Pourquoi une équipe refuserait-elle la coupe Stanley?

Par J. Andrew Ross

L’an dernier, la Ligue nationale de hockey (LNH) a célébré le 125e anniversaire de la coupe Stanley. Il ne fait aucun doute que cette année de célébration a été retenue parce que l’année 2017 marquait aussi le centenaire de la LNH, car bien qu’on ait, 125 ans plut tôt (soit le 18 mars 1892), annoncé que le gouverneur général Frederick Arthur Stanley, 1er baron Stanley souhaitait faire don d’une coupe pour le championnat de hockey du Dominion du Canada, celle‑ci n’est arrivée au Canada que l’année suivante. D’autant, l’équipe qui devait recevoir la coupe Stanley l’a refusée; elle n’a été persuadée d’en prendre possession qu’en 1894.

Mis à part les anniversaires, l’histoire de la coupe Stanley, qui allait devenir l’emblème sportif le plus sacré au Canada, est racontée par la collection de Bibliothèques et Archives Canada.

Lorsque sa coupe est finalement arrivée au Canada, Stanley était déjà retourné en Angleterre. Il y était retourné avant la fin de son mandat en tant que gouverneur général, étant devenu le 16e comte de Derby après la mort de son frère. Stanley a nommé l’éditeur du Evening Journal d’Ottawa, Philip Dansken (« P.D. ») Ross, un des fiduciaires du trophée, le laissant dicter les règles de la compétition.

Sur la page du dimanche 23 avril 1893 du journal de Ross, il est noté qu’il s’est assis ce jour‑là pour rédiger les nouvelles règles, lesquelles ont été imprimées dans l’édition du 1er mai 1893 du Evening Journal.

Coupure de journal granuleuse d’un article portant le titre « “The Stanley Cup.” His Excellency’s gift to the hockey associations. »

Extrait de « The Stanley Cup », Evening Journal (Ottawa), le 1er mai 1893, page 5. (AMICUS 7655475)

Bien qu’il ait déjà été gravé « Dominion Hockey Challenge Cup » sur la coupe, Ross a immédiatement fait valoir qu’elle devrait s’appeler « coupe Stanley » en l’honneur de son donateur. Il a confirmé qu’elle serait pour la première fois remise aux vainqueurs en titre de la ligue de hockey élite de l’époque, la Amateur Hockey Association of Canada (AHAC), avec l’intention qu’ils tentent de la disputer contre les vainqueurs de l’Ontario Hockey Association. Ross a fait en sorte que la coupe Stanley soit présentée à l’équipe de l’Association des athlètes amateurs de Montréal (MAAA) en tant que vainqueur en titre de la AHAC, jusqu’au championnat de la AHAC devant avoir lieu l’année suivante (c.‑à‑d. en 1894), lorsque la coupe serait remise à l’équipe gagnante.

Le 15 mai 1893, le shérif John Sweetland d’Ottawa, l’autre fiduciaire de la coupe Stanley, s’est rendu à Montréal pour remettre le trophée à l’occasion de l’assemblée annuelle de la MAAA. Lorsqu’il est arrivé avec la coupe Stanley – qui n’était alors qu’un simple bol sur un socle en bois – il a appris que les hauts dirigeants de l’équipe de hockey avaient refusé d’assister à la cérémonie. Dans le procès‑verbal de la réunion, que l’on trouve dans le fonds MAAA (et qui est disponible en ligne), on note ce qui suit : « Le shérif Sweetland a alors procédé à la remise de la coupe, qui a été acceptée par M. Taylor [président de la MAAA] en raison de l’absence inévitable de M. Stewart, le président du Montreal Hockey Club, au nom de l’association et du club susmentionnés [TRADUCTION]. »

Note manuscrite expliquant qui a remis la Hockey Challenge Cup (qui allait devenir la coupe Stanley) et qui l’a acceptée et pourquoi.

Extrait du cahier de compte rendu de la MAAA de l’assemblée annuelle du 15 mai 1893, page 315, MG28 I 351, Bibliothèques et Archives Canada.

On ne peut clairement établir si Sweetland s’est rendu compte que la coupe et lui‑même avaient été rejetés, mais l’absence des membres du club de hockey n’était pas « inévitable ». Ces derniers ont délibérément boycotté l’événement lorsqu’ils ont appris que la coupe allait être décernée à la direction de la MAAA, et non à l’équipe – et que la mention « Montreal AAA/1893 » avait été gravée sur un anneau autour du socle en bois du bol. Le conflit aurait découlé du ressentiment que nourrissaient les membres du club de hockey à l’idée d’être connus sous le nom « MAAA », plutôt que Montreal Hockey Club (Montreal HC). C’était un point d’honneur plutôt mesquin puisque les joueurs du club de hockey portaient l’emblème de la MAAA – la roue ailée – sur leurs uniformes. Toutefois, c’était clairement un point d’honneur de grande importance pour ces fiers joueurs de hockey.

Photographie en noir et blanc montrant un groupe d’hommes debout, assis ou allongés. La plupart portent un uniforme d’équipe et des patins de hockey.

MAAA 1890 (Montreal Hockey Club) (Temple de la renommée du hockey/Bibliothèques et Archives Canada/PA 050689). Crédit : Temple de la renommée du hockey.

Ce n’est qu’après près d’un an de négociations litigieuses – la MAAA a éventuellement menacé de retourner la coupe aux fiduciaires! – que le Montreal HC a, en mars 1894, finalement accepté de prendre possession de la coupe Stanley. Quelques semaines plus tard, le club a remporté le championnat de la AHAC, ce qui a fait d’eux les premiers vainqueurs (par opposition à de simples détenteurs) de la coupe. Cette fois, l’équipe s’est chargée elle-même de faire graver la coupe, prenant soin d’y faire inscrire « Montreal 1894 ». Comme il n’y avait aucune référence à la MAAA, leur honneur était préservé.

La saison suivante, le Montreal HC est devenu la première équipe à défendre le trophée avec succès lors de la première série de la coupe Stanley. On pourrait arguer que son acharnement à y faire graver son nom en valait la peine, même si son refus prolongé d’accepter le trophée a bien failli estomper toute son importance. Mais la coupe Stanley a enfin été décernée, et le reste appartient à l’histoire.


Andrew Ross est archiviste à la Division des archives gouvernementales et auteur de Joining the Clubs: The Business of the National Hockey League to 1945.

Publications officielles antérieures à la Confédération : Journaux de la province du Canada (1841-1866)

Par Sandra Bell

L’année 2017 marquait le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Alors que le pays célébrait cet événement, des images des Pères de la Confédération, de la Constitution et de sir John A. Macdonald, le tout premier des premiers ministres du Canada, dominaient la conscience collective. Si l’on remonte plus loin dans le temps, on trouve ce qui a mené au 1er juillet 1867 : la Rébellion de 1837-–1838 et le rapport de John George Lambton, comte de Durham (Durham Report, Report on the Affairs of British North America), qui recommandait l’union des deux Canada.

Explorer la période précédant la Confédération requiert souvent un examen rétrospectif des formes de gouvernement qui existaient avant cette date. L’Acte d’union de 1840 a entraîné la fusion du Haut et du Bas-Canada pour créer une seule province, la Province unie du Canada, qui a duré de 1841 à 1867 et qui a pris fin avec l’Acte de l’Amérique du Nord britannique créant la Confédération. Les entités politiques antérieures à 1841, soit le Haut-Canada et le Bas-Canada, sont alors devenues les provinces de l’Ontario et du Québec respectivement.

La province du Canada – 1841

La création de la province du Canada s’est accompagnée de certains changements. L’Assemblée législative de la province du Canada a remplacé les chambres d’assemblée du Haut et du Bas-Canada et le Conseil législatif de la province du Canada (1841-1866) a remplacé les conseils législatifs du Haut et du Bas-Canada. Deux nouvelles chambres ont ainsi été créées : l’Assemblée législative et le Conseil législatif de la province du Canada.

L’Assemblée élue tout comme le Conseil de la nouvelle province du Canada, dont les membres étaient nommés, produisaient des documents : débats, documents de la session, journaux, votes et procédures. Ce sont tous des outils de recherche importants, mais ce blogue ne porte que sur les journaux de ces deux chambres.

En quoi consistent les journaux des chambres?

  • Ce sont les comptes rendus officiels des décisions et des transactions de l’Assemblée législative.
  • Ils rendent compte des événements quotidiens de l’Assemblée législative (compte rendu d’une réunion).
  • Alors que les débats sont transcrits textuellement, les journaux sont un résumé chronologique et ils comprennent ce qui suit :
    • Discours
    • Titre des projets de loi et renseignements sur la sanction
    • Proclamations, ce qui comprend la convocation et la dissolution du ParlementMessages du gouverneur
    • Pétitions présentées à l’Assemblée
    • Discours du Trône
    • Allocutions en réponse au discours du Trône
    • Nom des membres
    • Information sur les comités
    • Les journaux sont publiés à la fin de chaque session; ils comprennent un index et des appendices. La numérotation des pages est continue à l’intérieur d’une même session.

Les rapports qui sont déposés à l’Assemblée législative sont appelés « appendices », et plus tard « documents de la session ». Ils sont présentés en ordre alphabétique et portent sur divers sujets, allant du transport à l’immigration en passant par les peuples autochtones. Les appendices ont été publiés séparément jusqu’en 1859, après quoi ils ont été inclus dans les documents de la session.

Page dactylographiée portant le titre suivant : Appendix to the Second Volume, Session 1842. Suit une liste de titres apparaissant dans l’appendice, par ordre alphabétique.

Appendice aux journaux de l’Assemblée législative, 1842. Source : Héritage.

 

Page imprimée montrant la liste de tous les appendices pour l’année 1842, par exemple Welland Canal, Annual report of the Directors for 1841.

Liste des appendices (Liste de l’appendice), 1842. Source : Héritage.

Si la date d’un événement est connue, le contenu cherché peut être repéré grâce aux journaux de la session correspondante de l’Assemblée législative. Si la date est inconnue, l’accès au contenu des journaux se fait au moyen de l’ouvrage en deux volumes General Index to the Journals of the Legislative Assembly of Canada. Cet index répertorie les sujets, l’année de la session et les numéros de page correspondant au sujet dans le corps du journal.

Page couverture dactylographiée se lisant ainsi : General index to the Journals of the Legislative Assembly of Canada: in the 4th, 5th, 6th, 7th and 8th Parliaments, 1852–1866.

Page couverture du General Index to the Journals of the Legislative Assembly of Canada: in the 4th, 5th, 6th, 7th and 8th Parliaments, 1852–1866 par Alfred Todd. Source : Héritage.

Page dactylographiée d’un index présenté en ordre alphabétique.

General index to the Journals of the Legislative Assembly of Canada: in the 4th, 5th, 6th, 7th and 8th Parliaments, 1852–1866 par Alfred Todd, page 209. Source : Héritage.

Il est possible de consulter les appendices et les documents des sessions en utilisant l’ouvrage de Damphouse : The Legislative Assembly of the Province of Canada: An Index (…).

Conseil législatif (Chambre haute)

Les journaux du Conseil législatif ont la même structure que ceux de l’Assemblée législative. Les journaux des sessions comprennent des index et des appendices. L’index cumulatif regroupe les index des différentes sessions.

Les rapports et les appendices du Conseil ont été publiés séparément en tant que documents de la session jusqu’en 1866, puis remplacés par les Documents de la session du Parlement du Canada.

Page couverture de Journals of the Legislative Council of the Province of Canada.

Page couverture de Journals of the Legislative Council of the Province of Canada. First session of the first provincial Parliament, 1841. Source : Héritage.

Les journaux et appendices de l’Assemblée législative et du Conseil législatif sont disponibles en français et en anglais.

De nombreuses publications de la province du Canada sont disponibles en ligne dans des sources comme Héritage. Ces documents existent aussi en formats substituts, tels que microfilms et microfiches, et on peut les trouver grâce au catalogue en ligne AMICUS.

Autres sources

Les publications suivantes fournissent des renseignements additionnels sur la province du Canada, ses journaux, ses appendices, ses documents de session et son organisation.

     Bishop, Olga B., 1911-, Publications of the government of the Province of Canada, 1841–1867, Ottawa, Bibliothèque nationale du Canada, 1963. AMICUS 1738026

Cette bibliographie comprend une liste des ministères et de leurs publications. Elle complète les appendices et les documents des sessions.

     Hardisty, Pamela, Publications of the Canadian Parliament: A Detailed Guide to the Dual-Media Edition of Canadian Parliamentary Proceedings and Sessional Papers, 1841–1970, Washington, D.C., United States Historical Documents Institute, 1974. AMICUS 67351

Cet ouvrage comprend une analyse des publications parlementaires ainsi que des listes utiles des législatures et des sessions, des journaux et des appendices (par date de session) de l’Assemblée législative et du Conseil législatif pour la période de 1841 à 1866.

Si vous avez besoin d’aide pour repérer ou utiliser les documents énumérés dans ce blogue, veuillez communiquer avec les Services de référence de BAC.


Sandra Bell est bibliothécaire de référence à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Nouveau balado! Écoutez notre plus récente émission, « La salle des merveilles de M. Lowy »

Vignette d'une page manuscriteNotre plus récente émission de baladodiffusion est maintenant en ligne. Écoutez « La salle des merveilles de M. Lowy ».

Au fond d’un obscur corridor de notre édifice d’Ottawa se trouve une mystérieuse salle débordante de magnifiques volumes empreints de sagesse ancestrale. « La salle Lowy », comme l’appelle affectueusement le personnel de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), est un musée en soi qui renferme 3 000 volumes rares, souvent uniques, remontant au 15e siècle. En 1977, Jacob M. Lowy a fait don à BAC de cette collection de livres hébraïques et judaïques, à condition qu’elle soit conservée ensemble, comme une collection distincte, et qu’un conservateur lui soit spécialement affecté.

Dans cet épisode, nous nous entretenons avec Michael Kent, l’actuel conservateur de la collection Jacob M. Lowy, qui nous présente quelques-uns des fabuleux ouvrages de cette collection et nous raconte des histoires entourant leurs pérégrinations.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.kl,

Titres de propriété délivrés par le Bureau du registraire général après la Confédération

Par Rebecca Murray

Les Services de référence reçoivent souvent des demandes relatives aux titres de propriété délivrés au Canada. Nous nous concentrerons ici sur les titres postérieurs à la Confédération. Nos précédents billets de blogue intitulés « Titres de propriété de la Couronne : vente de terres indiennes » et « Titres de propriété délivrés par le Bureau du registraire général avant la Confédération » vous donneront plus de détails à ce sujet.

Qu’est-ce qu’un titre de propriété?

Un titre de propriété est un document délivré par la Couronne pour octroyer une terre ou confirmer à qui celle-ci appartient. Il prouve que la Couronne a cédé au propriétaire la terre en question.

Comment trouver un titre de propriété?

La recherche d’un titre de propriété délivré après la Confédération est encore plus difficile que pour celui d’un titre antérieur à la Confédération. Elle ne peut être effectuée qu’en personne sur place ou en envoyant une demande aux Services de référence. Ce billet vous aidera à cerner les index à consulter pour trouver un titre de propriété datant de 1867 à 1977.

Si vous ne pouvez pas vous rendre sur place, préparez une demande pour les Services de référence. Envoyez-nous les trois éléments d’information mentionnés à l’étape 1 ainsi que les renseignements relatifs à l’Index-clé pour l’index général et à l’Index général (étape 2). Nous pourrons ainsi mieux répondre à votre demande.

Étape 1 : Comme pour les titres antérieurs à la Confédération, commencez avec l’information suivante : une date, un emplacement, et le nom d’une personne ou d’une organisation (titulaire)

Exemple :

  1. Date (précise ou approximative) : 4 novembre 1925
  2. Emplacement (précis ou approximatif) : Toronto
  3. Titulaire : Commissaires du havre de Toronto (Toronto Harbour Commissioners)

Votre recherche sera plus facile si vous avez tous ces renseignements, en particulier la date.

Étape 2 : Consultez l’Index-clé pour l’index général pour trouver la date en question

Voici les références complètes de l’Index-clé pour l’index général dont vous aurez besoin pour les années 1867 à 1947 :

  • De 1867 à 1908 (bobine M-1630, RG68, volume 899, partie 1)
  • De 1908 à 1918 (bobine M-1632, RG68, volume 899, partie 2)
  • De 1920 à 1929 (bobine M-1634, RG68, volume 902, partie 1)
  • De 1930 à 1939 (bobine M-1635, RG68, volume 902, partie 2)
  • De 1940 à 1947 (bobine M-1636, RG68, volume 902, partie 3)

Pour notre exemple ci-dessus, nous devons consulter le fonds RG68, volume 902, Index-clé pour l’index général, 1919-1929, sur la bobine de microfilm M-1634.

Prenez note que pour la période suivant la Confédération, l’index suit un ordre alphabétique approximatif. Il est donc important de passer en revue la section entière (dans notre exemple, toutes les entrées pour « T ») avant de procéder à l’Index général.

Cherchez le titulaire en question et notez chaque paire de nombres qui l’accompagnent. Vous pourrez ainsi trouver les entrées pertinentes dans l’Index général correspondant. Les paires de nombres sont associées à deux colonnes : « No. » indique le numéro de la ligne, et « Folio » indique la page. Grâce à ces renseignements, vous pourrez vous rendre directement à la page appropriée de l’Index général et à l’entrée correspondante. Vous y trouverez alors d’autres renseignements, dont les numéros de volume (liber) et de page (folio) requis pour trouver le titre de propriété.

Voici les références complètes de l’Index général dont vous aurez besoin pour les années 1867 à 1947 :

  • De 1867 à 1908 (bobine M-1631, RG68, volume 900)
  • De 1908 à 1918 (bobine M-1633, RG68, volume 901)
  • De 1919 à 1929 (bobine M-1634, RG68, volume 903)
  • De 1930 à 1939 (bobine M-1635, RG68, volume 904)
  • De 1940 à 1947 (bobine M-1636, RG68, volume 905)

Pour notre exemple, l’Index général correspondant se trouve sur la bobine de microfilm M-1634.

L’Index général nous indique que le titre se trouve dans le registre (liber) 298, à la page (folio) 338.

Étape 3 : Trouvez la référence complète

Dans nos locaux du 395, rue Wellington, utilisez l’instrument de recherche 68-2 pour trouver le numéro du registre (liber) ainsi que les numéros du volume et de la bobine de microfilm correspondants. Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à consulter notre équipe des Services de référence au bureau d’orientation du 2e étage.

Vous pouvez visionner les microfilms dans la salle 354.

Pour terminer notre exemple : la référence complète du titre est le fonds RG68, volume 658, registre (liber) 298, « Lands – Surrenders to the Crown », 1915-1925. Ce volume se trouve sur la bobine de microfilm numérisé C-4083. Voici la première page du document :

Un document noir et blanc dactylographié daté du 4 novembre 1925 et consigné par le Bureau du registraire général le 28 avril 1926, dans lequel Sa Majesté le roi cède les terres entourant le secteur riverain de Toronto aux Commissaires du havre de Toronto.

Extrait du fonds RG68, volume 658, registre (liber) 298, page 338 (bobine de microfilm C-4083)

Recherches supplémentaires

Vos recherches pourraient nécessiter l’accès à l’Index des terres indiennes et des terres de l’artillerie (Indian and Ordnance Land Patents), disponible sur les bobines de microfilm M-1011 et M-3693 pour la période de 1867 à 1960. Prenez note que les titres de propriété des terres indiennes pour la période de 1886 à 1951 font partie du fonds Affaires indiennes et du Nord canadien (RG10); ils sont donc classés séparément dans la série Titres de propriété.

Pour les documents postérieurs à 1947 du fonds du Bureau du registraire général, consultez l’Index général correspondant :

  • De 1948 à 1954 (bobine M-1637, RG68, volume 906)
  • De 1955 à 1965 (bobine M-1641, RG68, volume 907)
  • De 1958 à 1964 (bobine M-1642, RG68, volume 908)
  • De 1954 à 1965 (bobine M-5917, RG68, volume 908)
  • De 1955 à 1967 (bobine M-5918, RG68, volume 908)
  • De 1967 à 1970 (bobine M-5919, RG68, volume 908)
  • De 1970 à 1973 (bobine M-5920, RG68, volume 908)
  • De 1973 à 1975 (bobine M-5921, RG68, volume 908)
  • De 1967 à 1977 (bobine M-5922, RG68, volume 908)

Il peut être très difficile d’effectuer ce type de recherche, alors n’hésitez surtout pas à nous demander de l’aide.


Rebecca Murray est archiviste de référence aux Services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

George Burdon McKean, VC

Par John Morden

Aujourd’hui, dans la série des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, du blogue de Bibliothèque et Archives Canada, nous nous souvenons de George Burdon McKean, qui a mérité la Croix de Victoria il y a de cela cent ans aujourd’hui pour l’héroïsme dont il a fait preuve sur le champ de bataille.

Photographie en noir et blanc d’un officier souriant.

Lieutenant George Burdon McKean, VC, juin 1918 (MIKAN 3218939)

Né le 4 juillet 1888 à Willington, en Angleterre, McKean a immigré au Canada en 1909, s’établissant à Edmonton, en Alberta. Avant de s’enrôler, le 23 janvier 1915, McKean était enseignant. Il se joindra au 51e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien et arrivera en Angleterre en avril 1916. Le 8 juin 1916, McKean est transféré au 14e Bataillon.

C’est dans la nuit du 27 au 28 avril 1918, alors que le 14e Bataillon était stationné près de Gavrelle, en France, que McKean mérite la Croix de Victoria, la plus prestigieuse décoration militaire de Grande-Bretagne. Au cours d’une mission de reconnaissance, le groupe d’hommes dirigé par McKean se heurte à une position allemande vigoureusement défendue. Alors que le reste du détachement est coincé sous le feu des mitrailleuses, McKean s’élance dans la tranchée allemande avec « un courage remarquable et un grand dévouement ». McKean y tue deux soldats allemands, tient bon et demande de nouvelles munitions. Une fois réapprovisionné, McKean s’empare d’une autre position et tue à lui seul deux autres soldats allemands et en capture quatre autres. Inspirés par l’exemple de McKean, ses hommes le rejoignent et la mission réussit. Comme le rapporte la London Gazette deux mois plus tard :

« La grande bravoure et l’audace de cet officier ont sans aucun doute sauvé de nombreuses vies, car n’eût été de la prise de cette position, ce sont tous les attaquants qui auraient été exposés aux dangereux tirs d’enfilade lors du repli. Le leadership dont il a toujours fait preuve est au‑dessus de tout éloge. » [Traduction]

London Gazette, no 30770, 28 juin 1918 (en anglais)

McKean recevra ensuite la Médaille militaire, le 28 mars 1917, et la Croix militaire, le 1er février 1919. Il survivra à la guerre, non sans avoir été blessé à la jambe droite le 2 septembre 1918 pendant l’offensive des Cent-Jours. Il restera en Angleterre jusqu’à la fin du conflit. Après avoir obtenu son congé de l’hôpital, McKean devient capitaine intérimaire à la Khaki University of Canada à Londres, en Angleterre, et le demeure jusqu’à sa retraite, le 19 juillet 1919.

Il choisit de rester en Angleterre après avoir quitté l’armée et perd la vie dans un accident de travail le 28 novembre 1926. Le dernier lieu de repos de McKean est le cimetière Brighton Extra-Mural de Sussex, en Angleterre.

Aujourd’hui, sa Croix de Victoria est conservée au Musée canadien de la guerre à Ottawa. Une montagne a été nommée en son honneur dans la cordillère Victoria Cross des Rocheuses canadiennes.

Photographie en noir et blanc d’un soldat, en uniforme d’officier avec des gants et une canne, debout devant des escaliers et une fenêtre.

Lieutenant George Burdon McKean, VC, sans date (MIKAN 3218943)

Photographie en noir et blanc d’un groupe de soldats debout et assis devant des arbres en hiver.

Officiers du 14e Bataillon, France, février 1918 (MIKAN 3406029)

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du lieutenant George Burdon McKean.


John Morden est un étudiant émérite en histoire de l’Université Carleton faisant un stage au sein de la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

Trouver Royalton : une recherche dans le Recensement de 1921

Par Julia McIntosh

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la recherche dans les recensements du Canada, ce blogue vous fournira quelques bons conseils et techniques à utiliser dans vos recherches.

Contexte

Alors que je travaillais au comptoir de référence, on m’a posé une question concernant la population de Royalton au Nouveau-Brunswick, soit le nombre d’hommes qui y résidaient entre les deux guerres mondiales, pour une recherche sur le recrutement. « Rien de plus simple », me suis-je dit. « Ça ne sera pas difficile à trouver ». Étant bibliothécaire, mon premier réflexe a été de consulter une publication sur le sujet. À ma grande surprise, j’ai constaté que Royalton était un trop petit village pour être mentionné dans les sources imprimées habituelles qui s’intéressent davantage aux grandes villes qu’aux petites localités rurales ou aux villages non constitués en municipalités. Je devais repenser ma stratégie de recherche.

Deux recensements ont été effectués pendant l’entre-deux-guerres : en 1921 et en 1931. J’ai choisi de consulter le premier parce qu’il était déjà numérisé; mon client pourrait donc examiner les documents en ligne (voir le Recensement de 1921).

Difficultés rencontrées

Il fallait d’abord trouver la localisation exacte de Royalton, selon les districts et sous-districts de recensement. Pour ce faire, je devais trouver une carte contemporaine et la comparer avec les districts et sous-districts du recensement de 1921 au Nouveau-Brunswick. Je devais également découvrir dans quel comté et dans quelle paroisse était situé Royalton et ensuite déterminer le bon sous-district à partir de la description fournie. Malheureusement, les sites de cartes sur Internet ne fournissent pas en général les renseignements dont j’avais besoin sur les comtés, et ne donnent pas non plus facilement accès aux cartes de la région. C’est aux Archives provinciales du Nouveau-Brunswick que j’ai trouvé ces informations. Leur site Web m’a informée que Royalton était « situé à l’est de la frontière du Nouveau-Brunswick et du Maine, 3,16 km au sud-ouest de Knoxford, paroisse de Wicklow, comté de Carleton. »

De retour aux districts et sous-districts du recensement, j’ai cherché Carleton, en faisant l’hypothèse que le district serait relié au nom du comté. Mais c’est bien connu, les hypothèses peuvent être trompeuses! Le district n’était pas classé sous la lettre « C », mais plutôt sous la lettre « V » comme dans District 48 – Victoria et Carleton. Qui aurait pu deviner?

Je n’étais pas au bout de mes peines. Pour compliquer les choses, il y a trois sous-districts dans la paroisse de Wicklow, dont la description ne mentionne pas Royalton :

  • Sous-district 11 Wicklow (paroisse)
    « Pour toute cette portion de la paroisse de Wicklow, au nord et à l’est de la ligne suivante ainsi décrite : commençant à la rivière Saint-Jean à la ferme de Hugh Tweedie; de là vers l’ouest le long de la route connue sous le nom de « chemin Carr » jusqu’au chemin Greenfield, et de là vers le nord le long dudit chemin Greenfield vers le chemin Summerfield; de là le long dudit chemin Summerfield jusqu’au chemin Knoxford, et de là vers le nord le long dudit chemin Knoxford et du prolongement de celui-ci vers le nord jusqu’à la ligne entre Carleton et Victoria et pour inclure tous ceux qui bordent lesdits chemins.
  • Sous-district 12 Wicklow (paroisse)
    « Pour toute cette partie de la paroisse de Wicklow, au sud et à l’est de la ligne suivante, commençant à la rivière Saint-Jean à la ferme de Hugh Tweedie, de là vers l’ouest le long de la route connue sous le nom de « chemin Carr » jusqu’au chemin Greenfield, puis vers le sud le long dudit chemin Greenfield jusqu’à la frontière sud de la paroisse de Wicklow, et pour inclure ceux qui bordent ledit chemin Greenfield, au sud dudit « chemin Carr ».
  • Sous-district 13 Wicklow (paroisse)
    « Commençant à l’endroit où le chemin Knoxford croise la ligne du comté entre Carleton et Victoria, de là vers l’ouest le long de ladite ligne du comté jusqu’à la frontière américaine, de là vers le sud le long de ladite frontière jusqu’à la paroisse de Wilmot, de là vers l’est le long de la frontière de la paroisse jusqu’au chemin Greenfield, de là vers le nord le long dudit chemin Greenfield jusqu’au chemin Summerfield, allant du chemin Summerfield au chemin Knoxford, de là suivant le chemin Summerfield vers l’ouest, jusqu’au chemin Knoxford; de là vers le nord le long du chemin Knoxford jusqu’à l’endroit du début. »

Quelle carte utiliser? Comme le temps pressait, je ne pouvais pas me payer le luxe d’attendre de pouvoir consulter une carte du recensement de 1921; j’ai alors vérifié dans notre collection de cartes numérisées. La plus récente carte disponible était une carte démographique du Recensement de 1891. À l’époque, Royalton se trouvait dans le district électoral de Carleton. Espérant qu’il n’y avait pas eu trop de changements en 30 ans, j’ai comparé la carte avec les descriptions et j’en ai déduit que Royalton se trouvait dans le sous-district 13, paroisse de Wicklow. Inquiète qu’une carte de 1895 pût être trop ancienne, j’ai consulté l’Atlas électoral du Dominion du Canada (1915), lequel a confirmé l’existence du district électoral de Victoria et Carleton, mais, étonnamment, Royalton n’y était pas indiqué. Au moins, le comté n’avait pas modifié ses frontières dans l’intervalle!

Une carte en noir et blanc du district électoral de Carleton (Nouveau-Brunswick); les frontières sont indiquées par un gros trait rouge.

Carte du district électoral de Carleton (N.-B.) tirée de la base de données de l’Atlas électoral du Dominion du Canada (1895). La source originale se lit comme suit : Electoral atlas of the Dominion of Canada: according to the Redistribution Act of 1914 and the Amending Act of 1915 (OCLC 1004062506)

Une autre difficulté s’est présentée au moment d’identifier, parmi les personnes dénombrées, celles qui résidaient dans le village de Royalton. La tâche aurait dû être facile, mais j’ai vite constaté que ce serait tout aussi compliqué. J’ai consulté la version imprimée du Volume I – Population of the Sixth Census of Canada, 1921, et trouvé le tableau 8 Population par districts et sous-districts. Sous Victoria et Carleton, puis comté de Carleton, j’ai trouvé Wicklow – 1 689 habitants. Cependant, il n’y avait pas d’inscription pour Royalton sous la rubrique Villes, ni de répartition par sexe. Mais le tableau 16 – Classification par sexe m’a donné la répartition pour Wicklow – 900 hommes et 789 femmes. J’étais vraiment près du but, mais rappelez-vous, la paroisse de Wicklow a trois sous-districts, dont un seul, le no 13, inclut Royalton. Il fallait que je m’approche le plus près possible des résultats du recensement pour le village.

Résultats

Ma seule option à cette étape était de consulter les données brutes recueillies lors du recensement, ce qui signifiait que je devais consulter la version numérisée du Recensement de 1921 sur notre site Web. Une recherche avec les mots-clés Royalton et Province : Nouveau-Brunswick n’a donné aucun résultat. Toutefois, Wicklow et Province : Nouveau-Brunswick a donné 1 600 résultats, ce qui correspond à peu près au nombre que j’avais trouvé pour la paroisse. La perspective de consulter toutes ces inscriptions était décourageante, c’est le moins qu’on puisse dire.

Par chance, après avoir ouvert quelques pages et parcouru le document, j’ai découvert une Page titre pour le recensement du district 48, sous-district 13, paroisse de Wicklow, pages 1-14 pour le recensement du district 48, sous-district 13, paroisse de Wicklow, pages 1-14. Et voilà!

Une page écrite à la main à l’encre noire contenant les informations suivantes : 1921, N.B. Dist. 48, Carleton, Sous Dist. 13, paroisse de Wicklow. Pages 1–14.

Page titre pour le recensement du sous-district 13, paroisse de Wicklow, district 48 – Carleton, Nouveau-Brunswick, Recensement de 1921.

Il me restait à résoudre le problème de la répartition par sexe. Même si les nombres étaient plus petits que pour l’ensemble de la paroisse de Wicklow, je devrais quand même faire pas mal de calculs. Heureusement, le recenseur avait indiqué les nombres totaux sur la dernière page de la section pour le sous-district 13, Wicklow :

hommes – 340; femmes – 316

Espérant toujours trouver des données spécifiques pour Royalton, j’ai vu que la colonne 5 était intitulée « Municipalité ». Alors, remplie d’espoir, je m’apprêtais à faire le décompte précis.

Vous souvenez-vous des difficultés que j’avais éprouvées précédemment? J’en rencontrais encore pour trouver le nombre précis de résidents à Royalton. Royalton apparaît pour la première fois à la page 3, ligne 39 pour le sous-district 13. Le recenseur commence par inscrire Royalton dans la colonne « Municipalité », puis il rature ces inscriptions et remplace le nom de Royalton par Carleton, qui est, comme nous le savons, le nom du comté! Par la suite, le recenseur inscrit systématiquement Carleton en tant que municipalité à la page 4.

Première page du recensement de 1921 montrant les inscriptions pour Royalton.

Recensement de 1921, Province du Nouveau-Brunswick, district no 48, sous-district no 13. Voir colonne 5, Municipalité, Royalton.

À cette étape, j’ai reconnu que je ne trouverais pas le nombre d’hommes à Royalton et j’ai transmis l’information à mon client, qui a peut-être réussi à découvrir cette information par les noms de famille.

Pour en savoir plus sur la recherche dans le recensement de 1921, consultez la section intitulée Enjeux au sujet de ce recensement et de cette base de données. Vous y trouvez des conseils très utiles pour passer d’une image à l’autre.

Bonne chance à tous ceux qui sont à la recherche de leur propre Royalton. Amusez-vous bien!

 

Julia McIntosh est bibliothécaire de référence à la division des Services de référence.

Images de laboratoires maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc de six femmes travaillant sur des bateaux prototypes au laboratoire du Dr Alexander Graham Bell.

Des ouvrières au laboratoire du Dr Alexander Graham Bell, à Beinn Bhreagh, Baddeck (Nouvelle-Écosse) [MIKAN 3624305]

Les laboratoires servent à effectuer des expériences scientifiques et technologiques et à prendre des mesures. Divers types d’équipement et outils y sont utilisés selon le domaine d’études (p. ex. sciences, ingénierie ou pharmacol

ogie).

Photo noir et blanc d’une femme faisant des essais sur du caoutchouc synthétique au laboratoire de la Société Polymer.

L’employée Isobel Futcher, de St-Thomas (Ontario), fait des essais sur du caoutchouc synthétique au laboratoire de la Société Polymer, Sarnia (Ontario) [MIKAN 3626172]

Photo noir et blanc d’une femme remplissant de pénicilline des fioles de 20 cm3 aux laboratoires Connaught.

L’ouvrière Ruth Osborne remplit de pénicilline des fioles de 20 cm3 aux laboratoires Connaught, Toronto (Ontario) [MIKAN 3627997]

Les premiers laboratoires étaient petits; il s’agissait parfois d’une simple pièce dans la maison d’un particulier. Des installations dédiées à la recherche en laboratoire ont commencé à ouvrir leurs portes pendant la Première Guerre mondiale. Cependant, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, l’effort de guerre industriel du Canada s’est considérablement accru, ce qui a contribué au développement de grands projets scientifiques. De nombreux laboratoires sont devenus de grands complexes industriels accueillant maints employés. Le financement des projets de recherche à grande échelle reposait sur des investissements du gouvernement ou des partenariats de consortium.

Photo en couleurs d’un homme préparant différents liquides utilisés pour le développement des films dans un laboratoire de mélange des produits chimiques de l’Office national du film du Canada.

Bert Hooper, chef du laboratoire de produits chimiques, supervise la préparation des différents liquides utilisés pour le développement des films à l’édifice de l’Office national du film du Canada, à Ville St-Laurent, Montréal (Québec) [MIKAN 4313950]

On trouve au Canada de nombreux laboratoires, petits et grands. Certains sont financés par le secteur privé alors que d’autres font appel à des fonds publics. Il existe également des financements mixtes octroyés par des établissements universitaires, des organismes privés et des entités publiques.

Visitez l’album Flickr maintenant!

Découvrez notre toute dernière exposition – Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada…

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poisson

Et ne manquez pas notre nouvelle série sur le blogue…

La nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) apporte un vent de fraîcheur. Elle se tiendra au 395, rue Wellington, à Ottawa, à compter du 24 avril 2018.

La diversité à l’honneur

Comme d’autres expositions, Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada met en valeur la belle diversité de la collection de BAC. On y trouve entre autres une broderie chinoise et une réplique de la coupe Stanley originale de la saison 1952-1953.

Une broderie dorée de deux dragons dont les griffes sont pointées vers une perle; ils volent parmi les nuages, au-dessus des vagues de l’océan.

Broderie ayant inspiré le timbre émis par Postes Canada pour souligner l’année du Dragon, Punchline Embroidery Centre, 1998 (e011202235) © Postes Canada. Article choisi par Emma Hamilton-Hobbs, archiviste, Division des archives gouvernementales.

Une photo en couleurs d’un bol de cuivre plaqué argent sur lequel est gravé « National Hockey League, Stanley Cup Winners, Season 1952–53 » [Ligue nationale de hockey, gagnants de la coupe Stanley, saison 1952-1953].

Bol souvenir de la coupe Stanley (1952-1953) remis à William Northey, vice-président exécutif des Canadiens de Montréal, Roden Brothers Ltd., 1953 (e011202220). Article choisi par Normand Laplante, archiviste principal, Division des archives privées sur la vie sociale et la culture.

Mise en valeur de l’expertise des spécialistes en acquisition

Cette nouvelle exposition met en valeur les plus récentes acquisitions de BAC et célèbre l’expertise des spécialistes en acquisition de l’institution. Chaque article a été choisi avec minutie par l’un des bibliothécaires ou archivistes de BAC, qui en a ensuite rédigé le libellé pour l’exposition. Chaque texte est accompagné de la signature et du titre de son auteur. Même le bibliothécaire et archiviste du Canada, Guy Berthiaume, a choisi un article!

Une photo en couleurs d’un livre ouvert rédigé en hébreu.

Mivchar Ha-Peninim [Le livre des perles], Solomon Ibn Gabirol, 1484 (AMICUS 45283149). Acquis grâce au généreux soutien de Ruth et Arnon Miller, et avec l’aide des Amis de Bibliothèque et Archives Canada. Article choisi par Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada.

Les nouvelles acquisitions, qu’elles découlent d’un don, d’un achat ou d’une attribution prévue par une entente juridique, sont au cœur de la collection du Canada. La constitution d’une collection qui reflète l’histoire du Canada fait partie intégrante du mandat de BAC.

Aquarelles de deux jeunes Inuits portant des vêtements de style occidental. Légendes : Augustus pour l’une, et Junius pour l’autre.

Interprètes inuits de Churchill, Robert Hood, mai 1821 (e011154367). Article choisi par Shane McCord, archiviste en art, Division des archives privées sur la vie sociale et la culture.

Première : une série de blogue

Nous soulignons l’importance de l’expertise en acquisition au moyen de cette série de billets qui décriront en profondeur de nombreux articles choisis pour cette exposition. Chaque billet de cette série mensuelle mettra en valeur le travail d’un des spécialistes de BAC.

Une photo en couleurs d’une pochette de disque sur laquelle est inscrit « Improved Berliner Gram-O-Phone Record. Manufactured by [illegible] Montreal, Canada. Patented [illegible] 1897. Ye Banks and Braes. Played by The Kilties Band – Belleville, Ont. » [Disque amélioré de Berliner Gram-O-Phone. Fabriqué par (illisible) Montréal, Canada. Breveté (illisible), 1897. Vos rives et vos versants. Interprété par l’ensemble des Kilties, Belleville, Ont.]

Ye Banks and Braes (Caledonian Hunt’s Delight) [Vos rives et vos versants (les plaisirs de la chasse néo-calédonienne)], interprété par l’ensemble canadien des Kilties, 25 octobre 1902, arrangements par Bonniseau. Écoutez ici! (AMICUS 31383290). Article choisi par Margaret Ashburner, bibliothécaire de projet, musique, Patrimoine publié.

D’autres billets seront publiés pendant la durée de cette exposition qui prendra fin le 3 décembre 2018.

Profitez-en aussi pour vous rendre sur place à Ottawa pour visiter l’exposition!

Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada est présentée à compter du 24 avril 2018 au 395, rue Wellington, à Ottawa, et se tiendra jusqu’au 3 décembre 2018. L’entrée est gratuite.

Voici Co-Lab : l’outil qui vous permettra de donner un coup de pouce à l’histoire!

Une bannière turquoise avec les mots: Co-Lab - votre outil de collaborationLa production participative est arrivée à Bibliothèque et Archives Canada! Grâce à Co-Lab et à notre nouvel outil Recherche dans la collection(bêta), vous pouvez maintenant transcrire des documents d’archives, y ajouter des mots-clés et des étiquettes, traduire des textes et des descriptions de photos ou d’images, ou encore créer des descriptions pour des images déjà numérisées.

Relevez le défi!

Pour rendre le tout encore plus intéressant, nous vous lançons des « défis » en vous invitant à travailler sur de petites collections : par exemple, les archives de Rosemary Gilliat (Eaton). Venez transcrire son journal et décrire les photos de ses voyages dans l’Arctique! À moins que vous ne préfériez recopier les lettres d’amour de sir Wilfrid Laurier à Zoé, sa bien-aimée et sa future épouse? Ces défis n’attendent que vous : relevez-les dès maintenant!

Une capture d’écran du Co-Lab montrant les différents défis de disponible.Pour participer : utilisez l’outil Recherche dans la collection(bêta)

Lorsque vous trouverez des images dans notre nouvel outil de recherche, vous aurez ce choix : « activer cette image aux fins de production participative à l’aide de Co-Lab ». Vous répondrez alors à de brèves questions, et vous pourrez ensuite commencer à utiliser Co-Lab pour transcrire, traduire ou décrire les documents voulus.

Si une image est déjà choisie, vous pourrez ajouter vos propres contributions ou modifier celles d’autres personnes. De plus, en vous créant un compte d’utilisateur, vous pourrez consulter l’historique de votre participation et vous serez informé des nouveaux défis et des mises à jour de Co-Lab.

Une nouvelle façon d’afficher les images

Une capture d’écran montrant une lettre écrite à la plume dans une fenêtre et dans l’espace de droite on voit un espace dédié à la transcription et sous cet espace une petite boîte indique le statut de la transcription.

Co-Lab s’accompagne d’un nouvel afficheur qui vous permet de zoomer sur des images ou de les glisser-déplacer. Ces fonctions sont très utiles lorsque vous voulez voir un détail afin de le transcrire ou d’ajouter des mots-clés ou des étiquettes.

Et s’il y a des erreurs?

C’est inévitable : il y aura des erreurs, surtout dans les transcriptions des documents manuscrits. Cela dit, le contenu dans Co-Lab peut être révisé par d’autres contributeurs. Si vous voyez une erreur, corrigez-la ou ajoutez la mention « Révision nécessaire » pour que d’autres puissent y jeter un coup d’œil.

Le plus grand avantage de Co-Lab? Chaque contribution individuelle profite aux autres chercheurs et améliore l’accès aux archives. Et chaque ajout à un document se traduit par une nouvelle métadonnée qui devient interrogeable dans un délai de 24 heures. Résultat : de jour en jour, les documents de Bibliothèque et Archives Canada deviennent plus facilement repérables.

De plus, en transcrivant sous forme de texte des documents qui n’étaient auparavant que des images numérisées, nous les rendons accessibles aux personnes utilisant un appareil de synthèse vocale ou un lecteur sonore d’écran. Enfin, en traduisant certains documents, nous permettons aux Canadiens unilingues d’en comprendre le contenu.

Pour plus d’informations et pour obtenir des réponses aux questions fréquemment posées, consultez la page À propos de Co-Lab. Déjà prêt à commencer? Donnez un coup de pouce à l’histoire et essayez Co-Lab dès maintenant!

La mystérieuse affaire de la photo sur cuir verni : un pannotype de Bibliothèque et Archives Canada

Par Tania Passafiume, avec l’aide de Shannon Perry

J’ai découvert un trésor caché alors que je répertoriais plus de 300 objets emboîtés dans les fonds photographiques de Bibliothèque et Archives Canada. Une de ces images me semblait quelque peu étrange. Elle ne ressemblait ni à un daguerréotype, ni à un ambrotype, ni même à un ferrotype, soit le genre de photographies habituellement conservées dans de petits écrins de cuir, de papier ou de plastique.

Image couleur d’un coffret en papier tapissé de velours rouge. Sur le côté droit, une photo en noir et blanc encadrée par un passe-partout de cuivre représente un jeune homme vêtu d’un veston de couleur foncée.

Un pannotype d’un jeune homme inconnu, dans un coffret en papier (e011200812_s15-v8)

Les questions n’ont pas tardé. De quoi s’agissait-il? Quel procédé photographique avait servi pour créer cet objet? Le premier indice m’indiquant qu’il s’agissait d’un objet insolite fut l’absence de scellant, ce qui signifiait qu’on n’avait pas apposé à l’origine de ruban de scellement. Traditionnellement, pour diverses raisons, un ruban de papier était utilisé pour sceller le paquet placé dans le coffret. N’ayant pas de ruban original à briser, j’ai décidé d’ouvrir le paquet.

Mes découvertes

Après avoir retiré le paquet de son écrin, j’ai immédiatement noté un fragment de papier épais posé au dos du paquet, qui semblait provenir d’une feuille plus grande. Dans le quadrant supérieur gauche apparaissaient des mots incomplets inscrits au crayon : « hol » et « acid ». La partie supérieure présentait une sorte de détérioration, sans doute une tache laissée par un liquide, à en juger par la décoloration du papier. Au début, je n’ai pas tellement porté attention à ce papier. Puisque le ruban de scellement original n’était plus là, il était vraisemblable qu’une personne eut placé ce morceau de papier derrière la photo après avoir retiré le sceau. Cette découverte en soi n’était pas surprenante, puisque les plaques photographiques étaient souvent retirées d’un coffret pour être placées dans un autre. Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte que le texte était en fait essentiel pour saisir la nature de la photo.

En retirant la feuille de papier, j’ai vu un morceau de cuir. Immédiatement, j’ai compris ce que je tenais entre les mains! Ce morceau de cuir n’était pas une autre couche ajoutée derrière la plaque photographique, c’était la photo elle-même gravée sur cuir! Ce procédé photographique est appelé pannotype (d’après le latin « pannos », qui signifie étoffe). J’avais lu à propos des pannotypes et vu des exemples modernes; toutefois, il est très rare de tomber sur des originaux, surtout en si bon état. J’ai retourné l’objet et retiré le passe-partout de laiton avec sa plaque de verre. Sous le verre détérioré et sale se trouvait une surface brillante en cuir sur laquelle était gravée l’image impeccable d’un homme. Le verre en mauvais état m’avait confondue et fait douter du procédé photographique utilisé. Grâce à mon analyse minutieuse et à un heureux hasard, Bibliothèque et Archives Canada venait de découvrir un pannotype du 19e siècle dans ses fonds!

L’histoire derrière ce procédé

Les pannotypes ont été à la mode de 1853 au début des années 1880. La méthode était semblable à celle utilisée pour les ambrotypes, à cette différence près qu’un morceau de tissu ou de cuir servait de support au lieu du verre. Fait intéressant, les pannotypes étaient réalisés en appliquant sur un ambrotype des gouttes d’une solution d’acide nitrique dilué dans l’alcool. Cela permettait au photographe de retirer l’émulsion (contenant l’image en tant que telle) du support en verre pour la placer sur un nouveau support, par exemple un morceau de cuir. J’ai alors repensé aux mots incomplets écrits à la main sur le morceau de papier trouvé derrière le cuir, « hol » et « acid ». Ces mots seraient-ils « alcohol » et « nitric acid » (alcool et acide nitrique), soit les ingrédients mêmes pour réaliser un pannotype?

Image couleur d’une feuille de papier tachée sur laquelle sont inscrits les mots incomplets « hol » et « acid ».

La feuille de papier trouvée au dos de la photo, avec le texte « hol » et « acid » inscrit au crayon. (e011200812_s25-v8)

Image couleur de mains gantées tenant un morceau de cuir dont la partie supérieure et les côtés sont tachés.

Le cuir au verso de la photo. Photo : Carla Klück.

Image couleur de mains gantées en train de séparer le portrait en noir et blanc d’un homme du passe-partout de cuivre avec plaque de verre qui le recouvrait.

La photo (cuir verni avec émulsion) et le passe-partout de cuivre avec sa plaque de verre. Photo : Carla Klück.

Le procédé photographique appelé pannotype a été présenté pour la première fois en 1853 à l’Académie des sciences de France par l’entreprise Wulff & Co, laquelle vendait les explications sur son procédé pour la somme de 100 francs. Les pannotypes se répandent rapidement, alors que de nombreux photographes professionnels les utilisent dans un contexte commercial, comme en témoignent des annonces et des articles de journaux ayant traversé le temps. À cette époque, les clients s’intéressaient à ce procédé puisqu’ils le croyaient plus durable : il ne se brisait pas comme les ambrotypes sur verre, ne s’égratignait pas comme les daguerréotypes et ne se déformait pas comme les ferrotypes. Nous ne savons presque rien de la diffusion et de l’utilisation du pannotype ici au Canada, mis à part le fait que plusieurs photographes réputés y ont eu recours, dont George Robinson Fardon (1807-1886), de Victoria, en Colombie-Britannique. Son album de photos « Portrait and Views on patent leather » (Portraits et vues sur cuir verni) a été présenté à l’Exposition universelle de 1862 à Londres, puis a été ajouté aux fonds du Victoria and Albert Museum.

Ici et maintenant

De nos jours, la découverte de pannotypes est chose rare, leur durée de vie étant très limitée en raison de leur fragilité intrinsèque. Or, ce pannotype nouvellement découvert sur cuir verni est en excellente condition. Son seul défaut est la détérioration du verre original dans le passe-partout de cuivre, ce à quoi quelques efforts de conservation ont su remédier. Il est maintenant temps de partager notre découverte avec le public et, peut-être, d’essayer d’élucider le prochain mystère : qui est l’homme sur la photo et qui était le photographe? Restez à l’affût!


Tania Passafiume est la restauratrice en chef des documents photographiques de la Division des soins de la collection au sein de la Direction générale des opérations numériques et de la préservation de Bibliothèque et Archives Canada.

Shannon Perry est une archiviste en photographie de la Division des archives gouvernementales de la Direction générale des archives de Bibliothèque et Archives Canada.