James Naismith : les années d’apprentissage au Canada de l’inventeur du basketball

Les origines de sports populaires comme le baseball, le football et le hockey sont souvent difficiles à cerner. En effet, plusieurs personnes et plusieurs lieux affirment souvent être l’inventeur ou le lieu de naissance d’un sport. Cependant, il n’y a aucun doute sur la personne qui a inventé le basketball : c’est un Canadien, le Dr James Naismith. Né dans la petite ville d’Almonte dans la vallée de l’Outaouais, province du Canada le 6 novembre 1861, James Naismith est devenu orphelin à un très jeune âge et a été élevé avec sa sœur aînée Annie et son frère cadet Robbie par son oncle et sa tante.

Lorsque M. Naismith était enfant, le « duck on a rock » (canard sur une roche) était un jeu très populaire. Une pierre appelée « le canard » était placée sur une pierre plus grande ou sur une souche d’arbre. Les joueurs devaient frapper le canard avec une autre pierre et le faire tomber de sa plateforme, puis courir récupérer leur propre pierre et revenir à l’emplacement original du lancer. Un participant jouait le rôle de « gardien ». Il devait ramasser le canard s’il tombait, le replacer sur sa plateforme et essayer de toucher le joueur ayant lancé la pierre avant qu’il ne retourne à son point de départ. Bien que chaque joueur avait sa propre technique de lancer, Naismith avait remarqué que les meilleurs joueurs lançaient leur pierre haute en visant bien et avec précision, ce qui leur donnait plus de temps pour ramasser leur pierre. Ses souvenirs de ce jeu d’enfance auront une influence sur sa création du jeu de basketball.

Une photographie en noir et blanc d'un groupe d'hommes debout dans un champ regardant un match de duck on a rock.

Un match de duck on a rock, Alberta, septembre 1906 (MIKAN 3386054)

Naismith éprouve des difficultés à l’école et décide d’abandonner ses études pendant sa deuxième année à l’École secondaire d’Almonte à l’âge de 15 ans. Il préfère travailler à la ferme familiale pendant l’été et dans les camps de bûcherons en hiver. Le recensement canadien de 1881 indique qu’il est agriculteur à l’âge de 19 ans.

Plus tard cette année-là, M. Naismith décide de retourner à l’école secondaire et il obtient son diplôme en 1883 à l’âge de 21 ans. Il s’installe à Montréal et entreprend un baccalauréat ès arts avec spécialisation en philosophie et hébreu à l’Université McGill. Vers la fin du 19e siècle, Montréal est un centre important pour le développement des sports organisés au Canada et en Amérique du Nord. Les premières règles officielles pour des sports populaires tels que la crosse et le hockey sont élaborées au cours de cette période. M. Naismith, doté de qualités athlétiques naturelles, est attiré par plusieurs sports à l’Université, notamment la gymnastique, le football rugby et la crosse. En 1888, il obtient un baccalauréat ès arts en éducation physique de l’Université McGill. Grâce à ces intérêts, il devient le premier directeur de l’entraînement physique à l’Université McGill à l’automne de 1889.

Une photographie en noir et blanc de deux joueurs de football rugby accroupis, l'homme sur la gauche tient le ballon et attend de le lancer à l'autre homme derrière lui.

James Naismith (à gauche) jouant au football rugby (MIKAN 3652828)

Une photographie en noir et blanc de l'équipe de football rugby de l'Université McGill. Les joueurs portent des chaussettes montantes rayées et un uniforme blanc orné d'un écusson.

James Naismith (à l’extrême gauche, assis) au sein de l’équipe de football rugby de l’Université McGill (MIKAN 3650079)

En septembre 1890, M. Naismith s’installe à Springfield, Massachusetts, É.-U. pour devenir instructeur à l’International YMCA Training School. On lui confie le mandat de créer un sport pouvant se pratiquer à l’intérieur, et il invente le jeu de basketball. En décembre 1891, dans le gymnase du YMCA de Springfield, la première partie de basketball se joue. Le basketball est depuis devenu l’un des sports les plus populaires au monde.

Photographie en noir et blanc montrant un groupe d'hommes assis dans un escalier. De chaque côté, il y a les paniers qui étaient utilisés à l'époque dans ce sport.

La première équipe de basketball du monde. Dr James Naismith se trouve à droite dans la rangée du centre (MIKAN 3652826)

Pour voir d’autres photos documentant les activités professionnelles et personnelles de James Naismith, consultez la collection D. Hallie Lowry détenue par Bibliothèque et Archives Canada.

 

Données ouvertes : Études sur les drogues et médicaments sur ordonnance de Santé et Bien-être social Canada

Dans les années 1970, Santé et Bien-être social Canada a commandé plusieurs études sur l’utilisation de médicaments sur ordonnance et sur la consommation d’alcool et de cannabis, ainsi que sur les décès liés à la drogue. On a récemment adapté des données statistiques brutes provenant de quatre groupes d’enquêtes en fonction d’un schéma d’encodage des caractères de la norme ASCII. Pour ouvrir, interpréter et analyser les données, il faut un logiciel spécialisé, comme un tableur ou un outil statistique. Une liste de codage décrivant la composition des données et définissant les variables contenues dans chaque champ est fournie. Si une des enquêtes énumérées ci-dessous vous intéresse, elles sont dorénavant accessibles par l’entremise du portail des données ouvertes.

Consommation de médicaments sur ordonnance au Canada, 1977

En 1977, Santé et Bien-être Canada a commandé deux études ayant trait à l’utilisation de médicaments sur ordonnance au Canada. Voici quelques-unes des grandes conclusions que l’on a tirées des enquêtes :

  • On a constaté que les analgésiques et les antibiotiques sont les médicaments les plus souvent utilisés par la population en général.
  • Les répondants âgés utilisaient des antihypertenseurs et des médicaments destinés au traitement des maladies cardiaques.
  • Les femmes étaient surreprésentées parmi les utilisateurs de sédatifs et de tranquillisants.

Enquêtes nationales sur la consommation d’alcool au Canada

La campagne « Dialogue sur l’alcool » avait pour but de sensibiliser la population aux comportements associés à la consommation d’alcool et d’encourager la population à participer aux programmes consacrés aux problèmes liés à l’alcool. La campagne se déployait par phases et reposait sur divers médias publicitaires comme les journaux, les magazines, les émissions radiophoniques et télévisées. Après la diffusion de ces publicités, on a amorcé une série d’enquêtes afin de déterminer si le public était au fait de la campagne « Dialogue sur l’alcool » comme telle et dans le but de connaître les habitudes des Canadiens lorsqu’il s’agit de boire de l’alcool. En 1976, une autre enquête visait à recueillir des données sur les habitudes de fumer des Canadiens.

Consommation de cannabis chez les Canadiens adultes

En 1978, Santé et Bien-être Canada a commandé une enquête visant les adultes âgés de 18 ans et plus. On a alors interrogé les répondants sur leur consommation de marihuana et de hachisch et sur la fréquence d’une telle consommation. L’enquête a été entreprise afin de déterminer les tendances liées à la consommation de cannabis, de repérer les populations à risque, d’évaluer les corrélats sociaux de la consommation de cannabis et de formuler une politique.

Décès liés à la drogue dans la communauté urbaine de Toronto

Les données ont été colligées en 1973 à partir des dossiers de 18 coroners œuvrant à temps plein ou à temps partiel dans la région de Toronto. Les données ont été tirées de dossiers faisant état de décès liés à l’alcool ou à la drogue et elles comprennent le code de la catégorie générale, la drogue concernée, la forme d’alcool, le nom des solvants et poisons visés.

L’évolution de notre sport national d’hiver : innovations dans le monde du hockey

English version

Premiers arénas dotés de glace artificielle au Canada

En 1911, Frank et Lester Patrick, joueurs de hockey et entrepreneurs, construisent les deux premières patinoires à glace artificielle au Canada : l’aréna Denman à Vancouver et l’aréna Victoria à Victoria. À l’époque, l’aréna Denman était le plus grand au Canada et pouvait accueillir 10 500 spectateurs. Conçues dans le but d’être le principal théâtre des matches de la nouvelle Pacific Coast Hockey Association, les patinoires ont été créées par les frères Patrick afin d’instaurer le hockey professionnel dans l’Ouest canadien et de faire concurrence à l’Association nationale de hockey (l’ancêtre de la Ligue nationale de hockey).

Reproduction en couleur d’une photographie colorisée d’un jeune homme vêtu d’un gilet rouge et blanc arborant, bien en vue au milieu de la poitrine, un « R » rouge.

Carte de hockey pour Frank Patrick, vers 1910-1912. (MIKAN 4876354)

Selon la base de données de Bibliothèque et Archives Canada Brevets canadiens, 1869-1919, Frank Patrick dépose une demande de brevet auprès de la division des brevets canadiens concernant le système de réfrigération de ses patinoires en 1913. Le brevet semble avoir été accordé en juin 1914, bien que l’on eût apposé sur le formulaire de demande une estampille d’annulation (« cancelled »).

Reproduction en noir et blanc d’un croquis illustrant le mécanisme de refroidissement d’une surface glacée pour jouer au hockey.

Demande de brevet d’une patinoire de glace. (numéro de brevet 156325)

Reconnus comme les chefs de file dans le développement des patinoires de hockey sur glace artificielle au Canada, on accorde aussi à Frank et à Lester Patrick le crédit d’avoir élaboré de nombreux règlements du jeu, encore en vigueur de nos jours.

Création et évolution du filet de hockey

Les premiers buts de hockey étaient formés de deux roches et par la suite de poteaux qui étaient placés à chaque extrémité de la patinoire. Au départ, les poteaux des buts étaient placés à huit pieds d’écart, distance que l’on a ensuite réduite à six pieds, cette mesure étant toujours de mise.

Une photo noir et blanc montrant des joueurs de hockey lors d’une partie sur une patinoire extérieure

Match de hockey à l’université McGill. (MIKAN 3332330)

Page dactylographiée faisant état des règlements au hockey

Règlements de l’Ontario Hockey Association, tels qu’ils sont énoncés dans le document intitulée Hockey: Canada’s Royal Winter Game. (« Hockey : le jeu hivernal royal au Canada ») (disponible en anglais seulement)

À compter des années 1890, différentes ligues de hockey ont mis à l’essai des filets de pêcheur que l’on attachait aux poteaux dans le but d’éviter tout malentendu sur la validité des buts accordés. En 1899, la toute nouvelle Canadian Amateur Hockey League adoptait officiellement l’usage de filets de hockey durant leurs matches. Les buts étaient composés d’un filet attaché à une corde reliée au sommet de chacun des poteaux des buts.

Une reproduction en noir et blanc d’un cahier de note écrit à la main avec le titre « championnat intermédiaire » [Intermediate Championship]

Procès-verbal de la réunion annuelle de la Canadian Amateur Hockey League, le 9 décembre 1899. (en anglais seulement) (MIKAN 100095 ou sur le site Web Héritage, image 95)

En 1911, Percy LeSueur, l’un des meilleurs gardiens de but à l’époque et des plus novateurs a déposé une demande de brevet afin d’améliorer le filet de hockey. En vertu de cette demande, la revendication avait pour but de permettre une plus grande précision quant à l’attribution des buts marqués. Le filet proposé par M. LeSueur visait à améliorer la conception des buts alors en usage dont la barre de soutien supérieure était en retrait de quelques pouces par rapport à la ligne de but. De fait, si un joueur de hockey faisait un tir au but de courte portée d’un angle ascendant très prononcé, la rondelle sortait du filet, même si elle avait traversé la ligne de but. Le brevet a été accordé à M. LeSueur en 1912 et le concept associé à son brevet demeure à la base du but de hockey que l’on utilise encore aujourd’hui.

Photographie en noir et blanc de portraits en médaillon de 12 hommes disposés au centre, autour d’un encadré blanc.

Photo de groupe du Ottawa Hockey Club en 1914 où figure Percy LeSueur (range du haut, au centre). (MIKAN 3386140)

Reproduction en noir et blanc d’une illustration détaillée du filet d’un but, mesures comprises.

Demande de brevet de M. LeSueur, dessin illustrant les améliorations apportées au filet d’hockey. (numéro de brevet 139387)

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la Canadian Amateur Hockey League Association, veuillez consulter le fonds Montreal Amateur Athletic Association conservé à Bibliothèque et Archives Canada.

Le masque des gardiens de but

En novembre 1959, un autre remarquable gardien de but, Jacques Plante, allait changer le monde du hockey en portant un masque sur une base régulière. Auparavant, les gardiens de but ne portaient pas de masque protecteur. Parmi les rares exceptions dignes de mention, il y avait eu Elizabeth Graham qui avait porté un masque d’escrime lors d’un match de hockey en 1927 et le gardien de but de la Ligue nationale de hockey (LNH) Clint Benedict, qui a eu recours à un masque de cuir le temps de quelques matchs en 1929. M. Plante, joueur des Canadiens de Montréal, a expérimenté le port de cet équipement au milieu des années 1950 en employant différents masques durant des entraînements et des parties hors-concours afin de se protéger des rondelles et des bâtons.

Photographie en noir et blanc d’un homme appuyé contre les bandes d’une patinoire et tenant un masque transparent dans les mains.

Jacques Plante montre un masque « Louch », qu’il a expérimenté pendant les entraînements avant 1959. (MIKAN 4814214)

Le 1er novembre 1959, après avoir subi une fracture du nez et des lacérations au visage durant un match de la LNH contre les Rangers de New York, il revient du vestiaire avec un masque conçu par un spécialiste de la fibre de verre, Bill Burchmore.

En janvier 1960, Jacques Plante commence à porter un nouveau masque plus léger, communément appelé le « bretzel », fabriqué par M. Burchmore à partir de 540 fils en fibre de verre tissés.

Photographie en noir et blanc d’un gardien de but masqué défendant son but. Derrière lui, d’autres joueurs (sans casque) qui tombent sur la glace, tentant de s’emparer de la rondelle.

Jacques Plante en action portant un second type de masque le 17 janvier 1960. (MIKAN 4814205)

Photographie en noir et blanc d’un homme qui enlève son masque de gardien de but.

Jacques Plante relevant son masque de hockey. (MIKAN 3628632)

D’autres gardiens de but suivront son exemple et le masque ne tarde pas à devenir une pièce d’équipement courante pour cette position. Jacques Plante continuera d’améliorer les masques de gardien de but et il créera sa propre entreprise de fabrication de masques vers la fin de sa carrière de hockeyeur.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur Jacques Plante et ses innovations, consulter le fonds Jacques et Caroline Raymonde Plante conservé à Bibliothèque et Archives Canada.

Les porteurs des voitures-lits

Par Dalton Campbell

Les voitures-lits sont introduites au Canada dans les années 1870 par la Pullman Palace Car Company. Celle‑ci construit et exploite des voitures ferroviaires de luxe dont les sièges sont convertibles en lits superposés; les sièges forment la couchette inférieure, tandis que la couchette supérieure est abaissée depuis le plafond. Les voitures Pullman sont reconnues pour leurs commodités, leur confort et le service assuré par les porteurs.

Photographie en noir et blanc de trois hommes près d’une voiture ferroviaire. Un chef cuisinier se tient sur les marches d’accès au train, un autre tient la main-courante, et le troisième, un porteur, est légèrement à l’écart, à côté du train.

Un porteur en compagnie de deux autres employés pendant un arrêt effectué lors de la visite de sir Arthur Conan Doyle au Canada, en 1914. (a011186)

Photographie en noir et blanc d’une femme de profil, étendue sous les couvertures de la couchette inférieure, lisant un journal.

Le soir, les porteurs préparent les lits. Un des sièges est ouvert afin d’aménager une couchette inférieure confortable. Alors que les passagers dorment, les porteurs continuent de travailler au delà de minuit. Ils peuvent faire un somme pendant la nuit s’il n’y a pas d’appels ou d’urgences, mais ils se réveillent avant l’aube afin d’entreprendre leur journée de travail. 1937. (e010861953)

Photographie en noir et blanc de passagères assises dans une voiture-lits, regardant par les fenêtres.

Pendant que les passagers déjeunent, les porteurs convertissent les couchettes en sièges. La couchette supérieure est rangée à l’intérieur des panneaux, au-dessus des sièges. 1929. (e010861953)

Au début du XXe siècle, les sociétés de chemins de fer font partie des rares entreprises canadiennes à embaucher des Noirs. Cette occasion attire beaucoup d’hommes, mais il y a des restrictions : les chemins de fer n’embauchent des Noirs qu’à titre de porteurs, et, de la Première Guerre mondiale aux années 1950, aucun Noir n’est engagé ou promu à un poste d’ingénieur, de chef de train ou à tout autre poste à bord du train.

Les porteurs servent les passagers tout au long du voyage; ils les aident à embarquer et à débarquer; servent des boissons et des collations; préparent les couchettes; font les lits; cirent les chaussures; s’occupent des jeunes enfants et les divertissent; et répondent aux moindres désirs et besoins des clients. Pourtant, malgré leur rôle essentiel et leur présence constante, ils sont relégués à l’arrière-plan.

Photographie en noir et blanc de personnes à une gare. Un porteur transportant des bagages sur un chariot est vu de dos. Deux passagers élégamment vêtus discutent avec un préposé aux billets. Sur le mur derrière eux, un panneau d’information annonce le train Dominion, qui part de Montréal pour se rendre à Vancouver. Un train de voyageurs est visible à l’arrière-plan.

Un porteur se charge des bagages de passagers sur le point de monter à bord du Dominion à la gare Windsor de Montréal, au Québec, vers 1947. (e003641861)

Les hommes touchent un salaire de base, parcourent le Canada et rencontrent des voyageurs. Stanley Grizzle, un ancien porteur de voitures-lits, affirme dans son autobiographie que les porteurs sont admirés au sein de la communauté noire.

Cependant, la médaille a un revers. Les porteurs travaillent de longues heures, doivent être disponibles à toute heure du jour ou de la nuit, et dorment dans des couchettes aménagées dans le compartiment pour fumeurs des hommes. Ils passent souvent plusieurs jours consécutifs loin de chez eux. De plus, ils craignent les plaintes des passagers et font fréquemment l’objet de mesures disciplinaires sévères de la part de la direction. Les porteurs sont en outre exposés à des représailles s’ils signalent que des passagers jouent à l’argent, consomment trop d’alcool ou se livrent à des activités illicites.

Les porteurs doivent endurer les insultes et les sobriquets des passagers. Par exemple, Stanley Grizzle écrit que les porteurs se font souvent appeler « George », en référence à George Pullman, premier propriétaire de la Pullman Car Company. De plus, les porteurs doivent compter sur les pourboires des voyageurs. Selon Grizzle, si l’argent est le bienvenu, le fait de demander un pourboire est humiliant, renforce l’impression d’asservissement et permet à l’entreprise de justifier les maigres salaires.

Photographie en noir et blanc d’une foule et de bagages sur le quai, à côté d’un train de passagers. Deux porteurs se trouvent à côté du train. Le premier est sur le quai et veille sur les bagages tandis que l’autre est debout à la porte de la voiture. Au premier plan se trouve une automobile portant la mention « Jasper Park Lodge » sur la portière. Des montagnes sont visibles au loin.

Deux porteurs aident des passagers et d’autres membres de l’équipage à la gare de Jasper, en Alberta, en 1929. (a058321)

La Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs se forme au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Le syndicat négocie des augmentations salariales, de meilleures conditions de travail (et de sommeil), des mesures disciplinaires plus justes et transparentes, et la fin de la discrimination raciale en matière d’embauche et de promotion. En raison des changements qui affectent l’industrie du voyage, les sociétés de chemins de fer emploient de moins en moins de porteurs de voitures-lits à partir des années 1960. En 1999, Patrimoine canadien a dévoilé une plaque à la gare Windsor de Montréal, au Québec, en hommage aux porteurs des voitures-lits.

Ressources connexes


Dalton Campbell est archiviste à la section Science, environnement et économie dans la division des Archives privées.

Un casier pour tout tout tout

Vous visiterez bientôt Bibliothèque et Archives Canada au 395, rue Wellington à Ottawa pour faire des recherches? On vous demandera peut-être – et plus d’une fois– si vous avez besoin d’un casier. Voyons voir pourquoi.

À votre arrivée, au rez-de-chaussée, le commissionnaire au bureau de la sécurité vous demandera si vous voulez un casier pour ranger vos effets personnels : manteau, chapeau, sac, parapluie… Vous vous en doutez bien, tous ces articles sont interdits dans les salles de référence ou de consultation, pour protéger la collection contre les dommages et les pertes. On vous offrira donc de les ranger pour la journée dans un casier situé au rez-de-chaussée. Vous devrez laisser la clé de votre casier au bureau de la sécurité chaque fois que vous quittez l’édifice (que ce soit pour un moment ou à la fin de la journée), même si vous prévoyez revenir.

Vous pourriez aussi avoir besoin d’autres casiers au 3e étage pour y entreposer temporairement des documents d’archives, des documents publiés ou des documents à accès restreint. Ces trois types de casiers peuvent être réservés pour des périodes allant jusqu’à un mois, et la réservation est renouvelable.

Le premier type de casier au 3e étage – le plus commun – sert à entreposer des documents d’archives dont l’accès est ouvert; il est possible d’en réserver jusqu’à trois. Vous pouvez en faire la demande si vous prévoyez venir sur place pour faire vos recherches; vous pouvez aussi en réserver auprès du personnel des Services de consultation lorsque vous soumettez une demande anticipée de retrait de documents. Le bureau de la sécurité du rez-de-chaussée conserve les clés de ces casiers; vous devez les y laisser dès que vous quittez l’édifice, que ce soit pour un moment ou à la fin de la journée.

Le deuxième type de casier au 3e étage – plus petit – sert à entreposer temporairement les documents publiés que vous avez demandés, lorsqu’ils sont peu volumineux. La procédure de réservation est la même que celle expliquée précédemment.

Le troisième type de casier est réservé aux documents à accès restreint (code 32). Encore une fois, vous pouvez en réserver un de la même façon. Cependant, les clés ne vous sont pas données automatiquement : le commissionnaire posté dans le foyer du 3e étage vérifie d’abord si vous avez le droit d’utiliser ce type de casier.

Enfin, lorsque vous réservez un casier au 3e étage, n’oubliez pas ceci :

  • Rangez-y seulement le matériel de Bibliothèque et Archives Canada (pas d’effets personnels)
  • N’y rangez pas de microfilms d’archives ni de microfilms en libre-service
  • Notez que les périodes de prêt pour les casiers et le matériel sont souvent différentes
  • Renouvelez le prêt de votre casier et de vos documents pour éviter que ceux-ci ne soient retournés en entreposage avant la fin de vos travaux
  • Tout article en retard peut être retiré de votre casier et retourné en entreposage, même si la période d’emprunt du casier n’est pas expirée
  • Pour prolonger la période de prêt de votre casier ou de vos documents en dehors des heures normales, faites-en la demande par courriel à consultationtext@bac-lac.gc.ca, en fournissant tous les détails pertinents

Album photos no 47 : Compte rendu d’une expédition authentique et reconstituée dans l’Ouest canadien : un mystère!

Dans les précédents textes affichés, « La tournée de l’Ouest canadien de sir Arthur Conan Doyle, juin 1914 » et « Une visite au parc national Jasper », nous avons suivi sir Arthur Conan Doyle alors qu’il traversait le Canada en 1914. Les images du voyage sont tirées d’un grand album d’épreuves photographiques rassemblées par William Topley qui devait prétendument saisir les déplacements de l’auteur. Après des recherches approfondies, on observe certains faits étranges quant au montage de l’album.

L’album photos (voir des pages de l’album ci-dessous) nous apparaît non seulement comme un compte rendu de la tournée de Conan Doyle de 1914, mais aussi comme la reconstitution d’un voyage qu’un immigrant ou un touriste aurait effectué en empruntant le réseau de la Grand Trunk Pacific Railway Company.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de personnes assis sur une véranda qui donne sur un boisé.

Le groupe de Conan Doyle assis sur une véranda. Sir Arthur Conan Doyle se trouve à la droite.

Indices

D’abord, les négatifs originaux en nitrate de cellulose et sur support de verre se trouvent dans le fonds Topley plutôt qu’en possession du ministère de l’Intérieur, qui a embauché le photographe pour la tournée de Conan Doyle.

En second lieu, l’album photos est conservé dans le fonds du ministère de l’Intérieur dans une série intitulée Division de l’immigration. Albums photographiques de peuplement canadien. Dans la notice Mikan, on peut lire que les albums de cette série renferment des photographies prises par deux photographes, John Woodruff et Horatio Topley, employés du studio William Topley. Toutefois, les photographies qui se trouvent dans l’album de sir Arthur Conan Doyle portent une indication claire selon laquelle elles ont été prises par William Topley, plutôt que par son frère, qui est décédé en 1910.

Troisièmement, alors que la notice Mikan —Tournée de sir Arthur Conan Doyle — laisse croire que tout l’album porte sur la tournée de Conan Doyle, une inspection rigoureuse de l’album en soi révèle que seule une partie des photographies ont été prises durant la tournée! La dernière partie de l’album contient des photos de lieux à proximité du reste du parcours de la Grand Trunk Pacific Railway Company de Jasper (Alberta) en passant par le centre nord de la Colombie-Britannique jusqu’à Prince Rupert sur la côte du Pacifique, des lieux que Conan Doyle n’a pas visités puisqu’il a emprunté la route de l’est après son séjour dans le parc national Jasper.

Pourquoi ces autres photos sont-elles donc dans l’album? En consultant l’instrument de recherche pour la série SC du studio Topley (en anglais seulement), nous apprenons que M. Topley aurait peut-être voyagé à bord du Grand Trunk Pacific Railway afin de photographier le glacier du mont Robson et le lac Berg en 1913. En juillet 1915, il serait possiblement monté à bord du train à Jasper (Alberta) jusqu’à Prince Rupert (Colombie-Britannique). En route, il aurait photographié :

Photographie d’une liste dactylographiée de numéros de photographies et de noms de lieux situés le long du Grand Trunk Railway.

Instrument de recherche inséré au début de l’album photos de sir Arthur Conan Doyle de la Division de l’immigration et énumérant les photographies contenues dans l’album.

Le ministère de l’Intérieur a fort probablement engagé M. Topley pour consigner ces voyages, car le Ministère lui a confié d’importants mandats au cours des deux premières décennies du 20e siècle. En 1917, le ministère de l’Intérieur a publié le livre, Description of and Guide to Jasper Park (en anglais seulement), qui renferme plusieurs photos de M. Topley tirées de son voyage de 1914 avec Conan Doyle et une photo de son voyage de 1915 (en anglais seulement).

Photographie d’un album photos, montrant trois photographies en noir et blanc d’une ville.

Page tirée de l’album comportant des photographies de la ville d’Edmonton.

Photographie d’un album photos, montrant quatre photographies en noir et blanc de groupes de personnes avec des chevaux et des tentes.

Page de l’album montrant des photographies prises lors d’une expédition de journalistes dans le parc Jasper où l’année 1915 est clairement indiquée.

Photographie d’un album, montrant quatre photographies en noir et blanc de divers paysages en Colombie-Britannique, dont des totems à Kitwanga, une vue du village, un guérisseur non identifié et un pêcheur près d’un cours d’eau.

Album montrant des lieux en Colombie-Britannique que Conan Doyle n’a pas visités durant sa tournée.

Collage de deux images. La première est une étiquette expliquant la marche à suivre pour commander la reliure, si nécessaire, et la seconde montre deux photographies en noir et blanc : une du pont d’Ottawa et l’autre portant la légende : « Str. Prince Rupert leaving for Vancouver » (le navire à vapeur Prince Rupert quitte Vancouver).

Première et dernière pages de l’album. La dernière photographie montre un navire à vapeur qui se dirige vers Vancouver. Toutefois, le groupe de Conan Doyle n’est jamais allé au-delà du mont Robson.

Que le ministère de l’Intérieur ait conçu l’album pour qu’il soit consulté par la population ou non, de toute évidence, les excursions de M. Topley vers l’Ouest étaient accrocheuses. Le photographe a été interpellé par les magnifiques paysages de l’Ouest. Andrew Rodger, archiviste de photos de Bibliothèque et Archives Canada, aujourd’hui à la retraite, et expert de l’œuvre de M. Topley, écrit dans le Dictionnaire biographique du Canada : « Topley et sa femme, qui mourut en 1927, passèrent une grande partie de leurs dernières années à Edmonton avec leur fille, Helena Sarah, et leur beau-fils, Robert C.W. Lett. Ce dernier, un employé de la Grand Trunk Pacific Railway Company, a probablement contribué à ce que le nom Topley soit attribué à une collectivité située sur le réseau de cette ligne ferroviaire, dans le nord de la Colombie-Britannique. »

William Topley est décédé à Vancouver en 1930.

 

La conservation des cahiers de dessins de William Redver Stark : dates et lieux

Dans cette dernière partie concernant l’ordre des pages, nous allons nous intéresser aux dates et lieux de séjour de William Stark en Europe, en recoupant les informations consignées dans ses cahiers avec les événements vécus par son unité militaire et les lieux où elle a été déployée.

Dans plusieurs de ses cahiers, Stark a écrit le nom de la ville ou du village qu’il a dessiné, en y ajoutant parfois la date. Ces annotations nous permettent aujourd’hui de bien mesurer le temps que Stark a passé en France et en Belgique; elles sont aussi très utiles pour replacer les feuilles détachées en ordre séquentiel.

Nous avons pu vérifier plusieurs de ces dates et lieux en consultant les journaux de guerre du 1er bataillon des troupes ferroviaires canadiennes. Les journaux de guerre sont des comptes rendus quotidiens des unités de la Première Guerre mondiale.

Photographie couleur d’un cahier de dessins ouvert, montrant une aquarelle d’un train transportant un canon naval allemand monté sur un wagon. Le canon est entièrement recouvert de peinture de camouflage. Des soldats se tiennent debout à proximité; ils regardent le canon et discutent.

Cahier de dessins montrant un canon capturé lors de la deuxième bataille de la Somme, daté d’août 1918 par Stark. (MIKAN 3029137)

Reproduction en noir et blanc d’une page dactylographiée où l’on peut lire une inscription datée du 14 août 1918 : « Le gros canon naval allemand de 11,5 pouces sur rails, capturé durant la récente attaque, a été transporté depuis le Chemin Vert. Il a été capturé en entier, avec les munitions et la locomotive. […]

Page du journal de guerre du 1er bataillon des troupes ferroviaires canadiennes où est consignée la capture d’un canon naval allemand le 14 août 1918.

Une photographie couleur d’un cahier de dessins vu de biais, montrant les berges d’une rivière avec la date et le lieu dans le coin inférieur droit, « Perrone avril 17 ».

Vue de Péronne, trouvée dans le cahier de dessins no 7 et datée d’avril 1917 (MIKAN 3028908).

Une reproduction en noir et blanc d’une page manuscrite portant l’inscription suivante datée du 15 avril 1917 : « […] le quartier général du bataillon a été déménagé à Peronne. »

Le journal de guerre du 1er bataillon des troupes ferroviaires canadiennes montrant la première inscription faisant référence au déménagement du quartier général du bataillon à Péronne.

Veuillez consulter Flickr pour voir d’autres images illustrant la conservation de livres et de documents visuels.

Données ouvertes : rendre accessibles les anciennes études du gouvernement du Canada

Le Plan d’action du Canada pour un gouvernement ouvert explique comment le gouvernement fédéral fait la promotion de la transparence et de la responsabilité et favorise l’engagement des citoyens en diffusant des données gouvernementales sans en restreindre l’utilisation. L’information communicable se divise en deux catégories : les données structurées (lisibles à la machine) et l’information ouverte (les documents non structurés et les documents multimédias). L’information sera affichée sur le site Web du gouvernement ouvert en vertu de la licence du gouvernement ouvert pour qu’elle soit facile à découvrir et à réutiliser. Les données structurées seront offertes sur le portail des données ouvertes, et l’information non structurée, sur le portail d’information ouverte.

Bibliothèque et Archives Canada extrait actuellement des dispositifs de stockage désuets les ensembles de données générés par des études de ministères fédéraux. Celles‑ci portent sur une vaste gamme de sujets comme l’environnement, la santé et l’immigration. Le contenu numérique généré par ces études est acquis depuis le début des années 1970; les structures de fichiers et les schémas d’encodage désuets sont transformés pour que les ordinateurs contemporains, qui utilisent le schéma d’encodage ASCII, puissent les lire.

Les ensembles de données seront accessibles sur le portail des données ouvertes après leur migration. Des listes de codage décrivant la structure des fichiers et définissant les variables inscrites dans chacun des champs seront également fournies. Les ensembles de données migrés seront présentés sous forme de données brutes. Un logiciel spécialisé, comme une feuille de calcul ou un outil statistique, sera nécessaire pour interpréter et analyser le contenu de chaque fichier. Les données brutes préservent l’intégrité du contenu archivistique et vous permettront de faire votre propre interprétation et analyse.

D’autres nouvelles sur les ensembles de données publiés seront diffusées au cours des prochains mois.

La tournée de l’Ouest canadien de sir Arthur Conan Doyle : une visite au parc national Jasper

Le 11 juin 1914, sir Arthur Conan Doyle et son épouse se trouvaient à bord d’un train de la Grand Trunk Pacific Railway Company, en route vers la ville de Jasper dans le parc national Jasper, en Alberta. Plus tard, M. Conan Doyle décrira son expérience dans son autobiographie intitulée Memories and Adventures (disponible en anglais seulement) comme suit :

« Le parc de Jasper est l’un des formidables parcs de récréation et de santé que le gouvernement canadien, dans sa grande sagesse, a constitués au bénéfice de ses citoyens. Quand le Canada sera plus densément peuplé, sa population bénira la vision de ces administrateurs qui ont pris possession de larges portions de ces magnifiques territoires pour les préserver à tout jamais de l’avidité des spéculateurs fonciers. » [Traduction libre]

Cette prise de position s’est avérée une véritable mine d’or pour les agents de tourisme du gouvernement! Durant la visite de M. Conan Doyle, le commissaire des parcs nationaux canadiens, J. B. Harkin, a lui-même contribué à la promotion des parcs nationaux en publiant une brochure intitulée « Just a Sprig of Mountain Heather. » [Une brindille de bruyère de montagne] (disponible en anglais seulement)

La visite du parc Jasper dura huit jours. M. Conan Doyle fut reçu par un vieil ami, le colonel Rogers, directeur du parc Jasper. L’auteur nota ceci : « Durant une semaine, nous y avons vécu une vie simple et naturelle. » [Traduction libre]

Une photographie en noir et blanc montrant une galerie avec des sièges pour profiter du panorama. Le style architectural est rustique, avec des pierres de rivière et des billots en bois rond sommairement dégrossis.

La galerie du bâtiment administratif du parc Jasper, en Alberta, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587685)

M. Conan Doyle décrit ainsi ses impressions de la ville de Jasper : « La vie à Jasper m’a intéressé, car j’y ai découvert la toute première phase de développement d’une ville canadienne. Elle deviendra sans aucun doute une place importante, mais à l’époque, exception faite de la résidence du colonel Rogers et de la gare, on n’y trouvait que des cabanes en bois rond et de petites maisons de bois. » [Traduction libre] M. Conan Doyle et son épouse ont visité de nombreux sites aujourd’hui célèbres, dont le lac
Pyramide, le lac Edith, la rivière Maligne et son canyon.

Une photographie en noir et blanc montrant un homme et une femme avec un cheval près d’un lac. L’homme est assis et la femme tient la bride du cheval. Il y a de grands conifères derrière eux.

Un couple avec un cheval au lac Pyramide, en Alberta, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587697)

Une photo en noir et blanc, montrant un groupe de personnes devant une cabane rustique en bois rond.

Le groupe de sir Arthur Conan Doyle préparant son dîner à l’extérieur (MIKAN 3587725)

Une photo en noir et blanc montrant une personne à pied et cinq autres à cheval, traversant un cours d’eau sur un pont en bois rond; il y a des montagnes en arrière-plan.

Le groupe de sir Arthur Conan Doyle traversant la rivière Athabasca, en Alberta (MIKAN 3303264)

Un train spécial a été affrété pour amener sir Arthur Conan Doyle, sa femme, et des amis visiter la région du mont Robson. Cette montagne, située en Colombie-Britannique tout près de la frontière avec l’Alberta, est l’une des plus hautes et des plus symboliques montagnes des Rocheuses canadiennes. William Topley, le célèbre photographe d’Ottawa, a pris ces photos.

Une photographie en noir et blanc montrant un train arrêté près d’une rivière.

Le train près de Lucerne, en Colombie-Britannique, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587749)

Une photographie en noir et blanc montrant un homme marchant sur la voie ferrée, en direction du mont Robson, qu’on distingue au loin.

Un homme marchant sur la voie ferrée, avec le mont Robson en arrière-plan, par William Topley, 1914 (MIKAN 3587770)

Aujourd’hui, cent ans après, le paysage n’a à peu près pas changé. Le mont Robson est toujours aussi difficile à photographier, car son sommet est la plupart du temps obscurci par les nuages; Topley a été extrêmement chanceux de pouvoir réaliser une photo d’une telle clarté. Après cette excursion, M. Conan Doyle a eu l’occasion d’examiner les plans du premier terrain de golf de Jasper (comme on peut le lire dans l’édition 1914 de Golf Illustrated [disponible en anglais seulement]). Il a aussi joué un rôle important durant une partie de baseball opposant les équipes de Jasper et de Edson : c’est lui qui a lancé la première balle! Même si M. Topley a raté ce moment historique, un photographe local a eu cette chance.

Le voyage de retour de Conan Doyle

Nous n’avons aucune photo du retour de Conan Doyle vers l’est du pays, peut-être parce que l’intention de ce voyage était de faire la promotion de l’Ouest canadien et de son tout nouveau parc national. Nous savons que les époux Conan Doyle ont quitté Jasper le 19 juin et qu’au retour, ils sont passés par Winnipeg, pour ensuite longer la rive nord du lac Supérieur, traverser le parc Algonquin jusqu’aux chutes du Niagara et terminer leur périple à Ottawa, à temps pour la fête du Dominion (fête du Canada). Ils sont repartis pour l’Angleterre le 4 juillet. Ce voyage les a certainement marqués, car ils sont revenus avec leurs enfants pour visiter de nouveau le parc Jasper durant les années 1920.

La Première Guerre mondiale éclata un mois plus tard, ce qui accentue le caractère poignant du poème de sir Arthur Conan Doyle, The Athabasca Trail (disponible en anglais seulement), un véritable rêve éveillé.

Dans le dernier article de cette série de blogues, nous examinerons de plus près la collection de photos relatives au voyage de sir Arthur Conan Doyle; nous explorerons le mystère qui entoure certaines d’entre elles. Par exemple, pourquoi y trouve-t-on des images de lieux en Colombie-Britannique que M. Conan Doyle n’a jamais visités?

Les écritures syllabiques autochtones

Avant la création des systèmes d’écriture syllabiques, les peuples autochtones transmettaient leurs connaissances culturelles de diverses manières : oralement, par des ceintures wampum, des mâts totémiques, des gravures sur pierre, des peintures ou des hiéroglyphes (des symboles dessinés sur des morceaux d’écorces de bouleau ou des peaux d’animaux et représentant des mots ou des concepts). L’écriture syllabique est la première forme d’écriture autochtone grâce à laquelle tout ce qui était exprimé verbalement dans une langue autochtone pouvait l’être aussi par écrit.

Le révérend James Evans, un missionnaire méthodiste, a souvent été crédité de l’invention de la première forme d’écriture syllabique autochtone, vers 1839-1840, lors de son séjour à Norway House, dans ce qui est maintenant le Manitoba. Avant l’introduction d’un système d’écriture syllabique, les missionnaires et les linguistes traduisaient les textes religieux en diverses langues autochtones, en utilisant l’alphabet romain. Le révérend Evans souhaitait que ses paroissiens cris puissent apprendre à lire et à écrire, mais il trouvait que l’alphabet romain présentait des lacunes à cet égard. En conséquence, il entreprit de concevoir un système d’écriture qui serait plus représentatif des sons et des mots de la langue crie.

Une photo en couleur montre une main tenant un livre par le coin inférieur gauche. Le livre est ouvert à la page frontispice, où l’on voit un portrait dessiné du missionnaire méthodiste James Evans; celui-ci porte des vêtements typiques du 19e siècle et regarde directement le lecteur.

Portrait de James Evans, créateur de l’écriture syllabique crie, tiré du livre de 1890 « James Evans: Inventor of the Syllabic System of the Cree Language » (AMICUS 6941574)

Pour concevoir son écriture syllabique, Evans s’est inspiré des caractères sténographiques d’Isaac Pitman (un système phonétique utilisant des symboles pour représenter des sons) et du braille (une écriture tactile pour les malvoyants constituée de points en relief). Evans utilise neuf formes géométriques pour représenter les consonnes, les orientations de celles-ci suggérant les voyelles qui suivent. L’écriture syllabique créée par Evans constitue non seulement la première forme d’écriture autochtone, mais aussi le premier système canadien d’écriture et le premier caractère typographique inventé au Canada. Pour ses fontes de caractères, il a recyclé du métal garnissant l’intérieur des caisses de thé de la Compagnie de la Baie d’Hudson; il a aussi modifié des presses à fourrures, servant à aplatir les ballots de fourrures, afin de les transformer en presses à imprimer. Evans et ses paroissiens ont utilisé l’écriture syllabique pour imprimer des textes religieux sur des écorces de bouleau, sur des peaux de chevreuil et sur du papier.

Photographie en couleur de deux pages d’un livre en écriture syllabique crie, donnant des exemples de caractères syllabiques. La première page montre des caractères syllabiques initiaux ou primaires, et des exemples de syllabes. La deuxième page montre des exemples de caractères syllabiques finaux ou terminaux, et des exemples de formation de mots.

Images du livre de 1890 « James Evans: Inventor of the Syllabic System of the Cree Language »  (AMICUS 6941574). On y voit les formes géométriques syllabiques représentant des consonnes et leurs différentes orientations représentant les voyelles.

Conçue à l’origine pour diffuser des documents religieux, l’écriture syllabique a ensuite été largement utilisée par les Cris pour leurs propres besoins. Cette écriture est devenue partie intégrante de l’identité crie, même si elle a été créée par un missionnaire non autochtone; elle est encore en usage au Canada.

L’écriture syllabique de James Evans a été adaptée pour d’autres langues autochtones, notamment pour l’inuktitut. D’abord répandue par le missionnaire Edmund Peck, l’écriture syllabique est encore utilisée aujourd’hui par des milliers de personnes parlant l’inuktitut.

Lors de la création du Nunavut en 1999, le gouvernement territorial a mandaté William Ross Mills de la société Tiro Typeworks, pour concevoir des polices de caractères syllabiques numériques. Le produit final comprend notamment les polices Pigiarniq et Euphemia. La police Euphemia comprend tous les systèmes d’écriture syllabiques pour la plupart des langues autochtones parlées au Canada. Ceci explique pourquoi Microsoft et Apple ont obtenu les licences appropriées; ces polices sont aujourd’hui accessibles de manière standard sur tous les ordinateurs. Ceci permet donc aux locuteurs de l’inuktitut d’utiliser à peu près n’importe quel ordinateur partout dans le monde et de communiquer par écrit dans leur propre langue.

Image en couleur d’un livre écrit en caractères syllabiques inuktitut. Le livre est ouvert pour montrer les deux premières pages. Celle de gauche présente le syllabaire inuktitut et celle de droite présente un texte rédigé en syllabique inuktitut.

Le premier livre en inuktitut imprimé en caractères syllabiques, « Selections from the Gospels in the Dialect of the Inuit of Little Whale River », imprimé par John Horden entre 1855 et 1856, à Moose Factory, Ontario (AMICUS 13853827).

Pour plus d’informations concernant les systèmes d’écriture syllabiques autochtones canadiens, veuillez consulter les ouvrages suivants. La plupart sont disponibles en librairie ou en ligne.

  1. Banks, Joyce M. (2004), « And not hearers only: Books in Native Languages », History of the Book in Canada, volume 1, éd. Patricia Lockhart Fleming et coll., Toronto : University of Toronto Press. (AMICUS 29599541)
  2. Bringhurst, Robert (2008), « The Invisible Book », The Surface of Meaning: Books and Book Design in Canada, Vancouver, Canadian Centre for Studies in Publishing Press (AMICUS 33832941).
  3. « Écriture syllabique crie », Encyclopédie Canadienne (2015).
  4. Edwards, Brendan Frederick (2005), « To put the talk upon paper: Aboriginal Communities », History of the Book in Canada, volume 2, éd. Patricia Lockhart Fleming et coll., Toronto : University of Toronto Press. (AMICUS 29599541)
  5. McLean, John (1890), James Evans: Inventor of the Syllabic System of the Cree Language, Toronto : Methodist Mission Rooms. (AMICUS 6941574)
  6. Pirurvik Centre for Inuit Language, Culture, and Wellbeing (en anglais et Inuktitut seulement).