Commander des documents : de quels numéros ai-je besoin?

Il peut paraître assez compliqué pour un néophyte et même, à l’occasion, pour un chercheur expérimenté de trouver le bon numéro de référence lorsqu’il s’agit de commander des documents de la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Avec des titres tels que numéro d’identification, no de référence archivistique, ancien no de référence archivistique, nos de contrôle reliés ou no de contrôle d’autres systèmes, il peut être parfois difficile de savoir quel numéro utiliser pour soumettre votre demande.

Normalement, toutes les informations de référence archivistique dont vous avez besoin pour commander des documents à des fins de consultation ou de reproduction se trouvent dans le champ « Référence » sous la rubrique « Notice descriptive – Brève » de la description en ligne pour les dossiers, les documents et les acquisitions disponible à partir de notre base de données Recherche dans la collection.

Parfois, certaines informations ne sont pas disponible dans le champ Référence. Dans ces cas, il faut vérifier les conditions d’accès, disponibles dans la rubrique « Pour réserver ou acheter des documents ».

Description dans la base de données « Recherche dans la collection » de Bibliothèque et Archives Canada. Notez le champ référence au haut de la page sous la section « Notice descriptive – Brève » et les conditions d’accès dans la section « Pour réserver ou acheter des documents ».

Vous devrez prendre en note les informations suivantes, si elles sont disponibles, selon l’ordre indiqué (1 à 6), en finissant par le titre du document situé en haut de la page de description :

 

  1. Numéro de référence archivistique – p. ex., R112
  2. Ancien numéro de référence archivistique – p. ex., RG, MG, LMS, MUS. Il faut aussi transcrire tous les renseignements qui suivent le code d’identification alphabétique.
  3. Un numéro d’acquisition ou BAN – p. ex., 2003-00459-9
  4. Un numéro de volume ou de boîte — sans ce numéro, rien ne peut être commandé.
  5. No de dossier (créateur) ou no de document (créateur)
  6. Titre du document

Il est important de noter que le numéro d’identification qui se trouve sous la rubrique « Notice descriptive -Brève » dans Recherche dans la Collection (autrefois connu comme numéro Mikan) n’est pas une référence acceptable. Ce numéro est un numéro de système qui fait référence à la notice descriptive dans Recherche dans la Collection et non pas au document tel. Quoique utile lors de recherches en ligne, ce numéro, contrairement aux références, va fort probablement changer.

Dans l’exemple ci-dessous, les informations suivantes sont requises pour le retrait du document :

RG24-C-1-c, Volume 32619, Dossier 5902-33/47-302

Voici d’autres Exemples de titres et de numéros de référence par type de document.

Veuillez noter que le champ « Conditions d’accès », qui se trouve sous la rubrique  « Pour réserver ou acheter des documents », contient également des renseignements importants sur les restrictions à la consultation (identifiées par un code d’accès) qui s’appliquent aux documents décrits et qui indiquent si les documents sont ouverts à une consultation en vue de recherche ou de reproduction. Pour de plus amples informations sur les codes d’accès, veuillez consulter les blogues suivants : Introduction et Partie II.

Notez bien :

  • Il faut compter de 36 à 48 heures pour obtenir des documents d’archives, car les documents sont conservés dans un autre édifice et doivent être transportés au 395 rue Wellington pour y être consultés.
  • Soyez très attentifs aux codes d’accès indiqués sur les documents; ils peuvent signifier que vous devez fournir des renseignements supplémentaires si les dossiers comportent des restrictions.
  • Certains documents ont déjà été microfilmés et peuvent être visionnés immédiatement dans la salle de consultation. Si vous trouvez un document qui comporte un numéro de bobine de microfilm, vous pouvez vous rendre directement à la salle des microfilms et retirer la bobine de l’étagère pour la visionner.
  • En outre, certaines bobines de microfilm débutant par les lettres C-, T-, et H-, ont été numérisés grâce à une entente de collaboration avec Canadiana et peuvent être consultés sur le site Web Héritage.

Si aucune de ces démarches ne donne des résultats, n’hésitez pas à demander au personnel des services d’orientation ou de consultation de vous aider à trouver le bon numéro de référence, ou remplissez le formulaire Posez-nous une question.

1915 : Suivriez-vous cet exemple?

Les affiches de recrutement ci-dessous font partie d’une collection remarquable de plus de 4 000 affiches de nombreuses nations impliquées dans un conflit armé qui ont été acquises sous la direction de l’archiviste fédéral, M. Arthur Doughty, dans le cadre d’un effort plus large visant à documenter la Première Guerre mondiale.

Image de deux affiches côte à côte, l’une en anglais et l’autre en français. L’image montre un soldat debout, vu de profil, devant le drapeau Union Jack, le fusil sur l’épaule. Il porte l’uniforme et l’équipement du soldat canadien en 1915 : fusil Ross, sac à dos, casquette, bandes molletières et pelle MacAdam (appelée aussi pelle Hughes).

Une version anglaise et une version française d’une affiche utilisant la même image, mais avec un texte véhiculant des émotions très différentes. (MIKAN 3667198 et MIKAN 3635530)

Alors que la guerre meurtrière sans issue se poursuivait sur le front occidental en 1915, les nations impliquées dans le conflit armé furent forcées d’organiser des campagnes de recrutement dans le but de former de nouvelles divisions d’hommes pour les envoyer au combat. Les deux batailles mentionnées sur l’affiche ne furent certainement pas de grandes victoires pour le Corps expéditionnaire canadien qui venait tout juste de commencer ses opérations militaires. La défense désespérée à Saint-Julien, les opérations durant la Deuxième bataille d’Ypres de même que le résultat non concluant de la bataille de Festubert en mai 1915 étaient les seuls exemples dont les autorités disposaient afin de lever de nouvelles troupes pour le service outre-mer.

Le verset sentimental et l’image patriotique étaient d’usage conventionnel pour ce type d’affiche. Elle ferait appel aux Canadiens qui avaient des liens solides avec la Grande-Bretagne, mais offrirait peu d’encouragements aux Canadiens français, aux communautés des Premières Nations ou à d’autres groupes à s’enrôler. Il est intéressant de noter que le texte n’est pas une simple traduction : en anglais, le thème est le sacrifice héroïque alors qu’en français, il porte sur la fin du carnage et la restauration du « progrès ».

Ces affiches présentent un portrait réaliste d’un soldat au début de la guerre. Ce caporal suppléant est armé d’un fusil Ross dont les graves défauts ont été exposés dans les récits canadiens de la Première Guerre mondiale. Il porte des bottines basses et des bandes molletières (longue bande de tissu enroulée autour de ses mollets) qui étaient moins coûteuses à fabriquer que les bottes au genou, mais qui offraient moins de protection contre le froid et l’humidité. Les casques d’acier n’avaient pas encore été développés, laissant la tête et le haut du corps vulnérables aux éclats d’obus ou à tous les débris projetés.

Il est également alourdi par la pelle MacAdam (qui pend à sa hanche). Cette invention était le résultat d’une collaboration entre le ministre de la Milice et de la Défense, Sir Sam Hughes, et sa secrétaire, Ena MacAdam. Elle tentait de combiner un bouclier personnel et une pelle. La lame de la pelle était percée d’un petit trou qui devait permettre à un soldat couché sur le sol de viser avec son fusil et de faire feu à travers le trou tout en étant protégé par elle. Toutefois, la pelle était trop lourde et la terre passait à travers le trou. De plus, le bouclier était trop mince pour bloquer les balles allemandes! Heureusement, cet outil polyvalent raté a disparu petit à petit de l’équipement standard remis aux soldats avant que la première Division quitte l’Angleterre pour se rendre en France. Cette affiche est un artéfact important de son époque. Elle montre qu’en 1915, les soldats canadiens qui combattaient outre-mer avaient encore un très long chemin à parcourir.

Photographie noir et blanc montrant trois hommes dont deux sont clairement en uniforme. Un officier (le ministre de la Milice et de la Défense Sam Hughes) tient la pelle MacAdam, qui est une pièce de métal en forme de bêche avec un trou sur un côté, alors que l’autre officier est accroupi sur le sol et fait quelque chose qu’on ne peut discerner. Le troisième regarde la pelle.

Sam Hughes tenant la pelle McAdam (MIKAN 3195178)

Ressources connexes

Un livre de comptes autochtone attribué à Michel « L’Aigle » Dokis, v. 1861–1884

Bibliothèque et Archives Canada a, dans sa collection numérique, un exemplaire d’un livre de comptes (dans lequel on peut admirer un système pictographique unique) qui était la propriété du chef ojibwa Michel Dokis.

Comme les documents créés par les Autochtones utilisant des systèmes d’écriture pictographiques sont extrêmement rares, la mise au point et l’utilisation d’un tel système confèrent à Michel Dokis et son journal comptable une importance exceptionnelle. Michel Dokis (appelé l’Aigle) a été l’un des signataires du Traité Robinson-Huron de 1850. Nommé chef à vie en 1850, il est demeuré à la tête de sa communauté jusqu’à sa mort en 1906. Il a été très actif pendant toute la deuxième moitié du 19e siècle, exploitant notamment plusieurs postes de traite dans la région de la rivière French, ce qui serait aujourd’hui la région du Centre et du Nord de l’Ontario. Il semble que Michel Dokis était alphabète et qu’il parlait couramment l’ojibwa et le français.

Le livre de comptes qu’il a tenu pour consigner ses activités commerciales suit les conventions établies pour la tenue d’un grand livre dans un système de comptabilité en partie double, chaque page étant consacrée à l’enregistrement des transactions avec une seule personne ou peut-être une famille. La ligne supérieure indique la nature et la quantité de marchandises destinées au commerce, tandis que la ligne inférieure indique la nature et la quantité de marchandises échangées.

Il est intéressant de noter que le client est identifié dans la marge supérieure par une image représentant son nom (castor, vison, rat musqué, loutre, tortue, canard, oie, faucon, arc et flèche, gland, un homme coiffé d’un chapeau ou d’une casquette ou fumant la pipe); certains noms personnels sont notés en ojibwa, en anglais et en français. Certaines dates sont indiquées en anglais ou en français. Parfois, des commentaires explicatifs sont notés en ojibwa, apparemment pour autoriser un paiement à un tiers ou pour inscrire le règlement définitif du compte.

Là où ça devient vraiment fascinant au sujet de ce grand livre, c’est que les écritures ont été faites au moyen d’un système pictographique unique, élaboré par Michael Dokis, qui n’a pas encore été entièrement déchiffré.

Une reproduction en couleurs d’une page couverte d’une variété de symboles et d’indications. Certains sont des objets de tous les jours parfaitement identifiables : pantalon, une hache, une cafetière.

Une page du livre de comptes où l’on peut voir certains des diagrammes figuratifs utilisés. Remarquez le violon dans le coin supérieur gauche. (MIKAN 3972512)

Les représentations symboliques des marchandises fabriquées proposées dans les échanges sont les plus faciles à déchiffrer -notamment le violon (page 398). Les pièces de vêtement incluent différentes types de chemises, pantalons et robes, des bretelles, chapeaux et bottes (unis, à pois, à rayures ou à carreaux), des châles (avec ou sans franges) et des peignes. Parmi les pièces d’équipement et les outils, on peut voir des ciseaux, des bobines de fil et des boutons; des écheveaux de ficelle ou de corde, des chandelles; des couteaux, des hachettes ou des haches, des clous, des limes, des tarières, des carabines, des pièges, des couvertures et des tentes. Des rayures (///) sur une couverture, un piège ou d’autres articles devaient probablement indiquer le nombre.

Une reproduction en couleurs d’une page couverte d’une variété de symboles et d’indications. Certains sont des objets de tous les jours parfaitement identifiables : un pantalon, une hache, une cafetière.

Une autre page du livre de comptes où l’on peut voir certains des diagrammes figuratifs utilisés. Datée de 1861. (MIKAN 3972512)

Pour déchiffrer les images plus abstraites, il faut des connaissances de la langue ojibwa et du milieu de la traite pour lequel ce système d’écritures a été élaboré. Est-ce que le bout plissé d’un mocassin représente l’article au complet? Les théières munies d’un bec verseur incurvé peuvent-elles être associées au thé, tandis qu’un récipient à côtés droits évoquerait le café? Est-ce qu’une robe de femmes dans un rectangle représente un miroir? Les petits points dans une forme en U pourraient-ils indiquer de la farine, tandis que les petits points dans un double cercle indiqueraient de la poudre noire, ou inversement? Les symboles qui pourraient être définis comme des B, C et K stylisés ou inversés pourraient indiquer des fourrures précises (selon leur nom en ojibwa) et les hachures croisées pourraient indiquer des chiffres.

Une reproduction en couleurs d’une page du grand livre. Écrite à l’aide d’une plume et d’encre, en langue ojibwa. On remarque dans le coin intérieur du bas des dommages causés par l’eau et quelques lignes brunes.

Une page du livre de comptes, écrite en ojibwa (MIKAN 3972512)

Le décodage de ces symboles présente un véritable défi. Peut-être saurez-vous résoudre le mystère!

Images de soins infirmiers maintenant sur Flickr

Les origines des soins infirmiers au Canada remontent au XVIIe siècle à Québec.

Lancement d’une nouvelle version de la base de données Immigrants de la Chine

Mai est le Mois du patrimoine asiatique au Canada durant lequel nous reconnaissons la longue et riche histoire des Canadiens d’origine asiatique ainsi que leurs contributions au Canada. Le Mois du patrimoine asiatique donne aussi aux Canadiens l’occasion de réfléchir aux contributions des Canadiens d’origine asiatique à la croissance et à la prospérité du Canada ainsi que de célébrer leur apport.

Pour souligner la culture asiatique, Bibliothèque et Archives Canada a le plaisir d’annoncer l’ajout de plus de 35 000 références dans sa base de données Immigrants de la Chine. On y retrouve maintenant des références aux certificats C.I.9 délivrés aux personnes d’origine chinoise nées en dehors du Canada et désirant quitter le Canada pour une période de temps limitée sans perdre leur statut au Canada. Les documents originaux fournissent des renseignements tels que le nom de la personne, son âge, son lieu de naissance et une photographie ainsi que le port, la date d’embarquement et le nom du navire.

Images d’enfants par Topley maintenant sur Flickr

La collection William Topley à Bibliothèque et Archives Canada est une ressource précieuse pour ceux qui s’intéressent au portrait photographique canadien du XIXe siècle. Composée de plus de 150 000 négatifs sur plaque de verre ainsi que d’épreuves d’atelier et d’albums de comptoir. Même si M. Topley photographiait d’autres sujets que les personnes, les portraits étaient sa spécialité, et la collection est un merveilleux exemple des débuts de la photographie en studio au Canada.

Les enfants faisaient souvent l’objet de ces portraits, posant seul ou avec leurs frères et sœurs.

Les enfants de Topley – Petits portraits de la collection William Topley

La collection William Topley à Bibliothèque et Archives Canada est une ressource précieuse pour ceux qui s’intéressent au portrait photographique canadien du XIXe siècle. Composée de plus de 150 000 négatifs sur plaque de verre ainsi que d’épreuves d’atelier et d’albums de comptoir, la collection Topley couvre de 1868 à 1923 et illustre la carrière prolifique de M. Topley, originaire de la région de Montréal, qui a commencé sa carrière de travailleur autonome en ouvrant une succursale du studio William Notman sur la rue Wellington à Ottawa. Même si M. Topley photographiait d’autres sujets que les personnes, les portraits étaient sa spécialité, et la collection est un merveilleux exemple des débuts de la photographie en studio au Canada.

Au début des années 1870, M. Topley achetait le studio qu’il avait géré pour William Notman et il attirait plus de 2 300 clients par année. L’emplacement prestigieux de son studio au centre-ville d’Ottawa (il déménagea plusieurs fois au fil des ans, mais toujours à une distance de marche du Parlement) faisait en sorte qu’il attirait une grande partie de l’élite de la ville, y compris des politiciens et d’autres personnages importants, qui se rendaient au studio du photographe pour se faire prendre en portrait.

Les enfants faisaient souvent l’objet de ces portraits, posant seul ou avec leurs frères et sœurs. En regardant ces images, on remarque, non seulement, des noms connus, identifiant certains sujets comme les enfants de personnages influents de la capitale, mais aussi quelque chose d’inchangé malgré l’époque. En regardant au-delà de la formalité, des vêtements inconfortables et des poses statiques, on voit que ces portraits ne sont pas tellement différents de ceux que l’on pourrait prendre aujourd’hui. On reconnaît des enfants habillés spécialement pour l’occasion, essayant de rester assis, ayant l’air tantôt impatient, tantôt ennuyé.

Photographie en noir et blanc d'une petite fille dans une robe blanche.

Mademoiselle McLaren, 1873 (MIKAN 3461050)

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Vos ancêtres viennent-ils de Norvège?

Vous aimeriez savoir qui était votre premier ancêtre norvégien, et quand il ou elle a quitté la Norvège et est arrivé au Canada? Êtes-vous curieux de connaître vos origines norvégiennes?

Si oui, le site Web de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est un endroit idéal pour commencer votre recherche. Vous y trouverez une page consacrée à la recherche généalogique sur les Norvégiens. Cette page vous offre de l’information historique, du matériel publié et des documents d’archives préservés à BAC, ainsi que des liens vers d’autres sites Web et organismes.

Si votre ancêtre est arrivé entre 1865 et 1935, vous trouverez peut-être son nom dans les listes de passagers.

Nouveaux livres ajoutés à la Collection de livres rares : stabilisation du cuir

Une collection de livres publiés avant 1800 a été récemment transférée dans la Collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Un recensement de la collection a révélé que la plupart des livres présentaient une détérioration du cuir à divers niveaux. Dans certains cas, le cuir était fissuré et s’écaillait, et dans des cas extrêmes, le cuir s’effritait. C’est un problème courant et inhérent au cuir fabriqué à cette époque. Deux processus contribuent à la détérioration du cuir : la réaction aux polluants environnementaux des tanins utilisés dans la fabrication du cuir (hydrolyse) et l’exposition du cuir à la lumière, à la chaleur et à l’oxygène (oxydation). L’hydrolyse et l’oxydation entraînent la désintégration progressive des fibres du cuir et affaiblissent son intégrité structurale. Le sous-produit de la désintégration du cuir est une poudre acide, souvent de couleur rouge ou orangée. Non seulement cette détérioration constitue-t-elle une menace immédiate pour la structure du livre, mais elle menace également le reste de la collection à cause de la contamination par la poussière et les particules du cuir. Dans bien des cas, le cuir laisse alors des résidus visibles sur les surfaces et les livres environnants. Pour ces raisons, les restaurateurs de BAC ont mis au point et effectué un traitement correctif pour stabiliser le cuir.

Photographie en couleur montrant plusieurs livres sur une table. Le livre à l'avant-plan présente un cuir extrêmement détérioré, et le dos du livre s'est détaché de la couverture.

Cuir détérioré : La première étape du processus consistait à évaluer le degré de détérioration et de procéder à un nettoyage initial de la surface des livres afin de retirer autant de poussière de cuir que possible. Ce travail a été réalisé dans la chambre forte des livres rares, sur les 500 livres, à l’aide d’un petit aspirateur et d’une petite brosse.

La méthode la plus efficace pour stabiliser un cuir détérioré consiste à utiliser un agent de consolidation de surface. Un agent de consolidation est une solution qui est appliquée directement sur le cuir pour sceller la surface. Bien qu’il ne puisse arrêter ou inverser l’instabilité chimique dans un cuir dégradé, il crée une barrière qui protège le cuir contre les particules dans l’air et réduit l’effritement. De plus, la manipulation des livres en cuir dont la surface a été consolidée est beaucoup plus propre.

Tests

Une série de tests ont été effectués afin de déterminer la sensibilité du cuir à l’eau et aux solvants. En nous fondant sur ces résultats, nous avons trouvé la recette d’agent de consolidation la plus appropriée.

Photographie en couleur montrant un morceau de papier divisé en carrés avec des échantillons de cuir dans chaque carré. Chaque carré montre les échantillons avant et après le test.

Le test effectué est appelé mesure de la température de rétrécissement. De petits échantillons de cuir prélevés sur les livres ont été chauffés dans l’eau jusqu’à ce qu’une réaction se produise. Plus la température de réaction est basse, moins le cuir est stable. Les tests ont conclu que certains cuirs étaient assez instables et qu’ils pouvaient être facilement endommagés par l’application d’agents de consolidation contenant de l’eau et des solvants.

Collage de trois photographies en couleur, chacune montrant un livre avec des petits drapeaux blancs dessus. Les drapeaux indiquent les zones qui ont été testées avec les agents de consolidation.

L’analyse ponctuelle : Quatre recettes d’agents de consolidation ont été créées et testées sur trois volumes représentant les espèces de cuir identifiées dans les livres d’avant 1800 : chèvre, mouton et veau. Le test consistait en un examen visuel pour déterminer la probabilité de décoloration par tachage ou de dépôt de résidus par les divers agents de consolidation de surface.

Les tests ont révélé de façon concluante qu’un agent de consolidation en particulier ne montrait aucun signe visible de tachage ou de résidus sur le cuir. Il s’agit de l’hydroxypropylcellulose dissoute dans un solvant, puis diluée dans un autre. On a donc décidé d’utiliser cette recette pour traiter la collection.

Photographie en couleur montrant une femme tenant un livre dans ses mains gantées et appliquant l'agent de consolidation avec une brosse fine sous une hotte de laboratoire.

Application de l’agent de consolidation sous une hotte de laboratoire.

L’agent de consolidation a été appliqué sur des zones précises à l’aide d’une petite brosse. Le traitement a été effectué sous une hotte de laboratoire, à cause des solvants utilisés dans la recette de l’agent de consolidation. Les livres ont ensuite été laissés pendant 24 heures sous la hotte de laboratoire afin qu’ils dégagent les gaz avant d’être renvoyés en entreposage permanent.

Maintenant que la surface en cuir des livres a été stabilisée, nous pouvons déterminer, avec l’aide des informations du recensement, si d’autres traitements sont nécessaires pour rendre ces livres plus résistants et accessibles pour les générations futures.

Autoportraits de femmes dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Jusqu’au début du siècle dernier, les autoportraits officiels des femmes étaient rares par rapport à ceux des hommes. Cela s’explique en grande partie par le fait que peu de femmes travaillaient et étaient reconnues comme artistes professionnelles à cette époque. C’est aussi parce que bon nombre des autoreprésentations créées par les femmes étaient dans des formats non traditionnels, cachés dans des carnets de croquis, ou dans des journaux personnels… ou bien encore sous forme de couture ou de broderie.

Quelques-uns des exemples de croquis ou de peinture les plus intéressants dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) sont actuellement présentés dans le cadre de The Artist Herself: Self-Portraits by Canadian Historical Women Artists, une nouvelle exposition organisée et préparée en collaboration avec Alicia Boutilier du Agnes Etherington Art Centre et Tobi Bruce du Art Gallery of Hamilton.

L’exposition vise intentionnellement à élargir la définition traditionnelle de « l’autoportrait », puisque la plupart des œuvres présentées n’auraient pas été considérées des autoportraits à l’époque où elles ont été créées.

Elle inclut cette page provenant du carnet de croquis personnel de Katherine Jane (Janie) Ellice (1813‑1864), une artiste amateur très talentueuse ainsi que l’épouse d’un dirigeant de la Compagnie (de fourrures) du Nord-Ouest. Ellice a utilisé la réflexion d’un miroir sur le mur à l’intérieur d’une cabine de son navire pour capturer une image rapide, et très privée, d’elle-même à bord du navire.

Croquis à l'aquarelle illustrant l'artiste et sa sœur, vêtues de vêtements de nuit, allongées sur la couchette d'une cabine de leur navire.

Mrs. Ellice and Miss Balfour reflected in the looking glass of their cabin on board the H.M.S. Hastings [Réflexion de Mme Ellice et Mlle Balfour dans le miroir de leur cabine à bord du H.M.S. Hastings] (MIKAN 2836908)

L’exposition inclut également Canoe Manned by Voyageurs Passing a Waterfall [Voyageurs conduisant un canot devant une chute d’eau], œuvre de Frances Anne Hopkins (1838–1919), une autre conjointe dans l’industrie de la traite de fourrures. Mme Hopkins se démarquera par contre en développant en quelque sorte une carrière d’artiste professionnelle. Ses immenses tableaux dépeignant le monde des voyageurs comprennent souvent des représentations presque fortuites d’elle-même. Nous croyons qu’elle apparait sur cette toile comme passagère du canot :

Peinture démontrant un groupe de travailleurs de la traite de fourrure qui dirige un canot de la Compagnie de la Baie d'Hudson près d'une chute d'eau. L'artiste et son conjoint sont peut être les passagers du milieu du canot.

Canoe manned by voyageurs passing a waterfall [Voyageurs conduisant un canot devant une chute d’eau] (MIKAN 2894475)

Voici quelques exemples seulement d’autoportraits historiques créées par des femmes, provenant de la collection de BAC. Cela vaut la peine de souligner que la collection en comprend bien d’autres, tant historiques que modernes.

The Artist in her Museum [L’artiste dans son musée] a été conçue par l’artiste Métis contemporaine Rosalie Favell en 2005.

Impression numérique en couleur démontrant un portrait en pied de l'artiste, avec à ses côtés un mammouth, un castor et une palette de couleurs d'artiste. Elle soulève un rideau rouge révélant sur le mur derrière elle une galerie de photographies en noir et blanc.

The Artist in her Museum [L’artiste dans son musée], 2005 ©Rosalie Favell (MIKAN 3930728)

Favell a utilisé la technologie numérique pour manipuler un célèbre Autoportait américain du 19e siècle. En remplaçant le personnage original de l’image par sa propre image, Favell s’est approprié une œuvre classique, lui donnant ainsi de nouvelles significations à l’intérieur d’un ancien système de références.

Il est fascinant de comparer les autoportraits modernes, comme celui de Favell, avec les autoreprésentations historiques présentées dans l’exposition The Artist Herself. Les définitions actuelles, plus larges et détendues, du portrait permettent aux artistes contemporains de manipuler les techniques du genre. Elles nous permettent également de jeter un regard en arrière, d’un point de vue actuel, sur les autoreprésentations créées par les femmes dans le passé.

Vous pouvez visiter l’exposition à Kingston du 2 mai au 9 août 2015. Demeurez à l’affût pour l’annonce des prochaines dates de la tournée nationale de l’exposition, qui prendra fin à Hamilton à l’été 2016.