Les archives au service des droits de la personne

Par R. L. Gabrielle Nishiguchi

Au moment de nommer l’une des institutions démocratiques fondamentales du Canada, combien penseraient d’emblée à Bibliothèque et Archives Canada (BAC)? Pourtant, c’est dans les archives d’une nation que les preuves de sa gouvernance sont à jamais préservées.

L’histoire du redressement à l’égard des Canadiens japonais nous apprend que les documents conservés par BAC – et l’usage déterminant qu’en ont fait des citoyens engagés – ont contribué à tenir le gouvernement fédéral responsable d’actions qui sont désormais universellement condamnées.

Du silence au mouvement citoyen

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les survivants affligés n’ont d’autre choix que d’étouffer leur traumatisme pour se concentrer à refaire leur vie. Le mutisme enveloppe ainsi la communauté japonaise du Canada.

Ce n’est que vers la fin des années 1970 et le début des années 1980, lors de petites réunions privées où les survivants se sentent à l’aise de raconter leurs malheurs de guerre, qu’un mouvement de redressement local voit le jour.

Aujourd’hui, l’Entente de redressement énonce qu’entre 1941 et 1949, « les Canadiens d’origine japonaise, dont la majorité étaient citoyens du pays, ont souffert d’actions sans précédent menées par le gouvernement du Canada à l’encontre de leur communauté » [traduction]. Ces actions étaient la privation du droit de vote, la détention dans des camps d’internement, la confiscation et la vente des biens personnels et communautaires, la déportation et l’entrave à la liberté de mouvement. Exercées par l’administration fédérale jusqu’en 1949, ces actions témoignent de l’attitude discriminatoire adoptée à l’endroit d’une communauté entière sur la seule base de l’origine ethnique de ses membres.

Photographie en noir et blanc montrant un Canadien japonais, en position accroupie, avec quatre enfants devant un commerce.

Sutekichi Miyagawa et ses quatre enfants, Kazuko, Mitsuko, Michio et Yoshiko, devant son épicerie, le Davie Confectionary, à Vancouver, en Colombie-Britannique, en mars 1933. (a103544)

Photographie en noir et blanc montrant douze Canadiens japonais déchargeant un camion.

Arrivée d’internés canadiens japonais à Slocan, en Colombie-Britannique, en 1942. Source : Tak Toyota (c047396)

L’action citoyenne et la déclassification de documents gouvernementaux

En 1981, Ann Gomer Sunahara épluche les dossiers récemment déclassifiés du gouvernement du Canada, rendus publics par ce qui s’appelait alors les Archives publiques du Canada. Dans son livre The Politics of Racism, Sunahara documente les décisions destructives et pratiquement incontestées qui ont été prises à l’égard de la communauté canadienne japonaise par le premier ministre Mackenzie King, son cabinet et certains fonctionnaires influents.

Photographie en noir et blanc montrant deux hommes debout près d’une haute clôture en fer. Un agent de police londonien est visible derrière eux.

Le très honorable W. L. Mackenzie King (à droite) et Norman Robertson (à gauche) à la Conférence des premiers ministres du Commonwealth, à Londres, en Angleterre, le 1er mai 1944. C’est à cette époque que Norman Robertson, alors sous-secrétaire d’État aux Affaires extérieures, et son adjoint spécial, Gordon Robertson (aucun lien de parenté), élaborent le plan qui mènera à la déportation au Japon de 3 964 Canadiens japonais en 1946. (c015134)

La National Association of Japanese Canadians (NAJC), qui en vient à représenter l’opinion de la communauté sur le redressement, reconnaît avec perspicacité l’importance cruciale de l’accès aux documents gouvernementaux des années 1940, qui peuvent servir de preuve tangible des fautes du gouvernement.

Le 4 décembre 1984, le journal canado-japonais The New Canadian rapporte que la NAJC a passé des mois à fouiller les archives gouvernementales pour produire un rapport intitulé Democracy Betrayed. Selon le résumé de ce rapport : « Le gouvernement a affirmé que le non-respect des droits de la personne [des Canadiens japonais] était nécessaire pour des motifs de sécurité. Les documents gouvernementaux montrent que cette affirmation est complètement fausse » [traduction].

L’action citoyenne et les registres du Bureau du séquestre des biens ennemis

En 1942, tous les Canadiens japonais de plus de 15 ans sont forcés par le gouvernement fédéral de déclarer leurs avoirs financiers à un représentant du Bureau du séquestre des biens ennemis. Les formulaires « JP », qui dressent la liste détaillée des possessions des internés, forment le noyau des 17 135 dossiers des Canadiens japonais.

Pour poursuivre les négociations avec le gouvernement fédéral en vue d’arriver à une entente, la NAJC a besoin d’une estimation crédible et vérifiable des pertes financières subies par la communauté japonaise canadienne. Le 16 mai 1985, elle annonce que le cabinet comptable Price Waterhouse accepte d’effectuer cette étude, par la suite publiée sous le titre Economic losses of Japanese Canadians after 1941: a study.

L’échantillonnage des dossiers du séquestre en 1985

Une équipe de chercheurs d’Ottawa, principalement issus de la communauté japonaise du Canada, est engagée par Bob Elton de Price Waterhouse pour faire l’échantillonnage statistique de 15 630 dossiers du séquestre ayant été conservés par les Archives publiques du Canada. Ces documents gouvernementaux contiennent des informations protégées en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels (L.R.C. 1985, ch. P-21), mais l’alinéa 8(2)j) autorise l’équipe à y accéder pour des « travaux de recherche ou de statistique ».

Le 20 septembre 1985, le journal Ottawa Citizen cite Art Miki, alors président de la NAJC, qui soutient que « les dossiers du séquestre sont la matière première la plus précieuse pour l’étude des pertes financières, car chaque transaction y est méticuleusement inscrite, qu’il s’agisse de la vente d’une ferme, d’un bateau de pêche, d’une maison ou d’une voiture » [traduction].

Photographie en noir et blanc, portrait en buste d’Art Miki.

Art Miki, éducateur, militant pour les droits de la personne et président de la National Association of Japanese Canadians (NAJC) de 1984 à 1992. Il était stratège et négociateur en chef pendant la campagne de redressement, dont le point culminant a été l’Entente de redressement à l’égard des Canadiens japonais, signée le 22 septembre 1988 par la NAJC et le gouvernement du Canada. En 1991, il a été décoré de l’Ordre du Canada. Photographe : Andrew Danson (e010944697)

Molly et Akira Watanabe, des citoyens engagés

Pour le dernier échantillonnage, 1 482 dossiers doivent être examinés : un éreintant travail de moine que certains chercheurs sont incapables de mener à bien, souffrant de nausée et de fatigue oculaire en raison des nombreuses heures passées à scruter des microformes, parfois de piètre qualité.

Un brillant exemple d’action citoyenne est celui d’Akira Watanabe, président du comité de redressement d’Ottawa, et de son épouse Molly. Voyant que des centaines de dossiers doivent encore être traités, que les effectifs fondent et qu’il ne reste que quatre semaines pour finir le travail, ces deux chercheurs dévoués d’Ottawa se rendent aux Archives publiques du Canada, après le travail, pour un total de 20 soirées. Molly Watanabe décédera en 2007.

Le 8 mai 1986, l’étude est rendue publique. Price Waterhouse estime les pertes financières de la communauté canadienne japonaise à 443 millions de dollars (de 1986).

À elles seules, les archives ne protègent pas les droits de la personne

Ce ne sont pas les papiers empilés dans des boîtes de carton sur les tablettes qui protègent les droits de la personne, ni les microfilms rangés dans des contenants dans les tiroirs, mais bien les individus. L’histoire du redressement à l’égard des Canadiens japonais l’illustre bien : il faut des citoyens engagés et motivés à poser des gestes concrets pour repérer ces archives et les exploiter.

C’est ainsi que les archives gouvernementales et privées des années 1940 conservées par BAC, puis utilisées par des citoyens, ont pu jouer un rôle déterminant en faveur des Canadiens japonais demandant un redressement. En préservant les documents qui prouvent la responsabilité de notre gouvernement devant l’injustice, BAC demeure l’une des grandes institutions démocratiques de notre pays.


R.L. Gabrielle Nishiguchi est archiviste à la section Société, emploi, affaires autochtones et gouvernementales de la Division des archives gouvernementales, à Bibliothèque et Archives Canada.

Le sergent William Merrifield, VC

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le sergent William Merrifield pour la bravoure dont il a fait preuve près d’Abancourt, en France, le 1er octobre 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme.

Le sergent William Merrifield, VC, sans date. Source : Défense nationale et les Forces canadiennes.

Né à Brentwood, Essex, en Angleterre, le 9 octobre 1890, Merrifield est pompier avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il s’enrôle le 23 septembre 1914 à Valcartier, au Québec, dans le 2e Bataillon canadien de fusiliers à cheval du Corps expéditionnaire canadien. En 1917, il est muté au 4e Bataillon d’infanterie du Canada. Merrifield reçoit la Médaille militaire pour ses actes d’héroïsme posés en novembre 1917 durant la bataille de Passchendaele.

À la fin de septembre 1918, la bataille du canal du Nord, en France, est presque terminée. Les Canadiens basés autour du champ de bataille participent à des patrouilles régulières et à des missions de reconnaissance. L’artillerie des Alliés, notamment les canons de 6 pouces et de 60 livres, tire continuellement. Les obus parviennent toutefois rarement à atteindre leurs cibles parmi les tranchées allemandes. À un moment, les Alliés détruisent même accidentellement l’une de leurs propres mitrailleuses Lewis, tuant quelques-uns de leurs soldats. Les Allemands défendent leurs tranchées avec obstination, ce qui complique considérablement l’objectif des Canadiens visant à franchir les lignes ennemies.

Le 1er octobre 1918, près d’Abancourt, Merrifield et ses hommes essuient les tirs de deux positions ennemies de mitrailleuses. Incapable d’avancer davantage, Merrifield décide d’attaquer seul les deux positions allemandes pour les éliminer. Se précipitant d’un trou d’obus à un autre, il tue les soldats ennemis de la première position et se blesse. En dépit de cela, il continue vers la deuxième position, tuant ses occupants à l’aide d’une grenade à main. Il reste sur le champ de bataille et dirige son peloton jusqu’à ce qu’il soit gravement blessé.

Une copie noir et blanc d’un document textuel dactylographié; des signatures manuscrites se trouvent à droite de la page.

Les journaux de guerre du 4e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant certains des événements survenus le 1er octobre 1918, page 4 (e001078521)

Merrifield survit à la guerre et est visé par la démobilisation générale du 24 avril 1919. Il déménage à Sault Ste. Marie, en Ontario, et s’éteint à Toronto le 8 août 1943.

Une école primaire de Sault Ste. Marie a été nommée en l’honneur de Merrifield : les portes de l’école publique William Merrifield V.C., du conseil scolaire de district Algoma, sont ouvertes de 1946 à juin 2015. De plus, la patinoire extérieure Merrifield est située à l’intersection de l’avenue Henriette et de la rue Patrick à Sault Ste. Marie.

Le 56e Régiment d’artillerie de campagne de Brantford, en Ontario, lui a également dédié son manège militaire (manège militaire Sgt William Merrifield VC).

Sa Croix de Victoria a fait l’objet d’un don au Musée canadien de la guerre, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du sergent William Merrifield.

Souhaitez-vous en savoir plus sur la vie pendant la guerre?

Les journaux de guerre du 4e Bataillon d’infanterie du Canada ont besoin d’être transcrits, étiquetés, traduits et décrits. Chaque ajout à un document fournit de nouvelles métadonnées qu’il est possible de chercher dans les 24 heures suivantes. Cela permet, jour après jour, de trouver plus facilement les documents de Bibliothèque et Archives Canada. Consultez le billet de blogue qui explique comment faire partie de l’histoire!

Ashley Dunk était adjointe de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Le capitaine John MacGregor, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le capitaine John MacGregor pour la bravoure dont il a fait preuve pendant la bataille du canal du Nord près de Cambrai, en France, entre le 29 septembre et le 3 octobre 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat souriant en tenue de service.

Le capitaine John MacGregor, VC, avril 1919 (a004598-v8)

Né près de Nairn, en Écosse, le 11 février 1888, John MacGregor arrive au Canada en 1909. Il est menuisier avant de s’enrôler dans le 11e bataillon canadien de fusiliers à cheval du Corps expéditionnaire canadien le 26 mars 1915. MacGregor a déjà servi pendant trois ans au sein de l’artillerie de garnison de Nairn. Pendant la Première Guerre mondiale, il reçoit plusieurs décorations militaires, dont la Médaille de conduite distinguée pour les actes qu’il a posés lors de la bataille de la crête de Vimy, la Croix militaire et une barrette ajoutée à sa Croix militaire.

MacGregor gravit rapidement les échelons du Corps expéditionnaire canadien, passant de sergent en 1916 à lieutenant en 1917 et à capitaine en 1918. Il est blessé par deux fois au cours de son service et doit s’arrêter pendant un moment pour combattre une grippe. En septembre 1918, il est muté au 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval, en France. Il participe aux opérations du Corps canadien en vue de traverser le canal du Nord et de s’emparer des routes menant à Cambrai.

Photo noir et blanc de quatre personnes debout, regardant vers l’appareil photo.

Le capitaine John MacGregor, VC, entre deux femmes non identifiées, avec le lieutenant R. Darcus, MC (a006914-v8).

Pendant la bataille du canal du Nord, MacGregor dirige la compagnie C du bataillon. Celle-ci subit des pressions intenses de la part des défenses allemandes et sa progression est ralentie par des tirs de mitrailleuses débilitants. MacGregor s’avance vers l’ennemi pour repérer les armes en question, malgré les blessures reçues pendant la bataille. En plein jour, il s’élance, armé d’un fusil et d’une baïonnette, sous les tirs intenses provenant de toutes les directions, et réussit, seul, à mettre ces forces ennemies hors de combat. Sa bravoure mène à la mort de quatre soldats allemands et à la capture de huit prisonniers. La vivacité d’esprit et l’initiative dont fait preuve MacGregor permettent à ses hommes d’écarter le danger et de poursuivre leur avancée.

Par la suite, il réorganise son commandement alors que la bataille fait toujours rage et offre son appui aux troupes environnantes. Tandis que les lignes allemandes résistent toujours, il s’avance bravement le long des lignes de front. De nombreux autres officiers sont blessés ou tués sur le champ de bataille. MacGregor prend donc les rênes de certains pelotons, organise des vagues de soldats et encourage la progression de ses hommes.

Lors d’une reconnaissance de jour effectuée sous des tirs de suppression, MacGregor positionne sa compagnie à Neuville-St.-Remy, ce qui contribue considérablement à l’avancée vers Tilloy. MacGregor fait preuve d’un leadership solide et d’une bravoure au combat tout au long de l’opération réalisée le long du canal du Nord en direction de Cambrai.

Photo noir et blanc d’un soldat vêtu de sa tenue de service, légèrement de profil, plissant les yeux en raison du soleil.

Le capitaine John MacGregor, VC, date inconnue (a007507-v8)

MacGregor survit à la guerre et est rayé de l’effectif dans le cadre de la démobilisation générale du 9 avril 1919. Plus tard, il participe à la Deuxième Guerre mondiale, atteignant le grade de lieutenant-colonel. Il dirige le Canadian Scottish Regiment (Princess Mary’s), un régiment d’infanterie de réserve de l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Il meurt le 9 juin 1952 et est enterré au cimetière du lac Cranberry à Powell River, en Colombie-Britannique.

Une copie noir et blanc d’un document textuel dactylographié; les titres sont soulignés et une partie du texte est séparé en colonnes.

Les journaux de guerre du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval; le nom de McGregor est inscrit sous la compagnie C, septembre 1918, p. 26 (e001126713)

La Croix de Victoria et les autres médailles de MacGregor sont exposées au Musée canadien de la guerre, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du capitaine John MacGregor.

Souhaitez-vous en savoir plus sur la vie militaire pendant la Première Guerre mondiale?

Les journaux de guerre du 2e bataillon canadien de fusiliers à cheval ont besoin d’être transcrits, étiquetés, traduits et décrits. Chaque jout à un document fournit de nouvelles métadonnées qu’il est possible de chercher dans les 24 heures suivantes. Cela permet, jour après jour, de trouver plus facilement les documents de Bibliothèque et Archives Canada. Consultez le billet de blogue qui explique comment faire partie de l’histoire!


Ashley Dunk est adjointe de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Samuel Lewis Honey, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes héroïques posés il y a exactement 100 ans par des soldats sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Aujourd’hui, nous honorons le lieutenant Samuel Lewis Honey pour la bravoure dont il a fait preuve pendant les opérations du bois de Bourlon, menées entre le 27 et le 30 septembre 1918.

Affiche couleur sur laquelle on peut lire « Fall in the Grenadiers » [Faites partie des Grenadiers] en grosses majuscules rouges. D’autres phrases y sont imprimées en rouge et en noir. Sur le côté droit, une illustration montre un soldat en uniforme au garde-à-vous; il porte un haut chapeau noir, un manteau rouge et un fusil à l’épaule.

Affiche d’une campagne de recrutement pour le 78e Bataillon, sans date. (e010697069)

Né à Conn, en Ontario, le 9 février 1894, Samuel Lewis Honey est enseignant lorsqu’il s’enrôle comme soldat le 22 janvier 1915. Il se joint au 34e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Soldat accompli, il reçoit la Médaille de conduite distinguée ainsi que la Médaille militaire. Il est nommé officier le 2 juillet 1917. À l’automne 1918, on le retrouve lieutenant dans le 78e Bataillon d’infanterie en France.

Le 27 septembre de cette année-là, Honey combat auprès de milliers d’autres soldats canadiens dans le bois de Bourlon, où ils sont assaillis par les tirs nourris des mitrailleuses allemandes. L’opération vise à atteindre le canal du Nord, puis à capturer le bois et le village de Bourlon, une étape essentielle afin d’ouvrir la voie menant à Cambrai. Lorsque le commandant et les officiers de sa compagnie succombent aux attaques, Honey prend les rênes de l’opération. Il réorganise et dirige ses camarades, et poursuit l’avancée.

Photo noir et blanc d’un soldat portant une casquette et une ceinture Sam Browne, deux éléments caractéristiques de l’uniforme d’officier.

Le lieutenant Samuel Lewis Honey, sans date. Source : Défense nationale et Forces canadiennes.

Sous son leadership, la capture du bois de Bourlon réussit, malgré de lourdes pertes, surtout causées par les mitrailleuses allemandes. Honey réussit à repérer les mitrailleuses en question et s’élance seul vers cette position, saisissant les armes et faisant dix prisonniers.

À la suite de cet exploit, Honey parvient à résister à quatre contre-attaques ennemies. Plus tard, il part seul, en pleine noirceur, à la recherche d’un poste allemand. Il le découvre, puis y retourne accompagné d’un groupe de soldats, s’emparant du poste ainsi que de trois autres mitrailleuses.

On peut lire à son sujet dans la London Gazette :

« Le 29 septembre, il conduisit à nouveau sa compagnie contre une forte position ennemie avec une grande habileté et beaucoup d’audace, et dans les jours qui suivent, il continua à incarner le même exemple édifiant de bravoure et d’abnégation. »

London Gazette, n° 31108, 6 janvier 1919, en anglais.
(Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Photo noir et blanc de trois soldats penchés, cueillant des mûres près des arbres et dans les buissons.

Des soldats canadiens cueillent des mûres dans le bois de Bourlon, après s’être emparés de cette position, France, octobre 1918. (a003275)

Hélas, Honey est gravement blessé pendant l’attaque. Il succombe à ses blessures le 30 septembre 1918, à la 12e Division canadienne d’ambulance de campagne. Inhumé au cimetière communal de Quéant, au Pas-de-Calais, en France, il reçoit la Croix de Victoria à titre posthume.

La Croix de Victoria de Samuel Lewis Honey est exposée au Musée canadien de la guerre, à Ottawa. On peut également voir une plaque en son honneur à Mount Forest, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Samuel Lewis Honey.

Étiquetez des photos et faites partie de l’histoire!

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Ashley Dunk était assistante de projet à la Division du contenu en ligne (Direction générale des services au public) de Bibliothèque et Archives Canada.

Le lieutenant Milton Fowler Gregg, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le lieutenant Milton Fowler Gregg pour la bravoure dont il fait preuve pendant la bataille du canal du Nord le 28 septembre 1918.

Né le 10 avril 1892 à Mountain Dale, dans le comté Kings, au Nouveau-Brunswick, Milton Fowler Gregg est étudiant lorsqu’il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien le 5 novembre 1914. Gregg reçoit la Croix militaire en 1917 ainsi que l’ajout d’une barrette à sa Croix pour ses actes de bravoure posés en 1918. Soldat décoré, Gregg est lieutenant au sein du Royal Canadian Regiment en septembre 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat.

Le lieutenant Milton Fowler Gregg, VC, sans date (a006811)

Du 28 au 30 septembre 1918, le Royal Canadian Regiment se déplace en compagnie de la 3e Division de l’infanterie canadienne dans le cadre des opérations visant à traverser le canal du Nord, à capturer le bois et le village de Bourlon, puis à se rendre à Cambrai, en France. Comme l’objectif final consiste à ouvrir la voie vers Cambrai, il est essentiel que le régiment progresse et conserve sa position. L’attaque du Royal Canadian Regiment débute à 5 h 40. Les soldats rencontrent peu d’opposition avant d’être assaillis par les tirs de mitrailleuses ennemis se trouvant dans les bâtiments environnants. Trois chars d’assaut arrivent en renfort; les tirs persistants des mitrailleuses et les canons antichars réussissent toutefois à les mettre hors combat.

Pendant la bataille du canal du Nord, comme lors des opérations précédentes, Gregg agit avec héroïsme. Le 28 septembre 1918, les deux flancs de la brigade sont ralentis par les tirs ennemis nourris, les rafales de mitrailleuse, ainsi que les barbelés torsadés. Gregg, s’avançant seul en rampant, réussit enfin à trouver un petit trou dans les barbelés. Il montre la voie à ses hommes et s’introduit de force dans la tranchée ennemie.

Photo noir et blanc de gros mortiers pointant vers le ciel; un soldat regarde dans l’un des canons, penché.

Les mortiers de tranchée, appelés « minenwerfers », étaient utilisés par les armées allemandes lors de l’avancée des Canadiens dans le canal du Nord, à l’est d’Arras, septembre 1918 (a003200).

Une violente contre-attaque des soldats allemands mène à de lourdes pertes et à une baisse considérable du nombre de bombes disponibles, ce qui laisse la brigade vulnérable. Gregg, blessé pendant la progression, se replie pour aller chercher d’autres grenades. Il rejoint son groupe avec les explosifs tant espérés, mais subit une deuxième blessure. Malgré cela, il réorganise ses hommes et dirige leur avancée vers les tranchées ennemies. Sous son leadership, ils capturent la tranchée et s’installent dans la ligne Marcoing.

Une copie noir et blanc d’une page sur laquelle se trouvent des paragraphes de texte dactylographié à l’encre noire.

Des journaux de guerre du Royal Canadian Regiment décrivant des opérations, septembre 1918, page 28 (e001072260)

Extrait de la London Gazette :

Il tue personnellement 11 ennemis et fait 25 prisonniers, puis il s’empare de 12 mitrailleuses dans la tranchée. Ses blessures ne l’empêchent pas de rester avec sa compagnie et, le 30 septembre, il mène une nouvelle attaque, avec ses hommes, jusqu’à ce que de graves blessures ne l’arrêtent. Le courage exceptionnel de cet officier a épargné de nombreuses vies et permis de poursuivre l’avancée.

(London Gazette, n° 31108, 6 janvier 1919, en anglais.
Traduction : Défense nationale et Forces canadiennes)

Gregg survit à la guerre, assume divers postes en politique et sert à l’étranger pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il s’éteint le 13 mars 1978 à 85 ans. Sa Croix de Victoria est exposée au Musée du Royal Canadian Regiment à London, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service du lieutenant Milton Fowler Gregg; il n’a pas encore été numérisé.

Souhaitez-vous en savoir plus sur la vie pendant la guerre?

Les journaux de guerre du Royal Canadian Regiment ont besoin d’être transcrits, étiquetés, traduits et décrits. Chaque ajout à un document fournit de nouvelles métadonnées qu’il est possible de chercher dans les 24 heures suivantes. Cela permet, jour après jour, de trouver plus facilement les documents de Bibliothèque et Archives Canada. Consultez le billet de blogue qui explique comment faire partie de l’histoire!


Ashley Dunk était adjointe de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Les lieutenants George Fraser Kerr et Graham Thomson Lyall, VC

Par Ashley Dunk

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes de bravoure de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous rendons hommage à deux récipiendaires de la Croix de Victoria pour les gestes héroïques accomplis le 27 septembre 1918 lors de la campagne du canal du Nord et du bois de Bourlon, en France.

Le Corps canadien passe à l’offensive dans la bataille de la Scarpe le 26 août 1918 et réussit enfin à enfoncer la ligne Drocourt-Quéant, solidement fortifiée, le 2 septembre. Les quelque huit kilomètres gagnés par le Corps se soldent par la mort de nombreux officiers et soldats. À la suite de cet assaut, la stratégie change : les Canadiens, avec l’aide d’autres bataillons alliés, tentent de capturer le canal du Nord et d’ouvrir les routes menant à Cambrai. Battant en retraite, les Allemands font sauter plusieurs ponts le long du canal, n’en conservant que quelques-uns fortement défendus pour leur propre usage. Les forces canadiennes n’ont aucune possibilité d’établir des avant-postes de l’autre côté du canal.

Après un mois de planification et de reconstruction des ponts, le Corps canadien est prêt à se lancer à la conquête de ses prochains objectifs : le canal du Nord et le bois de Bourlon.

C’est durant cette bataille du canal du Nord que deux soldats canadiens vont accomplir des actes héroïques pour lesquels ils recevront l’une des décorations militaires les plus prestigieuses.

Carte en noir et blanc montrant des frontières et l’emplacement de bâtiments et de structures.

Journal de guerre du 102e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant les opérations du 1er et du 2 septembre 1918, p. 48 (en anglais) (e001123533)

Le lieutenant George Fraser Kerr

Né le 8 juin 1894 à Deseronto, en Ontario, George Fraser Kerr est chimiste avant la guerre. Le 22 septembre 1914, alors âgé de 20 ans, il s’enrôle à Valcartier, au Québec, et se joint au 3e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien comme soldat. Après avoir fait ses preuves à maintes reprises sur les champs de bataille, il est nommé officier le 1er juillet 1917 et obtiendra éventuellement le grade de capitaine.

Photo d’un soldat extraite d’un journal non identifié.

Le lieutenant George Fraser Kerr, VC, sans date (a007193)

Kerr est un militaire maintes fois décoré : la Médaille militaire le 23 août 1916 pour son intrépidité au mont Sorrel; la Croix militaire le 2 décembre 1918; et une barrette ajoutée à sa Croix militaire le 2 janvier 1919 pour la bravoure et l’esprit d’initiative dont il fait preuve pendant l’attaque menée sur la ligne Drocourt-Quéant le 2 et le 3 septembre 1918.

Le 27 septembre 1918, à 5 h 20, l’artillerie canadienne bombarde les positions allemandes en prévision de l’attaque sur le canal du Nord, dont l’objectif est de franchir la ligne allemande. À 6 h Kerr, au sein du 3e Bataillon, dirige la compagnie d’appui du flanc gauche. En route vers le bois de Bourlon et sous les tirs nourris des mitrailleuses, il use d’adresse pour contourner une mitrailleuse qui ralentissait son avancée.

Après avoir traversé le canal du Nord, la compagnie est arrêtée par une fortification allemande se trouvant près de la route Arras-Cambrai. Kerr, devançant ses hommes, se rue vers la position allemande. Seul, il capture 4 mitrailleuses et 31 prisonniers, permettant à sa compagnie de continuer sa marche avant d’être ralentie de nouveau derrière le bois de Bourlon.

Par deux fois, il est blessé sur le champ de bataille, et il tombe de son cheval après l’Armistice. Il obtiendra son congé de l’armée pour raisons médicales le 16 juillet 1919.

Kerr s’éteint le 8 décembre 1929. De nos jours, sa Croix de Victoria est exposée au Musée canadien de la guerre.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant George Fraser Kerr.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall

Né à Manchester, en Angleterre, le 8 mars 1892, Lyall immigre au Canada et s’établit dans la région de Niagara, où il travaille comme mécanicien. Il se joint au 19e Régiment de la milice britannique avant de s’enrôler avec le 81e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien le 24 septembre 1915, à St. Catharines, en Ontario. Il est plus tard muté au 102e Bataillon d’infanterie du Canada.

Photo noir et blanc d’un soldat debout, la main droite dans la poche de son pantalon.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall, VC, à sa sortie du palais de Buckingham le 15 mars 1919 (a006698)

Le jour même où George Fraser Kerr dirige sa compagnie vers le bois de Bourlon, Lyall commande son peloton du 102e Bataillon. La compagnie envoyée en éclaireur est arrêtée par un poste de résistance allemand, qui la mitraille sans arrêt. Avec l’aide de Kerr et de son peloton, Lyall et sa compagnie s’emparent de la position ennemie par un mouvement de débordement. Il demeure à l’arrière pour attaquer les forces ennemies là où leur défense est moindre. Grâce à cette manœuvre, il fait 13 prisonniers et saisit un canon de campagne et 4 mitrailleuses.

Affaibli par de nombreuses pertes, son peloton est arrêté un peu plus loin par des mitrailleuses se trouvant à l’extrémité sud du bois de Bourlon. Avec le reste de ses hommes, Lyall s’approche du poste de résistance. Se lançant seul à l’assaut de la position, il réussit à tuer l’officier responsable. Son geste de bravoure mène à la capture de 45 prisonniers et de 5 mitrailleuses.

Photo noir et blanc de quatre femmes et de quatre hommes vêtus de manteaux chauds et coiffés de chapeaux devant le palais de Buckingham. L’homme au centre porte un uniforme militaire et s’appuie sur une canne.

Le lieutenant Graham Thomson Lyall, VC, et sa famille devant le palais de Buckingham, le 15 mars 1919 (a006708)

Lyall, ayant réalisé son objectif et fait 47 autres prisonniers, reprend la position et protège le reste de la compagnie. Plus tard, le 1er octobre 1918, alors qu’il se trouve aux alentours de Belcourt à la tête de sa compagnie affaiblie, il capture une position fortement défendue. Il y fait 80 prisonniers et saisit 17 mitrailleuses.

Deux mois plus tard, la London Gazette résume ses hauts faits ainsi :

En deux jours d’opérations, le lieutenant Lyall s’est emparé au total de 3 officiers, 182 militaires de rang, 26 mitrailleuses et 1 canon de campagne, sans oublier les nombreuses pertes infligées. Tout au long de cette période, il a fait preuve d’une bravoure hors du commun et d’excellentes qualités de commandement. [traduction de Défense nationale et les Forces canadiennes]

London Gazette, no 31067, 13 décembre 1918 (en anglais)

Le Corps canadien réalise et même surpasse ses objectifs en ce 2 septembre 1918, connaissant une progression plus importante que prévu malgré les tirs nourris des mitrailleuses et les terribles pertes subies. À la fin de la journée, il avait repris le bois de Bourlon après en avoir capturé les lignes rouge, bleue et verte.

Après l’Armistice, Lyall retourne en Angleterre en 1919 pour s’enrôler dans l’armée britannique.

Il meurt le 28 novembre 1941, pendant la Deuxième Guerre mondiale, lors d’une opération menée en Égypte.

Une plaque commémore ses exploits de guerre dans le jardin commémoratif du Lincoln and Welland Regiment à St. Catharines, en Ontario.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du lieutenant Graham Thomson Lyall.


Ashley Dunk est assistante de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de homards maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc d’un homme tenant un gros homard dans sa main gauche.

Dougal Doucette tient le premier gros homard de la saison, Miminegash (Île-du-Prince-Édouard) [MIKAN 4953614]

Saviez-vous que le terme « homard » désigne en fait une variété de crustacés? Ceux-ci comprennent le homard que l’on connaît, bien sûr, mais aussi la langouste, le homard récifal, la cigale de mer, le homard à fourrure et la galathée.

Photo noir et blanc d’un village côtier. On voit des homardiers à l’arrière-plan, des casiers à homard au centre, et des balises flottantes au premier plan.

Casiers à homard et balises flottantes sur le rivage, Sandford (comté de Yarmouth, Nouvelle-Écosse) [MIKAN 3629555]

Photo noir et blanc de deux hommes, deux femmes et un enfant en train d’examiner quelques homards autour de casiers.

Deux hommes, deux femmes et un enfant debout autour de casiers à homard, parc national Fundy (Nouveau-Brunswick) [MIKAN 4317581]

L’espèce de homard la plus connue des Canadiens – le Homarus americanus – vit le long des côtes de l’Atlantique et dans les eaux du plateau continental, du Labrador à la Caroline du Nord. C’est la seule espèce que l’on retrouve au Canada. Le plus gros spécimen répertorié ici a été capturé au large de la Nouvelle-Écosse en 1977; il pesait plus de 20 kilos!

Photo noir et blanc d’un homme aidant une fillette attablée devant son repas de homard.

Jane Petrie devant son repas de homard (Île-du-Prince-Édouard) [MIKAN 4949865]

Le homard est un mets recherché et un important produit d’exportation pour le Canada, qui l’expédie partout dans le monde, en particulier aux États-Unis, au Japon, en Chine et dans les pays de l’Union européenne.

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Un registre de déportation et l’histoire d’un déporté canadien japonais

Par R. L. Gabrielle Nishiguchi

Photo noir et blanc d’un groupe de femmes et d’un enfant, se tenant debout devant des bagages et des caisses.

Après leur internement durant la Deuxième Guerre mondiale, des Canadiens japonais attendent d’être déportés par train puis par bateau vers le Japon. Slocan City, Colombie-Britannique, 1946. Source : Tak Toyota (c047398)

Le 20 septembre prochain, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) exposera, le temps d’une soirée seulement, un ouvrage bien spécial : un registre datant de 1946, à la reliure bleue usée par le temps. L’exposition se tiendra dans le cadre de l’événement Retour sur le redressement à l’égard des Canadiens japonais : Conférence sur le 30e anniversaire de l’Entente, organisé conjointement par BAC et l’Association communautaire japonaise d’Ottawa.

Mais pourquoi ce registre est-il aussi important? Parce que ses pages roses, imprimées à l’encre violette Gestetner, renferment les noms de 3 964 Canadiens d’origine japonaise déportés en 1946 vers le Japon, un pays ravagé par la guerre; parmi eux, près de 2 000 enfants nés au Canada. Ensemble, ils représentent un cinquième des 20 000 Canadiens d’origine japonaise expulsés de la côte Ouest en 1942.

Pour chaque personne inscrite au registre, on peut aussi voir les renseignements suivants : numéro d’inscription, date de naissance, sexe, état matrimonial, nationalité et lieu de départ, auxquels s’ajoutent une note indiquant si la personne a signé ou non le formulaire de recensement (un aspect dont nous reparlerons plus loin), ainsi que des observations comme mental hospital (hôpital psychiatrique), mentally unbalanced [and] unable to sign (mentalement déséquilibré [et] incapable de signer), New Denver Sanitorium (Sanatorium de New Denver), illeg[itimate] (illégitime), adopted (adopté), common law (union libre) et Canadian Army (armée canadienne).

La couverture du registre porte l’inscription Repatriates (rapatriés) tracée à la plume. Mais le terme Repatriation (rapatriement), utilisé par le gouvernement canadien, ne désignait ni plus ni moins qu’une véritable déportation, comme l’ont démontré universitaires et chercheurs; il était souvent jumelé au mot « volontaire », ce qui n’était pas le cas, comme nous le verrons aussi plus loin. Par ailleurs, on ne pouvait parler de véritable « rapatriement » pour les enfants nés au Canada, et dont le seul lien avec le Japon était leur origine raciale.

Lorsqu’on feuillette les pages à l’encre pâlissante, on peut voir que certains noms sont accompagnés d’annotations manuscrites au stylo ou à la plume. BAC possède d’autres registres semblables, mais ce sont ces annotations qui confèrent à cet exemplaire une telle importance : elles semblent faire référence à des extraits de lois ou de décrets (p. ex., décret P.C. 7356, 15 décembre 1945) précisant comment les agents d’immigration pourraient empêcher certains déportés de revenir au Canada.

Conscient de l’importance historique du registre, BAC a immédiatement numérisé son contenu pour en assurer la préservation, veillant en même temps à ce que le pouvoir évocateur de ces noms demeure dans notre mémoire collective. Couchés sur le papier, les noms des 3 964 déportés et les informations connexes apportent un témoignage silencieux mais puissant des souffrances endurées par ces hommes, ces femmes et ces enfants qui se sont retrouvés au Japon, un pays vaincu et affamé, empêchés de revenir au Canada uniquement en raison de leur origine raciale.

Photo noir et blanc de trois hommes soulevant une caisse.

Trois Canadiens japonais en train de charger une caisse. L’un deux pourrait être Ryuichi Hirahara, 42 ans (no d’inscription 02553). M. Hirahara et sa femme Kazu, âgée de 40 ans (no d’inscription 02554 ), étaient tous deux de nationalité japonaise et ont été internés à Slocan City, en Colombie-Britannique. L’étiquette d’expédition sur la caisse porte le nom de « Ryuichi Hirahara » ainsi qu’une adresse à Wakayama City, au Japon. Ne sachant si sa maison ancestrale avait survécu à la guerre, M. Hirahara avait demandé que ses effets personnels soient retenus en son nom à la gare de Wakayama. Il savait que les gares compteraient parmi les premiers bâtiments à être remis en état, les trains étant essentiels à la reconstruction du Japon. Les Hirahara ont été déportés au Japon en 1946. Source : Tak Toyota [Traduction originale : Henry Shibata, retraduit en français par Bibliothèque et Archives Canada] (c047391)

L’histoire d’un déporté : Henry Shibata

Les participants à la conférence « Retour sur le redressement à l’égard des Canadiens japonais », le 20 septembre prochain, pourront non seulement voir le registre, mais aussi rencontrer l’une des personnes qui y sont inscrites : Henry Shibata. Canadien de naissance, M. Shibata a été déporté au Japon en 1946. Il est aujourd’hui âgé de 88 ans.

Sur l’une des pages du registre, à côté des noms de M. Shibata et de ses six frères et sœurs – tous nés au Canada –, se trouvent des annotations manuscrites qui semblent être des extraits de loi faisant référence au décret 7356 du Conseil privé (qui interdisait le retour des Canadiens japonais naturalisés ayant été déportés). Si tel est bien le cas, cela signifie que le gouvernement canadien avait bel et bien l’intention d’empêcher Henry et ses frères et sœurs de revenir au pays.

Photo noir et blanc de deux hommes debout devant un portail en fer. On aperçoit derrière eux un agent de police londonien.

L’honorable W. L. Mackenzie King et Norman Robertson à la conférence des premiers ministres du Commonwealth, Londres (Angleterre), 1er mai 1944. C’est à cette époque que Norman Robertson, sous-secrétaire d’État aux Affaires extérieures, et son adjoint spécial Gordon Robertson (avec qui il n’a aucun lien de parenté) ont élaboré le plan de déportation approuvé par le premier ministre Mackenzie King. (c015134)

Le recensement qui pouvait faire basculer une vie

Au cours du printemps 1945, le gouvernement du Canada dresse la liste de tous les Canadiens d’origine japonaise âgés de 16 ans et plus (incluant les personnes internées dans des camps et celles traitées à l’hôpital psychiatrique). Ce vaste recensement comprend également un formulaire où les Canadiens japonais doivent choisir le lieu où ils seront supposément « relocalisés » : au Japon ou à l’est des Rocheuses. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que ce choix peut faire basculer leur vie.

En effet, les personnes qui décident d’aller au Japon signent en réalité – et à leur insu – leur demande de déportation. Le gouvernement considérant qu’ils sont déloyaux envers le Canada, il en fait un motif automatique de ségrégation et de déportation. Plusieurs annotations du registre arborent même la mention app[lication] for deportation (demande de déportation) écrite par un fonctionnaire.

Le recensement est mené par la Gendarmerie royale du Canada, alors que les Canadiens japonais sont découragés et inquiets pour leur avenir. Plusieurs d’entre eux viennent de survivre à trois longues années dans des camps d’internement dont ils ne pouvaient sortir sans laissez-passer : forcés de travailler sur des fermes de betteraves à sucre dans les Prairies pour éviter que leurs familles soient dispersées; obligés de travailler dans des camps routiers isolés; ou internés dans des camps de prisonniers de guerre parce qu’ils se plaignaient d’être séparés de leur femme et de leurs enfants.

Photo noir et blanc d’un agent de la Gendarmerie royale du Canada assis à une table et examinant des documents, entouré de plusieurs hommes.

Agent de la Gendarmerie royale du Canada vérifiant les documents de Canadiens japonais forcés d’abandonner leur maison et d’aller dans des camps d’internement, 1942. Source : Tak Toyota (c047387)

Photo noir et blanc de rangées de baraques dans un camp d’internement.Pourquoi les déportés ont-ils signé pour aller au Japon?

Camp d’internement pour les Canadiens japonais, Lemon Creek (Colombie-Britannique), juin 1945. (a142853)

Pourquoi les déportés ont-ils signé pour aller au Japon?  

Les pressions commencent à s’exercer sur les Canadiens japonais lorsque la communauté est forcée de quitter la côte Ouest, en 1942, pour aller en camp d’internement. Dès l’année suivante, leurs biens, retenus en fiducie par le Bureau du séquestre des biens ennemis, sont vendus aux enchères sans leur consentement. Les internés doivent vivre du produit de ces ventes, dont l’essentiel sert à payer leur propre internement. De plus, les superviseurs des camps sont évalués en fonction du nombre de formulaires signés qu’ils arrivent à obtenir.

De tous les internés, les Canadiens japonais qui acceptent finalement de signer le formulaire sont les plus vulnérables : il s’agit de personnes ayant des familles piégées au Japon, de familles monoparentales ou de patients en psychiatrie (dont certains sont trop malades pour signer). Certains, maîtrisant mal l’anglais, se sentent trop vieux ou trop démunis pour recommencer leur vie dans les collectivités typiquement hostiles de l’est du pays. Quelques enfants plus âgés, nés au Canada, se sentent obligés d’accompagner au Japon leurs parents malades ou vieillissants.

La famille du jeune Henry Shibata est internée à Lemon Creek, en Colombie-Britannique. Ses parents, Hatsuzo et Tomiko, ont de la famille à Hiroshima, mais ignorent si la bombe atomique a laissé des survivants. À 52 ans, Hatsuzo pense que sa méconnaissance de l’anglais écrit ne lui permettrait pas de recommencer sa vie dans l’est du Canada. Depuis l’arrivée de son dernier-né Hisashi, qui a vu le jour dans le camp d’internement de Lemon Creek, il a maintenant une femme et sept enfants à faire vivre.

Durant l’événement « Retour sur le redressement à l’égard des Canadiens japonais », le 20 septembre, le registre des déportations sera ouvert à la page 394, où se trouve l’inscription concernant la famille Shibata. À cette occasion, M. Shibata, un éminent chirurgien-oncologiste de 88 ans, verra pour la première fois son nom dans ce registre – 62 ans après s’être embarqué à bord du S.S. General Meigs pour être déporté au Japon avec sa famille.

À Hiroshima, une ville réduite en cendres par l’explosion de la première bombe atomique, Henry et sa famille sont confrontés à des épreuves inimaginables. Malgré tout, Henry réussit à obtenir son diplôme de l’École de médecine de Hiroshima. Il passe ensuite quatre ans aux États-Unis, le temps de se spécialiser en chirurgie, et revient au Canada en 1961. Son expertise a permis de sauver la vie de nombreux Canadiens. Professeur émérite à l’Université McGill, il a pris sa retraite en 2015.

Le registre mentionné ci-dessus était un moyen pratique d’empêcher le retour des déportés, particulièrement en raison des annotations qu’il comportait. Leur intention ne fait aucun doute dans cette lettre écrite par Arthur MacNamara, sous-ministre du Travail, à son ministre Humphrey Mitchell le 4 mai 1950 : « Le ministère des Affaires extérieures semble enclin à penser que les hommes nés au Canada et qui (…) ont été envoyés au Japon devraient maintenant être autorisés à revenir. Quant à moi, je suis d’avis que cette affaire devrait être traitée avec une magistrale lenteur; même dans le cas des hommes ou des femmes nés au Canada, il me semble qu’ils devraient ‘souffrir pour leurs péchés’. Après tout, ce sont eux qui ont choisi d’aller au Japon; ils n’y ont pas été forcés. » [Traduction]

Photo noir et blanc de trois hommes debout devant un bateau.

Canadiens japonais déportés vers le Japon après la Deuxième Guerre mondiale à bord du S.S. General Meigs, un navire de l’armée américaine, au quai A du Chemin de fer Canadien Pacifique, Vancouver (Colombie-Britannique). Au premier plan, de gauche à droite : le caporal R. A. Davidson de la Gendarmerie royale du Canada, C. W. Fisher, et T. B. Pickersgill, commissaire au placement des Japonais, ministère du Travail, 16 juin 1946. (a119024)

Défi Co-Lab

Co-Lab, notre nouvel outil de production participative, offre aux Canadiens la chance de collaborer avec BAC à partir de leur ordinateur personnel. Au cours des prochains mois, BAC lancera un défi Co-Lab portant sur les images du registre. Les Canadiens touchés par l’histoire de ces déportations et qui veulent aider à garder vivants les noms des déportés pourront retranscrire les 3 964 noms et renseignements connexes. BAC espère ainsi offrir une version numérisée et consultable du registre, afin que les chercheurs puissent accéder à ses importantes annotations manuscrites et compiler d’autres statistiques sur les déportés. D’ici là, vous pouvez voir dès maintenant les pages du registre en utilisant notre outil Recherche dans la collection(bêta).

Nous ne pouvons pas réécrire l’histoire afin d’empêcher ces déportations, mais nous pouvons résoudre le mystère des annotations du registre. Et nous pouvons aussi veiller à ce que chaque inscription demeure accessible aux déportés, à leurs familles et aux chercheurs du monde entier, afin que tous puissent ressentir le pouvoir évocateur de ces noms et ne jamais oublier le lot de souffrances qu’ils portent, ainsi que tout le talent et le potentiel dont le Canada n’a pas su profiter.

En attendant le défi Co-Lab sur le registre, BAC vous lance un autre défi : il a réuni des photos de l’internement des Canadiens japonais. Nous sollicitons votre aide pour rédiger des descriptions et ajouter des mots-clés qui permettront de mieux mettre en contexte ces images historiques et de les rendre ainsi plus repérables. Participez au défi dès maintenant!

Pour en savoir plus sur Co-Lab et l’outil Recherche dans la collection(bêta), consultez notre précédent billet de blogue : Voici Co-Lab : l’outil qui vous permettra de donner un coup de pouce à l’histoire!

Pour d’autres informations sur le site Web de BAC

Approfondissez vos connaissances sur les déportations vécues par les Canadiens japonais, les camps d’internement au Canada et la campagne de redressement, ou consultez notre vaste collection. en visitant notre page Web sur les Canadiens japonais.


R. L. Gabrielle Nishiguchi est archiviste à la section Société, emploi, affaires autochtones et gouvernementales de la Division des archives gouvernementales à Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de l’industrie de l’aluminium maintenant sur Flickr

L’aluminium est l’un des métaux les plus largement utilisés et recyclés dans le monde, car il est léger, robuste, souple et non corrosif.

Une photographie noir et blanc d’une femme et de deux hommes manipulant et retirant des blocs d’aluminium de leurs moules à l’aide de chaînes.

À l’usine Alcan Aluminium Limitée, des ouvrier(e)s retirent des blocs d’aluminium des moules de la machine « CCP », Kingston (Ontario) [MIKAN 3625650]

L’industrie de l’aluminium commence au Canada au début du 20e siècle à Shawinigan (Québec), lorsque la compagnie Northern Aluminium y établit sa première fonderie.

Une photographie noir et blanc de trois femmes transportant ensemble au-dessus de leur tête une longue feuille d’aluminium vers la table d’inspection.

Des ouvrières, à l’Alcan Aluminium Limitée, transportent des feuilles d’aluminium à la table d’inspection, Kingston (Ontario) [MIKAN 3625672]

Une photographie noir et blanc de quatre femmes se coordonnant pour empiler des feuilles d’aluminium carrées sur une palette.

Des ouvrières à l’Aluminum Company of Canada (Alcan) empilent des tôles d’aluminium sur la plate-forme pour le four à recuit, Kingston (Ontario) [MIKAN 3627043]

Pendant les 50 années suivantes, on assiste à la mise en place d’un réseau de fonderies et de raffineries au Canada, ponctuée de changements de noms, de fusions et de partenariats. Selon Ressources naturelles Canada, il y a neuf fonderies au Québec et une à Kitimat, en Colombie-Britannique. La raffinerie est située au Saguenay (Québec).

Une photographie noir et blanc montrant une vue en plongée d’une forge d’aluminium produisant des hélices de bombardiers. Il y a plusieurs grandes palettes chargées d’hélices au premier plan.

Vue, depuis un pont roulant, d’une forge d’aluminium produisant des hélices de bombardier dans une usine de l’Aluminum Company of Canada, Kingston (Ontario) [MIKAN 3628256]

Le Canada est le troisième plus grand producteur mondial d’aluminium de première fusion, après la Chine et la Russie.

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Centenaire de la pandémie de grippe espagnole : nouveau défi Co-Lab et exposition itinérante

Par Jenna Murdock Smith et Alexandra Haggert

En 1918, la grippe espagnole frappe le Canada, tuant environ 50 000 personnes. Cette souche particulièrement virulente d’influenza prend la forme d’une véritable pandémie mondiale : lorsqu’elle s’essouffle, en 1920, elle a laissé dans son sillage entre 20 et 100 millions de victimes.

Au Canada, le virus est apporté par des soldats revenant de la Première Guerre mondiale. Rapidement, il se répand jusque dans les régions les plus reculées. Contrairement à la plupart des affections, qui ciblent habituellement les personnes les plus vulnérables, la grippe espagnole s’attaque aux jeunes adultes dans la fleur de l’âge. Pour un pays qui déplore déjà la perte de 60 000 hommes à la guerre, les conséquences de la grippe espagnole sont énormes. La maladie fait des milliers d’orphelins et prive de nombreuses familles de leur principal soutien financier.

L’année 2018 marque le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale et celui de la pandémie de grippe espagnole. Profitons de l’occasion pour réfléchir à ce sombre chapitre de notre histoire. Bibliothèque et Archives Canada possède plusieurs archives qui témoignent des répercussions politiques, sociales, économiques et culturelles de la grippe espagnole sur la vie des Canadiens.

Pour l’occasion, un nouveau défi Co-Lab porte sur la grippe espagnole. Co-Lab est un outil de collaboration qui invite le public à transcrire, traduire, étiqueter et décrire des textes d’archives. Grâce aux métadonnées ainsi obtenues, Bibliothèque et Archives Canada peut enrichir ses instruments de recherche et faciliter la consultation de ses documents historiques.

Les images choisies pour Co-Lab illustrent la réaction des autorités fédérales en santé publique lors de l’apparition de l’épidémie, en 1918. À l’époque, la santé publique relève des autorités provinciales et municipales. Le gouvernement fédéral, pour sa part, coordonne les services de quarantaine, regroupés dans des directions au sein de grands ministères (d’abord celui de l’Agriculture, puis celui de l’Immigration et de la Colonisation). Le dossier comprend notamment de la correspondance qui témoigne des diverses tentatives pour mettre en quarantaine les navires ramenant au pays les soldats démobilisés. Mais ces mesures, qui avaient réussi à endiguer la propagation des maladies infectieuses au 19e siècle, s’avéreront inefficaces pour contrôler la grippe espagnole.

Copie d’un télégramme portant sur la grippe espagnole.

Quarantaine et immigration : grippe espagnole – général, RG29, vol. 300, dossier 416-2-12 (image 82)

Une lettre dactylographié portant sur la grippe espagnole

Quarantaine et immigration : grippe espagnole – général, RG29, vol. 300, dossier 416-2-12 (image 85)

Le gouvernement fédéral est critiqué de toutes parts pour avoir échoué à coordonner une réponse à la pandémie et à fournir les secours requis. Sans vaccin ni traitement efficace, les médecins se tournent vers le gouvernement fédéral pour obtenir de l’aide. Le dossier révèle une absence de coordination chez les autorités gouvernementales et, à mesure que le taux de mortalité augmente, un sentiment d’urgence de plus en plus grand chez le personnel médical travaillant dans les stations de quarantaine au Canada. La situation illustre la nécessité de créer un ministère fédéral de la Santé, lequel est mis sur pied en 1919, en réaction directe à cette pandémie dévastatrice.

Un collage de deux lettres

Quarantaine et immigration : grippe espagnole – général, RG29, vol. 300, dossier 416-2-12 (image 6 et image 7)

Si vous souhaitez voir d’autres documents historiques concernant la grippe espagnole, Bibliothèque et Archives Canada accueille une exposition itinérante créée par Moments déterminants Canada, une organisation qui propose des outils de narration numériques et des activités commémoratives à l’intention des Canadiens. Du 4 au 24 septembre, l’exposition Lutte sans relâche : Des histoires de la pandémie de grippe espagnole de 1918-1919 sera présentée gratuitement dans le hall d’entrée de Bibliothèque et Archives Canada au 395, rue Wellington, à Ottawa.


Jenna Murdock Smith est archiviste principale à la Direction des archives gouvernementales et Alexandra Haggert est gestionnaire de projet à la Direction des services au public à Bibliothèque et Archives Canada.