Accéder aux plans et aux profils des chemins de fer grâce à l’Index sur les chemins de fer

Par Rebecca Murray

Plus tôt cette année, j’ai répondu à une demande d’un chercheur qui m’a obligée à passer beaucoup de temps de qualité en compagnie de l’acquisition RG12M 77803/17 – Index sur les chemins de fer. Il s’agit d’une série de 30 000 fiches offrant des listes détaillées et individuelles des plans et des profils des chemins de fer de l’ensemble du Canada, pour la période allant de 1866 à 1937. Bien que je travaille quotidiennement avec des acquisitions de documents cartographiques et leurs instruments de recherche, cette demande représentait un défi particulier. Elle révèle bien à quel point il peut être difficile d’organiser et de comprendre des séries de documents aussi vastes.

Pourquoi m’aventurer dans de telles recherches, me demanderez-vous? Pourquoi ne pas se fier à des sources publiées? Je prône toujours le recours aux sources primaires pour faire des recherches. En consultant les documents originaux et leur classement parmi les autres documents, vous pouvez tirer vos propres conclusions. Le plan que vous cherchez pourrait laisser transparaître un moment particulier qui échapperait à une source secondaire. Ou encore, vous pourriez étudier l’évolution d’une section précise d’un chemin de fer. Peu importe la raison, il est temps d’enfiler des gants blancs et de plonger dans nos archives!

Étape 1

D’abord, il faut consulter les fiches qui se trouvent sur des microfilms numérisés. Les fiches sont classées par ordre alphabétique, par compagnie de chemin de fer et par endroit.

Lorsque vous trouvez des plans intéressants, notez leur numéro. Par exemple, si vous vous intéressez au « Plan & profile showing the approach of the Bridge in the city of Montreal P.Q. as located », qui est énuméré sur la fiche ci-dessous, notez le numéro de plan 7457.

Fiche lignée avec du texte noir.

Extrait d’une fiche alphabétique d’une compagnie de chemin de fer tirée de la bobine C 6823 du fonds RG12.

Étape 2

Lorsque vous travaillez au 395, rue Wellington, à Ottawa (Ontario), vous pouvez consulter une série de fiches papier dans la salle de référence. Une fois que vous avez trouvé les numéros des plans que vous voulez consulter ou copier, utilisez une autre série de fiches. Celles-ci se trouvent avec les autres instruments de recherche liés aux cartes et aux plans et sont classées par numéro de plan. Vous pourrez ainsi découvrir le numéro d’article de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) pour chacun des plans. Un membre de l’équipe de la salle de référence peut vous aider avec ces étapes, au besoin.

Photo couleur des tiroirs en métal contenant les fiches de l’acquisition RG12M 77803/17.

Photo des tiroirs contenant les fiches sur les chemins de fer de l’acquisition RG12M 77803/17, dans l’annexe de la salle de référence.

Photo couleur d’un tiroir de fiches; la fiche du plan 7457 est sortie.

Photo d’un tiroir de fiches montrant la fiche du plan 7457.

Photo couleur d’une fiche dont les numéros d’article sont encerclés en rouge.

Photo d’une fiche comprenant tous les renseignements de référence (dont les numéros d’article) pour le plan 7457.

Étape 3

Si vous n’êtes pas sur place, vous pouvez nous écrire au moyen de notre formulaire en ligne et nous demander de trouver les références relatives à chaque article. Par exemple, vous pourriez mentionner le plan 7457 de l’acquisition RG12M 77803/17 et nous demander de trouver le numéro d’article afin de compléter la référence. Un membre de notre équipe consultera alors les fiches pour confirmer le numéro d’article, puis trouvera le code à barres du contenant afin de simplifier votre demande de consultation ou de reproduction.

Bon nombre de ces articles se trouvent aussi sur microfiche, ce qui en facilite la consultation. Si vous êtes sur place, vous pouvez vous rendre directement à la salle de consultation des microformes, au troisième étage. Demandez de l’aide au personnel de BAC (pendant les heures de service) ou utilisez le tiroir de microfiches libre-service étiqueté RG12M 77803/17. N’oubliez pas de mettre des gants!

Saviez-vous que la salle de consultation des microformes contient de nouveaux numériseurs à plat qui produisent des copies de microfiches de grande qualité? Apportez votre clé USB!

Ce type d’instruments de recherche peut être intimidant, car il faut recueillir des renseignements à plusieurs endroits. Il est impossible de trouver toute l’information pertinente dans une seule ligne de texte. Il s’agit d’un bon défi pour les chercheurs (ou archivistes!) expérimentés, et la courbe d’apprentissage est abrupte pour les nouveaux chercheurs. N’hésitez surtout pas à demander de l’aide à notre équipe pour des recherches de ce type ou de toute autre nature. Nous sommes là pour vous aider à naviguer dans les fonds de BAC et notre passion consiste à faire des découvertes tous les jours!


Rebecca Murray est archiviste à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Le fonds George Ayoub : une passion pour les bateaux

Par Kelly Anne Griffin

De nombreuses personnes aiment observer les oiseaux ou les étoiles. George Ayoub, quant à lui, se passionnait pour les bateaux. Et il n’est pas le seul : un grand nombre de Canadiens partagent cette fascination. Pas étonnant quand on sait que notre pays possède plus de 200 000 kilomètres de littoral et près de 800 000 kilomètres de rives intérieures!

George Ayoub est né en 1916 à Sault-Sainte-Marie, en Ontario. Âgé d’à peine 14 ans, il devient matelot et se découvre une passion pour l’histoire maritime qui l’animera toute sa vie. Sa collection, conservée à Bibliothèque et Archives Canada, témoigne du passé nautique du Canada et des voies navigables qui ont contribué à façonner notre pays et à développer notre économie.

Le fonds Georges Ayoub comprend plus de 20 000 photographies prises entre 1940 et 1990. Celles-ci portent en particulier sur la voie maritime du Saint-Laurent, les Grands Lacs, la rivière des Outaouais et le canal Rideau, et nous offrent un remarquable aperçu de l’évolution du transport maritime et de la navigation de plaisance. Le fonds renferme également des documents textuels qui retracent l’histoire de l’industrie du transport maritime et celle de certains bateaux.

La voie maritime du Saint-Laurent

Inaugurée en 1959, la voie maritime du Saint-Laurent révolutionne l’industrie du transport en permettant aux navires de voyager des Grands Lacs jusqu’à l’Atlantique. Dès cette année-là, George Ayoub commence à rassembler une importante collection de documents sur l’histoire des navires qui sillonnent ces eaux au cours du 20e siècle. Il en photographie lui-même plusieurs.

Aujourd’hui, la voie maritime du Saint-Laurent est l’une des plus importantes routes navigables au monde. Les marchandises y transitent du cœur de l’Amérique du Nord vers le reste du monde, et vice-versa. Le fonds George Ayoub contient de nombreuses photos illustrant la diversité des navires qui empruntent cette voie.

Photo noir et blanc d’un remorqueur à quai. L’équipage est sur le pont.

Le Jean-T sur la voie maritime du Saint-Laurent, Iroquois (Ontario), 28 septembre 1975. Source : George Ayoub/Bibliothèque et Archives Canada/fonds George Ayoub/e011213397. Droits d’auteur : Les droits d’auteur ont été transférés à Bibliothèque et Archives Canada par la succession de George Ayoub.

Photo noir et blanc d’un grand navire franchissant un canal.

Le Kingdoc sur la voie maritime du Saint-Laurent, Iroquois (Ontario), 5 septembre 1965. Source : George Ayoub/Bibliothèque et Archives Canada/fonds George Ayoub /e011213399. Droits d’auteur : Les droits d’auteur ont été transférés à Bibliothèque et Archives Canada par la succession de George Ayoub.

Le canal Rideau et la rivière des Outaouais

Le canal Rideau est le plus ancien canal d’Amérique du Nord qui fonctionne sans interruption depuis son inauguration, en 1832. C’est en fait un long réseau composé de plusieurs canaux reliés. Il a été construit après la guerre de 1812, qui avait mis en lumière la nécessité de disposer d’une voie navigable entre le lac Ontario et la rivière des Outaouais afin de protéger des attaques la circulation transitant normalement par le Saint-Laurent. Sa construction, une énorme entreprise, a ainsi ouvert une voie d’approvisionnement sécuritaire entre Montréal et Kingston.

Les écluses du canal Rideau offrent de merveilleux points de vue : on y voit souvent des passants, fascinés par le spectacle des bateaux qui franchissent le canal grâce à ces ouvrages. Le fonds George Ayoub comprend plusieurs excellentes photos de ce genre, prises au fil des ans.

Photo noir et blanc d’un bateau de plaisance amarré le long d’un canal à proximité d’un imposant édifice.

Le Korab devant le Centre national des arts, canal Rideau, Ottawa, 14 juin 1971. Source : George Ayoub/Bibliothèque et Archives Canada/fonds George Ayoub /e011213400. Droits d’auteur : Les droits d’auteur ont été transférés à Bibliothèque et Archives Canada par la succession de George Ayoub.

Photo noir et blanc d’un petit bateau-pompe amarré sur la rive boisée d’un cours d’eau.

Le bateau-pompe St. John’s, de la Gatineau Boom Company, amarré à un quai près de Hull (Québec), 19 novembre 1967. Source : George Ayoub/Bibliothèque et Archives Canada/fonds George Ayoub /e011213403. Droits d’auteur : Les droits d’auteur ont été transférés à Bibliothèque et Archives Canada par la succession de George Ayoub.

Photo noir et blanc d’un remorqueur tirant un voilier sur l’eau.

Le voilier Wild Harp tiré par le remorqueur TANAC V-222, 10 septembre 1972. Source : George Ayoub/Bibliothèque et Archives Canada/fonds George Ayoub /e011213404. Droits d’auteur : Les droits d’auteur ont été transférés à Bibliothèque et Archives Canada par la succession de George Ayoub.

Photo noir et blanc d’un bateau de taille moyenne franchissant une écluse.

Le Templeton dans une des écluses du canal Rideau, Ottawa, 17 avril 1964. Source : George Ayoub/Bibliothèque et Archives Canada/fonds George Ayoub /e011213405. Droits d’auteur : Les droits d’auteur ont été transférés à Bibliothèque et Archives Canada par la succession de George Ayoub.

L’immensité et la splendeur du littoral canadien expliquent le lien intime qui nous unit à l’eau. L’observation des bateaux demeure une attraction touristique majeure pour de nombreuses collectivités situées le long des voies navigables au Canada. Qu’il s’agisse de routes maritimes très fréquentées ou de lacs calmes et paisibles, celles-ci nous permettent de sillonner le pays, fidèles à notre devise : A mari usque ad mare, « D’un océan à l’autre ».

Ressources connexes


Kelly Anne Griffin est adjointe en archivistique à la Division des archives privées du monde de la science et de la gouvernance, Direction générale des archives, à Bibliothèque et Archives Canada.

Le port de Montréal

De la fondation de la ville de Montréal en 1642 jusqu’à l’arrivée des navires à vapeur au début du XIXe siècle, le port de Montréal est surtout utilisé par des trappeurs pour leur commerce de fourrures, puis par les vaisseaux français et anglais qui viennent ravitailler la colonie. L’arrivée des navires à vapeur marque un point tournant, en ouvrant de nouvelles routes commerciales avec le reste du monde grâce auxquelles le port de Montréal s’éloignera de ses origines modestes pour entrer dans une ère de croissance.

Une peinture à l’huile d’un port et d’un quai, avec une île verdoyante à droite.

Le port de Montréal, peint par Andrew Morris en 1847 (e008300982).

De la moitié à la fin du XIXe siècle, le port de Montréal connaît des changements et des progrès innombrables, à commencer par la création, en 1830, de la première Commission du Havre. En 1832, les docks construits font plus d’un kilomètre de long. En 1854, le chenal de navigation entre Montréal et Québec atteint désormais presque 5 mètres de profondeur à la suite de travaux de dragage. Pendant cette période apparaissent également l’acheminement des marchandises depuis les quais par chemin de fer, l’éclairage électrique et une liaison régulière de navires à vapeur entre le port de Montréal et Liverpool, sans compter un nouveau dragage du chenal qui lui permet d’atteindre plus de 7,5 mètres de profondeur.

Au début du XXe siècle, le port connaît de nouveaux travaux d’amélioration. La construction d’élévateurs à grains commence en 1902 et celle d’entrepôts de transit, en 1908. En 1910, les travaux de dragage pour que le chenal entre Montréal et Québec atteigne désormais plus de 10 mètres de profondeur sont bien avancés.

Une photographie en noir et blanc d’un quai sur lequel s’alignent diverses marchandises, ainsi que d’un grand édifice de style néoclassique et d’une église qui font face à la rive.

Le marché Bonsecours, les quais et une église photographiés par Alexander Henderson vers 1875 (c007943).

Jusqu’au début des années 1960, le port de Montréal n’est ouvert que sept mois par année en raison des rigueurs de l’hiver. Cependant, en 1962, sous l’autorité du Conseil des ports nationaux (responsable du port depuis la dissolution de la Commission du Havre), les brise-glaces font leur apparition sur la voie navigable entre Montréal et Québec. À partir de 1964, le port de Montréal sera ouvert toute l’année.

Une aquarelle représentant un amoncellement de glace près des installations portuaires d’une ville.

Peinture de George Henry Andrews représentant le bris des glaces sur le fleuve Saint-Laurent à Montréal, en 1864 (e000996176).

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) dispose de nombreux documents qui illustrent l’évolution du port de Montréal. Le plus ancien est une photographie d’Alexander Henderson prise en 1870 qui représente le navire à vapeur S.S. Quebec amarré au port de Montréal, avec des charrettes tirées par des chevaux à l’avant-plan. La collection comporte également des photographies du port par William Topley, Henry Joseph Woodside et par les Hayward Studios, ainsi qu’une magnifique peinture à l’huile, terminée en 1847 par Andrew Morris, qui représente le havre et le quai de Montréal vu selon l’angle inusité de la rive en face de l’île Sainte-Hélène.

Une photographie en noir et blanc d’un port animé, où l’on voit une rue bordée d’édifices et un quai où sont amarrés nombre de bateaux.

Le port de Montréal photographié par William Topley en septembre 1902 (a201779).

Une photographie en noir et blanc d’un chemin de fer longeant un quai où sont amarrés des bateaux.

Quai du port photographié à une date inconnue par William Topley (a008893).

Certificats de pilotes maritimes ayant travaillé sur le fleuve Saint-Laurent avant la Confédération dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Par Rebecca Murray

La date et le lieu de naissance de nos ancêtres, l’endroit où ils ont vécu et où ils sont morts constituent les éléments fondamentaux de la recherche généalogique. Savoir à quoi leur temps était consacré et où ils travaillaient peut aider à faire des liens.

Incidemment, l’un de vos ancêtres aurait-il travaillé comme pilote maritime certifié sur le fleuve Saint-Laurent?

Ce blogue porte principalement sur des documents relatifs à Québec, en commençant par le fonds de la Maison de la Trinité (MG8-A-18), lequel comprend une liste de pilotes maritimes certifiés pour la période de 1805 à 1846. Cette liste, dans le volume 5 du fonds MG8-A-18, comprend la date de certification et les retraits de celle-ci accompagnés des motifs. Les documents sont en français et ils sont classés en ordre chronologique.

La description du fonds nous donne un indice sur l’endroit où trouver des documents connexes : il est mentionné que la Maison de la Trinité existe jusqu’en 1875, année à partir de laquelle le ministère de la Marine et des Pêcheries assume ses fonctions.

Cela nous mène au fonds du ministère de la Marine (RG42), plus précisément aux certificats de pilotes maritimes ayant travaillé sur le fleuve Saint-Laurent (1762-1840). Les certificats sont décrits comme des pièces dans l’instrument de recherche 42-1 et les documents se trouvent dans les volumes 1 à 6 du fonds RG42. Ces volumes peuvent être consultés et reproduits.

Toutefois, vous remarquerez que cette série va seulement jusqu’en 1840. Il se peut donc que vous ne trouviez pas, dans le fonds RG42, le certificat d’un pilote dont le nom figure dans la liste du fonds de la Maison de la Trinité. Selon la description de la série, « les documents [connexes] servant de seconde source d’autorisation pour le pilotage […] se trouvent dans le sous-fonds du Registraire général (RG68, volumes 210-211, MIKAN 311, R1008-10-1-E). La présentation de ces registres est différente de celle des certificats de la division de la marine, mais l’information qui y figure est la même ».

Pour trouver ces documents connexes, consultez l’Index général sur microfilm numérisé, bobine C-2884 sur le site Web Héritage et cherchez le nom de la personne qui vous intéresse dans la liste alphabétique, au début de la bobine.

Tableau flou en noir et blanc dans lequel figurent des noms, des numéros de ligne et des numéros de page.

Liste du sous-fonds RG68, Index général (C-2884), image 30

Lorsque vous trouvez la personne que vous cherchez, plusieurs nombres peuvent figurer à côté de son nom. Par exemple, il faut chercher Fabien Caron sous la lettre C. Les nombres à côté de son nom sont 5 et 309. Le second nombre indique la page de l’Index où se trouve l’entrée, et le premier correspond à la ligne sur cette page.

Faisons défiler cette bobine de microfilm pour trouver l’Index général couvrant la même période. La cinquième ligne de la page 309 a bel et bien trait à Fabien Caron, et elle nous fournit d’autres renseignements permettant de trouver le certificat : volume 2, page 117, 5 septembre 1845.

Tableau en noir et blanc fournissant des numéros de ligne, des numéros de volume, des numéros de page, des dates et des noms.

Liste du sous-fonds RG68, Index général (C-2884), image 650

Cherchons maintenant dans la base de données d’archives pour trouver le sous-fonds RG68 et le dossier 2. En filtrant les résultats de recherche pour trouver ceux des années 1840, nous voyons rapidement le fonds RG68, volume 211, dossier 2, certificats des pilotes de division (1838-1867), comme source pertinente. Il est possible de consulter ce volume sur microfilm numérisé, bobine C-3950. C’est à la page 117 que figure l’entrée pour le certificat de Fabien Caron.

Reproduction en noir et blanc du certificat ayant permis à Fabien Caron d’être pilote maritime.

Sous-fonds RG68, volume 211, dossier 2, certificats des pilotes de division (C-3950), image 475

Vous pensez que Bibliothèque et Archives Canada possède ce type de document pour l’un de vos ancêtres? Essayez cette méthode! Vous pourriez trouver un élément auquel vous ne vous attendez pas.


Rebecca Murray est archiviste aux Services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Les porteurs des voitures-lits

Par Dalton Campbell

Les voitures-lits sont introduites au Canada dans les années 1870 par la Pullman Palace Car Company. Celle‑ci construit et exploite des voitures ferroviaires de luxe dont les sièges sont convertibles en lits superposés; les sièges forment la couchette inférieure, tandis que la couchette supérieure est abaissée depuis le plafond. Les voitures Pullman sont reconnues pour leurs commodités, leur confort et le service assuré par les porteurs.

Photographie en noir et blanc de trois hommes près d’une voiture ferroviaire. Un chef cuisinier se tient sur les marches d’accès au train, un autre tient la main-courante, et le troisième, un porteur, est légèrement à l’écart, à côté du train.

Un porteur en compagnie de deux autres employés pendant un arrêt effectué lors de la visite de sir Arthur Conan Doyle au Canada, en 1914. (MIKAN 3587745)

Photographie en noir et blanc d’une femme de profil, étendue sous les couvertures de la couchette inférieure, lisant un journal.

Le soir, les porteurs préparent les lits. Un des sièges est ouvert afin d’aménager une couchette inférieure confortable. Alors que les passagers dorment, les porteurs continuent de travailler au delà de minuit. Ils peuvent faire un somme pendant la nuit s’il n’y a pas d’appels ou d’urgences, mais ils se réveillent avant l’aube afin d’entreprendre leur journée de travail. 1937. (MIKAN 3353752)

Photographie en noir et blanc de passagères assises dans une voiture-lits, regardant par les fenêtres.

Pendant que les passagers déjeunent, les porteurs convertissent les couchettes en sièges. La couchette supérieure est rangée à l’intérieur des panneaux, au-dessus des sièges. 1929. (MIKAN 3350533)

Au début du XXe siècle, les sociétés de chemins de fer font partie des rares entreprises canadiennes à embaucher des Noirs. Cette occasion attire beaucoup d’hommes, mais il y a des restrictions : les chemins de fer n’embauchent des Noirs qu’à titre de porteurs, et, de la Première Guerre mondiale aux années 1950, aucun Noir n’est engagé ou promu à un poste d’ingénieur, de chef de train ou à tout autre poste à bord du train.

Les porteurs servent les passagers tout au long du voyage; ils les aident à embarquer et à débarquer; servent des boissons et des collations; préparent les couchettes; font les lits; cirent les chaussures; s’occupent des jeunes enfants et les divertissent; et répondent aux moindres désirs et besoins des clients. Pourtant, malgré leur rôle essentiel et leur présence constante, ils sont relégués à l’arrière-plan.

Photographie en noir et blanc de personnes à une gare. Un porteur transportant des bagages sur un chariot est vu de dos. Deux passagers élégamment vêtus discutent avec un préposé aux billets. Sur le mur derrière eux, un panneau d’information annonce le train Dominion, qui part de Montréal pour se rendre à Vancouver. Un train de voyageurs est visible à l’arrière-plan.

Un porteur se charge des bagages de passagers sur le point de monter à bord du Dominion à la gare Windsor de Montréal, au Québec, vers 1947. (MIKAN 3613396)

Les hommes touchent un salaire de base, parcourent le Canada et rencontrent des voyageurs. Stanley Grizzle, un ancien porteur de voitures-lits, affirme dans son autobiographie que les porteurs sont admirés au sein de la communauté noire.

Cependant, la médaille a un revers. Les porteurs travaillent de longues heures, doivent être disponibles à toute heure du jour ou de la nuit, et dorment dans des couchettes aménagées dans le compartiment pour fumeurs des hommes. Ils passent souvent plusieurs jours consécutifs loin de chez eux. De plus, ils craignent les plaintes des passagers et font fréquemment l’objet de mesures disciplinaires sévères de la part de la direction. Les porteurs sont en outre exposés à des représailles s’ils signalent que des passagers jouent à l’argent, consomment trop d’alcool ou se livrent à des activités illicites.

Les porteurs doivent endurer les insultes et les sobriquets des passagers. Par exemple, Stanley Grizzle écrit que les porteurs se font souvent appeler « George », en référence à George Pullman, premier propriétaire de la Pullman Car Company. De plus, les porteurs doivent compter sur les pourboires des voyageurs. Selon Grizzle, si l’argent est le bienvenu, le fait de demander un pourboire est humiliant, renforce l’impression d’asservissement et permet à l’entreprise de justifier les maigres salaires.

Photographie en noir et blanc d’une foule et de bagages sur le quai, à côté d’un train de passagers. Deux porteurs se trouvent à côté du train. Le premier est sur le quai et veille sur les bagages tandis que l’autre est debout à la porte de la voiture. Au premier plan se trouve une automobile portant la mention « Jasper Park Lodge » sur la portière. Des montagnes sont visibles au loin.

Deux porteurs aident des passagers et d’autres membres de l’équipage à la gare de Jasper, en Alberta, en 1929. (MIKAN 3199681)

La Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs se forme au Canada pendant la Seconde Guerre mondiale. Le syndicat négocie des augmentations salariales, de meilleures conditions de travail (et de sommeil), des mesures disciplinaires plus justes et transparentes, et la fin de la discrimination raciale en matière d’embauche et de promotion. En raison des changements qui affectent l’industrie du voyage, les sociétés de chemins de fer emploient de moins en moins de porteurs de voitures-lits à partir des années 1960. En 1999, Patrimoine canadien a dévoilé une plaque à la gare Windsor de Montréal, au Québec, en hommage aux porteurs des voitures-lits.

Ressources connexes


Dalton Campbell est archiviste à la section Science, environnement et économie dans la division des Archives privées.

Le Canada sous marin : Guide succinct de la recherche sur les naufrages

En tant qu’événements historiques, et parce qu’ils nous ont légué de fascinants objets, les naufrages stimulent l’intérêt que l’on porte au patrimoine maritime canadien. La découverte des épaves du Hamilton et du Scourge, des bateaux de la guerre de 1812 retrouvés dans les années 1970 dans le lac Ontario, ainsi que celle du Titanic retrouvée dans les années 1980, ont aidé à faire connaître l’histoire et l’archéologie sous-marines au grand public.

Que vous soyez un chasseur d’épave sur la piste d’un navire perdu ou un nouveau passionné des naufrages souhaitant étudier des images et des documents qui préservent les récits épiques des événements survenus dans les eaux canadiennes, vous trouverez des documents intéressants à Bibliothèque et Archives Canada (BAC).

Commencer la recherche
La première étape consiste à recueillir le plus d’information possible sur les naufrages qui font l’objet de votre recherche, notamment les renseignements suivants (en ordre d’importance) :

  • Le nom du navire
  • Le lieu de l’accident
  • La date de l’accident
  • Le port d’immatriculation du navire
  • Le numéro matricule du navire
  • L’année de la construction du navire

La Base de données d’immatriculation des navires est une source utile. Elle fournit des renseignements de base sur plus de 78 000 navires immatriculés au Canada entre 1787 et 1966.

Si vous ne réussissez pas à trouver tous ces renseignements, ne vous inquiétez pas! Ils ne sont pas tous nécessaires, mais vous devez absolument connaître le nom du navire, car tous les documents gouvernementaux sur les naufrages sont classés en fonction du nom du navire.

Quelle est l’information accessible?
Sur le site Recherche de fonds d’archives, vous trouverez les types de document suivants :

Photographies

Cartes

  • Dans le champ « Genre de documents » du site Recherche de fonds d’archives, choisissez l’option « Cartes et documents cartographiques » pour restreindre la liste des résultats.

Documents gouvernementaux
Tous les documents mentionnés ci dessous font partie des groupes d’archives RG 42 – Direction de la marine et RG 24 – Transport Canada. Bien que les titres aient été traduits, les documents d’archives sont présentés dans la langue d’origine.

  • Registres de rapports officiels sur les naufrages, 1870 1975
  • Rapports sur les naufrages, 1907 1974
  • Registre d’enquêtes sur les naufrages, 1911 1960
  • Documents d’enquête sur les pertes et les victimes de naufrages, 1887 1980

Important : Les documents gouvernementaux comprennent de l’information sur les naufrages survenus en eaux canadiennes et sur tous les accidents impliquant des navires étrangers en eaux canadiennes.
Remarque : La liste de ressources compilée dans le présent billet n’est pas exhaustive; elle ne comprend que quelques unes des principales sources de documents sur les naufrages qui sont accessibles à BAC.

Conseils utiles
L’exposition virtuelle Enquêtes sur les naufrages comprend un certain nombre de photographies, de cartes et de documents numérisés. Il est particulièrement intéressant de consulter le registre des rapports officiels sur les naufrages qui ont été numérisés dans la base de données pour enquêtes sur les naufrages. Il suffit de vérifier si le nom du navire que vous cherchez se trouve dans la liste.

Les bibliothèques locales constituent une autre excellente source d’information sur les naufrages. De nombreux récits maritimes et bibliographies offrent des points de référence pour commencer une recherche à ce sujet.