Images d’outils à main maintenant sur Flickr

Photographie en noir et blanc d’une femme utilisant une pelle à neige traditionnelle faite d’une large planche de bois pour construire un iglou.

Jeune Inuite avec une pelle à neige faite d’une large planche de bois, Expédition arctique Stefansson-Anderson, golfe du Couronnement (Nunavut) [PA-165738]

Un outil à main est un instrument contrôlé uniquement par la main humaine. Les outils de l’âge de pierre fabriqués avec de la pierre (parfois du bois) servent à marteler, à couper ou à creuser.

Photographie en noir et blanc d’une femme debout sur une route de terre portant un panier rempli de fougères et une pelle sur l’épaule gauche.

Edna Boyd transporte un panier de fougères et une pelle, à Bala (Ontario) [PA-070891]

À l’âge de bronze, les outils sont façonnés à partir d’un alliage de cuivre et d’étain. Ils sont plus tranchants et plus durs que les outils de pierre.

Photographie en noir et blanc d’un homme penché en avant et cassant la glace avec un piolet.

Homme utilisant un piolet (Colombie-Britannique) [e011175725]

Le fer remplace le bronze à l’âge du fer. Les outils de fer sont encore plus robustes et durables que les outils de bronze. Plusieurs outils créés alors ressemblent à ceux qui sont produits de nos jours. À l’époque cependant, seuls quelques artisans fabriquent les outils, ce qui limite leur diffusion et leur utilisation par de nombreuses personnes.

Photographie en noir et blanc d’une jeune fille avec une masse reposant sur son épaule droite.

Une jeune fille tient une masse [e003895283]

La révolution industrielle voit arriver la fabrication des outils en usine. À l’aide de machinerie lourde, on peut désormais produire un plus grand nombre d’outils. Ils deviennent plus accessibles à la population en général, leur prix diminue et leur usage se répand dans les ménages.

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Images d’icebergs maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc d’un iceberg arrondi avec affleurement en bloc au milieu de l’océan.

Vidéastes de l’Office national du film s’installant près d’un iceberg. (e011175885)

Les icebergs, ces gros blocs de glace qui se détachent des glaciers et partent à la dérive sur l’océan, sont tantôt d’un blanc pur, tantôt veinés de bleu ou de brun. Le bleu apparaît lorsque l’eau de fonte gèle dans les stries du glacier. Quant au brun, il s’agit de particules qui se sont déposées sur la glace ou qui ont été emprisonnées lorsque l’iceberg, en se séparant du glacier, a frotté le sol.

Photo noir et blanc d’un iceberg arrondi avec affleurement en bloc au milieu de l’océan.

Iceberg dans le détroit d’Hudson (a045191)

La forme et la taille d’un iceberg varient selon le type de fracture et la fonte, mais les vagues, la température et la banquise environnante jouent également un rôle. Les icebergs sont le plus souvent tabulaires, en bloc, biseautés, pointus, en dôme ou érodés.

Page d’album avec cinq photos noir et blanc montrant différents types d’icebergs en gros plan et un coucher de soleil sur l’océan. Légendes, de gauche à droite : « Coucher de soleil, baie de Baffin » et « Photo prise en mer, sur le bras Scott, au large de l’île de Baffin ».

Photos d’icebergs prises en mer, sur le bras Scott, au large de l’île de Baffin. (e010863534)

Les tabulaires, soit des morceaux de banquise plats qui se détachent pour former des îles de glace, sont assez stables pour servir de plateformes de recherche mobiles, alors que ceux de forme plus irrégulière peuvent se désagréger à tout moment. Selon Iceberg Finder, le plus gros iceberg jamais répertorié dans l’Arctique a été observé en 1882, près de l’île de Baffin.

Six petits croquis légèrement colorés montrant divers types d’icebergs, avec la légende « Vanille, fraise, framboise – boum, servez froid! »

Vanille, fraise, framboise – boum, servez froid! (e008444012)

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Images de pipes autochtones maintenant sur Flickr

Portrait rapproché d’un homme fumant la pipe et portant une casquette plate et des lunettes rondes.

Portrait d’Angmarlik, chef inuit respecté de Qikiqtat (Kekerten) (PA-166470)

Tant les hommes que les femmes autochtones fument la pipe.

Femme fumant la pipe vêtue d’une robe, d’un châle et d’un bandana; elle tient les rênes d’un cheval tirant une charrette de la rivière Rouge.

Femme autochtone avec une charrette de la rivière Rouge dans un camp (e011156555)

Les fourneaux de pipe sont fabriqués en céramique ou sculptés dans des matériaux durs comme la pierre de pipe, la pierre à savon, le bois ou les épis de maïs. Le tuyau de pipe est habituellement façonné dans un morceau de bois creux. On fume la pipe, bourrée de tabac ou d’un mélange de plantes ou d’écorces aromatiques, à des fins récréatives, pour des occasions politiques ou dans le cadre de cérémonies. Parfois, des pipes métalliques uniques en forme de hache sont offertes aux chefs et aux dirigeants autochtones.

Panier en écorce de bouleau orné d’une broderie représentant un homme des Premières Nations fumant la pipe (e010948522)

La pipe n’est plus aussi répandue qu’avant, mais comme le montrent certaines des photos suivantes, son usage et sa puissance symbolique perdurent.

Portrait d’une femme portant un châle en tartan et fumant la pipe.

Femme inuite portant un châle en tartan et fumant la pipe (e010692540)

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Images de plages maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de trois filles allongées côte à côte sur le ventre, dans le sable.

Trois filles allongées dans le sable sur une plage, comté de Renfrew (Ontario) [PA-056012]

Situées près des littoraux, des grandes rivières et des lacs, les plages sont des bandes de terre qui se trouvent entre les limites de la marée haute et de la marée basse. Selon leur emplacement géographique, elles sont parsemées de cailloux, de galets ou de sable.

Photo couleur d’un groupe de garçons jouant sur la plage près d’un lac.

Garçons jouant sur la plage au Grand lac des Esclaves, Hay River (Territoires du Nord-Ouest) [e010976123]

L’aristocratie et les classes supérieures du Royaume-Uni et de l’06Europe sont les premières à organiser des sorties à la plage à des fins récréatives et thérapeutiques. Au milieu de 19e siècle, les vacances à la plage évoluent. Grâce à l’expansion des chemins de fer et des gares, la classe moyenne et la classe ouvrière peuvent maintenant acheter des billets bon marché et se rendre dans les centres de villégiature en pleine croissance.

Photo noir et blanc d’un homme et d’une femme souriants assis sur le sable, face-à-face.

M. Murphy (à gauche) et Mme Beck à Ingonish Beach (Nouvelle-Écosse) [e008302213]

À la fin du 19e siècle, l’Amérique du Nord, un continent privilégié par l’omniprésence de ses plages, connaît également une croissance rapide de ses installations récréatives. Cette croissance se poursuit au 20e siècle alors que de nouvelles activités aquatiques font leur apparition, dont le surf, la planche nautique et la planche à voile.

Photo couleur d’une femme et de deux hommes; un des hommes est accroupi et inscrit à la craie la température de l’eau sur une pancarte, soit 76 degrés Fahrenheit.

Deux hommes et une femme traçant à la craie la température de l’eau à Brackley Beach, parc national de l’Île-du-Prince-Édouard [e010949055]

Les plages sont toujours aussi populaires de nos jours. Tant les Canadiens que les touristes profitent chaque année de toutes les activités qui s’y déroulent.

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Judith-Pauline White, photographe du Nunatsiavut

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.

Par Heather Campbell

Photographie noir et blanc d’une Inuite faisant face à l’appareil photo. La jeune fille porte un amauti blanc (un manteau de femme ou de fille muni d’un grand capuchon) et se tient devant un bâtiment, tandis qu’une femme regarde par une fenêtre derrière elle.

Jeune Inuite devant un bâtiment; une femme regarde par une fenêtre derrière elle, entre 1900 et 1950. (e011307844)

Judith-Pauline White (née Hunter) est une Inuite née en 1905 à Hebron, Terre-Neuve (maintenant Terre-Neuve-et-Labrador), environ 200 kilomètres au nord de Nain, au Labrador. En 1922, elle épouse un propriétaire de poste de traite bien connu, Richard White, et devient ainsi la belle-mère de la fille de White. Le couple aura cinq enfants. Le poste de traite Richard (Dick) White, qui est devenu un édifice patrimonial, est situé à Kauk, environ 4 kilomètres au sud de Nain et 34 kilomètres au nord de la baie de Voisey.

Mme White, une photographe amateur, prend des photos dans la région à partir des années 1920. Dans les années 1950, elle rencontre l’anthropologue Alika Podolinsky Webber, venue au Labrador pour mener des recherches dans le cadre de sa thèse sur l’art des Innus Mushuau (de la Nation innue). Podolinsky Webber se rend à Kauk, car ce poste de traite est un lieu de rencontre pour les Innus et les Inuits sur la côte nord du Labrador.

Mme White expédie des documents à Podolinsky Webber après le décès de Richard White, en 1960. Ces documents comprennent des photographies et des négatifs de plus de 200 scènes de la vie quotidienne et des environs du poste de traite. Les photographies prises par White (voir les niveaux hiérarchiques inférieurs) représentent des Innus et des Inuits, et constituent des documents visuels authentiques de la vie au Labrador des années 1920 aux années 1950. Cette mine d’information, bien dissimulée pendant des décennies avant d’être offerte à Bibliothèque et Archives Canada en 2007, est maintenant accessible au public.

Une photographie noir et blanc d’un Innu regardant l’appareil photo, vêtu de vêtements traditionnels et assis sur une pile de provisions. À l’arrière-plan, plusieurs personnes se tiennent debout devant une maison de couleur foncée percée de deux petites fenêtres.

Innus en déplacement entre 1925 et 1940. (e011305800)

Étant moi-même une Inuite du Nunatsiavut, une artiste et une ancienne conservatrice, je m’intéresse beaucoup à la vie et à l’œuvre de cette photographe. Je ne peux m’empêcher de penser au célèbre photographe inuit Peter Pitseolak, de Cape Dorset. Avec ses instantanés de la vie inuite pris dans les années 1940 et 1950, il fut l’un des premiers Inuits à tourner l’appareil photo vers sa propre communauté, au lieu de faire lui-même l’objet d’études ethnographiques. À l’insu de Pitseolak et de ceux qui ont suivi ses traces, quelque part au Nunatsiavut, une femme inuite prenait elle aussi des photos de la vie quotidienne. Pourquoi n’avons-nous jamais entendu parler d’elle?

La chercheuse inuite Heather Igloliorte explique dans le numéro automne-hiver 2015 de la revue Inuit Art Quarterly que, lorsque Terre-Neuve a joint la Confédération en 1949, la Loi sur les Indiens excluait les Inuits du Nunatsiavut :

Les artistes inuits du Labrador ont malheureusement été exclus de presque tous les projets découlant des efforts concertés de James Houston (qui a « découvert » l’art inuit moderne), du gouvernement, de la Canadian Guild of Crafts, de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de bien d’autres intervenants, car il a fallu attendre des décennies avant que le gouvernement fédéral ne reconnaisse officiellement qu’il y avait des Inuits au Labrador. Nous n’avons établi aucun studio ou coopérative, ni tissé de relations avec le milieu des arts dans le sud du Canada, ni développé de marchés nationaux ou internationaux pour vendre nos œuvres. Avant 1991, nous n’avions même pas le droit d’utiliser la très répandue « étiquette L’Igloo » pour authentifier nos œuvres. [Traduction]

Une photographie noir et blanc d’une femme debout à la fenêtre d’un bâtiment en bois, portant une robe avec un collet blanc et une chaîne ornée d’une grande croix. Dans le coin inférieur gauche de la fenêtre, un enfant regarde en direction de l’appareil photo.

Femme debout à la fenêtre, vers 1900-1950. (e011307849)

White prenait encore des photos lorsque Terre-Neuve a joint la Confédération. Mais à l’époque, les musées et les expositions ne présentaient pas d’artistes inuits du Nunatsiavut. Ces derniers vendaient leurs œuvres de porte à porte, dans des boutiques d’artisanat locales ou à des visiteurs occasionnels. Nous ne pouvons qu’imaginer comment le milieu de l’art inuit aurait réagi à l’œuvre de White si les gouvernements provincial et fédéral de l’époque avaient soutenu et reconnu les artistes inuits du Nunatsiavut.

Nous sommes reconnaissants envers la succession d’Alika Podolinsky Webber pour son précieux don. Ce témoignage visuel de la passion de Judith-Pauline White pour la photographie, et de sa volonté de documenter la culture des Innus et des Inuits du Labrador, est maintenant accessible en ligne pour le grand public.

Une photographie noir et blanc d’un Innu avec trois membres de sa famille. Les hommes et un jeune garçon portent un manteau et des mitaines en fourrure. Il y a une tente et des arbres à l’arrière-plan.

Un Innu nommé Pasna et sa famille, vers 1920-1940. (e008299593)

Allez visiter le site Flickr pour voir une plus grande sélection des photos de Judith-Pauline White.

Ce blogue fait partie d’une série portant sur les Initiatives du patrimoine documentaire autochtone. Apprenez-en plus sur la façon dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) améliore l’accès aux collections en lien avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Voyez aussi comment BAC appuie les communautés en matière de préservation d’enregistrements de langue autochtone.


Heather Campbell travaille comme archiviste à la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Dave Heath : sexualité, mort et autres démons

Par Lisandra Cortina de la Noval

 « Ses thèmes de prédilection sont l’éros et Dieu, ou les mystères de la femme et de la mort. »

Cynthia Ozick

Séquence de deux photographies du visage de l’artiste Dave Heath portant des lunettes.

Diptyque de Dave Heath, 2005, par Michael Schreier (e008299923)

Qui est Dave Heath?

Le regretté David Martin Heath est né le 27 juin 1931 à Philadelphie, en Pennsylvanie. Abandonné par ses parents à l’âge de 4 ans et rejeté par le reste de sa famille, Heath grandit dans divers foyers d’accueil juifs avant d’être placé dans un orphelinat à l’âge de 12 ans. Trois ans plus tard, il commence à s’adonner à la photographie pour tromper l’ennui, amorçant une longue et brillante carrière qui fera de lui une figure marquante de la photographie moderne. En 1970, il immigre au Canada et s’installe à Toronto.

Un autodidacte en bonne partie, Heath a été photographe, graveur, écrivain, critique, éditeur et professeur. Surtout connu pour son livre A Dialogue with Solitude [Un dialogue avec la solitude] publié en 1965, il a expérimenté avec différentes formes d’expression artistique : la traditionnelle chambre noire, les diaporamas, la technologie Polaroid, la photographie couleur numérique et les journaux artistiques. Les journaux de Heath, échelonnés de 1974 à 2016, font maintenant partie de la collection de Bibliothèque et Archives Canada.

Marchant dans les traces de Walker Evans et Robert Frank, Heath considère la séquence photographique comme une forme d’art et place la relation entre les mots et les images au centre de son œuvre. Dans l’un de ses journaux, Heath compare la photographie à de la « poésie sans mots ». Bien qu’extrêmement personnel, son art demeure une exploration de la condition humaine.

Une âme douce mais tourmentée

D’une nature solitaire, Heath mènera sa vie comme un perpétuel combat. L’abandon vécu durant sa prime enfance, par sa mère en particulier, ouvre en lui une brèche qu’il sera incapable de combler, même à l’âge adulte. Adopter le prénom « Dave » a été pour lui une façon de se redonner la place, la présence et l’identité si essentielles qu’on lui a refusées lorsqu’il était enfant. Ce prénom deviendra son nom d’artiste.

Malgré ses blessures liées à l’abandon et son incapacité à communiquer avec les autres ou à entretenir des relations durables, Heath témoigne dans son art de son amour pour les femmes. Dans un de ses journaux, il se demande : « Cet intérêt récurrent pour la femme dans mon œuvre serait-il un moyen de fuir le traumatisme originel en cherchant à comprendre la femme, à dévoiler son mystère afin qu’elle devienne rassurante plutôt que dangereuse, la transformant ainsi en quelque chose de gratifiant en soi, une œuvre d’art? » Cette interrogation pourrait expliquer sa fascination pour le corps de la femme, les seins en particulier, perçus non seulement comme objets sexuels, mais aussi comme « source de chaleur aimante et cœur d’une femme — indulgents, réconfortants, consolants et vivifiants » (auto-entrevue par le peintre Paul Matthews, 26 septembre 2006, citée dans un de ses journaux). La sexualité est pour lui une étincelle artistique. Il crée et rassemble au fil des ans une impressionnante collection d’images érotiques. Son dernier livre, Eros and the Wounded Self [Éros et l’ego blessé], réunit une sélection de ses photos Polaroid de femmes.

Être solitaire, Heath compte très peu d’amis, qu’il aime toutefois profondément. Ses journaux laissent transparaître une âme douce, un homme qui n’hésite jamais à aider ses amis et collègues artistes, financièrement et psychologiquement. Comme il l’a écrit dans l’un de ses journaux, « il faut persévérer sans aucune garantie de reconnaissance, de célébrité, de fortune ou de postérité. Tel est le fardeau de celui qui est un véritable artiste et non une imitation trompeuse. »

“Waiting for the end, boys, waiting for the end” [« Attendre la fin, les gars, attendre la fin »]

(tiré de « Just A Smack At Auden », poème de William Empson cité dans un journal de Dave Heath)

« On vit, on meurt. La mort et l’oubli sont notre véritable destinée. »

Dave Heath

La mort est largement représentée dans l’œuvre de Heath, mais pas sous la forme traditionnelle de « la crainte de mourir ». Il avoue penser à la mort depuis l’âge de sept ans, voire de quatre ans, quand sa mère l’a abandonné. Son œuvre, fondée sur un sentiment de perte immense, explore le caractère inéluctable de la mort. Nous sommes tous voués à la mort, mais ce qui importe réellement pour Heath, c’est ce que nous faisons avant de mourir, ce que nous sommes capables d’accomplir durant notre vie : un legs pour déjouer l’oubli.

Les dernières années de Heath sont une véritable course contre la mort, alors qu’il travaille sans relâche pour achever ses dernières œuvres, son chant du cygne. Malgré quelques problèmes de santé, il réussit à terminer et à publier ses deux derniers livres : Dave Heath’s Art Show [L’exposition visuelle de Dave Heath] (2007), montrant une sélection de ses photographies numériques, et Eros and the Wounded Self (2010).

Heath est mort le 27 juin 2016, le jour de son 85e anniversaire, dans sa résidence de Toronto. Toute sa vie, il a voulu effacer la souillure du rejet grâce à la création artistique. « Cela a toujours été mon souhait, mon intention, mon désir, mon ambition, que mon œuvre soit la trace de mon passage sur terre, le véritable mémorial de ma venue ici-bas », a-t-il écrit dans l’un de ses journaux.

Si vous passez dans la région de la capitale nationale cet été et que vous souhaitez voir son œuvre, visitez l’exposition Multitude, Solitude. Les photographies de Dave Heath au Musée des beaux-arts du Canada, présentée jusqu’au 2 septembre 2019.


Lisandra Cortina de la Noval est archiviste en photographie à la Division des archives privées de la vie sociale et de la culture à Bibliothèque et Archives Canada.

Images de boulangeries maintenant sur Flickr

Qui n’aime pas les boulangeries? L’odeur du beurre et du sucre, la vue des miches de pain et des pâtisseries alignées derrière les comptoirs vitrés sont incroyablement alléchantes.

Quatre vitrines garnies de produits de boulangerie-pâtisserie forment un long comptoir. De grandes tablettes en bois avec un miroir au milieu sont recouvertes de boîtes. Le plancher présente un motif en damier.

Boulangerie Hunts, Toronto (Ontario) (a068155)

Il y a eu des boulangeries tout au fil de l’histoire. Les armées avaient des boulangeries de campagne, et des boulangeries étaient prévues dans les plans des forts. Un peu partout, les familles avaient accès à des fours à pain extérieurs ou communautaires. Beaucoup de nouveaux immigrants ont ouvert des boulangeries et apporté avec eux des recettes de leur pays d’origine.

Trois enfants regardent leur mère qui retire un pain d’un four extérieur en brique. À l’arrière-plan, on peut voir une maison et un champ.

Du pain cuisant dans un four en extérieur (e011175772)

Dans une rue résidentielle, un cheval tire un chariot sur lequel figurent les mots « Quality », « Wonder Bakeries Limited » et l’image d’une miche de pain Wonder Bread.

Chariot de livraison, Wonder Bakeries Limited (PA-060334)

La boulange a énormément changé au cours du siècle dernier, de grandes quantités de pain sont aujourd’hui produites en usine grâce à la mécanisation. Mais les petites boulangeries de quartier existent toujours et font partie du paysage urbain. Un boulanger favori ou une grande usine peut être emblématique. Ces photos racontent la petite histoire de l’immigration, des boulangeries familiales, des petites entreprises et des grandes usines.

Un bâtiment en bois porte la mention « Café Royal and Bakery ». Trois serveurs et quatre clients se tiennent debout sur le trottoir de bois, devant le bâtiment.

Café Royal & Bakery (PA-013518)

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Charles Gimpel et l’Arctique canadien – 1958-1968

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.par Miranda Virginillo

Photographe et collectionneur d’œuvres d’art anglais, Charles Gimpel s’est souvent rendu dans l’Arctique canadien, entre 1958 et 1968, pour immortaliser la vie inuite. En 1958, la Compagnie de la Baie d’Hudson a financé ses déplacements de Winnipeg à Churchill, au Manitoba, et vers différents ports dans le bassin Foxe et au nord de la baie d’Hudson. En contrepartie, l’artiste a pris pour la Compagnie des photographies de ses magasins et des produits utilisés à Kangiqtiniq (Rankin Inlet), à Igluligaarjuk (Chesterfield Inlet), à Pangnirtung et ailleurs. Le ministère des Affaires du Nord et des Ressources naturelles du Canada a ensuite subventionné, à divers degrés, d’autres séjours de l’artiste en Arctique.

Les commanditaires de Gimpel déterminaient largement la nature de ses activités dans les Territoires du Nord-Ouest (aujourd’hui le Nunavut). La correspondance, les articles, les journaux, les carnets et les nombreuses diapositives composant le fonds Charles Gimpel témoignent du début d’une ère de production artistique dans l’Arctique canadien. Les carnets du premier voyage de Gimpel, en 1958, décrivent en détail ses activités, mais aussi les personnes et les choses qui influenceront le reste de sa carrière. Les carnets et les photographies de Gimpel décrivent les endroits visités, les personnes rencontrées et ses conversations avec elles.

Photographie couleur de Kove, un Inuit, et de Charles Gimpel, tous deux vêtus d’une parka en fourrure brun et blanc. La photo est très floue à cause d’une tempête de neige.

: Charles Gimpel (à droite), dont le surnom inuit était « Ukjuk », accompagné de Kove, son ami et guide, pendant une tempête de neige près d’Inuksugalait (Inuksuk Point, Enukso Point), ou possiblement Kinngait (Cape Dorset), en mai 1968. (e011212607)

Dans le cadre d’un stage étudiant à l’Université Carleton, j’ai relevé les lieux où Gimpel s’est rendu et les personnes qu’il a rencontrées durant ses périples, déchiffré ses carnets rédigés selon sa sténographie personnelle et identifié l’endroit que représentait une carte dessinée à la main. La première tâche n’était pas une mince affaire. Le trajet en train de Gimpel entre Winnipeg et Churchill a duré cinq jours et le voyageur s’intéressait à tous ceux qu’il croisait. Lors de son premier voyage en solo, il a noté des renseignements de diverses natures sur environ 40 personnes dont il a cité le nom, et sur beaucoup d’autres restées anonymes.

En m’attardant aux notes de Gimpel, j’ai constaté qu’elles suivaient toujours le même modèle : date, lieu, détails sur le film, sujets et – ajouté plus tard – le code à quatre chiffres attribué au rouleau de pellicule dans sa collection. Par exemple, « 6241 » signifie « rouleau 41 de l’année 1962 ».

La carte indique un ensemble d’inukshuks à Inuksugalait (Inuksuk Point, Enukso Point). Les inukshuks sont des cairns marquant un endroit pour autrui ou pour soi-même. Ils ont plusieurs fonctions, servant notamment à se repérer dans les déplacements ou à indiquer un bon coin de pêche ou une cache de nourriture.

Gimpel a consigné en pieds la taille des inukshuks et la distance entre eux. Il a aussi nommé ces empilements de pierres d’après ses amis et compagnons. Ainsi, les plus petits ont reçu le nom d’enfants qu’il a rencontrés dans ses aventures : Nuvuolia (Nuvuoliak, Nuvoalia), Irhalook, son frère adoptif, et Iali, le fils de Kove. Quant aux plus grands, Gimpel leur a donné le nom de ses interprètes – Pingwartok et Johanessie – et d’un sculpteur, Tunu. Le photographe a même donné son propre surnom inuit, « Ukjuk » ou « phoque barbu », à un des inukshuks.

Carte dessinée à la main, sur papier blanc dans un carnet à spirale, composée de points rouges reliés par des traits noirs. Il y a les noms des inukshuks, des chiffres entre parenthèses, ainsi qu’une boussole indiquant les points cardinaux.

Carte indiquant les inukshuks à Inuksuk Point, à la page 10 d’un carnet daté de 1964. (e011307430)

À la fin de son journal de 1958, Gimpel note sa rencontre avec James (Jim) Houston, rencontre qui a raffermi son intérêt pour l’Arctique canadien jusqu’à la fin de sa vie. Au cours de la décennie qui a suivi, les deux hommes ont travaillé de concert avec Terry Ryan, de la West Baffin Island Eskimo Co-operative (WBIEC), ainsi qu’avec les dirigeants d’autres coopératives dans l’Arctique, pour développer le potentiel économique de la filière artistique chez les Inuits.

Gimpel a fourni à différents lieux d’exposition, comme le musée d’art Gimpel Fils (Londres), la Smithsonian Institution (Washington) et le musée national Bezalel (Jérusalem), des œuvres d’art provenant de Kinngait (Cape Dorset), d’Iqaluit (anciennement Frobisher Bay) et de campements environnants. Les photographies de Gimpel, prises lors de ses séjours de 1964 et 1968, montrent des sculpteurs sur pierre au travail, à Iqaluit et à la WBIEC.

Photographie couleur d’un homme inuit portant une veste et une casquette foncées, en train de sculpter des statues blanches.

Henry Evaluardjuk en train de sculpter, Iqaluit, avril 1964. (e011212063)

Photographie couleur montrant un homme inuit assis derrière une sculpture de pierre et des outils.

Sculpteur anonyme à Iqaluit, en avril 1964. (e011212065)

Gimpel a fait ses voyages dans l’Arctique au moment où de nombreuses personnes dans le sud du Canada et ailleurs dans le monde découvrent l’art et la culture uniques des Inuits. Ses journaux et ses photographies de cette époque sont désormais accessibles en ligne. Le fonds Rosemary Gilliat Eaton, le fonds James Houston et la série Conseil canadien des arts esquimaux, qui font partie du fonds du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, rendent compte de ce moment important de l’histoire.

Ce blogue fait partie d’une série portant sur les Initiatives du patrimoine documentaire autochtone. Apprenez-en plus sur la façon dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) améliore l’accès aux collections en lien avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Voyez aussi comment BAC appuie les communautés en matière de préservation d’enregistrements de langue autochtone.


Étudiante à l’École des arts et de la culture de l’Université Carleton, Miranda Virginillo est stagiaire de premier cycle à la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Images de pommes de terre maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc d’un homme ramassant des pommes de terre dans un champ pour remplir un panier.

Récolte de pommes de terre au Nouveau-Brunswick [e011176012]

Les pommes de terre viennent d’Amérique du Sud, où elles poussent depuis des millénaires.

Photographie noir et blanc d’un homme à bord d’une planteuse de pommes de terre tirée par deux chevaux.

Planteur de pommes de terre, comté de Leeds, Ontario [PA-043221]

Les conquistadors espagnols ramènent des pommes de terre en Europe au cours des années 1500. Toutefois, ce n’est qu’au 18e siècle que les perceptions changent à l’égard du tubercule. La pomme de terre n’est plus une curiosité venue d’Amérique du Sud; elle est cultivée en tant que source de nourriture stable et abondante. La culture se propage lentement en Europe, puis jusqu’en Amérique du Nord.

Photo noir et blanc de quatre hommes examinant des pommes de terre sur un petit convoyeur dans une grange.

Le maître agriculteur Lewis Winterburn et trois hommes examinant des pommes de terre sur un convoyeur pendant la récolte [e010950952]

La pomme de terre est cultivée dans toutes les provinces canadiennes, surtout à l’Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba et en Alberta. Elle se classe parmi les principales cultures vivrières mondiales, aux côtés du riz, du blé et du maïs.

Photographie noir et blanc d’ouvrières d’usine participant à la préparation et à la production de pommes de terre.

Femmes travaillant dans une usine où les pommes de terre sont déshydratées, Kentville, Nouvelle-Écosse [e010962111]

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Images de salons maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc d’un salon meublé de fauteuils confortables, de peintures et d’un divan

Intérieur de la résidence de sir William Van Horne [e003641850

Aujourd’hui, les salons ont remplacé les salles de séjour protocolaires et les pièces réservées aux visiteurs.

Photo noir et blanc d’un homme assis sur un petit tapis avec des amis; adossé contre un divan, il fume une cigarette et écrit dans un carnet

Homme assis par terre dans un salon, adossé contre un divan, fumant une cigarette et écrivant dans un carnet [e010968994

Ils servent maintenant à tout : recevoir et divertir les invités, lire, écouter de la musique, regarder la télévision, se détendre… Leur décoration a elle aussi évolué, qu’il s’agisse de refléter des goûts spartiates, de mettre en valeur des œuvres d’art ou encore d’offrir un confort somptueux.

Photo noir et blanc d’un homme assis dans un fauteuil et lisant un journal; une femme est assise sur un divan et coud.

J.W. (Ed) Maddocks lit un journal dans son salon pendant que son épouse coud, Toronto (Ontario) [e010962433

Photo noir et blanc d’une femme assise sur un divan, lisant un livre près de son caniche; un homme assis tout près à son bureau lit un magazine

Le docteur Best, son épouse Margaret et leur caniche Dochel (Ontario) [e011177240

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