Hockey féminin : elle lance… et compte!

Par Ellen Bond

Remporter une compétition internationale et entendre son hymne national dans l’aréna, c’est le rêve de bien des hockeyeurs canadiens. En janvier 2020, le Canada s’est couvert d’or en défaisant la Russie en finale du Championnat mondial junior de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF). Chaudement disputé, le tournoi masculin a été suivi par des millions de personnes dans le monde entier. Pourtant, à peine quelques jours plus tôt, c’est un auditoire beaucoup plus petit qui a regardé le duel entre le Canada et les États-Unis au Championnat du monde de hockey sur glace féminin des moins de 18 ans.

Contrairement au basketball, où l’on réduit la taille du ballon pour les femmes, et au volleyball, où l’on abaisse le filet, le hockey se pratique de la même façon chez les deux sexes. Certes, les femmes jouent « sans contact », mais on ne change ni le format de la patinoire, ni les dimensions des buts, ni la taille ou le poids de la rondelle. D’ailleurs, si le hockey a vu le jour au début des années 1870, les femmes ont adopté ce sport à peine deux décennies plus tard. Une question s’impose donc : comment se fait-il que le hockey féminin, après des débuts prometteurs, n’ait pas progressé comme le hockey masculin?

: Photographie noir et blanc, prise à l’extérieur, montrant des femmes en jupe longue.

Groupe de femmes réunies pour jouer au hockey, Ottawa (Ontario), 1906. (PA-042256)

Enfant, tout ce que je voulais faire, c’était de jouer au hockey. Je me souviens d’avoir regardé mon frère jouer sur la glace avec plein d’autres garçons. Ils installaient de longs boyaux sur les lignes rouge et bleues pour diviser la patinoire en trois petites surfaces de jeu. Je voulais me joindre à eux, mais on ne laissait pas les filles jouer. Les choses ont toutefois changé dans les années 1970, quand nous avons déménagé à Campbellford, en Ontario. Un jour, au début de l’automne, un homme s’est présenté chez moi et a demandé à mon père s’il voulait être l’entraîneur de l’équipe des filles. Mon père a dit oui, et au début de ma huitième année scolaire, j’ai commencé à jouer dans une ligue.

Photographie sépia d’une équipe de jeunes hockeyeuses portant un chandail où l’on peut lire « Campbellford Minor Hockey ».

Mon équipe la première année où j’ai eu le droit de jouer au hockey. Nous avons remporté le championnat. Je suis la troisième à partir de la gauche dans la rangée du haut; on voit mon père à droite et mon frère accroupi devant lui. (Photo fournie par l’auteure)

Une question m’est donc venue en tête : si les femmes et les hommes ont commencé à pratiquer ce sport à la fin du 19e siècle, pourquoi n’avais-je pas eu le droit de jouer avant mon arrivée à Campbellford, même si j’ai grandi dans une ville relativement grande?

Photographie noir et blanc d’une femme vêtue d’une jupe pour une partie de hockey en plein air.

« La reine de la glace ». Une femme en patins de figure sur une patinoire avec un bâton de hockey dans les mains, 1903. (C-3192610)

Selon l’Association de hockey féminin de l’Ontario, la première partie opposant des femmes a eu lieu en 1891 à Ottawa, en Ontario. À l’époque, l’Université de Toronto, l’Université Queen’s et l’Université McGill avaient des équipes féminines, mais celles-ci étaient tenues de jouer à l’abri des regards masculins. En effet, mis à part les arbitres, aucun homme ne pouvait assister à la partie. En 1914, le premier championnat provincial féminin s’est déroulé à Picton, en Ontario. Il a mis aux prises six équipes, dont certaines représentaient des universités. Ensuite, en 1921, l’Université de Toronto a vaincu l’Université McGill pour remporter le premier championnat universitaire féminin au Canada. Grâce à ces équipes et à d’autres, le sport a continué de croître, bien que de façon irrégulière, pendant les années 1920 et 1930.

Puis, tout s’est arrêté net. Peut-être était-ce parce qu’on jugeait le hockey trop violent pour les filles, comme l’a affirmé Clarence Campbell, président de la Ligue nationale de hockey, en 1946. Ou parce qu’à certains endroits, il était interdit de regarder les femmes jouer. Ou parce qu’on trouvait la chose frivole, ou les joueuses trop passionnées. Ou encore, comme l’avance Wayne Norton dans le livre Women on Ice : The Early Years of Women’s Hockey in Western Canada, parce qu’à l’issue d’un vote en 1923, l’Association canadienne de hockey amateur s’est opposée à la reconnaissance officielle du hockey féminin. Dans le livre Too Many Men on the Ice : Women’s Hockey in North America, Joanna Avery et Julie Stevens soutiennent que la participation du Canada à la Seconde Guerre mondiale a entraîné le déclin du hockey féminin. Quand la majorité des hommes sont partis combattre, beaucoup de femmes se sont mises à travailler dans les usines, ce qui leur laissait peu de temps pour s’amuser. Bref, quelle que fût la raison, notre sport de prédilection a été difficilement accessible aux femmes et aux filles pendant plusieurs décennies, et bon nombre d’entre elles n’ont jamais eu l’occasion de jouer au hockey.

Photographie noir et blanc d’une hockeyeuse professionnelle.

Mademoiselle Eva Ault. Quand la Première Guerre mondiale a conduit les hommes en Europe, les femmes ont eu leur première chance de jouer au hockey dans un contexte professionnel. Eva Ault est devenue une favorite de la foule, mais la fin de la guerre a marqué la fin de la carrière des pionnières du hockey professionnel féminin. (PA-043029)

Photographie noir et blanc d’une équipe de hockey féminin. Les huit joueuses, en uniforme, sont placées côte à côte et tiennent leur bâton la palette vers le haut.

Une équipe de hockey féminin de Gore Bay, sur l’île Manitoulin (Ontario), 1921. Le nom des joueuses figure dans la notice. (PA-074583)

J’ai pu jouer au hockey de la huitième à la treizième année, aussi bien dans un cadre communautaire que scolaire à Peterborough, en Ontario. J’ai aussi eu la chance de faire partie des équipes universitaires à McMaster et à Queen’s. C’est le plus près que je me suis approchée du niveau professionnel. On nous fournissait l’équipement, une patinoire pour les entraînements et les parties, et le transport pour chaque affrontement. À l’Université McMaster, le budget total de mon équipe était inférieur à ce que l’équipe masculine dépensait juste pour les bâtons, mais je me considérais chanceuse de pouvoir représenter mon université et de jouer avec et contre certaines des meilleures hockeyeuses au monde.

Parmi ces athlètes d’exception, il y avait Margot (Verlaan) Page et Andria Hunter. Toutes deux ont représenté le Canada aux championnats du monde. J’ai joué avec Margot pendant trois ans à l’Université McMaster. C’était la capitaine et la meilleure sur la glace. À l’époque, c’était le plus haut niveau qu’il lui était possible d’atteindre. Elle a par la suite défendu les couleurs du Canada aux championnats du monde de l’IIHF de 1987 (événement non sanctionné), 1990, 1992 et 1994. Puis, de 2000 à 2007, elle a dirigé les équipes féminines canadiennes aux championnats de l’IIHF et aux Jeux olympiques. Aujourd’hui, Margot est entraîneuse en chef de l’équipe féminine des Badgers de l’Université Brock. Quant à Andria, je l’ai rencontrée lorsque nous vivions toutes deux à Peterborough. Je travaillais comme monitrice au camp Quin-Mo-Lac alors qu’elle était campeuse. Comme nous vivions dans une petite ville, nous nous croisions souvent. J’ai demandé à Andria comment se sont déroulés ses débuts au hockey. Voici son histoire, traduite en français :

J’ai commencé à jouer au hockey en 1976. C’était plutôt rare, à l’époque, de voir des filles pratiquer ce sport. J’ai eu la chance de me trouver à Peterborough au moment où le hockey féminin commençait à se développer. À ce moment-là, bien des petites villes n’avaient aucune équipe féminine. La première année, j’ai joué avec des garçons dans une ligue locale, mais par la suite, j’ai toujours pu jouer avec des filles.

Toute mon enfance, j’ai rêvé de jouer au niveau universitaire, parce que c’était le plus haut niveau à l’époque. Il n’y avait pas d’équipe nationale, donc il fallait évidemment oublier les championnats du monde et les Jeux olympiques. J’ai toutefois été très chanceuse que le hockey féminin connaisse des changements majeurs au bon moment pour moi.

Je me suis retrouvée dans une équipe universitaire américaine grâce à une bourse d’études; c’était seulement la deuxième fois aux États-Unis qu’une femme étrangère recevait une bourse pour jouer au hockey. J’ai aussi pu faire partie d’Équipe Canada en 1992 et en 1994! Je me suis toujours dit que si j’étais née à peine cinq ans plus tôt, je n’aurais possiblement pas vécu ces merveilleuses expériences.

De 1990 à 1996, j’ai joué à l’Université de Toronto, où je faisais mes études supérieures. C’était une période de transition tumultueuse pour le programme. À ma première année, nous rangions notre équipement dans un petit casier. Les parties se divisaient en trois périodes de seulement quinze minutes, et la surfaceuse passait une seule fois. Puis, pendant la saison 1993-1994 (j’étais alors partie jouer en Suisse), le programme de hockey féminin a failli être éliminé, mais de nombreuses personnes se sont ralliées pour le sauver. À mon retour à l’Université de Toronto, l’année suivante, le hockey féminin était devenu un sport de haute performance. Nous avions maintenant quatre entraînements de deux heures par semaine, et nous ne rangions plus notre équipement dans des casiers!

J’ai aussi joué dans la Ligue nationale de hockey féminin (LNHF) à ses débuts. Quand je portais le chandail des Ice Bears de Mississauga, notre propriétaire enthousiaste a trouvé le moyen de nous faire jouer au Hershey Centre [aujourd’hui le Paramount Centre], où nous avions même notre propre vestiaire. Malheureusement, nous n’attirions pas assez de spectateurs pour rester dans un aréna aussi cher, ce qui a entraîné notre déménagement à Oakville après deux saisons.

Depuis que j’ai quitté la LNHF, en 2001, le hockey féminin a poursuivi sa croissance. Aujourd’hui, la société voit assurément le sport féminin d’un bien meilleur œil que lorsque j’étais enfant. Le niveau de jeu est rehaussé parce que les filles ont plus d’occasions de se développer. La qualité des entraîneurs, le degré de compétitivité et le temps de glace au niveau amateur y sont certainement aussi pour quelque chose. Il y a également plus d’équipes universitaires au Canada et aux États-Unis, et plus de ressources pour les joueuses. Malheureusement, on a encore de la difficulté à attirer les foules, et les débouchés professionnels sont limités. Heureusement, il y a de plus en plus de place pour les femmes derrière les bancs.

Photographie noir et blanc d’une équipe de hockey féminin. Les joueuses portent des chandails d’équipe et tiennent chacune un bâton.

Photographie de l’équipe de hockey féminin de l’Université Queen’s, 1917. Certains noms figurent dans la notice. (PA-127274)

Comme l’a dit Andria, les filles qui veulent jouer au hockey aujourd’hui ont maintes possibilités. Il y a beaucoup d’équipes partout au Canada. Les jeunes hockeyeuses peuvent viser de nombreuses équipes universitaires, la première division de la National Collegiate Athletic Association (NCAA), aux États-Unis, et des équipes dans plusieurs pays d’Europe. Elles peuvent rêver de représenter leur pays aux Jeux olympiques et aux championnats du monde. Des millions de téléspectateurs ont pu voir l’élite des joueuses canadiennes et américaines s’affronter à 3 contre 3 pendant le week-end des étoiles de la LNH à Saint-Louis, au Missouri. À mesure que le hockey féminin poursuivra sa croissance, les rivalités entre pays se développeront. Et qui sait, la LNH lancera peut-être un jour une division féminine?

Dans tous les cas, l’avenir s’annonce prometteur pour les jeunes filles qui rêvent de jouer au hockey. Margot, Andria et moi avons tiré bien des leçons de vie de ce sport dans notre jeunesse, et nous sommes enchantées pour les filles d’aujourd’hui quand nous voyons toutes les perspectives que leur réserve le merveilleux sport qu’est le hockey.


Ellen Bond est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

John Armstrong Howard, premier athlète olympique noir à représenter le Canada

Par Judith Enright-Smith

Les Jeux olympiques d’été de 1912, tenus du 5 mai au 27 juillet à Stockholm, en Suède, sont le théâtre de plusieurs « premières ». En effet, cette cinquième olympiade, qui rassemble 2 408 athlètes provenant de 28 pays, est la première à présenter des compétitions féminines de nage et de plongeon, ainsi que le pentathlon masculin. Ce sont les premières olympiades à faire appel au chronométrage électronique; c’est aussi la première fois qu’une équipe de l’Asie (le Japon) participe aux jeux. Pour le Canada, ces Olympiques d’été 1912 marquent l’histoire pour une autre raison : c’est la première fois qu’un athlète noir représente le Canada à des Jeux olympiques.

John Armstrong Howard est né à Winnipeg, au Manitoba, le 6 octobre 1888. Howard est un mécanicien spécialisé et un joueur de baseball pour le club Crescent Creamery de Winnipeg; avec ses 6 pieds 3 pouces, c’est aussi un remarquable sprinteur. Il se qualifie facilement pour les Olympiques de 1912 et on le considère, tant dans les milieux sportifs que les médias canadiens, comme le meilleur espoir du Canada pour remporter une médaille d’or.

Walter Knox est alors l’entraîneur de l’équipe olympique canadienne d’athlétisme. Pendant l’entraînement, Knox et Howard sont souvent en désaccord et se confrontent à plusieurs reprises. Knox disait d’Howard qu’il était emporté et désobéissant et, à une époque où la discrimination envers les athlètes noirs était courante, il recommande son expulsion de l’équipe pour « insubordination ». Ce n’est que grâce à l’intervention de l’Amateur Athletic Union of Canada qu’Howard a pu demeurer au sein de l’équipe.

En route pour la Suède, Howard est traité de manière discriminatoire et préjudiciable, un affront que subissaient régulièrement les personnes de couleur à l’époque. Avant de quitter Montréal par bateau, on lui interdit l’accès à l’hôtel où logeaient les autres athlètes, et lorsqu’il est à bord du navire, il doit prendre ses repas à l’écart de ses coéquipiers.

Une fois rendu à Stockholm, il souffre de graves maux d’estomac, sans doute causés par le stress accumulé en raison de sa relation difficile avec Knox. Pendant les Jeux, les problèmes de santé d’Howard compromettent sérieusement ses efforts et il est éliminé en demi-finale du 100 mètres et du 200 mètres. Cependant, de retour au pays, Howard se rachète lors des Canadian Outdoor Championships de 1913 : il remporte toutes les courses auxquelles il participe.

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, Howard est envoyé outre-mer en 1917 au sein du Corps expéditionnaire canadien. Il travaille comme brancardier dans divers hôpitaux militaires britanniques. Son dossier de service montre qu’il a souffert d’affections pulmonaires chroniques. Lorsqu’il est en Europe, Howard fait la connaissance d’Edith Lipscomb. En 1920, ils rentrent ensemble à Winnipeg, où ils se marient. Ils tentent de s’établir à Sainte-Rose du Lac, mais ils se heurtent à beaucoup d’hostilité et de préjugés parce qu’ils forment un couple interracial. La petite-fille d’Howard, Valerie Jerome, raconte comment des gens lançaient des pierres sur leur automobile pour les faire partir. Ils finissent par s’installer près de la réserve indienne de Crane River, sur la rive nord-ouest du lac Manitoba. Le couple aura trois filles, mais leur mariage ne durera pas. Howard mourra d’une pneumonie à l’âge de 48 ans.

Une photographie noir et blanc d’un groupe de coureurs à la ligne de départ. Un d’entre eux porte un maillot blanc orné d’une feuille d’érable sur le devant.

John Armstrong Howard aux Jeux interalliés, stade Pershing, Paris, juillet 1919 (MIKAN 3387544)

Une photographie noir et blanc d’un homme portant une tenue d’athlétisme, entouré d’autres hommes vêtus de la même manière ou en uniformes, recevant une médaille d’un homme âgé vêtu d’un uniforme militaire.

Le roi du Monténégro remet à John Armstrong Howard la médaille de bronze qu’il a remportée à l’épreuve du 100 mètres aux Jeux interalliés, stade Pershing, Paris, juillet 1919 (MIKAN 3385453)

L’héritage sportif de John Armstrong Howard se perpétue. Deux de ses petits-enfants sont des athlètes canadiens. Valerie Jerome est une sprinteuse qui a participé aux Jeux olympiques d’été de 1960. Son frère, Harry Jerome, a participé aux Olympiques d’été de 1960, de 1964 et de 1968, remportant une médaille de bronze en 1964 à l’épreuve du 100 mètres.


Judith Enright-Smith est archiviste adjointe à la Division des affaires autochtones et sociales, Direction des archives privées, Bibliothèque et Archives Canada.

Coup d’envoi des XXIes Jeux olympiques d’été le 17 juillet 1976 à Montréal

Par Dalton Campbell

Photographie en couleur représentant deux jeunes personnes debout sur une plateforme surélevée dans un stade bondé. D’une main, chacun d’eux tient bien haut le flambeau. À côté d’eux se trouve une grande vasque cérémoniale enflammée.

La vasque olympique est allumée durant la cérémonie d’ouverture des XXIes Jeux olympiques d’été à Montréal, le 17 juillet 1976. ©Comité olympique canadien

En 1970, les délégués olympiques ont voté, après un deuxième tour, pour que la ville de Montréal (Québec) tienne les Jeux. Après le premier décompte des bulletins de vote, Moscou devançait Montréal, 28 votes contre 25. De fait, Los Angeles, qui arrivait au troisième rang, a été automatiquement éliminée de la course. La proposition de Montréal a hérité de la majeure partie des appuis qui allaient, au départ, vers Los Angeles, et la ville québécoise a été nommée ville hôte.

Photographie en couleur de l’intérieur du Stade olympique, à Montréal. Les athlètes représentant les pays en compétition se réunissent dans le champ intérieur du stade. Les drapeaux des pays en compétition sont suspendus aux chevrons.

Rassemblement des délégations des pays participants pendant la cérémonie d’ouverture des XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, le 17 juillet 1976. ©Comité olympique canadien

La construction des installations olympiques a été lente à cause d’une conception architecturale complexe, de la hausse rapide du taux d’inflation et de la réticence des gouvernements à s’engager financièrement. En janvier 1976, on a dû suspendre la construction à cause de la température exceptionnellement froide. Lors du coup d’envoi des Jeux, 19 des 21 installations étaient prêtes; toutefois, le Stade olympique, l’élément principal, n’était pas achevé lorsque les Jeux ont commencé.

Nadia Comaneci, une gymnaste de 14 ans de Roumanie, a probablement été la plus grande vedette des Jeux de Montréal. Dès les premiers jours, elle a mérité une note parfaite de 10 pour sa routine aux barres asymétriques, un exploit sans précédent dans les annales olympiques. Cependant, puisque le tableau indicateur n’était doté que de trois chiffres, les juges — qui se retrouvaient en territoire inconnu — ont saisi la note de « 1.00 ».

Photographie en couleur d’une jeune femme sur un podium saluant la foule. Elle porte un survêtement blanc sur lequel est écrit « Romania » (Roumanie). Il y a, derrière elle, en bas du podium, deux autres jeunes femmes.

La Roumaine Nadia Comaneci (au centre) salue la foule après avoir remporté la médaille d’or aux barres asymétriques durant la compétition de gymnastique aux XXIes Jeux olympiques d’été. Elle a poursuivi sa lancée en remportant cinq médailles, dont trois d’or. La médaille d’argent est remise à Teodora Ungureanu de Roumanie (à gauche) et celle de bronze à Márta Egervári de Hongrie (à droite). Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

Il semble que l’on aurait discuté, lors d’une réunion précédant les Olympiques de 1976, de la possibilité d’utiliser des cadrans à quatre chiffres. On a décidé d’installer des cadrans à trois chiffres puisqu’il était impossible d’obtenir une note parfaite de 10.

Michel Vaillancourt, sur sa monture Branch County, a été le premier Canadien à gagner une médaille en compétitions individuelles (sports équestres) aux Olympiques. Né dans le nord-est de Montréal, il a donc réalisé sa performance qui lui a valu sa médaille d’argent en saut d’obstacles individuel devant la foule partisane de sa ville.

Photographie en couleur d’un homme à cheval qui franchit un obstacle durant une compétition équestre. En arrière-plan, des spectateurs sont assis.

Michel Vaillancourt du Canada monte Branch County lors d’une compétition équestre aux XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

Le dernier jour des Jeux, la compétition de saut en hauteur s’est déroulée sous la pluie. Le détenteur du record mondial, Dwight Stones des États-Unis, était le favori. Après une entrevue au cours de laquelle il aurait critiqué les installations et la ville hôte, il s’est fait huer par la foule. M. Stones, qui détestait sauter dans des conditions humides, a heurté la barre et a été éliminé. L’athlète qui a suivi, Greg Joy du Canada,  a survolé la barre, suscitant par le fait même une ovation de la foule composée de près de 70 000 personnes. M. Joy recevra la médaille d’argent, celle d’or ayant été décernée à Jacek Wszola de Pologne.

Photographie en couleur d’un homme participant à une compétition en saut en hauteur. Sur la photographie, on peut le voir dans les airs, en approche de la barre. Des photographes sont postés derrière le matelas. En arrière-plan, on voit la foule assise.

Greg Joy du Canada participe aux compétitions en saut en hauteur aux XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

Même si aucun Canadien n’a remporté de médaille d’or aux Jeux de 1976, la foule a encouragé et honoré Greg Joy comme s’il en avait gagné une. Il a été nommé porte-drapeau pour la cérémonie de clôture. Plus tard la même année, on lui a décerné la Lionel Conacher Award en tant qu’athlète masculin de l’année au Canada, devant le jockey Sandy Hawley et la grande vedette de hockey, Guy Lafleur. Pendant de nombreuses années par la suite, chaque soir, on a présenté dans tout le pays son célèbre saut et la célébration qu’il a soulevée; il s’agissait de l’avant-dernière séquence de la vidéo Ô Canada présentée par le réseau de Radio-Canada immédiatement avant la fin des émissions pour la nuit.

Photographie en couleur d’un homme vêtu d’une culotte courte et d’un maillot sans manches, debout, les bras dans les airs. En arrière-plan, des personnes portant des imperméables.

Greg Joy après avoir remporté la compétition de saut en hauteur aux XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

La cérémonie de clôture s’est déroulée le 1er août 1976. Le Canada avait remporté cinq médailles d’argent et six médailles de bronze, plus que le double du nombre de médailles gagnées par le Canada en 1968 ou en 1972.

Ressources supplémentaires


Dalton Campbell est archiviste à la section Science, environnement et économie dans la division des Archives privées.