Louis Riel à Ottawa : un séjour difficile

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.Par Anna Heffernan

De son vivant, Louis David Riel était un personnage controversé. Chef de deux rébellions, il était perçu soit comme un héros, soit comme un traître. De nos jours, il est reconnu pour sa contribution au développement de la Nation métisse, du Manitoba et du Canada. En 1992, il est désigné comme l’un des fondateurs du Manitoba. Près de 25 ans plus tard, en 2016, il est reconnu comme le premier dirigeant de la province. En 2008, le troisième lundi de février devient le jour de Louis Riel au Manitoba.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède une vaste gamme de documents concernant Louis Riel et les mouvements qu’il dirige. Dans le cadre du projet Nous sommes là : Voici nos histoires, qui vise à numériser les documents relatifs aux Autochtones dans les collections de BAC, une de nos priorités consiste à numériser l’héritage documentaire de Riel pour que les communautés de la Nation métisse et les chercheurs y aient accès plus facilement.

Bien que Riel soit l’un des plus célèbres personnages de l’histoire du Canada, certaines facettes de sa vie sont peu connues. La plupart des Canadiens savent que Louis Riel dirige la résistance de la rivière Rouge en 1869-1870. La Compagnie de la Baie d’Hudson vient de vendre ses droits sur la Terre de Rupert au Dominion du Canada, droits qui lui ont été octroyés par la Couronne britannique. Mais la Nation métisse et les Premières Nations qui habitent cette région ne reconnaissent pas les droits de la Compagnie de la Baie d’Hudson sur ce territoire et considèrent la vente de leurs terres ancestrales comme illégitime. Louis Riel et ses compatriotes réagissent en mettant sur pied un gouvernement provisoire dont les membres sont représentés dans la photo ci-dessous, prise à Fort Garry.

Une photographie noir et blanc de 14 hommes disposés en trois rangées (assis dans les deux premières et debout dans la dernière). Louis Riel est assis au centre.

Louis Riel (au centre) avec les membres du gouvernement provisoire en 1870 (a012854)

Cependant, le gouvernement provisoire de Riel ne fait pas l’unanimité. Ses forces capturent un groupe de colons ontariens qui se prépare à attaquer Fort Garry. Un des membres du groupe, Thomas Scott, est exécuté pour insubordination le 4 mars 1870. Malgré cet incident, les pourparlers avec le Canada se poursuivent, et Riel négocie avec succès les conditions de l’entrée du Manitoba dans la Confédération. Une fois les négociations terminées, une expédition militaire est lancée à partir de l’Ontario pour renforcer le contrôle du Canada sur le Manitoba. Après l’exécution de Thomas Scott, nombreux sont les Ontariens qui voient en Riel un traître et un assassin. Craignant pour sa vie, Riel se réfugie à Saint Paul, au Minnesota.

Un événement moins connu de la vie de Louis Riel est son séjour difficile à Ottawa. Riel est élu député de Provencher (Manitoba) à la Chambre des communes en 1873, puis réélu à deux reprises en 1874. Il se rend à Ottawa pour occuper son siège, mais son passage en politique fédérale sera de courte durée. Notre collection contient des documents intéressants sur l’aventure de Riel à la Chambre des communes. Le premier est un registre que tout député doit signer lors de son assermentation; il porte la signature de Louis Riel (voir l’image ci-dessous).

Page avec six colonnes de signatures. La signature de Louis Riel est visible en bas à droite.

Image de la page d’un registre d’assermentation de la Chambre des communes signée par Louis Riel (e010771238)

Riel court d’énormes risques en se rendant en Ontario à ce moment-là. L’exécution de Thomas Scott a provoqué la colère des Ontariens, surtout des protestants, car Scott était membre de la fraternité protestante de l’ordre d’Orange. Le premier ministre de l’Ontario offre 5 000 $ de récompense pour la capture de Riel, et un mandat d’arrêt est lancé contre lui. Au Parlement, l’orangiste ontarien Mackenzie Bowell présente une motion visant à expulser Riel. Celle-ci est adoptée et Riel ne reviendra pas à la Chambre des communes, bien qu’il soit réélu une troisième fois. Le document ci-dessous témoigne du passage de Riel dans la capitale. Avant de partir précipitamment, il se fait prendre en photo à Ottawa; la photographie porte l’inscription « Louis Riel, MP » (c’est-à-dire Louis Riel, député fédéral).

Photographie de couleur sépia montrant Louis Riel face à l’objectif; elle porte l’inscription manuscrite « Louis Riel, MP ».

Portrait réalisé en studio à Ottawa après l’élection de Riel comme député de Provencher (Manitoba) (e003895129)

En 1875, Riel s’exile aux États-Unis. À partir de 1879, il vit dans le territoire du Montana, où il épouse Marguerite Monet, dite Bellehumeur, en 1881. Le couple aura trois enfants. Riel chasse le bison et exerce divers métiers : agent, marchand, bûcheron, puis instituteur. Il retourne au Canada, à Batoche, dans l’actuelle Saskatchewan, en juillet 1884.

Le registre d’assermentation et la photographie de Riel prise à Ottawa le montrent bien : même des documents en apparence anodins peuvent en dire long sur certains épisodes de l’histoire canadienne. L’exploration et la numérisation du patrimoine documentaire autochtone conservé dans nos collections visent à faire connaître l’histoire de personnages célèbres comme Louis Riel, mais aussi celle de nombreux Autochtones au Canada.

Ce blogue fait partie d’une série portant sur les Initiatives du patrimoine documentaire autochtone. Apprenez-en plus sur la façon dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) améliore l’accès aux collections en lien avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Voyez aussi comment BAC appuie les communautés en matière de préservation d’enregistrements de langue autochtone.


Anna Heffernan est archiviste et recherchiste du projet Nous sommes là : voici nos histoires, qui consiste à numériser le contenu relatif aux Autochtones à Bibliothèque et Archives Canada.

Documents récemment numérisés au Numéri-Lab

Par Karine Gélinas

Le Numéri-Lab est une nouvelle installation pratique où les clients peuvent numériser et mettre en contexte les collections de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Depuis son lancement en 2017, plus de 30 projets y ont été réalisés, menant à la numérisation de plus de 30 000 pages de documents textuels et de 9 000 photographies.

Photo couleur d’une salle comprenant un numériseur grand format sur une table au premier plan, d’une série d’étagères à gauche et de deux personnes assises à des postes de travail en arrière-plan.

L’espace du Numéri-Lab au 395, rue Wellington. Photo de Tom Thompson.

Un des projets mis en œuvre au Numéri-Lab consistait à la numérisation d’images historiques sensationnelles de la région de la capitale nationale par la Commission de la capitale nationale (CCN). Vous trouverez ci-dessous une partie du matériel numérisé par la Commission, maintenant disponible sur le site Web de BAC.

Albums du fonds de la Commission de la capitale nationale

  • Vues aériennes d’Ottawa 1952–1962 (8 images) – MIKAN 5025694
  • Commission de l’amélioration du district fédéral, 1927–1929 (56 images) – MIKAN 5016537
  • Commission du district fédéral, 1927–1932 (291 images) – MIKAN 5023881
  • Photos de R. A. Ramsay montrant l’installation d’une structure de chemin de fer (4 images) – MIKAN 5025167
  • Édifice de Russell House, photographies de l’hôtel Russell (63 images) – MIKAN 3788413
  • Région d’Ottawa, Commission du district fédéral, 1902 (20 images) – MIKAN 5050722
Photo noir et blanc d’un parc calme et des rues environnantes entourés de deux gros immeubles sur lesquels le drapeau de l’Union flotte sur le toit supérieur. Des voitures anciennes sont garées sur la rue principale au premier plan.

Vue en direction sud de l’édifice de l’Est sur la Colline du Parlement, à Ottawa, MIKAN 5026166

Photo aérienne noir et blanc d’un paysage industriel avec des rondins flottant dans l’eau et une centrale électrique et des lignes ferroviaires au premier plan. En arrière-plan se trouve la cité parlementaire.

Plaines LeBreton, gare Ottawa West & Turning House, vers 1962 [Aujourd’hui : secteur de la gare City Centre Bayswater], gouvernement du Canada (e999909317-u)

Fonds Ted Grant

Photo noir et blanc d’une rue pendant la nuit; des voitures sont garées des deux côtés et des enseignes au néon illuminent la rue.

Rue Sparks [Ottawa] pendant la nuit, photo prise le 14 novembre 1960. Source : Ted Grant (e999906140-u)

Fonds de la Commission du district fédéral

Photographies, éditoriaux, catalogues et épreuves de supplément de journal visant le plan et le modèle du plan d’ensemble du Comité d’aménagement de la capitale nationale, et de sa tournée canadienne – MIKAN 3788892

Le Numéri-Lab vous intéresse?

Si vous avez une idée de projet, envoyez-nous un courriel à bac.numeri-lab-digilab.lac@canada.ca. Donnez-nous un aperçu de votre projet, les références complètes du matériel que vous souhaitez numériser et toute autre information pertinente sur la collection.

Après nous être assurés que le matériel peut être numérisé en toute sécurité, nous vous réserverons du temps au Numéri-Lab. Nous vous montrerons comment manipuler le matériel et utiliser l’équipement. Vous vous occuperez par la suite de numériser les documents et d’ajouter des métadonnées simples. Le matériel doit être exempt de restriction et de droit d’auteur.

Au plaisir de communiquer bientôt avec vous!

Liens d’intérêt


Karine Gélinas est gestionnaire de projet à la Direction générale des services au public à Bibliothèque et Archives Canada.

La Cité parlementaire

Les édifices du Parlement, à Ottawa, comptent certainement parmi les structures les plus facilement reconnaissables du Canada. Chose surprenante, la partie la plus emblématique du complexe architectural, la tour de la Paix, est le plus récente de la Cité parlementaire. La construction de l’édifice du Centre, de style néo‑gothique victorien, commence en 1859. Cet édifice inauguré le 6 juin 1866 abrite le Parlement de la province du Canada. La reine Victoria choisit l’emplacement de l’édifice en 1857. À l’époque, c’est le plus gros projet de construction en Amérique du Nord. Le budget est largement dépassé, notamment parce qu’il faut faire exploser le substrat rocheux avant de construire les fondations. Le 1er juillet 1867, l’édifice du Centre devient le parlement officiel du Dominion du Canada. Il est idéalement situé, car il est loin de la frontière américaine, et les habitants de la région le voient de loin.

Photo noir et blanc du premier édifice du Centre sur la Colline du Parlement

Parlement, édifice du Centre; photo prise par le capitaine Jacobs vers 1886 (MIKAN 3319558)

Le soir du 3 février 1916, 50 ans après l’inauguration de l’édifice du Centre, un incendie éclate dans la salle de lecture de la Chambre des communes. Les flammes se répandent rapidement et provoquent la mort de sept personnes. De nombreux murs en pierres sont restés debout, mais seule la bibliothèque construite en 1876 résiste parfaitement aux flammes grâce à ses portes en fer (qui avaient été fermées par un commis ce soir‑là). Des rumeurs veulent qu’il s’agisse d’un acte criminel, mais l’incendie a été causé par un cigare mal éteint.

Photo noir et blanc d’un édifice circulaire à l’architecture complexe ayant des pinacles et des arcs-boutants. C’est l’hiver, et l’édifice à côté est partiellement couvert de glace. Des pompiers éteignent un incendie.

La Bibliothèque du Parlement et l’édifice du Centre le lendemain de l’incendie qui a détruit celui ci; photo prise par William Topley en 1916 (MIKAN 3194673)

Même si le Canada investit beaucoup d’efforts dans la Première Guerre mondiale, il faut reconstruire les édifices. Le pays est en pleine croissance, et le Parlement doit refléter cette tendance. On décide de conserver le style néo‑gothique des édifices d’origine sans en faire des copies conformes. La construction commence pendant l’année et se termine en 1922. La tour de la Paix, ainsi nommée pour souligner l’engagement du Canada envers la paix, est achevée en 1927.

Photo noir et blanc montrant les trois premiers étages d’un édifice. La rotonde de la Bibliothèque du Parlement est à l’arrière plan. Le site est entouré de grues et de matériaux de construction.

Reconstruction de l’édifice du Centre, édifices du Parlement, 1917 ou 1918; photo prise par Samuel J. Jarvis (MIKAN 3319865)

Photo noir et blanc montrant la façade avant de l’édifice du Centre. La foule se masse sur la Colline du Parlement.

Célébration du jubilée sur la Colline du Parlement, en 1927 (MIKAN 3549627)

De nos jours, l’édifice du Centre est flanqué des édifices de l’Est et de l’Ouest. Un grand espace accessible au public remplit diverses fonctions : c’est un lieu de célébration le jour de la fête du Canada, un point de rendez‑vous pour les manifestants, un terrain de yoga pendant l’été, etc. Des visites guidées de l’édifice du Centre ont lieu tout au long de l’année; elles constituent l’un des attraits touristiques les plus courus à Ottawa.

Autres ressources

Les enfants de Topley – Petits portraits de la collection William Topley

La collection William Topley à Bibliothèque et Archives Canada est une ressource précieuse pour ceux qui s’intéressent au portrait photographique canadien du XIXe siècle. Composée de plus de 150 000 négatifs sur plaque de verre ainsi que d’épreuves d’atelier et d’albums de comptoir, la collection Topley couvre de 1868 à 1923 et illustre la carrière prolifique de M. Topley, originaire de la région de Montréal, qui a commencé sa carrière de travailleur autonome en ouvrant une succursale du studio William Notman sur la rue Wellington à Ottawa. Même si M. Topley photographiait d’autres sujets que les personnes, les portraits étaient sa spécialité, et la collection est un merveilleux exemple des débuts de la photographie en studio au Canada.

Au début des années 1870, M. Topley achetait le studio qu’il avait géré pour William Notman et il attirait plus de 2 300 clients par année. L’emplacement prestigieux de son studio au centre-ville d’Ottawa (il déménagea plusieurs fois au fil des ans, mais toujours à une distance de marche du Parlement) faisait en sorte qu’il attirait une grande partie de l’élite de la ville, y compris des politiciens et d’autres personnages importants, qui se rendaient au studio du photographe pour se faire prendre en portrait.

Les enfants faisaient souvent l’objet de ces portraits, posant seul ou avec leurs frères et sœurs. En regardant ces images, on remarque, non seulement, des noms connus, identifiant certains sujets comme les enfants de personnages influents de la capitale, mais aussi quelque chose d’inchangé malgré l’époque. En regardant au-delà de la formalité, des vêtements inconfortables et des poses statiques, on voit que ces portraits ne sont pas tellement différents de ceux que l’on pourrait prendre aujourd’hui. On reconnaît des enfants habillés spécialement pour l’occasion, essayant de rester assis, ayant l’air tantôt impatient, tantôt ennuyé.

Photographie en noir et blanc d'une petite fille dans une robe blanche.

Mademoiselle McLaren, 1873 (MIKAN 3461050)

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Carnaval d’hiver d’Ottawa, édition 1922

« Une semaine sans soucis! »…« La gaieté sera la reine de la semaine du Carnaval ». Voilà certains des slogans utilisés pour décrire le premier Carnaval d’hiver national canadien, le Carnaval d’hiver d’Ottawa, en 1922. Il ne s’agissait pas d’une occasion tranquille. Pendant une semaine à la fin du mois de janvier et au début février 1922, les Ottaviens ont fait la fête – et se sont amusés comme de vrais fous.

Les Canadiens étaient des habitués des fêtes d’hiver. Depuis la fin du 19e siècle, d’autres carnavals plus calmes avaient eu lieu mettant en vedette des fortitudes de glace, des fêtes de patinage amicales et des parties de hockey. Pendant ces carnavals, il y avait seulement de rares occasions où la fête dégénérait. Par exemple, la mascarade de patinage, en 1894, à Rideau Hall, où les employés de Lord Aberdeen se sont déguisés en écolières :

Photographie en noir et blanc illustrant huit individus qui se tiennent sur un escalier enneigé avec des éventails décoratifs à la main. Tous sont vêtus de costumes semblables composés d’une robe, d’un tablier et d’un bonnet. Si on regarde attentivement, on peut remarquer que certains de ces individus ont des moustaches et ont des traits quelque peu masculins.

Les employés de Lord Aberdeen déguisés en écolières pour participer à la mascarade de patinage « Dame Marjorie School » à Rideau Hall (MIKAN 3422882)

Le parrain du Carnaval d’Ottawa de 1922 était le courtier en bourse et maire, Frank Plant. Il a tout organisé en quelques semaines. Lord Byng, le gouverneur général, a été mis en charge de l’ouverture des festivités, ce qu’il a fait à l’extérieur du Château Laurier le 28 janvier 1922. 10 000 personnes étaient présentes.

Photographie en noir et blanc illustrant un château de glace, d’une prise de vue très élevée. On peut y voir le fourmillement de la foule et la ville à perte de vue.

Palais des glaces au Carnaval d’hiver d’Ottawa (MIKAN 3517932)

Dans le cadre du Carnaval se sont déroulées les activités suivantes :

  • Des parades à la raquette avec des flambeaux à travers les rues du centre-ville
  • Un grand bal au Château Laurier
  • Des parties de hockey entre les Sénateurs d’Ottawa et les Canadiens de Montréal
  • Du curling et de la boxe
  • Des soupers de fèves au lard quotidiens en Basse-Ville
  • D’énormes feux de joie au parc Major, à la place Connaught et à la place Cartier
  • Escalade du château de glace
  • Danses de minuit
  • Embarcations tirées par des chevaux qui tiraient des passagers à travers la ville
  • Saut en ski des falaises au parc Rockliffe

Bien que ce fût l’époque de la prohibition en Ontario, l’alcool était permis dans la province avoisinante du Québec. Avec l’atmosphère de fête qui régnait, les policiers choisissaient d’ignorer les hordes de personnes intoxiquées qui traversaient d’un côté à l’autre de la rivière de Hull, maintenant Gatineau, la bouteille à la main.

Il y avait trois principales attractions. La première était le palais de glace d’une hauteur de 22 mètres à la place Cartier sur la rue Elgin.

Photographie en noir et blanc illustrant des gens se tenant debout, possiblement à faire la file, autour du château de glace.

Le palais des glaces du Carnaval d’hiver d’Ottawa de jour (MIKAN 3517934)

Photographie en noir et blanc illustrant un château de glace illuminé de l’intérieur.

Le palais des glaces du Carnaval d’hiver d’Ottawa le soir (MIKAN 3517933)

La deuxième attraction était la colonne de glace géante trônant sur la place Connaught (maintenant la place de la Confédération, environ au même endroit où se trouve aujourd’hui le monument commémoratif de Guerre du Canada) entre l’Union Station, l’ancien bureau de poste et le château Laurier.

Photographie en noir et blanc illustrant une colonne de glace surmontée d’une couronne. Un homme se tient à son côté.

La colonne de glace devant l’ancien bureau de poste (endroit où se trouve aujourd’hui le monument commémoratif de Guerre du Canada), Carnaval d’hiver d’Ottawa, janvier et février 1922 (MIKAN 3384979)

Et finalement, la pièce de résistance — la glissade pour ski et toboggan.

« Un mile pour dix sous » était le slogan de cette descente époustouflante. Construite avec des blocs de glace avec des traces profondes, la glissade partait du Château Laurier et descendait jusqu’à la rivière des Outaouais le long des écluses Rideau. Au départ, la porte d’embarquement avait l’air assez innocente, construite de bois et entourée de conifères. Mais lorsqu’on entrait, voici ce qu’on voyait :

Photographie en noir et blanc illustrant le haut de la descente en toboggan en regardant vers le bas vers la rivière, à côté des écluses Rideau. Les traces sont très longues et creuses, et rejoignent presque le pont Alexandra au loin.

Descente en toboggan du Carnaval d’hiver d’Ottawa (MIKAN 3517935)

Si vous étiez assez courageux pour braver cette descente, la promenade était d’un angle de 45 degrés et se redressait quelque peu avant d’être parsemée de côtes, un peu comme des montagnes russes. Si vous voulez voir d’autres photos, vous pouvez visiter l’album Flickr. Inaugurée par Lord Byng, la première descente a été faite par le maire, Frank Plant, l’homme d’affaires bien connu A.J. Major et deux autres individus. Au courant de la semaine, des experts du saut en ski très courageux faisaient tous les jours des démonstrations sur la descente. Le reste du temps, des téméraires prenaient la course en descendant à bord de toboggans jusqu’à la rivière des Outaouais à plus de 100 km/h!

À la fin de la semaine, on a déclaré que le premier Carnaval d’hiver d’Ottawa avait été un énorme succès. Des dizaines de milliers de personnes y avaient participé – la population d’Ottawa venait tout juste d’atteindre 100 000 habitants. Aujourd’hui, l’équivalent du Carnaval d’hiver d’Ottawa, Bal de neige, reçoit jusqu’à un demi-million de visiteurs chaque année.

 

 

Portraits de la capitale : Les visages de la collection Topley

La collection de photographies de William James Topley acquise en 1936 fait partie des collections les plus populaires de Bibliothèque et Archives Canada. La collection comprend plus de 150 000 négatifs sur plaque de verre et support de nitrate, 68 albums préparés par le studio, des journaux des affectations quotidiennes et des livres comptables.

La grande collection comprend des pièces datant de 1868 à 1923. Elle documente la prolifique carrière de Topley, un Montréalais d’origine qui a commencé sa carrière de travailleur autonome en ouvrant une succursale du studio William Notman à Ottawa, sur la rue Wellington, après avoir travaillé comme apprenti du célèbre photographe à Montréal pendant plusieurs années. Il abandonne plus tard le nom de Notman pour exploiter son propre studio à divers endroits d’Ottawa, déménageant de la rue Wellington au coin des rues Metcalfe et Queen avant de s’établir à deux endroits de la rue Sparks.

Les photographies produites pendant la longue carrière de Topley constituent une source de référence visuelle fascinante sur la vie à Ottawa et dans d’autres villes canadiennes. Parmi les images se trouvent des scènes de la vie quotidienne, des photographies de vitrines de magasins qui ont été commandées au studio, la Colline du Parlement avant, pendant et après l’incendie de 1916 et, plus intéressant peut‑être encore, des portraits de citoyens célèbres et ordinaires.

En 1872, le studio de Topley attire plus de 2 300 clients par année, dont des premiers ministres, des gouverneurs généraux, des membres de la haute société d’Ottawa, des hommes d’affaires et des citoyens ordinaires. Il a créé la célèbre image composite du premier grand bal costumé canadien, qui est organisé par le comte de Dufferin et son épouse en 1876.

Les clients de Topley sont souvent les familles des personnes influentes d’Ottawa. Dans la capitale, les parents des politiciens, des propriétaires fonciers et des barons du bois se rendent fréquemment au studio Topley pour se faire prendre en portrait. Au début du XIXe siècle, cette pratique revêt encore un certain prestige, si bien que des épouses, des enfants et même des animaux de compagnie sont photographiés au studio, dans certains cas plusieurs fois par année.

Ces merveilleux portraits sont captivants puisqu’ils permettent de voir les vêtements, les coiffures et les expressions des citoyens ottaviens du passé. Il est également intéressant de voir les visages des personnes qui ont donné leurs noms aux rues, parcs et écoles d’Ottawa.

Mademoiselle Powell, 1870

Mademoiselle Powell, 1870 (MIKAN 3479280)

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