Imaginer le Canada – Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poissonPar Michael Kent

J’ai récemment eu le plaisir de faire partie des bibliothécaires devant sélectionner un article pour Première, l’exposition sur les nouvelles acquisitions de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Cela m’a permis de réfléchir au travail d’acquisition que j’ai effectué pour BAC, en particulier pour la collection Jacob-M.-Lowy de rares judaïca, dont je suis le conservateur. Ce travail me confère l’extrême privilège de raconter l’histoire de la communauté juive du Canada par l’entremise de son patrimoine publié. Une grande partie de ma sélection porte sur des ouvrages imprimés au Canada. Cependant, je suis parfois en mesure de remonter plus loin dans le temps pour documenter ce qui a amené la communauté juive au Canada.

Un tel exemple est mon choix de l’ouvrage Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah, publié vers 1806, pour l’exposition Première. Il s’agit du premier livre sur la découverte des Amériques écrit en hébreu. C’est avec un grand plaisir que j’ai pu ajouter cet ouvrage, dont le titre traduit est « La découverte du Nouveau Monde », à la collection Jacob-M.-Lowy.

Photo couleur d’un livre ouvert avec du texte en hébreu et une mappemonde.

Le Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah ouvert à la première page de l’introduction, avec une carte des Amériques (AMICUS 44961986).

L’ouvrage original en allemand, Die Entdeckung von Amerika, de Joachim Heinrich Campe, était un livre pour enfants. Le traducteur hébreu, Moses Frankfurt Mendelsohn, l’a adapté en transformant ce qui était initialement un dialogue entre un père et ses enfants en une narration historique classique. Sa motivation à écrire un tel livre résidait dans le vif intérêt que suscitait alors l’explorateur italien Christophe Colomb chez les Juifs européens, qui le soupçonnaient fortement d’être un Juif.

Outre cet intérêt initial, il faut mentionner que l’ouvrage a été publié durant une période importante pour les personnes qui formeraient plus tard la communauté juive du Canada. L’existence des Juifs européens a connu de nombreux changements lors du XIXe siècle. L’émancipation, les pogroms et les possibilités d’émigration en Amérique du Nord ont radicalement transformé ce peuple et ont contribué à la naissance de la communauté juive au Canada.

En parcourant cet ouvrage, je ne vois pas qu’un livre sur Colomb. J’y vois une œuvre représentant probablement la première source d’information sur les Amériques à laquelle ont eu accès de nombreux Juifs d’Europe. Et en examinant la carte incluse, j’observe ce qui a dû être, aux yeux d’un grand nombre de Juifs, la première représentation des terres appelées à former le Canada. Bref, à mon avis, ce livre constituait un outil crucial pour faire connaître les Amériques et permettre aux Juifs d’imaginer une nouvelle vie au Canada.

Le Canada est une mosaïque de communautés immigrantes. L’acquisition de Metsia’at ha-Arets ha-Hadashah me rend fier de pouvoir raconter l’histoire d’une de ces communautés et de remonter au début du parcours des Juifs pour se forger une identité canadienne, contribuant ainsi à façonner le Canada d’aujourd’hui.


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob-M.-Lowy à Bibliothèque et Archives Canada.

Un exemple unique de la recherche au Canada : le NCSM Bras d’Or

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poissonPar Marcelle Cinq-Mars

Quel lien y a-t-il entre la montre numérique, le GPS dans la voiture, le four à micro-ondes dans la cuisine et l’auto-injecteur d’épinéphrine contre les réactions allergiques? Voici un indice : c’est le même lien qui unit le radar, les lunettes de vision nocturne et Internet. Tous représentent le fruit de développements technologiques issus de la recherche scientifique axée sur les besoins militaires.

La recherche scientifique liée au domaine militaire a mené au développement d’un nombre incalculable de technologies. Et cela ne date pas d’hier!

Au Canada, l’année 1947 marque la création du Conseil de recherches pour la défense dont le mandat était centré sur la recherche militaire dans des domaines d’expertises canadiennes comme l’Arctique, la balistique ou la guerre biochimique. Au fil des ans, le Conseil de recherches pour la défense a permis de développer le premier (et le seul) missile air-air canadien – le Velvet Glove – et s’est directement intéressé au développement de la ligne DEW (pour « Distant Early Warning »), un vaste réseau de stations radars veillant à la détection d’ennemis dans l’espace aérien canadien.

Une photo couleur montrant la coquille rouge d’un projectile tandis que deux hommes travaillent sur l’intérieur à côté

En 1961, des techniciens du Conseil de recherches pour la défense ajustent une antenne sur un projectile Javelin (e010975999)

Au plus fort de la Guerre froide, la détection de l’ennemi doit aussi se faire dans les océans, où les sous-marins représentent une réelle menace, surtout depuis l’invention des sous-marins portant des charges nucléaires. Dans ce contexte, les scientifiques du Conseil de recherches pour la défense commencèrent à travailler sur un type de navire spécifiquement orienté vers la chasse des sous-marins ennemis. Le type de navire ainsi développé est un hydroptère.

La technologie des hydroptères remonte au début du 20e siècle. Le célèbre inventeur Alexander Graham Bell en a même fait des prototypes qu’il a testés sur le lac Bras d’Or, en Nouvelle-Écosse. Grâce à des ailes portantes sous le navire, celui-ci s’élève au-dessus de l’eau au fur et à mesure que sa vitesse augmente. Ainsi, la friction de l’eau sur la coque étant réduite, le navire peut atteindre des vitesses impressionnantes.

Dans les années 1960, on commença la construction d’un hydroptère pour la Marine royale canadienne aux installations de Marine Industries Limited à Sorel. La coque était faite d’aluminium alors que les « ailes » étaient faites d’acier. Ce navire très spécial utilise des caractéristiques et technologies issues tout autant de l’aéronautique que de la science nautique : c’est la raison pour laquelle le pilote devait être à la fois pilote d’avion et capitaine de navire.

Le nouveau navire fut affecté dans la Marine royale canadienne le 12 juillet 1968 sous le nom de NCSM Bras d’Or. Les tests en mer commencèrent au large d’Halifax en avril 1969. Lors de ces tests, le navire atteignit l’impressionnante vitesse de 63 nœuds, soit 117 km/h, un record de vitesse pour un navire de guerre à l’époque.

Une photo couleur d’un navire-hydroptère en mouvement

Le NCSM Bras d’Or, de la Marine royale canadienne, démontrant son système hydroptère le 18 février 1970 (e011154076)

La carrière du NCSM Bras d’Or fut courte. En effet, le 2 novembre 1971, le gouvernement canadien mit fin au programme des hydroptères. La priorité du Canada passa de la chasse sous-marine à la protection de la souveraineté territoriale du pays. Le Bras d’Or fut par la suite donné au Musée maritime du Québec, à L’Islet-sur-Mer, où il est possible de le visiter.

Ressources connexes


Marcelle Cinq-Mars est archiviste principale des affaires militaires

Découvrez notre toute dernière exposition – Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada…

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poisson

Et ne manquez pas notre nouvelle série sur le blogue…

La nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) apporte un vent de fraîcheur. Elle se tiendra au 395, rue Wellington, à Ottawa, à compter du 24 avril 2018.

La diversité à l’honneur

Comme d’autres expositions, Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada met en valeur la belle diversité de la collection de BAC. On y trouve entre autres une broderie chinoise et une réplique de la coupe Stanley originale de la saison 1952-1953.

Une broderie dorée de deux dragons dont les griffes sont pointées vers une perle; ils volent parmi les nuages, au-dessus des vagues de l’océan.

Broderie ayant inspiré le timbre émis par Postes Canada pour souligner l’année du Dragon, Punchline Embroidery Centre, 1998 (e011202235) © Postes Canada. Article choisi par Emma Hamilton-Hobbs, archiviste, Division des archives gouvernementales.

Une photo en couleurs d’un bol de cuivre plaqué argent sur lequel est gravé « National Hockey League, Stanley Cup Winners, Season 1952–53 » [Ligue nationale de hockey, gagnants de la coupe Stanley, saison 1952-1953].

Bol souvenir de la coupe Stanley (1952-1953) remis à William Northey, vice-président exécutif des Canadiens de Montréal, Roden Brothers Ltd., 1953 (e011202220). Article choisi par Normand Laplante, archiviste principal, Division des archives privées sur la vie sociale et la culture.

Mise en valeur de l’expertise des spécialistes en acquisition

Cette nouvelle exposition met en valeur les plus récentes acquisitions de BAC et célèbre l’expertise des spécialistes en acquisition de l’institution. Chaque article a été choisi avec minutie par l’un des bibliothécaires ou archivistes de BAC, qui en a ensuite rédigé le libellé pour l’exposition. Chaque texte est accompagné de la signature et du titre de son auteur. Même le bibliothécaire et archiviste du Canada, Guy Berthiaume, a choisi un article!

Une photo en couleurs d’un livre ouvert rédigé en hébreu.

Mivchar Ha-Peninim [Le livre des perles], Solomon Ibn Gabirol, 1484 (AMICUS 45283149). Acquis grâce au généreux soutien de Ruth et Arnon Miller, et avec l’aide des Amis de Bibliothèque et Archives Canada. Article choisi par Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada.

Les nouvelles acquisitions, qu’elles découlent d’un don, d’un achat ou d’une attribution prévue par une entente juridique, sont au cœur de la collection du Canada. La constitution d’une collection qui reflète l’histoire du Canada fait partie intégrante du mandat de BAC.

Aquarelles de deux jeunes Inuits portant des vêtements de style occidental. Légendes : Augustus pour l’une, et Junius pour l’autre.

Interprètes inuits de Churchill, Robert Hood, mai 1821 (e011154367). Article choisi par Shane McCord, archiviste en art, Division des archives privées sur la vie sociale et la culture.

Première : une série de blogue

Nous soulignons l’importance de l’expertise en acquisition au moyen de cette série de billets qui décriront en profondeur de nombreux articles choisis pour cette exposition. Chaque billet de cette série mensuelle mettra en valeur le travail d’un des spécialistes de BAC.

Une photo en couleurs d’une pochette de disque sur laquelle est inscrit « Improved Berliner Gram-O-Phone Record. Manufactured by [illegible] Montreal, Canada. Patented [illegible] 1897. Ye Banks and Braes. Played by The Kilties Band – Belleville, Ont. » [Disque amélioré de Berliner Gram-O-Phone. Fabriqué par (illisible) Montréal, Canada. Breveté (illisible), 1897. Vos rives et vos versants. Interprété par l’ensemble des Kilties, Belleville, Ont.]

Ye Banks and Braes (Caledonian Hunt’s Delight) [Vos rives et vos versants (les plaisirs de la chasse néo-calédonienne)], interprété par l’ensemble canadien des Kilties, 25 octobre 1902, arrangements par Bonniseau. Écoutez ici! (AMICUS 31383290). Article choisi par Margaret Ashburner, bibliothécaire de projet, musique, Patrimoine publié.

D’autres billets seront publiés pendant la durée de cette exposition qui prendra fin le 3 décembre 2018.

Profitez-en aussi pour vous rendre sur place à Ottawa pour visiter l’exposition!

Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada est présentée à compter du 24 avril 2018 au 395, rue Wellington, à Ottawa, et se tiendra jusqu’au 3 décembre 2018. L’entrée est gratuite.