Nouveaux ajouts au Gramophone virtuel – Henry Burr

Par Margaret Ashburner

Photographie en noir et blanc d’un homme debout devant une automobile, coiffé d’un chapeau melon et tenant un petit chien dans ses bras.

Henry Burr. Source : Collection de musique de Bibliothèque et Archives Canada, domaine public.

Artiste prolifique, Henry Burr aurait réalisé plus de 12 000 enregistrements au cours de sa vie. Son véritable nom est Harry McClaskey, mais il a enregistré sous différents pseudonymes, le plus connu étant Henry Burr.

Henry Burr chante régulièrement des solos pour ténor, mais il chante aussi en duo, avec des quatuors et divers autres ensembles. Il chante souvent en duo avec Albert Campbell.


Margaret Ashburner est bibliothécaire des collections spéciales de musique à Bibiothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada présente sa toute dernière émission de baladodiffusion, « D’anciens ennemis sont maintenant des amis »

English version

Photo couleur d'une sculpture de deux soldats enemis se tenant la main au-dessus d'un ballon de rugby.Pour de nombreux descendants de vétérans de la Première Guerre mondiale, la recherche des dossiers de service de leurs proches ouvre un monde de renseignements nouveaux sur leur famille. Dans cet épisode, « D’anciens ennemis sont maintenant des amis » nous nous entretenons avec Tim Hack au sujet du parcours incroyable qu’il a entrepris afin de se rapprocher de ses arrière-grands-pères, qui ont combattu dans les camps opposés durant la Première Guerre mondiale. M. Hack est tombé sur les dossiers du Corps expéditionnaire canadien dès qu’il a commencé à travailler à BAC. Cette découverte l’a incité à retracer les pas de ses arrière-grands-pères en Europe du Nord. Il a eu la générosité de partager avec nous le journal audio de son voyage. Mais avant son départ, nous l’avons invité dans notre studio pour discuter de la façon dont son cheminement a commencé et de ce qu’il espérait réaliser en refaisant le parcours de ses arrière-grands-pères, cent ans plus tard.

Pour voir les images associées à ce balado, voici un lien vers notre album Flickr.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou PodLink, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à balados-podcasts@bac-lac.gc.ca.

« Fragile, avec soins » maintenant sur Flickr »

Vers 1981 – Fragile, avec soins : Guide pour la préservation des documents archivistiques

« Les mauvaises habitudes de manipulation comptent parmi les principales causes de la détérioration des documents archivistiques. Au cours de l’été 1976, le Comité de la conservation de la Direction des archives a voulu illustrer la façon appropriée d’utiliser ces documents au moyen de l’exposition photographique HANDLE WITH CARE – FRAGILE – AVEC SOIN. Reprenant les thèmes majeurs de cette exposition, la présente brochure visa à expliquer, de façon aussi incisive qu’humoristique, ces diverses pratiques. Seuls ont été retenus à cette fin les types les plus usuels de documents et les causes le plus évidentes de dommages. Nous espérons que cette publication rendra tous ceux qui utilisent les documents archivistiques conscients de leur responsabilité à l’endroit de notre patrimoine culturel. »

L’archiviste fédéral, Wilfred I. Smith

Photographie en noir et blanc montrant les manières inappropriée et appropriée de retirer des documents d’archives d’une boîte. La manière inappropriée est illustrée par une personne déguisée en gorille qui sort de force les documents. La manière appropriée est illustrée par une chercheuse qui retire les documents avec soin.

Retrait des documents d’une boîte. Image 005 (AMICUS 23668326)

Photographie en noir et blanc montrant l’application inappropriée et appropriée des règles de l’étiquette pour le chercheur. La manière inappropriée est illustrée par une personne déguisée en gorille qui mange une banane près des documents, et par des contenants de boisson ouverts à proximité. La manière appropriée est illustrée par une chercheuse et des documents près desquels il n’y a aucune nourriture non emballée ou contenant de boisson ouvert.

Règles de l’étiquette pour le chercheur, Image 006 (AMICUS 23668326)

Photographie en noir et blanc montrant les manières inappropriée et appropriée de tenir des documents d’archives. La manière inappropriée est illustrée par une personne déguisée en gorille qui laisse des empreintes sur les documents après les avoir manipulés sans porter de gants de coton blanc. La manière appropriée est illustrée par une chercheuse portant des gants de coton blanc pour manipuler les documents.

Documents pris avec les mains, Image 014 (AMICUS 23668326)

Visitez l’album Flickr maintenant!

Conservatrice invitée : Catherine Bailey

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Plan d’un ensemble de huit fermes par sir William Cornelius Van Horne pour le Chemin de fer Canadien Pacifique, v. 1889

Page avec deux grilles tracées à l’encre noire séparées en carrés ou en triangles pour représenter les fermes.

Plan d’un ensemble de huit fermes par sir William Cornelius Van Horne pour le Chemin de fer Canadien Pacifique, v. 1889 (MIKAN 2925396)

Ce manuscrit témoigne de l’influence des sociétés ferroviaires sur le développement du pays. Les zones de peuplement situées près des voies ferrées suivent encore le plan quadrillé imposé à cette époque.


Parlez-nous de vous.

J’ai passé quatre merveilleux étés à travailler en tant qu’assistante dans les services d’archives aux Archives provinciales d’Alberta, où j’ai manipulé des documents gouvernementaux, des manuscrits privés et des documents cartographiques. Dans le cadre de mon travail, j’ai répondu à de nombreuses demandes de renseignements concernant les lots de colonisation homestead (qui permettent aux « homesteaders » d’obtenir des lettres patentes confirmant qu’ils s’étaient installés sur une ancienne terre de la Couronne et avaient reçu un titre juridique). Durant mon dernier été, j’ai catalogué les séries de plans historiques cantonaux (cartes) de l’ensemble de l’Alberta.

Les Canadiens devraient-ils savoir autre chose à ce sujet selon vous?

Portrait d’un homme en costume assis à cheval sur une chaise de bistro et tenant un cigare à la main.

Sir William Van Horne, constructeur du Chemin de fer Canadien Pacifique, v. 1900 1910 par W.A. Cooper (MIKAN 3575931)

Depuis que j’ai développé une connaissance approfondie du système de recensement cadastral de l’Ouest canadien et des demandes pour les lots de colonisation aux Archives provinciales d’Alberta, cet article du fonds sir William Cornelius Van Horne m’a fait vibrer. Je connaissais très bien ces lignes de quadrillage! Cependant, l’influence du Chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) s’étend bien au-delà de ce croquis d’un plan d’établissement quadrillé griffonné sur une feuille; l’histoire ne s’arrête pas là.

Le gouvernement a appuyé la construction du CFCP en octroyant la charte du Canadien Pacifique, qui accordait à la compagnie une subvention de 25 millions de dollars et les concessions de 25 millions d’acres de terre (à peu près la superficie de l’Angleterre), en plus des droits de passage, des stations et des gares de triage. Entre 1882 et 1885, la construction du CFCP relevait directement de la compétence de sir William Cornelius Van Horne, qui en fut par la suite le vice-président et président-directeur général. Peu après l’achèvement du chemin de fer, en 1885, il a réalisé avec les autres directeurs de la compagnie que les maigres profits engendrés sous quelque forme que ce soit étaient presque immédiatement engloutis par les frais d’exploitation et d’entretien des portions de voies difficiles qui traversaient les montagnes.

Reconnaissant non seulement l’attrait potentiel des nouvelles terres octroyées par la charte, mais également la grandeur des paysages montagneux, sir William Van Horne et le CFCP rédigèrent leurs campagnes publicitaires avec des illustrations et des libellés soigneusement élaborés qui ciblaient l’urbanisation et le tourisme au Canada. L’influence et les actions du CFCP ont par conséquent aidé à façonner l’image du Canada à l’étranger et contribué à l’économie nationale.

Parlez-nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Il existe une citation célèbre de sir William Van Horne qui dit : « Si nous ne pouvons exporter le décor, nous devrons importer les touristes. » Ce sont autant sa passion pour l’art que son sens des affaires qui l’ont incité à élaborer la campagne publicitaire du CFCP visant à attirer des touristes.

On trouve une multitude de magnifiques documents visuels à BAC et partout au Canada qui montrent comment le CFCP et sir William Van Horne ont influencé l’image du Canada à l’étranger, mais je vais plutôt me concentrer sur la puissance additionnelle des mots, et particulièrement sur ceux qu’on a trouvés dans la brochure touristique du CFCP de 1891 The Canadian Pacific: The New Highway to the Orient Across the Mountains, Prairies and Rivers of Canada (Le Canadien Pacifique : La nouvelle route de l’Ouest à travers les montagnes, les prairies et les rivières du Canada).

Image d’une chaîne de montagnes avec un petit train quittant une gare, avec un titre réparti entre le haut et le bas de la page.

Page titre de la brochure The Canadian Pacific: The New Highway to the Orient Across the Mountains, Prairies and Rivers of Canada, publiée à Montréal par le Chemin de fer Canadien Pacifique, 1891 (AMICUS 8155839)

Conçue et rédigée par sir William Van Horne lui-même, cette brochure de 48 pages avait été commencée en 1884, avant l’achèvement du CFCP, mais elle n’a été publiée qu’en 1887, car Van Horne tenait absolument à ce que les textes soient étayés par les meilleures illustrations de montagnes possibles. Il fut l’un des commanditaires de « l’école du chemin de fer » qui accueillit des artistes canadiens tels que John Arthur Fraser, Thomas Mower Martin (en anglais seulement), Frederic Marlett Bell‑Smith et Lucius O’Brien. Les artistes recevaient des cartes de chemin de fer gratuites, souvent à la seule condition que le CFCP aurait préséance sur leurs œuvres en vue de les utiliser à ses propres fins.

Aquarelle colorée dépeignant une verte forêt devant des montagnes bleues sous un ciel nuageux.

View of the Rockies (Vue sur les Rocheuses) par Lucius O’Brien, 1887 (MIKAN 2886889)

Gravure de deux hommes sur une plage installant un chevreuil mort dans un canot. On peut voir un autre canot et un wigwam sur le côté, ainsi que des arbres et une montagne en arrière­-plan, de l’autre côté de la rivière.

Aboriginal Hunters with Wigwam and Canoe by a River (Chasseurs autochtones avec un wigwam et des canots sur le bord d’une rivière) par Thomas Mower Martin, 1885 (MIKAN 3018705)

Sa passion pour l’art mise à part, sir William Van Horne était aussi un homme d’affaires et il a clairement rappelé aux artistes leur obligation envers le CFCP qui s’attendait à ce qu’ils représentent les montagnes avec suffisamment de grandeur pour attirer les visiteurs. Lors d’une circonstance particulière, décrite dans le livre d’E.J. Hart The Selling of Canada: The CPR and the Beginnings of Canadian Tourism (AMICUS 3976336), sir William Van Horne a écrit à John Arthur Fraser (à qui l’on avait demandé, en 1886, de dessiner des croquis de toute la ligne du CFCP) :

[Traduction] Les croquis en noir et blanc vont difficilement répondre à nos objectifs, les montagnes ne sont pas suffisamment imposantes. J’ai dessiné un croquis la nuit dernière… qui illustre mes idées; je l’ai principalement fait de mémoire et j’ai pris beaucoup de liberté, mais je ne pense pas que quiconque se rendra sur place avec le croquis entre les mains pourra nous accuser d’avoir exagéré. Pour le Grand Glacier et le pic Syndicate, j’aimerais quelque chose de semblable… Je n’aime pas la perspective sous laquelle le glacier est représenté et les pics ne sont pas suffisamment larges pour en donner la distance appropriée. Vous avez bien sûr toute la liberté voulue pour améliorer mon croquis comme il se doit, mais j’espère cependant que vous en préserverez la taille.

Merci de faire un croquis du mont Stephen, en le dessinant un peu de la même manière (The Selling of Canada, p. 35)

La brochure The New Highway visait clairement à séduire les touristes :

[Traduction] Laisse-toi tenter, cher lecteur; laisse l’Angleterre pour quelques semaines et viens avec moi parcourir cette vaste terre, viens avec moi admirer les beautés et les gloires tout récemment à notre portée. Aucune souffrance à endurer, aucune difficulté à surmonter, ni aucun danger ou désagrément à éviter. Au contraire, tu verras des rivières majestueuses, des forêts immenses, des plaines à perte de vue, des montagnes à couper le souffle et autres innombrables merveilles; tout cela, dans le confort et le raffinement. Si tu es las du tourisme traditionnel, des paysages et des odeurs du Vieux Monde, tu trouveras ici fraîcheur et nouveauté… Si tu aimes gravir les montagnes, apporte ton alpenstock, car tu trouveras ici des falaises, des pics et des glaciers à la hauteur de tes attentes. (The New Highway, 1891, p. 8)

Le langage utilisé est si évocateur qu’en lisant cette brochure aujourd’hui, on peut très bien imaginer à quoi ressemblaient les voyages partout au Canada à bord du CFCP à la fin du XIXe siècle. L’article commence par des indications sur la façon de rejoindre le terminus de Montréal par bateau à vapeur (ou celui d’Halifax, en hiver), puis il se poursuit par la remarque suivante : « Mais tu dois être impatient de voir les montagnes, et si tu me permets de choisir, cher lecteur, nous partirons de Montréal en utilisant la ligne principale du chemin de fer, afin de ne rien manquer lorsque nous reviendrons des Grands Lacs, et ainsi de visiter Toronto et les chutes Niagara. » (p. 12)

La brochure continue en vantant les installations du train avant de donner une description détaillée de chaque partie du voyage vers l’Ouest. À partir de Montréal, le voyageur est guidé pas à pas à travers la vallée de l’Outaouais, puis au nord du lac Supérieur et au Manitoba, dans les grandes plaines de ce qui était alors les Territoires du Nord-Ouest, et jusqu’aux majestueuses chaînes de montagnes de Banff, avant de sortir du grand, mais « terrible » canyon du Fraser en direction de la vallée du Fraser et de Vancouver, pour conclure avec un mélange d’excuses et d’avertissements :

[Traduction] Je te demande pardon, patient lecteur, d’insister à vouloir te montrer toutes sortes de choses sur notre parcours, qu’elles soient sur ta liste des choses à voir ou non. C’est que, vois-tu, j’ai peur que tu manques un élément de cette liste. C’est, en fait, ma seule excuse. J’ai vu que tu t’étais ennuyé à mourir, ce qui m’a donné à penser que tu avais besoin de liberté pour aller et venir à ton gré, et comme tu n’as nullement besoin d’un guide, je vais, avec ta permission, te laisser ici… (p. 43‑44)

Au bout du compte, l’appel du CFCP au cœur et à la conscience des touristes pour promouvoir et mettre en valeur les paysages montagneux a été rentable non seulement pour la compagnie, mais aussi pour l’image du Canada à l’étranger et pour l’économie nationale, un fait qui a été reconnu et sera ensuite exploité par le gouvernement fédéral quelques années plus tard. Tout comme sir William Van Horne, J.B. Harkin, premier commissaire des parcs nationaux (1911‑1936), reconnaissait également la valeur économique des paysages canadiens, et il incluait régulièrement des statistiques dans ses rapports annuels au ministre de l’Intérieur. En indiquant les dépenses des visiteurs étrangers et canadiens à Banff entre 1910 et 1915 (respectivement environ 15 millions de dollars et 8,5 millions de dollars), il louait aussi la valeur économique des paysages des parcs nationaux :

[Traduction] Ils sont uniques en ce sens que, alors qu’ils rapportent des sommes d’argent considérables, que nous n’avons pas besoin de donner quoi que ce soit en retour qui représente une perte pour le pays. Pour vendre du blé, nous devons vendre une partie de la fertilité de notre sol. Mais, lorsque les touristes dépensent de l’argent pour voir nos montagnes, nos lacs, nos chutes, nos canyons et nos glaciers, nous gardons non seulement leur argent, mais aussi toutes les attractions naturelles qu’ils sont venus voir et ont laissé intactes. Ces beautés seront toujours là pour attirer davantage de touristes et leurs dollars.

Pour en savoir plus sur les fondations de l’industrie du tourisme au Canada et les retombées du chemin de fer canadien, n’hésitez pas à consulter le contenu Web archivé de BAC Le Canada par le train.

Biographie

Photo en couleur d'une femme portant un veston rouge devant un rideau bleu et arborant un grand sourire.Catherine Bailey est archiviste principale des documents gouvernementaux à BAC, où elle a été responsable des portefeuilles de la santé et des services sociaux, du transport, de la justice et de la sécurité. Tout en étudiant pour obtenir un baccalauréat ès arts avec spécialisation en histoire canadienne (UBC, 1986), elle travaillait pendant l’été en tant qu’assistante dans les services d’archives aux Archives provinciales de l’Alberta, avant de continuer avec une maîtrise en études archivistiques (UBC, 1988). Rédactrice en chef du journal de l’Association canadienne des archivistes Archivaria à partir de 2007‑2008, elle a reçu le prix hommage à un membre de l’ACA (en 2004) et le prix James J. Talman de l’Association des archives de l’Ontario (en 2012). Elle a rédigé de nombreux articles et fait plusieurs présentations sur l’évaluation des archives, et notamment sur l’instauration de la macro-évaluation au sein du gouvernement fédéral canadien.

Ressources connexes

  • E.J. Hart, The Selling of Canada: The CPR and the beginnings of Canadian Tourism (Banff, Alta.: Altitude Publishing, 1983). AMICUS 3976336
  • Rapport annuel du ministère de l’Intérieur : Rapport du commissaire des parcs nationaux (Ottawa: King’s Printer, 1915), p. 4. AMICUS 1719497

Cœurs battants : John Alexander Hopps et le stimulateur cardiaque

Par Rebecca Meunier

Pensez à cinq inventions qui ont révolutionné nos vies.

Et maintenant, pensez à cinq inventions médicales d’origine canadienne. Moins évident, n’est-ce pas?

Tandis que de grandes découvertes universelles – comme la roue – nous viennent spontanément à l’esprit, nous peinons à trouver ne serait-ce que deux exemples de la seconde catégorie. Et pourtant, le Canada est depuis longtemps un chef de file mondial dans l’amélioration des soins de santé. Songeons à la découverte de l’insuline par sir Frederick Banting, à l’invention des céréales pour nourrissons Pablum et à la cobaltothérapie, toutes des inventions canadiennes.

Mais l’une d’elles les surpasse toutes. Elle a le pouvoir de faire battre votre cœur de façon régulière quand vous faites de l’exercice, et même quand vous êtes amoureux. Cette invention, c’est le stimulateur cardiaque externe (aussi connu sous le nom de stimulateur-défibrillateur), mis au point par l’ingénieur électricien John Alexander Hopps. Et grâce aux travaux qu’il a menés avec les chirurgiens Wilfred Bigelow et John Callaghan, son nouvel appareil a véritablement commencé à sauver des vies.

Photo noir et blanc d’une salle d’opération où quatre hommes portant des sarraus et des masques entourent un patient caché à la vue.

John Hopps (à l’arrière-plan) observe une chirurgie dans une salle d’opération. Photo non datée (a207051)

John Alexander Hopps naît à Winnipeg le 21 mai 1919. Après des études en génie électrique, il obtient son diplôme de l’Université du Manitoba en 1941. Alors que la guerre sévit outre-Atlantique, il travaille au Centre national de recherches, à Ottawa, où il prend part aux travaux pour développer le radar. En 1949, on l’envoie travailler à Toronto avec le Dr Wilfred Bigelow, qui vient de faire une importante découverte : les chirurgies à cœur ouvert entraînent moins de complications lorsque le patient est maintenu en hypothermie.

La collaboration entre ces deux hommes et un autre chirurgien, le DJohn Callaghan, mène à l’invention du stimulateur cardiaque externe dans les années 1950. Hopps ne le sait pas encore, mais cet appareil contribuera plus tard à prolonger sa propre vie. En 1957 et 1958, il œuvre au Sri Lanka, où il aide à fonder la première unité coloniale de génie en Asie du Sud-Est. Quinze ans plus tard, en 1973, on le retrouve au Conseil national de recherches à titre de chef de la nouvelle section du génie médical. Il continue de travailler à diverses innovations et s’emploie à promouvoir les normes de sécurité dans les hôpitaux, se préoccupant particulièrement de la prévention des risques de décharge électrique dans les salles d’opération.

Étant donné ses connaissances poussées en technologie et en médecine, Hopps est confronté à toutes sortes de situations au cours de sa carrière. On lui demande même de rédiger un rapport sur les dangers potentiels d’un four à micro-ondes utilisé par le personnel de l’hôpital Riverside! Sa conclusion : aucun effet néfaste notable n’en découle.

Hopps est aussi le fondateur et premier président de la Société canadienne de génie biomédical. À ce titre, il continue de préconiser l’utilisation du génie dans la sphère médicale.

Le stimulateur cardiaque que nous connaissons aujourd’hui a certes beaucoup évolué depuis son invention, alors qu’il avait la taille d’un four à micro-ondes! Au fil des ans, médecins et inventeurs ont contribué à en réduire la taille, jusqu’à ce qu’il soit assez petit pour être installé à l’intérieur du corps au moyen d’une chirurgie moins invasive.

Photo noir et blanc d’une petite machine équipée de boutons et de cadrans, à laquelle sont branchés un cathéter et deux manettes.

Stimulateur-défibrillateur externe utilisé en salle d’opération (e011200816-v8)

Cet appareil est rapidement devenu indispensable dans les hôpitaux, qui l’ont intégré à leurs unités mobiles de cardiologie.

Photo noir et blanc d’un homme portant un sarrau, un masque et un bonnet de chirurgien. Il regarde sa montre, debout à côté d’un gros appareil sur roulettes équipé de nombreux tiroirs, boutons et fils, au sommet duquel un écriteau indique « Mobile Cardiac Resuscitator » (réanimateur cardiaque mobile).

Appareil mobile de réanimation cardiaque (e011200817-v8)

Photo noir et blanc d’un jeune homme portant des lunettes et un nœud papillon et un veston.

John A. Hopps, vers 1945 (e011200817-v8)

En 1986, Hopps est nommé officier de l’Ordre du Canada. Il décède en 1998, après avoir transformé à tout jamais les interactions entre la médecine et la technologie.

Pour en savoir plus sur John Alexander Hopps et le stimulateur cardiaque externe, consultez le fonds John Alexander Hopps conservé à Bibliothèque et Archives Canada. Vous y trouverez diverses ressources, allant de photographies de chirurgie cardiaque à des documents textuels liés à son travail, en passant par des images qui contribuent à faire la lumière sur l’évolution de sa célèbre invention.


Rebecca Meunier est étudiante et travaille comme technicienne en orientation à Bibliothèque et Archives Canada.

Le caporal Colin Fraser Barron et le soldat James Peter Robertson, récipiendaires de la Croix de Victoria

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, le Blogue de Bibliothèque et Archives Canada se souvient du caporal Colin Fraser Barron et du soldat James Peter Robertson, récipiendaires de la Croix de Victoria pour des actes de bravoure accomplis il y a exactement cent ans, durant la bataille de Passchendaele ‒ l’une des plus meurtrières et des plus déterminantes de la Première Guerre mondiale.

Photo noir et blanc de deux soldats debout devant une grille en fer forgé ouvragé.

Colin Fraser Barron (à droite), promu au grade de sergent, récipiendaire de la Croix de Victoria. À ses côtés, un autre soldat décoré de la même distinction : Cecil John Kinross. Date inconnue (MIKAN 3405057)

Le caporal Barron voit le jour en 1893 à Baldavie (Boyndie), dans le Banffshire, en Écosse. Il émigre au Canada en 1910. Quatre ans plus tard, il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien à Toronto. Membre du 3e Bataillon de Toronto, il participe à la bataille de Passchendaele le 6 novembre 1917. Son unité est chargée de capturer une casemate allemande qui bloque l’avancée des Canadiens sur l’éperon Goudberg . Armé d’une mitrailleuse Lewis, Barron contourne la position ennemie puis, ouvrant le feu, charge la casemate; il tue quatre soldats allemands et capture les autres. Faisant ensuite pivoter une des mitrailleuses allemandes, il tire contre les positions ennemies à l’arrière. « La rapidité et la farouche détermination de ce sous-officier alors qu’il s’élançait vers les mitrailleuses ennemies ont mené à des résultats décisifs et permis de poursuivre l’avancée. » [Traduction] (London Gazette, n° 30471, 11 janvier 1918)

Promu au grade de sergent-major, Colin Barron survit au conflit, et servira au sein du Régiment royal du Canada durant la Deuxième Guerre mondiale. Il décède en 1958. Il est inhumé dans la section des anciens combattants du cimetière Prospect de Toronto.

Description dactylographiée des événements de la journée du 6 novembre 1917.

Annexe C : Observations extraites du journal de guerre du 3e Bataillon de Toronto, 6 novembre 1917 (MIKAN 1883209)

Un autre Canadien se distingue par ses faits d’armes pendant la Première Guerre mondiale : le soldat James Peter Robertson, originaire d’Albion Mines (aujourd’hui Stellarton), dans le comté néo-écossais de Pictou. Robertson s’enrôle en 1915 dans le Corps expéditionnaire canadien, au sein du 27e Bataillon d’infanterie de Winnipeg. Le 6 novembre 1917, il participe à l’assaut final de la crête de Passchendaele. Alors que son peloton est bloqué par les barbelés et le feu nourri des mitrailleuses allemandes, Robertson décide de passer à l’attaque. Après un farouche combat au corps à corps, il tue quatre mitrailleurs et met les autres en fuite. Le London Gazette raconte à son sujet : « Transportant la mitrailleuse prise à l’ennemi, il entraîne son peloton vers l’objectif final. Il choisit ensuite une excellente position et met la mitrailleuse en marche, tirant sur l’ennemi qui s’enfuit .» [Traduction] Toujours armé de la mitrailleuse allemande, Robertson élimine des tireurs embusqués qui menacent son unité. Mais deux tireurs d’élite canadiens sont gravement blessés, et il sort à découvert, sous un feu intense, pour tenter de les sauver. Il parvient à ramener un premier soldat; malheureusement, il est tué par un obus alors qu’il revient avec le deuxième. Le soldat Robertson est inhumé dans le cimetière de Tyne Cot, en Belgique.

Photo noir et blanc d’un jeune homme en uniforme.

Le soldat James Peter Robertson, récipiendaire de la Croix de Victoria (MIKAN 3645665)

Bibliothèque et Archives Canada conserve les dossiers de service du caporal Colin Fraser Barron et du soldat James Peter Robertson.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Bibliothèque et Archives Canada s’amarre au Quai 21 à Halifax

par Leah Rae

En mai dernier, l’équipe de Halifax de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a vécu tout un changement en déménageant au Musée canadien de l’immigration du Quai 21 dans le magnifique centre-ville de Halifax. Le temps a filé depuis et voilà que notre premier été dans nos nouveaux locaux est déjà chose du passé.

Photographie en couleurs d’un bâtiment en briques rouges arborant la mention « Pier 21 ». Devant l’entrée principale se trouve un jardin surélevé clôturé d’un muret de pierre circulaire soutenant plusieurs grandes plaques.

Prestation de services de référence aux chercheurs de la région de Halifax depuis notre nouveau point de service au Quai 21.

Non seulement partageons-nous maintenant des locaux à bureaux avec le Quai 21, mais nous avons également ouvert un nouveau point de service pour rendre la collection de BAC plus accessible aux localités de la région. Inauguré le 19 juin, il se trouve à l’intérieur du Centre d’histoire familiale Banque Scotia du Quai 21, tout de suite en entrant dans le musée. Durant l’été, le nombre de nos clients s’est accru constamment. Les gens nous ont posé des questions de toutes sortes au sujet des phares, de l’immigration, de l’histoire familiale, de l’histoire militaire, des épouses de guerre, des petits immigrés anglais, de l’industrie du charbon au cap Breton, de la généalogie autochtone et de bien d’autres sujets. Aux employés compétents de notre point de service présents les jours de semaine s’ajoute un kiosque qui permet aux clients d’accéder aux bases de données de BAC et à d’autres bases de données avec abonnement, comme Ancestry.ca. Les chercheurs peuvent passer à tout moment durant nos heures d’ouverture afin d’utiliser le kiosque ou de s’adresser à quelqu’un aux services d’orientation et de référence. Pour connaître nos heures d’ouverture, consultez la page Points de service à l’extérieur d’Ottawa. Les chercheurs peuvent également prendre rendez-vous avec un archiviste sur place s’ils ont besoin d’aide pour obtenir de l’information plus détaillée ou préparer un voyage de recherche afin d’aller consulter des documents à BAC dans la région de la capitale nationale, à Winnipeg ou à Vancouver.

Une photographie couleur d’une femme qui est assise à un bureau devant un ordinateur et qui regarde vers l’appareil photo. L’affiche « Library and Archives Canada – Bibliothèque et Archives Canada » est accrochée au mur derrière elle.

Leah Rae, archiviste de BAC, à son nouveau pupitre d’orientation de référence.

Cohabiter avec le Quai 21 nous permet aussi de travailler avec le musée à la tenue de certains de ses événements les plus populaires. La fête du Canada a été le plus grand événement pour nous jusqu’à maintenant puisque nous célébrions cette année le 150e anniversaire de la Confédération. Nous avons installé un kiosque d’information au musée et, à notre grande joie, nous y avons reçu plus de 300 visiteurs. Les gens étaient emballés de nous rencontrer et de participer à un tirage leur permettant de gagner l’une de cinq reproductions d’images originales de la vaste collection de BAC.

Une estampe en couleur d'une annonce pour la bière Alex. Keith et fils. Nova Scotia Brewers.

Une des estampes reproduites pour le tirage à l’occasion de la fête du Canada (e000756699)

La fête du Canada a été le premier de nombreux événements auxquels BAC et le Quai 21 prévoient collaborer. Nous attendons avec impatience d’autres occasions de mettre en valeur notre collection auprès des Haligoniens et d’autres visiteurs.


Leah Rae, archiviste en poste à Halifax, fait partie de la Division des Services régionaux et AIPRP de Bibliothèque et Archives Canada.

Major-général George Randolph Pearkes, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le major-général George Randolph Pearkes a vu le jour en 1888 à Watford, en Angleterre, puis a émigré en Alberta en 1906. En 1915, il s’est enrôlé dans le 2e régiment canadien de fusiliers à cheval. À partir de septembre 1916, il a dirigé le 5e bataillon canadien de fusiliers à cheval. Il a obtenu la Croix de Victoria pour les actes de bravoure qu’il a accomplis à la bataille de Passchendaele.

Photographie noir et blanc d’un officier assis portant une casquette et une ceinture Sam Browne (large ceinture en cuir entourant la taille à laquelle est attachée une bande plus étroite placée en diagonale et qui passe sur l’épaule droite); il y a des galons sur les manches de sa veste.

Le major George Randolph Pearkes, VC, arborant la Croix militaire (il n’avait pas encore reçu la Croix de Victoria). Remarquez les quatre galons de blessé sur sa manche. Photographie prise en décembre 1917 par William Rider-Rider. (MIKAN 3219828)

George Randolph Pearkes, major à l’époque, obtient la Croix de Victoria en reconnaissance de son aptitude à commander ses troupes lors de la prise et du maintien d’une position stratégique et de la progression de son bataillon à Passchendaele, en Belgique, les 30 et 31 octobre 1917. Blessé à la cuisse avant la progression de ses troupes, le major Pearkes dirige son bataillon pendant toute l’attaque. Selon sa citation :

Lorsque la progression de son bataillon « est menacée par un emplacement fortifié qui fait partie des objectifs du bataillon à sa gauche, mais que celui-ci n’a pas réussi à prendre. […] il capture la position et la tient, ce qui lui permet de pousser un peu plus loin son avance.

C’est grâce à sa détermination et à sa personnalité intrépide qu’il a pu maintenir son objectif, avec le peu d’hommes qui lui restait, et malgré les contre-attaques ennemies répétées, alors que ses flancs sont restés sans protection pendant un bon moment. » [Traduction, Défense nationale]

London Gazette, no 30471, 11 janvier 1918 (en anglais)

Avant la fin de la guerre, George Randolph Pearkes est blessé cinq fois et promu lieutenant-colonel. Il reçoit la Croix de Victoria, la Croix militaire et l’Ordre du service distingué. Après l’armistice, il devient officier de carrière, est affecté au Princess Patricia’s Canadian Light Infantry, et sert comme officier d’état-major au Collège militaire royal du Canada. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le brigadier Pearkes commande la 2e Brigade d’infanterie canadienne. Il devient plus tard l’officier général commandant du Commandement du Pacifique, chargé de surveiller la défense sur la côte Ouest du Canada. Après avoir pris sa retraite de l’armée, il fait son entrée en politique sur la scène fédérale en tant que conservateur et est élu député de Nanaimo, en Colombie-Britannique, en 1945. Il est ministre de la Défense nationale de 1957 à 1960, puis est nommé lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique en octobre 1960.

Le major-général Pearkes s’éteint à Victoria, en Colombie-Britannique, le 30 mai 1984. L’immeuble abritant le quartier général de la Défense nationale à Ottawa a été nommé Édifice Major-général George RPearkes en son honneur, tout comme le mont Pearkes, dans la partie continentale sud de la Colombie-Britannique. On peut maintenant consulter le dossier de service numérisé complet du major-général Pearkes dans les dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale de Bibliothèque et Archives Canada.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Le soldat Kinross, le lieutenant McKenzie et le sergent Mullin, VC

Par Emily Monks-Leeson

Le soldat Cecil John Kinross est né dans le village de Harefield, en Angleterre, en 1896. Il s’établit avec sa famille à Lougheed, Alberta, en 1912. Kinross servait dans le 49e bataillon (Edmonton) lors de la bataille de Passchendaele.

Une photographie en noir et blanc d’un homme portant une casquette, une veste de laine grise, une chemise blanche et une cravate foncée.

Le soldat Cecil John Kinross, VC, non daté (MIKAN 3217741)

Le 30 octobre 1917, Kinross et sa compagnie subissent le feu nourri de l’artillerie et des mitrailleuses allemandes. Alors que son unité essuie de lourdes pertes, Kinross s’avance seul, à découvert, et armé simplement de son fusil et d’une cartouchière, il parvient à détruire un nid de mitrailleuses allemandes. Sa citation dans la Gazette de Londres (London Gazette) raconte que « sa compagnie, inspirée par ce remarquable exemple de courage, progresse de 300 mètres et s’établit sur une position hautement stratégique ».

Kinross est décoré de la Croix de Victoria pour ce fait d’armes. Grièvement blessé au bras et à la tête, il est envoyé à l’hôpital Orpington, en Angleterre; plus tard, il sera rapatrié en Alberta. Kinross est décédé en 1957. Le mont Kinross dans le parc national de Jasper est ainsi nommé en son honneur.

Le lieutenant Hugh McKenzie est né en 1885 à Inverness, en Écosse. Il immigre au Canada en 1911 et s’enrôle dans le Régiment d’infanterie légère Princesse Patricia en août 1914. En janvier 1917, il est promu au rang de sous-lieutenant. Le 30 octobre 1917, McKenzie commande une section de mitrailleurs accompagnant l’infanterie lors d’un assaut contre des positions allemandes. Alors que tous les officiers et la plupart des sous-officiers de la compagnie sont tués ou blessés, McKenzie prend le commandement de ce qui reste de l’infanterie. Attaquant de front et de côté, McKenzie réussit à capturer une casemate qui avait infligé de lourdes pertes à sa compagnie. Cet acte de bravoure sauve la vie de plusieurs hommes, mais lui-même est tué en menant l’attaque frontale.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat en uniforme portant une petite moustache.

Le lieutenant Hugh McKenzie, VC, non daté (MIKAN 3218971)

Un compte rendu précis dactylographié des événements du 30 octobre 1917.

Journal de guerre de la 7e compagnie canadienne de mitrailleurs, 30 octobre 1917, page 16 (MIKAN 2004833)

Le lieutenant McKenzie est décoré de la Croix de Victoria et de la Croix de guerre française pour ses actions au combat. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le nom McKenzie figure sur le mémorial de la Porte de Menin parmi ceux d’autres soldats, britanniques, australiens, canadiens et indiens morts sans sépulture. Dans sa citation, publiée dans la Gazette de Londres (London Gazette), son nom « Mackenzie » est mal orthographié.

Le major George Harry Mullin est né à Portland, Oregon, en 1892. À l’âge de deux ans, il immigre avec sa famille à Moosomin, en Saskatchewan. Il s’enrôle dans l’armée en décembre 1915 et sert dans la section des éclaireurs et tireurs d’élite du Régiment d’infanterie légère Princesse Patricia. Durant la bataille de Passchendaele, le sergent Mullin capture à lui seul une casemate allemande qui avait fait subir de lourdes pertes aux troupes canadiennes. Sa citation dans la Gazette de Londres (London Gazette) raconte comment Mullin

… lance une attaque frontale contre un tireur embusqué, fait exploser la garnison, et, rampant jusque sur la casemate, il abat deux mitrailleurs avec son revolver. Mullin se précipite ensuite vers une autre entrée et force les dix hommes de la garnison à se rendre. … [Mullin] a non seulement contribué à régler la situation, mais il a sauvé indirectement de nombreuses vies.

London Gazette, n° 30471, 11 janvier 1918

Le sergent Mullin a reçu la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure; il détenait le grade de lieutenant à la fin de la guerre. Nommé sergent d’armes au Parlement de la Saskatchewan en 1934, il servira dans la Garde des anciens combattants durant la Deuxième Guerre mondiale. Le major Mullin est décédé à Regina, Saskatchewan, en 1963.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat souriant portant un casque et une veste en cuir.

Le sergent Mullin, VC, Régiment d’infanterie légère Princesse Patricia, janvier 1918 (MIKAN 3219321)

Bibliothèque et Archives Canada conserve les dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien (CEC) pour le soldat Cecil John Kinross, le lieutenant Hugh McKenzie et le major George Harry Mullin. La version numérique de ces dossiers peut être consultée dans la base de données du dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Conservatrice invitée : Taryn Dewar

Bannière pour la série Conservateurs invités. À gauche, on lit CANADA 150 en rouge et le texte « Canada: Qui sommes-nous? » et en dessous de ce texte « Série Conservateurs invités ».Canada : Qui sommes-nous? est une nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Une série de blogues est publiée à son sujet tout au long de l’année.

Joignez-vous à nous chaque mois de 2017! Des experts de BAC, de tout le Canada et d’ailleurs donnent des renseignements additionnels sur l’exposition. Chaque « conservateur invité » traite d’un article particulier et en ajoute un nouveau — virtuellement.

Ne manquez pas l’exposition Canada : Qui sommes-nous? présentée au 395, rue Wellington à Ottawa, du 5 juin 2017 au 1er mars 2018. L’entrée est gratuite.


Affiche touristique « Canada : Vacances illimitées », vers 1947

Affiche colorée illustrant un orignal, un cerf, des ours, un lièvre, un écureuil, un castor, un pêcheur, un joueur de cornemuse, une femme filant de la laine, un officier de la police montée, une femme et un enfant autochtones, un garçon conduisant une charrette à chien ainsi qu’un mât totémique. Les mots « Canada » et « Vacations Unlimited » sont imprimés respectivement au haut et au bas de l’affiche.

Affiche touristique « Canada : Vacances illimitées » (Canada Vacations Unlimited), vers 1947 (MIKAN 3007692)

Cette campagne de publicité découlait d’une étude de marché révélant que les Américains préféraient le tourisme au camping. Cet amalgame de symboles culturels d’un goût douteux en est le résultat. Tous les stéréotypes sont au rendez-vous!


Parlez‑nous de vous

En 2015, je suis déménagée à Fort McMurray, en Alberta, pour travailler comme interprète au Oil Sands Discovery Centre (un centre d’études sur les sables bitumineux). J’ai grandi dans le canton d’Hamilton en Ontario, près du lac Ontario. Pendant nos vacances familiales, nous faisions beaucoup de camping et nous visitions plusieurs musées. Quand je suis déménagée de l’Ontario vers Fort McMurray, j’ai traversé une partie du Canada; ça m’a donné une meilleure idée de sa véritable étendue.

Y a‑t‑il autre chose que, selon vous, les Canadiens devraient savoir à propos de cet élément?

Trois détails de l’affiche : sur la première image, on voit un officier de la police montée en uniforme, debout à côté d’une femme autochtone portant un bébé sur son dos. La femme est vêtue d’une robe bleue et rouge à rayures. Un cerf et un lièvre se tiennent devant. Sur la deuxième image, on voit un pêcheur en imperméable jaune tenant un gros poisson, à côté d’un homme en habit bleu jouant de la cornemuse. Une femme aux cheveux blancs est assise entre eux. La troisième image montre un mât totémique coloré représentant un aigle aux ailes déployées, entouré d’animaux sauvages.

Ces détails de l’affiche montrent un officier de la police montée avec une femme et un enfant autochtones; un pêcheur avec un joueur de cornemuse et une femme aux cheveux blancs; et un mât totémique. (MIKAN 3007692)

L’affiche « Canada : Vacances illimitées » illustre différents stéréotypes associés au Canada d’est en ouest : le pêcheur, la police montée, la femme et l’enfant autochtones et le mât totémique. Quant au joueur de cornemuse, il fait référence aux colons venus s’établir au Canada. Il va sans dire que le Canada d’aujourd’hui est beaucoup plus diversifié qu’à l’époque représentée ici (qui témoigne de la réalité des années 1930 à 1950). Et bien que l’affiche rassemble des symboles marquants de ce temps, il faut garder en tête qu’on ne pouvait pas non plus inclure tous les « canadianismes » dans une seule image.

Détails montrant un petit écureuil brun; un ours brun accroupi, les pattes avant écartées; un petit castor brun debout, avec les pattes avant écartées; un canard en vol; et finalement, deux cerfs bruns (un mâle et une biche).

Détails de petits animaux présents sur l’affiche. (MIKAN 3007692)

On remarque, en arrière-plan de l’affiche, plusieurs animaux et une forêt. Même si le Canada regorge de beautés naturelles, ce ne sont pas tous ses habitants qui ont une vue sur les Rocheuses ou les rochers du Bouclier canadien. Selon Statistique Canada, 66 % de la population du pays vit à 100 kilomètres ou moins de la frontière avec les États-Unis, une zone qui représente seulement 4 % du territoire canadien. Cela veut dire que la population canadienne se concentre surtout dans les régions métropolitaines. Et certaines de nos plus grandes villes (comme Montréal, Toronto et Vancouver) sont aussi devenues des destinations touristiques.

Parlez‑nous d’un élément connexe que vous aimeriez ajouter à l’exposition.

Ce qui m’a frappé, en regardant l’affiche « Canada : Vacances illimitées », c’est qu’on n’y voit aucune allusion à l’hiver. Plusieurs autres articles de l’exposition Canada : Qui sommes-nous? sont liés à la saison froide, mais l’affiche, pourtant axée sur les stéréotypes canadiens, ne montre pas un seul flocon de neige. Or, la majorité d’entre nous côtoie l’hiver une bonne partie de l’année! Bien sûr, pelleter et conduire dans les tempêtes ne comptent pas nécessairement parmi nos activités préférées, mais mieux vaut tirer parti de toute cette neige et en profiter en attendant l’arrivée du printemps. Je pense que cette œuvre, qui date du milieu des années 1800, serait un bon complément à l’affiche pour donner un meilleur aperçu de ce
qui se passe au Canada pendant toute l’année.

Une série de vignettes sur fond bleu montrent un homme marchant dans la neige profonde, tombant par-devant ou derrière, ou ployant sous les rafales de neige. Une légende accompagne chaque image : S’il y a une période de l’année où le Canada est encore plus enchanteur / C’est lorsqu’un dégel / suit une importante chute de neige / parce que / la neige devient alors si belle et si molle / surtout pour tomber / et parce que c’est si beau de regarder la neige tomber des toits. / Et parce que vous êtes certain qu’après / vous être écrasé le nez par terre / vous tomberez sur le dos / en essayant de vous relever. [Traduction libre]

Une période de l’année où le Canada est encore plus enchanteur… (MIKAN 2837052)

L’œuvre montre un homme qui tente de marcher dans la neige. Elle est coiffée d’un titre plein d’esprit : « Une période de l’année où le Canada est encore plus enchanteur » (traduction libre de One time of year when Canada is more delightful than another). C’est une façon drôle de se moquer des désagréments de l’hiver : avancer difficilement dans la neige, essayer de ne pas tomber… Les légendes transforment cette expérience désagréable en vrai récit d’aventures.

Ensemble, ces deux affiches montrent différentes facettes de la vie des Canadiens, qu’ils soient entourés par la nature ou qu’ils tentent de faire face à l’hiver. Ce sont des symboles dont le Canada peut être fier. Et notre pays ne se résume pas qu’à ses beautés naturelles ou à sa météo : sa population profite pleinement de ce qu’il a à offrir, et elle en fait un endroit formidable à visiter et à habiter!

Biographie

Photo en couleur d'une femme souriante portant des lunettes Taryn Dewar est titulaire d’une maîtrise ès arts en histoire publique de l’Université Western Ontario. Elle travaille comme interprète au Oil Sands Discovery Centre de Fort McMurray, en Alberta.