Les cinq sujets qui suscitent le plus de questions à nos bibliothécaires de référence

Par Emily Dingwall

Les bibliothécaires de référence de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) répondent à des demandes de renseignements de clients qui portent sur une foule de sujets intéressants. Dans ce billet nous vous présentons les cinq sujets de référence pour lesquels les bibliothécaires se font poser le plus de questions, ainsi que des ressources pertinentes à consulter à leur propos.

Couverture de la publication Documents de la Session du Dominion du Canada, portant le titre « Comptes publics du Canada », publiée pour l’exercice financier terminé le 30 juin 1884.

Rapport intitulé « Comptes publics du Canada » se trouvant dans les Documents de la Session du Dominion du Canada, 1885, vol. 1, no 1. (No OCLC 1007491677, image de Canadiana)

  1. Documents du gouvernement fédéral

Rapports ministériels annuels. Bien des clients sont à la recherche de rapports ministériels annuels. Les rapports annuels datés de 1867 (année de la Confédération) à 1925 s’inscrivent dans les Documents parlementaires du Dominion du Canada. Pour en savoir plus, consultez le billet « Les documents parlementaires du Dominion du Canada, 1867-1925 ». Si vous êtes à Ottawa, vous pouvez accéder aux documents parlementaires dans les locaux de BAC en en faisant la demande au personnel dans la salle de référence du deuxième étage. Ces documents sont aussi consultables en ligne sur les sites Web suivants :

Les rapports ministériels d’après 1925 sont publiés séparément des autres documents parlementaires du gouvernement. Pour obtenir des rapports annuels pour la période de 1925 à 1930, passez par les employés de BAC ou par Archive Internet.

Pour les années après 1930, consultez notre catalogue de bibliothèque Aurora en indiquant le nom du ministère, tel qu’il était connu à l’époque, dont relèvent les rapports annuels que vous recherchez.

Pour 1995 et après, les rapports annuels se trouvent sur le site Rapport sur les résultats ministériels du gouvernement du Canada. Si vous cherchez un rapport récent, faites-le sur le site Web du ministère en question.

Documents du Parlement. Nous recevons aussi de nombreuses questions au sujet de recherches sur des débats, journaux et documents de comité de la Chambre des communes et du Sénat, par exemple sur le discours d’un premier ministre prononcé en Chambre. Ces documents se trouvent en ligne :

Page de texte dactylographié, en deux colonnes séparées par des armoiries. La colonne de gauche est en anglais; celle de droite est en français.

Première page de la Gazette du Canada, Partie II, vol. 137, no 23, 5 novembre 2003. (No OCLC 1082716964, image fournie par la Gazette du Canada)

  1. Recherches législatives

Les bibliothécaires reçoivent souvent des questions au sujet de textes législatifs imprimés ou qui se trouvent en ligne sur le Site Web de la législation.

Pour vos recherches législatives, voici les sources principales :

  • Les Lois du Canada comprennent toutes les lois et leurs modifications adoptées à chacune des sessions parlementaires.
  • Les Lois révisées du Canada (L.R.C.) sont des recueils des Lois du Canada dans lesquels sont intégrées les modifications et lois ajoutées depuis la dernière révision. Les L.R.C. ont été publiées pour les années 1886, 1906, 1927, 1952, 1970 et 1985.

Les Lois du Canada et les Lois révisées du Canada sont disponibles en édition imprimée dans la collection de référence de BAC, ainsi que dans de nombreuses bibliothèques publiques et universitaires. Elles peuvent aussi être consultées dans la base de données législative LLMC Digital (en anglais), accessible dans les locaux de BAC.

Pour en savoir plus à propos de ces lois et de la recherche législative, lisez le billet « Trouver une ancienne loi à Bibliothèque et Archives Canada ».

Vous trouverez les règlements et textes réglementaires officiels dans la Partie II de la Gazette du Canada, le journal officiel du gouvernement du Canada. Publiée en trois parties, la Gazette du Canada peut faire l’objet de recherches par mot-clé sur les sites Web suivants :

Si vous souhaitez en apprendre plus sur les trois parties de la Gazette du Canada, consultez la page Publications dans la Gazette du Canada.

Les lectures des projets de loi, notamment les premières et troisièmes lectures, se trouvent dans le catalogue Aurora.

LEGISinfo, l’outil de recherche de la Bibliothèque du Parlement, contient une mine d’information sur tous les projets de loi présentés au Sénat et à la Chambre des communes depuis le début de la 37e législature en 2001.

Image du journal Courrier canadien, rédigé en quatre colonnes.

Courrier canadien, 11 mars 1900. (No OCLC 109270836)

  1. Recherches dans les journaux

Il arrive souvent aux bibliothécaires d’aider des clients à trouver dans les journaux des renseignements sur des nouvelles locales, des articles sur une personnalité ou des détails d’une visite royale au Canada, par exemple.

Nous conservons les journaux en version papier et sur microfilm, le tout répertorié dans le catalogue Aurora. Nous sommes également abonnés à plusieurs bases de données journalistiques.

Sur la page Fonds sur microforme – Liste géographique sont indiqués tous les journaux que nous avons en format microfilm (cliquez sur le numéro OCLC correspondant), ainsi que les journaux accessibles en ligne. La liste est organisée par province ou territoire, puis par nom de ville en ordre alphabétique.

Les journaux à grand tirage comme Le Devoir, le Montreal Gazette et l’Ottawa Citizen sont consultables sur microforme dans notre salle de lecture libre-service.

Les bases de données journalistiques suivantes sont accessibles à partir des postes publics de notre salle de référence : The Globe and Mail, Toronto Star, Paper of Record et Newspaper Archive.

Voici quelques ressources journalistiques en ligne (certaines en anglais) :

Page couverture de la publication Histoire officielle de la participation de l’armée canadienne à la Seconde Guerre mondiale.

Couverture de la monographie du colonel C. P. Stacey intitulée Histoire officielle de la participation de l’armée canadienne à la Seconde Guerre mondiale, volume 1 – Six années de guerre : L’armée au Canada, en Grande-Bretagne et dans le Pacifique. (No OCLC 317352934, image fournie par Publications du gouvernement du Canada)

  1. Recherches sur l’histoire militaire

Les bibliothécaires se font poser des questions d’histoire militaire par des clients à la recherche de récits publiés sur tel régiment ou telle unité, de statistiques de recrutement par année ou d’information sur le déploiement des unités canadiennes en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

Voici des ressources pour les recherches sur l’histoire militaire :

Image d’un horaire de la Grand Trunk Railway Company daté de 1922.

Horaire des lignes ontariennes de la Grand Trunk Railway Company, daté de 1922. (e011297622)

  1. Histoire ferroviaire

Beaucoup de clients communiquent avec les services de référence pour trouver des renseignements sur l’histoire ferroviaire. Les questions concernent notamment l’histoire d’une gare en particulier, l’histoire d’une compagnie de chemin de fer (Chemin de fer Canadien Pacifique, Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, Grand Trunk, etc.) et les tracés de telle ou telle ligne ferroviaire.

Nous avons des cartes ferroviaires et des horaires à l’intention des passagers et des employés en format papier, qui se trouvent à l’aide d’Aurora. De nombreux horaires appartiennent à la collection Merrilees sur les transports, laquelle renferme quelque 5 000 publications : livres, publications spécialisées, manuels techniques, horaires, dépliants grand format, périodiques et brochures.

Un historien ferroviaire de l’Ontario a aussi publié des horaires sur le site Charles Cooper’s Railway Pages (en anglais).

Les horaires de Chemin de fer Canadien Pacifique de 1930 à 1985 sont consultables en ligne (en anglais) dans la collection Chung à la bibliothèque de l’Université de la Colombie-Britannique.

Voici deux excellentes publications imprimées (en anglais) au sujet de l’histoire ferroviaire :

  • Andreae, C. et Matthews, G. Lines of Country: An Atlas of Railway and Waterway History in Canada, Erin (Ontario) : Boston Mills Press, 1997. Ce livre donne un aperçu complet de l’histoire des voies ferroviaires et maritimes au Canada et comprend des cartes des chemins de fer au pays, de leurs débuts à aujourd’hui. On peut le consulter dans notre salle de référence.
  • Ballantyne, B. et Bytown Railway Society. Canadian Railway Station Guide, Ottawa (Ontario) : Bytown Railway Society, 1998. Cet ouvrage présente des gares, des plans et des images.

 J’espère que ces ressources vous seront utiles dans vos recherches sur ces sujets. Bien entendu, n’hésitez pas à nous poser une question sur tout sujet qui vous intéresse; l’un de nos bibliothécaires de référence se fera un plaisir de vous aider!


Emily Dingwall est bibliothécaire de référence à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Partitions du Canada d’antan : la Grande Guerre

Par Emilie Gin

Saviez-vous que dans la collection de BAC, on peut visualiser, télécharger et imprimer des partitions numériques? Une partie de la collection, dont des pièces datant de la Première Guerre mondiale, a été numérisée et est accessible en ligne dans Aurora, le catalogue de bibliothèque de BAC. Voici la marche à suivre pour faire une recherche dans les collections spéciales.

Les partitions du Canada d’antan sont une excellente façon d’explorer les sons et les paroles qui ont marqué l’expérience canadienne de la Première Guerre mondiale, que l’on appelle aussi la Grande Guerre. Grâce à cette musique, tant les Canadiens restés au pays que ceux partis combattre à l’étranger ont pu trouver réconfort et courage et voir leur sentiment de patriotisme ravivé.

Qu’est-ce qu’une partition?

Une partition, ou musique en feuilles, désigne les feuillets sur lesquels étaient imprimées les œuvres musicales populaires. Habituellement composées d’une ou de plusieurs feuilles pliées, les partitions étaient publiées et vendues par des compositeurs professionnels ou amateurs. Comme elles n’étaient pas reliées, elles étaient faciles à produire et vendues aux consommateurs à prix relativement abordables.

La musique de ces partitions joue un rôle important dans la vie des Canadiens d’autrefois. Si, au début du 20e siècle, certaines familles aisées possèdent des phonographes ou des gramophones, de nombreux ménages n’ont en revanche pas les moyens de profiter de ces nouvelles technologies. Pour beaucoup de gens, le seul moyen d’écouter de la musique est d’aller dans une salle de spectacle ou d’en jouer eux-mêmes avec des partitions.

Musique et discours national

Pendant la période difficile et tumultueuse de la Grande Guerre, on considère la musique comme un divertissement et comme un élément pouvant produire un effet purificateur. Or, c’est aussi un moyen de communication idéal pour un gouvernement souhaitant faire la promotion d’un certain discours national.

Dessin en couleur d'un soldat debout tenant un fusil devant le drapeau britannique, une médaille de guerre et le portrait de H.W. Ellerton en uniforme.

Couverture de The Khaki Lads (OCLC 25442742)

Aux termes de la Loi sur les mesures de guerre de 1914, toutes les publications (y compris les partitions et d’autres documents imprimés comme les romans ou les affiches) doivent être approuvées par le ministère de la Milice et de la Défense. Bien qu’il soit difficile à l’époque de mesurer les véritables effets de la musique et des messages qu’elle porte, il reste que ces partitions nous ouvrent une fenêtre sur le quotidien des Canadiens pendant la Première Guerre mondiale.

Identité canadienne : feuille d’érable et Grande-Bretagne

L’expression du patriotisme canadien et l’allégeance à la Grande-Bretagne sont des thèmes omniprésents dans les partitions publiées pendant la Première Guerre mondiale. Ce n’est pas surprenant : les œuvres présentant un discours d’unité nationale renforcent le sentiment de patriotisme et remontent le moral des soldats et de leurs proches restés à la maison. Ces pièces donnent du courage à chacun et rappellent aux soldats leur devoir et le but de leur mission. Elles présentent une certaine vision de l’identité canadienne qui est alors presque exclusivement anglophone et encore très étroitement rattachée à l’identité britannique.

Dessin en couleur d'un soldat tenant un fusil avec une feuille d'érable verte à l'arrière-plan.

Couverture de They Heard the Call of the Motherland (The Men of the Maple Leaf), d’Edward W. Miller (OCLC 123910582)

La participation du pays à d’importantes batailles de la Première Guerre mondiale comme celles de la crête de Vimy, de la Somme et de Passchendaele marque un changement important dans le regard que pose le peuple canadien sur son statut : il ne se perçoit non plus comme une colonie, mais bien comme une nation. La crise de la conscription de 1917 soulève toutefois de grandes questions quant aux liens unissant le Canada à la Grande-Bretagne et au rapport entre les citoyens anglophones et francophones du pays.

Une image en noir et blanc où les mots « The King Will Be Proud of Canada » sont entourés d'une couronne de feuilles et d'un castor.

Couverture de The King Will Be Proud of Canada: Canadian Military Song, de S. G. Smith et Frank Eboral (OCLC 123910650)

Voici quelques exemples de partitions d’œuvres patriotiques téléchargeables depuis la collection de BAC :

Chacun contribue à l’effort de guerre

La musique est un aspect important du quotidien des gens qui contribuent à l’effort de guerre au Canada. On retrouve d’ailleurs très souvent ce thème dans les pièces populaires, qui suggèrent aux citoyens de contribuer, soit en tricotant des vêtements pour les soldats, en donnant de l’argent, en achetant des obligations pour financer la guerre ou en offrant leurs services comme infirmiers. Des morceaux tels que He’s Doing His Bit, Are You?, assortis de paroles comme « si on ne peut se battre, on peut contribuer financièrement », renforcent le sentiment du devoir de citoyen des Canadiens à l’endroit de leur pays et de la Couronne.

Dessin en couleur d'un soldat vêtu d'un uniforme bronze tenant un fusil au-dessus de sa tête.

Couverture de He’s Doing His Bit, Are You? If We Cannot Do the Fighting—We Can Pay, de W. St. J. Miller (OCLC 1007491809)

Voici quelques morceaux illustrant les messages présentés aux Canadiens contribuant à l’effort de guerre :

La musique en temps de guerre : dualité

En temps de guerre, la musique de ces partitions joue en quelque sorte un double rôle dans l’univers collectif : il s’agit à la fois d’un divertissement et d’un moyen pour le gouvernement de diffuser des messages subliminaux. Il est donc difficile de savoir quel sentiment entretiennent alors les Canadiens face à ces œuvres. Elles offrent probablement un moment de répit bienvenu, permettant d’oublier momentanément les atrocités et les nouvelles troublantes émanant du front, mais il ne fait aucun doute que la musique diffusée par ces producteurs passe les messages du gouvernement.

Une image en couleur composée d'un grand navire, d'une colombe, d'une femme accueillant le navire et d'un portrait de S. M. Hallam.

Couverture de When Jack Comes Back, de Gordon V. Thompson (OCLC 1007593602)

Quoi qu’il en soit, cette note que l’on peut lire sur la couverture de The Canadian War Song: When Jack Comes Back, une œuvre de Gordon V. Thompson, sonnait certainement assez juste pour de nombreux Canadiens pendant la Première Guerre mondiale :

« Ces temps-ci, nous avons tous besoin de belle musique pour adoucir la vie et nous aider à assécher nos larmes. » [Traduction]

Pour en savoir plus sur les partitions canadiennes, consultez notre balado « Entre les feuilles ».

Emilie Gin travaille comme bibliothécaire stagiaire aux acquisitions à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Premiers ministres et grands lecteurs

Par Meaghan Scanlon

L’exposition Les premiers ministres et l’art : créateurs, collectionneurs et muses présentée par Bibliothèque et Archives Canada explore les liens que nos premiers ministres ont entretenus avec les arts, notamment à titre de collectionneurs et d’amateurs. On peut entre autres y découvrir la correspondance échangée entre sir Wilfrid Laurier et le peintre Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté, admirer un tableau tiré de la collection personnelle de William Lyon Mackenzie King et lire une missive élogieuse adressée à l’artiste Alma Duncan par nul autre que John Diefenbaker.

L’exposition fait aussi une grande place aux bibliothèques personnelles des premiers ministres canadiens. Si vous avez lu quelques-unes de leurs biographies, vous aurez remarqué que ceux-ci ont un point en commun : leur passion pour la lecture. Une biographie d’Alexander Mackenzie (no OCLC 20920624) nous apprend que l’homme était un insatiable lecteur, et que les membres de sa famille passaient les soirées d’hiver :

« (…) assis autour du feu qui crépitait dans l’âtre, lisant et discutant joyeusement de sujets littéraires et d’auteurs, surtout de Shakespeare et Byron. La stimulation et la vie intellectuelle qu’on y retrouvait furent une excellente préparation à ses fonctions d’homme d’État. Tous ceux qui ont pu entendre M. Mackenzie ont remarqué qu’il pouvait facilement citer des poètes et des auteurs contemporains. Ses discours étaient de la haute voltige; ils supposaient toujours que ses auditeurs étaient bien instruits. » [Traduction]

Selon ses biographes, sir John A. Macdonald était lui aussi connu pour citer de grands auteurs dans ses discours. Joseph Pope (no OCLC 2886256) affirme qu’il était un lecteur « omnivore », lisant de tout, mais ayant une préférence pour les mémoires d’hommes politiques.

Sir Robert Borden, quant à lui, avait étudié les langues classiques. La Bibliothèque de livres rares Thomas-Fisher de l’Université de Toronto conserve quelques anciens ouvrages grecs et latins lui ayant appartenu et comportant son ex-libris. On y retrouve notamment une édition des écrits de Cicéron publiée en 1725 et prêtée à Bibliothèque et Archives Canada pour l’exposition.

Mackenzie King, pour sa part, commentait régulièrement ses nombreuses lectures dans son journal intime. Nous conservons une bonne partie de sa bibliothèque personnelle dans notre collection; on peut également en admirer une partie dans son bureau de la maison Laurier.

Bien entendu, chaque premier ministre avait des livres et des auteurs préférés. Macdonald était un fervent amateur des romans d’Anthony Trollope, et Mackenzie King admirait Matthew Arnold au point de se procurer les mêmes livres que ce poète.

Livre ouvert montrant l’intérieur de la page couverture. Collé sur le côté gauche, on aperçoit l’ex-libris de Matthew Arnold. La page de droite est vierge et retenue par un poids.

Ex-libris de Matthew Arnold à l’intérieur de la page couverture de la Sainte Bible (Oxford, Clarendon Press, 1828) conservée dans la collection de livres de la bibliothèque de William Lyon Mackenzie King (no OCLC 1007776528). Source : Bibliothèque et Archives Canada

Arthur Meighen était particulièrement attaché à l’œuvre de William Shakespeare, pouvant en réciter de longs passages de mémoire. En 1934, alors qu’il naviguait vers l’Australie, il composa un discours sur le célèbre écrivain, intitulé « The Greatest Englishman of History » (Le plus grand Anglais de tous les temps). Il l’apprit par cœur et le prononça à quelques reprises, notamment au Canadian Club de Toronto, en février 1936, où sa prestation fut enregistrée. L’allocution fut ensuite offerte sur disque vinyle (no OCLC 981934627), faisant de Meighen le premier premier ministre canadien à lancer un album.

Disque vinyle noir de 12 pouces (30 cm) avec étiquette jaune.

Photo du disque vinyle d’Arthur Meighen, « The Greatest Englishman of History » (Le plus grand Anglais de tous les temps). (OCLC 270719760) Source : Bibliothèque et Archives Canada

Vous pouvez entendre un extrait de ce discours dans le balado de Bibliothèque et Archives Canada intitulé « Les premiers ministres et l’art ».

L’exposition Les premiers ministres et l’art : créateurs, collectionneurs et muses est à l’affiche au 395, rue Wellington, à Ottawa, jusqu’au 3 décembre 2019.


Meaghan Scanlon est bibliothécaire principale des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles au Canada

Par Normand Laplante

La Loi sur les langues officielles au Canada célèbre ses 50 ans en juillet 2019! Bibliothèque et Archives Canada possède de nombreux documents d’archives sur la genèse et l’évolution de cette loi importante pour la reconnaissance de la dualité linguistique au Canada.

En 1963, le gouvernement de Lester B. Pearson met sur pied la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme pour « faire enquête et rapport sur l’état présent du bilinguisme et du biculturalisme au Canada et recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d’après le principe de l’égalité entre les deux peuples qui l’ont fondée, compte tenu de l’apport des autres groupes ethniques à l’enrichissement culturel du Canada, ainsi que les mesures à prendre pour sauvegarder cet apport ». Les archives de la Commission témoignent des rencontres des deux coprésidents, André Laurendeau et Davidson Dunton, avec les gouvernements provinciaux, et des audiences publiques tenues en 1964 et 1965 à travers le Canada, dans lesquelles sont présentés plus de 400 mémoires d’individus et d’organisations. Un vaste programme de recherche est également mis en place pour documenter les principaux éléments de discussion. Dans le premier volume de leur rapport final déposé à Chambre des communes en décembre 1967, les membres de la Commission recommandent la création d’une loi fédérale sur les langues officielles, qui serait « la pièce maîtresse de tout programme général de bilinguisme au Canada ».

Une photo en noir et blanc montre deux hommes avec un microphone entre les deux.

André Laurendeau et Davidson Dunton, coprésidents de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. © Bibliothèque et Archives Canada (a209871).

Dans sa réunion du 26 mars 1968, le Cabinet fédéral approuve la proposition du premier ministre Pearson de faire suite à la recommandation de la Commission et de rédiger un projet de loi sur les langues officielles à être introduit au Parlement au cours de la session parlementaire suivante. Avec pour objectif de renforcer l’unité nationale, cette proposition est l’un des derniers actes de Lester B. Pearson, qui quitte la vie politique en avril 1968, remplacé à la tête du Parti libéral et comme premier ministre du Canada par Pierre Elliott Trudeau. Les délibérations du Cabinet Trudeau sur le nouveau projet de loi sont bien documentées dans les Conclusions du Cabinet pour la période s’étalant d’août 1968 jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi en septembre 1969.

Deux pages dactylographiées intitulées « Official Languages Bill ».

Conclusions du Cabinet, réunion du 14 août 1968, pages 6 et 7 (à noter que les conclusions du Cabinet étaient à l’époque rédigées seulement en anglais). © Gouvernement du Canada (e000836640 et e000836641).

Ces documents révèlent certains des enjeux d’envergure nationale pris en considération par le gouvernement dans la formulation du projet de loi, y compris le besoin d’amendements possibles à la Constitution canadienne, la définition de « première langue officielle parlée comme langue maternelle » comme critère pour la création de districts bilingues, et l’utilisation des langues officielles dans le cadre de l’administration de la justice dans les Cours provinciales. Le Cabinet de l’époque se penche également sur les rôles et responsabilités d’un nouveau commissaire aux langues officielles et sur la période de mise en œuvre des provisions de la loi dans la fonction publique fédérale.

La nouvelle Loi sur les langues officielles, qui entre en vigueur le 7 septembre 1969, confirme le statut de l’anglais et du français en tant que deux langues officielles du Canada. Elle reflète l’endossement par le gouvernement Trudeau de plusieurs recommandations de la Commission royale d’enquête. Tous les décrets, règlements, lois, ordonnances et autres documents publics du Parlement canadien et du gouvernement fédéral doivent maintenant être produits dans les deux langues officielles, et il incombe aux ministères, départements et organismes judiciaires ou quasi judiciaires de veiller à ce que le public puisse communiquer avec eux et obtenir leurs services dans les deux langues officielles. Dans le même esprit, toute personne témoignant devant un organisme judiciaire ou quasi judiciaire peut être entendue dans la langue officielle de son choix.

La Loi institue également le poste de commissaire aux langues officielles, redevable directement au Parlement, qui a pour rôle de faire reconnaître le statut de chacune des langues officielles et de faire respecter l’esprit de la loi dans l’administration des affaires du Parlement et du gouvernement canadien. Le commissaire a l’autorité d’enquêter sur les plaintes du public concernant l’application de la loi, de mener des études qu’il juge nécessaire, et il doit faire un rapport annuel sur le statut de la loi au Parlement. Keith Spicer devient, en 1970, le premier commissaire aux langues officielles, pour un mandat de sept ans.

Une reproduction en couleur d’une page de la trousse d’étude sur le bilinguisme avec une histoire de deux enfants apprenant le français / anglais et un dessing de deux enfants en train de remercier M. Spicer.

Une page tiré de la trousse d’étude « Oh Canada » parut en 1971. © Gouvernement du Canada (e011163973)

Maxwell Yalden (1977-1984), D’Iberville Fortier (1984-1991), Victor Goldbloom (1991-1999), Dyane Adam (1999-2006), Graham Fraser (2006-2016), Ghislaine Saikaley (par intérim, 2016-2018) et Raymond Théberge (depuis 2018) lui succéderont au poste de commissaire.

La Loi donne par ailleurs au gouvernement fédéral le pouvoir de désigner des districts bilingues, concept suggéré par la Commission, au sein desquels des bureaux fédéraux doivent offrir des services bilingues. Les démarcations de ces régions devaient être déterminées par le Conseil consultatif des districts bilingues. Cette section de la Loi n’a cependant jamais été mise en application. Malgré les recommandations de deux itérations du Conseil en 1971 et en 1975, le gouvernement abandonne le concept de districts bilingues, le considérant comme non viable dans un contexte où un consensus sur les délimitations de ces territoires s’avère impossible à recueillir.

La proclamation de la nouvelle Loi constitutionnelle de 1982 et de sa Charte canadienne des droits et libertés mènera à une modernisation de la Loi sur les langues officielles. La Charte enchâsse les droits linguistiques des Canadiens. Elle garantit la protection du français et de l’anglais en tant que langues officielles du Canada et du Nouveau-Brunswick ainsi que le droit à l’instruction dans la langue de la minorité aux communautés francophones hors Québec et à la communauté anglophone du Québec. En 1988, le gouvernement canadien adopte la nouvelle Loi sur les langues officielles qui définit plus précisément les garanties linguistiques constitutionnelles de même que le rôle et les responsabilités du gouvernement fédéral pour soutenir ces droits, y compris les services offerts à la population canadienne et les recours judiciaires possibles pour non-respect de la loi, et l’usage effectif des deux langues officielles dans le milieu de travail de la fonction publique fédérale.

Une reproduction couleur de la Charte avec un morceau de ruban gommé dans le coin gauche. Les armoiries du Canada figurent au centre dans le haut de la page, avec en dessous le titre et le drapeau canadien flanqué de silhouettes des deux côtés. Au bas, on voit une illustration de l’édifice du Parlement. Le texte de la Charte est affiché sur quatre colonnes.

Charte canadienne des droits et libertés, fonds Robert Stacey. © Gouvernement du Canada (e010758222_s1).

La partie VII de la nouvelle Loi énonce l’engagement du gouvernement fédéral, par des mesures positives, à favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire et à appuyer leur développement, ainsi qu’à promouvoir de façon importante le français et l’anglais dans la société canadienne.

Pour en connaître plus sur…

La Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme :

Les Conclusions du Cabinet :

La Loi sur les langues officielles :


Normand Laplante est archiviste principal à la Division des archives privées de la vie sociale et de la culture de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Sélection d’archives portant sur le jour J et la campagne de Normandie (6 juin – 30 août 1944)

Par Alex Comber

Dans la première partie de cet article, nous avons souligné le 75e anniversaire du jour J et revisité la participation du Canada à l’invasion du Nord-Ouest de l’Europe et au reste de la campagne de Normandie, du 6 juin au 30 août 1944. Dans la deuxième, nous allons explorer des collections exceptionnelles de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui concernent ce pan d’histoire, et présenter des archives que les internautes peuvent consulter facilement, notamment grâce à des activités de sensibilisation, à des projets de numérisation ciblés de grande envergure et aux nouveaux Numéri-Lab et Co-Lab de BAC.

Image en noir et blanc, tirée d’un film, où l’on voit des soldats sortir d’une péniche de débarquement.

Image des actualités filmées de l’Armée canadienne no 33, qui comprennent une séquence sur le débarquement des Canadiens le 6 juin 1944, dit le jour J.

Nous recevons souvent des demandes de référence concernant nos collections de photos, comme celles de l’Unité de film et de photographie de l’Armée canadienne, qui ont immortalisé le débarquement des troupes lors du jour J, il y a 75 ans. Au fil de la campagne de Normandie, l’Unité a continué de produire des documents visuels qui donnent une meilleure idée des opérations au front que ne le faisaient les photographies officielles des conflits précédents. Les séquences de tournage étaient intégrées aux actualités filmées que l’Armée canadienne diffusait sur son territoire, et certaines d’entre elles, comme celle du jour J ci-dessus, ont aussi été présentées dans d’autres pays.

Les photographes de l’Armée et de la Marine utilisaient des appareils noir et blanc et des appareils couleur. Leurs splendides images en couleur sont réunies dans les séries ZK (Armée de terre) et CT (Marine).

Photographie couleur d’un véhicule blindé armé d’un gros canon.

Un Centaur (char britannique de soutien rapproché armé d’un obusier) appuyant les Canadiens pendant la campagne de Normandie. (e010750628)

Certaines des images les plus célèbres de militaires canadiens en Normandie ont été intégrées à la série de l’Armée classée par ordre numérique, qui comptait plus de 60 000 photos au terme des hostilités. Les albums photo créés pendant la Seconde Guerre mondiale pour répondre aux demandes de reproduction peuvent aider à s’orienter dans cette montagne de documents. En feuilletant ces « albums rouges », comme les surnomment les chercheurs à nos locaux d’Ottawa, les visiteurs découvriront un compte rendu journalier, sous forme visuelle, des activités de l’Armée canadienne durant le conflit. Nous avons récemment numérisé les albums imprimés 74, 75, 76 et 77, qui montrent les événements qui se sont déroulés en France du 6 juin à la mi-août 1944.

Une page de photographies noir et blanc montrant une péniche de débarquement, des défenses ennemies détruites, des habitations et des sites de débarquement sur la plage.

Une page du 74e des 110 albums imprimés de l’Armée, où l’on voit des photographies prises tout juste après le débarquement (e011217614).

BAC possède également quantité de documents textuels sur la période allant de juin à août 1944. L’une des collections les plus importantes est composée des journaux de guerre d’unités canadiennes ayant participé à la campagne. Les unités outremer, alors tenues de consigner leurs activités quotidiennes aux fins de documentation, y résumaient habituellement leurs entraînements, leurs préparatifs, leurs opérations et les événements d’importance. Les journaux de la Seconde Guerre mondiale contiennent souvent le nom des soldats tués ou grièvement blessés. Les officiers ajoutaient en annexe de l’information supplémentaire : rapports, cartes de campagne, bulletins de leur unité et autres documents importants.

Nous avons d’ailleurs commencé à numériser et à mettre en ligne certains de ces journaux. Celui du 1er Bataillon canadien de parachutistes (MIKAN 928089, divisé en deux fichiers PDF) est particulièrement fascinant; les soldats de ce bataillon, qui ont pris part à l’opération Tonga avec la 6e Division aéroportée britannique, ont été les premiers Canadiens à entrer en action lors du jour J.

Image numérisée en couleur d’un compte rendu tapuscrit des opérations du jour J.

: Rapport du 6 juin 1944 dans le journal de guerre du 1er Bataillon canadien de parachutistes, où il est question des objectifs de l’unité pendant l’opération Overlord du jour J (e011268052).

Les journaux de guerre des unités de commandement et de quartiers généraux sont eux aussi d’importantes sources d’information, car ils expliquent la réussite ou l’échec d’une opération militaire. Ils contiennent en outre des documents d’unités subalternes. Parmi les journaux dont la numérisation est en cours figure celui du quartier général de la 3e division d’infanterie canadienne pour la période de juin et juillet 1944.

Image numérisée en couleur d’un compte rendu tapuscrit des opérations du jour J.

Première partie d’un long passage sur les opérations du jour J dans les rapports quotidiens d’un journal de guerre pour le début du mois de juin 1944 (e999919600).

BAC entrepose également tous les dossiers du personnel de l’Armée active du Canada (Armée canadienne outremer), de la Marine royale du Canada et de l’Aviation royale du Canada pour la période de la Seconde Guerre mondiale. Les dossiers de service de quelque 44 000 hommes et femmes morts en service de 1939 à 1947, dont plus de 5 000 pendant la campagne de Normandie, sont accessibles au public. Dans le cadre d’un partenariat avec Ancestry.ca, une partie de chacun des dossiers a été numérisée, puis mise en ligne sur ce site, où tous les Canadiens peuvent les consulter. Pour savoir comment vous inscrire gratuitement et accéder aux documents, suivez les instructions sur notre site Web.

Ces archives revêtent une grande valeur sur les plans généalogique et historique. Comme le montrent les documents suivants, elles gardent toute leur pertinence et constituent des témoignages touchants sur les hommes et les femmes qui ont servi pendant le conflit et leur famille.

Document médical présentant un schéma des dents supérieures et inférieures, avec des notes indiquant les dents manquantes et les interventions effectuées.

Le soldat Ralph T. Ferns, de Toronto, a disparu le 14 août 1944, victime d’un tir ami. Son unité d’infanterie, le Régiment Royal du Canada, a été ciblée accidentellement par l’aviation alliée alors qu’elle se déplaçait pour participer à l’opération Tractable, au sud de Caen. Soixante ans plus tard, les ossements du soldat Ferns ont été découverts près du Haut Mesnil, en France. Le ministère de la Défense nationale, grâce à son Programme d’identification des pertes militaires, a pu confirmer l’identité du défunt. Les documents médicaux dans son dossier de service, notamment son dossier dentaire, ont été très utiles à cette fin. Ralph T. Ferns a été inhumé avec tous les honneurs militaires au cimetière de guerre canadien de Bretteville-sur-Laize, en 2008, en présence de sa famille.

Réponse officielle, écrite en français en juillet 1948, à la demande soumise par la famille d’Alexis Albert, du North Shore (New Brunswick) Regiment, dans le but de communiquer avec ceux qui entretenaient la tombe du défunt soldat.

Le soldat Alexis Albert, du North Shore (New Brunswick) Regiment, est tombé au combat en France le 11 juin 1944. Quatre ans plus tard, son père Bruno, qui vivait à Caraquet (Nouveau-Brunswick), a demandé l’adresse de la famille qui entretenait soigneusement sa tombe au cimetière militaire canadien de Bény-sur-Mer, en Normandie, pour l’en remercier. Le directeur des Archives des services de guerre (ministère des Anciens Combattants) a fourni cette réponse, qui a permis aux proches du défunt de communiquer avec la famille française.

Ce ne sont là que quelques exemples des archives de BAC portant sur l’action des militaires canadiens en France entre le 6 juin et la fin août 1944. Notre outil Recherche dans la collection vous aidera à trouver bien d’autres sources précieuses pour explorer la planification et la logistique derrière les opérations militaires des Canadiens en France, approfondir vos recherches sur les événements eux-mêmes et découvrir des histoires personnelles d’adversité, de triomphe, de souffrance et de perte.

Photographie en noir et blanc montrant la grande Croix du Sacrifice et plusieurs rangées de pierres tombales de la Commission de l’Empire pour les tombes de guerre (Imperial War Graves Commission).

Cimetière de guerre canadien de Bény-sur-Mer, qui abrite les tombes de 2 000 soldats canadiens ayant péri au début de la campagne de Normandie (e011176110).


Alex Comber est un archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

Images de pommes de terre maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc d’un homme ramassant des pommes de terre dans un champ pour remplir un panier.

Récolte de pommes de terre au Nouveau-Brunswick [e011176012]

Les pommes de terre viennent d’Amérique du Sud, où elles poussent depuis des millénaires.

Photographie noir et blanc d’un homme à bord d’une planteuse de pommes de terre tirée par deux chevaux.

Planteur de pommes de terre, comté de Leeds, Ontario [PA-043221]

Les conquistadors espagnols ramènent des pommes de terre en Europe au cours des années 1500. Toutefois, ce n’est qu’au 18e siècle que les perceptions changent à l’égard du tubercule. La pomme de terre n’est plus une curiosité venue d’Amérique du Sud; elle est cultivée en tant que source de nourriture stable et abondante. La culture se propage lentement en Europe, puis jusqu’en Amérique du Nord.

Photo noir et blanc de quatre hommes examinant des pommes de terre sur un petit convoyeur dans une grange.

Le maître agriculteur Lewis Winterburn et trois hommes examinant des pommes de terre sur un convoyeur pendant la récolte [e010950952]

La pomme de terre est cultivée dans toutes les provinces canadiennes, surtout à l’Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba et en Alberta. Elle se classe parmi les principales cultures vivrières mondiales, aux côtés du riz, du blé et du maïs.

Photographie noir et blanc d’ouvrières d’usine participant à la préparation et à la production de pommes de terre.

Femmes travaillant dans une usine où les pommes de terre sont déshydratées, Kentville, Nouvelle-Écosse [e010962111]

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La grève générale de Winnipeg de 1919 : six semaines de lutte solidaire pour les droits des travailleurs

Par Kelly Anne Griffin

Printemps 1919. La tension est à son comble à Winnipeg. Les classes sociales sont divisées par la richesse et le statut. Les travailleurs forment un front commun, et la notion de droits des travailleurs se répand.

La plus importante grève au Canada, qui constitue aussi le plus grand affrontement entre classes, débute le 15 mai. Même si les changements surviendront lentement après les six semaines de grève générale, celle-ci marque un tournant dans le mouvement ouvrier, non seulement pour les travailleurs de la ville de Winnipeg, mais aussi ceux de l’ensemble de notre vaste pays.

Au cours de ces semaines cruciales de 1919 au Manitoba, les travailleurs manifestent pacifiquement et sans relâche pour l’obtention de droits fondamentaux comme un salaire décent, la sécurité au travail et le droit de s’exprimer, droits que de nos jours, nous tenons souvent pour acquis. La grève générale de Winnipeg est une révolte de citoyens ordinaires de la classe ouvrière, frustrés par un marché du travail instable, l’inflation et de mauvaises conditions de travail. Ensemble, ils luttent, debout pour une même cause.

Tous les ingrédients rassemblés

Le marché du travail canadien est précaire en 1919. Les temps sont difficiles pour la main-d’œuvre qualifiée et, en raison de l’inflation, les travailleurs arrivent difficilement à joindre les deux bouts. Rien qu’en 1913, le coût de la vie augmente de 64 %. En plus des emplois instables et de l’inflation, la réussite de la Révolution russe de 1917 contribue à l’agitation des travailleurs.

Le syndicalisme gagne en popularité au Canada, et le nombre de syndicats croît rapidement. Profitant de cet essor, les dirigeants syndicaux se rencontrent et tentent de former une grande coalition ouvrière, la One Big Union. Même si les syndicats sont devenus chose courante, les employeurs ne reconnaissent toujours pas le droit à la négociation.

La Première Guerre mondiale a également joué un rôle dans ce qui surviendra à Winnipeg au printemps 1919. La durée et l’ampleur de la guerre avaient inévitablement dopé l’économie et gonflé l’emploi au pays. Avec la fin de la guerre, la production chute, et l’on assiste à un afflux de soldats revenus du front qui peinent non seulement à s’adapter à la vie civile, mais aussi à trouver un emploi.

Les emplois sont rares dans cette ville des Prairies autrefois en plein essor. Certains soldats de retour au pays estiment que les immigrants ont pris les emplois qui devraient leur revenir. De nombreux Canadiens, soldats ou civils, avaient fait d’énormes sacrifices pendant la guerre et croyaient qu’ils obtiendraient de meilleures conditions de vie comme récompense. Or, c’est le chômage, l’inflation et des perspectives économiques peu reluisantes qui les attendent.

Le 1er mai 1919, les ouvriers du bâtiment du Manitoba déclenchent une grève après plusieurs vaines tentatives de négociation. Le lendemain, les ouvriers de la métallurgie emboîtent le pas. Deux semaines plus tard, le Congrès des métiers et du travail de Winnipeg lance un ordre de grève générale.

Le 15 mai au matin, les téléphonistes de Winnipeg ne rentrent pas au travail. Les usines et les magasins de détail demeurent fermés, le service postal est interrompu, et les services de transport cessent. Au cours des six semaines suivantes, près de 30 000 travailleurs — syndiqués ou non — descendront dans la rue et feront les sacrifices nécessaires pour le bien de tous.

Photo noir et blanc de grévistes tenant des affiches dans une rue bondée.

En 1919, les grévistes se rassemblent pacifiquement dans la rue pendant six semaines, unis dans leur lutte visant à obtenir les droits du travail fondamentaux que nous tenons souvent pour acquis de nos jours. (a202201).

L’union fait la force d’une ville

Les grévistes défilent pacifiquement et dans l’ordre, mais les réactions du gouvernement et des employeurs sont souvent hostiles. Comme dans tout conflit de travail, les opinions de la classe ouvrière et de la classe dirigeante divergent. Quelques tentatives de réconcilier les points de vue avant l’escalade vers la grève échouent.

Le contexte social de l’époque n’aide en rien la situation. Bien qu’il ne s’agisse pas de la première grève — en 1918, par exemple, il y avait eu un nombre record de grèves en Amérique du Nord —, celle de Winnipeg est sans précédent par rapport à son envergure, sa nature et la détermination apparente des grévistes.

Pancarte sur laquelle il est inscrit « Permitted by authority of strike committee [Permis par le comité de grève] », avec un timbre dateur et une signature autorisant l’avis.

Le Comité central de grève, qui représentait tous les syndicats affiliés au Congrès des métiers et du travail de Winnipeg, était chargé des communications et du maintien de l’ordre dans la ville. La grève pénalise de nombreuses familles pauvres en les privant de services; pour résoudre ce problème, le comité délivre des permis d’exploitation, comme celui-ci, pour la prestation de services essentiels. (e000008173)

Le Comité central de grève, composé de représentants de chaque syndicat, est mis sur pied afin de négocier au nom des travailleurs et de coordonner les services essentiels à offrir pendant la grève. Le Citizens’ Committee of One Thousand (Comité des 1 000 citoyens) regroupe l’opposition formée par le gouvernement et les employeurs. D’emblée, ce comité ignore les demandes des grévistes. Il dépeint ces derniers dans les médias comme des conspirateurs révolutionnaires et radicaux, de dangereux insurgés inspirés par l’extrémisme bolchevique.

De nombreuses grèves de solidarité sont déclenchées ailleurs au pays. Les problèmes ayant mené au bouillonnement des esprits à Winnipeg sont également présents dans le reste du Canada, et ces manifestations de soutien inquiètent grandement le gouvernement et les employeurs canadiens. C’est cette crainte qui poussera finalement le gouvernement à intervenir.

Le Citizens’ Committee croit fermement que les immigrants sont les principaux responsables de la grève. Par conséquent, le gouvernement canadien modifie la Loi sur l’immigration pour permettre l’expulsion d’immigrants natifs du Royaume-Uni. Il élargit la définition du terme « sédition » dans le Code criminel (l’article controversé 98, abrogé en 1936) afin d’augmenter le nombre d’accusations pouvant être portées. Le gouvernement fait également arrêter sept chefs syndicaux à Winnipeg le 17 juin, qu’il accusera de conspiration visant à renverser le gouvernement et condamnera à l’incarcération pour une durée allant de six mois à deux ans.

Le samedi sanglant

Le 21 juin 1919, la grève atteint un sommet tragique. La rue Main, à Winnipeg, est la scène d’un soulèvement sans précédent.

Photo noir et blanc de grévistes envahissant une rue devant un imposant édifice.

Le 21 juin 1919, la foule se rassemble devant l’Union Bank of Canada, sur la rue Main. Le bilan de la journée, que l’on surnommera le « samedi sanglant », est lourd : 2 morts et 34 blessés parmi les grévistes. (a163001).

Les manifestations, habituellement pacifiques, virent à la violence. Les grévistes renversent un tram et y mettent le feu. Les membres de la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest et de la toute nouvelle force policière spéciale, lourdement armés sur leurs chevaux, chargent la foule à coups de bâtons et de rayons de roue de chariot. Ils ont aussi recours à des mitrailleuses. Deux grévistes perdent la vie, 34 sont blessés et 94 sont arrêtés par la police. Le Western Labor News, la publication officielle du mouvement, est fermé. Cinq jours plus tard, démoralisés et préoccupés par ce qu’ils ont vu pendant le samedi sanglant, les grévistes mettent fin à leur combat.

Photo noir et blanc d’un tram d’où s’échappe de la fumée, avec des spectateurs amassés à l’avant-plan.

Lors du samedi sanglant, les manifestations, habituellement pacifiques, virent à la violence. Les grévistes renversent un tram et y mettent le feu, et la réaction des autorités attise les tensions. (e004666106)

La misère à court terme pour des gains à long terme

Tout gréviste peut témoigner de la difficulté à vivre en ne touchant que des indemnités de grève. La durée et l’ampleur de la grève générale de Winnipeg attestent l’intensité de la passion et de la colère face à leur sort qui animait les travailleurs de l’époque.

Alors que nous rouvrons cette page d’histoire 100 ans plus tard, que reste-t-il des événements qui, pendant ces six semaines, ont secoué Winnipeg?

À la fin de la grève, les travailleurs gagneront bien peu pour leurs efforts courageux. Certains sont même emprisonnés. Il faudra près de 30 ans pour que les ouvriers canadiens obtiennent la reconnaissance syndicale et le droit à la négociation collective. Pire encore, la situation immédiate de Winnipeg se détériore en raison du déclin de l’économie. Les tensions et les ressentiments ayant mené à ce soulèvement persistent, ce qui vient pourrir davantage le climat des relations de travail à Winnipeg.

Pourtant, il ne fait aucun doute que la lutte des grévistes de 1919 a pavé la voie aux conditions d’aujourd’hui. L’élection provinciale au Manitoba, l’année suivante, permet d’élire 11 candidats du Parti travailliste, un pas positif en vue de futures modifications législatives. Un des chefs de file de la grève, J. S. Woodsworth, emprisonné pendant un an pour son rôle dans le soulèvement, participe à la fondation de la Fédération du commonwealth coopératif, qui deviendra l’actuel Nouveau Parti démocratique.

Photo noir et blanc de manifestants dans la rue, avec une pancarte sur laquelle est inscrit « Prison bars cannot confine ideas [Les barreaux d’une prison n’enferment pas les idées] ».

L’arrestation, le 17 juin, des chefs syndicaux de la grève générale de Winnipeg mène au samedi sanglant. Ici, un groupe de manifestants protestent contre les procès intentés aux hommes arrêtés. (C-037329)

Même si la grève n’obtient pas les résultats espérés, les idéaux sur lesquels elle s’appuyait subsistent. Les travailleurs de Winnipeg se sont ralliés autour de luttes communes, peu importe leur race, leur langue ou leurs croyances. Un siècle plus tard, le Canada a fait d’importants progrès en ce qui a trait aux droits des travailleurs. Nous devons principalement ces avancées à la solidarité et à la résilience des grévistes de Winnipeg pendant ce fatidique printemps de 1919.


Kelly Anne Griffin est archiviste adjointe à la Division des archives privées sur les sciences et la gouvernance de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Le jour J et la campagne de Normandie : 6 juin – 30 août 1944

Par Alex Comber

Photo couleur d’une péniche de débarquement s’approchant d’une plage. Sur la rive, on distingue un village d’où s’élève de la fumée. Dans le ciel, des dirigeables assurent la défense aérienne.

Péniche de débarquement d’infanterie, 6 juin 1944, jour J. (e010777287)

Il y a 75 ans jour pour jour, soldats, matelots, pilotes et membres d’équipage canadiens participent en France à l’une des plus importantes opérations militaires de l’histoire : l’opération Neptune. Mieux connue sous le nom de jour J, elle est la première étape d’une campagne terrestre menée en Normandie, ayant pour nom de code « opération Overlord ».

Les Alliés déploient des efforts considérables pour établir un nouveau théâtre d’opérations en Europe de l’Ouest. Les soldats de la 3e Division d’infanterie canadienne sont là pour les appuyer. Leur mission : partir à l’assaut de la côte française pour conquérir un périmètre (en jargon militaire, une tête de pont) sur une section de la plage appelée « Juno Beach ».

Cette affectation est considérée comme un honneur, puisque les quatre autres plages (noms de code « Utah », « Omaha », « Gold » et « Sword ») attendent le débarquement d’unités appartenant à des Alliés plus puissants : les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Photo noir et blanc d’un officier montrant la carte d’un village à un petit groupe de sous-officiers.

Le lieutenant R. R. Smith montre aux sous-officiers du Regina Rifles Regiment un plan de leur objectif, Courseulles-sur-Mer, France. (e011084119)

Le haut commandement allié et les planificateurs militaires du Quartier général suprême de la Force expéditionnaire alliée ont tiré des leçons de leurs opérations précédentes, notamment de leur défaite à Dieppe, deux ans auparavant, et de leurs débarquements réussis en Sicile, en juillet 1943. Ce nouvel effort visant à ouvrir un deuxième front exige une approche coordonnée entre forces terrestres, navales et aériennes, une planification exhaustive, une attention particulière à la logistique, un rassemblement massif d’équipement et de personnel, des ruses et des leurres pour déstabiliser l’ennemi et, enfin, la transmission régulière et exacte de renseignements sur les effectifs et les dispositifs allemands.

Une flotte de navires escorte les forces d’invasion à travers la Manche pendant que des escadrons alliés patrouillent l’espace aérien. Divers engins de débarquement transportent les hommes, les chars et l’artillerie. Dans le secteur canadien, ils s’arrêtent près des villages de Courseulles-sur-Mer, Bernières-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer.

Photo couleur de soldats chargés d’armes et d’équipement, marchant dans de l’eau peu profonde en direction d’un village français.

L’infanterie canadienne approche de Bernières-sur-Mer, en Normandie (France). (e010750646)

Les chars de la 2e Brigade blindée du Canada atteignent péniblement le rivage, où ils appuient la progression des soldats d’infanterie en tirant sur les positions retranchées de l’ennemi (des positions déjà bombardées par des unités de l’Artillerie royale canadienne depuis leurs péniches de débarquement).

Quelques heures plus tôt, des hommes du 1er Bataillon canadien de parachutistes ont atterri loin derrière les lignes ennemies dans le cadre de l’opération Tonga (le nom donné aux débarquements de la 6e Division aéroportée britannique). Leur mission : détruire des ponts, prendre le contrôle de positions sécurisées, soutenir l’assaut des parachutistes britanniques et, de façon plus générale, semer le chaos et empêcher l’ennemi de contre-attaquer.

Photo noir et blanc montrant un soldat assis sur un vélo dans une clairière. Il porte une vareuse de parachutiste et tient une mitraillette Sten.

Le soldat Tom J. Phelan, du 1er Bataillon canadien de parachutistes, sur un vélo pliant pouvant être aéroporté. Il fut blessé à Le Mesnil le 16 juin 1944. On le voit ici au camp de renforts du Bataillon, en Angleterre, en 1944. (a204971)

Photo noir et blanc d’une file de soldats marchant dans une rue au milieu d’un village touché par les combats.

Des fantassins du Régiment de la Chaudière marchent dans le village de Bernières-sur-Mer, en France, le 6 juin 1944. (a131436)

Les Canadiens servant dans les forces navales et aériennes participent également aux attaques au sol. Les pilotes et les membres d’équipage des nombreux escadrons de l’Aviation royale du Canada et de la Royal Air Force britannique défendent l’espace aérien en appui aux opérations navales et terrestres, patrouillent les côtes, attaquent les troupes et les blindés ennemis, effectuent des reconnaissances photo et participent aux missions de bombardement pour appuyer les débarquements.

Photo noir et blanc d’un escadron de l’Aviation royale canadienne posant autour d’un chasseur-bombardier équipé d’une grosse bombe.

Des membres du 440e Escadron de l’Aviation royale canadienne posent autour d’un Hawker Typhoon en Normandie (France). (e010775786)

Le jour J, le personnel de la Marine royale canadienne est réparti dans plus de 70 navires de guerre : des engins de débarquement, des contre-torpilleurs bombardant la côte et des dragueurs de mines qui dégagent la voie pour la force d’invasion. Après le débarquement, début juillet, un commando viendra diriger les forces et maintenir l’ordre sur les plages.

Photo noir et blanc de matelots en tenues de combat. Ceux du premier rang sont agenouillés tandis que leurs collègues au deuxième rang sont debout, devant une fortification en béton endommagée.

Personnel du Commando W-2 de la Marine royale du Canada devant une fortification allemande dans le périmètre conquis de Juno Beach, Normandie (France), 20 juillet 1944. (a180831)

Les premiers militaires canadiens à fouler le sol français sont rejoints à la mi-juillet par une armée entière : la Première Armée canadienne, qui deviendra la plus importante formation d’hommes et de femmes en uniforme de l’histoire du pays. Des combats acharnés font rage alors que les forces terrestres alliées résistent aux contre-attaques et avancent à l’intérieur des terres. Les unités canadiennes conquièrent des objectifs militaires à Carpiquet, près de Caen, et lors de leur avancée vers Falaise, mais au prix de nombreuses vies.

Environ 350 militaires canadiens sont tués lors du jour J. Au total, les forces terrestres, navales et aériennes du Canada perdront environ 5 000 hommes lors des opérations en sol français. Fin août, l’opération Overlord se termine quand les dernières unités allemandes, mises en déroute, se retirent de Normandie.

Photo noir et blanc montrant une longue file de soldats allemands marchant sur une plage, dirigés par des soldats alliés. On aperçoit à l’arrière-plan des véhicules, une digue et une grosse maison.

Des militaires allemands capturés lors du jour J se préparent à embarquer pour l’Angleterre. (a132474)

Revenez le 4 juillet pour lire la deuxième partie de notre série sur le 75e anniversaire du Jour J, celui-ci explorera certaines des collections uniques de BAC sur ces événements.


Alex Comber est un archiviste militaire au sein de la Division des archives                      gouvernementales.

Images de gares maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de l’extérieur d’une gare du Chemin de fer Intercolonial; un train est arrêté sur la gauche et un groupe de personnes se tient sur le quai, Pictou (Nouvelle-Écosse)

Gare du Chemin de fer Intercolonial, Pictou (Nouvelle-Écosse) [PA-029397]

Le Canada a déjà compté environ 1 300 gares, allant des grandes gares urbaines aux petits arrêts sur demande situés le long des rails, dans les régions éloignées ou entre deux villes.

Photo noir et blanc d’un groupe d’immigrants sur le quai de la gare Union, Toronto (Ontario)

Arrivée d’immigrants à la gare Union, Toronto (Ontario) [C-047042]

À la fois points d’arrivée et de départ, les gares sont le tout premier endroit que découvrent les voyageurs en posant le pied hors du train, et le tout dernier qu’ils voient avant de partir.

Photo noir et blanc de cinq hommes avec leurs bagages, debout à l’extérieur d’une petite gare du Chemin de fer Canadien Pacifique, Leanchoil (Colombie-Britannique)

Gare du Chemin de fer Canadien Pacifique, Leanchoil (Colombie-Britannique) [PA-023198]

Situées au cœur des communautés, elles sont un point de rassemblement pour la population, qu’elles relient aux régions environnantes.
Au tournant du 20e siècle, les compagnies de chemin de fer (comme les Chemins de fer nationaux du Canada et le Chemin de fer Canadien Pacifique) construisent des gares attirantes, à l’architecture aussi unique que distinctive.

Photo noir et blanc d’un tramway, de chevaux et de calèches à l’extérieur de la gare Windsor, Montréal (Québec)

Gare Windsor, Montréal (Québec) [PA-008678]

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Nouveau balado! Écoutez notre plus récente émission, « L’œuvre de Mary Riter Hamilton réalisée sur les champs de bataille »

Notre plus récent balado est en ligne! Écoutez « L’œuvre de Mary Riter Hamilton réalisée sur les champs de bataille ».

Image en couleur d’un tableau représentant deux postes d’artilleurs devant une forêt calcinée. Deux sépultures, chacune surmontée d’une croix blanche, se trouvent à l’avant-plan. Le tableau porte une signature en bas à gauche : Mary Riter Hamilton 1919.

Bois de Farbus, emplacements de fusils, Plateau de Vimy [e000000656]

Qu’est-ce qui a bien pu pousser une artiste de renom à quitter sa vie confortable au Canada pour aller endurer des conditions pénibles sur les champs de bataille de France et de Belgique après la Première Guerre mondiale? Mary Riter Hamilton accepte une mission spéciale pour Les Amputés de guerre : de 1919 à 1922, elle peint les lieux ravagés où les soldats canadiens ont combattu et péri.

Ses toiles expriment la douleur de la guerre, mais aussi l’espoir et le renouveau. Sacrifiant sa santé, l’artiste crée l’une des rares séries de peintures authentiques qui représentent l’Europe déchirée par le conflit. C’est son cadeau au Canada. D’ailleurs, en 1926, elle donne la majorité de ses toiles aux Archives publiques du Canada, maintenant Bibliothèque et Archives Canada.

Nous discutons avec Kathryn Young, professeure adjointe d’histoire à l’Université du Manitoba, maintenant retraitée. Nous recevons aussi Sarah McKinnon, ancienne vice-présidente de l’École d’art et de design de l’Ontario et ancienne conservatrice à l’Université du Manitoba.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

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