Polysar ou l’aventure de la production du caoutchouc synthétique au Canada

Par François Larivée 

Les personnes nées avant 1980 se souviendront peut-être de l’image d’un important complexe industriel figurant au verso des billets de 10 dollars. Ce dessin représentait en fait l’usine Polysar (originellement Polymer) à Sarnia (Ontario) et il a figuré sur le billet violet entre 1971 et 1989. Or l’histoire de cette entreprise, qui fut créée en 1942 en tant que société de la Couronne par le gouvernement du Canada et dont Bibliothèque et Archives Canada possède le fonds d’archives, est assez fascinante.

Photographie noir et blanc montrant, en avant-plan, trois grands réservoirs sphériques et un enchevêtrement complexe de tuyaux alors qu’en arrière-plan, se trouve une très haute cheminée d’où s’échappent une flamme et de la fumée. On y voit également un bâtiment équipé de cinq autres cheminées.

Vue de tuyaux et de trois réservoirs sphériques Horton contenant un mélange de butylène et de butadiène utilisé dans la fabrication de caoutchouc synthétique à l’usine Polymer Rubber Corporation, septembre 1944 (MIKAN 3627791)

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Miroirs riches en souvenirs : restaurer les daguerréotypes de la collection de Bibliothèque et Archives Canada – Partie II

Détérioration du verre

Les matériaux qui composent un daguerréotype (le cuivre, l’argent, le papier, le laiton, le cuir, le velours, la soie et le verre) se détériorent à divers degrés selon leurs conditions de conservation. Les restaurateurs sont le plus souvent confrontés à la détérioration du verre.

Les daguerréotypes affectés par ce problème paraissent souvent ternes et flous, mais la photo n’est pas nécessairement touchée. C’est le cas de plusieurs daguerréotypes de la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui ont été traités en vue d’une exposition.

La dégradation du verre découle de la variation de la température et du taux d’humidité, et peut se manifester de différentes façons. Ce sont parfois des craquelures qui prennent la forme de minuscules fissures à la surface du verre. Le verre ancien contenant une teneur élevée en oxyde de sodium, il peut aussi subir une décomposition chimique qui le rend flou ou voilé.

Il est toujours préférable de conserver les daguerréotypes sous leur verre d’origine. Si la détérioration n’en est qu’aux premiers stades, le verre semblera flou ou couvert d’un voile blanc; souvent, on peut alors le nettoyer et le réutiliser. Le procédé est relativement simple : il suffit d’enlever le verre, de le laver à l’aide d’eau distillée et d’un savon neutre, puis de le rincer à l’éthanol. On le laisse ensuite sécher à l’air libre avant de le remettre sur la photo. Résultat : celle-ci semble instantanément plus nette et lumineuse. Lire la suite

Les lettres d’un politicien passionné : la correspondance de Wilfrid Laurier à Bibliothèque et Archives Canada

Par Théo Martin

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) détient la riche correspondance de Wilfrid Laurier, septième premier ministre du Canada et premier Canadien français à accéder au poste. Wilfrid Laurier (1841-1919), né à Saint-Lin, au Québec, connaîtra une carrière exceptionnelle de journaliste, d’avocat, de politicien et bien sûr de premier ministre.

Photographie en noir et blanc montrant un homme âgé regardant au loin.

sir Wilfrid Laurier, v. 1906, photographe inconnu (MIKAN 3623433)

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Miroirs riches en souvenirs : conservation de daguerréotypes dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada – Partie I

Le daguerréotype, un type de photographie unique en son genre, a été très populaire de 1839 à 1864. Il s’agit du premier procédé photographique accessible au public et son succès découle de la clarté des images qu’il permet d’obtenir.

Les photographies produites sont très susceptibles à la perte d’image, à l’accumulation de corrosion et à d’autres formes de détérioration causées par la manipulation et par l’environnement.

Pour protéger l’image, la plaque photographique était délicatement placée sous du verre dont elle était séparée par un intercalaire protecteur. Elle était ensuite scellée avec du ruban adhésif et recouverte d’une feuille de laiton appelée préservateur. L’ensemble était mis dans un petit boîtier, souvent décoratif, fait de cuir, de bois, de papier mâché ou de plastique moulé, avec un revêtement intérieur en soie ou en velours.

Marques des daguerréotypes

Les marques d’origine ou marques de plaque sont des marques poinçonnées que l’on trouve sur beaucoup de daguerréotypes, sans pour autant en trouver sur tous. Quand elles sont présentes, les marques sont souvent en bordure de la plaque et, par le fait même, invisibles lorsque le daguerréotype est scellé. Il s’agit habituellement d’initiales, de symboles et de chiffres. Le nombre le plus couramment utilisé était « 40 » et celui-ci indiquait la composition physique de la plaque, soit un ratio d’une part d’argent pour 39 parts de cuivre. Les marques de plaque peuvent fournir des indices quant à l’endroit où les plaques de cuivre ont été fabriquées et où le photographe a obtenu son matériel. Elles peuvent parfois aussi aider à dater une image.

Lors de la préparation des daguerréotypes en vue de l’exposition au Musée des beaux-arts du Canada, on a découvert plusieurs marques de plaque. Lire la suite

Numérisation des dossiers du Corps expéditionnaire canadien – Mise à jour de mai 2016

À ce jour, 286 285 des 640 000 dossiers sont accessibles à partir de notre base de données Soldats de la Première Guerre mondiale : 1914‑1918. S’il-vous plaît visitez la page sur la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien pour plus d’information sur ce projet de numérisation.

Bibliothèque et Archives Canada numérise les dossiers de service systématiquement, à partir de la première boîte à la boîte no 10 686, ce qui correspond à peu près à l’ordre alphabétique. Veuillez noter qu’au fil des années, le contenu de certaines boîtes a dû être déplacé. Ainsi, un nom censé avoir été numérisé se trouve peut-être maintenant dans une autre boîte qui n’a pas encore été numérisée. À ce jour, nous avons numérisé :

  • Dernière boîte numérisée : Boîte no 4810. Dernier nom :  Jellyman.

Veuillez s’il vous plaît vérifier la base de données régulièrement pour voir les nouveaux ajouts. Si vous avez encore des questions après avoir regardé dans la base de données, vous pouvez nous contacter directement au 1-866-578-7777 pour obtenir plus d’aide.

Les documents originaux et les copies sur microfilm

L’accès est un aspect important du mandat de Bibliothèque et Archives Canada. Le personnel s’efforce de donner accès aux documents originaux chaque fois que c’est possible, mais que se passe‑t‑il lorsque les documents ont été retirés de la circulation et que vous devez les consulter?

Capture d’écran du système de gestion interne des collections de Bibliothèque et Archives Canada où est mis en évidence le message suivant : « Veuillez consulter les exemplaires des documents que vous essayez de commander; veuillez vous référer aux renseignements sur les exemplaires de MIKAN. »

Capture d’écran du système de gestion interne des collections de Bibliothèque et Archives Canada.

On peut retirer un document de la circulation pour diverses raisons, notamment :

  • Le document a été copié et il est disponible dans un autre format (habituellement sur microfilm)
  • Il a été désigné comme nécessitant un traitement de conservation
  • Il est fragile ou risque d’être endommagé
  • Pour des raisons de santé (p. ex. le document contient des moisissures)

Quand vous demandez un document qui a été retiré de la circulation, un employé du comptoir de consultation communiquera avec un gestionnaire des collections ou un adjoint de gestion des collections pour l’informer qu’un chercheur désire consulter l’original et la raison de sa demande.

Voici quelques raisons fréquemment invoquées pour consulter le document original :

  • Pour régler un litige
  • Les copies sur microfilm sont illisibles
  • Les copies sur microfilm sont incomplètes (pages manquantes)
  • Pour des raisons de santé (p. ex. l’utilisation du lecteur de microfilms cause le vertige)

Le gestionnaire des collections ou l’adjoint de gestion des collections évaluera le document demandé et déterminera s’il peut être déplacé en toute sécurité au 395, rue Wellington aux fins de consultation.

Un contenant ouvert dans lequel se trouvent des documents textuels prêts à être évalués

Documents textuels prêts à être évalués.

Raisons fréquemment invoquées pour refuser une demande de consultation du document original :

  • Le document est trop fragile pour être transporté hors de l’installation d’entreposage
  • L’accès au document est limité par la loi (vous devez d’abord obtenir les droits d’accès)
  • Le document pose un risque pour la santé et doit au préalable faire l’objet d’un traitement (p. ex. des moisissures)
  • Le document a été demandé dans le cadre d’un prêt ou d’une exposition

De plus, les documents suivants ne peuvent sortir du Centre de préservation :

    • Traités
  • Atlas datant d’avant 1899, cartes anciennes, documents encadrés surdimensionnés

 

  • Peintures à l’huile, pastels, œuvres au fusain, miniatures
  • Médailles, globes
  • Négatifs sur plaque de verre, grandes photos panoramiques, objets photographiques présentés en coffret
  • Certains documents de philatélie

Si le document est jugé trop fragile ou d’une valeur exceptionnelle, le gestionnaire des collections précisera que la consultation doit se faire sous supervision.

Le personnel de Bibliothèque et Archives Canada fait tout son possible pour faciliter l’accès, mais dans certains cas, les documents ne peuvent tout simplement pas être déplacés. Lorsque cette situation se produit, vous pouvez prendre un rendez-vous afin de consulter les documents originaux au Centre de préservation à Gatineau, sous la supervision d’un archiviste de référence et d’un membre de l’équipe de gestion des collections.

Que signifie l’acronyme PSCA… Programme de surveillance de la communauté aquatique? Non : Programme de surveillance des conditions ambiantes!

Saviez-vous que Bibliothèque et Archives Canada est doté d’un Programme de surveillance des conditions ambiantes dans la plupart des endroits où les collections sont entreposées? Nous recueillons de l’information sur la température et le taux d’humidité dans les aires d’entreposage des collections pour faire en sorte de garder les documents dans des conditions optimales, afin que ceux-ci demeurent dans le même état le plus longtemps possible. Si un document est entreposé dans un endroit trop chaud, cela accélère sa dégradation ou sa décoloration, notamment si le document est instable chimiquement, comme les photographies en couleur. Si un document est conservé dans un milieu trop froid, il risque de devenir cassant et aura tendance à se craqueler. La plus mauvaise situation survient lorsque la température varie soudainement, passant de trop chaud à trop froid : le pire des deux mondes!

L’humidité relative est aussi un enjeu crucial. Si elle est trop élevée, il arrive que les documents commencent à gonfler, à s’oxyder et à moisir. Par ailleurs, si l’humidité relative est trop basse, les documents pourraient rapetisser et se fendiller. Les livres sont particulièrement fragiles à l’humidité à cause de leurs multiples composantes et de la grande variété de matériaux utilisés pour les fabriquer et les relier.

Ci-dessous sont présentés deux des nombreux différents types d’enregistreurs de données utilisés à Bibliothèque et Archives Canada afin de surveiller les conditions ambiantes. Les appareils varient, allant des anciens types d’enregistreurs de graphiques linéaires jusqu’aux enregistreurs de données électroniques fonctionnant avec le Web.

Photographie en couleur montrant deux bras avec des stylos traçant des lignes sur un cylindre marqué de lignes rouges, déposé dans un boîtier de plastique fermé surmonté d'une poignée.

Enregistreur de graphiques linéaires, un appareil à cylindre doté de deux stylos, de la taille d’un grille-pain. Le cylindre est entouré de papier graphique sur lequel s’inscrivent les données d’une journée, d’une semaine ou d’un mois.

Photographie en couleur d'un boîtier, à peu près de la taille d'une audiocassette, fixé sur un mur. L'appareil enregistre deux différents types de données : l'humidité relative et la température à l'intérieur, ainsi qu'à l'extérieur, grâce à des connexions pouvant être reliées à des sondes de température et d'humidité.

Le SmartReader de marque ACR est un enregistreur de données électronique qui enregistre le taux d’humidité relative et la température.

Les contrôles ponctuels aléatoires et les vidages de données mensuels nous permettent de surveiller les conditions dans lesquelles la collection est entreposée afin de nous assurer que la température et l’humidité sont optimales, en conformité avec les normes reconnues à l’échelle internationale. Donc, vous savez maintenant en quoi consiste le PSCA, et pourquoi nous l’avons mis en place à Bibliothèque et Archives Canada!

Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne

par Meaghan Scanlon

Le premier comic book canadien, Better Comics no 1, a été publié il y a 75 ans par Maple Leaf Publishing de Vancouver. Depuis ce temps, le Canada a vu naître de nombreux et talentueux bédéistes. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) présente une nouvelle exposition de reproductions des œuvres de ces artistes. Intitulée Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne, l’exposition aura lieu du 12 mai au 14 septembre dans le hall de l’édifice principal de BAC au 395, rue Wellington à Ottawa.

Alter ego aborde le sujet de la bande dessinée et l’identité canadienne de trois façons. Les œuvres présentées sont regroupées en trois thèmes : « Identité collective », « Identité secrète » et « Identité personnelle ».

Le thème « Identité collective » examine la façon dont les artistes canadiens ont exprimé leur engagement envers l’identité nationale par l’entremise de leur travail. L’identité canadienne repose sur des symboles unificateurs et une histoire commune. De nombreuses bandes dessinées canadiennes, en particulier dans le genre superhéros, ont utilisé des symboles nationaux du pays pour favoriser un sentiment patriotique. Il y a aussi plusieurs bandes dessinées qui portent sur des personnalités et des événements marquants de l’histoire du Canada. À travers leur représentation d’histoires typiquement canadiennes, ces bandes dessinées suscitent des réflexions sur notre identité en tant que Canadiens. Lire la suite

Images de Jean-Joseph Girouard maintenant sur Flickr

Jean-Joseph Girouard (1794-1855) était notaire et artiste amateur. Durant la première moitié du 19e siècle, il fut aussi membre du Parti patriote du Bas-Canada, fondé pour obtenir des réformes politiques et défendre le patrimoine, les droits et les intérêts des Canadiens français.

Girouard fut emprisonné à deux reprises pour sa participation à la rébellion. Fait surprenant : pendant son incarcération à Montréal, il réussit à conserver son étude de notaire ainsi qu’un atelier d’art.

« Si mon travail a un peu suscité l’intérêt envers l’histoire de notre pays, il a déjà trouvé sa récompense. » Charles William Jefferys

Charles William Jefferys (25 août 1869 – 8 octobre 1951) considérait que le Canada avait besoin d’une histoire visuelle et d’une mythologie nationale. Il a donc entrepris de représenter les découvertes, les exemples de courage, les conflits militaires et les grands projets d’édification de la nation. Ses images donnent une importance presque mythique aux événements historiques de notre pays.

Au début du XXe siècle, les Canadiens ont du mal à se définir en tant que pays et à exprimer leur sentiment de nationalisme qui est en train de naître. Les œuvres de Jefferys témoignent de cet état d’esprit, car ses dessins historiques manifestent un nationalisme grandissant. Elles représentent les valeurs de l’époque, qui ne correspondent pas nécessairement à celles d’aujourd’hui.

Dessin noir et blanc réalisé à la plume représentant quatre hommes debout. Une vignette comprend les bustes de quatre autres hommes vêtus d’un chapeau.

Prisonniers métis – Résistance du Nord-Ouest, 1885 (MIKAN 2834663)

Certaines de ses illustrations sont des reproductions fidèles de photos ou de portraits. D’autres sont le fruit de recherches historiques rigoureuses sur les costumes d’une certaine époque. Dans tous les cas, Jefferys cherche à représenter fidèlement tous les aspects de la vie canadienne de son époque. Lire la suite