Montréal : le mont Royal et Frederick Olmstead

Judith Enright-Smith

Si vous avez visité Montréal ou y avez grandi (comme moi), vous avez sûrement déjà marché sur les nombreux sentiers du mont Royal.

La planification et la conception du parc du Mont-Royal tel qu’on le connaît aujourd’hui commence dans les années 1870. L’architecte-paysagiste Frederick Law Olmstead, qui a aussi conçu le parc central de New York (Central Park), est engagé pour effectuer le travail. Beaucoup de ses plans originaux sont assez grandioses : ils incluent la création d’un grand pré et d’un lac comprenant divers végétaux éclectiques. Toutefois, pendant les années 1870, Montréal subit une crise économique, alors la plupart des idées fantaisistes de Frederick Olmstead sont abandonnées. Mais sa vision est conservée : des sentiers bucoliques et sinueux, comme ceux de Central Park, accessibles à tous sans tenir compte de la position sociale.

Photographie en noir et blanc d’un bosquet, probablement prise à l’automne.

Bosquet, parc du Mont-Royal, photographie de Philip J. Croft, vers 1936 (MIKAN 3206464)

L’inauguration du parc du Mont-Royal, précédée par un défilé dans les rues de Montréal, a lieu le 24 mai 1876, en grande pompe : discours, tirs de canon et grand pique-nique. En 1884, on lance une course en luge près du lac aux Castors; un an plus tard, un funiculaire à vapeur est mis en place pour amener les clients payants au sommet de la montagne. Le funiculaire est fermé en 1918.

La belle balustrade en pierre semi-circulaire, appelée « belvédère », a été construite en 1906. Encore aujourd’hui, elle offre aux visiteurs les vues les plus spectaculaires de Montréal, du fleuve Saint-Laurent et des ponts.

Photographie en noir et blanc d’une scène d’hiver. On y voit des personnes qui descendent une côte sur des luges ou chaussées de raquettes.

Luge sur la côte « The Spill » (Tobogganing – ʺThe Spillʺ), vers 1900-1925, photographe inconnu (MIKAN 3335229)

Photographie en noir et blanc d’un funiculaire montant une côte très boisée, en bas de laquelle se trouvent une voiture tirée par un cheval et quelques personnes regardant le photographe.

Tramway funiculaire incliné, parc du Mont-Royal, vers 1885 (MIKAN 3192950)

Photographie en noir et blanc d’un funiculaire. Un tram monte la côte alors que l’autre la descend.

Funiculaire, vers 1909 (MIKAN 3336180)

 

Légende : Belvédère du mont Royal (avant la construction du chalet), photographe inconnu, vers 1906 (no MIKAN 3335240)

Texte optionnel : Photographie en noir et blanc d’un élégant sentier délimité par une clôture de pierres d’un côté et menant à un petit édifice. Des chevaux se reposent sous les arbres.

Photographie en noir et blanc d’un élégant sentier délimité par une clôture de pierres d’un côté et menant à un petit édifice. Des chevaux se reposent sous les arbres.

Belvédère du mont Royal (avant la construction du chalet), photographe inconnu, vers 1906 (MIKAN 3335240)

Photographie en couleurs d’un couple muni de jumelles se tenant sur le bord d’un belvédère surplombant la ville.

Belvédère, photographie de Chris Lund, vers 1950 (MIKAN 4311969)

Photographie en noir et blanc d’une ville vue à vol d’oiseau.

Vue de la ville vers 1906-1920, photographe inconnu (MIKAN 3335382)

Le chalet du parc du Mont-Royal est adjacent au belvédère. Il a été conçu par l’architecte montréalais Aristide Beaugrand-Champagne dans le style beaux-arts et construit en 1932 pour créer des emplois artificiels pendant la Grande Crise.

Mais l’élément le plus connu du mont Royal est sans doute sa croix.

La première croix illuminée est acquise en 1924. Elle est commandée par la Société Saint-Jean-Baptiste, puis donnée à la ville de Montréal en 1929. La croix d’aujourd’hui est illuminée au moyen d’ampoules DEL qui éclairent habituellement en blanc, mais un gardien peut changer la couleur des ampoules pour les occasions spéciales.

Photographie en noir et blanc d’une grosse croix en métal sur laquelle il est inscrit « The Mount Royal Cross—100 feet high, daytime view » (croix du mont Royal – 100 pieds de haut – en plein jour)

La croix du mont Royal vers 1935 (MIKAN 3322797)

Plus récemment, le groupe Les amis de la montagne a commencé à recueillir des signatures pour essayer de faire inscrire le mont Royal sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO. D’après Sylvie Guilbault, directrice générale des Amis de la montagne, le mont Royal est un emblème de la ville, et il est essentiel à la qualité de vie de centaines de milliers de Montréalais.


Judith Enright-Smith est archiviste adjointe à Bibliothèque et Archives Canada, Section des affaires autochtones et sociales, Direction générale des archives privées.

Images de quilles et de boulingrin maintenant sur Flickr

Le jeu de quilles, tout comme son cousin le boulingrin qui se joue en plein air, ont des origines qui remontent à l’Égypte ancienne.

Le boulingrin se joue à l’extérieur sur un parterre gazonné plat que l’on appelle le « vert ». Le jeu consiste à lancer des « boules » de manière à les placer le plus près possible d’une petite boule blanche, le « cochonnet », par rapport aux boules lancées par son adversaire. Le boulingrin a été introduit au Canada par des officiers britanniques et le premier terrain a été aménagé dans leur garnison à Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse.

Photo couleur de deux équipes de boulingrin. Une femme et un homme sont en train de lancer leurs boules sur la pelouse.

Neuf personnes jouant au boulingrin au parc national du Mont-Riding (Manitoba) ( MIKAN 4317515)

Une photo noir et blanc d’un planteur de quilles assis au-dessus d’une partie de cinq quilles au moment où une boule atteint les quilles.

Planteur au travail à la salle de quilles de l’hôpital pour convalescents no 2, ARC, Division Young, Hamilton (Ontario) (MIKAN 3384689)

Le jeu de quilles se joue à l’intérieur sur une longue piste en bois au bout de laquelle sont installées les quilles. Le joueur lance une boule à une extrémité de la piste dans le but de faire tomber le plus grand nombre de quilles possibles qui se trouvent à l’autre bout de la piste. Il existe deux types de jeux de quilles : le jeu à cinq quilles et le jeu à dix quilles. Le jeu à dix quilles est né aux États-Unis au XIXe siècle tandis que le jeu à cinq quilles est une version canadienne du jeu américain qui a été créée à Toronto entre 1908 et 1909. Il se caractérise par l’utilisation de cinq quilles, d’une boule plus petite et d’un système de pointage quelque peu différent. Ce jeu a rapidement gagné en popularité au Canada, tout comme son cousin américain, le jeu de 10 quilles.

Les Canadiens pratiquent le boulingrin et les quilles à divers clubs et installations d’un bout à l’autre du pays, en plus de prendre part à des compétitions internationales. Ces deux sports sont pratiqués depuis longtemps au Canada.

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Des découvertes onctueuses à Bibliothèque et Archives Canada

English version

Par Rebecca Murray

C’est meilleur avec du beurre! Nul besoin de chercher bien loin, ni trop fort, pour trouver une source d’inspiration quand on travaille avec le patrimoine documentaire du Canada. Il suffit de penser aux documents revêtant une grande importance historique, aux photographies et œuvres artistiques à valeur iconique et aux objets associés à des récits que nous n’imaginons que dans nos rêves les plus fous. Surprise, nous parlons d’emballages de beurre. Sans blague? Ces emballages ragoûtants en papier ciré, plus difficiles à manipuler que des draps-housses? Très utiles pour mesurer la quantité de beurre requise dans nos recettes. Sans quoi, ils n’ont pas d’autre emploi et se retrouvent à la poubelle, dès que l’on a réussi à en détacher la livre de beurre. Néanmoins, un jour que je consultais un instrument de recherche, je suis tombée sur un dossier intitulé « Collection of butter wrappers and boxes used in retailing » (Collection de boîtes et d’emballages de beurre utilisés dans le commerce au détail). Croyez-moi, c’était impressionnant de voir tout ce qui se trouvait dans ce dossier.

Allons droit au but : en effet, il regorgeait d’emballages de beurre, tout aussi mignons les uns que les autres. Ils n’étaient ni cireux, ni graisseux, ni froissés. Ils étaient bien plats et lustrés, assez bien préservés d’ailleurs. À un point tel que je doute qu’ils aient déjà servi à emballer une quelconque livre de beurre graisseuse.

En ma qualité d’archiviste de référence, je consulte beaucoup d’instruments de recherche et j’ouvre d’innombrables boîtes d’archives. J’ai la chance de pouvoir tenir l’histoire entre mes mains. Chacune de ces trois étiquettes faisait la promotion d’un produit agricole provenant de la campagne si généreuse, des gens qui y vivent et y travaillent. Reconnaissez-vous une de ces étiquettes?

Un emballage de papier ciré polychrome illustrant une ferme avec des arbres. Au-dessus de l’image, on peut lire : « Marshall’s Brand. Creamery Butter. Pasteurized. Canada First Grade » (Marque Marshall. Beurre de crémerie. Pasteurisé. Canada Première Catégorie). Dans un autre encadré (sur la partie du papier qui s’enroule autour du beurre), il est écrit : « Reg. No. 1018. Only butter that conforms to Government standards for first grade are allowed to display on the wrapper CANADA FIRST GRADE » (No d’homologation 1018. On ne peut apposer la mention CANADA PREMIÈRE CATÉGORIE que sur le beurre qui répond aux normes de la première catégorie).

Emballage d’une livre de beurre provenant de Jarvis (Ontario) (e011180784-v8)

Un emballage de papier métallisé polychrome arborant une image de vaches en train de paître dans un pré. On peut y lire : « Co-op. First Grade. Creamery Butter. Reg. No. 4054 » (Co-op. Première Catégorie. Beurre de crémerie. No d’homologation 4054). Sur l’un des autres pans de l’emballage, il est écrit : « Saskatchewan Co-Operative Creamery Association Limited. One lb net weight » (Saskatchewan Co-Operative Creamery Association Limited. Poids net : une livre).

Un emballage de beurre provenant de la Saskatchewan (e011180785-v8)

Un emballage de papier métallisé avec le texte suivant: “Crapaud Creamery Butter. Canada First Grade. Pasteurized” (Beurre de crémerie Crapaud. Canada, Première Catégorie. Pasteurisé) Le texte est dans un petit médaillon ovale avec des petites fleurs rouges dans chaque coin.

Un emballage de beurre provenant de “Crapaud Creamery Company » de l’Île du Prince Edouard (e011180786-v8)

Alors que j’examinais les emballages, j’ai été frappée par leur symbolique : ils transmettent la riche et longue tradition des fermes laitières de notre pays. Les emballages comme ceux-ci se retrouvaient dans les cuisines et les chambres froides, tant dans les grandes villes que dans les petits villages, ils réunissaient les Canadiens autour d’un rituel quotidien, quand ils consommaient du beurre.

Chacun de ces emballages de beurre constitue un point de repère auquel on peut rattacher des documents d’archives ou des publications. De fait, les chercheurs peuvent découvrir l’histoire de l’entreprise ou de l’industrie propre à la région.

Est-ce que l’histoire de la production et de la consommation des produits laitiers au Canada piquent votre curiosité? Pourquoi ne pas consulter certaines des collections suivantes :

Par ailleurs, vous pouvez lancer des recherches en utilisant des mots-clés comme « produits laitiers », « beurre » ou « fromage » à partir de la fonction Recherche dans la collection et vous pourriez bien être étonné! On ne sait jamais ce qu’on va trouver dans les collections de Bibliothèque et Archives Canada.


Rebecca Murray est archiviste de référence au sein de la Division des services de référence à Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « En route vers la guérison : le projet Un visage, un nom fête ses 15 ans ».

Photo couleur d’une pince à cheveux ornée de perles multicolores à l’arrière de la tête d’une femme. Celle-ci prend place dans la salle Pellan de Bibliothèque et Archives Canada, où elle écoute un groupe de conférenciers.Avant le début du projet Un visage, un nom, en 2002, les Autochtones figurant sur la majorité des photos d’archives du gouvernement fédéral demeuraient non identifiés. Dans les quinze dernières années, Un visage, un nom a permis de créer un espace virtuel où les collectivités des Premières Nations, des Métis et des Inuits peuvent accéder aux collections de photos historiques du Canada et participer à l’identification des gens et des lieux ainsi représentés. Le projet a aidé de nombreux membres de ces collectivités à renouer avec leur passé en racontant les souvenirs et les récits que leur ont rappelés ces photos. Du 1er au 3 mars 2017, Bibliothèque et Archives Canada, en collaboration avec l’Université Carleton, a organisé une activité gratuite afin de souligner le 15e anniversaire d’Un visage, un nom. L’équipe de la baladodiffusion a aménagé une tribune où les participants pouvaient exprimer leur opinion sur le projet.

Dans cet épisode, En route vers la guérison : le projet Un visage, un nom, vous entendrez la réflexion de certaines personnes sur la réussite et sur l’importance d’Un visage, un nom. Elles parlent de leur enthousiasme envers l’avenir de ce projet qui continue de mobiliser des collectivités de tout le Canada.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

Conservateur invité : Jeff Thomas

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certains pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde — terminologie historique.

Fête du Canada 2005, Brandon, Manitoba, au Canada, Jeff Thomas, 2005

Figurine d’un membre des Premières Nations placée devant un train. On voit l’inscription « Canada » et des graffitis sur le côté d’un wagon à grains.

Fête du Canada 2005, Brandon (Manitoba), au Canada, tiré de la série « The Delegate on Tour » (le « délégué » en tournée) par Jeff Thomas (MIKAN 4171016) ©Jeff Thomas

Jeff Thomas, un artiste iroquois, estime que le Canada a toujours marginalisé son peuple. Ces œuvres symbolisent le retour des siens sur la scène nationale. Chaque photographie met en scène un important symbole du pays.


Parlez-nous de vous.

Je suis né et j’ai grandi à Buffalo, dans l’État de New York, et je suis membre de la réserve des Six­ Nations près de Brantford, en Ontario. Je suis photographe autodidacte et conservateur. Ma carrière dans le domaine de la photographie a commencé après un accident en 1979 qui m’a presque coûté la vie et laissé avec une invalidité permanente résultant d’une blessure à la colonne vertébrale. Afin de reconstruire ma vie, je me suis tourné vers la photographie, mon centre d’intérêt. J’ai commencé ma carrière en ayant deux objectifs en tête : combler l’absence des photographes autochtones contemporains et du passé dans les collections archivistiques. Mon objectif premier était de remédier à l’absence et à l’invisibilité des Iroquois vivant en milieu urbain, comme moi.

En 1990, je vivais à Winnipeg, au Manitoba, lorsque je fis la découverte, dans le cadre d’un projet de recherche au musée du Manitoba, que BAC possédait la série complète des 20 volumes de The North American Indian (Les Indiens d’Amérique du Nord) d’Edward Curtis. Au tout début de ma carrière, Curtis jouait pour moi le rôle d’antagoniste, surtout en raison de ses photographies mettant en scène une vie tribale autochtone qui avait disparu depuis des décennies. On connaissait peu de choses à son sujet. Désirant en savoir plus, je suis déménagé à Ottawa en 1993, où j’ai entrepris l’étape suivante de ma carrière.

Qu’est-ce que les Canadiens devraient savoir d’autre à ce sujet selon vous?

En 1999, mon fils Bear déménageait sur la côte Ouest; je perdais ma muse. Bear avait commencé à poser pour moi en 1984. Environ à l’époque où mon fils me quittait, j’ai reçu par la poste un colis du cinéaste Ali Kazimi. Il avait tourné un documentaire sur mon œuvre qui s’intitulait Shooting Indians: A Journey with Jeff Thomas (photographier des Indiens : un voyage avec Jeff Thomas). Le film commençait sur un plan d’Ali tenant en main des figurines en plastique représentant un cow-boy et un Indien. En ouvrant la boîte, je vis les figurines en plastique, avec une note d’Ali qui disait : « Vous trouverez quelque chose d’intéressant à faire avec ces figurines ».

La série Indians on Tour (Indiens en tournée) a commencé à l’été 2000 lors d’une promenade aux alentours de la Colline du Parlement, à Ottawa. J’avais une figurine d’Indien en plastique dans le sac de mon appareil photo. Quand je me suis arrêté pour photographier une statue représentant un chasseur indien, j’ai placé le jouet devant la statue en bronze et j’ai pris un cliché des deux. Quand j’ai vu cette photographie, j’ai pris conscience des toutes nouvelles possibilités qui s’offraient à moi pour pallier l’absence de la représentation autochtone dans la vie quotidienne. À partir de ce moment, j’ai emporté avec moi les figurines en plastique partout où j’allais. J’ai ensuite ajouté de nouvelles figurines d’Indiens que je découvrais dans les magasins pour touristes. Afin d’être moins tributaire des surfaces planes où poser les figurines, j’ai commencé à faire des dioramas portables, où les figurines sont montées sur un support
portable et léger.

Petite figurine marron clair d’un membre des Premières Nations placée devant la statue d’un chasseur indien. En arrière-plan, on peut voir de grands immeubles à bureaux et des arbres.

Indien exécutant une danse de guerre et statue représentant un chasseur indien, par Jeff Thomas, Ottawa, 2000 © Jeff Thomas

En 2005, je me trouvais à Brandon, au Manitoba, à l’occasion de l’ouverture d’une exposition de mon travail. Le lendemain étant la fête du Canada, je parcourais la ville en voiture à la recherche d’un endroit intéressant où placer mon « délégué ». Lorsque je vis le wagon à grains avec l’inscription « Canada » et quelques graffitis sur le côté, je savais que j’avais trouvé l’emplacement pour ma photographie de la fête du Canada.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Photo en noir et blanc d’une femme de la Première Nation des Dakota portant une robe rayée sous un long plastron à perles. Elle porte également des tresses, un collier et de longues boucles d’oreilles.

Portrait en studio d’une femme de la Première Nation des Dakota (Sioux) (MIKAN 3258922)

En 1994, BAC m’a engagé pour rédiger de nouvelles légendes pour les photographies représentant des Autochtones, les anciennes légendes contenant des mots dénigrants à l’égard de la culture autochtone. Une photographie ressort particulièrement de ce projet. Je rédigeais une nouvelle légende pour une photographie en pied représentant une femme autochtone. Il s’agissait probablement d’une mère, épouse, grand-mère et Aînée représentant sa communauté. La légende indiquait « Squaw sioux »; le mot « squaw » est considéré comme particulièrement rabaissant. J’ai écrit simplement « Femme Dakota ».

Il est important de préciser que la légende originale n’a pas été supprimée; les chercheurs pourront voir les deux légendes dans la base de données. La nouvelle légende a interpellé un chercheur, qui a essayé d’identifier la femme. Les nouveaux renseignements qu’il a trouvés ont été ensuite ajoutés à la légende dans la base de données. C’était étonnant de voir les répercussions du changement de deux mots désignant une photographie. Je suppose que lorsque plus d’Autochtones utiliseront la base de données, un membre de sa communauté ajoutera son nom dans la légende.

Biographie

Photo couleur d'une homme avec un grand barbu avec un grand sourire.

Jeff Thomas
Crédit Justin Wonnacott

Jeff Thomas est un artiste iroquois urbain, photographe autodidacte, écrivain, orateur public et conservateur. Il vit à Ottawa, en Ontario. Ses œuvres font partie de collections importantes au Canada, aux États-Unis et en Europe. Ses expositions individuelles les plus récentes sont les suivantes : Mapping Iroquoia: Cold City Frieze (cartographier l’Iroquoisie : frise de la cité du froid), Musée d’art McMaster, Hamilton (Ontario); Resistance Is NOT Futile (la résistance N’EST PAS vaine), galerie Stephen Bulger, Toronto (Ontario) et The Dancing Grounds (des raisons de danser), parc du patrimoine Wanuskewin, Saskatoon (Saskatchewan).

Jeff Thomas a également participé à de nombreuses expositions collectives, notamment : I:ke – Toronto: Tributes + Tributaries (hommages et autres), 19711989, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto (Ontario); Land/Slide: Possible Futures (glissements de terrain : futurs possibles), Markham (Ontario); SAKAHÀN, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (Ontario); UNMASKING: Arthur Renwick, Adrian Stimson, Jeff Thomas, Centre culturel canadien, Paris (France). En 1998, il a reçu le prestigieux Prix du duc et de la duchesse d’York en photographie du Conseil des arts du Canada. Il a été admis à l’Académie royale des arts du Canada en 2003. En 2008, il a obtenu le Prix Karsh en photographie.

Ressources connexes

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Pas facile de mettre le Canada en scène – Le jeu du centenaire

Par Théo Martin

Il y a de cela un peu plus de 50 ans, le romancier et dramaturge canadien Robertson Davies coécrivait la pièce de théâtre de commande Le jeu du centenaire pour célébrer le 100e anniversaire de la Confédération du Canada en 1967. C’est avec le soutien financier de la Commission du centenaire du Canada que Davies, avec la collaboration de quatre autres auteurs canadiens de renom (W.O Mitchell, Arthur L. Murphy, Eric Nicol et Yves Thériault), va écrire à partir de 1965, une pièce de théâtre bilingue qui met en scène le passé du Canada.

Une photo noir et blanc d’un homme souriant qui tient un chat sur son épaule.

Robertson Davies et un chat, 1954. Photo : Walter Curtin. Fonds Walter Curtin (MIKAN 3959842)

La pièce fut divisée en plusieurs scènes représentant chaque région et province du Canada et faisant intervenir des personnages fictifs (et danseurs) représentatifs des diverses communautés linguistiques et culturelles du Canada. La pièce était accompagnée d’une trame musicale originale écrite par le compositeur canadien Keith Bissell.

Page manuscrite avec dessins à l’encre rouge.

Page manuscrite de la page couverture d’une version de l’ébauche de la pièce The Centennial Play (Le jeu du centenaire) avec dessins de Robertson Davies, vers 1965 (MIKAN 128551)

Texte dactylographié avec annotations à l’encre rouge.

Tapuscrit de la pièce de théâtre The Centennial Play (Le jeu du centenaire) annoté par Robertson Davies, vers 1966 (MIKAN 128551)

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Images d’orignaux maintenant sur Flickr

L’orignal (ou élan) est le plus grand membre de la famille des cervidés.

Une estampe en couleur de deux faons orignaux couché sur le sol tandis qu’un adulte veille sur eux.

« Orignal et cerfs », lithographie en couleur de John James Audubon, 1845 (MIKAN 3025621)

Habituellement très haut sur pattes, ses longs membres inférieurs lui permettent de se déplacer dans l’eau et dans la neige. Il a aussi un dos bossu, une fourrure foncée, une tête de forme allongée ainsi que des lèvres et un museau proéminents, de grandes oreilles et, pour le mâle, des bois larges et plats. Il vit dans les forêts boréales de l’ensemble du Canada et dans des régions similaires ailleurs dans le monde. Comme il préfère les climats plus froids, il cherche un habitat où il y a de la neige saisonnière et va plus au nord pendant l’été.

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Carlyle Smith Beals : un grand astronome canadien

Par François Larivée

L’Observatoire fédéral et l’astronome fédéral

Ce fait est aujourd’hui méconnu, mais le Canada a eu pendant longtemps un astronome fédéral. Ce dernier était responsable des activités de l’Observatoire fédéral situé à Ottawa (sur le site de la ferme expérimentale). Cet observatoire fut créé en 1905 par la Commission géologique du Canada afin de fournir des données temporelles et spatiales précises pour ses relevés cartographiques et topographiques. En effet, à cette époque, l’heure exacte n’était pas déterminée par des horloges atomiques comme aujourd’hui, mais établie à partir de l’observation du mouvement de certaines étoiles de référence. De même, les coordonnées spatiales se basaient sur l’observation de la position précise d’un grand nombre d’étoiles. Toutes ces observations étaient faites à partir du télescope de l’observatoire. Cet observatoire a été en fonction jusqu’en 1970, date à partir de laquelle ses activités ont été transférées au Conseil national de recherche du Canada.

Vue de l’édifice en construction. La construction du bâtiment est presque terminée, mais on peut voir un échafaudage à l’avant de l’édifice ainsi que la structure métallique de la coupole encore en construction.
L’Observatoire fédéral d’Ottawa en construction, vers 1905 (a053076)

On peut trouver des documents se rapportant à l’Observatoire fédéral dans le Fonds du ministère de l’Intérieur ainsi que dans le Fonds de Ressources naturelles Canada. De plus, Bibliothèque et Archives Canada possède le fonds de l’astronome qui en fut un des plus importants directeurs, Carlyle Smith Beals (1899-1979), astronome fédéral de 1947 à 1964. Ce dernier acquit au cours de sa carrière une renommée internationale grâce à la qualité de ses recherches et à l’importance de ses découvertes. Effectivement, en plus d’avoir été directeur de l’Observatoire fédéral pendant près de 20 ans, Carlyle Smith Beals mena des recherches à l’avant-garde de son domaine, au cours de sa longue carrière qui débuta dans les années 1930 comme assistant-astronome à l’Observatoire fédéral d’astrophysique de Victoria, Colombie-Britannique.

On peut voir deux hommes, vêtu de toges.
Réception d’un doctorat honoris causa de l’Université Queen’s par Carlyle Smith Beals (gauche), 1960 (e011180778)

De l’étude des étoiles très chaudes et de la matière interstellaire à celle des cratères d’impact

Ses recherches ont d’abord porté sur certains types d’étoiles très chaudes (les étoiles P-Cygni et Wolf-Rayet) ainsi que sur la composition chimique de la matière interstellaire. Dans le cadre de ses travaux, Carlyle Smith Beals fit d’importantes découvertes, prouvant entre autres que les étoiles très chaudes sont composées de grandes enveloppes de gaz et que la matière interstellaire n’est pas distribuée uniformément dans l’espace. Ce n’est toutefois pas à l’Observatoire fédéral d’Ottawa, mais à l’Observatoire d’astrophysique de Victoria qu’il fit ces découvertes. Il est d’ailleurs intéressant de noter au sujet de l’Observatoire de Victoria (toujours en fonction) qu’au moment de son inauguration, en 1918, son télescope doté d’un miroir de 1,83 m de diamètre fut pendant quelques mois le plus grand au monde.

Une photo en noir et blanc montrant un édifice cylindrique sur le haut d’une colline avec une coupole d’observation.
Observatoire fédéral d’astrophysique de Victoria, vers 1925 (a032169)
Vue du télescope à l’intérieur de l’Observatoire d’astrophysique de Victoria
Télescope de l’Observatoire d’astrophysique de Victoria (a149328)

Pendant qu’il fut astronome fédéral à Ottawa, Carlyle Smith Beals a été très actif, tant sur le plan scientifique qu’administratif. Il se distingua notamment pendant cette période par ses recherches sur les cratères d’origine météoritique (appelés aussi cratères d’impact) se trouvant sur le sol canadien. Ces recherches occupèrent une place très importante dans la dernière partie de sa carrière et elles lui ont également valu une reconnaissance internationale. En effet, après la découverte au début des années 1950 que deux cratères se trouvant sur le sol canadien, le cratère Brent en Ontario et le cratère du Nouveau-Québec (aujourd’hui nommé cratère des Pingualuit), avaient été causés par l’impact de météorites, Carlyle Smith Beals lança un vaste programme de repérage de cratères d’origine météoritique partout sur le territoire du Canada. Pour ce faire, il fit l’analyse de milliers de photographies aériennes provenant de la Photothèque nationale de l’air et de la Défense nationale, en plus de mener des recherches géologiques sur le terrain. Ce vaste programme de recherche permit au Canada d’obtenir une reconnaissance internationale dans ce domaine.

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Images du Yukon maintenant sur Flickr

Le Yukon, situé dans le nord-ouest du Canada, est l’un des trois territoires du pays. Il est délimité à l’ouest par l’Alaska, au sud par la Colombie-Britannique et à l’est par les Territoires du Nord-Ouest.

Les premiers humains seraient arrivés au Yukon il y a au moins 20 000 ans. Ensuite, des Inuits et des membres des Premières Nations de la famille linguistique na-déné s’y sont établis.

Une photo noir et blanc d’un bateau à vapeur avec des passagers. Des gens sont sur l’avant du bateau tandis que d’autres sont debout sur la passerelle du deuxième étage.

Le navire à vapeur Victorian sur le fleuve Yukon, près de Dawson (Yukon) (MIKAN 3203058)

Comme le Yukon est l’une des régions les plus éloignées du Canada, les Européens s’adonnant au commerce de la fourrure n’y arrivent qu’au début du 19e siècle. Des rumeurs sur la présence d’or amènent dans la région des mineurs et des prospecteurs à partir de 1874. Puis, de 1896 à 1899, la découverte d’or dans la région du Klondike provoque une ruée de migrants. En 1898, en raison de la grande augmentation de la population, le Yukon, qui faisait auparavant partie des Territoires du Nord-Ouest, devient un territoire distinct au sein de la Confédération canadienne.

La population du Yukon diminue considérablement au 20e siècle, mais la construction d’autoroutes et une brève période de reprise de l’exploitation minière contribuent à l’augmentation constante de la population dans les années 1970. L’économie se diversifie afin de compenser la diminution des profits liés à l’exploitation minière.

Le saviez-vous?

  • Le nom « Yukon » vient du mot gwich’in « Yu-kun-ah », qui signifie « grande rivière » et fait référence au fleuve Yukon.
  • La plus haute montagne du Canada et deuxième plus haute montagne en Amérique du Nord se trouve au Yukon. Il s’agit du mont Logan, dont le sommet culmine à 5 959 mètres (19 551 pieds).
  • Le Yukon compte le plus petit désert au monde, près de Carcross. Ce désert mesure environ 2,58 kilomètres carrés (1 mille carré).

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Images de l’Édifice des Archives fédérales maintenant sur Flickr

Bibliothèque et Archives Canada recueille et préserve les archives des grands architectes ainsi que d’importantes firmes et associations d’architecture canadiens. Ces archives regorgent de trouvailles, dont des documents sur la conception et la construction du premier édifice des Archives du Dominion, érigé au 330, promenade Sussex à Ottawa.

Une photo en noir et blanc d’un edifice de trois étages en pierre situé dans un espace avec une grande pelouse

Archives publiques du Canada, rue Sussex, Ottawa (Ontario) (MIKAN 3623006)

Le tout commence au début du 20e siècle, lorsque le premier ministre Wilfrid Laurier suggère d’établir des archives nationales à Ottawa. Son objectif : faire de la capitale le cœur du développement intellectuel du pays (une capitale qu’il rêve de voir transformée, selon ses mots, en « Washington du Nord »). C’est ainsi que l’édifice des Archives du Dominion ouvre ses portes au début de 1907, au terme d’un chantier qui dure deux ans. Le patrimoine archivistique du Canada y sera conservé jusqu’en 1967.

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Voir aussi :

Signatures, Printemps/Été 2017