Images de la Première Force de Service spécial (la Brigade du diable) maintenant sur Flickr

Photo noir et blanc d’une douzaine de soldats portant un équipement de parachutiste, faisant la queue pour monter à bord d’un Douglas C-47 pour un entraînement.

Membres de la Première Force de Service spécial montant à bord d’un avion Douglas C-47 pour s’entraîner au saut en parachute, Fort William Henry Harrison, Helena, Montana (États-Unis) [MIKAN 3378674]

La Première Force de Service spécial, surnommée la Brigade du diable, était un commando de la Deuxième Guerre mondiale formé de soldats canadiens et américains. Ses membres, cantonnés à Fort Harrison, près d’Helena, au Montana (États-Unis), recevaient un entraînement intensif dans plusieurs domaines : ski, tactiques de camouflage, combat rapproché, utilisation d’explosifs, saut en parachute, opérations amphibies, escalade et techniques de guerre en montagne.

Photo noir et blanc d’un soldat portant une combinaison d’hiver blanche, accroupi pour ajuster ses fixations de ski. Un parachute est déployé derrière lui.

Membre de la Première Force de Service spécial lors d’un entraînement hivernal, Blossburg, Montana (États-Unis) [MIKAN 3378683]

En 1943-1944, la Force participa à d’importantes missions de combat en Italie et dans le sud de la France. Elle avait la réputation de toujours atteindre ses objectifs. Dissoute le 5 décembre 1944, elle est l’ancêtre des forces spéciales contemporaines du Canada et des États-Unis, dont la Joint Task Force 2 (JTF2), les Bérets verts et les Navy SEALS de l’armée américaine.

Photo noir et blanc de trois soldats, le visage enduit de cirage noir en guise de camouflage, se préparant à effectuer une patrouille de soirée.

Membres de la Première Force de Service spécial se préparant à effectuer une patrouille de soirée, tête de pont (zone sécurisée) d’Anzio (Italie) [MIKAN 3378968]

Photo noir et blanc d’environ vingt-cinq soldats, assis devant une énorme meule de foin, recevant des instructions avant d’effectuer une patrouille.

Membres de la Première Force de Service spécial recevant des instructions avant d’effectuer une patrouille, tête de pont (zone sécurisée) d’Anzio (Italie) [MIKAN 3396066]

Visitez l’album Flickr maintenant!

 

Arthur D’Orr LePan, le camp Kosciuszko et l’Armée polonaise en France

Par Catherine Butler

La Pologne à la veille de la guerre

À l’aube de la Première Guerre mondiale, la Pologne, en tant que pays indépendant, est absente de la carte de l’Europe depuis près de 120 ans. La Russie, l’Empire austro-hongrois et la Prusse (plus tard intégrée à l’Allemagne unifiée) se sont en effet partagé son territoire à la fin du XVIIIe siècle. Les terres de la Pologne sont morcelées et absorbées par ces trois puissants empires, dans lesquels son peuple se trouve éparpillé.

Lors du siècle qui suit cette partition, laquelle transforme en profondeur la réalité sociopolitique, des millions de Polonais immigrent en Amérique du Nord. Au début de la Première Guerre mondiale, des centaines de milliers de ressortissants polonais vivent au Canada, et près de quatre millions sont aux États-Unis. Parmi cette vaste diaspora, d’innombrables Américains et Canadiens d’origine polonaise brûlent d’envie de combattre au sein des forces alliées afin de libérer leur patrie.

Après une série de rencontres entre les représentants du gouvernement de sir Robert Borden et des délégations polonaises provenant des États-Unis, le Canada, avec l’accord du Royaume-Uni, accepte de former des Polonais vivant en Amérique du Nord pour en faire des officiers. Recrutés au Canada et aux États-Unis, ces officiers seront envoyés en France pour se joindre à l’armée polonaise, qui finance leur entraînement. Celui-ci débute tôt en 1917, mais le camp officiellement assigné à l’Armée polonaise à Niagara-on-the-Lake (Ontario) n’ouvre qu’en septembre de la même année. C’est le colonel Arthur D’Orr LePan qui est nommé commandant de ce qui finira par être appelé le camp Kosciuszko.

Photographie en noir et blanc d’un champ où un groupe d’officiers, à l’avant-plan, suivent leur commandant tandis que d’autres officiers en ligne sont au garde-à-vous, à l’arrière-plan.

Recrues au camp militaire polonais à Niagara, en Ontario, le 8 novembre 1917 (a071288)

Les journaux du colonel LePan

Le colonel A. D. LePan est né à Owen Sound, en Ontario, en 1885 et a étudié à l’Université de Toronto. Il sert dans l’Armée canadienne de 1915 à 1919, notamment comme commandant du camp jusqu’à sa fermeture en mars 1919. Sa participation à la formation des officiers polonais commence en janvier 1917, avec l’arrivée de 23 volontaires américains à l’École d’infanterie de Toronto. En tant que commandant du camp Kosciuszko, le colonel LePan supervise la formation de plus de 20 000 recrues des États-Unis et du Canada avant qu’elles ne soient déployées en France entre septembre 1917 et mars 1919.

Le quotidien du colonel LePan au camp Kosciuszko est décrit en grande partie dans les journaux personnels qu’il a tenus pendant son mandat. Ces journaux ont été donnés à Bibliothèque et Archives Canada par son fils, Douglas V. LePan, en 1977. Les écrits du colonel LePan offrent une perspective intéressante sur ce pan fascinant de l’histoire canadienne.

En plus des listes du personnel du camp, on trouve dans ses journaux des renseignements sur l’entraînement et les mouvements des troupes, des répertoires de soldats décédés en France, y compris le lieu et la cause de leur mort, ainsi qu’un plan des lots de soldats polonais au cimetière de l’église St. Vincent de Paul à Niagara-on-the-Lake. Le colonel a également conservé une copie du télégramme autorisant l’établissement du camp polonais.

On y trouve aussi les notes d’une allocution prononcée en mars 1919 par le colonel LePan lors d’un banquet à Buffalo, dans l’État de New York, sur la fermeture du camp. Il y démontre à quel point la coopération entre la France, le Canada, les États-Unis et la Commission militaire polonaise a été essentielle non seulement au succès du camp, mais surtout à la renaissance d’un État polonais indépendant.

« On imagine facilement les riches associations internationales qu’il pouvait y avoir au camp […] Il n’était pas rare que dans un rassemblement d’officiers, on trouve des Polonais, des Français, des Américains et des Canadiens. Dans tous les cas, ces officiers avaient tiré de leur environnement et de leur éducation des idées et des idéaux différents. Ils n’en collaboraient pas moins, mus par ce désir suprême de faire de ce nouveau camp un facteur aussi influent que possible, à la fois pour rétablir l’État polonais et pour libérer le monde d’une oppression dont les Polonais avaient entendu parler comme nous, mais qu’ils avaient aussi éprouvée dans leur âme et dans leur chair. » [traduction]


Catherine Butler est une archiviste de référence aux Services au public de Bibliothèque et Archives Canada.

Les infirmières militaires décédées en service pendant la Première Guerre mondiale, deuxième partie

Par Alex Comber

Les infirmières militaires du Canada devaient s’acquitter de leurs tâches dans des circonstances pénibles et dangereuses. Quelque 40 infirmières membres du Corps expéditionnaire canadien (CEC) sont mortes à la Première Guerre mondiale de maladies contractées durant leur service actif. D’autres sont décédées après l’Armistice de maladies attribuables à ce service. Ce qui a toutefois révolté le plus les Canadiens, c’est le sort des 21 infirmières tuées directement par l’ennemi. Le présent billet décrit brièvement ces événements et aide les lecteurs à explorer une sélection d’archives sur les infirmières militaires.

Photo noir et blanc d’un cortège funèbre de soldats et d’infirmières militaires marchant derrière un chariot-brancard sur lequel est déposé un cercueil drapé d’un drapeau, au milieu d’un grand cimetière hérissé de croix tombales temporaires.

Les funérailles de l’infirmière militaire G.M.M. Wake, qui a succombé à ses blessures à la suite d’un raid aérien allemand sur l’hôpital où elle travaillait,  (a002562)

Les infirmières militaires servaient dans les hôpitaux du Corps médical de l’armée canadienne (CMAC) et les postes d’évacuation sanitaire, et dans d’autres installations censées être hors de portée de l’artillerie ennemie. Cependant, l’introduction d’une artillerie de précision à longue portée et de nouvelles techniques, comme les guerres aérienne et sous-marine, exposent directement ces femmes au feu de l’ennemi. Plusieurs fois, à compter de mai 1918, des infirmières sont tuées dans l’exercice de leurs fonctions lors d’attaques ennemies. Au Canada, les médias s’empressent d’exploiter ces terribles événements pour mousser la propagande en faveur de l’effort de guerre et promouvoir de nouvelles campagnes de recrutement.

Affiche couleur représentant un soldat en uniforme avec « Canada » brodé sur une épaulette, qui soutient dans la mer une infirmière militaire inconsciente, habillée d’un tablier arborant une grande croix rouge. Le soldat lève le poing en signe de colère contre un sous-marin allemand, sur lequel des marins semblent tirer dans d’autres directions. Une bouée de sauvetage portant l’inscription « Llandovery Castle » flotte tout près. On peut lire « VICTORY BONDS WILL HELP STOP THIS » dans le haut de l’affiche et « Kultur vs. Humanity », dans le bas de celle-ci.

Affiche d’obligations de la Victoire illustrant de manière saisissante les suites du naufrage du navire-hôpital Llandovery Castle (e010697267)

En mai 1918, deux hôpitaux canadiens sont bombardés par l’aviation allemande. Katherine Macdonald, de Brantford, en Ontario, devient la première infirmière militaire canadienne à périr aux mains de l’ennemi pendant la Grande Guerre, lors du bombardement par un avion allemand de l’Hôpital général canadien no 1 situé à Étaples, en France, le 19 mai 1918. Deux de ses collègues blessées meurent peu après.

Photo noir et blanc d’infirmières militaires et de soldats en uniforme dégageant les débris d’un hôpital endommagé.

Vue de l’Hôpital général canadien no 1, à Étaples, en France, après le bombardement qui a coûté la vie à trois infirmières militaires canadiennes, (a003747)

Des photographes officiels ont capté les scènes de dévastation et les sinistres cortèges funèbres derrière les cercueils d’infirmières et d’autres membres du personnel médical et de patients tués lors des raids. À la fin du mois, l’Hôpital militaire fixe canadien no 3, à Doullens, en France, est à son tour bombardé. Trois autres infirmières meurent. Deux d’entre elles, les infirmières Agnes MacPherson et Eden Pringle sont tuées ainsi que des médecins, des préposés aux soins médicaux et un patient lors d’une intervention chirurgicale.

Photo noir et blanc de soldats en uniforme travaillant au milieu des décombres d’un grand bâtiment de briques lourdement endommagé par un bombardement.

Scène après le bombardement de l’Hôpital militaire fixe canadien no 3 à Doullens, en France, dans lequel trois infirmières militaires canadiennes ont trouvé la mort,  (a003746)

Moins d’un mois plus tard, le 27 juin, au large de la côte méridionale d’Irlande, le sous-marin allemand U-86 torpille le navire-hôpital canadien Llandovery Castle, qui rentre en Angleterre avec seulement du personnel médical à bord. Cet ancien paquebot naviguait de nuit avec des feux spéciaux pour illuminer sa coque blanche et ses grandes croix rouges distinctives, signes manifestes d’un navire-hôpital et donc, d’une cible interdite à tout belligérant. Après avoir été frappé, le navire gîte dangereusement, ce qui gêne la mise à l’eau des bateaux de sauvetage. Un grand nombre d’infirmières dormaient au moment de l’impact, et elles ont du mal à évacuer le navire en train de sombrer. Tout le groupe d’infirmières monte à bord d’un bateau de sauvetage en compagnie du sergent Arthur Knight, du CMAC. Tragiquement, le tourbillon causé par la violence du naufrage engloutit leur bateau. Seul Knight réussit tant bien que mal à gagner un autre bateau de sauvetage.

Photo noir et blanc d’un patient en uniforme de convalescence allongé sur un lit d’hôpital.

Le sergent A. Knight, du Corps médical de l’armée canadienne, se rétablit sur un lit d’hôpital après le naufrage du NHSM Llandovery Castle, (a007471)

Les agissements de l’équipage du sous-marin ont aggravé cette tragédie. Des survivants ont témoigné avoir vu le sous-marin poursuivre des bateaux de sauvetage et tirer sur leurs occupants, tuant encore plus de membres d’équipage et de personnel médical. Un seul bateau a pu échapper aux événements de la nuit. Les corps des 14 infirmières militaires n’ont jamais été retrouvés, et aujourd’hui, le monument commémoratif de Halifax rend hommage à ces femmes courageuses. Des documents contenus dans leurs dossiers de service militaire révèlent que certaines infirmières, par exemple Christina Campbell, de Victoria, en Colombie-Britannique, étaient des infirmières d’expérience qui avaient été soignées auparavant pour des problèmes de neurasthénie (choc consécutif à un bombardement), de débilité nerveuse, d’insomnie et d’épuisement général à la suite de leur service près des lignes de front.

Portrait noir et blanc de studio d’une infirmière militaire en uniforme coiffée d’un chapeau, s’appuyant contre une table.

L’infirmière militaire Christina Campbell, qui a péri avec le reste du contingent d’infirmières dans le torpillage du Llandovery Castle le 27 juin 1918 (a008112)

Canada ainsi que des inscriptions dans les Livres du Souvenir qu’abrite la Tour de la Paix, à Ottawa, rendent hommage aux infirmières de la Première Guerre mondiale qui ont perdu la vie au service du Canada en soignant les blessés.

Découvrez la vie des infirmières militaires canadiennes de la Première Guerre mondiale

Grâce à la numérisation des dossiers de service du Corps expéditionnaire canadien (CEC), les visiteurs du site Web de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) peuvent consulter rapidement et facilement une mine de renseignements généalogiques et historiques, et se faire une idée par eux-mêmes du service de ces femmes et de tous les membres du CEC durant la Première Guerre mondiale. Les liens ci-dessous vous permettront de consulter les dossiers de service récemment rendus accessibles en ligne. Ils s’accompagnent, le cas échéant, du lien vers les registres de circonstances du décès.

Tableau d’honneur : infirmières militaires du CMAC tuées par l’ennemi durant la Première Guerre mondiale

Hôpital général canadien no 1, Étaples, France, bombardé le 19 mai 1918

Hôpital militaire fixe canadien no 3, Doullens, France, bombardé le 30 mai 1918

Navire-hôpital de Sa Majesté Llandovery Castle, coulé le 27 juin 1918

Navire de la poste royale Leinster, coulé le 10 octobre 1918

  • Henrietta Mellett, de London, en Ontario, est décédée en mer le 10 octobre 1918 lors du naufrage du NPR Leinster alors qu’elle retournait à l’Hôpital général canadien no 15 au terme d’une permission militaire. Infirmière militaire d’expérience, elle avait auparavant servi avec la Croix-Rouge en France, en Égypte et en Angleterre. Elle a péri avec plus de 500 autres passagers en mer d’Irlande lors du torpillage du Leinster par le sous-marin allemand UB-123.

Ressources connexes

En avril dernier, Bibliothèque et Archives Canada a lancé le nouvel outil de collaboration Co-Lab qui vous permet de contribuer en transcrivant, étiquetant et interagissant avec des documents historiques. Voici maintenant un nouveau défi, où l’on met en lumière les dossiers personnels de quelques-unes des infirmières militaires ayant servi lors de la Première Guerre mondiale. Commencez dès maintenant!


Alex Comber est un archiviste militaire au sein de la Division des archives gouvernementales.

 

Un exemple unique de la recherche au Canada : le NCSM Bras d’Or

Bannière avec les mots suivants : Première: Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canadas. Et on aperçoit à droite une outre attrapant un poissonPar Marcelle Cinq-Mars

Quel lien y a-t-il entre la montre numérique, le GPS dans la voiture, le four à micro-ondes dans la cuisine et l’auto-injecteur d’épinéphrine contre les réactions allergiques? Voici un indice : c’est le même lien qui unit le radar, les lunettes de vision nocturne et Internet. Tous représentent le fruit de développements technologiques issus de la recherche scientifique axée sur les besoins militaires.

La recherche scientifique liée au domaine militaire a mené au développement d’un nombre incalculable de technologies. Et cela ne date pas d’hier!

Au Canada, l’année 1947 marque la création du Conseil de recherches pour la défense dont le mandat était centré sur la recherche militaire dans des domaines d’expertises canadiennes comme l’Arctique, la balistique ou la guerre biochimique. Au fil des ans, le Conseil de recherches pour la défense a permis de développer le premier (et le seul) missile air-air canadien – le Velvet Glove – et s’est directement intéressé au développement de la ligne DEW (pour « Distant Early Warning »), un vaste réseau de stations radars veillant à la détection d’ennemis dans l’espace aérien canadien.

Une photo couleur montrant la coquille rouge d’un projectile tandis que deux hommes travaillent sur l’intérieur à côté

En 1961, des techniciens du Conseil de recherches pour la défense ajustent une antenne sur un projectile Javelin (e010975999)

Au plus fort de la Guerre froide, la détection de l’ennemi doit aussi se faire dans les océans, où les sous-marins représentent une réelle menace, surtout depuis l’invention des sous-marins portant des charges nucléaires. Dans ce contexte, les scientifiques du Conseil de recherches pour la défense commencèrent à travailler sur un type de navire spécifiquement orienté vers la chasse des sous-marins ennemis. Le type de navire ainsi développé est un hydroptère.

La technologie des hydroptères remonte au début du 20e siècle. Le célèbre inventeur Alexander Graham Bell en a même fait des prototypes qu’il a testés sur le lac Bras d’Or, en Nouvelle-Écosse. Grâce à des ailes portantes sous le navire, celui-ci s’élève au-dessus de l’eau au fur et à mesure que sa vitesse augmente. Ainsi, la friction de l’eau sur la coque étant réduite, le navire peut atteindre des vitesses impressionnantes.

Dans les années 1960, on commença la construction d’un hydroptère pour la Marine royale canadienne aux installations de Marine Industries Limited à Sorel. La coque était faite d’aluminium alors que les « ailes » étaient faites d’acier. Ce navire très spécial utilise des caractéristiques et technologies issues tout autant de l’aéronautique que de la science nautique : c’est la raison pour laquelle le pilote devait être à la fois pilote d’avion et capitaine de navire.

Le nouveau navire fut affecté dans la Marine royale canadienne le 12 juillet 1968 sous le nom de NCSM Bras d’Or. Les tests en mer commencèrent au large d’Halifax en avril 1969. Lors de ces tests, le navire atteignit l’impressionnante vitesse de 63 nœuds, soit 117 km/h, un record de vitesse pour un navire de guerre à l’époque.

Une photo couleur d’un navire-hydroptère en mouvement

Le NCSM Bras d’Or, de la Marine royale canadienne, démontrant son système hydroptère le 18 février 1970 (e011154076)

La carrière du NCSM Bras d’Or fut courte. En effet, le 2 novembre 1971, le gouvernement canadien mit fin au programme des hydroptères. La priorité du Canada passa de la chasse sous-marine à la protection de la souveraineté territoriale du pays. Le Bras d’Or fut par la suite donné au Musée maritime du Québec, à L’Islet-sur-Mer, où il est possible de le visiter.

Ressources connexes


Marcelle Cinq-Mars est archiviste principale des affaires militaires

Première partie : Les infirmières militaires du Corps médical de l’armée canadienne (CMAC) pendant la Première Guerre mondiale

Par Laura Brown

Alice Isaacson, 41 ans, a déjà une feuille de route bien remplie lorsqu’elle se joint au Corps médical de l’armée canadienne (CMAC) du Corps expéditionnaire canadien (CEC) en 1916. Née en Irlande et formée aux États-Unis, Alice possède alors huit années d’expérience comme infirmière surveillante et une année de service à l’Hôpital général n° 23 de la British Expeditionary Force (BEF) à Étaples, en France. Une lettre de recommandation rédigée par un médecin militaire, vraisemblablement en vue de sa mutation du BEF au CEC, la décrit comme une personne « compétente, dynamique et fiable », qui ne se laisse pas intimider par l’ampleur d’une tâche. Il lui est arrivé de veiller presque seule sur 120 patients gravement malades. L’une des rares choses qu’elle ne sait faire, c’est d’aller à vélo, une lacune qu’elle cherchera à combler avec détermination avant son retour au bercail, à la fin de la guerre.

Alice tient plusieurs journaux personnels pendant son service outre-mer, y compris pendant ses affectations en France, à l’Hôpital général canadien n° 2 à Le Tréport et à l’Hôpital général canadien n° 6 à Troyes. Ses écrits et son album photo particulièrement révélateur font maintenant partie de son fonds, conservé à Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Ces documents ainsi que d’autres collections privées et gouvernementales, dont le fonds du ministère de la Défense nationale, sont quelques exemples des précieuses ressources archivistiques de BAC qui documentent l’histoire militaire des femmes au Canada.

Photo noir et blanc d’hommes et de femmes en uniforme faisant du vélo. Les femmes sont vêtues d’uniformes de couleur pâle avec des ceintures foncées et des chapeaux alors que les hommes portent des uniformes militaires et des chapeaux. Ils pédalent le long d’une route bordée à gauche par un grand mur de briques. Un grand bâtiment aux façades fenêtrées est bien visible à l’arrière-plan. La légende « Cycle Parade » (Défilé à vélo) est inscrite au bas de l’image.

Membres du personnel à vélo, Hôpital général canadien n° 6, Troyes (France), le 2 juin 1917. Album photo d’Alice E. Isaacson, R11203-01-E (e002283123)

Seules quelques infirmières font partie du Corps médical de l’armée canadienne en 1914, au début de la Première Guerre mondiale. Leur nombre augmente toutefois rapidement, puisque les infirmières civiles sont impatientes de mettre à profit leurs compétences dans un contexte militaire. En tout, plus de 3 000 infirmières se joignent au CMAC, y compris 2 504 dans des régions d’outre-mer, soit en Angleterre, en France, ainsi qu’en Méditerranée orientale (dans la péninsule de Gallipoli, à Alexandrie et à Salonique).

La pratique des soins infirmiers est la seule porte d’entrée offerte aux femmes voulant servir sous le drapeau pendant la Première Guerre mondiale. Pour s’enrôler, une infirmière doit être célibataire, sujet britannique (ce qui est le cas des Canadiens à cette époque) et en bonne santé; son âge doit se situer entre 21 et 38 ans, et elle doit être diplômée d’une école de sciences infirmières reconnue. Si elles sont acceptées, les recrues sont nommées officiers avec le grade de lieutenant, un fait notable puisque le Canada est alors le seul pays du monde à considérer les infirmières comme des officiers. Les infirmières canadiennes portent le titre traditionnel d’infirmières militaires et elles profitent de plusieurs avantages liés à leur poste, dont un bon salaire et des congés. Toutes les infirmières relèvent de l’infirmière en chef de leur service, surnommée la matrone en chef. Margaret Macdonald, du CMAC, obtient ce titre, ce qui fait d’elle la première femme à être élevée au grade de major dans tout l’Empire britannique.

Photo noir et blanc d’infirmières militaires portant des tabliers et des voiles blancs, soignant de nombreux patients dans une tente. Une des infirmières est assise sur une chaise, les pieds et les mains croisés, fixant l’appareil photo. Les deux autres infirmières sont debout, en train de panser les blessures de soldats. Les patients sont pour la plupart vêtus en civil, mais certains sont en uniforme. Du matériel médical, dont des pansements et des seaux, est visible au premier plan et au centre de la photo.

Infirmières militaires soignant des soldats dans une tente de campagne de l’Hôpital général canadien n° 7 à Étaples, en France, vers 1917. Collection W. L. Kidd (e002712847)

Les infirmières sont exposées à bon nombre d’expériences militaires qui contrastent avec leur travail au civil : dormir sous la tente, changer d’affectations à court préavis ou s’accommoder de matériel limité. Elles doivent pouvoir improviser et s’adapter à des circonstances changeantes, que ce soit une journée tranquille à l’infirmerie suivie le lendemain d’un déferlement de patients qui entrent et sortent. Ces femmes voient directement le genre de blessures corporelles qu’infligent les nouvelles armes de cette guerre moderne, que ce soit les shrapnels ou les gaz toxiques, et elles sont témoins de pertes humaines d’une ampleur que peu auraient pu soupçonner au moment de leur enrôlement.

Il est interdit aux infirmières de servir dans les tranchées. Si la plupart d’entre elles sont affectées loin des lignes de front, dans des hôpitaux généraux ou des centres pour convalescents, certaines se retrouvent toutefois plus près du feu de l’ennemi. Alice Isaacson évoque en septembre 1917 les affectations convoitées dans les postes d’évacuation sanitaire (les unités avancées situées le long des routes d’évacuation entre les lignes de front et les hôpitaux) dans son journal alors qu’elle est en poste à l’Hôpital général canadien n° 2 : « Quel après-midi excitant aujourd’hui! […] Les IM Jean Johnston, S.P. Johnson et Riddle se rendront au poste d’évacuation sanitaire demain matin! Les IM Hally et Villeneuve sont chagrinées à l’idée de rester ici. Mais nous sommes toutes ravies que ces infirmières militaires puissent enfin avoir la chance d’aller travailler dans ce poste. » [traduction]

Photo noir et blanc de trois personnes assises sur les marches d’une baraque en bois. Deux hommes portant des chemises légères et des pantalons dont le bas est roulé sont assis de chaque côté d’une infirmière en uniforme. Tous sourient pour la photo.

L’infirmière Lillias Morden avec des patients à l’extérieur d’une baraque médicale de l’Hôpital général canadien n° 2 à Le Tréport, en France, 1917. Album photo d’Alice E. Isaacson, R11203-01-E. (e007150684)

Les infirmières contribuent largement à l’effort de guerre en soignant les soldats malades et blessés, une tâche qui se prolonge après l’armistice du 11 novembre 1918. La pandémie de « grippe espagnole » qui éclate à la fin de la guerre et se propage dans les camps militaires occupe énormément les infirmières. Près de 1 500 infirmières militaires servent toujours dans le CMAC au milieu de l’année 1919. Lillias Morden, une infirmière de Hamilton, en Ontario, en fait partie. Elle se joint au CMAC en 1916, sert en Angleterre et en France, et contribue aux efforts de démobilisation à la fin de la guerre. Morden ne quittera son poste militaire qu’en novembre 1920.

Alors que des infirmières comme Alice Isaacson et Lillias Morden reviennent au Canada après la Première Guerre mondiale, d’autres n’auront pas cette chance. La deuxième partie de ce billet de blogue portera sur les conditions parfois dangereuses dans lesquelles travaillaient les infirmières militaires en temps de guerre, alors que certaines y feront le sacrifice de leur vie.

Ressources connexes

En avril dernier, Bibliothèque et Archives Canada a lancé le nouvel outil de collaboration Co-Lab qui vous permet de contribuer en transcrivant, étiquetant et interagissant avec des documents historiques. Voici maintenant un nouveau défi, où l’on met en lumière les dossiers personnels de quelques-unes des infirmières militaires ayant servi lors de la Première Guerre mondiale. Commencez dès maintenant!


Laura Brown est une archiviste des affaires militaires au sein de la Division des archives gouvernementales.

Joseph Thomas Kaeble, VC

Par John Morden

Cette semaine, nous rendons hommage dans notre blogue au caporal Thomas Kaeble, récipiendaire de la Croix de Victoria pour les gestes de bravoure qu’il a posés sur le champ de bataille il y a 100 ans, les 8 et 9 juin 1918.

Joseph Thomas Kaeble naît le 5 mai 1893 à Saint-Moïse, au Québec. Il est mécanicien lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale. Le 20 mars 1916, il s’enrôle auprès du 189e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien. Le 12 novembre de la même année, il est transféré au 22e Bataillon canadien-français. Quelques mois plus tard, en avril 1917, il est blessé et hospitalisé, mais obtient rapidement son congé le mois suivant. C’est lors de son séjour à l’hôpital qu’il est promu au rang de caporal.

Photo noir et blanc d’un soldat en uniforme

Joseph Kaeble, sans date. Source : Direction de l’histoire et du patrimoine

Kaeble reçoit la Croix de Victoria en reconnaissance de son rôle pendant l’offensive du printemps 1918, le dernier effort déployé par l’Allemagne sur le front occidental. Le soir du 8 juin 1918, alors que le 22e Bataillon est posté près de Neuville-Vitasse, en France, l’armée allemande mène un raid contre les lignes canadiennes. L’attaque est précédée d’un bombardement intense qui surprend les Canadiens. Une vague de 50 soldats allemands s’approche de la position de Kaeble, dont la majorité des frères d’armes ont été blessés par les bombes. Ce dernier enjambe le parapet et, armé d’une mitrailleuse Lewis, repousse à lui seul la charge ennemie. Atteint par plusieurs tirs, il réussit néanmoins à tenir les Allemands à distance avant de retomber dans sa tranchée, gravement blessé. Gisant au sol, il aurait dit aux autres soldats : « Tenez bon, les gars! Ne les laissez pas passer! Il faut les arrêter! » [Traduction] (London Gazette, supplément 30903, 16 septembre 1918)

Kaeble souffre de fractures ouvertes aux jambes et aux bras; il a aussi des fractures à la main et au cou. Mais son courage n’aura pas été vain, puisque le 22e Bataillon repousse finalement le raid allemand.

Rapport dactylographié décrivant les événements survenus pendant la nuit du 8 au 9 juin 1918.

Rapport tiré du journal de guerre du 22e Bataillon d’infanterie du Canada décrivant les actions menées les 8 et 9 juin 1918. (e000963629)

Cette bravoure aura toutefois un prix : le jour suivant, le 9 juin 1918, le caporal Kaeble succombe à ses blessures. Il sera le premier Franco-Canadien à recevoir la Croix de Victoria. On lui décernera aussi la Médaille militaire pour ses actes de bravoure en sol français.

Photo couleur d’une pierre tombale devant laquelle quelques plantes commencent à pousser. On voit d’autres pierres tombales à l’arrière-plan.

La pierre tombale de Kaeble, à Wanquetin (France). Source : Wikimedia Commons. Photo : Wernervc

Le Canada n’a pas oublié l’héritage de Kaeble. On peut admirer un buste érigé en son honneur au monument aux Valeureux, avec les bustes d’autres soldats décorés. Depuis novembre 2012, un nouveau patrouilleur de la Garde côtière canadienne porte également son nom : le NGCC Caporal Kaeble V.C. (en anglais).

Bibliothèque et Archives Canada conserve le dossier de service numérisé du caporal Joseph Kaeble.


John Morden est étudiant émérite en histoire à l’Université Carleton et stagiaire à la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

George Burdon McKean, VC

Par John Morden

Aujourd’hui, dans la série des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, du blogue de Bibliothèque et Archives Canada, nous nous souvenons de George Burdon McKean, qui a mérité la Croix de Victoria il y a de cela cent ans aujourd’hui pour l’héroïsme dont il a fait preuve sur le champ de bataille.

Photographie en noir et blanc d’un officier souriant.

Lieutenant George Burdon McKean, VC, juin 1918 (MIKAN 3218939)

Né le 4 juillet 1888 à Willington, en Angleterre, McKean a immigré au Canada en 1909, s’établissant à Edmonton, en Alberta. Avant de s’enrôler, le 23 janvier 1915, McKean était enseignant. Il se joindra au 51e Bataillon du Corps expéditionnaire canadien et arrivera en Angleterre en avril 1916. Le 8 juin 1916, McKean est transféré au 14e Bataillon.

C’est dans la nuit du 27 au 28 avril 1918, alors que le 14e Bataillon était stationné près de Gavrelle, en France, que McKean mérite la Croix de Victoria, la plus prestigieuse décoration militaire de Grande-Bretagne. Au cours d’une mission de reconnaissance, le groupe d’hommes dirigé par McKean se heurte à une position allemande vigoureusement défendue. Alors que le reste du détachement est coincé sous le feu des mitrailleuses, McKean s’élance dans la tranchée allemande avec « un courage remarquable et un grand dévouement ». McKean y tue deux soldats allemands, tient bon et demande de nouvelles munitions. Une fois réapprovisionné, McKean s’empare d’une autre position et tue à lui seul deux autres soldats allemands et en capture quatre autres. Inspirés par l’exemple de McKean, ses hommes le rejoignent et la mission réussit. Comme le rapporte la London Gazette deux mois plus tard :

« La grande bravoure et l’audace de cet officier ont sans aucun doute sauvé de nombreuses vies, car n’eût été de la prise de cette position, ce sont tous les attaquants qui auraient été exposés aux dangereux tirs d’enfilade lors du repli. Le leadership dont il a toujours fait preuve est au‑dessus de tout éloge. » [Traduction]

London Gazette, no 30770, 28 juin 1918 (en anglais)

McKean recevra ensuite la Médaille militaire, le 28 mars 1917, et la Croix militaire, le 1er février 1919. Il survivra à la guerre, non sans avoir été blessé à la jambe droite le 2 septembre 1918 pendant l’offensive des Cent-Jours. Il restera en Angleterre jusqu’à la fin du conflit. Après avoir obtenu son congé de l’hôpital, McKean devient capitaine intérimaire à la Khaki University of Canada à Londres, en Angleterre, et le demeure jusqu’à sa retraite, le 19 juillet 1919.

Il choisit de rester en Angleterre après avoir quitté l’armée et perd la vie dans un accident de travail le 28 novembre 1926. Le dernier lieu de repos de McKean est le cimetière Brighton Extra-Mural de Sussex, en Angleterre.

Aujourd’hui, sa Croix de Victoria est conservée au Musée canadien de la guerre à Ottawa. Une montagne a été nommée en son honneur dans la cordillère Victoria Cross des Rocheuses canadiennes.

Photographie en noir et blanc d’un soldat, en uniforme d’officier avec des gants et une canne, debout devant des escaliers et une fenêtre.

Lieutenant George Burdon McKean, VC, sans date (MIKAN 3218943)

Photographie en noir et blanc d’un groupe de soldats debout et assis devant des arbres en hiver.

Officiers du 14e Bataillon, France, février 1918 (MIKAN 3406029)

Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service du lieutenant George Burdon McKean.


John Morden est un étudiant émérite en histoire de l’Université Carleton faisant un stage au sein de la Division des expositions et du contenu en ligne de Bibliothèque et Archives Canada.

La Bataille de la crête de Vimy

English version

Bannière avec deux photos: une montrant une photo de la bataille de la crête de Vimy qui transitione vers une image plus contemporaine montrant le mémorial de VimyTout était en place à l’heure du déclenchement de l’assaut, à 5 h 30 le 9 avril 1917.

Les heures de noirceur précédant l’attaque et la couverture nuageuse permirent à l’infanterie de se rendre discrètement à leurs postes d’attaque, plusieurs de ces postes étant bien visibles pour l’ennemi en plein jour. Si les Allemands avaient eu connaissance de cette manœuvre, ils auraient sans doute formé un tir de barrage et ainsi freiné l’onde d’assaut tout en causant de sérieux dommages. Tel ne fut pas le cas et les postes d’offensive furent occupés en catimini.

Dans la pénombre à l’heure zéro, sous un ciel froid et couvert, lorsque la manœuvre était encore en grande partie ignorée par l’ennemi, le bombardement intense commença avec une fureur soudaine et l’avance de l’infanterie fut alors entamée.

Lisez notre série sur la Bataille de la crête de Vimy créé dans le cadre d’une entente de collaboration entre The National Archives et Bibliothèque et Archives Canada :

Écoutez notre balado, Au-delà de Vimy : La montée de la puissance aérienne : première et deuxième partie.

Consultez notre album de photo sur Flickr.

Et finalement, visitez la page avec les ressources de Bibliothèque et Archives Canada sur la Première Guerre mondiale :

Lieutenant Gordon Muriel Flowerdew, VC

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans la série Centenaire de la Première Guerre mondiale – hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, nous rendons hommage au lieutenant Gordon Muriel Flowerdew. Il a reçu la Croix de Victoria, décoration militaire la plus prestigieuse du Commonwealth reconnaissant la bravoure devant l’ennemi, pour ses actions lors de la bataille du bois de Moreuil qui se déroulait en ce jour il y a 100 ans.

Une photographie en noir et blanc d’un soldat légèrement de profil.

Lieutenant Gordon M. Flowerdew, récipiendaire de la Croix de Victoria (MIKAN 3521609)

Flowerdew naît à Billingford, en Angleterre, le 2 janvier 1885. Il immigre en Saskatchewan en 1903, puis devient éleveur en Colombie-Britannique. Il s’enrôle dans le Lord Strathcona’s Horse, une brigade de cavalerie, en septembre 1914 et reçoit sa commission d’officier en 1916. En 1918, Flowerdew est lieutenant (capitaine par intérim) de l’Escadron « C » du Lord Strathcona’s Horse. Les brigades de cavalerie, qui ne participent presque plus au combat direct vu la nature stationnaire des guerres de tranchées, reprennent du travail au printemps 1918 grâce au retour des mesures de guerre ouvertes et rapides. Le 30 mars 1918, les Strathconas s’engagent dans de violents affrontements dans le bois de Moreuil, en France. Les soldats doivent empêcher les Allemands de traverser la rivière Avre et de s’approcher d’Amiens.

Alors que des soldats allemands gagnent le bois de Moreuil, le capitaine par intérim Flowerdew aperçoit deux lignes de position d’infanterie allemandes soutenues par des mitrailleuses. Il ordonne une charge de cavalerie. Son escadron franchit les deux lignes allemandes, donnant des coups d’épée, puis fait demi-tour, se ruant de nouveau sur l’ennemi. Les Allemands sont forcés de battre en retraite. Selon la citation de la Croix de Victoria de Flowerdew, l’escadron avait alors perdu soixante-dix pour cent de ses hommes, morts ou blessés, et lui-même était gravement blessé aux deux cuisses. Néanmoins, Flowerdew ne cesse d’encourager ses hommes, leur ordonnant de mettre pied à terre.

Les survivants, menant maintenant un combat corps à corps, réussissent à conserver les positions allemandes jusqu’à l’arrivée de l’unité du lieutenant Frederick Maurice Watson Harvey, venu à leur rescousse. Harvey avait reçu la Croix de Victoria en 1917 pour son rôle dans l’attaque contre les Allemands à Guyencourt, en France. Flowerdew et ses hommes empêchent l’armée allemande de prendre le bois de Moreuil et d’obtenir une position stratégique importante.

Une description du jour de combat écrite à la main.

Une page du journal de guerre du Lord Strathcona’s Horse, comprenant une description des actions de Flowerdew ce jour-là. Page 422 (MIKAN 2004721)

Le lieutenant Gordon Muriel Flowerdew succombe à ses blessures le 31 mars 1918. Il est enterré au cimetière britannique Namps-au-Val, en France. Bibliothèque et Archives Canada possède le dossier de service numérisé du lieutenant Gordon Muriel Flowerdew.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.

Lieutenant Alan Arnett McLeod

Par Emily Monks-Leeson

Aujourd’hui, dans sa série d’articles du Centenaire de la Première Guerre mondiale : hommage aux récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria, Bibliothèque et Archives Canada se souvient du lieutenant Alan Arnett McLeod, récipiendaire de la Croix de Victoria pour ses actes de bravoure.

McLeod naît en 1899 à Stonewall, au Manitoba. En 1913, à l’âge de 14 ans, il tente de s’enrôler dans le 34e Régiment Fort Garry Horse. À la suite de la déclaration de la guerre, il essaie plusieurs fois de s’engager dans l’armée à Winnipeg, puis dans le Royal Flying Corps (RFC) à Toronto. Il est toutefois rejeté à maintes reprises. Dès qu’il célèbre son dix-huitième anniversaire, il s’enrôle dans le RFC et suit une formation de pilote à Long Branch, en Ontario. Il termine son cours avec 50 heures d’expérience de vol et part pour la France le 20 août 1917.

Une photographie en noir et blanc d’un officier assis, prenant la pose pour un portrait officiel. Il tient ses gants dans une main et un bâton dans l’autre.

Lieutenant Alan Arnett McLeod, VC, 51e et 2e Escadrons du RAF (© Imperial War Museums, Q 67601)

McLeod est tout d’abord affecté au 82e Escadron, mais se voit confier des activités de défense territoriale de nuit, à bord d’un B.E. 12, dès que son commandant découvre qu’il n’a que 18 ans. En décembre 1917, il effectue son premier vol opérationnel au-dessus d’Hesdigneul, en France, au sein du 2e Escadron. En janvier 1918, McLeod et son artilleur détruisent un Fokker Dr.I et un ballon d’observation, actes qui lui valent une citation à l’ordre du jour.

Le 27 mars 1918, McLeod, maintenant sous-lieutenant, et son observateur, le lieutenant Arthur Hammond, survolent Albert (France) à bord d’un Armstrong Whitworth F.K.8. Ils détruisent un triplan allemand, puis sont immédiatement attaqués par une formation de huit autres aéronefs. McLeod et Hammond abattent trois d’entre eux avant que leur propre réservoir de carburant soit touché et s’enflamme. McLeod s’efforce d’éloigner les flammes de son observateur en effectuant une glissade abrupte alors que l’avion continue de tomber et qu’il ne cesse de tirer sur les aéronefs ennemis. Lorsque l’avion s’écrase en zone neutre, McLeod, blessé, traîne Hammond hors des flammes et le transporte jusque dans un endroit sûr en évitant les tirs nourris. Les deux hommes sont gravement blessés, mais survivent. Le lieutenant Hammond, atteint de six balles, perd sa jambe et reçoit une barrette pour sa Croix militaire.

Une photographie en noir et blanc d’un jeune homme souriant dans un lit.

Lieutenant Alan Arnett McLeod, VC, 1918 (MIKAN 3219066)

Ce jour même, le lieutenant Alan Arnett McLeod reçoit la Croix de Victoria pour ses actes. Après un séjour à l’hôpital, il retourne au Canada pour terminer sa convalescence. Le 6 novembre 1918, il succombe à la grippe espagnole à Winnipeg (Manitoba). La rue McLeod, à Stonewall (Manitoba), lui rend d’ailleurs hommage.

Bibliothèque et Archives Canada ne possède pas le dossier de service du lieutenant Alan Arnett McLeod, VC. Les hommes souhaitant faire partie du service aérien s’enrôlaient dans le Royal Flying Corps, le Royal Air Force ou le Royal Naval Air Service. Les dossiers du personnel de ces unités britanniques appartiennent aux Archives nationales de l’Angleterre.


Emily Monks-Leeson est archiviste pour le service des Opérations numériques à Bibliothèque et Archives Canada.