Jour des petits immigrés britanniques : l’apport de plus de 100 000 enfants anglais à la population du Canada

Il y a cinq ans, Jim Brownell, alors député provincial de Stormont‑Dundas‑South Glengarry, a déposé le projet de loi 185 visant à proclamer le 28 septembre « Jour des petits immigrés britanniques ».

Brownell est un proche parent de deux petites immigrées anglaises: sa grand-mère paternelle et sa grand-tante. Les sœurs d’origine écossaise sont toutes deux arrivées au Canada par l’entremise du mouvement d’immigration d’enfants. De 1869 à la fin des années 1930, plus de 100 000 enfants ont été emmenés des îles Britanniques au Canada.

La grand-mère de M. Brownell, Mary Scott Pearson, est née en Écosse et est arrivée au Canada le 28 septembre 1891 à bord du navire SS Hibernian. Le foyer d’accueil Fairknowe, à Brockville (Ontario), a été sa première résidence en sol canadien.

Peut-être avez-vous découvert les traces d’un jeune immigré en provenance des îles britanniques au cours de recherches sur l’histoire de votre famille. Il semblerait que onze pour cent de la population canadienne comptent un petit immigré anglais parmi leurs ancêtres.

Par où dois-je entreprendre mes recherches pour retrouver mes ancêtres?

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) détient de nombreux documents susceptibles d’être utiles lors de vos recherches sur les petits immigrés anglais. Entre autres documents, il y a des listes de passagers, des dossiers de correspondance de la direction de l’immigration et des rapports d’inspection, des collections non gouvernementales et des fonds privés (comme le fonds Middlemore), ainsi que des index de quelques documents conservés au Royaume-Uni. Consultez la rubrique Les documents pour obtenir des conseils relativement aux recherches et des explications sur les documents gardés à BAC.

Les listes de passagers et autres documents liés à l’immigration sont souvent les premières sources consultées. Outre la liste de noms des enfants, il y a le nom du navire, les dates de départ et d’arrivée, le nom de l’organisation qui a envoyé l’enfant en partance des îles Britanniques et la destination de l’enfant au Canada. Tous ces détails sont des éléments clés pour retrouver nos ancêtres qui ont immigré au Canada.

Image en noir et blanc d’une maison entourée de neige fondante. Devant la maison, il y a deux traîneaux à chevaux et des personnes autour.

« Marchmont », la maison d’accueil située à Belleville (Ontario), où a habité Mlle Macpherson (résidence hébergeant des enfants immigrants de la Grande-Bretagne) (MIKAN 3591133)

Dans le Guide des organismes qui ont envoyé des enfants et des maisons d’accueil se trouve une liste et une description de lieux, de sociétés et d’institutions associés à l’organisme, au Royaume-Uni et en Irlande, et les lieux et maisons d’accueil associés à l’organisme, au Canada. Une quatrième colonne renferme le nom des personnes associées aux organismes souvent mentionnés dans les listes de passagers. Par exemple, Thomas Barnardo et John Hobday étaient associés aux Barnardo’s Homes. Agnes Burges et William et Mary Quarrier étaient associés aux Quarrier’s Orphan Homes of Scotland, dont le foyer d’accueil Fairknowe était sis à Brockville (Ontario). Les enfants qui avaient été baptisés dans la foi catholique étaient habituellement placés dans des familles ou des congrégations religieuses catholiques, souvent au Québec.

Sources militaires et états de recensement

Bon nombre de petits immigrés anglais ont grandi et se sont enrôlés dans les Forces canadiennes, tant durant la Première que la Seconde Guerre mondiale; certains ont décidé de rester au Royaume-Uni à la fin de la guerre. Consultez notre page sur le Patrimoine militaire pour effectuer des recherches dans les dossiers de service militaire et d’autres ressources militaires.

Si vous désirez vous renseigner sur le lieu de résidence d’un enfant, consultez les Recensements couvrant la période visée. Précisons que l’on peut faire des recherches sur les petits immigrés anglais en employant le même nom de famille que celui inscrit dans la liste de passagers. La plupart de ces enfants ont gardé leur nom d’origine et n’ont pas été officiellement adoptés par les familles chez qui ils ont résidé.

Si vous souhaitez nous poser une question, passez nous voir au comptoir de généalogie au 395, rue Wellington, à Ottawa, ou envoyez-nous un courriel au moyen du formulaire de demande d’aide en généalogie.

En dernier lieu, n’oubliez pas de lire les articles précédemment publiés sur les petits immigrés anglais : Introduction, Edward Brignall, Harold Mornington, Wallace Ford et l’honorable James Murdock.

Autres sources

Sources publiées concernant les rapports d’accidents d’avion

Par Megan Butcher

Dans notre précédent blogue traitant de la recherche sur les accidents d’avion, vous avez appris qu’il vous fallait posséder certaines informations de base avant de commencer votre recherche :

  • le modèle de l’avion
  • la date et l’endroit de l’accident
  • le numéro d’enregistrement de l’appareil
  • le type d’avion (civil ou militaire)

Ces informations constituent un excellent point de départ. Mais qu’en est-il, si vous ne les avez pas? Il existe quelques autres façons de trouver ce que vous cherchez.

Commencez par les deux bases de données suivantes. Ce sont les sources les plus largement accessibles; sans être exhaustives, elles contiennent des renseignements sur un grand nombre d’accidents d’avions canadiens, incluant le premier accident mortel en 1913.

Les journaux locaux peuvent aussi constituer une précieuse ressource pour dénicher quelques renseignements précis. Vous pourriez commencer votre recherche ici à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en consultant nos fonds de journaux sur microforme. Si vous ne pouvez vous rendre à Ottawa, communiquez avec votre bibliothèque municipale afin de savoir si elle peut emprunter les bobines dont vous avez besoin, de nous ou d’une autre bibliothèque.

S’il vous manque encore quelques renseignements importants, vous aurez peut-être de la chance en consultant les rapports annuels du Bureau canadien de la sécurité aérienne et les synopsis d’accidents d’aviation civile au Canada. La plupart des descriptions sont très brèves, mais on y trouve à l’occasion une quantité étonnante d’informations, parfois bouleversantes :

Un document tapé à la machine sur du papier blanc, contenant des informations sur un accident d’avion qui s’est produit le 8 septembre 1978.

Synopsis d’un accident d’avion tiré d’une publication du Bureau canadien de la sécurité aérienne sur les accidents d’avion au Canada, 1980, numéro 5, p. 56 (AMICUS 2828768)

Notre collection contient plusieurs numéros des années suivantes :

  • 1967 : Accidents to Canadian registered aircraft. Administration canadienne des transports aériens. Division des enquêtes sur la sécurité aérienne. AMICUS 3236225
  • 1968-1974 : Accidents d’avion. Administration canadienne des transports aériens. Division des enquêtes sur la sécurité aérienne. AMICUS 11371
  • 1975-1984 : Synopsis des accidents d’avion; aviation civile au Canada. AMICUS 2828768
  • 1984-1989 : Rapport annuel. Bureau canadien de la sécurité aérienne.  AMICUS 5348822

Il existe deux autres publications que nous ne possédons pas, mais que votre bibliothécaire pourrait vous aider à trouver. En voici les références :

  • 1947-1958: Canada. Civil Aviation Division. Annual report on aircraft accidents: 1947-1958. — [Ottawa], Dept. of Transport, Air Services Branch, Civil Aviation Division
  • 1960-1963: Canada. Civil Aviation Branch. A survey of accidents to aircraft of Canadian registry, 1959-1962. — Ottawa, [1960-1963]

Si vous repérez dans notre collection un document que vous aimeriez consulter, vous pouvez le faire sur place, demander une reproduction ou vous informer auprès de votre bibliothèque locale s’il y a possibilité de l’emprunter par l’intermédiaire de notre programme de prêts à d’autres institutions.

Et comme toujours, si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas, posez-nous une question!


Megan Butcher est bibliothécaire de référence à la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Un endroit vraiment désolant (« A Very Desolate Place ») : lettres de lord Dufferin

Par Kelly Ferguson

« J’ai toujours voulu me plonger dans l’ambiance du Nouveau Monde » [traduction], écrit lord Dufferin, le troisième gouverneur général du Canada, à ses amis proches, M. et Mme Sturgis. C’était en 1872 et lord Dufferin se préparait à déménager au Canada, où il allait passer presque la totalité des six années suivantes.

En général, quand nous pensons aux premiers gouverneurs généraux, nous imaginons qu’ils étaient des nobles austères venant au Canada pour s’acquitter de leur devoir envers la monarchie. Il est même parfois difficile de leur donner un visage humain. Grâce à ces douze lettres, acquises par Bibliothèque et Archives Canada lors d’un encan tenu au cours de l’été de 2016, les Canadiens auront une idée plus claire des motifs à l’origine des expériences vécues par un de ces aristocrates.

Photographie multiple jaune et brune. Cinq personnes — lord et lady Dufferin et trois de leurs enfants — apparaissent ici, chacune figurant sur une photographie distincte. Sur ces portraits, elles sont soit assises soit debout, vêtues de costumes correspondant à l’époque du roi James V d’Écosse.

À Ottawa, lord et lady Dufferin, ainsi que leurs enfants, vêtus suivant le code vestimentaire de la cour du roi James V d’Écosse, en 1876 (MIKAN 3819711)

D’abord enthousiaste à l’idée de vivre l’aventure du « Nouveau Monde », lord Dufferin déchantera vite devant la dure réalité associée à la vie au Canada dans les années 1870. Loin d’être impressionné par les conditions de vie à Ottawa, il se plaindra que la résidence du gouverneur général manque d’espace pour les divertissements, que les routes sont des pistes boueuses et que la ville est inachevée. Il sera affligé par le froid et le manque d’activités. Rapidement, il comprendra que son passage au Canada ne sera pas l’aventure palpitante qu’il avait envisagé de vivre.

Photographie jaune et brune sur papier albuminé d’une scène hivernale à Ottawa, dont plusieurs bâtiments, une route et des arbres.

Vue du sommet de la glissade Dufferin à Rideau Hall. Ottawa, 1878. (MIKAN 3819407)

Même si les conditions de vie n’étaient pas toujours à la hauteur de ses attentes, lord Dufferin a assumé ses fonctions avec beaucoup de sérieux. Dans ses lettres, il explique les efforts qu’il déploie pour redonner au poste de gouverneur général tout son prestige. Il décrit également ses opinions et ses actions en tant qu’observateur neutre d’un scandale politique parmi les plus retentissants à cette époque. Le scandale du Pacifique a entraîné la démission de John A. Macdonald et l’ascension au pouvoir d’Alexander Mackenzie et du parti libéral. Dans ses lettres, lord Dufferin relate le scandale, exprimant de la sympathie pour M. Macdonald, mais aussi l’espoir que l’élection de l’ancien parti de l’opposition soit un atout pour le Canada. En lisant ses lettres, il est évident qu’il aimait et respectait les deux chefs.

Photographie en noir et blanc d’un homme d’âge moyen portant un complet et prenant la pose debout, le temps d’un portrait, sa main droite repose sur une table et il y a une chaise près de lui, de l’autre côté.

Portrait de lord Dufferin, 1878. (MIKAN 3215134)

Les lettres de lord Dufferin permettent de lever quelque peu le voile, d’avoir un regard plus intimiste sur un de nos premiers gouverneurs généraux. Lord Dufferin est venu au Canada pour s’éloigner de la scène londonienne ennuyante et partir à la quête de nouveaux défis. Bien qu’il n’ait pas été parfaitement heureux ici, il travaillera avec acharnement pour conforter l’importance du poste. Il avait aussi le sens de la diplomatie, ayant ses propres opinions relativement au scandale du Pacifique, tout en maintenant néanmoins de bonnes relations de travail avec les deux chefs. Lord Dufferin a assumé la fonction de gouverneur général à un moment déterminant. Le Canada venait tout juste d’être formé en tant que pays, l’expansion vers l’Ouest en était à ses débuts et Ottawa ressemblait à une ville en devenir. En plus d’humaniser l’homme, les lettres de lord Dufferin permettent de mieux saisir le monde dans lequel il vivait; elles campent bien la conjoncture d’alors et lui confèrent, aux yeux des Canadiens d’aujourd’hui, un aspect plus concret.

Photographie jaune et brune sur papier albuminé. Un grand et large encadré de la foule. Lord et lady Dufferin sont assis à gauche, face à la salle.

Un bal costumé donné par lord Dufferin à Rideau Hall, 1876. (MIKAN 3260601)


Kelly Ferguson est étudiante de deuxième cycle à l’Université Carleton et travaille au sein de la Section des archives politiques et de gouvernance à Bibliothèque et Archives Canada.

Soldat John Chipman Kerr, VC

Par Emily Monks-Leeson

Dans le cadre de la série Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous nous rappelons aujourd’hui la vie et le service militaire du récipiendaire canadien de la Croix de Victoria, John Chipman « Chip » Kerr de Fox River (Nouvelle-Écosse).

Photographie en noir et blanc de deux soldats en uniforme assis sur un banc. L’homme à droite regarde directement la caméra et arbore un sourire discret.

Soldat J.C. Kerr, VC, à droite. (MIKAN 3217379)

Avant la guerre, M. Kerr travaillait comme bûcheron près de Kootenay (Colombie-Britannique) et exploitait un lot de colonisation à Spirit River (Alberta), avec son frère, Charles Roland « Rollie » Kerr. Quand la guerre est déclarée en 1914, les frères Kerr, Chip et Rollie, se rendent à Edmonton pour s’enrôler et laissent une note sur la porte de leur cabane portant cette déclaration : « La guerre c’est l’enfer, mais qu’en est-il de l’exploitation d’un lot de colonisation? » [traduction] (« War is Hell, but what is homesteading? »)

Collage de trois pages dactylographiées noir sur blanc avec la date du 15 septembre notée dans la marge et un compte rendu, d’heure en heure, des actions qui se déroulent.

Compte rendu des opérations du 49e Bataillon d’infanterie canadien du 15 au 18 septembre 1916. (MIKAN 1883261)

Le 16 septembre 1916, M. Kerr est membre du 49e Bataillon d’infanterie du Corps expéditionnaire canadien (CEC) près de Courcelette, en France, non loin de l’endroit où Leo Clarke, du 2e Bataillon (Eastern Ontario Regiment), a mérité la Croix de Victoria la semaine précédente. Les actions posées par Kerr cette journée-là vont lui valoir sa propre Croix de Victoria. Pendant une attaque à la grenade menée par son bataillon, le soldat Kerr est le premier combattant à la baïonnette d’un détachement de bombardement qui se lance, grenades à la main, à l’assaut de positions allemandes. Quand il comprend que son unité est sur le point de manquer de bombes, Kerr court le long du crêt de la tranchée sous un tir nourri jusqu’à ce qu’il soit suffisamment près des troupes allemandes pour lancer ses projectiles à bout portant. Se croyant encerclés, les Allemands se rendent. La citation concernant le soldat Kerr dans la Gazette de Londres (London Gazette) renferme les détails suivants :

Soixante-deux prisonniers sont capturés et un gain de 250 verges de tranchées est réalisé. Avant de poser ce geste très courageux, une bombe avait arraché l’un des doigts du soldat Kerr. Plus tard, en compagnie de deux autres hommes, il escorte les prisonniers, sous les tirs, puis retourne ensuite à son poste avant de faire panser sa blessure. (London Gazette, no 29802, le 26 octobre 1916) [traduction]

Chip Kerr survit à la guerre, tandis que son frère Rollie, aussi membre du 49e Bataillon, est tué à la fin de décembre 1917. Au début de la Seconde Guerre mondiale, M. Kerr s’enrôle de nouveau dans l’armée, puis passe à l’Aviation royale du Canada avec le grade de sergent. Il s’éteint à Port Moody (Colombie-Britannique), le 19 février 1963.

On a donné son nom à un pic de 2 600 mètres s’élevant dans le parc national Jasper, ainsi qu’à un parc à Port Moody (Colombie-Britannique), soit le parc Chip Kerr.

Bibliothèque et Archives Canada garde le dossier des états de service du soldat John Chipman Kerr et celui de son frère, le soldat Charles Roland Kerr.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

La bataille de Flers-Courcelette

Par Alex Comber

Les batailles de la Somme qui ont pris fin en août 1916 ont donné bien peu de résultats malgré des objectifs ambitieux et un coût élevé en vies humaines et en ressources. La bataille de Flers-Courcelette, qui se déroule du 15 au 22 septembre 1916, est une autre tentative pour conquérir définitivement la Somme. Sous le commandement de sir Julian Byng, le Corps canadien, membre de l’armée de réserve britannique, fournit deux de ses divisions d’infanterie, qui prennent position sur l’aile gauche d’une vaste offensive.

Il s’agit d’une première grande offensive pour les Canadiens, et de leur toute première expérience des pertes humaines effroyables subies durant les combats de 1916. La bataille s’amorce par un intense bombardement d’artillerie contre les positions ennemies, semblable à celui effectué lors des précédentes batailles de la Somme. Toutefois, ce « barrage roulant » est mieux coordonné avec la progression des soldats, et ouvre la voie juste devant eux. La plupart des unités ennemies n’ont pas le temps de récupérer et de préparer leur défense avant l’arrivée des bataillons d’infanterie canadiens.

Image d’une carte de tranchée, datée de septembre 1916, montrant l’axe de progression prévu pour le 27e Bataillon, près de Courcelette, en France.

Cette carte de tranchée faisant partie des journaux de guerre du 27e Bataillon (Winnipeg) montre les axes de progression prévus pour les compagnies de tête du Bataillon, à partir des tranchées près de Pozières (en bas à gauche), jusqu’à « l’objectif ultime », situé juste au nord de la sucrerie. Les cartes de tranchée renferment une foule de détails. Celle-ci illustre le village de Courcelette, en haut, et donne de l’information sur les autres unités qui devaient avancer sur l’un ou l’autre flanc du 27e Bataillon. (MIKAN 1883247)

Parmi les faits saillants de la productive avancée des unités canadiennes, mentionnons la prise du village de Courcelette par le 25e Bataillon (Nova Scotia Rifles) et le 22e Bataillon (canadien-français) du lieutenant-colonel T. L. Tremblay, ainsi que la conquête de la sucrerie puissamment fortifiée à l’est du village par le 21e Bataillon (Eastern Ontario). Ailleurs, l’attaque piétine, ruinant les espoirs d’une victoire décisive. Les Allemands lancent de vigoureuses contre-attaques ou se replient dans leurs positions fortifiées. Environ 24 000 soldats membres des unités canadiennes sont blessés ou tués au cours de l’opération.

Photographie noir et blanc d’un bâtiment industriel en ruines dans un paysage dévasté.

Cette photographie officielle prise par le Bureau canadien des archives de guerre en octobre 1916, après le bombardement et l’avancée des Canadiens sur la position allemande fortifiée, montre les ruines de ce qui était, avant la guerre, une sucrerie. (MIKAN 3403776)

Surnommés « vaisseaux terrestres », les premiers chars d’assaut apparaissent sur les champs de bataille de Flers-Courcelette. Ils sont lents et encombrants, et la mécanique n’est pas très fiable. La plupart se brisent ou sont mis hors de combat avant même de pouvoir aider la progression des soldats. Toutefois, les rares engins demeurés fonctionnels détruisent des emplacements de tir fortifiés et provoquent le chaos dans les lignes ennemies. Le lieutenant William Ivor Castle, photographe officiel au service du Bureau canadien des archives de guerre, a filmé des chars d’assaut prenant leur position de départ. Les premières images de chars « au combat » ont suscité de vives réactions après leur publication en Angleterre.

Photographie noir et blanc d’un imposant char d’assaut britannique qui avance dans un terrain criblé de cratères.

Surnommé « Crème de menthe », ce char Mark 1 figure parmi les engins qui ont soutenu, de façon particulièrement efficace, l’attaque canadienne à Courcelette, le 15 septembre 1916. Les premiers chars d’assaut étaient colorés et recouverts de motifs de camouflage inspirés du peintre Solomon. (MIKAN 3397296)


Alex Comber est archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales à Bibliothèque et Archives Canada.

Images de tennis maintenant sur Flickr 

L’origine du tennis remonte au 11e siècle en France, où le sport était joué sur des courts intérieurs. Au début, les joueurs frappaient la balle avec leurs mains. La raquette fut introduite au 15e siècle et popularisée en Angleterre au milieu du 19e siècle. Le court rectangulaire et le service à partir d’une ligne de fond devinrent ensuite la règle.

Le tennis fut rapidement adopté au Canada durant les années 1870. En seulement six ans, on assista à la fondation d’un premier club à Toronto (1875), à la tenue du premier tournoi canadien au Montréal Cricket Club (1878) et à l’organisation d’un premier tournoi de tennis intérieur à Ottawa (1881). À partir des années 1880, de nombreux clubs furent mis sur pied dans les grandes villes du pays, suivis par l’aménagement, un peu partout, de terrains à l’arrière des maisons privées.

L’Association canadienne de tennis sur gazon, fondée en 1890, contribua au développement de cette activité sportive et à la participation des Canadiens à des événements internationaux, tels que la Coupe Davis. Les amateurs s’organisent maintenant sous l’égide de Tennis Canada, qui soutient ce sport et en fait la promotion, de la simple fonction récréative jusqu’aux compétitions internationales. Cet appui est l’une des nombreuses raisons qui expliquent la grande popularité du tennis au Canada.

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Éplucher la collection des livres de recettes de BAC ».

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « Éplucher la collection des livres de recettes de BAC ».

Dans cet épisode, nous sommes en compagnie d’Erika Reinhardt, archiviste à Bibliothèque et Archives Canada (BAC), afin de parler de la collection de livres de cuisine de BAC. Nous allons discuter, d’une part, de l’influence de la culture et de la technologie sur ces livres et les recettes au fil du temps et, d’autre part, des répercussions qu’ils ont eues sur nos rapports avec la nourriture et la cuisine au cours de notre histoire.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Image d’une femme qui verse des raisins de Corinthe dans un bol; sur une table, on voit des ustensiles de cuisine et les ingrédients d’une recette, dont des raisins de Smyrne, de la farine, de l’eau-de-vie, des clous de girofle, une bière, du rhum jamaïcain, des raisins de Corinthe, des pommes, de la cannelle, du pain, des œufs, des épices et des raisins secs.

Préparation des produits de l’Empire britannique (MIKAN 2897672)

Sergent Leo Clarke, VC

Par Emily Monks-Leeson

Nous poursuivons notre série Centenaire de la Première Guerre mondiale : Hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria avec l’histoire du sergent Leo Clarke, le septième récipiendaire canadien de la Croix de Victoria lors la Première Guerre mondiale.

Une coupure de journal en noir et blanc représentant une photographie d’un jeune homme en uniforme.

Le sergent Leo Clarke, VC, décédé des suites de ses blessures, vers 1915-1916 (MIKAN 3214037)

Leo Clarke est né à Waterdown, en Ontario, le 1er décembre 1892; il était arpenteur pour la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. Il s’enrôla en février 1915 dans le 27e bataillon et fut transféré au 2e bataillon (Eastern Ontario Regiment) après son arrivée en Angleterre.

Le 9 septembre 1916, Leo Clarke participa, avec le 2e bataillon, à une attaque des Alliés contre un réseau de tranchées allemandes qui s’étendait de Martinpuich à Courcelette dans le nord de la France. Le bataillon de Clarke devait capturer une zone de 50 verges entre la ferme Mouquet, une position tenue par les Canadiens, et Courcelette. Caporal intérimaire au moment de l’attaque, il mena un détachement de soldats ayant pour mission de nettoyer le flanc gauche d’une tranchée allemande et de construire un « bloc » pour renforcer la position canadienne. La tranchée était solidement défendue et, après un combat acharné au corps à corps, Clarke fut le seul de son groupe à ne pas avoir été tué ou blessé. Il se retrouva seul pour repousser une contre-attaque ennemie lancée par vingt soldats et officiers allemands.

Une page manuscrite en noir et blanc décrivant les actions quotidiennes du bataillon.

Extrait du journal de guerre du 2e bataillon d’infanterie canadien du 1er au 9 septembre 1916 décrivant les jours précédant et pendant l’offensive (MIKAN 1883206)

La citation de Clarke dans la London Gazette se lit comme suit :

Après que la plupart des membres de son détachement aient été blessés ou tués, il entreprit la construction d’un « bloc »; c’est alors qu’une vingtaine de soldats ennemis menés par deux officiers contre-attaquèrent. Il s’avança courageusement dans leur direction, vida sur eux son revolver, puis deux fusils ramassés dans la tranchée.

Un des officiers le chargea à la baïonnette, le blessant à une jambe, mais il riposta et le tua d’un coup de feu. Le reste de la troupe s’enfuit, poursuivie par le caporal intérimaire Clarke, qui tua quatre autres ennemis et en fit un prisonnier. Plus tard, on lui ordonna de se rendre au poste de secours, mais il retourna en service dès le lendemain. (London Gazette, no 29802, 26 octobre 1916)

Leo Clarke mourut au combat un mois plus tard, le 19 octobre 1916. Sa Croix de Victoria, décernée à titre posthume au printemps 1917, a été présentée à son père par le duc de Devonshire, gouverneur général du Canada, devant une foule de 30 000 personnes rassemblées au coin de Portage et Main à Winnipeg.

Une photographie en noir et blanc d’un groupe de soldats en uniforme dans un champ.

Peloton de grenadiers (2e bataillon, Corps expéditionnaire canadien) sur les lignes écossaises près de Poperinghe, pas très loin d’Ypres. Cette photo a été prise par Henry Edward Knobel, un photographe de guerre officiel, pendant que le 2e bataillon se reposait après s’être battu au Bois du Sanctuaire, à Maple Copse (batailles de la Somme). Leo Clarke, VC, est assis au premier rang à l’extrême droite. 16 juin 1916 (MIKAN 34005888)

Le sergent Leo Clarke vivait sur la rue Pine à Winnipeg, Manitoba, comme deux autres récipiendaires de la Croix de Victoria : Frederick William Hall et Robert Shankland. En 1925, la rue Pine a été renommée Valour Road (chemin de la Bravoure) en l’honneur de ces trois hommes.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service du sergent Leo Clarke.


Emily Monks-Leeson est archiviste dans la section des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Premier sous-marin allemand coulé par la Marine royale du Canada

Par Renaud Séguin

Le 10 septembre 1941, les équipages du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Chambly et du NCSM Moose Jaw, deux corvettes de la Marine royale du Canada (MRC), réussirent à détecter et à couler le U-Boot U-501 au large du Groenland, alors que ce dernier s’apprêtait à prendre en embuscade un convoi (SC-42) de navires alliés partis de Sydney, en Nouvelle-Écosse, pour ravitailler la Grande-Bretagne.

Les deux corvettes devaient se livrer à des exercices en mer afin de permettre à leurs équipages largement formés de nouvelles recrues de se familiariser avec la lutte anti-sous-marine. Devant la menace grandissante des sous-marins allemands, les deux navires ont vite dû mettre un terme à leur entraînement pour venir en renfort au convoi allié.

Photographie en couleurs d’une corvette de la Marine royale du Canada voguant à plein régime. Une épaisse fumée noire s’échappe d’une cheminée. Sur le bateau de couleur grise, le numéro K145 est écrit en noir.

Le NCSM Arrowhead, une corvette de la même classe (Flower) que le NCSM Chambly et le NCSM Moose Jaw (MIKAN 4821042).

Un des experts de la MRC dans la lutte anti-sous-marine, le capitaine de frégate James D. « Chummy » Prentice, commandant du Chambly et du détachement, a vite décidé qu’il valait mieux aller patrouiller au-devant du convoi pour surprendre les sous-marins allemands. Grâce aux talents de navigateur du second maître A. F. Pickard, les deux corvettes purent rejoindre la zone choisie par Prentice en moins de six jours.

Vers 21 h 30, le Chambly détecta un contact sur son ASDIC (mieux connu aujourd’hui sous le terme de sonar, son appellation américaine). Rapidement, les marins du Chambly se mirent en branle pour lancer une salve de cinq grenades anti-sous-marines. Malgré quelques erreurs dues à l’inexpérience, les deux premiers projectiles endommagèrent suffisamment le sous-marin pour le forcer à faire surface près du Moose Jaw.

Photographie noir et blanc montrant deux hommes en uniforme de la marine posant devant la tourelle avant de leur corvette. Entre les deux hommes, une image peinte sur la tourelle représente un bulldog se tenant debout avec un chapeau de marin et des gants de boxe.

Le second maître A. F. Pickard et l’artificier en chef de la salle des machines W. Spence, à St. John’s (Terre-Neuve), en 1942. Les deux hommes ont joué un rôle clé lorsque la corvette NCSM Chambly a coulé le sous-marin allemand U-501, le 10 septembre 1941. (MIKAN 3576697)

Surpris par l’apparition du U-Boot, les marins du Moose Jaw ne furent pas en mesure de faire feu immédiatement avec leur canon à tir rapide et leurs mitrailleuses. Le lieutenant F. E. Grubb, commandant du Moose Jaw, donna l’ordre de foncer vers le sous-marin pour le percuter. Loin d’être entièrement improvisée, cette manœuvre fut souvent tentée par des corvettes canadiennes. À courte distance, c’était la meilleure option pour couler les minces cibles mouvantes offertes par les U-Boot allemands voguant dans une mer agitée en pleine nuit.

Avant la charge, le lieutenant Grubb fut surpris de voir le commandant allemand abandonner son sous-marin pour sauter sur le pont du Moose Jaw! Ce n’est toutefois qu’après avoir été percuté par la corvette, tout en essuyant le tir de son canon, que le U-Boot cessa sa course.

Photographie en noir et blanc montrant un sous-marin et une baleinière côte à côte. Des membres d’équipage du sous-marin se trouvent sur le pont. Les personnes à bord de la baleinière sont assises.

Une équipe d’abordage du NCSM Chilliwack dans une baleinière à côté du sous-marin allemand U-744, le 6 mars 1944 (MIKAN 3623255)

Une équipe d’abordage du Chambly commandée par le lieutenant E. T. Simmons tenta alors de prendre le contrôle du sous-marin. Le détachement dut abandonner la tentative puisque le U-Boot coulait rapidement. Un des marins du Chambly, William Irvin Brown, se noya au cours de l’opération. À l’instar de plus de deux cents membres d’équipage des quinze navires marchands du convoi SC-42 coulés par les sous-marins allemands, le Torontois, père d’une fillette d’à peine un an, sacrifia donc sa vie pour ravitailler la Grande-Bretagne et les forces armées qui la protégeaient. Plusieurs autres Canadiens perdirent ainsi la vie au cours de la Bataille de l’Atlantique.

Ressources connexes


Renaud Séguin est archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales à Bibliothèque et Archives Canada.

Images de cuisine maintenant sur Flickr

Saviez-vous que Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a une riche collection de livres de cuisine? Notre culture et la technologie ont influé sur ces livres et les recettes au fil du temps, et cela a modifié nos rapports avec la nourriture et la cuisine au cours de notre histoire.