Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Mackenzie King : contre sa volonté »

Bibliothèque et Archives Canada diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion, « Mackenzie King : contre sa volonté ».

Photo noir et blanc de William Lyon Mackenzie King assis sur son perron.

William Lyon Mackenzie King est le premier ministre du Canada qui est demeuré le plus longtemps en poste. De plus en plus, on s’entend aussi pour dire qu’il fut l’un des plus grands premiers ministres de notre histoire. Les réalisations de King ne se sont pas limitées au domaine de la politique. Correspondant prolifique, il a aussi tenu un journal presque quotidien, de 1893 jusqu’aux jours ayant précédé sa mort en 1950. King y fait un compte rendu minutieux de sa vie en politique, en plus d’y consigner des détails fascinants sur sa vie personnelle.

Dans l’épisode d’aujourd’hui, nous discutons avec Christopher Dummitt, professeur et auteur dont le plus récent livre raconte l’histoire de ce journal et de sa publication.

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Le début des Conclusions : documenter l’exercice du pouvoir

Par Michael Dufresne

Saviez-vous que des documents ont récemment été ajoutés à la base de données « Conclusions du Cabinet »? Vous pouvez maintenant y consulter les registres des présences, les ordres du jour et les procès-verbaux du Cabinet pour la période allant de 1977 à 1979. (Les procès-verbaux, bien qu’ils ne soient pas un compte rendu textuel des réunions du Cabinet, donnent d’excellents résumés des discussions et des diverses positions prises par ses membres.)

Tous ces documents chevauchent le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau et celui, de courte durée, de Joe Clark. Ils couronnent le long préambule au rapatriement de la Constitution et à l’avènement de la Charte des droits et libertés. Volet important de la mémoire institutionnelle du gouvernement fédéral, ils abordent un éventail de sujets, de préoccupations, d’inquiétudes et de possibilités auxquels sont confrontées les institutions les plus puissantes de notre système parlementaire.

Dessin à la plume et au pinceau montrant un homme debout sur une piste de cirque, tenant un fouet et lisant un livre, pendant qu’un lion assis sur une plateforme surélevée regarde par-dessus son épaule.

Cette caricature politique de John Collins montre Joe Clark en dompteur de lions, lisant le livre How to Control Gov’t Spending [Comment contrôler les dépenses du gouvernement]. Au bas de la caricature, on peut lire ce titre : « Does it bother you if I read over your shoulder? » [Puis-je lire par-dessus votre épaule?] Source : The Gazette, Montréal, 1979. Droit d’auteur détenu par Bibliothèque et Archives Canada (MIKAN 2863264)

Cela semble aller de soi qu’un État démocratique fera preuve d’une certaine transparence envers ceux qui veulent savoir pourquoi et comment se prennent les décisions. Or, s’il est vrai que nous pouvons remonter bien avant les années 1940 pour retracer notre patrimoine démocratique, vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’avant cette époque, le Cabinet ne préparait jamais d’ordres du jour et de procès-verbaux de ses délibérations. Il peut s’en dégager une impression exagérée du pouvoir du premier ministre. Dans son livre Right Honourable Men: The Descent of Canadian Politics from Macdonald to Mulroney, l’historien Michael Bliss écrit : « On racontait que lorsqu’il marmonnait tout seul, Bennett tenait une réunion du Cabinet. » [Traduction] Et faute de documents officiels pour consigner les discussions du Cabinet, qui contredira la mémoire d’un premier ministre?

De 1867 à 1940, six hommes ont tour à tour été greffier du Conseil privé; leurs fonctions étaient à l’image du rôle relativement modeste que jouait l’État dans la société canadienne avant la Deuxième Guerre mondiale. Mais la nomination d’Arnold Danforth Patrick Heeney, en 1940, marqua un tournant : septième greffier du Conseil privé, il devint également le tout premier secrétaire du Cabinet.

Dès son arrivée à Ottawa, il fut surpris du manque de rigueur avec laquelle se faisait le travail. « J’ai trouvé bouleversant d’apprendre, écrit Heeney dans son autobiographie The Things that are Caesar’s, que le plus haut comité au pays travaillait de façon à ce point désordonnée qu’il n’utilisait pas d’ordres du jour ni de procès-verbaux. Plus j’en apprenais sur les pratiques du Cabinet, plus j’avais peine à comprendre comment un tel régime pouvait même fonctionner. » [Traduction]

Les changements qu’on apporta alors au Bureau du Conseil privé s’inspiraient des réformes menées en 1916 par sir Maurice Hankey au sein du Conseil privé du Royaume-Uni. L’on prenait ainsi acte, du moins en partie, de la pression accrue de gouverner à l’ère moderne. La possibilité d’une réforme faisait l’objet de discussions depuis plusieurs années, mais rien n’avait été fait. Pourquoi en 1940, alors? Compte tenu de la difficulté de gouverner tout en participant à la Deuxième Guerre mondiale, il fallait modifier la façon dont le gouvernement organisait et documentait ses délibérations et ses actions. Le décret C.-P. 1940-1121 du Conseil privé du 25 mars 1940 annonçait les débuts du Bureau du Conseil privé moderne. Il se lit en partie comme suit :

« La forte augmentation de la charge de travail du Cabinet (…) oblige à prendre des dispositions pour l’exécution de tâches de secrétariat supplémentaires visant principalement à produire l’ordre du jour des réunions du Cabinet, à fournir les renseignements et les documents nécessaires aux délibérations du Cabinet et à préparer les comptes rendus des résultats à communiquer aux ministères concernés. » [Traduction]

Ce décret a marqué un changement important dans l’univers de l’information gouvernementale, mais ce n’est qu’en 1944 que les Conclusions du Cabinet ont officiellement vu le jour et commencé à être préservées. En l’absence de ces documents officiels, les chercheurs doivent consulter les documents personnels des premiers ministres pour espérer y découvrir une forme quelconque de documentation des réunions du Cabinet.

Les Conclusions du Cabinet ont une valeur pratique pour l’administration de l’État; elles sont aussi importantes du point de vue démocratique, puisqu’elles nous permettent de mieux comprendre les affaires de l’État. Plus que de simples instruments de bureaucratie moderne, elles offrent un regard de l’intérieur sur les délibérations, les discussions, les débats et les décisions des élus les plus puissants du gouvernement fédéral et, dans une certaine mesure, des hauts fonctionnaires à leur service. En acquérant et en conservant ces documents et en y facilitant l’accès, Bibliothèque et Archives Canada lève un voile sur le fonctionnement de notre pays.

Les ajouts les plus récents à la base de données concluent les années 1970 et jetteront un nouvel éclairage sur l’histoire du Canada et le gouvernement fédéral, et en particulier sur les personnes chargées de le diriger. Vous pouvez faire des recherches dans les Conclusions du Cabinet par mot-clé (un mot de votre choix, ou un mot tiré d’une liste témoignant de quelques-uns des grands enjeux retenant chaque année l’attention du gouvernement), ainsi que par date, par ordre du jour et par registre de participation.

Les Conclusions offrent plus que des preuves documentaires des délibérations et des décisions du gouvernement : elles permettent aussi de découvrir d’autres documents du Cabinet. En d’autres mots, elles peuvent vous donner les réponses que vous cherchiez, mais aussi vous lancer à la recherche de meilleures réponses, plus nombreuses encore. Les Conclusions mènent aussi vers des documents connexes du Cabinet, dont les documents d’information et les mémoires ayant alimenté les discussions au sein du Cabinet. Ces documents ne sont pas numérisés et ne figurent pas dans la base de données. Toutefois, vous trouverez des références à leur sujet dans les Conclusions; après en avoir obtenu le numéro, vous pourrez les repérer à l’aide de l’instrument de recherche 2-15, en indiquant l’année de leur création.

Consultez la base de données Conclusions du Cabinet pour de plus amples instructions sur les options de recherche.

Ressources connexes


Michael Dufresne est archiviste à la Division des archives gouvernementales de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Diplomate, premier ministre et érudit : souvenons-nous de Lester B. Pearson

Par Mariam Lafrenie

Il va sans dire que le très honorable Lester B. Pearson a accompli bien des choses dans sa vie. Et il a toujours excellé sur les plans politique, académique et, même, athlétique. L’héritage et l’influence de Lester B. Pearson se sont fait sentir avant qu’il devienne le 19e premier ministre du Canada, alors qu’il était président du conseil de l’OTAN (1951) et président de l’Assemblée générale des Nations Unies (1952), et quand il a reçu le prix Nobel de la paix (1957).

« Après cinq ans, il laisse néanmoins un héritage impressionnant : un nouveau drapeau, le Régime de pensions du Canada, une assurance-maladie universelle, une nouvelle loi sur l’immigration, un fonds de développement économique rural et la Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme, qui amènera la mise en place d’une fonction publique bilingue. »

Extrait de « Premier parmi ses pairs »

Photographie en noir et blanc d’un couple en tenue soignée. L’homme tient une boîte contenant une médaille.

Lester B. Pearson et son épouse, Maryon, à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix tenue à Oslo, en Norvège, en décembre 1957. Photographie par Duncan Cameron (MIKAN 3209893)

Photographie en noir et blanc d’un homme debout devant une salle pleine de gens auxquels il s’adresse.

Lester B. Pearson à la Conférence des Nations Unies sur l’Organisation internationale, San Francisco, Californie, États-Unis, 1945 (MIKAN 3623018)

Grimpant les échelons rapidement et passant d’un portefeuille à un autre, Lester B. Pearson montre qu’il est talentueux et digne d’être diplomate. Après 20 ans de carrière aux Affaires étrangères, il poursuit son chemin jalonné de réussites en devenant chef du Parti libéral (1958-1968) au cours de la décennie suivante. Sans aucun doute, il accomplit certaines de ses réalisations les plus formidables – sinon les plus importantes – alors qu’il est premier ministre.

Un drapeau pour le Canada

La quête d’un drapeau canadien – représentant ce que le Canada est devenu au cours du siècle écoulé et ce que Lester B. Pearson espère qu’il deviendra – suscite la controverse et d’âpres débats. De fait, comme plusieurs s’en souviendront, le débat sur le drapeau occupe une bonne partie de l’année 1964, année au cours de laquelle des Canadiens jeunes et vieux soumettent environ 3 000 suggestions de drapeau.

« Puisse ce drapeau inspirer à nos jeunes un sentiment nouveau de loyauté envers le Canada, un patriotisme fondé, non pas sur le nationalisme mesquin et étroit, mais sur l’égale et profonde fierté de tous les Canadiens pour chaque région de ce beau pays. »

Discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du drapeau national du Canada,
le 15 février 1965

Ces mots, prononcés par Lester B. Pearson lors de l’inauguration de l’unifolié (en anglais), le 15 février 1965, sur la colline du Parlement, mettent précisément l’accent sur ce qu’il souhaite réaliser : une identité uniquement canadienne. Peu de premiers ministres ont laissé un héritage aussi grand que Lester B. Pearson, créateur d’un tout nouveau symbole culturel pour son pays.

Photographie en noir et blanc d’un homme tenant une illustration de l’unifolié.

Conférence de presse de Lester B. Pearson sur le nouveau drapeau, décembre 1964. Photographie par Duncan Cameron (MIKAN 5012164)

Une année de célébration

Non seulement Lester B. Pearson est-il responsable de plaider pour un nouveau drapeau canadien, mais il est assez chanceux pour conserver son poste pendant l’année du centenaire du Canada. Dans le discours qu’il prononce le 1er juillet 1967, à l’occasion de la fête du Dominion, il demande aux Canadiens de célébrer leur passé et leurs accomplissements, mais il leur demande aussi de songer à l’avenir et à l’héritage qu’ils pourraient laisser à la prochaine génération de Canadiens. L’année 1967 a été remplie de célébrations, un peu comme 2017 : nous célébrons le 150e anniversaire de la Confédération et pensons à l’avenir de notre nation.

Les célébrations du centenaire ont deux objectifs : organiser des activités mémorables pour les Canadiens et laisser un héritage tangible dont les générations actuelle et future pourront jouir. De fait, les gouvernements provincial et fédéral encouragent les Canadiens à célébrer en créant leurs propres projets pour le centenaire – films, défilés et festivals, tatouages, centres récréatifs, stades – et ils acceptent de leur donner plus de financement. L’une des célébrations les plus mémorables est celle de l’Exposition universelle de 1967 ou Expo 67, son diminutif. Expo 67, ouverte du 27 avril au 29 octobre, est l’une des expositions universelles les plus réussies. Elle marque un tournant pour le Canada.

Photographie en couleurs d’un groupe d’hommes debout devant l’agrandissement d’une carte de la Nouvelle-France.

Jour d’ouverture à Expo 67 avec le commissaire général, Pierre Dupuy; le gouverneur général du Canada, Roland Michener; le premier ministre du Canada, Lester Bowles Pearson; le premier ministre du Québec, Daniel Johnson père; et le maire de Montréal, Jean Drapeau. (MIKAN 3625029)

Pour beaucoup de Canadiens, le summum de la nostalgie constitue l’une des caractéristiques de l’année 1967, mais cette année est aussi remplie d’optimisme. Grâce à cet optimisme et aux dépenses gouvernementales plus élevées, la popularité de Lester B. Pearson augmente rapidement, ce qui renforce ses réalisations comme premier ministre et permet d’étendre le soutien des Canadiens au Parti libéral.

Conclusion

Le 27 décembre 1972, il y a 45 ans, après une carrière politique longue et réussie, Lester B. Pearson s’éteint. Son décès touche de nombreux Canadiens : plus de 1 200 personnes assistent à son service funèbre pour lui rendre un dernier hommage. Lester B. Pearson est toujours présent de nos jours grâce aux multiples prix et édifices portant son nom. Ayant jeté les bases de ce que de nombreux Canadiens et la collectivité internationale aiment au sujet du Canada, il a contribué à façonner le Canada actuel.

Photographie en noir et blanc d’un homme debout près d’un édifice doté d’une architecture intéressante.

Le premier ministre du Canada Lester B. Pearson devant le Katimavik (lieu de réunion) du pavillon du Canada, à Expo 67 (MIKAN 3626376)

Le fonds Lester B. Pearson conservé par Bibliothèque et Archives Canada comprend 435,71 mètres de documents textuels, plus de 3 500 photographies, 315 enregistrements audio de divers formats, trois films totalisant 47 minutes, 54 œuvres documentaires et 98 médailles.

Liens connexes


Mariam Lafrenie est une étudiante de premier cycle et chercheuse attachée à l’Université Queen’s qui a travaillé à la Direction générale des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada à l’été 2017.

 

La naissance du Canada à travers les yeux de lady Susan Macdonald

Par Ayla Maud

Comme le dit le vieil adage, « derrière chaque grand homme, il y a une grande femme ». Mais quand avons-nous la chance de connaître ces grandes femmes? Nous les voyons, debout à côté de leurs illustres époux, mais savons-nous vraiment quelle a été leur contribution à l’ombre des regards? Cet été, Bibliothèque et Archives Canada nous a proposé de découvrir les pensées intimes de l’une de ces grandes dames : lady Susan Agnes Macdonald (née Susan Agnes Bernard).

Susan Bernard épouse en 1867 sir John Alexander Macdonald, le premier titulaire du poste de premier ministre du Canada (ou Dominion du Canada, comme le pays s’appelait à l’époque). Cinq jours après l’entrée en fonction de sir John Macdonald, son épouse entreprend de documenter leur nouvelle vie. Le journal manuscrit de Susan Macdonald a été entièrement numérisé cet été pour souligner le 150e anniversaire du Canada et mis en ligne aux fins de transcription par le grand public. En plus d’offrir un regard inédit sur l’arrivée d’une nouvelle venue dans la haute société de l’époque, lady Susan Macdonald livre ses réflexions concernant la formation du Dominion du Canada. Elle apporte un témoignage de première main sur de grands moments de l’histoire que plusieurs d’entre nous avons étudiés à l’école.

Page d’un journal intime écrite à l’encre en lettres cursives.

Une page manuscrite montrant le premier texte écrit par lady Susan Macdonald dans son journal, daté du vendredi 5 juillet 1867 (MIKAN 129069)

Ce qui frappe d’abord à la lecture des premières réflexions et expériences de lady Macdonald, c’est l’amour qu’elle voue à son mari. À de nombreuses occasions, elle parle avec enthousiasme de la patience de sir John, de son amour et de sa capacité à toujours donner le meilleur de lui-même. Susan Macdonald est une alliée indéfectible de son mari, autant dans sa carrière que dans sa vie personnelle. Par amour, elle n’hésite pas à l’accompagner dans ses nombreux voyages, missions de travail pour
l’édification de la confédération, activités sociales et autres événements.

Une photographie en noir et blanc d’une femme qui regarde légèrement vers la gauche. Ses cheveux sont séparés par une raie au milieu et attachés derrière la nuque; elle porte une robe du soir dégageant les épaules.

Macdonald of Earnscliffe, Agnes Macdonald, baronne. Photographiée par William Topley, septembre 1873 (MIKAN 3624847)

Parce qu’elle s’intéresse vivement à la carrière politique de son mari, Susan Macdonald est en mesure de témoigner d’une multitude d’événements considérés comme des moments charnières dans la plupart des cours d’histoire aujourd’hui. Ainsi, on trouve dans son journal plusieurs passages rédigés après l’assassinat de Thomas D’Arcy McGee, un des Pères de la Confédération, et le procès qui a suivi. Lady Susan y note plusieurs informations précises concernant la mort de McGee (par exemple, qu’il a été tué alors qu’il déverrouillait la porte de sa maison en rentrant chez lui un soir), les opinions qui circulaient dans la population à l’époque et les méthodes utilisées pour recueillir des preuves contre Patrick Whelan, le présumé assassin.

Le journal de Susan Agnes Macdonald offre aux lecteurs la chance de remonter dans le temps jusqu’à la fin des années 1860 et de découvrir (bien qu’il s’agisse du point de vue d’une personne en particulier) tout un pan de la société canadienne d’autrefois. Ce n’est pas seulement en faisant connaître l’opinion du public sur certains événements que lady Macdonald brosse un tableau de sa vie à l’intention des générations futures, c’est aussi dans sa manière de décrire Ottawa à chaque époque de l’année, nous permettant de comparer la ville d’alors avec ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Susan Macdonald relate en détail certains repas et les coutumes observées à l’occasion, dont quelques-unes diffèrent passablement des pratiques actuelles. La foi religieuse est un thème récurrent dans son journal. Qu’elle mentionne avoir assisté à un service religieux ou documente des prières qu’elle souhaite voir exaucer,
chacun de ces passages illustre des moments de sa vie spirituelle et de celle de son mari.

Une aquarelle représentant un voilier orange sur l’eau près d’une plage. Il y a de petites vagues le long du rivage. Derrière le voilier se dresse une falaise qui descend vers une vallée. Les couleurs utilisées sont l’orange, le brun, le vert et le bleu.

Aquarelle réalisée par lady Susan Macdonald, non datée (MIKAN 161120)

On peut facilement se reconnaître dans certains passages du journal de lady Macdonald où elle parle de ses inquiétudes face à ses nouvelles responsabilités en tant qu’épouse de premier ministre. Tout comme vous et moi pouvons éprouver certaines appréhensions en abordant un nouveau chapitre de notre vie, elle se dit nerveuse et craint de ne pas savoir comment se comporter. À un moment, elle se décrit comme « une novice » dans sa nouvelle vie.

Une photographie en noir et blanc d’une femme portant une robe longue de couleur foncée. Ses cheveux sont blancs et coiffés en chignon.

Macdonald of Earnscliffe, Agnes Macdonald, baronne. Photographie prise par William Topley, non datée (MIKAN 3623447)

La transcription du journal de lady Susan Agnes Macdonald est maintenant terminée, mais le journal numérisé est toujours disponible en ligne. Il offre un bon aperçu non seulement du genre de femme qu’était madame Macdonald, mais aussi de ce qu’était le Canada à ses débuts.


Ayla Maud est étudiante assistante de projet à la Division des services régionaux et de l’AIPRP, à la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada

Images de Canadiens d’origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale maintenant sur Flickr

Chronologie

7 décembre 1941 – Le Japon attaque Pearl Harbor, à Hawaï, aux États-Unis. Les forces japonaises envahissent aussi Hong Kong, la Malaisie et les zones avoisinantes, ce qui déclenche les affrontements du Pacifique pendant la Deuxième Guerre mondiale.

8 décembre 1941 – Le Canada invoque la Loi sur les mesures de guerre et déclare que les Canadiens d’origine japonaise et les immigrants récents sont les sujets d’un pays ennemi qui doivent être dépouillés de leurs droits individuels et de propriété. Plus de 1 200 bateaux de pêche appartenant à des Canadiens d’origine japonaise sont confisqués au large de la Colombie-Britannique, à titre de mesure défensive contre les efforts de guerre du Japon dans le Pacifique.

 Photographie en noir et blanc de six bateaux de pêche appartenant à des Canadiens d’origine japonaise, confisqués trois jours après l’attaque de Pearl Harbor et attachés à un plus gros bateau.

Six bateaux de pêche appartenant à des Canadiens d’origine japonaise. Ils ont été rassemblés par la Réserve des pêcheurs de la Marine royale canadienne (Colombie-Britannique) (MIKAN 3623281)

14 janvier 1942 – Le Canada ordonne le rassemblement des hommes d’origine japonaise âgés de 18 à 45 ans en vue de leur déplacement vers la région intérieure de la Colombie-Britannique. Leurs biens personnels, comme les maisons et les voitures, sont saisis et vendus pour aider à payer leur détention dans les camps d’internement. Aucun Canadien d’origine japonaise ne peut posséder de radio, acheter d’essence ou pêcher pendant la guerre. Les personnes détenues après le 14 janvier sont envoyées dans des camps d’internement en Alberta.

Photographie en noir et blanc de trois Canadiens d’origine japonaise qui chargent un wagon à destination d’un camp d’internement de la région intérieure de la Colombie-Britannique.

Canadiens d’origine japonaise chargeant un train qui se rend à des camps de la région intérieure de la Colombie-Britannique (MIKAN 3624396)

24 février 1942 – C’est le début de l’internement à grande échelle des Canadiens d’origine japonaise. Au total, 21 000 Canadiens d’origine japonaise et immigrants récents sont envoyés dans des camps d’internement. À mesure que la guerre se prolonge, leurs droits et libertés seront de plus en plus restreints.

Photographie en noir et blanc de nombreuses familles de Canadiens d’origine japonaise à une aire de rassemblement. Elles prennent place à l’arrière de camions pour leur déplacement vers un camp d’internement de la région intérieure de la Colombie-Britannique.

Canadiens d’origine japonaise dans la boîte de camions pour leur déplacement vers des camps de la région intérieure de la Colombie-Britannique (MIKAN 3624392)

Du 2 septembre 1945 au 1er avril 1949 – La Deuxième Guerre mondiale prend fin en 1945, mais on oblige les Canadiens d’origine japonaise à rester dans les camps d’internement ou dans des régions éloignées des côtes canadiennes jusqu’en 1949. Le gouvernement du Canada offre à des personnes et familles un rapatriement au Japon, tandis que d’autres sont exemptées et peuvent rester au Canada. Plus tard, toutes les restrictions relatives au déplacement sont levées. Les Canadiens d’origine japonaise peuvent alors retourner dans les régions côtières de la Colombie-Britannique. Il n’y a pas de compensation pour la saisie des propriétés et l’internement forcé.

Photographie en noir et blanc de Canadiens d’origine japonaise se procurant des articles dans un magasin du camp d’internement de Slocan, en Colombie-Britannique. Un homme blanc portant un brassard les observe.

Canadiens d’origine japonaise achetant des articles au magasin d’un camp d’internement, Slocan (Colombie-Britannique) (MIKAN 3624388)

22 septembre 1988 – Après trente-neuf années de pressions exercées par les Canadiens d’origine japonaise touchés par les mesures prises par les dirigeants de l’époque en vertu de la Loi sur les mesures de guerre, le gouvernement du Canada s’excuse officiellement et les indemnise.

Visitez l’album Flickr maintenant!

Nouveau fonds d’archives – Ambassadeur Arthur R. Menzies

Par Patrick Latulippe

Aimeriez-vous découvrir l’extraordinaire histoire d’un Canadien né en Chine, qui est plus tard retourné en République populaire de Chine comme ambassadeur du Canada? Désirez-vous comprendre les subtilités et la profondeur des fonctions et activités des ambassadeurs du Canada à l’étranger?

Grâce à la récente acquisition du fonds Arthur R. Menzies par Bibliothèque et Archives Canada (BAC), vous pouvez maintenant accéder à ce matériel exceptionnel. Les archives de ce diplomate ayant travaillé principalement en Asie et de ce haut fonctionnaire qui a représenté le Canada dans plus d’une dizaine de pays durant plus de 30 ans comprennent des milliers de lettres manuscrites relatant sa vie personnelle et professionnelle.

Photographie en noir et blanc montrant trois garçons sur des vélos.

Le jeune Arthur Menzies en Chine, à vélo (à gauche). Vacances d’été à Pei Tai Ho, Chine, 1930-1935 (MIKAN 4976252)

Ces archives, soigneusement conservées par la famille Menzies durant plus d’un demi-siècle, permettront aux chercheurs de découvrir les détails de la fabuleuse vie et carrière de Son Excellence l’Ambassadeur Menzies.

Notice biographiqueExemples intéressants de matériel archivistique présent dans le fonds

Carnets de voyage autour du monde

La famille Menzies part à la découverte du monde en 1928. Cette aventure inspirante est décrite avec beaucoup de détails dans les carnets de voyage autour du monde tenus par la mère, Annie Menzies, et par les trois enfants de la famille : Arthur, Frances et Marion Menzies. Cette partie du fonds permet de comprendre l’origine des premières aventures extraordinaires d’Arthur Menzies à l’international. Il est ensuite pertinent d’interpréter ces expériences en lien avec les responsabilités de l’ambassadeur Menzies en Asie, en Océanie et en Europe.

Photo en couleur montrant deux pages d’un journal personnel.

Deux pages du carnet de voyage autour du monde d’Annie Menzies, 1928 (MIKAN 4976256)

Correspondance

Une des séries les plus intéressantes de ce fonds est sans contredit la série correspondance. Elle comporte plus de dix boîtes de correspondance (plus de deux mètres de lettres, chaque boîte comprenant des centaines de lettres!) en provenance ou à destination de la famille Menzies. Cette correspondance permet aux Canadiens de découvrir la complexité des relations amicales et familiales lorsque le travail dans des postes diplomatiques amène une partie de la famille à l’étranger, alors qu’une autre partie reste au Canada. L’évolution de ces relations dans le temps, par exemple lorsque les enfants sont plus grands et ne suivent plus les parents dans les postes à l’étranger, est passionnante. On peut aussi sentir l’attachement à l’égard des amis qui résident loin de la famille Menzies durant plusieurs années. La correspondance est riche et constante avec plusieurs amis, collègues et membres des familles Redpath, Menzies, Sedgwick et Skelton. Enfin, la période de 1965 à 1972 a même fait l’objet d’un livre, Australia & the South Pacific, Letters Home, 1965-1972, publié par Arthur R. Menzies en 2009. Des sources qui combleront sans aucun doute les chercheurs les plus méticuleux!

Une lettre dactylographié parlant de détails vis-à-vis un prochain déménagement.

Une lettre personnelle d’Arthur Menzies à Mme Skelton, sa belle-mère (MIKAN 4976262)

Australie et Pacifique Sud

L’ambassadeur Menzies a aussi été représentant du Canada à l’étranger à des moments clés de l’histoire. Par exemple, il était haut-commissaire en Australie lorsque les îles Fidji ont obtenu leur indépendance du Royaume-Uni. M. Menzies est alors devenu de facto le premier haut-commissaire du Canada aux Fidji, en plus de garder son poste pour l’Australie et d’entretenir des liens avec d’autres colonies britanniques de la région qui obtiendront leur indépendance plus tard dans les années 1970, comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les îles Salomon.

Photographie en couleurs d’un homme portant un short, une chemise et des sandales. Une caméra munie d’une courroie pend à son cou. Il se tient debout à côté d’un homme qui porte un short et un masque élaboré.

Kenneth Menzies (à gauche) avec un homme masqué en Papouasie-Nouvelle-Guinée, 5 juillet 1967 (MIKAN 4976273)

Chine et Vietnam

M. Menzies est nommé ambassadeur du Canada en Chine et au Vietnam en 1976, probablement le poste le plus important de sa carrière. Sa maîtrise du mandarin et son expérience ont sans doute fait pencher la balance. Pour M. Menzies, ce poste marque un retour à son pays natal. La série du fonds d’archives couvrant cette période est aussi riche en photographies. Elle documente les dizaines de visites de Madame et Monsieur Menzies aux quatre coins de ces pays.

Photographie en noir et blanc de deux hommes qui se saluent. L’un des deux hommes tient un bout de papier et le tend à l’autre. Un homme se trouvant à l’arrière-plan regarde la scène.

L’ambassadeur Menzies présentant ses lettres de créance à un représentant de la Chine, 1976 (MIKAN 4976275)

Sans oublier…

Arthur R. Menzies a aussi écrit de nombreux livres et articles, principalement sur sa vie à titre d’ambassadeur. Le fonds largement accessible à tous nous permettra de consulter des notes et ébauches qui ont mené aux publications finales.

Le fonds est aussi extraordinairement riche en photographies (5 103 photos : 1 300 en noir et blanc et 3 803 en couleurs), ce qui permet de découvrir des régions et coins de pays difficilement accessibles encore aujourd’hui comme les îles Fidji et la Birmanie (le Myanmar). Ces supports visuels sont souvent datés et annotés. Une recherche approfondie peut donc mener aux itinéraires précis des missions de représentation du Canada menées par l’ambassadeur partout dans le monde.

En conclusion, il est maintenant possible d’approfondir nos recherches sur ce personnage clé de l’histoire diplomatique du Canada du 20e siècle, grâce à son fonds d’archives offrant un large éventail de matériel conservé à Bibliothèque et Archives Canada. L’invitation est donc lancée!


Patrick Latulippe est archiviste à la Direction des archives privées de science et de gouvernance à Bibliothèque et Archives Canada.

Les premiers habitants européens à Montréal

Par Karine Bellerose Caldwell

Le 17 mai 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve, Jeanne Mance et un groupe de colons fondèrent Ville-Marie sur une terre concédée par la Compagnie des Cent-Associés, malgré les tentatives du gouverneur Charles Huault de Montmagny, qui voulait les convaincre de choisir l’île d’Orléans. Leur établissement, aujourd’hui connu sous le nom de Pointe-à-Callière, avait un but précis : Maisonneuve et ses compagnons, membres de la Société Notre-Dame de Montréal pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France, voulaient convertir les Amérindiens au catholicisme et vivre pieusement dans la nouvelle colonie.

Comme ailleurs en Nouvelle-France, le peuplement de Ville-Marie se fit toutefois difficilement, en raison du climat et des difficultés géographiques, de la crainte d’attaques iroquoises et du nombre restreint de colons envoyés dans la colonie. Une décennie après l’arrivée de la Société Notre-Dame de Montréal, la population totale ne s’élevait qu’à une cinquantaine de personnes. Pour pallier ce manque et maintenir une présence française sur l’île, Maisonneuve retourna en France en 1651 dans l’espoir de recruter des gens prêts à le suivre dans cette région lointaine. Il revint à Ville-Marie deux ans plus tard, accompagné d’une centaine de colons. Bien que cet apport ait augmenté de manière significative la population de l’époque, ce n’est que vers la fin du XVIIe siècle, après l’arrivée des Filles du roi et du régiment de Carignan-Salières, que la population de Ville-Marie connut un accroissement considérable, suivant la tendance du peuplement en Nouvelle-France. Afin de souligner le 375e anniversaire de la fondation de Montréal, Bibliothèque et Archives Canada présente une petite collection de documents originaux racontant les efforts de colonisation de l’île de Montréal dans la première décennie après l’arrivée de la Société Notre-Dame de Montréal. L’un de ces documents révèle les noms de personnages ayant joué un rôle important dans l’établissement de la colonie. C’est le cas de Jean Saint-Pierre, premier greffier et notaire de Ville-Marie, de Gilbert Barbier, arpenteur et marguillier de la Ville, et de Lambert Closse, marchand, seigneur et gouverneur intérimaire de Ville-Marie, qui déclarèrent par écrit que la Compagnie de Montréal était quitte de toute obligation à leur égard, en retour des concessions accordées et de certaines promesses de Maisonneuve.

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Sir Wilfrid Laurier—175e anniversaire de naissance

Par Michael MacDonald

Il y a cent soixante-quinze ans, le très honorable sir Wilfrid Laurier naissait dans la paroisse de Saint‑Lin, dans le Bas‑Canada (aujourd’hui Saint‑Lin‑Laurentides, au Québec). Wilfrid Laurier est généralement perçu comme l’un des plus grands premiers ministres du Canada et il est celui qui eut le plus long mandat ininterrompu de premier ministre.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède une multitude de documents qui révèlent de nombreuses histoires sur Wilfrid Laurier, bien connu pour son désir de construire un Canada autonome qui inclut les cultures anglaises et françaises, sa volonté de séparer l’Église de l’État, son opposition à la conscription et son appui au Québec, ainsi que pour sa garde-robe soignée et son charisme.

Cinq photographies en noir et blanc de la même personne côte à côte aux âges approximatifs suivants, de gauche à droite : 24, 33, 50, 65 et 70 ans.

Un montage de cinq photographies de Wilfrid Laurier à différents moments de sa vie. (Sources des images de gauche à droite, numéros MIKAN 3218126, 3194714, 3623432, 3218138 et 3628621.)

Il n’est pas nécessaire d’être un universitaire pour avoir accès à ces fascinants documents sur Wilfrid Laurier; il suffit d’utiliser la base de données des documents archivés de BAC pour trouver ces petits trésors, Recherche de fonds d’archives. Une recherche sur « Wilfrid Laurier » donnera plus de 60 870 documents et BAC en ajoute régulièrement d’autres.

Vous pouvez même trouver plus de documents et de renseignements sur les pages Web de BAC comme Premiers parmi ses pairs (ou la version pour les enfants), Fonds des premiers ministres, Maison Laurier, et notre guide thématique sur la guerre de l’Afrique du Sud, pour n’en nommer que quelques-uns. (Pour la liste des ressources générales sur les politiques, veuillez vous reporter à Politique et gouvernement.)

Une capture d’écran d’une page Web montrant les résultats d’une recherche sur « Wilfrid Laurier » à l’aide de la Recherche de fonds d’archives de <abbr title=

Bien qu’il y ait de toute évidence une multitude de documents à mentionner, nous vous présentons ci‑dessous quatre exemples des sujets les moins connus sur Wilfrid Laurier, que vous pouvez trouver sur notre site Web.

Laurier, le militaire

Bon nombre de personnes pensent que Wilfrid Laurier était opposé aux militaires, car il était contre la conscription et le recrutement forcé des forces armées pour les guerres impériales comme la seconde guerre des Boers et la Première Guerre mondiale. Cependant, peu de gens réalisent que Wilfrid Laurier a servi dans la milice, ainsi que son père et son grand-père.

Deux documents manuscrits, côte à côte. Il s’agit, à gauche, de la commission accordée à Carolus Laurier par le très honorable James, comte d’Elgin et de Kincardine, et à droite, de la commission accordée à Charles Laurier par le très honorable George, comte de Dalhousie.

Documents de commission de Carolus Laurier, à gauche, et de Charles Laurier, à droite. (Sources des images de gauche à droite, numéros MIKAN 4929182 et 4929181.)

Charles Laurier, le grand-père de sir Wilfrid Laurier, a été enrôlé à titre de capitaine dans la Division de la milice de Terrebonne, en 1825;  Carolus Laurier, le père de sir Wilfrid Laurier, était capitaine dans le 3e bataillon de Leinster, en 1847; et Wilfrid Laurier lui-même reçut la Médaille du service général du Canada en tant que lieutenant dans l’infanterie d’Arthabaskaville, en 1870, durant les Raids des fenians.

Deux photographies en noir et blanc des deux côtés de la médaille. Sur un des côtés, on voit un drapeau entouré de feuilles d’érable et, sur l’autre côté, on voit une femme portant une couronne.

La Médaille du service général du Canada (MIKAN 3638053)

Wilfrid Laurier, le bâtisseur de nation

Wilfrid Laurier fut le premier premier ministre francophone à mener les libéraux au pouvoir en manifestant son soutien au Québec, sa province natale.

La question des écoles du Manitoba fut un des premiers dossiers qu’eut à traiter Wilfrid Laurier lorsqu’il devint le septième premier ministre du Canada. Wilfrid Laurier rejeta la proposition précédente de ne pas utiliser les fonds publics pour les écoles catholiques et proposa comme compromis d’utiliser les fonds publics là où il y avait suffisamment d’étudiants catholiques pour en justifier l’utilisation. Wilfrid Laurier était tout particulièrement heureux du compromis qu’il avait réussi à trouver, compromis qu’il appelait la voie ensoleillée – une expression qui vous dit peut-être quelque chose, car elle est souvent employée par le très honorable Justin Trudeau et son gouvernement.

C’est le gouvernement de Wilfrid Laurier qui, en 1898, a établi le Yukon en tant que territoire indépendant des Territoires du Nord-Ouest et qui a créé les provinces de l’Alberta et de la Saskatchewan, en 1905. Comme vous pouvez le constater ci-dessous, la carte du Canada de 1906 était très différente de celle de 1897.

Deux cartes du Canada en couleur côte à côte.

À gauche, les divisions territoriales du Canada, aux environs de 1906 (MIKAN 4153332), et, à droite, une carte politique du Canada, aux environs de 1897 (MIKAN 4153334).

Wilfrid Laurier, l’homme au sourire à 1 000 $

Nous sommes tous habitués à voir le portrait de Wilfrid Laurier sur les billets de cinq dollars. Mais saviez-vous qu’il a également figuré sur les billets de mille dollars? Le portrait de Wilfrid Laurier se trouvait sur les billets de mille dollars des premières séries de billets de banque émis par la Banque du Canada en 1935 (voir les images ci-dessous), et une autre fois sur les séries de 1937. En 1954, la Banque du Canada a remplacé le portrait de Wilfrid Laurier par celui de la Reine Elizabeth II sur les billets de sa troisième série. Elle plaça le portrait de Wilfrid Laurier sur les billets de cinq dollars en 1986, et il en est ainsi depuis cette époque. Cela peut ressembler à une « dévaluation », mais le billet de mille dollars a cessé d’être imprimé et a été retiré de la circulation en 2000, alors que le billet de cinq dollars est le billet qui passe le plus entre les mains des Canadiens. Il est également intéressant de noter que, à part la Reine Elizabeth II, Wilfrid Laurier a été le seul à avoir eu l’honneur de voir son portrait sur les billets de mille dollars canadiens.

Deux images du billet de mille dollars côte à côte; dans sa version provisoire, à gauche, le billet est gris et jaune, et le billet définitif, à droite, est blanc et gris.

Une version provisoire du billet de mille dollars, à gauche, et la version définitive, à droite (Banque du Canada).

Les images présentées ci-dessus proviennent du site Web de la Banque du Canada, mais BAC possède d’autres croquis proposés pour le billet de mille dollars, ainsi que les diverses correspondances à ce sujet dans le fonds Wilfrid Laurier, et dans d’autres collections.

Wilfrid Laurier, l’insaisissable

Bien qu’il soit compréhensible qu’il y ait moins de films sur Wilfrid Laurier qu’il y en a sur les autres premiers ministres en raison du fait qu’il a été premier ministre de 1896 à 1911, il est assez surprenant de constater qu’il reste également peu de séquences. Un chercheur de longue date des collections de BAC m’a raconté que, quand il venait faire ses visites régulières dans les années 1980, un ancien archiviste lui avait montré la séquence ci-dessous en lui disant qu’il s’agissait de la seule que BAC possédait sur Wilfrid Laurier. Bien qu’il soit nécessaire d’effectuer des recherches plus approfondies et plus longues pour confirmer le nombre de films, une recherche préliminaire confirme effectivement qu’il en existe très peu.

La prochaine fois que vous regarderez un documentaire sur Wilfrid Laurier, portez une attention particulière à la faible quantité de séquences filmées qui y est présentée et à la façon dont les producteurs ont utilisé les photos. Pour l’instant, nous vous présentons avec plaisir cette très courte vidéo où l’on voit une séquence de Wilfrid Laurier qui dure 6 secondes seulement, suivie de ses funérailles nationales. La production de la Chaîne d’affaires publiques par câble (CPAC) Did You Know? – The History of Wilfrid Laurier (en anglais) contient la même séquence, à la 3e minute et 14 secondes de l’enregistrement.

En plus de la chaîne YouTube de BAC, qui présente un petit échantillon des vidéos de BAC, vous pouvez effectuer des recherches sur d’autres documents audiovisuels à l’aide de notre base de données sur les films, les vidéos et les enregistrements sonores.

Ressources connexes

La voie du compromis : célébrer l’héritage de sir Wilfrid Laurier (exposition)

Sir Wilfrid Laurier – 7e premier ministre du Canada

Fonds Sir Wilfrid Laurier


Michael MacDonald est archiviste à la section des archives politiques de Science, gouvernance et politique, à Bibliothèque et Archives Canada.

Images de la baladodiffusion sur Sir Wilfrid Laurier maintenant sur Flickr

Sir Wilfrid Laurier, septième premier ministre du Canada, a eu le plus long mandat ininterrompu. Il est considéré comme l’un des plus grands hommes politiques du Canada. Il avait énormément de charisme et il était charmant et passionné, qualités qui l’ont bien servi dans ses fonctions et dans sa vie personnelle. Cette passion se perçoit dans de nombreuses lettres qu’il a écrites à son épouse, Zoé. Mais peut-être pouvons-nous avoir une meilleure idée de son caractère grâce aux lettres qu’il a envoyées à Émilie Lavergne.

Un projet sur les premiers ministres pour étudier notre histoire

Mariam Lafrenie et Rachel Klassen

En collaboration avec l’Université Queen’s, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a lancé un projet visant à faire connaître les discours des premiers ministres du Canada. Pour commencer le projet, la Section des archives politiques et de gouvernance a eu le plaisir de travailler avec Mariam Lafrenie, étudiante de premier cycle et chercheuse à l’Université Queen’s. Mariam a fait les recherches sur les premiers ministres pendant l’été 2016. Ses découvertes ont aidé notre section à planifier la façon d’atteindre les principaux objectifs du projet : faciliter l’accès aux fonds des premiers ministres du Canada conservés à BAC, et aider les Canadiens à se familiariser avec l’histoire politique de leur pays. Pour conclure cette première étape du projet, nous avons demandé à Mariam de nous faire part de ses commentaires sur le projet et de nous parler des discours qu’elle a trouvés particulièrement intéressants.

Réflexions de Mariam Lafrenie

L’étude des fonds de plusieurs premiers ministres, y compris sir Charles Tupper, m’a donné un point de vue privilégié sur l’histoire et le patrimoine du Canada. J’ai pris connaissance des décisions qui ont déterminé l’avenir du pays et cerné les objectifs des Pères de la Confédération. J’ai aussi observé l’évolution de ces objectifs puisque chaque premier ministre a tenté de redéfinir l’identité et l’unité canadiennes.

Le Canada du premier ministre Louis St-Laurent donne une importance particulière à la diversité et à la liberté, et juge intolérable toute forme de discrimination et de terrorisme. Celui que les Canadiens appellent « l’oncle Louis » a géré la création de l’Organisation des Nations Unies et l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération.

Un homme âgé, debout sur une estrade, tend la main vers un groupe d’enfants.

Le premier ministre Louis St-Laurent avec un groupe d’enfants, en 1949 (MIKAN 3220798)

Le premier ministre John Diefenbaker s’est battu pour défendre le droit inaliénable à la liberté (site en anglais seulement). Dans son Canada, les Canadiens ont le droit d’exprimer leurs croyances et leurs opinions, mais ont aussi le devoir de défendre ce droit dans le monde entier.

« Je suis Canadien, un Canadien libre, libre de m’exprimer sans crainte, libre de servir Dieu comme je l’entends, libre d’appuyer les idées qui me semblent justes, libre de m’opposer à ce qui me semble injuste, libre de choisir les dirigeants de mon pays. Ce patrimoine de liberté, je m’engage à le sauvegarder pour moi-même et pour toute l’humanité. »

  • John Diefenbaker, Chambre des communes, le 1erjuillet 1960
Un homme âgé, debout, parle à un groupe de personnes assises à des bureaux.

Le premier ministre John Diefenbaker s’adresse à la Chambre des communes, le 14 octobre 1957. (MIKAN 3214921)

On se souvient de Lester Pearson pour sa persévérance et sa diplomatie. Son Canada favorise le progrès social. Pendant son passage comme premier ministre, il supervise la création du régime universel d’assurance-maladie, du Régime de pensions du Canada et de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Il est cependant surtout reconnu pour sa détermination à choisir un drapeau national digne d’un Canada indépendant et uni.

Page couverture d’un discours publié. Comprend du texte et le portrait d’un homme blanc.

Je me tiens debout pour le Canada! Discours de Lester Pearson (MIKAN 4924761)

Le premier ministre Pierre Trudeau a consacré 15 années de sa vie aux Canadiens, dirigeant le pays pendant la crise d’octobre et le referendum au Québec, en 1980. Il s’est aussi employé à unifier les Canadiens d’un océan à l’autre et à garantir leurs droits et libertés. Son Canada est devenu un pays entièrement indépendant doté de sa propre constitution.

Il y a encore beaucoup à apprendre au sujet des premiers ministres du Canada. BAC et l’Université Queen’s poursuivent leur projet pour que les fonds des premiers ministres soient plus facilement accessibles et facilitent les découvertes!

Liens connexes


Mariam Lafrenie est étudiante de premier cycle et chercheuse à l’Université Queen’s. Elle a travaillé à la Direction générale des archives privées de BAC durant l’été 2016.

Rachel Klassen est archiviste – politique à la Direction générale des archives privées de BAC.