Le trésor d’un grand artiste de la scène : le fonds Gratien Gélinas

Par Théo Martin

Il faudra à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) plus de vingt ans pour acquérir les archives de l’homme de théâtre et du créateur canadien Gratien Gélinas. En effet, entre 1973 et 1997, plusieurs archivistes nationaux et archivistes des Archives publiques du Canada travailleront avec énergie pour convaincre Gélinas d’offrir ses documents. Ce dernier, demeurant actif jusqu’à la fin de sa vie, n’avait simplement pas le temps de se consacrer pleinement au don de ses archives.

Les documents du fonds Gratien Gélinas ont finalement été acquis en 1997 par les Archives nationales du Canada, soit deux ans avant le décès de l’artiste, par l’intermédiaire d’un de ses fils, Michel Gélinas. Il faut mentionner que c’est aussi un des membres de la famille de Gratien Gélinas qui a assuré un premier classement de ses archives. On les a donc reçues à BAC dans un ordre et une organisation qui étaient à la fois logiques et qui permettaient un accès rapide pour les chercheurs. Le travail final de traitement, de description et de l’établissement des conditions d’accès s’est effectué entre les années 1999 et 2004 par les archivistes de BAC.

Photographie en noir et blanc montrant un homme en complet avec les bras croisés et une main cachant une partie de son visage. Son regard est à la droite du photographe.

Portrait de Gratien Gélinas par Yousuf Karsh, 1942. Crédit: Yousuf Karsh (MIKAN 3591652)

Une photographie composite en noir et blanc montrant les mains expressives de Gratien Gélinas dans différentes poses. Dans le bas de la photo, on voit un homme tenant ses mains croisées au-dessus de sa tête.

Gratien Gélinas par Yousuf Karsh, 29 mars 1945. Crédit: Yousuf Karsh (MIKAN 3916385)

Dans le fonds Gélinas, on retrouve seize séries à consulter en lien avec divers aspects de la carrière de Gratien Gélinas, mais aussi de sa vie personnelle.

On y trouve par exemple la série qui concerne ses œuvres littéraires, contenant plusieurs mètres de textes manuscrits ou tapuscrits. Il y a les textes des émissions radiophoniques écrites par Gélinas qui vont divertir toute une génération de Canadiens français durant les années trente telles que le Carrousel de la gaieté, le Train de plaisir sur les ondes de CKAC et de Radio-Canada, desquels émergera son personnage mythique de Fridolin. Ce même Fridolin sera au cœur des Fridolinons, revues de fin d’année produites par Gélinas et son équipe entre 1938 et 1946 (puis reprises en 1956) au Monument National, à Montréal.

Photographie en noir et blanc montrant un homme habillé en pantalon court avec des bretelles et une casquette.

Gratien Gélinas jouant Fridolin dans une scène des « Fridolinons », mars 1945. Photo : Ronny Jacques pour l’Office national du film (MIKAN 4318078)

Le fonds contient les manuscrits des œuvres phares de théâtre de Gratien Gélinas : Tit-Coq, Bousille et les justes, Hier, les enfants dansaient, La passion de Narcisse Mondoux, sa dernière création dramatique, écrite en 1985, essentiellement pour lui et la comédienne Huguette Oligny (dont le fonds se trouve aussi à BAC).

À cela s’ajoutent des dossiers complets de carnets de notes, d’ébauches annotées qui illustrent parfaitement la manière dont Gélinas concevait et écrivait ses pièces. On y lit tous les ajouts, ratures, impressions, gribouillages d’un artiste sans cesse en création et qui se remet constamment en question.

Une fiche personnelle avec le texte suivant : « Je dois organiser ma vie, ces mois-ci, pour que mes actes, mes paroles, mes pensées tendent vers ce but ultime et magnifique. Une pièce qui sera la plus belle chose que j’aie faite ».

« Tit-Coq » – Notes personnelles pendant la rédaction, vers 1946-1947 (MIKAN 2402016)

Comme Gratien Gélinas assurait le plus souvent lui-même la production et la mise en scène de ses pièces, il a aussi accumulé plusieurs écrits qui documentent son processus créatif. En plus de retrouver ses carnets de production, les chercheurs peuvent aussi découvrir plusieurs versions de textes d’adaptation de ses pièces pour le cinéma, la radio et la télévision et traduites en anglais aussi.

Le fonds comporte une quantité considérable de documents multisupports dont des films très rares, des premiers courts-métrages de production canadienne tels que La dame aux camélias, la vraie (réalisée par Gélinas en 1942) et le long métrage Tit-Coq (réalisé en 1953). BAC a d’ailleurs réussi à transférer la plupart des films de ce fonds sur support numérique. On retrouve aussi plusieurs enregistrements sonores datant d’aussi loin que les années trente, des revues et des émissions radiophoniques ainsi que les spectacles produits par Gratien Gélinas. C’est une véritable mine d’informations pour n’importe quel chercheur qui s’intéresse au théâtre et au cinéma au Canada.

Photographie en noir et blanc d’une scène de tournage montrant plusieurs personnes regroupées autour d’une caméra.

Tournage du film Tit-Coq vers 1952-1953 (MIKAN 3919038)

À ce corpus s’ajoutent plus de 4000 photographies dont certaines documentent les débuts de Gélinas à la radio et sur la scène ainsi que des photos de presque toutes les productions théâtrales dans lesquelles il a participé en plus de soixante ans de carrière. Il y a notamment des photos exceptionnelles de Gratien dans le rôle de Fridolin prises par l’Office national du film en 1945, de belles photos de lui lors de sa participation au Festival de Stratford au courant des années cinquante ainsi que de multiples photographies de sa vie privée et de son univers personnel.

Ce qui est aussi remarquable dans le fonds Gélinas, ce sont les documents d’art visuel : les dessins et les aquarelles de costumes, de maquettes de décors, les dessins publicitaires et les collages qui ajoutent un élément vibrant et visuel à l’ensemble du fonds. On réalise à quel point Gélinas s’est entouré de plusieurs artistes pour produire et promouvoir ses spectacles tout au long de sa carrière. Nous n’avons qu’à penser, par exemple, au dessin très coloré et imagé de Robert LaPalme qui a servi de maquette de décor pour Fridolinons ‘45.

Peinture montrant des figures stylisées et divers objets.

« Bon voyage » (Robert LaPalme), pour Fridolinons ’45 (MIKAN 3926980)

Une aquarelle montrant une silhouette stylisée d’un homme qui fume une cigarette.

« Tit-Coq » dessin-maquette de Robert LaPalme – Dessin original qui a servi pour l’affiche et le programme de la pièce (MIKAN 3010586)

Il y a par ailleurs bien des documents qui illustrent sa carrière dans les arts et la culture au Canada. On peut de plus retrouver des contrats d’engagement, de la correspondance, plusieurs documents promotionnels. D’autres documents portent sur son travail d’activiste du monde des arts et de la culture, notamment son implication au niveau de l’Union des artistes ou sa carrière d’administrateur d’institutions culturelles telles que la Comédie Canadienne qu’il a fondée en 1957 ou la Société du développement de l’industrie cinématographique canadienne dont il est nommé le président en 1969.

Ce qui ajoute beaucoup de richesse à ce fonds ce sont les documents en lien avec sa vie personnelle. On découvre un côté plus intime de l’artiste multidisciplinaire : carnets de notes, journaux de voyage, correspondance diverse, photographies, œuvres d’art qui permettent de mieux saisir davantage l’être humain et ses liens avec sa famille et ses amis. En plus de sa correspondance avec sa famille, on retrouve plusieurs lettres envoyées ou reçues de personnalités du monde des arts et de la politique telles que Jean-Louis Roux, Lionel Daunais, Émile Legault, Jean Despréz, Robert LaPalme, Jean Drapeau et bien d’autres encore.

Enfin, il faut souligner le fait que BAC possède le fonds de la petite-fille de Gratien Gélinas, la romancière Anne-Marie Sicotte, qui a écrit plusieurs biographies sur Gratien Gélinas (La ferveur et le doute – Éditions Québec/Amérique 1995-1996; Gratien Gélinas, du naïf Fridolin à l’ombrageux Tit-Coq – XYZ éditeur, 2001; Un p’tit comique à la stature de géant – VLB éditeur, 2009) en se servant notamment des archives trouvées à BAC. Lors de ses recherches, Anne-Marie Sicotte a non seulement transcrit plusieurs documents d’archives, mais a produit plusieurs enregistrements sonores et transcriptions d’entrevues avec son grand-père.

Le fonds Gratien Gélinas et les fonds connexes conservés à BAC témoignent de la vie et de l’œuvre d’un des pionniers du théâtre canadien et de la radio-télédiffusion au Canada. C’est un véritable trésor de documents riches et variés, accumulés tout au long de la vie d’un artiste et créateur hors pair. Ce joyau documentaire conservé à BAC appelle à être découvert et redécouvert par les chercheurs et les passionnés des arts de la scène et du spectacle d’ici et d’ailleurs.

Ressources connexes


Théo Martin est archiviste dans la Section de la littérature, de la musique et des arts de la scène [des archives privées] de Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Alan Arnett McLeod

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans sa série d’articles du Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada se souvient du lieutenant Alan Arnett McLeod, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure.

McLeod naît en 1899 à Stonewall, au Manitoba. En 1913, à l’âge de 14 ans, il tente de s’enrôler dans le 34e Régiment Fort Garry Horse. À la suite de la déclaration de la guerre, il essaie plusieurs fois de s’engager dans l’armée à Winnipeg, puis dans le Royal Flying Corps (RFC) à Toronto. Il est toutefois rejeté à maintes reprises. Dès qu’il célèbre son dix-huitième anniversaire, il s’enrôle dans le RFC et suit une formation de pilote à Long Branch, en Ontario. Il termine son cours avec 50 heures d’expérience de vol et part pour la France le 20 août 1917.

Une photographie en noir et blanc d’un officier assis, prenant la pose pour un portrait officiel. Il tient ses gants dans une main et un bâton dans l’autre.

Lieutenant Alan Arnett McLeod, VC, 51e et 2e Escadrons du RAF (© Imperial War Museums, Q 67601)

McLeod est tout d’abord affecté au 82e Escadron, mais se voit confier des activités de défense territoriale de nuit, à bord d’un B.E. 12, dès que son commandant découvre qu’il n’a que 18 ans. En décembre 1917, il effectue son premier vol opérationnel au-dessus d’Hesdigneul, en France, au sein du 2e Escadron. En janvier 1918, McLeod et son artilleur détruisent un Fokker Dr.I et un ballon d’observation, actes qui lui valent une citation à l’ordre du jour.

Le 27 mars 1918, McLeod, maintenant sous-lieutenant, et son observateur, le lieutenant Arthur Hammond, survolent Albert (France) à bord d’un Armstrong Whitworth F.K.8. Ils détruisent un triplan allemand, puis sont immédiatement attaqués par une formation de huit autres aéronefs. McLeod et Hammond abattent trois d’entre eux avant que leur propre réservoir de carburant soit touché et s’enflamme. McLeod s’efforce d’éloigner les flammes de son observateur en effectuant une glissade abrupte alors que l’avion continue de tomber et qu’il ne cesse de tirer sur les aéronefs ennemis. Lorsque l’avion s’écrase en zone neutre, McLeod, blessé, traîne Hammond hors des flammes et le transporte jusque dans un endroit sûr en évitant les tirs nourris. Les deux hommes sont gravement blessés, mais survivent. Le lieutenant Hammond, atteint de six balles, perd sa jambe et reçoit une barrette pour sa Croix militaire.

Une photographie en noir et blanc d’un jeune homme souriant dans un lit.

Lieutenant Alan Arnett McLeod, VC, 1918 (MIKAN 3219066)

Ce jour même, le lieutenant Alan Arnett McLeod reçoit la Croix de Victoria pour ses actes. Après un séjour à l’hôpital, il retourne au Canada pour terminer sa convalescence. Le 6 novembre 1918, il succombe à la grippe espagnole à Winnipeg (Manitoba). La rue McLeod, à Stonewall (Manitoba), lui rend d’ailleurs hommage.

Bibliothèque et Archives Canada ne possède pas le dossier de service du lieutenant Alan Arnett McLeod, VC. Les hommes souhaitant faire partie du service aérien s’enrôlaient dans le Royal Flying Corps, le Royal Air Force ou le Royal Naval Air Service. Les dossiers du personnel de ces unités britanniques appartiennent aux Archives nationales de l’Angleterre.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Images de ferrotypes maintenant sur Flickr

Procédé surtout utilisé de 1855 aux années 1860.

Photo noir et blanc encadrée de cinq femmes, d’un bébé, d’un homme et d’un chien, prenant la pose sur un balcon pour un portrait de famille.

Cinq femmes, un bébé, un homme et un chien sur un balcon. (MIKAN 4955139)

Inventé par Adolphe-Alexandre Martin (1853) et Hamilton A. Smith (1856).

Photo noir et blanc de trois femmes prenant la pose pour un portrait. Elles sont vêtues de longues robes, de vestes et de chapeaux, et elles tiennent des livres.

Trois femmes assises. (MIKAN 4958586)

Image négative monochrome qui, formée sur une fine plaque de métal recouverte d’un vernis noir, apparaît comme un positif. Elle est souvent coloriée à la main. Les ferrotypes sont présentés dans des montages en papier leur permettant d’être glissés dans des albums; ils peuvent aussi être montés sous verre dans des écrins « américains ».

Photo noir et blanc d’un homme assis, vêtu d’un uniforme d’harmonie et d’un chapeau orné de plumes. L’homme tient un bugle (clairon) contre son genou gauche.

Joueur de bugle (clairon) avec son instrument, portant l’uniforme de l’harmonie locale. (MIKAN 3511014)

Photo noir et blanc d’une mère, de ses trois filles, de son fils et d’un chien, prenant la pose pour un portrait de famille.

Une mère, ses trois filles, son fils et un chien (MIKAN 3262041)

Visitez l’album Flickr maintenant!

Le baseball majeur conquiert le nord

Par Kelly Anne Griffin

Il y a belle lurette que des Canadiens évoluent dans les ligues majeures de baseball : depuis les années 1870, en fait. Bill Phillips, originaire du Nouveau-Brunswick, ouvre la voie en devenant joueur de premier but à Cleveland. Puis, en 1883, l’Ontarien Tip O’Neill – le plus grand joueur canadien avant 1900 – fait son entrée dans la Ligue majeure de baseball (MLB). Plusieurs Canadiens lui emboîteront le pas, notamment Ferguson Jenkins, né à Chatham, en Ontario. Jenkins est le seul Canadien inscrit au Temple de la renommée du baseball américain, un musée situé à Cooperstown, dans l’État de New York. Sa carrière de lanceur est remarquable : il a remporté 284 victoires.

Photo noir et blanc d’un lanceur en train de lancer une balle à partir du monticule. On voit derrière lui un grand tableau de pointage indiquant les résultats, ainsi que des joueurs de champ extérieur se préparant à suivre la balle.

Ferguson Jenkins, inscrit au Temple de la renommée, lance pour les Cubs de Chicago lors d’une partie contre les Expos de Montréal le 19 septembre 1970. Jenkins est aujourd’hui un philanthrope actif, notamment par l’intermédiaire de sa fondation Fergie Jenkins, établie à St. Catharines (Ontario). Crédit: Montreal Star (MIKAN 3628671)

Le Canada compte lui aussi son Temple de la renommée du baseball. Situé à Saint Marys (Ontario), il rend hommage aux Canadiens qui ont contribué à ce sport, tant sur le terrain qu’à l’extérieur. Enfin, depuis l’expansion de la Ligue nationale en 1968, deux équipes canadiennes ont joué au sein de la MLB.

Les Expos de Montréal : « nos amours »

La toute première semaine des Expos est exaltante. Le 8 avril 1969, alors qu’ils affrontent les Mets au stade Shea de New York, l’Ô Canada retentit pour la première fois lors d’une partie de la MLB. Le propriétaire de l’équipe, Charles Bronfman, ne peut retenir ses larmes. Au terme d’une partie enlevante, les Expos l’emportent par la marque de 11 à 10. Leurs partisans les surnomment « nos amours », un surnom qui leur restera.

Le 14 avril, les Expos présentent à Montréal la première partie de la MLB jouée à l’extérieur des États-Unis. Ils triomphent au parc Jarry devant des milliers de partisans. Trois jours plus tard, le lanceur Bill Stoneman réussit un match sans point ni coup sûr contre les Phillies de Philadelphie. Les Montréalais sont captivés; c’est le début d’une longue aventure.

Affiche couleur conçue pour les Jeux olympiques de 1976. Elle illustre trois vues différentes du stade olympique, bâti pour les Jeux olympiques d’été tenus cette année-là à Montréal.

Le stade olympique de Montréal est construit pour les Jeux olympiques d’été de 1976; les Expos y jouent pour la première fois l’année suivante. Toutefois, l’endroit n’est pas conçu pour le baseball : la structure du toit, notamment, est problématique, et la mince pelouse artificielle occasionne des problèmes de genoux aux joueurs. Depuis 2014, les Blue Jays y tiennent des rencontres hors-concours Crédit: Paul Taillefer/Bibliothèque et Archives Canada (MIKAN 3929420)

Malgré leur excellent réseau d’équipes-écoles et leur talent exceptionnel, les Expos ne prennent part qu’une seule fois aux séries éliminatoires, en 1981. Cette saison-là, sous la gouverne de leur gérant Jim Fanning (un membre du Temple de la renommée du baseball canadien), Warren Cromartie, Andre Dawson et Gary Carter obtiennent tous une moyenne au bâton de plus de .300 ; quant à Tim Raines, aussi intronisé au Temple de la renommée, il vole 71 buts, un record dans la ligue. Les Expos sont alors champions de la division Est de la Ligue nationale, mais la saison est interrompue par une grève. À une victoire seulement de la Série mondiale, ils perdent contre les Dodgers lorsque Rick Monday frappe un coup de circuit pendant la 9e manche. Les partisans n’oublieront jamais ce jour, connu sous le nom de « Lundi bleu ».

Caricature noir et blanc montrant de grosses voitures défilant devant un stade de baseball. Des personnages brandissent des affiches par les fenêtres des véhicules; on peut y lire différents slogans, dont « Unfair » [Injustice] , « We want rights » [Nous voulons des droits] et « Major League on Strike » [Grève de la Ligue majeure].

Caricature montrant les joueurs des Expos faisant la grève devant le stade olympique de Montréal, en 1981. À l’échelle de la Ligue majeure, la grève avait entraîné l’annulation de 713 parties en plein milieu de la saison. Crédit: Rusins Kaufmanis (MIKAN 2841681)

L’histoire se répète en 1994, alors qu’une deuxième grève réduit à néant les espoirs des partisans. Pendant cette saison magique, les Expos, dirigés par Felipe Alou, étaient demeurés au sommet de la ligue grâce à un record de 74 victoires et 40 défaites. Mais les 232 jours de grève forcent le commissaire Bud Selig à annuler la Série mondiale, empêchant ainsi l’équipe d’accéder aux séries éliminatoires.

La franchise ne se remettra jamais de cette grève, tant sur le terrain que dans les gradins. En 2004, après 36 ans d’existence, les Expos disputent leur dernière partie au stade olympique. Le premier joueur canadien-français de l’équipe, Claude Raymond, qui avait participé à la saison inaugurale en 1969, prononce devant les partisans un émouvant discours d’adieu.

Les Blue Jays de Toronto

Les Blue Jays sont fondés en 1977, alors que la Ligue américaine prend de l’expansion. L’équipe remportera six titres de la division Est de la Ligue nationale, deux championnats de la Ligue américaine et deux titres de la Série mondiale.

La première partie des Blue Jays se tient au stade de l’Exposition nationale le 7 avril 1977. Les partisans bravent des températures anormalement froides pour vivre ce moment historique, qui culmine par une victoire de 9 à 5 contre les White Sox de Chicago. Un joueur de premier but jusque là inconnu, Doug Ault, frappe deux coups de circuit et devient le premier héros des Jays.

Photo noir et blanc d’une partie de baseball. Un homme vient de frapper la balle. Derrière lui, on aperçoit un receveur accroupi, dos à un arbitre, lui aussi accroupi. Des joueurs de baseball en uniforme et un policier observent la scène en retrait. Derrière eux, les gradins sont remplis de spectateurs.

Le 12 août 1977, lors de leur saison inaugurale, les Blue Jays de Toronto affrontent les Royals de Kansas City au stade de l’Exposition nationale, à Toronto. Ils y joueront jusqu’en 1989, année de l’ouverture du Skydome (aujourd’hui le Centre Rogers). Crédit: Toronto Star/Frank Lennon (MIKAN 3796691)

Après un long parcours tumultueux, les Blue Jays décrochent le gros lot en 1992 : ils remportent leur premier championnat de la Ligue américaine et sont les premiers champions hors États-Unis de la Série mondiale. Par respect pour l’équipe canadienne leur ayant ouvert la voie, les Blue Jays demandent au premier propriétaire des Expos, Charles Bronfman, d’effectuer le lancer protocolaire lors de la troisième partie de la Série mondiale. Le sixième match se conclut par le circuit intérieur victorieux de Dave Winfield lors de la 11e manche. Le receveur Pat Borders reçoit quant à lui le titre de joueur le plus utile des séries.

Le succès des Blue Jays se poursuit pendant la saison 1993, alors que l’équipe défend son titre de champion de la Ligue américaine. John Olerud devient alors le premier champion frappeur au sein des Jays, qui remportent une deuxième fois la Série mondiale en battant les Phillies de Philadelphie en six matchs. Joe Carter, dans un moment qui restera gravé dans les mémoires, frappe un spectaculaire court de circuit à la fin de la 9e manche, scellant le sort de la partie. C’est la deuxième fois seulement qu’une Série mondiale se conclut par un coup de circuit.

L’élan victorieux des Blue Jays se termine deux ans plus tard, alors qu’ils finissent bons derniers de la division Est de la Ligue américaine. En 2015, après 22 saisons sans participation aux séries éliminatoires, les Jays remportent leur sixième titre de la division Est sous la direction de leur gérant John Gibbons, réussissant à combler un retard de deux victoires pour vaincre les Rangers du Texas. C’est là que Jose Bautista frappe son célèbre coup de circuit avant de lancer son bâton dans les airs. Mais l’équipe perd ensuite le championnat de la Ligue américaine contre les Royals de Kansas City, qui remporteront la Série mondiale.

En 2016, après une saison régulière en dents de scie, les Blue Jays se retrouvent en deuxième place de la division Est. Ils participent au match de meilleur deuxième de la Ligue américaine contre les Orioles de Baltimore, qu’ils remporteront en prolongation. Dans un match serré disputé au Centre Rogers, devant une foule de Canadiens en délire, Edwin Encarnacion frappe un coup de circuit spectaculaire qui fait passer le résultat à 5-2. Une nouvelle génération d’adeptes du baseball canadien vient de naître.

Même si la relation des Canadiens avec le baseball a connu des hauts et des bas, ce sport leur a néanmoins fait vivre des moments exaltants. C’est sans compter qu’au fil de l’histoire, il a tour à tour diverti les soldats en temps de guerre, enseigné l’esprit d’équipe aux enfants et cimenté nos liens dans la défaite et la victoire.

Photo noir et blanc de cinq hommes debout devant un comptoir. Deux d’entre eux sont vêtus d’un uniforme de baseball orné d’un grand « C » sur la poitrine; les autres portent un complet et un chapeau. Un des hommes en uniforme tient une boisson dans sa main et regarde l’objectif.

Des joueurs prennent un rafraîchissement après une partie, Cobden (Ontario), 1909 (MIKAN 3379777)

Levons donc nos verres à nos prochains souvenirs et aux grands moments qui attendent le baseball canadien!

Autres ressources


Kelly Anne Griffin est technicienne en archivistique à la Section des sciences, de l’environnement et de l’économie (Division des archives) de Bibliothèque et Archives Canada.

Après de modestes débuts, le baseball marque l’histoire à Montréal

Par Kelly Anne Griffin

Le baseball était déjà solidement implanté au Canada bien avant de faire vivre à ses amateurs des moments inoubliables, comme le coup de circuit gagnant de Joe Carter dans la Série mondiale, l’émotion et la fierté des Canadiens quand leur hymne national a été entonné pour la première fois lors d’une partie de la Ligue majeure de baseball, ou le célèbre lancer du bâton de José Bautista. Même s’il est considéré par plusieurs comme un sport nord-américain, le baseball tire en fait son origine d’un sport de balle et bâton appelé « rounders », pratiqué par les écoliers britanniques. Des variantes du baseball étaient déjà jouées au Canada une trentaine d’années avant la Confédération. Le premier compte rendu documenté d’une partie de baseball provient de Beachville, en Ontario, le 4 juin 1838; c’est dans le sud-ouest de l’Ontario que le sport était le plus populaire à cette époque.

Une photographie noir et blanc d’un terrain de baseball extérieur où une partie est en cours. Une foule compacte y assiste dans les gradins. Des édifices de la ville se dessinent à l’arrière-plan.

Une partie de baseball de la Ligue internationale au parc Tecumseh en 1878, entre les Tecumsehs de London et les Stars de Syracuse. Ce parc, inauguré le 3 mai 1877, porte maintenant le nom de Labatt; c’est le plus ancien terrain de baseball au monde à avoir connu une activité ininterrompue. Il a été désigné site historique en 1994 (MIKAN 3261769)

Une photographie noir et blanc d’une partie de baseball prise de l’arrière du marbre. Un joueur est au marbre, prêt à recevoir un lancer. L’arbitre est debout derrière le receveur pour rendre sa décision.

Le stade de Hanlan’s Point sur l’île de Toronto en 1917, premier foyer du club de baseball les Maple Leafs de Toronto de la Ligue internationale. C’est là que Babe Ruth a frappé son premier coup de circuit professionnel alors qu’il jouait pour les Grays de Providence (MIKAN 3384487)

Une photographie noir et blanc d’un stade de baseball, prise de la tribune du champ droit. On aperçoit les gradins et le terrain, incluant le losange et le champ extérieur.

Vue de la tribune du champ extérieur au stade Maple Leaf à Toronto, construit en 1927 pour les Maple Leafs de Toronto de la Ligue internationale afin de remplacer le stade de Hanlan’s Point (MIKAN 3327476)

La première équipe officielle de baseball au Canada est mise sur pied grâce aux efforts de William Shuttleworth, connu comme le père du baseball canadien. Cette équipe pionnière, formée d’ouvriers des environs de Hamilton, s’appelle les Young Canadians. Pendant les vingt années qui suivent, on voit apparaître partout au Canada des équipes obéissant à toutes sortes de règles. Voyant la popularité du sport monter en flèche, des hommes d’affaires commencent à commanditer leurs équipes favorites pour mousser leurs produits. On assiste aussi à la création de la Canadian Association of Baseball Players. À l’époque, plutôt que de compétitionner entre eux, bon nombre de clubs de baseball canadiens préfèrent jouer contre leurs voisins américains, de l’autre côté de la frontière. En 1913, il y avait 24 équipes de ligues mineures au Canada.

Une photographie noir et blanc de 10 enfants vêtus d’un uniforme de baseball. Les chandails portent l’inscription « Pages » sur le devant. Certains des garçons sont assis et d’autres debout avec des bâtons, des gants et d’autres équipements de baseball. Un homme adulte, portant un costume et un chapeau, se tient debout derrière les garçons. L’arrière-plan est une toile de fond montrant des arbres.

Équipe de baseball des « pages » de la Chambre des communes, vers 1900. Au Canada, le baseball attirait des gens de tout âge. Ce sport était considéré comme un excellent moyen de développer l’esprit d’équipe, et il était fréquent que des entreprises et leur personnel forment des équipes, comme ces jeunes garçons qui travaillaient sur la colline du Parlement (MIKAN 3549043)

Première Guerre mondiale

Les sports occupent une place importante dans la vie quotidienne des soldats canadiens basés en Europe durant la Première Guerre mondiale. Ils leur permettent de rompre la monotonie des tâches et de diminuer le stress. Les chefs militaires voyaient dans le sport un bon moyen d’aider les hommes à s’éviter les ennuis et à garder le moral tout en demeurant en forme. Le baseball acquiert une telle popularité auprès des soldats qu’il est même subventionné par le gouvernement. En avril 1916, le gouvernement organise une collecte de fonds dont les profits servent à acquérir des équipements de baseball.

Une photographie noir et blanc d’un joueur glissant vers le marbre. Le receveur se tient derrière le marbre alors que l’arbitre rend sa décision. Une foule composée de soldats les encourage.

Un membre de l’équipe canadienne glisse vers le marbre sous les acclamations des soldats en 1917. Le baseball était immensément populaire au sein des troupes, et on organisait régulièrement des parties durant les temps morts (MIKAN 3384451)

Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le baseball demeure un des passe-temps favoris des soldats. Lorsque les Américains arrivent en 1942, il y a soudainement une multitude d’équipes à affronter. Comme c’était le cas dans les premières années du sport au pays, les parties Canada–États-Unis sont fréquentes. Une des plus mémorables a lieu au stade de Wembley le 3 août 1942, devant 6 000 amateurs enthousiastes massés dans les gradins. Les soldats canadiens remportent la victoire sur l’équipe de l’armée américaine au compte de 5 à 3.

Une photographie noir et blanc d’une partie de baseball. Le frappeur est debout levant un bâton et, derrière lui, le receveur et un arbitre. À l’arrière-plan, on aperçoit des joueurs guettant le jeu et des spectateurs dans les gradins.

Un match entre des soldats canadiens et américains en août 1942 au stade de Wembley à Londres (Angleterre), où se disputent de nombreuses parties de baseball durant la Seconde Guerre mondiale (MIKAN 3211157)

Une photographie noir et blanc d’une femme portant des vêtements de travail et un foulard noué sur la tête s’apprête à frapper une balle avec son bâton. Elle est debout dans la cour arrière d’un bâtiment industriel, et l’on voit d’autres structures à l’arrière-plan.

Ce n’était pas seulement les soldats participant aux opérations militaires outre-mer qui aimaient le baseball durant les années de guerre. Ici, une travailleuse d’une usine de munitions à Toronto profite de sa pause pour jouer au baseball (MIKAN 3626863)

De retour au Canada, plusieurs soldats évoquent leurs parties de baseball avec émotion; ils continuent à jouer au baseball et à assister à des parties, chez eux. Bien que les Canadiens aient pratiqué plusieurs sports durant les périodes de guerre, aucun ne l’a été aussi souvent et devant un public aussi enthousiaste que le baseball.

Jackie Robinson

En 1945, le jeune joueur des Negro Leagues Jackie Robinson est approché par Branch Rickey, le directeur général des Dodgers de Brooklyn. Peu de temps après cette première rencontre secrète, on annonce que Robinson a signé un contrat avec l’organisation. Le plan était de faciliter son entrée dans les ligues majeures en empruntant une voie où il rencontrerait le moins d’intolérance raciale. Robinson est d’abord envoyé dans un camp d’entraînement de printemps en Floride, avant de passer comme joueur professionnel à Montréal avec un club de la ligue Triple-A affilié aux Dodgers. Montréal n’a pas été choisie au hasard; c’est une ville où, croit Rickey, Robinson pourra s’acclimater au baseball tout en vivant une expérience moins négative que dans bien des villes américaines. Au cours de ce premier printemps, en 1946, Robinson est exposé à un racisme impitoyable. À Sanford, en Floride, le shérif fait irruption sur le terrain et annule une partie hors concours en déclarant que les Afro-Américains n’ont pas le droit de compétitionner avec des joueurs blancs.

Montréal est beaucoup plus accueillante pour Jackie et sa femme Rachel. Malgré quelques incidents, la ville et les amateurs des Royaux l’adoptent d’emblée. Durant sa première et unique saison à Montréal, Jackie mène l’équipe vers un record exceptionnel de 100 victoires contre seulement 54 défaites.

Découvrez d’autres facettes de la carrière exceptionnelle de Jackie Robinson.

Une photographie noir et blanc d’un joueur de baseball courant entre les buts alors qu’un joueur de l’équipe adverse essaie de le rattraper.

Jackie Robinson en Floride lors du camp d’entraînement du printemps 1946. Les amateurs adoraient sa façon de courir autour du losange devant des foules médusées; il a volé un nombre remarquable de 40 buts durant son unique saison dans les ligues mineures, dont bon nombre au marbre (MIKAN 3574533)

Après de modestes débuts dans le sud-ouest de l’Ontario, le baseball devient une activité populaire en temps de guerre et marque l’histoire de Montréal en accueillant Jackie Robinson. Au milieu du 20e siècle, le baseball avait conquis le coeur de la nation. Mais l’amour du baseball allait atteindre de nouveaux sommets : avec l’arrivée d’équipes canadiennes au sein de la Ligue majeure de baseball, les Canadiens seront de plus en plus nombreux à s’éprendre de ce sport.

Autres ressources :


 

Kelly Anne Griffin est technicienne en archivistique dans la section Science, environnement et économie de la Division des archives à Bibliothèque et Archives Canada.

 

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de mars 2018

À ce jour, 568 203 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Dossiers du Personnel de la Première Guerre mondiale. S’il vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 9700. Dernier nom : Timson.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Des images sur le fromage maintenant sur Flickr

La fabrication du fromage au Canada remonte au début des années 1600, lorsque des vaches laitières ont été amenées d’Europe dans des colonies, dont celle de Québec. Au fil du temps, de nouveaux colons sont arrivés, et avec eux, plus de bétail et de recettes familiales de fromage. De nos jours, la production canadienne s’inspire de deux procédés de fabrication apparus au 17e siècle : les fromages à pâte molle de la France et les fromages à pâte dure, comme le cheddar, du Royaume-Uni.

Une photographie en noir et blanc d’un homme utilisant un treuil pour soulever du fromage d’un bassin. Deux autres hommes, une fille et un garçon, tous placés derrière le bassin, l’observent.

On extrait le fromage des bassins à la fromagerie de gruyère, La Malbaie (Québec) (MIKAN 3518025)

Au début du 19e siècle, le fromage produit quitte rarement la ferme familiale, et il n’y a que très peu d’exportations. C’est un Américain, Harvey Farrington, qui réussira à convaincre les agriculteurs locaux de lui vendre leur lait, ce qui lui permettra d’ouvrir la première fromagerie canadienne à Norwich, en Ontario, en 1864. Depuis la Confédération, un certain nombre de petits et grands producteurs de fromage ainsi que des écoles de fromagerie ont marqué le secteur alimentaire du Canada.

Une photographie en noir et blanc de deux hommes vérifiant la température du lait dans une fromagerie.

On contrôle la température du lait dans une fromagerie, comté de Prince Edward (Ontario) (MIKAN 3371580)

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Les vues à vol d’oiseau, maintenant sur Flickr

L’expression « vue à vol d’oiseau » représente la perspective d’un secteur ou d’un objet par rapport à d’autres éléments, par exemple une carte, un plan ou un paysage urbain. Souvent utilisée dans les dessins ou les photos, une vue à vol d’oiseau offre une observation en surplomb à partir d’un point très élevé.

Une photographie en noir et blanc des chutes Niagara, à partir d’une vue à vol d’oiseau. On aperçoit divers bâtiments des deux côtés de la frontière ainsi que des routes menant aux rives.

Vue à vol d’oiseau des chutes Niagara et de diverses centrales électriques du côté canadien (Ontario) (MIKAN 3318089)

Une photographie en noir et blanc de Calgary (Alberta), à partir d’une vue à vol d’oiseau. On aperçoit au premier plan la rivière Bow et un pont ainsi qu’un certain nombre de résidences et de gros bâtiments en arrière-plan.

Vue à vol d’oiseau de Calgary (Alberta) (MIKAN 3302621)

Plusieurs synonymes existent : vue en plan, vue de dessus, vue plongeante, vue en plongée, vue d’avion, etc. Ces termes sont tous légèrement différents, mais ils représentent tous une vue d’en haut.

Une photographie en noir et blanc de Cabri (Saskatchewan), à partir d’une vue à vol d’oiseau. On aperçoit un chemin de terre principal ainsi que des résidences et des bâtiments voisins. Quelques personnes, chevaux et chariots se rassemblent dans le village.

Vue à vol d’oiseau de Cabri (Saskatchewan) (MIKAN 3259496)

Une photographie en noir et blanc de Winnipeg (Manitoba), à partir d’une vue à vol d’oiseau. On aperçoit la rivière Rouge au centre et des bateaux à vapeur ainsi que des colonies et des routes principales le long des rives.

Vue à vol d’oiseau de Winnipeg (Manitoba) (MIKAN 4146329)

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Images de l’équipe de hockey canadienne aux Jeux olympiques de 1948 maintenant sur Flickr

Ce passeport collectif comprend les photos de 19 membres des Flyers de l’Aviation royale canadienne ayant fait partie de l’équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques de 1948. Les photos sont accompagnées de renseignements sur les joueurs. Ceux-ci ont quitté le pays le 8 janvier 1948 à destination des États‑Unis, d’où ils sont allés en Belgique, puis en Tchécoslovaquie, en France, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse et au Royaume-Uni. Ils sont revenus au Canada le 8 avril 1948 avec la médaille d’or olympique.

Deuxième page du passeport collectif de l’équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques de 1948. Le passeport a été délivré par le ministère des Affaires extérieures. On voit les photos de Frank George Boucher, d’Hubert Brooks, de Bernard Francis Dunster et de Roy Austin Lowe Forbes, ainsi que des renseignements à leur sujet : nom, date et lieu de naissance et citoyenneté.

Certificat collectif pour les 19 membres de l’équipe olympique de hockey, de Boucher à Watson. Page 6, 1948 (MIKAN 4842035)

Page 6 du passeport collectif de l’équipe canadienne de hockey aux Jeux olympiques de 1948. Le passeport a été délivré par le ministère des Affaires extérieures. On voit les visas ainsi que les timbres d’entrée et de sortie de la France, de la Suède, des Pays Bas et des États Unis.

Certificat collectif pour les 19 membres de l’équipe olympique de hockey, de Boucher à Watson. Page 6, 1948 (MIKAN 4842035)

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Les livres racontent leur histoire

Par Meaghan Scanlon 

Vous tournez le dos aux livres usagés dont les pages sont couvertes de notes laissées par les lecteurs précédents? Pourtant, celles-ci sont d’une aide précieuse pour les chercheurs qui veulent en savoir plus sur les origines d’un ouvrage et la façon dont il était utilisé. Annotations, inscriptions, ex-libris ou marques de tampons encreurs : tous ces indices révèlent l’historique d’un livre, sa provenance et ses propriétaires.

La plupart des trésors faisant partie de la collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) ont eu plus d’un propriétaire, et les traces en sont bien visibles. Prenons par exemple le deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition [Les régions polaires, ou la recherche de l’expédition de sir John Franklin], écrit par Sherard Osborn. BAC a acquis cet ouvrage en 2015, dans le cadre d’un transfert de documents avec ce qui s’appelait alors le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada. Or, les notes laissées sur ses pages montrent qu’il appartient au gouvernement fédéral depuis environ un siècle.

Photo couleur montrant deux pages d’un livre ouvert; sur la page de droite, on voit la marque d’un tampon encreur ainsi qu’une signature.

Pages du deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition de Sherard Osborn. Sur la page de droite, dans le coin supérieur droit, la marque d’un tampon encreur indique : « Commission on Conservation » [Commission de la conservation]. En dessous, on aperçoit une signature à l’encre : « W. A. Malcolm [?] / Jan’y [January] 1864 / Yokohama ».  [W. A. Malcolm (?) / Janvier 1864 / Yokohama] (AMICUS 6359969)

The Polar Regions a été imprimé en 1854, et la signature qui orne l’une des pages constitue la plus ancienne preuve de ses origines : elle nous indique que le livre se trouvait à Yokohama, au Japon, en 1864. Au-dessus de la signature, on voit une empreinte à l’encre, de forme ovale : celle de la Commission de la conservation. On peut en déduire que ce livre faisait probablement partie de la bibliothèque de la Commission canadienne de la conservation, un organisme consultatif mis sur pied par le gouvernement de l’époque afin de formuler des recommandations sur l’intendance des ressources du pays. Comme elle a existé de 1909 à 1921, nous pouvons supposer que le livre a été acquis au cours de cette période. En 1921, alors que le Sénat débattait de la dissolution de la Commission, un sénateur a demandé si la précieuse bibliothèque de l’organisme serait intégrée à la collection du Parlement. Les livres semblent plutôt avoir été distribués parmi les divers ministères ayant repris les fonctions de la Commission.

Photo couleur d’un livre ouvert aux pages de garde avant. On voit un ex-libris sur la page de gauche et quatre marques de tampon encreur sur la page de droite.

Les pages de garde avant du deuxième exemplaire de The Polar Regions, or, A Search after Sir John Franklin’s Expedition, de Sherard Osborn, portant les traces de ses anciens propriétaires. Sur la page de gauche : l’ex-libris d’Affaires indiennes et du Nord Canada. Sur la page de droite : la marque du tampon encreur d’Affaires indiennes et du Nord Canada (en haut); celle de la Direction des parcs et des forêts du ministère des Mines et des Ressources (en bleu, au milieu et en bas à gauche); et celle de la Direction des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon du ministère de l’Intérieur (en bas à droite). (AMICUS 6359969)

Quant au livre qui nous intéresse ici, et dont la thématique est l’Arctique, il fut une ressource pour les fonctionnaires canadiens chargés de l’administration des territoires du Nord. Au fil des ans, cette responsabilité a été confiée à divers organismes fédéraux, et le livre semble avoir passé de main en main, selon les besoins, traversant les nombreux changements de structure bureaucratique. À la manière d’un passeport, les traces de tampons ministériels apparaissant pêle-mêle sur les pages de garde avant illustrent bien son parcours. Après la fermeture de la Commission, en 1921, le livre a été envoyé à la Direction des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon du ministère de l’Intérieur (empreinte verte en bas à droite); il y est demeuré de 1922 à 1936. De 1937 à 1953, c’est le ministère des Mines et des Ressources, alors chargé de l’administration du Nord, qui s’est vu confier l’ouvrage, comme en témoignent les empreintes bleues au milieu et en bas à gauche. Les marques d’Affaires indiennes et du Nord Canada (empreinte noire en haut à droite et ex-libris sur la page opposée) et du ministère du Nord canadien et des Ressources nationales (empreinte derrière l’ex-libris, non visible sur la photo) témoignent elles aussi de l’odyssée ministérielle de l’ouvrage.

Ce ne sont pas tous les livres qui recèlent autant de vestiges du passé. Néanmoins, la prochaine fois que vous tomberez sur un vieil ouvrage un peu décrépit, prenez le temps de le feuilleter pour voir si d’anciens lecteurs y ont laissé leur marque. Qui sait? Vous pourriez être surpris!

Ressources supplémentaires


Meaghan Scanlon est bibliothécaire des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.