La patrouille de l’Arctique de l’Est (1945)

Par Mathieu Rompré

Des années 1920 à 1940, la Compagnie de la Baie d’Hudson utilise son propre navire, le R.M.S. Nascopie, pour ravitailler ses postes nordiques et transporter ses employés. Chaque été, tant que les conditions le permettent, la patrouille de l’Arctique de l’Est – comme on appelle alors le voyage annuel du Nascopie – livre des provisions fraîches et offre des soins de santé de base. Le navire transporte aussi les gens et les marchandises (surtout des fourrures) hors des communautés. Fait intéressant : de 1933 à 1941, il accepte aussi les touristes qui souhaitent faire une croisière estivale dans l’Arctique!

Le Nascopie transporte habituellement du personnel pouvant offrir des soins de base : médecin, dentiste, optométriste, etc. En 1945, le Dr Roy Gordon Hemmerich, un dentiste de Kitchener (Ontario), est ainsi embauché par la Compagnie de la Baie d’Hudson pour fournir des soins dentaires aux employés de l’entreprise ainsi qu’à leur famille. D’autres habitants du Nord, surtout des Inuits et des agents de la Gendarmerie royale du Canada, peuvent également recevoir des soins dentaires « selon le temps disponible », comme le précise une lettre du 16 avril 1945 adressée au Dr Hemmerich par la Compagnie, qui ajoute que les services fournis seront payés au « tarif modéré de la ville ». Contrairement aux dentistes précédents, qui traitaient leurs patients à bord du navire, le Dr Hemmerich met pied à terre pour offrir ses services. Près d’une centaine d’Inuits reçoivent ses soins pendant l’été 1945.

Photo noir et blanc de quatre enfants assis sur des sacs de farine.

Un groupe d’enfants observent le déchargement de provisions du R.M.S. Nascopie. (e002213356) Facebook.

Pendant son voyage, le Dr Hemmerich vit une situation hors de l’ordinaire : il siège au jury d’un procès criminel mené sur le Nascopie. Une femme inuite, Miktaeyout, est accusée du meurtre de son mari, survenu en juillet 1942. Il faut attendre le 3 septembre 1945 pour la tenue du procès : en 1943 et 1944, le Nascopie n’avait pu briser la glace pour se rendre à Fort Ross (de nos jours, un poste de traite déserté sur l’île Somerset). Miktaeyout, obligée d’épouser un homme violent après que son premier mari ait trouvé une autre femme, plaide non coupable. Elle est condamnée à un an de travaux forcés pour homicide involontaire, une peine qu’elle purgera sous la surveillance de la GRC à Pangniqtuuq (à l’époque, Pangnirtung), sur l’île de Baffin. Pour en savoir plus sur ce procès, consultez The Ottawa Journal (en anglais), 24 mai 1946, p. 6 et The Living Legend: The Story of the Royal Canadian Mounted Police [La légende vivante : l’histoire de la Gendarmerie royale du Canada, en anglais] par Alan Philips (Boston/Toronto, Little Brown and Company, 1957 [1954], pp. 266
-268).

Photo noir et blanc d’une femme avec un enfant dans un amauti, se faisant examiner les dents par un dentiste.

Le Dr Roy Hemmerich effectue un examen dentaire sur une femme lors d’un arrêt du R.M.S. Nascopie pendant son voyage d’Inlet Pond à Fort Ross. (a184875) Facebook.

Bien que le Nascopie ait sombré en juillet 1947 après être entré en collision avec un récif non cartographié près de Cape Dorset, le Dr Hemmerich se rend deux autres fois dans le Nord : en 1949 et en 1954-1955. Son voyage de 1945 demeure néanmoins le mieux documenté, et de loin. Le Dr Hemmerich était en effet accompagné du Dr Arthur H. Tweedle, un optométriste et photographe amateur, et les deux hommes ont laissé des documents textuels, des photographies, des images en mouvement et des cartes liés à leur voyage. Même s’ils ne proviennent pas d’Autochtones, les fonds Roy Gordon Hemmerich (R15580) et Arthur H. Tweedle (R848) contiennent des témoignages intéressants sur la vie dans l’Arctique vers 1945.

Reconnaissez-vous quelqu’un sur ces photos?

Dites-le-nous! Envoyez-nous un courriel ou cliquez sur le lien Facebook sous chaque photo. Vous pouvez également visiter la page Facebook ou le site Web du projet Un visage, un nom pour voir d’autres photos non identifiées de la collection de Bibliothèque et Archives Canada.


Mathieu Rompré est archiviste de référence à la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Le mystère de l’expédition Franklin

Par Catherine Butler

L’expédition perdue

L’histoire de la tragique expédition Franklin est bien connue de nombreux Canadiens. Menée par sir John Franklin, l’expédition à laquelle participent 24 officiers et 110 hommes quitte le port de Greenhithe, en Angleterre, au mois de mai 1845 à la recherche du passage du Nord-Ouest. À bord du NSM Terror et du NSM Erebus, le voyage débute assez bien.

L’équipage aborde aux îles Whale Fish, au large de la côte du Groenland, pour se ravitailler, puis atteint la baie de Baffin en juillet 1845. Là, les capitaines de deux baleiniers, le Prince of Wales et l’Enterprise, rapportent avoir vu les membres de l’équipage attendre des conditions favorables pour traverser le détroit de Lancaster. On ne le reverra plus jamais.

Ce qui suivra relève autant de l’horreur que de la légende. Les équipages de l’Erebus et du Terror passent l’hiver 1845-1846 sur l’île Beechey, où trois des hommes meurent et sont enterrés. Dès lors, les choses vont de mal en pis. Au mois de septembre 1846, les navires sont emprisonnés dans les glaces au large de l’île King William; ils passeront ainsi tout l’hiver et le printemps de 1847. En juin 1847, sir John Franklin rend l’âme. Le reste de l’équipage, avec à sa tête Francis Crozier, passe le reste de l’année 1847 toujours prisonnier des glaces, incapable de poursuivre sa route.

Lorsqu’arrive avril 1848, l’équipage abandonne l’Erebus et le Terror et tente de regagner le continent à pied. Tous les hommes périront, et plusieurs années s’écouleront avant que l’on découvre leur triste sort.

Percer le mystère

Devant l’absence de nouvelles, le gouvernement britannique tente de localiser l’expédition dans les années suivant son départ, offrant une récompense pour tout renseignement sur son itinéraire ou sa découverte. La première mission envoyée à la recherche de l’expédition Franklin lève les voiles en 1848, mais échoue. Nulle trace des disparus n’est relevée jusqu’en 1850, lorsque l’on découvre les vestiges de leur campement hivernal au cap Riley ainsi que les tombes des hommes morts durant le premier hiver passé sur l’île Beechey.

Affiche offrant une récompense de 20 000 £ à qui retrouvera l’expédition Franklin.

Récompense de 20 000 £ promise à qui retrouvera l’expédition Franklin, portée disparue; 7 mars 1850 (e010754422) (en anglais seulement)

Membre de l’opération de recherche de 1854 financée par la Compagnie de la Baie d’Hudson, John Rae rencontre, dans la péninsule de Boothia, un Inuit qui lui raconte qu’un groupe d’hommes blancs sont morts de faim, quelques années plus tôt, à l’embouchure d’une grande rivière. En parlant à de nombreux autres Inuit de la région, John Rae déduit qu’il s’agit probablement de la rivière Back. Pendant son périple, il parvient à retrouver plusieurs articles de l’expédition perdue, notamment de l’argenterie gravée.

Dessin de divers objets trouvés lors des opérations de recherche orchestrées par le gouvernement britannique pour retrouver l’expédition perdue de Franklin. On y voit entre autres de l’argenterie, des lames, des montres de poche, des couteaux et une flasque.

Vestiges de l’expédition Franklin, vers 1845 (e010958396)

Au fil des ans, les expéditions se sont succédé pour retrouver la trace des navires disparus et les dépouilles des membres de l’équipage. Des patrouilles de la Gendarmerie royale du Canada, des explorateurs intrépides et des archéologues ont cherché à découvrir le sort réservé à ces hommes et à localiser les vaisseaux abandonnés. Des tombes, des crânes et une multitude d’artefacts ont été retrouvés, mais le mystère des navires restait intact. Malgré tous les équipages lancés à leur recherche, les navires ne seront découverts que près de 170 ans plus tard.

Photographie en noir et blanc montrant cinq crânes déposés sur des rochers sombres. Ils furent découverts en 1945 pendant une expédition menée par William Skinner et Paddy Gibson.

Crânes de membres de l’expédition Franklin découverts puis enterrés par William Skinner et Paddy Gibson en 1945 (a147732)

Enfin retrouvés

En 2008, le gouvernement canadien lance de nouvelles recherches pour localiser l’épave des navires abandonnés de l’expédition Franklin. Grâce à l’étroite collaboration d’historiens inuits et de collectivités de la région, l’expédition est couronnée de succès. En septembre 2014, le NSM Erebus est découvert non loin de l’île King William, dans la baie de la Reine-Maud. Retrouver le navire, qui avait échappé aux recherches de tant d’experts depuis si longtemps, a été possible en grande partie grâce aux récits transmis oralement que connaissait l’historien inuit Louie Kamookak.

Presque deux ans plus tard jour pour jour, l’épave du NSM Terror est repérée, grâce surtout à Sammy Kogvik, un chasseur et Ranger canadien inuit qui s’est joint à l’équipe de l’Arctic Research Foundation dirigeant les activités de recherche et de sauvetage. Sans la collaboration et le savoir des communautés inuites de la région, il y a fort à parier que les navires abandonnés n’auraient jamais été retrouvés.

Pour en savoir plus

Bibliothèque et Archives Canada possède plusieurs documents d’archives sur les opérations de recherche de l’expédition perdue, dont les journaux de Francis McClintock tenus durant ses quatre missions en Arctique à la recherche de sir John Franklin, entre 1848 et 1859.

Pour en savoir plus sur l’importance des histoires orales et du savoir des Inuit, lisez Unravelling the Franklin Mystery: Inuit Testimony, de David Woodman (AMICUS 43188964), un ouvrage très complet sur le sujet.

Pour une plongée interactive au cœur du tourment vécu par les membres de l’expédition Franklin et pour une idée du rôle important qu’ont joué les collectivités inuites dans la découverte des épaves, visitez l’exposition Périr dans les glaces – Le mystère de l’expédition Franklin, présentée par le Musée canadien de l’histoire jusqu’au 30 septembre 2018.


Catherine Butler est une archiviste de référence à la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Les Inuits : numéros de disque et projet Nom de famille

De nos jours, les Inuits s’identifient à l’aide d’une combinaison de prénoms d’origine euro chrétienne et de noms de famille inuits. Cela n’a pas toujours été le cas. Avant la première moitié du 20e siècle, les Inuits ne portaient pas de nom de famille. Les noms inuits traditionnels reflétaient ce qui avait de l’importance pour eux : la famille, les esprits, les animaux, l’environnement. Ces noms n’étaient pas spécifiques à un sexe en particulier; ce n’était pas non plus des patronymes reconnus et partagés.

Dans les années 1920, les missionnaires, les commerçants de fourrures et les fonctionnaires du gouvernement ont voulu identifier les Inuits conformément aux normes européennes et an modèle de société patriarcale. Ces groupes croyaient que l’absence de noms de famille et d’orthographe normalisée compliquait l’identification des Inuits dans les documents reliés au commerce, lors des recensements et dans bien d’autres occasions. Un système d’attribution de numéros de disque a alors été mis en place; il avait pour but, non seulement d’identifier les Inuits, mais aussi de gérer la distribution des allocations familiales et autres formes d’aide, ainsi que les soins de santé.

Une photographie en noir et blanc, prise dans un iglou, de deux hommes lisant un numéro de disque attaché au parka d’un jeune garçon.

Collecte des données de recensement et vérification de certaines questions reliées aux allocations familiales, Windy River, [T. du N.-O. (Nunavut)], 10 décembre 1950 (MIKAN 3380264)

À l’époque, plusieurs suggestions ont été formulées au gouvernement fédéral, telles que la mise sur pied d’un système d’appellation à deux noms comprenant un nom de famille, la normalisation de l’orthographe, la création de dossiers de la GRC et l’obtention des empreintes digitales de tous les Inuits. La GRC a commencé à relever les empreintes digitales, mais cette mesure a été mal accueillie, surtout en raison de son association avec la criminalité.

Finalement, en 1941, le gouvernement fédéral a choisi d’attribuer à chaque Inuit un identifiant numérique unique, lequel était estampillé sur un disque ou imprimé sur une carte. Ces identifiants étaient souvent appelés « numéro de disque esquimau » ou ujamiit (ujamik) en inuktitut. Les Inuits devaient toujours avoir ce numéro sur eux; il était souvent cousu sur un vêtement ou attaché à un lacet porté autour du cou. Ces numéros ont été utilisés jusqu’en 1972, sauf au Québec, où cette pratique a continué pendant quelques années.

Les trois photographies suivantes, prises en ordre séquentiel, montrent les membres d’une même famille tenant leur numéro de disque écrit sur un tableau.

Une photographie en noir et blanc d’un homme inuit tenant un petit tableau sur lequel est écrit le numéro 6008.

Portrait d’un homme [David Arnatsiaq] tenant un petit tableau portant le numéro 6008, à Pond Inlet (Mittimatalik/Tununiq), Nunavut, août 1945 (MIKAN 3606623)

Une photographie en noir et blanc d’une femme inuite tenant un petit tableau sur lequel est écrit le numéro 6009.

Portrait d’une femme [Tuurnagaaluk] tenant un petit tableau portant le numéro 6009, à Pond Inlet (Mittimatalik/Tununiq), Nunavut, août 1945 (MIKAN 3606624)

Une photographie en noir et blanc d’une femme inuite tenant un petit tableau sur lequel est écrit le numéro 6010.

Portrait d’une femme [Tuurnagaaluk] tenant un petit tableau portant le numéro 6010, à Pond Inlet (Mittimatalik/Tununiq), Nunavut, août 1945 (MIKAN 3606625)

De 1968 à 1971, le gouvernement fédéral et le Conseil des Territoires du Nord-Ouest ont entrepris, dans le cadre du Projet Nom de famille, de modifier la façon d’identifier les Inuits, en abandonnant le système de numéros de disques pour le remplacer par l’utilisation de patronymes. Ce projet était dirigé par Abraham « Abe » Okpik qui a parcouru les Territoires du Nord-Ouest et le nord du Québec en compagnie d’un linguiste.

Bibliothèque et Archives Canada conserve des témoignages du système de numéros de disque sur des photographies et des documents, tels que des listes de personnes avec leur numéro de disque et des listes montrant la transition vers l’adoption du nom de famille et du numéro d’assurance sociale. Notez bien que ces documents ne peuvent être consultés, car ils contiennent des renseignements personnels.

Un visage, un nom voit plus grand!

Le projet Un visage, un nom a vu le jour au début de 2002, quand Bibliothèque et Archives Canada s’est associé au programme de formation Nunavut Sivuniksavut et au ministère de la Culture, de la Langue, des Aînés et de la Jeunesse du gouvernement du Nunavut. Son but? Numériser des photos d’Inuits conservées par Bibliothèque et Archives Canada pour tenter d’identifier les personnes sur ces clichés. (Les photos ont été prises sur le territoire du Nunavut actuel.) On croyait alors que le projet durerait une année. C’était sans compter son succès auprès du public!

Pour souligner en juin le Mois national de l’histoire autochtone, Bibliothèque et Archives Canada est heureux d’annoncer le lancement du nouveau site Un visage, un nom. En plus des communautés du Nunavut, ce projet élargi englobe maintenant les Inuits d’Inuvialuit, dans les Territoires-du-Nord-Ouest; ceux du Nunavik, dans le nord du Québec; et ceux du Nunatsiavut, au Labrador; s’y ajoutent aussi les Premières Nations et les Métis du reste du Canada. Du contenu tout neuf sera versé sur le nouveau site; quant au projet original Un visage, un nom, il demeurera tel quel sur le Web.

Le projet Un visage, un nom : 2002-2012 a commencé par la numérisation d’environ 500 photos du fonds Richard Harrington. Depuis, Bibliothèque et Archives Canada a numérisé environ 8 000 photos provenant de divers ministères et de collections privées. Grâce à l’enthousiasme et au soutien des chercheurs inuits et non inuits, près du quart des personnes, des activités et des événements représentés sur les photos ont pu être identifiés. Toute l’information recueillie a été ajoutée à la base de données du projet.

Au fil des ans, Bibliothèque et Archives Canada a reçu plusieurs photos et entendu de touchants récits de personnes qui ont pu renouer avec leur famille et leurs amis grâce à Un visage, un nom. Par exemple, Mona Tigitkok, une aînée de Kugluktuk, s’est reconnue sur un portrait de jeunesse alors qu’elle assistait, à l’hiver 2011, à une rencontre de la Société patrimoniale Kitikmeot (site en anglais). La Société avait organisé plusieurs de ces rencontres, où l’on présentait des photos de personnes non identifiées.

Photographie en couleur prise dans une salle communautaire à Kugluktuk, au Nunavut, en février 2011. On y voit une femme âgée inuite, vêtue d’un long parka à motif floral bordé de fourrure; elle se tient devant une toile où est projetée une diapositive d’elle-même quand elle était jeune femme.

Mona Tigitkok devant une photo d’elle-même prise plus de 50 ans auparavant (Kugluktuk, Nunavut, février 2011). Crédit : Société patrimoniale Kitikmeot

Pour l’auteure et historienne Deborah Kigjugalik Webster, Un visage, un nom a été utile tant sur le plan personnel que professionnel. Elle raconte :

Je travaille dans le domaine de l’histoire et du patrimoine inuits, et c’est comme ça que j’ai découvert le projet Un visage, un nom il y a quelques années. Mais le projet a aussi une signification personnelle pour moi. En faisant une recherche dans la base de données, j’ai découvert des photos de parents et de gens de ma communauté.

Les photographes d’autrefois n’identifiaient pas souvent les gens qu’ils prenaient en photo. Ils se contentaient d’indiquer « groupe d’Esquimaux » ou « femmes autochtones », par exemple. Un après-midi où je prenais le thé avec ma mère, Sally Qimmiu’naaq Webster, je lui ai montré des photos dans la base de données d’Un visage, un nom. Ensemble, nous avons pu identifier quelques visages de notre communauté de Baker Lake (Qamanittuaq). Quelle satisfaction! En redonnant leurs noms à ces personnes, réduites à l’anonymat dans les légendes des photographes, nous nous réapproprions notre histoire et notre patrimoine. 

Photographie d’une jeune femme inuite vêtue d’un col roulé et regardant vers le bas, Baker Lake (Qamanittuaq), Nunavut, 1969

Photo de feu Betty Natsialuk Hughson (identifiée par sa parente Sally Qimmiu’naaq Webster), prise à Baker Lake (Qamanittuaq), Nunavut, 1969 (MIKAN 4203863)

Avec Un visage, un nom, on peut bien sûr identifier des gens sur des photos, mais aussi ajouter ou corriger de l’information dans la base de données, comme corriger l’orthographe d’un nom. On n’a qu’à utiliser le formulaire en ligne. Ça vaut vraiment la peine d’aller voir les photos dans la base de données, surtout avec un aîné : ça débouche toujours sur des conversations intéressantes.

Au travail, je m’occupe d’une page Facebook qui s’appelle Inuit RCMP Special Constables from Nunavut [en anglais seulement]. On y rend hommage à nos gendarmes spéciaux inuits de la Gendarmerie royale du Canada. L’année dernière, j’y ai publié un portrait de Jimmy Gibbons, pris à Arviat en 1946. Je l’avais trouvé dans la base de données d’Un visage, un nom. Le gendarme spécial Gibbons était un homme remarquable. Il s’est joint à la GRC en 1936 et a pris sa retraite en 1965. Plusieurs personnes ont « aimé », partagé et commenté sa photo, dont certains de ses descendants : fils, neveux, petits-fils. Des gens ont tout simplement écrit « Merci ». Shelley Ann Voisey Atatsiaq a fièrement commenté : « Pas étonnant que j’aie déjà écrit à quel point je respecte la GRC : j’ai du sang de la GRC qui coule dans mes veines! Merci d’avoir partagé cette photo avec nous! »

Photographie noir et blanc prise de près d’un homme Inuit portant un veston et une cravate debout à l’extérieur.

Jimmy Gibbons, Gendarme spéciale de la Gendarmerie royale du Canada, Arviat (Nunavut), 1 août 1946 (MIKAN 4805042)

Envie d’en savoir plus sur le projet? Lisez l’article Project Naming/Un visage, un nom, paru en anglais dans le International Preservation News (aux pages 20 à 24 du no 61, publié en décembre 2013).

BAC aimerait aussi connaître votre opinion sur le deuxième volet du projet Un visage, un nom. Exprimez-vous grâce au formulaire « Le projet Un visage, un nom se poursuit ».

Histoire autochtone : Commencez votre recherche