Sources publiées concernant les rapports d’accidents d’avion

Par Megan Butcher

Dans notre précédent blogue traitant de la recherche sur les accidents d’avion, vous avez appris qu’il vous fallait posséder certaines informations de base avant de commencer votre recherche :

  • le modèle de l’avion
  • la date et l’endroit de l’accident
  • le numéro d’enregistrement de l’appareil
  • le type d’avion (civil ou militaire)

Ces informations constituent un excellent point de départ. Mais qu’en est-il, si vous ne les avez pas? Il existe quelques autres façons de trouver ce que vous cherchez.

Commencez par les deux bases de données suivantes. Ce sont les sources les plus largement accessibles; sans être exhaustives, elles contiennent des renseignements sur un grand nombre d’accidents d’avions canadiens, incluant le premier accident mortel en 1913.

Les journaux locaux peuvent aussi constituer une précieuse ressource pour dénicher quelques renseignements précis. Vous pourriez commencer votre recherche ici à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en consultant nos fonds de journaux sur microforme. Si vous ne pouvez vous rendre à Ottawa, communiquez avec votre bibliothèque municipale afin de savoir si elle peut emprunter les bobines dont vous avez besoin, de nous ou d’une autre bibliothèque.

S’il vous manque encore quelques renseignements importants, vous aurez peut-être de la chance en consultant les rapports annuels du Bureau canadien de la sécurité aérienne et les synopsis d’accidents d’aviation civile au Canada. La plupart des descriptions sont très brèves, mais on y trouve à l’occasion une quantité étonnante d’informations, parfois bouleversantes :

Un document tapé à la machine sur du papier blanc, contenant des informations sur un accident d’avion qui s’est produit le 8 septembre 1978.

Synopsis d’un accident d’avion tiré d’une publication du Bureau canadien de la sécurité aérienne sur les accidents d’avion au Canada, 1980, numéro 5, p. 56 (AMICUS 2828768)

Notre collection contient plusieurs numéros des années suivantes :

  • 1967 : Accidents to Canadian registered aircraft. Administration canadienne des transports aériens. Division des enquêtes sur la sécurité aérienne. AMICUS 3236225
  • 1968-1974 : Accidents d’avion. Administration canadienne des transports aériens. Division des enquêtes sur la sécurité aérienne. AMICUS 11371
  • 1975-1984 : Synopsis des accidents d’avion; aviation civile au Canada. AMICUS 2828768
  • 1984-1989 : Rapport annuel. Bureau canadien de la sécurité aérienne.  AMICUS 5348822

Il existe deux autres publications que nous ne possédons pas, mais que votre bibliothécaire pourrait vous aider à trouver. En voici les références :

  • 1947-1958: Canada. Civil Aviation Division. Annual report on aircraft accidents: 1947-1958. — [Ottawa], Dept. of Transport, Air Services Branch, Civil Aviation Division
  • 1960-1963: Canada. Civil Aviation Branch. A survey of accidents to aircraft of Canadian registry, 1959-1962. — Ottawa, [1960-1963]

Si vous repérez dans notre collection un document que vous aimeriez consulter, vous pouvez le faire sur place, demander une reproduction ou vous informer auprès de votre bibliothèque locale s’il y a possibilité de l’emprunter par l’intermédiaire de notre programme de prêts à d’autres institutions.

Et comme toujours, si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas, posez-nous une question!


Megan Butcher est bibliothécaire de référence à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Un endroit vraiment désolant (« A Very Desolate Place ») : lettres de lord Dufferin

Par Kelly Ferguson

« J’ai toujours voulu me plonger dans l’ambiance du Nouveau Monde » [traduction], écrit lord Dufferin, le troisième gouverneur général du Canada, à ses amis proches, M. et Mme Sturgis. C’était en 1872 et lord Dufferin se préparait à déménager au Canada, où il allait passer presque la totalité des six années suivantes.

En général, quand nous pensons aux premiers gouverneurs généraux, nous imaginons qu’ils étaient des nobles austères venant au Canada pour s’acquitter de leur devoir envers la monarchie. Il est même parfois difficile de leur donner un visage humain. Grâce à ces douze lettres, acquises par Bibliothèque et Archives Canada lors d’un encan tenu au cours de l’été de 2016, les Canadiens auront une idée plus claire des motifs à l’origine des expériences vécues par un de ces aristocrates.

Photographie multiple jaune et brune. Cinq personnes — lord et lady Dufferin et trois de leurs enfants — apparaissent ici, chacune figurant sur une photographie distincte. Sur ces portraits, elles sont soit assises soit debout, vêtues de costumes correspondant à l’époque du roi James V d’Écosse.

À Ottawa, lord et lady Dufferin, ainsi que leurs enfants, vêtus suivant le code vestimentaire de la cour du roi James V d’Écosse, en 1876 (MIKAN 3819711)

D’abord enthousiaste à l’idée de vivre l’aventure du « Nouveau Monde », lord Dufferin déchantera vite devant la dure réalité associée à la vie au Canada dans les années 1870. Loin d’être impressionné par les conditions de vie à Ottawa, il se plaindra que la résidence du gouverneur général manque d’espace pour les divertissements, que les routes sont des pistes boueuses et que la ville est inachevée. Il sera affligé par le froid et le manque d’activités. Rapidement, il comprendra que son passage au Canada ne sera pas l’aventure palpitante qu’il avait envisagé de vivre.

Photographie jaune et brune sur papier albuminé d’une scène hivernale à Ottawa, dont plusieurs bâtiments, une route et des arbres.

Vue du sommet de la glissade Dufferin à Rideau Hall. Ottawa, 1878. (MIKAN 3819407)

Même si les conditions de vie n’étaient pas toujours à la hauteur de ses attentes, lord Dufferin a assumé ses fonctions avec beaucoup de sérieux. Dans ses lettres, il explique les efforts qu’il déploie pour redonner au poste de gouverneur général tout son prestige. Il décrit également ses opinions et ses actions en tant qu’observateur neutre d’un scandale politique parmi les plus retentissants à cette époque. Le scandale du Pacifique a entraîné la démission de John A. Macdonald et l’ascension au pouvoir d’Alexander Mackenzie et du parti libéral. Dans ses lettres, lord Dufferin relate le scandale, exprimant de la sympathie pour M. Macdonald, mais aussi l’espoir que l’élection de l’ancien parti de l’opposition soit un atout pour le Canada. En lisant ses lettres, il est évident qu’il aimait et respectait les deux chefs.

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen portant un complet et prenant la pose debout, le temps d’un portrait, sa main droite repose sur une table et il y a une chaise près de lui, de l’autre côté.

Portrait de lord Dufferin, 1878. (MIKAN 3215134)

Les lettres de lord Dufferin permettent de lever quelque peu le voile, d’avoir un regard plus intimiste sur un de nos premiers gouverneurs généraux. Lord Dufferin est venu au Canada pour s’éloigner de la scène londonienne ennuyante et partir à la quête de nouveaux défis. Bien qu’il n’ait pas été parfaitement heureux ici, il travaillera avec acharnement pour conforter l’importance du poste. Il avait aussi le sens de la diplomatie, ayant ses propres opinions relativement au scandale du Pacifique, tout en maintenant néanmoins de bonnes relations de travail avec les deux chefs. Lord Dufferin a assumé la fonction de gouverneur général à un moment déterminant. Le Canada venait tout juste d’être formé en tant que pays, l’expansion vers l’Ouest en était à ses débuts et Ottawa ressemblait à une ville en devenir. En plus d’humaniser l’homme, les lettres de lord Dufferin permettent de mieux saisir le monde dans lequel il vivait; elles campent bien la conjoncture d’alors et lui confèrent, aux yeux des Canadiens d’aujourd’hui, un aspect plus concret.

Photographie jaune et brune sur papier albuminé. Un grand et large encadré de la foule. Lord et lady Dufferin sont assis à gauche, face à la salle.

Un bal costumé donné par lord Dufferin à Rideau Hall, 1876. (MIKAN 3260601)


Kelly Ferguson est étudiante de deuxième cycle à l’Université Carleton et travaille au sein de la Section des archives politiques et de gouvernance à Bibliothèque et Archives Canada.

Nouvelles images numérisées de la construction du 395, rue Wellington

Par Andrew Elliott

Surplombant la rivière des Outaouais, l’édifice de Bibliothèque et Archives Canada qu’on surnomme « le 395, rue Wellington » est reconnaissable entre tous. Bien visible des deux côtés de la rivière, il abritait autrefois les Archives et la Bibliothèque nationales, d’où son ancienne appellation de PANL (de l’anglais Public Archives National Library). Il incarne la mémoire collective de notre pays, constituée de toutes les ressources documentaires que nous recueillons, préservons et diffusons.

Mais connaissez-vous la fascinante histoire entourant la conception et la construction de ce lieu patrimonial? En novembre 1952, un site est d’abord choisi près de l’intersection des rues Bank et Wellington. Cependant, à la Commission du district fédéral (l’ancêtre de la Commission de la capitale nationale), le comité chargé de la planification donne plutôt le feu vert pour le 395, rue Wellington. Les dés sont jetés : c’est à cet endroit que s’élèvera le nouvel édifice de la Bibliothèque et des Archives nationales.

Suivant une suggestion de Louis Saint-Laurent, premier ministre de l’époque, le Cabinet retient les services de la prestigieuse firme d’architectes Mathers & Haldenby, du nom de ses deux fondateurs : Alvan Sherlock Mathers (1895-1965), originaire d’Aberfoyle, en Ontario, et Eric Wilson Haldenby (1893-1971, originaire de Toronto. [Liens en anglais seulement] La firme aura pignon sur rue de 1921 à 1991.

Toutefois, la construction de l’édifice est reportée pendant presque une décennie : il faut d’abord démolir un bâtiment temporaire érigé sur le terrain. En 1958, nouveau délai : une gigantesque explosion due à une fuite de gaz détruit un édifice gouvernemental rue Slater, entraînant le déménagement de centaines de fonctionnaires dans les locaux restants du bâtiment temporaire.

En 1960, le contrat pour la construction de l’édifice est alloué à l’entreprise Ellis-Don. À l’automne 1963, les travaux commencent enfin; ils se prolongeront jusqu’en 1967. Le studio de photographie Van, basé à Ottawa, en immortalisera toutes les étapes.

BAC vient tout juste de numériser une remarquable série de photos illustrant ce chantier. Vous pouvez les voir dans les acquisitions du ministère des Travaux publics. En voici quelques-unes :

Photographie en noir et blanc d’un vaste chantier de construction avec de la machinerie lourde. On aperçoit au loin des arbres et des bâtiments.

Travaux d’excavation sur le chantier, 4 septembre 1963 (MIKAN 3600820)

Photographie en noir et blanc de la façade d’un édifice de dix étages en construction. On voit des panneaux de construction à la hauteur du rez-de-chaussée, des automobiles (y compris une Coccinelle de Volkswagen!) et des piétons.

Vue du côté nord de l’édifice en construction, 15 juillet 1965 (MIKAN 3600860)

Photographie en noir et blanc d’un édifice complètement entouré d’échafaudages.

Vue du côté sud-est de l’édifice en construction, 16 août 1965 (MIKAN 3600863)

Photographie en noir et blanc d’un édifice en construction.

Légende : Vue du côté nord-est de l’édifice, 26 novembre 1965 (MIKAN 3600869)

Photographie en noir et blanc d’une salle au plafond bas, avec des rangées de rayonnages superposés en cours d’aménagement.

Vue intérieure de l’édifice avec des rayonnages partiellement aménagés, 21 novembre 1966 (MIKAN 3600895)

Photographie en noir et blanc d’une grande salle avec un échafaudage et des matériaux de construction.

Salle de lecture partiellement aménagée et dotée de plafonds vitrés, 24 février 1967 (MIKAN 3600901)

Photographie noir et blanc d’une vaste salle partiellement aménagée, aux murs recouverts de marbre de Carrare (un marbre blanc aux nervures prononcées).

Magnifiques colonnes et murs de marbre dans l’entrée de l’édifice, 27 juin 1966
(MIKAN 3600882)

Le 10 mai 1965, le gouverneur général Georges Vanier pose la première pierre officielle du 395, rue Wellington. À l’intérieur de celle-ci, il a fait insérer un élégant coffret de cuivre renfermant des images et des descriptions de l’édifice, ainsi qu’un exemplaire des plus récentes publications de la Bibliothèque et des Archives nationales. L’inauguration a lieu le 20 juin 1967, juste à temps pour les célébrations du centenaire du Canada. Vous pouvez écouter ici les cérémonies d’ouverture :

Le 395, rue Wellington allie de façon unique fonctionnalité et esthétisme, comme en témoigne le rapport no 04-027 du Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine : « C’est une réalisation de très grande qualité […] Sur le plan esthétique, le bâtiment amalgame avec élégance et raffinement le modernisme classique canadien et le nouveau modernisme, ce qui lui confère une apparence moderne, fonctionnelle et bien pensée […] Sur le plan pratique, il répond à une gamme variée d’usages, comme en témoigne la disposition des espaces publics, des services et des rayonnages». [traduction] Pour en savoir plus, consultez cette fiche sur les lieux patrimoniaux du Canada consacrée à l’édifice.

Bref, ni les efforts ni les investissements n’ont été ménagés dans la conception du 395, rue Wellington, un édifice qui demeure encore aujourd’hui un symbole au cœur d’Ottawa.


Andrew Elliott est archiviste à la Division Science, gouvernance et politique de Bibliothèque et Archives Canada.

Les archives de la Stelco maintenant acquises

Par Lucie Paquet

Bibliothèque et Archives Canada est fier d’annoncer l’acquisition des archives de la Steel Company of Canada, plus connue sous le nom de la Stelco. Ce fonds d’archives fait maintenant partie de notre patrimoine national. Il comprend plus de cent mètres de documents textuels, des milliers de photographies, des dessins techniques et architecturaux et plus de deux cents pièces de documents sonores et audiovisuels. Le fonds d’archives de la Steel Company of Canada Limited en cours de traitement archivistique documente tous les aspects de l’évolution de l’industrie de l’acier depuis le début de sa mécanisation durant les années 1880 jusqu’aux années 1980.

Photographie noir et blanc montrant un complexe industriel servant à la production et à la transformation de l’acier.

Vue aérienne des usines de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1952 (MIKAN 4915715)

La Steel Company of Canada Limited a été créée en 1910 à la suite de l’amalgamation de cinq compagnies qui avaient auparavant englobé une quarantaine d’autres plus petites, opérant dans différentes régions au Québec et en Ontario : la Hamilton Steel and Iron Company Ltd., la Montreal Rolling Mills Company, la Canada Screw Company, la Dominion Wire Manufacturing Company et la Canada Bolt and Nut Company. Chacune avait sa spécialisation, de la production première d’acier pour l’industrie ferroviaire, agricole et maritime jusqu’aux produits quotidiens de consommation. Ce regroupement en une nouvelle et grande entreprise a permis à l’industrie canadienne de l’acier de faire face à l’imposante concurrence américaine et européenne.

Les livres de comptes, la correspondance, les procès-verbaux des dirigeants de l’entreprise, les brevets d’invention et les photographies relatent d’une façon détaillée le début de cette industrie, son développement et ses difficultés.

Photographie noir et blanc montrant une usine aux abords d’un canal. On y aperçoit en arrière-plan d’autres usines ainsi que les voies ferrées servant au transport des matériaux d’acier.

L’usine d’acier de Saint-Henri, un des départements de la Stelco à Montréal, 17 mai 1946 (MIKAN 4915716)

Le fonds d’archives documente non seulement l’expansion de l’entreprise, mais le développement de plusieurs villes, villages et quartiers entiers.

Photographie noir et blanc montrant en gros plan des hauts fourneaux d’un site industriel.

Les hauts fourneaux de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1948 (MIKAN 4915717)

Des villes comme celle de Hamilton deviennent rapidement de grands centres industriels que l’on surnomme « villes de l’acier ».

Photographie noir et blanc montrant des hommes dans une usine. On peut y apercevoir en arrière-plan un nombre important de travailleurs faisant fonctionner manuellement les premières machines mécaniques.

Vue intérieure des travailleurs d’une des usines de transformation d’acier à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915719)

Au milieu du XXe siècle, les usines attirent de nombreux immigrants et la population des centres urbains double en l’espace de quelques décennies.

Photographie noir et blanc montrant des employés à l’intérieur d’une usine en train d’empaqueter des produits.

Vue intérieure des travailleurs du département de finition et d’empaquetage à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915720)

Les archives de la Stelco témoignent des conditions de travail des hommes et des femmes qui ont passé toute leur vie dans les usines.

Photographie noir et blanc montrant un regroupement de personnes tenant un drapeau orné d’un « V » signifiant Victoire.

Parade des dirigeants et des employés de la Stelco peu après la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945. En avant-plan, on peut apercevoir, entre autres, H.G. Hilton, H.H. Champ, dirigeants de Stelco et un officier militaire (MIKAN 4915722)

La Stelco et ses travailleurs ont assumé d’importantes responsabilités durant les deux grandes guerres en répondant à la demande des gouvernements canadien et britannique en produits militaires. Ils ont contribué dans une certaine mesure à la victoire des alliés.

Mais le succès ne s’arrête pas là. Le développement phénoménal des centres urbains durant les années 1950, de l’immobilier, des ressources énergétiques, des moyens de transport et des produits de consommation divers provoquent une grande demande en acier.

Photographie noir et blanc montrant des travailleurs manœuvrant une machine servant à rouler l’acier et à le transformer en multiples panneaux.

Vue intérieure d’une usine plus moderne des années 1960 permettant de transformer l’acier en rouleaux et en panneaux.(MIKAN 4915723)

On assiste alors à l’élaboration de grands complexes industriels et la mise en place d’un centre de recherche équipé d’une haute technologie qui permet à la Stelco de développer de nouveaux produits d’acier, d’intensifier ses opérations et sa production dans tous les domaines autant résidentiel que commercial.

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Un collage de publicités en couleurs. La première illustration montre différents produits résidentiels, dont un foyer au bois pour le salon, la deuxième montre la fabrication de panneaux d’acier et la troisième montre quelques dessins architecturaux pour la construction de bâtiments.

Collage de trois publicités provenant de la revue Steel in Homes 1967, « Stelco Plate Products » (novembre 1969) et « Expanding the Markets for Stelco Steel » vers 1970. (MIKAN 4915725)

La Steel Company of Canada Limited (Stelco) exporte ses produits partout dans le monde et devient ainsi l’une des plus importantes entreprises d’acier en Amérique du Nord. À titre d’exemple, elle prend part activement au design et à la construction du pavillon de l’acier à Expo 67.

Photographie noir et blanc montrant plusieurs édifices d’architecture moderne.

À l’arrière-plan, le pavillon canadien de l’acier à l’Exposition universelle de Montréal en 1967. Ce pavillon fut construit par les quatre plus grandes entreprises canadiennes de l’acier : Algoma, Stelco, Dofasco et Dosco. Elles ont reproduit en miniature toutes les composantes de la fabrication de l’acier. On peut apercevoir au centre de l’image le pavillon de l’industrie canadienne des pâtes et papiers. (MIKAN 4915727)

Au cours des prochains mois, nous vous ferons connaître l’univers de la Stelco, ses usines, ses dirigeants, ses employés, ses opérations, ses innovations, ses produits, ses difficultés ainsi que ses activités sociales, sportives et culturelles.


Lucie Paquet est archiviste à la Division Science, gouvernance et politique de Bibliothèque et Archives Canada.

Les écluses sont ouvertes : 20 millions de pages, et ce n’est pas fini!

En 2013, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) annonçait fièrement l’ouverture au public de 10 millions de pages dans le cadre du projet d’examen en bloc. BAC est heureux d’annoncer que le nombre de pages ouvertes à la consultation grâce à cette initiative s’élève maintenant à plus de 20 millions.

Ce projet permet un plus large accès aux archives gouvernementales conservées à BAC, lesquelles proviennent d’une multitude de ministères et témoignent de toutes les activités et fonctions du gouvernement canadien.

Notons en particulier l’ouverture d’environ deux millions de pages documentant les célébrations du centenaire de la Confédération par le gouvernement fédéral en 1967. Les documents, contenus dans le fonds Expo 67 et dans les archives de la direction des expositions de l’ancien ministère du Commerce, couvrent toutes les facettes de l’organisation et des activités d’Expo 67. Ils complètent une série de documents du fonds de la Commission du Centenaire, ouverts précédemment. Ensemble, ils forment un groupe de documents d’archives pouvant servir à la recherche, alors que les Canadiens se préparent à célébrer le 150e anniversaire de la Confédération en 2017.

Quatre millions de pages de l’ancien ministère canadien du Commerce ont aussi été ouvertes à la consultation; elles documentent les activités commerciales internationales du Canada, des années 1880 à 1980. Les relations commerciales internationales du Canada avec le Commonwealth et avec d’autres pays occupent une place importante parmi les fonctions gouvernementales, depuis les débuts de la Confédération et encore aujourd’hui. Ces archives témoignent de la longue et prestigieuse histoire de nos relations commerciales avec divers pays et de toutes nos activités commerciales internationales.

Les documents de l’Expo 67 et ceux qui concernent le commerce international ne sont que deux des nombreux ensembles documentaires du gouvernement fédéral qui peuvent maintenant être consultés grâce à l’examen en bloc.

Une photographie en noir et blanc d’un édifice dont la façade est décorée de motifs d’art autochtone, contigu à une structure en forme de tipi. On aperçoit le haut d’un mât totémique derrière l’édifice.

Pavillon des Indiens du Canada – Expo 67 (MIKAN 3192403)

Villes fantômes, routes peu fréquentées et lieux méconnus—comment les trouver, comment les explorer

Par Marthe Séguin-Muntz

La saison estivale bat son plein et plusieurs d’entre nous prévoient prendre la route, se retrouver en famille ou explorer des lieux intéressants. Si certaines destinations sont bien connues, d’autres le sont beaucoup moins.

Vous posez-vous des questions à propos de ce vieux moulin, de cette ancienne église ou de cette école aperçus sur un sentier de randonnée que vous avez découvert récemment? Votre trajet quotidien vous fait-il passer près d’une vieille maison inhabitée? Un petit village sur la route menant à votre chalet pique-t-il votre curiosité? Avez-vous essayé en vain de localiser la résidence où votre ancêtre aurait vécu en 1905?

Une photographie en noir et blanc montrant une église placardée sur un terrain jonché de matériaux de construction

Église St. Andrew placardée et abandonnée, 1901, Dawson City, Yukon—un vestige de la ruée vers l’or du Klondike (MIKAN 3407583)

Les villes fantômes sont des villages, des petites villes ou des cités qui ont connu une importante diminution de leur population et qui montrent des signes d’abandon et de délabrement. Les villes fantômes sont en quelque sorte des « ancêtres géographiques »—des prédécesseurs qui n’existent plus.

 Une photographie en noir et blanc montrant une rivière avec un fort courant, des arbres de chaque côté, et un vieux moulin au fond à gauche

Série des habitants—le vieux moulin de Val-Jalbert (MIKAN 3349504)

Par où commencer?

Bibliothèque et Archives Canada possède plusieurs publications et documents d’archives qui vous aideront à trouver ces endroits peu connus.

Les recensements fournissent la liste des résidents d’une localité et, dans bien des cas, certains renseignements plus précis tels que l’année de naissance, l’occupation et la religion de ces personnes. Vous pourrez également trouver des informations concernant les provinces et territoires du Canada dans notre page Lieux. La base de données Bureaux et maîtres de poste documente l’établissement et la fermeture des bureaux de poste et fournit des informations chronologiques très utiles. Les pages « Conseils de recherche » accompagnant chaque base de données vous aideront à comprendre les documents et à les explorer.

Une photographie en noir et blanc montrant un long quai en bois près d’un rivage et des silos à grains à l’arrière-plan

Depot Harbour, Ontario (MIKAN 3309998)

Découvrez ce qui a été écrit au sujet des villes fantômes (par exemple Val-Jalbert ou Depot Harbour) et des lieux abandonnés en utilisant la fonction Recherche de documents de bibliothèque dans notre catalogue AMICUS pour trouver un endroit en particulier, en inscrivant un nom de lieu ou un mot‑clé tel que « ville fantôme » ou « abandonné ».

Une photographie en noir et blanc montrant deux petits bâtiments abandonnés; l’un des deux est probablement une école située derrière une clôture de bois

Mission abandonnée à [Fort] Norman, T. du N.-O. (MIKAN 3327910)

Photographies, illustrations et informations dans un fonds d’archives

Nos fonds d’archives peuvent contenir certaines photos ou illustrations d’anciennes localités. Consultez les articles suivants sur notre blogue : Comment trouver des photos en ligne et Comment trouver des photos qui n’ont pas encore été mises en ligne.

Bonne route, faites de belles découvertes…et soyez prudents!

Une photographie en noir et blanc montrant une église en bois abandonnée

Église presbytérienne sur les rives du lac Bennett, C.-B. (MIKAN 3383929)


Marthe Séguin-Muntz est agente de projet à la Direction générale des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Coup d’envoi des XXIes Jeux olympiques d’été le 17 juillet 1976 à Montréal

Par Dalton Campbell

Photographie en couleur représentant deux jeunes personnes debout sur une plateforme surélevée dans un stade bondé. D’une main, chacun d’eux tient bien haut le flambeau. À côté d’eux se trouve une grande vasque cérémoniale enflammée.

La vasque olympique est allumée durant la cérémonie d’ouverture des XXIes Jeux olympiques d’été à Montréal, le 17 juillet 1976. ©Comité olympique canadien

En 1970, les délégués olympiques ont voté, après un deuxième tour, pour que la ville de Montréal (Québec) tienne les Jeux. Après le premier décompte des bulletins de vote, Moscou devançait Montréal, 28 votes contre 25. De fait, Los Angeles, qui arrivait au troisième rang, a été automatiquement éliminée de la course. La proposition de Montréal a hérité de la majeure partie des appuis qui allaient, au départ, vers Los Angeles, et la ville québécoise a été nommée ville hôte.

Photographie en couleur de l’intérieur du Stade olympique, à Montréal. Les athlètes représentant les pays en compétition se réunissent dans le champ intérieur du stade. Les drapeaux des pays en compétition sont suspendus aux chevrons.

Rassemblement des délégations des pays participants pendant la cérémonie d’ouverture des XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, le 17 juillet 1976. ©Comité olympique canadien

La construction des installations olympiques a été lente à cause d’une conception architecturale complexe, de la hausse rapide du taux d’inflation et de la réticence des gouvernements à s’engager financièrement. En janvier 1976, on a dû suspendre la construction à cause de la température exceptionnellement froide. Lors du coup d’envoi des Jeux, 19 des 21 installations étaient prêtes; toutefois, le Stade olympique, l’élément principal, n’était pas achevé lorsque les Jeux ont commencé.

Nadia Comaneci, une gymnaste de 14 ans de Roumanie, a probablement été la plus grande vedette des Jeux de Montréal. Dès les premiers jours, elle a mérité une note parfaite de 10 pour sa routine aux barres asymétriques, un exploit sans précédent dans les annales olympiques. Cependant, puisque le tableau indicateur n’était doté que de trois chiffres, les juges — qui se retrouvaient en territoire inconnu — ont saisi la note de « 1.00 ».

Photographie en couleur d’une jeune femme sur un podium saluant la foule. Elle porte un survêtement blanc sur lequel est écrit « Romania » (Roumanie). Il y a, derrière elle, en bas du podium, deux autres jeunes femmes.

La Roumaine Nadia Comaneci (au centre) salue la foule après avoir remporté la médaille d’or aux barres asymétriques durant la compétition de gymnastique aux XXIes Jeux olympiques d’été. Elle a poursuivi sa lancée en remportant cinq médailles, dont trois d’or. La médaille d’argent est remise à Teodora Ungureanu de Roumanie (à gauche) et celle de bronze à Márta Egervári de Hongrie (à droite). Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

Il semble que l’on aurait discuté, lors d’une réunion précédant les Olympiques de 1976, de la possibilité d’utiliser des cadrans à quatre chiffres. On a décidé d’installer des cadrans à trois chiffres puisqu’il était impossible d’obtenir une note parfaite de 10.

Michel Vaillancourt, sur sa monture Branch County, a été le premier Canadien à gagner une médaille en compétitions individuelles (sports équestres) aux Olympiques. Né dans le nord-est de Montréal, il a donc réalisé sa performance qui lui a valu sa médaille d’argent en saut d’obstacles individuel devant la foule partisane de sa ville.

Photographie en couleur d’un homme à cheval qui franchit un obstacle durant une compétition équestre. En arrière-plan, des spectateurs sont assis.

Michel Vaillancourt du Canada monte Branch County lors d’une compétition équestre aux XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

Le dernier jour des Jeux, la compétition de saut en hauteur s’est déroulée sous la pluie. Le détenteur du record mondial, Dwight Stones des États-Unis, était le favori. Après une entrevue au cours de laquelle il aurait critiqué les installations et la ville hôte, il s’est fait huer par la foule. M. Stones, qui détestait sauter dans des conditions humides, a heurté la barre et a été éliminé. L’athlète qui a suivi, Greg Joy du Canada,  a survolé la barre, suscitant par le fait même une ovation de la foule composée de près de 70 000 personnes. M. Joy recevra la médaille d’argent, celle d’or ayant été décernée à Jacek Wszola de Pologne.

Photographie en couleur d’un homme participant à une compétition en saut en hauteur. Sur la photographie, on peut le voir dans les airs, en approche de la barre. Des photographes sont postés derrière le matelas. En arrière-plan, on voit la foule assise.

Greg Joy du Canada participe aux compétitions en saut en hauteur aux XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

Même si aucun Canadien n’a remporté de médaille d’or aux Jeux de 1976, la foule a encouragé et honoré Greg Joy comme s’il en avait gagné une. Il a été nommé porte-drapeau pour la cérémonie de clôture. Plus tard la même année, on lui a décerné la Lionel Conacher Award en tant qu’athlète masculin de l’année au Canada, devant le jockey Sandy Hawley et la grande vedette de hockey, Guy Lafleur. Pendant de nombreuses années par la suite, chaque soir, on a présenté dans tout le pays son célèbre saut et la célébration qu’il a soulevée; il s’agissait de l’avant-dernière séquence de la vidéo Ô Canada présentée par le réseau de Radio-Canada immédiatement avant la fin des émissions pour la nuit.

Photographie en couleur d’un homme vêtu d’une culotte courte et d’un maillot sans manches, debout, les bras dans les airs. En arrière-plan, des personnes portant des imperméables.

Greg Joy après avoir remporté la compétition de saut en hauteur aux XXIes Jeux olympiques d’été, à Montréal, juillet 1976. ©Comité olympique canadien

La cérémonie de clôture s’est déroulée le 1er août 1976. Le Canada avait remporté cinq médailles d’argent et six médailles de bronze, plus que le double du nombre de médailles gagnées par le Canada en 1968 ou en 1972.

Ressources supplémentaires


Dalton Campbell est archiviste à la section Science, environnement et économie dans la division des Archives privées.

Images d’Anne… la maison aux pignons verts maintenant sur Flickr

Peu d’auteurs canadiens sont aussi connus dans le monde que Lucy Maud Montgomery. Sa célèbre série Anne… la maison aux pignons verts a touché le cœur de millions de lecteurs de tous les âges, et son succès ne se dément pas.

Empire Marketing Board

Par Judith Enright

L’Empire Marketing Board (Conseil publicitaire de l’Empire, EMB) a produit plus de 800 affiches au début du XXe siècle. Bibliothèque et Archives Canada en conserve 379 dans sa collection. Il s’agit d’un échantillon extraordinaire de cette audacieuse et magnifique campagne publicitaire britannique.

En 1926, le secrétaire d’État aux colonies Leopold Amery crée l’EMB et lui confie un mandat très clair : favoriser le libre-échange entre la Grande-Bretagne et ses colonies et inciter le peuple britannique à acheter des produits de l’Empire plutôt que de l’extérieur.

Affiche en couleur montrant deux hommes en train de scier le tronc d’un arbre abattu, à gauche, pendant que trois autres hommes, à droite, plantent des arbres. L’affiche a pour titre : Coupe du bois au Canada.

Coupe du bois au Canada (e007913043_a1-v6)

Affiche en couleur intitulée Notre acier pour l’Australie, montrant une grue métallique et deux hommes qui chargent une remorque.

Notre acier pour l’Australie (e010759060-v8)

L’EMB utilise des campagnes publicitaires dans les journaux, des dépliants, des prospectus, des films, des émissions de radio et des affiches pour atteindre son but : faire rayonner l’Empire, en Grande-Bretagne comme dans les colonies. Pour créer ses affiches, l’EMB a recours aux services des artistes les plus réputés de l’époque, dont le Manitobain Austin Cooper.

Photo noir et blanc d’un homme en tenue de soirée, debout à côté d’une affiche posée sur un mur.

Photo d’Austin Cooper prise par Sydney Carter (a112227)

L’EMB choisit de gros caractères et des couleurs vives pour attirer les regards. Certaines affiches font des distinctions entre les sexes; les hommes étant présentés comme les bâtisseurs de l’Empire, et les femmes, comme des consommatrices. En Grande-Bretagne, les affiches sont posées sur des babillards spéciaux et dans les étalages de plus de 450 villes et villages. La campagne n’est pas aussi intensive dans les colonies, où les affiches se trouvent surtout dans les lieux achalandés, comme les magasins et les usines. Certaines affiches sont indépendantes, tandis que d’autres se lisent par séquence de trois à cinq images, comme une bande dessinée.

Affiche en couleur d’une épicerie annonçant que de nombreux produits sont Canadiens. À l’avant du magasin, une femme discute avec l’épicier. L’affiche a pour titre : Consommatrice avisée et bonne ménagère.

Consommatrice avisée et bonne ménagère (c126223k-v8)

Affiche en couleur d’une femme portant une longue robe et tenant une tasse de thé à la main, debout à côté d’un plateau de thé posé sur une table. Le titre est : Boire du thé cultivé dans l’Empire.

Boire du thé cultivé dans l’Empire (e010759018-v8)

Bibliothèque et Archives Canada a reçu ces affiches entre 1926 et 1933. Elles forment une sous-série du fonds du ministère canadien de l’Industrie et du Commerce. La plupart des affiches portent sur des sujets et des biens canadiens, mais d’autres colonies sont représentées.

Image en couleur d’un homme marchant devant une épicerie bien éclairée qui fait la promotion des produits de l’Empire. Des hommes et des femmes entrent dans le magasin et en sortent.

Panneau de gauche de la publicité intitulée John Bull, fils et filles (c109471k-v8)

Affiche en couleur montrant des hommes qui chargent des tonneaux de bois dans un bateau. Le texte dit : Des pommes canadiennes pour le Royaume-Uni.

Des pommes canadiennes pour le Royaume-Uni (c126224k-v8)

En 1932, Ottawa a organisé la Conférence impériale visant à discuter des conséquences économiques de la grande dépression. À la suite de cette rencontre, des tarifs douaniers privilégiés sont établis au sein de l’Empire britannique, tandis que les tarifs augmentent pour les pays à l’extérieur de l’Empire. L’EMB ayant perdu son utilité, il est dissous en 1933.

Affiche en couleur montrant un tigre au-dessus de l’inscription Achetez des ananas de Singapour en conserve.

Achetez des ananas de Singapour en conserve (e010759065-v8)

Affiche en couleur montrant les emblèmes de l’Inde, de l’Afrique du Sud et du Canada, avec la légende Fumez du tabac de l’Empire.

Fumez du tabac de l’Empire (e010758989-v8)

Pour admirer ces affiches, consultez l’album Flickr ou les descriptions de niveau inférieur des archives de l’Empire Marketing Board.


Judith Enright est archiviste adjointe dans la section Archives sociales et autochtones de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.

Des bolcheviks aux oiseaux : la vie fascinante de Louise de Kiriline Lawrence

Par Judith Enright

Le fonds Louise de Kiriline Lawrence conservé à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) offre des contenus d’une grande richesse et une large gamme de supports documentaires. Donné à BAC dans les années 1980 par madame Louise de Kiriline Lawrence, il témoigne d’une vie hors du commun, difficile à catégoriser pour un chercheur.

Louise de Kiriline Lawrence (née Flach) naît en Suède, en 1894, dans une famille fortunée et possédant de nombreuses relations. Elle reçoit une excellente éducation et parle couramment cinq langues. Ayant choisi la profession d’infirmière, elle se rend au Danemark où elle travaille pour la Croix-Rouge dans un camp d’échange de prisonniers de guerre. C’est là qu’elle soigne un officier russe, Gleb de Kiriline, qu’elle épousera par la suite. Le couple va s’installer dans le nord de la Russie. Gleb de Kiriline disparaît après la révolution bolchévique et Louise le cherchera en vain pendant quatre ans.

Une photographie en noir et blanc montrant un couple debout devant un bâtiment en bois. Elle porte ce qui semble être un uniforme d’infirmière et lui, un uniforme de l’armée russe.

Louise et Gleb de Kiriline (MIKAN 3722648)

En 1927, Louise immigre au Canada où elle travaille comme infirmière pour la Croix-Rouge dans le nord de l’Ontario. Elle devient infirmière en chef auprès des quintuplées Dionne et joue un rôle crucial dans la survie des petites filles durant leur première année de vie. En raison de la notoriété des quintuplées, Louise est invitée à écrire une série d’articles pour le magazine Châtelaine, relatant son expérience auprès des enfants et de leur famille. Elle cesse d’exercer la profession d’infirmière en 1935.

Louise épouse Leonard Lawrence en 1939. Alors que son nouveau mari est en Europe durant la Deuxième Guerre mondiale, elle se consacre entièrement à l’étude de la nature et à la rédaction de textes sur la faune; elle s’intéresse particulièrement à l’ornithologie.

Louise de Kiriline Lawrence mène la plupart de ses travaux de recherche et d’écriture dans sa propriété de la baie Pimisi au nord de l’Ontario, où elle vit dans une cabane en bois rond. C’est là qu’elle commence à baguer des oiseaux, à tenir des journaux et des carnets de dessin, et à rédiger des centaines d’articles pour diverses publications sur la nature et plusieurs ouvrages, notamment son autobiographie intitulée Another Winter, Another Spring : A Love Remembered.

Une photographie en noir et blanc montrant trois femmes sous un arbre. La femme à droite est assise et sourit au photographe, celle qui est au milieu est également assise, mais complètement absorbée par son livre, et celle qui se trouve à gauche est allongée sur le sol et regarde le photographe.

Louise (au centre) avec des amies (MIKAN 3951807)

BAC est le gardien du fonds Louise de Kiriline Lawrence. Ce fonds comprend des documents de recherche sur la faune, des illustrations et des données concernant les oiseaux, des rapports d’études ornithologiques, de la correspondance personnelle et professionnelle, des notes et des manuscrits de livres et d’articles, ainsi que des archives de famille. Il contient également plus d’une centaine de dessins, plus de 700 photographies, des enregistrements sonores, des médailles honorifiques, des blocs de bois et quelques lithographies, ainsi que des documents relatifs à sa vie en Suède et en Russie.

Louise de Kiriline Lawrence est décédée en 1992.


Judith Enright est archiviste adjointe à la section des Archives sociales et autochtones de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.