Les porteurs des voitures-lits

Les voitures-lits sont introduites au Canada dans les années 1870 par la Pullman Palace Car Company. Celle‑ci construit et exploite des voitures ferroviaires de luxe dont les sièges sont convertibles en lits superposés; les sièges forment la couchette inférieure, tandis que la couchette supérieure est abaissée depuis le plafond. Les voitures Pullman sont reconnues pour leurs commodités, leur confort et le service assuré par les porteurs.

Photographie en noir et blanc de trois hommes près d’une voiture ferroviaire. Un chef cuisinier se tient sur les marches d’accès au train, un autre tient la main-courante, et le troisième, un porteur, est légèrement à l’écart, à côté du train.

Un porteur en compagnie de deux autres employés pendant un arrêt effectué lors de la visite de sir Arthur Conan Doyle au Canada, en 1914. (MIKAN 3587745)

Photographie en noir et blanc d’une femme de profil, étendue sous les couvertures de la couchette inférieure, lisant un journal.

Le soir, les porteurs préparent les lits. Un des sièges est ouvert afin d’aménager une couchette inférieure confortable. Alors que les passagers dorment, les porteurs continuent de travailler au delà de minuit. Ils peuvent faire un somme pendant la nuit s’il n’y a pas d’appels ou d’urgences, mais ils se réveillent avant l’aube afin d’entreprendre leur journée de travail. 1937. (MIKAN 3353752)

Photographie en noir et blanc de passagères assises dans une voiture-lits, regardant par les fenêtres.

Pendant que les passagers déjeunent, les porteurs convertissent les couchettes en sièges. La couchette supérieure est rangée à l’intérieur des panneaux, au-dessus des sièges. 1929. (MIKAN 3350533)

Au début du XXe siècle, les sociétés de chemins de fer font partie des rares entreprises canadiennes à embaucher des Noirs. Cette occasion attire beaucoup d’hommes, mais il y a des restrictions : les chemins de fer n’embauchent des Noirs qu’à titre de porteurs, et, de la Première Guerre mondiale aux années 1950, aucun Noir n’est engagé ou promu à un poste d’ingénieur, de chef de train ou à tout autre poste à bord du train.

Les porteurs servent les passagers tout au long du voyage; ils les aident à embarquer et à débarquer; servent des boissons et des collations; préparent les couchettes; font les lits; cirent les chaussures; s’occupent des jeunes enfants et les divertissent; et répondent aux moindres désirs et besoins des clients. Pourtant, malgré leur rôle essentiel et leur présence constante, ils sont relégués à l’arrière-plan.

Photographie en noir et blanc de personnes à une gare. Un porteur transportant des bagages sur un chariot est vu de dos. Deux passagers élégamment vêtus discutent avec un préposé aux billets. Sur le mur derrière eux, un panneau d’information annonce le train Dominion, qui part de Montréal pour se rendre à Vancouver. Un train de voyageurs est visible à l’arrière-plan.

Un porteur se charge des bagages de passagers sur le point de monter à bord du Dominion à la gare Windsor de Montréal, au Québec, vers 1947. (MIKAN 3613396)

Les hommes touchent un salaire de base, parcourent le Canada et rencontrent des voyageurs. Stanley Grizzle, un ancien porteur de voitures-lits, affirme dans son autobiographie que les porteurs sont admirés au sein de la communauté noire.

Cependant, la médaille a un revers. Les porteurs travaillent de longues heures, doivent être disponibles à toute heure du jour ou de la nuit, et dorment dans des couchettes aménagées dans le compartiment pour fumeurs des hommes. Ils passent souvent plusieurs jours consécutifs loin de chez eux. De plus, ils craignent les plaintes des passagers et font fréquemment l’objet de mesures disciplinaires sévères de la part de la direction. Les porteurs sont en outre exposés à des représailles s’ils signalent que des passagers jouent à l’argent, consomment trop d’alcool ou se livrent à des activités illicites.

Les porteurs doivent endurer les insultes et les sobriquets des passagers. Par exemple, Stanley Grizzle écrit que les porteurs se font souvent appeler « George », en référence à George Pullman, premier propriétaire de la Pullman Car Company. De plus, les porteurs doivent compter sur les pourboires des voyageurs. Selon Grizzle, si l’argent est le bienvenu, le fait de demander un pourboire est humiliant, renforce l’impression d’asservissement et permet à l’entreprise de justifier les maigres salaires.

Photographie en noir et blanc d’une foule et de bagages sur le quai, à côté d’un train de passagers. Deux porteurs se trouvent à côté du train. Le premier est sur le quai et veille sur les bagages tandis que l’autre est debout à la porte de la voiture. Au premier plan se trouve une automobile portant la mention « Jasper Park Lodge » sur la portière. Des montagnes sont visibles au loin.

Deux porteurs aident des passagers et d’autres membres de l’équipage à la gare de Jasper, en Alberta, en 1929. (MIKAN 3199681)

La Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs se forme au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Le syndicat négocie des augmentations salariales, de meilleures conditions de travail (et de sommeil), des mesures disciplinaires plus justes et transparentes, et la fin de la discrimination raciale en matière d’embauche et de promotion. En raison des changements qui affectent l’industrie du voyage, les sociétés de chemins de fer emploient de moins en moins de porteurs de voitures-lits à partir des années 1960. En 1999, Patrimoine canadien a dévoilé une plaque à la gare Windsor de Montréal, au Québec, en hommage aux porteurs des voitures-lits.

Ressources connexes

Le Canada sous marin : Guide succinct de la recherche sur les naufrages

En tant qu’événements historiques, et parce qu’ils nous ont légué de fascinants objets, les naufrages stimulent l’intérêt que l’on porte au patrimoine maritime canadien. La découverte des épaves du Hamilton et du Scourge, des bateaux de la guerre de 1812 retrouvés dans les années 1970 dans le lac Ontario, ainsi que celle du Titanic retrouvée dans les années 1980, ont aidé à faire connaître l’histoire et l’archéologie sous-marines au grand public.

Que vous soyez un chasseur d’épave sur la piste d’un navire perdu ou un nouveau passionné des naufrages souhaitant étudier des images et des documents qui préservent les récits épiques des événements survenus dans les eaux canadiennes, vous trouverez des documents intéressants à Bibliothèque et Archives Canada (BAC).

Commencer la recherche
La première étape consiste à recueillir le plus d’information possible sur les naufrages qui font l’objet de votre recherche, notamment les renseignements suivants (en ordre d’importance) :

  • Le nom du navire
  • Le lieu de l’accident
  • La date de l’accident
  • Le port d’immatriculation du navire
  • Le numéro matricule du navire
  • L’année de la construction du navire

La Base de données d’immatriculation des navires est une source utile. Elle fournit des renseignements de base sur plus de 78 000 navires immatriculés au Canada entre 1787 et 1966.

Si vous ne réussissez pas à trouver tous ces renseignements, ne vous inquiétez pas! Ils ne sont pas tous nécessaires, mais vous devez absolument connaître le nom du navire, car tous les documents gouvernementaux sur les naufrages sont classés en fonction du nom du navire.

Quelle est l’information accessible?
Sur le site Recherche de fonds d’archives, vous trouverez les types de document suivants :

Photographies

Cartes

  • Dans le champ « Genre de documents » du site Recherche de fonds d’archives, choisissez l’option « Cartes et documents cartographiques » pour restreindre la liste des résultats.

Documents gouvernementaux
Tous les documents mentionnés ci dessous font partie des groupes d’archives RG 42 – Direction de la marine et RG 24 – Transport Canada. Bien que les titres aient été traduits, les documents d’archives sont présentés dans la langue d’origine.

  • Registres de rapports officiels sur les naufrages, 1870 1975
  • Rapports sur les naufrages, 1907 1974
  • Registre d’enquêtes sur les naufrages, 1911 1960
  • Documents d’enquête sur les pertes et les victimes de naufrages, 1887 1980

Important : Les documents gouvernementaux comprennent de l’information sur les naufrages survenus en eaux canadiennes et sur tous les accidents impliquant des navires étrangers en eaux canadiennes.
Remarque : La liste de ressources compilée dans le présent billet n’est pas exhaustive; elle ne comprend que quelques unes des principales sources de documents sur les naufrages qui sont accessibles à BAC.

Conseils utiles
L’exposition virtuelle Enquêtes sur les naufrages comprend un certain nombre de photographies, de cartes et de documents numérisés. Il est particulièrement intéressant de consulter le registre des rapports officiels sur les naufrages qui ont été numérisés dans la base de données pour enquêtes sur les naufrages. Il suffit de vérifier si le nom du navire que vous cherchez se trouve dans la liste.

Les bibliothèques locales constituent une autre excellente source d’information sur les naufrages. De nombreux récits maritimes et bibliographies offrent des points de référence pour commencer une recherche à ce sujet.