Sergent Robert Spall, VC

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada présente un portrait de valeureux soldats à l’occasion du 100e anniversaire du jour où ils ont accompli les actes de bravoure pour lesquels ils ont reçu cette distinction. Aujourd’hui, nous nous souvenons du sergent Robert Spall, qui a fait preuve les 12 et 13 août 1918 d’un courage et d’une abnégation de soi dignes de la Croix de Victoria.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat.

Le sergent Robert Spall, VC, sans date. Source : Wikimedia

Né à Ealing, dans l’Essex, en Angleterre, le 5 mars 1890, Spall immigre au Canada avec ses parents, qui s’installent à Winnipeg, au Manitoba. Avant la guerre, il est courtier en douanes et membre de la milice active. Le 28 juillet 1915, Spall s’enrôle à Winnipeg dans le 90e bataillon du Corps expéditionnaire canadien (CEC). Il débarque en France avec les Winnipeg Rifles le 13 février 1916 à l’âge de 26 ans. Plus tard, le 90e bataillon sera intégré au 11e bataillon de réserve pour prêter main-forte au CEC. Éventuellement, Spall aboutira avec le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI).

Le 12 août 1918, une pluie d’obus allemands s’abat sur le PPCLI ainsi que sur les 116e et 42e bataillons canadiens, les obligeant à se terrer dans leurs tranchées respectives. L’objectif leur est transmis à midi : conjointement avec le 42e bataillon, le PPCLI devra repousser les Allemands de Parvillers à partir du sud. Le plan consiste à avancer jusqu’aux positions tenues par le 9e bataillon canadien d’infanterie au sud de Parvillers et à s’en servir comme point de départ, tout en bombardant les tranchées sur l’ancienne ligne de front allemande et les tranchées menant à Parvillers.

Cependant, lorsque la compagnie arrive aux positions qui lui ont été assignées, elle découvre que le 9e bataillon d’infanterie ne les contrôle pas, et qu’elles sont toujours aux mains des Allemands. En dépit de ce contretemps, l’attaque est lancée. À 20 h, les Canadiens ont fait peu de progrès après avoir rencontré une forte résistance. Mais les pertes s’alourdissent chez les Allemands à mesure que la compagnie gagne du terrain, avec une section de bombardiers s’avançant dans la tranchée allemande.

Une page d’un document textuel avec, à gauche, des trous de poinçon déchirés.

Journal de guerre du PPCLI décrivant l’attaque durant laquelle Spall tira sur des soldats allemands qui chargeaient, en août 1918, page 18 (en anglais seulement) (MIKAN 2005881)

À 6 h, le 13 août 1918, les Allemands contre-attaquent en force à partir de Parvillers et Damery; surgissant des bois en formation serrée, ils avancent à découvert. Cette soudaine et vigoureuse offensive force la compagnie à battre en retrait en direction de l’ancienne ligne de front allemande. Dans le chaos qui s’ensuit, deux pelotons sont séparés de la compagnie.

Spall participe vraisemblablement à cet assaut et contribue à dégager son peloton de sa fâcheuse position. Isolé avec son peloton du reste de la compagnie, Spall grimpe sur le parapet armé d’un fusil-mitrailleur Lewis et tire sur les soldats allemands qui s’approchent. De retour dans la tranchée, il entraîne ses hommes vers une sape à 75 verges seulement de l’ennemi. Il grimpe de nouveau sur le parapet et continue son assaut. C’est à ce moment-là qu’il est tué. Sa bravoure et son dévouement exceptionnels ont permis à ses hommes de rejoindre les autres, et son habileté à manier le fusil-mitrailleur Lewis a entraîné de lourdes pertes chez les Allemands.

Un document beige avec des cases séparées par des lignes, marqué d’une coche rouge et estampillé « Vimy Memorial » en violet.

Inscription du sergent Robert Spall dans les Registres de sépultures de guerre du Commonwealth, vol. 31830_B034454, page 845, 22 août 1918.

Sa citation se lit comme suit :

[…] dans le cadre d’une contre-attaque ennemie, lorsque son peloton se retrouve isolé. Le Sgt Spall s’empare d’une mitrailleuse Lewis et, debout sur le parapet, il fait feu sur l’ennemi qui progresse, lui infligeant de lourdes pertes. Il descend ensuite dans la tranchée et dirige ses hommes vers une sape à 75 verges de l’ennemi. S’emparant d’une autre mitrailleuse Lewis, ce brave sous-officier monte de nouveau sur le parapet et réussit, grâce à ses tirs, à contenir l’adversaire. C’est en accomplissant ce geste qu’il est tué.

Le Sgt Spall a délibérément fait le sacrifice de sa vie pour sortir son peloton d’une situation très difficile et c’est grâce à sa bravoure que ses hommes ont été sauvés. [traduction du ministère de la Défense et des Forces canadiennes]

London Gazette, numéro 30975, 25 octobre 1918 (en anglais seulement)

Le corps du sergent Spall n’a jamais été retrouvé. Son nom est inscrit sur le Mémorial national du Canada à Vimy ainsi que sur un monument commémoratif du Parc du patrimoine militaire de Barrie, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service numérisé du sergent Robert Spall.

Alexander Picton Brereton, Frederick George Coppins, John Bernard Croak et Raphael Louis Zengel : récipiendaires de la Croix de Victoria

Par John Morden

Aujourd’hui, nous honorons quatre Canadiens ayant obtenu la Croix de Victoria pendant la dernière campagne menée sur le front occidental, connue sous le nom de l’offensive des Cent-Jours : Alexander Picton Brereton, Frederick George Coppins, John Bernard Croak et Raphael Louis Zengel.

Alexander Picton Brereton

Photo noir et blanc d’un soldat assis, portant un uniforme et une casquette.

Le sergent Alexander Picton Brereton, VC, 8e Bataillon, sans date (a006962)

Alexander Picton Brereton est né le 13 novembre 1892 à Oak River, au Manitoba. Avant de s’enrôler dans le 144e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 31 janvier 1916, il est barbier et sert dans la milice. En avril 1917, il est muté au 8e Bataillon. Brereton reçoit la Croix de Victoria pour ses actes accomplis le 9 août 1918 près de Warvillers, en France. Pendant une attaque lancée contre les forces allemandes, Brereton et ses hommes se font prendre à découvert et sont cloués au sol par le feu nourri des mitrailleuses allemandes. Dans un acte de bravoure remarquable (en anglais seulement), Brereton, constatant que son unité n’a guère de chance de s’en sortir, s’élance seul vers une mitrailleuse allemande et s’en empare. L’audace de Brereton incite ses hommes à capturer d’autres nids de mitrailleuses allemands. Brereton survit à la Première Guerre mondiale et est démobilisé de l’armée le 10 avril 1919. Il meurt le 10 janvier 1976 à Calgary, en Alberta, et il est enterré au cimetière Elnora.

 

Frederick George Coppins

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme, debout, les mains derrière le dos.

Le sergent Frederick George Coppins, VC, sans date (a006765)

Né le 25 octobre 1889 à Londres, en Angleterre, Frederick George Coppins sert dans le Royal West Kent Regiment avant d’immigrer au Canada. Il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien bien avant la plupart des autres soldats canadiens. Il se joint au 19e Alberta Dragoons le 23 septembre 1914. À l’été 1918, au moment où les Alliés s’apprêtent à lancer leur dernière offensive qui les mènera à la victoire, Coppins est un vétéran aguerri. Il est promu caporal et muté au 8e Bataillon, l’unité de Brereton. Coppins se verra attribuer la Croix de Victoria pour les événements du 9 août 1918. Tout comme Brereton, Coppins et ses hommes sont immobilisés par des tirs de mitrailleuses allemandes. Analysant la situation, il rassemble une poignée d’hommes pour attaquer un poste de mitrailleuse allemand. Durant l’attaque, Coppins est blessé et ses compagnons tués. Cela ne l’empêche pourtant pas de persister et de s’emparer du poste (extrait de la London Gazette du 28 septembre 1918, en anglais seulement), faisant prisonniers plusieurs soldats ennemis. Malgré ses blessures, Coppins demeure sur le champ de bataille jusqu’à l’atteinte des objectifs canadiens. Il survit miraculeusement à quatre années de service militaire et est démobilisé de l’armée le 30 avril 1919. Il meurt le 30 mars 1963 à Livermore, en Californie, à 73 ans.

 

John Bernard Croak

Photo noir et blanc d’un soldat prise sur le vif à l’extérieur.

Le soldat John Bernard Croak, VC, sans date. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine (Défense nationale et Forces canadiennes)

John Bernard Croak est né le 18 mai 1892 à Little Bay, à Terre-Neuve. Il déménage ensuite avec sa famille à Glace Bay, en Nouvelle-Écosse. Avant le déclenchement de la guerre, à l’été 1914, Croak travaille comme manœuvre. Il se joint au Corps expéditionnaire canadien le 7 août 1915 et est affecté au 55e Bataillon. En avril 1916, il est muté au 13e Bataillon. Croak obtient la Croix de Victoria pour les actes qu’il accomplit le 8 août 1918, lors de la bataille d’Amiens. Ce jour-là, dans le feu de l’offensive canadienne, Croak se retrouve séparé de son unité. Il tombe sur un poste de mitrailleuse allemand et capture à lui seul l’ensemble de l’équipe de tir. Il demeure sur le champ de bataille malgré les blessures subies par la suite. Après avoir retrouvé son unité, Croak découvre l’emplacement de plusieurs mitrailleuses allemandes. Devant cette menace, il s’élance une fois de plus à l’attaque du poste ennemi, suivi de près par ses compagnons d’armes. L’attaque réussit, et ils capturent trois mitrailleuses et les soldats allemands qui les opéraient. De nouveau blessé grièvement, Croak succombe quelques minutes plus tard, après avoir posé un acte de bravoure qui est « une inspiration pour tous » (extrait du London Gazette du 24 septembre 1918, en anglais seulement). Il est enterré au cimetière britannique du bois de Hangard, près de la Somme, en France.

 

Raphael Louis Zengel

Photo noir et blanc du buste d’un soldat portant en bandoulière une ceinture pâle de sous-officier, des balles sur la poitrine.

Le sergent Raphael Louis Zengel, VC, 5e Bataillon, 1914 (a006796)

Né à Faribault, au Minnesota, le 11 novembre 1894, Raphael Louis Zengel est l’un des nombreux Américains récipiendaires de la Croix de Victoria. Enfant, il déménage avec sa mère à Plunkett, en Saskatchewan. Avant la guerre, il travaille comme ouvrier agricole. En décembre 1914, peu après le déclenchement des hostilités, Zengel s’enrôle dans le 45e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Il est ensuite muté au 5e Bataillon. Le 17 octobre 1917, il est promu au grade de sergent.

Zengel obtient la Croix de Victoria pour les faits survenus le 9 août 1918, pendant la bataille d’Amiens. Alors qu’il dirige son peloton durant une attaque, il remarque une brèche sur son flanc. Zengel, sous une rafale de tirs, s’élance devant son unité et s’empare d’un poste de mitrailleuses allemand. Plus tard ce jour-là, il est atteint par un obus allemand et il perd connaissance. À son réveil, il continue de mener ses hommes. Ses « efforts pendant l’attaque étaient exceptionnels » (extrait du London Gazette du 24 septembre 1918, en anglais seulement). Malgré les blessures subies en septembre, Zengel survit à la guerre qui prend fin le jour même de son 24e anniversaire. Il est démobilisé le 24 avril 1919. Le 27 février 1977, il s’éteint à Errington, en Colombie-Britannique, à l’âge de 82 ans.

Bibliothèque et Archives Canada conserve les dossiers de service numérisés de Brereton, de Coppins, de Croak et de Zengel.


John Morden est un étudiant spécialisé en histoire de l’Université Carleton faisant un stage au sein de la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Jean Brillant, caporal Herman James Good et caporal Harry Garnet Bedford Miner

Par John Morden

Aujourd’hui, la série Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria se souvient des trois premiers soldats ayant obtenu la Croix de Victoria pendant la campagne des cent jours du Canada : Jean Brillant, Herman James Good et Harry Garnet Bedford Miner.

Lieutenant Jean Brillant

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme regardant directement vers l’appareil photo. Il se tient derrière deux autres hommes en uniforme dont les visages sont partiellement visibles au premier plan. On aperçoit un arbre en arrière-plan.

Lieutenant Jean (John) Brillant, VC, MC, juin 1918 (c009271)

Né le 15 mars 1890 à Assemetquaghan, au Québec, le lieutenant Jean Brillant se joint à la milice canadienne et occupe un poste de télégraphiste avant de s’enrôler dans le 189e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 11 janvier 1916. Brillant est ensuite transféré au 22e Bataillon canadien-français. En mai 1918, il dirige avec succès un raid qui lui vaut la Croix militaire (MC). Au début de la bataille d’Amiens, la première grande mesure de guerre de l’offensive des Cent-Jours, Brillant se mérite la Croix de Victoria pour ses actes d’héroïsme menés du 8 au 9 août 1918, à l’extérieur de Meharicourt, en France. Pendant cette bataille, Brillant, dont la compagnie est immobilisée par une mitrailleuse, réussit à assaillir l’ennemi et à capturer l’arme allemande. Malgré ses blessures, il rassemble deux pelotons et, ensemble, ils capturent une autre position de mitrailleuse allemande. Cent cinquante soldats allemands sont capturés et quinze mitrailleuses sont saisies. Brillant subit de nouveau des blessures. Lorsqu’une pièce d’artillerie allemande attaque les unités de Brillant, ce dernier mène encore une fois ses hommes vers la position ennemie. Il est blessé pour la troisième fois et s’effondre, souffrant d’épuisement et d’une importante perte de sang. Brillant succombe à ses blessures le jour suivant, le 10 août 1918. Lisez la description de ses actes dans la London Gazette. Brillant est enterré au cimetière militaire de Villers-Bretonneux, près de Somme, en France.

Caporal Herman James Good

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme regardant directement vers l’appareil photo et portant un grand béret.

Caporal Herman James Good, VC, sans date (a006663)

Le caporal Herman James Good est né le 29 novembre 1887 à Bathurst, au Nouveau-Brunswick. Avant la Première Guerre mondiale, Good est fermier. Il se joint au 55e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 29 juin 1915. Good est ensuite transféré au 13e Bataillon des Royal Highlanders du Canada le 15 avril 1916. Même s’il souffre d’un traumatisme dû au bombardement, il continue de servir dans l’armée jusqu’à la fin de la guerre. Le 8 août 1918, Good obtient la Croix de Victoria pour ses actions menées le premier jour de la bataille d’Amiens. Pendant cette bataille, l’unité de Good est ralentie par trois mitrailleuses allemandes. En réaction à ce problème, Good décide d’assaillir la position ennemie. Il tue plusieurs soldats allemands et capture ceux qui sont toujours en vie. Plus tard ce jour-là, Good tombe sur une batterie d’artillerie allemande. En compagnie de trois autres hommes, il capture les artilleurs et leurs armes. Good survit à la guerre et ne décède qu’à l’âge de 81 ans, le 18 avril 1969, dans sa ville natale de Bathurst.

Caporal Harry Garnet Bedford Miner

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme assis sur une chaise, les mains croisées, regardant vers l’appareil photo.

Caporal Harry Garnet Bedford Miner, VC, sans date. Source : Direction – Histoire et patrimoine (http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/index-fra.asp)

Né le 24 juin 1891 à Cedar Springs, en Ontario, le caporal Harry Garnet Bedford Miner travaille comme fermier avant le déclenchement de la guerre à l’été 1914. En novembre 1915, Miner se joint au 142e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Il est ensuite transféré au 58e Bataillon, unité dans laquelle il se trouvera jusqu’à la fin de son service. Miner obtient la Croix de guerre française en 1917 pour ses actions lors d’une mission menée à partir de Lens, en France. Les actes de Miner sur le champ de bataille le 8 août 1918 lui valent la Croix de Victoria. Ce jour-là, malgré une blessure grave, Miner attaque et capture un nid de mitrailleuses allemandes, tue les soldats qui s’y trouvent et commence à tirer sur l’ennemi. Plus tard, avec deux autres hommes, il capture une autre position de mitrailleuse allemande ainsi qu’un poste de bombardement. Malheureusement, Miner succombe à ses blessures au cours de la journée. Miner est enterré au cimetière britannique de Crouy, près de Somme, en France.

Bibliothèque et Archives Canada possède les dossiers de service complets du lieutenant Jean Brillant, du caporal Herman James Good et du caporal Harry Garnet Bedford Miner. Trouvez les membres de votre famille ayant combattu pendant la Première Guerre mondiale en consultant la base de données des dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale.


John Morden est un étudiant émérite en histoire de l’Université Carleton faisant un stage au sein de la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada. 

George Burdon McKean, VC

Par John Morden

Aujourd’hui, dans la série des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, du blogue de Bibliothèque et Archives Canada, nous nous souvenons de George Burdon McKean, qui a mérité la Croix de Victoria il y a de cela cent ans aujourd’hui pour l’héroïsme dont il a fait preuve sur le champ de bataille.

Photographie en noir et blanc d’un officier souriant.

Lieutenant George Burdon McKean, VC, juin 1918 (MIKAN 3218939)

Né le 4 juillet 1888 à Willington, en Angleterre, McKean a immigré au Canada en 1909, s’établissant à Edmonton, en Alberta. Avant de s’enrôler, le 23 janvier 1915, McKean était enseignant. Il se joindra au 51e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien et arrivera en Angleterre en avril 1916. Le 8 juin 1916, McKean est transféré au 14e Bataillon.

C’est dans la nuit du 27 au 28 avril 1918, alors que le 14e Bataillon était stationné près de Gavrelle, en France, que McKean mérite la Croix de Victoria, la plus prestigieuse décoration militaire de Grande-Bretagne. Au cours d’une mission de reconnaissance, le groupe d’hommes dirigé par McKean se heurte à une position allemande vigoureusement défendue. Alors que le reste du détachement est coincé sous le feu des mitrailleuses, McKean s’élance dans la tranchée allemande avec « un courage remarquable et un grand dévouement ». McKean y tue deux soldats allemands, tient bon et demande de nouvelles munitions. Une fois réapprovisionné, McKean s’empare d’une autre position et tue à lui seul deux autres soldats allemands et en capture quatre autres. Inspirés par l’exemple de McKean, ses hommes le rejoignent et la mission réussit. Comme le rapporte la London Gazette deux mois plus tard :

« La grande bravoure et l’audace de cet officier ont sans aucun doute sauvé de nombreuses vies, car n’eût été de la prise de cette position, ce sont tous les attaquants qui auraient été exposés aux dangereux tirs d’enfilade lors du repli. Le leadership dont il a toujours fait preuve est au‑dessus de tout éloge. » [Traduction]

London Gazette, no 30770, 28 juin 1918 (en anglais)

McKean recevra ensuite la Médaille militaire, le 28 mars 1917, et la Croix militaire, le 1er février 1919. Il survivra à la guerre, non sans avoir été blessé à la jambe droite le 2 septembre 1918 pendant l’offensive des Cent-Jours. Il restera en Angleterre jusqu’à la fin du conflit. Après avoir obtenu son congé de l’hôpital, McKean devient capitaine intérimaire à la Khaki University of Canada à Londres, en Angleterre, et le demeure jusqu’à sa retraite, le 19 juillet 1919.

Il choisit de rester en Angleterre après avoir quitté l’armée et perd la vie dans un accident de travail le 28 novembre 1926. Le dernier lieu de repos de McKean est le cimetière Brighton Extra-Mural de Sussex, en Angleterre.

Aujourd’hui, sa Croix de Victoria est conservée au Musée canadien de la guerre à Ottawa. Une montagne a été nommée en son honneur dans la cordillère Victoria Cross des Rocheuses canadiennes.

Photographie en noir et blanc d’un soldat, en uniforme d’officier avec des gants et une canne, debout devant des escaliers et une fenêtre.

Lieutenant George Burdon McKean, VC, sans date (MIKAN 3218943)

Photographie en noir et blanc d’un groupe de soldats debout et assis devant des arbres en hiver.

Officiers du 14e Bataillon, France, février 1918 (MIKAN 3406029)

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du lieutenant George Burdon McKean.


John Morden est un étudiant émérite en histoire de l’Université Carleton faisant un stage au sein de la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant-colonel Harcus Strachan, VC

Par Emily Monks-Leeson

Cette semaine, dans son blogue, Bibliothèque et Archives Canada rend hommage au lieutenant-colonel Harcus Strachan, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses actions pendant la Première Guerre mondiale, lors de la bataille de Cambrai qui se déroulait en ce jour il y a 100 ans.

Photographie en noir et blanc d’un officier assis qui porte un couvre-chef et tout l’équipement d’un officier.

Lieutenant Harcus Strachan, VC, sans date (MIKAN 3221434)

Né à Borrowstounness, en Écosse, en 1887, Harcus Strachan immigre au Canada en 1908. En 1915, il s’enrôle dans le régiment Fort Garry Horse, basé à Winnipeg, au Manitoba, où il est élevé au grade de lieutenant. Le 20 novembre 1917, il prend le commandement d’un escadron à cheval du régiment Fort Garry Horse à Masnières, en France. Lorsque le chef de l’escadron est tué, le lieutenant Strachan dirige l’escadron pour franchir les positions de mitrailleuses allemandes. Selon sa citation :

« Il mène une charge contre la batterie ennemie, tuant sept des artilleurs avec son épée. [Puis, il coupe les lignes téléphoniques 3 kilomètres derrière les lignes allemandes, et] il rassemble ses hommes et lutte pour retraverser la ligne ennemie, ramenant en lieu sûr tous les hommes non blessés, en plus de 15 prisonniers. [Cette opération] n’a été rendue possible que grâce à cet acte de bravoure exceptionnel et au leadership audacieux de cet officier. » [Traduction, Défense nationale]

London Gazette no 30433, 18 décembre 1917 (en anglais)

Photographie en noir et blanc de soldats à cheval traversant un village.

Le lieutenant Strachan, VC, et un escadron du Fort Garry Horse traversant un village au front de Cambrai, décembre 1917 (MIKAN 3405685)

Un rapport tapé à la machine relatant les événements de la journée.

Journal de guerre du Fort Garry Horse, 20 novembre 1917, page 2 du rapport du lieutenant Strachan (MIKAN 2004724)

Le lieutenant-colonel Strachan est promu capitaine et le roi George V lui remet la Croix de Victoria le 6 janvier 1918. Pour souligner l’anniversaire de la remise de la Croix de Victoria à Harcus Strachan, les « Garrys » (surnom donné aux membres du régiment Fort Garry Horse) tiennent un défilé chaque année. Strachan survit à la guerre et dirige, pendant la Deuxième Guerre mondiale, le 1er bataillon des fusiliers d’Edmonton. Il meurt à Vancouver le 1er mai 1982. Récemment, il a été honoré par la mise en place d’une plaque historique sur les berges du lac Harcus Strachan, à 250 kilomètres à l’est de Thompson, au Manitoba.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du Lieutenant-colonel Harcus Strachan dans la base de donnés des Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

 

Le caporal Colin Fraser Barron et le soldat James Peter Robertson, récipiendaires de la Croix de Victoria

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, le Blogue de Bibliothèque et Archives Canada se souvient du caporal Colin Fraser Barron et du soldat James Peter Robertson, récipiendaires de la Croix de Victoria pour des actes de bravoure accomplis il y a exactement cent ans, durant la bataille de Passchendaele ‒ l’une des plus meurtrières et des plus déterminantes de la Première Guerre mondiale.

Photo noir et blanc de deux soldats debout devant une grille en fer forgé ouvragé.

Colin Fraser Barron (à droite), promu au grade de sergent, récipiendaire de la Croix de Victoria. À ses côtés, un autre soldat décoré de la même distinction : Cecil John Kinross. Date inconnue (MIKAN 3405057)

Le caporal Barron voit le jour en 1893 à Baldavie (Boyndie), dans le Banffshire, en Écosse. Il émigre au Canada en 1910. Quatre ans plus tard, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien à Toronto. Membre du 3e Bataillon de Toronto, il participe à la bataille de Passchendaele le 6 novembre 1917. Son unité est chargée de capturer une casemate allemande qui bloque l’avancée des Canadiens sur l’éperon Goudberg . Armé d’une mitrailleuse Lewis, Barron contourne la position ennemie puis, ouvrant le feu, charge la casemate; il tue quatre soldats allemands et capture les autres. Faisant ensuite pivoter une des mitrailleuses allemandes, il tire contre les positions ennemies à l’arrière. « La rapidité et la farouche détermination de ce sous-officier alors qu’il s’élançait vers les mitrailleuses ennemies ont mené à des résultats décisifs et permis de poursuivre l’avancée. » [Traduction] (London Gazette, n° 30471, 11 janvier 1918)

Promu au grade de sergent-major, Colin Barron survit au conflit, et servira au sein du Régiment royal du Canada durant la Deuxième Guerre mondiale. Il décède en 1958. Il est inhumé dans la section des anciens combattants du cimetière Prospect de Toronto.

Description dactylographiée des événements de la journée du 6 novembre 1917.

Annexe C : Observations extraites du journal de guerre du 3e Bataillon de Toronto, 6 novembre 1917 (MIKAN 1883209)

Un autre Canadien se distingue par ses faits d’armes pendant la Première Guerre mondiale : le soldat James Peter Robertson, originaire d’Albion Mines (aujourd’hui Stellarton), dans le comté néo-écossais de Pictou. Robertson s’enrôle en 1915 dans le Corps expéditionnaire canadien, au sein du 27e Bataillon d’infanterie de Winnipeg. Le 6 novembre 1917, il participe à l’assaut final de la crête de Passchendaele. Alors que son peloton est bloqué par les barbelés et le feu nourri des mitrailleuses allemandes, Robertson décide de passer à l’attaque. Après un farouche combat au corps à corps, il tue quatre mitrailleurs et met les autres en fuite. Le London Gazette raconte à son sujet : « Transportant la mitrailleuse prise à l’ennemi, il entraîne son peloton vers l’objectif final. Il choisit ensuite une excellente position et met la mitrailleuse en marche, tirant sur l’ennemi qui s’enfuit .» [Traduction] Toujours armé de la mitrailleuse allemande, Robertson élimine des tireurs embusqués qui menacent son unité. Mais deux tireurs d’élite canadiens sont gravement blessés, et il sort à découvert, sous un feu intense, pour tenter de les sauver. Il parvient à ramener un premier soldat; malheureusement, il est tué par un obus alors qu’il revient avec le deuxième. Le soldat Robertson est inhumé dans le cimetière de Tyne Cot, en Belgique.

Photo noir et blanc d’un jeune homme en uniforme.

Le soldat James Peter Robertson, récipiendaire de la Croix de Victoria (MIKAN 3645665)

Bibliothèque et Archives Canada conserve les dossiers de service du caporal Colin Fraser Barron et du soldat James Peter Robertson.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Major-général George Randolph Pearkes, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le major-général George Randolph Pearkes a vu le jour en 1888 à Watford, en Angleterre, puis a émigré en Alberta en 1906. En 1915, il s’est enrôlé dans le 2e régiment canadien de fusiliers à cheval. À partir de septembre 1916, il a dirigé le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval. Il a obtenu la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’il a accomplis à la bataille de Passchendaele.

Photographie noir et blanc d’un officier assis portant une casquette et une ceinture Sam Browne (large ceinture en cuir entourant la taille à laquelle est attachée une bande plus étroite placée en diagonale et qui passe sur l’épaule droite); il y a des galons sur les manches de sa veste.

Le major George Randolph Pearkes, VC, arborant la Croix militaire (il n’avait pas encore reçu la Croix de Victoria). Remarquez les quatre galons de blessé sur sa manche. Photographie prise en décembre 1917 par William Rider-Rider. (MIKAN 3219828)

George Randolph Pearkes, major à l’époque, obtient la Croix de Victoria en reconnaissance de son aptitude à commander ses troupes lors de la prise et du maintien d’une position stratégique et de la progression de son bataillon à Passchendaele, en Belgique, les 30 et 31 octobre 1917. Blessé à la cuisse avant la progression de ses troupes, le major Pearkes dirige son bataillon pendant toute l’attaque. Selon sa citation :

Lorsque la progression de son bataillon « est menacée par un emplacement fortifié qui fait partie des objectifs du bataillon à sa gauche, mais que celui-ci n’a pas réussi à prendre. […] il capture la position et la tient, ce qui lui permet de pousser un peu plus loin son avance.

C’est grâce à sa détermination et à sa personnalité intrépide qu’il a pu maintenir son objectif, avec le peu d’hommes qui lui restait, et malgré les contre-attaques ennemies répétées, alors que ses flancs sont restés sans protection pendant un bon moment. » [Traduction, Défense nationale]

London Gazette, no 30471, 11 janvier 1918 (en anglais)

Avant la fin de la guerre, George Randolph Pearkes est blessé cinq fois et promu lieutenant-colonel. Il reçoit la Croix de Victoria, la Croix militaire et l’Ordre du service distingué. Après l’armistice, il devient officier de carrière, est affecté au Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, et sert comme officier d’état-major au Collège militaire royal du Canada. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le brigadier Pearkes commande la 2e Brigade d’infanterie canadienne. Il devient plus tard l’officier général commandant du Commandement du Pacifique, chargé de surveiller la défense sur la côte Ouest du Canada. Après avoir pris sa retraite de l’armée, il fait son entrée en politique sur la scène fédérale en tant que conservateur et est élu député de Nanaimo, en Colombie-Britannique, en 1945. Il est ministre de la Défense nationale de 1957 à 1960, puis est nommé lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique en octobre 1960.

Le major-général Pearkes s’éteint à Victoria, en Colombie-Britannique, le 30 mai 1984. L’immeuble abritant le quartier général de la Défense nationale à Ottawa a été nommé Édifice Major-général George RPearkes en son honneur, tout comme le mont Pearkes, dans la partie continentale sud de la Colombie-Britannique. On peut maintenant consulter le dossier de service numérisé complet du major-général Pearkes dans les dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale de Bibliothèque et Archives Canada.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Le soldat Kinross, le lieutenant McKenzie et le sergent Mullin, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le soldat Cecil John Kinross est né dans le village de Harefield, en Angleterre, en 1896. Il s’établit avec sa famille à Lougheed, Alberta, en 1912. Kinross servait dans le 49e bataillon (Edmonton) lors de la bataille de Passchendaele.

Une photographie en noir et blanc d’un homme portant une casquette, une veste de laine grise, une chemise blanche et une cravate foncée.

Le soldat Cecil John Kinross, VC, non daté (MIKAN 3217741)

Le 30 octobre 1917, Kinross et sa compagnie subissent le feu nourri de l’artillerie et des mitrailleuses allemandes. Alors que son unité essuie de lourdes pertes, Kinross s’avance seul, à découvert, et armé simplement de son fusil et d’une cartouchière, il parvient à détruire un nid de mitrailleuses allemandes. Sa citation dans la Gazette de Londres (London Gazette) raconte que « sa compagnie, inspirée par ce remarquable exemple de courage, progresse de 300 mètres et s’établit sur une position hautement stratégique ».

Kinross est décoré de la Croix de Victoria pour ce fait d’armes. Grièvement blessé au bras et à la tête, il est envoyé à l’hôpital Orpington, en Angleterre; plus tard, il sera rapatrié en Alberta. Kinross est décédé en 1957. Le mont Kinross dans le parc national de Jasper est ainsi nommé en son honneur.

Le lieutenant Hugh McKenzie est né en 1885 à Inverness, en Écosse. Il immigre au Canada en 1911 et s’enrôle dans le Régiment d’infanterie légère Princesse Patricia en août 1914. En janvier 1917, il est promu au rang de sous-lieutenant. Le 30 octobre 1917, McKenzie commande une section de mitrailleurs accompagnant l’infanterie lors d’un assaut contre des positions allemandes. Alors que tous les officiers et la plupart des sous-officiers de la compagnie sont tués ou blessés, McKenzie prend le commandement de ce qui reste de l’infanterie. Attaquant de front et de côté, McKenzie réussit à capturer une casemate qui avait infligé de lourdes pertes à sa compagnie. Cet acte de bravoure sauve la vie de plusieurs hommes, mais lui-même est tué en menant l’attaque frontale.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat en uniforme portant une petite moustache.

Le lieutenant Hugh McKenzie, VC, non daté (MIKAN 3218971)

Un compte rendu précis dactylographié des événements du 30 octobre 1917.

Journal de guerre de la 7e compagnie canadienne de mitrailleurs, 30 octobre 1917, page 16 (MIKAN 2004833)

Le lieutenant McKenzie est décoré de la Croix de Victoria et de la Croix de guerre française pour ses actions au combat. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le nom McKenzie figure sur le mémorial de la Porte de Menin parmi ceux d’autres soldats, britanniques, australiens, canadiens et indiens morts sans sépulture. Dans sa citation, publiée dans la Gazette de Londres (London Gazette), son nom « Mackenzie » est mal orthographié.

Le major George Harry Mullin est né à Portland, Oregon, en 1892. À l’âge de deux ans, il immigre avec sa famille à Moosomin, en Saskatchewan. Il s’enrôle dans l’armée en décembre 1915 et sert dans la section des éclaireurs et tireurs d’élite du Régiment d’infanterie légère Princesse Patricia. Durant la bataille de Passchendaele, le sergent Mullin capture à lui seul une casemate allemande qui avait fait subir de lourdes pertes aux troupes canadiennes. Sa citation dans la Gazette de Londres (London Gazette) raconte comment Mullin

… lance une attaque frontale contre un tireur embusqué, fait exploser la garnison, et, rampant jusque sur la casemate, il abat deux mitrailleurs avec son revolver. Mullin se précipite ensuite vers une autre entrée et force les dix hommes de la garnison à se rendre. … [Mullin] a non seulement contribué à régler la situation, mais il a sauvé indirectement de nombreuses vies.

London Gazette, n° 30471, 11 janvier 1918

Le sergent Mullin a reçu la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure; il détenait le grade de lieutenant à la fin de la guerre. Nommé sergent d’armes au Parlement de la Saskatchewan en 1934, il servira dans la Garde des anciens combattants durant la Deuxième Guerre mondiale. Le major Mullin est décédé à Regina, Saskatchewan, en 1963.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat souriant portant un casque et une veste en cuir.

Le sergent Mullin, VC, Régiment d’infanterie légère Princesse Patricia, janvier 1918 (MIKAN 3219321)

Bibliothèque et Archives Canada conserve les dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien (CEC) pour le soldat Cecil John Kinross, le lieutenant Hugh McKenzie et le major George Harry Mullin. La version numérique de ces dossiers peut être consultée dans la base de données du dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Sergent Filip Konowal, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le dernier soldat ayant participé à la bataille de la côte 70 que nous présentons dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria est le sergent Filip Konowal, un canado-ukrainien très décoré qui est né le 15 septembre 1888, à Kutkivtsi, en Ukraine.

Photographie en noir et blanc d’un soldat portant un couvre-chef à visière orné d’une feuille d’érable. Il se tient au garde-à-vous devant une grande barrière menant au terrain du palais.

Le caporal Filip Konowal au palais de Buckingham pour la remise de la Croix de Victoria (MIKAN 3217851)

Filip Konowal sert dans l’armée impériale russe avant d’immigrer au Canada, en 1913. Formé pour enseigner le maniement de la baïonnette, il se joint au Corps expéditionnaire canadien en 1915 et sert avec le 47e Bataillon (Colombie-Britannique), au sein duquel il est promu caporal. Filip Konowal se trouve avec son bataillon à la côte 70, près de Lens, en France, lorsque sa bravoure et sa détermination pendant les trois jours de la bataille, du 22 au 24 août, lui font obtenir la Croix de Victoria.

Alors qu’il dirige sa section à travers les défenses allemandes en liquidant les caves, les cratères et les emplacements de mitrailleuse, le caporal Konowal protège ses hommes et se bat avec un certain nombre de soldats allemands. Ses efforts ne s’arrêtent pas là. Selon sa citation :

[Traduction libre]

« Arrivé à l’un de ses objectifs, le caporal Konowal constate qu’une mitrailleuse tient en échec le flanc droit et cause de nombreuses pertes. Il s’élance et envahit cet emplacement; il tue les soldats du détachement et ramène la mitrailleuse ennemie jusqu’à nos lignes.

Le lendemain, il attaque, seul, un autre emplacement et tue trois combattants; il détruit la mitrailleuse et l’emplacement avec des explosifs.

Ce sous-officier a éliminé à lui seul au moins 16 ennemis et, au cours des deux jours de combats […], il a poursuivi son travail jusqu’à ce qu’il soit grièvement blessé. »

London Gazette, no 30400, 26 novembre 1917 (en anglais)

George V remet la Croix de Victoria à Filip Konowal, qui est promu sergent. Une fois remis de ses blessures, il sert comme attaché militaire à l’ambassade de Russie à Londres. Plus tard, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien de Sibérie.

Le sergent Filip Konowal meurt à Hull, au Québec, en 1959. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-de- Lourdes, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service de Filip Konowal.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Robert Hill Hanna, VC

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans la série de blogues Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous soulignons l’anniversaire de la bataille de la côte 70, victoire décisive pour le Corps canadien et lieu de deuil pour des milliers de familles canadiennes et allemandes. Six Canadiens ont reçu la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’ils ont accomplis pendant la bataille de la côte 70, ou peu de temps après. L’un d’eux est Robert Hill Hanna, né à Kilkeel, en Irlande, le 6 août 1887, et ayant émigré au Canada en 1905.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme en uniforme, debout sur un balcon à l’extérieur, les mains derrière le dos.

Le cadet R. Hanna, VC, date inconnue (MIKAN 3216531)

Hanna s’enrôle dans le 29e Bataillon (British Columbia Regiment). Le 21 août 1917, à l’âge de 30 ans, il est promu sergent-major de compagnie. Lors d’une bataille pour capturer une position fortifiée allemande hautement protégée près de la côte 70 à Lens, en France, sa compagnie subit de lourdes pertes; tous les officiers haut gradés de Hanna y perdent la vie. Face à cette situation, Hanna rassemble un groupe d’hommes et les mène dans une attaque contre la position allemande, se précipitant à travers les barbelés et tuant les soldats allemands qui manœuvrent une mitrailleuse.

Description détaillée des événements qui ont valu à Hanna la Croix de Victoria.

Deuxième page de l’annexe 6 du rapport sur les opérations décrivant les actions du sergent-major Hanna. (MIKAN 1883249)

Voici sa citation dans The London Gazette :

Cette action extrêmement courageuse, soit la démonstration d’un héroïsme et d’une bravoure personnelle du plus haut niveau au moment le plus critique de l’attaque, a donné lieu à la capture d’une position tactique très importante. Sans son intervention audacieuse et la détermination dont il a fait preuve lors d’une situation désespérée, l’attaque n’aurait pu réussir et la position tactique n’aurait pu être capturée. [traduction]

The London Gazette, no 30372, le 8 novembre 1917

Hanna a plus tard été promu au grade de lieutenant. Il a survécu à la guerre et a pu rentrer au Canada. Le lieutenant Robert Hill Hanna est décédé à Mount Lehman, en Colombie-Britannique, le 15 juin 1967.

Bibliothèque et Archives Canada détient le dossier de service du lieutenant Robert Hill Hanna, du Corps expéditionnaire canadien.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.