Solidarité féminine : la lutte pour les droits de la femme au Canada

« Les femmes formeront une chaîne, le monde n’aura jamais connu pareille solidarité féminine. » Nellie McClung, 1916

En 2016, nous commémorons une étape importante dans la lutte pour les droits de la femme : le 100e anniversaire du droit de vote des femmes au Canada. Pour souligner cette avancée sur la voie de l’égalité et mettre en lumière les obstacles surmontés par les Canadiennes au cours du dernier siècle, Bibliothèque et Archives Canada, en partenariat avec Patrimoine canadien, lance une exposition extérieure intitulée Solidarité féminine : la lutte pour les droits de la femme au Canada.

Cet événement succède à une autre exposition organisée par Bibliothèque et Archives Canada l’hiver dernier, Laissez-les hurler : 100 ans de lutte pour les droits de la femme. Pour l’occasion, des portraits de femmes étaient présentés sur le canal Rideau, à Ottawa, ainsi qu’au Fort Gibraltar, à Winnipeg. Cette fois, l’exposition Solidarité féminine met à l’affiche des reproductions de portraits et de photographies documentaires mettant en vedette des personnes et des groupes de femmes d’influence. Toutes ont dû briser des barrières pour pouvoir participer pleinement à la vie économique, politique et sociale du Canada, et contribuer du même coup à en faire un pays plus inclusif et plus démocratique.

Photographie en noir et blanc d’un groupe d’infirmières militaires faisant la file pour déposer leur bulletin de vote à un bureau de scrutin installé à l’extérieur d’un campement. Quatre officiers supervisent les procédures, pendant qu’une infirmière remplit son bulletin derrière un paravent. On voit des tentes à l’arrière-plan.

Des infirmières militaires du Canada affectées dans un hôpital canadien déposent leur bulletin de vote lors des élections fédérales, en décembre 1917. (MIKAN 3623046)

Pendant la Première Guerre mondiale, plus de 2 000 infirmières, supervisées par Margaret Macdonald, « matrone » en chef des soins infirmiers, ont servi outre-mer au sein de l’Armée canadienne. En accordant à tous les militaires, y compris les infirmières, le droit de vote aux élections fédérales, la Loi des électeurs militaires (1917) a permis que ce droit s’étende à toutes les femmes en 1918.

Syndicaliste québécoise et membre fondatrice de la Confédération des syndicats canadiens, Madeleine Parent a œuvré pour que les ouvrières de l’industrie du textile obtiennent de meilleures conditions de travail. Cofondatrice du Comité pour l’égalité des femmes au Canada, Mme Parent a aussi défendu les droits des femmes autochtones.

Photographie en noir et blanc d’une femme marchant dans la rue; derrière elle, un homme tient une affiche arborant le slogan « L’union fait la force ».

Madeleine Parent participe à la parade du mois de mai à Valleyfield (Québec), vers 1949. (MIKAN 3257043)

Buffy Sainte-Marie a consacré ses 50 années de carrière comme auteure-compositrice-interprète à la situation des peuples autochtones. Son œuvre artistique et son implication comme éducatrice et militante lui ont valu une large reconnaissance et de très nombreux prix. En 1997, elle a fondé le Cradleboard Teaching Project (en anglais seulement), qui contribue à la création de programmes d’enseignement de base qui intègrent les conceptions autochtones.

Photographie en noir et blanc d’une femme aux longs cheveux foncés qui regarde l’objectif.

Buffy Sainte-Marie. Photographie prise par Robert Taillefer, 1975 © Robert Taillefer (MIKAN 4167090)

Ne manquez pas l’exposition extérieure Solidarité féminine : la lutte pour les droits de la femme au Canada ! Pour la voir, rendez-vous sur le pont Plaza en face du Château Laurier, sur la rue Rideau, à Ottawa. L’exposition tiendra l’affiche jusqu’à la fin de semaine de l’Action de grâce.

Vous pouvez aussi vous renseigner sur l’obtention du droit de vote des femmes au Canada ou lire nos autres articles de blogue sur le sujet.

Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Qui sont les Métis?

La Nation métisse s’est formée aux XVIIIe et XIXe siècles. Sur les trois peuples autochtones du Canada, elle vient au deuxième rang en termes de population. Les citoyens de la Nation métisse sont les descendants de couples formés d’une mère autochtone et d’un père européen actif dans le commerce des fourrures.

Les communautés métisses sont très répandues au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans les Territoires du Nord‑Ouest. On en retrouve aussi en plus petit nombre en Colombie‑Britannique, en Ontario, au Minnesota, au Montana et au Dakota du Nord.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède toute une gamme de documents sur la Nation métisse : des documents textuels, des photographies, des œuvres d’art, des cartes, des timbres, des enregistrements sonores, etc. Toutefois, les découvrir n’est pas toujours une mince tâche!

Les défis de la recherche sur les Métis dans les collections d’art et de photographie

Certains portraits de politiciens et de dirigeants célèbres de la Nation métisse sont faciles à identifier, comme ceux de Louis Riel et de Gabriel Dumont. Par contre, les images représentant des Métis moins connus sont plus difficiles à repérer. Les titres d’origine révèlent le manque de connaissances historiques de ceux qui décrivaient le contenu sur les Métis. Souvent, les Métis n’y sont pas mentionnés, ou sont confondus avec des membres des Premières Nations. La légende de la photo ci‑dessous en est un bon exemple.

Photo noir et blanc montrant un homme vêtu à l’européenne, debout à gauche devant une charrette de la rivière Rouge. À droite, un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants portant des vêtements traditionnels des Premières Nations sont debout devant une autre charrette de la rivière Rouge.

Indiens chippaouais et charrettes de la rivière Rouge à Dufferin [traduction de la légende originale], Manitoba, 1873 (no MIKAN 4848365)

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On a tout ! Exemples fascinants dans la collection de portraits de Bibliothèque et Archives Canada

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède des artefacts historiques uniques qui ont un lien direct avec certains portraits de sa collection.

Dans certains cas, BAC a pu réunir des pièces qui avaient été séparées au fil du temps. Parfois, il a eu la chance de prendre possession d’un ensemble soigneusement préservé. Dans tous les cas, ces ressources documentaires parfois surprenantes fournissent un contexte inestimable pour mieux comprendre les portraits auxquels ils sont associés.

Plaque de cuivre illustrant le capitaine George Cartwright en train d’inspecter ses pièges à renard pendant l’hiver, au Labrador. Il est chaussé de raquettes, transporte un fusil sur une épaule et tient un chien en laisse, attaché à sa ceinture.

Le capitaine Cartwright inspectant ses pièges à renard (MIKAN 3986048)

Cette plaque de cuivre, par exemple, a été créée pour publier ce saisissant portrait à l’huile du capitaine George Cartwright (1739-1819), un officier de l’armée devenu, à sa retraite, trappeur et commerçant de fourrure au Labrador.

Peinture à l’huile illustrant le capitaine George Cartwright en train d’inspecter ses pièges à renard pendant l’hiver, au Labrador. Il est chaussé de raquettes, transporte un fusil sur une épaule et tient un chien en laisse, attaché à sa ceinture.

Le capitaine Cartwright inspectant ses pièges à renard (MIKAN 3964571)

Les plaques de cuivre étaient utilisées avant l’avènement de la photographie pour « convertir » les peintures en format imprimable afin qu’elles puissent être publiées. Le portrait a été peint pour servir de frontispice à une œuvre d’importance : les mémoires de Cartwright, publiées en 1792 et intitulées A journal of transactions and events, during a residence of nearly sixteen years on the coast of Labrador… (Journal des transactions et événements consignés pendant près de 16 années passées sur la côte du Labrador… [traduction]).

Même portrait que celui apparaissant plus haut, mais présenté cette fois sous sa forme imprimée, publiée en 1792 dans la première édition du livre.

Frontispice des mémoires du capitaine George Cartwright (AMICUS 4728079)

Des notes spéciales sur le frontispice, rédigées par Cartwright lui-même, soulignent l’importance qu’il accordait à chacun des détails de la peinture. Tout comme les mémoires, celle-ci s’adresse aux aventuriers amateurs. Elle inclut des trucs de survie novateurs inspirés du mode de vie autochtone, comme le port de raquettes pour inspecter les lignes de piégeage en hiver.

Le cuivre est un métal mou qui permettait aux graveurs de reproduire fidèlement les détails et certaines particularités de la peinture originale à l’huile. Ici, par exemple, les contours flous du paysage hivernal ont été réalisés en recouvrant de cire certaines zones de la plaque, permettant ainsi à l’acide de délaver les zones exposées.e

Il est rare qu’une même institution possède une peinture, la plaque en cuivre qui lui est associée et un exemplaire de la première édition du livre qui en a résulté; mais la collection de BAC inclut toutes ces pièces.

Un autre exemple : la collection de BAC renferme ce pendentif et ces boucles d’oreilles.

Photographie en couleurs d’un pendentif en or avec un motif stylisé en spirale, et des boucles d’oreilles assorties.

Pendentif et boucles d’oreilles ayant appartenu à Marie-Louise Aurélie Girard (MIKAN 3994256)

Ce sont les bijoux que portait Marie-Louise Aurélie Girard (vers 1868-?) quand elle a posé pour ce portrait peint par Alfred Boisseau (1823-1901), un artiste montréalais de renom :

Peinture à l’huile d’une femme vêtue d’une robe noire, qui regarde droit devant elle. Elle porte le pendentif et les boucles d’oreilles que l’on voit sur la photo précédente.

Marie-Louise Aurélie Girard (MIKAN 3993116)

Ces objets précieux nous rappellent l’intention qui se cache derrière le portrait. Les modèles connus et riches accordaient souvent une grande importance au choix des objets qu’ils portaient ou incluaient dans leur portrait, pas seulement pour des raisons sentimentales, mais aussi pour indiquer leur statut social. Dans ce cas-ci, le modèle était l’épouse d’un ancien premier ministre du Manitoba.

Les « faux » portraits de Bibliothèque et Archives Canada

Un faux portrait est le portrait imaginaire d’une personne, habituellement célèbre ou connue. D’ordinaire, il ne présente pas de ressemblance réelle et est produit bien après le décès de la personne.

Un très grand nombre de personnages historiques très importants n’ont pas posé de leur vivant, mais il y a toujours eu de la demande pour de « vrais » portraits d’eux.

Avec les faux portraits, on ne cherchait pas nécessairement à tricher; dans bien des cas, leurs auteurs ou promoteurs étaient motivés par l’intérêt public. À partir du XIXe siècle, ce portrait célèbre de Samuel de Champlain, fondateur de la ville de Québec, a joué un rôle commémoratif et éducatif important.

Lithographie attribuée à Louis-César-Joseph Ducornet, 1854. Elle montre un homme légèrement de biais par rapport à la personne qui le regarde et portant un doublet noir dont les manches révèlent une chemise blanche. La ville de Québec est à l'arrière plan.

Faux portrait de Samuel de Champlain (MIKAN 2919672)

Un faux portrait nous en dit souvent beaucoup plus sur la société dont il provient que sur la figure historique qu’il cherche à représenter. Certains estiment que cette image d’allure pieuse a constitué un frontispice parfait aux récits de la Nouvelle-France au XIXe siècle écrits par des historiens également hommes d’Église. Il semble qu’il importait peu à ces derniers que le portrait ait été en fait la copie d’une gravure du XVIIe siècle représentant un fonctionnaire français à la moralité douteuse.

Les collections de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) contiennent d’autres faux portraits intrigants. Ainsi, BAC a acquis ce portrait miniature en cire, l’un des très rares portraits réalisés avec cette matière qui ait survécu.

Portrait miniature en cire réalisé par un artiste anonyme au début du XIXe siècle. Ce portrait plutôt générique montre un homme de profil portant un manteau britannique rouge doté de garnitures or, une cravate blanche et un gilet bleu, et dont les cheveux longs sont attachés. Il s'agit d'un portrait miniature assez sculptural.

Portrait de cire du général James Wolfe (MIKAN 3793977)

Malgré qu’on y indique qu’il s’agit d’un portrait du général James Wolfe, célèbre pour son rôle dans la décisive bataille de Québec (1759), cette miniature ne reproduit aucun des traits physiques connus de Wolfe. Pourtant, plusieurs portraits miniatures presque identiques se trouvent dans d’autres collections, et chacun d’eux indique également qu’il s’agit de Wolfe. On peut supposer que de nombreux moules de ce portrait ont été réalisés puisque de plusieurs exemplaires de ce fragile objet ont survécu.

La cire était une matière bon marché qui permettait de produire aisément de nombreux exemplaires. Le portrait de cet homme célèbre a vraisemblablement été créé en masse, pour satisfaire la grande demande pour des portraits de « Wolfe, le héros » qui a émergé dans le grand public au XIXe siècle. Probablement créé bien longtemps après la mort de Wolfe par un entrepreneur anonyme, il présente la vue de profil idéalisée et héroïque d’un jeune officier  ̶  exactement le genre d’image dont il était certain qu’elle ravirait le public.

Ouverture de deux expositions de Bibliothèque et Archives Canada

Bibliothèque et Archives Canada continue de mettre en lumière la richesse et la diversité de ses collections en annonçant l’ouverture de deux expositions.

En Saskatchewan, la Galerie d’art Mendel de Saskatoon est l’hôte de l’exposition Je vous connais par cœur : portraits en miniature jusqu’au 2 juin 2013. Cette exposition dévoile la nature intime et personnelle des portraits en miniature et les raisons pour lesquelles ces portraits étaient commandés et créés. Découvrez-en davantage au sujet de leur conservation en regardant la vidéo YouTube de Bibliothèque et Archives Canada.

Au Québec, le Musée canadien des civilisations de Gatineau présente jusqu’au 14 octobre 2013 Volte-face : portraits de Canadiens fascinants. Cette exposition met en vedette des Canadiens qui ont laissé — et qui continue de laisser — leur marque sur notre pays et notre culture. Écoutez le balado de Bibliothèque et Archives Canada pour avoir un aperçu des portraits de l’exposition et des histoires qu’ils recèlent.

Grâce à de telles expositions, Bibliothèque et Archives Canada peut présenter des œuvres originales du patrimoine documentaire, dans les galeries, les musées et d’autres espaces communautaires, aux Canadiens de partout au pays.

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