Présentation de la série de blogues « Conservateurs invités de BAC » et de notre prochaine exposition!

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Ne manquez pas, tout au long de la prochaine année, une nouvelle série passionnante de blogues mettant en lumière l’exposition Canada : Qui sommes-nous? organisée par Bibliothèque et Archives Canada (BAC) pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération. L’exposition sera inaugurée le 5 juin 2017, et le premier blogue sera publié en janvier 2017.

Contenu des blogues

Des employés ayant participé à l’élaboration de l’exposition présenteront notamment des anecdotes sur leur travail à BAC. La série comprend également des articles publiés par des chercheurs, des experts et des citoyens canadiens de partout au Canada – et même de l’autre bout du monde – qui considèrent les collections de BAC comme une ressource vitale.

Dans chacun des blogues, un conservateur invité examinera un article de l’exposition et répondra à quatre questions lui donnant l’occasion de parler un peu de lui-même, de fournir de l’information supplémentaire sur leur article et d’ajouter « virtuellement » un ou deux articles à l’exposition.

Des blogues de la série seront publiés chaque mois, de janvier à décembre 2017. Revenez régulièrement pendant la prochaine année pour découvrir qui sera le prochain conservateur invité.

Visite de l’exposition

Venez visiter l’exposition gratuite au centre-ville d’Ottawa, où vous pourrez admirer de nombreux trésors canadiens. Canada : Qui sommes-nous? est présentée au 395, rue Wellington, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018.

L’exposition examine différentes conceptions du Canada et de l’identité canadienne, au fil du temps.

Certaines idées nous sont familières et nous mettent à l’aise, comme de bonnes vieilles pantoufles usées. Par exemple, l’idée que le Canada est une nation « nordique » remonte aux premiers jours de la colonie. D’autres semblent tout simplement démodées, comme la photo de la famille canadienne « typique » de 1944. D’autres encore peuvent paraître fausses, voire choquantes, dans une perspective contemporaine. Mentionnons, à titre d’exemple, certaines attitudes passées concernant l’immigration et les Autochtones.

Carte gravée de la Nouvelle-France. Le continent, couvert d’arbres, de montagnes et de rivières, est bordé par l’océan, dans lequel on retrouve des navires et des animaux marins. Un compas, un sceau et un soleil sont également dessinés. Des membres des Premières Nations sont représentés au-dessus d’une bande de végétaux entourant la légende.

Carte géographique de la Nouvelle-Franse faictte par le sieur de Champlain, provenant de l’ouvrage intitulé Les voyages du sieur de Champlain […], 1613, gravée par David Pelletier en 1612. (MIKAN 3919638) (AMICUS 4700723)

Lire la suite →

L’invention du basketball et la toute première partie de basketball à laquelle participent des Canadiens

Par Normand Laplante

Le 21 décembre 2016 marque le 125e anniversaire de l’invention du basketball  et du premier match jamais joué. À l’automne 1891, le Canadien James Naismith, inventeur de ce sport, étudie pour devenir moniteur d’éducation physique  à l’International YMCA Training Institute, situé à Springfield, au Massachusetts. On lui confie alors la tâche de trouver un sport récréatif d’intérieur pour une classe d’éducation physique composée d’hommes qui souhaitent devenir secrétaires exécutifs du YMCA. Ce groupe « d’incorrigibles » avait montré peu d’intérêt pour les exercices traditionnels  de gymnastique. Leurs réticences avaient conduit les deux moniteurs d’éducation physique précédents assignés au groupe à démissionner. M. Naismith tente tout d’abord de les faire jouer à des versions modifiées pour l’intérieur du football, du soccer et même du jeu canadien de crosse. Toutefois, ces initiatives échouent, principalement en raison des contraintes imposées par le petit gymnase. M. Naismith a ensuite l’idée d’un nouveau sport, fondé sur le jeu pour enfants « Duck on the rock » (canard sur une roche), où deux équipes s’affrontent en lançant un ballon dans le panier de l’équipe adverse pour marquer des points. Le 21 décembre 1891, M. Naismith présente au groupe ses 13 règles pour le nouveau jeu et il le sépare en deux équipes de neuf joueurs chacune. Même si le pointage final de la joute est seulement 1-0, le nouveau sport connaît un franc succès auprès des joueurs.

Une photographie en noir et blanc avec une liste de tous les joueurs sur celle-ci, liste qui comprend aussi les joueurs absents de la photo qui faisaient partie de la première équipe.

Membres de la première équipe de basketball au monde, Springfield, Massachusetts, 1891 (c038009-v8)

Lire la suite →

Quel est le poids de votre collection? – Deuxième partie

Par Lisa Hennessey

La construction du Centre de préservation de pellicule de nitrate de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a été parachevée en 2011. Le plan de l’édifice suit la Norme sur l’entreposage et la manipulation des pellicules de nitrate (NFPA 40; en anglais seulement) de l’Association américaine de protection contre les incendies. BAC a donc respecté certaines règles, dont celle qui limite à 305 mètres (1 000 pieds) la quantité de pellicule de nitrate pouvant être entreposée dans chaque compartiment ignifuge.

Les longueurs fixées par la norme font clairement référence aux pellicules cinématographiques, qui se mesurent facilement en mètres ou en pieds. Mais la longueur des documents est plus difficile à évaluer lorsqu’il s’agit d’entreposer 600 000 négatifs de divers formats rangés dans 1 600 contenants. Que représentent 305 mètres dans un contenant rempli de négatifs mesurant 4 po X 5 po? Pour contourner ce problème, BAC a plutôt décidé de s’attarder au poids. Selon les estimations, 305 mètres de pellicule cinématographique pèsent 4,5 kilos (10 livres) de nitrate. Voilà donc la limite qui a été fixée pour chaque compartiment.

La plupart des négatifs en nitrate de BAC se trouvent dans des enveloppes de papier (comprenant parfois plusieurs négatifs) rangées dans des boîtes de carton. Pour déterminer le poids des pellicules de nitrate conservées dans un contenant, il fallait d’abord peser un contenant vide. Le personnel de BAC a pesé un exemplaire de tous les types de contenants que l’on retrouve dans la collection, par exemple des enveloppes de tous les formats. Puis, une équipe a parcouru l’ensemble de la collection, pesant chaque contenant et estimant le nombre d’enveloppes de chaque taille qui s’y trouvait. Une fois ces données recueillies, il suffisait de soustraire le poids du contenant et des enveloppes de papier du poids total pour obtenir une estimation très précise de la quantité de nitrate rangée dans chaque contenant. Quand le poids d’un contenant dépassait la limite de 4,5 kilos, son contenu était réparti dans deux contenants.

Photo couleur d’une femme portant des gants de nitrile qui retire un négatif d’une enveloppe. La table devant elle est couverte d’enveloppes et de boîtes d’archives.

Pellicules de nitrate placées dans de nouveaux contenants.

Lire la suite →

Quel est le poids de votre collection?

Par Lisa Hennessey

Ce n’est pas une question que les archives et les bibliothèques se posent souvent, mais Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a dû le faire en 2009, lorsque l’institution se préparait à déménager sa collection de pellicule de nitrate.

À première vue, la solution la plus simple était de placer chacune des boîtes sur une balance. Toutefois, BAC devait calculer le poids des pellicules de nitrate, mais pas celui des contenants, des enveloppes, des boîtes de film ou des albums. Comment déterminer le poids d’une collection sans la peser? Tout un défi!

La collection de pellicule de nitrate de BAC comprend 5 575 bobines de film, dont les plus anciennes datent de 1912, et près de 600 000 négatifs. Depuis le début des années 1970, elle était conservée à la base aérienne Rockcliffe d’Ottawa, en Ontario, dans un édifice construit durant les années 1940 pour entreposer les photos aériennes du ministère de la Défense nationale. À la fin des années 1990 germa l’idée de construire un nouvel édifice afin de remplacer l’ancien entrepôt vieillissant. La construction du Centre de préservation de pellicule de nitrate s’est terminée en 2011.

Photographie couleur de l’entrée d’un édifice gris, avec une rangée de fleurs jaunes à l’avant-plan.

Le Centre de préservation de pellicule de nitrate

Lire la suite →

Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada : 5 ans déjà!

Photo noir et blanc d’un énorme gâteau avec une jeune femme debout à sa gauche. De l’autre côté, une affiche montre la liste des ingrédients.

Femme debout près d’un gâteau de 4 000 livres confectionné pour une publicité du grand magasin Freimans (MIKAN 3615467)

Il y a cinq ans jour pour jour, nous avons diffusé notre premier blogue intitulé « Les histoires publiées des unités : découvrez les activités de personnes ou d’unités militaires durant la guerre ». Plus de 650 blogues se sont ajoutés depuis.

On oublie facilement, même les principaux jalons qui ont marqué l’évolution d’un projet. Il faut parfois s’arrêter et prendre du recul pour se rendre compte des progrès accomplis.

À l’occasion de notre cinquième anniversaire, nous tenons à remercier sincèrement tous ceux et celles qui ont contribué à notre succès.

Quelles sont les étapes de la publication d’un article?

La publication d’un article résulte d’une étroite collaboration entre plusieurs équipes de l’organisation. Le blogue est d’abord rédigé par un spécialiste de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), sur une base entièrement volontaire. Ensuite, il est relu et mis en forme avant d’être transmis à la Direction générale des communications pour la révision et la traduction. Enfin, les deux versions définitives, en français et en anglais, sont téléversées simultanément dans WordPress.

Le blogue vise à mettre en valeur notre collection et nos services. Nous possédons un très grand nombre d’images et de documents exceptionnels, mais le droit d’auteur limite parfois leur diffusion. Même si les articles sont vérifiés et revérifiés avant leur publication, il arrive qu’une erreur se glisse ou qu’un lien se brise; nous sommes reconnaissants aux lecteurs de nous en aviser.

Affiche en couleur montrant un pilote qui parle à un mécanicien dans un hangar d’avion. Des avions en vol et un drapeau britannique apparaissent à travers la fenêtre. Le mot « Collaboration » est écrit dans le haut de l’affiche, et l’expression « Merci Mon Vieux! », dans le bas.

Affiche intitulée « Collaboration : Merci Mon Vieux! » publiée dans le cadre d’une campagne de sensibilisation à l’effort de guerre du Canada. (MIKAN 2846765)

À propos de quoi écrivons-nous?

En cinq ans, nous avons traité de nombreux sujets, notamment la recherche dans nos collections, la généalogie et l’histoire familiale, les livres rares, l’immigration et le patrimoine militaire. Les catégories les plus populaires sont la généalogie dans la version française du blogue, et le patrimoine militaire dans la version anglaise. L’article le plus populaire en français est Recherche d’actes de naissance, de mariage et de décès, et en anglais, The 1940 National Registration File (version française). Nous continuerons à promouvoir notre collection à l’aide de projets spéciaux au cours de la prochaine année. Nous publierons une série de blogues découlant d’un partenariat avec les Archives nationales du Royaume-Uni, une série concernant les 150 ans du Canada, et bien d’autres encore. Suivez-nous pour ne rien manquer!

Bien entendu, le blogue n’existerait pas sans vous. Un grand merci à tous nos fidèles lecteurs! Nous sommes très heureux de transmettre nos connaissances pour vous faire découvrir le patrimoine canadien.

Que diriez-vous d’un morceau de ce gâteau?

La Haggadah d’Altona : conservation et réparation de la reliure d’un manuscrit enluminé du 18e siècle

Par Doris St-Jacques, Lynn Curry et Maria Trojan-Bedynski

Le manuscrit de la Haggadah datant de 1763 fait partie de la collection de documents hébraïques et judaïques Jacob M. Lowy conservée à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). L’ouvrage a été réalisé à Altona, en Allemagne. À l’époque, cette ville portuaire était l’une des plus importantes de la monarchie danoise et était reconnue comme un centre important de la vie et des études de tradition juive. On pourrait décrire le manuscrit comme une forme raffinée d’art populaire et un important document social témoignant des célébrations de la Pâque dans les familles de Juifs ashkénazes de classe moyenne. La Haggadah renferme 97 miniatures enluminées; on en faisait la lecture durant le repas du séder, à la Pâque juive.

L’Institut canadien de conservation (ICC) a analysé les 48 pages du bloc de feuilles fabriquées à la main et découvert que le texte manuscrit a été écrit à l’aide d’encre ferro-gallique. De plus, les pigments utilisés dans les peintures miniatures sont principalement le vermillon (rouge), le bleu de Prusse et l’atacamite, ou vert-de-gris (un pigment vert à base de cuivre). Une peinture jaune à effet de glaçage a aussi été détectée, et on a découvert que les couleurs de ton or contenaient des paillettes de laiton.

Le papier, les encres et de nombreuses surfaces peintes étaient dans un état fragile à cause de la corrosion des encres ferro-galliques et des pigments à base de cuivre. Il y a aussi de grosses taches brunes sur plusieurs pages attribuables à des éclaboussures de vin rouge, probablement durant le repas du séder.

En plan rapproché, deux images en couleurs de pages du manuscrit. À gauche, un texte hébreu, dont les lettres rédigées à l’encre sont parsemées de fissures et, à droite, des peintures miniatures colorées de rouge et de vert.

Deux exemples de fissures et de lacunes apparaissant sur le manuscrit, elles ont été causées par la nature corrosive des encres ferro-galliques et des pigments à base de cuivre.

Il y a plus de 20 ans, on a enlevé les couvertures de la Haggadah afin de désacidifier le bloc-texte et de réparer les fissures et les déchirures. Un récent examen du manuscrit a révélé de nouvelles fissures et lacunes dans le papier, les encres et les pigments (les médias). Manifestement, la désacidification précédente n’avait pas arrêté la détérioration du papier. Les dégâts causés par la corrosion des médias à base de cuivre sont un problème dans les collections archivistiques du monde entier. BAC et l’ICC ont donc entrepris un projet de recherche mixte visant à faire l’essai d’antioxydants connus pour trouver un traitement qui permettrait d’éviter que les médias de la Haggadah continuent de se corroder. En raison de la sensibilité à l’eau des médias constituant la Haggadah, seuls des antioxydants à base de solvants ont été retenus aux fins du projet de recherche.

Des encres et des pigments préparés en laboratoire et similaires à ceux utilisés dans la Haggadah — de l’encre ferro-gallique, de l’encre contenant du fer et du cuivre, de l’atacamite et des pigments vert-de-gris — ont été appliqués sur des bandes de papier. Artificiellement, on a fait vieillir les échantillons afin d’imiter le papier et les médias anciens de la Haggadah. Les échantillons vieillis ont ensuite été traités avec l’une des six combinaisons utilisées dans le cadre de l’étude, puis on leur a fait subir un autre vieillissement thermique dans le but de vérifier l’efficacité des divers traitements après de nombreuses années. Parmi les tests effectués sur les échantillons, mentionnons l’analyse de couleurs, la détermination du pH et l’essai de résistance du papier qui ont été menés avant et après les traitements et le vieillissement.

Photographie en couleur du matériel de laboratoire : quatre contenants de verre transparent placés côte à côte et renfermant chacun une feuille de papier et, en arrière-plan, des bouteilles de produits chimiques.

Des échantillons d’encre et de pigments déposés dans des bacs en verre sont traités avec des antioxydants à base de solvants.

Nous validerons les résultats du projet en les comparant à d’autres études avant de retenir un traitement aux antioxydants pour la Haggadah. Entre-temps, les fissures et les lacunes dans le papier ont été stabilisées mécaniquement au moyen d’un papier transparent ultra-mince que l’on détrempe dans du solvant, appelé « tissu Berlin », lequel avait préalablement été enduit de gélatine. La gélatine est reconnue pour empêcher la progression des ions de fer corrosifs dans le papier accolé.

Des images juxtaposées en plan rapproché d’une vieille réparation opaque et d’une nouvelle réparation transparente, la dernière permettant de lire facilement le texte sous-jacent.

À gauche, en plan rapproché, une ancienne réparation qui a obscurci le texte sous-jacent. À droite, une nouvelle réparation avec du tissu Berlin ultra-mince, qui permet de lire facilement le texte.

Afin d’éviter le transfert des encres, des pigments ou des produits corrosifs sur la page adjacente, il a fallu utiliser des intercalaires. Bien que nous n’ayons pas appliqué directement un antioxydant sur la Haggadah, nous avons décidé d’améliorer indirectement les propriétés du manuscrit contre le vieillissement en imprégnant les feuillets intercalaires d’un tamponnage alcalin et d’un antioxydant.

Pour diverses raisons, il n’a pas été possible de réutiliser la couverture originale endommagée de la reliure. Nous avons plutôt fait des recherches sur la composition des reliures et avons fabriqué et mis à l’essai de nombreux échantillons. Nous avons conclu qu’une reliure de carton avec couture répondait aux besoins de la Haggadah. La reliure s’ouvre à plat, sans résistance, et elle fournit un soutien optimal durant la manipulation. L’utilisation de cartons souples et de très peu d’adhésif permet à la reliure de bien s’adapter au tissu intercalé et de demeurer stable du point de vue dimensionnel. De plus, grâce à cette technique réversible, il sera possible de soumettre la Haggadah, à l’avenir, à d’autres traitements. La reliure de carton avec couture est aussi mentionnée dans la documentation et figure parmi les techniques de reliure favorisant la conservation des volumes fabriqués entre le 17e et le 19e siècle, il s’agissait donc d’une technique appropriée pour la Haggadah.

À gauche, en plan rapproché, une main tenant la page d’un livre et une aiguille qui transperce la page. À droite, en plan rapproché, la tranche inférieure du livre qui est déposé, ouvert sur une table.

À gauche, une restauratrice coud l’intercalaire au bloc de feuillets composés. À droite, la reliure de carton avec couture est ouverte afin de montrer que le manuscrit peut être consulté sans résistance.

Dans le but d’assurer l’uniformité des éléments ayant servi à fabriquer les couvertures de la précédente reliure, on a décoré les nouvelles couvertures de cuir avec de la dorure à froid, une méthode consistant à imprimer un texte ou un dessin sur la couverture d’un livre sans employer de couleurs ni de feuilles d’or. On a gaufré à froid cinq petits fleurons sur le dos afin d’illustrer, visuellement, la nature du livre, qui s’ouvre de gauche à droite.

Doté de sa nouvelle reliure, le manuscrit de la Haggadah, ainsi que les couvertures originales, est actuellement entreposé dans une coquille fabriquée sur mesure qui offre un milieu contrôlé à une température de 18 °C et à un taux d’humidité relative de 40 %. L’état du manuscrit est nettement mieux, et on peut dorénavant le manipuler en toute sécurité en attendant un prochain traitement aux antioxydants.

Pour plus de renseignements historiques, lisez le blogue précédent, « Un trésor de la collection Lowy : le splendide manuscrit de la Haggadah d’Altona ».

Liens vers des articles liés à la conservation de la Haggadah d’Altona datant de 1763

TSE, Season, Maria Trojan-Bedynski et Doris St-Jacques. « Treatment Considerations for the Haggadah Prayer Book: Evaluation of Two Antioxidants for Treatment of Copper-Containing Inks and Colorants ». The Book and Paper Group Annual (en ligne), American Institute for Conservation, vol. 31, 2012, p. 87 à 97.

ST-JACQUES, Doris, Maria Bedynski, Lynn Curry, Season Tse. « A 1763 Illuminated Haggadah Manuscript: How Ineffective Past Treatments Resulted in an Antioxidant Research Project, Impacting Current Treatment Decisions ». Paper Conservation: Decisions and Compromises (en ligne), Vienne, du 17 au 19 avril 2013, p. 17 à 20.

BEDYNSKI, Maria, Doris St-Jacques, Lynn Curry, Season Tse. « The Altonah Haggadah: The History, Conservation and Rebinding of an Eighteenth-Century Illuminated Manuscript ». Care and Conservation of Manuscripts 14: Proceedings of the thirteenth international seminar held at the University of Copenhagen, du 17 au 19 octobre 2012, Museum Tusculanum Press, éd. par M.J. Driscoll, p. 157 à 176.

« Recherche conjointe sur les antioxydants et incidence sur les décisions de traitement de la Haggadah d’Altona datant de 1763 ». Revue annuelle 2012–2013 (en ligne), Institut canadien de conservation, p. 6 et 7.


Doris St-Jacques est restauratrice de papier à la Direction générale de la préservation à Bibliothèque et Archives Canada.

Lynn Curry est restauratrice de livres à la Direction générale de la préservation à Bibliothèque et Archives Canada.

Maria Trojan-Bedynski est restauratrice de papier à la Direction générale de la préservation à Bibliothèque et Archives Canada

Nouveaux livres dans la collection des Services de généalogie au 395, rue Wellington – octobre 2016

Nous sommes ravis d’annoncer que nous avons récemment acquis des publications de généalogie. Vous pouvez les consulter dans la Salle de généalogie et histoire familiale, au troisième étage de l’édifice de Bibliothèque et Archives Canada, au 395, rue Wellington.

Nous vous encourageons à vérifier la liste ci-dessous. Le lien au catalogue AMICUS comprend la cote vous permettant de trouver le livre dans les rayons.

Si vous en êtes à vos premiers pas en généalogie, nous vous invitons à consulter la rubrique Généalogie et histoire familiale de notre site Web.

Bonne exploration!

Index sur les églises, les cimetières et les journaux

Obituaries from the Christian guardian, 1891 to 1895, par Donald A. McKenzie (AMICUS 42197735)

Répertoire des naissances, des mariages et des décès de la paroisse de Saint-Ludger-de-Milot, 1934-1941, et de la paroisse de Saint-Augustin, 1924-1941, par la Société d’histoire du Lac-Saint-Jean, Service d’archives et de généalogie, Comité de généalogie (AMICUS 43692197)

Baptêmes, mariages, annotations marginales et sépultures de Notre-Dame-du-Rosaire de Sherbrooke, 1942-1995, par la Société de généalogie des Cantons de l’Est inc. (AMICUS 42040268)

Baptêmes, mariages, sépultures et annotations marginales de Sainte-Jeanne-d’Arc de Sherbrooke, 1913-2012, par la Société de généalogie des Cantons de l’Est inc. (AMICUS 41994325)

Baptêmes, mariages, annotations marginales et sépultures de Christ-Roi de Sherbrooke, 1936-2012, par la Société de généalogie des Cantons de l’Est inc (AMICUS 41849903)

Baptêmes, mariages, annotations marginales et sépultures de Saint-Antoine-de-Padoue de Lennoxville, 1878-2010, par la Société de généalogie des Cantons de l’Est inc. (AMICUS 41849905)

Baptêmes, mariages, annotations marginales et sépultures de Saint-Joseph de Sherbrooke, 1946-2010, par la Société de généalogie des Cantons de l’Est inc. (AMICUS 42040250)

Baptêmes des paroisses Notre-Dame-de-Lourdes, 1928-1941 et Notre-Dame-Auxiliatrice, 1939-1941, par Michel Chrétien (AMICUS 41279336)

Cataraqui Cemetery burial registers: Kingston Township, Frontenac County, par la division de Kingston de l’Ontario Genealogical Society (AMICUS 41669821)

Outremont, naissances : archives civiles (greffe) 1921-1941, St-Germain 1929-1942, Ste-Madeleine 1908-1941, St-Raphaël 1930-1941, St-Viateur 1902-1941, par Cécile de Lamirande (AMICUS 43564793)

Militaire

American loyalists to New Brunswick: the ship passenger lists, par David Bell (AMICUS 43913838)

Dictionnaire prosopographique des militaires beaucerons incluant le Régiment de la Chaudière depuis 1914, par Sylvain Croteau (AMICUS 43027689)

Histoires de familles

Généalogie ascendante de Irénée Bergeron, 1838 (Sainte-Croix-de-Lotbinière) – 1923 (Saint-Paul-de-Chester), par Linda Bergeron Szefer (AMICUS 42856232)

Généalogie des familles-souches de Saint-Casimir, par G.-Robert Tessier (AMICUS 43150466)

Saint-Just-de-Bretenières : cent ans d’histoire, 1916-2016 : de la mémoire à la plume, par Louise Lefebvre (AMICUS 44279124)

Images de la Haggadah d’Altona maintenant sur Flickr

Datant de 1763, la Haggadah d’Altona, un manuscrit coloré, enluminé et écrit à la main sur papier, est l’un des trésors de la collection Jacob M. Lowy gardée à Bibliothèque et Archives Canada (BAC).

La Haggadah, mot hébreu qui signifie « récit », est un important texte utilisé dans la tradition juive lors du Seder de la Pâque, un repas cérémonial se déroulant dans les maisons juives afin de commémorer l’exode des Israélites hors d’Égypte. Il s’agit d’une compilation de versets bibliques, de prières, d’hymnes et de littérature rabbinique.

La collection de BAC renferme également des incunables (des livres imprimés avant 1500), des bibles, d’anciens manuscrits hébraïques et environ 80 autres Haggadah.

Un trésor de la collection Lowy : le splendide manuscrit de la Haggadah d’Altona

Par Leah Cohen

La Haggadah d’Altona fait partie des trésors de la collection Jacob M. Lowy. Ce manuscrit sur papier, magnifiquement enluminé et coloré, a été créé en 1763 à Altona, en Allemagne, pour la Pâque juive.

Le mot Haggadah signifie « récit » en hébreu. Il s’agit d’un texte lu durant le séder de la Pâque, un repas cérémoniel se déroulant selon une succession d’étapes rituelles chargées de symbolisme. Le séder est organisé tant dans les résidences privées que dans les lieux publics pour commémorer la libération des Israélites d’Égypte. En Israël, il se tient la première nuit du congé de la Pâque; ailleurs, les deux premières nuits du congé.

Les rabbins ont institué la Haggadah en s’appuyant sur le verset 13:8 du livre de l’Exode : « Ce jour-là, tu parleras (higadeta) ainsi à ton fils : c’est en mémoire de ce que l’Éternel a fait pour moi lorsque je suis sorti d’Égypte. »

Le séder et la Haggadah ne se résument pas à une simple narration d’événements : ils transmettent l’expérience vécue par un esclave en Égypte, soudainement libéré par la main de Dieu, et qui, en tant qu’homme libre, voit Dieu confier la Torah à Moïse sur le mont Sinaï.

Rituels du séder

Les membres d’une famille ou d’un groupe rassemblés pour un séder accomplissent certains rituels. Par exemple, ils consomment des aliments évoquant l’expérience de l’esclavage et de la libération, tels que l’haroset, un mélange de fruits ou de noix hachés, propre à soutenir les esclaves dans leur dur labeur (notamment le transport des briques). Ils peuvent aussi consommer des plantes amères, comme le raifort, qui rappellent l’âpreté de l’esclavage. Ils boivent quatre verres de vin, accoudés sur le côté gauche, dans une position de détente, comme des hommes libres. Ces quatre verres symbolisent les quatre expressions de la rédemption des Israélites par Dieu, que l’on trouve dans les versets 6:6 à 6:8 du livre de l’Exode : « […] je vous affranchirai des travaux dont vous chargent les Égyptiens […] je vous délivrerai de leur servitude, et je vous sauverai à bras étendu et par de grands jugements. »

Les participants ne lisent pas la Haggadah passivement : ils sont invités à poser des questions et à discuter. Et comme le séder vise aussi à piquer la curiosité des enfants, selon la tradition, ceux-ci entonnent un chant dans lequel ils demandent pourquoi cette nuit est différente des autres. La Haggadah comprend également les prières de Hallel louant Dieu. Au fil du temps, de joyeux chants de table se sont ajoutés à la cérémonie; on les entonne encore aujourd’hui, même s’ils ne sont pas obligatoires.

Comme la tradition du séder concerne plusieurs peuples, lieux et époques, c’est tout un défi de bien transmettre le message et de donner un sens à la soirée. Ainsi, un producteur d’olives vivant dans l’ancienne Galilée n’aurait sûrement pas raconté l’exode d’Égypte de la même manière qu’un mordu d’informatique de la Silicon Valley au 21e siècle.

Une Haggadah est donc un témoignage parmi d’autres de la culture populaire, qui permet d’en apprendre davantage sur une communauté donnée; un artefact qui représente non seulement un contenu textuel, mais aussi « l’esprit dans la matière », pour citer l’auteur Jules Prown.

Pourquoi la Haggadah d’Altona est-elle différente des autres?

La Haggadah d’Altona s’inscrit dans une tendance initiée en Europe centrale par les Juifs de cour. Appelés ainsi parce qu’ils occupaient de hautes fonctions financières auprès des nobles, ils collectionnaient également des œuvres d’art judaïque pour leur résidence, dont des manuscrits enluminés. De tels ouvrages étaient très recherchés, même s’ils n’étaient plus très nouveaux, l’impression hébraïque remontant au 15e siècle. L’existence de la Haggadah d’Altona montre que la classe moyenne s’était aussi mise à collectionner des manuscrits. Cet art faisant appel à un style plus naïf, un scribe ayant moins de formation pouvait donc être engagé à moindre coût.

La communauté d’Altona, très dynamique malgré sa petite taille, avait obtenu du roi Christian IV le privilège de se lancer dans la construction navale, une activité qui lui apporta une stabilité économique et favorisa la création d’une classe moyenne. Sur cette page illustrant les rites du séder, les scènes représentant des citadins de l’époque témoignent d’un certain degré de confort. Par exemple, les personnes sont assises sur des chaises qui semblent rembourrées, autour d’une solide table recouverte d’une nappe rouge. Dans une salle éclairée par un chandelier, chaque personne a le luxe d’avoir sa propre Haggadah.

Image colorée en rouge, brun et gris d’une page d’une Haggadha de la Pâque. Les 12 étapes rituelles du séder y sont illustrées. Dans les marges intérieures et extérieures, un texte en hébreu identifie le rituel et donne des instructions en yiddish pour l’accomplir.

Illustrations montrant les rituels du séder accomplis par des participants de l’époque. Elles offrent un instantané du mode de vie des Juifs à Altona dans les années 1760 (AMICUS 33226322).

La Haggadah d’Altona nous apprend également que les Juifs de cette communauté avaient beaucoup en commun avec les Juifs vivant ailleurs au début de l’ère moderne. Par exemple, le scribe a minutieusement écrit le commentaire de Don Isaac Abravanel (1437-1508) en petites lettres cursives autour du texte central. Ce commentaire centré sur la rédemption, écrit par un Juif forcé de fuir la péninsule ibérique, a été imprimé pour la première fois en 1505 et se retrouve fréquemment dans les Haggadhas de la Pâque.

L’artiste et son œuvre

L’étude de la Haggadah d’Altona, comme celle de toute source d’information visuelle, permet de découvrir à la fois l’artiste et l’œuvre.

Le nom du scribe est indiqué dans le colophon, une note placée à la fin. Il s’agit d’Elkanah « Pituhe Hotem ». Ces derniers mots signifient « graveur du sceau », en référence aux pierres gravées que portait le grand prêtre dans la Jérusalem ancienne. Elkanah était le fils de Meir Malir, Meir signifiant un peintre en yiddish.

Seuls deux autres manuscrits d’Elkanah sont parvenus jusqu’à nous. Le premier, conservé au Jewish Theological Seminary à New York, est une Haggadha en vélin, contrairement à celle de la collection Jacob M. Lowy, imprimée sur du papier. Le second, Tikune Shabat (prières spéciales pour le Shabbath), se trouve à la bibliothèque Klau du Hebrew Union College à Cincinnati.

La Haggadha de Lowy contient un élément unique : un calendrier omer. On utilisait ce calendrier pour compter les 49 jours séparant la deuxième nuit de la Pâque et le congé de Chavouot (Pentecôte), qui commémore le don de la Torah aux Israélites.

L’omer est une unité biblique servant à mesurer le grain. Un omer d’orge a été présenté en offrande au Temple lors de la deuxième nuit de la Pâque; c’est pourquoi le compte des 49 jours commence à partir de cette date. Comme aucun calendrier juif n’a été imprimé à Altona durant les années 1750 et 1760, ce calendrier omer a sans doute constitué un bon moyen de compter les jours.

Image en couleur montrant deux pages d’un livre. L’écriture en hébreu (en rouge et noir) comprend des références mystiques. Certaines images carrées sont faites de morceaux de papier colorés contenant un simple motif floral.

Calendrier omer, dans lequel chaque carré représente le nombre de jours écoulés depuis le deuxième jour de la Pâque jusqu’au Chavouot (AMICUS 33226322).

L’artiste ou le mécène qui a commandé la Haggadah d’Altona a été influencé par la Haggadah d’Amsterdam, ou par l’une de ses nombreuses imitations. Imprimée en 1695, celle-ci comporte des gravures sur cuivre.

Collage présentant côte à côte la même page tirée de deux éditions différentes d’un livre. Les deux pages comportent un dessin représentant deux hommes debout, de part et d’autre d’un texte en hébreu. Celle de gauche est en couleur, alors que celle de droite est dans les tons de gris.

À gauche, page titre très colorée de la Haggadah d’Altona, parue en 1763 (AMICUS 33226322); à droite, page titre gravée de la Haggadah d’Amsterdam, datant de 1695 (AMICUS 29060785). Les deux pages montrent Moïse et Aaron, ainsi que des vignettes de récits tirés de la Bible. Les images ont été simplifiées dans la Haggadah d’Altona, et celle-ci compte moins de vignettes (seulement trois dans des médaillons au haut de la page).

L’influence de la Haggadah d’Amsterdam est aussi perceptible dans la façon de représenter les quatre fils, ceux-ci symbolisant l’attitude de quatre types de participants au séder : le sage, l’impie, le simple d’esprit et celui qui ne sait pas poser des questions.

Collage présentant côte à côte une image tirée de deux éditions d’un même livre. Sur chaque image, on voit quatre hommes tous vêtus de manière différente et adoptant des poses variées. Dans les deux éditions, les hommes portent les mêmes vêtements et prennent une pose similaire. La page de gauche est en couleur, alors que celle de droite est dans les tons de gris.

À gauche, illustration en couleur des quatre fils dans la Haggadah d’Altona (AMICUS 33226322); à droite, version gravée des quatre fils dans la Haggadah d’Amsterdam (AMICUS 29060785).

Elkanah, le scribe artiste, a écrit son texte à l’encre ferrogallique, dont on sait aujourd’hui qu’elle a des effets corrosifs. Il l’a illustré à l’aide de couleurs dont les pigments contiennent du cuivre et d’autres métaux. L’encre et les pigments ont tous deux entraîné la corrosion du papier, que même une désacidification effectuée en 1987 n’a pu enrayer. La Haggadah d’Altona a été confiée aux restaurateurs de Bibliothèque et Archives Canada en 2007. Comment s’y prendront-ils pour sauver cet artefact culturel? Découvrez leurs secrets dans un prochain billet de blogue, à paraître la semaine prochaine.

Sites connexes :


Leah Cohen est conservatrice de la collection Jacob M. Lowy à Bibliothèque et Archives Canada.

L’autre facette de Glenn Gould : réflexions sur l’éternelle renommée du pianiste canadien et l’héritage qu’il laisse à Bibliothèque et Archives Canada

Par Rachelle Chiasson-Taylor

Alors que le 85e anniversaire approche…

En 2017, ce sera le 150e anniversaire de la Confédération du Canada, celui-ci coïncidant avec le 85e anniversaire de naissance de Glenn Gould. Des artistes, des compositeurs, des historiens de la musique, des radiodiffuseurs, des philosophes et des mélomanes de toutes les couches de la société et de partout dans le monde célèbrent cette personnalité incomparable du monde de la musique tous les cinq ans, et 2017 ne fera pas exception. En fait, certaines activités de grande envergure sont prévues pour souligner à la fois l’anniversaire du Canada et celui de M. Gould :

Le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes a déclaré que la Fondation Glenn Gould se proposait d’organiser une spectaculaire tournée mondiale d’un an intitulée « Canada 150 » qui atteindra son point culminant le jour de la fête du Canada avec un concert en hommage à M. Gould qui traduira en musique les « aspirations de tous les Canadiens ».

Le piano à queue symbolique de M. Gould, le Steinway CD-318, qui n’est plus exposé au Centre national des Arts (CNA) à Ottawa depuis février dernier, le temps que le CNA fasse l’objet de rénovations, sera de nouveau exposé, à sa place, le jour de la fête du Canada de 2017. En 2012, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a fait don du piano et de la chaise de concert, tout aussi symbolique, au CNA, là où le piano a pu commencer une nouvelle vie, notamment sous le doigté de pianistes lors de prestations publiques.

Le lancement d’une nouvelle biographie est prévu en juin 2017, Glenn Gould: Remix (Dundurn Press).

La liste est longue…

Fonds d’archives Glenn Gould

Bibliothèque et Archives Canada est l’institution suprême pour assurer la garde et le contrôle de l’héritage documentaire de M. Gould. En 1984, BAC a acquis le contenu du Fonds d’archives Glenn Gould, qui renferme plus de 16 000 objets ayant trait à la vie personnelle et professionnelle du pianiste : des documents officiels, personnels et autobiographiques; de la correspondance personnelle et professionnelle; des prix et des certificats honorifiques; des compositions; des écrits de M. Gould publiés et non publiés; des écrits portant sur M. Gould parus dans des journaux et des revues; une collection de livres, des enregistrements et des trames sonores annotées par M. Gould; des photographies de Glenn Gould, de membres de sa famille et de personnalités de l’univers musical international; du matériel audiovisuel comprenant des prises refusées de séances d’enregistrement aujourd’hui légendaires. Le Fonds d’archives Glenn Gould à Bibliothèque et Archives Canada est une source précieuse pour les chercheurs et continue d’inspirer une foule de projets littéraires, de spectacles musicaux, d’émissions, de nouvelles compositions et de manifestations diverses.

À Bibliothèque et Archives Canada, les experts en collections de musique et en communications s’affairent actuellement à préparer un balado étoffé dans le but de faire connaître « l’autre facette de Glenn Gould », reconnaissant son image de pianiste solo, tout en explorant d’autres aspects du personnage. Prolifique, M. Gould a écrit abondamment sur la musique et sur des sujets extramusicaux : il a donné des spectacles avec d’autres instrumentistes et interprètes; composé de la musique; produit des documentaires, animé des émissions de télévision, accordé des entrevues et créé de nouvelles formes artistiques.

L’autre facette

Apparemment excentrique et reclus, il en étonnait plus d’un avec son mode de vie, mais cette attitude aura un effet amplificateur sur sa célébrité. L’annonce de son retrait de la scène en 1963 aura aussi un effet paradoxal : au lieu de tomber dans l’oubli du public, chaque enregistrement et chaque émission de M. Gould deviendront un happening culte. Sa vision de la technologie s’est avérée prophétique, et son opinion sur le pouvoir de l’artiste d’interpréter une œuvre musicale de Bach, de Beethoven, de Mozart, de Brahms ou d’autres compositeurs selon les règles de la musique occidentale, bien que controversée, a toujours éveillé de l’intérêt. Comme l’a écrit son ami, le compositeur et chef d’orchestre américain, Leonard Bernstein :

Glenn était […] quelque peu fantasque, ce qui lui conférait son style rafraîchissant. Esprit inquisiteur, il parvenait, en un éclair, à envisager que Schoenberg et Liszt fussent dans la même catégorie, ou Purcell et Brahms, ou encore Orlando Gibbons et Petula Clark. Sans crier gare, il jumelait, contre toute attente, une paire de musiciens dans un certain essai comparatif fort surprenant. […] Voilà un homme qui savait se faire aimer. Il avait environ quinze ans de moins que moi, je crois, mais je n’ai jamais pensé à lui comme mon cadet, à aucun égard. Il était un véritable pair, à tous les égards. Quand il est décédé, je n’ai pas pu le supporter.

Leonard Bernstein, traduction libre de The Truth About a Legend

En vue du 85e anniversaire de Glenn Gould en 2017, Bibliothèque et Archives Canada célèbre le génie éclectique de ce grand musicien, sa vision prophétique et sa quête impérieuse de la vérité par l’entremise de la musique et de l’art. Ce sont là les aspects qui composent l’autre facette de Glenn Gould.

Ressources connexes


Rachelle Chiasson-Taylor est archiviste de la musique au sein de la Direction générale des archives privées à Bibliothèque et Archives Canada.