Sergent Filip Konowal, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le dernier soldat ayant participé à la bataille de la côte 70 que nous présentons dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria est le sergent Filip Konowal, un canado-ukrainien très décoré qui est né le 15 septembre 1888, à Kutkivtsi, en Ukraine.

Photographie en noir et blanc d’un soldat portant un couvre-chef à visière orné d’une feuille d’érable. Il se tient au garde-à-vous devant une grande barrière menant au terrain du palais.

Le caporal Filip Konowal au palais de Buckingham pour la remise de la Croix de Victoria (MIKAN 3217851)

Filip Konowal sert dans l’armée impériale russe avant d’immigrer au Canada, en 1913. Formé pour enseigner le maniement de la baïonnette, il se joint au Corps expéditionnaire canadien en 1915 et sert avec le 47e Bataillon (Colombie-Britannique), au sein duquel il est promu caporal. Filip Konowal se trouve avec son bataillon à la côte 70, près de Lens, en France, lorsque sa bravoure et sa détermination pendant les trois jours de la bataille, du 22 au 24 août, lui font obtenir la Croix de Victoria.

Alors qu’il dirige sa section à travers les défenses allemandes en liquidant les caves, les cratères et les emplacements de mitrailleuse, le caporal Konowal protège ses hommes et se bat avec un certain nombre de soldats allemands. Ses efforts ne s’arrêtent pas là. Selon sa citation :

[Traduction libre]

« Arrivé à l’un de ses objectifs, le caporal Konowal constate qu’une mitrailleuse tient en échec le flanc droit et cause de nombreuses pertes. Il s’élance et envahit cet emplacement; il tue les soldats du détachement et ramène la mitrailleuse ennemie jusqu’à nos lignes.

Le lendemain, il attaque, seul, un autre emplacement et tue trois combattants; il détruit la mitrailleuse et l’emplacement avec des explosifs.

Ce sous-officier a éliminé à lui seul au moins 16 ennemis et, au cours des deux jours de combats […], il a poursuivi son travail jusqu’à ce qu’il soit grièvement blessé. »

London Gazette, no 30400, 26 novembre 1917 (en anglais)

George V remet la Croix de Victoria à Filip Konowal, qui est promu sergent. Une fois remis de ses blessures, il sert comme attaché militaire à l’ambassade de Russie à Londres. Plus tard, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien de Sibérie.

Le sergent Filip Konowal meurt à Hull, au Québec, en 1959. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-de- Lourdes, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service de Filip Konowal.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Robert Hill Hanna, VC

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans la série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous soulignons l’anniversaire de la bataille de la côte 70, victoire décisive pour le Corps canadien et lieu de deuil pour des milliers de familles canadiennes et allemandes. Six Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’ils ont accomplis pendant la bataille de la côte 70, ou peu de temps après. L’un d’eux est Robert Hill Hanna, né à Kilkeel, en Irlande, le 6 août 1887, et ayant émigré au Canada en 1905.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme en uniforme, debout sur un balcon à l’extérieur, les mains derrière le dos.

Le cadet R. Hanna, VC, date inconnue (MIKAN 3216531)

Hanna s’enrôle dans le 29e Bataillon (British Columbia Regiment). Le 21 août 1917, à l’âge de 30 ans, il est promu sergent-major de compagnie. Lors d’une bataille pour capturer une position fortifiée allemande hautement protégée près de la côte 70 à Lens, en France, sa compagnie subit de lourdes pertes; tous les officiers haut gradés de Hanna y perdent la vie. Face à cette situation, Hanna rassemble un groupe d’hommes et les mène dans une attaque contre la position allemande, se précipitant à travers les barbelés et tuant les soldats allemands qui manœuvrent une mitrailleuse.

Description détaillée des événements qui ont valu à Hanna la Croix de Victoria.

Deuxième page de l’annexe 6 du rapport sur les opérations décrivant les actions du sergent-major Hanna. (MIKAN 1883249)

Voici sa citation dans The London Gazette :

Cette action extrêmement courageuse, soit la démonstration d’un héroïsme et d’une bravoure personnelle du plus haut niveau au moment le plus critique de l’attaque, a donné lieu à la capture d’une position tactique très importante. Sans son intervention audacieuse et la détermination dont il a fait preuve lors d’une situation désespérée, l’attaque n’aurait pu réussir et la position tactique n’aurait pu être capturée. [traduction]

The London Gazette, no 30372, le 8 novembre 1917

Hanna a plus tard été promu au grade de lieutenant. Il a survécu à la guerre et a pu rentrer au Canada. Le lieutenant Robert Hill Hanna est décédé à Mount Lehman, en Colombie-Britannique, le 15 juin 1967.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Hill Hanna, du Corps expéditionnaire canadien.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Sergent Frederick Hobson et major Okill Massey Learmonth, VC

Par Emily Monks-Leeson

Dans le blogue d’aujourd’hui de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous soulignons les actes de bravoure de deux soldats canadiens lors de la bataille de la côte 70, près de Lens, en France, le 18 août 1917.

Le sergent Frederick Hobson, VC, un ancien combattant de la guerre des Boers, en Afrique du Sud (1899-1902), vit à Galt, en Ontario, lorsque le recrutement commence pour le Corps expéditionnaire canadien. Né en 1873, le sergent Hobson déclare plutôt 1875 comme son année de naissance pour pouvoir s’enrôler.

Le 18 août 1917, la compagnie du 20e bataillon du sergent Hobson refoule une forte contre-attaque allemande sur la côte 70. Après que l’explosion d’un obus d’artillerie a enseveli une mitrailleuse Lewis dans un poste avancé et tué la majorité des membres de son détachement, le sergent Hobson quitte sa tranchée, déterre la mitrailleuse et la retourne contre l’infanterie allemande qui s’avance vers son poste. Sa citation pour la Croix de Victoria indique que lorsque la mitrailleuse s’enraye, le sergent Hobson, blessé, « laisse à l’artilleur le soin de régler le problème et s’avance seul vers l’ennemi, malgré ses blessures. Avec sa baïonnette et la crosse de son fusil, il parvient à tenir les attaquants à distance jusqu’à ce qu’il soit tué par une balle de fusil. Entre-temps, la mitrailleuse a été remise en marche et, peu après, l’arrivée de renforts permet de repousser l’ennemi ». (The London Gazette, no 30338, 17 octobre 1917)

Description dactylographiée des événements de la journée, y compris une description des actions du sergent Frederick Hobson.

Journal de guerre du 20e bataillon d’infanterie du Canada, daté du 18 août 1917, page 20 (MIKAN 205918)

Le corps du soldat Frederick Hobson n’a jamais été retrouvé. On lui rend hommage, ainsi qu’aux autres 11 000 soldats canadiens, au Monument de Vimy, en France.

Le major Okill Massey Learmonth, VC, naît à Québec en 1894. Le 18 août 1917, il sert en tant que major intérimaire avec le 2e bataillon (Eastern Ontario Regiment) sur la côte 70, près de Lens, en France. Après qu’une contre-attaque allemande lancée contre leurs positions nouvellement consolidées a surpris la compagnie du major Learmonth, ce dernier lance l’attaque et, selon sa citation dans The London Gazette, élimine personnellement les attaquants. Essuyant des bombardements intensifs et malgré une blessure grave, le major Learmonth se tient debout sur le parapet de sa tranchée et lance des grenades contre l’avancée des Allemands tout en dirigeant la défense de la position de ses hommes. La citation du major Learmonth pour la Croix de Victoria indique qu’il « se saisit des grenades qui lui sont lancées et les renvoie à l’ennemi », et qu’il « refuse d’être transporté derrière les lignes » après avoir été blessé. Il meurt plus tard le même jour dans un hôpital de campagne.

Une photographie en noir et blanc de deux jeunes hommes assis dans un camp qui consultent des cartes. Derrière eux, on voit plusieurs tentes.

Le major Okill Massey Learmonth (à droite), en compagnie d’un soldat non identifié (MIKAN 3191993)

Description dactylographiée des événements de la journée. Elle indique que le major Learmonth et un autre officier sont décédés des suites de leurs blessures.

Journal de guerre du 2e bataillon d’infanterie du Canada, daté du 18 août 1917, page 7 (MIKAN 2005884)

Le major Okill Massey Learmonth est enterré au cimetière communal de Nœux-les-Mines, en France. La rue Learmonth dans sa ville natale de Québec est nommée en son honneur.

Bibliothèque et Archives Canada détient les dossiers de service du sergent Frederick Hobson et du major Okill Massey Learmonth.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Soldat Harry W. Brown, VC

Par Emily Monks-Leeson

Dans sa série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada se souvient aujourd’hui du soldat Harry Brown, décoré de la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure pendant la bataille de la côte 70, près de Lens, en France, le 16 août 1917.

Né le 10 mai 1898, Harry Brown était fermier à Gananoque, en Ontario. Le 18 août 1916, il s’enrôle à London, en Ontario, dans le régiment de dépôt des Fusiliers canadiens à cheval au sein du Corps expéditionnaire canadien. À son arrivée en Angleterre, Brown est transféré au 10e bataillon. Le 16 août 1917, il sert dans ce bataillon ayant pris position à proximité de la côte 70 près de Lens, en France, où son unité se bat pour repousser les contrattaques répétées des Allemands. Toutes les communications avec les positions arrières ont été coupées, et le flanc droit de la compagnie est exposé. Brown et un autre soldat sont chargés de traverser les lignes ennemies pour rejoindre le quartier général du bataillon et apporter un message réclamant désespérément des renforts. Progressant sous un intense barrage d’artillerie et de tirs de fusils, Brown est grièvement blessé au bras et son compagnon d’armes est tué. Malgré cela, comme le raconte sa citation dans The London Gazette, Brown :

… poursuivit sa route sous un tir de barrage intense jusqu’à ce qu’il atteigne les troupes de soutien et trouve un officier. Il était tellement épuisé qu’il déboula les marches de la tranchée, mais demeura conscient assez longtemps pour remettre son message, en disant : « Message important ». Il perdit ensuite connaissance et mourut dans le poste de secours quelques heures plus tard. [traduction]

The London Gazette, no 30338, 17 octobre 1917

Une liste dactylographiée d’hommes ayant joué un rôle important dans la bataille de la côte 70.

Une page du journal de guerre du 10e bataillon d’infanterie canadien décrivant les hommes qui ont rendu un service important et exceptionnel, y compris le soldat Harry W. Brown; extrait de l’annexe 29, page 5 (MIKAN 2005896)

Grâce à son courage et à sa détermination, Brown a livré son message et des renforts ont été envoyés. Il est reconnu pour avoir sauvé à la fois la position de son unité sur la côte 70 et la vie d’un grand nombre de ses compagnons d’armes. Le soldat Harry Brown a été décoré de la Croix de Victoria à titre posthume. Il est inhumé en France, dans le cimetière communal de Nœux-les-Mines, près des villes de Lens et de Béthune.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du soldat Harry Brown.

Ressources connexes


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Soldat Michael James O’Rourke, VC

Par Emily Monks-Leeson

En ce 100e anniversaire du premier jour de la bataille de la côte 70 en France, durant la Première Guerre mondiale, voici le portrait d’un récipiendaire de la Croix de Victoria (VC), le soldat Michael James O’Rourke.

Né à Limerick, en Irlande, et résident de la Colombie-Britannique, Michael O’Rourke est un brancardier de 39 ans servant dans le 7e bataillon d’infanterie (1er bataillon de Colombie-Britannique). Pendant trois jours, du 15 au 17 août 1917, le soldat O’Rourke travaille sans relâche à transporter les blessés en lieu sûr alors que le Corps canadien livre bataille pour capturer et tenir la côte 70. Malgré d’intenses bombardements et tirs de fusils allemands, le soldat O’Rourke réussit à se rendre près des soldats blessés, à panser leurs plaies et à leur donner à boire et à manger jusqu’à ce qu’ils puissent être transportés à l’abri du danger.

Sa citation pour la Croix de Victoria se lit comme suit [traduction] :

Durant toute cette période, le secteur où il travaille est la cible d’intenses bombardements et elle est balayée par les tirs nourris des fusils et des mitrailleuses. À plusieurs reprises, il est renversé et partiellement enseveli par les retombées de tirs d’obus ennemis. Dès qu’il voit un camarade rendu aveugle trébucher devant notre tranchée, le soldat O’Rourke s’élance, au mépris des tireurs d’élite ennemis, et ramène le soldat blessé; ce faisant, il devient lui-même la cible de tireurs embusqués. À nouveau, il franchit environ 50 mètres devant notre barrage, sous le feu intense et précis des mitrailleuses ennemies et des tireurs d’élite, et ramène un camarade. En une autre occasion, alors que la ligne des positions avancées se retire pour se consolider, il s’élance sous les tirs ennemis de toutes sortes et ramène un homme blessé qui avait été laissé derrière. (London Gazette, no 30372, 8 novembre 1917)

La citation mentionne que, par ses interventions, le soldat O’Rourke a [traduction] « incontestablement sauvé de nombreuses vies ».

Photographie en noir et blanc d’un soldat assis, une main bandée, souriant au photographe.

Soldat Michael James O’Rourke, VC, novembre 1917 (MIKAN 3219606)

Michael James O’Rourke survit à la guerre et revient au Canada. Il passe plusieurs années à Vancouver, vivotant de petits boulots et de sa maigre pension d’invalidité de 10 $ par mois. Il mène une marche de protestation durant la grève des débardeurs en 1935 et est attaqué par la police lors de la bataille du quai Ballantyne.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de personnes entourant deux soldats.

Le soldat Michael James O’Rourke, VC, 7e bataillon, avec le cadet Robert Hanna, VC, à sa droite (MIKAN 3219607)

Michael James O’Rourke décède à Vancouver le 6 décembre 1957; il est inhumé au Forest Lawn Memorial Park de Burnaby, en Colombie-Britannique.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du soldat Michael James O’Rourke dans le Corps expéditionnaire canadien.

Ressources connexes


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Le Corps canadien et la bataille de la côte 70

Par Emily Monks-Leeson

Ce 14 août marque un anniversaire important dans l’histoire de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale. Bien que la bataille de la côte 70 ait été éclipsée dans la mémoire collective par la bataille de la crête de Vimy, elle a été planifiée, menée et gagnée presque entièrement par le Corps canadien en août 1917.

Après la victoire de Vimy, le lieutenant-général Julian Byng, depuis longtemps commandant des divisions canadiennes, prend la direction de la troisième armée britannique; c’est le lieutenant-général Sir Arthur Currie, né au Canada, qui devient le nouveau commandant du Corps canadien. En juillet 1917, Sir Douglas Haig ordonne à Currie de lancer une attaque contre la ville de Lens, alors aux mains des Allemands. Currie insiste, au contraire, pour capturer la côte 70, au nord de Lens, ce qui permettrait aux Alliés d’occuper une position stratégique plus élevée, forçant ainsi les troupes allemandes à contrattaquer à partir de leurs postes de défense urbains lourdement fortifiés et bien camouflés.

L’assaut est soigneusement planifié. Le soir du 14 août, l’artillerie canadienne commence à bombarder intensément la côte 70. Le lendemain matin, dix bataillons d’assaut du Corps expéditionnaire canadien formés à partir des quatre divisions canadiennes se lancent à l’attaque. Les soldats canadiens s’emparent de leurs premiers objectifs en moins de vingt minutes, soutenus par des avions volant à basse altitude qui les aident à diriger l’artillerie vers des poches de résistance allemandes.

Délogée de la colline, l’armée allemande contrattaque immédiatement. Les deux belligérants utilisent des armes chimiques et les soldats rendus presque aveugles doivent se battre derrière leur masque à gaz embué. Durant quatre jours, les Allemands contrattaquent 21 fois, mais à la fin, les Canadiens réussissent à rester maîtres de la colline surplombant la ville de Lens. Haig qualifie la bataille « d’une des plus belles opérations mineures de la guerre », alors que pour Currie, elle compte parmi les plus dures batailles menées et gagnées par le Corps canadien.

La bataille de la côte 70 a fait environ 9 000 morts ou blessés chez les soldats canadiens, et 41 ont été faits prisonniers. Ayant mobilisé cinq divisions pour défendre la côte 70, les Allemands ont perdu environ 25 000 soldats; 970 ont été capturés.

Photographie en noir et blanc de deux hommes étendus sur des brancards. Du personnel médical s’occupe d’un des deux blessés, alors que l’autre est étendu sur le côté. Plusieurs soldats se tiennent debout à gauche des brancards, et d’autres sont assis à l’arrière-plan. La scène se passe dans les décombres d’un édifice bombardé dont il ne reste qu’une cheminée.

Des brancardiers pansent les blessures de soldats canadiens lors de l’assaut sur la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3395845)

Photographie en noir et blanc d’un convoi de charrettes se déplaçant sur la route. Un groupe de soldats écossais en kilt tire la dernière charrette.

Le 13e bataillon de mitrailleurs allant se reposer après la bataille de la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3406033)

Une photographie en noir et blanc d’une colonne de soldats marchant dans une ville. Quelques officiers, des enfants et d’autres civils les regardent passer.

Le général Sir Arthur Currie regardant défiler ses hommes en route vers le camp après avoir pris la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3404812)

Six Croix de Victoria ont été décernées à des soldats du Corps canadien pour leurs actions pendant et immédiatement après la bataille de la côte 70. Au cours de la semaine prochaine, dans sa série de blogues intitulée Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada présentera un portrait de ces récipiendaires, cent ans jour pour jour après les actes de bravoure à la source de leur distinction.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Le maréchal de l’air William Avery Bishop, récipiendaire de la Croix de Victoria (VC)

Par Emily Monks-Leeson

La publication d’aujourd’hui dans le cadre de notre série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria porte sur l’un des Canadiens les plus connus de la Première Guerre mondiale, l’as de l’aviation William Avery (« Billy ») Bishop.

Photographie en noir et blanc d’un militaire assis, les mains sur les cuisses. Il porte la ceinture Sam Browne, une large ceinture en cuir munie d’une courroie plus étroite placée en diagonale et qui passe par-dessus l’épaule droite.

Le lieutenant-colonel W.A. Bishop, VC, dans l’atelier du lieutenant Quinn, sans date, Londres, Angleterre (MIKAN 3623353)

William Avery Bishop est cadet au Collège militaire royal du Canada lorsqu’il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien, le 30 septembre 1914. Après avoir servi brièvement dans les tranchées, il passe au Royal Flying Corps (Corps royal d’aviation). Il reçoit son brevet en novembre 1916 et abat 12 avions au total en avril 1917 seulement; grâce à cet exploit, il obtient la Croix militaire et sa promotion au rang de capitaine. À la fin de la Première Guerre mondiale, Billy Bishop est lieutenant-
colonel et 72 victoires sont inscrites dans son dossier.

Photographie en noir et blanc d’un homme assis dans le poste de pilotage ouvert d’un avion et regardant le viseur.

Le capitaine W.A. Bishop, VC, Royal Flying Corps, août 1917. Photographe : William Rider-Rider (MIKAN 3623352)

Billy Bishop est le premier aviateur canadien à recevoir la Croix de Victoria pour son attaque en solitaire contre un aérodrome allemand près de Cambrai, en France, le 2 juin 1917. Voici ce que mentionne sa citation dans The London Gazette :

Le capitaine Bishop, envoyé en mission solo, commença par survoler un aérodrome ennemi; n’y trouvant aucun aéronef, il se dirigea vers un autre aérodrome situé à environ trois miles au sud-est, donc au moins à 12 miles de l’autre côté de la ligne. Il y vit sept aéronefs au sol, dont certains avaient le moteur en marche. Il les attaqua d’une cinquantaine de pieds; un mécanicien, qui faisait démarrer un des moteurs, fut aperçu en train de tomber. Un des aéronefs réussit à s’envoler; toutefois, à une hauteur de 60 pieds, le capitaine Bishop lui tira quinze coups à distance très rapprochée et l’aéronef s’écrasa au sol. Il tira ensuite une trentaine de coups vers un deuxième avion qui venait de décoller et qui se trouvait à quelque 150 pieds de lui et qui vint s’écraser contre un arbre.

Deux autres aéronefs décollèrent alors de l’aérodrome. L’un d’eux s’engagea à une hauteur de mille pieds en déchargeant le reste de ses munitions. Son engin s’écrasa à 300 verges de l’aérodrome, après quoi le capitaine Bishop vida un chargeur complet dans le quatrième aéronef ennemi et retourna à sa base. (The London Gazette, numéro 30228, samedi 11 août 1917) [traduction du Musée canadien de la guerre]

Le maréchal de l’air William Avery Bishop meurt le 11 septembre 1956 à Palm Beach, en Floride. Il est enterré dans le lot de la famille Bishop au cimetière Greenwood d’Owen Sound, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service de William Avery Bishop dans le Corps expéditionnaire canadien.

Ressources connexes


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Robert Grierson Combe, VC

Aujourd’hui, dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous nous souvenons du lieutenant Robert Grierson Combe, du 27e bataillon, Corps expéditionnaire canadien (CEC). Dans cette série, nous présentons le profil de chaque récipiendaire 100 ans après le jour de l’exploit pour lequel ils ont reçu cette prestigieuse médaille militaire.

Né le 5 août 1880 à Aberdeen, en Écosse, Combe s’est enrôlé dans le CEC en tant que lieutenant, un grade qu’il a repris à sa propre demande, bien qu’il se soit qualifié en tant que major.

image en noir et blanc (fondu de photographie et esquisse) d’un soldat aux cheveux coupés ras et portant une moustache.

Le lieutenant Robert Grierson Combe, VC, non daté (MIKAN 3645669)

Les Divisions canadiennes ayant réussi à reprendre la crête de Vimy, les forces britanniques et du Commonwealth continuaient de pousser contre les lignes germaniques pour faire diversion, afin d’éloigner l’armée allemande du secteur de l’Aisne et d’ainsi permettre à l’armée française de passer. Le 3 mai 1917, à Acheville, en France, le lieutenant Combe dirigeait sa compagnie contre un barrage intensif d’artillerie ennemie. Après avoir atteint la position des Allemands avec seulement cinq hommes, Combe a infligé de lourdes pertes à l’ennemi, puis, rassemblant de petits groupes d’hommes, a réussi à capturer son objectif et à faire quatre-vingts prisonniers. Sa citation dans The London Gazette, n30154, du mercredi 27 juin 1917, indique :

….Il est régulièrement reparti à la charge de l’ennemi, en le poussant devant lui. Et c’est alors qu’il dirigeait personnellement ses grenadiers qu’il a été tué par un tireur embusqué. Sa conduite a inspiré tous les grades, et c’est entièrement grâce à son magnifique courage que la position a été prise, conquise et maintenue. [traduction]

Le lieutenant Robert Grierson Combe a reçu la Croix de Victoria à titre posthume pour son leadership et son courage sous les tirs ennemis. Il est enterré près d’Acheville, en France. Les combats incessants dans cette région ont entraîné la destruction du cimetière militaire et la perte de sa tombe. C’est pour cette raison que son nom figure sur le monument commémoratif de Vimy aux côtés de celui des 11 000 autres soldats canadiens qui n’ont pas de tombe connue.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Grierson Combe.

Ressources connexes

Soldat John George Pattison, VC

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPour souligner le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le 10 avril 1917, le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du soldat John George Pattison, le quatrième soldat canadien ayant combattu à la bataille de la crête de Vimy à se voir décorer de la Croix de Victoria, après le capitaine Thain Wendell MacDowell, le soldat William Johnstone Milne et le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton.

Photographie en noir et blanc d’un soldat assis tenant un bâton et regardant directement le photographe.

Le soldat John George Pattison, VC (MIKAN 3219808)

Le soldat Pattison naît le 8 septembre 1875 à Woolwich, en Angleterre. Il immigre au Canada en 1906, à 40 ans, et s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien à Calgary, en Alberta, le 6 mars 1916.

Photographie en noir et blanc montrant deux soldats qui se tiennent l’un à côté de l’autre devant une automobile.

Le soldat John George Pattison, VC et clairon, sans date (MIKAN 3219809)

Il y a 100 ans aujourd’hui, le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le soldat Pattison et le 50e bataillon subissaient les tirs nourris d’une mitrailleuse allemande qui infligeait de multiples pertes. Saisissant sa chance, le soldat Pattison s’avance seul, saute d’un trou d’obus à un autre, pour se rendre jusqu’à 30 verges de la mitrailleuse ennemie. La citation visant à lui décerner la Croix de Victoria relate ce qui suit : « Se trouvant à bonne distance, il a lancé des bombes sur le poste de mitrailleuse et a réussi à tuer des servants et à en blesser d’autres. Puis, il donna l’assaut à la baïonnette aux cinq servants qui restaient. Il n’y a aucun doute que la bravoure et l’esprit d’initiative du soldat Pattison ont permis aux Canadiens de maîtriser la situation et de continuer l’avance ». (London Gazette, no 30215, 2 août 1917)

Le soldat Pattison meurt au combat sept semaines plus tard, le 3 juin 1917, pendant l’attaque d’une centrale électrique détenue par les Allemands, près de Lens, en France. Il est enterré au cimetière militaire de La Chaudière situé tout près. Un pont à Calgary, en Alberta, et un sommet de montagne dans le parc national Jasper portent son nom pour honorer sa mémoire.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du soldat John George Pattison.

Ressources connexes

Lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, VC

Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, Canadien d’origine irlandaise établi à Medicine Hat, en Alberta, récipiendaire de la Croix de Victoria.

Portrait en noir et blanc d’un officier portant un ceinturon Sam Browne et regardant directement le viseur.

Capitaine Frederick M. Harvey, VC, sans date (MIKAN 3216613)

Le lieutenant Harvey, né à Athboy, dans le comté de Meath, en Irlande, est l’un des trois membres internationaux de la fédération irlandaise de rugby à avoir reçu la Croix de Victoria, et le seul à l’avoir obtenue pendant la Première Guerre mondiale. En 1908, il s’installe à Medicine Hat, en Alberta, puis s’enrôle le 18 mai 1916 dans le 13e régiment du bataillon canadien de fusiliers à cheval (Canadian Mounted Rifles). Après son arrivée en France, il passe au régiment Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians).

Le 27 mars 1917, les troupes du lieutenant Harvey avancent vers le village de Guyencourt, en France, alors que les tirs de mitrailleuses allemandes leur infligent de lourdes pertes. La citation visant à décerner la Croix de Victoria au lieutenant Harvey relate ce qui suit :

À ce moment critique, alors que l’ennemi ne semble pas avoir l’intention de retraiter et que les tirs demeurent intenses, le [lieutenant] Harvey, qui commande la troupe de tête, devance ses hommes et court vers la tranchée, toujours occupée par l’ennemi, saute par-dessus les barbelés, tue le mitrailleur et s’empare de son arme. Ce geste des plus courageux a sans aucun doute été déterminant pour le succès de l’opération. (London Gazette, no 30122, 8 juin 1917)

Reproduction en noir et blanc d’une entrée dans un journal de guerre indiquant le lieu, la date, l’heure, un résumé des événements et d’autres informations.

Extrait des journaux de guerre du Lord Strathcona’s Horse, 27 mars 1917 (MIKAN 2004721)

Le lieutenant Harvey est tout d’abord décoré de l’Ordre du service distingué, et se voit par la suite décerner la Croix de Victoria. Il reçoit la Croix militaire pour son rôle dans la charge du Lord Strathcona’s Horse près du bois de Moreuil, le 30 mars 1918, et le gouvernement français lui décerne la Croix de guerre.

Le lieutenant Harvey reste dans le Lord Strathcona’s Horse et est promu capitaine en 1923. Il enseigne le conditionnement physique au Collège militaire royal du Canada de 1923 à 1927, devient lieutenant-colonel en 1938, puis brigadier-général en 1939. Harvey sert comme colonel honoraire dans le Lord Strathcona’s Horse de 1958 à 1966. Il s’éteint en août 1980, à l’âge de 91 ans.

Photographie en noir et blanc d’un homme épinglant une décoration sur la poche de la veste d’un autre homme. Un autre homme lit la citation, alors qu’un quatrième tient une mallette. À l’arrière-plan, des soldats se tiennent au repos.

Sa Majesté le roi décorant de la Croix de Victoria le lieutenant Harvey du Lord Strathcona’s Horse (MIKAN 3362384)

Bibliothèque et Archives Canada a la garde du dossier des états de service du Corps expéditionnaire canadien pour le lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey.

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