Conservatrice invitée : Catherine Bailey

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Plan d’un ensemble de huit fermes par sir William Cornelius Van Horne pour le Chemin de fer Canadien Pacifique, v. 1889

Page avec deux grilles tracées à l’encre noire séparées en carrés ou en triangles pour représenter les fermes.

Plan d’un ensemble de huit fermes par sir William Cornelius Van Horne pour le Chemin de fer Canadien Pacifique, v. 1889 (MIKAN 2925396)

Ce manuscrit témoigne de l’influence des sociétés ferroviaires sur le développement du pays. Les zones de peuplement situées près des voies ferrées suivent encore le plan quadrillé imposé à cette époque.


Parlez-nous de vous.

J’ai passé quatre merveilleux étés à travailler en tant qu’assistante dans les services d’archives aux Archives provinciales d’Alberta, où j’ai manipulé des documents gouvernementaux, des manuscrits privés et des documents cartographiques. Dans le cadre de mon travail, j’ai répondu à de nombreuses demandes de renseignements concernant les lots de colonisation homestead (qui permettent aux « homesteaders » d’obtenir des lettres patentes confirmant qu’ils s’étaient installés sur une ancienne terre de la Couronne et avaient reçu un titre juridique). Durant mon dernier été, j’ai catalogué les séries de plans historiques cantonaux (cartes) de l’ensemble de l’Alberta.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Portrait d’un homme en costume assis à cheval sur une chaise de bistro et tenant un cigare à la main.

Sir William Van Horne, constructeur du Chemin de fer Canadien Pacifique, v. 1900 1910 par W.A. Cooper (MIKAN 3575931)

Depuis que j’ai développé une connaissance approfondie du système de recensement cadastral de l’Ouest canadien et des demandes pour les lots de colonisation aux Archives provinciales d’Alberta, cet article du fonds sir William Cornelius Van Horne m’a fait vibrer. Je connaissais très bien ces lignes de quadrillage! Cependant, l’influence du Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) s’étend bien au-delà de ce croquis d’un plan d’établissement quadrillé griffonné sur une feuille; l’histoire ne s’arrête pas là.

Le gouvernement a appuyé la construction du CFCP en octroyant la charte du Canadien Pacifique, qui accordait à la compagnie une subvention de 25 millions de dollars et les concessions de 25 millions d’acres de terre (à peu près la superficie de l’Angleterre), en plus des droits de passage, des stations et des gares de triage. Entre 1882 et 1885, la construction du CFCP relevait directement de la compétence de sir William Cornelius Van Horne, qui en fut par la suite le vice-président et président-directeur général. Peu après l’achèvement du chemin de fer, en 1885, il a réalisé avec les autres directeurs de la compagnie que les maigres profits engendrés sous quelque forme que ce soit étaient presque immédiatement engloutis par les frais d’exploitation et d’entretien des portions de voies difficiles qui traversaient les montagnes.

Reconnaissant non seulement l’attrait potentiel des nouvelles terres octroyées par la charte, mais également la grandeur des paysages montagneux, sir William Van Horne et le CFCP rédigèrent leurs campagnes publicitaires avec des illustrations et des libellés soigneusement élaborés qui ciblaient l’urbanisation et le tourisme au Canada. L’influence et les actions du CFCP ont par conséquent aidé à façonner l’image du Canada à l’étranger et contribué à l’économie nationale.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Il existe une citation célèbre de sir William Van Horne qui dit : « Si nous ne pouvons exporter le décor, nous devrons importer les touristes. » Ce sont autant sa passion pour l’art que son sens des affaires qui l’ont incité à élaborer la campagne publicitaire du CFCP visant à attirer des touristes.

On trouve une multitude de magnifiques documents visuels à BAC et partout au Canada qui montrent comment le CFCP et sir William Van Horne ont influencé l’image du Canada à l’étranger, mais je vais plutôt me concentrer sur la puissance additionnelle des mots, et particulièrement sur ceux qu’on a trouvés dans la brochure touristique du CFCP de 1891 The Canadian Pacific: The New Highway to the Orient Across the Mountains, Prairies and Rivers of Canada (Le Canadien Pacifique : La nouvelle route de l’Ouest à travers les montagnes, les prairies et les rivières du Canada).

Image d’une chaîne de montagnes avec un petit train quittant une gare, avec un titre réparti entre le haut et le bas de la page.

Page titre de la brochure The Canadian Pacific: The New Highway to the Orient Across the Mountains, Prairies and Rivers of Canada, publiée à Montréal par le Chemin de fer Canadien Pacifique, 1891 (AMICUS 8155839)

Conçue et rédigée par sir William Van Horne lui-même, cette brochure de 48 pages avait été commencée en 1884, avant l’achèvement du CFCP, mais elle n’a été publiée qu’en 1887, car Van Horne tenait absolument à ce que les textes soient étayés par les meilleures illustrations de montagnes possibles. Il fut l’un des commanditaires de « l’école du chemin de fer » qui accueillit des artistes canadiens tels que John Arthur Fraser, Thomas Mower Martin (en anglais seulement), Frederic Marlett Bell‑Smith et Lucius O’Brien. Les artistes recevaient des cartes de chemin de fer gratuites, souvent à la seule condition que le CFCP aurait préséance sur leurs œuvres en vue de les utiliser à ses propres fins.

Aquarelle colorée dépeignant une verte forêt devant des montagnes bleues sous un ciel nuageux.

View of the Rockies (Vue sur les Rocheuses) par Lucius O’Brien, 1887 (MIKAN 2886889)

Gravure de deux hommes sur une plage installant un chevreuil mort dans un canot. On peut voir un autre canot et un wigwam sur le côté, ainsi que des arbres et une montagne en arrière­-plan, de l’autre côté de la rivière.

Aboriginal Hunters with Wigwam and Canoe by a River (Chasseurs autochtones avec un wigwam et des canots sur le bord d’une rivière) par Thomas Mower Martin, 1885 (MIKAN 3018705)

Sa passion pour l’art mise à part, sir William Van Horne était aussi un homme d’affaires et il a clairement rappelé aux artistes leur obligation envers le CFCP qui s’attendait à ce qu’ils représentent les montagnes avec suffisamment de grandeur pour attirer les visiteurs. Lors d’une circonstance particulière, décrite dans le livre d’E.J. Hart The Selling of Canada: The CPR and the Beginnings of Canadian Tourism (AMICUS 3976336), sir William Van Horne a écrit à John Arthur Fraser (à qui l’on avait demandé, en 1886, de dessiner des croquis de toute la ligne du CFCP) :

[Traduction] Les croquis en noir et blanc vont difficilement répondre à nos objectifs, les montagnes ne sont pas suffisamment imposantes. J’ai dessiné un croquis la nuit dernière… qui illustre mes idées; je l’ai principalement fait de mémoire et j’ai pris beaucoup de liberté, mais je ne pense pas que quiconque se rendra sur place avec le croquis entre les mains pourra nous accuser d’avoir exagéré. Pour le Grand Glacier et le pic Syndicate, j’aimerais quelque chose de semblable… Je n’aime pas la perspective sous laquelle le glacier est représenté et les pics ne sont pas suffisamment larges pour en donner la distance appropriée. Vous avez bien sûr toute la liberté voulue pour améliorer mon croquis comme il se doit, mais j’espère cependant que vous en préserverez la taille.

Merci de faire un croquis du mont Stephen, en le dessinant un peu de la même manière (The Selling of Canada, p. 35)

La brochure The New Highway visait clairement à séduire les touristes :

[Traduction] Laisse-toi tenter, cher lecteur; laisse l’Angleterre pour quelques semaines et viens avec moi parcourir cette vaste terre, viens avec moi admirer les beautés et les gloires tout récemment à notre portée. Aucune souffrance à endurer, aucune difficulté à surmonter, ni aucun danger ou désagrément à éviter. Au contraire, tu verras des rivières majestueuses, des forêts immenses, des plaines à perte de vue, des montagnes à couper le souffle et autres innombrables merveilles; tout cela, dans le confort et le raffinement. Si tu es las du tourisme traditionnel, des paysages et des odeurs du Vieux Monde, tu trouveras ici fraîcheur et nouveauté… Si tu aimes gravir les montagnes, apporte ton alpenstock, car tu trouveras ici des falaises, des pics et des glaciers à la hauteur de tes attentes. (The New Highway, 1891, p. 8)

Le langage utilisé est si évocateur qu’en lisant cette brochure aujourd’hui, on peut très bien imaginer à quoi ressemblaient les voyages partout au Canada à bord du CFCP à la fin du XIXe siècle. L’article commence par des indications sur la façon de rejoindre le terminus de Montréal par bateau à vapeur (ou celui d’Halifax, en hiver), puis il se poursuit par la remarque suivante : « Mais tu dois être impatient de voir les montagnes, et si tu me permets de choisir, cher lecteur, nous partirons de Montréal en utilisant la ligne principale du chemin de fer, afin de ne rien manquer lorsque nous reviendrons des Grands Lacs, et ainsi de visiter Toronto et les chutes Niagara. » (p. 12)

La brochure continue en vantant les installations du train avant de donner une description détaillée de chaque partie du voyage vers l’Ouest. À partir de Montréal, le voyageur est guidé pas à pas à travers la vallée de l’Outaouais, puis au nord du lac Supérieur et au Manitoba, dans les grandes plaines de ce qui était alors les Territoires du Nord-Ouest, et jusqu’aux majestueuses chaînes de montagnes de Banff, avant de sortir du grand, mais « terrible » canyon du Fraser en direction de la vallée du Fraser et de Vancouver, pour conclure avec un mélange d’excuses et d’avertissements :

[Traduction] Je te demande pardon, patient lecteur, d’insister à vouloir te montrer toutes sortes de choses sur notre parcours, qu’elles soient sur ta liste des choses à voir ou non. C’est que, vois-tu, j’ai peur que tu manques un élément de cette liste. C’est, en fait, ma seule excuse. J’ai vu que tu t’étais ennuyé à mourir, ce qui m’a donné à penser que tu avais besoin de liberté pour aller et venir à ton gré, et comme tu n’as nullement besoin d’un guide, je vais, avec ta permission, te laisser ici… (p. 43‑44)

Au bout du compte, l’appel du CFCP au cœur et à la conscience des touristes pour promouvoir et mettre en valeur les paysages montagneux a été rentable non seulement pour la compagnie, mais aussi pour l’image du Canada à l’étranger et pour l’économie nationale, un fait qui a été reconnu et sera ensuite exploité par le gouvernement fédéral quelques années plus tard. Tout comme sir William Van Horne, J.B. Harkin, premier commissaire des parcs nationaux (1911‑1936), reconnaissait également la valeur économique des paysages canadiens, et il incluait régulièrement des statistiques dans ses rapports annuels au ministre de l’Intérieur. En indiquant les dépenses des visiteurs étrangers et canadiens à Banff entre 1910 et 1915 (respectivement environ 15 millions de dollars et 8,5 millions de dollars), il louait aussi la valeur économique des paysages des parcs nationaux :

[Traduction] Ils sont uniques en ce sens que, alors qu’ils rapportent des sommes d’argent considérables, que nous n’avons pas besoin de donner quoi que ce soit en retour qui représente une perte pour le pays. Pour vendre du blé, nous devons vendre une partie de la fertilité de notre sol. Mais, lorsque les touristes dépensent de l’argent pour voir nos montagnes, nos lacs, nos chutes, nos canyons et nos glaciers, nous gardons non seulement leur argent, mais aussi toutes les attractions naturelles qu’ils sont venus voir et ont laissé intactes. Ces beautés seront toujours là pour attirer davantage de touristes et leurs dollars.

Pour en savoir plus sur les fondations de l’industrie du tourisme au Canada et les retombées du chemin de fer canadien, n’hésitez pas à consulter le contenu Web archivé de BAC Le Canada par le train.

Biographie

Photo en couleur d'une femme portant un veston rouge devant un rideau bleu et arborant un grand sourire.Catherine Bailey est archiviste principale des documents gouvernementaux à BAC, où elle a été responsable des portefeuilles de la santé et des services sociaux, du transport, de la justice et de la sécurité. Tout en étudiant pour obtenir un baccalauréat ès arts avec spécialisation en histoire canadienne (UBC, 1986), elle travaillait pendant l’été en tant qu’assistante dans les services d’archives aux Archives provinciales de l’Alberta, avant de continuer avec une maîtrise en études archivistiques (UBC, 1988). Rédactrice en chef du journal de l’Association canadienne des archivistes Archivaria à partir de 2007‑2008, elle a reçu le prix hommage à un membre de l’ACA (en 2004) et le prix James J. Talman de l’Association des archives de l’Ontario (en 2012). Elle a rédigé de nombreux articles et fait plusieurs présentations sur l’évaluation des archives, et notamment sur l’instauration de la macro-évaluation au sein du gouvernement fédéral canadien.

Ressources connexes

  • E.J. Hart, The Selling of Canada: The CPR and the beginnings of Canadian Tourism (Banff, Alta.: Altitude Publishing, 1983). AMICUS 3976336
  • Rapport annuel du ministère de l’Intérieur : Rapport du commissaire des parcs nationaux (Ottawa: King’s Printer, 1915), p. 4. AMICUS 1719497

Conservatrice invitée : Annabelle Schattmann

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Le globe Chewett par W.C. Chewett & Co., vers 1869

Un imposant globe terrestre dans un support en bois et en laiton.

Globe terrestre par W.C. Chewett & Co. pour le ministère de l’Éducation de l’Ontario, vers 1869 (AMICUS 41333460)

Ce globe terrestre est un des premiers produits au Canada, à l’époque de la Confédération. Conçu pour être utilisé dans les écoles, il s’inscrivait dans un élan patriotique visant à définir le pays naissant.


Parlez-nous de vous.

Je voyage beaucoup, tant pour le plaisir que pour le travail. Je suis allée plusieurs fois en Europe, et je me suis rendue au Pérou pour faire des fouilles archéologiques lorsque j’étais étudiante. J’ai aussi vécu un peu plus d’un an au Japon alors que j’étais étudiante au secondaire, et ce fut une expérience inoubliable. La leçon la plus importante que j’ai apprise est d’apprécier et de respecter les choses qui sont différentes, étranges et parfois incompréhensibles. Cela m’a montré à être critique à l’égard de mes préjugés et de la culture dans laquelle je vis, des réflexes qui font la promotion d’un mode de vie cohésif dans un monde multiculturel.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

En raison de mon expertise et de mon amour des voyages, j’ai choisi de parler du globe terrestre de Chewett. Les cartes géographiques sont très intéressantes! Lorsque je voyage, j’aime regarder la carte du monde des pays que je visite, parce que ceux-ci mettent toujours leur territoire au centre de la carte. Cela cause inévitablement de la distorsion dans les distances entre les pays et la taille des océans, car notre planète est sphérique. Voir le Canada rétréci ou élargi m’a toujours fait sourire et m’a quelque peu aidé à comprendre comment les autres peuples voient et comprennent leur monde.

Notre monde évolue constamment, qu’il s’agisse de ses caractéristiques physiques comme les fleuves et les montagnes, ou de concepts abstraits comme les noms et les frontières. Par conséquent, les cartes doivent continuellement être mises à jour, ce qui nous permet de retracer l’histoire à travers les changements apportés à celles-ci. À titre d’archéologue, les cartes géographiques sont essentielles à mon travail. Les vieux plans de ville révèlent les endroits où les anciens bâtiments étaient érigés, où les cimetières abandonnés sont situés, mais sur lesquels on a reconstruit et qui se sont ensuite effacés de notre mémoire collective. Je dois également tenir compte de ce à quoi le paysage pouvait ressembler par le passé afin de comprendre les ressources auxquelles les gens avaient accès et ce qui aurait pu les inciter à choisir un lieu particulier pour camper ou imprégner une signification au paysage par les histoires et les légendes.

Je pense que M. William Cameron Chewett, la personne dont l’entreprise a créé ce globe, aurait apprécié ces pensées. Bien que sa profession était l’imprimerie, sa famille avait participé à la cartographie du Haut-Canada. Son grand-père, William Chewett, a travaillé comme arpenteur en chef et a arpenté la majeure partie de ce qui constitue maintenant l’Ontario, alors que son père, James Chewett, a aussi travaillé comme arpenteur avant de construire plusieurs édifices connus de Toronto. W.C. Chewett and Co. était considérée comme l’une des entreprises d’impression et d’édition les plus éminentes au Canada. L’entreprise a produit des lithographies primées de 1862 à 1867, obtenant des premiers prix chaque année, et avait une large gamme de publications allant de périodiques et d’annuaires téléphoniques aux livres de droit et de médecine, en passant par le Canadian Almanac. De plus, le magasin de détail était un lieu de rassemblement social populaire. Le globe a été créé au cours de la dernière année d’exploitation de l’entreprise (1869) avant qu’elle soit achetée et renommée Copp, Clark and Company.

Une carte géographique de l’Ouest canadien, ce qui est maintenant le sud de l’Ontario, avec des couleurs indiquant les comtés. La légende contient une liste de gares ferroviaires avec leurs distances respectives.

Carte de l’Ouest du Canada en photogravure publiée dans le Canadian Almanac pour 1865 par W.C. Chewett & Co., Toronto. (MIKAN 3724052)

Pour le 150e anniversaire du Canada, je pense qu’il vaut la peine de réfléchir aux changements qui sont survenus au cours du dernier siècle et demi, ce que le globe de Chewett nous montre littéralement. Au cours de ma vie, j’ai observé la création du territoire du Nunavut et le changement de nom de plusieurs rues dans mon quartier. Quels changements avez-vous constatés au cours de votre vie et comment vous ont-ils touchés, ainsi que votre communauté?

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

Lorsque la plupart des gens pensent à des cartes, ils pensent à la géographie et aux frontières politiques, mais les cartes peuvent également être utilisées pour illustrer et pour décrire presque n’importe quoi, notamment les relevés de recensement, les langues parlées et les affiliations de groupe. Pour poursuivre dans cette voie, j’ai choisi une carte de l’Amérique du Nord de 1857 qui montre les régions où vivaient divers groupes autochtones à cette époque. Idéalement, si je devais ajouter cette carte géographique à l’exposition, j’aimerais également inclure une carte moderne présentant les lieux où vivent actuellement les bandes des Premières Nations. Je pourrais ainsi montrer au public les changements importants vécus par nos concitoyens pour qu’il puisse les voir aussi clairement que ceux qu’il est en mesure de constater en comparant le globe à n’importe quelle carte moderne du Canada.

Mon autre raisonnement est un peu plus égoïste. En tant qu’anthropologue, je comprends et j’ai appris par l’expérience que la meilleure façon d’apprécier et de respecter une autre culture est d’en apprendre à son sujet, au sujet de ses gens, et lorsque c’est possible, d’y vivre également. En grandissant, je n’ai pas vraiment eu de contact avec les Premières Nations, leur culture et leur histoire. C’est pourquoi je n’ai pas développé de sensibilité à leur culture ou d’intérêt à en apprendre à leur sujet. En tant qu’anthropologue et que Canadienne, j’ai eu honte de ces sentiments et j’ai éprouvé de la tristesse lorsque d’autres Canadiens ont exprimé des opinions semblables. Au cours des dernières années, j’ai travaillé activement à m’éduquer. En ajoutant cette pièce, j’espère inspirer les autres à apprécier, à respecter leurs concitoyens canadiens et à en apprendre davantage à leur sujet. Cette question est particulièrement significative en cette période charnière pour le Canada, car il s’agit de l’année où nous devons célébrer le rassemblement et la création de liens plus forts entre les nations.

Une grande carte géographique en couleur de l’Amérique du Nord indiquant les territoires de diverses bandes autochtones avec des légendes dans les coins.

Carte de l’Amérique du Nord indiquant les frontières et l’emplacement de divers groupes autochtones. (MIKAN 183842)

 

Biographie

Colour photograph of a young woman with long hair and glasses looking towards the photographerAnnabelle Schattmann est une anthropologue en biologie. Elle est titulaire d’une maîtrise ès arts en anthropologie de l’Université McMaster (2015) et d’un baccalauréat ès arts en anthropologie de l’Université Trent (2012). Elle a participé à plusieurs projets de recherche, notamment une fouille archéologique au Pérou, une excavation de cimetière en Pologne et une recherche sur les carences en vitamines C et D au cours de diverses époques au Canada et en Europe.

Ressources connexes

McLeod, Donald W. “Chewett, William Cameron.” Dictionary of Canadian Biography.

Conservateur invité : Shane McCord

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Major John Norton, Teyoninhokarawen, peint par Mary Ann Knight , 1805

Portrait en miniature ovale du major John Norton, Teyoninhokarawen, portant une coiffe rouge et blanche dans laquelle est piquée une plume d’autruche. Il porte aussi de longues boucles d’oreilles composées d’étoiles encerclées, une chemise à motifs et une cape rouge.

Portrait en miniature du major John Norton, Teyoninhokarawen, le chef mohawk, peint par Mary Ann Knight, 1805 (MIKAN 2836984)

Le public britannique se faisait une idée romantique du Canada, surtout des Autochtones. Teyoninhokarawen s’est probablement amusé à accentuer les stéréotypes lorsqu’il a pris la pose dans cette tenue qu’il a personnalisée.


Parlez-nous de vous.

Je viens de la forêt Ganaraska. Techniquement, l’adresse du domicile familial est située dans le petit village de Campbellcroft, dans une région rurale de l’Ontario, mais le voisin le plus près se trouve à plus d’un kilomètre. Nous ne nous sentions pas dans un village. Pendant que nous habitions là, mes parents ont encouragé le développement d’un grand intérêt pour l’art et la culture. Malheureusement, même si la forêt Ganaraska, qui compte près de 12 000 acres, est un endroit merveilleux d’une grande diversité, une chose qui ne s’y trouve pas est une galerie d’art importante où il y a une collection connue à l’échelle internationale. Par conséquent, lorsque j’étais adolescente, j’ai visité les galeries du monde en regardant des reproductions comme celles qui figurent dans le livre Carnegie Art Reference Set for Colleges, maintenant rare. Le moyen d’expression me fascinait autant que le message. J’ai développé un intérêt pour les reproductions d’œuvres d’art et leur diffusion au Canada. J’ai suivi cet intérêt en faisant des détours pendant mes études et je me suis mise à écrire sur les ouvrages, ou les livres d’artistes, car ils sont connus dans mon domaine. Pour passer de l’étude des livres et des reproductions à la bibliothéconomie et aux archives, il n’y avait qu’un pas.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Teyoninhokarawen (1760-1823 environ) est né sous le nom de John Norton à Salen, en Écosse, de parents écossais et cherokees. Selon les dossiers de l’armée, il est allé au Canada. Après sa démobilisation, en 1788, il a vécu avec les Mohawks de la rivière Grand. Plus tard, il est devenu le neveu adoptif de Joseph Brant. Son portrait a été peint par Mary Ann Knight, une miniaturiste anglaise, pendant la visite de John Norton en Angleterre comme émissaire des Mohawks de la rivière Grand. Il a été exposé à la Royal Academy en 1805.

Ce portrait constitue une porte d’entrée fantastique dans l’histoire du Canada de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle. J’ai choisi d’écrire sur cet article tout d’abord parce qu’il est très attrayant. Le portrait a été peint en Europe où le romantisme était beaucoup dans l’air du temps; cela transparaît dans la présentation de John Norton. Il n’était plus à la mode de représenter sur des portraits des gens portant des vêtements européens contemporains. Le point de comparaison qui me vient à l’esprit sans réfléchir est le portrait de Thomas Phillips qui montre George Gordon Byron portant un foulard albanien en guise de turban — bien que de nombreux brillants portraits de Jean-Etienne Liotard, le « peintre turc », peuvent aussi être intéressants pour la comparaison avec cette miniature.

La coiffe que porte John Norton pour ce portrait est fascinante en raison de la manière dont elle perpétue puis répand les mythologies orientales — établissant naturellement, à cette époque, des liens avec le concept du « bon sauvage » de Rousseau alors bien connu —, mais aussi de la façon dont elle représente véridiquement l’identité outre-atlantique de John Norton. La plume de la coiffe est celle d’une autruche. Ce n’est pas un oiseau que l’on voit fréquemment sur les rives des Grands Lacs, où John Norton a été adopté comme Mohawk, ou sur le territoire cherokee de son père, au Tennessee. Toutefois, la plume d’autruche était populaire comme élément des coiffes au Royaume-Uni, notamment en Écosse où, comme dans le portrait de Lord Mungo Murray fait par John Michael Wright, elle donne à la personne qui la porte une image d’aventurier. En même temps, la plume relie John Norton aux tropes visuels établis qui représentent les Autochtones d’Amérique du Nord portant des coiffes de cérémonie composées de plumes alors que l’inclusion européenne de la plume d’autruche importée fait ressortir le côté écossais de John Norton.

La coiffe de John Norton en détail. Elle est blanche et rouge. Une plume d’autruche y est piquée sur le devant.

La coiffe de John Norton en détail. (MIKAN 2836984)

Tout cela juste au sujet de la plume! Le reste de la garde-robe de John Norton est tout aussi intéressant de diverses manières. Ce portrait est si riche qu’il existe des livres remplis d’éléments que les Canadiens doivent connaître! En fait, je commencerai en recommandant littéralement davantage de lecture (après tout, nous sommes à Bibliothèque et Archives Canada). Le premier livre à lire est The Journal of Major John Norton. John Norton a terminé ce journal en 1815-1816 quand il se trouvait en Angleterre. Il traite d’une grande diversité de sujets, notamment de son voyage du Haut-Canada au Tennessee et à d’autres États du sud des États-Unis, ainsi que des guerres frontalières des années 1780 et 1790. Dans l’ensemble de ce journal, John Norton parle de façon intéressante et unique des Autochtones d’Amérique du Nord. Il faut souligner son étude de Joseph Brandt. Deux éditions du Journal ont été publiées, toutes deux par la société Champlain (The Champlain Society). La plus récente édition comprend une introduction et des notes supplémentaires de Carl Benn, un expert prééminent de John Norton dont les œuvres sont une excellente source pour obtenir plus d’information.

Un autre livre que je recommanderais à ceux que John Norton intrigue est The Valley of the Six Nations, également publié par la société Champlain. Ce livre, préparé par Charles M. Johnston, présente une collection de documents importants liés aux Six Nations dans la région où John Norton a passé la majeure partie de sa vie d’adulte. Il comprend de nombreux documents sur le conflit au sujet des terres entre les Mohawks des Six Nations ainsi que le gouvernement britannique et celui de la colonie. Certains des documents qui se trouvent dans ce livre sont de John Norton lui-même. Les originaux de beaucoup de ceux-ci font partie des archives conservées à BAC.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Portrait en miniature ovale du colonel William Claus vêtu d’une veste noire et d’une cravate blanche. Le fond est bleu.

Le colonel William Claus peint par Andrew Plimer, vers 1792 (MIKAN 2895040)

J’ai choisi ce portrait de William Claus parce que son rôle dans l’histoire canadienne est diamétralement opposé à celui de John Norton. Huit ans après que ce portrait a été peint, William Claus a été nommé surintendant général adjoint du Haut-Canada au département des Affaires indiennes. Dans ce rôle, il était tout à fait l’adversaire de John Norton. D’ailleurs, dans l’entrée sur William Claus qu’a rédigée Robert Allen pour le Dictionnaire biographique du Canada, la relation entre ces deux personnages est décrite comme une « âpre dispute ».

Cette dispute avait trait aux revendications concernant les terres des Six Nations autour de la rivière Grand. Même si la correspondance montre que ces deux personnages se sont disputés plusieurs fois, William Claus a porté un dur coup à John Norton lorsqu’il l’a discrédité aux yeux des autorités coloniales, ce qui a causé l’échec du voyage de John Norton en Angleterre comme représentant des Six Nations. Les critiques de William Claus à l’endroit de John Norton ne sont pas complètement dénuées de fondement étant donné que John Norton n’a pas véritablement représenté les points de vue de tous les chefs des Six Nations.

Bien plus peut être dit et, de fait, a été mentionné, dans les sources ci-dessus et dans d’autres sources, sur la relation entre John Norton et William Claus, ainsi que sur la dispute concernant les Six Nations avec le département des Affaires indiennes. Les deux portraits sont un point d’entrée fascinant dans ce chapitre de l’histoire qui a toujours une incidence aujourd’hui.

Biographie

Photo en couleur d'un jeune garçcon regardant un modèle réduit d'un navire.Shane McCord travaille comme archiviste en arts à Bibliothèque et Archives Canada depuis 2010, où son travail s’est étendu des plaques du 17e siècle à l’art contemporain. Il est titulaire d’une maîtrise en histoire de l’art de l’Université Concordia ainsi que d’une maîtrise en archivistique doublée d’une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information de l’Université de la Colombie-Britannique.

Conservatrice invitée : Caroline Forcier-Holloway

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Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

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Photo tirée de Storm O’Brien, un épisode de la télésérie R.C.M.P réalisée par Crawley Films Ltd., en 1959

Vue fixe en noir et blanc d’un acteur vêtu d’un uniforme de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), appuyé contre un camion de marque Bombardier.

Photo tirée de Storm O’Brien, un épisode de la télésérie R.C.M.P., réalisée en 1959 par Crawley Films Ltd. (MIKAN 3563899) ©Michal Anne Crawley

La série visait à présenter une image plus réaliste des gendarmes canadiens. Des relations complexes et difficiles, par exemple avec les Autochtones, y sont évoquées. Mais dans l’ensemble, on y nage curieusement en pleine romance.


Parlez-nous de vous

Mes recherches sont axées sur les peuples nordiques du Canada et l’exploration de l’Arctique canadien documentés dans les films parrainés par le gouvernement, les films de cinéastes indépendants moins connus et les films amateurs non publiés, ainsi que les films de collections privées. Dès que j’en ai l’occasion, je me penche sur des films souvent oubliés et laissés à l’abandon qui requièrent toute notre attention, dans l’espoir de les rendre accessibles.

Mon intérêt envers la collection de récits oraux de Bibliothèque et Archives Canada remonte à l’époque où j’étais archiviste de référence, intérêt qui s’est transformé en l’un de mes principaux portefeuilles d’acquisition. Vint ensuite le désir de mener des entrevues avec les donateurs dans le cadre du programme bien établi des récits oraux des Archives nationales du Canada. Depuis 2015, je suis coresponsable de la toute nouvelle initiative de BAC portant sur les histoires orales, un programme d’entrevues axé sur les récits oraux qui donne la parole aux donateurs et aux employés de BAC afin de souligner leurs contributions.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Les paragraphes ci-dessous présentent des exemples du contenu datant des débuts de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) prélevé à même la vaste collection de documents audiovisuels de BAC. L’information y est disposée en trois catégories : les premières dramatiques télévisuelles de fiction; les premiers longs métrages de fiction; et les premiers documentaires et films amateurs.

La GRC dépeinte dans les premières dramatiques télévisuelles de fiction

Crawley Films Ltd., en partenariat avec la British Broadcasting Corporation (BBC), a réalisé la série R.C.M.P. en 1959-1960. Appuyés sur des faits réels tirés de dossiers de la GRC, les 39 épisodes d’une demi-heure ont été tournés en noir et blanc au format 35 mm et diffusés au Canada, en Angleterre et en Australie.

BAC a acquis le fonds Crawley Films en 1983. La collection renferme 38 837 bobines de film, 12 800 photographies, 42 mètres de documents textuels, ainsi que d’autres médias. Frank Radford « Budge » Crawley et Judith Crawley fondent officiellement Crawley Films en 1939, à Ottawa. Parmi les différentes catégories de films réalisés par Crawley Films — commandes de l’industrie, longs métrages, documentaires, films d’animation et messages publicitaires —, la télésérie dramatique R.C.M.P. positionne vraiment l’entreprise dans une classe à part des autres maisons de production.

La télévision entre dans les foyers canadiens en 1952, et en 1955, 23 stations de télévision sont en activité au Canada, alors que la demande de contenus à diffuser sur les ondes est croissante. En 1958, « Budge » conclut un partenariat avec la Société Radio-Canada (SRC) et la BBC afin de réaliser une série qui allait relater les « récits quotidiens des forces policières fédérales canadiennes » [traduction].

Munroe Scott, l’un des scénaristes de la série, explique le choix du thème par Crawley Films : « La GRC nous fascinait parce qu’elle faisait partie de presque tous les aspects de la vie au Canada. Les scénarios de chaque épisode étaient généralement conçus de manière à refléter la réalité, même si on y ajoutait des effets dramatiques pour la télévision » [traduction].

Afin de tourner les épisodes, Crawley Films a acheté une propriété de 40 acres près de Chelsea (Québec), où l’on a érigé un studio de 8 500 pieds carrés. Les villes d’Aylmer, de Québec et d’Outlook (Saskatchewan) ont servi à matérialiser la ville western fictive de Shamattawa. L’acteur francophone Gilles Pelletier jouait le rôle principal du caporal Jacques Gagnier, responsable du détachement. John Perkins incarnait le constable Frank Scott, tandis que Don Francks prêtait vie au constable Bill Mitchell, un collègue tout frais émoulu de l’académie. Des rôles de soutien revenaient régulièrement dans les épisodes, dont le constable spécial Ben Aputagen, joué par Angus Baptiste, et le maire Bill Cartwright, incarné par Bernard McManus.

BAC possède les 39 épisodes de la série, ainsi qu’une version de l’épisode 18, The Hunt, en allemand. Pour suivre la série, les téléspectateurs syntonisaient la SRC le mercredi à 20 h. Une liste de tous les épisodes a été compilée par The Classic TV Archive [en anglais].

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition

Avant R.C.M.P., une série américaine d’aventure dramatique de genre fiction connaissait déjà du succès chez les téléspectateurs et auditeurs, soit Sergeant Preston of the Yukon, dont les 78 épisodes ont été télédiffusés par la CBS de 1955 à 1958. La série relatait les péripéties du sergent William Preston, un gendarme canadien de la Police à cheval du Nord-Ouest [créée en 1873, cette entité a été renommée Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest vers 1896, puis remplacée par la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest en 1904] alors qu’il patrouillait dans les contrées sauvages du Yukon avec son cheval, Rex, et son fidèle chien, Yukon King. Ensemble, ils combattaient les malfaiteurs (evildoers) dans les régions nordiques pendant la ruée vers l’or des années 1890.

La télésérie était basée sur la populaire dramatique radio, Challenge of the Yukon, un feuilleton radiophonique de 15 minutes mettant en vedette le sergent Preston, d’abord radiodiffusé à Détroit de 1938 à 1947, puis repris par différentes stations radio jusqu’en 1955. Pour écrire la série, Tom Dougall s’était inspiré des poèmes de Robert W. Service. Les âmes nostalgiques qui aimeraient faire un retour en arrière peuvent écouter les 609 radioromans sur le site Web d’Old Time Radio Researchers Group [en anglais]. BAC conserve certains épisodes de Challenge of the Yukon et de Sergeant Preston of the Yukon.

La GRC mise en vedette dans les premiers longs métrages de fiction

Symbole emblématique du Canada, la GRC a été dépeinte dans plusieurs centaines d’ouvrages de fiction à Hollywood, inondant l’industrie cinématographique. Parmi les classiques, citons Rose-Marie [en anglais] (1936), un film musical réalisé par MGM, et Renfrew of the Royal Mounted [en anglais] (1937), une série de huit longs métrages réalisés par Criterion Pictures Corporation. Ces œuvres ont été distribuées partout en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde.

Le tout premier long métrage de fiction traitant des gendarmes canadiens s’intitule The Cattle Thieves [en anglais] (1909), une réalisation de la Kalem Company, établie aux États-Unis. Ce studio a d’ailleurs innové en étant le premier à se rendre au Canada pour tourner une dramatique sur place. C’est ainsi que le public américain a découvert la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest [entité ayant remplacé la Police à cheval du Nord-Ouest en 1904]. D’autres maisons de production américaines ont aussi réalisé des films dont l’intrigue se déroulait au Canada, mais qui étaient tournés aux États-Unis, un style qui se maintiendra jusque tard dans les années 1950. À l’époque, on mettait l’accent sur la romance des vastes étendues sauvages du Canada. Habituellement, la distribution des personnages comprenait un trappeur ou un bûcheron canadien-français dans le rôle du méchant, quelques Autochtones, des mineurs, des prospecteurs, des contrebandiers de whisky et, bien entendu, un « noble gendarme canadien ».

Sous la direction d’A.J. Edwards, On the King’s Highway [en anglais] (1915) est l’une des premières dramatiques à être tournées sur les gendarmes canadiens par la Conness Till Film Company de Toronto. Quant à la nouvelle de James Oliver Curwood, Wapi the Walrus, devenue Back to God’s Country [L’instinct qui veille] (1919), elle donnera naissance au tout premier long métrage canadien portant sur la survie. Historien du cinéma, Peter Morris décrit le récit comme un « triangle mélodramatique mettant en vedette, dans un décor sauvage du Nord canadien, une héroïne, un héros et un méchant, de même qu’un chien — tout aussi héroïque — et des ours qui vivent dans un environnement nordique naturel marqué par la froidure et la neige, sans oublier l’omniprésente [Royale] Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest » [traduction].

Image en couleurs d’un homme et d’une femme à cheval dans une clairière, devant des arbres verts majestueux et des montagnes aux cimes enneigées. L’homme porte une chemise jaune déboutonnée pour exposer sa poitrine. Il est penché vers la femme qui porte un bonnet blanc et une mante rouge. Découpée et apposée en bas à gauche, une autre image, en noir et blanc, illustre un gendarme en uniforme qui dirige son cheval vers un feu de camp; un grand arbre se dresse en arrière-plan. Le titre du film est écrit en bas à droite, sur l’affiche.

Affiche publicitaire du film Cameron of the Royal Mounted, 1921, par Winnipeg Productions Ltd. (MIKAN 199330)

Cameron of the Royal Mounted (1921) est un long métrage d’aventure de fiction muet avec des intertitres en anglais, produit par Winnipeg Productions Ltd. et inspiré du livre de Ralph Connor, Corporal Cameron of the North West Mounted Police [en anglais]. On y raconte l’histoire d’un jeune homme qui se sauve au Canada pour éviter l’emprisonnement pour un chèque contrefait. Il tombe en amour, mais il sera la cible d’un rival jaloux. L’occasion s’offre à lui de se joindre à la Royale Gendarmerie à cheval du Nord-Ouest. Il se portera au secours de sa petite amie kidnappée, et sera blanchi de l’accusation initiale qui planait sur lui. Ce film se distingue des autres, car on a fait appel à de vrais gendarmes du poste de Fort McLeod de la Royale Gendarmerie, en Alberta, pour jouer comme figurants dans leurs propres rôles, une décision pleine d’aplomb. BAC dispose d’une version incomplète du film, soit deux bobines sur les six composant le film.

Entre autres films, mentionnons Policing the Plains [en anglais] (1927), une production d’A.D. Kean de la maison Canadian Historic Features Ltd. de Vancouver, et His Destiny [en anglais] (1928), aussi connu sous le titre North of 49, produit par British Canadian Pictures Ltd., de Calgary. Le dernier film a été tourné sur place, en Alberta, et comprend des images du stampede de Calgary de 1928. BAC en possède deux versions incomplètes.

La GRC dépeinte dans les premiers documentaires et films amateurs

De nombreux films ont été tournés sur les gendarmes canadiens, mais cette institution en a réalisés très peu sur elle-même. BAC a plus de 1 230 images en mouvement et enregistrements sonores liés à des collections tant gouvernementales que privées et documentant des activités de la GRC. Les documentaires font état d’activités et d’événements, dont le film Through the Northwest Passage [en anglais] qui nous entraîne dans l’histoire de la navigation. Le documentaire tourné par le caporal F.S. Farrar raconte les péripéties du capitaine Henry Larsen et des huit membres de son équipage qui, à bord de la goélette de bois St. Roch, ont navigué de Vancouver (Colombie-Britannique) jusqu’à Halifax (Nouvelle-Écosse), en empruntant le passage du Nord-Ouest, et ce, de 1940 à 1942.

Photographie en noir et blanc d’un homme portant des vêtements d’hiver à bord d’un bateau; on voit l’eau glacée en arrière-plan.

Le capitaine Henry Larsen à bord du St. Roch, une goélette de patrouille de la GRC, dans les Territoires du Nord-Ouest, vers 1944. (MIKAN 3191981)

Les films amateurs jouent un rôle important pour documenter l’histoire, la culture, la vie et les activités personnelles. Bon nombre d’archives visent à promouvoir cette valeur ou importance plus globale, car on estime que ce sont des documents de source primaire dans le contexte des documents historiques, notamment compte tenu de la demande croissante des chercheurs qui y voient une utilité inestimable aux fins de productions, d’études sociologiques, de préparation de sites Web et d’expositions, et bien plus encore.

Les films amateurs racontent aussi des histoires sur les gendarmes canadiens, basées sur des faits. Pendant ses expéditions dans le Nord dans les années 1930 à 1950, Henry Larsen a documenté, sur sept bobines de films amateurs, des activités variées, des personnes et des lieux.

En 1932, Doug Betts devient constable au sein de la GRC et suit une formation à la caserne Fairmont, à Vancouver. Peu de temps après, il est affecté à Dawson et à Whitehorse, au Yukon, et sera promu au grade de caporal à la fin des années 1940.

Le fonds Norman Betts comprend 23 bobines de films familiaux muets tournés en noir et blanc au format 8 mm. Le caporal Doug Betts était un caméraman passionné qui apportait sa caméra lors de ses diverses affectations, de même que pendant ses permissions de loisirs et de détente. Il a ainsi documenté, entre autres, l’exploitation de placers, les patrouilles en traîneau à chiens, une enquête menée sur le site d’un écrasement d’avion, ainsi que sa participation à des parties de chasse. En outre, BAC a mené une entrevue avec le donateur Norman Betts, fils de Doug Betts, afin de mieux comprendre le contexte des films muets.

Photographie en noir et blanc d’un homme portant des vêtements d’hiver assis sur un traîneau avec six chiens attelés.

Doug Betts assis avec Kluane, son chien de traîneau de tête, extrait de Doug Betts No. 8: home movie, vers 1935-1939. (MIKAN 188444)

Photographie en couleurs d’un emballage de film jaune arborant des notes servant à identifier le film.

Boîte de film Kodak qui contenait une bobine 16 mm de 100 pieds utilisée par le constable Doug Betts. (Les renseignements, comme les annotations, l’oblitération du timbre-poste et la date de péremption du film, fournissent des données importantes afin de déterminer le contenu et les dates d’un film.)

Biographie

Photo couleur d'une femme arborant un grand sourire.Caroline Forcier-Holloway est archiviste audiovisuelle à Bibliothèque et Archives Canada. Depuis qu’elle a amorcé sa carrière à BAC en 1989, elle a rempli diverses fonctions à titre d’archiviste de référence spécialisée en audiovisuel, d’archiviste de référence générale, de chercheuse à la cinématographie et, en dernier lieu, d’archiviste audiovisuelle. Depuis 2000, elle a procédé à l’acquisition de collections et de fonds audiovisuels renfermant du contenu lié à l’histoire orale, aux Autochtones et au Nord, ainsi que des documents en français et en anglais, provenant du secteur privé et du gouvernement, de diffuseurs et de cinéastes, tant professionnels qu’amateurs.

Ressources connexes

Conservatrice invitée : Meaghan Scanlon

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».

Canada : Qui sommes-nous?

Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

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Les voyages du sieur de Champlain […], par Samuel de Champlain, 1613, et sa Carte geographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain

Une photo en couleur d’un livre ouvert avec une carte plié que deuux mains commencent à déplier.

Les voyages du sieur de Champlain…, 1613 et la Carte geographique de la Nouvelle Franse faictte par le sieur de Champlain, gravée par David Pelletier en 1612 (MIKAN 3919638) (AMICUS 4700723)

Samuel de Champlain croyait à l’énorme potentiel du Canada. Il publia cette magnifique carte dans son livre pour en faire la promotion auprès des investisseurs. Les splendides dessins de plantes sont probablement son oeuvre. Lire la suite

Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne

par Meaghan Scanlon

Le premier comic book canadien, Better Comics no 1, a été publié il y a 75 ans par Maple Leaf Publishing de Vancouver. Depuis ce temps, le Canada a vu naître de nombreux et talentueux bédéistes. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) présente une nouvelle exposition de reproductions des œuvres de ces artistes. Intitulée Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne, l’exposition aura lieu du 12 mai au 14 septembre dans le hall de l’édifice principal de BAC au 395, rue Wellington à Ottawa.

Alter ego aborde le sujet de la bande dessinée et l’identité canadienne de trois façons. Les œuvres présentées sont regroupées en trois thèmes : « Identité collective », « Identité secrète » et « Identité personnelle ».

Le thème « Identité collective » examine la façon dont les artistes canadiens ont exprimé leur engagement envers l’identité nationale par l’entremise de leur travail. L’identité canadienne repose sur des symboles unificateurs et une histoire commune. De nombreuses bandes dessinées canadiennes, en particulier dans le genre superhéros, ont utilisé des symboles nationaux du pays pour favoriser un sentiment patriotique. Il y a aussi plusieurs bandes dessinées qui portent sur des personnalités et des événements marquants de l’histoire du Canada. À travers leur représentation d’histoires typiquement canadiennes, ces bandes dessinées suscitent des réflexions sur notre identité en tant que Canadiens. Lire la suite

L’affaire « personne » (1929)

L’affaire « personne » marque un tournant dans la lutte des femmes pour obtenir l’égalité politique au Canada. Elle a joué un rôle clé à deux égards : d’abord en établissant que la Constitution canadienne pouvait être interprétée en tenant compte des besoins changeants de la société, puis en déterminant que les femmes comptaient parmi les « personnes ayant les qualités requises » selon l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 (devenu la Loi constitutionnelle de 1867). Ces étapes ont ouvert la voie aux femmes en leur reconnaissant le droit de jouer un rôle actif en politique.

La série d’événements ayant mené à l’affaire « personne » débute en 1916, avec la nomination d’Emily F. Murphy à titre de première juge municipale de l’Empire britannique. Défiant son autorité, des avocats contestent sa nomination, qu’ils jugent contraire à la loi : selon eux, les femmes n’étant pas considérées comme des personnes selon l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, elles sont inaptes à siéger en tant que magistrates. La cour provinciale de l’Alberta rejette cet argument et confirme la nomination de Mme Murphy, déclarant que les femmes sont bel et bien des personnes; toutefois, cette décision ne fait l’objet d’aucune proclamation fédérale.

Au cours des dix années suivantes, des groupes de femmes font pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il admette les femmes au Sénat. On leur répond que c’est impossible, en invoquant une fois de plus l’Acte de l’Amérique du Nord britannique qui précise que seules les « personnes ayant les qualités requises » peuvent occuper une telle fonction.

Mme Murphy découvre toutefois qu’en vertu de l’article 60 de la Loi sur la Cour suprême, cinq personnes peuvent présenter une pétition au gouvernement en vue de légiférer sur une question constitutionnelle, à la condition qu’elles soient visées par cette question. Elle se tourne alors vers Henrietta Muir Edwards, Nellie Mooney McClung, Louise Crummy McKinney et Irene Marryat Parlby, connues pour leur engagement politique et social visant l’égalité des droits pour les femmes. Le groupe forme ce qu’on appelle aujourd’hui les « Célèbres cinq » (traduction littérale de l’anglais The Famous Five).

Photo en noir et blanc montrant cinq femmes debout aux côtés d’un homme.

(Devant, de g. à dr.) : Mme Muir Edwards, bru d’Henrietta Muir Edwards; Mme J. C. Kenwood, fille de la juge Emily Murphy; l’honorable Mackenzie King; Mme Nellie McClung. (Derrière, de g. à dr.) : les sénatrices Iva Campbell Fallis et Cairine Wilson. Cette photo souligne le dévoilement d’une plaque commémorant les efforts des cinq Albertaines à l’origine de l’affaire « personne », grâce à laquelle les femmes se sont vu accorder le droit d’occuper une charge publique au Canada. Elle a été prise par Eugene M. Finn, de l’Office national du film, le 11 juin 1938, à Ottawa (Ontario). (no MIKAN 3193154)

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Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Qui sont les Métis?

La Nation métisse s’est formée aux XVIIIe et XIXe siècles. Sur les trois peuples autochtones du Canada, elle vient au deuxième rang en termes de population. Les citoyens de la Nation métisse sont les descendants de couples formés d’une mère autochtone et d’un père européen actif dans le commerce des fourrures.

Les communautés métisses sont très répandues au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans les Territoires du Nord‑Ouest. On en retrouve aussi en plus petit nombre en Colombie‑Britannique, en Ontario, au Minnesota, au Montana et au Dakota du Nord.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède toute une gamme de documents sur la Nation métisse : des documents textuels, des photographies, des œuvres d’art, des cartes, des timbres, des enregistrements sonores, etc. Toutefois, les découvrir n’est pas toujours une mince tâche!

Les défis de la recherche sur les Métis dans les collections d’art et de photographie

Certains portraits de politiciens et de dirigeants célèbres de la Nation métisse sont faciles à identifier, comme ceux de Louis Riel et de Gabriel Dumont. Par contre, les images représentant des Métis moins connus sont plus difficiles à repérer. Les titres d’origine révèlent le manque de connaissances historiques de ceux qui décrivaient le contenu sur les Métis. Souvent, les Métis n’y sont pas mentionnés, ou sont confondus avec des membres des Premières Nations. La légende de la photo ci‑dessous en est un bon exemple.

Photo noir et blanc montrant un homme vêtu à l’européenne, debout à gauche devant une charrette de la rivière Rouge. À droite, un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants portant des vêtements traditionnels des Premières Nations sont debout devant une autre charrette de la rivière Rouge.

Indiens chippaouais et charrettes de la rivière Rouge à Dufferin [traduction de la légende originale], Manitoba, 1873 (no MIKAN 4848365)

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Tempérance, réformes sociales et droit de vote des femmes

Au début du 19e siècle, beaucoup de gens voyaient l’industrialisation et l’urbanisation comme la source de tous les maux. Cette vision donna naissance au mouvement de tempérance, qui prônait la sobriété en raison des effets néfastes de l’alcool sur la société.

Des associations de tempérance virent le jour, militant pour l’abolition de la consommation d’alcool afin d’assurer l’harmonie des foyers. Dans leur lutte contre la pauvreté, le travail des enfants et les inégalités, elles appuyaient aussi plusieurs réformes sociales : éducation, services sociaux et droit de vote des femmes. Parmi ces associations figurait l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance, qui avait compris l’importance d’influencer les politiques gouvernementales (et donc d’obtenir le droit de vote) pour être un moteur de changements sociaux.

Le mouvement de tempérance incita les femmes à prendre leur place dans la sphère publique et à s’engager dans les réformes politiques et sociales. Ce fut entre autres le cas de Nellie McClung, qui s’intéressa d’abord à la politique au sein de l’Union chrétienne des femmes pour la tempérance, et qui joua par la suite un rôle crucial dans l’obtention du droit de vote pour les femmes manitobaines, en 1916.

Photo en noir et blanc d’une femme assise, accoudée sur une table, la tête appuyée sur sa main droite, un livre dans sa main gauche. Elle regarde l’objectif.

Nellie McClung, par Jessop Cyril (MIKAN 3622978)

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Miroirs riches en souvenirs : Daguerréotypes de Bibliothèque et Archives Canada, une exposition au Musée des beaux-arts du Canada

En 1839, l’invention du daguerréotype fut une révélation. Étant le premier procédé photographique accessible au public, ce surprenant objet étincelant fit le bonheur des observateurs grâce à sa capacité à saisir l’image des gens, et ce, avec une clarté incroyable. Pour la première fois dans l’histoire, les portraits des êtres chers pouvaient être enregistrés, partagés ou transmis à leurs descendants. Le daguerréotype et la photographie eurent un immense impact sur la vie des gens ordinaires.

Le portrait, colorié à la main, d’une femme assise vêtue d’une robe à pois.

Kate McDougall, vers 1848 (MIKAN : 36296894)

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