La bataille de la crête de Vimy – l’assaut

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPar George Hay

L’aube du lundi 9 avril 1917 marque le début de la bataille de la crête de Vimy. Sans doute aidées par le temps froid et couvert, les vagues de soldats canadiens chargées de donner l’assaut prennent position sans se faire remarquer. À 5 h 30 exactement, elles sonnent la charge, bombardant l’ennemi et faisant exploser des mines préalablement enfouies par les ingénieurs.

Les soldats d’infanterie, formant un barrage mobile, avancent vers les lignes allemandes. Le terrain, transformé en véritable bourbier par quelques jours de mauvais temps, est parsemé de cratères en raison des nombreuses mines que les deux camps ont fait exploser au cours des mois précédents. Les Canadiens doivent également progresser au milieu d’un labyrinthe de tranchées affaissées et de barbelés enchevêtrés, ce qui ralentit encore plus leur progression. À 6 h, un vent du nord-ouest se lève, qui apportera neige et grésil par intermittence pendant toute la journée.

En dépit de ces conditions difficiles, à 7 h 10, la 3e Division canadienne du Corps d’armée canadien indique au quartier général qu’elle a réussi à sécuriser la ligne noire (son principal objectif). L’information est confirmée à 7 h 20 par les 4e et 5e Brigades de la 2e Division, et à 8 h 25 par la 3e Brigade de la 1re Division.

Les événements continuent de s’enchaîner, à un rythme tel que le quartier général peut difficilement suivre. À 9 h 25, la 1re Division indique qu’elle a sécurisé les objectifs de la ligne rouge – ses objectifs secondaires –, ce que confirme rapidement la 2e Division. L’offensive en vue d’atteindre les derniers objectifs (les lignes bleue et brune) ne rencontre que peu de résistance, et les soldats avancent selon le plan établi. Enfin, les bataillons à l’avant-garde des deux divisions gravissent la crête par le versant est. Ce sont les premiers alliés à contempler la plaine de Douai depuis 1915, date de sa reprise par les Allemands. Au début de l’après-midi, les 1re, 2e et 3e Divisions rapportent la réussite complète de leurs opérations.

Les premiers rapports de la 4e Division sont eux aussi positifs. Mais alors que la matinée s’achève, il devient évident que des soldats allemands continuent de défendre le secteur : une poche de résistance a probablement été contournée. Ailleurs, la ligne allemande s’est aussi reformée après le passage de la force offensive : l’ennemi est ressorti des galeries et des tunnels, et se trouve maintenant derrière les Canadiens.

La colline 145 – la plus élevée et la plus importante de la crête, où se dresse aujourd’hui le mémorial de Vimy – est toujours aux mains des Allemands. Ceux-ci maintiennent un feu nourri contre les troupes de la 4e Division, tant sur le flanc droit que gauche. La 4e Division doit aussi essuyer les tirs ennemis en provenance d’une zone appelée le « Bourgeon », située plus au nord. En raison de leur importance pour la défense allemande, ces deux positions sont défendues avec acharnement et au prix de grands sacrifices.

Malgré des tentatives aussi intenses que courageuses, la colline 145 et le Bourgeon échappent toujours aux Canadiens en fin d’après-midi, et on décide de suspendre temporairement les opérations. En cette première journée de combats, malgré des avancées inégales, les Canadiens ont conquis la crête sur un front large de 6,4 km, avec des avancées dépassant par endroits les 3,6 km. Ils ont aussi capturé plus de 3 000 soldats allemands et se sont emparés d’importantes quantités d’artillerie et de matériel militaire. Bref, en dépit de lourdes pertes, cette première journée est un succès incontestable.

Photo noir et blanc d’un groupe de soldats creusant une tranchée pour consolider leur position.

Des soldats canadiens consolident leur position sur la crête de Vimy, en avril 1917. (Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 3521877)

La nuit suivante, les forces allemandes s’abstiennent de contre-attaquer, offrant un répit bienvenu aux soldats canadiens. Le travail de consolidation des 1re, 2e et 3e Divisions progresse bien; par contre, pour la 4e Division, la principale tâche reste à compléter. Tôt le matin du mardi 10 avril, la 10e Brigade canadienne reçoit l’ordre de s’emparer de la colline 145 et de sécuriser sa position. Quant à la 11e Brigade canadienne, elle doit aussi se lancer à l’assaut de la colline et tenter de s’installer au sommet le même jour.

Une tempête de neige sévit lorsque, à 14 h 30, le 44e Bataillon (du Manitoba) et le 50e Bataillon (de Calgary) prennent leur position. Ils attaquent en barrage à 15 h 15, montant vers la crête. À la tombée du jour, ils y sont; seul le Bourgeon échappe encore aux Canadiens. Mais l’assaut a prélevé un lourd tribut : les deux bataillons ont perdu plus de 300 hommes. En revanche, ils ont fait 200 prisonniers et se sont emparés de quatre mitrailleuses et d’un mortier de tranchée. La 4e Division a maintenant sécurisé tous ses principaux objectifs. Ailleurs, tout le long de la ligne, les divisions canadiennes repoussent les défenses ennemies et consolident leurs positions. Leur travail se poursuit dans la nuit, ainsi que le jour suivant, le mercredi 11 avril.

C’est alors qu’est transmis l’ordre de mener une attaque générale le 12 avril, afin d’empêcher les Allemands de redresser leurs lignes et de contre-attaquer. Dans l’intervalle, l’artillerie a maintenu un tir vigoureux contre les forces allemandes, tirant profit des postes d’observation établis le long de la crête pour se déplacer derrière les lignes ennemies et disperser les groupes de soldats. Fort de la victoire obtenue sur la crête, le lieutenant-général Julian Byng veut profiter de la position dominante de ses troupes. Il ordonne donc à la 10e Brigade de la 4e Division canadienne d’attaquer le dernier vestige de la ligne défensive allemande : le Bourgeon.

Cette zone n’était qu’un objectif secondaire lors de l’assaut initial, et faute de troupes disponibles, sa conquête avait été reportée en fonction de l’issue de la bataille. Sans être essentielle à la prise de la crête, elle risquait toutefois de nuire aux opérations si elle restait aux mains des Allemands.

À 5 h le matin du jeudi 12 avril, accompagnés d’un barrage mobile et du feu nourri de l’artillerie, les 44e et 50e Bataillons avancent vers le Bourgeon. Ce sont eux qui, la veille, ont mené avec succès la ligne jusqu’à la colline 145. Le Bourgeon est une position redoutable, constituée d’un labyrinthe de tranchées et d’abris. Cependant, la plus grande difficulté vient de la neige aveuglante et du terrain escarpé et boueux : le 50e Bataillon note qu’en certains endroits, les soldats pataugent dans la boue jusqu’à la taille.

La tempête a toutefois cela de bon qu’elle permet aux Canadiens d’avancer à moins de 27 mètres du Bourgeon avant d’être repérés. Commencent alors de violents combats rapprochés avec la garnison allemande. Peu après 8 h, le quartier général est informé que les bataillons canadiens ont atteint leur objectif.

Graphique quadrillé noir et blanc montrant l’approvisionnement et la consommation en munitions de la Première armée pendant le mois d’avril 1917. La ligne représentant l’approvisionnement est plus élevée et en dents de scie; la ligne représentant l’approvisionnement est plus basse et stable. Sur le tracé indiquant la consommation en munitions, on a noté les principales attaques d’avril; un pic particulièrement prononcé illustre l’assaut de la crête de Vimy, les 8 et 9 avril.

Graphique montrant l’approvisionnement et la consommation en munitions de la Première armée pendant le mois d’avril 1917. On remarque une hausse importante les 8 et le 9 avril, avec la mention « Attack on Vimy Ridge » (attaque de la crête de Vimy). The National Archives, WO 153/1284 (en anglais)

D’autres opérations sont prévues le jour suivant, mais le commandement allemand décide de battre en retraite, abandonnant la crête, les positions de soutien et de grandes quantités de matériel. Comme le précise le rapport sur les opérations rédigé pour le Corps d’armée canadien, « si le lundi 9 a été un jour de grande victoire dans la bataille, le vendredi 13 a représenté le jour où les fruits de la victoire ont été savourés, le jour où l’ennemi a accepté sa défaite. » [Traduction] Les villages de Thélus, Farbus, Givenchy, Willerval, Vimy et La Chaudière sont aux mains des Canadiens, de même que la crête de Vimy, la colline 145 et le Bourgeon. Plus de 4 000 soldats allemands ont été faits prisonniers, et plus de 60 canons sont saisis, en même temps qu’un grand nombre de mitrailleuses, de mortiers de tranchée et d’autres armes. Le général Henry Horne, commandant de la Première armée, écrit :

« La crête de Vimy était considérée comme une position d’une très grande force; les Allemands la pensaient imprenable. Le fait de l’avoir remportée avec si peu de pertes atteste de la solidité du plan, de la minutie des préparatifs, de la vitesse et de la détermination de l’exécution, ainsi que du dévouement de tous ceux qui ont participé à la bataille. Le 9 avril 1917 restera un jour historique dans les annales de l’Empire britannique. » [Traduction]

Lettre dactylographiée destinée au Corps d’armée canadien et signée par le général Horne, commandant de la Première armée.

Message du général Horne félicitant le Corps d’armée canadien pour la prise de la crête de Vimy, 12 avril 1917. The National Archives, WO 95/169/7 (en anglais)

Lettre dactylographiée destinée au Corps d’armée canadien et signée par le général Horne, commandant de la Première armée.

Lettre de félicitations du général Horne au Corps d’armée canadien, datée du 8 mai 1917 et soulignant l’engagement sans faille du Corps depuis le 9 avril. The National Archives, WO 95/169/7 (en anglais)

Lettre dactylographiée destinée au Royal Flying Corps et signée par le lieutenant-colonel Grand.

Message de remerciement à l’intention du Royal Flying Corps, signé par le lieutenant-colonel Grand, de l’état-major général de la Troisième armée, 18 avril 1917. The National Archives, WO 95/169/7 (en anglais)

Biographie

George Hay est spécialiste en chef des documents militaires à The National Archives. Titulaire d’un doctorat en histoire, il s’intéresse de près à l’histoire militaire amateur britannique.

Ce blogue a été créé dans le cadre d’une entente de collaboration entre The National Archives et Bibliothèque et Archives Canada.

Images du Manitoba maintenant sur Flickr

Le Manitoba est la province des Prairies située le plus à l’est, donc plus ou moins au centre du Canada; elle est bornée à l’ouest par la Saskatchewan et à l’est par l’Ontario. Des membres des Premières Nations y habitent depuis plus de 10 000 ans.

La Compagnie de la Baie d’Hudson a contrôlé la région de 1670 à 1869, jusqu’à ce qu’elle vende le territoire au Canada, sans égard pour ceux qui y habitaient. Cette vente, l’exclusion de ses habitants lors de la création d’un gouvernement local et la mise sur pied de divers projets d’infrastructures sans consulter la population expliquent les rébellions de 1869-1870 et de 1885 dans le secteur de la rivière Rouge; ces révoltes étaient menées par le Métis Louis Riel et tous ceux qui soutenaient la Nation métisse.

En réponse à la première rébellion, la Loi du Manitoba de 1870 constitua ce territoire en province canadienne et promit des terres aux Métis. Malheureusement, cette promesse ne fut pas tenue et les Métis ont été refoulés vers l’ouest à l’arrivée d’un nombre grandissant de colons blancs.

Durant cette période trouble, la toute nouvelle province comprenait essentiellement la vallée de la rivière Rouge. Cependant, l’immigration et l’établissement dans la région de nombreux colons se déplaçant vers l’ouest favorisèrent le développement de villages et rehaussèrent l’importance du Manitoba au sein de la Confédération canadienne.

Une photo en noir et blanc montrant une femme enceinte, deux enfants et un homme en train de récolter des patates.

Récolte de pommes de terre au Manitoba (MIKAN 336735)

Le saviez-vous?

  • Le Manitoba est considéré comme la patrie de la Nation métisse; en effet, le commerce des fourrures a eu pour conséquence de nombreuses unions entre les membres des Premières Nations et les Européens.
  • Winnipeg connut une forte période de croissance au tournant du 20e siècle, mais celle-ci fut de courte durée et suivie par des décennies de dépression, de sècheresses, de conflits ouvriers, ainsi que par deux guerres mondiales.
  • En janvier 1916, le Manitoba fut la première province du Canada à accorder aux femmes le droit de voter et de se faire élire au gouvernement provincial… à l’exclusion des femmes des Premières Nations et des Canadiennes d’origine asiatique.

Visitez l’album Flickr maintenant !

Soldat John George Pattison, VC

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPour souligner le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le 10 avril 1917, le blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons l’histoire du soldat John George Pattison, le quatrième soldat canadien ayant combattu à la bataille de la crête de Vimy à se voir décorer de la Croix de Victoria, après le capitaine Thain Wendell MacDowell, le soldat William Johnstone Milne et le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton.

Photographie en noir et blanc d’un soldat assis tenant un bâton et regardant directement le photographe.

Le soldat John George Pattison, VC (MIKAN 3219808)

Le soldat Pattison naît le 8 septembre 1875 à Woolwich, en Angleterre. Il immigre au Canada en 1906, à 40 ans, et s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien à Calgary, en Alberta, le 6 mars 1916.

Photographie en noir et blanc montrant deux soldats qui se tiennent l’un à côté de l’autre devant une automobile.

Le soldat John George Pattison, VC et clairon, sans date (MIKAN 3219809)

Il y a 100 ans aujourd’hui, le deuxième jour de la bataille de la crête de Vimy, le soldat Pattison et le 50e bataillon subissaient les tirs nourris d’une mitrailleuse allemande qui infligeait de multiples pertes. Saisissant sa chance, le soldat Pattison s’avance seul, saute d’un trou d’obus à un autre, pour se rendre jusqu’à 30 verges de la mitrailleuse ennemie. La citation visant à lui décerner la Croix de Victoria relate ce qui suit : « Se trouvant à bonne distance, il a lancé des bombes sur le poste de mitrailleuse et a réussi à tuer des servants et à en blesser d’autres. Puis, il donna l’assaut à la baïonnette aux cinq servants qui restaient. Il n’y a aucun doute que la bravoure et l’esprit d’initiative du soldat Pattison ont permis aux Canadiens de maîtriser la situation et de continuer l’avance ». (London Gazette, no 30215, 2 août 1917)

Le soldat Pattison meurt au combat sept semaines plus tard, le 3 juin 1917, pendant l’attaque d’une centrale électrique détenue par les Allemands, près de Lens, en France. Il est enterré au cimetière militaire de La Chaudière situé tout près. Un pont à Calgary, en Alberta, et un sommet de montagne dans le parc national Jasper portent son nom pour honorer sa mémoire.

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du soldat John George Pattison.

Ressources connexes

Le capitaine Thain Wendell MacDowell, le soldat William Johnstone Milne et le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyLe blogue de Bibliothèque et Archives Canada retourne à la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria. Nous y traçons un profil de chacun des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria (VC) et le publions 100 ans, jour pour jour, après qu’ils aient réalisé les actions à la source de leur distinction. Aujourd’hui, nous présentons les histoires de trois militaires canadiens qui ont reçu la Croix de Victoria pour leurs actions menées le premier jour de la bataille de la crête de Vimy.

Le 9 avril 1917, le capitaine Thain Wendell MacDowell de Lachute (Québec) et deux estafettes, les soldats James T. Kobus et Arthur James Hay, se retrouvent séparés de leur unité pendant l’assaut d’une position allemande. Le capitaine MacDowell détruit une mitrailleuse et il en met une autre hors d’état de nuire. Appuyé par les soldats Kobus et Hay, le capitaine MacDowell pénètre dans un abri et convainc alors les soldats allemands que tous les trois font partie d’une force de loin plus imposante. Deux officiers et soixante-quinze soldats se rendront au capitaine MacDowell et aux soldats Kobus et Hay. Les trois hommes maintiennent la position pendant cinq jours en attendant la relève (London Gazette, le 8 juin 1917, no 30122, p. 5702, en anglais seulement). Déjà membre de l’Ordre du service distingué (D.S.O.), le capitaine MacDowell sera promu au grade de major, avant d’être nommé lieutenant-colonel du « Frontenac Regiment » à Napanee (Ontario). Il meurt à Nassau, aux Bahamas, le 29 mars 1960, et sa dépouille repose à Brockville (Ontario).

Photographie en noir et blanc de deux hommes en uniforme, debout dans un champ.

Le lieutenant-colonel C.M. Edwards, D.S.O., et le major T.W. MacDowell, V.C., D.S.O., 38e Bataillon, octobre 1917 (MIKAN 3521126)

Page dactylographiée des comptes rendus de la journée, entre 8 h 45 et 18 h 5. Dans le compte rendu débutant à 11 h, on peut lire ce qui suit :

Seconde page du rapport sur les opérations du 38e Bataillon d’infanterie canadien, du 9 au 13 avril 1917, extraite du journal de guerre (en anglais seulement), 38e Bataillon d’infanterie canadien, avril 1917, page 34, (MIKAN 1883252)

Le soldat William Johnstone Milne naît à Cambusnethan, en Écosse, et immigre à Moose Jaw (Saskatchewan), en 1910. Il s’enrôle au sein du 16e Bataillon (Scottish) et, la première journée de la bataille de la Crête de Vimy, il se trouve près de Thelus, en France. Ce jour-là, alors que l’avancée de la compagnie du soldat Milne est freinée par une mitrailleuse allemande, le soldat Milne rampe jusqu’à la mitrailleuse et s’en empare. Quand sa compagnie reprend son avancée, le soldat prend pour cible une autre mitrailleuse installée sur le front allemand et réussit à la mettre hors de combat. Dans la citation rédigée à son intention aux fins de la remise de la Croix de Victoria, on peut lire : « La bravoure considérable et l’esprit d’initiative dont il a fait preuve lors de ces deux incidents ont sans aucun doute sauvé la vie de bon nombre de ses camarades » [traduction] (London Gazette, le 8 juin 1917, no 30122, p. 5705, en anglais seulement). Le soldat Milne sera tué peu de temps après avoir détruit la seconde mitrailleuse allemande. On n’a jamais retrouvé son corps. Le Monument commémoratif du Canada à Vimy lui rend hommage, à l’instar de 11 000 autres Canadiens qui sont morts en France et n’ont pas de sépulture connue.

Photographie en noir et blanc d’un homme en uniforme. Sa casquette et son collet sont décorés de feuilles d’érable, et il regarde le photographe.

Le soldat W.J. Milne, date inconnue (MIKAN 3357327)

Le sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton de Wallacetown (Ontario) s’enrôle au sein du 18e Bataillon (Western Ontario) en tant que chauffeur de véhicule de bataillon. Avant l’attaque sur la crête de Vimy, on demande au sergent suppléant Sifton de « tenter sa chance avec les gars en première ligne » [traduction], un défi qu’il accepte de relever. Bien que sa compagnie fasse l’objet d’un tir nourri près de Neuville-St. Vaast, en France, le sergent suppléant Sifton repère le nid des mitrailleuses allemandes. Il s’élance par une brèche dans le barbelé, court à découvert, charge la position de mitrailleuses et réussit à neutraliser l’arme avant d’attaquer les mitrailleurs. Aidé des autres membres de sa compagnie qui le suivent, le sergent suppléant Sifton contient une contre-attaque (London Gazette, le 8 juin 1917, no 30122, p. 5704, en anglais seulement). Cependant, juste au moment où les secours arrivent, il est mortellement atteint par le tir d’un soldat allemand blessé.

Photographie en noir et blanc de deux hommes qui décorent une tombe de fortune avec des pierres blanches dans un paysage désolant, le sol partiellement recouvert de neige et de gelée. La tombe est surmontée d’une croix arborant les mots « L.S. [Lance-Sergeant] E.W. Sifton, VC » (L/Sgt [sergent suppléant] E.W. Sifton, V.C.) et une feuille d’érable. À côté de la tombe, il y a une autre croix, plus grosse, sur laquelle il est écrit : « RIP Canadian soldiers killed in action 9-4-17 » (Que ces soldats canadiens morts au combat le 9 avril 1917 reposent en paix).

Deux camarades du regretté sergent suppléant E.W. Sifton, V.C., 18e Bataillon, se recueillent sur sa tombe, février 1918 (MIKAN 3194451)

Compte rendu dactylographié des actions du sergent suppléant Sifton qui lui ont valu la médaille de la Croix de Victoria :

Journal de guerre, 18e Bataillon d’infanterie canadien, le 9 avril 1917, page 6 (MIKAN 1883227)

Bibliothèque et Archives Canada a en sa possession les dossiers de service militaire du capitaine Thain Wendell MacDowell, du soldat William Johnstone Milne et du sergent suppléant Ellis Wellwood Sifton.

Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 1re partie

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Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne, 1re partie ».

Avril 2017 marque le 100e anniversaire de l’attaque et de la prise de la crête de Vimy, alors que les quatre divisions du Corps expéditionnaire canadien travaillaient ensemble pour la première fois. Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 25 000 Canadiens ont servi dans les services aériens britanniques à titre de pilotes, d’observateurs et de mécaniciens. Même si la bataille de la crête de Vimy est surtout connue comme une offensive terrestre, une grande partie des préparatifs en vue de l’assaut sur Vimy se sont déroulés dans les airs. Pour la première partie de cette émission, nous sommes en compagnie de Bill Rawling, historien et auteur du livre Survivre aux tranchées, et de Hugh Halliday, auteur et conservateur retraité du Musée canadien de la guerre. Ensemble, nous discuterons du rôle que le Canada et ses alliés ont joué dans les airs lors des batailles de Vimy et d’Arras en avril 1917, un mois surnommé « avril sanglant ».

Une photo en noir et blanc montrant un avion biplan avec deux aviateurs dans le cockpit: un qui pilote et l'autre sur la mitrailleuse.

Un avion Curtiss JN-4 doté d’une mitrailleuse intégrée, artillerie du pilote, Royal Flying Corps [corps royal d’aviation], Canada, School of Aerial Gunnery [école d’artillerie aérienne], Camp Borden (Ontario), 1917 (MIKAN 3404272)

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

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La bataille de la crête de Vimy – préparations

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Par George Hay
L’offensive d’Arras de 1917 fut divisée en dix actions distinctes, comprenant des batailles importantes et des attaques de flanc et subsidiaires. Les deux premières actions de la première phase, les batailles simultanées à la crête de Vimy au nord d’Arras et à cheval sur la rivière Scarpe au centre de la ville, eurent lieu entre le 9 et le 14 avril. La bataille au nord fut menée de front par le Corps canadien. Pour la première fois, les quatre divisions canadiennes combattirent ensemble et se défendirent brillamment pour atteindre le sommet de ce terrain surélevé. L’objectif initial de l’attaque était de former un flanc défensif pour les opérations de la 3Armée vers le sud, mais compte tenu de la retraite allemande vers la ligne Hindenburg le mois précédent, l’importance de réussir cette opération devint capitale. La mainmise sur la crête permit aux Allemands d’avoir une vue générale des positions de l’ensemble des troupes britanniques et du Commonwealth. Non seulement la prise de possession de la crête aux dépens des Allemands aiderait les forces en présence au sol, mais, dorénavant, ce serait les Britanniques eux-mêmes qui, une fois au sommet, bénéficieraient de cet avantage visuel.

Une carte de couleur indiquant les endroits, les rivières et les lignes mobiles de défense.

Carte de situation montrant la retraite allemande vers la ligne Hindenburg. (The National Archives, WO 95/1049/9)

Comme indiqué précédemment, ces opérations étaient prévues en principe depuis la fin de l’année précédente et une préparation très minutieuse en vue de former des effectifs et d’accumuler de l’artillerie et du matériel de guerre avait été mise en branle. De plus, l’attaque du 9 avril est le point culminant d’une phase d’opérations comprenant un grand nombre d’incursions et un bombardement d’artillerie incroyablement destructeur. Une constante usure du moral et de la défense de l’ennemi, combinée à une préparation minutieuse et à un entrainement rigoureux menés par les Canadiens, a préparé le terrain à une bataille décisive livrée dans des conditions climatiques des plus difficiles.

Comme dans toute opération offensive majeure, des objectifs sont établis pour le Corps canadien, mais ces objectifs sont précis et limités dans leur portée. Certains sont communs aux divisions tandis que d’autres sont assignés à certaines sections de ligne. Ils se composent de deux objectifs primaires (la ligne noire et la ligne rouge) et de deux objectifs secondaires (la ligne bleue et la ligne brune).

Une carte de la crête de Vimy montrant les quatre étapes des objectifs militaires en couleur : 1er objectif en noir, 2e objectif en rouge, 3e objectif en bleu et 4e objectif en brun.

Carte des objectifs militaires du Corps canadien tirée du journal de guerre de l’état-major général, avril 1917. (The National Archives, WO 95/1049/9)

Carte miméographiée dont les différentes lignes illustrent les régiments allemands situés derrière les tranchées à ces deux différentes périodes.

Ordre de bataille montrant la position des lignes le 6 et le 26 avril. La carte montre aussi les régiments allemands positionnés derrière les lignes à ces deux dates. La carte est datée du 27 avril et a été produite par le Service canadien des renseignements. (The National Archives, WO 95/1049/9)

La première étape consistait à traverser la ligne de front allemande jusqu’à une profondeur d’environ 700 verges. Une fois la prise de possession du sol effectuée, les 3e et 4e Divisions retranchèrent les forces allemandes de soutien dans leur principale ligne de défense. La ligne rouge se situait entre 400 et 1000 verges devant les premiers objectifs et représentait l’objectif le plus éloigné des 3e et 4Divisions. Les lignes bleu et marron se situaient entre 1200 et 4000 verges de la ligne rouge et étaient sous la responsabilité exclusive des 1re et 2e Divisions. Globalement, atteindre ces objectifs exigeait de se mesurer à un système vaste et complexe de tranchées, fosses réservoirs, tunnels et centres de résistance, que l’armée allemande avait passé deux années à construire. La réussite du Corps canadien était intimement liée au plan de tir d’artillerie, qui allait se dévoiler à chaque objectif, juste avant l’arrivée de l’infanterie.

Une page miméographiée et dactylographiée séparée en trois sections : les étapes successives, la répartition des troupes, ainsi que les quartiers généraux et les frontières.

Projet de plan d’attaque montrant les quatre étapes et le minutage de l’avancée. (The National Archives, WO 95/169/6)

Un extrait d’une page miméographiée et dactylographiée expliquant la stratégie derrière les barrages d’artillerie soutenant l’assaut : le barrage « roulant », le barrage « permanent » et les batteries de campagne dans les positions avancées (connues comme les batteries silencieuses, qui gardaient le silence jusqu’à ce qu’elles entrent en service lors d’objectifs plus lointains).

Plan de bombardement à l’appui de l’assaut. (The National Archives, WO 95/1049/10)

Une carte en noir et blanc montrant la zone autour de la crête de Vimy. La carte est couverte de lignes sinueuses, représentant le barrage d’artillerie roulant tandis que les différents objectifs de l’attaque (noir, rouge, bleu et brun) sont représentés par des lignes plus épaisses.

Carte de barrage pour l’attaque de Vimy. (The National Archives, WO 153/1284/)

L’artillerie avait elle aussi, bien évidemment, été méticuleusement préparée. On s’y était attelé 20 jours à l’avance et l’intensité des exercices augmentait à mesure que le jour de l’attaque approchait, tout cela sans jamais dévoiler toute la puissance de l’arsenal disponible. Les câbles et les centres de résistance étaient gardés sous le barrage, affaiblissant la défense allemande, mais aussi le moral de ceux en poste à l’avant. Les tirs à l’appui de l’assaut étaient aussi bien planifiés, avec un barrage roulant de shrapnel dressé à 100 verges devant l’infanterie. Des barrages permanents sur les systèmes de défense précédaient aussi les lignes de combat. Plus de 200 mitrailleurs furent également déployés sur un front relativement étroit, 150 autres formèrent un barrage indirect et effectuèrent des tirs d’appui, tandis que 130 furent transportés par les brigades d’assaut devant servir à la consolidation et que 78 autres furent gardés en réserve. L’artillerie lourde et les compagnies du Corps royal du génie (compagnies d’attaque au gaz munies d’un mortier Livens) devaient utiliser des explosifs de grande puissance et des gaz pour le travail de contre-batterie afin d’éliminer l’artillerie allemande.

Des chars d’assaut furent également attribués au Corps canadien afin de soutenir leurs opérations. Ayant été utilisés pour la première fois sept mois auparavant à Flers-Courcelette sur la Somme, huit chars d’assaut furent déployés autour des défenses de Thélus, qui étaient situées entre la 1re et la 2e Division — les deux divisions les plus éloignées. Malgré leurs promesses sur le champ de bataille, la planification de l’artillerie tout comme celle de l’infanterie fut effectuée sans tenir compte de la contribution des chars d’assaut, puisque leur nombre était limité et qu’on les considérait comme peu fiables.

Une photographie en noir et blanc montrant au moins trois équipes de six chevaux transportant des canons aux endroits stratégiques.

L’Artillerie canadienne de campagne transportant les armes, crête de Vimy, avril 1917. (Bibliothèque et Archives Canada, MIKAN 3521867)

Une reconnaissance était effectuée par la 16e escadre du Royal Flying Corps et la compagnie no 1 de ballon cerf-volant afin de donner de l’information sur le plan d’attaque, tandis que des plans de communication étaient élaborés à l’aide de câbles (souterrains et visibles) avec des stations de réception pour les officiers observateurs avancés de l’artillerie, permettant de réduire les risques de complications. Le minage servit non seulement à des fins offensives dans l’intention de démolir les centres de résistance allemands, mais aussi pour produire près de quatre mille tunnels et passages souterrains permettant à l’infanterie d’avancer et d’attaquer, et aux blessés d’être évacués.

Tout était en place à l’heure du déclenchement de l’assaut, à 5 h 30 le 9 avril 1917. Les heures de noirceur précédant l’attaque et la couverture nuageuse permirent à l’infanterie de se rendre discrètement à leurs postes d’attaque, plusieurs de ces postes étant bien visibles pour l’ennemi en plein jour. Si les Allemands avaient eu connaissance de cette manœuvre, ils auraient sans doute formé un tir de barrage et ainsi freiné l’onde d’assaut tout en causant de sérieux dommages. Tel ne fut pas le cas et les postes d’offensive furent occupés en catimini. Dans la pénombre à l’heure zéro, sous un ciel froid et couvert, lorsque la manœuvre était encore en grande partie ignorée par l’ennemi, le bombardement intense commença avec une fureur soudaine et l’avance de l’infanterie fut alors entamée.

Biographie

George Hay est spécialiste en chef des documents militaires à The National Archives. Titulaire d’un doctorat en histoire, il s’intéresse de près à l’histoire militaire amateur britannique.

Ce blogue a été créé dans le cadre d’une entente de collaboration entre The National Archives et Bibliothèque et Archives Canada.

La bataille de la crête de Vimy : le corps canadien et les préparatifs

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyPar Marcelle Cinq-Mars

Dès la fin de l’ultimatum anglais à l’Allemagne et de la déclaration de guerre qui s’ensuit, le Dominion du Canada se trouve de facto plongé dans la tourmente. C’est ainsi que le veulent les liens de l’Empire qui unissent le Canada à la Grande-Bretagne en août 1914. Rares sont ceux qui, au Canada, s’opposent alors à la participation canadienne à cette « guerre européenne » comme on l’appelle alors.

Une photo en noir et blanc montrant un champ de tentes blanches à perte de vue et dans l’avant-plan un long défilé de soldats faisant des exercices militaires.

La première armée canadienne – une scène à Valcartier, 1914 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 3642184)

Le Roi accepte l’offre d’un corps expéditionnaire que lui propose le gouvernement canadien. Avec beaucoup d’enthousiasme – et de désorganisation – les premiers volontaires canadiens sont rapidement regroupés au camp militaire de Valcartier, créé de toutes pièces à une trentaine de kilomètres au nord de la ville de Québec. En un peu plus d’un mois, le premier contingent canadien d’environ 36 000 soldats et officiers est prêt à s’embarquer pour l’Angleterre.

Les volontaires canadiens

Mais qui sont ces premiers volontaires canadiens qui ont accepté de servir « for the duration » et sous l’Army Act britannique?

Des quelque 1500 officiers du premier contingent canadien, presque tous ont reçu une formation militaire dans la milice canadienne; plus des deux tiers sont nés au pays, alors que les autres proviennent d’autres parties de l’Empire. Cette proportion est pratiquement inverse au sein des soldats qui sont nés pour plus de 65 % dans d’autres parties de l’Empire, alors qu’un peu moins de 30 % sont nés au Canada et les autres proviennent des États-Unis et autres pays alliés.

En ce mois de mars 1917, le Corps canadien qui se prépare à prendre la crête de Vimy a bien changé. Depuis son arrivée sur les plaines de Salisbury trente mois plus tôt, les Canadiens ont subi le baptême du feu : ils ont fait face aux premières attaques au gaz toxique à la bataille du Second Ypres en avril 1915 et ont pris part aux batailles de Festubert (mai 1915), St-Éloi (juin 1916) et de la Somme (juillet 1916). Toujours en 1916, le lieutenant-général Alderson cède sa place à un nouveau commandant du Corps canadien, le lieutenant-général Julian Byng.

Une photo noir et blanc d’un homme moustachu en uniforme portant une casquette d’officier ainsi que la ceinture Sam Browne. Son blouson est couvert de médailles et de décorations militaires. Il regarde directement le photographe avec un regard impassible.

Lieutenant-général sir Julian Byng en mai 1917. Photo prise par William Ivor Castle (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 3213526)

Byng se retrouve donc à la tête du Corps canadien, qui compte maintenant 4 divisions. Fait à noter, la 2e Division canadienne comprend le seul bataillon francophone de tout l’Empire britannique en activité au front, soit le « 22nd (French Canadians) Battalion » (aujourd’hui le Royal 22e Régiment). Autorisé en octobre 1914, ce bataillon commandé uniquement par des officiers francophones permet alors aux Canadiens français de servir leur pays dans leur langue maternelle.

La préparation de l’attaque

Une fois le plan de Byng soumis, modifié et accepté par le commandement militaire, la préparation pour l’attaque de la crête de Vimy se met en branle. Le Corps canadien, à qui l’on a confié cette tâche, s’applique avec la plus grande détermination à la préparation soigneuse de l’attaque. Grâce à une réplique à l’échelle des défenses allemandes qu’il a fait préparer à l’arrière, Byng supervise personnellement l’entrainement des Canadiens : jour après jour, les officiers et soldats pratiquent avec autant de réalisme que possible la tactique qu’ils devront appliquer le jour de l’attaque. On prend soin de pratiquer l’avance cadencée au rythme du barrage roulant de l’artillerie.

Pendant ce temps, les sapeurs canadiens et anglais se chargent d’aménager des dépôts de munitions, des réservoirs d’eau et des pompes. À vingt-cinq pieds sous les tranchées, les tunneliers agrandissent le système de tunnels qui permettra d’assurer le passage des troupes vers la première ligne de tranchées tout en protégeant le réseau de communication.

Une carte avec un gros plan d’une section des positions militaires canadienne et allemande et dans la cartouche on peut voir toute la ligne du front, de la mer du Nord jusqu’à Reims dans le sud.

Carte de la crête de Vimy du 9 avril avant le début de la bataille (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 178969)

Les pilotes de la Royal Flying Corps reçoivent la mission d’observation des positions allemandes et de bombardement de positions vitales, telles les chemins de fer ou les aérodromes allemands. Les précieux renseignements obtenus, relayés à l’arrière, permettent ainsi de découvrir plus de 80 % des batteries d’artillerie allemandes.

En préparation du jour de l’attaque, l’artillerie commence le pilonnage des tranchées allemandes le 20 mars. Ce pilonnage durera jusqu’au 2 avril, alors que l’intensité du bombardement sera augmentée au maximum. En tout, on estime à plus d’un million le nombre de salves d’artillerie durant cette période préparatoire, déversant plus de 50 000 tonnes d’obus sur les positions allemandes. Cette préparation par l’artillerie aura suffisamment détruit les lignes de communication allemandes pour ralentir considérablement le ravitaillement des défenseurs de la première tranchée.

Une photo en noir et blanc de soldats avançant dans un champ pendant que des obus explosent juste en avant de la colonne qui avance.

Les Canadiens passent à travers les lignes de barbelés allemands, avril 1917 (Bibliothèque et Archives Canada – MIKAN 3404765)

Lorsque vient enfin le jour de l’attaque, les 15 000 Canadiens qui se portent à l’assaut de la crête de Vimy sont sûrs de parvenir à leurs objectifs. C’est un grand jour pour le Corps expéditionnaire canadien qui compte bien démontrer sa détermination et son efficacité. Ils ne le savent pas encore, ces hommes qui partent à l’assaut, mais ce sera aussi un grand jour pour le Canada.

Ressources connexes

Biographie

Marcelle Cinq-Mars est archiviste principale dans le domaine militaire à la Direction générale des documents gouvernementaux de Bibliothèque et Archives Canada. Elle a écrit de nombreux livres qui portent principalement sur la Première Guerre mondiale.

Ce blogue a été créé dans le cadre d’une entente de collaboration entre The National Archives et Bibliothèque et Archives Canada.

 

100e anniversaire de la bataille de la crête de Vimy : collaboration avec The National Archives

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de Vimy

Au cours du prochain mois, Bibliothèque et Archives Canada et The National Archives of the United Kingdom mettront en valeur le rôle que le contingent canadien a joué dans la bataille de la crête de Vimy, alors que nous soulignons le 100e anniversaire de cette bataille de la Première Guerre mondiale.

Dans une série de blogues étudiant la bataille au moyen de nos documents respectifs, nous aborderons les sujets suivants :

  • la composition du Corps canadien dans le contexte ayant mené à la bataille de Vimy
  • ce qui s’est produit durant la bataille
  • la manière dont la bataille s’est terminée
  • la commémoration à la suite de la bataille
  • les représentations artistiques de la bataille

Cherchez le premier blogue de la série le 3 avril et le dernier le 21 avril.

Au cours de la même période, nous poursuivrons la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, laquelle se penche sur les soldats honorés pour les actes qu’ils ont posés pendant la bataille.

Tiré de la collection Lowy : vestiges de la communauté juive espagnole

Par Michael Kent

En tant que bibliothécaire, on m’interroge souvent sur la valeur du livre imprimé à l’ère numérique. Après tout, plusieurs livres des collections dont je m’occupe peuvent être consultés sur Internet en format numérique. Il est vrai que même les plus anciens ouvrages des collections de Bibliothèque et Archives Canada sont maintenant accessibles en ligne sous divers formats; cependant, je suis convaincu que le pouvoir évocateur de l’objet matériel, et de toutes les histoires qui se cachent derrière, dépasse largement le simple contenu de ses pages.

Le fragment du Pentateuque de 1491, le livre des écritures canoniques juives, publié en Espagne, est l’un des ouvrages qui inspirent fortement un tel sentiment.

Cette Bible, imprimée par Eliezer ibn Alantansi à Hijar en Espagne, est le dernier livre hébraïque daté à avoir été imprimé en Espagne avant l’expulsion des Juifs de ce pays en 1492. L’âge, la qualité d’impression et le degré d’érudition nécessaire pour produire un tel livre en font déjà une œuvre majeure des débuts de l’imprimerie, mais c’est l’histoire qu’il nous raconte à propos de l’expulsion des Juifs d’Espagne qui lui confère un tel pouvoir évocateur.

Malheureusement, le problème des réfugiés n’est pas nouveau. À l’heure actuelle, nous vivons une crise des réfugiés à l’échelle internationale, une crise que nous pouvons observer pratiquement en direct grâce aux médias sociaux. La technologie moderne nous permet de découvrir, avec une certaine honte, la pénible existence de ceux qui vivent dans des camps de réfugiés.

La multitude de blogues, de photos, de témoignages personnels et d’informations diffusées dans les médias permettra aux futures générations de chercheurs de comprendre les difficultés que doivent surmonter les réfugiés contemporains, et ce, d’une manière que les précédentes générations n’auraient jamais pu imaginer. Mais qu’en est-il des réfugiés d’autrefois? Comment faire pour comprendre les problèmes des réfugiés au Moyen Âge, leurs attentes, leurs anciennes vies, leurs espoirs pour l’avenir, et la désolation causée par les bouleversements qu’ils ont subis?

Toutes ces questions posent un énorme défi aux historiens qui s’intéressent à la vie des gens ordinaires dans les temps anciens. L’Histoire ne doit pas se limiter à une suite de dates ou à la vie des élites de la société; nous devons chercher à connaître ce qu’ont vécu les masses populaires et tirer des leçons de leurs expériences collectives.

Mais revenons à cet ouvrage biblique tiré de la collection Lowy. Si l’on s’en tient strictement au contenu du livre, le Pentateuque n’est-il rien d’autre qu’une bible rabbinique ordinaire, le genre d’ouvrage qu’on pourrait aisément télécharger sans frais sur Internet? La réponse toute simple est non. Au‑delà du texte qu’il contient, cet objet nous permet-il de mieux connaître la communauté juive d’Espagne à la veille de son expulsion? Je réponds oui, sans hésiter.

Une photographie en couleur d’une page jaunie, et imprimé couverte d’écriture hébraïque.

Une page de la Bible hébraïque de 1490 imprimé par Eliezer ben Avraham Alantansi (AMICUS 32329787)

En regardant cette page, je vois une communauté qui se considérait comme stable, bien établie, et qui croyait avoir un avenir en Espagne. Au début de l’imprimerie, la production d’une bible comme celle-ci aurait constitué un projet très ambitieux. La mise sur pied d’un équipement communautaire telle une presse à imprimer, l’investissement consenti en études savantes et un engagement financier considérable démontrent clairement à mes yeux que les Juifs d’Espagne se sentaient en sécurité en Espagne et envisageaient un long et bel avenir dans la péninsule ibérique. Je regarde cette page et je vois des gens qui ne pouvaient imaginer les bouleversements et dévastations qui frapperaient leur communauté moins de deux ans plus tard. Bref, je vois un témoignage direct de l’un des plus vastes mouvements de réfugiés en Europe médiévale.

En tant que bibliothécaire et conservateur, je crois fermement au pouvoir d’évocation du livre physique, un pouvoir qui va bien au-delà du simple contenu de l’ouvrage. Si les livres électroniques et les sites Web permettent un accès universel à une large gamme de contenus intellectuels, les leçons de vie et les témoignages historiques offerts par le livre physique demeurent irremplaçables.


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob M. Lowy.

Images de la Colombie-Britannique maintenant sur Flickr

La Colombie-Britannique est la province la plus à l’ouest du Canada; c’est une région montagneuse bordée par l’océan Pacifique, dont la population est surtout regroupée dans le coin sud-ouest. Le nom de cette province a été choisi en 1858, et New Westminster, un village situé dans la partie continentale de la province, en est devenu la capitale. Lorsque les colonies établies sur le continent et sur les îles se sont réunies en 1866, l’île-cité de Victoria a été désignée comme nouvelle capitale. La Colombie-Britannique a joint la Confédération canadienne en 1871, devenant ainsi la 6e province du pays.

Photographie en noir et blanc d'une classe d'enfants du jardin de la petite enfance avec les enseignants dans le dernier rang.

Cérémonie de graduation d’une classe de maternelle, Église japonaise de l’Ascension, Vancouver (Colombie-Britannique) (MIKAN 3648578)

Le saviez-vous?

  • Les majestueux paysages et les fascinantes formations géologiques de la Colombie-Britannique sont dus à l’épaisse couche de glace qui recouvrait la province à l’âge glaciaire.
  • Les Paléoaméricains sont arrivés dans le nord-ouest du Pacifique il y a 12 000 à 20 000 ans, et depuis, les communautés autochtones se sont implantées sur la côte et dans le riche et vaste territoire intérieur de la province.
  • L’introduction de la traite des fourrures au début du 19e siècle et la découverte de gisements d’or dans le cours inférieur du fleuve Fraser en 1858 ont entraîné une augmentation du nombre de colons et la construction de villes permanentes. Le 20e siècle apporta l’industrialisation et une exploitation intensive des ressources naturelles. Par conséquent, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles est devenue une priorité pour la province dans la période de l’après-guerre.
  • La Colombie-Britannique est l’une des provinces les plus diversifiées au point de vue ethnique, avec le plus haut pourcentage de minorités visibles, principalement originaires d’Asie et d’Asie du Sud-Est.

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