Images de la Journée internationale de la fille maintenant sur Flickr

Au vu de la discrimination et des mauvais traitements dont les jeunes filles sont victimes partout dans le monde, l’Organisation des Nations Unies a proclamé le 11 octobre Journée internationale de la fille.

Le Canada poursuit la lutte pour défendre l’égalité, la liberté et le droit à l’éducation pour les filles.

Un projet sur les premiers ministres pour étudier notre histoire

Mariam Lafrenie et Rachel Klassen

En collaboration avec l’Université Queen’s, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a lancé un projet visant à faire connaître les discours des premiers ministres du Canada. Pour commencer le projet, la Section des archives politiques et de gouvernance a eu le plaisir de travailler avec Mariam Lafrenie, étudiante de premier cycle et chercheuse à l’Université Queen’s. Mariam a fait les recherches sur les premiers ministres pendant l’été 2016. Ses découvertes ont aidé notre section à planifier la façon d’atteindre les principaux objectifs du projet : faciliter l’accès aux fonds des premiers ministres du Canada conservés à BAC, et aider les Canadiens à se familiariser avec l’histoire politique de leur pays. Pour conclure cette première étape du projet, nous avons demandé à Mariam de nous faire part de ses commentaires sur le projet et de nous parler des discours qu’elle a trouvés particulièrement intéressants.

Réflexions de Mariam Lafrenie

L’étude des fonds de plusieurs premiers ministres, y compris sir Charles Tupper, m’a donné un point de vue privilégié sur l’histoire et le patrimoine du Canada. J’ai pris connaissance des décisions qui ont déterminé l’avenir du pays et cerné les objectifs des Pères de la Confédération. J’ai aussi observé l’évolution de ces objectifs puisque chaque premier ministre a tenté de redéfinir l’identité et l’unité canadiennes.

Le Canada du premier ministre Louis St-Laurent donne une importance particulière à la diversité et à la liberté, et juge intolérable toute forme de discrimination et de terrorisme. Celui que les Canadiens appellent « l’oncle Louis » a géré la création de l’Organisation des Nations Unies et l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération.

Un homme âgé, debout sur une estrade, tend la main vers un groupe d’enfants.

Le premier ministre Louis St-Laurent avec un groupe d’enfants, en 1949 (MIKAN 3220798)

Le premier ministre John Diefenbaker s’est battu pour défendre le droit inaliénable à la liberté (site en anglais seulement). Dans son Canada, les Canadiens ont le droit d’exprimer leurs croyances et leurs opinions, mais ont aussi le devoir de défendre ce droit dans le monde entier.

« Je suis Canadien, un Canadien libre, libre de m’exprimer sans crainte, libre de servir Dieu comme je l’entends, libre d’appuyer les idées qui me semblent justes, libre de m’opposer à ce qui me semble injuste, libre de choisir les dirigeants de mon pays. Ce patrimoine de liberté, je m’engage à le sauvegarder pour moi-même et pour toute l’humanité. »

  • John Diefenbaker, Chambre des communes, le 1erjuillet 1960
Un homme âgé, debout, parle à un groupe de personnes assises à des bureaux.

Le premier ministre John Diefenbaker s’adresse à la Chambre des communes, le 14 octobre 1957. (MIKAN 3214921)

On se souvient de Lester Pearson pour sa persévérance et sa diplomatie. Son Canada favorise le progrès social. Pendant son passage comme premier ministre, il supervise la création du régime universel d’assurance-maladie, du Régime de pensions du Canada et de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Il est cependant surtout reconnu pour sa détermination à choisir un drapeau national digne d’un Canada indépendant et uni.

Page couverture d’un discours publié. Comprend du texte et le portrait d’un homme blanc.

Je me tiens debout pour le Canada! Discours de Lester Pearson (MIKAN 4924761)

Le premier ministre Pierre Trudeau a consacré 15 années de sa vie aux Canadiens, dirigeant le pays pendant la crise d’octobre et le referendum au Québec, en 1980. Il s’est aussi employé à unifier les Canadiens d’un océan à l’autre et à garantir leurs droits et libertés. Son Canada est devenu un pays entièrement indépendant doté de sa propre constitution.

Il y a encore beaucoup à apprendre au sujet des premiers ministres du Canada. BAC et l’Université Queen’s poursuivent leur projet pour que les fonds des premiers ministres soient plus facilement accessibles et facilitent les découvertes!

Liens connexes


Mariam Lafrenie est étudiante de premier cycle et chercheuse à l’Université Queen’s. Elle a travaillé à la Direction générale des archives privées de BAC durant l’été 2016.

Rachel Klassen est archiviste – politique à la Direction générale des archives privées de BAC.

Le cornemuseur James Cleland Richardson, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le blogue d’aujourd’hui dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria relate l’histoire du cornemuseur James Cleland Richardson, à qui l’on a décerné la Croix de Victoria (VC) pour des actes de bravoure accomplis durant la bataille des hauteurs de l’Ancre, le 8 octobre 1916, à proximité de la tranchée Regina, à la Somme, en France.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme portant un kilt et un sporran, tenant un bâton dans la main gauche et appuyé sur une colonne sculptée.

Le cornemuseur James Cleland Richardson, VC, 16e Bataillon, Corps expéditionnaire canadien (CEC). (MIKAN 3192331)

Né à Bellshill, en Écosse, le 25 novembre 1895, M. Richardson immigre en Colombie-Britannique où il assumera la fonction de cornemuseur au sein du 72nd Seaforth Highlanders of Canada. En septembre 1914, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien (CEC) et traverse l’océan en tant que membre d’un imposant contingent des Seaforth qui s’intégrera au 16e Bataillon (Canadian Scottish).

Le 8 octobre 1916, la compagnie de M. Richardson est ralentie par des fils barbelés et un tir nourri pendant une attaque contre des positions allemandes à la tranchée Regina. Le commandant de M. Richardson, le lieutenant-colonel Cyrus Peck, décrira par la suite le courage extraordinaire du musicien. Alors que l’unité s’est retrouvée piégée dans les cratères d’obus creusés dans le « no man’s land », M. Richardson, un adolescent qui accompagnait ses camarades en jouant de la cornemuse, a demandé au commandant la permission de se remettre à jouer de son instrument. Au vu et au su des troupes allemandes, il a, tout en jouant de sa cornemuse, parcouru de long en large le réseau de barbelés où attendaient, tapis, ses camarades. La citation lui décernant la Croix de Victoria publiée dans la Gazette de Londres (London Gazette) se lit comme suit : « L’effet a été instantané. Inspirés par son exemple glorieux, les membres de la compagnie se sont élancés vers les barbelés avec tellement de fureur et de détermination qu’ils ont surmonté l’obstacle et se sont emparés de l’objectif » [traduction libre] (London Gazette, no 30967, le 22 octobre 1918, en anglais seulement).
Fait surprenant, M. Richardson survit à l’attaque et l’on raconte qu’il a transporté un camarade blessé et plusieurs prisonniers jusqu’à l’arrière-garde. Quand il constate qu’il a laissé sa cornemuse derrière, il retourne la récupérer. On ne reverra plus jamais M. Richardson vivant.

Page manuscrite, noir sur blanc, décrivant les événements quotidiens ayant mené à la journée pendant laquelle le cornemuseur James Cleland Richardson a accompli l’acte qui lui a valu la Croix de Victoria.

Journal de guerre du 16e Bataillon couvrant la période du 1er au 8 octobre, décrivant les journées qui ont précédé l’attaque de la crête de Regina. (MIKAN 2034171)

Le corps de James Cleland Richardson a été retrouvé en 1920 et sa dépouille repose maintenant dans le cimetière militaire Adanac (en anglais seulement), situé près d’Albert, en France. Sa cornemuse, que l’on croyait depuis longtemps ensevelie dans la boue de la Somme, a été identifiée en 2002 comme étant en possession de l’école Ardvreck Preparatory School, en Écosse, qui l’aurait reçue en 1917 parmi divers dons offerts par le major Edward Yeld Bate, aumônier de l’Armée britannique. La cornemuse est maintenant exposée à l’Assemblée de la Colombie-Britannique.

Photographie en noir et blanc d’un jeune homme vêtu d’un uniforme militaire et tenant sa cornemuse.

Le cornemuseur James Cleland Richardson, VC, et sa cornemuse, 16e Bataillon d’infanterie canadien, CEC. (MIKAN 4922009)

Bibliothèque et Archives Canada garde le dossier des états de service au CEC du cornemuseur James Cleland Richardson. Le fonds James Richardson renferme le certificat lié à la Croix de Victoria ainsi qu’un cahier d’exercice datant de ses premières années de scolarité.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Avez-vous des ancêtres autochtones? Les recensements pourraient vous le dire!

Beaucoup font des recherches généalogiques pour savoir s’ils ont des ancêtres autochtones. Certains veulent simplement confirmer ou infirmer une histoire familiale. Pour d’autres, c’est une question de connaissance de soi ou d’autonomie. D’autres encore envisagent de s’inscrire dans des associations autochtones ou de demander des fonds liés à l’auto-identification.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) n’est pas en mesure de déterminer si vous êtes Autochtone ou non, mais ses documents peuvent vous aider dans vos recherches.

Malheureusement, certaines histoires familiales n’ont aucun fondement dans la réalité. De la même façon, des photos de famille entraînent occasionnellement des conclusions erronées. Imaginons-nous des choses qui ne sont pas vraiment là?

Vous pourriez trouver la réponse à vos questions dans les recensements.

Identifier les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits dans les recensements

Il est parfois difficile, au Canada, de comprendre son identité autochtone à l’aide de recherches généalogiques. En effet, deux ensembles de définitions coexistent : un premier, fondé sur le droit et les lois, et un second, sur les traditions familiales et les coutumes communautaires.

Par exemple, les anciens documents sont parsemés de termes péjoratifs comme Indien, Demi-caste ou Esquimau, remplacés depuis par des mots plus appropriés. Il faut donc garder à l’esprit que les langues et le vocabulaire s’inscrivent dans un contexte historique. En raison de l’évolution des cultures, le sens des mots change selon l’époque et le lieu géographique. Le paragraphe 35(2) de la Loi constitutionnelle de 1982 nomme trois groupes de peuples autochtones : les Indiens, les Inuits et les Métis. Chacun se distingue par son patrimoine, sa langue, ses traditions culturelles et ses croyances.

Les questions posées aux Canadiens varient au fil des années. Par conséquent, certains recensements sont plus utiles que d’autres pour chercher un ancêtre autochtone. L’exemple classique est celui du recensement manitobain de 1870, dans lequel le gouvernement fédéral demande aux répondants de la nouvelle province s’ils sont Métis, Indiens (membres d’une Première Nation) ou Blancs. Semblablement, le recensement de 1901 divise les Canadiens en Blancs, Rouges, Jaunes et Noirs.

Soulignons qu’il faut attendre après 1941 pour que les Inuits du Nord soient inclus dans les recensements fédéraux.

Interroger les bases de données

Vous pouvez parcourir les recensements sur la page Recherche d’ancêtres. Chaque base de données possède son propre écran de recherche et une page d’aide.

Lorsque vous trouvez une entrée dans la base de données, cliquez sur le numéro d’item pour voir la référence complète. Vous pouvez ensuite cliquer sur l’image numérisée pour consulter la page du recensement. Que révèle-t-elle sur vos ancêtres? Vous aurez peut-être la surprise de découvrir qu’ils étaient Prussiens, Africains ou Gallois.

Vous trouverez bien des renseignements sur la vie de vos ancêtres et leur lieu de résidence. Étaient-ils agriculteurs ou chasseurs, catholiques ou méthodistes? N’oubliez pas de noter, dans le haut de la page, le sous-district du recensement. Il peut s’agir d’une ville, d’un village, d’un canton ou d’une autre sorte de zone rurale. Le lieu de résidence d’un de vos ancêtres facilite les recherches dans les documents historiques sur la page Généalogie et histoire familiale.

La page des recensements comporte une section Conseils de recherche pour vous aider à établir une stratégie.

Exemples de pages de recensement

Sur cette page du recensement de 1861 pour la paroisse d’Addington, au Nouveau-Brunswick, William Crocket est inscrit comme Écossais, mais son épouse et ses enfants sont nés dans la province et considérés comme des « Native ». Dans le recensement de 1861 du Nouveau-Brunswick, « Native » désigne une personne née dans la province, et non un membre d’une Première Nation.

Cette page du recensement de 1881 montre que la famille Pullett est micmaque (la graphie Mi’kmaq est également utilisée de nos jours) et vit à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard. Benjamin est tonnelier et vannier.

Dans certains cas, le sous-district est « Agence indienne » (Indian agency) ou « Réserve indienne » (Indian reserve). Voici une page du recensement de 1911 où sont mentionnées des familles Cries de l’Agence Fisher River, au Manitoba.

Pour en savoir plus

D’autres documents vous permettront d’approfondir vos recherches si vous voulez de l’information sur des familles des Premières Nations qui habitaient dans des réserves. La section Patrimoine autochtone du site Web de BAC et le guide sur la généalogie autochtone fournissent plus de renseignements à ce sujet.

Refuge animal : l’héritage de l’œuvre de Margaret Marshall Saunders, Beautiful Joe

Par Alyssa Currie

L’histoire

Beautiful Joe est un conte pour enfants à succès écrit par Margaret Marshall Saunders. Le roman décrit la vie d’un chien maltraité qui découvre le bonheur après avoir été adopté par une gentille famille. Dans son ouvrage, la romancière met en avant-plan les animaux domestiques en racontant l’histoire telle que vécue par Joe et elle met en évidence la cruauté envers les animaux. Sous le nom de Marshall Saunders, l’écrivaine soumet d’abord son œuvre à un concours commandité par l’American Humane Society en 1893 et elle remporte le premier prix. Le texte est publié un an plus tard et connaîtra un succès immédiat; il s’agirait du premier livre canadien à s’être vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Dans nos collections, nous retrouvons deux photographies et deux cartes postales dédicacées et associées à Beautiful Joe. Ces documents sont remarquables parce qu’ils confirment que l’histoire s’inspire de la vraie vie et documentent le lien avec les efforts déployés par Mme Saunders pour défendre les animaux. On peut lire dans la préface de Beautiful Joe :

BEAUTIFUL JOE est un vrai chien, et « Beautiful Joe » est son vrai nom. Durant la première partie de sa vie, il a appartenu à un maître cruel, qui a mutilé l’animal tel qu’il est décrit dans l’histoire. Rescapé par une famille, le chien mène maintenant une belle vie dans un quartier agréable, en plus de jouir d’une grande célébrité dans son milieu.

Le personnage de Laura s’inspire de la réalité et il est représenté avec grande authenticité, et ce, dans les moindres détails. La famille Morris a un pendant dans la vraie vie, et presque tous les incidents relatés dans le livre sont fondés sur des faits.

(Margaret Marshall Saunders, traduction libre de la préface de Beautiful Joe)

Les photographies

Margaret Marshall Saunders a vu Beautiful Joe pour la première fois lors d’une visite qu’elle a rendue à son frère et à sa fiancée, Louise Moore, à Meaford (Ontario). À son retour à Halifax (Nouvelle-Écosse), Mme Saunders s’est mise à écrire, bien déterminée à faire connaître l’histoire de Joe. Bien que l’écrivaine ait basé son roman sur la réalité, elle a adapté des éléments de l’histoire pour en faire un ouvrage de fiction. Par exemple, le lieu a été changé pour une ville américaine afin de se plier aux règles du concours et de plaire aux lecteurs des États-Unis. Mme Saunders a aussi renommé la famille. Dans la réalité, Beautiful Joe est adopté par les Moore, tandis que dans le récit, c’est la famille Morris qui l’accueille. De plus, elle ajoute des traits de sa propre famille dans la narration.

Photographie en noir et blanc d’Edward M. Saunders, debout au pied de l’escalier devant une maison de style victorien à trois étages. M. Saunders porte un complet et un chapeau noirs. La photographie a été prise de l’autre côté d’une rue résidentielle.

Résidence de la famille Saunders à Halifax (Nouvelle-Écosse), l’écrivaine y rédigera Beautiful Joe (MIKAN 3305717)

Tout le long de la narration, il semble que Mme Saunders modèle les Morris à l’image de sa propre famille. Cette ressemblance s’appuie notamment sur une photographie d’Edward M. Saunders donnée par l’auteure. On peut lire au verso de la photographie, dans une note manuscrite possiblement rédigée par l’écrivaine elle-même :

« M. Saunders à l’origine de M. Morris dans Beautiful Joe » [traduction libre] (« Dr. Saunders original of Mr. Morris in “Beautiful Joe »)

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen assis sur une chaise ornementée avec un petit chien, possiblement un Jack Russell terrier, couché à ses pieds. L’homme porte un complet noir. Du côté droit du portrait, on peut voir des draperies sombres et une plante en pot. Au verso de la photographie se trouve une estampe du studio Gauvin & Gentzel.

Edward M. Saunders, père de Margaret Marshall Saunders et source d’inspiration pour le personnage de M. Morris dans Beautiful Joe. Des notes manuscrites au verso de la photographie documentent son lien avec Beautiful Joe (MIKAN 3220890)

Les cartes postales

Deux cartes postales récemment décrites tirées de nos archives littéraires mettent encore plus l’accent sur les liens entre l’histoire et la réalité et témoignent de l’héritage durable; les deux cartes postales ont été imprimées des années après la première publication du livre et elles arborent la signature de l’écrivaine. La première carte reproduit une photographie du vrai Beautiful Joe et elle permet de visualiser le protagoniste de l’histoire.

Carte postale en noir et blanc reproduisant la photographie d’un chien au pelage foncé, assis et sans oreilles. La carte postale porte la mention « BEAUTIFUL JOE » et une dédicace à l’encre noire, « Marshall Saunders, 1930 ». Au verso de la carte postale, on peut voir une petite photo de Margaret Marshall Saunders et la légende : « Marshall Saunders, auteure du livre de renommée mondiale, Beautiful Joe » [traduction libre] (« Marshall Saunders, author of the world famous book, ‘Beautiful Joe’ »). La carte n’a pas été mise à la poste.

Carte postale dédicacée illustrant le vrai Beautiful Joe qui a inspiré le récit (MIKAN 4921901)

Au fur et à mesure que s’étend la renommée, nationale puis internationale, de Beautiful Joe, Mme Saunders met à profit sa popularité pour promouvoir le bien-être des animaux. Elle collabore avec des groupes de revendication pour animaux dans le cadre de campagnes qui, en retour, encouragent l’achat de ses œuvres littéraires. Cette relation réciproque est illustrée sur une carte postale imprimée par la Canadian Antivivisection Society (association canadienne contre la vivisection); on y voit Mme Saunders et la légende : « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book ‘BEAUTIFUL JOE’ »). L’écrivaine a dédicacé le recto de la carte postale et écrit au verso :

« Je vous en prie, ne vivisectez pas ces chiens que nous adorons, Marshall Saunders. » [Traduction libre] (« Please do not vivisect our dear dogs, Marshall Saunders. »)

Carte postale en noir et blanc reproduisant la photographie d’une femme d’âge moyen portant un sarrau de laboratoire et tenant un petit chien sur ses cuisses. Légende de la carte postale, « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book, ‘BEAUTIFUL JOE’ »), et une dédicace à l’encre noire, « Bien à vous, Marshall Saunders » [traduction libre] (« Yours truly, Marshall Saunders »). Au verso de la carte postale, il est écrit « IMPRIMÉE PAR LA CANADIAN ANTIVIVISECTION SOCIETY, 445A, RUE YONGE, TORONTO » [traduction libre] (« ISSUED BY THE CANADIAN ANTIVIVISECTION SOCIETY, 445A YONGE ST., TORONTO ») et l’auteure y a apposé sa signature. La carte postale n’a pas été mise à la poste.

Carte postale dédicacée illustrant Margaret Marshall Saunders, « Auteure du livre de renommée mondiale BEAUTIFUL JOE » [traduction libre] (« Author of the world-famous book, ‘BEAUTIFUL JOE’ ») [MIKAN 4921902]

L’héritage

Au moment de son décès, le 15 février 1947, Mme Saunders était devenue une auteure à succès. Plus tard la même année, le gouvernement du Canada a reconnu les réalisations de l’écrivaine et lui a décerné le titre de « personne d’importance historique nationale ». Margaret Marshall Saunders écrivait Beautiful Joe il y a de cela plus d’un siècle, mais son héritage demeure bien présent.

Ressources connexes


Alyssa Currie est étudiante de deuxième cycle à l’Université de Victoria et travaille au sein de la Section des archives littéraires, de la musique et des arts de la scène à Bibliothèque et Archives Canada.

Images par Paul-Émile Miot maintenant sur Flickr

En 1843, Paul-Émile Miot, un officier de marine français et photographe, amorce ses études à l’École navale de Paris, puis il passera les 49 années suivantes à naviguer en haute mer dans le monde entier. De 1857 à 1862, il travaillera à Terre-Neuve et explorera la côte est de l’Amérique du Nord au cours de cinq différentes campagnes hydrographiques. Lors de sa première expédition, il prend 40 photographies évoquant l’industrie de la morue. De plus, il immortalise les Micmacs, sous la forme de portraits, et des paysages de rivières et de forêts. Cette série constitue le premier reportage photographique sur Terre-Neuve d’un point de vue ethnographique.

Après sa campagne à Terre-Neuve, il monte en grade et participe à plusieurs campagnes navales menées dans différentes régions du monde, tout en réalisant des photographies. Il prend sa retraite du service actif en 1892 et est nommé conservateur du Musée de la marine et de l’ethnographie au Louvre en 1894. Il s’éteint en 1900 à Paris.

L’autre facette de Glenn Gould : réflexions sur l’éternelle renommée du pianiste canadien et l’héritage qu’il laisse à Bibliothèque et Archives Canada

Par Rachelle Chiasson-Taylor

Alors que le 85e anniversaire approche…

En 2017, ce sera le 150e anniversaire de la Confédération du Canada, celui-ci coïncidant avec le 85e anniversaire de naissance de Glenn Gould. Des artistes, des compositeurs, des historiens de la musique, des radiodiffuseurs, des philosophes et des mélomanes de toutes les couches de la société et de partout dans le monde célèbrent cette personnalité incomparable du monde de la musique tous les cinq ans, et 2017 ne fera pas exception. En fait, certaines activités de grande envergure sont prévues pour souligner à la fois l’anniversaire du Canada et celui de M. Gould :

Le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes a déclaré que la Fondation Glenn Gould se proposait d’organiser une spectaculaire tournée mondiale d’un an intitulée « Canada 150 » qui atteindra son point culminant le jour de la fête du Canada avec un concert en hommage à M. Gould qui traduira en musique les « aspirations de tous les Canadiens ».

Le piano à queue symbolique de M. Gould, le Steinway CD-318, qui n’est plus exposé au Centre national des Arts (CNA) à Ottawa depuis février dernier, le temps que le CNA fasse l’objet de rénovations, sera de nouveau exposé, à sa place, le jour de la fête du Canada de 2017. En 2012, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a fait don du piano et de la chaise de concert, tout aussi symbolique, au CNA, là où le piano a pu commencer une nouvelle vie, notamment sous le doigté de pianistes lors de prestations publiques.

Le lancement d’une nouvelle biographie est prévu en juin 2017, Glenn Gould: Remix (Dundurn Press).

La liste est longue…

Fonds d’archives Glenn Gould

Bibliothèque et Archives Canada est l’institution suprême pour assurer la garde et le contrôle de l’héritage documentaire de M. Gould. En 1984, BAC a acquis le contenu du Fonds d’archives Glenn Gould, qui renferme plus de 16 000 objets ayant trait à la vie personnelle et professionnelle du pianiste : des documents officiels, personnels et autobiographiques; de la correspondance personnelle et professionnelle; des prix et des certificats honorifiques; des compositions; des écrits de M. Gould publiés et non publiés; des écrits portant sur M. Gould parus dans des journaux et des revues; une collection de livres, des enregistrements et des trames sonores annotées par M. Gould; des photographies de Glenn Gould, de membres de sa famille et de personnalités de l’univers musical international; du matériel audiovisuel comprenant des prises refusées de séances d’enregistrement aujourd’hui légendaires. Le Fonds d’archives Glenn Gould à Bibliothèque et Archives Canada est une source précieuse pour les chercheurs et continue d’inspirer une foule de projets littéraires, de spectacles musicaux, d’émissions, de nouvelles compositions et de manifestations diverses.

À Bibliothèque et Archives Canada, les experts en collections de musique et en communications s’affairent actuellement à préparer un balado étoffé dans le but de faire connaître « l’autre facette de Glenn Gould », reconnaissant son image de pianiste solo, tout en explorant d’autres aspects du personnage. Prolifique, M. Gould a écrit abondamment sur la musique et sur des sujets extramusicaux : il a donné des spectacles avec d’autres instrumentistes et interprètes; composé de la musique; produit des documentaires, animé des émissions de télévision, accordé des entrevues et créé de nouvelles formes artistiques.

L’autre facette

Apparemment excentrique et reclus, il en étonnait plus d’un avec son mode de vie, mais cette attitude aura un effet amplificateur sur sa célébrité. L’annonce de son retrait de la scène en 1963 aura aussi un effet paradoxal : au lieu de tomber dans l’oubli du public, chaque enregistrement et chaque émission de M. Gould deviendront un happening culte. Sa vision de la technologie s’est avérée prophétique, et son opinion sur le pouvoir de l’artiste d’interpréter une œuvre musicale de Bach, de Beethoven, de Mozart, de Brahms ou d’autres compositeurs selon les règles de la musique occidentale, bien que controversée, a toujours éveillé de l’intérêt. Comme l’a écrit son ami, le compositeur et chef d’orchestre américain, Leonard Bernstein :

Glenn était […] quelque peu fantasque, ce qui lui conférait son style rafraîchissant. Esprit inquisiteur, il parvenait, en un éclair, à envisager que Schoenberg et Liszt fussent dans la même catégorie, ou Purcell et Brahms, ou encore Orlando Gibbons et Petula Clark. Sans crier gare, il jumelait, contre toute attente, une paire de musiciens dans un certain essai comparatif fort surprenant. […] Voilà un homme qui savait se faire aimer. Il avait environ quinze ans de moins que moi, je crois, mais je n’ai jamais pensé à lui comme mon cadet, à aucun égard. Il était un véritable pair, à tous les égards. Quand il est décédé, je n’ai pas pu le supporter.

Leonard Bernstein, traduction libre de The Truth About a Legend

En vue du 85e anniversaire de Glenn Gould en 2017, Bibliothèque et Archives Canada célèbre le génie éclectique de ce grand musicien, sa vision prophétique et sa quête impérieuse de la vérité par l’entremise de la musique et de l’art. Ce sont là les aspects qui composent l’autre facette de Glenn Gould.

Ressources connexes


Rachelle Chiasson-Taylor est archiviste de la musique au sein de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Jour des petits immigrés britanniques : l’apport de plus de 100 000 enfants anglais à la population du Canada

Il y a cinq ans, Jim Brownell, alors député provincial de Stormont‑Dundas‑South Glengarry, a déposé le projet de loi 185 visant à proclamer le 28 septembre « Jour des petits immigrés britanniques ».

Brownell est un proche parent de deux petites immigrées anglaises: sa grand-mère paternelle et sa grand-tante. Les sœurs d’origine écossaise sont toutes deux arrivées au Canada par l’entremise du mouvement d’immigration d’enfants. De 1869 à la fin des années 1930, plus de 100 000 enfants ont été emmenés des îles Britanniques au Canada.

La grand-mère de M. Brownell, Mary Scott Pearson, est née en Écosse et est arrivée au Canada le 28 septembre 1891 à bord du navire SS Hibernian. Le foyer d’accueil Fairknowe, à Brockville (Ontario), a été sa première résidence en sol canadien.

Peut-être avez-vous découvert les traces d’un jeune immigré en provenance des îles britanniques au cours de recherches sur l’histoire de votre famille. Il semblerait que onze pour cent de la population canadienne comptent un petit immigré anglais parmi leurs ancêtres.

Par où dois-je entreprendre mes recherches pour retrouver mes ancêtres?

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) détient de nombreux documents susceptibles d’être utiles lors de vos recherches sur les petits immigrés anglais. Entre autres documents, il y a des listes de passagers, des dossiers de correspondance de la direction de l’immigration et des rapports d’inspection, des collections non gouvernementales et des fonds privés (comme le fonds Middlemore), ainsi que des index de quelques documents conservés au Royaume-Uni. Consultez la rubrique Les documents pour obtenir des conseils relativement aux recherches et des explications sur les documents gardés à BAC.

Les listes de passagers et autres documents liés à l’immigration sont souvent les premières sources consultées. Outre la liste de noms des enfants, il y a le nom du navire, les dates de départ et d’arrivée, le nom de l’organisation qui a envoyé l’enfant en partance des îles Britanniques et la destination de l’enfant au Canada. Tous ces détails sont des éléments clés pour retrouver nos ancêtres qui ont immigré au Canada.

Image en noir et blanc d’une maison entourée de neige fondante. Devant la maison, il y a deux traîneaux à chevaux et des personnes autour.

« Marchmont », la maison d’accueil située à Belleville (Ontario), où a habité Mlle Macpherson (résidence hébergeant des enfants immigrants de la Grande-Bretagne) (MIKAN 3591133)

Dans le Guide des organismes qui ont envoyé des enfants et des maisons d’accueil se trouve une liste et une description de lieux, de sociétés et d’institutions associés à l’organisme, au Royaume-Uni et en Irlande, et les lieux et maisons d’accueil associés à l’organisme, au Canada. Une quatrième colonne renferme le nom des personnes associées aux organismes souvent mentionnés dans les listes de passagers. Par exemple, Thomas Barnardo et John Hobday étaient associés aux Barnardo’s Homes. Agnes Burges et William et Mary Quarrier étaient associés aux Quarrier’s Orphan Homes of Scotland, dont le foyer d’accueil Fairknowe était sis à Brockville (Ontario). Les enfants qui avaient été baptisés dans la foi catholique étaient habituellement placés dans des familles ou des congrégations religieuses catholiques, souvent au Québec.

Sources militaires et états de recensement

Bon nombre de petits immigrés anglais ont grandi et se sont enrôlés dans les Forces canadiennes, tant durant la Première que la Seconde Guerre mondiale; certains ont décidé de rester au Royaume-Uni à la fin de la guerre. Consultez notre page sur le Patrimoine militaire pour effectuer des recherches dans les dossiers de service militaire et d’autres ressources militaires.

Si vous désirez vous renseigner sur le lieu de résidence d’un enfant, consultez les Recensements couvrant la période visée. Précisons que l’on peut faire des recherches sur les petits immigrés anglais en employant le même nom de famille que celui inscrit dans la liste de passagers. La plupart de ces enfants ont gardé leur nom d’origine et n’ont pas été officiellement adoptés par les familles chez qui ils ont résidé.

Si vous souhaitez nous poser une question, passez nous voir au comptoir de généalogie au 395, rue Wellington, à Ottawa, ou envoyez-nous un courriel au moyen du formulaire de demande d’aide en généalogie.

En dernier lieu, n’oubliez pas de lire les articles précédemment publiés sur les petits immigrés anglais : Introduction, Edward Brignall, Harold Mornington, Wallace Ford et l’honorable James Murdock.

Autres sources

Sources publiées concernant les rapports d’accidents d’avion

Par Megan Butcher

Dans notre précédent blogue traitant de la recherche sur les accidents d’avion, vous avez appris qu’il vous fallait posséder certaines informations de base avant de commencer votre recherche :

  • le modèle de l’avion
  • la date et l’endroit de l’accident
  • le numéro d’enregistrement de l’appareil
  • le type d’avion (civil ou militaire)

Ces informations constituent un excellent point de départ. Mais qu’en est-il, si vous ne les avez pas? Il existe quelques autres façons de trouver ce que vous cherchez.

Commencez par les deux bases de données suivantes. Ce sont les sources les plus largement accessibles; sans être exhaustives, elles contiennent des renseignements sur un grand nombre d’accidents d’avions canadiens, incluant le premier accident mortel en 1913.

Les journaux locaux peuvent aussi constituer une précieuse ressource pour dénicher quelques renseignements précis. Vous pourriez commencer votre recherche ici à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en consultant nos fonds de journaux sur microforme. Si vous ne pouvez vous rendre à Ottawa, communiquez avec votre bibliothèque municipale afin de savoir si elle peut emprunter les bobines dont vous avez besoin, de nous ou d’une autre bibliothèque.

S’il vous manque encore quelques renseignements importants, vous aurez peut-être de la chance en consultant les rapports annuels du Bureau canadien de la sécurité aérienne et les synopsis d’accidents d’aviation civile au Canada. La plupart des descriptions sont très brèves, mais on y trouve à l’occasion une quantité étonnante d’informations, parfois bouleversantes :

Un document tapé à la machine sur du papier blanc, contenant des informations sur un accident d’avion qui s’est produit le 8 septembre 1978.

Synopsis d’un accident d’avion tiré d’une publication du Bureau canadien de la sécurité aérienne sur les accidents d’avion au Canada, 1980, numéro 5, p. 56 (AMICUS 2828768)

Notre collection contient plusieurs numéros des années suivantes :

  • 1967 : Accidents to Canadian registered aircraft. Administration canadienne des transports aériens. Division des enquêtes sur la sécurité aérienne. AMICUS 3236225
  • 1968-1974 : Accidents d’avion. Administration canadienne des transports aériens. Division des enquêtes sur la sécurité aérienne. AMICUS 11371
  • 1975-1984 : Synopsis des accidents d’avion; aviation civile au Canada. AMICUS 2828768
  • 1984-1989 : Rapport annuel. Bureau canadien de la sécurité aérienne.  AMICUS 5348822

Il existe deux autres publications que nous ne possédons pas, mais que votre bibliothécaire pourrait vous aider à trouver. En voici les références :

  • 1947-1958: Canada. Civil Aviation Division. Annual report on aircraft accidents: 1947-1958. — [Ottawa], Dept. of Transport, Air Services Branch, Civil Aviation Division
  • 1960-1963: Canada. Civil Aviation Branch. A survey of accidents to aircraft of Canadian registry, 1959-1962. — Ottawa, [1960-1963]

Si vous repérez dans notre collection un document que vous aimeriez consulter, vous pouvez le faire sur place, demander une reproduction ou vous informer auprès de votre bibliothèque locale s’il y a possibilité de l’emprunter par l’intermédiaire de notre programme de prêts à d’autres institutions.

Et comme toujours, si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas, posez-nous une question!


Megan Butcher est bibliothécaire de référence à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Un endroit vraiment désolant (« A Very Desolate Place ») : lettres de lord Dufferin

Par Kelly Ferguson

« J’ai toujours voulu me plonger dans l’ambiance du Nouveau Monde » [traduction], écrit lord Dufferin, le troisième gouverneur général du Canada, à ses amis proches, M. et Mme Sturgis. C’était en 1872 et lord Dufferin se préparait à déménager au Canada, où il allait passer presque la totalité des six années suivantes.

En général, quand nous pensons aux premiers gouverneurs généraux, nous imaginons qu’ils étaient des nobles austères venant au Canada pour s’acquitter de leur devoir envers la monarchie. Il est même parfois difficile de leur donner un visage humain. Grâce à ces douze lettres, acquises par Bibliothèque et Archives Canada lors d’un encan tenu au cours de l’été de 2016, les Canadiens auront une idée plus claire des motifs à l’origine des expériences vécues par un de ces aristocrates.

Photographie multiple jaune et brune. Cinq personnes — lord et lady Dufferin et trois de leurs enfants — apparaissent ici, chacune figurant sur une photographie distincte. Sur ces portraits, elles sont soit assises soit debout, vêtues de costumes correspondant à l’époque du roi James V d’Écosse.

À Ottawa, lord et lady Dufferin, ainsi que leurs enfants, vêtus suivant le code vestimentaire de la cour du roi James V d’Écosse, en 1876 (MIKAN 3819711)

D’abord enthousiaste à l’idée de vivre l’aventure du « Nouveau Monde », lord Dufferin déchantera vite devant la dure réalité associée à la vie au Canada dans les années 1870. Loin d’être impressionné par les conditions de vie à Ottawa, il se plaindra que la résidence du gouverneur général manque d’espace pour les divertissements, que les routes sont des pistes boueuses et que la ville est inachevée. Il sera affligé par le froid et le manque d’activités. Rapidement, il comprendra que son passage au Canada ne sera pas l’aventure palpitante qu’il avait envisagé de vivre.

Photographie jaune et brune sur papier albuminé d’une scène hivernale à Ottawa, dont plusieurs bâtiments, une route et des arbres.

Vue du sommet de la glissade Dufferin à Rideau Hall. Ottawa, 1878. (MIKAN 3819407)

Même si les conditions de vie n’étaient pas toujours à la hauteur de ses attentes, lord Dufferin a assumé ses fonctions avec beaucoup de sérieux. Dans ses lettres, il explique les efforts qu’il déploie pour redonner au poste de gouverneur général tout son prestige. Il décrit également ses opinions et ses actions en tant qu’observateur neutre d’un scandale politique parmi les plus retentissants à cette époque. Le scandale du Pacifique a entraîné la démission de John A. Macdonald et l’ascension au pouvoir d’Alexander Mackenzie et du parti libéral. Dans ses lettres, lord Dufferin relate le scandale, exprimant de la sympathie pour M. Macdonald, mais aussi l’espoir que l’élection de l’ancien parti de l’opposition soit un atout pour le Canada. En lisant ses lettres, il est évident qu’il aimait et respectait les deux chefs.

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen portant un complet et prenant la pose debout, le temps d’un portrait, sa main droite repose sur une table et il y a une chaise près de lui, de l’autre côté.

Portrait de lord Dufferin, 1878. (MIKAN 3215134)

Les lettres de lord Dufferin permettent de lever quelque peu le voile, d’avoir un regard plus intimiste sur un de nos premiers gouverneurs généraux. Lord Dufferin est venu au Canada pour s’éloigner de la scène londonienne ennuyante et partir à la quête de nouveaux défis. Bien qu’il n’ait pas été parfaitement heureux ici, il travaillera avec acharnement pour conforter l’importance du poste. Il avait aussi le sens de la diplomatie, ayant ses propres opinions relativement au scandale du Pacifique, tout en maintenant néanmoins de bonnes relations de travail avec les deux chefs. Lord Dufferin a assumé la fonction de gouverneur général à un moment déterminant. Le Canada venait tout juste d’être formé en tant que pays, l’expansion vers l’Ouest en était à ses débuts et Ottawa ressemblait à une ville en devenir. En plus d’humaniser l’homme, les lettres de lord Dufferin permettent de mieux saisir le monde dans lequel il vivait; elles campent bien la conjoncture d’alors et lui confèrent, aux yeux des Canadiens d’aujourd’hui, un aspect plus concret.

Photographie jaune et brune sur papier albuminé. Un grand et large encadré de la foule. Lord et lady Dufferin sont assis à gauche, face à la salle.

Un bal costumé donné par lord Dufferin à Rideau Hall, 1876. (MIKAN 3260601)


Kelly Ferguson est étudiante de deuxième cycle à l’Université Carleton et travaille au sein de la Section des archives politiques et de gouvernance à Bibliothèque et Archives Canada.