Qui agira en bon père de famille? Les documents relatifs au développement territorial des chemins de fer nationaux du Canada et les prédécesseurs de l’entreprise

Les chemins de fer ont longtemps joué un rôle prépondérant dans les histoires relatant l’émergence du Canada en tant que nation. La construction des lignes de chemin de fer était, à l’époque, perçue comme un élément déterminant dans la formation d’une identité nationale cohérente et se voulait un gage que les déplacements et les échanges commerciaux dans le vaste territoire du Canada allaient être simplifiés.

Les compagnies de chemin de fer ont également participé à la colonisation de l’Ouest canadien en agissant comme promoteurs et courtiers en immeuble pour les terres concédées par le gouvernement fédéral. Après la cession de la Terre de Rupert au Canada en 1870, les concessions de biens-fonds ferroviaires constituaient un important volet du plan gouvernemental visant à accroître la population des régions de l’Ouest déjà occupées par des communautés autochtones, des établissements métis et des postes avancés de la Compagnie de la Baie d’Hudson. Même au début du vingtième siècle, on concédait des terres afin d’encourager les compagnies de chemin de fer à prolonger leurs rails partout sur le continent, et la construction du chemin de fer était partiellement financée par la location et la vente de ces terres.

Le bureau de Winnipeg des Services régionaux garde un précieux assortiment de documents à l’appui de la vente et de la location de terres agricoles et de terres en zones urbaines dans l’Ouest canadien par les Chemins de fer nationaux du Canada et les prédécesseurs de l’entreprise. Ces documents, provenant des diverses sociétés filiales vouées à l’immobilier rattachées aux Chemins de fer nationaux du Canada, le Chemin de fer Canadien du Nord et la Grand Trunk Pacific Railway, brossent un portrait vivant des colons établis dans l’Ouest canadien et présentent certains des nombreux défis qu’ils ont dû relever au début et au milieu du vingtième siècle.

Les dossiers liés à la vente et à la location de terres agricoles procurent des comptes rendus particulièrement intéressants sur les colons de l’Ouest canadien et leurs expériences. En général, on retrouve dans ces dossiers un formulaire de demande standard, décrivant brièvement les antécédents personnels du demandeur, ainsi qu’une évaluation de la demande rédigée par un représentant de l’entreprise, dont la tâche consistait à déterminer si le demandeur était susceptible d’agir en bon père de famille (« likely to make good »). Les demandes et évaluations procurent des profils détaillés de fermiers venus peupler les provinces des Prairies et la Colombie-Britannique.

Formulaire imprimé intitulé Applicant's Statement (bilan du demandeur) sur lequel apparaissent, écrites à la main, les réponses à des énoncés et à des questions visant à recueillir de l'information sur le demandeur. Le formulaire sert à colliger de l'information, telle que le nom, l'âge, l'état matrimonial et le lieu de naissance du demandeur; le nom de trois hommes d'affaires, d'un banquier et d'un membre du clergé (three businessmen, one banker, and one clergyman), qui pourraient servir de références pour le demandeur, et des précisions quant aux actifs et aux dettes du demandeu

« Applicant’s Statement » (bilan du demandeur) au nom de Charles Deffey, acquéreur éventuel de SW-17-28-26 W4 (e011172001)

Formulaire imprimé intitulé Appraiser's Report sur lequel apparaissent des notes manuscrites ajoutées par un évaluateur concernant l'acquéreur éventuel d'une terre agricole. Dans les notes de l'évaluateur se trouvent une évaluation de la réputation de l'acquéreur, l'état de toute terre agricole que l'acquéreur pourrait déjà posséder et l'avis de l'évaluateur à savoir s'il croit que le demandeur est un acquéreur susceptible d'agir en bon père de famille (a purchaser who is likely to make good).

« Appraiser’s Report » (rapport d’évaluation) au nom de Charles Deffey, acquéreur éventuel de SW-17-28-26 W4 (e011172002)

Naturellement, la majorité des autres documents qui se trouvent dans les dossiers servant à appuyer la vente d’une terre agricole sont de la correspondance portant sur les paiements à effectuer afin d’acheter la terre. Bien que ces échanges de courrier soient, en général, de nature courante, il arrive aussi qu’on y découvre des plaidoiries bien senties d’acquéreurs qui imploraient la clémence pour avoir omis d’effectuer un versement ou pour l’avoir remis en retard, plus particulièrement durant les années 1930. Parmi les explications souvent invoquées dans les lettres pour justifier les manquements, mentionnons les récoltes décevantes ou les épreuves subies par l’expéditeur pris en défaut et sa famille. Dans la lettre reproduite ci-dessous, par exemple, l’auteur renonce à sa demande d’obtenir un lopin de terre agricole en Saskatchewan après s’être cassé une jambe et avoir perdu la récolte annuelle à cause d’une tempête de grêle.

Lettre manuscrite adressée au commissaire des terres, aux Chemins de fer nationaux du Canada, et provenant de Charles Deffey qui fait part de son intention de renoncer à un lopin de terre agricole pour lequel il avait effectué des paiements. M. Deffey fournit une brève description de certains obstacles qu'il a rencontrés lors de ses travaux sur la terre et il informe le commissaire des terres qu'il enverra un acte de renonciation (quit claim) officiel dès qu'il aura assez d'argent pour payer un juge de paix (J.P.).

Lettre de Charles Deffey au commissaire des terres, Chemins de fer nationaux du Canada (e011172003)

Recherche de documents relatifs aux terres

On peut consulter les documents relatifs au développement territorial des Chemins de fer nationaux du Canada et des prédécesseurs de l’entreprise, des archives fort susceptibles de susciter un immense intérêt auprès des chercheurs en généalogie et de ceux qui se penchent sur des sujets comme l’agriculture, l’immigration et l’histoire locale, à partir de l’outil Recherche dans la collection sur le site Web de Bibliothèque et Archives Canada. D’abord, il faut sélectionner « Recherche avancée » et ensuite « Collections et fonds (Recherche de fonds d’archives) » dans le menu déroulant « Jeu de données ». Ensuite, sélectionner « No d’instrument de recherche » dans le menu déroulant de « Termes spécifiques » et taper « 30-130 » dans l’encadré à droite, et cliquer recherche. On peut préciser la recherche en ajoutant un mot-clé dans l’encadré « Tous les mots », comme le nom d’une famille particulière, ou les coordonnées d’arpentage des terres fédérales afin de trouver de l’information sur un lopin de terre donné.

Précisons toutefois que ces documents ne constituent pas un dossier exhaustif des activités de développement territorial menées par les Chemins de fer nationaux du Canada, les prédécesseurs de l’entreprise et leurs sociétés filiales. Les dossiers et registres, actuellement gardés au bureau de Winnipeg des Services régionaux de Bibliothèque et Archives Canada, ont été récupérés des entrepôts des Chemins de fer nationaux du Canada lorsque le quartier de Winnipeg maintenant connu sous le nom de The Forks devait faire l’objet d’une rénovation urbaine vers la fin des années 1980. Fort heureusement, nous avons pu récupérer suffisamment de registres et de dossiers pour avoir un riche aperçu de la colonisation dans l’Ouest canadien au début et au milieu du vingtième siècle.

Terre-Neuve et le 100e anniversaire de la bataille de la Somme

Déclenchée le 1er juillet 1916, la bataille de la Somme figure parmi les batailles les plus tristement célèbres à être livrées durant la Première Guerre mondiale et l’une des plus symboliques de cet horrible carnage.

Photographie en noir et blanc d'un paysage bucolique.

Vue d’ensemble du champ de bataille, en regardant vers Contalmaison (bataille de la Somme). Juillet 1916 (MIKAN 3520937)

L’attaque est lancée sur un front de 30 kilomètres dans le nord de la France. Assaut planifié, au départ, par les alliés et regroupant des Français et des Britanniques, il avait pour but de détourner les forces allemandes du siège qu’elles occupaient à Verdun. Le plan consiste à effectuer pendant huit jours des bombardements d’artillerie préliminaires afin de détruire les barbelés allemands et les lignes avant allemandes, de sorte que les forces attaquantes pourront, tout simplement, avancer et prendre possession du territoire. Toutefois, l’artillerie est incapable de détruire l’une ou l’autre des cibles et, à 7 h 30 le 1er juillet 1916, lorsque le bombardement prend fin, l’infanterie allemande émerge des bunkers, dirigeant ses mitrailleuses vers les brèches dans les barbelés qui, ailleurs, ont tenu le coup. On estime que 60 000 soldats britanniques et alliés, dont près de 800 Terre-Neuviens, trouveront la mort ou seront blessés cette journée-là seulement. La bataille de la Somme s’étend jusqu’au 18 novembre 1916. Après n’avoir gagné que 12 kilomètres de terrain, on enregistre 420 000 pertes du côté des Britanniques, 200 000 pour ce qui est des Français et 500 000 chez les Allemands.

Photographie en noir et blanc d'une forêt dévastée, seulement quelques troncs se dressent encore.

Vue du Maple Copse (bataille de la Somme). Juillet 1916 (MIKAN 3520908)

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Polysar ou l’aventure de la production du caoutchouc synthétique au Canada

Par François Larivée 

Les personnes nées avant 1980 se souviendront peut-être de l’image d’un important complexe industriel figurant au verso des billets de 10 dollars. Ce dessin représentait en fait l’usine Polysar (originellement Polymer) à Sarnia (Ontario) et il a figuré sur le billet violet entre 1971 et 1989. Or l’histoire de cette entreprise, qui fut créée en 1942 en tant que société de la Couronne par le gouvernement du Canada et dont Bibliothèque et Archives Canada possède le fonds d’archives, est assez fascinante.

Photographie noir et blanc montrant, en avant-plan, trois grands réservoirs sphériques et un enchevêtrement complexe de tuyaux alors qu’en arrière-plan, se trouve une très haute cheminée d’où s’échappent une flamme et de la fumée. On y voit également un bâtiment équipé de cinq autres cheminées.

Vue de tuyaux et de trois réservoirs sphériques Horton contenant un mélange de butylène et de butadiène utilisé dans la fabrication de caoutchouc synthétique à l’usine Polymer Rubber Corporation, septembre 1944 (MIKAN 3627791)

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Les lettres d’un politicien passionné : la correspondance de Wilfrid Laurier à Bibliothèque et Archives Canada

Par Théo Martin

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) détient la riche correspondance de Wilfrid Laurier, septième premier ministre du Canada et premier Canadien français à accéder au poste. Wilfrid Laurier (1841-1919), né à Saint-Lin, au Québec, connaîtra une carrière exceptionnelle de journaliste, d’avocat, de politicien et bien sûr de premier ministre.

Photographie en noir et blanc montrant un homme âgé regardant au loin.

sir Wilfrid Laurier, v. 1906, photographe inconnu (MIKAN 3623433)

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Les documents originaux et les copies sur microfilm

L’accès est un aspect important du mandat de Bibliothèque et Archives Canada. Le personnel s’efforce de donner accès aux documents originaux chaque fois que c’est possible, mais que se passe‑t‑il lorsque les documents ont été retirés de la circulation et que vous devez les consulter?

Capture d’écran du système de gestion interne des collections de Bibliothèque et Archives Canada où est mis en évidence le message suivant : « Veuillez consulter les exemplaires des documents que vous essayez de commander; veuillez vous référer aux renseignements sur les exemplaires de MIKAN. »

Capture d’écran du système de gestion interne des collections de Bibliothèque et Archives Canada.

On peut retirer un document de la circulation pour diverses raisons, notamment :

  • Le document a été copié et il est disponible dans un autre format (habituellement sur microfilm)
  • Il a été désigné comme nécessitant un traitement de conservation
  • Il est fragile ou risque d’être endommagé
  • Pour des raisons de santé (p. ex. le document contient des moisissures)

Quand vous demandez un document qui a été retiré de la circulation, un employé du comptoir de consultation communiquera avec un gestionnaire des collections ou un adjoint de gestion des collections pour l’informer qu’un chercheur désire consulter l’original et la raison de sa demande.

Voici quelques raisons fréquemment invoquées pour consulter le document original :

  • Pour régler un litige
  • Les copies sur microfilm sont illisibles
  • Les copies sur microfilm sont incomplètes (pages manquantes)
  • Pour des raisons de santé (p. ex. l’utilisation du lecteur de microfilms cause le vertige)

Le gestionnaire des collections ou l’adjoint de gestion des collections évaluera le document demandé et déterminera s’il peut être déplacé en toute sécurité au 395, rue Wellington aux fins de consultation.

Un contenant ouvert dans lequel se trouvent des documents textuels prêts à être évalués

Documents textuels prêts à être évalués.

Raisons fréquemment invoquées pour refuser une demande de consultation du document original :

  • Le document est trop fragile pour être transporté hors de l’installation d’entreposage
  • L’accès au document est limité par la loi (vous devez d’abord obtenir les droits d’accès)
  • Le document pose un risque pour la santé et doit au préalable faire l’objet d’un traitement (p. ex. des moisissures)
  • Le document a été demandé dans le cadre d’un prêt ou d’une exposition

De plus, les documents suivants ne peuvent sortir du Centre de préservation :

    • Traités
  • Atlas datant d’avant 1899, cartes anciennes, documents encadrés surdimensionnés

 

  • Peintures à l’huile, pastels, œuvres au fusain, miniatures
  • Médailles, globes
  • Négatifs sur plaque de verre, grandes photos panoramiques, objets photographiques présentés en coffret
  • Certains documents de philatélie

Si le document est jugé trop fragile ou d’une valeur exceptionnelle, le gestionnaire des collections précisera que la consultation doit se faire sous supervision.

Le personnel de Bibliothèque et Archives Canada fait tout son possible pour faciliter l’accès, mais dans certains cas, les documents ne peuvent tout simplement pas être déplacés. Lorsque cette situation se produit, vous pouvez prendre un rendez-vous afin de consulter les documents originaux au Centre de préservation à Gatineau, sous la supervision d’un archiviste de référence et d’un membre de l’équipe de gestion des collections.

Que signifie l’acronyme PSCA… Programme de surveillance de la communauté aquatique? Non : Programme de surveillance des conditions ambiantes!

Saviez-vous que Bibliothèque et Archives Canada est doté d’un Programme de surveillance des conditions ambiantes dans la plupart des endroits où les collections sont entreposées? Nous recueillons de l’information sur la température et le taux d’humidité dans les aires d’entreposage des collections pour faire en sorte de garder les documents dans des conditions optimales, afin que ceux-ci demeurent dans le même état le plus longtemps possible. Si un document est entreposé dans un endroit trop chaud, cela accélère sa dégradation ou sa décoloration, notamment si le document est instable chimiquement, comme les photographies en couleur. Si un document est conservé dans un milieu trop froid, il risque de devenir cassant et aura tendance à se craqueler. La plus mauvaise situation survient lorsque la température varie soudainement, passant de trop chaud à trop froid : le pire des deux mondes!

L’humidité relative est aussi un enjeu crucial. Si elle est trop élevée, il arrive que les documents commencent à gonfler, à s’oxyder et à moisir. Par ailleurs, si l’humidité relative est trop basse, les documents pourraient rapetisser et se fendiller. Les livres sont particulièrement fragiles à l’humidité à cause de leurs multiples composantes et de la grande variété de matériaux utilisés pour les fabriquer et les relier.

Ci-dessous sont présentés deux des nombreux différents types d’enregistreurs de données utilisés à Bibliothèque et Archives Canada afin de surveiller les conditions ambiantes. Les appareils varient, allant des anciens types d’enregistreurs de graphiques linéaires jusqu’aux enregistreurs de données électroniques fonctionnant avec le Web.

Photographie en couleur montrant deux bras avec des stylos traçant des lignes sur un cylindre marqué de lignes rouges, déposé dans un boîtier de plastique fermé surmonté d'une poignée.

Enregistreur de graphiques linéaires, un appareil à cylindre doté de deux stylos, de la taille d’un grille-pain. Le cylindre est entouré de papier graphique sur lequel s’inscrivent les données d’une journée, d’une semaine ou d’un mois.

Photographie en couleur d'un boîtier, à peu près de la taille d'une audiocassette, fixé sur un mur. L'appareil enregistre deux différents types de données : l'humidité relative et la température à l'intérieur, ainsi qu'à l'extérieur, grâce à des connexions pouvant être reliées à des sondes de température et d'humidité.

Le SmartReader de marque ACR est un enregistreur de données électronique qui enregistre le taux d’humidité relative et la température.

Les contrôles ponctuels aléatoires et les vidages de données mensuels nous permettent de surveiller les conditions dans lesquelles la collection est entreposée afin de nous assurer que la température et l’humidité sont optimales, en conformité avec les normes reconnues à l’échelle internationale. Donc, vous savez maintenant en quoi consiste le PSCA, et pourquoi nous l’avons mis en place à Bibliothèque et Archives Canada!

Bien plus que des livres

Grâce au dépôt légal, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) reçoit une grande variété de publications à valeur patrimoniale telles que des livres, des périodiques ou des documents gouvernementaux. À l’occasion, BAC reçoit des trousses multimédias que les Services de conservation doivent réemballer. En plus de contenir des livres, ces trousses renferment des articles de toute sorte qui, dans la mesure du possible, doivent être conservés ensemble. Un coffret didactique destiné aux écoles est un bon exemple de trousse multimédia. Un tel coffret peut comprendre des manuels reliés, des reliures à feuillets mobiles, des affiches, des dépliants, des CD et des DVD. Des coffrets moins récents peuvent contenir des cassettes audio ou vidéo, des diapositives et des bandes de film — ces dernières étaient populaires au moment de la diffusion de ce type de coffret.

Pour chaque trousse, on fabrique un boîtier et des séparateurs afin de conserver les éléments ensemble pour faciliter la recherche et pour immobiliser les articles de tailles différentes dans le boîtier. Ce dernier protège aussi le contenu de la lumière, de l’eau et d’autres éléments naturels.

Avant

Photographie couleur du contenu d’une trousse multimédia éparpillé sur une table de travail.

Exemple de contenu didactique d’une trousse multimédia.

Après

Photographie couleur d’une chemise sur mesure pour une affiche et d’un boîtier sur mesure.

Exemple d’une chemise faite sur mesure pour conserver une affiche et d’un boîtier fabriqué pour une trousse multimédia didactique. Chacun des articles de la trousse multimédia est rangé dans un espace bien défini, ce qui en facilite l’accès et la conservation.

Les grandes affiches roulées sont déroulées et défroissées, puis placées dans une chemise sur mesure et classées dans un tiroir de rangement plat. Pour les CD et les DVD, on fabrique un boîtier distinct, dans lequel un séparateur sur mesure les maintiendra en place lors de la manutention.

Tous les matériaux entrant dans la fabrication de ces boîtiers sont de qualité archivistique, c’est-à-dire qu’ils sont exempts d’acide et qu’ils satisfont à des normes rigoureuses en matière de composition et de durée de vie.

Voilà un autre exemple du travail du personnel de la division Gestion de la collection qui, grâce à ses compétences, son doigté et son dévouement, assure la conservation des éléments de la collection.

Entretien et soins préventifs : Laura Secord et la butte gazonnée

Chris Smith, commis à la gestion des collections à Bibliothèque et Archives Canada, s’est récemment vu confier un projet de changement de contenant qui présentait son lot de difficultés. Chris a reçu une boîte de chocolat Laura Secord dans laquelle 27 dictabelts avaient été placés pêle‑mêle.

Les dictabelts ont été créés par la Dictaphone Corporation dans les années 1940. Ce système permet d’enregistrer des sons sur une mince courroie de plastique souple. Le Dictabelt Re-Recording Service (en anglais seulement) décrit le processus d’enregistrement : une sorte d’aiguille trace un sillon dans le plastique pour y imprimer l’information. Cette technologie est surtout utilisée dans les milieux des affaires, de la médecine et de la science. Après l’utilisation, les dictabelts sont souvent rangés à plat dans des boîtes ou dans des dossiers, ce qui fait plier le plastique et endommage les enregistrements.

La plus célèbre utilisation des dictaphones, connue de tous les conspirationnistes, est sans doute celle de la commission d’enquête sur l’assassinat du président John F. Kennedy, survenu le 22 novembre 1963. La commission a analysé un dictabelt fourni par la police de Dallas et conclu qu’au moins quatre coups de feu avaient été tirés ce jour‑là, dont un en provenance d’une butte gazonnée. Lire la suite →

Quelques-uns de nos sites préférés

Les gestionnaires de collection à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) se font souvent poser des questions sur la préservation d’objets de toutes sortes. En outre, chaque fois que nous offrons des séances de formation interne au personnel, nous ajoutons aussi des références et des suggestions de lectures.

Comme vous le savez, il est parfois difficile de faire le tri parmi l’énorme quantité d’informations disponibles sur Internet; c’est pourquoi nous avons eu l’idée de partager certaines de nos ressources en ligne. Ces ressources sont fiables et mises à jour en fonction de l’évolution de l’information et des pratiques exemplaires témoignant des plus récents développements scientifiques. En général, elles comprennent des références aux sources d’information, telles que des fournisseurs ou des publications.

Notez bien : aucun traitement invasif ne devrait être entrepris sans avoir au préalable suivi une formation sur le type de support en question. On en convient, toute personne capable de manier un couteau et une règle peut facilement confectionner un contenant protecteur, mais lorsqu’il s’agit d’effectuer une réparation, il est préférable de consulter un restaurateur.

Les sites suivants fournissent des renseignements sur plusieurs supports documentaires. Nous vous suggérons de consulter les index afin de voir si l’information que vous recherchez s’y trouve.

Institut canadien de conservation (ICC)

Le site de l’ICC contient beaucoup d’informations sur la préservation d’une diversité d’objets : livres, documents papier, photos, instruments de musique ou œuvres d’art extérieures.

http://canada.pch.gc.ca/fra/1443109395421/1443109429411

Centre de conservation du Québec (CCQ)

Le site du CCQ héberge Preserv’Art, une base de données de produits jugés appropriés. C’est une importante source de renseignements sur les fournitures pouvant être utilisées en toute sécurité avec certains supports ou objets. Elle contient également des informations sur les produits NON sécuritaires, ce qui peut s’avérer tout aussi utile.

http://preservart.ccq.gouv.qc.ca/index.aspx

Northeast Document Conservation Centre (NEDCC)

La série de notes sur la préservation du NEDCC constitue une autre excellente source d’information. Ces publications sont constamment revues, et mises à jour au besoin. (En anglais seulement)

https://www.nedcc.org/free-resources/preservation-leaflets/overview

National Park Service (NPS)

Le Service des parcs nationaux américains publie une série de notes d’information, appelées Conserve O Grams; ce sont d’excellentes publications qui traitent d’une large gamme de sujets. Bien qu’elles s’adressent davantage aux professionnels des musées, elles représentent néanmoins une source d’information utile sur une variété de sujets, notamment les contenants protecteurs. Les nouveaux Conserve O Grams portant sur la création, l’entretien et le stockage des documents numériques sont particulièrement intéressants. (En anglais seulement)

http://www.nps.gov/museum/publications/conserveogram/cons_toc.html

La Haute-Ville d’Ottawa : redécouverte d’un quartier oublié

English version

Par Andrew Elliott

Photographie en noir et blanc d’une intersection de deux artères.

Intersection des rues Wellington et Bank, vers 1900 (MIKAN 4620431)

Le 27 février 1912, à l’issue de discussions en coulisse qui auraient duré des années, le gouvernement fédéral décide d’exproprier toutes les propriétés situées dans la Haute-Ville, un secteur délimité par les rues Bank, Wellington et Bay et la falaise longeant la rivière des Outaouais. Le 9 mars 1912, le Bureau d’enregistrement de la Ville d’Ottawa émet l’avis d’expropriation (on peut voir ce secteur sur les plans d’assurance incendie, direction est et direction ouest (MIKAN 4620431).

L’expropriation a pour but d’ériger dans ce secteur un nouvel édifice pour abriter la Cour suprême et d’autres édifices fédéraux. En 1913, le gouvernement lance un concours de design auquel répondront plusieurs grands architectes de l’époque en proposant des plans pour le futur complexe immobilier. La collection de BAC contient 11 plans d’emplacement et de conception d’édifices gouvernementaux. Plusieurs faits marquants surviendront peu après : la Première Guerre mondiale éclate, un incendie détruit les édifices du Parlement, on les reconstruit, le gouvernement subit plusieurs changements. C’est ainsi que ces plans ne déboucheront sur aucune initiative concrète avant le début des années 1930.

Avant l’expropriation, le secteur était à vocation commerciale et résidentielle. Au fil du temps, le tronçon de la rue Wellington compris entre les rues Bank et Bay a pris des allures de grand boulevard, flanqué de grandioses structures iconiques à l’usage du gouvernement et de vastes espaces verts. Ces aménagements sont pourtant relativement récents. En effet, les édifices de la Confédération et de la Justice ont été construits dans les années 1930, puis ont suivi ceux abritant la Cour suprême et, enfin, la Bibliothèque nationale (devenue Bibliothèque et Archives Canada), érigé en 1967, année du centenaire du Canada. Lire la suite →