Quelque chose à déclarer ? Oui, c’est d’intérêt canadien

Par Louise Tousignant

Dans le cadre de son mandat, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) acquiert des documents publiés dits canadiens et d’intérêt canadien, afin de développer la collection nationale Canadiana qui se veut la plus exhaustive possible. Les premiers sont ceux publiés au Canada et reçus en vertu du dépôt légal, alors que ceux d’intérêt canadien représentent des publications parues dans d’autres pays, mais dont le créateur ou le sujet est canadien. Le créateur inclut l’auteur, l’illustrateur, le traducteur ou l’artiste. Ces œuvres, publiées à l’étranger, sont acquises par don ou par achat ciblé.

Parmi ces titres d’intérêt canadien, récemment reçus, on retrouve des études et des analyses portant sur le Canada : Canada/États-Unis : les enjeux d’une frontière, Comparative North American Studies: Transnational Approaches to American and Canadian Literature and Culture, et Canadian Perspectives on Immigration in Small Cities.

Quant aux titres relatifs au Canada, Negotiations in the Indigenous World: Aboriginal Peoples and the Extractive Industry in Australia and Canada et Indian Agents: Rulers of the Reserves, ils témoignent de la recherche sur les affaires autochtones.

Des personnalités canadiennes ont aussi fait l’objet de recherches : le peintre Alex Colville avec le livre The Mystery of the Real: Letters of the Canadian Artist Alex Colville and Biographer Jeffrey Meyers, la biographie de la journaliste et auteure Jane Jacobs reflétée dans Becoming Jane Jacobs, et l’analyse du travail de la chanteuse et musicienne Alanis Morissette documentée dans The Words and Music of Alanis Morissette. La carrière des Canadiens exilés à Hollywood passe également par la parution de livres. Pensons entre autres au Montréalais de naissance et ambassadeur des fêtes du 375e de Montréal, William Shatner, bien connu pour son rôle du capitaine James T. Kirk dans la série télévisée Star Trek, et son plus récent livre Leonard: My Fifty-Year Friendship with a Remarkable Man, et au réputé acteur Martin Short, né à Hamilton, et connu pour son travail au sein de l’émission Saturday Night Live, avec ses mémoires I Must Say: My Life as a Humble Comedy Legend.

Une photo en noir et blanc d’une femme avec des cheveux long debout devant une clôture en fer forgé.

Portrait d’Alanis Morissette par Bryan Adams. Photographie signée par Alanis Morissette. 1999 (MIKAN 3614421)

Plus près de nous, des Canadiens d’ici font également leur marque par la parution d’œuvres publiées à l’extérieur du Canada : le Québécois Guy Delisle avec sa bande dessinée S’enfuir : récit d’un otage parue chez Dargaud, l’illustrateur Yanick Paquette, l’homme derrière Wonder Woman, avec la bande dessinée Wonder Woman, Earth One. Volume 1, et Louise Penny chez Minotaur Books avec The Long Way Home, qui s’est classé numéro 1 au palmarès du New York Times.

Enfin, certains titres d’intérêt canadien présents dans la collection nationale sont en lien direct avec des fonds d’archives de BAC; ils permettent une étude plus approfondie de l’auteur et de son rayonnement à l’étranger, et de soutenir la recherche en littérature canadienne. C’est le cas, par exemple, des traductions de l’auteure et illustratrice de littérature jeunesse Marie-Louise Gay, et du cinéaste, poète et romancier canadien d’origine srilankaise Michael Ondaatje. Mentionnons au sujet de Marie-Louise Gay, une traduction en espagnol du titre Un million de questions!, ¿Alguna pregunta?, parue au Mexique en 2015, un titre en néerlandais, Angela en de ijsbeer pour Angèle et l’ours polaire, ou encore, Bolle-Bertils sirkus pour Le cirque de Charlie Chou en norvégien. Quant à Michael Ondaatje, BAC possède pas moins de 20 traductions de son œuvre la plus connue, Le patient anglais, dont celles en bulgare, en japonais, et en italien. Faut-il le rappeler, le livre a remporté en 1992 les prix littéraires du Booker Prize et du Gouverneur général alors que le film s’est vu décerner neuf Oscars aux Academy Awards de 1997.

Photo en couleur d’une femme assise et souriante. On aperçoit dans l’avant plan des crayons de couleurs flou.

Marie-Louise Gay. Auteure et illustratrice canadienne de littérature jeunesse. @Groundwood Books

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre écrit en bulgare.

Le patient anglais publié en bulgare par Delfi, en 2000 (AMICUS 32172817)

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre écrit en japonais

Le patient anglais publié en japonais par Shinch⁻osha, en 1996 (AMICUS 15875585)

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre : Michael Ondaatje Il Paziente Inglese.

Le patient anglais publié en italien par Garzanti, en 2004 (AMICUS 32785464)

Ce bref tour d’horizon ne représente qu’un échantillon de publications de toutes sortes relatives au Canada et d’intérêt canadien. Le travail de dépistage minutieux se poursuit afin d’assurer l’enrichissement du patrimoine documentaire canadien et le développement des collections pour faire en sorte que la collection nationale Canadiana soit la plus importante au monde.


Louise Tousignant est bibliothécaire aux acquisitions à la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada

Montréal : le mont Royal et Frederick Olmstead

Judith Enright-Smith

Si vous avez visité Montréal ou y avez grandi (comme moi), vous avez sûrement déjà marché sur les nombreux sentiers du mont Royal.

La planification et la conception du parc du Mont-Royal tel qu’on le connaît aujourd’hui commence dans les années 1870. L’architecte-paysagiste Frederick Law Olmstead, qui a aussi conçu le parc central de New York (Central Park), est engagé pour effectuer le travail. Beaucoup de ses plans originaux sont assez grandioses : ils incluent la création d’un grand pré et d’un lac comprenant divers végétaux éclectiques. Toutefois, pendant les années 1870, Montréal subit une crise économique, alors la plupart des idées fantaisistes de Frederick Olmstead sont abandonnées. Mais sa vision est conservée : des sentiers bucoliques et sinueux, comme ceux de Central Park, accessibles à tous sans tenir compte de la position sociale.

Photographie en noir et blanc d’un bosquet, probablement prise à l’automne.

Bosquet, parc du Mont-Royal, photographie de Philip J. Croft, vers 1936 (MIKAN 3206464)

L’inauguration du parc du Mont-Royal, précédée par un défilé dans les rues de Montréal, a lieu le 24 mai 1876, en grande pompe : discours, tirs de canon et grand pique-nique. En 1884, on lance une course en luge près du lac aux Castors; un an plus tard, un funiculaire à vapeur est mis en place pour amener les clients payants au sommet de la montagne. Le funiculaire est fermé en 1918.

La belle balustrade en pierre semi-circulaire, appelée « belvédère », a été construite en 1906. Encore aujourd’hui, elle offre aux visiteurs les vues les plus spectaculaires de Montréal, du fleuve Saint-Laurent et des ponts.

Photographie en noir et blanc d’une scène d’hiver. On y voit des personnes qui descendent une côte sur des luges ou chaussées de raquettes.

Luge sur la côte « The Spill » (Tobogganing – ʺThe Spillʺ), vers 1900-1925, photographe inconnu (MIKAN 3335229)

Photographie en noir et blanc d’un funiculaire montant une côte très boisée, en bas de laquelle se trouvent une voiture tirée par un cheval et quelques personnes regardant le photographe.

Tramway funiculaire incliné, parc du Mont-Royal, vers 1885 (MIKAN 3192950)

Photographie en noir et blanc d’un funiculaire. Un tram monte la côte alors que l’autre la descend.

Funiculaire, vers 1909 (MIKAN 3336180)

 

Légende : Belvédère du mont Royal (avant la construction du chalet), photographe inconnu, vers 1906 (no MIKAN 3335240)

Texte optionnel : Photographie en noir et blanc d’un élégant sentier délimité par une clôture de pierres d’un côté et menant à un petit édifice. Des chevaux se reposent sous les arbres.

Photographie en noir et blanc d’un élégant sentier délimité par une clôture de pierres d’un côté et menant à un petit édifice. Des chevaux se reposent sous les arbres.

Belvédère du mont Royal (avant la construction du chalet), photographe inconnu, vers 1906 (MIKAN 3335240)

Photographie en couleurs d’un couple muni de jumelles se tenant sur le bord d’un belvédère surplombant la ville.

Belvédère, photographie de Chris Lund, vers 1950 (MIKAN 4311969)

Photographie en noir et blanc d’une ville vue à vol d’oiseau.

Vue de la ville vers 1906-1920, photographe inconnu (MIKAN 3335382)

Le chalet du parc du Mont-Royal est adjacent au belvédère. Il a été conçu par l’architecte montréalais Aristide Beaugrand-Champagne dans le style beaux-arts et construit en 1932 pour créer des emplois artificiels pendant la Grande Crise.

Mais l’élément le plus connu du mont Royal est sans doute sa croix.

La première croix illuminée est acquise en 1924. Elle est commandée par la Société Saint-Jean-Baptiste, puis donnée à la ville de Montréal en 1929. La croix d’aujourd’hui est illuminée au moyen d’ampoules DEL qui éclairent habituellement en blanc, mais un gardien peut changer la couleur des ampoules pour les occasions spéciales.

Photographie en noir et blanc d’une grosse croix en métal sur laquelle il est inscrit « The Mount Royal Cross—100 feet high, daytime view » (croix du mont Royal – 100 pieds de haut – en plein jour)

La croix du mont Royal vers 1935 (MIKAN 3322797)

Plus récemment, le groupe Les amis de la montagne a commencé à recueillir des signatures pour essayer de faire inscrire le mont Royal sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO. D’après Sylvie Guilbault, directrice générale des Amis de la montagne, le mont Royal est un emblème de la ville, et il est essentiel à la qualité de vie de centaines de milliers de Montréalais.


Judith Enright-Smith est archiviste adjointe à Bibliothèque et Archives Canada, Section des affaires autochtones et sociales, Direction générale des archives privées.

Des découvertes onctueuses à Bibliothèque et Archives Canada

English version

Par Rebecca Murray

C’est meilleur avec du beurre! Nul besoin de chercher bien loin, ni trop fort, pour trouver une source d’inspiration quand on travaille avec le patrimoine documentaire du Canada. Il suffit de penser aux documents revêtant une grande importance historique, aux photographies et œuvres artistiques à valeur iconique et aux objets associés à des récits que nous n’imaginons que dans nos rêves les plus fous. Surprise, nous parlons d’emballages de beurre. Sans blague? Ces emballages ragoûtants en papier ciré, plus difficiles à manipuler que des draps-housses? Très utiles pour mesurer la quantité de beurre requise dans nos recettes. Sans quoi, ils n’ont pas d’autre emploi et se retrouvent à la poubelle, dès que l’on a réussi à en détacher la livre de beurre. Néanmoins, un jour que je consultais un instrument de recherche, je suis tombée sur un dossier intitulé « Collection of butter wrappers and boxes used in retailing » (Collection de boîtes et d’emballages de beurre utilisés dans le commerce au détail). Croyez-moi, c’était impressionnant de voir tout ce qui se trouvait dans ce dossier.

Allons droit au but : en effet, il regorgeait d’emballages de beurre, tout aussi mignons les uns que les autres. Ils n’étaient ni cireux, ni graisseux, ni froissés. Ils étaient bien plats et lustrés, assez bien préservés d’ailleurs. À un point tel que je doute qu’ils aient déjà servi à emballer une quelconque livre de beurre graisseuse.

En ma qualité d’archiviste de référence, je consulte beaucoup d’instruments de recherche et j’ouvre d’innombrables boîtes d’archives. J’ai la chance de pouvoir tenir l’histoire entre mes mains. Chacune de ces trois étiquettes faisait la promotion d’un produit agricole provenant de la campagne si généreuse, des gens qui y vivent et y travaillent. Reconnaissez-vous une de ces étiquettes?

Un emballage de papier ciré polychrome illustrant une ferme avec des arbres. Au-dessus de l’image, on peut lire : « Marshall’s Brand. Creamery Butter. Pasteurized. Canada First Grade » (Marque Marshall. Beurre de crémerie. Pasteurisé. Canada Première Catégorie). Dans un autre encadré (sur la partie du papier qui s’enroule autour du beurre), il est écrit : « Reg. No. 1018. Only butter that conforms to Government standards for first grade are allowed to display on the wrapper CANADA FIRST GRADE » (No d’homologation 1018. On ne peut apposer la mention CANADA PREMIÈRE CATÉGORIE que sur le beurre qui répond aux normes de la première catégorie).

Emballage d’une livre de beurre provenant de Jarvis (Ontario) (e011180784-v8)

Un emballage de papier métallisé polychrome arborant une image de vaches en train de paître dans un pré. On peut y lire : « Co-op. First Grade. Creamery Butter. Reg. No. 4054 » (Co-op. Première Catégorie. Beurre de crémerie. No d’homologation 4054). Sur l’un des autres pans de l’emballage, il est écrit : « Saskatchewan Co-Operative Creamery Association Limited. One lb net weight » (Saskatchewan Co-Operative Creamery Association Limited. Poids net : une livre).

Un emballage de beurre provenant de la Saskatchewan (e011180785-v8)

Un emballage de papier métallisé avec le texte suivant: “Crapaud Creamery Butter. Canada First Grade. Pasteurized” (Beurre de crémerie Crapaud. Canada, Première Catégorie. Pasteurisé) Le texte est dans un petit médaillon ovale avec des petites fleurs rouges dans chaque coin.

Un emballage de beurre provenant de “Crapaud Creamery Company » de l’Île du Prince Edouard (e011180786-v8)

Alors que j’examinais les emballages, j’ai été frappée par leur symbolique : ils transmettent la riche et longue tradition des fermes laitières de notre pays. Les emballages comme ceux-ci se retrouvaient dans les cuisines et les chambres froides, tant dans les grandes villes que dans les petits villages, ils réunissaient les Canadiens autour d’un rituel quotidien, quand ils consommaient du beurre.

Chacun de ces emballages de beurre constitue un point de repère auquel on peut rattacher des documents d’archives ou des publications. De fait, les chercheurs peuvent découvrir l’histoire de l’entreprise ou de l’industrie propre à la région.

Est-ce que l’histoire de la production et de la consommation des produits laitiers au Canada piquent votre curiosité? Pourquoi ne pas consulter certaines des collections suivantes :

Par ailleurs, vous pouvez lancer des recherches en utilisant des mots-clés comme « produits laitiers », « beurre » ou « fromage » à partir de la fonction Recherche dans la collection et vous pourriez bien être étonné! On ne sait jamais ce qu’on va trouver dans les collections de Bibliothèque et Archives Canada.


Rebecca Murray est archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Carlyle Smith Beals : un grand astronome canadien

Par François Larivée

L’Observatoire fédéral et l’astronome fédéral

Ce fait est aujourd’hui méconnu, mais le Canada a eu pendant longtemps un astronome fédéral. Ce dernier était responsable des activités de l’Observatoire fédéral situé à Ottawa (sur le site de la ferme expérimentale). Cet observatoire fut créé en 1905 par la Commission géologique du Canada afin de fournir des données temporelles et spatiales précises pour ses relevés cartographiques et topographiques. En effet, à cette époque, l’heure exacte n’était pas déterminée par des horloges atomiques comme aujourd’hui, mais établie à partir de l’observation du mouvement de certaines étoiles de référence. De même, les coordonnées spatiales se basaient sur l’observation de la position précise d’un grand nombre d’étoiles. Toutes ces observations étaient faites à partir du télescope de l’observatoire. Cet observatoire a été en fonction jusqu’en 1970, date à partir de laquelle ses activités ont été transférées au Conseil national de recherche du Canada.

Vue de l’édifice en construction. La construction du bâtiment est presque terminée, mais on peut voir un échafaudage à l’avant de l’édifice ainsi que la structure métallique de la coupole encore en construction.
L’Observatoire fédéral d’Ottawa en construction, vers 1905 (a053076)

On peut trouver des documents se rapportant à l’Observatoire fédéral dans le Fonds du ministère de l’Intérieur ainsi que dans le Fonds de Ressources naturelles Canada. De plus, Bibliothèque et Archives Canada possède le fonds de l’astronome qui en fut un des plus importants directeurs, Carlyle Smith Beals (1899-1979), astronome fédéral de 1947 à 1964. Ce dernier acquit au cours de sa carrière une renommée internationale grâce à la qualité de ses recherches et à l’importance de ses découvertes. Effectivement, en plus d’avoir été directeur de l’Observatoire fédéral pendant près de 20 ans, Carlyle Smith Beals mena des recherches à l’avant-garde de son domaine, au cours de sa longue carrière qui débuta dans les années 1930 comme assistant-astronome à l’Observatoire fédéral d’astrophysique de Victoria, Colombie-Britannique.

On peut voir deux hommes, vêtu de toges.
Réception d’un doctorat honoris causa de l’Université Queen’s par Carlyle Smith Beals (gauche), 1960 (e011180778)

De l’étude des étoiles très chaudes et de la matière interstellaire à celle des cratères d’impact

Ses recherches ont d’abord porté sur certains types d’étoiles très chaudes (les étoiles P-Cygni et Wolf-Rayet) ainsi que sur la composition chimique de la matière interstellaire. Dans le cadre de ses travaux, Carlyle Smith Beals fit d’importantes découvertes, prouvant entre autres que les étoiles très chaudes sont composées de grandes enveloppes de gaz et que la matière interstellaire n’est pas distribuée uniformément dans l’espace. Ce n’est toutefois pas à l’Observatoire fédéral d’Ottawa, mais à l’Observatoire d’astrophysique de Victoria qu’il fit ces découvertes. Il est d’ailleurs intéressant de noter au sujet de l’Observatoire de Victoria (toujours en fonction) qu’au moment de son inauguration, en 1918, son télescope doté d’un miroir de 1,83 m de diamètre fut pendant quelques mois le plus grand au monde.

Une photo en noir et blanc montrant un édifice cylindrique sur le haut d’une colline avec une coupole d’observation.
Observatoire fédéral d’astrophysique de Victoria, vers 1925 (a032169)
Vue du télescope à l’intérieur de l’Observatoire d’astrophysique de Victoria
Télescope de l’Observatoire d’astrophysique de Victoria (a149328)

Pendant qu’il fut astronome fédéral à Ottawa, Carlyle Smith Beals a été très actif, tant sur le plan scientifique qu’administratif. Il se distingua notamment pendant cette période par ses recherches sur les cratères d’origine météoritique (appelés aussi cratères d’impact) se trouvant sur le sol canadien. Ces recherches occupèrent une place très importante dans la dernière partie de sa carrière et elles lui ont également valu une reconnaissance internationale. En effet, après la découverte au début des années 1950 que deux cratères se trouvant sur le sol canadien, le cratère Brent en Ontario et le cratère du Nouveau-Québec (aujourd’hui nommé cratère des Pingualuit), avaient été causés par l’impact de météorites, Carlyle Smith Beals lança un vaste programme de repérage de cratères d’origine météoritique partout sur le territoire du Canada. Pour ce faire, il fit l’analyse de milliers de photographies aériennes provenant de la Photothèque nationale de l’air et de la Défense nationale, en plus de mener des recherches géologiques sur le terrain. Ce vaste programme de recherche permit au Canada d’obtenir une reconnaissance internationale dans ce domaine.

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Des photographies de la Première Guerre mondiale dans des fonds privés à Bibliothèque et Archives Canada

Par Rebecca Murray

A.F. Duguid, un des premiers historiens militaires canadiens, a remarqué pendant ses recherches sur les séquelles de la Première Guerre mondiale qu’il « est impressionnant de voir à quel point les documents historiques les plus utiles sont encore en possession de particuliers » [traduction]. (Clio’s Warriors par Tim Cook, page 79)

Les photographies tirées de la collection photographique du Bureau canadien des archives de guerre (numéro d’acquisition 1964-114) sont représentatives de la vie des soldats durant la Première Guerre mondiale et des tâches qu’ils accomplissaient. Puisque bon nombre des photographies ont été numérisées et mises en ligne, les chercheurs s’en servent largement.

Cela dit, de nombreux chercheurs se présentent aux bureaux de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en quête d’images du conflit qui ne font pas partie des documents gouvernementaux officiels. Il s’agit là d’un parfait exemple de l’utilisation que l’on peut faire de nos fonds privés — les archives que des personnes ou des organisations ont données à BAC — en guise de complément par excellence aux documents gouvernementaux, car ils offrent une perspective différente d’un événement historique.

Le présent blogue met en valeur trois fonds tirés de nos collections, quoiqu’il y en ait beaucoup plus. Précisons que les références complètes sont fournies ci-dessous (en italique) de sorte que les chercheurs pourront commander facilement les documents aux fins de consultation, car ils n’ont pas tous été numérisés.

Collection W. L. Kidd, numéro d’acquisition 1974-137

Étendue : 405 photos

Description du contenu : Effectifs et activités à l’hôpital général canadien no 7, Étaples, en France (KIDD, W. L. 1974-137 SC 0333); des exemples de divers types de blessures subies par les soldats canadiens durant la Première Guerre mondiale (KIDD, W.L. 1974-137 06221). (1916–1918)

Commentaires : Lancer des recherches au moyen du mot-clé « 1974-137 », à partir de la Recherche dans la collection, pour lire les descriptions et voir les images numérisées, et ce, pour une partie de la collection.

Une photo noir et blanc montrant des soeurs infirmières avec des soldats dans une grande tente.

Des infirmières militaires prodiguant des soins à des soldats dans la tente réservée aux pansements, à l’hôpital général canadien no 7 (1917). Mention : W.L. Kidd (e002712847)

Collection Margaret D. Cooke, numéro d’acquisition 1989-248

Étendue : 57 photos

Description du contenu : Corps du service de santé militaire canadien en Angleterre durant la Première Guerre mondiale, y compris les effectifs du 21e Bataillon; château de Saltwood; des soldats, dehors, devant la porte de la cuisine; hôpital de la Croix-Rouge Duchess of Connaught sur le domaine Cliveden, à Taplow; hôpital de la Nouvelle-Zélande no 2 à Walton-on-Thames; Moore Barrack, Shorncliffe, dans le Kent; Mount Felix, à Walton-on-Thames. Photographies de guerre : char d’assaut détruit; tranchée; ville anéantie (COOKE, MARGARET D. 1989-248 04147).

Une photo noir et blanc d’une femme dans l’uniforme d’une sœur infirmière avec la cape, l’épinglette, le chapeau et les gants blanc.

L’infirmière militaire Beatrice Baker 1916 ( PA-210762)

Fonds Anne E. Ross, numéros d’acquisition 1982-174 et 1965-041

Étendue : 1 588 photographies

Description du contenu : Document photographique illustrant […] des activités et des effectifs à l’hôpital militaire fixe no 3, Corps du service de santé militaire canadien, au Canada, en Angleterre et dans le théâtre d’opérations de l’Europe méditerranéenne basé sur l’île de Lemmos, 1915-1917; des photographies prises par E.R Owen des effectifs, des patients, du corps professoral, d’événements majeurs et de visiteurs à hôpital de la Croix-Rouge Duchess of Connaught, à Taplow, en Angleterre, 1915-1916; des photographies de la Première Guerre mondiale (ROSS, ANNE E. 1982-174 05618, ROSS, ANNE E. 1965-041 05680A).

Une photo en noir et blanc d’un groupe de femme assise sur des chaises longue avec des couvertures. Trois des sœurs portent des pardessus foncés tandis qu’une autre en porte un manteau pale. Un soldat peut être entrevue dans le milieu du groupe

Des infirmières militaires assises sur le pont d’un navire avec un soldat, 1916. Mention : Anne E. Ross (PA-202409)

Si vous désirez découvrir ces photographies ou d’autres images conservées dans des fonds privés à BAC, veuillez communiquer avec nous au moyen du formulaire électronique.


Rebecca Murray est une archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

De l’eau au moulin : Poèmes sur la guerre, le travail et le progrès social

Par Kelly Anne Griffin

Connaissez-vous Alex Gibson? Cet immigrant, employé d’usine et vétéran de la Première Guerre mondiale, était aussi poète. Il a raconté ses expériences dans un recueil intitulé Grist for the Mill (De l’eau au moulin), publié à compte d’auteur en 1959, et dont un exemplaire a été découvert lors du traitement du fonds d’archives du Syndicat canadien des travailleurs du papier.

Né en Écosse en 1893, Alex Gibson immigre au Canada vers 1913. Engagé dans le Corps expéditionnaire canadien lors de la Première Guerre mondiale, il est affecté au 10e Bataillon des ambulanciers de campagne. Rentré au pays, il devient ouvrier dans une usine de pâtes et papier. Plusieurs poèmes de son recueil évoquent ses difficultés à s’adapter à ce travail routinier après avoir survécu aux horreurs de la guerre, un problème qu’éprouvaient bien d’autres soldats canadiens à leur retour d’Europe.

Dans son poème « What Shall It Be » (Qu’est-ce qui nous attend?), Gibson évoque ainsi le désarroi des soldats rapatriés :

Que ferons-nous après la victoire

Simplement rentrer chez nous

Reprendre la routine comme avant

Les vies gâchées et les rêves brisés

Dans un désert à arpenter?

[…]

Répondez-moi, travailleurs du rail et des usines

De la mer et des postes, des moulins et des mines

Car la réponse ne viendra pas d’ailleurs.

(p. 90 à 92) [traduction libre]

Photo noir et blanc montrant une scène de guerre : des soldats blessés sont étendus sur des civières; autour deux, plusieurs soldats se tiennent debout devant des bâtiments en ruines.

10e Bataillon des ambulanciers de campagne à Amiens, en août 1918. Alex Gibson soignait les blessés au front. Cette expérience dévastatrice transparaît dans sa poésie (a002864-v8).

Alex Gibson travaille dans l’industrie des pâtes et papiers pendant plus de 38 ans, se passionnant pour tout ce qui concerne les relations de travail. Il occupera plusieurs postes importants au Syndicat canadien des travailleurs du papier, tentant même de se faire élire au Parlement canadien dans la circonscription de Port Arthur en 1935 et en 1940, sous la bannière de la Fédération du Commonwealth coopératif. Ce parti, le précurseur du Nouveau Parti démocratique, se faisait le champion du progrès social et des revendications syndicales.

Les convictions socialistes de Gibson transparaissent dans presque tous ses poèmes, et nous offrent un témoignage de première main sur les luttes de la classe ouvrière à cette époque. Les conditions lamentables des travailleurs et la nécessité de se réunir au sein d’une grande fraternité sont des thèmes récurrents dans les écrits de Gibson. Dans son ouvrage Hoboes and Heroes (Clochards et héros), il décrit ainsi ce qu’on pourrait appeler « le travailleur pauvre » :

Il disait que partout où il allait,

Ils étaient des milliers comme lui, il se reconnaissait

Leur maigre pécule déjà dépensé,

Contraints à demander la charité

[…]

À l’entendre, j’ai senti l’amertume d’un sombre désespoir

Ne pouvant plus y croire, il avait perdu tout espoir

(p. 77 à 80) [traduction libre]

Après plus de 30 ans de travail en usine et un engagement actif au sein du mouvement syndical, Gibson connaissait parfaitement les difficultés et les luttes qui existent dans une usine de pâtes et papiers. Ces enjeux apparaissent fréquemment dans ses écrits. Les journées étaient longues, les salaires, peu élevés, et les conditions de travail, moins réglementées qu’aujourd’hui. Gibson s’efforça constamment d’améliorer cette situation par son engagement syndical. Dans son œuvre, il dresse un portrait saisissant des conditions de vie de ses compagnons de travail, où transparaît son empathie à leur égard. Voici quelques lignes tirées de la dédicace de son livre :

Vous qui peinez dans le noir

Vous qui dérivez sans espoir

Vous arrachant le cœur

À empiler les heures

Je vous connais très bien,

Menant la même vie, comme vous n’ayant rien

Voici mon cadeau, il est pour vous,

C’est tout ce que j’ai à offrir.

(p. 3) [Traduction libre]

Photo noir et blanc d’un homme tenant une planche de bois, penché au-dessus d’un défibreur.

Ouvrier manipulant un défibreur dans une usine de pâtes et papier. La poésie de Gibson décrit souvent les conditions de travail monotones et dangereuses qui régnaient dans ces usines, ainsi que leurs conséquences sur les travailleurs. Source : Harry Foster (e000761635).

La plupart des poèmes d’Alex Gibson concernent le monde du travail et les injustices sociales au Canada, mais certains rappellent d’importants événements historiques. « A Constitutional Crisis » (Une crise constitutionnelle) raconte le scandale provoqué par l’abdication d’Édouard VIII et son mariage avec Wallis Simpson, une femme deux fois divorcée. « A Note to the Hon. Minister of Justice » (Un message à l’honorable ministre de la Justice) évoque l’emprisonnement de Tim Buck, un des leaders du mouvement syndical. L’incarcération de Buck à la prison de Kingston souleva un tollé général dans la population, en particulier parmi les travailleurs comme Gibson.

Bien que les poèmes du recueil s’inspirent surtout des conflits personnels de Gibson et des luttes des travailleurs, ils véhiculent un message d’espoir; plusieurs sont encore d’actualité pour les Canadiens aujourd’hui. Voilà pourquoi Grist for the Mill constitue un véritable trésor dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada.

Tiré de la collection Lowy : vestiges de la communauté juive espagnole

Par Michael Kent

En tant que bibliothécaire, on m’interroge souvent sur la valeur du livre imprimé à l’ère numérique. Après tout, plusieurs livres des collections dont je m’occupe peuvent être consultés sur Internet en format numérique. Il est vrai que même les plus anciens ouvrages des collections de Bibliothèque et Archives Canada sont maintenant accessibles en ligne sous divers formats; cependant, je suis convaincu que le pouvoir évocateur de l’objet matériel, et de toutes les histoires qui se cachent derrière, dépasse largement le simple contenu de ses pages.

Le fragment du Pentateuque de 1491, le livre des écritures canoniques juives, publié en Espagne, est l’un des ouvrages qui inspirent fortement un tel sentiment.

Cette Bible, imprimée par Eliezer ibn Alantansi à Hijar en Espagne, est le dernier livre hébraïque daté à avoir été imprimé en Espagne avant l’expulsion des Juifs de ce pays en 1492. L’âge, la qualité d’impression et le degré d’érudition nécessaire pour produire un tel livre en font déjà une œuvre majeure des débuts de l’imprimerie, mais c’est l’histoire qu’il nous raconte à propos de l’expulsion des Juifs d’Espagne qui lui confère un tel pouvoir évocateur.

Malheureusement, le problème des réfugiés n’est pas nouveau. À l’heure actuelle, nous vivons une crise des réfugiés à l’échelle internationale, une crise que nous pouvons observer pratiquement en direct grâce aux médias sociaux. La technologie moderne nous permet de découvrir, avec une certaine honte, la pénible existence de ceux qui vivent dans des camps de réfugiés.

La multitude de blogues, de photos, de témoignages personnels et d’informations diffusées dans les médias permettra aux futures générations de chercheurs de comprendre les difficultés que doivent surmonter les réfugiés contemporains, et ce, d’une manière que les précédentes générations n’auraient jamais pu imaginer. Mais qu’en est-il des réfugiés d’autrefois? Comment faire pour comprendre les problèmes des réfugiés au Moyen Âge, leurs attentes, leurs anciennes vies, leurs espoirs pour l’avenir, et la désolation causée par les bouleversements qu’ils ont subis?

Toutes ces questions posent un énorme défi aux historiens qui s’intéressent à la vie des gens ordinaires dans les temps anciens. L’Histoire ne doit pas se limiter à une suite de dates ou à la vie des élites de la société; nous devons chercher à connaître ce qu’ont vécu les masses populaires et tirer des leçons de leurs expériences collectives.

Mais revenons à cet ouvrage biblique tiré de la collection Lowy. Si l’on s’en tient strictement au contenu du livre, le Pentateuque n’est-il rien d’autre qu’une bible rabbinique ordinaire, le genre d’ouvrage qu’on pourrait aisément télécharger sans frais sur Internet? La réponse toute simple est non. Au‑delà du texte qu’il contient, cet objet nous permet-il de mieux connaître la communauté juive d’Espagne à la veille de son expulsion? Je réponds oui, sans hésiter.

Une photographie en couleur d’une page jaunie, et imprimé couverte d’écriture hébraïque.

Une page de la Bible hébraïque de 1490 imprimé par Eliezer ben Avraham Alantansi (AMICUS 32329787)

En regardant cette page, je vois une communauté qui se considérait comme stable, bien établie, et qui croyait avoir un avenir en Espagne. Au début de l’imprimerie, la production d’une bible comme celle-ci aurait constitué un projet très ambitieux. La mise sur pied d’un équipement communautaire telle une presse à imprimer, l’investissement consenti en études savantes et un engagement financier considérable démontrent clairement à mes yeux que les Juifs d’Espagne se sentaient en sécurité en Espagne et envisageaient un long et bel avenir dans la péninsule ibérique. Je regarde cette page et je vois des gens qui ne pouvaient imaginer les bouleversements et dévastations qui frapperaient leur communauté moins de deux ans plus tard. Bref, je vois un témoignage direct de l’un des plus vastes mouvements de réfugiés en Europe médiévale.

En tant que bibliothécaire et conservateur, je crois fermement au pouvoir d’évocation du livre physique, un pouvoir qui va bien au-delà du simple contenu de l’ouvrage. Si les livres électroniques et les sites Web permettent un accès universel à une large gamme de contenus intellectuels, les leçons de vie et les témoignages historiques offerts par le livre physique demeurent irremplaçables.


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob M. Lowy.

Trouver des accidents ferroviaires dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Par Rebecca Murray

Ces dernières années, des déraillements et des collisions de trains de grande envergure ont retenu notre attention et sont devenus des enjeux pour la sécurité publique, mais ce fait n’a rien de nouveau si l’on se reporte à l’histoire du transport au chemin Canada. L’histoire du chemin de fer au Canada est parsemée d’accidents ferroviaires et elle a façonné la vie de nombreux Canadiens.

Une photo en noir et blanc montrant un déraillement dans la gare de triage.

Déraillement de wagons sur l’avenue Strachan à Toronto, 19 décembre, 1916. Photographie prise par John Boyd (PA-070106)

Avez-vous déjà été témoin d’un accident ferroviaire? Peut-être qu’un membre de votre famille ou un ami a subi les affres d’un tel accident? Avez-vous de l’intérêt pour l’histoire du chemin de fer dans une région donnée ou en ce qui a trait à une compagnie en particulier? Ce ne sont là que quelques-unes des innombrables raisons qui incitent les chercheurs à consulter les Services de référence de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) au sujet d’accidents ferroviaires.

Amorcer une recherche sur les accidents ferroviaires

D’abord, il faut recueillir autant d’information que possible sur l’accident ferroviaire avant de communiquer avec les services de BAC ou de se présenter à l’un des bureaux de l’organisation. La date et le lieu exacts sont extrêmement importants, tout comme certains détails, tels que le nom des personnes concernées et, si l’information est connue, le type d’accident (p. ex., à un passage à niveau public, un déraillement, une collision). Si certains de ces détails sont manquants, on peut consulter des journaux sur microfilm ou en ligne avant d’entreprendre des recherches au moyen des outils en direct de BAC. Les documents relatant les accidents sont généralement classés par ordre chronologique, la date est donc l’élément clé pour amorcer les recherches auprès de l’institution appropriée.

BAC garde les dossiers des accidents ferroviaires dont les enquêtes ont débuté en 1990 ou avant, tandis que le Bureau de la sécurité des transports du Canada tient à jour une base de données en ligne sur les enquêtes menées de 1991 jusqu’à maintenant.

Documents en possession de BAC

Les documents d’accidents ferroviaires sont répartis dans diverses séries du fonds de la Commission canadienne des transports (RG46) en fonction de la plage de dates et du type d’accident.

Au moment d’entreprendre des recherches, il est préférable de procéder comme suit au moyen des instruments de recherche.

No d’instrument de recherche Format Période de temps Marche à suivre
46-21 Recherche dans la collection De 1838 à 1987 Utilisez la chaîne de recherche suivante pour générer une liste de fichiers : RG46-C-II-1 46-21 accident. Limitez les résultats à l’onglet Archives, puis filtrez par date ou ajoutez un mot-clé de lieu, par exemple Toronto.
46-10 Instrument de recherche en ligne 46-10

(en anglais seulement)

De 1904 à 1949, de 1964 à 1972 L’instrument de recherche présente des documents classés par ordre alphabétique, puis chronologique, selon les compagnies de chemin de fer. Le contenu de chaque rapport varie, mais on fait souvent mention d’accidents.
46-55 Instrument de recherche en ligne 46-55

(en anglais seulement)

De 1900 à 1992 Des accidents survenus à des traverses de chemin de fer, classés par ordre alphabétique selon les subdivisions géographiques
46-58 Instrument de recherche en ligne 46-58       (en anglais seulement) 1982 et 1983 Par ordre chronologique
46-59 Instrument de recherche en ligne 46-59 (en anglais seulement) 1984 Par ordre chronologique

De plus, il existe d’autres ressources sur Internet et sur place, à Bibliothèque et Archives Canada, au 395, rue Wellington, à Ottawa. On peut avoir recours à la Recherche dans la collection pour effectuer des recherches générales à partir de mots-clés comme « chemin de fer » ET « accident » (ou « déraillement », « collision ») et utiliser le menu de gauche pour trier tous les résultats en fonction d’une date ou encore pour restreindre les réponses à une décennie précise.

Si, en suivant les étapes précédemment décrites, vos recherches sont infructueuses, il ne faut pas vous décourager! Il suffit d’un appel ou d’un clic pour joindre le personnel des services de référence. Nous serons aussi heureux de vous accueillir en personne. Peu importe la méthode que vous choisirez pour nous contacter, nous sommes heureux d’aider les chercheurs en répondant à leurs questions.


Rebecca Murray est archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

25 millions de pages pour les examens en bloc!

25 millions de pages : voilà le cap que vient d’atteindre le projet d’examen en bloc de Bibliothèque et Archives Canada. Lancé en 2010, ce dernier permet au public d’accéder à des archives du gouvernement canadien dont l’accès était restreint. Pour ce faire, on sélectionne d’abord un échantillon au sein d’un groupe de documents, puis on évalue les risques associés à leur divulgation.

Depuis le début du projet, on a donné accès à plusieurs documents historiques, notamment sur les célébrations du centenaire de la Confédération, en 1967, et sur les débuts du commerce et des affaires étrangères.

Plus récemment, on vient d’ouvrir l’accès au premier groupe de documents provenant du ministère de l’Environnement. Datant de 1969 à 1972, ceux-ci proviennent des dossiers des services de gestion environnementale et de la direction des terres, ainsi que des registres de la planification stratégique et des services de recherche. Plus de 300 000 pages sont dorénavant accessibles; elles portent principalement sur la pollution dans les Grands Lacs à la fin des années 1960, les enjeux liés aux déchets solides pour les administrations municipales et la relation entre le Canada et l’OTAN en ce qui a trait à l’environnement. Voilà de quoi intéresser les chercheurs qui étudient l’émergence des connaissances environnementales et des mouvements en faveur de l’environnement au Canada!

Le fonds de la Cour de l’Échiquier

Par Johanne Noël

En 1875 naissait la Cour de l’Échiquier du Canada

La Cour de l’Échiquier et la Cour suprême du Canada ont été créées par la même loi : la Supreme and Exchequer Courts Act. La Cour de l’Échiquier a été active de 1875 à 1971, année de création de la Cour fédérale.

Les causes à la Cour de l’Échiquier étant moins fréquentes, elles étaient entendues par les juges de la Cour suprême. De 1875 à 1887, ceux-ci ont parcouru le Canada en rotation à cette fin. En 1887, la Cour de l’Échiquier est devenue une cour à part entière; c’est son premier juge, l’honorable George Wheelock Burbidge, qui en a écrit les règles de procédure.

Photo noir et blanc montrant un homme moustachu portant un complet et une chemise blanche.

George Wheelock Burbidge, septembre 1891. Photo : William James Topley (MIKAN 3213416)

Les documents du fonds de la Cour de l’Échiquier

La très grande majorité des documents qui se trouvent dans le fonds de la Cour de l’Échiquier à Bibliothèque et Archives Canada sont des dossiers relatifs à des causes. S’y ajoutent les travaux spéciaux de la Cour, la correspondance, les procès-verbaux d’audience, les registres divers et les plumitifs.

Le plumitif

Le registraire de la cour tient un gros registre, appelé plumitif, où il enregistre les causes de façon chronologique. Pour chacune, il inscrit un numéro, les noms du plaignant et du défendeur, ainsi que le nom de leur avocat respectif. Tout au long du processus, il liste les documents déposés à la Cour, avec la date du dépôt et le coût de l’enregistrement. Un plumitif peut renfermer de nombreuses causes et avoir jusqu’à 10 centimètres d’épaisseur.

Page couverture d’un album en cuir et en velours cordé usés, sur laquelle est écrit : « Docket Record. Exchequer Court of Canada. 8435-12544. August 27, 1927 – August 5, 1930 ».

Page couverture d’un plumitif (MIKAN 4628412)

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