Le régiment de Carignan-Salières

La colonie de la Nouvelle-France était dans une situation précaire lorsque Louis XIV, roi de France, accéda au trône en 1661. Le peuplement et la sécurité de la colonie devinrent pour ce dernier une priorité. Ainsi, afin d’accroître la population, le premier contingent des Filles du roi y fut envoyé en 1663. Deux années plus tard, en 1665, le régiment de Carignan-Salières débarqua en Nouvelle-France afin d’assurer la sécurité de la colonie, plus particulièrement pour contrer la menace iroquoise.

Une esquisse réalisée à la plume et aquarelle montrant un officier du régiment de Carignan-Salières de profil. Il tient une lance dans sa main droite et porte une épée dans son fourreau à la hanche gauche.

Officier du régiment de Carignan-Salières, 1666 (MIKAN 2896020)

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Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, 1665-1672

Au début des années 1660, la Nouvelle-France connaît une situation difficile, affaiblie par les luttes qui durent depuis 20 ans contre les Iroquois et le pouvoir très étendu du gouverneur. Il est temps de réorganiser la Nouvelle-France et Louis XIV et son ministre responsable des colonies, Jean-Baptiste Colbert, décident d’intervenir. En 1663, la Nouvelle-France devient une propriété royale, les pouvoirs du gouverneur sont réduits et l’administration de la colonie est réorganisée. Un rôle important est confié à l’intendant comme représentant du roi, pour l’administration de la justice, de la police et des finances.

Le 23 mars 1665, Louis XIV nomme Jean Talon au poste d’intendant. Âgé de près de 40 ans, cet homme instruit chez les Jésuites à Paris, a une excellente réputation comme administrateur ayant occupé différents postes dans l’administration militaire française avant de devenir intendant du comté du Hainaut en 1655.

Talon va occuper le poste de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672; les nombreuses mesures qu’il met en place vont améliorer grandement la situation de la colonie. Il vise tout d’abord à accroître la population en favorisant l’immigration, en encourageant et soutenant les familles nombreuses, en forçant les célibataires à se marier, en faisant venir les filles du roi, en incitant les soldats à s’établir dans la colonie après leur service militaire, etc.

Une aquarelle montrant une scène intérieure. Plusieurs personnes sont debout au tour d’un personnage centrale (Jean Talon). Dans l’arrière-plan, on voit une cheminée avec feu et une marmite, une femme et son bébé, ainsi qu’un vieillard assis sur un banc.

Jean Talon visitant les colons, peint par Lawrence Batchelor en 1931 (MIKAN 2896077)

Il essaie de sédentariser la population en facilitant l’accès aux terres mais aussi en obligeant les colons à les occuper. Les contrats de concession vont désormais comporter des clauses précises comme de défricher et de « tenir feu et lieu » dans un délai de 12 mois et l’interdiction de vendre avant qu’il n’y ait une maison de bâtie et deux arpents de défrichés.

Talon voit aussi à la réorganisation du système judiciaire; il diminue le nombre de procès en privilégiant les accommodements, les règlements à l’amiable et demande que les causes de première instance lui soient directement présentées.

Sur le plan économique, Talon est un visionnaire : il rêve de manufactures en Nouvelle-France produisant des textiles, du cordage, du goudron, de la potasse, du savon, etc. Il fait de l’exploration minière dans la région de Trois-Rivières, prélude aux forges du Saint-Maurice du XVIIIe siècle, s’efforce de créer un réseau d’alliances pour la traite des fourrures, sans parler de la brasserie qu’il construit à Québec pour la production de bière locale. À son départ, le visage de la Nouvelle-France avait grandement changé!

Bibliothèque et Archives Canada conserve plusieurs copies de documents historiques rédigés par Talon, notamment ses mémoires et observations sur l’état de la colonie, correspondances, ainsi que les recensements tenus en 1666 et 1667.

Les Filles du roi (1663-1673)

L’été 2013 marque le 350e anniversaire de l’arrivée du premier contingent en Nouvelle-France des Filles du roi, ancêtres de nombreuses familles canadiennes-françaises. Plusieurs célébrations sont prévues un peu partout au Québec, le point culminant étant les « Fêtes de la Nouvelle-France » qui se tiendront du 7 au 11 août 2013 à Québec.

De 1663 à 1673, le roi Louis XIV a soutenu l’établissement de femmes, jeunes et souvent orphelines, en assumant leurs frais de voyage, en leur fournissant une dot d’un montant moyen de 50 livres et un petit coffre appelé « cassette » contenant des vêtements et articles de couture. En échange, ces femmes s’engageaient à se marier dès leur arrivée en Nouvelle-France, à fonder une famille et à soutenir leurs époux dans les travaux de la terre. Grâce à elles, la colonie de la Nouvelle-France et sa population se sont développées.

En 1663, le premier contingent était constitué de 36 jeunes femmes; sur une période de dix ans, soit de 1663 à 1673, on estime que près de 800 autres femmes sont venues en Nouvelle-France.

Afin de savoir si l’une de vos ancêtres était une Fille du roi, vous pouvez consulter de nombreuses publications ou revues généalogiques. Par contre, l’ouvrage de référence clé, qui comprend des notices biographiques, demeure Les Filles du roi au XVIIe siècle, orphelines en France, pionnières au Canada, par Yves Landry et publié en 1992 (AMICUS 11402134). Vous pouvez aussi consulter le site de la Société d’histoire des Filles du Roy.

Dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada, on retrouve plusieurs documents historiques, notamment la correspondance échangée entre le gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac, l’intendant Jean Talon et le ministre de la Marine Jean-Baptiste Colbert, qui contiennent des renseignements sur ce mouvement d’immigration, notamment une lettre en date du 27 octobre 1667 (MIKAN 3037238) et un mémoire rédigé le 10 novembre 1670 (MIKAN 3037252).

Toile représentant l'arrivée de femmes destinées à marier les cultivateurs canadiens-français, à Québec, en 1667.

L’arrivée des Filles du roi. Source