Nouer des relations, enrichir la collection

Par Michael Kent

Les participants à mes ateliers sont souvent impressionnés quand ils découvrent l’ampleur du mandat d’acquisition de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Saviez-vous que BAC s’efforce d’obtenir toutes les publications canadiennes existantes, qu’elles soient destinées à la vente ou non? Cela comprend les ouvrages publiés au Canada, rédigés par des Canadiens ou qui portent sur le Canada.

BAC acquiert les publications canadiennes au moyen du dépôt légal, un programme en vertu duquel les éditeurs doivent lui remettre deux exemplaires de chacune de leurs publications. Pour les documents publiés à l’extérieur du pays, c’est plus compliqué : BAC doit les rechercher de façon active. Et souvent, le plus grand défi, c’est tout simplement de savoir qu’ils existent! Ce n’est pas une mince tâche lorsqu’on sait que les auteurs canadiens écrivent sur tous les sujets, dans plusieurs langues, et sont publiés partout dans le monde. Et parfois, je découvre leurs œuvres grâce à des rencontres informelles.

Par exemple, j’ai récemment assisté à une conférence sur la littérature yiddish au Canada. Pendant le souper, j’ai entamé une conversation avec la femme assise en face de moi. Quelle agréable surprise de découvrir qu’il s’agissait de Goldie Morgentaler! Professeure de littérature à l’Université de Lethbridge et fille de l’auteure canadienne yiddish bien connue Chava Rosenfarb (une survivante de l’Holocauste établie à Montréal), Mme Morgentaler est aussi une éminente traductrice de littérature yiddish.

Chava Rosenfarb (à gauche) est assise près de sa fille Goldie Morgentaler, qui lui entoure les épaules de son bras.

Chava Rosenfarb (à gauche) et sa fille, Goldie Morgentaler. Photo : Gracieuseté de Goldie Morgentaler

Quand je lui ai parlé de mon travail à BAC, elle m’a demandé si nous conservions les livres de sa mère. J’ai répondu que nous avions probablement tous ceux qui avaient été publiés au Canada (car ils sont assujettis au dépôt légal); mais il se pouvait que nous n’ayons pas certains livres publiés à l’extérieur du pays. Or, Goldie Morgentaler tenait vraiment à ce que nous conservions l’œuvre intégrale de sa mère. Nous avons donc décidé de fouiller la question.

Après avoir échangé par courriel, nous avons ciblé certains livres de Chava Rosenfarb qui ne faisaient pas partie de la collection de BAC (notamment des traductions publiées aux États-Unis, en Pologne et en Espagne). Ces traductions d’ouvrages canadiens publiées à l’étranger sont précieuses, car elles témoignent de l’influence de la culture canadienne et montrent comment les Canadiens sont perçus à l’étranger.

En plus des œuvres de sa mère, Goldie Morgentaler a offert à BAC quelques périodiques yiddish publiés à l’étranger mais mettant en vedette des auteurs canadiens, comme des numéros de Di Pen et de Yiddishe Kulture. Ces écrits, publiés à l’étranger dans des langues autres que le français et l’anglais, aident à mieux comprendre la diversité culturelle du Canada.

Et ce n’est pas tout : Goldie Morgentaler nous a aussi fourni des renseignements bibliographiques importants sur ces périodiques. Elle avait collé sur chaque numéro un papillon adhésif précisant les pages ayant du contenu canadien et mentionnant la ville d’origine des auteurs.

Douze périodiques déposés sur une table. Chaque numéro comporte un papillon adhésif sur lequel Goldie Morgentaler a identifié le contenu canadien.

Quelques-uns des périodiques yiddish donnés par Goldie Morgentaler. Elle a inscrit sur des papillons adhésifs des renseignements bibliographiques pertinents pour BAC. Photo : Michael Kent

Bien sûr, même si je suis un bibliothécaire spécialisé en littérature judaïque, je ne connais pas tous les auteurs juifs. Ma rencontre avec Goldie Morgentaler m’a permis de découvrir de nouveaux auteurs et de nouvelles publications, et d’ajouter à notre collection nationale des documents rédigés dans d’autres langues que le français et l’anglais. Je suis toujours reconnaissant envers les personnes qui, comme elle, sont passionnées d’histoire et de culture canadiennes. Nouer des liens avec des gens de l’extérieur est essentiel pour enrichir la collection de BAC et les connaissances du public sur le Canada.

Ce fut un honneur pour moi de collaborer avec Goldie Morgentaler. Et j’ai déjà hâte à ma prochaine rencontre avec un étranger!


Michael Kent est le conservateur de la collection Jacob-M.-Lowy à Bibliothèque et Archives Canada.

Les gardiennes de phare, ces héroïnes côtières : défi Co-Lab

Leah Rae

Imaginez le quotidien d’un gardien de phare : veiller à ce que toujours la lumière brille, en dépit de la solitude et de l’isolement, des sombres nuits et des tempêtes. Maintenant, ajoutez à cela le rôle de veuve éplorée, de conjointe soignante ou de mère attentionnée. C’est là la réalité des gardiennes de phare au Canada, à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

À cette époque, ce sont les hommes qui exercent officiellement le métier de gardien de phare, mais dans les faits, toute la famille est mise à contribution. Comme c’est alors une charge que l’on gardera toute sa vie durant, quelqu’un doit reprendre le flambeau sans tarder lorsqu’un gardien décède. La plupart du temps, c’est la femme ou l’enfant qui prend la relève, y étant déjà établi et possédant l’expérience et le savoir requis. À la charnière des 19e et 20e siècles, le Canada compte donc plusieurs gardiennes de phare.

Mary Croft – Phare de l’île Discovery, île Discovery, Colombie-Britannique

Mary Croft est, dit-on, la toute première gardienne de phare du Canada. Si elle se voit officiellement confier la garde du phare de l’île Discovery en 1902, cela fait déjà cinq ans qu’elle joue ce rôle : son père, le gardien officiel, mène alors un long combat contre la maladie. Lorsqu’elle reçoit le titre, cette mère de deux filles doit donc également s’occuper de toute sa famille de même que de son père mourant. Elle veillera sur le phare de l’île Discovery durant plus de 30 ans, avant de partir pour Victoria, en Colombie-Britannique, à 67 ans. Elle reçoit la Médaille du service impérial en 1934 pour son travail de gardienne de phare.

Texte dactylographié bleu sur du papier à lettres blanc cassé.

Lettre de recommandation pour Mme Mary Croft [Note : Le nom du gardien de phare était en fait Brinn, et non Dunn.] (e011435495)

Carte postale en couleur illustrant un large bâtiment jaune et brun et un phare.

Hôtel et phare Inch Arran (e011435492).

Denise Arsenault – Phare Inch Arran, Dalhousie, Nouveau-Brunswick

Le phare Inch Arran (parfois appelé phare de la pointe Bon Ami) est construit en 1870. Cette magnifique structure unique en son genre prend la forme d’une salière couronnée d’une cage d’oiseau. Surplombant la baie des Chaleurs, au Nouveau-Brunswick, ce phare fait toujours office de balise lumineuse. À la fin des années 1800, il consiste en un lieu de villégiature abritant le grand hôtel Inch Arran. La famille Arsenault aura gardé le phare durant 65 ans. En 1913, le gardien de l’époque, James Arsenault, décède, laissant la charge à son épouse Denise. Celle-ci s’occupera du phare jusqu’en 1927, année où elle se fracture le bras en tombant dans les escaliers glissants de la tour. Elle devient alors incapable d’assumer ses fonctions.

Maisie Adams – Phare de New London, Île-du-Prince-Édouard

Maisie Adams est la seule femme gardienne de phare dans l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard. Elle garde le phare de New London de 1943 à 1959, succédant ainsi à son époux Claude, mort du cancer à l’âge de 40 ans. Maisie Adams a alors 30 ans et doit également s’occuper de ses trois enfants, âgés d’un an à sept ans. Elle veille déjà sur le phare depuis un an et demi, en raison de la maladie de son époux. Mme Adams vit dans une maison près du phare. Chaque printemps, elle allume la lumière du phare, qu’elle éteint avant l’arrivée de l’hiver, une fois tous les bateaux de pêche rentrés au port et remisés pour la saison hivernale.

Trois pages de texte manuscrit à l’encre bleue sur du papier à lettres blanc cassé. Le coin supérieur droit de la première page porte les sceaux officiels.

Lettre de recommandation pour Maisie Adams (e044435793-058)

Trois pages de texte manuscrit à l’encre bleue sur du papier à lettres blanc cassé. Le coin supérieur droit de la première page porte les sceaux officiels.

La vie de gardien de phare n’avait rien de facile. Il fallait vivre dans l’isolement, composer avec les intempéries et exercer une vigilance de tous les instants. Les femmes qui assumaient ce rôle travaillaient sans relâche et étaient souvent recluses. Elles devaient assurer non seulement le bien-être de leur famille, mais aussi la sécurité des marins.

Bibliothèque et Archives Canada possède une vaste collection de documents sur les phares et les gardiens de phare. Pour célébrer la Journée internationale des femmes, le 8 mars, nous mettons en lumière le travail des gardiennes de phare du Canada et vous invitons à explorer quelques documents et images qui font briller leur quotidien difficile et leur apport à la vie maritime au pays. Vous pouvez utiliser Co-Lab pour transcrire, étiqueter, traduire et décrire ces fichiers numérisés de notre collection.


Leah Rae est archiviste au bureau d’Halifax de la Division des services de référence de Bibliothèque et Archives Canada.

Livres jeunesse autochtones : acquisitions de 2019

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.Par Sarah Potts

Voici quelques titres à offrir aux jeunes lecteurs pour les Fêtes

À Bibliothèque et Archives Canada, nous adorons les livres! À l’approche des Fêtes, nous échangeons souvent des idées de cadeaux pour nos proches. Mais ce n’est pas toujours simple de choisir un bon livre pour enfants (ou pour les jeunes de cœur). Un conseil de bibliothécaire : regardez ces ouvrages de littérature jeunesse autochtone que nous avons acquis cette année, tant en français qu’en anglais. Qu’il s’agisse de titres publiés par des auteurs autochtones ou racontant des histoires autochtones, nous espérons qu’ils sauront vous inspirer et qu’ils viendront enrichir la bibliothèque des jeunes et des moins jeunes lecteurs.

Photographie couleur de quatre livres placés dans une pile.

Quelques-uns des nombreux livres conservés dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada. Photo : Tom Thompson

Pour les plus jeunes

Nokum : Ma voix et mon cœur, David Bouchard, illustrations d’Allen Sapp, musique de Northern Cree Singers. En français et en cri. No OCLC 71344720

Nokum : Ma voix et mon cœur raconte l’histoire d’une conversation entre un petit garçon et sa Nokum (grand-mère), qui lui explique pourquoi il devrait apprendre à lire. Sa Nokum connaît bien le pouvoir de la lecture, mais elle lui rappelle qu’il doit aussi respecter le savoir traditionnel. L’histoire, en français et en cri, est accompagnée d’une trame musicale téléchargeable.

Una Huna: What Is This?, Susan Aglukark, illustrations d’Amanda Sandland et Danny Christopher. En anglais. No OCLC 1122616081

Ukpik aime beaucoup aller camper dans le Nord. Un jour, un capitaine vient commercer avec son père, et soudain, Ukpik craint que rien ne soit plus comme avant. Elle en parle à sa grand-mère, qui lui rappelle que si bien des choses peuvent changer, l’amour d’Ukpik pour sa famille et le camping, eux, ne changeront jamais.

Nibi a soif, très soif, Sunshine Tenasco, illustrations de Chief Lady Bird. No OCLC 1083095552

Cet ouvrage magnifiquement illustré explique aux enfants pourquoi l’eau potable nous est essentielle. Les réflexions et la quête de la jeune Nibi sont présentées par un narrateur inusité : sa propre chevelure! Au fil du récit, les communautés apprennent l’écoute et le dialogue, et unissent leurs efforts pour que tous les Canadiens aient accès à une eau saine et propre.

You Hold Me Up, Monique Gray Smith, illustrations de Danielle Daniel. En anglais. No OCLC 973043772

Ce livre montre aux enfants et à ceux qui en prennent soin l’importance de l’empathie, et leur explique pourquoi nous devrions tenir compte des sentiments des autres dans les gestes que nous posons. Il aidera les tout-petits à mieux comprendre ce que sont le respect et l’empathie.

Parfois je suis un renard, Danielle Daniel (texte et illustrations). No OCLC 989789937

Ce livre est une merveilleuse introduction à la tradition anishinaabe des animaux totems. Des enfants y expliquent, dans leurs propres mots, pourquoi ils se sentent liés à certains animaux. L’ouvrage s’accompagne de splendides illustrations où chaque enfant est représenté sous la forme de son animal totem.

A Children’s Guide to Arctic Butterflies, Mia Pelletier, illustrations de Danny Christopher. En anglais. No OCLC 1004529871

Si vous croyez que seuls les ours polaires et les lièvres vivent au pôle Nord, détrompez-vous! On y trouve aussi des papillons arctiques. Et contrairement à l’hippopotame d’Amérique du Nord qui peuple les légendes, ceux-ci sont bien réels! Ce livre magnifiquement illustré et rempli d’informations nous entraîne dans le monde de ces vaillantes petites créatures.

Photographie couleur de quatre livres placés dans une pile.

Quelques-uns des nombreux livres conservés dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada. Photo : Tom Thompson

The Gathering, Theresa Meuse-Dallien, illustrations d’Arthur Stevens. En anglais. No OCLC 966404621

Alex n’a jamais participé à un mawiomi (un rassemblement spirituel), et cela l’inquiète. Mais en parlant avec des Aînés, elle gagne peu à peu en confiance. Elle réussira finalement le plus important : trouver sa place dans le cercle de la parole.

Mokatek et l’étoile disparue, Dave Jenniss, illustrations de Claudie Côté Bergeron. No OCLC 1080217733

Tous les soirs, Mokatek parle aux étoiles avant de s’endormir. Il a une étoile préférée, la plus belle et la plus brillante du firmament : l’étoile du Nord, à qui il raconte ses journées. Mais un jour, celle-ci disparaît. Mokatek se met alors en tête de la retrouver. Dans cet ouvrage pour les petits, nous suivons Mokatek dans sa quête, alors qu’il fait appel à ses amis les animaux pour retrouver l’astre brillant et le ramener à la maison.

Dragonfly Kites, Thomson Highway, illustrations de Julie Flett. En anglais et en cri. No OCLC 1055555884

Dragonfly Kites est le deuxième tome d’une trilogie rédigée par le célèbre auteur et dramaturge Thomson Highway. Ce livre bilingue (anglais et cri) raconte l’histoire de deux frères qui, le jour, font voler leurs cerfs-volants, et s’envolent dans leurs rêves la nuit venue. Ils nous rappellent comme c’est bon de laisser libre cours à son imagination!

Photographie couleur de quatre livres placés dans une pile

Quelques-uns des nombreux livres conservés dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada. Photo : Tom Thompson

Pour les ados et les préados

Un parcours bispirituel : récit d’une aînée ojibwée-crie lesbienne, Ma-Nee Chacaby, avec la collaboration de Mary Louisa Plummer. No OCLC 1035313410. (Avertissement : Cet ouvrage traite d’homophobie et de transphobie.)

Dans ce récit sur la résilience et la découverte de soi, Ma-Nee Chacaby nous raconte son parcours de vie avec humour et bienveillance, tout en nous transmettant sa détermination à s’accepter telle qu’elle est.

Trickster Drift, Eden Robinson. En anglais. No OCLC 1035334241 (Avertissement : Cet ouvrage traite de l’usage de drogues.)

Dans ce deuxième tome d’une série qui en comptera trois, nous suivons Jared, un garçon doué pour les ennuis… et la magie. Il doit déménager à Vancouver pour fréquenter l’école secondaire. Mais il découvrira que ce n’est pas parce que vous laissez la magie derrière vous que la magie vous abandonne!

Voices from the Skeena: an Illustrated Oral History, Roy Henry Vickers et Robert Budd, illustrations de Roy Henry Vickers. En anglais. No OCLC 1107990291

Tous ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime les livres sur l’histoire, et encore plus quand ils sont illustrés! Dans cet ouvrage, vous voguerez sur le fleuve Skeena, à la rencontre de ceux qui le parcourent depuis des temps immémoriaux et de ceux qui sont venus après eux. C’est le livre parfait pour les historiens en herbe de la côte Ouest.

À l’approche du temps des Fêtes, j’espère vous avoir donné le goût d’explorer les œuvres et l’imaginaire des auteurs autochtones.


Sarah Potts est bibliothécaire aux acquisitions à la Section du dépôt légal de la Direction générale du patrimoine publié, à Bibliothèque et Archives Canada.

Les soldats inuits de la Première Guerre mondiale : le caporal suppléant John Shiwak

English version

À la gauche de l’image, Tatânga Mânî (le chef Walking Buffalo, aussi appelé George McLean) est à cheval dans une tenue cérémonielle traditionnelle. Au centre, Iggi et une fillette font un kunik, une salutation traditionnelle dans la culture inuite. À droite, le guide métis Maxime Marion se tient debout, un fusil à la main. À l’arrière-plan, on aperçoit une carte du Haut et du Bas-Canada et du texte provenant de la collection de la colonie de la Rivière-rouge.

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique qui pourraient être considérés comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde – terminologie historique.

Par Heather Campbell

Photo noir et blanc d’un jeune homme inuit vêtu d’un uniforme militaire, qui regarde l’objectif.

Le caporal suppléant John Shiwak, du First Royal Newfoundland Regiment, vers 1915. Source : Anciens Combattants Canada.

En cette période où nous nous rappelons les sacrifices des soldats qui ont participé à la Première et à la Seconde Guerre mondiale, nous pensons notamment aux Métis et aux membres des Premières Nations qui se sont battus pour notre pays. Or, peu de gens savent que des soldats inuits ont aussi livré bataille aux côtés des soldats autochtones et non autochtones. Mon arrière-grand-oncle, le caporal suppléant John Shiwak, était l’un d’eux. Chasseur doué, il est devenu tireur d’élite, « l’un des meilleurs de l’armée britannique » selon un frère d’armes.

Mon arrière-grand-oncle venait du Nunatsiavut, territoire inuit couvrant le Nord et le centre du Labrador, qui faisait partie du Dominion de Terre-Neuve de l’Empire britannique en 1914. Lorsqu’on a invité les hommes de Terre-Neuve à s’enrôler, l’appel a aussi été entendu dans les établissements inuits le long de la côte nord du Labrador.

Dans la culture inuite, on cherche généralement à éviter les affrontements; c’était le cas à l’époque, et ce l’est encore aujourd’hui. Des personnes en situation d’autorité, comme le docteur Harry Paddon, médecin de l’International Grenfell Association, ont donc incité de nombreux jeunes hommes inuits à aller sous les drapeaux. Une quinzaine d’entre eux se sont ainsi enrôlés, pour différentes raisons, et ont mis le cap sur l’Angleterre à l’été 1915.

Photo noir et blanc de deux femmes et d’un enfant inuits, debout à côté d’une maison en bois.

Hopedale, Terre-Neuve-et-Labrador, 1913. Source : Edith S. Watson. (e010791418)

Le choc culturel a dû être immense pour ces hommes qui, comme mon arrière-grand-oncle, venaient de petits hameaux isolés comptant quelques centaines d’habitants tout au plus. Outre la taille et le tumulte des villes et des villages européens, ils faisaient face à une vision du monde tout à fait différente. Les Inuits chassent pour survivre, mais ils respectent chaque vie sacrifiée; dès notre enfance, on nous apprend qu’il ne faut jamais faire souffrir un animal ni lui causer de détresse. Ainsi, chaque tir doit être précis et efficace. C’était encore plus vrai au début du 20e siècle, époque où l’on ne pouvait se permettre de gaspiller des munitions, vu leur coût et leur rareté. Parfois, cela signifiait qu’on revenait à la maison bredouille.

J’imagine que ces soldats inuits se sentaient exactement de la même façon lorsqu’ils utilisaient leurs armes au front. Comme cela a dû être difficile pour eux de tirer à la hâte, sachant qu’ils avaient peut-être blessé quelqu’un! Mais ils comprenaient qu’il fallait arrêter les hommes de l’autre côté des tranchées pour que d’autres puissent vivre, tout comme ils avaient dû tuer des animaux au Labrador pour que leur famille survive. C’est sans doute ce qu’ils se disaient pour pouvoir accepter les horreurs de la guerre.

Photo noir et blanc d’un paysage d’arbres et de maisons aux toits noirs. À l’arrière-plan, on voit un bateau sur l’eau.

Bâtiments de la Compagnie de la Baie d’Hudson, Rigolet, Labrador, septembre 1926. Photo : L. T. Burwash. (a099501)

L’histoire de mon arrière-grand-oncle, le caporal suppléant John Shiwak, est particulière parce qu’en plus de ses occupations traditionnelles (chasseur, trappeur et pêcheur), il était aussi écrivain, poète et artiste. Du front, il a écrit de nombreuses lettres à son ami Lacey Amy, un journaliste et auteur ontarien. Celui-ci a d’ailleurs raconté leur amitié dans un article intitulé « Un patriote esquimau » (An Eskimo Patriot), paru en juillet 1918 dans The Canadian Magazine. Il y témoigne des émotions vécues par son ami durant la guerre :

La durée de la guerre commençait à le miner. Il n’avait aucun ami proche, personne avec qui entretenir le lien avec son lointain patelin. En septembre, il se plaignit : « Je n’ai reçu aucune lettre de chez moi depuis juillet. Et il n’y en aura plus jusqu’à la débâcle. » Dans sa dernière lettre, il exprimait sa nostalgie des bons vieux jours de chasse. Le Labrador, qui n’avait jamais pu satisfaire ses ambitions, lui apparaissait alors comme un lieu chaleureux et accueillant… On était à la mi-novembre. Un mois plus tard, je recevais une enveloppe officielle, contenant ma dernière lettre. Sur le dessus, le damné tampon : « Décédé ». [Traduction]

Chaque année, durant le jour du Souvenir, ma famille parle de cet oncle John avec un respect solennel, se rappelant le grand deuil vécu lorsqu’il n’est pas revenu de la guerre. Tous les Labradoriens expatriés que j’ai rencontrés m’ont dit vouloir retourner au Labrador. Notre rapport avec cette terre est difficile à exprimer. Nous voyons de nos propres yeux comment elle nous fournit toutes les ressources nécessaires pour survivre. Des générations d’histoires sont imprégnées dans la communauté, mais aussi dans chaque site de pêche, chaque ligne de piégeage, chaque sentier de bûchage, chaque aire de chasse et chaque lieu où nous cueillons des baies. C’est ce qui explique le lien très spécial que nous avons avec notre terre. Ceux qui sont loin du Labrador sont déconnectés d’une partie d’eux-mêmes.

La première fois que je suis allée au Musée canadien de la guerre, j’ai été attirée par la reconstitution d’une tranchée de la Première Guerre mondiale. Les visiteurs pouvaient y entrer et se mettre dans la peau des soldats au front. Je l’ai parcourue lentement, en proie à l’émotion. Les larmes coulaient sur mes joues alors que j’imaginais mon arrière-grand-oncle accroupi dans la boue, en train d’écrire dans son journal ou de dessiner la terre et les animaux, souhaitant plus que tout retrouver la paix et la solitude de sa terre ancestrale. Une terre qu’il ne reverrait plus jamais.

Photo noir et blanc d’un cimetière derrière une clôture, avec quelques petits arbres sans feuilles, près de Cambrai, en France. À l’arrière-plan, on aperçoit une maison et une ferme.

Le cimetière britannique Raillencourt près de Cambrai. John Shiwak n’a pas été enterré dans ce cimetière, mais il est tout aussi loin de chez lui. (a004409)

Mon arrière-grand-oncle et six autres soldats ont été tués par un obus durant la bataille de Cambrai, le 20 novembre 1917. Quatre-vingt-huit ans plus tard, en 2005, mon cousin Jason Sikoak (patronyme qui s’écrivait autrefois « Shiwak ») a participé à la Tournée spirituelle autochtone, lors de laquelle il a parcouru l’Europe avec un groupe pour rendre hommage aux soldats autochtones. Mon cousin m’a confié que durant le voyage, il a vu notre arrière-grand-oncle en songe. Nous espérons qu’il a suivi Jason jusqu’au rivage de Rigolet et qu’il est en paix.

Photo noir et blanc de bateaux dans une baie. On voit des arbres à l’avant-plan.

Une langue de terre, vue de loin, s’avance dans une baie. Des bâtiments de la Compagnie de la Baie d’Hudson sont érigés le long de sa côte. Des bateaux ont jeté l’ancre dans la baie. Rigolet, vers 1930. Photo : Fred. C. Sears. (e010771588)

Ce blogue fait partie d’une série portant sur les Initiatives du patrimoine documentaire autochtone. Apprenez-en plus sur la façon dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC) améliore l’accès aux collections en lien avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Voyez aussi comment BAC appuie les communautés en matière de préservation d’enregistrements de langue autochtone.


Heather Campbell travaille comme archiviste à la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Cinq sujets souvent abordés par nos archivistes de référence

Cet article renferme de la terminologie et des contenus à caractère historique que certains pourraient considérer comme offensants, notamment au chapitre du langage utilisé pour désigner des groupes raciaux, ethniques et culturels. Pour en savoir plus, consultez notre Mise en garde — terminologie historique.

Par Rebecca Murray

Les archivistes de référence reçoivent beaucoup de questions. En 2018, par exemple, ils ont répondu à plus de 1 200 demandes écrites à propos des archives conservées à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Voici les cinq sujets qu’ils abordent le plus souvent.

Photo noir et blanc montrant un déraillement dans la gare de triage. Le sol est couvert de neige et une ville se trouve à l’arrière-plan.

Déraillement de wagons sur l’avenue Strachan à Toronto, 19 décembre 1916. Photographie prise par John Boyd. a070106

1. Rapports sur les accidents de transport

Dans un pays aussi vaste que le nôtre, les transports sont omniprésents. De temps à autre, des aéronefs civils ou militaires, des trains ou des navires sont impliqués dans un accident — incidents mineurs ou accidents majeurs faisant la une des nouvelles nationales. BAC conserve le fonds d’archives des ministères, des organismes et des conseils fédéraux qui mènent des enquêtes et produisent des rapports sur les accidents de transport.

Anciens billets de blogue à ce sujet : Trouver des accidents ferroviaires dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada, Astuces pour la recherche sur les accidents d’avion, partie 1 et partie 2.

Si vous souhaitez en savoir plus sur des accidents maritimes, utilisez l’outil Recherche dans la collection. Essayez diverses combinaisons de mots-clés pour trouver les documents pertinents du fonds du ministère des Transports (RG12). Tapez RG12, le nom du navire et le lieu de l’accident, puis triez vos résultats par date.

Vous pouvez aussi trouver des documents publiés sur les accidents. Pour ce qui est des aéronefs, consultez les Sources publiées concernant les rapports d’accidents d’avion. Pour chercher d’autres rapports publiés sur les accidents de transport, inscrivez les mots-clés pertinents dans Recherche dans la collection, puis sélectionnez Bibliothèque dans le menu déroulant.

Photo panoramique montrant les soldats du 91e Bataillon d’outre-mer de la Force expéditionnaire du Canada, debout et assis sur trois rangées. Les soldats sont en uniforme. Certains tiennent des tambours ou d’autres instruments de musique.

91e Bataillon d’outre-mer de la Force expéditionnaire du Canada, 7 avril 1916. e010932335

2. Opérations et unités militaires

De nombreux chercheurs demandent de l’information sur des opérations ou des unités militaires. La recherche est plus facile si vous avez une plage de dates. Commencez par insérer des mots-clés dans Recherche dans la collection afin de trouver des documents du fonds du ministère de la Défense nationale (RG24/R112) et sélectionnez Archives dans le menu déroulant.

Par exemple, si vous cherchez des documents sur l’Opération Overlord, soit le nom de code de la bataille de Normandie pendant la Deuxième Guerre mondiale (1944), vous pouvez inscrire « RG24 opération overlord », puis sélectionner les archives des années 1940. Suivez les mêmes étapes si vous cherchez des documents sur une unité militaire. Inscrivez le nom ou le numéro de l’unité et la référence archivistique RG24.

Photo noir et blanc d’un document officiel de la province du Canada décrivant avec précision l’emplacement et la taille d’un terrain concédé.

Titre de propriété délivré à David Patterson, comté de Haldimand, 8 juin 1856. (RG68, volume 231, dossier EO, page 172)

3. Ventes de terres et biens fonciers

Il s’agit d’un sujet très populaire et particulièrement intéressant puisque l’utilisation des terres a évolué au fil du temps. Cependant, la tenue de documents et le transfert des responsabilités au sein du gouvernement compliquent ces recherches. Plusieurs billets de blogue guident les chercheurs dans les premières étapes :

BAC possède également de nombreuses bases de données sur les biens fonciers :

La plupart des chercheurs se posent des questions sur les terres qu’ils possèdent ou qui ont été accordées à leurs ancêtres. Les renseignements suivants nous aident à mieux répondre à votre demande :

  • Date de cession (ou de vente, ou de transfert)
  • Emplacement de la terre (description juridique précise ou générale)
  • Nom du titulaire de l’acte de concession (groupe, personne morale ou particulier)
Photo noir et blanc légèrement floue, montrant le côté et la façade d’un bâtiment avec l’entrée principale.

Pensionnat autochtone de St. Eugene (Kootenay), bâtiment principal vu du sud, Cranbrook (Colombie-Britannique). Photo prise le 11 septembre 1948. (e011080318)

4. Fréquentation d’externats ou de pensionnats

Nos services de référence reçoivent de nombreuses demandes sur la fréquentation des externats et des pensionnats. La plupart des documents sur les pensionnats se trouvent dans le fonds du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien (RG10/R216).

Dans Recherche dans la collection, inscrivez diverses combinaisons de mots pour une recherche générale : nom de l’école, numéro de référence archivistique RG10 et mots-clés comme élève, liste nominative, fréquentation ou admission.

Pour trier les résultats obtenus, cliquez sur les onglets au-dessus des résultats ou sur les filtres dans le menu à gauche. Par exemple, vous pouvez limiter vos résultats aux archives (c’est-à-dire les documents non publiés) et à une plage de dates précises. L’objectif est de compiler une liste de références complètes pour les documents potentiellement pertinents.

Pour obtenir des liens vers les documents numérisés, classés par école, consultez la Série des dossiers relatifs aux écoles — 1879-1953.

Photo noir et blanc d’un gros bâtiment en pierres. Des hommes marchent devant lui sur le trottoir. Une affiche placée sur le bâtiment à côté dit « The Mercury Newspaper ».

Bureau de poste, Renfrew (Ontario), 1910. a055863

5. Information sur les bâtiments fédéraux historiques

L’architecture vous passionne? Vous vivez ou travaillez dans un bâtiment historique (gare, bureau de poste, bureau de douane, etc.)? Il y a plein de bonnes raisons pour effectuer des recherches dans ce domaine!

Dans Recherche dans la collection, inscrivez d’abord le type et l’emplacement des bâtiments (p. ex. bureau de poste Renfrew). Triez vos résultats, au besoin. Cherchez-vous des photographies ou les stipulations d’un contrat de rénovation conclu au milieu du siècle? Vous voudrez peut-être commencer par trier les résultats par date ou par type de document (cartes, etc.).

Relevez des indices dans les résultats pour affiner la recherche, notamment en utilisant des termes plus précis (comme le nom de rue). Ou encore, élargissez votre recherche au moyen de termes géographiques (nom de la province ou de la région, par exemple).

Nous recevons toutes vos questions avec grand plaisir et nous avons à cœur de vous aider tout en respectant notre Charte des services de référence. Nous ne pouvons pas effectuer la recherche à votre place, mais posez-nous une question et nous ferons tout en notre pouvoir pour vous aider!


Rebecca Murray est archiviste à la Division des services de référence.

Bill Miner : le légendaire voleur de train et évadé de prison

Par Caitlin Webster

Surnommé le « gentleman cambrioleur » et le « renard gris », Bill Miner est un criminel notoire au Canada et aux États-Unis. Bien qu’il soit l’auteur de dizaines de vols et se soit évadé à maintes reprises, une grande partie de la population le perçoit comme un héros généreux qui s’en prend uniquement aux entreprises représentant le côté sombre du capitalisme. Bibliothèque et Archives Canada possède de nombreux enregistrements sonores, publications, vidéos et autres documents sur Miner. Des centaines d’entre eux sont sur Co-Lab, accompagnés de défis de production participative.

Page de journal contenant du texte, une illustration de deux hommes armés à cheval s’approchant d’un train, un portrait de l’auteur et des photographies de Bill Miner, Shorty Dunn et Lewis Colquhoun.

Article du journal The Province du 18 janvier 1958 : « Bill Miner — last of the train robbers » [Bill Miner – le dernier voleur de trains] (e011201062-019-v8).

Né le 27 décembre 1846, Ezra Allan Miner entame sa carrière criminelle pendant son adolescence en volant des chevaux et des biens appartenant à des commerçants dans le nord de la Californie. Plus tard, il se met à cambrioler des résidences et à voler des diligences en Californie et au Colorado. Lui et ses complices s’enfuient souvent avec des milliers de dollars en espèces, en poussière d’or, en obligations et en autres types de biens. Ses bonnes manières pendant ses vols lui valent le surnom de gentleman cambrioleur. Les services de police finissent par attraper Miner et, malgré ses multiples tentatives d’évasion, il passe des décennies derrière les barreaux de la prison d’État de San Quentin.

Relâché en 1901, Miner se retrouve dans l’Ouest américain du 20e siècle, un paysage qui lui est inconnu. Après avoir tenté sa chance dans l’élevage d’huîtres, il reprend rapidement ses activités criminelles. Puisque les diligences ont été remplacées par des chemins de fer de plus en plus longs, Miner se lance dans les attaques de trains. Par deux fois, ses tentatives échouent sur les trains express de l’Oregon.

Il décide alors de s’enfuir de l’autre côté de la frontière pour s’établir à Princeton, en Colombie-Britannique. Sous le nom de George Edwards, il devient commerçant de bétail et employé de ranch. Les habitants de la petite ville l’aiment bien en raison de sa générosité.

En 1904, Miner recrute de nouveaux complices pour attaquer un autre train, cette fois-ci au Canada. Le 10 septembre, avec ses partenaires Jake Terry et Shorty Dunn, le gentleman cambrioleur s’en prend à un train du Chemin de fer Canadien Pacifique à Mission Junction (Colombie-Britannique). Les criminels s’emparent de milliers de dollars en espèces, en or, en obligations et en titres de placement. Ils échappent aux autorités pendant un an et demi.

Le 8 mai 1906, Miner, Dunn et un nouveau complice, Louis Colquhoun, braquent un train du Canadien Pacifique à Ducks (maintenant Monte Creek), près de Kamloops. Cette opération tourne au désastre : les trois hommes ne prennent que 15,50 $ avant de s’enfuir à pied et d’être capturés cinq jours plus tard. Toutefois, grâce à sa popularité dans la région et au ressentiment des citoyens contre le Canadien Pacifique, une foule de défenseurs accueille Miner lorsque la Royale gendarmerie à cheval du Nord-Ouest le transporte à Kamloops.

Le 1er juin 1906, les trois hommes sont jugés et condamnés. Le lendemain, Miner commence à purger sa peine à perpétuité au pénitencier de la Colombie-Britannique, à New Westminster. Pendant son incarcération, Miner n’exprime aucun regret. Il aurait même dit au révérend A. D. E. Owen : « Je suis qui je suis et j’ai fait ce que j’ai fait, mais je peux regarder Dieu et les hommes en face sans ressentir la moindre honte. » L’ecclésiastique remarque par la suite que Miner a réussi à charmer les autres prisonniers et le personnel du pénitencier. Il avertit le directeur par intérim qu’il faut « garder le vieux Bill à l’œil ».

Deux photos de Bill Miner, une de face et l’autre de profil. Les cheveux et la moustache de Miner sont rasés.

Photos signalétiques de Bill Miner, le visage et le crâne rasés, au début de sa peine purgée au pénitencier de la Colombie-Britannique (e011201061-128-v8).

Formulaire comprenant une description physique de Miner et les détails de la déclaration de culpabilité.

Le formulaire d’accueil de Bill Miner au pénitencier de la Colombie-Britannique (e011201060-009-v8).

Cet avertissement s’avère prophétique : Miner s’évade le 8 août 1907. Les gardiens et les policiers fouillent le secteur environnant, puis la région de Vancouver, mais sans succès. Des rumeurs disent qu’il aurait reçu de l’aide de l’extérieur pour s’évader en échange des obligations et des titres de placement volés en 1904 dans le train du Canadien Pacifique. De plus, les journaux rapportent une grande sympathie du public pour Miner. De nombreux citoyens espèrent que le fugitif ne sera jamais repris.

Carte sur fond bleu indiquant l’emplacement du pénitencier, d’un asile, des rues environnantes, d’un parc et du fleuve Fraser. Des notes montrent la clôture par où Miner s’est évadé et fournissent d’autres détails sur les environs.

Plan détaillé du pénitencier de la Colombie-Britannique montrant l’endroit où Bill Miner s’est échappé ainsi que le secteur environnant (e011201060-210-v8)

Affiche montrant la photo de Bill Miner et annonçant une récompense de 500 $ pour sa recapture. Elle donne des détails sur son évasion et son apparence physique.

Promesse de récompense pour la recapture de Bill Miner envoyée aux services de police, à des publications et à des agences de détectives privés (e011201060-210-v8).

Miner finit par retourner aux États-Unis et vit au Colorado jusqu’à ce qu’il soit à court d’argent. En 1911, il attaque un train en Géorgie. Ses complices et lui sont capturés quelques jours plus tard. Maintenant âgé de 64 ans, Miner est condamné à 20 ans de prison. Après de nouvelles évasions en 1911 et en 1912, il meurt en prison le 2 septembre 1913.

Les fonds de Bibliothèque et Archives Canada comprennent des documents du pénitencier de la Colombie-Britannique qui offrent des détails fascinants sur Bill Miner et son évasion. Ces documents sont maintenant sur Co-Lab. Allez relever des défis! Vous y trouverez des formulaires d’accueil et des photographies signalétiques de Miner, des rapports de dirigeants de prison, des coupures de journaux ainsi que des lettres de personnes affirmant avoir aperçu le gentleman cambrioleur, parfois des années après sa mort.

Co-Lab est un outil de production participative qui invite le public à transcrire, traduire, étiqueter et décrire des documents. Les contributions du public sont ensuite intégrées aux métadonnées en vue d’améliorer nos outils de recherche et la consultation de nos documents historiques.

 


Caitlin Webster est archiviste à la Division des services de référence au bureau de Vancouver de Bibliothèque et Archives Canada.

Nouveau balado! Écoutez notre plus récente émission, « Chansons de la saison »

Notre plus récent balado est en ligne! Écoutez « Chansons de la saison ».

Bibliothèque et Archives Canada possède la plus grande collection de musique canadienne du monde. Elle comporte plus de 250 000 enregistrements sonores et vidéo, sans parler de notre immense collection de musique en feuille, de partitions imprimées, de programmes de concerts et de livres. Vous aurez deviné que BAC possède également la plus grande collection de musique de Noël et des Fêtes.

Joseph Trivers, archiviste de la musique et co-chef de la chorale de BAC, se joint à nous aujourd’hui pour parler de notre collection de musique de Noël et des Fêtes.

Abonnez-vous à nos émissions de baladodiffusion sur notre fil RSS, iTunes ou Google Play, ou écoutez-les sur notre site Web à Balados – Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire.

Pour en savoir plus, écrivez-nous à bac.balados-podcasts.lac@canada.ca.

 

Prix littéraires du Gouverneur général de 2018

Par Liane Belway

Chaque automne à Bibliothèque et Archives Canada, nous célébrons le meilleur de la littérature canadienne en appuyant les Prix littéraires du Gouverneur général. Fondés en 1936 et administrés par le Conseil des arts du Canada depuis 1959, les Prix reconnaissent les meilleurs ouvrages littéraires de l’année. (Plutôt pratique à l’approche du temps des Fêtes, si vous cherchez le cadeau parfait pour les amoureux de la lecture que vous connaissez.) Les quatorze gagnants de langue française et de langue anglaise dans sept catégories ont été annoncés le 30 octobre. Ils reflètent à la perfection la richesse de la diversité culturelle au Canada.

Voici tous les gagnants dans les deux langues officielles.

Romans et nouvelles

The Red Word, Sarah Henstra; publié par ECW Press et distribué par Jaguar Books Group, ISBN 978-1-77041-424-2.

De synthèse, Karoline Georges; publié par Éditions Alto et distribué par Diffusion Dimedia, ISBN 978-2-89694-349-4.

Poésie

La raison des fleurs, Michaël Trahan; publié par Le Quartanier et distribué par Diffusion Dimedia, ISBN 978-2-89698-359-9.

Wayside Sang, Cecily Nicholson; publié par Talonbooks et distribué par PGC Books/Raincoast, ISBN 978-1-77201-182-1.

Théâtre

Venir au monde, Anne-Marie Olivier; publié par Atelier 10 et distribué par Flammarion/Socadis, ISBN 978-2-89759-303-2.

Botticelli in the Fire & Sunday in Sodom, Jordan Tannahill; publié par Playwrights Canada Press et distribué par University of Toronto Press, ISBN 978-1-77091-917-4.

Essais

Avant l’après : voyages à Cuba avec George Orwell, Frédérick Lavoie; publié par La Peuplade et distribué par Diffusion Dimedia, ISBN 978-2-924519-75-2.

Mamaskatch: A Cree Coming of Age, Darrel J. McLeod; publié par Douglas & McIntyre et distribué par University of Toronto Press, ISBN 978-1-77162-200-4.

Littérature jeunesse — texte

Ferdinand F., 81 ans, chenille, Mario Brassard; publié par Soulières éditeur et distribué par Messageries ADP, ISBN 978-2-89607-413-6.

Sweep: The Story of a Girl and Her Monster, Jonathan Auxier; publié et distribué par Puffin Canada/Penguin Random House Canada Young Readers, ISBN 978-0-7352-6435-9.

Littérature jeunesse — livres illustrés

Le chemin de la montagne, Marianne Dubuc; publié par Comme des géants et distribué par Diffusion Dimedia, ISBN 978-2-924332-40-5.

They Say Blue, Jillian Tamaki; publié par Groundwood Books et distribué par University of Toronto Press, ISBN 978-1-77306-020-0.

Traduction

Le Monde selon Barney, Lori Saint-Martin et Paul Gagné; publié par Les Éditions du Boréal et distribué par Diffusion Dimedia. Il s’agit d’une traduction de Barney’s Version de Mordecai Richler, publié par Knopf Canada, ISBN 978-2-7646-2503-3.

Descent into Night, Phyllis Aronoff et Howard Scott; publié par Mawenzi House Publishers et distribué par University of Toronto Press. Il s’agit d’une traduction d’Explication de la nuit d’Edem Awumey, publié par Les Éditions du Boréal, ISBN 978-1-988449-16-6.

Pour en savoir plus :

https://livresgg.ca/#gagnants

https://ggbooks.ca/#winners

Une grande variété d’excellents ouvrages canadiens dans les deux langues officielles font partie des gagnants des Prix littéraires. Consultez-les à votre bibliothèque locale ou utilisez Voilà, le catalogue du Canada, pour trouver une bibliothèque de prêt dans votre région.


Liane Belway est bibliothécaire à la section des acquisitions du patrimoine publié de Bibliothèque et Archives Canada.

Les hostilités de la Première Guerre mondiale ont pris fin à 11 h, le 11 novembre 1918 – la onzième heure du onzième jour du onzième mois

Les unités du Corps expéditionnaire canadien (CEC) devaient faire un compte rendu quotidien de leurs « actions sur le terrain ». C’est ce qu’on appelait le journal de guerre. Grâce à ce journal, vous pouvez suivre les traces de la 1re Division du Canada – personnel général tout au long du mois de novembre 1918, y compris la journée où les troupes ont reçu l’annonce du cessez-le-feu par télégramme.

Vous pouvez transcrire, étiqueter et traduire les journaux de guerre relatant l’histoire de la 1re Division du Canada. Avec chaque page que nous transcrivons, l’histoire du Canada devient plus accessible et plus facile à découvrir.


Vous voulez consulter d’autres journaux de guerre? Il y en a des centaines à explorer. Des instructions détaillées sur la recherche des journaux de guerre du CEC sont affichées ici.

Si vous trouvez une image à laquelle vous souhaitez contribuer, vous pouvez utiliser notre nouvel outil Recherche dans la collection (bêta). Copiez d’abord le numéro de référence MIKAN dans le champ de recherche, puis cliquez sur le bouton Rechercher. À partir de la page des résultats, cliquez sur une image pour l’ouvrir. Sous la visionneuse, vous verrez qu’une section est réservée au « Contenu de Co-Lab ». Cliquez sur le bouton « Activer cette image aux fins de production participative à l’aide de Co-Lab », et vous pourrez transcrire, étiqueter, décrire et traduire en un rien de temps!

Le sergent William Merrifield, VC

Dans sa série de blogues sur les récipiendaires de la Croix de Victoria canadienne, Bibliothèque et Archives Canada souligne les actes d’héroïsme de soldats posés il y a exactement 100 ans sur un champ de bataille. Aujourd’hui, nous honorons le sergent William Merrifield pour la bravoure dont il a fait preuve près d’Abancourt, en France, le 1er octobre 1918.

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme.

Le sergent William Merrifield, VC, sans date. Source : Défense nationale et les Forces canadiennes.

Né à Brentwood, Essex, en Angleterre, le 9 octobre 1890, Merrifield est pompier avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il s’enrôle le 23 septembre 1914 à Valcartier, au Québec, dans le 2e Bataillon canadien de fusiliers à cheval du Corps expéditionnaire canadien. En 1917, il est muté au 4e Bataillon d’infanterie du Canada. Merrifield reçoit la Médaille militaire pour ses actes d’héroïsme posés en novembre 1917 durant la bataille de Passchendaele.

À la fin de septembre 1918, la bataille du canal du Nord, en France, est presque terminée. Les Canadiens basés autour du champ de bataille participent à des patrouilles régulières et à des missions de reconnaissance. L’artillerie des Alliés, notamment les canons de 6 pouces et de 60 livres, tire continuellement. Les obus parviennent toutefois rarement à atteindre leurs cibles parmi les tranchées allemandes. À un moment, les Alliés détruisent même accidentellement l’une de leurs propres mitrailleuses Lewis, tuant quelques-uns de leurs soldats. Les Allemands défendent leurs tranchées avec obstination, ce qui complique considérablement l’objectif des Canadiens visant à franchir les lignes ennemies.

Le 1er octobre 1918, près d’Abancourt, Merrifield et ses hommes essuient les tirs de deux positions ennemies de mitrailleuses. Incapable d’avancer davantage, Merrifield décide d’attaquer seul les deux positions allemandes pour les éliminer. Se précipitant d’un trou d’obus à un autre, il tue les soldats ennemis de la première position et se blesse. En dépit de cela, il continue vers la deuxième position, tuant ses occupants à l’aide d’une grenade à main. Il reste sur le champ de bataille et dirige son peloton jusqu’à ce qu’il soit gravement blessé.

Une copie noir et blanc d’un document textuel dactylographié; des signatures manuscrites se trouvent à droite de la page.

Les journaux de guerre du 4e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant certains des événements survenus le 1er octobre 1918, page 4 (e001078521)

Merrifield survit à la guerre et est visé par la démobilisation générale du 24 avril 1919. Il déménage à Sault Ste. Marie, en Ontario, et s’éteint à Toronto le 8 août 1943.

Une école primaire de Sault Ste. Marie a été nommée en l’honneur de Merrifield : les portes de l’école publique William Merrifield V.C., du conseil scolaire de district Algoma, sont ouvertes de 1946 à juin 2015. De plus, la patinoire extérieure Merrifield est située à l’intersection de l’avenue Henriette et de la rue Patrick à Sault Ste. Marie.

Le 56e Régiment d’artillerie de campagne de Brantford, en Ontario, lui a également dédié son manège militaire (manège militaire Sgt William Merrifield VC).

Sa Croix de Victoria a fait l’objet d’un don au Musée canadien de la guerre, à Ottawa.

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du sergent William Merrifield.

Souhaitez-vous en savoir plus sur la vie pendant la guerre?

Les journaux de guerre du 4e Bataillon d’infanterie du Canada ont besoin d’être transcrits, étiquetés, traduits et décrits. Chaque ajout à un document fournit de nouvelles métadonnées qu’il est possible de chercher dans les 24 heures suivantes. Cela permet, jour après jour, de trouver plus facilement les documents de Bibliothèque et Archives Canada. Consultez le billet de blogue qui explique comment faire partie de l’histoire!

Ashley Dunk était adjointe de projet à la Division du contenu en ligne de la Direction générale des services au public de Bibliothèque et Archives Canada.