale ne s’élevait qu’à une cinquantaine de personnes. Pour pallier ce manque et maintenir une présence française sur l’île, Maisonneuve retourna en France en 1651 dans l’espoir de recruter des gens prêts à le suivre dans cette région lointaine. Il revint à Ville-Marie deux ans plus tard, accompagné d’une centaine de colons. Bien que cet apport ait augmenté de manière significative la population de l’époque, ce n’est que vers la fin du XVIIe siècle, après l’arrivée des Filles du roi et du régiment de Carignan-Salières, que la population de Ville-Marie connut un accroissement considérable, suivant la tendance du peuplement en Nouvelle-France. Afin de souligner le 375e anniversaire de la fondation de Montréal, Bibliothèque et Archives Canada présente une petite collection de documents originaux racontant les efforts de colonisation de l’île de Montréal dans la première décennie après l’arrivée de la Société Notre-Dame de Montréal. L’un de ces documents révèle les noms de personnages ayant joué un rôle important dans l’établissement de la colonie. C’est le cas de Jean Saint-Pierre, premier greffier et notaire de Ville-Marie, de Gilbert Barbier, arpenteur et marguillier de la Ville, et de Lambert Closse, marchand, seigneur et gouverneur intérimaire de Ville-Marie, qui déclarèrent par écrit que la Compagnie de Montréal était quitte de toute obligation à leur égard, en retour des concessions accordées et de certaines promesses de Maisonneuve.

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Consultez notre nouvelle page Web dédiée au régiment de Carignan Salières

Oyez! Oyez! L’histoire de la Nouvelle-France vous intéresse? Consultez notre toute nouvelle page Web dédiée au régiment de Carignan-Salières, à partir de laquelle vous pourrez accéder à toutes nos ressources relatives à cet important régiment dans l’histoire de la Nouvelle-France.

Comme nous avons eu le privilège de parler du régiment avec Jean-François Lozier, conservateur responsable de l’histoire de l’Amérique du Nord française au Musée canadien de l’histoire, vous trouverez également dans cette nouvelle page Web les questions que nous lui avons posées et les enregistrements sonores de ses réponses.

Le régiment de Carignan-Salières

La colonie de la Nouvelle-France était dans une situation précaire lorsque Louis XIV, roi de France, accéda au trône en 1661. Le peuplement et la sécurité de la colonie devinrent pour ce dernier une priorité. Ainsi, afin d’accroître la population, le premier contingent des Filles du roi y fut envoyé en 1663. Deux années plus tard, en 1665, le régiment de Carignan-Salières débarqua en Nouvelle-France afin d’assurer la sécurité de la colonie, plus particulièrement pour contrer la menace iroquoise.

Une esquisse réalisée à la plume et aquarelle montrant un officier du régiment de Carignan-Salières de profil. Il tient une lance dans sa main droite et porte une épée dans son fourreau à la hanche gauche.

Officier du régiment de Carignan-Salières, 1666 (MIKAN 2896020)

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Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, 1665-1672

Au début des années 1660, la Nouvelle-France connaît une situation difficile, affaiblie par les luttes qui durent depuis 20 ans contre les Iroquois et le pouvoir très étendu du gouverneur. Il est temps de réorganiser la Nouvelle-France et Louis XIV et son ministre responsable des colonies, Jean-Baptiste Colbert, décident d’intervenir. En 1663, la Nouvelle-France devient une propriété royale, les pouvoirs du gouverneur sont réduits et l’administration de la colonie est réorganisée. Un rôle important est confié à l’intendant comme représentant du roi, pour l’administration de la justice, de la police et des finances.

Le 23 mars 1665, Louis XIV nomme Jean Talon au poste d’intendant. Âgé de près de 40 ans, cet homme instruit chez les Jésuites à Paris, a une excellente réputation comme administrateur ayant occupé différents postes dans l’administration militaire française avant de devenir intendant du comté du Hainaut en 1655.

Talon va occuper le poste de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672; les nombreuses mesures qu’il met en place vont améliorer grandement la situation de la colonie. Il vise tout d’abord à accroître la population en favorisant l’immigration, en encourageant et soutenant les familles nombreuses, en forçant les célibataires à se marier, en faisant venir les filles du roi, en incitant les soldats à s’établir dans la colonie après leur service militaire, etc.

Une aquarelle montrant une scène intérieure. Plusieurs personnes sont debout au tour d’un personnage centrale (Jean Talon). Dans l’arrière-plan, on voit une cheminée avec feu et une marmite, une femme et son bébé, ainsi qu’un vieillard assis sur un banc.

Jean Talon visitant les colons, peint par Lawrence Batchelor en 1931 (MIKAN 2896077)

Il essaie de sédentariser la population en facilitant l’accès aux terres mais aussi en obligeant les colons à les occuper. Les contrats de concession vont désormais comporter des clauses précises comme de défricher et de « tenir feu et lieu » dans un délai de 12 mois et l’interdiction de vendre avant qu’il n’y ait une maison de bâtie et deux arpents de défrichés.

Talon voit aussi à la réorganisation du système judiciaire; il diminue le nombre de procès en privilégiant les accommodements, les règlements à l’amiable et demande que les causes de première instance lui soient directement présentées.

Sur le plan économique, Talon est un visionnaire : il rêve de manufactures en Nouvelle-France produisant des textiles, du cordage, du goudron, de la potasse, du savon, etc. Il fait de l’exploration minière dans la région de Trois-Rivières, prélude aux forges du Saint-Maurice du XVIIIe siècle, s’efforce de créer un réseau d’alliances pour la traite des fourrures, sans parler de la brasserie qu’il construit à Québec pour la production de bière locale. À son départ, le visage de la Nouvelle-France avait grandement changé!

Bibliothèque et Archives Canada conserve plusieurs copies de documents historiques rédigés par Talon, notamment ses mémoires et observations sur l’état de la colonie, correspondances, ainsi que les recensements tenus en 1666 et 1667.

Les actes notariés

Désirez-vous en savoir plus sur la vie quotidienne de vos ancêtres en Nouvelle-France et au Québec? Vous auriez alors intérêt à consulter les actes notariés qui vous donneront une foule de détails sur les biens mobiliers et immobiliers que possédaient vos ancêtres ainsi que sur d’autres transactions qu’ils ont faites avec différentes personnes; le plus ancien acte notarié connu date de 1635.

Les actes notariés sont des ententes privées rédigées par un notaire, qui prennent la forme de contrats. Parmi les plus courants, mentionnons le contrat de mariage, le testament, l’inventaire de biens après décès, les baux de location, les actes de vente, etc.

Les actes notariés sont conservés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), mais Bibliothèque et Archives Canada possède des copies de quelques-uns dans le Fonds des greffes de notaires du Québec. Vous pouvez aussi cliquer sur Recherche d’archives avancée et inscrire le nom d’une personne ou d’un notaire.

Vente par Nicolas Réaume et Charles-Noël Réaume à leur frère Alexis. Notaire F. Le Guay, 9 mai 1781. Bibliothèque et Archives Canada, MG18-H44, vol. 8, 4 pages.

Vente par Nicolas Réaume et Charles-Noël Réaume à leur frère Alexis. Notaire F. Le Guay, 9 mai 1781. Bibliothèque et Archives Canada, MG18-H44, vol. 8, 4 pages. (MIKAN 2313614)

Comment trouver les actes notariés

Afin de trouver des actes notariés, il existe plusieurs outils à votre disposition. Pour les actes les plus anciens, soit de 1635 à 1784, consultez la base de données Parchemin, réalisée par la Société de recherche historique Archiv-Histo, qui donne un résumé de chaque acte notarié (date de l’acte, nom du notaire et noms des parties). Parchemin est accessible à BAnQ, dans des bibliothèques publiques et des centres d’archives.

Vous pouvez aussi consulter plusieurs index nominatifs pour différentes régions du Québec. Grâce à un vaste programme de numérisation, vous pouvez aussi consulter en ligne les répertoires et index des notaires de toutes les régions du Québec par le biais des Archives des notaires du Québec, des origines à 1933 de BAnQ.

Un paradis des généalogistes : la tenue des registres de l’état civil au Québec

Parlez-en à n’importe quel généalogiste – tous vous diront que les chercheurs qui ont des ancêtres ayant vécu au Québec sont privilégiés. Grâce à la grande proportion de registres qui ont survécu et à la façon dont les registres catholiques et protestants au Québec ont été tenus, les chercheurs peuvent compter sur une ressource précieuse. En fait, le Québec est considéré comme le « paradis des généalogistes! ».

On doit l’excellente tenue des registres au Québec à une série d’ordonnances et de règlements religieux et civils d’origine française.

L’influence française

L’année 2014 marque le 475e anniversaire de la première ordonnance, soit celle de Villers-Cotterêts, signée au mois d’août 1539 dans le département actuel de l’Aisne par le roi de France, François 1er. On oblige alors les curés à enregistrer les baptêmes et les sépultures. En 1579, l’ordonnance signée à Blois prescrit l’enregistrement des mariages dans un registre.

De plus, en deux occasions, soit lors du concile de Trente (1545-1563) et de la publication du Rituel Romain de 1614, l’église catholique romaine renforce l’importance de la tenue de registres. On précise la façon d’enregistrer les informations, telles que les noms du parrain et de la marraine, des témoins, des parents, etc.

Finalement, en 1667, l’ordonnance de Saint-Germain-en-Laye introduit la pratique de tenir les registres en deux copies; la première est conservée par le curé et la seconde est déposée à la fin de l’année en cours auprès des autorités civiles. Cela permet de sauvegarder bien des registres qui auraient pu être perdus ou détruits à jamais si une seule copie avait existé.

Leurs applications en Nouvelle-France et de nos jours

Ces règlements entrent en vigueur en 1621 en Nouvelle-France et sont appliqués par les autorités locales. De plus, suite à la Conquête de 1760, les autorités britanniques, reconnaissant la grande valeur de ce système, le conservent.

Au Québec, les registres d’état des personnes présentent les caractéristiques suivantes :

  • Il existe trois types d’actes : le baptême, le mariage et la sépulture.
  • Les actes sont rédigés par des prêtres au niveau paroissial.
  • Ils se présentent par ordre chronologique, habituellement à l’intérieur d’un seul registre.
  • Leur rédaction est soumise à deux réglementations distinctes, ecclésiastiques et civiles.

Consultez la page État civil : naissances, mariages et décès pour en savoir plus sur ces documents et sur la façon de les consulter.

Bonne recherche!

Le 375e anniversaire de l’arrivée des Ursulines à Québec

L’année 2014 est fertile en anniversaires pour la ville de Québec. En effet, on célèbre à la fois le 350e anniversaire de la fondation de la paroisse de Notre-Dame de Québec, et le 375e anniversaire de l’arrivée des religieuses ursulines – pionnières de l’enseignement au Québec – et des religieuses augustines.

La fondation des Ursulines en Europe

En 1535, à Brescia en Italie, Angèle de Mérici fonde la Compagnie de Sainte-Ursule pour faire la promotion des valeurs chrétiennes dans la famille, la société et l’Église. Suite au Concile de Trente, la Compagnie est réformée et devient cloîtrée, et s’occupe désormais essentiellement de l’éducation des jeunes filles. Des monastères sont alors fondés dans plusieurs pays d’Europe, notamment en France.

L’établissement des Ursulines en Nouvelle-France

En 1639, Madame de La Peltrie finance la fondation d’un monastère et d’une première école pour jeunes filles en Nouvelle-France. Elle accompagne alors trois religieuses ursulines du monastère de Tours (France), soit Marie (Guyart) de l’Incarnation, canonisée en 2014 par le pape François, Marie de Saint-Joseph et Cécile de Sainte-Croix. La longue et pénible traversée de trois mois a lieu sur le navire Saint-Joseph en compagnie des religieuses augustines.

Premières religieuses ursulines avec des étudiantes amérindiennes, à Québec.

Premières religieuses ursulines avec des étudiantes amérindiennes, à Québec. (MIKAN 2895625)

La première école des Ursulines est située dans la Basse-Ville de Québec; on y compte environ 18 pensionnaires françaises et amérindiennes. Tout comme leurs consœurs augustines, les Ursulines s’établissent en 1642 dans la Haute-Ville, à l’emplacement qu’elles occupent encore aujourd’hui. Les Ursulines ont hébergé les Filles du Roy, à leur arrivée à Québec, ainsi que des captives anglaises au début du XVIIIe siècle. L’une d’entre elles, Esther Wheelwright, sera supérieure de la communauté. Depuis la ville de Québec, les Ursulines se propagent en fondant d’autres monastères et écoles, au Québec, au Nouveau-Brunswick, au Japon et au Pérou.

Pour en savoir plus

Bibliothèque et Archives Canada conserve plusieurs documents sur la communauté des Ursulines, notamment le Fonds de la Congrégation de Sainte-Ursule et le Fonds Marie de l’Incarnation. Vous pouvez aussi faire une recherche de fonds d’archives pour trouver d’autres documents ou images. Pour en savoir plus sur l’histoire des Ursulines, nous vous suggérons l’ouvrage Les Ursulines de Québec 1639-1953 par Dom Guy-Marie Oury.

Le 375e anniversaire de l’arrivée des Augustines à Québec

L’année 2014 est fertile en anniversaires pour la ville de Québec. Conjointement avec le 350e anniversaire de la fondation de la paroisse de Notre-Dame de Québec, on célèbre aussi le 375e anniversaire de l’arrivée des religieuses Augustines, pionnières du système de santé au Québec, et celui de l’arrivée des religieuses Ursulines.

L’établissement d’un hôpital en Nouvelle-France

En 1637, la duchesse d’Aiguillon, nièce du Cardinal Richelieu, accepte de financer la fondation d’un hôpital à Québec pour soigner les autochtones et les colons. Le 1er août 1639, les trois premières religieuses hospitalières Augustines débarquent à Québec après une longue et pénible traversée sur le navire Saint-Joseph qui a duré trois mois. Il s’agit de Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de la communauté, Anne Lecointe de Saint-Bernard et Marie Forestier de Saint-Bonaventure.

Elles fondent un premier hôpital à Sillery, en banlieue de Québec, près de la maison des Jésuites, mais face à la menace iroquoise, les religieuses préfèrent être à l’abri des remparts de la ville et ouvrent l’Hôtel-Dieu de Québec en 1646, encore situé au même emplacement dans la Haute-Ville de Québec. Dans cet établissement, en plus de soigner les malades, les Augustines ont recueilli des enfants abandonnés entre 1800 et 1850 et accueilli et soigné des immigrants à leur arrivée au port de Québec.

Parmi les femmes qui ont joint les rangs de cette communauté, mentionnons la première canadienne, Marie-Françoise Giffard, fille du seigneur Robert Giffard et Marie-Catherine Simon de Longpré, béatifiée en 1989 par le pape Jean-Paul II.

L’Hôtel-Dieu, Québec, ca. 1822-1832

L’Hôtel-Dieu, Québec, ca. 1822-1832. (MIKAN 2898815)

Les Augustines de nos jours

L’œuvre des Augustines est à la base du système de santé actuel du Québec. Les religieuses ont fondé un total de 12 monastères-hôpitaux, un peu partout au Québec; elles y ont agi comme administratrices, infirmières et pharmaciennes. Aujourd’hui tous ces hôpitaux font partie du réseau public de santé du Québec et sont encore en activité.

Pour en savoir plus

Bibliothèque et Archives Canada conserve plusieurs documents sur la communauté des Augustines et leur premier hôpital, notamment le Fonds de l’Hôtel-Dieu de Québec. Vous pouvez aussi faire une recherche de fonds d’archives pour trouver d’autres documents ou images. Pour en savoir plus sur l’histoire de cette institution, nous vous suggérons l’ouvrage La croix et le scalpel : histoire des Augustines et de l’Hôtel-Dieu de Québec, 1639-1989 par François Rousseau.

Les cartes générales de la Nouvelle-France de Samuel de Champlain

À l’automne 1612, Samuel de Champlain fait graver à Paris sa première grande carte de la Nouvelle-France. De nouvelles informations géographiques y sont consignées, à partir de ses propres explorations réalisées depuis 1603. Le site de Montréal y est clairement identifié. Les renseignements obtenus des Autochtones lui ont permis de représenter des lieux lui étant auparavant inconnus, comme le lac Ontario et les chutes Niagara. De plus, il s’est inspiré d’autres cartes pour dépeindre certaines régions, dont Terre-Neuve. Bien que gravée en 1612, Champlain publia cette carte en annexe de ses Voyages en 1613.

Carte geographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain Saint Tongois cappitaine ordinaire pour le roy en la marine. Faict len 1612.

Carte geographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain Saint Tongois cappitaine ordinaire pour le roy en la marine. Faict len 1612. Source

De retour en France à l’été 1613, Champlain fait graver une deuxième version d’une carte générale commencée l’année précédente et la publie également dans ses Voyages de 1613. Il y intègre ses plus récentes connaissances géographiques, dont la rivière des Outaouais, qu’il représente pour la première fois. Sa représentation de la baie d’Hudson est délibérément inspirée d’une carte relatant les explorations de Henry Hudson (source : MIKAN 4145717).

Carte geographique de la Nouelle Franse en son vray meridiein. Faictte par le Sr Champlain, Cappine. por le Roy en la marine – 1613

Carte geographique de la Nouelle Franse en son vray meridiein. Faictte par le Sr Champlain, Cappine. por le Roy en la marine – 1613. Source

Il existe en outre une carte générale inachevée de Champlain; gravée en 1616, qui elle ne fut jamais publiée. Le seul exemplaire connu est conservé à la John Carter Brown Library (en anglais seulement).

En 1632, Champlain publie sa dernière grande carte de la Nouvelle-France jointe à son dernier ouvrage, Les voyages de la Nouvelle France occidentale, dicte Canada. Il se trouvait alors en France depuis près de trois ans, ayant été expulsé de Québec par les frères Kirke en 1629. Cette carte bilan révèle peu de nouvelles informations vérifiées par Champlain lui-même, qui avait cessé d’explorer en 1616. Il s’appuya ensuite sur les précieux renseignements que d’autres, Étienne Brûlé notamment, lui communiquèrent. Néanmoins, cette carte demeure un jalon important dans l’histoire de la cartographie nord-américaine et sera abondamment utilisée par d’autres cartographes. Deux versions existent, qui se distinguent entre autres par la représentation du lac Bras d’Or ou d’une chaîne de montagnes dans l’île du Cap-Breton. Bibliothèque et Archives Canada conserve les deux versions de cette carte, dont voici la première :

Carte de la Nouvelle France, augmentée depuis la derniere, servant a la navigation faicte en son vray meridien, 1632.

Carte de la Nouvelle France, augmentée depuis la derniere, servant a la navigation faicte en son vray meridien, 1632. Source

Pour en apprendre davantage, voici une suggestion de lecture : « La cartographie de Champlain (1603-1632) » par Conrad E. Heidenreich et Edward H. Dahl dans Champlain : la naissance de l’Amérique française, sous la direction de Raymonde Litalien et Denis Vaugeois, publié aux éditions du Septentrion en 2004, p. 312-332.

Résumé des commentaires reçus en anglais entre le 1er octobre 2013 et le 31 décembre 2013

  • Deux usagers apprécient cet article sur la cartographie; l’article a aussi été partagé sur Bite Size Canada.

Les Filles du roi (1663-1673)

L’été 2013 marque le 350e anniversaire de l’arrivée du premier contingent en Nouvelle-France des Filles du roi, ancêtres de nombreuses familles canadiennes-françaises. Plusieurs célébrations sont prévues un peu partout au Québec, le point culminant étant les « Fêtes de la Nouvelle-France » qui se tiendront du 7 au 11 août 2013 à Québec.

De 1663 à 1673, le roi Louis XIV a soutenu l’établissement de femmes, jeunes et souvent orphelines, en assumant leurs frais de voyage, en leur fournissant une dot d’un montant moyen de 50 livres et un petit coffre appelé « cassette » contenant des vêtements et articles de couture. En échange, ces femmes s’engageaient à se marier dès leur arrivée en Nouvelle-France, à fonder une famille et à soutenir leurs époux dans les travaux de la terre. Grâce à elles, la colonie de la Nouvelle-France et sa population se sont développées.

En 1663, le premier contingent était constitué de 36 jeunes femmes; sur une période de dix ans, soit de 1663 à 1673, on estime que près de 800 autres femmes sont venues en Nouvelle-France.

Afin de savoir si l’une de vos ancêtres était une Fille du roi, vous pouvez consulter de nombreuses publications ou revues généalogiques. Par contre, l’ouvrage de référence clé, qui comprend des notices biographiques, demeure Les Filles du roi au XVIIe siècle, orphelines en France, pionnières au Canada, par Yves Landry et publié en 1992 (AMICUS 11402134). Vous pouvez aussi consulter le site de la Société d’histoire des Filles du Roy.

Dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada, on retrouve plusieurs documents historiques, notamment la correspondance échangée entre le gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac, l’intendant Jean Talon et le ministre de la Marine Jean-Baptiste Colbert, qui contiennent des renseignements sur ce mouvement d’immigration, notamment une lettre en date du 27 octobre 1667 (MIKAN 3037238) et un mémoire rédigé le 10 novembre 1670 (MIKAN 3037252).

Toile représentant l'arrivée de femmes destinées à marier les cultivateurs canadiens-français, à Québec, en 1667.

L’arrivée des Filles du roi. Source