Reflets d’artistes : lancement d’une nouvelle exposition d’autoportraits d’artistes au musée Glenbow

Le 15 juin 2018, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et le musée Glenbow célébreront officiellement le début d’une nouvelle collaboration positive à Calgary, en Alberta. L’inauguration de la première des cinq expositions organisées conjointement a eu lieu le 10 mars. Toutes les expositions mettront en valeur des portraits de la collection de BAC. Dans certains cas, elles incluent également des œuvres de la collection du musée.

Cette collaboration stimulante permet à un plus grand nombre de Canadiens d’observer plusieurs de nos plus importants trésors nationaux. Toutes les expositions seront présentées au musée Glenbow, à Calgary, et exploreront un thème différent au sujet des portraits.

Photo couleur de l’entrée de l’exposition au musée Glenbow.

Photo de l’installation de l’exposition Reflets d’artistes au musée Glenbow. Gracieuseté du musée Glenbow.

Un portrait bien spécial

La première exposition de la série met l’accent sur l’un des types de portrait les plus fascinants : les images que les artistes créent d’eux-mêmes. La prolifération des miroirs au 15e siècle aurait contribué à la popularisation des autoportraits. Lorsque les artistes explorent leur reflet, il est difficile de détourner le regard.

Peinture d’un miroir et d’une composition de nature morte sur une coiffeuse avec de nombreux livres, une brosse, une radio et deux oranges sur une assiette placée au-dessus d’un journal. Le reflet du miroir montre l’artiste et une autre peinture.

Autoportrait dans un miroir, William Lewy Leroy Stevenson, vers 1928, e011200954.

Les autoportraits d’artistes sont particulièrement intrigants puisqu’ils nous offrent un regard privilégié sur leur processus de création. Leur éclectisme est également captivant. Au fil des ans, les artistes ont, entre autres, choisi diverses techniques pour expérimenter avec les autoportraits et affirmer leur identité créative.

L’exposition présente 17 autoportraits historiques et modernes d’artistes canadiens sélectionnés parmi la collection de BAC. Vous y trouverez des vidéos et des sculptures ainsi que des peintures, des dessins et des estampes.

Des visages, des récits

Un des autoportraits qui se démarque dans cette exposition est la sculpture de l’artiste inuit Floyd Kuptana.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la langue sortie.

Autoportrait, Floyd Kuptana, 2007, MIKAN 3922914.

Il est important d’observer cet autoportrait de plusieurs angles différents. Cette sculpture sur pierre espiègle sourit ou tire la langue, selon l’angle choisi.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la tête penchée.

Photo couleur du devant d’une sculpture stylisée d’un homme, la langue sortie.

L’humour transparaissant de cette œuvre dissimule, sur bien des plans, une exploration beaucoup plus sérieuse de sa personne. Kuptana a créé cet autoportrait avec une vision tout autant traditionnelle que moderne. Les multiples facettes et angles illustrent les croyances chamaniques liées à la transformation. Pourtant, l’existence de plusieurs personnalités au sein d’une même personne est aussi associée à la psychologie moderne.

Photo couleur du profil d’une sculpture stylisée d’un homme.

Autoportrait… ou portrait?

L’exposition vous donne la chance d’observer un portrait qui demeure au cœur de l’un des mystères non résolus les plus intéressants de l’histoire de l’art canadien. Certains érudits sont convaincus que ce dessin réalisé par Emily Carr, illustre artiste britanno-colombienne, est l’un de ses premiers autoportraits – une acquisition rare. Toutefois, d’autres affirment que ce dessin n’est qu’un portrait que Carr a réalisé d’une autre personne.

Dessin au fusain sur papier d’une jeune femme, les épaules nues, vue de dos, son visage de profil. Ses cheveux sont attachés en un chignon lâche, de courtes boucles encadrant son visage. Elle regarde vers la droite.

Autoportrait, possiblement d’Emily Carr, vers 1899, e006078795.

La plupart conviennent que le portrait a été créé alors que Carr étudiait l’art à Londres, au Royaume-Uni. Le dessin suit un style académique traditionnel, atypique des œuvres ultérieures de Carr, mais très courant chez les étudiants tentant de prouver leur maîtrise de l’art.

Ceux qui croient qu’il s’agit d’une image de Carr soulignent la forte ressemblance entre le dessin et les photographies contemporaines que nous avons d’elle. Ils conviennent que Carr était très connue pour sa pudeur et qu’il est peu probable qu’elle ait pris cette pose, les épaules dénudées. Néanmoins, ils mentionnent qu’il était très courant dans les cours pour femmes de cette époque de pratiquer le dessin du corps humain à partir d’anciennes sculptures classiques drapées de manière convenable. L’artiste pouvait ensuite placer sa propre tête sur le corps de l’une de ces nues incontournables.

Une partie du portrait d’Emily Carr montrant les lignes classiques des épaules et du menton du dessin.

Carr pourrait avoir tenté de se représenter dans un style particulier, soit une jeune femme à la mode.

Nous vous invitons à venir en juger par vous-mêmes.

Un lien avec l’Ouest

Cette exposition permet aussi à BAC de mettre en valeur des autoportraits ayant un lien particulier avec Calgary : par exemple, cette œuvre amusante de l’artiste Gary Olson, de Calgary.

Un dessin au crayon du visage d’un homme pressé contre un morceau de verre. La majorité de son profil gauche est indiscernable, mais son œil droit est extrêmement concentré.

I Am Up Against the Picture Plane Again [Je suis de nouveau contre le plan pictural], Gary Olson, 1877, e011195950. Source : Gary Olson.

Cette image fait partie d’une série créée par Olson alors qu’il était un professeur d’art au collège. Il a conçu ces dessins humoristiques pour expliquer à ses étudiants le plan pictural, un concept d’art théorique difficile à comprendre. Il y représente le plan de façon littérale, en pressant et en déformant son propre visage sur celui-ci. Par le fait même, Olson en profite pour se moquer de la théorie de l’art, dévoilant son propre désir irrévérencieux de repousser les limites.

Venez voir l’exposition!

Photo couleur d’une salle faiblement éclairée, diverses œuvres d’art sur les murs.

Photo de l’installation de l’exposition Reflets d’artistes au musée Glenbow. Gracieuseté du musée Glenbow.

Si vous vous rendez à Calgary, ne manquez pas Reflets d’artistes. L’exposition sera présentée quotidiennement du 10 mars 2018 au 6 janvier 2019. Pour en savoir plus, communiquez avec le musée Glenbow.

Images d’un Canada propre maintenant sur Flickr 

La salle de bain canadienne tire son origine de l’époque médiévale. Les toilettes et le système d’égout rudimentaires bâtis dans les châteaux à ce moment ont ensuite évolué en caractéristiques architecturales modernes dans les résidences et les grands bâtiments. Les progrès technologiques ultérieurs comprennent l’eau courante à l’intérieur, les canalisations et les réseaux d’égout communautaires.

Photo noir et blanc d’un homme debout se lavant dans un bain mobile de l’époque de la Première Guerre mondiale.

Bain mobile du transport motorisé du côté canadien de la ligne. [MIKAN 3396709]

Plan dessiné dressant la liste des matériaux nécessaires à la construction d’une latrine en bois.

Plan d’une latrine. [MIKAN 3699479]

En plein air, les Canadiens ont improvisé et innové sur le plan de la propreté et de l’élimination des déchets corporels le plus hygiéniquement possible. Que ce soit pour l’extérieur ou les déplacements, les solutions trouvées ressemblent à celles de la maison.

Photo noir et blanc d’une douche, d’un bain et d’une toilette dans une voiture-bar de train.

Nouvelle voiture-bar, baignoire-douche. [MIKAN 3348414]

Photo noir et blanc d’une douche pour femmes dans la voiture avec solarium d’un train des Chemins de fer Canadien Pacifique.

Douche pour femmes, Chemins de fer Canadien Pacifique, nouvelle voiture avec solarium. [MIKAN 3380569]

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Documents récemment numérisés au Numéri-Lab

Par Karine Gélinas

Le Numéri-Lab est une nouvelle installation pratique où les clients peuvent numériser et mettre en contexte les collections de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Depuis son lancement en 2017, plus de 30 projets y ont été réalisés, menant à la numérisation de plus de 30 000 pages de documents textuels et de 9 000 photographies.

Photo couleur d’une salle comprenant un numériseur grand format sur une table au premier plan, d’une série d’étagères à gauche et de deux personnes assises à des postes de travail en arrière-plan.

L’espace du Numéri-Lab au 395, rue Wellington. Photo de Tom Thompson.

Un des projets mis en œuvre au Numéri-Lab consistait à la numérisation d’images historiques sensationnelles de la région de la capitale nationale par la Commission de la capitale nationale (CCN). Vous trouverez ci-dessous une partie du matériel numérisé par la Commission, maintenant disponible sur le site Web de BAC.

Albums du fonds de la Commission de la capitale nationale

  • Vues aériennes d’Ottawa 1952–1962 (8 images) – MIKAN 5025694
  • Commission de l’amélioration du district fédéral, 1927–1929 (56 images) – MIKAN 5016537
  • Commission du district fédéral, 1927–1932 (291 images) – MIKAN 5023881
  • Photos de R. A. Ramsay montrant l’installation d’une structure de chemin de fer (4 images) – MIKAN 5025167
  • Édifice de Russell House, photographies de l’hôtel Russell (63 images) – MIKAN 3788413
  • Région d’Ottawa, Commission du district fédéral, 1902 (20 images) – MIKAN 5050722
Photo noir et blanc d’un parc calme et des rues environnantes entourés de deux gros immeubles sur lesquels le drapeau de l’Union flotte sur le toit supérieur. Des voitures anciennes sont garées sur la rue principale au premier plan.

Vue en direction sud de l’édifice de l’Est sur la Colline du Parlement, à Ottawa, MIKAN 5026166

Photo aérienne noir et blanc d’un paysage industriel avec des rondins flottant dans l’eau et une centrale électrique et des lignes ferroviaires au premier plan. En arrière-plan se trouve la cité parlementaire.

Plaines LeBreton, gare Ottawa West & Turning House, vers 1962 [Aujourd’hui : secteur de la gare City Centre Bayswater], gouvernement du Canada (e999909317-u)

Fonds Ted Grant

Photo noir et blanc d’une rue pendant la nuit; des voitures sont garées des deux côtés et des enseignes au néon illuminent la rue.

Rue Sparks [Ottawa] pendant la nuit, photo prise le 14 novembre 1960. Source : Ted Grant (e999906140-u)

Fonds de la Commission du district fédéral

Photographies, éditoriaux, catalogues et épreuves de supplément de journal visant le plan et le modèle du plan d’ensemble du Comité d’aménagement de la capitale nationale, et de sa tournée canadienne – MIKAN 3788892

Le Numéri-Lab vous intéresse?

Si vous avez une idée de projet, envoyez-nous un courriel à bac.numeri-lab-digilab.lac@canada.ca. Donnez-nous un aperçu de votre projet, les références complètes du matériel que vous souhaitez numériser et toute autre information pertinente sur la collection.

Après nous être assurés que le matériel peut être numérisé en toute sécurité, nous vous réserverons du temps au Numéri-Lab. Nous vous montrerons comment manipuler le matériel et utiliser l’équipement. Vous vous occuperez par la suite de numériser les documents et d’ajouter des métadonnées simples. Le matériel doit être exempt de restriction et de droit d’auteur.

Au plaisir de communiquer bientôt avec vous!

Liens d’intérêt


Karine Gélinas est gestionnaire de projet à la Direction générale des services au public à Bibliothèque et Archives Canada.

Des images du parc national de la Pointe-Pelée et de l’île Pelée maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de Kathleen Hart et Dave Phipps prennent un bain de soleil sur la plage.

Kathleen Hart et Dave Phipps prennent un bain de soleil sur la plage dans le parc national de la Pointe-Pelée (Ontario). [MIKAN 4313672]

Le parc national de la Pointe-Pelée est situé au sud-ouest de l’Ontario. Il occupe une péninsule couverte de bois et de marais qui s’avance dans le lac Érié, et abrite une faune et une flore très diversifiées. Le parc de Pointe-Pelée, créé en 1918 à la demande insistante d’ornithologues et de chasseurs, est le premier parc national dédié à la conservation.

Plan noir et blanc de la Réserve navale de la Pointe-Pelée, dans le canton de Mersea.

Plan de la Réserve navale de la Pointe-Pelée, dans le canton de Mersea (Ontario). [MIKAN 3670979]

Carte noir et blanc de l’île Pointe-Pelée (Ontario).

L’île Pointe-Pelée (Ontario). [MIKAN 3670898]

Pointe-Pelée est la plus grande île du lac Érié; elle se trouve au sud-ouest du parc national de la Pointe-Pelée, mais n’en fait pas partie. L’île possède une faune abondante et constitue une importante aire de repos pour les oiseaux migrateurs entre l’Ohio et l’Ontario. Elle a aussi une longue histoire viticole.

Photo noir et blanc d'un bassin de l’île Pelée, aujourd’hui transformé en réservoir d’eau.

Bassin de l’île Pelée, aujourd’hui transformé en réservoir d’eau, île Pelée (Ontario). [MIKAN 3642953]

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Des images de forgerons maintenant sur Flickr

Les forgerons travaillent le fer et l’acier pour créer des objets, tels que des outils, des articles ménagers et des œuvres d’art. Ils se servent d’outils spéciaux pour marteler, plier ou couper le métal chauffé dans leur forge.

Photographie en noir et blanc d’un homme forgeant un morceau de métal à la forge Jolly.

Intérieur de la forge Jolly, Ottawa (Ontario) [MIKAN 3265334]

Plusieurs forgerons se rendent au Canada au milieu du 17e siècle pour aider à construire les postes de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de sa rivale, la Compagnie du Nord-Ouest. À mesure que les villages s’agrandissent, ces artisans du métal s’activant dans leur forge deviennent d’importants pôles technologiques et industriels favorisant les activités commerciales et les échanges. Ils affinent leurs compétences afin de se spécialiser dans divers domaines. Par exemple, un maréchal-ferrant est un forgeron spécialisé dans l’entretien et la taille des sabots de chevaux, incluant la pose des fers qu’ils fabriquent eux-mêmes.

Photographie en noir et blanc de treize hommes prenant la pose devant la forge.

Forge, camp Harris, Peter Co., Parry Sound (Ontario) [MIKAN 3300810]

Photographie en noir et blanc de trois soldats observant un forgeron ferrant un cheval.

Personnel de la 7e Brigade d’infanterie canadienne observant un forgeron ferrant un cheval, Creully (France) [MIKAN 3229115]

Vers le milieu du 19e siècle, les forgerons élargissent leur rôle et continuent d’offrir de nombreux services reliés au travail du fer jusqu’au début du 20e siècle.

Photographie en noir et blanc d’un homme chauffant un fer à cheval dans une forge.

Harper Rennick chauffant un fer à cheval, Shawville (Québec) [MIKAN 4948714]

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Images de laboratoires maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de six femmes travaillant sur des bateaux prototypes au laboratoire du Dr Alexander Graham Bell.

Des ouvrières au laboratoire du Dr Alexander Graham Bell, à Beinn Bhreagh, Baddeck (Nouvelle-Écosse) [MIKAN 3624305]

Les laboratoires servent à effectuer des expériences scientifiques et technologiques et à prendre des mesures. Divers types d’équipement et outils y sont utilisés selon le domaine d’études (p. ex. sciences, ingénierie ou pharmacol

ogie).

Photo noir et blanc d’une femme faisant des essais sur du caoutchouc synthétique au laboratoire de la Société Polymer.

L’employée Isobel Futcher, de St-Thomas (Ontario), fait des essais sur du caoutchouc synthétique au laboratoire de la Société Polymer, Sarnia (Ontario) [MIKAN 3626172]

Photo noir et blanc d’une femme remplissant de pénicilline des fioles de 20 cm3 aux laboratoires Connaught.

L’ouvrière Ruth Osborne remplit de pénicilline des fioles de 20 cm3 aux laboratoires Connaught, Toronto (Ontario) [MIKAN 3627997]

Les premiers laboratoires étaient petits; il s’agissait parfois d’une simple pièce dans la maison d’un particulier. Des installations dédiées à la recherche en laboratoire ont commencé à ouvrir leurs portes pendant la Première Guerre mondiale. Cependant, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, l’effort de guerre industriel du Canada s’est considérablement accru, ce qui a contribué au développement de grands projets scientifiques. De nombreux laboratoires sont devenus de grands complexes industriels accueillant maints employés. Le financement des projets de recherche à grande échelle reposait sur des investissements du gouvernement ou des partenariats de consortium.

Photo en couleurs d’un homme préparant différents liquides utilisés pour le développement des films dans un laboratoire de mélange des produits chimiques de l’Office national du film du Canada.

Bert Hooper, chef du laboratoire de produits chimiques, supervise la préparation des différents liquides utilisés pour le développement des films à l’édifice de l’Office national du film du Canada, à Ville St-Laurent, Montréal (Québec) [MIKAN 4313950]

On trouve au Canada de nombreux laboratoires, petits et grands. Certains sont financés par le secteur privé alors que d’autres font appel à des fonds publics. Il existe également des financements mixtes octroyés par des établissements universitaires, des organismes privés et des entités publiques.

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La mystérieuse affaire de la photo sur cuir verni : un pannotype de Bibliothèque et Archives Canada

Par Tania Passafiume, avec l’aide de Shannon Perry

J’ai découvert un trésor caché alors que je répertoriais plus de 300 objets emboîtés dans les fonds photographiques de Bibliothèque et Archives Canada. Une de ces images me semblait quelque peu étrange. Elle ne ressemblait ni à un daguerréotype, ni à un ambrotype, ni même à un ferrotype, soit le genre de photographies habituellement conservées dans de petits écrins de cuir, de papier ou de plastique.

Image couleur d’un coffret en papier tapissé de velours rouge. Sur le côté droit, une photo en noir et blanc encadrée par un passe-partout de cuivre représente un jeune homme vêtu d’un veston de couleur foncée.

Un pannotype d’un jeune homme inconnu, dans un coffret en papier (MIKAN 3255671)

Les questions n’ont pas tardé. De quoi s’agissait-il? Quel procédé photographique avait servi pour créer cet objet? Le premier indice m’indiquant qu’il s’agissait d’un objet insolite fut l’absence de scellant, ce qui signifiait qu’on n’avait pas apposé à l’origine de ruban de scellement. Traditionnellement, pour diverses raisons, un ruban de papier était utilisé pour sceller le paquet placé dans le coffret. N’ayant pas de ruban original à briser, j’ai décidé d’ouvrir le paquet.

Mes découvertes

Après avoir retiré le paquet de son écrin, j’ai immédiatement noté un fragment de papier épais posé au dos du paquet, qui semblait provenir d’une feuille plus grande. Dans le quadrant supérieur gauche apparaissaient des mots incomplets inscrits au crayon : « hol » et « acid ». La partie supérieure présentait une sorte de détérioration, sans doute une tache laissée par un liquide, à en juger par la décoloration du papier. Au début, je n’ai pas tellement porté attention à ce papier. Puisque le ruban de scellement original n’était plus là, il était vraisemblable qu’une personne eut placé ce morceau de papier derrière la photo après avoir retiré le sceau. Cette découverte en soi n’était pas surprenante, puisque les plaques photographiques étaient souvent retirées d’un coffret pour être placées dans un autre. Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte que le texte était en fait essentiel pour saisir la nature de la photo.

En retirant la feuille de papier, j’ai vu un morceau de cuir. Immédiatement, j’ai compris ce que je tenais entre les mains! Ce morceau de cuir n’était pas une autre couche ajoutée derrière la plaque photographique, c’était la photo elle-même gravée sur cuir! Ce procédé photographique est appelé pannotype (d’après le latin « pannos », qui signifie étoffe). J’avais lu à propos des pannotypes et vu des exemples modernes; toutefois, il est très rare de tomber sur des originaux, surtout en si bon état. J’ai retourné l’objet et retiré le passe-partout de laiton avec sa plaque de verre. Sous le verre détérioré et sale se trouvait une surface brillante en cuir sur laquelle était gravée l’image impeccable d’un homme. Le verre en mauvais état m’avait confondue et fait douter du procédé photographique utilisé. Grâce à mon analyse minutieuse et à un heureux hasard, Bibliothèque et Archives Canada venait de découvrir un pannotype du 19e siècle dans ses fonds!

L’histoire derrière ce procédé

Les pannotypes ont été à la mode de 1853 au début des années 1880. La méthode était semblable à celle utilisée pour les ambrotypes, à cette différence près qu’un morceau de tissu ou de cuir servait de support au lieu du verre. Fait intéressant, les pannotypes étaient réalisés en appliquant sur un ambrotype des gouttes d’une solution d’acide nitrique dilué dans l’alcool. Cela permettait au photographe de retirer l’émulsion (contenant l’image en tant que telle) du support en verre pour la placer sur un nouveau support, par exemple un morceau de cuir. J’ai alors repensé aux mots incomplets écrits à la main sur le morceau de papier trouvé derrière le cuir, « hol » et « acid ». Ces mots seraient-ils « alcohol » et « nitric acid » (alcool et acide nitrique), soit les ingrédients mêmes pour réaliser un pannotype?

Image couleur d’une feuille de papier tachée sur laquelle sont inscrits les mots incomplets « hol » et « acid ».

La feuille de papier trouvée au dos de la photo, avec le texte « hol » et « acid » inscrit au crayon.

Image couleur de mains gantées tenant un morceau de cuir dont la partie supérieure et les côtés sont tachés.

Le cuir au verso de la photo. Photo : Carla Klück.

Image couleur de mains gantées en train de séparer le portrait en noir et blanc d’un homme du passe-partout de cuivre avec plaque de verre qui le recouvrait.

La photo (cuir verni avec émulsion) et le passe-partout de cuivre avec sa plaque de verre. Photo : Carla Klück.

Le procédé photographique appelé pannotype a été présenté pour la première fois en 1853 à l’Académie des sciences de France par l’entreprise Wulff & Co, laquelle vendait les explications sur son procédé pour la somme de 100 francs. Les pannotypes se répandent rapidement, alors que de nombreux photographes professionnels les utilisent dans un contexte commercial, comme en témoignent des annonces et des articles de journaux ayant traversé le temps. À cette époque, les clients s’intéressaient à ce procédé puisqu’ils le croyaient plus durable : il ne se brisait pas comme les ambrotypes sur verre, ne s’égratignait pas comme les daguerréotypes et ne se déformait pas comme les ferrotypes. Nous ne savons presque rien de la diffusion et de l’utilisation du pannotype ici au Canada, mis à part le fait que plusieurs photographes réputés y ont eu recours, dont George Robinson Fardon (1807-1886), de Victoria, en Colombie-Britannique. Son album de photos « Portrait and Views on patent leather » (Portraits et vues sur cuir verni) a été présenté à l’Exposition universelle de 1862 à Londres, puis a été ajouté aux fonds du Victoria and Albert Museum.

Ici et maintenant

De nos jours, la découverte de pannotypes est chose rare, leur durée de vie étant très limitée en raison de leur fragilité intrinsèque. Or, ce pannotype nouvellement découvert sur cuir verni est en excellente condition. Son seul défaut est la détérioration du verre original dans le passe-partout de cuivre, ce à quoi quelques efforts de conservation ont su remédier. Il est maintenant temps de partager notre découverte avec le public et, peut-être, d’essayer d’élucider le prochain mystère : qui est l’homme sur la photo et qui était le photographe? Restez à l’affût!


Tania Passafiume est la restauratrice en chef des documents photographiques de la Division des soins de la collection au sein de la Direction générale des opérations numériques et de la préservation de Bibliothèque et Archives Canada.

Shannon Perry est une archiviste en photographie de la Division des archives gouvernementales de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Images de tartans et de kilts maintenant sur Flickr

Photo en couleurs d’une fillette souriant, portant un béret écossais et une pièce d’étoffe en tartan à l’épaule.

Betty Chan, Jeux écossais, Winnipeg (Manitoba). [MIKAN 4314336]

Le tartan est une étoffe de tissu multicolore dont les lignes horizontales et verticales sont entrecroisées. Traditionnellement, le tartan était composé de laine, mais il était parfois fait à partir d’autres tissus. L’Écosse et les kilts sont particulièrement associés au tartan. Toutefois, l’immigration constante d’Écossais au Canada a créé un environnement spécial pour le tartan au pays. Des activités culturelles, dont les Jeux écossais qui se déroulent partout au Canada, mettent en valeur les divers motifs des kilts, des vestes, des couvertures et des accessoires de mode. Dans le cas des vêtements non traditionnels, on parle plus souvent de tissu à carreaux. Il existe des tartans canadiens uniques, dont les motifs provinciaux et territoriaux; la plupart sont inscrits auprès de la cour du lord Lyon. Cette cour réglemente l’art héraldique de l’Écosse, notamment les motifs de tartan. Le tartan vert, or, rouge et brun du Canada, connu sous le nom de « feuille d’érable », est devenu un symbole national officiel en 2011.

Photo noir et blanc de deux femmes devant un métier à tisser. La femme assise à gauche tient la navette. La femme debout à droite examine le motif et le tissage d’un tartan.

Tissage d’un tartan, St. Ann’s, île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). [MIKAN 4950258]

Photo noir et blanc de deux fillettes debout, portant des bérets écossais ainsi que des kilts et des vestes assortis.

Deux fillettes vêtues de kilts, Jeux écossais, Antigonish (Nouvelle-Écosse). [MIKAN 4315734]

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Images de ferrotypes maintenant sur Flickr

Procédé surtout utilisé de 1855 aux années 1860.

Photo noir et blanc encadrée de cinq femmes, d’un bébé, d’un homme et d’un chien, prenant la pose sur un balcon pour un portrait de famille.

Cinq femmes, un bébé, un homme et un chien sur un balcon. (MIKAN 4955139)

Inventé par Adolphe-Alexandre Martin (1853) et Hamilton A. Smith (1856).

Photo noir et blanc de trois femmes prenant la pose pour un portrait. Elles sont vêtues de longues robes, de vestes et de chapeaux, et elles tiennent des livres.

Trois femmes assises. (MIKAN 4958586)

Image négative monochrome qui, formée sur une fine plaque de métal recouverte d’un vernis noir, apparaît comme un positif. Elle est souvent coloriée à la main. Les ferrotypes sont présentés dans des montages en papier leur permettant d’être glissés dans des albums; ils peuvent aussi être montés sous verre dans des écrins « américains ».

Photo noir et blanc d’un homme assis, vêtu d’un uniforme d’harmonie et d’un chapeau orné de plumes. L’homme tient un bugle (clairon) contre son genou gauche.

Joueur de bugle (clairon) avec son instrument, portant l’uniforme de l’harmonie locale. (MIKAN 3511014)

Photo noir et blanc d’une mère, de ses trois filles, de son fils et d’un chien, prenant la pose pour un portrait de famille.

Une mère, ses trois filles, son fils et un chien (MIKAN 3262041)

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Des images sur le fromage maintenant sur Flickr

La fabrication du fromage au Canada remonte au début des années 1600, lorsque des vaches laitières ont été amenées d’Europe dans des colonies, dont celle de Québec. Au fil du temps, de nouveaux colons sont arrivés, et avec eux, plus de bétail et de recettes familiales de fromage. De nos jours, la production canadienne s’inspire de deux procédés de fabrication apparus au 17e siècle : les fromages à pâte molle de la France et les fromages à pâte dure, comme le cheddar, du Royaume-Uni.

Une photographie en noir et blanc d’un homme utilisant un treuil pour soulever du fromage d’un bassin. Deux autres hommes, une fille et un garçon, tous placés derrière le bassin, l’observent.

On extrait le fromage des bassins à la fromagerie de gruyère, La Malbaie (Québec) (MIKAN 3518025)

Au début du 19e siècle, le fromage produit quitte rarement la ferme familiale, et il n’y a que très peu d’exportations. C’est un Américain, Harvey Farrington, qui réussira à convaincre les agriculteurs locaux de lui vendre leur lait, ce qui lui permettra d’ouvrir la première fromagerie canadienne à Norwich, en Ontario, en 1864. Depuis la Confédération, un certain nombre de petits et grands producteurs de fromage ainsi que des écoles de fromagerie ont marqué le secteur alimentaire du Canada.

Une photographie en noir et blanc de deux hommes vérifiant la température du lait dans une fromagerie.

On contrôle la température du lait dans une fromagerie, comté de Prince Edward (Ontario) (MIKAN 3371580)

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