Molly Lamb Bobak : première artiste de guerre du Canada

Le 24 mai 2015 marque le 70e anniversaire de la nomination de Molly Lamb Bobak comme première femme artiste de guerre du Canada pendant la Deuxième Guerre mondiale.

En 1942, Molly Lamb Bobak venait de finir son cours à l’école des arts de Vancouver. La jeune peintre talentueuse a rapidement joint le Service féminin de l’Armée canadienne en tant que dessinatrice, rêvant de devenir un jour artiste de guerre officielle. Elle a travaillé comme serveuse dans les cantines avant d’être envoyée en formation de base en Alberta. En 1945, elle est finalement promue au grade de lieutenant de la section historique des Forces armées canadiennes.

Photographie en noir et blanc prise de côté montrant une femme en uniforme souriante assise sur un quai avec un tableau à dessin et un crayon dans la main. En arrière-plan, on voit un jeune enfant blond et des voiliers à quai.

Molly Lamb, artiste de guerre, du Service féminin de l’Armée canadienne, en train de dessiner à Volendam, Pays-Bas, septembre 1945 (MIKAN 3217951)

Peu après s’être enrôlée, Molly Lamb Bobak a commencé à écrire son journal qui est un précieux témoignage du rôle du Service féminin de l’Armée canadienne dans l’effort de guerre. Intitulé simplement W110278, d’après son numéro matricule, le journal est un compte rendu personnel et instructif, écrit à la main, de la vie quotidienne dans l’armée, accompagné de ses dessins. Échelonné entre novembre 1942 et juin 1945, le journal contient 147 feuillets et presque 50 esquisses sur des feuilles volantes intercalées dans les pages.

La première page indique bien le ton humoristique et l’approche unique employés tout au long du journal. Il est écrit à la manière d’un quotidien, la mise en page est semblable à celle des journaux grand format. Le premier titre à la une est le suivant « Une jeune femme franchit une étape des plus importantes! « Vous faites maintenant partie de l’Armée », votre test médical a été accepté. » [Traduction]

Suivent ensuite des bulletins de nouvelles écrits à la main, parsemés d’anecdotes amusantes et d’illustrations animées qui racontent l’expérience des jeunes femmes et leur vie dans l’armée pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le tout constitue un registre quotidien personnel de la vie dans le Service féminin de l’Armée canadienne à l’époque de Molly Lamb Bobak.

Trois ans après s’être enrôlée, Moly Lamb Bobak atteint son but ultime lorsqu’elle est nommée la première femme artiste de guerre au Canada et est envoyée outre-mer après le cessez-le-feu, où elle peint en Angleterre, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne.

Pour célébrer le 70e anniversaire de la nomination de Molly Lamb Bobak comme première artiste de guerre du Canada, Bibliothèque et Archives a numérisé en entier son journal de la Deuxième Guerre mondiale en couleurs, en faisant ainsi un trésor national disponible en ligne.

Ressources connexes

Nouveaux livres ajoutés à la Collection de livres rares : stabilisation du cuir

Une collection de livres publiés avant 1800 a été récemment transférée dans la Collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Un recensement de la collection a révélé que la plupart des livres présentaient une détérioration du cuir à divers niveaux. Dans certains cas, le cuir était fissuré et s’écaillait, et dans des cas extrêmes, le cuir s’effritait. C’est un problème courant et inhérent au cuir fabriqué à cette époque. Deux processus contribuent à la détérioration du cuir : la réaction aux polluants environnementaux des tanins utilisés dans la fabrication du cuir (hydrolyse) et l’exposition du cuir à la lumière, à la chaleur et à l’oxygène (oxydation). L’hydrolyse et l’oxydation entraînent la désintégration progressive des fibres du cuir et affaiblissent son intégrité structurale. Le sous-produit de la désintégration du cuir est une poudre acide, souvent de couleur rouge ou orangée. Non seulement cette détérioration constitue-t-elle une menace immédiate pour la structure du livre, mais elle menace également le reste de la collection à cause de la contamination par la poussière et les particules du cuir. Dans bien des cas, le cuir laisse alors des résidus visibles sur les surfaces et les livres environnants. Pour ces raisons, les restaurateurs de BAC ont mis au point et effectué un traitement correctif pour stabiliser le cuir.

Photographie en couleur montrant plusieurs livres sur une table. Le livre à l'avant-plan présente un cuir extrêmement détérioré, et le dos du livre s'est détaché de la couverture.

Cuir détérioré : La première étape du processus consistait à évaluer le degré de détérioration et de procéder à un nettoyage initial de la surface des livres afin de retirer autant de poussière de cuir que possible. Ce travail a été réalisé dans la chambre forte des livres rares, sur les 500 livres, à l’aide d’un petit aspirateur et d’une petite brosse.

La méthode la plus efficace pour stabiliser un cuir détérioré consiste à utiliser un agent de consolidation de surface. Un agent de consolidation est une solution qui est appliquée directement sur le cuir pour sceller la surface. Bien qu’il ne puisse arrêter ou inverser l’instabilité chimique dans un cuir dégradé, il crée une barrière qui protège le cuir contre les particules dans l’air et réduit l’effritement. De plus, la manipulation des livres en cuir dont la surface a été consolidée est beaucoup plus propre.

Tests

Une série de tests ont été effectués afin de déterminer la sensibilité du cuir à l’eau et aux solvants. En nous fondant sur ces résultats, nous avons trouvé la recette d’agent de consolidation la plus appropriée.

Photographie en couleur montrant un morceau de papier divisé en carrés avec des échantillons de cuir dans chaque carré. Chaque carré montre les échantillons avant et après le test.

Le test effectué est appelé mesure de la température de rétrécissement. De petits échantillons de cuir prélevés sur les livres ont été chauffés dans l’eau jusqu’à ce qu’une réaction se produise. Plus la température de réaction est basse, moins le cuir est stable. Les tests ont conclu que certains cuirs étaient assez instables et qu’ils pouvaient être facilement endommagés par l’application d’agents de consolidation contenant de l’eau et des solvants.

Collage de trois photographies en couleur, chacune montrant un livre avec des petits drapeaux blancs dessus. Les drapeaux indiquent les zones qui ont été testées avec les agents de consolidation.

L’analyse ponctuelle : Quatre recettes d’agents de consolidation ont été créées et testées sur trois volumes représentant les espèces de cuir identifiées dans les livres d’avant 1800 : chèvre, mouton et veau. Le test consistait en un examen visuel pour déterminer la probabilité de décoloration par tachage ou de dépôt de résidus par les divers agents de consolidation de surface.

Les tests ont révélé de façon concluante qu’un agent de consolidation en particulier ne montrait aucun signe visible de tachage ou de résidus sur le cuir. Il s’agit de l’hydroxypropylcellulose dissoute dans un solvant, puis diluée dans un autre. On a donc décidé d’utiliser cette recette pour traiter la collection.

Photographie en couleur montrant une femme tenant un livre dans ses mains gantées et appliquant l'agent de consolidation avec une brosse fine sous une hotte de laboratoire.

Application de l’agent de consolidation sous une hotte de laboratoire.

L’agent de consolidation a été appliqué sur des zones précises à l’aide d’une petite brosse. Le traitement a été effectué sous une hotte de laboratoire, à cause des solvants utilisés dans la recette de l’agent de consolidation. Les livres ont ensuite été laissés pendant 24 heures sous la hotte de laboratoire afin qu’ils dégagent les gaz avant d’être renvoyés en entreposage permanent.

Maintenant que la surface en cuir des livres a été stabilisée, nous pouvons déterminer, avec l’aide des informations du recensement, si d’autres traitements sont nécessaires pour rendre ces livres plus résistants et accessibles pour les générations futures.

Les carnets de croquis de William Redver Stark : marques et papier

Dans cette partie de l’examen des carnets de croquis, nous examinerons deux facettes additionnelles de l’ordre des pages. La première partie observera les marques laissées par les instruments de l’artiste sur le papier à dessin; la seconde examinera le papier et les techniques de reliure dans les carnets de croquis.

Marques laissées par les outils

Lorsqu’un artiste dessine ou fait des esquisses, ses outils laissent fréquemment des marques profondes sur les pages. Ces marques sont de précieux indicateurs visuels qui permettent de remettre dans l’ordre des pages mélangées. Les empreintes que l’on aperçoit sur la surface du papier apparaissent comme le modèle répétitif d’une marque d’une page à la suivante.

Photographie en couleur montant un carnet de croquis qui a des marques profondément enfoncées sur l’une des pages.

Marques du crayon de l’artiste; vue du verso du dessin.

D’autres exemples de marques laissées sur la surface d’un papier sont les types de reliures qui sont utilisés par le relieur. Par exemple, lorsqu’un bloc de feuillets est cousu, le relieur appliquera une colle sur le dos. Il est possible qu’il applique trop de colle et celle-ci déborde alors de certains des trous percés pour la reliure et forme une goutte de colle à l’intérieur du feuillet au centre. Lorsqu’elle a séché et durci, la goutte peut faire une marque sur la page adjacente.

Photographie couleur montrant l’intérieur d’un feuillet; la goutte de colle est parfaitement visible avec la marque correspondante sur la page suivante.

Le résidu de colle de la structure de la reliure qui a débordé sur le feuillet du centre en laissant une marque en miroir.

Les rubans et les fils de couture utilisés dans une reliure peuvent également laisser des marques sur les pages. Les rubans de couture sont collés sous le papier des contreplats. Ils laissent souvent une marque miroir répétitive du ruban, ce qui permet de déterminer l’ordre des pages près du début ou de la fin d’un carnet de croquis. Les marques de fil de couture que l’on retrouve sur les pages détachées peuvent également fournir un bon indice pour déterminer les feuilles de papier qui se trouvent dans le feuillet au centre d’une section.

Photographie couleur montrant le dos détaché d’un carnet de croquis. La marque du ruban de couture est parfaitement visible sur la garde collée et la première page du feuillet.

Détail d’un ruban de couture situé sous la garde collée et de la marque laissée sur la page suivante.

Photographie couleur montrant un carnet de croquis ouvert posé à plat sur une table. Une alène indique les marques du fil à coudre sur le papier.

Transfert visible de la marque du fil de couture sur le papier.

Analyse des pages et du papier

Un bon nombre des carnets de croquis de Stark ont une légère déformation qui est graduelle, convexe et concave et qui s’étend à travers ou le long du bord des pages. Ce gondolage se produit lorsque des carnets de croquis sont dans un environnement très humide. Ici, l’humidité cause une distorsion permanente des pages.

Photographie couleur montrant une vue verticale d’un carnet de croquis; les sections du bas sont clairement déformées et ondulées alors que celles du haut sont parfaitement plates.

Un exemple de gondolage et d’ondulation de la première des trois sections du carnet de croquis que l’on ne retrouve pas dans les deux dernières sections.

L’un des carnets de croquis était déformé le long du bord de trois sections. Les bords ondulés s’adaptaient parfaitement les uns aux autres uniquement lorsque les pages étaient placées dans la bonne position. Ceci nous a donné la vérification requise pour l’orientation et l’ordre adéquats des pages.

Techniques de reliure

Le papier peut également révéler d’autres indices permettant de déterminer l’ordre des pages. Une façon de confirmer l’ordre des pages est d’examiner de près les techniques de reliure, ce qui fournit des preuves très utiles.

Lorsque les pages sont d’abord pliées en sections, des groupes de trois à huit feuilles de papier sont pliées ensemble. Le folio à l’intérieur de la section a naturellement un pli plus aigu que chaque feuillet subséquent dans la section. Les plis deviennent moins aigus et progressivement plus larges au fur et à mesure que le nombre de feuillets par section augmente. Un examen du pli de chaque moitié de feuillet ou de feuillet complet peut permettre de déterminer l’endroit probable dans les sections : première position, ou au centre du feuillet, deuxième, troisième, quatrième position, etc. Une mesure exacte de chaque page confirme également la position.

La technique d’arrondissure et d’endossure est une autre technique de reliure qui donne une indication de l’ordre des pages. La technique est habituellement accomplie en utilisant un marteau pour façonner un dos préalablement cousu et collé. L’arrondissure et l’endossure causent une légère courbure des sections proches du dos; les sections proches du début du livre s’incurvent légèrement vers le recto; les sections centrales sont relativement plates; et les sections proches de la fin du livre s’incurvent légèrement vers le verso. L’arrondissure et l’endossure étaient parfaitement visibles dans les carnets de croquis de Stark et donnaient ainsi une indication utile de l’ordre des sections et des pages.

Photographie couleur montrant une vue en angle d’un carnet de croquis qui met en évidence la courbure produite par la technique de reliure.

Vue de la légère courbure de la section proche du début du bloc de feuillets qui indique les effets de la technique de reliure qui peuvent permettre de déterminer l’ordre exact des pages.

Dans notre prochain volet sur l’ordre des pages, nous examinerons les dates qui sont dispersées dans les différents carnets de croquis et la façon dont elles correspondent à d’autres sources d’information à Bibliothèque et Archives Canada.

Visitez nos albums Flickr ou Facebook pour voir d’autres images de l’examen de la conservation.

À bas les parasites!

Le mot « parasite » peut désigner bien des choses, mais à Bibliothèque et Archives Canada, il fait référence à un certain nombre de créatures qui menacent les collections des bibliothèques et des archives. De nombreux insectes se nourrissent de substances que l’on retrouve sur des documents, des photographies et des livres, comme la cellulose, l’amidon et la colle. De plus, les souris aiment déchirer des bouts de papier pour faire leurs nids. Les animaux nuisibles agissent si rapidement que des documents précieux peuvent subir des dommages irréversibles en peu de temps. Il est donc important de connaître ces parasites et les moyens de les éloigner.

Un simple papier de muffin mal jeté peut alimenter neuf souris qui accoucheront de cinq à dix souriceaux chacune. Il faut bien nettoyer les zones de consommation des aliments afin de les rendre moins attrayantes pour ces petits rongeurs. Des poubelles dont le couvercle est bien ajusté sont également utiles.

Le contrôle de l’humidité à l’intérieur d’un édifice est un bon moyen d’écarter les bestioles mentionnées dans le tableau ci‑dessous. À cette fin, on peut améliorer le système de chauffage, de ventilation et de climatisation qui est en place, installer des ventilateurs dans les zones humides, poser des bourrelets de calfeutrage et des joints d’étanchéité sur les portes extérieures, etc. Des déshumidificateurs dans les zones humides peuvent rendre de précieux services. Il est également essentiel de toujours enlever la moisissure dans les endroits trop humides. Un nettoyage soigneux et des pratiques d’entretien ménager adéquates aident aussi à éloigner les parasites. Si ces derniers sont déjà présents, il faut passer l’aspirateur et balayer. Si le problème persiste, d’autres mesures peuvent être envisagées : sceller les fissures dans les fondations, le ciment ou les planchers, réparer les fuites dans les tuyaux comme les éviers et les égouts de toit, etc.

Le top cinq des bestioles indésirables dans les bibliothèques et les archives :

Parasite Taille Image Notes
Psoque Psocoptera 1 mm one Les psoques mangent de l’amidon, de la moisissure et des insectes morts, surtout s’ils sont humides, car ils ont besoin de zones humides pour croître.*
Collembole nivicole Famille des entomobryidae 1 mm  two Les collemboles nivicoles envahissent un édifice en colonie et meurent rapidement. Ils forment ainsi de la moisissure et des déchets dont les autres insectes se nourrissent. Ces organismes mangent des végétaux en décompo­sition, des moisissures, des bactéries, des excréments d’arthropodes, des algues et du pollen.*
Anthrène des tapis Anthrenus verbasci De 2 à 3 mm  three three1 Les larves des anthrènes des tapis sont particuliè­rement destructrices; elles mangent des spécimens d’animaux, du poil, des plumes et des tissus de laine.
Cloporte Famille des armadillidiidae De 8 à12 mm  four Les cloportes attirent d’autres parasites et constituent une source de nourriture pour eux.*
Lépisme Lepisma saccharina De 5 à 15 mm   five Les lépismes grignotent la surface des documents et laissent des traces bien évidentes.*

*Voir les exemples de dommages ci dessous.

Exemples de dommages causés par des insectes

Photo en couleur montrant un livre dévoré par les psoques.

Infestation de psoques (Wikipedia)

Photo couleur montrant un livre rouge avec des taches blanche ou les lépismes ont grignoté le livre.

Dommages causés par des lépismes qui ont grignoté le livre (Wikipedia)

Photo en couleur montrant une migration printanière de collemboles.

Collemboles nivicoles entrés dans un édifice; ils tachent les documents et nourrissent d’autres insectes. ©Bibliothèque et Archives Canada

Photo en couleur montrant une invasion de cloportes.

Les cloportes constituent une source de nourriture pour les souris et d’autres insectes. ©Bibliothèque et Archives Canada

 

Un ajout récent à la collection de livres rares

Une collection de 500 livres publiés avant 1800 a été récemment relocalisée dans la chambre forte des livres rares à Bibliothèque et Archives Canada pour y être conservée en permanence. Cette chambre forte offre des conditions environnementales optimales garantissant la préservation adéquate de cette collection très spéciale au bénéfice des générations futures. Avant leur transfert à Bibliothèque et Archives Canada, ces livres appartenaient à la Bibliothèque du Parlement. La majeure partie de la collection est constituée d’ouvrages publiés en Angleterre ou en France, et beaucoup de ces oeuvres comprennent plusieurs volumes. Les sujets traités vont de la géographie à l’histoire, en passant par le théâtre et les essais.

Photographie couleur montrant des rangées de livres sur une étagère. Chaque livre est identifié par une bande de papier portant une cote topographique.

Emplacement permanent dans la chambre forte des livres rares.

À propos de la collection

La plupart des livres possèdent une reliure du 18e siècle, entièrement ou partiellement en cuir, fabriquée à la main. La collection comprend également certains ouvrages reliés en papier, en tissu ou en parchemin. Les livres sont ornés de dorures et de titres complexes, et sont souvent rehaussés de papier marbré aux motifs originaux et très étonnants, utilisé généralement comme page de garde.

Photographie couleur d’un livre ouvert montrant un somptueux papier marbré servant de page de garde.

Détail d’un papier marbré.

Collage photographique en couleur de quatre estampilles représentant un castor, illustrant les différents styles d’estampilles que l’on retrouve sur les livres.

Le « castor » de la Bibliothèque du Parlement estampillé sur le dos de plusieurs livres. Le style et les motifs complexes du castor ont évolué au fil des ans, mais la marque bien connue demeure facilement identifiable.

État de conservation des livres

Avant d’être ajoutés à la collection de livres rares, plusieurs de ces ouvrages ont subi des dommages dus à différents facteurs tels que l’humidité, la température, la lumière et la poussière. Quelques livres sont en excellent état, avec une reliure et un bloc de feuilles parfaitement intacts, mais plusieurs sont endommagés et montrent des signes de détérioration. Certains volumes ont été abimés par l’eau et le feu, ou contiennent des traces d’infestation d’insectes ou de rongeurs nuisibles, alors que d’autres sont affaiblis et détériorés par des siècles de manipulation.

Pourriture rouge et détérioration du cuir

Un fort pourcentage de la collection (environ 90 %) présente une détérioration du cuir plus ou moins grave. Dans certains cas extrêmes, les conservateurs l’identifient à de la pourriture rouge. Ce genre de détérioration est un problème qui touche fréquemment les cuirs de cette époque, car les tanins utilisés dans leur processus de fabrication contiennent des produits chimiques qui, avec le temps et au contact de l’oxygène, subissent une transformation chimique qui détruit la structure moléculaire du cuir. Ce phénomène provoque un affaiblissement du cuir qui s’effrite et se transforme en poudre.

Photographie couleur d’une main gantée tenant un livre portant des signes évidents de pourriture rouge. Le gant et la manche sont couverts d’une fine poussière brun-rouge.

Un exemple de pourriture rouge — cette expression décrit la poudre rougeâtre qui apparaît à la surface d’une reliure de cuir gravement endommagée.

Prochaines étapes pour cette collection

Il y a tant à apprendre de cette collection de magnifiques livres anciens. Ne manquez pas nos prochains billets portant sur l’inventaire physique de la collection, comprenant une description détaillée de son état de conservation, des divers traitements de conservation requis, de la composition matérielle des livres, des types de décorations, etc. Consultez aussi le blogue suivant, qui explique en détail les étapes à entreprendre pour préserver cette remarquable collection.

Nouveaux livres dans la collection des Services de généalogie au 395, rue Wellington – mars 2015

Voici une liste des publications de généalogie que nous avons acquises récemment. Vous pouvez les consulter dans la Salle de généalogie et histoire familiale, au troisième étage, au 395, rue Wellington. Le lien au catalogue AMICUS comprend la cote vous permettant de trouver le livre dans les rayons.

Si vous en êtes à vos premiers pas en généalogie, vous pouvez aussi consulter notre section Généalogie et histoire familiale.

Bonne exploration!

Histoires de familles

Le grand rassemblement…: familles Zéphirina Dupuis, Aquila Dupuis, André-Joseph Dupuis : généalogie et biographie, par Francine Dupuis Loranger (AMICUS 43219206)

Mes ancêtres Laroche et Desrochers, par Lyne Laroche, Nicole Levesque (AMICUS 43036457)

The Melanson story: Acadian family, Acadian times, par Margaret C. Melanson (AMICUS 43102537)

Une famille, un village, un pays : les Gagnon, les Bergeronnes, le Québec, par Rodolphe Gagnon (AMICUS 42915824)

Histoires locales et histoires de groupes ethniques

Cartes mortuaires Les Éboulements et Saint-Joseph-de-la-Rive, par Alain Anctil-Tremblay, Jean-Philippe Tremblay (AMICUS 41850791)

Cimetières La Malbaie, par Alain Anctil-Tremblay, Jean-Philippe Tremblay (AMICUS 41850786)

Cimetières Les Éboulements, 1733-2010 et Saint-Joseph-de-la Rive, 1932-2010, par Alain Anctil-Tremblay, Jean-Philippe Tremblay (AMICUS 41850986)

Familles Caron d’Amérique : répertoire généalogique, par l’Association les familles Caron d’Amérique (AMICUS 43168696)

Généalogie des familles acadiennes de l’Île-du-Prince-Édouard (volume 5), par Jean Bernard (AMICUS 38333031)

Gravestones of Glengarry (volumes 10 à 14), par Alex W. Fraser (AMICUS 48101)

Les cahiers de dessins de William Redver Stark : taches et parties manquantes

Ce nouvel article sur les cahiers de dessins de William Stark s’intéresse plus particulièrement aux taches et aux parties manquantes. Dans le contexte, une tache est une décoloration des fibres du papier, alors qu’une partie manquante désigne un morceau de papier détaché ou manquant.

Imaginez William Stark glissant un cahier de dessins dans son sac militaire ou dans la poche de son manteau, par tous les temps et dans toutes sortes de situations. Comme il n’était pas un peintre de guerre officiel, Stark a probablement exécuté ses dessins durant ses temps libres ou lorsqu’il était en permission. Grâce à ses cahiers, nous pouvons l’accompagner dans une visite au jardin zoologique de Londres, lors d’une promenade à la campagne ou au bord de la mer. Ses dessins représentent généralement des personnes, des paysages ou des scènes de la vie quotidienne.

Ces cahiers montrent de nombreux signes de détérioration physique due aux manipulations et déplacements effectués par Stark durant son service de guerre, mais aussi à la longue période de 75 ans qui s’est écoulée entre la fin de la guerre et leur acquisition par BAC. Comme vous pouvez l’imaginer, en raison des terribles conditions de vie au front, les dommages causés par l’eau sont très importants. L’eau fait non seulement gondoler le papier, mais elle peut aussi y laisser une ligne brune. Le phénomène se produit lorsqu’un liquide dépose des matières dissoutes, telles que poussières, colorants ou autres produits en bordure de la partie humide, laissant apparaître une ligne plus foncée que le reste de la tache lorsque le papier sèche.

Les lignes brunes trouvées sur deux ou plusieurs pages consécutives sont l’un des nombreux indices visuels utilisés pour établir l’ordre original des pages d’un cahier.

Photographie couleur de la face interne du dos d’un livre montrant une tache d’humidité bordée d’une ligne plus foncée

Détail d’une tache d’humidité bordée d’une ligne brune plus foncée le long du dos.

On remarque également quelques taches graisseuses ou huileuses et des gouttes d’encre sur le bord des pages. Ces taches prennent souvent la forme de motifs qui se répètent d’une page à l’autre de manière croissante ou décroissante. Elles sont aussi de très bons indices pour nous aider à remettre en ordre les pages d’un cahier.

Photographie couleur d’un des côtés d’un livre ouvert montrant des pages ventilées et un outil pointant une tache graisseuse qui se répète sur le bord de chaque page.

Taches graisseuses trouvées sur le bord de plusieurs pages.

Photographie couleur d’un cahier de dessins, prise en plongée, montrant des taches d’encre sur le bord des pages

Tache d’encre dont le motif se répète sur le bord de chaque page.

Un morceau de papier manquant selon un motif qui se répète sur plusieurs pages est un autre indice visuel très utile dans ce travail de détective. Ce peut être, par exemple, plusieurs pages qui ont été déchirées ou indentées au même endroit.

Photographie couleur d’un cahier de dessins montrant un morceau de papier de forme triangulaire qui manque au même endroit sur plusieurs pages

Exemple d’un morceau de papier manquant dont le motif se répète sur le bord des pages d’un cahier de dessins.

Visitez notre album Flickr sur la conservation des cahiers de dessins pour consulter d’autres photos de ce travail de détective. Vous pouvez aussi voir les articles précédents dans la série les mercredis de la conservation sur le blogue, Facebook et Twitter.

Carnaval d’hiver d’Ottawa, édition 1922

English version

« Une semaine sans soucis! » … « La gaieté sera la reine de la semaine du Carnaval ». Voilà certains des slogans utilisés pour décrire le premier Carnaval d’hiver national canadien, le Carnaval d’hiver d’Ottawa, en 1922. Il ne s’agissait pas d’une occasion tranquille. Pendant une semaine à la fin du mois de janvier et au début février 1922, les Ottaviens ont fait la fête – et se sont amusés comme de vrais fous.

Les Canadiens étaient des habitués des fêtes d’hiver. Depuis la fin du 19e siècle, d’autres carnavals plus calmes avaient eu lieu mettant en vedette des fortitudes de glace, des fêtes de patinage amicales et des parties de hockey. Pendant ces carnavals, il y avait seulement de rares occasions où la fête dégénérait. Par exemple, la mascarade de patinage, en 1894, à Rideau Hall, où les employés de Lord Aberdeen se sont déguisés en écolières :

Photographie en noir et blanc illustrant huit individus qui se tiennent sur un escalier enneigé avec des éventails décoratifs à la main. Tous sont vêtus de costumes semblables composés d’une robe, d’un tablier et d’un bonnet. Si on regarde attentivement, on peut remarquer que certains de ces individus ont des moustaches et ont des traits quelque peu masculins.

Les employés de Lord Aberdeen déguisés en écolières pour participer à la mascarade de patinage « Dame Marjorie School » à Rideau Hall. (MIKAN 3822035)

Le parrain du Carnaval d’Ottawa de 1922 était le courtier en bourse et maire, Frank Plant. Il a tout organisé en quelques semaines. Lord Byng, le gouverneur général, a été mis en charge de l’ouverture des festivités, ce qu’il a fait à l’extérieur du Château Laurier le 28 janvier 1922. 10 000 personnes étaient présentes.

Photographie en noir et blanc illustrant un château de glace, d’une prise de vue très élevée. On peut y voir le fourmillement de la foule et la ville à perte de vue.

Palais des glaces au Carnaval d’hiver d’Ottawa. (MIKAN 3517932)

Dans le cadre du Carnaval se sont déroulées les activités suivantes :

  • Des parades à la raquette avec des flambeaux à travers les rues du centre-ville
  • Un grand bal au Château Laurier
  • Des parties de hockey entre les Sénateurs d’Ottawa et les Canadiens de Montréal
  • Du curling et de la boxe
  • Des soupers de fèves au lard quotidiens en Basse-Ville
  • D’énormes feux de joie au parc Major, à la place Connaught et à la place Cartier
  • Escalade du château de glace
  • Danses de minuit
  • Embarcations tirées par des chevaux qui tiraient des passagers à travers la ville
  • Saut en ski des falaises au parc Rockliffe

Bien que ce fût l’époque de la prohibition en Ontario, l’alcool était permis dans la province avoisinante du Québec. Avec l’atmosphère de fête qui régnait, les policiers choisissaient d’ignorer les hordes de personnes intoxiquées qui traversaient d’un côté à l’autre de la rivière de Hull, maintenant Gatineau, la bouteille à la main.

Il y avait trois principales attractions. La première était le palais de glace d’une hauteur de 22 mètres à la place Cartier sur la rue Elgin.

Photographie en noir et blanc illustrant des gens se tenant debout, possiblement à faire la file, autour du château de glace.

Le palais des glaces du Carnaval d’hiver d’Ottawa de jour. (MIKAN 3517934)

Photographie en noir et blanc illustrant un château de glace illuminé de l’intérieur.

Le palais des glaces du Carnaval d’hiver d’Ottawa le soir. (MIKAN 3517933)

La deuxième attraction était la colonne de glace géante trônant sur la place Connaught (maintenant la place de la Confédération, environ au même endroit où se trouve aujourd’hui le monument commémoratif de Guerre du Canada) entre l’Union Station, l’ancien bureau de poste et le château Laurier.

Photographie en noir et blanc illustrant une colonne de glace surmontée d’une couronne. Un homme se tient à son côté.

La colonne de glace devant l’ancien bureau de poste (endroit où se trouve aujourd’hui le monument commémoratif de Guerre du Canada), Carnaval d’hiver d’Ottawa, janvier et février 1922. (MIKAN 3384979)

Et finalement, la pièce de résistance — la glissade pour ski et toboggan.

« Un mile pour dix sous » était le slogan de cette descente époustouflante. Construite avec des blocs de glace avec des traces profondes, la glissade partait du Château Laurier et descendait jusqu’à la rivière des Outaouais le long des écluses Rideau. Au départ, la porte d’embarquement avait l’air assez innocente, construite de bois et entourée de conifères. Mais lorsqu’on entrait, voici ce qu’on voyait :

Photographie en noir et blanc illustrant le haut de la descente en toboggan en regardant vers le bas vers la rivière, à côté des écluses Rideau. Les traces sont très longues et creuses, et rejoignent presque le pont Alexandra au loin.

Descente en toboggan du Carnaval d’hiver d’Ottawa. (MIKAN 3517935)

Si vous étiez assez courageux pour braver cette descente, la promenade était d’un angle de 45 degrés et se redressait quelque peu avant d’être parsemée de côtes, un peu comme des montagnes russes. Si vous voulez voir d’autres photos, vous pouvez visiter l’album Flickr. Inaugurée par Lord Byng, la première descente a été faite par le maire, Frank Plant, l’homme d’affaires bien connu A.J. Major et deux autres individus. Au courant de la semaine, des experts du saut en ski très courageux faisaient tous les jours des démonstrations sur la descente. Le reste du temps, des téméraires prenaient la course en descendant à bord de toboggans jusqu’à la rivière des Outaouais à plus de 100 km/h!

À la fin de la semaine, on a déclaré que le premier Carnaval d’hiver d’Ottawa avait été un énorme succès. Des dizaines de milliers de personnes y avaient participé – la population d’Ottawa venait tout juste d’atteindre 100 000 habitants. Aujourd’hui, l’équivalent du Carnaval d’hiver d’Ottawa, Bal de neige, reçoit jusqu’à un demi-million de visiteurs chaque année.

Des ensembles de données ouvertes liées sur la Première Guerre mondiale

Nous sommes ravis de signaler que Bibliothèque et Archives Canada (BAC), dans le cadre d’une initiative de collaboration avec le projet Muninn concernant la Première Guerre mondiale, a récemment publié un nouvel ensemble de données sur le portail des données ouvertes du gouvernement canadien. L’objectif était de transcrire une partie des dossiers de service des soldats qui ont fait partie du Corps expéditionnaire canadien pendant la Première Guerre mondiale. BAC a fourni les dossiers de service numérisés de 1 000 soldats, et le projet Munnin a géré l’externalisation ouverte des tâches visant à transcrire ces documents historiques et à lier les données. Dans le cadre de ce projet expérimental, seules les fiches médicales (medical case sheet) ont été traitées. De telles fiches se trouvent dans la plupart des dossiers; elles comprennent de l’information sur les antécédents médicaux des soldats inscrite par le personnel hospitalier.

Reproduction en couleur d’un formulaire détaillant les antécédents médicaux d’un soldat. Dans le cas présent, le soldat a subi une blessure par balle à l’œil.

Exemple de fiche médicale provenant de la collection de BAC : celle du soldat Addison Baker.

L’information transcrite décrit la gamme des problèmes de santé auxquels on peut s’attendre dans un groupe aussi nombreux. Certains problèmes sont des conséquences directes des combats, comme les blessures causées par des balles ou des éclats d’obus, ou les traumatismes dus au bombardement. D’autres découlent des conditions de vie dans les tranchées, qui augmentent les probabilités de troubles respiratoires et l’éclosion de maladies comme la grippe. Bon nombre des troubles mentionnés ne diffèrent en rien des ennuis de santé courants à l’époque : maux de dents, rougeole, etc.

Pour en savoir plus sur l’information recueillie dans les dossiers de service, consultez le site du projet de données ouvertes liées sur la Première Guerre mondiale (en anglais seulement). Les données brutes se trouvent également sur le Portail des données ouvertes du Canada, sous forme de données ouvertes liées et en texte brut.

De l’eau dans les collections!

Mais ce n’est pas ce que vous croyez…

Nous avons récemment dû déménager deux exemplaires de l’œuvre intitulée Venise undersee, qui se trouvent dans la Réserve (livres rares).

Nous avons retiré les objets de leur sac de soie d’origine et découvert des traces de rouille sur le métal. Alerte!

Les œuvres font partie de la collection de livres d’artistes de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). La surface de ces globes de bronze de la taille approximative d’une boule de bowling à cinq quilles est parsemée d’extraits de poème en braille. Daniel Hogue a produit dix exemplaires de son œuvre en 1998. Il était inquiétant de voir les premières traces de rouille sur un des globes et une tache assez grande sur une autre de ces magnifiques pièces.

Photographie couleur d’un globe en métal sur un brocart. Une patine de rouille est très visible à la surface du globe.

De la rouille… Que se passe t il?

Notre première idée était de fabriquer de nouveaux contenants et de déménager les pièces au Centre de préservation de BAC, dans une chambre forte avec un faible taux d’humidité, et de vérifier si la corrosion se poursuivait.

Toutefois, la fiche AMICUS a révélé que le taux d’humidité n’y était pour rien puisque les globes de bronze contiennent de l’eau prélevée des canaux de Venise! En effet, en secouant les globes, on entend l’eau s’agiter.

Nous avons là un parfait exemple de « vice propre », c’est‑à‑dire une caractéristique inhérente du document original ayant un effet nuisible à long terme. Il est parfois possible d’en ralentir les effets. À titre d’exemple, la fraîcheur ralentit la détérioration du papier causée par l’acide. Dans le cas présent toutefois, le seul moyen d’arrêter la détérioration serait de modifier la structure de l’objet en y perçant un trou afin de retirer l’eau.

Pour compliquer encore un peu les choses, il est important de tenir compte de l’intention de l’artiste avant de prendre ce type de décisions. La corrosion est‑elle un effet recherché par l’auteur? L’artiste sera‑t‑il mécontent du sort réservé à ses œuvres? Nous avons communiqué avec lui pour en avoir le cœur net. Son verdict est qu’il vaut mieux laisser aller les choses : l’eau érode les structures à Venise et fait la même chose avec cette œuvre.

Photographie couleur d’un globe de bronze et du brocart dans lequel il est emballé (à sa droite) dans un contenant matelassé. Une couche de polyester placée sous la pièce métallique recueillera les éventuelles fuites d’eau.

La pièce est prête à reprendre sa place. Le temps fera son œuvre.

Pour répondre à votre question, nous ne craignons pas qu’une fuite endommage les autres pièces de la collection, car la petite quantité d’eau serait vraisemblablement absorbée par les contenants de carton dans lesquels les globes sont entreposés.

Nous continuerons d’évaluer la vitesse du processus de corrosion pour décider comment gérer ce qu’il restera de l’œuvre.