Soixante-neuf jours au poste de premier ministre : l’héritage de sir Charles Tupper

Par Mariam Lafrenie

« [Le principal trait de caractère de Tupper] était le courage; un courage inébranlable, […] un courage qui cognait et martelait, peut-être pas toujours judicieusement, mais toujours très efficace; un courage qui n’admettait jamais la défaite et qui, au cœur de la pire tempête, inspirait néanmoins avec fierté, une invincibilité inébranlable. » [traduction] – Sir Wilfrid Laurier, discours prononcé devant la Chambre des communes (1916)

Lorsqu’on parle du très honorable sir Charles Tupper, on mentionne rarement son bref mandat. À ce jour, la charge de premier ministre confiée à sir Tupper fut la plus courte de toute l’histoire du Canada, s’étendant du 1er mai 1896 au 8 juillet 1896. Malgré son court passage en tant que premier ministre, sir Tupper est reconnu comme étant l’un des Pères de la Confédération et pour ses contributions importantes en tant qu’homme d’État, orateur hors pair et bâtisseur de la nation.

Coupure de journal où est reproduite l’esquisse d’un homme

Coupure tirée du Daily Province portant sur sir Charles Tupper (MIKAN 125260)

Sir Charles Tupper fait son entrée sur la scène publique lors des élections de 1855 dans le comté de Cumberland qu’il remportera au détriment du candidat favori, l’honorable Joseph Howe. C’est ainsi que s’amorceront 40 ans de vie politique pour sir Tupper. Ce faisant, il sera partie prenante à de grands accomplissements, notamment la Confédération et la signature d’un traité en matière de pêche, et il remplira de nombreuses affectations ministérielles, y compris la fonction de ministre des Chemins de fer et Canaux, de ministre des Finances et de premier ministre du Canada.

Affiche avec du texte visant à expliquer le programme électoral de sir Charles Tupper en vue des élections dans le comté de Cumberland (Nouvelle-Écosse)

Dans le cadre de la campagne électorale, une affiche annonçant la candidature de sir Charles Tupper aux élections de 1855 dans le comté de Cumberland (MIKAN 3822971)

En sa qualité de premier ministre de la Nouvelle-Écosse de 1864 à 1867, sir Tupper se consacre pleinement à la province, et ses actions et politiques sont toujours dictées en fonction des besoins des Néo-Écossais. De fait, il plaidera pour la résolution sur la Question des écoles en Nouvelle-Écosse dans le but d’établir un système scolaire public gratuit de sorte que l’éducation sera plus accessible et plus uniforme dans l’ensemble de la province.

Image d’un vieux document relié par une corde du côté gauche. Au centre de la page, il y a un titre dactylographié « A bill, Entitled, An Act for the better encouragement of Education » (« Un projet de loi, intitulé, une loi pour encourager davantage l’éducation ») et la page est couverte de notes manuscrites.

An act for the better encouragement of Education (Une loi pour encourager davantage l’éducation) (MIKAN 3823196)

Pendant qu’il occupe la fonction de premier ministre de la Nouvelle-Écosse, sir Tupper tentera également d’unifier les provinces de l’Amérique du Nord britannique. Il assistera aux trois conférences sur la Confédération : la première, qui est tenue à Charlottetown (septembre 1864); la seconde à Québec (octobre 1864) et la troisième à Londres, en Angleterre (décembre 1866 – mars 1867). N’eussent été le ferme leadership de sir Tupper et sa capacité à démolir, encore et encore, la rhétorique anti-Confédération de l’honorable Joseph Howe, la Nouvelle-Écosse n’aurait pas été l’une des quatre provinces fondatrices du Dominion du Canada.

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen portant un complet, debout à côté d’une table.

L’honorable Charles Tupper, député (Cumberland, Nouvelle-Écosse), avril 1870, Studio Topley/ Bibliothèque et Archives Canada (MIKAN 3497149)

Tant pour les Britanniques que pour les Canadiens, sir Tupper est reconnu comme un homme patriotique, loyal et, d’abord et avant tout, comme un Néo-Écossais. Outre les soixante-neuf jours de son règne en tant que premier ministre, sir Tupper laissera un héritage marqué par un dévouement total envers un Canada uni.

Coupure de journal où est reproduite l’esquisse d’un homme

Homme d’État chevronné décédé en 1915 (MIKAN 125260)

Ressources connexes


Mariam Lafrenie est étudiante de premier cycle, titulaire d’une bourse de perfectionnement d’été de l’Université Queen’s, employée par la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

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L’honorable sir George-Étienne Cartier, baronnet

L’honorable sir George-Étienne Cartier, baronnet (MIKAN 3476630)

En 1848, Sir Cartier est élu à l’Assemblée législative de la Province du Canada et, peu de temps après, il est nommé au Cabinet. De 1857 à 1862, il occupe la fonction de co-premier ministre de la Province du Canada en compagnie de sir John A. Macdonald après avoir établi une coalition avec les conservateurs du Haut Canada. C’est à cette époque que commence la collaboration entre Macdonald et Cartier et qu’ils entreprennent de rechercher des appuis pour la Confédération dans une tentative de mettre fin à l’instabilité politique.

Sir George-Étienne Cartier

Sir George-Étienne Cartier (MIKAN 3213760)

George Étienne Cartier joue un rôle central afin de convaincre les Canadiens français de soutenir la Confédération. Il fait valoir que les intérêts des francophones seraient bien mieux servis dans une fédération composée de provinces. Lorsque la Confédération aboutit enfin le 1er juillet 1867, John A. Macdonald devient le tout premier premier ministre et Cartier, le tout premier Ministre de la Milice et de la Défense.

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Parmi leurs pairs, on reconnaît l’honorable sir John A. Macdonald, l’honorable sir George-Étienne Cartier et le lieutenant-colonel John G. Irvine (MIKAN 3192010)

Le décès de M. Cartier survient le 20 mai 1873 et touche profondément son grand ami, John A. Macdonald, qui propose qu’on érige une statue en hommage au politicien décédé. Celle-ci sera sculptée par Louis‑Philippe Hébert et inaugurée en 1885. Il s’agit de la première statue à être installée sur la Colline du Parlement, elle s’y trouve encore d’ailleurs. M. Cartier aura influencé plusieurs générations de Canadiens. Le centenaire de son anniversaire en 1914 a été souligné par d’importantes célébrations et on a alors érigé un autre monument, cette fois-ci à Montréal. La résidence de M. Cartier à Montréal a été désignée lieu historique national.

Sir George-Étienne Cartier

Sir George-Étienne Cartier (MIKAN 2837680)

Bien que la majorité des documents de Cartier aient été détruits, Bibliothèque et Archives Canada possède plusieurs objets importants, y compris un album de photos de famille, des cartes postales et des lettres écrites à l’époque qu’il était ministre de la Milice et de la Défense. Nous avons également plusieurs lettres rédigées par M. Cartier à l’attention de M. Macdonal; elles sont conservées dans la collection Sir John A. Macdonald (contenu archivé).

Pour en apprendre plus sur sir George-Étienne Cartier et le rôle qu’il a joué dans la Confédération :