Miroirs riches en souvenirs : conservation de daguerréotypes dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada – Partie I

Par Tania Passafiume et Jennifer Roger

Le daguerréotype, un type de photographie unique en son genre, a été très populaire de 1839 à 1864. Il s’agit du premier procédé photographique accessible au public et son succès découle de la clarté des images qu’il permet d’obtenir.

Les photographies produites sont très susceptibles à la perte d’image, à l’accumulation de corrosion et à d’autres formes de détérioration causées par la manipulation et par l’environnement.

Pour protéger l’image, la plaque photographique était délicatement placée sous du verre dont elle était séparée par un intercalaire protecteur. Elle était ensuite scellée avec du ruban adhésif et recouverte d’une feuille de laiton appelée préservateur. L’ensemble était mis dans un petit boîtier, souvent décoratif, fait de cuir, de bois, de papier mâché ou de plastique moulé, avec un revêtement intérieur en soie ou en velours.

Marques des daguerréotypes

Les marques d’origine ou marques de plaque sont des marques poinçonnées que l’on trouve sur beaucoup de daguerréotypes, sans pour autant en trouver sur tous. Quand elles sont présentes, les marques sont souvent en bordure de la plaque et, par le fait même, invisibles lorsque le daguerréotype est scellé. Il s’agit habituellement d’initiales, de symboles et de chiffres. Le nombre le plus couramment utilisé était « 40 » et celui-ci indiquait la composition physique de la plaque, soit un ratio d’une part d’argent pour 39 parts de cuivre. Les marques de plaque peuvent fournir des indices quant à l’endroit où les plaques de cuivre ont été fabriquées et où le photographe a obtenu son matériel. Elles peuvent parfois aussi aider à dater une image.

Lors de la préparation des daguerréotypes en vue de l’exposition au Musée des beaux-arts du Canada, on a découvert plusieurs marques de plaque. Lire la suite

La Haute-Ville d’Ottawa : redécouverte d’un quartier oublié

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Par Andrew Elliott

Photographie en noir et blanc d’une intersection de deux artères.

Intersection des rues Wellington et Bank, vers 1900 (MIKAN 4620431)

Le 27 février 1912, à l’issue de discussions en coulisse qui auraient duré des années, le gouvernement fédéral décide d’exproprier toutes les propriétés situées dans la Haute-Ville, un secteur délimité par les rues Bank, Wellington et Bay et la falaise longeant la rivière des Outaouais. Le 9 mars 1912, le Bureau d’enregistrement de la Ville d’Ottawa émet l’avis d’expropriation (on peut voir ce secteur sur les plans d’assurance incendie, direction est et direction ouest (MIKAN 4620431).

L’expropriation a pour but d’ériger dans ce secteur un nouvel édifice pour abriter la Cour suprême et d’autres édifices fédéraux. En 1913, le gouvernement lance un concours de design auquel répondront plusieurs grands architectes de l’époque en proposant des plans pour le futur complexe immobilier. La collection de BAC contient 11 plans d’emplacement et de conception d’édifices gouvernementaux. Plusieurs faits marquants surviendront peu après : la Première Guerre mondiale éclate, un incendie détruit les édifices du Parlement, on les reconstruit, le gouvernement subit plusieurs changements. C’est ainsi que ces plans ne déboucheront sur aucune initiative concrète avant le début des années 1930.

Avant l’expropriation, le secteur était à vocation commerciale et résidentielle. Au fil du temps, le tronçon de la rue Wellington compris entre les rues Bank et Bay a pris des allures de grand boulevard, flanqué de grandioses structures iconiques à l’usage du gouvernement et de vastes espaces verts. Ces aménagements sont pourtant relativement récents. En effet, les édifices de la Confédération et de la Justice ont été construits dans les années 1930, puis ont suivi ceux abritant la Cour suprême et, enfin, la Bibliothèque nationale (devenue Bibliothèque et Archives Canada), érigé en 1967, année du centenaire du Canada. Lire la suite

John Boyd

Les Canadiens aiment découvrir les œuvres historiques ou contemporaines des peintres et des photographes pour mieux connaître leur histoire. Les archives nationales conservent les collections de nombreux artistes, chacune pouvant comprendre des milliers d’images. Le photographe John Boyd est un bon exemple : Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède 28 959 de ses photos noir et blanc.

John Boyd (1865‑1941) est né à Emyvale, en Irlande. Sa famille immigre à Toronto à la fin des années 1860. Il travaille pour une société de chemins de fer, ce qui lui donne bien des occasions de prendre des photos partout en Ontario.

Les photos amateurs ont été prises par Boyd entre 1898 et 1926. Cette volumineuse collection n’est cependant rien à côté des collections des archives de Toronto, ou encore de celle du Globe and Mail, qui contient 140 000 négatifs pris par Boyd à partir de 1922, jusqu’à sa mort en 1941.

Par la date de leur création et les sujets traités, les collections de BAC et des archives de Toronto se complètent.

Les photos du fonds John Boyd documentent bien des aspects de la vie canadienne qui sont dignes d’intérêt : des villages, des villes, des visites royales, la vie militaire, les moyens de transport, l’industrie, l’agriculture, les conditions socioéconomiques, les loisirs et la nature.

Pendant la Première Guerre mondiale, Boyd porte son attention sur le front intérieur; il photographie des campagnes de recrutement, des entraînements et les procédés de fabrication de munitions, d’avions et de navires. Il photographie également des Canadiens ordinaires qui contribuent à l’effort de guerre au pays pendant que les soldats se battent outre-mer. Les images ci‑dessous donnent un aperçu des activités de l’époque.

Photo noir et blanc montrant des hommes, des femmes et des enfants dans de beaux habits qui explorent et observent une tranchée canadienne reconstituée dans le cadre d’une exposition en plein air.

Visiteurs dans une tranchée reconstituée du 35e Bataillon pendant l’Exposition nationale canadienne présentée à Toronto, en Ontario, en 1915 (MIKAN 3395547)

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Capitaine James Peters : Correspondant de guerre et photographe

De nos jours, la photographie fait partie intégrante de nos vies; nos moindres gestes quotidiens sont captés, qu’il s’agisse d’exploits ou d’actes anodins. Dès les débuts, dans les années 1830, la photographie a servi à relater les faits de guerre. Les premiers photographes devaient déployer tout leur talent pour saisir les rapides mouvements de combat, car l’équipement photographique ne permettait pas d’enregistrer des mouvements. En conséquence, les images de guerre, à l’époque, étaient souvent des reconstitutions des véritables opérations militaires. En général, elles illustraient plutôt les éléments statiques de la guerre, comme des portraits de soldats, la vie dans des camps, les fortifications, l’emplacement de l’artillerie et les champs de bataille, avant et après le déroulement de l’action.

Le capitaine James Peters a capté les événements dramatiques de la Rébellion du Nord-Ouest en tant que photographe et correspondant pour le Quebec Morning Chronicle. La Rébellion du Nord-Ouest est une insurrection contre le gouvernement canadien qui aura duré cinq mois, mettant surtout en cause des citoyens de la nation métisse et leurs alliés des Premières Nations. Avant-gardiste, M. Peters a capté les événements qui se déroulaient dans le champ de bataille.

Le capitaine Peters et la batterie « A » de l’Artillerie canadienne ont quitté la ville de Québec le 28 mars 1885 en direction du nord-ouest. La batterie « A » allait fournir l’appui d’artillerie au major-général Frederick D. Middleton et à la Milice du Canada. M. Peters servira sous Middleton à Fish Creek et à Batoche, ainsi que durant les recherches menées par la milice afin de trouver le leader cri Mistahimaskwa (Big Bear). Lire la suite

Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation Métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

Bannière pour l'exposition Un peuple dans l’ombrePar Beth Greenhorn

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certaines personnes pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde — terminologie historique.

Qui sont les Métis?

La Nation Métisse s’est formée aux XVIIIe et XIXe siècles. Sur les trois peuples autochtones du Canada, elle vient au deuxième rang en termes de population. Les citoyens de la Nation Métisse sont les descendants de couples formés d’une mère autochtone et d’un père européen actif dans le commerce des fourrures.

Les communautés Métisses sont très répandues au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans les Territoires du Nord‑Ouest. On en retrouve aussi en plus petit nombre en Colombie‑Britannique, en Ontario, au Minnesota, au Montana et au Dakota du Nord.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède toute une gamme de documents sur la Nation métisse : des documents textuels, des photographies, des œuvres d’art, des cartes, des timbres, des enregistrements sonores, etc. Toutefois, les découvrir n’est pas toujours une mince tâche!

Les défis de la recherche sur les Métis dans les collections d’art et de photographie

Certains portraits de politiciens et de dirigeants célèbres de la Nation Métisse sont faciles à identifier, comme ceux de Louis Riel et de Gabriel Dumont. Par contre, les images représentant des Métis moins connus sont plus difficiles à repérer. Les titres d’origine révèlent le manque de connaissances historiques de ceux qui décrivaient le contenu sur les Métis. Souvent, les Métis n’y sont pas mentionnés, ou sont confondus avec des membres des Premières Nations. La légende de la photo ci‑dessous en est un bon exemple.

Photo noir et blanc montrant un homme vêtu à l’européenne, debout à gauche devant une charrette de la rivière Rouge. À droite, un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants portant des vêtements traditionnels des Premières Nations sont debout devant une autre charrette de la rivière Rouge.

Indiens chippaouais et charrettes de la rivière Rouge à Dufferin [traduction de la légende originale], Manitoba, 1873 (e011156519)

Le groupe à droite, vêtu de couvertures, de coiffures à plumes et d’autres ornements dans les cheveux, semble appartenir à la Première Nation des Chippewas (les Ojibwés), comme le dit la légende. L’homme à gauche porte une veste et un pantalon européens, et un autre type de chapeau. Cependant, tant l’homme que le groupe posent devant des charrettes de la rivière Rouge, des symboles propres à la culture métisse. La présence des charrettes et la tenue vestimentaire distincte de l’homme à gauche laissent croire qu’il pouvait être Métis.

Parfois, les descriptions archivistiques trahissent la vision coloniale de l’« autre » culture. De nos jours, les descriptions rédigées il y a plus d’un siècle sont jugées désuètes et racistes.

Aquarelle représentant un homme entouré de deux femmes, tous debout devant un cours d’eau. L’homme tient un fusil tandis que la femme à droite a une longue pipe dans les mains et transporte un enfant dans un porte bébé installé sur son dos.

Un demi‑caste [Métis] et ses deux épouses [traduction de la légende originale], 1825‑1826 (e008299398)

La société dominante utilisait souvent des termes comme demi‑caste et sang‑mêlé pour décrire les citoyens de la Nation Métisse. Ce vocabulaire est répandu dans les vieux documents d’archives.

Parfois, les descriptions omettent carrément de nommer les Métis, comme c’est le cas pour l’aquarelle ci‑dessous.

Aquarelle d’un paysage enneigé. Un homme est assis dans un traîneau tiré par trois chiens couverts de manteaux colorés. À gauche, un homme vêtu d’une couverture avance en raquettes devant les chiens. Un homme tenant un fouet et portant des vêtements typiques de la culture métisse (un long manteau bleu, des jambières rouges et un chapeau décoré) marche à la droite du traîneau.

Gentleman voyageant avec un guide indien dans un traîneau tiré par des chiens sur la baie d’Hudson [traduction de la légende originale], 1825 (e002291419)

Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation Métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada

En automne 2014, une recherche du mot‑clé Métis dans les collections d’œuvres d’art, de photos, de cartes et de timbres donnait moins de 100 résultats. Depuis, BAC a ajouté le mot Métis dans les titres et les descriptions de plus de 1 800 documents pour faciliter l’accès à ces derniers. Il a aussi numérisé plus de 300 photos relatives à l’histoire Métisse.

L’exposition Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation Métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada présente une sélection de reproduction d’œuvres d’art et de photographies sur les Métis. BAC espère ainsi mieux faire connaître l’histoire de cette nation et inciter le public à faire des recherches dans sa collection.

L’exposition s’est déroulée du 11 février au 22 avril 2016 dans le hall d’entrée de l’édifice de BAC situé au 395, rue Wellington à Ottawa.

Autres ressources


Beth Greenhorn est une pionnière habitant sur le territoire traditionnel non cédé des Anishinabeg de Kitigan Zibi et des Algonquins de Pikwakanagan. Elle est gestionnaire de projet principale à la Direction de la diffusion et de l’engagement à Bibliothèque et Archives Canada.

Miroirs riches en souvenirs : Daguerréotypes de Bibliothèque et Archives Canada, une exposition au Musée des beaux-arts du Canada

En 1839, l’invention du daguerréotype fut une révélation. Étant le premier procédé photographique accessible au public, ce surprenant objet étincelant fit le bonheur des observateurs grâce à sa capacité à saisir l’image des gens, et ce, avec une clarté incroyable. Pour la première fois dans l’histoire, les portraits des êtres chers pouvaient être enregistrés, partagés ou transmis à leurs descendants. Le daguerréotype et la photographie eurent un immense impact sur la vie des gens ordinaires.

Le portrait, colorié à la main, d’une femme assise vêtue d’une robe à pois.

Kate McDougall, vers 1848 (MIKAN : 36296894)

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Pionnières de la route : road trip pendant l’été 1954

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Par Beth Greenhorn

Quatre femmes, une Plymouth familiale, cinq provinces et quatre États en trente‑huit jours

Le 31 juillet 1954, la photographe à la pige Rosemary Gilliat et ses amies Anna Brown, Audrey James et Helen Salkeld partent d’Ottawa (Ontario) pour vivre l’aventure d’une vie : un road trip sur la Transcanadienne qui les mènera à Vancouver (Colombie‑Britannique). En un peu plus d’un mois, les quatre femmes parcourent plus de 12 000 kilomètres. Elles sont de retour à Ottawa le 6 septembre.

Photo noir et blanc de quatre femmes autour d’une voiture familiale remplie de bagages au début d’un road trip.

Jour un – le 31 juillet. De gauche à droite : Helen Salkeld, Audrey James, Anna Brown et Rosemary Gilliat s’apprêtent à quitter Ottawa (Ontario) pour amorcer leur voyage sur la Transcanadienne. (MIKAN 4307661)

Jusqu’au milieu du XXe siècle, le train est le seul moyen de transport qui permet de traverser et d’admirer le Canada. Après la Deuxième Guerre mondiale, des milliers de personnes venues du monde entier immigrent au Canada. L’augmentation de la population coïncide avec l’essor de l’industrie automobile. Après la guerre, en 1949, le Parlement adopte la Loi sur la route transcanadienne : la construction de routes revêtues reliant les grandes villes canadiennes peut commencer.

En été 1954, les travaux sur la Transcanadienne Ouest à partir d’Ottawa sont commencés, mais de nombreux tronçons sont encore en construction. Il y a même des endroits où la construction n’est pas entamée. Par exemple, Rosemary mentionne que les routes près de Cochrane (Ontario) sont pleines de terre, d’ornières et d’énormes bosses qui risquent d’endommager la suspension. À la frontière entre le Manitoba et la Saskatchewan, la route qui était dans un état acceptable devient franchement mauvaise; elle est couverte de boue séchée, de roches, de dénivellations et de trous. Plus à l’ouest, juste après le col Kicking Horse (Colombie‑Britannique), c’est encore pire, comme l’indique Rosemary dans son journal :

On arrive sur une route en construction; les ingénieurs sont déjà sur place depuis deux ans. Ils doivent dynamiter un versant de la montagne situé en grande partie au‑dessus du chemin de fer du Canadien Pacifique. Nous sommes émerveillées de voir un chemin de fer dans un territoire aussi hostile. Souvent, la route est un simple chemin rocailleux avec d’immenses murs en pierre au‑dessus et un tas de pierres dynamitées en dessous. Ailleurs, la route est couverte de boue et d’eau. On a l’impression qu’elle pourrait s’effondrer dans le canyon, à quelques dizaines de mètres de profondeur. [traduction]

Photo noir et blanc d’un autobus public circulant sur une route en gravier dans une zone montagneuse. Il vient de dépasser une équipe d’ouvriers à l’arrière plan.

Jour 18 – 17 août. L’autobus de Calgary fait son passage quotidien dans la zone de dynamitage du canyon Kicking Horse, en Colombie Britannique. Le tronçon est seulement ouvert à la circulation entre 17 h et 8 h. (MIKAN 4359684)

Malgré les nombreux passages difficiles sur l’autoroute, on déplore seulement quelques fissures causées par des roches errantes dans le pare‑brise de la Plymouth d’Helen. La vitre demeure en bon état jusqu’au retour à Ottawa, où elle est remplacée.

Rosemary et ses amies se distinguent de la majorité des femmes, et même des touristes, de leur époque. Bien qu’il y ait des motels et des terrains de camping privés le long de la Transcanadienne en 1954, elles préfèrent sortir des sentiers battus pour dîner et camper dans des endroits isolés et boisés. Rosemary se demande même pourquoi les gens passent tant de nuits dans un lit alors que le camping est si agréable. Pour elle, chaque matinée et chaque soirée en camping est une révélation.

Photo noir et blanc de deux femmes installant deux tentes dans un pré entouré d’arbres où pousse du long gazon.

Jour 4 – 3 août. Anna Brown et Helen Salkeld montent leurs tentes à English River, en Ontario. (MIKAN 4307667)

Rosemary et ses amies recherchent la vraie nature. Elles ne se laissent pas décourager par les insectes, la pluie ou d’éventuelles rencontres fâcheuses avec des animaux. À mi‑chemin du voyage, elle mentionne : « Je suis toujours étonnée de voir des gens parcourir des milliers de kilomètres dans des contrées sauvages pour retrouver le même luxe qu’ils ont à la maison, mais à un autre endroit. » [traduction]

Photo noir et blanc de trois femmes préparant un repas sous la pluie dans un bois

Jour 20 – 19 août. Préparation d’un repas sous la pluie près de Yale, en Colombie Britannique. (MIKAN 4307800)

La familiale d’Helen est remplie de matériel de camping et d’ustensiles de cuisine. Les quatre femmes disposent d’un réchaud Coleman et de deux bouteilles d’eau, mais elles n’ont pas de glacière pour conserver les aliments périssables. Chaque jour, elles font le plein d’essence et en profitent pour faire l’épicerie et se procurer de l’eau potable. Ce n’est pas le grand luxe!

Photo couleur montrant deux femmes sur un terrain gazonné, avec des montagnes à l’arrière plan. Une d’entre elles est couchée sur le côté et lit sur une nappe à pique nique tandis que l’autre est à genoux près d’un réchaud installé derrière une voiture familiale.

Jour 20 – 19 août. Helen Salkeld et Audrey James se reposent après le dîner près de Cache Creek, en Colombie Britannique. (MIKAN 4324102)

Les voyageuses admirent les forêts isolées et de petits villages du nord et du nord‑ouest de l’Ontario, les immenses prairies dorées du Manitoba et de la Saskatchewan, les contreforts et les Rocheuses de l’Alberta et les rivières glaciaires de la Colombie‑Britannique avant d’arriver sur la magnifique côte canadienne du Pacifique. Rosemary documente leur formidable périple : elle prend des centaines de photos et rédige un journal de voyage détaillé décrivant leurs rencontres et leurs expériences. Des agriculteurs sympathiques, des cow‑boys charismatiques et des maringouins sanguinaires font partie des vedettes de ce récit.

Photo noir et blanc montrant la silhouette d’une femme qui photographie la prairie, debout sur le capot d’une voiture familiale stationnée le long de la route.

Jour 9 – 8 août. Audrey James, debout sur le capot de la familiale d’Helen Salkeld, photographie la prairie dans le sud de la Saskatchewan. (MIKAN 4814412)

Le 31 juillet 2015, Bibliothèque et Archives Canada a lancé la série Road trip ‒ été 1954 sur Facebook. On y trouve des photos prises par Rosemary Gilliat et des extraits de son journal. Visitez notre page Facebook tous les jours pour découvrir les endroits que Rosemary et ses amies ont visités, et les personnes qu’elles ont rencontrées. À la fin de chaque semaine, les photos seront publiées dans notre album Flickr.


Beth Greenhorn est gestionnaire de projet principale à la Direction de la diffusion et de l’engagement à Bibliothèque et Archives Canada.

Photos de Yousuf Karsh maintenant sur Flickr

Yousuf Karsh immigre au Canada pendant son adolescence, à la demande de ses parents, et concrétise son rêve de devenir un photographe de renommée internationale.

Images de parcs nationaux maintenant sur Flickr

Les parcs nationaux du Canada sont des aires protégées, établies par la législation fédérale, qui visent à protéger le patrimoine naturel du pays pour le faire connaître et apprécier du public. Les parcs nationaux sont préservés pour les générations futures; ils sont apparus au Canada il y a plus d’un siècle.

Album photos no 47 : Compte rendu d’une expédition authentique et reconstituée dans l’Ouest canadien : un mystère!

Dans les précédents textes affichés, « La tournée de l’Ouest canadien de sir Arthur Conan Doyle, juin 1914 » et « Une visite au parc national Jasper », nous avons suivi sir Arthur Conan Doyle alors qu’il traversait le Canada en 1914. Les images du voyage sont tirées d’un grand album d’épreuves photographiques rassemblées par William Topley qui devait prétendument saisir les déplacements de l’auteur. Après des recherches approfondies, on observe certains faits étranges quant au montage de l’album.

L’album photos (voir des pages de l’album ci-dessous) nous apparaît non seulement comme un compte rendu de la tournée de Conan Doyle de 1914, mais aussi comme la reconstitution d’un voyage qu’un immigrant ou un touriste aurait effectué en empruntant le réseau de la Grand Trunk Pacific Railway Company.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de personnes assis sur une véranda qui donne sur un boisé.

Le groupe de Conan Doyle assis sur une véranda. Sir Arthur Conan Doyle se trouve à la droite.

Indices

D’abord, les négatifs originaux en nitrate de cellulose et sur support de verre se trouvent dans le fonds Topley plutôt qu’en possession du ministère de l’Intérieur, qui a embauché le photographe pour la tournée de Conan Doyle.

En second lieu, l’album photos est conservé dans le fonds du ministère de l’Intérieur dans une série intitulée Division de l’immigration. Albums photographiques de peuplement canadien. Dans la notice Mikan, on peut lire que les albums de cette série renferment des photographies prises par deux photographes, John Woodruff et Horatio Topley, employés du studio William Topley. Toutefois, les photographies qui se trouvent dans l’album de sir Arthur Conan Doyle portent une indication claire selon laquelle elles ont été prises par William Topley, plutôt que par son frère, qui est décédé en 1910.

Troisièmement, alors que la notice Mikan —Tournée de sir Arthur Conan Doyle — laisse croire que tout l’album porte sur la tournée de Conan Doyle, une inspection rigoureuse de l’album en soi révèle que seule une partie des photographies ont été prises durant la tournée! La dernière partie de l’album contient des photos de lieux à proximité du reste du parcours de la Grand Trunk Pacific Railway Company de Jasper (Alberta) en passant par le centre nord de la Colombie-Britannique jusqu’à Prince Rupert sur la côte du Pacifique, des lieux que Conan Doyle n’a pas visités puisqu’il a emprunté la route de l’est après son séjour dans le parc national Jasper.

Pourquoi ces autres photos sont-elles donc dans l’album? En consultant l’instrument de recherche pour la série SC du studio Topley (en anglais seulement), nous apprenons que M. Topley aurait peut-être voyagé à bord du Grand Trunk Pacific Railway afin de photographier le glacier du mont Robson et le lac Berg en 1913. En juillet 1915, il serait possiblement monté à bord du train à Jasper (Alberta) jusqu’à Prince Rupert (Colombie-Britannique). En route, il aurait photographié :

Photographie d’une liste dactylographiée de numéros de photographies et de noms de lieux situés le long du Grand Trunk Railway.

Instrument de recherche inséré au début de l’album photos de sir Arthur Conan Doyle de la Division de l’immigration et énumérant les photographies contenues dans l’album.

Le ministère de l’Intérieur a fort probablement engagé M. Topley pour consigner ces voyages, car le Ministère lui a confié d’importants mandats au cours des deux premières décennies du 20e siècle. En 1917, le ministère de l’Intérieur a publié le livre, Description of and Guide to Jasper Park (en anglais seulement), qui renferme plusieurs photos de M. Topley tirées de son voyage de 1914 avec Conan Doyle et une photo de son voyage de 1915 (en anglais seulement).

Photographie d’un album photos, montrant trois photographies en noir et blanc d’une ville.

Page tirée de l’album comportant des photographies de la ville d’Edmonton.

Photographie d’un album photos, montrant quatre photographies en noir et blanc de groupes de personnes avec des chevaux et des tentes.

Page de l’album montrant des photographies prises lors d’une expédition de journalistes dans le parc Jasper où l’année 1915 est clairement indiquée.

Photographie d’un album, montrant quatre photographies en noir et blanc de divers paysages en Colombie-Britannique, dont des totems à Kitwanga, une vue du village, un guérisseur non identifié et un pêcheur près d’un cours d’eau.

Album montrant des lieux en Colombie-Britannique que Conan Doyle n’a pas visités durant sa tournée.

Collage de deux images. La première est une étiquette expliquant la marche à suivre pour commander la reliure, si nécessaire, et la seconde montre deux photographies en noir et blanc : une du pont d’Ottawa et l’autre portant la légende : « Str. Prince Rupert leaving for Vancouver » (le navire à vapeur Prince Rupert quitte Vancouver).

Première et dernière pages de l’album. La dernière photographie montre un navire à vapeur qui se dirige vers Vancouver. Toutefois, le groupe de Conan Doyle n’est jamais allé au-delà du mont Robson.

Que le ministère de l’Intérieur ait conçu l’album pour qu’il soit consulté par la population ou non, de toute évidence, les excursions de M. Topley vers l’Ouest étaient accrocheuses. Le photographe a été interpellé par les magnifiques paysages de l’Ouest. Andrew Rodger, archiviste de photos de Bibliothèque et Archives Canada, aujourd’hui à la retraite, et expert de l’œuvre de M. Topley, écrit dans le Dictionnaire biographique du Canada : « Topley et sa femme, qui mourut en 1927, passèrent une grande partie de leurs dernières années à Edmonton avec leur fille, Helena Sarah, et leur beau-fils, Robert C.W. Lett. Ce dernier, un employé de la Grand Trunk Pacific Railway Company, a probablement contribué à ce que le nom Topley soit attribué à une collectivité située sur le réseau de cette ligne ferroviaire, dans le nord de la Colombie-Britannique. »

William Topley est décédé à Vancouver en 1930.