Nouvelles images numérisées de la construction du 395, rue Wellington

Par Andrew Elliott

Surplombant la rivière des Outaouais, l’édifice de Bibliothèque et Archives Canada qu’on surnomme « le 395, rue Wellington » est reconnaissable entre tous. Bien visible des deux côtés de la rivière, il abritait autrefois les Archives et la Bibliothèque nationales, d’où son ancienne appellation de PANL (de l’anglais Public Archives National Library). Il incarne la mémoire collective de notre pays, constituée de toutes les ressources documentaires que nous recueillons, préservons et diffusons.

Mais connaissez-vous la fascinante histoire entourant la conception et la construction de ce lieu patrimonial? En novembre 1952, un site est d’abord choisi près de l’intersection des rues Bank et Wellington. Cependant, à la Commission du district fédéral (l’ancêtre de la Commission de la capitale nationale), le comité chargé de la planification donne plutôt le feu vert pour le 395, rue Wellington. Les dés sont jetés : c’est à cet endroit que s’élèvera le nouvel édifice de la Bibliothèque et des Archives nationales.

Suivant une suggestion de Louis Saint-Laurent, premier ministre de l’époque, le Cabinet retient les services de la prestigieuse firme d’architectes Mathers & Haldenby, du nom de ses deux fondateurs : Alvan Sherlock Mathers (1895-1965), originaire d’Aberfoyle, en Ontario, et Eric Wilson Haldenby (1893-1971, originaire de Toronto. [Liens en anglais seulement] La firme aura pignon sur rue de 1921 à 1991.

Toutefois, la construction de l’édifice est reportée pendant presque une décennie : il faut d’abord démolir un bâtiment temporaire érigé sur le terrain. En 1958, nouveau délai : une gigantesque explosion due à une fuite de gaz détruit un édifice gouvernemental rue Slater, entraînant le déménagement de centaines de fonctionnaires dans les locaux restants du bâtiment temporaire.

En 1960, le contrat pour la construction de l’édifice est alloué à l’entreprise Ellis-Don. À l’automne 1963, les travaux commencent enfin; ils se prolongeront jusqu’en 1967. Le studio de photographie Van, basé à Ottawa, en immortalisera toutes les étapes.

BAC vient tout juste de numériser une remarquable série de photos illustrant ce chantier. Vous pouvez les voir dans les acquisitions du ministère des Travaux publics. En voici quelques-unes :

Photographie en noir et blanc d’un vaste chantier de construction avec de la machinerie lourde. On aperçoit au loin des arbres et des bâtiments.

Travaux d’excavation sur le chantier, 4 septembre 1963 (MIKAN 3600820)

Photographie en noir et blanc de la façade d’un édifice de dix étages en construction. On voit des panneaux de construction à la hauteur du rez-de-chaussée, des automobiles (y compris une Coccinelle de Volkswagen!) et des piétons.

Vue du côté nord de l’édifice en construction, 15 juillet 1965 (MIKAN 3600860)

Photographie en noir et blanc d’un édifice complètement entouré d’échafaudages.

Vue du côté sud-est de l’édifice en construction, 16 août 1965 (MIKAN 3600863)

Photographie en noir et blanc d’un édifice en construction.

Légende : Vue du côté nord-est de l’édifice, 26 novembre 1965 (MIKAN 3600869)

Photographie en noir et blanc d’une salle au plafond bas, avec des rangées de rayonnages superposés en cours d’aménagement.

Vue intérieure de l’édifice avec des rayonnages partiellement aménagés, 21 novembre 1966 (MIKAN 3600895)

Photographie en noir et blanc d’une grande salle avec un échafaudage et des matériaux de construction.

Salle de lecture partiellement aménagée et dotée de plafonds vitrés, 24 février 1967 (MIKAN 3600901)

Photographie noir et blanc d’une vaste salle partiellement aménagée, aux murs recouverts de marbre de Carrare (un marbre blanc aux nervures prononcées).

Magnifiques colonnes et murs de marbre dans l’entrée de l’édifice, 27 juin 1966
(MIKAN 3600882)

Le 10 mai 1965, le gouverneur général Georges Vanier pose la première pierre officielle du 395, rue Wellington. À l’intérieur de celle-ci, il a fait insérer un élégant coffret de cuivre renfermant des images et des descriptions de l’édifice, ainsi qu’un exemplaire des plus récentes publications de la Bibliothèque et des Archives nationales. L’inauguration a lieu le 20 juin 1967, juste à temps pour les célébrations du centenaire du Canada. Vous pouvez écouter ici les cérémonies d’ouverture :

Le 395, rue Wellington allie de façon unique fonctionnalité et esthétisme, comme en témoigne le rapport no 04-027 du Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine : « C’est une réalisation de très grande qualité […] Sur le plan esthétique, le bâtiment amalgame avec élégance et raffinement le modernisme classique canadien et le nouveau modernisme, ce qui lui confère une apparence moderne, fonctionnelle et bien pensée […] Sur le plan pratique, il répond à une gamme variée d’usages, comme en témoigne la disposition des espaces publics, des services et des rayonnages». [traduction] Pour en savoir plus, consultez cette fiche sur les lieux patrimoniaux du Canada consacrée à l’édifice.

Bref, ni les efforts ni les investissements n’ont été ménagés dans la conception du 395, rue Wellington, un édifice qui demeure encore aujourd’hui un symbole au cœur d’Ottawa.


Andrew Elliott est archiviste à la Division Science, gouvernance et politique de Bibliothèque et Archives Canada.

Les archives de la Stelco maintenant acquises

Par Lucie Paquet

Bibliothèque et Archives Canada est fier d’annoncer l’acquisition des archives de la Steel Company of Canada, plus connue sous le nom de la Stelco. Ce fonds d’archives fait maintenant partie de notre patrimoine national. Il comprend plus de cent mètres de documents textuels, des milliers de photographies, des dessins techniques et architecturaux et plus de deux cents pièces de documents sonores et audiovisuels. Le fonds d’archives de la Steel Company of Canada Limited en cours de traitement archivistique documente tous les aspects de l’évolution de l’industrie de l’acier depuis le début de sa mécanisation durant les années 1880 jusqu’aux années 1980.

Photographie noir et blanc montrant un complexe industriel servant à la production et à la transformation de l’acier.

Vue aérienne des usines de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1952 (MIKAN 4915715)

La Steel Company of Canada Limited a été créée en 1910 à la suite de l’amalgamation de cinq compagnies qui avaient auparavant englobé une quarantaine d’autres plus petites, opérant dans différentes régions au Québec et en Ontario : la Hamilton Steel and Iron Company Ltd., la Montreal Rolling Mills Company, la Canada Screw Company, la Dominion Wire Manufacturing Company et la Canada Bolt and Nut Company. Chacune avait sa spécialisation, de la production première d’acier pour l’industrie ferroviaire, agricole et maritime jusqu’aux produits quotidiens de consommation. Ce regroupement en une nouvelle et grande entreprise a permis à l’industrie canadienne de l’acier de faire face à l’imposante concurrence américaine et européenne.

Les livres de comptes, la correspondance, les procès-verbaux des dirigeants de l’entreprise, les brevets d’invention et les photographies relatent d’une façon détaillée le début de cette industrie, son développement et ses difficultés.

Photographie noir et blanc montrant une usine aux abords d’un canal. On y aperçoit en arrière-plan d’autres usines ainsi que les voies ferrées servant au transport des matériaux d’acier.

L’usine d’acier de Saint-Henri, un des départements de la Stelco à Montréal, 17 mai 1946 (MIKAN 4915716)

Le fonds d’archives documente non seulement l’expansion de l’entreprise, mais le développement de plusieurs villes, villages et quartiers entiers.

Photographie noir et blanc montrant en gros plan des hauts fourneaux d’un site industriel.

Les hauts fourneaux de la Steel Company of Canada Limited (Stelco) à Hamilton vers 1948 (MIKAN 4915717)

Des villes comme celle de Hamilton deviennent rapidement de grands centres industriels que l’on surnomme « villes de l’acier ».

Photographie noir et blanc montrant des hommes dans une usine. On peut y apercevoir en arrière-plan un nombre important de travailleurs faisant fonctionner manuellement les premières machines mécaniques.

Vue intérieure des travailleurs d’une des usines de transformation d’acier à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915719)

Au milieu du XXe siècle, les usines attirent de nombreux immigrants et la population des centres urbains double en l’espace de quelques décennies.

Photographie noir et blanc montrant des employés à l’intérieur d’une usine en train d’empaqueter des produits.

Vue intérieure des travailleurs du département de finition et d’empaquetage à Hamilton vers 1920 (MIKAN 4915720)

Les archives de la Stelco témoignent des conditions de travail des hommes et des femmes qui ont passé toute leur vie dans les usines.

Photographie noir et blanc montrant un regroupement de personnes tenant un drapeau orné d’un « V » signifiant Victoire.

Parade des dirigeants et des employés de la Stelco peu après la fin de la Deuxième Guerre mondiale en 1945. En avant-plan, on peut apercevoir, entre autres, H.G. Hilton, H.H. Champ, dirigeants de Stelco et un officier militaire (MIKAN 4915722)

La Stelco et ses travailleurs ont assumé d’importantes responsabilités durant les deux grandes guerres en répondant à la demande des gouvernements canadien et britannique en produits militaires. Ils ont contribué dans une certaine mesure à la victoire des alliés.

Mais le succès ne s’arrête pas là. Le développement phénoménal des centres urbains durant les années 1950, de l’immobilier, des ressources énergétiques, des moyens de transport et des produits de consommation divers provoquent une grande demande en acier.

Photographie noir et blanc montrant des travailleurs manœuvrant une machine servant à rouler l’acier et à le transformer en multiples panneaux.

Vue intérieure d’une usine plus moderne des années 1960 permettant de transformer l’acier en rouleaux et en panneaux.(MIKAN 4915723)

On assiste alors à l’élaboration de grands complexes industriels et la mise en place d’un centre de recherche équipé d’une haute technologie qui permet à la Stelco de développer de nouveaux produits d’acier, d’intensifier ses opérations et sa production dans tous les domaines autant résidentiel que commercial.

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Ingénieur du laboratoire de métallurgie testant la qualité de la structure de l’acier avec un appareil appelé « photomicrographe » vers 1960 (MIKAN 4915724)

Un collage de publicités en couleurs. La première illustration montre différents produits résidentiels, dont un foyer au bois pour le salon, la deuxième montre la fabrication de panneaux d’acier et la troisième montre quelques dessins architecturaux pour la construction de bâtiments.

Collage de trois publicités provenant de la revue Steel in Homes 1967, « Stelco Plate Products » (novembre 1969) et « Expanding the Markets for Stelco Steel » vers 1970. (MIKAN 4915725)

La Steel Company of Canada Limited (Stelco) exporte ses produits partout dans le monde et devient ainsi l’une des plus importantes entreprises d’acier en Amérique du Nord. À titre d’exemple, elle prend part activement au design et à la construction du pavillon de l’acier à Expo 67.

Photographie noir et blanc montrant plusieurs édifices d’architecture moderne.

À l’arrière-plan, le pavillon canadien de l’acier à l’Exposition universelle de Montréal en 1967. Ce pavillon fut construit par les quatre plus grandes entreprises canadiennes de l’acier : Algoma, Stelco, Dofasco et Dosco. Elles ont reproduit en miniature toutes les composantes de la fabrication de l’acier. On peut apercevoir au centre de l’image le pavillon de l’industrie canadienne des pâtes et papiers. (MIKAN 4915727)

Au cours des prochains mois, nous vous ferons connaître l’univers de la Stelco, ses usines, ses dirigeants, ses employés, ses opérations, ses innovations, ses produits, ses difficultés ainsi que ses activités sociales, sportives et culturelles.


Lucie Paquet est archiviste à la Division Science, gouvernance et politique de Bibliothèque et Archives Canada.

Des images de chemins de rondins maintenant sur Flickr

Au Canada, les voyageurs ont d’abord dû emprunter les lacs et les rivières pour franchir de longues distances. Les excursions par voie terrestre étaient pénibles en raison des difficultés du terrain et des forêts très denses qu’il fallait traverser. Les premiers réseaux routiers desservaient uniquement les environs immédiats des villages, des villes et des établissements urbains importants. Bon nombre d’entre eux furent bâtis à des fins militaires.

Malgré les défis posés par la nature du terrain, les citoyens devaient acquitter certains frais ou taxes qui étaient ensuite affectés à la construction et à l’entretien des routes. Celles-ci se sont ajoutées aux voies navigables pour le transport des personnes et des marchandises. Les premières routes étaient des chemins de rondins ou de débardage. Les grands sentiers reliant les établissements étaient recouverts de rondins posés côte à côte, perpendiculairement au sentier. Ces routes rudimentaires ont permis aux voyageurs de se déplacer à l’intérieur des terres dans des conditions climatiques difficiles ou des terrains accidentés, et elles ont ouvert de nouvelles régions à la colonisation partout au pays.

Des images de lutte contre les incendies maintenant sur Flickr

Les pompiers ont la lourde tâche de combattre et d’éteindre les incendies qui menacent des vies, des propriétés et l’environnement. Leurs horaires de travail sont astreignants et leur travail, dangereux, mais le service qu’ils rendent est essentiel. Paradoxalement, si le feu représente parfois un danger pour la vie humaine, il est aussi indispensable au progrès.

Au Canada, la lutte contre les incendies a d’abord été le fruit d’efforts collectifs. Citoyens et soldats combattaient ensemble les flammes, avec pour seules armes de l’eau et des haches. Les nouveaux établissements, construits en bois dans des espaces restreints, étaient particulièrement vulnérables à la propagation d’incendies, souvent déclenchés par les feux entretenus pour chauffer les maisons et cuire les aliments. Au fil du temps, la lutte contre les incendies s’organisa; le premier service d’incendie fut créé à Halifax en 1754 et on utilisa la première pompe à incendie à Montréal en 1765.

Après l’incendie qui ravagea le parlement du Haut-Canada en 1824, les villes améliorèrent leurs capacités d’intervention en mettant sur pied des compagnies de pompiers volontaires. La lutte contre les incendies devint une profession, dès lors que de nouvelles machines, de nouveaux équipements et l’utilisation de chevaux exigèrent un personnel à temps plein. À la fin du 19e siècle, un virage s’opéra avec l’adoption de mesures de protection contre les incendies relativement sophistiquées : codes du bâtiment plus rigoureux, services d’incendie professionnels, réseaux de bornes d’incendie, pompes à vapeur et équipements à traction chevaline. Depuis, la lutte contre les incendies continue de se perfectionner au vu des nouveaux défis qui se présentent.

Comment trouver des communiqués du gouvernement du Canada

Par Emily Dingwall

Les communiqués du gouvernement du Canada annoncent aux médias les plus récentes nouvelles concernant les ministères. Bibliothèque et Archives Canada (BAC) conserve de nombreux communiqués, certains en copie papier dans ses archives, d’autres dans sa collection de documents publiés. La collection de BAC constitue un excellent point de départ pour chercher d’anciens communiqués qui ne sont pas en ligne. La collection est toutefois incomplète, car les communiqués n’ont pas toujours été recueillis de manière systématique. Le présent billet ne porte que sur les communiqués disponibles dans la collection de documents publiés, qui ont généralement été diffusés entre 1945 et 2004. Il explique également comment trouver des communiqués plus récents dans les sites Web de chacun des ministères et les Archives du Web du gouvernement fédéral.

Les communiqués conservés dans la collection publiée sont accessibles par le catalogue de bibliothèque AMICUS. Puisque les communiqués sont catalogués par ministère et en ordre chronologique, il est très utile de connaître le ministère visé et le moment de la publication. Voici un exemple d’une série de communiqués sauvegardés dans notre collection et provenant de l’ancien ministère des Communications. Pour d’autres conseils facilitant la recherche, vous pouvez nous poser une question ou nous rendre visite sur place. Il y a aussi une page d’aide à la recherche dans AMICUS.

Pour trouver des communiqués plus récents, comme ceux datant de la fin des années 1990, effectuez des recherches dans les Archives du Web, qui permettent d’accéder à des documents recueillis sur d’anciens sites Web du gouvernement du Canada. On peut lancer des recherches dans les archives à partir d’un mot-clé, du nom d’un ministère ou d’une adresse URL. Les recherches par ministère sont particulièrement efficaces (voir l’option dans le menu rouge, à gauche). Il suffit de faire défiler la liste et de cliquer sur les ministères qui présentent un certain intérêt. Ce faisant, vous aurez accès à des versions antérieures des sites de ces ministères, d’où vous pourrez naviguer jusqu’à la section des nouvelles pour consulter leurs communiqués. Précisons que les Archives du Web est un site archivé; il se pourrait que certains liens ne soient pas fonctionnels, et son contenu n’est plus mis à jour.

Image en couleur illustrant des captures d’écran de deux pages Web du gouvernement du Canada, présentées côte à côte.

Captures d’écran de la page d’introduction des Archives du Web du gouvernement fédéral (à gauche) et de la page où s’affiche la liste des ministères (à droite).

Pour ce qui est des communiqués plus récents, ceux des dernières années (la durée varie d’un ministère à l’autre) sont généralement accessibles à partir des sites Web de chaque ministère ou société d’État, ou encore du site du Cabinet du premier ministre. Par exemple, Innovation, Sciences et Développement économique Canada (autrefois Industrie Canada) affiche sur son site Web des communiqués archivés qui remontent à 2012.

De plus, un site Web pour les communiqués de presse du gouvernement du Canada compile les plus récents communiqués publiés par tous les ministères fédéraux.

N’hésitez pas à communiquer avec nous si vous avez des questions sur les communiqués publiés par le gouvernement du Canada!


Emily Dingwall est bibliothécaire de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Les superhéros de l’univers numérique : la numérisation de la collection Bell Features

Par Meaghan Scanlon

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est heureux d’annoncer la mise en ligne d’une nouvelle ressource numérique pour les amateurs de bandes dessinées (BD) canadiennes. La collection de bandes dessinées Bell Features datant de la Deuxième Guerre mondiale a été entièrement numérisée et peut maintenant être consultée sur notre site Web.

La collection Bell Features comprend 382 bandes dessinées, la plupart en plusieurs exemplaires, publiées dans les années 1940 par l’éditeur canadien Bell Features. Ces BD mettent en vedette une impressionnante brochette de héros canadiens tels que Nelvana of the Northern Lights, Johnny Canuck et Dixon of the Mounted.

De novembre 2015 à mars 2016, le personnel de BAC chargé de la numérisation a soigneusement photographié un exemplaire de chaque numéro de cette collection, pour un total de 193 bandes dessinées. Chacun des numéros contenant de 50 à 60 pages, c’est environ 10 000 pages qui ont ainsi été numérisées!

La création de copies électroniques de ces fragiles documents conservés à BAC a exigé des heures de travail minutieux de la part des techniciens œuvrant dans nos laboratoires de numérisation; des normes très strictes ont été respectées afin d’obtenir les meilleures images possible tout en préservant l’intégrité des documents.

La procédure utilisée est la suivante : une technicienne place une bande dessinée sur une surface plane au-dessus de laquelle est suspendu un appareil photo, en s’assurant de placer correctement la BD pour que l’image prise soit bien droite. Une feuille de plexiglas est ensuite déposée sur la bande dessinée pour la maintenir à plat. Le plexiglas repose sur de petits appuis afin de réduire au maximum le contact avec la surface de la BD; on évite ainsi d’endommager la bande dessinée en exerçant une trop forte pression sur son dos. C’est bien connu, chaque superhéros a un ennemi juré; le spécialiste en numérisation en a un aussi : la poussière. Un seul grain de poussière sur le plexiglas peut créer une tache qui ruine l’image. La technicienne a toujours sous la main un souffleur antistatique pour éviter ce genre de problème.

Une bande dessinée est placée sur une surface plane noire sous une feuille de plexiglas. Une femme est penchée sur la surface; elle enlève la poussière du plexiglas à l’aide d’un souffleur antistatique. La lentille d’un appareil photo est visible au-dessus de la table.

Une technicienne en numérisation se sert d’un souffleur antistatique pour enlever la poussière de la feuille de plexiglas recouvrant la bande dessinée qu’elle s’apprête à photographier. On aperçoit la lentille de l’appareil photo suspendue au-dessus de la table sur laquelle repose le document.

Lorsque la bande dessinée est en place, la technicienne prend une photographie à l’aide d’un appareil suspendu. Dans le cas de la collection Bell Features, on a utilisé un appareil PhaseOne 645DF avec un boîtier à dos numérique IQ260 et une lentille 80mm, un point focal F11 et une vitesse d’obturation de 1/13e de seconde. L’image prise avec cet appareil est automatiquement téléversée dans l’ordinateur de la technicienne qui vérifie ensuite s’il y a des imperfections. Si la technicienne est satisfaite de la qualité de l’image, elle l’intègre à Photoshop et passe à la page suivante.

Une femme regarde un écran d’ordinateur montrant l’image d’une page de bande dessinée.

Une technicienne en numérisation examine l’image numérisée d’une page du no 7 de Slam-Bang Comics (AMICUS 42623987), illustrée par Adrian Dingle, pour y détecter toute imperfection.

Le processus est répété pour chaque page de chaque bande dessinée. Lorsque toutes les pages d’un numéro ont été photographiées et que les images ont été corrigées, une version PDF est créée. Enfin, ce PDF est téléversé dans les serveurs de BAC et un lien est ajouté à la notice correspondante dans le catalogue de bibliothèque en ligne de BAC.

Si vous souhaitez consulter quelques-unes de ces vieilles BD canadiennes récemment numérisées, vous en trouverez un échantillon sur notre site Web. Vous aimeriez en voir d’autres? L’instrument de recherche joint à la notice bibliographique de la collection Bell Features (AMICUS 43122013) comprend des liens vers toutes les bandes dessinées numérisées. Vous pouvez aussi consulter ces BD en passant par les notices des titres individuels de la collection Bell Features; voir par exemple la notice pour Active Comics (AMICUS 16526991).

Vous êtes dans la région d’Ottawa? Découvrez quelques-uns des personnages de Bell Features en plus grand format en visitant l’exposition Alter ego : les bandes dessinées et l’identité canadienne! présentée par BAC au 395, rue Wellington à Ottawa jusqu’au 14 septembre. L’entrée est gratuite.

Ressources additionnelles


Meaghan Scanlon est la bibliothécaire des collections spéciales à la Direction générale du patrimoine publié, Bibliothèque et Archives Canada.

Des images du Service féminin de l’Armée canadienne maintenant sur Flickr

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Canadiennes sont appelées à s’engager dans l’armée. Environ 50 000 femmes sont ainsi recrutées, et une majorité d’entre elles servent dans les Forces canadiennes. Le Service féminin de l’Armée canadienne, créé en 1941, se voit confier des tâches très diversifiées. Les femmes s’engagent par patriotisme ou parce qu’elles ont envie de voir le monde, des motivations assez semblables à celles de leurs homologues masculins.

Cependant, ces femmes doivent affronter la méfiance et les brimades, au pays comme à l’étranger. Leur persévérance, associée au besoin important de main-d’œuvre en temps de guerre, leur permet de travailler dans de nombreux champs d’activité, tels que la réparation mécanique et technique, les communications, la rédaction ou la conduite de véhicules. En 1943, le gouvernement canadien et le ministère de la Défense nationale lancent une opération de recrutement et une campagne de relations publiques pour inciter les femmes à contribuer à l’effort de guerre. Avec le temps, les salaires augmentent, et civils et militaires commencent à voir d’un bon œil les femmes engagées dans les forces armées.

Les milliers de femmes qui ont servi leur pays en cette période de guerre ont acquis de nouvelles compétences, de l’assurance, ainsi que le respect et l’appui des Canadiens. Le Service féminin de l’Armée canadienne représentait pour ces femmes une occasion unique d’échapper aux rôles traditionnels qui leur étaient réservés à l’époque.

Soixante-quinzième anniversaire du Service féminin de l’Armée canadienne

Par Laura Brown

Le 13 août 1941, après de nombreux mois de campagnes en tous terrains dans les premiers temps de la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont pu s’enrôler dans l’Armée canadienne. À l’instar de l’Aviation royale canadienne, qui avait accueilli une Division féminine un mois auparavant, l’armée a compris que les femmes pouvaient jouer des rôles de non-combattantes et libérer plus d’hommes pour qu’ils puissent se battre outre-mer. Au départ, le Service féminin de l’Armée canadienne (CWAC) ne faisait pas officiellement partie de l’armée et ses activités étaient plutôt menées en tant qu’organisation auxiliaire. Toutefois, le 13 mars 1942, le CWAC était officiellement intégré dans l’Armée canadienne. Les femmes militaires ou les « CWAC », comme on les appelait couramment, ont reçu des uniformes et des armoiries, dont un insigne illustrant le personnage d’Athéna.

Affiche en couleur illustrant une femme et un homme membres de l’Armée canadienne marchant tous deux à l’unisson. Les personnages portent des casques et des uniformes, ils transportent, accrochés au cou, un sac renfermant un masque à gaz. Sur l’épaule gauche de l’homme est déposé un fusil. Au bas de l’affiche sont apposées quatre petites photographies en noir et blanc de femmes accomplissant différentes tâches dans l’armée.

Affiche de recrutement de la Deuxième Guerre mondiale, « Shoulder to Shoulder – Canadian Women’s Army Corps – An Integral Part of the Canadian Army » (« Côte à côte – Service féminin de l’Armée canadienne – Partie intégrante de l’Armée canadienne »), vers 1944 (MIKAN 2917721)

Même si de nombreux Canadiens étaient favorables aux femmes en uniforme kaki, d’autres étaient inquiets, voire craintifs, car ils percevaient l’acceptation de soldates dans l’armée comme un écart dérangeant par rapport aux rôles traditionnels liés au sexe dans la société. En 1943, le gouvernement a lancé une campagne publicitaire de grande envergure afin de s’attaquer à de telles préoccupations et d’encourager l’enrôlement. Le matériel servant au recrutement, comme l’affiche ci-dessus, et le film Proudest Girl in the World (La fille la plus fière au monde) présentaient les femmes recrues comme des personnes professionnelles, respectables et féminines, en plus d’être aptes à assumer divers types d’emploi.

Avant d’entreprendre leur entraînement de base dans l’un des centres d’entraînement régionaux du Canada, les recrues devaient passer un test pour déterminer l’emploi qui leur conviendrait le mieux. En 1941, elles avaient accès à 30 différents emplois ou « métiers » et, à la fin de la guerre, ce nombre avait presque doublé. Certains des postes offerts aux CWAC étaient rarement occupés par des femmes dans le secteur civil à l’époque (notamment la mécanique), quoique les métiers les plus courants fussent rattachés aux tâches traditionnellement féminines, dont la cuisine, la buanderie et la dactylographie.

Photographie en noir et blanc d’un rassemblement de recrues souriantes du CWAC. Elles portent leur tenue de cérémonie estivale et des casquettes arborant un insigne de coiffure en forme de diamant.

Le personnel du Service féminin de l’Armée canadienne au Centre d’entraînement (de base) des CWAC no 3, le 6 avril 1944 (MIKAN 3207287)

Durant leur service actif, bon nombre de CWAC espéraient être affectées à l’extérieur du Canada, bien que seulement quelques milliers d’entre elles soient parvenues à obtenir de tels postes. Parmi celles-ci, mentionnons Molly Lamb Bobak, la première artiste de guerre du Canada. Outre ses peintures et ses esquisses dessinées pour documenter les contributions du CWAC, Mme Bobak a tenu un journal personnel illustré, dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) assume aujourd’hui la garde et qui est disponible en format numérisé. Empreinte d’autodérision et d’humour, l’œuvre présente une vision honnête et amusante de la vie militaire. Vous pouvez en apprendre davantage sur Mme Bobak en consultant ce blogue.

Photographie en noir et blanc de Molly Lamb Bobak qui prend la pose devant un chevalet, des brosses et une palette en main. Mme Bobak porte une veste-blouson de l’armée et elle sourit à la caméra. La peinture inachevée derrière elle représente des membres féminins et masculins de l’Armée canadienne, debout dans une pièce.

Sous-lieutenant Molly Lamb Bobak, Service féminin de l’Armée canadienne, à Londres, en Angleterre, le 12 juillet 1945 (MIKAN 3191978)

Des trois armées — élément Terre, élément Air et élément Mer —, l’armée de terre a enrôlé le plus grand nombre de Canadiennes durant la Deuxième Guerre mondiale, soit un total de 21 624 recrues. Les multiples documents liés au CWAC et gardés dans la collection de BAC, dont certains sont répertoriés ci‑après, mettent en valeur les services importants rendus par les premières Canadiennes militaires.

Ressources connexes


Laura Brown est une archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales à Bibliothèque et Archives Canada.

Manque-t-il de l’information dans les documents historiques portant sur Oronhyatekha?

Par Richie Allen

Quand on effectue des recherches dans des documents archivistiques, on fait parfois des découvertes inattendues.

Dans le cadre de mes fonctions d’archiviste de référence à Bibliothèque et Archives Canada, j’effectue souvent des recherches à la demande de chercheurs. Alors que je vérifiais si une personne donnée avait effectivement suivi une formation militaire officielle en 1865 à la School of Military Instruction de Toronto, j’ai consulté la base de données en ligne de Bibliothèque et Archives Canada, Recherche de fonds d’archives. À partir de mots-clés, j’ai trouvé le premier Register of Candidates énumérant les candidats admis à la School of Military Instruction, dans le Haut-Canada (Toronto), de 1865 à 1867, dans le groupe de documents liés au ministère de la Milice et de la Défense (RG9), no de volume : 7. Quand j’ai consulté le registre de l’école, le nom que je cherchais n’y figurait pas, mais un autre nom a immédiatement attiré mon attention. En lettres cursives d’une autre époque et parmi une énumération de noms présentés dans le format alors en vigueur en Europe (prénom, second prénom et nom de famille), le nom mohawk « Oronhyatekha » tranchait avec le reste.

Photographie en couleur d’un livre ouvert, à gauche, et d’un gros plan du nom apparaissant sur la page du livre, à droite.

Register of Candidates énumérant les candidats admis à la School of Military Instruction, Haut-Canada, de 1865 à 1867. On a encerclé en bleu le nom « Oronhyatekha » pour le mettre en relief. (R180-124-1-E, MIKAN 195106)

Le registre renferme de nombreuses colonnes de renseignements. Tout particulièrement, à la page 9, on peut lire qu’Oronhyatekha avait 23 ans et venait de Shannonvillle, mais qu’il vivait à Toronto. Plus loin, dans d’autres listes, il est écrit qu’il a été admis à l’école de Toronto le 6 mai 1865. Le 29 juillet 1865, on a noté que le candidat a été autorisé à rester à l’école dans le but de se qualifier pour l’obtention d’un certificat de première classe (« candidate permitted to remain in school for purpose of qualifying for 1st class certificate »), un honneur rarement accordé.

Image en couleur du gros plan d’une page tirée d’un livre.

Passage dans le registre indiquant qu’Oronhyatekha a été autorisé à rester à l’école dans le but de se qualifier pour l’obtention d’un certificat de première classe (MIKAN 195106)

On trouve d’autres informations concernant Oronhyatekha, aussi connu sous le nom de Peter Martin, né en 1841, dans le Dictionnaire biographique du Canada, un ouvrage qui répertorie les biographies de certains Canadiens notoires. En lisant l’entrée à son sujet, on remarque qu’il n’y a aucune mention selon laquelle Oronhyatekha aurait fréquenté la School of Military Instruction. En conséquence, il semble que le document historique soit lacunaire et nous nous demandons si ce renseignement devrait être ajouté à sa biographie. N’hésitez pas à communiquer avec nous si vous disposez d’information supplémentaire au sujet de cet homme important.


Richie Allen est un archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Les écluses sont ouvertes : 20 millions de pages, et ce n’est pas fini!

En 2013, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) annonçait fièrement l’ouverture au public de 10 millions de pages dans le cadre du projet d’examen en bloc. BAC est heureux d’annoncer que le nombre de pages ouvertes à la consultation grâce à cette initiative s’élève maintenant à plus de 20 millions.

Ce projet permet un plus large accès aux archives gouvernementales conservées à BAC, lesquelles proviennent d’une multitude de ministères et témoignent de toutes les activités et fonctions du gouvernement canadien.

Notons en particulier l’ouverture d’environ deux millions de pages documentant les célébrations du centenaire de la Confédération par le gouvernement fédéral en 1967. Les documents, contenus dans le fonds Expo 67 et dans les archives de la direction des expositions de l’ancien ministère du Commerce, couvrent toutes les facettes de l’organisation et des activités d’Expo 67. Ils complètent une série de documents du fonds de la Commission du Centenaire, ouverts précédemment. Ensemble, ils forment un groupe de documents d’archives pouvant servir à la recherche, alors que les Canadiens se préparent à célébrer le 150e anniversaire de la Confédération en 2017.

Quatre millions de pages de l’ancien ministère canadien du Commerce ont aussi été ouvertes à la consultation; elles documentent les activités commerciales internationales du Canada, des années 1880 à 1980. Les relations commerciales internationales du Canada avec le Commonwealth et avec d’autres pays occupent une place importante parmi les fonctions gouvernementales, depuis les débuts de la Confédération et encore aujourd’hui. Ces archives témoignent de la longue et prestigieuse histoire de nos relations commerciales avec divers pays et de toutes nos activités commerciales internationales.

Les documents de l’Expo 67 et ceux qui concernent le commerce international ne sont que deux des nombreux ensembles documentaires du gouvernement fédéral qui peuvent maintenant être consultés grâce à l’examen en bloc.

Une photographie en noir et blanc d’un édifice dont la façade est décorée de motifs d’art autochtone, contigu à une structure en forme de tipi. On aperçoit le haut d’un mât totémique derrière l’édifice.

Pavillon des Indiens du Canada – Expo 67 (MIKAN 3192403)