Le Corps canadien et la bataille de la côte 70

Par Emily Monks-Leeson

Ce 14 août marque un anniversaire important dans l’histoire de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale. Bien que la bataille de la côte 70 ait été éclipsée dans la mémoire collective par la bataille de la crête de Vimy, elle a été planifiée, menée et gagnée presque entièrement par le Corps canadien en août 1917.

Après la victoire de Vimy, le lieutenant-général Julian Byng, depuis longtemps commandant des divisions canadiennes, prend la direction de la troisième armée britannique; c’est le lieutenant-général Sir Arthur Currie, né au Canada, qui devient le nouveau commandant du Corps canadien. En juillet 1917, Sir Douglas Haig ordonne à Currie de lancer une attaque contre la ville de Lens, alors aux mains des Allemands. Currie insiste, au contraire, pour capturer la côte 70, au nord de Lens, ce qui permettrait aux Alliés d’occuper une position stratégique plus élevée, forçant ainsi les troupes allemandes à contrattaquer à partir de leurs postes de défense urbains lourdement fortifiés et bien camouflés.

L’assaut est soigneusement planifié. Le soir du 14 août, l’artillerie canadienne commence à bombarder intensément la côte 70. Le lendemain matin, dix bataillons d’assaut du Corps expéditionnaire canadien formés à partir des quatre divisions canadiennes se lancent à l’attaque. Les soldats canadiens s’emparent de leurs premiers objectifs en moins de vingt minutes, soutenus par des avions volant à basse altitude qui les aident à diriger l’artillerie vers des poches de résistance allemandes.

Délogée de la colline, l’armée allemande contrattaque immédiatement. Les deux belligérants utilisent des armes chimiques et les soldats rendus presque aveugles doivent se battre derrière leur masque à gaz embué. Durant quatre jours, les Allemands contrattaquent 21 fois, mais à la fin, les Canadiens réussissent à rester maîtres de la colline surplombant la ville de Lens. Haig qualifie la bataille « d’une des plus belles opérations mineures de la guerre », alors que pour Currie, elle compte parmi les plus dures batailles menées et gagnées par le Corps canadien.

La bataille de la côte 70 a fait environ 9 000 morts ou blessés chez les soldats canadiens, et 41 ont été faits prisonniers. Ayant mobilisé cinq divisions pour défendre la côte 70, les Allemands ont perdu environ 25 000 soldats; 970 ont été capturés.

Photographie en noir et blanc de deux hommes étendus sur des brancards. Du personnel médical s’occupe d’un des deux blessés, alors que l’autre est étendu sur le côté. Plusieurs soldats se tiennent debout à gauche des brancards, et d’autres sont assis à l’arrière-plan. La scène se passe dans les décombres d’un édifice bombardé dont il ne reste qu’une cheminée.

Des brancardiers pansent les blessures de soldats canadiens lors de l’assaut sur la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3395845)

Photographie en noir et blanc d’un convoi de charrettes se déplaçant sur la route. Un groupe de soldats écossais en kilt tire la dernière charrette.

Le 13e bataillon de mitrailleurs allant se reposer après la bataille de la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3406033)

Une photographie en noir et blanc d’une colonne de soldats marchant dans une ville. Quelques officiers, des enfants et d’autres civils les regardent passer.

Le général Sir Arthur Currie regardant défiler ses hommes en route vers le camp après avoir pris la côte 70. Août 1917 (MIKAN 3404812)

Six Croix de Victoria ont été décernées à des soldats du Corps canadien pour leurs actions pendant et immédiatement après la bataille de la côte 70. Au cours de la semaine prochaine, dans sa série de blogues intitulée Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada présentera un portrait de ces récipiendaires, cent ans jour pour jour après les actes de bravoure à la source de leur distinction.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Conservatrice invitée : Andrea Kunard

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


L’île Blacklead, dans le golfe de Cumberland, aux abords de l’île de Baffin, dans les Territoires du Nord-Ouest (le Nunavut actuel), par Albert Peter Low, vers 1903-1904

Panorama en noir et blanc d'un gros iceberg à proximité d'une île rocheuse, photographié depuis un bateau.

Entrée de l’île Blacklead, dans le golfe de Cumberland, aux abords de l’île de Baffin, dans les Territoires du Nord-Ouest (le Nunavut actuel), par Albert Peter Low, 1903-1904 (MIKAN 3203732)

En 1904, le Canada affirme sa souveraineté dans l’Arctique : les forces de l’ordre migrent vers le nord, accompagnées d’arpenteurs étudiant le territoire. Le Canada se définit de nouveau comme un pays nordique.


Parlez-nous de vous.

Lorsque j’ai commencé à effectuer de la recherche historique en photographie dans le cadre de mon programme de maîtrise à l’Université Carleton, j’ai pratiquement vécu à Bibliothèque et Archives Canada. La collection est fantastique, et c’était pour moi l’expérience la plus fascinante que celle de regarder des photographies prises il y a plus de 150 ans. J’ai ensuite poursuivi ma recherche sur les photographies historiques, tout en étant conservatrice de la photographie contemporaine au Musée canadien de la photographie contemporaine et, maintenant, au Musée des beaux-arts du Canada. Je me suis toujours intéressée à la photographie de l’exploration ou aux utilisations gouvernementales de cette technique. Les photographies de Humphrey Lloyd Hime sont particulièrement intéressantes en ce qu’elles sont les premières connues, sur support papier, qui représentent l’intérieur de l’Amérique du Nord. L’appareil photo était un outil utile pour divers intérêts, mais également une façon d’englober de nombreuses préoccupations de l’époque, en particulier les virages dans le domaine de la religion à la suite de découvertes scientifiques. Beaucoup de photographies dites objectives de l’époque reflètent également des croyances spirituelles et la moralité. En outre, les valeurs esthétiques de l’Ouest jouent un rôle dans la communication des idéaux, et les meilleurs photographes d’alors, comme Alexander Henderson, sont très compétents pour manier le ton, la ligne, la forme et la texture, afin de combiner le sublime du paysage et la foi fervente de la période avec les progrès scientifiques et technologiques.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Bien que cette photographie présente un paysage aride et apparemment désert, l’endroit était loin de l’être. Albert Peter Low (1861-1942), agent principal de la Commission géologique du Canada, a pris cette photographie à l’entrée de l’île Blacklead lors d’une expédition en 1903-1904, financée par le gouvernement canadien. Il a publié le récit de son voyage dans son livre célèbre, The Cruise of the Neptune. Par le passé, l’île Blacklead était une importante station baleinière; toutefois, au temps de Low, la population de baleines avait presque complètement disparu du secteur. De plus, les stations baleinières avaient radicalement changé le style de vie, les cycles de chasse et l’économie des Inuits. La raison d’être de l’expédition de Low était d’établir la souveraineté canadienne dans le Nord, au moyen de proclamations et dans le respect de la primauté du droit. Toutefois, la photographie de Low ne révélait rien de ce programme politique. Elle présente plutôt un aperçu paisible, tirant avantage d’un panorama étendu et d’éléments classiques du paysage sublime. L’iceberg semble gigantesque et insurmontable, attrayant dans sa blancheur. Par contre, l’île est sombre et plus détaillée. Les deux sujets, glace et roc, semblent être en opposition, suspendus entre un ciel nuageux et une mer ondoyante et glacée.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Représentation aux teintes sépia d'herbes des prairies qui s'élancent vers le ciel, avec un crâne et un os à l'avant-plan.

La Prairie regardant vers l’ouest par Humphrey Lloyd Hime, 1858 (MIKAN 4631344)

La prairie, regardant vers l’ouest (1858), de Humphrey Lloyd Hime, est une des images les plus énigmatiques de l’histoire de la photographie canadienne. Elle montre un paysage austère, dans lequel paraissent un crâne et un os (humains?). La photographie a été prise près de la colonie de la rivière Rouge, maintenant la ville de Winnipeg. Hime travaillait pour l’expédition de l’Assiniboine et de la Saskatchewan, envoyée par le gouvernement afin d’évaluer le potentiel agricole de la région ainsi que la pertinence de celle-ci pour le peuplement. Elle contient le territoire désert, qui attend apparemment l’occupation humaine. Toutefois, la présence du crâne est provocatrice. Hime a fort probablement organisé la photographie en se servant du crâne d’une femme autochtone, trouvé plus tôt dans un secteur du Sud manitobain. Comme il l’écrivait dans son journal le 28 juin 1858, « […] trouvé un crâne près d’une tombe de la prairie – il avait été sorti par des loups – conservé le crâne […] » Cette rencontre permet d’expliquer l’image de diverses façons. La photographie peut évoquer l’expérience vécue par Hime ou être une façon d’ajouter un élément dramatique à un paysage par ailleurs vague. La présence du crâne est également liée à la fascination de la société du XIXe siècle pour les méthodes d’inhumation autochtones. Toutefois, comme la légende n’explique pas qu’il s’agissait d’un crâne autochtone, les personnes qui regardent peuvent comprendre avec angoisse que le territoire comporte la possibilité de leurs propres épreuves et décès. L’intérieur du pays était alors en grande partie inconnu, et nombreux étaient ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un désert aux proportions bibliques.

Biographie

Photo en couleur d'une femme portant des lunettes regardant directement dans la caméra.Andrea Kunard est conservatrice associée des photographies au Musée des beaux-arts du Canada. Elle a présenté plusieurs expositions collectives et monographiques axées sur la photographie contemporaine, notamment Mouvance et mutation (2000), Susan McEachern : Multiplicité de sens (2004), Regards d’acier : Portraits par des artistes autochtones (2008), Scott McFarland : La réalité aménagée (2009), Fred Herzog (2011), Collision : Le conflit et ses conséquences (2012), et Michel Campeau : Icônes de l’obsolescence (2013). Elle est actuellement co-conservatrice d’une rétrospective majeure sur une artiste qui vit et travaille à Terre-Neuve, Marlene Creates, ainsi que d’une exposition bilan, La photographie au Canada : 1960-2000, pour 2017. Elle a enseigné l’histoire de la photographie, l’art canadien et la théorie culturelle à l’Université Carleton et à l’Université Queen’s. De plus, elle a codirigé The Cultural Work of Photography in Canada, ouvrage publié par McGill-Queen’s University Press. Elle a présenté des exposés sur la photographie au Canada et rédigé des articles sur la photographie contemporaine et historique dans diverses publications, dont The Journal of Canadian Art History, International Journal of Canadian Studies, Early Popular Visual Culture, Muse, BlackFlash, ETC Montréal. Elle travaille actuellement à un projet Web majeur portant sur la photographie documentaire, projet qui est centré sur la collection du Service de la photographie de l’Office national du film, au Musée des beaux-arts et à Bibliothèque et Archives Canada.

 

 

Nouveaux ajouts au Gramophone virtuel – Chansons anglaises

Margaret Ashburner

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a la chance de posséder une collection d’anciens enregistrements sonores qui témoignent de la musique populaire que les Canadiens écoutaient au début du 20e siècle. Cette collection d’enregistrements récemment numérisés constitue un large échantillon de chansons populaires enregistrées sur 78 tours.

Interprètes en vedette

Albert William Plunkett

Photo en noir et blanc d’un jeune homme souriant.

Albert Plunkett. Source : Canadian Music Trades Journal, Toronto, société Fullerton Pub., ISSN 0383-0705.

William Plunkett est surtout connu comme artiste divertissant les soldats avec la troupe The Dumbells. Fondée en 1917, cette troupe était dirigée par le frère aîné d’Albert, le capitaine Mert Plunkett. Elle demeura active jusqu’en 1932.

Harry Macdonough

Photo en noir et blanc d’un homme portant un veston.

Harry Macdonough. Source : Collection de musique de Bibliothèque et Archives Canada, domaine public.

Natif de Hamilton, en Ontario, Harry Macdonough, né John Scantlebury Macdonald, change de nom dans l’espoir que cela pourrait l’aider dans sa carrière de chanteur. Ce populaire interprète de balades est un artiste prolifique qui a réalisé de nombreux enregistrements, seul, en duo ou au sein d’un quatuor. Plusieurs de ses enregistrements font partie de la collection de BAC.


Margaret Ashburner est bibliothécaire des collections spéciales de musique à Bibliothèque et Archives Canada.

75e anniversaire du Service féminin de la Marine royale du Canada

Laura Brown

Il y a soixante-quinze ans aujourd’hui naissait le Service féminin de la Marine royale du Canada (Women’s Royal Canadian Naval Service, WRCNS). Établi le 31 juillet 1942, le WRCNS est le dernier des trois services à ouvrir ses portes aux femmes pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Division féminine de l’Aviation royale du Canada et le Service féminin de l’Armée canadienne ayant vu le jour un an plus tôt. Les femmes servant dans le WRCNS étaient communément appelées « Wrens », surnom qu’utilisaient leurs homologues britanniques du Service féminin de la Marine royale (Women’s Royal Naval Service, WRNS).

Les femmes qui s’enrôlaient dans la marine canadienne le faisaient en sachant qu’elles ne serviraient pas sur un navire, mais qu’elles s’acquitteraient plutôt à terre de tâches permettant aux hommes de servir en mer. Le recrutement de femmes pour occuper ces postes devenait particulièrement important en raison du nombre croissant de victimes de la bataille de l’Atlantique. Si la première classe de Wrens ne comptait que 67 femmes, le WRCNS en totalisait près de 7 000 à la fin de la guerre.

Photographie en noir et blanc d’un groupe de recrues du WRCNS souriantes, debout en rangées, les yeux levés vers l’appareil photo. Elles portent l’uniforme d’été et un couvre-chef sur lequel est inscrit « H.M.C.S. » (Her Majesty’s Canadian Ship [Navire canadien de Sa Majesté]).

Recrues du Service féminin de la Marine royale du Canada, NCSM Conestoga, Galt (Ontario), juillet 1943 (MIKAN 3202515)

Les Wrens sont formées à bord de « navires terrestres » portant la désignation « Navire canadien de Sa Majesté ». Par exemple, le NCSM Conestoga, à Galt (maintenant Cambridge), en Ontario, devient le Centre d’instruction élémentaire des Wrens à l’automne 1942. Au nombre des autres centres d’instruction figurent le NCSM Cornwallis, à Halifax (Nouvelle-Écosse), de même que le NCSM Saint-Hyacinthe, à Saint‑Hyacinthe (Québec), lequel accueille l’école des communications. Leur instruction terminée, les recrues occupent des emplois divers allant de celui de cuisinière à celui de commis des postes, en passant par ceux de chauffeuse, de signaleuse visuelle et de traceuse (repérer et suivre la position des navires).

 

Photographie en noir et blanc de l’intérieur d’une salle des cartes bien éclairée montrant un groupe nombreux de femmes et d’hommes au travail. Dans la partie gauche de la salle, des personnes sont assises à des bureaux, tandis que dans la partie droite de la salle, des femmes vêtues d’un uniforme de couleur sombre examinent de grandes cartes fixées aux murs. L’une d’elles, montée sur un escabeau placé près du mur, reporte de l’information sur le haut d’une carte.

Salle des cartes, Opérations, Quartier général du Service naval, Ottawa (Ontario), décembre 1943 (MIKAN 3203640)

Dans un communiqué de la Marine royale du Canada diffusé en août 1943, on mentionne que, si les tâches effectuées par les Wrens ne sont pas toutes prestigieuses, elles sont néanmoins essentielles à la réussite des opérations navales du Canada durant la guerre. Bien que certaines de leurs tâches soient routinières, elles doivent être accomplies efficacement pour bien nourrir le personnel naval et le payer à temps, s’occuper des familles du Service naval, construire les navires et les préparer pour le combat le plus tôt possible, former les hommes pour combattre sur ces navires et faire en sorte que les navires soient en place pour affronter l’ennemi. De nombreuses Wrens travaillant à la cuisine ou occupant un poste secret voient s’ouvrir de nouvelles portes devant elles et tissent de nouvelles amitiés durant leur service. La commandante Isabel MacNeil se prononce dans ce sens à la fin de la guerre, quand le Centre d’instruction élémentaire de Galt ferme. Elle mentionne que la plupart d’entre elles sont étrangères et partent en conservant à jamais le souvenir des nombreuses et bonnes relations qu’elles ont établies.

Photographie en couleurs d’une femme membre du WRCNS qui est assise sur un canon de 16 livres au sommet de Signal Hill. Vêtue d’un uniforme bleu foncé et faisant dos à l’appareil photo, elle contemple les eaux bleues du port de St. John’s en contrebas. La ville ceinturant le port est composée de bâtiments aux tons neutres, et une étendue de basses collines figure à l’arrière-plan. Le ciel bleu pâle occupant le tiers supérieur de la photographie est recouvert d’un voile de minces nuages blancs.

Une Wren à Signal Hill, St. John’s (Terre-Neuve), vers 1942-1945 (MIKAN 450992)

Les membres du WRCNS contribuent grandement à l’effort de guerre, et ce, tant au Canada qu’outre‑mer. Environ 1 000 femmes servent dans le WRCNS à l’étranger durant la guerre, et la moitié d’entre elles sont basées à Terre-Neuve, lieu d’« affectation outre-mer », puisque Terre-Neuve ne se joindra au Canada qu’en 1949.

Photographie en noir et blanc d’Adelaide Sinclair, assise les bras reposant sur le dossier d’une chaise. Vêtue de son uniforme de la Marine royale (veste, blouse blanche, cravate sombre, couvre-chef et gants), elle regarde l’appareil photo et sourit légèrement.

Commandante Adelaide Sinclair, directrice du Service féminin de la Marine royale du Canada, juillet 1944 (MIKAN 3526940)

Bibliothèque et Archives Canada possède une riche collection de documents au sujet du WRCNS, notamment le fonds Adelaide Sinclair, directrice du WRCNS de 1943 à 1946. Elle est récompensée de son service par une nomination, en 1945 : officière de l’Ordre de l’Empire britannique. Consultez les liens ci-dessous pour en savoir plus sur les histoires surprenantes des premiers membres du WRCNS.

Sources connexes

  • Dossiers du personnel de la Deuxième Guerre mondiale (MIKAN 158523).
  • Dépôts centraux des dossiers du Quartier général de la Marine royale du Canada (MIKAN 157647). Cette série du fonds du ministère de la Défense nationale renferme divers documents sur le WRCNS, notamment de l’information sur le recrutement et la dotation.
  • Fonds famille Dobson (MIKAN 106782). Ce fonds est constitué de documents appartenant à une famille ayant beaucoup servi dans le WRCNS pendant la Deuxième Guerre mondiale. Edith Archibald Dobson est l’une des premières femmes à se joindre au WRCNS en août 1942; elle devient capitaine de corvette. Ses filles jumelles, Joan et Anne, s’enrôlent également dans le WRCNS en 1942, et y sont télégraphistes sans fil.
  • Fonds Isabel Janet MacNeill (MIKAN 101945). Membre de longue date du WRCNS, Isabel MacNeill est la première femme du Commonwealth britannique à commander un « navire terrestre ».
  • Fonds Katherine A. Peacock (MIKAN 101865). Katherine Peacock sert dans le WRCNS durant la Deuxième Guerre mondiale et devient ensuite fonctionnaire au gouvernement fédéral.
  • Photos en couleur de soldats canadiens ayant servi durant la Deuxième Guerre mondiale.

Laura Brown est archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

« L’unité par le sport » : l’organisation des premiers Jeux du Canada à Québec en 1967

English version

Par Normand Laplante

-33 degrés Celsius (refroidissement éolien : -52) ! C’est par ce froid sibérien que débutent les compétitions des premiers Jeux d’hiver du Canada à Québec le 12 février 1967. Trois jours plus tard, les organisateurs et les athlètes font face à un autre événement météorologique : un blizzard déverse 76 cm de neige sur les installations où se déroulent les épreuves sportives. En dépit de ces intempéries, cette première rencontre nationale multisports rassemblant 1 800 athlètes des quatre coins du pays s’avère un grand succès. Cinquante ans plus tard, à l’aube de la 26e édition des Jeux à Winnipeg, la création de ces premiers Jeux du Canada demeure un événement important dans le développement du sport au Canada.

C’est en 1962 que le Conseil consultatif canadien des sports décide de créer une grande épreuve sportive nationale réunissant des athlètes amateurs provenant des toutes les provinces et les territoires. Cette compétition aura lieu tous les deux ans, alternant entre une édition d’hiver et une d’été. Me André Marceau, membre du nouvellement créé Conseil consultatif national de la Condition physique et du Sport amateur, propose que la ville de Québec accueille les premiers Jeux d’hiver du Canada. Cette proposition sera acceptée et, en 1963, un groupe de sportifs de la capitale québécoise forment la Corporation des premiers Jeux d’hiver du Canada, avec Georges Labrecque comme président et Marceau comme vice-président. Guy Rousseau assume le rôle de directeur général des Jeux.

En mars 1965, les gouvernements fédéral et québécois annoncent officiellement que les premiers Jeux d’hiver du Canada auront lieu durant le mois de février 1967 et feront partie des événements célébrant le centenaire de la Confédération. Les organisateurs des Jeux envisagent à l’époque l’inclusion de vingt disciplines sportives, incluant des sports olympiques d’hiver, des sports intérieurs, et des disciplines moins connues, telles le saut de barils, les courses à chien et le canotage sur glace. Cette liste est révisée à maintes reprises au cours des mois qui suivent, les organisateurs ayant à tenir compte, entre autres, des réalités logistiques. À l’automne 1966, la Corporation annonce les 13 disciplines sportives sélectionnées pour les premiers Jeux. On y retrouve le ski (rassemblant le ski alpin, ski de fond et saut à skis), le patinage de vitesse, le patinage artistique, le hockey, le curling, le basketball, le volleyball, le badminton, la lutte, la nage synchronisée, la gymnastique artistique, le tir et le tennis sur table.

Une photo en couleur d’un sauteur voltigeant au-dessus d’une foule de spectateurs.

Sauteur à skis au-dessus d’une foule de spectateurs lors des premiers Jeux d’hiver du Canada, Québec, 1967. (MIKAN 4743402)

Une photo noir et blanc montrant une femme agenouillée visant avec une carabine; des cartouches vides sont parsemées sur le sol autour d’elle.

Épreuves de tir lors des premiers Jeux d’hiver du Canada, à Québec. (MIKAN 4743394)

La sélection d’athlètes pour les délégations provinciales nécessite un travail de coordination jamais vu entre les gouvernements provinciaux, les associations nationales des disciplines sportives et les organisateurs des Jeux. Le Comité organisateur des Jeux à Québec estime qu’environ 75 000 personnes ont participé à la préparation des premiers Jeux d’hiver du Canada, incluant les athlètes des dix provinces et des deux territoires qui prennent part aux rondes éliminatoires pour la formation des équipes, les officiels, les organisateurs, les entraîneurs ainsi que les responsables provinciaux et nationaux des associations sportives. Cet exercice engendre, entre autres, la création d’entités administratives responsables des sports dans plusieurs organismes provinciaux.

Le premier ministre Lester B. Pearson, accompagné des premiers ministres provinciaux Jean Lesage (Québec), Louis Robichaud (Nouveau-Brunswick) et Alex Campbell (Île-du-Prince-Édouard), inaugure les Jeux le 11 février 1967 devant l’Assemblée législative du Québec, sous le thème de « L’unité par le sport ». Durant les neuf jours de compétition, 184 médailles sont décernées. La délégation ontarienne remporte le classement final des points, devançant les équipes de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. Teresa McDonnell, gagnante de trois épreuves en gymnastique artistique, et Toller Cranston, médaillé d’or en patinage artistique et futur médaillé de bronze aux Jeux olympiques d’hiver, sont deux des athlètes qui s’illustrent au cours de ces premiers Jeux.

Photo noir et blanc montrant un podium avec trois jeunes femmes portant des médailles. Un homme serre la main de la médaillée d’or.

Le premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, félicite Teresa McDonnell et les autres médaillées, Jennifer Diachun et Marie St-Jean, dans l’une des épreuves de gymnastique féminine lors des premiers Jeux d’hiver du Canada, à Québec, photographie de H. Leclair. (MIKAN 4743377)

Le succès des premiers Jeux encourage les responsables des organisations sportives nationales et le gouvernement fédéral à répéter l’expérience à Halifax-Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, où se tiendront les premiers Jeux d’été en 1969. De plus, on verra naître, dans les années qui suivent cette première compétition nationale, l’inauguration de Jeux provinciaux d’hiver et d’été dans plusieurs provinces, calqués sur le modèle des Jeux du Canada.

Photo en couleur d’un homme portant un veston rouge et tenant un étendard du drapeau canadien pendant que des gens paradent à l’arrière-plan.

Harry Jerome portant le drapeau canadien lors des cérémonies d’ouverture des premiers Jeux d’été du Canada, à Halifax-Dartmouth. (MIKAN 4743415)

Source supplémentaire :

Étiez-vous là? Avez-vous des histoires à raconter?


Normand Laplante est archiviste principal à la Division société et culture de la Direction générale des archives privées de Bibliothèque et Archives Canada.

Quelque chose à déclarer ? Oui, c’est d’intérêt canadien

Par Louise Tousignant

Dans le cadre de son mandat, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) acquiert des documents publiés dits canadiens et d’intérêt canadien, afin de développer la collection nationale Canadiana qui se veut la plus exhaustive possible. Les premiers sont ceux publiés au Canada et reçus en vertu du dépôt légal, alors que ceux d’intérêt canadien représentent des publications parues dans d’autres pays, mais dont le créateur ou le sujet est canadien. Le créateur inclut l’auteur, l’illustrateur, le traducteur ou l’artiste. Ces œuvres, publiées à l’étranger, sont acquises par don ou par achat ciblé.

Parmi ces titres d’intérêt canadien, récemment reçus, on retrouve des études et des analyses portant sur le Canada : Canada/États-Unis : les enjeux d’une frontière, Comparative North American Studies: Transnational Approaches to American and Canadian Literature and Culture, et Canadian Perspectives on Immigration in Small Cities.

Quant aux titres relatifs au Canada, Negotiations in the Indigenous World: Aboriginal Peoples and the Extractive Industry in Australia and Canada et Indian Agents: Rulers of the Reserves, ils témoignent de la recherche sur les affaires autochtones.

Des personnalités canadiennes ont aussi fait l’objet de recherches : le peintre Alex Colville avec le livre The Mystery of the Real: Letters of the Canadian Artist Alex Colville and Biographer Jeffrey Meyers, la biographie de la journaliste et auteure Jane Jacobs reflétée dans Becoming Jane Jacobs, et l’analyse du travail de la chanteuse et musicienne Alanis Morissette documentée dans The Words and Music of Alanis Morissette. La carrière des Canadiens exilés à Hollywood passe également par la parution de livres. Pensons entre autres au Montréalais de naissance et ambassadeur des fêtes du 375e de Montréal, William Shatner, bien connu pour son rôle du capitaine James T. Kirk dans la série télévisée Star Trek, et son plus récent livre Leonard: My Fifty-Year Friendship with a Remarkable Man, et au réputé acteur Martin Short, né à Hamilton, et connu pour son travail au sein de l’émission Saturday Night Live, avec ses mémoires I Must Say: My Life as a Humble Comedy Legend.

Une photo en noir et blanc d’une femme avec des cheveux long debout devant une clôture en fer forgé.

Portrait d’Alanis Morissette par Bryan Adams. Photographie signée par Alanis Morissette. 1999 (MIKAN 3614421)

Plus près de nous, des Canadiens d’ici font également leur marque par la parution d’œuvres publiées à l’extérieur du Canada : le Québécois Guy Delisle avec sa bande dessinée S’enfuir : récit d’un otage parue chez Dargaud, l’illustrateur Yanick Paquette, l’homme derrière Wonder Woman, avec la bande dessinée Wonder Woman, Earth One. Volume 1, et Louise Penny chez Minotaur Books avec The Long Way Home, qui s’est classé numéro 1 au palmarès du New York Times.

Enfin, certains titres d’intérêt canadien présents dans la collection nationale sont en lien direct avec des fonds d’archives de BAC; ils permettent une étude plus approfondie de l’auteur et de son rayonnement à l’étranger, et de soutenir la recherche en littérature canadienne. C’est le cas, par exemple, des traductions de l’auteure et illustratrice de littérature jeunesse Marie-Louise Gay, et du cinéaste, poète et romancier canadien d’origine srilankaise Michael Ondaatje. Mentionnons au sujet de Marie-Louise Gay, une traduction en espagnol du titre Un million de questions!, ¿Alguna pregunta?, parue au Mexique en 2015, un titre en néerlandais, Angela en de ijsbeer pour Angèle et l’ours polaire, ou encore, Bolle-Bertils sirkus pour Le cirque de Charlie Chou en norvégien. Quant à Michael Ondaatje, BAC possède pas moins de 20 traductions de son œuvre la plus connue, Le patient anglais, dont celles en bulgare, en japonais, et en italien. Faut-il le rappeler, le livre a remporté en 1992 les prix littéraires du Booker Prize et du Gouverneur général alors que le film s’est vu décerner neuf Oscars aux Academy Awards de 1997.

Photo en couleur d’une femme assise et souriante. On aperçoit dans l’avant plan des crayons de couleurs flou.

Marie-Louise Gay. Auteure et illustratrice canadienne de littérature jeunesse. @Groundwood Books

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre écrit en bulgare.

Le patient anglais publié en bulgare par Delfi, en 2000 (AMICUS 32172817)

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre écrit en japonais

Le patient anglais publié en japonais par Shinch⁻osha, en 1996 (AMICUS 15875585)

Photo en couleur d’un livre ouvert à la page titre : Michael Ondaatje Il Paziente Inglese.

Le patient anglais publié en italien par Garzanti, en 2004 (AMICUS 32785464)

Ce bref tour d’horizon ne représente qu’un échantillon de publications de toutes sortes relatives au Canada et d’intérêt canadien. Le travail de dépistage minutieux se poursuit afin d’assurer l’enrichissement du patrimoine documentaire canadien et le développement des collections pour faire en sorte que la collection nationale Canadiana soit la plus importante au monde.


Louise Tousignant est bibliothécaire aux acquisitions à la Direction générale du patrimoine publié à Bibliothèque et Archives Canada

Des images d’oies maintenant sur Flickr

Les oies sont des oiseaux aquatiques que l’on retrouve principalement en Amérique du Nord, en Europe et dans certaines parties de l’Asie. Leur taille varie, allant de la grande bernache du Canada à la petite oie de Ross. Six espèces d’oies (la bernache cravant, la bernache de Hutchins, la bernache du Canada, l’oie rieuse, l’oie de Ross et l’oie des neiges) se reproduisent dans la forêt boréale et la toundra du Canada. Les oies s’adaptent facilement à divers milieux à condition qu’il y ait suffisamment d’herbe, de graminées et de baies. Ce sont des oiseaux migrateurs qui passent habituellement les mois d’été dans les régions nordiques et l’hiver dans le sud. Cependant, comme les oies possèdent une très grande faculté d’adaptation, plusieurs d’entre elles restent sur place et s’installent dans les parcs, les terrains de golf et les zones suburbaines lorsque le temps se refroidit.

Photographie en noir et blanc de deux bernaches du Canada adultes et de trois oisons d’un jour debout sur une pelouse.

Bernaches du Canada et oisons d’un jour, Kingsville (Ontario) (MIKAN 3359099)

Photographie en noir et blanc d’un homme soutenant une bernache du Canada avec son bras droit et lui tenant le cou avec sa main gauche. Une bague d’identification entoure la patte droite de la bernache

John Thomas Miner tenant une bernache du Canada (MIKAN 4315831)

Visitez l’album Flickr maintenant!

 

La collection d’archives Web sur la Commission de vérité et réconciliation de Bibliothèque et Archives Canada est maintenant disponible

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est heureux d’annoncer le lancement de sa collection d’archives Web sur la Commission de vérité et réconciliation.

Cette collection a été créée en collaboration avec le Centre national pour la vérité et la réconciliation et les bibliothèques de l’Université de Winnipeg et de l’Université du Manitoba, qui ont toutes les deux lancé leurs propres collections d’archives Web.

La collection d’archives Web sur la Commission de vérité et réconciliation (CVR) de BAC donne accès aux archives des sites Web anglais et français d’organismes liés à la CVR, à titre de partenaires actifs aux activités nationales ou au moyen d’initiatives appuyant la commémoration.

Même si la majorité des éléments de cette collection ont été recueillis au moment du rapport final de la CVR, en 2015, la collection est un projet en cours auquel nous continuerons à ajouter de nouvelles ressources. Elle renferme actuellement environ 300 ressources, notamment des versions intégrales ou partielles de sites Web, des vidéos, des journaux et du contenu média, ainsi que des blogues.

Vous trouverez d’autres détails et aurez accès à toutes les collections sur le site Web du Centre national pour la vérité et la réconciliation.

Conservateur invité : Adam Gaudry

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Traité de Selkirk, 1817

Image du Traité Selkirk, un grand document manuscrit au bas duquel figurent les signatures des Européens et les marques des chefs.

Le « Traité Selkirk », signé le 18 juillet 1817 par les chefs et guerriers soussignés Chippewa, ou nation des Saulteaux, les Kiltistino de la nation crie et le très honorable Thomas, comte de Selkirk, au nom du roi George III. (MIKAN 3972577)

Lord Selkirk entrevoyait un grand potentiel agricole pour le Canada, notamment grâce à l’apport des colons écossais et irlandais. Les Premières Nations et les Métis étaient exclus de cette vision.


Parlez-nous de vous.

Dans ma carrière universitaire, je fais de la recherche sur l’identité métisse et l’histoire politique. Cela signifie qu’une grande partie des documents que j’écris portent principalement sur les communautés métisses du 19e siècle. Je souhaite connaître la perception des Métis concernant les principales forces sociales, économiques et politiques qui ont façonné leurs vies et savoir de quelle manière ils s’organisaient pour influer sur des Prairies en évolution dans l’Ouest – et comment ils s’épanouissaient. Je suis Métis et professeur adjoint à la Faculté des études autochtones et au Département des sciences politiques de l’Université de l’Alberta.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Photo noir et blanc de Thomas Douglas portant une veste noire, un gilet blanc et une cravate blanche.

Thomas Douglas, le 5e comte de Selkirk (1771-1820). (MIKAN 3526168)

Le Traité Selkirk de 1817 est un accord entre lord Selkirk — comte écossais pratiquant la spéculation foncière et actionnaire principal de la Compagnie de la Baie d’Hudson — et les Nehiyawak ainsi que les Anishinaabeg (Cris et Saulteux) de la vallée de la rivière Rouge (maintenant le sud du Manitoba). Il permettait à des colons écossais de s’établir au pays en échange d’une quantité substantielle de tabac à titre de « présent annuel » ou, comme le voyaient les Anishinaabe, de « redevance ».

Avant 1817, lord Selkirk avait essayé de coloniser les terres sans la permission des Autochtones de l’endroit en achetant celles-ci à la Compagnie de la Baie d’Hudson. Il est compréhensible que la prétention de posséder ce territoire de 116 000 milles carrés sur lequel il n’avait aucune présence ou influence ait fâché les propriétaires véritables des terres. De 1812 à 1816, de nombreux chefs autochtones ont formulé des plaintes importantes, soulignant l’absurdité qu’un étranger affirme posséder leur territoire et menaçant d’intervenir contre tout inconnu qui coloniserait leurs terres.

Cette opposition était plus prononcée parmi les Bois-Brûlés, la « nouvelle nation » du Nord-Ouest, qui s’appelleraient bientôt les Métis. Les communautés autochtones faisaient aussi partie d’un réseau complexe d’alliances qui les reliait à deux compagnies rivales de traite de fourrures —la Compagnie de la Baie d’Hudson, procolonisation, et la Compagnie du Nord-Ouest, anticolonisation. La dernière compagnie était composée de personnes étant aussi chefs des Bois-Brûlés. Au cours des étés 1815 et 1816, les soldats Bois-Brûlés ont dispersé les premiers colons de lord Selkirk et ont activement interdit aux colons étrangers de s’installer dans la vallée de la rivière Rouge. Le 19 juin 1816, les Bois-Brûlés sont sortis victorieux d’un affrontement spontané avec les employés de la Compagnie de la Baie d’Hudson, tuant 21 d’entre eux et s’emparant du fort puis, plus tard, de la colonie de lord Selkirk à la rivière Rouge. Même si les Métis n’avaient pas signé le traité avec lord Selkirk en 1817, l’agitation métisse de 1815–1816 a constitué un facteur de motivation important lors de la négociation de ce traité, lequel a néanmoins façonné les relations entre les Métis et la Compagnie de la Baie d’Hudson pour des générations à venir.

Aquarelle de la bataille montrant les deux côtés armés de fusils qui se font face dans un champ sous un ciel bleu partiellement nuageux. D’un côté, il y a surtout des employés blancs à pied de la Compagnie de la Baie d’Hudson, et de l’autre, il y a des Métis à cheval ainsi que des employés de la Compagnie du Nord-Ouest.

La bataille des Sept-Chênes, 19 juin 1816, par Charles William Jefferys. (MIKAN 2835228)

En raison de l’échec de la mission de lord Selkirk visant à gagner l’appui des instances politiques en place à la rivière Rouge au plus tard en 1816, lord Selkirk a entrepris le long voyage vers la région pour résoudre d’une certaine façon les hostilités. Puis, il a négocié avec les Nehiyawak et les Anishinaabeg locaux afin d’obtenir la permission d’installer des familles écossaises à la colonie de la rivière Rouge, en échange de présents annuels substantiels qu’il appelait « redevances ». Même si, pour toutes les parties, le traité permettait à des étrangers de s’établir paisiblement, les avis sur la signification du traité en termes de propriété des terres divergeaient. Pendant des années par la suite, lord Selkirk et la Compagnie de la Baie d’Hudson ont affirmé que le traité assurait la cession des terres des Autochtones à lord Selkirk et à la Compagnie. Pour les Autochtones, il établissait une entente de location à long terme les reconnaissant comme les propriétaires tout en amenant de nouvelles personnes dans leur pays, il fournissait des cadeaux annuels généreux aux Nehiyawak et aux Anishinaabeg et il renforçait une nouvelle alliance avec un aristocrate puissant. Le Traité Selkirk est important parce qu’il montre que, lorsque les dirigeants britanniques tentaient de devenir propriétaires des bassins des rivières Rouge et Assiniboine, ils devaient composer avec les titres qu’avaient obtenus les Autochtones par traité s’ils souhaitaient installer leurs sujets à cet endroit.

La description du traité rédigée par l’entourage de lord Selkirk est en soi fascinante de par la terminologie confuse et le langage contradictoire qu’elle contient. En effet, les deux interprétations ci-dessus peuvent être tirées de ce texte. Toutefois, je suis d’avis qu’en lisant ce traité d’un œil critique, nous voyons qu’il reconnaît les Autochtones comme les « propriétaires » de la vallée de la rivière Rouge, en se fondant sur le langage féodal pour décrire une relation de location qui aurait sauté aux yeux d’un noble écossais.

Le document semble contenir des contradictions. D’un côté, il affirme que les chefs des Nehiyawak et des Anishinaabe se sont entendus avec lord Selkirk [traduction] « pour céder à Notre Majesté le Roi toutes les terres adjacentes aux rivières Rouge et Assiniboyne pour l’usage du comte de Selkirk et des colons établis à cet endroit ». D’un autre côté, il mentionne que lord Selkirk, ses héritiers ou ses successeurs « paieraient chaque année aux chefs et aux guerriers un présent annuel ou redevance de 100 livres de bon tabac commercialisable ».

Pour moi, ce qui est particulièrement révélateur à cet égard, ce sont les termes indiquant que cet échange est une relation de location. La redevance, coutume courante à l’époque de lord Selkirk, était une pratique féodale par laquelle un locataire fermier payait un loyer fixe sur les terres occupées par un paysan fermier, ce qui le libérait de toutes les autres obligations envers ce lord. De plus anciennes conventions du système féodal obligeaient les paysans à participer aux travaux publics et aux fonctions militaires définis par leur lord. Cependant, au 19e siècle, afin de maximiser leur rentabilité, de nombreux propriétaires de terres ont regroupé les diverses obligations du système féodal en redevances fixes ou en paiements réguliers remplaçant toutes les autres obligations. La redevance, système de l’époque féodale, reconnaissait explicitement que le seigneur était propriétaire des terres et donnait un caractère officiel à une relation précise entre le lord et le locataire. Au 19e siècle, on savait généralement que la redevance ne transférait pas le titre de propriété au locataire et que la terre demeurait la propriété du seigneur. Eux-mêmes nobles et propriétaires terriens en Écosse, lord Selkirk et ses associés comprenaient intuitivement le langage lié aux redevances. Ainsi, lord Selkirk décrit également une relation dans le cadre de laquelle il donnait une redevance annuelle, 100 livres de tabac commercialisable, à ses propriétaires en échange du droit d’installer des fermiers écossais locataires sur les terres entourant les rivières Rouge et Assiniboine.

Une telle interprétation cadre aussi avec la manière dont les chefs Anishinaabe comprenaient le Traité. Le chef Peguis, l’un des signataires du Traité, maintenait catégoriquement que celui-ci décrivait une entente de location annuelle des terres. En 1859, le chef Peguis a fait une déclaration officielle dans laquelle il racontait que [traduction] « aucun marché officiel n’a été conclu; il s’agissait simplement d’un prêt […]; je l’affirme : les terres n’ont jamais été vendues ». De plus, selon l’historien manitobain J.M. Bumsted, le fils du chef Peguis, Henry Prince, aurait aussi mentionné, lors d’une assemblée métisse tenue en 1869, que « la terre a seulement été louée et la « prime » maintenant payée […] par la Compagnie de la Baie d’Hudson fait partie de l’entente de location ». Du point de vue du chef Peguis et de son fils, le Traité n’a changé en rien la propriété des terres de la vallée de la rivière Rouge, qui ont continué à appartenir aux Autochtones plutôt qu’à lord Selkirk, à la Compagnie ou à la Couronne. En effet, puisque lord Selkirk payait une redevance annuelle, il était le locataire; en d’autres termes, les Autochtones étaient les propriétaires.

En essayant d’obtenir par traité la propriété et le titre des terres appartenant aux Autochtones, lord Selkirk s’est trouvé, intentionnellement ou non, à renforcer la propriété par ceux-ci du territoire qu’il voulait coloniser. C’était probablement tout ce qu’il pouvait faire à une époque d’ascendance militaire et politique des Autochtones dans l’Ouest. Ses compatriotes ayant été dirigés par un membre des Bois-Brûlés l’été précédent, il n’était pas tout à fait dans une position lui permettant de demander le contrôle des terres des Autochtones. De plus, les Autochtones n’ont jamais voulu se départir de leurs terres et de leur indépendance. Par conséquent, le Traité Selkirk constitue un important rappel du pouvoir politique des Autochtones au début du 19e siècle. C’est le pouvoir des Bois-Brûlés qui a forcé lord Selkirk à négocier et ce sont les Nehiyawak et les Anishinaabeg qui l’ont guidé en ce qui concerne la diplomatie et le pouvoir autochtones. En raison du rôle joué par les propriétaires du pays, lord Selkirk n’a pu qu’obtenir la permission d’établir ses compatriotes sur les terres des Autochtones en échange d’une redevance annuelle. Ce traité est donc un document sur les négociations qui visait au départ la cession des terres des Autochtones, mais lord Selkirk n’a réussi qu’à renforcer la primauté territoriale et politique des Autochtones en reconnaissant que les terres qu’il voulait posséder appartenaient à d’autres.

Une ligne fine délimite le lotissement de lord Selkirk sur la carte d’Assiniboia.

Carte de 1817 montrant le lotissement de 116 000 milles carrés de lord Selkirk connu sous le nom d’ « Assiniboia ». Les forts des Cinq forts de Winnipeg (vers 1885), de George Bryce, y figurent. (AMICUS 5279616)

Carte de la colonie de la rivière Rouge représentant la voie ferroviaire, les colonies et les forts. Au bas, une légende énumère les différents points sur la carte.

Fac-similé d’une partie de la carte de 1818 représentant la colonie de la rivière Rouge se trouvant dans Lord Selkirk’s Colonists: the Romantic Settlement of the Pioneers of Manitoba, de George Bryce, vers 1909-1910 (AMICUS 5614009)

En général, on enseigne aux Canadiens à voir les traités comme des documents dont le but est d’inciter les Autochtones à céder leurs droits et leurs titres, par exemple la tentative de lord Selkirk en 1817. Mais l’histoire de la diplomatie sur ce continent est à la fois ancienne et complexe. Les Autochtones ont rarement (voire jamais) perçu les traités avec les empires européens comme un moyen de leur retirer des terres ou des pouvoirs. Les traités, comme celui-ci, cherchaient plutôt à trouver de nouvelles manières pour différentes personnes de tirer parti de la présence des autres sur le même territoire. Lord Selkirk et ses colons étaient accueillis favorablement à un nouvel endroit à partager avec d’autres au sein des Prairies — un cadeau qui a un prix. Cela comprenait aussi une reconnaissance permanente des premiers habitants du territoire : il fallait veiller à ce qu’eux aussi tirent parti de la plus grande présence d’Européens. Ce traité doit nous rappeler que les Autochtones qui ont négocié l’entente étaient des diplomates puissants et astucieux qui pouvaient forcer les négociateurs européens à accepter les normes des systèmes diplomatiques des Autochtones.

En outre, le point de vue selon lequel la conclusion de traités entre les Autochtones et les Anglais est principalement ancrée dans la cession de terres et l’aliénation des Autochtones comporte des pièges. Les traités ont été négociés en public et devant de grands auditoires grâce à des méthodes qui assuraient la reddition de comptes pour l’avenir. Les personnes présentes pouvaient se souvenir des sujets abordés, des accords et, bien sûr, des désaccords. Dans la plupart des cas, les Autochtones n’ont pas discuté de la cession permanente de leurs terres, et ils y ont encore moins consenti. Comme le chef Peguis et Henry Prince, ils se rappellent seulement avoir accepté de partager leurs terres avec de nouveaux alliés. Les traités comme celui-ci cherchaient à conférer des avantages mutuels, et non à restructurer les relations politiques en se fondant sur d’énormes inégalités sur ce plan. Si nous percevons les traités comme des documents de cession — et non comme des accords évolutifs —, nous passons à côté de leur but. C’est pourquoi le Traité Selkirk — en fait, tous les traités conclus entre les Autochtones et la Couronne — est si mal compris. La plupart des historiens des Prairies de l’Ouest ont pendant longtemps échoué dans leurs tentatives visant à comprendre les motivations des Autochtones et le contexte diplomatique dans lequel les négociations avaient lieu. En commençant par écouter les voix des Autochtones — passées et actuelles — qui comprennent les choses différemment, puis en donnant à leurs voix le pouvoir de narrer nos propres histoires et relations politiques, nous obtiendrons une vision plus exacte et plus complète de l’histoire.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

La même question ressort lorsque nous essayons de comprendre les traités entre les Autochtones et la Couronne qui ont suivi le Traité Selkirk dans l’Ouest. Il est aussi mentionné que les traités numérotés (traités 1-11, négociés de 1871 à 1921) ont retiré les titres de propriété des terres aux Autochtones, les remettant à la Couronne. Les Autochtones nient cette affirmation, faisant valoir qu’aucune discussion de ce genre n’a eu lieu et que leurs ancêtres n’ont jamais consenti à céder leurs terres. Une grande partie des éléments dont il est question semble découler de la mentalité impériale selon laquelle les Autochtones sont trop primitifs et pas assez intelligents pour avoir compris ce qui était négocié ou ils se sont fait avoir par des représentants de la Couronne plus astucieux. Ces suppositions sont sans fondement et trouvent leur origine dans un racisme normalisé renforcé par des générations de pratique coloniale canadienne. Comme le montre le Traité Selkirk, les Autochtones savaient tout à fait ce que les Européens voulaient et ils ont pu exercer leur propre influence sur les événements, ce qui signifie que les négociations pour la signature d’un traité ont été juste cela : des négociations.

Pour les traités conclus ensuite, les Autochtones ont aussi réussi à orienter les négociations dans le cadre de leurs traditions diplomatiques bien établies. Ils ont négocié l’arrivée de nouveaux colons sur leur territoire en échange de présents annuels continus reconnaissant leurs intérêts permanents dans le territoire. Bien que les gouvernements fédéral et provincial perçoivent toujours les traités numérotés comme des documents de cession, les intellectuels autochtones ont un point de vue différent (ils sont presque unanimes) : ces accords établissaient une relation durable reconnaissant les droits et les titres des Autochtones, plutôt que d’y mettre fin. Comme les Canadiens commencent à poser un œil plus critique sur ces accords, il est primordial d’élaborer un meilleur cadre pour aborder les relations entre les Autochtones et le Canada ainsi qu’entre les Autochtones et la Couronne.

Il est essentiel de recourir à son esprit critique en lisant les documents relatifs aux traités ainsi que les notes sur les négociations, de même qu’en étudiant la tradition orale. Comme pour le traité Selkirk, il est possible de lire une ligne d’un document officiel et de supposer qu’elle retirait les droits et les titres aux Autochtones pour toujours, mais nous devons aller beaucoup plus en profondeur et comprendre les nouvelles relations complexes imaginées par toutes les parties. Les historiens en particulier ont l’obligation d’adopter une vue d’ensemble de ces relations et de faire intervenir un plus vaste éventail de sources archivistiques, certaines desquelles n’ont peut-être pas été consignées. Dans une ère de réconciliation, les intellectuels doivent voir au-delà des récits courants et des approches habituelles de narration de ces récits. Les Autochtones ont longtemps raconté différemment ces événements; les intellectuels canadiens doivent les prendre au sérieux. Un examen critique des événements nous permettra d’aller au-delà du contexte colonial contemporain afin de voir les différentes relations imaginées par nos ancêtres concernant la manière de vivre ensemble. Les traités, comme le Traité Selkirk, fournissent tous des lignes directrices sur la coexistence et les relations justes – il nous faut simplement les étudier plus attentivement afin de réaliser cette vision.

Biographie

Une photo couleur montrant un jeunne homme portant une chemise blanche et une cravate assis dans un champs.

Adam Gaudry
crédit Amanda Laliberté

Adam Gaudry, titulaire d’un doctorat, est Métis et professeur adjoint à la Faculté des études autochtones du Département des sciences politiques de l’Université de l’Alberta. Ses recherches portent sur la pensée politique des Métis au 19e siècle, la formation des relations entre les Métis et le Canada pour la conclusion de traités en 1870 et l’absence de mise en œuvre de l’accord subséquente. Le projet d’Adam Gaudry soutient l’existence d’un « traité du Manitoba » entre les Métis et le Canada qui requiert le maintien d’une relation politique bilatérale et respectueuse entre les partenaires du traité. Ses travaux sont révisés pour la publication d’un livre. Il a obtenu son doctorat dans le cadre du Programme de gouvernance autochtone de l’Université de Victoria et sa maîtrise ès arts en sociologie ainsi que son baccalauréat spécialisé en études politiques de l’Université Queen’s. Pour sa recherche doctorale sur les relations historiques entre les Métis et le Canada, il a reçu la bourse Henry Roe Cloud de l’université Yale récompensant une dissertation. Il est aussi coenquêteur pour le projet de recherche sur les traités concernant les Métis financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Il a publié des articles dans Native American and Indigenous Studies, le Wicazo Sa Review, aboriginal policy studies et le Canadian Journal of Native Education ainsi que des chapitres dans des collections sur l’identité métisse, la méthodologie et l’éthique en matière de recherche.

Ressources connexes

  • Bibliothèque et Archives Canada. Traités, cessions et ententes.
  • J.M. Bumsted. Fur Trade Wars: The Founding of Western Canada. Winnipeg, Great Plains Publications, vers 1999. AMICUS 20975923
  • J. M. Bumsted. The Red River Rebellion. Winnipeg, Watson & Dwyer, vers 1996. AMICUS 15446457
  • Sharon Venne. Aboriginal and Treaty Rights in Canada: Essays on Law, Equity, and Respect for Difference, « Understanding Treaty 6: An Indigenous Perspective », pp. 173–207, Michael Asch, Presses de l’Université de la Colombie-Britannique, vers 1997. AMICUS 15883635
  • Michael Asch. On Being Here to Stay: Treaties and Aboriginal Rights in Canada. Presses de l’Université de Toronto, 2014. AMICUS 42148617

Des images de pêche maintenant sur Flickr

Les peuples autochtones pêchent dans les rivières et les cours d’eau du Canada depuis des milliers d’années en utilisant plusieurs des techniques de pêche encore utilisées aujourd’hui, notamment l’hameçon, la ligne, le filet, la trappe et le harpon.

Photographie en noir et blanc d’un homme portant entre autres un chapeau, un manteau et une cravate. Il est appuyé sur un poteau de clôture et tient une corde à laquelle sont attachés des poissons

Homme des Premières Nations tenant une corde à laquelle sont attachés des poissons (MIKAN 3385816)

Au Canada, l’abondance des populations de poissons assurait une alimentation de base aux communautés locales; elle contribua ensuite à l’exploration européenne et plus tard à l’établissement des colons. La récolte de cette ressource naturelle a évolué au fil du temps, d’une activité de subsistance à la pêche sportive, puis à la pêche commerciale. Les Français furent l’une des première puissance coloniale à établir des stations saisonnières de pêche à la morue au Canada. Après l’arrivée des Britanniques, le nombre de postes augmenta progressivement, ainsi que la diversité des espèces recherchées.

Photographie en noir et blanc d’un homme posant devant des caisses Rupert Brand avec deux énormes saumons et deux énormes flétans

Flétans et saumons « Rupert Brand » (MIKAN 3359156)

Malgré les avancées technologiques dans la pêche commerciale, la pêche en solitaire ou en petits groupes continue d’attirer les amateurs; celle-ci est toujours encouragée et soutenue au Canada.

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