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La Nouvelle-Écosse est l’une des trois provinces maritimes du Canada, avec le Nouveau-Brunswick au nord-ouest et l’Île-du-Prince-Édouard au nord, de l’autre côté du détroit de Northumberland. Les  Micmacs constituent le principal groupe de Premières Nations dans la région; leur présence sur le territoire remonte à environ 10 000 ans.

Au début de la traite des fourrures, les interactions entre les groupes de Premières Nations et les colons français étaient généralement positives; la Nouvelle-Écosse faisait alors partie d’une région appelée l’Acadie. Cependant, au cours du 18e siècle, les Britanniques s’emparèrent de toutes les possessions françaises en Amérique du Nord et renommèrent ces colonies. Après la guerre civile américaine, la migration des loyalistes vers le nord y amena une population coloniale britannique; les colons ayant reçu des concessions réclamaient leurs terres et repoussaient les Micmacs aux limites de leur territoire.

Une photo noir et blanc de deux femmes et un homme au bord d’une falaise  avec une vue de l’océan.

Touristes avec le bus de Mike Sullivan admirant le paysage au Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton (Nouvelle-Écosse) (MIKAN 3265746)

La Nouvelle-Écosse obtint un gouvernement responsable en 1848, avant les autres colonies britanniques, et participa à la mise sur pied de la Confédération. Sous la direction de Charles Tupper, un ardent défenseur de la Confédération, elle devint, en 1867, l’une des premières provinces canadiennes. Toutefois, un grand nombre de Néoécossais étaient opposés à cette idée et portèrent au pouvoir un gouvernement anti-confédération lors de l’élection provinciale suivante.

Le saviez-vous?

  • La Nouvelle-Écosse fut ainsi nommée en référence aux premiers colons écossais venus s’y installer durant la période coloniale britannique.
  • La Nouvelle-Écosse abrita le plus important établissement de Noirs libres en Amérique du Nord, des loyalistes ayant migré vers le nord après la révolution américaine.

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Portia White : en l’honneur du 75e anniversaire de ses débuts à Toronto

Par Joseph Trivers           

Au cours du 20e siècle, de très grands chanteurs lyriques ont marqué la scène culturelle canadienne, de Raoul Jobin à Gerald Finley et Measha Brueggergosman, en passant par Maureen Forrester et Jon Vickers. À l’image des personnages qu’ils ont interprétés à l’opéra, ces artistes ont souvent eu une vie dramatique et inspirante. La contralto néo-écossaise Portia White ne fait pas exception. Admirée pour sa voix magnifique et constante, ainsi que pour sa présence sur scène empreinte de noblesse et de dignité, elle est la première cantatrice afro-canadienne à obtenir une reconnaissance internationale. Le 7 novembre 2016 marque le 75e anniversaire de ses débuts triomphaux à Toronto, une occasion en or de décrire brièvement son parcours, ses réalisations et sa carrière.

« J’ai fait mes véritables débuts à Toronto, en novembre 1941. C’était mon quatrième engagement professionnel, mais le tout premier dans une grande ville. Le lendemain, on m’a offert un contrat. J’ai toujours considéré que c’est Toronto qui m’a découverte. » – Portia White [traduction]

Les réflexions de Portia White concernant ses débuts à Toronto pourraient donner l’impression qu’elle a connu le succès rapidement. Pourtant, ce concert de 1941 et le contrat qui en a découlé sont le fruit de nombreuses années de travail acharné, d’un peu de chance et du soutien indéfectible de sa famille, de ses concitoyens et des gouvernements de la ville d’Halifax et de la Nouvelle-Écosse.

Jeunesse et éducation

Dès sa naissance, Portia semble destinée à manifester un tempérament fort et résolu et à faire carrière dans les arts de la scène. En effet, un ami de la famille lui donne le nom de Portia, d’après une héroïne du Marchand de Venise de Shakespeare. Dans cette pièce, Portia réalise son rêve d’épouser le prétendant de son choix, à force d’intelligence, de grâce et de tranquille détermination. On ne peut affirmer que ce nom présage les mêmes traits de personnalité chez Portia White, mais son éducation a certainement favorisé leur développement.

Ses parents sont eux-mêmes des gens remarquables. Son père, le révérend William A. White, est le fils d’esclaves affranchis de Virginie; il est le deuxième Afro-Canadien admis à l’Université Acadia et le premier à recevoir un doctorat en théologie de cette université. Il sera aussi le seul aumônier noir dans l’armée britannique durant la Première Guerre mondiale. La mère de Portia, une descendante de loyalistes noirs installés en Nouvelle-Écosse, lui donne ses premières leçons de musique. La famille de Portia déménage de Truro (Nouvelle-Écosse) à Halifax après la Première Guerre mondiale. De retour au pays, son père devient pasteur de l’église baptiste sur la rue Cornwallis.

La vie de la famille White gravite autour de l’église; il n’est donc pas surprenant qu’une grande partie de l’éducation musicale de Portia se passe dans ce milieu. C’est ainsi qu’elle commence à chanter dans la chorale de l’église dirigée par sa mère. Elle étudie en enseignement à l’Université Dalhousie, puis devient professeure dans les communautés noires de Nouvelle-Écosse, notamment à Lucasville et Africville. Ce travail l’aide à payer ses cours de musique. Durant les années 1930, elle suit les cours de chant de Bertha Cruikshanks au Conservatoire de musique d’Halifax. En 1939, elle reçoit une bourse qui lui permet d’étudier au même conservatoire avec le professeur italien Ernesto Vinci. C’est ce dernier qui l’aide à perfectionner sa voix de contralto.

Toronto et au-delà

Portia White est d’abord reconnue et acclamée en Nouvelle-Écosse, où elle se produit dans des festivals et des concerts-bénéfice ainsi qu’à l’émission radiophonique de son père, diffusée une fois par semaine. Elle gagne la coupe d’argent Helen Kennedy au festival de musique d’Halifax en 1935, 1937 et 1938. De nouvelles possibilités s’offrent à elle lorsque Edith Read, la directrice de Branksome Hall, une école privée pour filles de Toronto, l’entend chanter pour la première fois. Madame Read était alors en vacances en Nouvelle-Écosse, sa province natale. C’est grâce au soutien du Branksome Ladies Club que Portia White a pu chanter au Eaton Hall à Toronto, le 7 novembre 1941.

Le concert de Toronto est un tel succès que Portia se voit immédiatement offrir un contrat des Presses de l’Université Oxford pour une série de concerts et de tournées. Elle quitte alors son poste d’enseignante pour se consacrer à la musique. En 1942 et 1943, elle se produit dans plusieurs villes du Canada, ce qui accroît sa renommée au pays, et chante même devant le gouverneur général à l’occasion d’un concert privé. Elle donne son premier concert aux États-Unis au Town Hall de New York, en mars 1944; sa prestation est accueillie avec enthousiasme. Portia s’installe à New York pour se rapprocher de ses gérants et reçoit le soutien financier de la ville d’Halifax et du gouvernement de la Nouvelle-Écosse par l’intermédiaire du Nova Scotia Talent Trust. C’est la première fois que deux paliers de gouvernement s’unissent pour soutenir la carrière d’un artiste. Portia White signe un contrat avec Columbia Concerts Incorporated et entreprend une tournée au Canada, aux États-Unis, dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

Fin de carrière et héritage

La vie en tournée devenant de plus en plus frénétique, Portia White n’arrive plus à se reposer suffisamment entre les concerts et les déplacements. Elle éprouve des problèmes de voix de plus en plus fréquents, au point où certains critiques le lui reprochent. Dans de telles circonstances, auxquelles s’ajoutent des différends avec ses gérants, elle décide de ne plus se produire en public. Portia s’installe à Toronto, où elle suit des cours de chant au Conservatoire royal de musique auprès de la soprano Gina Cigna. Elle donne elle-même des cours de chant au Branksome Hall, ainsi que des cours particuliers. Elle offre quelques rares concerts durant les décennies 1950 et 1960. À l’occasion d’un de ces concerts, elle chante pour la reine Élisabeth le 6 octobre 1964, lors du passage de la souveraine au Centre des arts de la Confédération de Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard). Moins de quatre ans plus tard, en février 1968, Portia White s’éteint à Toronto, des suites d’un cancer.

Célèbre pour sa polyvalence et son répertoire varié, Portia White était aussi à l’aise avec les chants religieux que les arias d’opéras italiens, les lieds allemands ou les mélodies françaises. De son vivant, elle n’enregistra aucune œuvre destinée au marché commercial. Cependant, Bibliothèque et Archives Canada a pu acquérir, auprès de la famille White, quelques enregistrements sonores de concerts offerts à Moncton (Nouveau-Brunswick) et à New York. Certains enregistrements commerciaux furent diffusés à titre posthume, dont l’album Think on me en 1968, deux chansons sous étiquette Analekta dans la série Great Voices of Canada (volume 5), ainsi que l’album First You Dream en 1999 (tous se trouvent dans la collection de BAC). Un documentaire intitulé Portia White: Think on Me fut réalisé par Sylvia Hamilton et diffusé en 1999.

L’héritage de Portia White perdure encore aujourd’hui grâce à un fonds créé et géré par le Nova Scotia Talent Trust : la bourse annuelle Portia White, offerte à une jeune personne démontrant un « potentiel vocal exceptionnel ». Le gouvernement du Canada inscrivit Portia White sur la liste des personnes d’importance historique nationale en 1995 et lui rendit hommage en 1999 par l’émission d’un timbre du millénaire à son effigie.

Timbre-poste en couleur montrant, au premier plan, une jeune femme en train de chanter, et à l’arrière-plan, le visage en gros plan de la même femme, les yeux clos. Une partition contenant des notes de musique et des paroles apparaît en surimpression sur la moitié inférieure du timbre.

Portia White : talent et persévérance [document philatélique], timbre-poste canadien de 46 cents, collection du millénaire (MIKAN 2266861)


Joseph Trivers est bibliothécaire aux acquisitions (musique) au sein de la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada.

Soixante-neuf jours au poste de premier ministre : l’héritage de sir Charles Tupper

Par Mariam Lafrenie

« [Le principal trait de caractère de Tupper] était le courage; un courage inébranlable, […] un courage qui cognait et martelait, peut-être pas toujours judicieusement, mais toujours très efficace; un courage qui n’admettait jamais la défaite et qui, au cœur de la pire tempête, inspirait néanmoins avec fierté, une invincibilité inébranlable. » [traduction] – Sir Wilfrid Laurier, discours prononcé devant la Chambre des communes (1916)

Lorsqu’on parle du très honorable sir Charles Tupper, on mentionne rarement son bref mandat. À ce jour, la charge de premier ministre confiée à sir Tupper fut la plus courte de toute l’histoire du Canada, s’étendant du 1er mai 1896 au 8 juillet 1896. Malgré son court passage en tant que premier ministre, sir Tupper est reconnu comme étant l’un des Pères de la Confédération et pour ses contributions importantes en tant qu’homme d’État, orateur hors pair et bâtisseur de la nation.

Coupure de journal où est reproduite l’esquisse d’un homme

Coupure tirée du Daily Province portant sur sir Charles Tupper (MIKAN 125260)

Sir Charles Tupper fait son entrée sur la scène publique lors des élections de 1855 dans le comté de Cumberland qu’il remportera au détriment du candidat favori, l’honorable Joseph Howe. C’est ainsi que s’amorceront 40 ans de vie politique pour sir Tupper. Ce faisant, il sera partie prenante à de grands accomplissements, notamment la Confédération et la signature d’un traité en matière de pêche, et il remplira de nombreuses affectations ministérielles, y compris la fonction de ministre des Chemins de fer et Canaux, de ministre des Finances et de premier ministre du Canada.

Affiche avec du texte visant à expliquer le programme électoral de sir Charles Tupper en vue des élections dans le comté de Cumberland (Nouvelle-Écosse)

Dans le cadre de la campagne électorale, une affiche annonçant la candidature de sir Charles Tupper aux élections de 1855 dans le comté de Cumberland (MIKAN 3822971)

En sa qualité de premier ministre de la Nouvelle-Écosse de 1864 à 1867, sir Tupper se consacre pleinement à la province, et ses actions et politiques sont toujours dictées en fonction des besoins des Néo-Écossais. De fait, il plaidera pour la résolution sur la Question des écoles en Nouvelle-Écosse dans le but d’établir un système scolaire public gratuit de sorte que l’éducation sera plus accessible et plus uniforme dans l’ensemble de la province.

Image d’un vieux document relié par une corde du côté gauche. Au centre de la page, il y a un titre dactylographié « A bill, Entitled, An Act for the better encouragement of Education » (« Un projet de loi, intitulé, une loi pour encourager davantage l’éducation ») et la page est couverte de notes manuscrites.

An act for the better encouragement of Education (Une loi pour encourager davantage l’éducation) (MIKAN 3823196)

Pendant qu’il occupe la fonction de premier ministre de la Nouvelle-Écosse, sir Tupper tentera également d’unifier les provinces de l’Amérique du Nord britannique. Il assistera aux trois conférences sur la Confédération : la première, qui est tenue à Charlottetown (septembre 1864); la seconde à Québec (octobre 1864) et la troisième à Londres, en Angleterre (décembre 1866 – mars 1867). N’eussent été le ferme leadership de sir Tupper et sa capacité à démolir, encore et encore, la rhétorique anti-Confédération de l’honorable Joseph Howe, la Nouvelle-Écosse n’aurait pas été l’une des quatre provinces fondatrices du Dominion du Canada.

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen portant un complet, debout à côté d’une table.

L’honorable Charles Tupper, député (Cumberland, Nouvelle-Écosse), avril 1870, Studio Topley/ Bibliothèque et Archives Canada (MIKAN 3497149)

Tant pour les Britanniques que pour les Canadiens, sir Tupper est reconnu comme un homme patriotique, loyal et, d’abord et avant tout, comme un Néo-Écossais. Outre les soixante-neuf jours de son règne en tant que premier ministre, sir Tupper laissera un héritage marqué par un dévouement total envers un Canada uni.

Coupure de journal où est reproduite l’esquisse d’un homme

Homme d’État chevronné décédé en 1915 (MIKAN 125260)

Ressources connexes


Mariam Lafrenie est étudiante de premier cycle, titulaire d’une bourse de perfectionnement d’été de l’Université Queen’s, employée par la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Les chercheurs ont maintenant accès au recensement du Canada de 1921 

Le Recensement de 1861 est maintenant en ligne

Bibliothèque et Archives Canada a le plaisir d’annoncer que le Recensement de 1861 est maintenant disponible en ligne. Des renseignements ont été rassemblés sur les individus vivant au Canada-Est, au Canada-Ouest, à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Les Canadiens peuvent effectuer une recherche dans cette nouvelle base de données selon des critères nominatifs comme le nom, le ou les prénoms et l’âge d’une personne et selon des critères géographiques comme les noms de district et de sous-district.

Lancement d’une nouvelle version de la base de données du Recensement de 1851

Bibliothèque et Archives Canada a le plaisir d’annoncer le lancement d’une nouvelle version de la base de données pour le Recensement de 1851.

Le Recensement de 1851 constitue la seconde collecte de statistiques pour la Province du Canada (qui comprenait le Canada-Est et le Canada-Ouest). Cette base de données renferme également les données pour le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

En plus de pouvoir effectuer des recherches selon des critères géographiques comme la province, le district ou le sous-district; les utilisateurs peuvent dorénavant chercher selon des critères nominatifs comme le nom, le ou les prénoms et l’âge d’une personne.