Sélection d’archives portant sur le jour J et la campagne de Normandie (6 juin – 30 août 1944)

Par Alex Comber

Dans la première partie de cet article, nous avons souligné le 75e anniversaire du jour J et revisité la participation du Canada à l’invasion du Nord-Ouest de l’Europe et au reste de la campagne de Normandie, du 6 juin au 30 août 1944. Dans la deuxième, nous allons explorer des collections exceptionnelles de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui concernent ce pan d’histoire, et présenter des archives que les internautes peuvent consulter facilement, notamment grâce à des activités de sensibilisation, à des projets de numérisation ciblés de grande envergure et aux nouveaux Numéri-Lab et Co-Lab de BAC.

Image en noir et blanc, tirée d’un film, où l’on voit des soldats sortir d’une péniche de débarquement.

Image des actualités filmées de l’Armée canadienne no 33, qui comprennent une séquence sur le débarquement des Canadiens le 6 juin 1944, dit le jour J.

Nous recevons souvent des demandes de référence concernant nos collections de photos, comme celles de l’Unité de film et de photographie de l’Armée canadienne, qui ont immortalisé le débarquement des troupes lors du jour J, il y a 75 ans. Au fil de la campagne de Normandie, l’Unité a continué de produire des documents visuels qui donnent une meilleure idée des opérations au front que ne le faisaient les photographies officielles des conflits précédents. Les séquences de tournage étaient intégrées aux actualités filmées que l’Armée canadienne diffusait sur son territoire, et certaines d’entre elles, comme celle du jour J ci-dessus, ont aussi été présentées dans d’autres pays.

Les photographes de l’Armée et de la Marine utilisaient des appareils noir et blanc et des appareils couleur. Leurs splendides images en couleur sont réunies dans les séries ZK (Armée de terre) et CT (Marine).

Photographie couleur d’un véhicule blindé armé d’un gros canon.

Un Centaur (char britannique de soutien rapproché armé d’un obusier) appuyant les Canadiens pendant la campagne de Normandie. (e010750628)

Certaines des images les plus célèbres de militaires canadiens en Normandie ont été intégrées à la série de l’Armée classée par ordre numérique, qui comptait plus de 60 000 photos au terme des hostilités. Les albums photo créés pendant la Seconde Guerre mondiale pour répondre aux demandes de reproduction peuvent aider à s’orienter dans cette montagne de documents. En feuilletant ces « albums rouges », comme les surnomment les chercheurs à nos locaux d’Ottawa, les visiteurs découvriront un compte rendu journalier, sous forme visuelle, des activités de l’Armée canadienne durant le conflit. Nous avons récemment numérisé les albums imprimés 74, 75, 76 et 77, qui montrent les événements qui se sont déroulés en France du 6 juin à la mi-août 1944.

Une page de photographies noir et blanc montrant une péniche de débarquement, des défenses ennemies détruites, des habitations et des sites de débarquement sur la plage.

Une page du 74e des 110 albums imprimés de l’Armée, où l’on voit des photographies prises tout juste après le débarquement (e011217614).

BAC possède également quantité de documents textuels sur la période allant de juin à août 1944. L’une des collections les plus importantes est composée des journaux de guerre d’unités canadiennes ayant participé à la campagne. Les unités outremer, alors tenues de consigner leurs activités quotidiennes aux fins de documentation, y résumaient habituellement leurs entraînements, leurs préparatifs, leurs opérations et les événements d’importance. Les journaux de la Seconde Guerre mondiale contiennent souvent le nom des soldats tués ou grièvement blessés. Les officiers ajoutaient en annexe de l’information supplémentaire : rapports, cartes de campagne, bulletins de leur unité et autres documents importants.

Nous avons d’ailleurs commencé à numériser et à mettre en ligne certains de ces journaux. Celui du 1er Bataillon canadien de parachutistes (MIKAN 928089, divisé en deux fichiers PDF) est particulièrement fascinant; les soldats de ce bataillon, qui ont pris part à l’opération Tonga avec la 6e Division aéroportée britannique, ont été les premiers Canadiens à entrer en action lors du jour J.

Image numérisée en couleur d’un compte rendu tapuscrit des opérations du jour J.

: Rapport du 6 juin 1944 dans le journal de guerre du 1er Bataillon canadien de parachutistes, où il est question des objectifs de l’unité pendant l’opération Overlord du jour J (e011268052).

Les journaux de guerre des unités de commandement et de quartiers généraux sont eux aussi d’importantes sources d’information, car ils expliquent la réussite ou l’échec d’une opération militaire. Ils contiennent en outre des documents d’unités subalternes. Parmi les journaux dont la numérisation est en cours figure celui du quartier général de la 3e division d’infanterie canadienne pour la période de juin et juillet 1944.

Image numérisée en couleur d’un compte rendu tapuscrit des opérations du jour J.

Première partie d’un long passage sur les opérations du jour J dans les rapports quotidiens d’un journal de guerre pour le début du mois de juin 1944 (e999919600).

BAC entrepose également tous les dossiers du personnel de l’Armée active du Canada (Armée canadienne outremer), de la Marine royale du Canada et de l’Aviation royale du Canada pour la période de la Seconde Guerre mondiale. Les dossiers de service de quelque 44 000 hommes et femmes morts en service de 1939 à 1947, dont plus de 5 000 pendant la campagne de Normandie, sont accessibles au public. Dans le cadre d’un partenariat avec Ancestry.ca, une partie de chacun des dossiers a été numérisée, puis mise en ligne sur ce site, où tous les Canadiens peuvent les consulter. Pour savoir comment vous inscrire gratuitement et accéder aux documents, suivez les instructions sur notre site Web.

Ces archives revêtent une grande valeur sur les plans généalogique et historique. Comme le montrent les documents suivants, elles gardent toute leur pertinence et constituent des témoignages touchants sur les hommes et les femmes qui ont servi pendant le conflit et leur famille.

Document médical présentant un schéma des dents supérieures et inférieures, avec des notes indiquant les dents manquantes et les interventions effectuées.

Le soldat Ralph T. Ferns, de Toronto, a disparu le 14 août 1944, victime d’un tir ami. Son unité d’infanterie, le Régiment Royal du Canada, a été ciblée accidentellement par l’aviation alliée alors qu’elle se déplaçait pour participer à l’opération Tractable, au sud de Caen. Soixante ans plus tard, les ossements du soldat Ferns ont été découverts près du Haut Mesnil, en France. Le ministère de la Défense nationale, grâce à son Programme d’identification des pertes militaires, a pu confirmer l’identité du défunt. Les documents médicaux dans son dossier de service, notamment son dossier dentaire, ont été très utiles à cette fin. Ralph T. Ferns a été inhumé avec tous les honneurs militaires au cimetière de guerre canadien de Bretteville-sur-Laize, en 2008, en présence de sa famille.

Réponse officielle, écrite en français en juillet 1948, à la demande soumise par la famille d’Alexis Albert, du North Shore (New Brunswick) Regiment, dans le but de communiquer avec ceux qui entretenaient la tombe du défunt soldat.

Le soldat Alexis Albert, du North Shore (New Brunswick) Regiment, est tombé au combat en France le 11 juin 1944. Quatre ans plus tard, son père Bruno, qui vivait à Caraquet (Nouveau-Brunswick), a demandé l’adresse de la famille qui entretenait soigneusement sa tombe au cimetière militaire canadien de Bény-sur-Mer, en Normandie, pour l’en remercier. Le directeur des Archives des services de guerre (ministère des Anciens Combattants) a fourni cette réponse, qui a permis aux proches du défunt de communiquer avec la famille française.

Ce ne sont là que quelques exemples des archives de BAC portant sur l’action des militaires canadiens en France entre le 6 juin et la fin août 1944. Notre outil Recherche dans la collection vous aidera à trouver bien d’autres sources précieuses pour explorer la planification et la logistique derrière les opérations militaires des Canadiens en France, approfondir vos recherches sur les événements eux-mêmes et découvrir des histoires personnelles d’adversité, de triomphe, de souffrance et de perte.

Photographie en noir et blanc montrant la grande Croix du Sacrifice et plusieurs rangées de pierres tombales de la Commission de l’Empire pour les tombes de guerre (Imperial War Graves Commission).

Cimetière de guerre canadien de Bény-sur-Mer, qui abrite les tombes de 2 000 soldats canadiens ayant péri au début de la campagne de Normandie (e011176110).


Alex Comber est un archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

Images de pommes de terre maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc d’un homme ramassant des pommes de terre dans un champ pour remplir un panier.

Récolte de pommes de terre au Nouveau-Brunswick [e011176012]

Les pommes de terre viennent d’Amérique du Sud, où elles poussent depuis des millénaires.

Photographie noir et blanc d’un homme à bord d’une planteuse de pommes de terre tirée par deux chevaux.

Planteur de pommes de terre, comté de Leeds, Ontario [PA-043221]

Les conquistadors espagnols ramènent des pommes de terre en Europe au cours des années 1500. Toutefois, ce n’est qu’au 18e siècle que les perceptions changent à l’égard du tubercule. La pomme de terre n’est plus une curiosité venue d’Amérique du Sud; elle est cultivée en tant que source de nourriture stable et abondante. La culture se propage lentement en Europe, puis jusqu’en Amérique du Nord.

Photo noir et blanc de quatre hommes examinant des pommes de terre sur un petit convoyeur dans une grange.

Le maître agriculteur Lewis Winterburn et trois hommes examinant des pommes de terre sur un convoyeur pendant la récolte [e010950952]

La pomme de terre est cultivée dans toutes les provinces canadiennes, surtout à l’Île-du-Prince-Édouard, au Manitoba et en Alberta. Elle se classe parmi les principales cultures vivrières mondiales, aux côtés du riz, du blé et du maïs.

Photographie noir et blanc d’ouvrières d’usine participant à la préparation et à la production de pommes de terre.

Femmes travaillant dans une usine où les pommes de terre sont déshydratées, Kentville, Nouvelle-Écosse [e010962111]

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La grève générale de Winnipeg de 1919 : six semaines de lutte solidaire pour les droits des travailleurs

Par Kelly Anne Griffin

Printemps 1919. La tension est à son comble à Winnipeg. Les classes sociales sont divisées par la richesse et le statut. Les travailleurs forment un front commun, et la notion de droits des travailleurs se répand.

La plus importante grève au Canada, qui constitue aussi le plus grand affrontement entre classes, débute le 15 mai. Même si les changements surviendront lentement après les six semaines de grève générale, celle-ci marque un tournant dans le mouvement ouvrier, non seulement pour les travailleurs de la ville de Winnipeg, mais aussi ceux de l’ensemble de notre vaste pays.

Au cours de ces semaines cruciales de 1919 au Manitoba, les travailleurs manifestent pacifiquement et sans relâche pour l’obtention de droits fondamentaux comme un salaire décent, la sécurité au travail et le droit de s’exprimer, droits que de nos jours, nous tenons souvent pour acquis. La grève générale de Winnipeg est une révolte de citoyens ordinaires de la classe ouvrière, frustrés par un marché du travail instable, l’inflation et de mauvaises conditions de travail. Ensemble, ils luttent, debout pour une même cause.

Tous les ingrédients rassemblés

Le marché du travail canadien est précaire en 1919. Les temps sont difficiles pour la main-d’œuvre qualifiée et, en raison de l’inflation, les travailleurs arrivent difficilement à joindre les deux bouts. Rien qu’en 1913, le coût de la vie augmente de 64 %. En plus des emplois instables et de l’inflation, la réussite de la Révolution russe de 1917 contribue à l’agitation des travailleurs.

Le syndicalisme gagne en popularité au Canada, et le nombre de syndicats croît rapidement. Profitant de cet essor, les dirigeants syndicaux se rencontrent et tentent de former une grande coalition ouvrière, la One Big Union. Même si les syndicats sont devenus chose courante, les employeurs ne reconnaissent toujours pas le droit à la négociation.

La Première Guerre mondiale a également joué un rôle dans ce qui surviendra à Winnipeg au printemps 1919. La durée et l’ampleur de la guerre avaient inévitablement dopé l’économie et gonflé l’emploi au pays. Avec la fin de la guerre, la production chute, et l’on assiste à un afflux de soldats revenus du front qui peinent non seulement à s’adapter à la vie civile, mais aussi à trouver un emploi.

Les emplois sont rares dans cette ville des Prairies autrefois en plein essor. Certains soldats de retour au pays estiment que les immigrants ont pris les emplois qui devraient leur revenir. De nombreux Canadiens, soldats ou civils, avaient fait d’énormes sacrifices pendant la guerre et croyaient qu’ils obtiendraient de meilleures conditions de vie comme récompense. Or, c’est le chômage, l’inflation et des perspectives économiques peu reluisantes qui les attendent.

Le 1er mai 1919, les ouvriers du bâtiment du Manitoba déclenchent une grève après plusieurs vaines tentatives de négociation. Le lendemain, les ouvriers de la métallurgie emboîtent le pas. Deux semaines plus tard, le Congrès des métiers et du travail de Winnipeg lance un ordre de grève générale.

Le 15 mai au matin, les téléphonistes de Winnipeg ne rentrent pas au travail. Les usines et les magasins de détail demeurent fermés, le service postal est interrompu, et les services de transport cessent. Au cours des six semaines suivantes, près de 30 000 travailleurs — syndiqués ou non — descendront dans la rue et feront les sacrifices nécessaires pour le bien de tous.

Photo noir et blanc de grévistes tenant des affiches dans une rue bondée.

En 1919, les grévistes se rassemblent pacifiquement dans la rue pendant six semaines, unis dans leur lutte visant à obtenir les droits du travail fondamentaux que nous tenons souvent pour acquis de nos jours. (a202201).

L’union fait la force d’une ville

Les grévistes défilent pacifiquement et dans l’ordre, mais les réactions du gouvernement et des employeurs sont souvent hostiles. Comme dans tout conflit de travail, les opinions de la classe ouvrière et de la classe dirigeante divergent. Quelques tentatives de réconcilier les points de vue avant l’escalade vers la grève échouent.

Le contexte social de l’époque n’aide en rien la situation. Bien qu’il ne s’agisse pas de la première grève — en 1918, par exemple, il y avait eu un nombre record de grèves en Amérique du Nord —, celle de Winnipeg est sans précédent par rapport à son envergure, sa nature et la détermination apparente des grévistes.

Pancarte sur laquelle il est inscrit « Permitted by authority of strike committee [Permis par le comité de grève] », avec un timbre dateur et une signature autorisant l’avis.

Le Comité central de grève, qui représentait tous les syndicats affiliés au Congrès des métiers et du travail de Winnipeg, était chargé des communications et du maintien de l’ordre dans la ville. La grève pénalise de nombreuses familles pauvres en les privant de services; pour résoudre ce problème, le comité délivre des permis d’exploitation, comme celui-ci, pour la prestation de services essentiels. (e000008173)

Le Comité central de grève, composé de représentants de chaque syndicat, est mis sur pied afin de négocier au nom des travailleurs et de coordonner les services essentiels à offrir pendant la grève. Le Citizens’ Committee of One Thousand (Comité des 1 000 citoyens) regroupe l’opposition formée par le gouvernement et les employeurs. D’emblée, ce comité ignore les demandes des grévistes. Il dépeint ces derniers dans les médias comme des conspirateurs révolutionnaires et radicaux, de dangereux insurgés inspirés par l’extrémisme bolchevique.

De nombreuses grèves de solidarité sont déclenchées ailleurs au pays. Les problèmes ayant mené au bouillonnement des esprits à Winnipeg sont également présents dans le reste du Canada, et ces manifestations de soutien inquiètent grandement le gouvernement et les employeurs canadiens. C’est cette crainte qui poussera finalement le gouvernement à intervenir.

Le Citizens’ Committee croit fermement que les immigrants sont les principaux responsables de la grève. Par conséquent, le gouvernement canadien modifie la Loi sur l’immigration pour permettre l’expulsion d’immigrants natifs du Royaume-Uni. Il élargit la définition du terme « sédition » dans le Code criminel (l’article controversé 98, abrogé en 1936) afin d’augmenter le nombre d’accusations pouvant être portées. Le gouvernement fait également arrêter sept chefs syndicaux à Winnipeg le 17 juin, qu’il accusera de conspiration visant à renverser le gouvernement et condamnera à l’incarcération pour une durée allant de six mois à deux ans.

Le samedi sanglant

Le 21 juin 1919, la grève atteint un sommet tragique. La rue Main, à Winnipeg, est la scène d’un soulèvement sans précédent.

Photo noir et blanc de grévistes envahissant une rue devant un imposant édifice.

Le 21 juin 1919, la foule se rassemble devant l’Union Bank of Canada, sur la rue Main. Le bilan de la journée, que l’on surnommera le « samedi sanglant », est lourd : 2 morts et 34 blessés parmi les grévistes. (a163001).

Les manifestations, habituellement pacifiques, virent à la violence. Les grévistes renversent un tram et y mettent le feu. Les membres de la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest et de la toute nouvelle force policière spéciale, lourdement armés sur leurs chevaux, chargent la foule à coups de bâtons et de rayons de roue de chariot. Ils ont aussi recours à des mitrailleuses. Deux grévistes perdent la vie, 34 sont blessés et 94 sont arrêtés par la police. Le Western Labor News, la publication officielle du mouvement, est fermé. Cinq jours plus tard, démoralisés et préoccupés par ce qu’ils ont vu pendant le samedi sanglant, les grévistes mettent fin à leur combat.

Photo noir et blanc d’un tram d’où s’échappe de la fumée, avec des spectateurs amassés à l’avant-plan.

Lors du samedi sanglant, les manifestations, habituellement pacifiques, virent à la violence. Les grévistes renversent un tram et y mettent le feu, et la réaction des autorités attise les tensions. (e004666106)

La misère à court terme pour des gains à long terme

Tout gréviste peut témoigner de la difficulté à vivre en ne touchant que des indemnités de grève. La durée et l’ampleur de la grève générale de Winnipeg attestent l’intensité de la passion et de la colère face à leur sort qui animait les travailleurs de l’époque.

Alors que nous rouvrons cette page d’histoire 100 ans plus tard, que reste-t-il des événements qui, pendant ces six semaines, ont secoué Winnipeg?

À la fin de la grève, les travailleurs gagneront bien peu pour leurs efforts courageux. Certains sont même emprisonnés. Il faudra près de 30 ans pour que les ouvriers canadiens obtiennent la reconnaissance syndicale et le droit à la négociation collective. Pire encore, la situation immédiate de Winnipeg se détériore en raison du déclin de l’économie. Les tensions et les ressentiments ayant mené à ce soulèvement persistent, ce qui vient pourrir davantage le climat des relations de travail à Winnipeg.

Pourtant, il ne fait aucun doute que la lutte des grévistes de 1919 a pavé la voie aux conditions d’aujourd’hui. L’élection provinciale au Manitoba, l’année suivante, permet d’élire 11 candidats du Parti travailliste, un pas positif en vue de futures modifications législatives. Un des chefs de file de la grève, J. S. Woodsworth, emprisonné pendant un an pour son rôle dans le soulèvement, participe à la fondation de la Fédération du commonwealth coopératif, qui deviendra l’actuel Nouveau Parti démocratique.

Photo noir et blanc de manifestants dans la rue, avec une pancarte sur laquelle est inscrit « Prison bars cannot confine ideas [Les barreaux d’une prison n’enferment pas les idées] ».

L’arrestation, le 17 juin, des chefs syndicaux de la grève générale de Winnipeg mène au samedi sanglant. Ici, un groupe de manifestants protestent contre les procès intentés aux hommes arrêtés. (C-037329)

Même si la grève n’obtient pas les résultats espérés, les idéaux sur lesquels elle s’appuyait subsistent. Les travailleurs de Winnipeg se sont ralliés autour de luttes communes, peu importe leur race, leur langue ou leurs croyances. Un siècle plus tard, le Canada a fait d’importants progrès en ce qui a trait aux droits des travailleurs. Nous devons principalement ces avancées à la solidarité et à la résilience des grévistes de Winnipeg pendant ce fatidique printemps de 1919.


Kelly Anne Griffin est archiviste adjointe à la Division des archives privées sur les sciences et la gouvernance de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.

Le jour J et la campagne de Normandie : 6 juin – 30 août 1944

Par Alex Comber

Photo couleur d’une péniche de débarquement s’approchant d’une plage. Sur la rive, on distingue un village d’où s’élève de la fumée. Dans le ciel, des dirigeables assurent la défense aérienne.

Péniche de débarquement d’infanterie, 6 juin 1944, jour J. (e010777287)

Il y a 75 ans jour pour jour, soldats, matelots, pilotes et membres d’équipage canadiens participent en France à l’une des plus importantes opérations militaires de l’histoire : l’opération Neptune. Mieux connue sous le nom de jour J, elle est la première étape d’une campagne terrestre menée en Normandie, ayant pour nom de code « opération Overlord ».

Les Alliés déploient des efforts considérables pour établir un nouveau théâtre d’opérations en Europe de l’Ouest. Les soldats de la 3e Division d’infanterie canadienne sont là pour les appuyer. Leur mission : partir à l’assaut de la côte française pour conquérir un périmètre (en jargon militaire, une tête de pont) sur une section de la plage appelée « Juno Beach ».

Cette affectation est considérée comme un honneur, puisque les quatre autres plages (noms de code « Utah », « Omaha », « Gold » et « Sword ») attendent le débarquement d’unités appartenant à des Alliés plus puissants : les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Photo noir et blanc d’un officier montrant la carte d’un village à un petit groupe de sous-officiers.

Le lieutenant R. R. Smith montre aux sous-officiers du Regina Rifles Regiment un plan de leur objectif, Courseulles-sur-Mer, France. (e011084119)

Le haut commandement allié et les planificateurs militaires du Quartier général suprême de la Force expéditionnaire alliée ont tiré des leçons de leurs opérations précédentes, notamment de leur défaite à Dieppe, deux ans auparavant, et de leurs débarquements réussis en Sicile, en juillet 1943. Ce nouvel effort visant à ouvrir un deuxième front exige une approche coordonnée entre forces terrestres, navales et aériennes, une planification exhaustive, une attention particulière à la logistique, un rassemblement massif d’équipement et de personnel, des ruses et des leurres pour déstabiliser l’ennemi et, enfin, la transmission régulière et exacte de renseignements sur les effectifs et les dispositifs allemands.

Une flotte de navires escorte les forces d’invasion à travers la Manche pendant que des escadrons alliés patrouillent l’espace aérien. Divers engins de débarquement transportent les hommes, les chars et l’artillerie. Dans le secteur canadien, ils s’arrêtent près des villages de Courseulles-sur-Mer, Bernières-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer.

Photo couleur de soldats chargés d’armes et d’équipement, marchant dans de l’eau peu profonde en direction d’un village français.

L’infanterie canadienne approche de Bernières-sur-Mer, en Normandie (France). (e010750646)

Les chars de la 2e Brigade blindée du Canada atteignent péniblement le rivage, où ils appuient la progression des soldats d’infanterie en tirant sur les positions retranchées de l’ennemi (des positions déjà bombardées par des unités de l’Artillerie royale canadienne depuis leurs péniches de débarquement).

Quelques heures plus tôt, des hommes du 1er Bataillon canadien de parachutistes ont atterri loin derrière les lignes ennemies dans le cadre de l’opération Tonga (le nom donné aux débarquements de la 6e Division aéroportée britannique). Leur mission : détruire des ponts, prendre le contrôle de positions sécurisées, soutenir l’assaut des parachutistes britanniques et, de façon plus générale, semer le chaos et empêcher l’ennemi de contre-attaquer.

Photo noir et blanc montrant un soldat assis sur un vélo dans une clairière. Il porte une vareuse de parachutiste et tient une mitraillette Sten.

Le soldat Tom J. Phelan, du 1er Bataillon canadien de parachutistes, sur un vélo pliant pouvant être aéroporté. Il fut blessé à Le Mesnil le 16 juin 1944. On le voit ici au camp de renforts du Bataillon, en Angleterre, en 1944. (a204971)

Photo noir et blanc d’une file de soldats marchant dans une rue au milieu d’un village touché par les combats.

Des fantassins du Régiment de la Chaudière marchent dans le village de Bernières-sur-Mer, en France, le 6 juin 1944. (a131436)

Les Canadiens servant dans les forces navales et aériennes participent également aux attaques au sol. Les pilotes et les membres d’équipage des nombreux escadrons de l’Aviation royale du Canada et de la Royal Air Force britannique défendent l’espace aérien en appui aux opérations navales et terrestres, patrouillent les côtes, attaquent les troupes et les blindés ennemis, effectuent des reconnaissances photo et participent aux missions de bombardement pour appuyer les débarquements.

Photo noir et blanc d’un escadron de l’Aviation royale canadienne posant autour d’un chasseur-bombardier équipé d’une grosse bombe.

Des membres du 440e Escadron de l’Aviation royale canadienne posent autour d’un Hawker Typhoon en Normandie (France). (e010775786)

Le jour J, le personnel de la Marine royale canadienne est réparti dans plus de 70 navires de guerre : des engins de débarquement, des contre-torpilleurs bombardant la côte et des dragueurs de mines qui dégagent la voie pour la force d’invasion. Après le débarquement, début juillet, un commando viendra diriger les forces et maintenir l’ordre sur les plages.

Photo noir et blanc de matelots en tenues de combat. Ceux du premier rang sont agenouillés tandis que leurs collègues au deuxième rang sont debout, devant une fortification en béton endommagée.

Personnel du Commando W-2 de la Marine royale du Canada devant une fortification allemande dans le périmètre conquis de Juno Beach, Normandie (France), 20 juillet 1944. (a180831)

Les premiers militaires canadiens à fouler le sol français sont rejoints à la mi-juillet par une armée entière : la Première Armée canadienne, qui deviendra la plus importante formation d’hommes et de femmes en uniforme de l’histoire du pays. Des combats acharnés font rage alors que les forces terrestres alliées résistent aux contre-attaques et avancent à l’intérieur des terres. Les unités canadiennes conquièrent des objectifs militaires à Carpiquet, près de Caen, et lors de leur avancée vers Falaise, mais au prix de nombreuses vies.

Environ 350 militaires canadiens sont tués lors du jour J. Au total, les forces terrestres, navales et aériennes du Canada perdront environ 5 000 hommes lors des opérations en sol français. Fin août, l’opération Overlord se termine quand les dernières unités allemandes, mises en déroute, se retirent de Normandie.

Photo noir et blanc montrant une longue file de soldats allemands marchant sur une plage, dirigés par des soldats alliés. On aperçoit à l’arrière-plan des véhicules, une digue et une grosse maison.

Des militaires allemands capturés lors du jour J se préparent à embarquer pour l’Angleterre. (a132474)

Revenez le 4 juillet pour lire la deuxième partie de notre série sur le 75e anniversaire du Jour J, celui-ci explorera certaines des collections uniques de BAC sur ces événements.


Alex Comber est un archiviste militaire au sein de la Division des archives                      gouvernementales.

Images de gares maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de l’extérieur d’une gare du Chemin de fer Intercolonial; un train est arrêté sur la gauche et un groupe de personnes se tient sur le quai, Pictou (Nouvelle-Écosse)

Gare du Chemin de fer Intercolonial, Pictou (Nouvelle-Écosse) [PA-029397]

Le Canada a déjà compté environ 1 300 gares, allant des grandes gares urbaines aux petits arrêts sur demande situés le long des rails, dans les régions éloignées ou entre deux villes.

Photo noir et blanc d’un groupe d’immigrants sur le quai de la gare Union, Toronto (Ontario)

Arrivée d’immigrants à la gare Union, Toronto (Ontario) [C-047042]

À la fois points d’arrivée et de départ, les gares sont le tout premier endroit que découvrent les voyageurs en posant le pied hors du train, et le tout dernier qu’ils voient avant de partir.

Photo noir et blanc de cinq hommes avec leurs bagages, debout à l’extérieur d’une petite gare du Chemin de fer Canadien Pacifique, Leanchoil (Colombie-Britannique)

Gare du Chemin de fer Canadien Pacifique, Leanchoil (Colombie-Britannique) [PA-023198]

Situées au cœur des communautés, elles sont un point de rassemblement pour la population, qu’elles relient aux régions environnantes.
Au tournant du 20e siècle, les compagnies de chemin de fer (comme les Chemins de fer nationaux du Canada et le Chemin de fer Canadien Pacifique) construisent des gares attirantes, à l’architecture aussi unique que distinctive.

Photo noir et blanc d’un tramway, de chevaux et de calèches à l’extérieur de la gare Windsor, Montréal (Québec)

Gare Windsor, Montréal (Québec) [PA-008678]

Visitez l’album Flickr maintenant!

Nouveau balado! Écoutez notre plus récente émission, « L’œuvre de Mary Riter Hamilton réalisée sur les champs de bataille »

Notre plus récent balado est en ligne! Écoutez « L’œuvre de Mary Riter Hamilton réalisée sur les champs de bataille ».

Image en couleur d’un tableau représentant deux postes d’artilleurs devant une forêt calcinée. Deux sépultures, chacune surmontée d’une croix blanche, se trouvent à l’avant-plan. Le tableau porte une signature en bas à gauche : Mary Riter Hamilton 1919.

Bois de Farbus, emplacements de fusils, Plateau de Vimy [e000000656]

Qu’est-ce qui a bien pu pousser une artiste de renom à quitter sa vie confortable au Canada pour aller endurer des conditions pénibles sur les champs de bataille de France et de Belgique après la Première Guerre mondiale? Mary Riter Hamilton accepte une mission spéciale pour Les Amputés de guerre : de 1919 à 1922, elle peint les lieux ravagés où les soldats canadiens ont combattu et péri.

Ses toiles expriment la douleur de la guerre, mais aussi l’espoir et le renouveau. Sacrifiant sa santé, l’artiste crée l’une des rares séries de peintures authentiques qui représentent l’Europe déchirée par le conflit. C’est son cadeau au Canada. D’ailleurs, en 1926, elle donne la majorité de ses toiles aux Archives publiques du Canada, maintenant Bibliothèque et Archives Canada.

Nous discutons avec Kathryn Young, professeure adjointe d’histoire à l’Université du Manitoba, maintenant retraitée. Nous recevons aussi Sarah McKinnon, ancienne vice-présidente de l’École d’art et de design de l’Ontario et ancienne conservatrice à l’Université du Manitoba.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Vous avez des questions ou souhaitez obtenir plus d’information? Contactez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Images de sirop d’érable maintenant sur Flickr

Le sirop d’érable est fabriqué en faisant bouillir ou réduire de l’eau d’érable : érable à sucre, érable rouge ou érable noir. Ce délice sucré, produit exclusivement en Amérique du Nord, est apprécié dans le monde entier.

Photo noir et blanc de deux hommes à l’intérieur d’une cabane en bois rond, faisant bouillir de l’eau d’érable dans des cuves métalliques en forme d’auge.

Eau d’érable en train de bouillir dans une cabane à sucre [e010862109]

Les Premières Nations du sud-est canadien et du nord-est des États-Unis ont été les premières à découvrir les nombreux bienfaits de l’eau d’érable, qu’elles récoltaient et transformaient en sirop. Elles ont ensuite partagé ce savoir avec les colons français et britanniques. Ces derniers ont introduit l’usage de récipients en fer ou en cuivre permettant de faire bouillir l’eau plus longtemps, et ainsi d’obtenir un sirop plus épais.

Photo noir et blanc de Jerry Boyce dans une érablière, versant une chaudière d’eau d’érable dans un plus grand contenant.

Jerry Boyce versant une chaudière d’eau d’érable dans un grand seau [e011176188]

Photo noir et blanc d’un fermier près d’un train, avec des bidons de sirop d’érable sur sa charrette. Un homme tenant une planche à pince fait l’inventaire des bidons avant leur chargement.

Chargement de bidons de sirop d’érable dans un train [e010860379]

Aujourd’hui, le Canada est le principal producteur et exportateur de sirop d’érable et autres produits dérivés : il occupe à lui seul plus de 70 % du marché mondial. Le Québec fournit plus de 90 % du sirop d’érable fabriqué au Canada.

Photo noir et blanc d’un jeune garçon près d’un gros érable, buvant de l’eau d’érable à même la chaudière.

Jeune garçon buvant dans une chaudière d’eau d’érable [e011177458]

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Ulus des Inuits : diversité, force et spiritualité

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.

Par Ellen Bond

 

Photo couleur d’une femme inuk coupant de la viande à l’aide d’un ulu.

Rynee Flaherty nettoyant une peau d’animal avec un ulu (un petit couteau à lame en forme de croissant utilisé par les femmes inuites) sur une surface rocheuse à Ausuittuq (Nunavut) (e002394465)

Le terme ulu veut dire « couteau de la femme » en inuttut (une langue inuite); il désigne un couteau muni d’une lame semi-circulaire. Les ulus existent depuis environ 4 500 ans (2 500 avant J.-C.). La lame de ceux qui ont été fabriqués en 1880 et découverts sur l’île de Baffin adhérait au manche grâce à un composé d’argile, de poils de chien et de sang de phoque. Dans les années 1890, la lame et le manche de certains ulus fabriqués par les Inuits de l’Ouest étaient perforés. Les deux pièces étaient unies à l’aide de cuir brut, de fanon de baleine et de racine de pin. Les Inuits du cuivre de l’île Victoria (la huitième plus grande île du monde, faisant partie du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest) se servaient du cuivre qu’ils exploitaient pour fabriquer les lames. Si l’ardoise et le cuivre se faisaient rares, certains Inuits utilisaient plutôt des fanons de baleine ou de l’ivoire.

La lame en forme de croissant, autrefois en ardoise, est maintenant en acier, métal disponible depuis 1719 grâce à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Les lames semi-circulaires ou triangulaires étaient attachées au manche avec une seule tige, éventuellement trouée au milieu. Les manches de l’ulu étaient parfois décorés de dessins et de gravures ayant une signification particulière pour la propriétaire. Ils étaient habituellement faits de bois, plus rarement d’os, de panache ou d’ivoire.

Photo noir et blanc d’une femme inuk se servant d’un ulu.

Taktu retirant la graisse de la peau d’un phoque à l’aide d’un ulu à Kinngait (Nunavut) (e010836269)

La taille de l’ulu dépend de la préférence de sa propriétaire ou de la région où il est fabriqué. C’est un outil qui peut être donné par un mari ou un proche parent, ou transmis de génération en génération.

Photo noir et blanc d’une femme inuk se servant de son ulu.

Sheouak Petaulassie se servant d’un ulu à Kinngait (Nunavut) (e010868997)

La puissance de coupe de l’ulu provient du manche, qui transfère la force de la lame sur l’objet à trancher. Les femmes parviennent ainsi à couper du matériel dur et dense, comme des os. Grâce à sa forme, l’ulu est facile à utiliser avec une seule main. Les ulus sont des outils multifonctionnels dont la forme varie selon les besoins. Les plus gros coupent le gibier ou le poisson alors que les petits sont utilisés pour retirer la graisse et raser la peau. D’autres, encore plus petits, peuvent couper la peau, tailler du poil ou trancher de petits morceaux. Les plus minuscules servent à coudre ou à tailler des pièces ornées incrustées dans les vêtements en peau de phoque.

Photo noir et blanc d’une femme inuk se servant de son ulu pour trancher de la viande.

Noanighok, mère de William Kakolak, Kugluktuk (Nunavut) (a143915)

Parmi tous les outils conçus par les humains, l’ulu est spécial : c’est l’un des seuls qui appartient à la femme et il s’agit d’un symbole culturel important. Les médailles de certaines compétitions, comme les Jeux d’hiver de l’Arctique, sont façonnées à leur image. C’est aussi un motif répandu dans l’art contemporain, les métiers d’arts et la mode inuits. De nos jours, les ulus sont exposés bien en vue dans de nombreuses résidences, comme des œuvres d’art. Utilisés depuis des milliers d’années dans les régions nordiques de l’Amérique du Nord, les ulus sont toujours fonctionnels, puissants et variés.


Ellen Bond est adjointe de projet au sein de l’équipe du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

Images de chiens de travail maintenant sur Flickr

Qu’ils soient de race ou croisés, les chiens de travail sont dressés pour effectuer des tâches précises, afin d’aider – et parfois d’amuser – leurs propriétaires.

Photo noir et blanc d’un garçon avec son chien; l’animal est attelé à une charrette à deux roues remplie de morue séchée.

Charette à chien transportant de la morue prête à vendre au marché, Gaspé (Québec) [e010861908]

Photo noir et blanc d’un chien de cirque sautant d’une plateforme au sommet d’un très long poteau; au sol, quatre hommes tendent une grande couverture pour l’attraper.

Le chien du professeur Gentry sautant d’une plate-forme, foire industrielle de Toronto (Ontario) [PA-068465]

Ils peuvent par exemple tirer des charrettes ou des traîneaux, garder du bétail, chasser, ou encore offrir de précieux services à la communauté : qu’on songe aux chiens policiers, aux chiens entraînés pour la recherche et le sauvetage, aux chiens de thérapie ou aux chiens de garde.

Photo noir et blanc montrant onze chiens tirant un traîneau dans la neige. Le traîneau transporte un grand canot, que deux hommes tentent de maintenir en équilibre.

Attelage de chiens sur la baie Gordon, détroit d’Hudson (Nunavut) [PA-121599]

Photo noir et blanc d’un homme et de ses quatre chiens; les bêtes portent des paquets sur leur dos.

Chiens portant des sacs, prêts à prendre la route, vallée de la rivière Firth (Yukon) [PA-044646]

Les races choisies dépendent souvent des tâches à effectuer. Cela dit, la plupart des chiens de travail partagent certains traits : force, discipline, intelligence et loyauté.

Photo noir et blanc d’un chien attelé à une petite charrette à deux roues; une fillette, assise sur la charrette, tient les rênes.

Fillette conduisant une charrette à chien, Harvey, Toronto (Ontario) [PA-069924]

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Des images de restaurants maintenant sur Flickr 

Photographie noir et blanc de l’extérieur d’un restaurant situé sur un chemin de terre dans une région éloignée.

Restaurant à Entrance (Alberta) [PA-100223]

L’essor des restaurants est directement relié à la croissance des villes. Alors que les routes commerciales s’étendent dans la Chine ancienne et l’Empire romain, les marchands ambulants qui se rendent dans les villes pour y vendre leurs produits font souvent halte dans des lieux de restauration publics, comme les auberges, pour se reposer et se restaurer. À l’intérieur des villes en pleine expansion, les tavernes et les auberges deviennent les principaux endroits où les gens peuvent trouver de quoi manger simplement, boire et se loger.

Photographie noir et blanc d’une femme sortant de la cuisine d’un restaurant en portant un plateau avec une théière et des tasses.

Une serveuse sortant de la cuisine du Diana Sweets et apportant un plateau avec une théière et des tasses, Toronto (Ontario) [PA-068091]

Photographie stéréoscopique noir et blanc montrant des dizaines de serveurs debout près de deux rangées de tables avec un lustre suspendu au plafond, Hôtel Windsor, Montréal (Québec).

Des dizaines de serveurs debout près de deux rangées de tables avec un lustre suspendu au plafond, Hôtel Windsor, Montréal (Québec) [e011093681]

Ce n’est qu’à partir du 18e siècle en France que l’on assiste à l’ouverture de restaurants de luxe ou spécialisés à l’intention de ceux qui en ont les moyens. Ces premiers restaurants proposent des menus composés d’un vaste choix de viandes, de légumes et de boissons, préparés selon des recettes plus élaborées. D’autres pays emboîtent le pas, et la culture de la restauration se répand partout en Europe et bien au-delà.

Photographie noir et blanc de l’extérieur du restaurant Nick's Chicken Barbecue. Une enseigne au néon dans la fenêtre annonce « Good Food » [bonne nourriture] et « Beer & Wine » [bière et vin].

Le restaurant Nick’s Chicken Barbecue, Québec (Québec) [PA-080674]

Aujourd’hui, les villes canadiennes offrent un vaste choix de restaurants servant des spécialités culinaires du monde entier dans une large gamme de prix.

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