Des photographies de la Première Guerre mondiale dans des fonds privés à Bibliothèque et Archives Canada

Par Rebecca Murray

A.F. Duguid, un des premiers historiens militaires canadiens, a remarqué pendant ses recherches sur les séquelles de la Première Guerre mondiale qu’il « est impressionnant de voir à quel point les documents historiques les plus utiles sont encore en possession de particuliers » [traduction]. (Clio’s Warriors par Tim Cook, page 79)

Les photographies tirées de la collection photographique du Bureau canadien des archives de guerre (numéro d’acquisition 1964-114) sont représentatives de la vie des soldats durant la Première Guerre mondiale et des tâches qu’ils accomplissaient. Puisque bon nombre des photographies ont été numérisées et mises en ligne, les chercheurs s’en servent largement.

Cela dit, de nombreux chercheurs se présentent aux bureaux de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en quête d’images du conflit qui ne font pas partie des documents gouvernementaux officiels. Il s’agit là d’un parfait exemple de l’utilisation que l’on peut faire de nos fonds privés — les archives que des personnes ou des organisations ont données à BAC — en guise de complément par excellence aux documents gouvernementaux, car ils offrent une perspective différente d’un événement historique.

Le présent blogue met en valeur trois fonds tirés de nos collections, quoiqu’il y en ait beaucoup plus. Précisons que les références complètes sont fournies ci-dessous (en italique) de sorte que les chercheurs pourront commander facilement les documents aux fins de consultation, car ils n’ont pas tous été numérisés.

Collection W. L. Kidd, numéro d’acquisition 1974-137

Étendue : 405 photos

Description du contenu : Effectifs et activités à l’hôpital général canadien no 7, Étaples, en France (KIDD, W. L. 1974-137 SC 0333); des exemples de divers types de blessures subies par les soldats canadiens durant la Première Guerre mondiale (KIDD, W.L. 1974-137 06221). (1916–1918)

Commentaires : Lancer des recherches au moyen du mot-clé « 1974-137 », à partir de la Recherche de fonds d’archives, pour lire les descriptions et voir les images numérisées, et ce, pour une partie de la collection.

Une photo noir et blanc montrant des soeurs infirmières avec des soldats dans une grande tente.

Des infirmières militaires prodiguant des soins à des soldats dans la tente réservée aux pansements, à l’hôpital général canadien no 7 (1917). Mention : W.L. Kidd (MIKAN 3603386)

Collection Margaret D. Cooke, numéro d’acquisition 1989-248

Étendue : 57 photos

Description du contenu : Corps du service de santé militaire canadien en Angleterre durant la Première Guerre mondiale, y compris les effectifs du 21e Bataillon; château de Saltwood; des soldats, dehors, devant la porte de la cuisine; hôpital de la Croix-Rouge Duchess of Connaught sur le domaine Cliveden, à Taplow; hôpital de la Nouvelle-Zélande no 2 à Walton-on-Thames; Moore Barrack, Shorncliffe, dans le Kent; Mount Felix, à Walton-on-Thames. Photographies de guerre : char d’assaut détruit; tranchée; ville anéantie (COOKE, MARGARET D. 1989-248 04147).

Une photo noir et blanc d’une femme dans l’uniforme d’une sœur infirmière avec la cape, l’épinglette, le chapeau et les gants blanc.

L’infirmière militaire Beatrice Baker 1916 (MIKAN 3596850)

Fonds Anne E. Ross, numéros d’acquisition 1982-174 et 1965-041

Étendue : 1 588 photographies

Description du contenu : Document photographique illustrant […] des activités et des effectifs à l’hôpital militaire fixe no 3, Corps du service de santé militaire canadien, au Canada, en Angleterre et dans le théâtre d’opérations de l’Europe méditerranéenne basé sur l’île de Lemmos, 1915-1917; des photographies prises par E.R Owen des effectifs, des patients, du corps professoral, d’événements majeurs et de visiteurs à hôpital de la Croix-Rouge Duchess of Connaught, à Taplow, en Angleterre, 1915-1916; des photographies de la Première Guerre mondiale (ROSS, ANNE E. 1982-174 05618, ROSS, ANNE E. 1965-041 05680A).

Une photo en noir et blanc d’un groupe de femme assise sur des chaises longue avec des couvertures. Trois des sœurs portent des pardessus foncés tandis qu’une autre en porte un manteau pale. Un soldat peut être entrevue dans le milieu du groupe

Des infirmières militaires assises sur le pont d’un navire avec un soldat, 1916. Mention : Anne E. Ross (MIKAN 3195179)

 

Si vous désirez découvrir ces photographies ou d’autres images conservées dans des fonds privés à BAC, veuillez communiquer avec nous au moyen du formulaire électronique.


Rebecca Murray est une archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Conservatrice invitée : Tania Passafiume

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Temples of Today, John Vanderpant, 1934

 Photographie noir et blanc d’un silo à grains; de hautes tours circulaires se dressent devant un immeuble rectangulaire encore plus haut.

Temples of Today, John Vanderpant, 1934. (MIKAN 3784205)

Le photographe John Vanderpant voyait les silos à grains du Canada comme de véritables temples. Ceux-ci reflétaient sa vision utopique du pays, fondée sur sa confiance envers le commerce et l’industrie. À ses yeux, l’industrie était l’avenir de la nation.


Parlez-nous de vous.

Dès l’âge de 13 ans, j’ai su que je voulais devenir restauratrice. Mon oncle avait épousé une femme formidable du nom de Janice, qui était restauratrice en beaux-arts; elle restaurait des peintures, des œuvres d’art sur papier et des photographies. Elle m’a beaucoup influencée. J’ai travaillé dans son laboratoire privé pendant mes études à l’université. J’ai ainsi pu acquérir de l’expérience avant même de commencer mes études supérieures en conservation. Quand j’ai obtenu mon diplôme, les emplois se faisaient rares au Canada; cette année-là, ma tante avait fermé son laboratoire pour voyager. Sur un coup de tête, je me suis retrouvée à la George Eastman House. Je devais y rester seulement trois mois, mais finalement, ça s’est transformé en trois ans et trois mois! C’est là que j’ai développé ma passion pour la photographie, et en particulier pour les procédés historiques. J’avais souvent les mains noircies à cause de tout le nitrate d’argent que je manipulais. Et maintenant que je suis à Bibliothèque et Archives Canada, je vois parfois le nom de ma tante sur quelques rapports, puisqu’elle a déjà été stagiaire ici, bien avant mon arrivée.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

La collection de photographies de BAC est très diversifiée : on y trouve tout un éventail de procédés et d’images. Dans cette exposition, mon œuvre préférée s’intitule Temples of Today, de John Vanderpant. Comme je suis restauratrice de photographies, je regarde souvent au-delà de l’image pour examiner de près les matériaux, voir comment la photo a été prise, tenter de déterminer si elle a été altérée… Alors souvent, pour ne pas me laisser distraire par l’image, je place la photo tête en bas; elle devient moins distrayante, et je peux mieux me concentrer sur les matériaux.

Pour cette photo, je n’ai eu qu’à me pencher et à examiner la surface avec un éclairage de côté, presque à hauteur des yeux. Comme ça, on peut vraiment « voir » un objet; ça fait ressortir toutes les marques et les déformations qui découlent de sa manipulation.

Si vous observez la photo de Vanderpant de cette façon, vous verrez les empreintes d’un chat! Nous croyons qu’un chat a marché dans les deux sens sur la photo, alors qu’elle était déjà montée sur le support papier. Ses empreintes se retrouvent à la fois sur la photo et le support. Vanderpant avait peut-être un chat qui lui rendait visite dans le studio? J’aime bien trouver ce genre de secret bien caché sur une œuvre! J’ai essayé d’enlever ou d’atténuer les empreintes, mais elles sont bien incrustées dans l’émulsion. Je n’ai donc pas pu faire grand-chose comme traitement, et on les voit encore.

Une photographie placée sur une table, sous un puissant éclairage de côté, révèle la présence d’empreintes de chat.

Vue de la photographie Temples of Today sous un éclairage de côté, révélant la présence d’empreintes de chat. Photo prise par Tom Thompson.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

J’aime beaucoup montrer aux gens un daguerréotype datant de juillet 1858 qui montre la Brasserie Molson, à Montréal, après un incendie. C’est une demi-plaque encore en bon état. L’image est sombre, car l’incendie n’a rien épargné. On voit un homme debout au milieu des ruines; une femme est assise à sa gauche, avec un jeune enfant qui a bougé quand la photo a été prise, parce que l’image est floue. C’est émouvant quand on pense que le daguerréotypiste était sur les lieux à ce moment.

Il y a quelques années, ce daguerréotype a été choisi pour faire partie d’une exposition. J’ai donc eu la chance de pouvoir ouvrir son étui pour l’examiner. Le ruban d’étanchéité d’origine avait déjà été enlevé. Quand j’ai retiré le passe-partout de cuivre, j’ai tout de suite vu la marque d’un doigt dans le coin supérieur gauche. C’est peut-être l’empreinte du daguerréotypiste, dont on ne connaît pas l’identité. Il l’a sans doute laissée involontairement quand il a développé la plaque ou qu’il l’a placée dans son étui. Ce mystère du passé crée un pont, un lien entre nous, ces gens sur la photo et la personne invisible derrière l’appareil photo.

Coin d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. La photo montre un gros plan de la Brasserie Molson après un incendie. Une femme avec un bébé est assise au bas de l’image.

Détail d’un daguerréotype montrant une empreinte digitale sur le bord de la plaque. Photo prise par Jennie Woodley. (MIKAN 3623957)

Image noir et blanc des décombres de la brasserie à l’avant-plan, avec un immeuble endommagé en en arrière-plan. Une femme et un bébé sont assis au centre, à la gauche d’un homme debout.

Image pleine grandeur de la Brasserie Molson après l’incendie de 1858. (MIKAN 3623957)

Pour rester dans le thème des animaux et des photos, j’aimerais vous parler d’un chien bien spécial que nous appelons, au Centre de préservation, le « Décadog ». C’est l’exemple parfait d’un animal qui agit comme tel, peu importent les circonstances!

On peut voir ce chien sur une photo panoramique (un négatif en nitrate) du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. Ces militaires faisaient partie d’unités du Corps expéditionnaire canadien et de la Royal Air Force qui s’entraînaient dans divers camps, en Ontario. La photo qui nous intéresse a été prise à Kingston entre 1914 et 1918. Le négatif a été découvert en 2011, quand mes collègues Carla Klück et Louise Perrault ont passé en revue notre collection de clichés panoramiques au nitrate.

C’est un négatif de grandes dimensions : il fait 200 mm de hauteur sur 1060 mm de largeur! À première vue, c’est une simple photo de troupes militaires au tournant du siècle. Mais en la regardant de plus près, on aperçoit un chien à l’avant-plan. Et pas n’importe quel chien : un chien à onze pattes! Les observateurs sont toujours confus quand ils remarquent ce détail inhabituel. Quelqu’un avait déjà tracé dix des pattes à l’encre noire sur le négatif, d’où le surnom « Décadog ». (Sur l’épreuve positive, l’encre noire apparaît en blanc.) L’avant-dernière patte à gauche a été omise.

Maintenant, vous vous demandez sans doute comment un tel chien pouvait exister! La réponse est simple : la photo a été prise par une caméra panoramique appelée Cirkut. Cette caméra pouvait prendre des clichés panoramiques en pivotant horizontalement pendant qu’un rouleau de pellicule se déplaçait sur le plan du film. Le chien sur la photo a dû marcher pendant que la caméra tournait de gauche à droite, et la lente prise de vue a capté ses mouvements.

Pour prouver que ce chien était un ami à quatre pattes « normal », j’ai trouvé une autre photographie au nitrate où il apparaît. Cette fois, il s’agit du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery. La photo a été prise au camp de Petawawa en juin 1916. Les signes distinctifs sur la tête du chien nous font croire qu’il s’agit du même animal sur les deux photos.

Prise de vue panoramique noir et blanc de deux rangées de soldats en uniforme, entre deux canons sur roues. Le « Décadog » se tient à l’avant. On aperçoit les casernes en arrière-plan.

Photo du 7e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) avec le « Décadog », par Andrew Merrilees. (MIKAN 4474227)

Photo du 8e détachement de la Batterie C de la Royal Canadian Horse Artillery (Corps expéditionnaire canadien) au camp de Petawawa, avec un chien au centre, par Andrew Merrilees. (MIKAN 4473482)

Biographie

Photo en couleur d'une femme regardant le photographe.

Crédit Tom Thompson

Tania Passafiume est restauratrice en chef des documents photographiques à Bibliothèque et Archives Canada depuis 2005. Après avoir terminé sa maîtrise en restauration d’œuvres d’art à l’Université Queen’s avec une spécialisation en restauration de photographie, d’œuvres sur papier et de livres, elle a déménagé à Rochester, dans l’État de New York, où elle a passé plus de trois ans à la George Eastman House, d’abord pour suivre un programme de certificat sur la restauration photographique et la pratique de l’archivage, puis à titre de boursière du premier cycle du Programme de résidence avancé Andrew W. Mellon en restauration photographique. Pendant les trois années qui ont suivi, Tania a été boursière de la Fondation Andrew W. Mellon en restauration photographique à l’Art Institute of Chicago. Elle a aussi travaillé dans les établissements et laboratoires privés suivants : Jana Conservation, McMichael Canadian Art Collection, les Archives nationales du Canada, les Archives de la Ville de Vancouver et le Centre canadien d’architecture.

En collaboration avec l’Institut canadien de conservation, Tania a publié Silver Gelatin Paper Sample Sets, fondé sur sa thèse de la George Eastman House. Cet ouvrage a donné lieu à des travaux de recherches sur Hippolyte Bayard, un projet sur lequel elle travaille en ce moment avec le Centre de recherche sur la conservation des collections, à Paris. Plus récemment, elle a piloté un projet réunissant Bibliothèque et Archives Canada et la Direction des affaires culturelles de la Ville de Paris/Atelier de restauration et de conservation des photographies de la Ville de Paris. Cette collaboration a débouché sur le premier glossaire visuel français-anglais portant sur conservation photographique, intitulé Lingua Franca : Un langage commun pour les restaurateurs de documents photographiques. Publié sous forme de livre numérique enrichi, il est offert gratuitement sur iTunes.

 

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « William Topley : Pleins feux sur Ottawa »

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « William Topley : Pleins feux sur Ottawa ».

La collection photographique de William James Topley est l’une des plus imposantes au chapitre des documents visuels du Canada. Les photographies réalisées par le Studio Topley s’imposent comme documentation étayant les changements politiques, sociaux, culturels, économiques, technologiques et architecturaux survenus durant les 50 années qui ont suivi la Confédération du Canada. La collection documente la vie dans la région d’Ottawa — ainsi que des gens et des événements dans d’autres régions du pays — entre 1868 et 1923.

Dans le présent épisode, nous nous entretenons avec une archiviste de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), Emma Hamilton-Hobbs, au sujet de la collection Topley, qui figure parmi les sources les plus largement consultées en ce qui a trait aux photographies datant de la fin du 19e siècle jusqu’au début du 20e siècle sous la garde de BAC.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Les femmes inuites et les phoques : une relation unique maintenant sur Flickr

Les phoques occupent une place centrale dans la vie des Inuits et constituent une source d’alimentation locale essentielle. De nombreuses traditions, coutumes, croyances et histoires transmises oralement concernent les phoques. Les Inuits ont toujours eu une relation importante et directe avec cet animal. Les chasseurs respectent énormément l’esprit du phoque, un animal dont ils dépendent grandement.

A black and white photograph of a woman standing in front of a tent and hanging seal boots on a a clothesline.

Inuit woman “Aasivak Evic” hangs kamiits (sealskin boots) to dry, Pangnirtuuq (Pangnirtung), Nunavut. George Hunter. Canada. National Film Board of Canada. Photothèque (MIKAN 3198727)

Chaque partie du phoque est utilisée, car l’exploitation doit être durable, respectueuse et réalisée sans cruauté. Plus important encore, le climat froid et rigoureux de l’Arctique oblige les habitants de la région à avoir un bon abri et de bons vêtements pour rester au chaud et au sec. La peau, la fourrure et l’huile des phoques répondent à ce besoin.

Les femmes inuites ont développé des techniques très perfectionnées pour traiter et utiliser les parties du phoque de diverses manières au fil des saisons. Après avoir enlevé la graisse avec un ulu (le couteau traditionnel des femmes à lame en forme de croissant).

Visitez l’album Flickr!

Images relatant le « dernier crampon », 1885 maintenant sur Flickr

C’est à Craigellachie (Colombie-Britannique), à proximité du col Eagle dans les montagnes Rocheuses, que Donald Smith a planté, le 7 novembre 1885, le « dernier crampon » symbolique lors d’une cérémonie soulignant l’achèvement du Chemin de fer Canadien Pacifique. Le Canadien Pacifique a été constitué en personne morale en 1881 dans le but de construire une voie ferrée transcontinentale reliant la Colombie-Britannique et le reste du Canada, conformément à l’entente conclue lors de l’entrée de la province dans la Confédération. Il faudra quatre années de controverses et de dangereux travaux, exécutés par des milliers de travailleurs, dont 15 000 ouvriers chinois temporaires, pour poser des rails, planter des crampons et creuser, à coup d’explosifs, des passages dans les montagnes. Grâce à leur dur labeur, nous avons hérité d’un pays relié par une route et par un meilleur réseau de communication – puisque la livraison du courrier s’est trouvée facilitée et que des lignes télégraphiques ont été construites le long de la voie ferrée – et nous sommes entrés, de pied ferme, dans le vingtième siècle.

Voix du passé

Par Harriett Mathews

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède environ 30 millions de photos dans ses collections, et bon nombre d’entre elles portent sur les Autochtones. Le Programme fédéral d’expérience de travail étudiant (PFETE) m’a donné la chance de contribuer au projet Un visage, un nom et de fouiller dans la base de données pour trouver des photos extraordinaires prises dans des communautés autochtones de partout au Canada.

Corriger le dossier historique

Si les photos sont tout simplement magnifiques, leurs descriptions laissent souvent à désirer. Les légendes de nombreuses images d’Autochtones comprennent des termes désuets ou offensants, ou au mieux restent vagues. Il est donc crucial de les mettre à jour à l’aide de la technologie moderne et de l’information recueillie dans les communautés où les photos ont été prises. La participation des Autochtones est essentielle, car ces documents racontent leurs histoires et décrivent leurs cultures, leurs familles. Ce sont leurs voix qui ont été tues et perdues. Étant moi-même Autochtone, j’étais ravie d’actualiser les documents pour faire connaître ma culture et donner une voix aux personnes photographiées.

L’image ci-dessous, montrant une femme inuite et son enfant souffrant de malnutrition, est un excellent exemple. La légende fournie est « Dirty Daisy et son bébé ». Cette femme ne s’appelle pas Daisy; il s’agit probablement d’un surnom attribué par un fonctionnaire. En l’affublant d’un sobriquet, l’auteur de la légende porte atteinte à la dignité de cette femme et la condamne à l’anonymat. Espérons que le projet Un visage, un nom permettra de découvrir un jour le nom de cette femme et du nourrisson. En attendant, la nouvelle légende dit désormais : « Femme inuite (Daisy) nourrissant son bébé, assise dans une tente à Chesterfield Inlet (Igluligaarjuk), au Nunavut ».

Photo noir et blanc d’une femme inuite amaigrie assise dans une petite tente avec son bébé, devant des provisions. La femme nourrit son bébé à l’aide d’un biberon rectangulaire.

Femme inuite (Daisy) nourrissant son bébé, assise dans une tente à Chesterfield Inlet (Igluligaarjuk), au Nunavut (MIKAN 3855414)

Améliorer l’accès, une photo à la fois

Depuis le début du projet, en 2002, plus de 2 000 photos ont été identifiées, et des milliers d’autres ont vu des termes inexacts ou offensants être retirés du titre et placés dans une note décrivant le contexte historique. L’identification de noms, de lieux, d’événements et d’objets culturels aide à faire connaître la culture et l’histoire autochtones à ceux qui font des recherches dans les archives.

Les histoires concernant des politiciens autochtones, comme le sénateur inuit Charlie Watt, du Québec, en sont un exemple. J’ai eu le plaisir de travailler avec l’album 38 du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, qui comprend plusieurs photos du jeune Charlie Watt avec ses parents, Daisy et Johnny. Les photos ont été prises pendant une fête à Kuujjuaq (anciennement Fort Chimo), au Québec. Même en noir et blanc, elles montrent le dynamisme de la communauté inuite.

Photo d’une page verte sur laquelle sont collées trois photos noir et blanc (no 154, 156, et 157) ainsi que des légendes dactylographiées sur du papier blanc. La photo en haut à gauche montre une femme inuite vêtue d’une robe unie et d’un châle à carreaux, debout sur une galerie avec une petite fille dans une parka qui boit un verre de lait. La photo dans le coin supérieur droit montre deux femmes inuites vêtues de châles à carreaux et de bandeaux, assises devant des caisses de bois. Une d’entre elles tient un accordéon. Un bébé est assis à l’avant-plan, à gauche, et un petit garçon en tenue est debout à côté de la joueuse d’accordéon. La photo du bas représente une femme vêtue d’une veste et d’un bandeau, dansant avec un homme en habit; la femme à gauche tient la main d’un homme dont on ne voit que l’avant-bras. Trois femmes situées de part et d’autre d’une lampe à l’huile sont visibles à l’arrière-plan.

Page 53 de l’album sur laquelle on trouve trois photos : une femme et une fille inuites (Daisy Watt, possiblement avec Harriat Ruston); un groupe de femmes et d’enfants inuits – Daisy Watt joue de l’accordéon, Christina Gordon est à droite et Charlie Watt, fils de Daisy, est debout à gauche; S. J. Bailey et H. Lamberton dansant avec deux femmes inuites – Daisy Watt est à droite avec S. J. Bailey, la femme derrière elle s’appelle Susie, et Hannah (la sœur de Susie) est à gauche, tenant la main de H. Lamberton. La fête se déroule à Kuujjuaq (anciennement Fort Chimo), au Québec. (MIKAN 4326945)

Photo noir et blanc de cinq femmes. Quatre sont assises, et une autre, à l’extrême droite, est debout avec un bébé enroulé dans un châle à carreaux. La femme au centre joue de l’accordéon, et la femme à sa gauche a un jeune garçon sur ses genoux. Des caisses de bois portant l’inscription « Marven’s Biscuits » sont empilées derrière elles, et une autre caisse dit « H.B.C. Wholesale Vancouver ».

Groupe de femmes et d’enfants faisant la fête à Kuujjuaq (anciennement Fort Chimo), au Québec. Lizzie Suppa joue de l’accordéon. Daisy Watt et son fils Charlie sont à sa gauche. (MIKAN 3855585)

Photo d’une page verte sur laquelle sont collées trois photos noir et blanc (no 158 à 160) et des légendes sur du papier blanc. La photo en haut à gauche montre des femmes et des enfants assis devant des caisses de bois portant la mention « Marven’s Biscuits », et une autre, l’inscription « H.B.C. Wholesale Vancouver ». La photo en haut à droite montre deux couples dansant pendant qu’une femme joue de l’accordéon. Sur la photo du bas, un spermophile arctique (un écureuil vivant sur le sol) est debout dans un champ d’herbes avec un rocher à l’avant plan.

Page 54 de l’album portant trois photos : un groupe de femmes et d’enfants [Lizzie Suppa joue de l’accordéon, avec Daisy et Charlie Watt assis à sa gauche]; deux couples inuits dansant [Johnny et Daisy Watt sont à gauche tandis que Lizzie est au bout à droite, toujours avec son accordéon]; et un spermophile arctique (un écureuil vivant sur le sol). (MIKAN 4326946)

Redonner une voix aux Autochtones

Ces photos constituent des sources essentielles sur l’histoire du Canada puisqu’elles témoignent de la relation entre les Autochtones et le gouvernement canadien. Plus important encore, elles racontent la vie des personnes photographiées et diffusent leur culture. Pendant plusieurs décennies, les voix des Premières Nations, des Métis et des Inuits sont restées silencieuses dans ces documents. Un visage, un nom joue un rôle crucial en offrant une tribune aux Autochtones, leur permettant de se réapproprier leur histoire et leur identité. En tant que femme autochtone, je suis très heureuse d’avoir pu faire entendre ma voix dans ces documents. D’innombrables histoires restent à raconter, mais je suis convaincue que le partenariat entre BAC et les Autochtones nous permettra de les connaître un jour.


Harriett Mathews était une participante au PFETE qui a travaillé à la Division des expositions et du contenu en ligne à Bibliothèque et Archives Canada pendant l’été 2016.

Refuge animal : l’héritage de l’œuvre de Margaret Marshall Saunders, Beautiful Joe

Par Alyssa Currie

L’histoire

Beautiful Joe est un conte pour enfants à succès écrit par Margaret Marshall Saunders. Le roman décrit la vie d’un chien maltraité qui découvre le bonheur après avoir été adopté par une gentille famille. Dans son ouvrage, la romancière met en avant-plan les animaux domestiques en racontant l’histoire telle que vécue par Joe et elle met en évidence la cruauté envers les animaux. Sous le nom de Marshall Saunders, l’écrivaine soumet d’abord son œuvre à un concours commandité par l’American Humane Society en 1893 et elle remporte le premier prix. Le texte est publié un an plus tard et connaîtra un succès immédiat; il s’agirait du premier livre canadien à s’être vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Dans nos collections, nous retrouvons deux photographies et deux cartes postales dédicacées et associées à Beautiful Joe. Ces documents sont remarquables parce qu’ils confirment que l’histoire s’inspire de la vraie vie et documentent le lien avec les efforts déployés par Mme Saunders pour défendre les animaux. On peut lire dans la préface de Beautiful Joe :

BEAUTIFUL JOE est un vrai chien, et « Beautiful Joe » est son vrai nom. Durant la première partie de sa vie, il a appartenu à un maître cruel, qui a mutilé l’animal tel qu’il est décrit dans l’histoire. Rescapé par une famille, le chien mène maintenant une belle vie dans un quartier agréable, en plus de jouir d’une grande célébrité dans son milieu.

Le personnage de Laura s’inspire de la réalité et il est représenté avec grande authenticité, et ce, dans les moindres détails. La famille Morris a un pendant dans la vraie vie, et presque tous les incidents relatés dans le livre sont fondés sur des faits.

(Margaret Marshall Saunders, traduction libre de la préface de Beautiful Joe)

Les photographies

Margaret Marshall Saunders a vu Beautiful Joe pour la première fois lors d’une visite qu’elle a rendue à son frère et à sa fiancée, Louise Moore, à Meaford (Ontario). À son retour à Halifax (Nouvelle-Écosse), Mme Saunders s’est mise à écrire, bien déterminée à faire connaître l’histoire de Joe. Bien que l’écrivaine ait basé son roman sur la réalité, elle a adapté des éléments de l’histoire pour en faire un ouvrage de fiction. Par exemple, le lieu a été changé pour une ville américaine afin de se plier aux règles du concours et de plaire aux lecteurs des États-Unis. Mme Saunders a aussi renommé la famille. Dans la réalité, Beautiful Joe est adopté par les Moore, tandis que dans le récit, c’est la famille Morris qui l’accueille. De plus, elle ajoute des traits de sa propre famille dans la narration.

Photographie en noir et blanc d’Edward M. Saunders, debout au pied de l’escalier devant une maison de style victorien à trois étages. M. Saunders porte un complet et un chapeau noirs. La photographie a été prise de l’autre côté d’une rue résidentielle.

Résidence de la famille Saunders à Halifax (Nouvelle-Écosse), l’écrivaine y rédigera Beautiful Joe (MIKAN 3305717)

Tout le long de la narration, il semble que Mme Saunders modèle les Morris à l’image de sa propre famille. Cette ressemblance s’appuie notamment sur une photographie d’Edward M. Saunders donnée par l’auteure. On peut lire au verso de la photographie, dans une note manuscrite possiblement rédigée par l’écrivaine elle-même :

« M. Saunders à l’origine de M. Morris dans Beautiful Joe » [traduction libre] (« Dr. Saunders original of Mr. Morris in “Beautiful Joe »)

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen assis sur une chaise ornementée avec un petit chien, possiblement un Jack Russell terrier, couché à ses pieds. L’homme porte un complet noir. Du côté droit du portrait, on peut voir des draperies sombres et une plante en pot. Au verso de la photographie se trouve une estampe du studio Gauvin & Gentzel.

Edward M. Saunders, père de Margaret Marshall Saunders et source d’inspiration pour le personnage de M. Morris dans Beautiful Joe. Des notes manuscrites au verso de la photographie documentent son lien avec Beautiful Joe (MIKAN 3220890)

Les cartes postales

Deux cartes postales récemment décrites tirées de nos archives littéraires mettent encore plus l’accent sur les liens entre l’histoire et la réalité et témoignent de l’héritage durable; les deux cartes postales ont été imprimées des années après la première publication du livre et elles arborent la signature de l’écrivaine. La première carte reproduit une photographie du vrai Beautiful Joe et elle permet de visualiser le protagoniste de l’histoire.

Carte postale en noir et blanc reproduisant la photographie d’un chien au pelage foncé, assis et sans oreilles. La carte postale porte la mention « BEAUTIFUL JOE » et une dédicace à l’encre noire, « Marshall Saunders, 1930 ». Au verso de la carte postale, on peut voir une petite photo de Margaret Marshall Saunders et la légende : « Marshall Saunders, auteure du livre de renommée mondiale, Beautiful Joe » [traduction libre] (« Marshall Saunders, author of the world famous book, ‘Beautiful Joe’ »). La carte n’a pas été mise à la poste.

Carte postale dédicacée illustrant le vrai Beautiful Joe qui a inspiré le récit (MIKAN 4921901)

Au fur et à mesure que s’étend la renommée, nationale puis internationale, de Beautiful Joe, Mme Saunders met à profit sa popularité pour promouvoir le bien-être des animaux. Elle collabore avec des groupes de revendication pour animaux dans le cadre de campagnes qui, en retour, encouragent l’achat de ses œuvres littéraires. Cette relation réciproque est illustrée sur une carte postale imprimée par la Canadian Antivivisection Society (association canadienne contre la vivisection); on y voit Mme Saunders et la légende : « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book ‘BEAUTIFUL JOE’ »). L’écrivaine a dédicacé le recto de la carte postale et écrit au verso :

« Je vous en prie, ne vivisectez pas ces chiens que nous adorons, Marshall Saunders. » [Traduction libre] (« Please do not vivisect our dear dogs, Marshall Saunders. »)

Carte postale en noir et blanc reproduisant la photographie d’une femme d’âge moyen portant un sarrau de laboratoire et tenant un petit chien sur ses cuisses. Légende de la carte postale, « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book, ‘BEAUTIFUL JOE’ »), et une dédicace à l’encre noire, « Bien à vous, Marshall Saunders » [traduction libre] (« Yours truly, Marshall Saunders »). Au verso de la carte postale, il est écrit « IMPRIMÉE PAR LA CANADIAN ANTIVIVISECTION SOCIETY, 445A, RUE YONGE, TORONTO » [traduction libre] (« ISSUED BY THE CANADIAN ANTIVIVISECTION SOCIETY, 445A YONGE ST., TORONTO ») et l’auteure y a apposé sa signature. La carte postale n’a pas été mise à la poste.

Carte postale dédicacée illustrant Margaret Marshall Saunders, « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book, ‘BEAUTIFUL JOE’ ») [MIKAN 4921902]

L’héritage

Au moment de son décès, le 15 février 1947, Mme Saunders était devenue une auteure à succès. Plus tard la même année, le gouvernement du Canada a reconnu les réalisations de l’écrivaine et lui a décerné le titre de « personne d’importance historique nationale ». Margaret Marshall Saunders écrivait Beautiful Joe il y a de cela plus d’un siècle, mais son héritage demeure bien présent.

Ressources connexes


Alyssa Currie est étudiante de deuxième cycle à l’Université de Victoria et travaille au sein de la Section des archives littéraires, de la musique et des arts de la scène à Bibliothèque et Archives Canada.

Images de natation et de piscines maintenant sur Flickr

Savoir nager peut parfois sauver des vies. Cependant, la natation n’est pas considérée comme un sport ou un loisir jusqu’à ce que des compétitions soient organisées à divers endroits du monde, comme au Japon, au 17e siècle, puis en Europe, au 19e siècle. La nage masculine est au programme des Jeux olympiques de 1896, et l’épreuve féminine fait son apparition en 1912, consolidant la place de la natation parmi les sports. Des associations sont créées dans de nombreux pays pour faire la promotion de la natation en tant que sport et loisir. Le Canada ne fait pas exception.

Au fil du temps, des piscines ont fait leur apparition partout au Canada. Elles se trouvent près de plans d’eau naturels ou sont construites de toute pièce dans de grands centres urbains. Mentionnons, à titre d’exemples, la piscine de Vancouver près de la Baie English, celle sur Lakeshore Drive, à Toronto, et le bain Maisonneuve et le bain Généreux, à Montréal. Les endroits pour pratiquer la natation sont devenus des centres de mise en forme, d’hygiène, de loisir et de rassemblement communautaire.

Des images de dentistes et de dentisterie maintenant sur Flickr

Le Canada compte très peu de dentistes au début de sa période coloniale. Quelques individus prétendent posséder des compétences en la matière, mais ceux qui recourent à leurs services le font vraiment à leurs risques et périls. À l’époque, au Canada, la dentisterie est loin d’atteindre les standards professionnels et médicaux reconnus en Europe.

Durant les années 1800, le Canada bénéficie de l’arrivée de dentistes provenant des États-Unis. Ces professionnels amorcent un mouvement pour une amélioration de la formation, de l’apprentissage et des méthodes de travail au pays, donnant lieu à la publication, en 1815, d’un premier ouvrage sur dentisterie, The Summum Bonum, par L. S. Parmly de Montréal. Finalement, l’expertise médicale se développe au Canada et diverses associations voient le jour, notamment l’Ontario Dental Association (1867) et le Royal College of Dental Surgeons (1868).

À mesure que les normes de pratique et la formation évoluent, les écoles de médecine dentaire sont intégrées dans les universités, affirmant ainsi la place de la dentisterie au sein des professions médicales. Les soins et services dentaires continuent à s’étendre et deviennent de plus en plus accessibles dans les grandes et moyennes villes, d’un bout à l’autre du pays. Des soins dentaires sont également offerts à nos soldats à l’extérieur du pays en période de conflit, notamment durant la Première et la Deuxième Guerre mondiale.

Miroirs riches en souvenirs : restaurer les daguerréotypes de la collection de Bibliothèque et Archives Canada – Partie II

Par Tania Passafiume et Jennifer Roger

Détérioration du verre

Les matériaux qui composent un daguerréotype (le cuivre, l’argent, le papier, le laiton, le cuir, le velours, la soie et le verre) se détériorent à divers degrés selon leurs conditions de conservation. Les restaurateurs sont le plus souvent confrontés à la détérioration du verre.

Les daguerréotypes affectés par ce problème paraissent souvent ternes et flous, mais la photo n’est pas nécessairement touchée. C’est le cas de plusieurs daguerréotypes de la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui ont été traités en vue d’une exposition.

La dégradation du verre découle de la variation de la température et du taux d’humidité, et peut se manifester de différentes façons. Ce sont parfois des craquelures qui prennent la forme de minuscules fissures à la surface du verre. Le verre ancien contenant une teneur élevée en oxyde de sodium, il peut aussi subir une décomposition chimique qui le rend flou ou voilé.

Il est toujours préférable de conserver les daguerréotypes sous leur verre d’origine. Si la détérioration n’en est qu’aux premiers stades, le verre semblera flou ou couvert d’un voile blanc; souvent, on peut alors le nettoyer et le réutiliser. Le procédé est relativement simple : il suffit d’enlever le verre, de le laver à l’aide d’eau distillée et d’un savon neutre, puis de le rincer à l’éthanol. On le laisse ensuite sécher à l’air libre avant de le remettre sur la photo. Résultat : celle-ci semble instantanément plus nette et lumineuse. Lire la suite