À la découverte d’une vie : la force des documents privés

Les documents privés sont un champ d’études fascinant. Qu’est ce que les gens choisissent de garder? Qu’est-ce qu’ils écartent au cours de leur vie? Et qu’est-ce qui reste pour leur postérité? Bibliothèque et Archives Canada (BAC) détient non seulement un grand nombre de documents, mais aussi de simples éléments, notamment des photos et des lettres. Le fonds Oscar Douglas Skelton présente un aperçu sur la vie privée d’un fonctionnaire public important. En 1992 et 1993, la fille de Skelton offre la majeure partie de cette collection à BAC. Depuis lors, les documents sont décrits et analysés, et l’instrument de recherche (en anglais seulement) est numérisé pour permettre un accès plus facile.

Photo en noir et blanc de trois personnes assises sur les marches d’escalier d’un chalet et regardant en direction du photographe.

Le très honorable William Lyon Mackenzie King avec sa sœur Jennie (Mme H.M. Lay) et O.D. Skelton, le 29 juillet 1923, à Kingsmere, Québec (MIKAN 3217554)

Oscar Douglas Skelton (1878-1941) est un Canadien remarquablement brillant et discrètement influent. Militant populaire et professeur à l’Université Queen’s, de 1908 à 1925, il s’engage activement dans les questions d’intérêt public de son temps. Cependant, on se souvient surtout de son dernier poste comme sous-secrétaire d’État pour les Affaires extérieures, et comme conseiller en politique étrangère auprès du Cabinet du premier ministre Mackenzie King et R.B. Bennett. Homme intègre avec une vision pour un Canada indépendant, Skelton travaille inlassablement derrière les coulisses pour s’assurer que la voix du Canada est entendue sur la scène internationale. Ses documents illustrent l’étendue de sa vie professionnelle, mais ses correspondances et ses journaux offrent aux chercheurs des informations plus détaillées sur sa vie privée.

Photo en noir et blanc d’un groupe de personnes assises sur une haute barre rocheuse, devant des arbres flous et un arrière-plan distant. Chacun regarde en direction du photographe, sauf un homme qui regarde les autres.

Le très honorable William Lyon Mackenzie King accompagné de sa sœur Jennie (Mme H.M. Lay), d’une femme non identifiée et de M. Skelton sur le mont King, le 29 juillet 1923, à Kingsmere, Québec (MIKAN 3217696)

Les documents personnels de Skelton montrent que ce dernier est un penseur indépendant et aventureux, un Canadien pragmatique et passionnément engagé, un fonctionnaire dévoué, un mari aimant, un père et qu’il a été, curieusement, un romantique toute sa vie, après avoir connu une jeunesse agitée.

À l’été 1901, apparemment sur un coup de tête, Skelton quitte l’Ontario pour aller en Angleterre passer l’examen de la fonction publique indienne. Il réussit le concours, mais ne se présente pas à l’examen médical et refuse un poste au sein du ministère de la Guerre britannique. Il saisit plutôt l’occasion de travailler comme rédacteur en chef d’un magazine à Philadelphie. Malgré la distance et des années passées à l’étranger, Skelton réussit à faire la cour à sa future femme, Isabel Murphy. Écrivain talentueux, ses lettres d’amour à son épouse sont toujours aussi touchantes et douces une centaine d’années plus tard.

Photo en noir et blanc, un peu floue, de quatre personnes en costume, dans un bureau, autour d’une table couverte de documents. Deux personnes sont assises et examinent des documents, alors que les deux autres sont debout et surveillent les procédures.

Le très honorable William Lyon Mackenzie King et M. Skelton lors de la signature de l’entente du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth, le 16 décembre 1939, à Ottawa. L’entente définitive est signée par le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le 17 décembre 1939 (MIKAN 3563847)

Les documents personnels de Skelton nous permettent d’observer l’évolution d’un idéaliste et d’un homme tranquille qui s’avère être un adepte et parfois un exploitant impitoyable des leviers du pouvoir. Engagé jusqu’à la fin, Oscar Douglas Skelton meurt soudainement en 1941, emporté par une crise cardiaque, et manque énormément au gouvernement en guerre. Sa mémoire reste gravée dans ses documents que l’on peut trouver à BAC.

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