Du très bon temps : une lettre de l’honorable George Brown

Le long processus ayant mené à la formation de la Confédération canadienne a surtout progressé grâce à des débats et des conférences; à toute une série de négociations délicates, de délibérations et de compromis. Le dur labeur des hommes politiques a été récompensé après la Conférence de Charlottetown de 1864. À l’issue de cette rencontre, les délégués ont conclu un accord général et se sont entendus pour régler les derniers détails à l’occasion d’une autre conférence prévue un mois plus tard, à Québec.

Mais la Conférence de Charlottetown, ce n’est pas seulement les longues heures de travail acharné.

L’honorable George Brown, journaliste et ancien député de l’Assemblée législative de la province du Canada, est un des délégués les plus connus à la Conférence. Il a commencé à participer activement aux négociations dès qu’il s’est rallié à l’idée d’une Confédération canadienne. Dans des lettres écrites à son épouse, Anne, Brown décrit sa participation aux conseils, aux conférences et aux débats liés à la Confédération. Parfois, comme c’est le cas de la Conférence de Charlottetown, les lettres de Brown sont les seuls documents décrivant les délibérations, car aucun compte rendu officiel n’a été rédigé à Charlottetown.

Photo noir et blanc de George Brown assis près d’un bureau, un document à la main.

George Brown, vers 1880 (MIKAN 3213216)

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Martha Louise Black : Première dame du Yukon

Par Katie Cholette

Photographie en noir et blanc signée, doublée d’un passe-partout et arborant une femme qui sourit, datée de 1932.

Martha Louise Black, 1932. Photographe : Pierre Brunet (e011154526)

Cachée derrière les millions d’objets dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada se trouve une série de 10 cartes postales arborant des fleurs. De taille plutôt sobre et portant sur un sujet modeste, ces cartes ont été réalisées par une femme exceptionnelle et aventureuse se nommant Martha Louise Black (née Munger). Surnommée « première dame du Yukon » et deuxième femme élue comme députée à la Chambre des communes du Canada, Martha Black était une femme d’affaires astucieuse, une experte des fleurs sauvages du Yukon et de la Colombie-Britannique, une auteure et une conférencière, et récipiendaire de plusieurs marques de distinction. Nous célébrons, le 24 février 2016, son 150anniversaire de naissance.

Reproduction en couleur d’une plante avec quatre fleurs pourpres et une fleur montée en graines. Dans le bas, au centre, se trouvent les initiales « MLB » et « GB ». L’œuvre est datée de 1955.

« Pasque Flower » (fleur de pâques) par Martha Louise Black. Impression par procédés photomécaniques, 1955. (e011154530)

Quand Martha est venue au monde à Chicago, en Illinois, personne n’aurait pu prédire qu’elle allait mener une vie aussi palpitante. En 1898, à l’âge de 23 ans, elle laisse derrière elle, à Chicago, le confort d’un foyer (et un premier mari) pour répondre à l’appel de la ruée vers l’or du Yukon. Financés par des membres de la famille, Martha et son frère George franchissent le col Chilkoot en direction de la rivière Yukon. Ils poursuivent leur route jusqu’au Klondike où elle aborne des concessions minières en quête d’or. La première fois, elle demeurera au Yukon un peu plus d’un an, mais Martha est fascinée par le Nord. Quand elle y retourne en 1901, elle jalonnera encore plus de concessions, fondera et exploitera avec succès un moulin à scie et prendra un deuxième mari, George Black. Elle passera presque tout le reste de sa vie au Yukon.

Reproduction en couleur d’une plante avec trois fleurs jaunes et de larges tiges foliacées. Arbore les initiales « MB » et est datée de 1930.

« Cyprepedium, Large Yellow Lady Slipper » (cypridide, gros sabot de Notre-Dame jaune) par Martha Louise Black. Impression par procédés photomécaniques, 1955 (e011154531)

Martha et George s’établissent au Yukon, où elle a élevé trois fils issus de son premier mariage. Avocat de profession, George est devenu le septième commissaire du Yukon en 1912. Ensemble, la famille Black a joué un rôle déterminant dans la ville de Dawson, puis de Whitehorse.

Reproduction en couleur d’une plante avec de petites fleurs pourpres et de larges feuilles à lobes profondes. Elle arbore les initiales « MB » et est datée de 1930.

« Crane’s Bill – Wild Geranium » (géranium de Bicknell – géranium sauvage) par Martha Louise Black. Impression par procédés photomécaniques (e011154532)

L’intérêt que portera Martha toute sa vie pour la botanique s’épanouit dans le Nord. En 1909, elle commence à collectionner les fleurs sauvages et à les faire sécher à plat, peignant à l’aquarelle l’arrière-plan — une pratique qu’elle appelle la « botanique artistique ». Ses travaux font l’objet d’éloges et, au cours des deux étés qui suivent, elle est mandatée pour recueillir des fleurs sauvages dans les montagnes Rocheuses et d’en faire un montage en vue d’une exposition dans les gares et les hôtels du Canadien Pacifique Limitée. Une série de ses œuvres est publiée sous la forme de cartes postales, tandis qu’elle est nommée « fellow » par la Royal Geographical Society.

Reproduction en couleur d’une plante aux longues tiges lignifiées, portant des groupes serrés de minuscules fleurs roses et de petites feuilles. L’impression arbore les initiales « MB » et est datée de 1920.

« Heather » (bruyère commune) par Martha Louise Black. Impression par procédés photomécaniques (e011154538)

En 1935, à l’âge de 69 ans, Martha est élue à la Chambre des communes. Elle agira en tant que députée du Yukon jusqu’en 1940. En 1948, on lui décerne l’Ordre de l’Empire britannique pour l’aide qu’elle apporte aux militaires du Yukon. Martha meurt à Whitehorse le 31 octobre 1957 à l’âge de 91 ans.

Pour en apprendre davantage sur sa vie et son œuvre :

Les discours des premiers ministres

Êtes-vous intéressé par les discours des premiers ministres canadiens? Bibliothèque et Archives Canada (BAC) met à votre disposition une collection unique d’outils qui vous aideront à trouver tous les discours prononcés par les premiers ministres depuis la fondation du Canada. Les ressources historiques de BAC complètent les ressources du gouvernement du Canada, dans lesquelles on retrouve des discours plus récents.

Le site Web archivé, Premier parmi ses pairs, contient une section entièrement dévouée à certains discours d’anciens premiers ministres. À gauche, sur la page d’introduction de cette exposition virtuelle, cliquez sur la rubrique « discours ». Ceci vous amènera sur une page où figurent des discours classés par thèmes. Pour voir les discours d’un premier ministre en particulier, cliquez sur la rubrique « Profils » sur le menu de gauche. Veuillez prendre note que le site Web est archivé. Par conséquent, il ne sera plus mis à jour.

Parmi les sources sollicitées pour la création du site Web Premier parmi ses pairs figure la collection de discours sur microfiche de BAC, une reproduction de la collection de discours conservée à la Bibliothèque du Parlement. La collection est située dans la salle de lecture, au deuxième étage de l’édifice principal de BAC (395, rue Wellington, à Ottawa). En plus des discours prononcés par les premiers ministres, cette ressource contient les discours des ministres et des chefs de l’opposition, de 1914 à 1993. Lire la suite

Portraits de prisonniers par Jean-Joseph Girouard

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Jean-Joseph Girouard (1794-1855) était notaire et artiste amateur. Durant la première moitié du 19e siècle, il fut aussi membre du Parti patriote du Bas-Canada, fondé pour obtenir des réformes politiques et défendre le patrimoine, les droits et les intérêts des Canadiens français. Le Parti patriote mena la rébellion de 1837-1838, un tournant dans l’histoire ayant mené à la naissance du Canada.

Girouard fut emprisonné à deux reprises pour sa participation à la rébellion. Fait surprenant : pendant son incarcération à Montréal, il réussit à conserver son étude de notaire ainsi qu’un atelier d’art. Un partisan lui ayant fourni du papier à dessin et des crayons, il fit le portrait de plusieurs de ses frères patriotes détenus avec lui. La majorité de ces dessins rares et exceptionnels font maintenant partie de la collection de Bibliothèque et Archives Canada.

Croquis au crayon de Jean-Joseph Girouard vu de profil, assis sur une chaise et dessinant avec un crayon sur une feuille de papier.

Jean-Joseph Girouard, autoportrait réalisé en prison, Montréal, vers 1837-1838. (c133430)

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À la découverte d’une vie : la force des documents privés

Les documents privés sont un champ d’études fascinant. Qu’est ce que les gens choisissent de garder? Qu’est-ce qu’ils écartent au cours de leur vie? Et qu’est-ce qui reste pour leur postérité? Bibliothèque et Archives Canada (BAC) détient non seulement un grand nombre de documents, mais aussi de simples éléments, notamment des photos et des lettres. Le fonds Oscar Douglas Skelton présente un aperçu sur la vie privée d’un fonctionnaire public important. En 1992 et 1993, la fille de Skelton offre la majeure partie de cette collection à BAC. Depuis lors, les documents sont décrits et analysés, et l’instrument de recherche (en anglais seulement) est numérisé pour permettre un accès plus facile.

Photo en noir et blanc de trois personnes assises sur les marches d’escalier d’un chalet et regardant en direction du photographe.

Le très honorable William Lyon Mackenzie King avec sa sœur Jennie (Mme H.M. Lay) et O.D. Skelton, le 29 juillet 1923, à Kingsmere, Québec (MIKAN 3217554)

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Propagande : Techniques utilisées pendant la Seconde Guerre mondiale

La propagande en temps de guerre n’a pas été inventée au 20e siècle. Elle existe depuis des siècles sous différentes formes. Cependant, l’avènement de méthodes d’impression moins coûteuses et plus rapides a permis de produire des affiches en très grandes quantités lors de la Seconde Guerre mondiale. Des affiches ont été créées sur tous les sujets, depuis le recrutement, la sécurité et le secret jusqu’au patriotisme, à la frugalité et aux investissements.

Les affiches de recrutement, qui jusqu’à ce que ce moment-là visaient uniquement les hommes, ont commencé à changer à mesure que la guerre progressait. Bien qu’elles étaient encore souvent présentées comme fragiles, les femmes sont devenues de plus en plus importantes à l’effort de guerre. Des pressions s’exerçaient pour recruter davantage d’hommes et de femmes, et les affiches indiquaient clairement qu’il y n’avait aucune excuse pour ne pas s’enrôler.

Affiche en couleur montrant un lion et un castor tenant une épée et avançant de façon menaçante.

Campagne de propagande de guerre : le castor et le lion unis contre l’ennemi (MIKAN 2834354)

Les préoccupations concernant la sécurité et le secret sont devenues un nouvel élément de la propagande pendant la Seconde Guerre mondiale. On craignait de plus en plus que des espions écoutent les conversations et qu’un petit détail ait des effets catastrophiques pour les troupes. Au début, les affiches étaient assez simples, mais au fil du temps, elles sont devenues plus dramatiques, dépeignant souvent un homme à l’allure sinistre avec de grandes oreilles en arrière-plan et un groupe de civils ou de soldats à l’avant-plan, semblant avoir une conversation anodine. Les couleurs et les dessins de ces affiches étaient souvent très vifs.

Affiche en couleur montrant deux photos avec du texte superposé. La photo du haut montre des gens assis dans un café qui discutent, et un homme qui écoute leur conversation. La photo du bas montre un navire qui coule.

« Il part ce soir… Se taire, c’est servir » : propagande pour la sécurité de l’Armée canadienne (MIKAN 2834362)

La prochaine étape consistait à cibler les hommes et les femmes qui ne pouvaient pas s’enrôler afin de les faire participer à la guerre d’une autre façon. On leur demandait de redoubler d’efforts afin de contribuer le plus possible à l’effort de guerre. Et lorsque cela n’a plus suffi, on les a fortement encouragés à acheter des obligations de la Victoire pour aider à financer la guerre. Le ton de ces affiches a évolué. Au début, elles véhiculaient une certaine peur, puis un message d’espoir. En effet, on disait aux Canadiens qu’en achetant des obligations de la Victoire, ils aidaient à assurer un avenir sécuritaire et heureux pour leur pays.

Affiche en couleur avec une photo en noir et blanc d'une femme tenant une bombe dans ses mains avec la légende : « Je fabrique des bombes et j'achète des obligations! ». Sous la photo, en lettres blanches sur fond rouge : « Achetez des obligations de la Victoire ».

Campagne des obligations de la Victoire : « Je fabrique des bombes et j’achète des obligations! » (MIKAN 2846935)

Bien qu’il n’y ait aucun moyen sûr de juger de l’efficacité de ces campagnes, elles demeurent un pan important de notre histoire et un regard socio-économique et politique sur notre passé.

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Données ouvertes : Études sur les drogues et médicaments sur ordonnance de Santé et Bien-être social Canada

Dans les années 1970, Santé et Bien-être social Canada a commandé plusieurs études sur l’utilisation de médicaments sur ordonnance et sur la consommation d’alcool et de cannabis, ainsi que sur les décès liés à la drogue. On a récemment adapté des données statistiques brutes provenant de quatre groupes d’enquêtes en fonction d’un schéma d’encodage des caractères de la norme ASCII. Pour ouvrir, interpréter et analyser les données, il faut un logiciel spécialisé, comme un tableur ou un outil statistique. Une liste de codage décrivant la composition des données et définissant les variables contenues dans chaque champ est fournie. Si une des enquêtes énumérées ci-dessous vous intéresse, elles sont dorénavant accessibles par l’entremise du portail des données ouvertes.

Consommation de médicaments sur ordonnance au Canada, 1977

En 1977, Santé et Bien-être Canada a commandé deux études ayant trait à l’utilisation de médicaments sur ordonnance au Canada. Voici quelques-unes des grandes conclusions que l’on a tirées des enquêtes :

  • On a constaté que les analgésiques et les antibiotiques sont les médicaments les plus souvent utilisés par la population en général.
  • Les répondants âgés utilisaient des antihypertenseurs et des médicaments destinés au traitement des maladies cardiaques.
  • Les femmes étaient surreprésentées parmi les utilisateurs de sédatifs et de tranquillisants.

Enquêtes nationales sur la consommation d’alcool au Canada

La campagne « Dialogue sur l’alcool » avait pour but de sensibiliser la population aux comportements associés à la consommation d’alcool et d’encourager la population à participer aux programmes consacrés aux problèmes liés à l’alcool. La campagne se déployait par phases et reposait sur divers médias publicitaires comme les journaux, les magazines, les émissions radiophoniques et télévisées. Après la diffusion de ces publicités, on a amorcé une série d’enquêtes afin de déterminer si le public était au fait de la campagne « Dialogue sur l’alcool » comme telle et dans le but de connaître les habitudes des Canadiens lorsqu’il s’agit de boire de l’alcool. En 1976, une autre enquête visait à recueillir des données sur les habitudes de fumer des Canadiens.

Consommation de cannabis chez les Canadiens adultes

En 1978, Santé et Bien-être Canada a commandé une enquête visant les adultes âgés de 18 ans et plus. On a alors interrogé les répondants sur leur consommation de marihuana et de hachisch et sur la fréquence d’une telle consommation. L’enquête a été entreprise afin de déterminer les tendances liées à la consommation de cannabis, de repérer les populations à risque, d’évaluer les corrélats sociaux de la consommation de cannabis et de formuler une politique.

Décès liés à la drogue dans la communauté urbaine de Toronto

Les données ont été colligées en 1973 à partir des dossiers de 18 coroners œuvrant à temps plein ou à temps partiel dans la région de Toronto. Les données ont été tirées de dossiers faisant état de décès liés à l’alcool ou à la drogue et elles comprennent le code de la catégorie générale, la drogue concernée, la forme d’alcool, le nom des solvants et poisons visés.

Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, 1665-1672

Au début des années 1660, la Nouvelle-France connaît une situation difficile, affaiblie par les luttes qui durent depuis 20 ans contre les Iroquois et le pouvoir très étendu du gouverneur. Il est temps de réorganiser la Nouvelle-France et Louis XIV et son ministre responsable des colonies, Jean-Baptiste Colbert, décident d’intervenir. En 1663, la Nouvelle-France devient une propriété royale, les pouvoirs du gouverneur sont réduits et l’administration de la colonie est réorganisée. Un rôle important est confié à l’intendant comme représentant du roi, pour l’administration de la justice, de la police et des finances.

Le 23 mars 1665, Louis XIV nomme Jean Talon au poste d’intendant. Âgé de près de 40 ans, cet homme instruit chez les Jésuites à Paris, a une excellente réputation comme administrateur ayant occupé différents postes dans l’administration militaire française avant de devenir intendant du comté du Hainaut en 1655.

Talon va occuper le poste de 1665 à 1668 et de 1670 à 1672; les nombreuses mesures qu’il met en place vont améliorer grandement la situation de la colonie. Il vise tout d’abord à accroître la population en favorisant l’immigration, en encourageant et soutenant les familles nombreuses, en forçant les célibataires à se marier, en faisant venir les filles du roi, en incitant les soldats à s’établir dans la colonie après leur service militaire, etc.

Une aquarelle montrant une scène intérieure. Plusieurs personnes sont debout au tour d’un personnage centrale (Jean Talon). Dans l’arrière-plan, on voit une cheminée avec feu et une marmite, une femme et son bébé, ainsi qu’un vieillard assis sur un banc.

Jean Talon visitant les colons, peint par Lawrence Batchelor en 1931 (c011925k)

Il essaie de sédentariser la population en facilitant l’accès aux terres mais aussi en obligeant les colons à les occuper. Les contrats de concession vont désormais comporter des clauses précises comme de défricher et de « tenir feu et lieu » dans un délai de 12 mois et l’interdiction de vendre avant qu’il n’y ait une maison de bâtie et deux arpents de défrichés.

Talon voit aussi à la réorganisation du système judiciaire; il diminue le nombre de procès en privilégiant les accommodements, les règlements à l’amiable et demande que les causes de première instance lui soient directement présentées.

Sur le plan économique, Talon est un visionnaire : il rêve de manufactures en Nouvelle-France produisant des textiles, du cordage, du goudron, de la potasse, du savon, etc. Il fait de l’exploration minière dans la région de Trois-Rivières, prélude aux forges du Saint-Maurice du XVIIIe siècle, s’efforce de créer un réseau d’alliances pour la traite des fourrures, sans parler de la brasserie qu’il construit à Québec pour la production de bière locale. À son départ, le visage de la Nouvelle-France avait grandement changé!

Bibliothèque et Archives Canada conserve plusieurs copies de documents historiques rédigés par Talon, notamment ses mémoires et observations sur l’état de la colonie, correspondances, ainsi que les recensements tenus en 1666 et 1667.

La Résistance du Nord-Ouest (Résistance de la Saskatchewan)

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Peu d’événements célèbres dans notre histoire nationale suscitent autant de débats et d’opinions aussi tranchées que les conflits de 1870 et de 1885 entre les Métis de l’Ouest canadien et le gouvernement du Canada. Divers noms sont associés à ces deux épisodes, et leur mention reflète souvent les allégeances, les opinions, voire la partialité de l’auteur. Aujourd’hui, nous nous penchons sur l’application de termes tels que rébellion, résistance, insurrection et conflits.

Sans doute que le débat sur les événements de 1870 et de 1885, sur Louis Riel et sur la place qu’occupent les Métis dans notre histoire et la société canadienne contemporaine a eu un effet durable sur notre conscience nationale. En mars 1885, on peut lire dans un article paru dans le Globe de Toronto : « Rares sont les hommes à avoir été la cause de deux rébellions. Dans l’histoire du Dominion, Sir John Macdonald et son ami Riel sont les deux seuls à avoir mérité cette distinction. » [traduction]

Reproduction en noir et blanc d’une coupure de journal du Globe de Toronto en 1885. Il s’agit d’un article sur la Rébellion du Nord-Ouest.

Coupure de journal du Globe de Toronto, 1885 (MIKAN 521291)

Afin de nous situer en contexte, on assiste, durant les années 1870, à la disparition des troupeaux de bisons, beaucoup de Premières Nations sont au bord de la famine. Quant aux Métis, l’extinction des bisons desquels ils dépendaient eux aussi leur apporte un lot d’épreuves, alourdies, par la suite, par la fin du commerce de la fourrure.

Les Métis des Territoires du Nord-Ouest étaient d’avis que le Conseil du Nord-Ouest en place ne représentait pas leurs intérêts. Ils désiraient obtenir d’Ottawa la garantie que les titres de leurs lots de colonisation riverains et de leurs fermes seraient protégés advenant l’arrivée de vagues de colons.

Les Métis ont envoyé plus de 70 pétitions à Ottawa afin de leur faire part de leurs doléances, sans jamais recevoir de réponse. Aux yeux des Métis, le gouvernement fédéral était indifférent à leur tentative de régler les différends territoriaux et de protéger les droits des occupants.

Arrivés depuis peu dans les Territoires du Nord-Ouest, des colons blancs frustrés attendaient aussi leurs titres de propriété, car ils en avaient besoin pour obtenir des prêts et apporter des améliorations à leurs fermes. Entre-temps, un sentiment généralisé d’insatisfaction au regard des traités des Premières Nations et la pauvreté croissante ont poussé le chef Big Bear, de la tribu des Cris des plaines, à vouloir renégocier les modalités des traités. De fait, les problèmes et les doléances des Premières Nations étaient nettement différents de ceux des Métis et des colons blancs, hormis leur impression commune que le gouvernement d’Ottawa était indifférent, distant et impérialiste.

En conséquence, les Métis ont décidé de résister aux mesures prises ultérieurement par le gouvernement fédéral. Lorsque Louis Riel a organisé un gouvernement provisoire « illégal », cela a incité Ottawa à affirmer sa souveraineté dans les Territoires du Nord-Ouest.

Gravure en noir et blanc tirée du Illustrated London News, 1885. L’esquisse montre une colonne de soldats qui marchent dans un paysage hivernal.

Résistance dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada : Des troupes coloniales marchant sur les glaces de la baie Nipigon, dans le lac Supérieur, tiré du Illustrated London News, 1885 (MIKAN 2933970)

La Résistance du Nord-Ouest (ou Résistance de la Saskatchewan), un violent soulèvement contre le gouvernement canadien qui dura cinq mois, menée surtout par des militants métis et des Premières Nations alliées.

Dessin à la plume (recouvrant les traits de crayon) illustrant un combat en forêt, les Métis se trouvant derrière une barricade et tirant sur l’armée britannique en approche. Les Métis sont bien moins nombreux.

Bataille de Batoche, 1885, par Charles William Jefferys (MIKAN 2899639)

Les Métis essuieront une défaite à la bataille de Batoche (aujourd’hui la Saskatchewan), mettant pratiquement fin à la Résistance du Nord-Ouest. Pour bien des personnes, dont Louis Riel et le chef Big Bear, les conséquences ont été immédiates et directes.

Photographie en noir et blanc d’un homme assis, enveloppé d’une couverture. Il regarde directement le viseur.

Chef Big Bear, 1886, par William Topley (MIKAN 3358338)

Les communautés métisses et celles des Premières Nations allaient souffrir des conséquences graves et durables des événements de 1885. De plus, les relations entre les francophones et les anglophones et les peuples autochtones et non autochtones allaient rester tendues pendant quelques années.

Bibliothèque et Archives Canada diffuse une dix-huitième baladodiffusion : « Le drapeau canadien et la feuille d’érable à jamais réunis »

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Bibliothèque et Archives Canada (BAC) diffuse sa plus récente émission de baladodiffusion : Le drapeau canadien et la feuille d’érable à jamais réunis. Notre drapeau, avec son emblème si caractéristique de la feuille d’érable et ses couleurs vives – le … Lire la suite